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Empfangen — 09. Juni 2026 Leconomiste Maghrebin

La Tunisie voit grand au « London Tech Week 2026 »

09. Juni 2026 um 18:15

Une délégation de plus de 20 startups et entreprises numériques tunisiennes prennent actuellement part au salon de la tech mondiale  « London Tech Week 2026  » qui se tient du 8 au 12 juin à Londres, au Royaume Uni.

La délégation conduite par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT) et la Chambre de commerce tuniso-britannique (TBCC) représente la deuxième participation nationale à ce rendez-vous technologique international. Le pavillon tunisien sert de vitrine à des thématiques de pointe telles que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la FinTech et la Health-Tech.

Cette participation vise à renforcer la visibilité internationale des entreprises technologiques nationales, à leur permettre de nouer des partenariats stratégiques et à positionner la Tunisie comme un hub technologique émergent reliant l’Europe, l’Afrique et le monde arabe.

Au programme de la participation tunisienne, des sessions de réseautage avec la diaspora tunisienne au Royaume-Uni (9 juin) et des panels sur le leadership féminin dans les nouvelles technologies (10 juin) dans l’objectif de créer des ponts durables entre les talents tunisiens et les réseaux internationaux. Le 10 juin, les entrepreneurs tunisiens présenteront leurs solutions disruptives directement à des capital-risqueurs et partenaires corporatifs de premier plan sur la scène internationale.

Cette initiative s’appuie sur des relations économiques en pleine croissance entre la Tunisie et le Royaume-Uni, favorisées par l’Accord d’association tuniso-britannique entré en vigueur en 2021, qui stimule les investissements dans les secteurs à haute valeur ajoutée. Elle bénéficie du soutien du projet « Startups et PME innovantes », financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) via Smart Capital, selon l’organisation patronale.

London Tech Week est un événement technologique de premier plan qui rassemble des leaders de l’industrie, des innovateurs et des passionnés du monde entier. Il propose une gamme variée de sessions, d’ateliers et de conférences animés par des experts et des professionnels de tous horizons.

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La BH Bank mise sur l’excellence sportive et s’allie à Firas Katoussi

09. Juni 2026 um 17:00
La BH Bank a officialisé à Tunis la signature d’un partenariat avec le champion olympique de taekwondo Firas Katoussi, lors d’une cérémonie organisée au siège de l’établissement.
Cet accord s’inscrit dans la politique de responsabilité sociétale de la banque, qui intègre le soutien au sport parmi ses axes d’intervention. L’objectif affiché est de valoriser des profils tunisiens évoluant au plus haut niveau international et de renforcer leur visibilité.
Firas Katoussi figure parmi les principales références du taekwondo mondial. Champion olympique aux Jeux de Paris 2024 et classé numéro un dans sa catégorie, il compte également plusieurs résultats obtenus dans des compétitions internationales majeures, qui ont consolidé sa position sur la scène sportive.
À cette occasion, l’athlète a exprimé sa satisfaction concernant cet engagement et a indiqué que ce partenariat représente un appui pour la préparation de ses prochaines échéances sportives, notamment les compétitions internationales à venir ainsi que les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Du côté de la BH Bank, ce partenariat s’inscrit dans une approche structurée de responsabilité sociétale. Le président du Conseil d’administration, Taoufik Mnasri, a indiqué que l’institution intègre le soutien au sport dans son plan d’action 2025-2027, aux côtés d’autres initiatives à portée sociétale.
Le directeur général par intérim, Lotfi Ben Hammouda, a souligné que cet accord traduit l’ouverture de la banque sur son environnement et son engagement en faveur de l’accompagnement des talents nationaux. Il a rappelé que la BH Bank a déjà collaboré avec des figures du sport tunisien, dont la championne olympique Habiba Ghribi.
Pour sa part, le président de la Fédération tunisienne de taekwondo, Sami Ouni, a salué cette initiative, estimant qu’elle contribue à renforcer les conditions de préparation des athlètes et à soutenir leur présence sur la scène internationale.
Ce partenariat illustre l’intérêt croissant porté aux collaborations entre institutions économiques et sport de haut niveau en Tunisie.

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IA : la guerre technologique fait trembler les semi-conducteurs

09. Juni 2026 um 16:43

La compétition internationale autour de l’IA s’intensifie de plus en plus, jusqu’à la saturation des capacités de production du leader mondial de fabrication des semi-conducteurs. A savoir les circuits ou les unités électroniques essentiels qui font partie intégrante des appareils et systèmes électroniques composés des dispositifs de mémoire, des dispositifs logiques, etc.

Che-Chia Wei, le PDG de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), leader mondial des semi-conducteurs selon le site les numériques, a déclaré lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise que celle-ci n’arrivait à satisfaire qu’une partie de la demande élevée. « Nous faisons tout notre possible pour éviter que TSMC ne devienne un goulot d’étranglement », rassure-t-il.

Ce marché est en croissance potentielle évaluée à 598,06 milliards de dollars en 2025 et devrait passer de 659,66 milliards de dollars en 2026 à 1 477,06 milliards de dollars d’ici 2034, selon les prévisions du cabinet d’études de marché Fortune Business Insights. Mais selon une autre étude, ces projections pourraient même être sous-évaluées, car le marché a déjà atteint 792 milliards de dollars en 2025. Enregistrant ainsi une croissance de 25,6 % par rapport à 2024, la plus forte depuis 2021.

Revenons à cette inquiétude du secteur pour souligner que cette crise ne touche pas seulement les puces. Selon les experts, la demande explosive des centres d’entraînement d’IA provoque une pénurie généralisée de mémoire RAM et une forte augmentation de leurs prix, atteignant jusqu’à cinq fois plus pour certains modèles depuis l’été dernier.

Cette pénurie est exacerbée par les tensions que se livrent, principalement, la Chine et les États-Unis. Avec un enjeu immense : qui contrôle la fabrication des puces pourrait, à terme, dicter les règles du jeu de l’IA mondiale.

Mais où en est le Maghreb dans tout cela ?

Le 12 avril 2025, le Centre de Développement des Technologies Avancées (CDTA) annonçait la fabrication de la première puce électronique algérienne, dont l’enjeu est industriel, politique et sécuritaire. Et ce n’est pas tout. Selon le site web weartech.africa, citant le ministère algérien de l’Enseignement supérieur, l’Algérie a inauguré à Sidi Abdellah près d’Alger, lundi 8 juin 2026, son premier centre dédié à l’enseignement virtuel et à l’IA.

Quid de la Tunisie ?

Une étude de l’ITCEQ publiée en mai 2026 montre un décalage important entre les intentions et les réalisations : 86 % des entreprises considèrent l’intelligence artificielle et les technologies avancées comme un levier d’innovation. Mais seulement 19 % déclarent avoir concrètement développé des projets innovants, face à des obstacles financiers et de compétences. Avec seulement 7,8 % d’entreprises à forte maturité digitale, l’ITCEQ recommande des audits technologiques, des formations certifiantes en IA et la modernisation des systèmes ERP/CRM.

Il préconise également de renforcer les financements publics, d’investir dans la veille technologique et de promouvoir l’agilité organisationnelle. Ces actions visent à faire de l’intelligence artificielle un levier de compétitivité et de transformation durable du tissu économique tunisien.

Meriem Ben Ali

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Green4Value : un nouveau souffle pour la biodiversité forestière

09. Juni 2026 um 15:51

Le projet Green4Value, consacré à la gestion, à la conservation et à la valorisation de la biodiversité des arboretums en Tunisie, a été officiellement lancé le 9 juin 2026 lors d’une rencontre scientifique organisée à Tunis par l’Institut national de la recherche en génie rural, eaux et forêts (INRGREF).

Coordonné par Issam Touhami, le projet s’inscrit dans les efforts nationaux visant à promouvoir la gestion durable des ressources naturelles et la valorisation de la biodiversité. Il est mis en œuvre dans le cadre du programme GREEN IMPACT, soutenu par le programme « Tunisie verte et durable » et financé par l’Union européenne.

Green4Value vise à renforcer la conservation et l’exploitation durable des arboretums tunisiens, considérés comme des espaces stratégiques pour la préservation de la biodiversité, la recherche scientifique et le développement socio-économique. Ces sites jouent un rôle important dans la conservation des espèces forestières et médicinales, l’adaptation au changement climatique et la sensibilisation à l’environnement. Mais ils restent encore insuffisamment valorisés.

Le projet ambitionne ainsi d’améliorer les mécanismes de gestion et de conservation des arboretums, de promouvoir les ressources forestières à forte valeur ajoutée et de contribuer au développement économique local et rural. Il prévoit également de soutenir la recherche scientifique multidisciplinaire, de développer des approches durables intégrant les dimensions environnementales, sociales et économiques et de renforcer la coopération entre les différents acteurs concernés.

La réunion de lancement a permis d’échanger sur les enjeux liés à la biodiversité et aux perspectives de valorisation durable des arboretums. Et ce, tout en consolidant la collaboration entre les partenaires du projet. Outre l’INRGREF, celui-ci réunit le Centre de Biotechnologie de Borj Cédria (CBBC), la Faculté de Pharmacie de Monastir (FPhM), la Direction générale des forêts (DGF) et l’Association tunisienne des techniciens forestiers (ATTF).

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Mehdi Bach Hamba prend les rênes de la SICAV SECURITY

09. Juni 2026 um 15:19

Mehdi Bach Hamba a été officiellement nommé directeur général de la société d’investissement à capital variable SICAV SECURITY. Il succède ainsi à Karim Abdelkefi.

Cette nomination découle d’une décision du conseil d’administration de SICAV SECURITY, qui s’est réuni le 29 mai 2025. L’information a été publiée sur le site du CMF le 8 juin 2026.

Parallèlement à l’arrivée de M. Bach Hamba à la direction générale, le conseil d’administration a également entériné la nomination de Hajer Gabsi au poste de présidente du conseil d’administration, en remplacement de Raouf Negra.

Le profil du nouveau dirigeant

Outre ses nouvelles fonctions au sein de la SICAV, Mehdi Bach Hamba occupe le poste de directeur général de la société UNION CAPITAL. Il prend également la présidence du comité de gestion réorganisé de la SICAV SECURITY, aux côtés de cadres issus d’UNION CAPITAL et de la salle des marchés de l’UBCI.

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Algérie–Tchad : une centrale énergétique pour réduire le déficit électrique à N’Djamena 

09. Juni 2026 um 15:14

L’Algérie a officiellement lancé, lundi 8 juin à N’Djamena, un projet de centrale électrique de 40 mégawatts destiné à renforcer l’approvisionnement en électricité du Tchad. La cérémonie de pose de la première pierre s’est tenue en présence du Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, et du chef du gouvernement tchadien, Allamaye Halina.

Selon les autorités algériennes, cette centrale constitue un don de l’Algérie à la République du Tchad, décidé sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune. Le projet s’inscrit dans la volonté affichée par Alger de renforcer la coopération économique et le développement des infrastructures en Afrique.

La future installation, dont la construction a été confiée à Sonelgaz International, fonctionnera grâce à des turbines à gaz modernes et devrait fournir des capacités supplémentaires pour répondre à la hausse de la demande en électricité dans la capitale tchadienne et ses environs. Les responsables tchadiens ont indiqué que l’expansion de la production électrique est devenue une priorité face à la croissance des besoins domestiques, industriels et de services.

Une stratégie africaine plus large

Pour le Premier ministre algérien, ce chantier illustre une vision plus large de l’intégration africaine et du développement partagé. Il a rappelé que le projet fait partie des engagements issus de la visite officielle du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie en avril 2026.

Au-delà de cette centrale, Alger met en avant sa participation à plusieurs projets régionaux liés aux infrastructures, aux transports et aux télécommunications. Le gouvernement algérien considère l’investissement dans l’énergie comme un levier central de stabilité et de développement sur le continent africain.

Une fois mise en service, la centrale devrait contribuer à renforcer le réseau électrique tchadien et à fournir une alimentation plus régulière aux ménages et aux entreprises.

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USA : les prochaines données d’inflation seront « cruciales »

09. Juni 2026 um 14:38

Les prochaine données sur l’inflation américaine, attendues cette semaine, pourraient être « cruciales » pour la direction générale des marchés financiers.

« En l’absence d’une résolution entre les États-Unis et l’Iran, nous pensons qu’une inflation supérieure aux attentes serait susceptible de constituer un catalyseur négatif pour les actions et pourrait déclencher une vente massive à court terme sur les indices ». C’est ce qu’ont indiqué les stratèges de Wolfe dans une note. « Les marchés se rapprochent effectivement d’un carrefour décisif, selon l’évolution des prix du pétrole ».

Ainsi,l’indice des prix à la consommation (IPC) du mois de mai doit être publié mercredi 10 juin, les analystes anticipant une hausse du chiffre global à 4,2 % sur les douze mois à fin mai, contre 3,8 % le mois précédent. En rythme mensuel, l’IPC devrait ralentir à 0,3 % contre 0,6 %.

A noter par ailleurs que les prix du Brent, référence mondiale du pétrole, ont effacé une partie de leurs gains antérieurs. Le contrat évolue désormais en dessous de ses récents sommets, mais reste bien au-dessus des niveaux d’avant-guerre. Les craintes se sont multipliées qu’un choc énergétique puisse alimenter une flambée des pressions inflationnistes à travers le monde, poussant potentiellement les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt en réponse.

La Réserve fédérale américaine (Fed), par exemple, devrait désormais relever ses taux d’ici la fin de l’année, notamment après une publication solide des chiffres de l’emploi américain la semaine dernière.

« Les marchés américains entrent dans un mode hypersensible à l’égard des tendances de l’inflation et de l’emploi, alors que les prix du pétrole restent élevés », ont déclaré les analystes de Wolfe. Cependant, si les marchés franchissent sans mauvaise surprise les données d’inflation de cette semaine, « le flux d’informations se déplacera probablement à nouveau vers l’IA et l’introduction en bourse prévue de SpaceX. Ce qui devrait raviver les esprits animaux ».

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Tunis El Manar brille à l’international grâce à la durabilité et la cybersécurité

09. Juni 2026 um 13:58

Deux enseignantes-chercheuses de l’Université de Tunis El Manar se sont distinguées à l’échelle internationale en 2026 pour leurs contributions respectives à l’innovation pédagogique et à la cybersécurité. L’institution universitaire tunisienne a officialisé l’annonce en saluant les parcours de la docteure Sawssen Turki et de la docteure Nihel Ben Youssef.

La docteure Sawssen Turki, qui exerce en tant que maître-assistant à l’Institut Supérieur des Technologies Médicales de Tunis, a obtenu le Prix Jean Demal de l’innovation pédagogique 2026. Cette récompense internationale vient couronner ses travaux académiques centrés sur l’intégration des concepts de développement durable et de durabilité au sein des programmes de formation des ingénieurs.

Dans un domaine différent, la docteure Nihel Ben Youssef, maître-assistant à l’Institut Supérieur d’Informatique, a été nommée finaliste du prix mondial Cybersecurity Woman of the Year 2026, dans la catégorie récompensant le volontariat. Cette nomination internationale met en avant ses activités bénévoles ainsi que son rôle dans le développement et la structuration de la communauté des professionnels de la cybersécurité.

Pour la direction de l’Université de Tunis El Manar, ces résultats individuels s’intègrent dans la politique globale de l’établissement. La gouvernance de l’université associe ces distinctions à ses objectifs d’employabilité des étudiants et d’impact sociétal, en conformité avec le quatrième Objectif de développement durable de l’ONU dédié à la qualité de l’éducation.

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Ridha Chkoundali : « La politique monétaire seule ne suffira pas face à l’inflation »

09. Juni 2026 um 13:09

Le taux d’inflation annuel en Tunisie est resté stable en mai 2026 à 5,5 %, un niveau identique à celui d’avril. Sur les cinq premiers mois de l’année, l’inflation atteint 5,2 %, en léger repli par rapport aux 5,7 % enregistrés sur la même période en 2025. Toutefois, cette stabilité masque une inversion de tendance : après une phase de ralentissement, l’inflation repart à la hausse, passant de 4,8 % en janvier 2026 à 5,5 % en mai, sous l’effet conjugué de tensions internes et externes.

 
Dans un post publié sur son compte officiel du réseau social Facebook, l’économiste Ridha Chkoundali souligne que le contexte inflationniste s’est modifié. Alors qu’en 2025 l’inflation avait reculé de 6 % en janvier à 5,4 % en mai, l’année 2026 enregistre une progression continue. Cette dynamique est alimentée par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui laisse présager de nouvelles hausses des prix, notamment pour les produits alimentaires et agricoles. L’augmentation du prix de l’énergie et des engrais, ainsi que la dépendance aux importations d’ammoniac transitant par le détroit d’Ormuz, pèsent sur les coûts de production.

Les produits de première nécessité enregistrent des hausses sensibles en mai 2026 : les viandes progressent de 18,2 %, les fruits de 11 %, les poissons de 10,6 %, les légumes de 9 %. Les biens non alimentaires ne sont pas épargnés : les vêtements augmentent de 9,6 %, les chaussures de 9 %, les loisirs et la culture de 6,5 %. Les frais d’éducation préscolaire et primaire s’élèvent de 6,7 %, ceux du secondaire de 6,3 %. Les services hôteliers bondissent de 15,6 %, rendant particulièrement coûteux tout recours à ces prestations en période estivale.

L’analyse sur les cinq premiers mois cumulés, comparée à la même période de 2025, confirme une accélération des prix pour les viandes (de 13,8 % à 14,9 %), les fruits (de 13,9 % à 15,6 %), l’éducation préscolaire et primaire (de 4 % à 6,7 %) ainsi que les services hôteliers (de 8,5 % à 13,6 %). Ces évolutions indiquent une poursuite attendue de la hausse, à défaut de mesures correctrices.

Sur une période longue de onze ans, de mai 2015 à mai 2026, les prix ont augmenté de 96 % en moyenne. Un bien à dix dinars en 2015 en vaut désormais vingt. Cette hausse s’est accentuée lors des cinq dernières années (+41 %) par rapport à la période 2015-2021 (+39 %). Durant les cinq premières années, les ménages pouvaient recourir au crédit bancaire ou au paiement échelonné. Depuis 2021, avec la nouvelle loi sur les chèques et le resserrement de la politique monétaire, ces options sont devenues moins accessibles, rendant l’inflation plus douloureuse.

L’impact sur le pouvoir d’achat est particulièrement visible sur les produits de base. Le prix de la viande d’agneau, par exemple, a grimpé de 188 % en onze ans, passant de 27 dinars le kilo en mai 2015 à 40 dinars en mai 2021, puis à 65 dinars en mai 2026. Les fruits ont augmenté de 163 % sur la même période : un kilo d’abricots vendu 2,5 dinars en 2015 valait 4 dinars en 2021, contre environ 7 dinars en 2026.

Face à cette trajectoire ascendante, la Banque centrale de Tunisie observe une position prudente. Elle a renoncé à réduire son taux directeur et n’exclut pas de l’augmenter lors de ses prochaines réunions. L’économiste Ridha Chkoundali relativise cette approche : l’inflation actuelle ne provient pas d’une surchauffe de la consommation des ménages, mais d’une offre insuffisante, d’un climat des affaires peu incitatif à l’investissement, ainsi que des emprunts excessifs de l’État à des fins essentiellement consommatrices. Il s’y ajoute une inflation importée liée aux tensions géopolitiques, notamment pour les engrais.

L’analyse des données de mai 2026 fait apparaître plusieurs évolutions structurelles. La stabilité de l’inflation générale cache une résurgence de l’inflation alimentaire, plus pénalisante pour les ménages tunisiens, en particulier les classes moyennes et modestes, chez qui la part des dépenses alimentaires dépasse le poids de ce poste dans la statistique officielle. L’inflation reste avant tout portée par les coûts de production, la faiblesse de l’offre locale, les problèmes d’approvisionnement et les perturbations du commerce international. Les hausses des prix des viandes, des poissons, des fruits et des légumes ne relèvent plus seulement de facteurs saisonniers mais de causes structurelles : cherté des aliments pour bétail, réduction du cheptel, sécheresse, coût de l’irrigation et de la main-d’œuvre, ainsi que problèmes de distribution.

Par ailleurs, l’inflation des services s’accélère, avec des hausses du loyer (5,7 %), des loisirs (6,5 %), de l’éducation de base (6,7 %) et des services hôteliers (15,9 %). Ce phénomène est plus difficile à inverser, car les services sont sensibles aux salaires, aux coûts d’exploitation et à la fiscalité.

L’écart entre la hausse des prix (+96 % depuis 2015) et l’évolution des salaires, qui n’a pas suivi le même rythme, explique le sentiment de dégradation du pouvoir d’achat, bien au-delà de ce qu’indique un taux d’inflation officiel de 5,5 %.

Pour le second semestre de 2026, un risque supplémentaire apparaît. La poursuite du conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer trois chocs simultanés : hausse des prix du pétrole, renchérissement des engrais et de l’ammoniac, ainsi que l’augmentation mondiale des céréales et aliments pour bétail. Dans ce cas, l’inflation importée menacerait de l’emporter sur les facteurs internes.

Les indicateurs de mai 2026 indiquent ainsi non seulement un niveau d’inflation élevé, mais un changement de sa nature : retour à une tendance haussière après une année de baisse, concentration sur les produits alimentaires essentiels, ancrage accru de l’inflation des services, causes devenues structurelles, incapacité de la seule politique monétaire à y remédier et vulnérabilité aux tensions géopolitiques.

Au final, le défi pour les autorités tunisiennes ne consiste plus simplement à réduire l’inflation, mais à relancer la production et l’investissement pour améliorer l’offre locale. Faute de quoi l’inflation risque de s’installer durablement au-dessus de 5 %.

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Visas en Afrique : l’encombrant business de VFS Global, entre services payants et fraudes

09. Juni 2026 um 12:25

En Afrique, décrocher un rendez-vous pour un visa relève souvent d’un parcours du combattant, aussi coûteux qu’opaque. Au cœur du système, une entreprise indienne, VFS Global, sous-traitante de nombreuses ambassades (France, Chine, etc.), transforme cette manne administrative en machine à cash, selon une enquête coordonnée par Lighthouse Reports et relayée par RFI (Radio France Internationale).

Pour vous donner un ordre de grandeur, les bénéfices opérationnels de l’entreprise, entre 2017 et 2024, ont explosé de 31 à 171 millions d’euros, alors que le volume des demandes n’a crû que de 15 %. Une croissance largement portée par la vente de « services à valeur ajoutée » (VAS) – envois de SMS, salons premium – souvent présentés comme quasi obligatoires, bien qu’optionnels.

Des pratiques commerciales contestées

L’enquête révèle que ces VAS représentent jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires mondial de VFS, et plus du tiers de ses revenus en Afrique du Sud, au Kenya ou au Nigeria. En tout cas, d’anciens employés au Sénégal et au Kenya affirment avoir fait l’objet de « pressions hiérarchiques pour vendre ces services, avec des commissions à la clé », toutefois.

De leur côté, les demandeurs dénoncent « une arnaque » et « un grand n’importe quoi ». Du reste, des rapports d’inspection européens (Suède, Tchéquie, 2024-2025) confirment un « flou entretenu » par VFS sur le caractère facultatif de ces prestations.

Mais plus grave : des employés ou ex-employés de VFS exploitent leur maîtrise du système pour créer des agences parallèles frauduleuses. Dans ce cadre, on entend ici et là certains dire payent entre 114 et 300 euros rien que pour décrocher un rendez-vous, et ce sans garantie d’obtenir le visa. Bien évidemment, VFS Global affirme lutter contre ces dérives via des mots de passe uniques et une campagne de sensibilisation, mais l’efficacité de ces mesures paraît limitée, selon les enquêteurs de la radio mondiale.

Mais est-ce que ce système est mauvais ?

Pas vraiment. Car sur le fond, VFS ne viole aucune loi. Elle capitalise surtout sur une politique des visas de plus en plus restrictive et sécuritaire, assumée par les pays occidentaux, notamment européens. C’est ainsi que Paul Hermelin, président de CapGemini, a qualifié la politique française de “machine à mécontentement“ : « au Sénégal, seulement 3 000 visas étudiants sont délivrés pour 12 000 à 15 000 demandes, générant 10 000 déçus. Plutôt que de s’attaquer aux causes profondes de cette frustration – un accès aux visas verrouillé – les ambassades confient à un sous-traitant privé le soin de gérer la pénurie, avec les dérives prévisibles ».

En somme, un business juteux sur le dos des Africains – chaque jour de plus en plus naïfs – parfaitement intégré au système.

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Magasin Général dégage 5,27 millions de dinars de bénéfice

09. Juni 2026 um 12:06

Magasin Général a renoué avec les bénéfices en 2025, enregistrant un résultat net de 5,27 millions de dinars; contre une perte de 3,74 millions l’année précédente. La société est portée par une hausse de ses revenus et une baisse de ses charges financières.

La compagnie de grande distribution, qui compte un réseau de 104 points de vente à la fin de l’année 2025, soumettra ses indicateurs financiers à l’approbation de son Assemblée générale ordinaire prévue le 19 juin 2026.

Le chiffre d’affaires global de l’entreprise a progressé pour atteindre 1,199 milliard de dinars contre 1,079 milliard en 2024. Ce qui représente une augmentation de près de 120 millions de dinars. Les ventes de marchandises constituent l’essentiel de ces produits avec une contribution de 1,161 milliard de dinars sur la période.

De son côté, la performance opérationnelle affiche une dynamique similaire puisque le résultat d’exploitation s’est établi à 15,20 millions de dinars en 2025. Soit en hausse par rapport aux 10,16 millions enregistrés au cours de l’exercice précédent. Cette amélioration intervient malgré une augmentation des charges de personnel, passées de 84,22 millions de dinars à 93,92 millions de dinars. Et ce, sous l’effet notamment de la hausse des effectifs consécutive à l’entrée en vigueur de la loi portant interdiction de la sous-traitance.

Ainsi, le redressement financier s’explique principalement par l’allègement des charges financières nettes. Lesquelles ont chuté de 14,44 millions de dinars en 2024 à 5,10 millions de dinars en 2025. D’ailleurs, la direction attribue cette baisse de plus de 9 millions de dinars à la non-obtention de nouveaux crédits ainsi qu’à l’impact positif de l’augmentation de capital réalisée en 2023, qui a permis d’optimiser la trésorerie et de réduire les intérêts liés aux comptes courants et aux dépôts

Au bilan, les capitaux propres de la société s’élèvent à 87,98 millions de dinars après imputation du résultat, contre 82,27 millions de dinars fin 2024. Le total des actifs se stabilise à 710,16 millions de dinars. Tandis que le résultat de base par action repasse en territoire positif à 0,334 dinar; contre une valeur négative de 0,237 dinar un an plus tôt.

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Quand Ivanka Trump déclenche la « révolte des flamants roses » en Albanie ! 

09. Juni 2026 um 11:24

Colère et manifestations inédites en Albanie suite à un projet de tourisme de luxe porté par Ivanka, la fille du président américain, sur une île d’Albanie, une réserve protégée, dont les flamands roses sont devenus l’emblème. 

Décidément, là où les Trump passent, ils ne laissent dans leur sillage que désordre, désolation et gabegie. Ainsi, marchant sur les pas de son illustre paternel qui caressait l’idée folle de transformer la bande de Gaza en « Riviera du Moyen-Orient », Ivanka Trump a, à son tour, suscité la polémique en jetant son dévolu sur la réserve naturelle de Vjosa-Narta, en Albanie, avec l’idée d’y développer un vaste complexe hôtelier.

 

Lire aussi: Gaza, « Riviera du Moyen-Orient » : Tony Blair au four et au moulin

Parfum de corruption 

Mais le projet s’est heurté à une forte mobilisation populaire : depuis le samedi 6 juin, des milliers de manifestants se réunissent chaque soir dans les rues de Tirana pour défendre cet espace protégé. Un mouvement que certains surnomment déjà la « révolte des flamants roses » et qui s’insurge contre la politique d’un gouvernement qui vend ses terres.

Par ailleurs, Edi Rama, le Premier ministre albanais, est accusé de corruption. Aurait-il accordé un traitement de faveur à la famille Trump ? Ce dernier défend ce projet comme une étape importante dans la transformation du pays. L’Albanie aspirant à devenir une destination touristique de référence et ainsi tourner la page de son passé lié à l’URSS.

Pour sa part, le parquet spécialisé en matière de lutte contre la corruption et le crime organisé d’Albanie a ouvert des enquêtes sur l’origine des fonds utilisés pour acheter les titres de propriété des terrains concernés par le projet ainsi que sur la manière dont le cadre légal a été modifié pour permettre la signature de contrats sans appel d’offres.

Un coup de cœur coûteux 

Tout serait parti d’un coup de cœur lors d’une croisière en Méditerranée. « Nous étions sur le bateau d’un ami et nous nous sommes arrêtés pour nager. En fait, c’est comme ça qu’on l’a découverte et on est resté captivé », racontait récemment la fille de Donald Trump.

Or ce qui aurait pu rester un simple souvenir de vacances s’est transformé en un projet à plusieurs millions de dollars. Ainsi, avec son mari Jared Kushner, elle lance alors les démarches pour concrétiser ce projet, qui reçoit le feu vert des autorités albanaises fin 2024. Objectif : faire émerger sur cette île préservée une immense station balnéaire composée de cinq hôtels de luxe de 1000 chambres avec à la clé un investissement pharaonique de 5 milliards de dollars. Le hic c’est que le chantier se dresse sur les lagunes de Zvërnec et de l’île de Sazan ; deux sites à la biodiversité protégée.

Une catastrophe écologique 

En effet, le projet s’implante au delta du fleuve Vjosë, en Albanie, réputé pour être le dernier fleuve sauvage d’Europe et lieu refuge des oiseaux migrateurs. La lagune de Nartë, où compte s’implanter le complexe hôtelier, abrite une rare colonie de pélicans frisés et des espèces menacées comme la grenouille d’eau albanaise et des tortues caouannes; ainsi que des oiseaux migrateurs, dont des flamants roses qui sont devenus l’emblème de la contestation populaire  à l’échelle nationale.

« Le problème ne concerne pas seulement la transparence de ce processus, mais aussi le fait que tout cela s’est déroulé au mépris total de l’importance environnementale de cette zone », explique Denisa Kasa, militante de l’association albanaise de protection de l’environnement.

« Le chantier pourrait durer de 10 à 15 ans avec des dizaines, voire des centaines d’engins, et énormément d’ouvriers. En d’autres termes, la nature ne sera absolument pas préservée ». C’est ce qu’affirme notamment un militant écologique. Le symbole de ce soulèvement, ce sont les flamants roses, car le projet menacerait une zone où ils trouvent refuge.

La rue se rebiffe 

Sauf qu’entre-temps, le sujet est devenu explosif. Samedi dernier, la tension est montée d’un cran, lorsqu’une altercation a éclaté entre des habitants de la région et des agents privés, chargés de sécuriser le début des travaux. L’image d’un manifestant traîné sur plusieurs mètres a fait le tour du pays. Depuis, la contestation rassemble chaque jour des foules immenses dans les rues de la capitale. Certains brandissaient des drapeaux albanais rouges, d’autres arboraient des flamants roses gonflables ou découpés dans du papier, symbole de cet écosystème menacé. Avec le mot d’ordre d’exiger l’arrêt immédiat des travaux et l’abandon pur et simple de ce projet cher au couple Trump.

Morale de l’histoire : le scandale aura pris une dimension nationale; d’écologiste, le mouvement est devenu politique.

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Claude : l’IA qui a creusé un trou de 500 millions $ dans une entreprise

09. Juni 2026 um 10:58

Cinq cents millions de dollars. C’est le montant qu’une entreprise, dont l’identité n’a pas été divulguée, aurait découvert sur sa facture mensuelle après avoir déployé Claude sans aucune restriction d’usage auprès de ses équipes. L’information, révélée par un consultant spécialisé en intelligence artificielle, illustre avec une brutalité rare ce qui arrive lorsque des outils de calcul sont mis entre n’importe quelles mains sans contrôle budgétaire préalable.  

À l’origine du dérapage : une omission en apparence bénigne. Les responsables n’auraient défini aucun seuil maximal sur les accès accordés aux collaborateurs. Sans plafond, chaque salarié a pu solliciter le système à sa guise, sans limite de fréquence ni de volume.

Résultat : en trente jours, la note a atteint des proportions que beaucoup auraient jugées impossibles. L’ardoise se monterait à 1 demi-milliard de dollars.

Ce cas extrême traduit pourtant une dynamique bien documentée dans le secteur. Nombreuses sont les organisations qui encouragent actuellement leurs effectifs à recourir massivement à l’IA. Cette incitation s’est même dotée d’un terme technique : le tokenmaxxing, soit la course à la consommation maximale de jetons de calcul.

La pression exercée sur les employés les pousse à multiplier les requêtes, souvent sans réflexion sur leur pertinence ni sur leur coût.

Chefs d’entreprise, soyez prudents en souscrivant à une licence pour l’intégration de l’IA dans votre entreprise.

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Europe : 47 milliards perdus en dix jours de conflit

09. Juni 2026 um 10:48

« Le coût des importations de combustibles fossiles pour l’Union européenne a augmenté de plus de 47 milliards d’euros ces dix derniers jours. Cela représente un coût économique considérable pour l’UE, sans pour autant augmenter la production d’énergie ». C’est ce qu’a déclaré, lundi 8 juin, Eva Hrdčírová, porte-parole de la Commission européenne.

Elle a souligné qu’il n’y avait eu aucune interruption dans l’approvisionnement en énergie et que la sécurité de l’approvisionnement restait assurée. Le principal impact de la crise se faisant sentir sur les prix de l’énergie.

Comme l’a fait remarquer Eva Hrdčírová, « l’Union européenne est actuellement confrontée principalement à un choc des prix et non à un problème de disponibilité énergétique ».

Dans le même temps, elle avertit que si la crise et les tensions autour du détroit d’Ormuz persistent, l’UE va rencontrer quelques difficultés supplémentaires dans les semaines ou les mois à venir.

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Kristalina Georgieva avertit : le monde n’est pas préparé à des chocs successifs

09. Juni 2026 um 10:33

La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a déclaré qu’après les crises successives de ces dernières années, le monde doit bâtir des fondations capables de résister à des chocs de plus en plus fréquents.

« Je crains que nous n’ayons pas encore pleinement intégré l’idée que le monde va évoluer ainsi », a déclaré lundi 8 juin Mme Georgieva dans le podcast Bloomberg Leaders… « Nous n’arriverons pas à un point où les chocs disparaîtront », a-t-elle ajouté.

Mme Georgieva, qui dirige l’organisation basée à Washington depuis 2019, a traversé la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, les tensions tarifaires et, plus récemment, le conflit au Moyen-Orient. Le FMI dispose d’une capacité de prêt d’un peu moins de 1 000 milliards de dollars et sa mission, comme elle l’a elle-même décrite, est de veiller à ce que les 191 États membres de l’organisation continuent de collaborer pour le bien commun de l’économie mondiale.

L’une des transformations majeures en cours est la diffusion de l’intelligence artificielle et son impact sur les marchés du travail et les économies locales. Dans ce contexte, Mme Georgieva a déclaré que des organisations, dont le FMI, n’ont pas su reconnaître les inégalités engendrées par la mondialisation et elle souhaite éviter que cela ne se reproduise avec l’intelligence artificielle.

« Collectivement, y compris le Fonds, nous avons sous-estimé la réaction négative à la mondialisation, due au fait que, certes, l’économie mondiale dans son ensemble se portait mieux, mais que de nombreuses communautés étaient fragilisées par les pertes d’emplois et le manque d’attention dont elles faisaient l’objet », a-t-elle expliqué. « Ce que je veux absolument éviter, c’est que la même chose se produise avec l’intelligence artificielle ».

Le Fonds actualisera ses perspectives économiques mondiales en juillet, après avoir revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année en avril, en raison du conflit au Moyen-Orient. L’organisation réalise également des évaluations annuelles des économies de ses États membres dans le cadre de sa mission de surveillance.

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ESG 2025 : Carthage Cement reste muette sur son empreinte carbone et sa consommation d’eau

09. Juni 2026 um 10:02

Carthage Cement, premier cimentier coté en Tunisie, a publié son rapport de durabilité 2025. Il s’agit de son premier exercice de reporting extra-financier. Le document couvre l’ensemble de ses sites. Il inclut la carrière et la cimenterie de Jebel Ressas, la centrale à béton de Bir El Kassaa, ainsi que le siège social. L’entreprise a établi ce rapport selon le guide ESG de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis (BVMT).

 La consommation énergétique totale a atteint 5 304 115 gigajoules (GJ) en 2025. En effet, ce chiffre marque une baisse de 12,16 % par rapport aux 6 038 176 GJ enregistrés en 2024.

Cette diminution se décompose en deux postes. D’une part, la consommation thermique a baissé de 12,49 % (de 5 389 186 GJ à 4 716 235 GJ). D’autre part, la consommation électrique a reculé de 9,42 % (de 648 990 GJ à 587 881 GJ). Le mix énergétique repose sur quatre sources : le petcoke, le gaz naturel, le gasoil et l’électricité.

Par ailleurs, le volume extrait est passé de 4 623 626 tonnes en 2024 à 4 088 559 tonnes en 2025. Cela représente une baisse de 11,6 %. L’efficacité de production atteint 1,5 tonne de matières premières par tonne de ciment produite.

Cependant, le rapport ne publie aucune donnée chiffrée sur les émissions de CO₂. L’entreprise développe actuellement un système de mesure des gaz à effet de serre. Néanmoins, elle ne chiffre pas non plus les niveaux d’émissions de poussières (PM), d’oxydes d’azote (NOx) ni d’oxydes de soufre (SOx). La production de déchets atteint 361 tonnes en 2025. Ce total comprend 343 tonnes de déchets non dangereux et 18 tonnes de déchets dangereux. Ces derniers représentent 5 % du total. Actuellement, les déchets dangereux sont stockés en attendant des opérateurs autorisés. 

Pourtant, le rapport ne fournit aucune donnée sur la consommation ou le recyclage de l’eau. L’entreprise a identifié cet enjeu comme prioritaire pour sa feuille de route 2026-2028.

L’intégration des ex-sous-traitants fait bondir les effectifs

L’effectif total a progressé de 23 % en un an. Carthage Cement comptait 726 salariés en décembre 2024. Ce chiffre est passé à 892 en décembre 2025. Cette évolution s’explique principalement par l’intégration de 172 agents de sous-traitance. En effet, la loi n°9-2025 du 21 mai 2025 interdit désormais la sous-traitance de main-d’œuvre. À fin 2025, 889 salariés sur 892 bénéficient d’un CDI titularisé. Les trois derniers sont en période d’essai. Aucun contrat à temps partiel ni télétravail n’existe.

Le taux de rotation des effectifs bondit à 12,9 %. Ce taux était de 1,1 % en 2024. La hausse reflète les 176 entrées enregistrées sur l’exercice. Les départs se sont limités à 11 personnes. Le taux d’absentéisme atteint 2,12 % en 2025, contre 2,05 % en 2024. Le taux d’encadrage s’établit à 24,3 % en 2025, contre 30 % en 2024.

Les femmes restent très minoritaires

Elles représentent seulement 5,4 % de l’effectif total en 2025 (contre 6,2 % en 2024). Par catégorie professionnelle, elles constituent 16,1 % des cadres (35 sur 217), 0,5 % des agents de maîtrise (2 sur 403) et 2,6 % des agents d’exécution (7 sur 272). En revanche, les écarts de rémunération sont faibles. Le ratio de rémunération brute hommes/femmes s’établit à 1,003 pour les cadres et à 0,953 pour les agents d’exécution. La part des femmes managers atteint 21 %.

Sécurité et formation

Le taux de fréquence des accidents avec arrêt s’élève à 13,34 pour un million d’heures travaillées. Le taux de gravité atteint 172 jours perdus pour un million d’heures travaillées.

Aucune maladie professionnelle déclarée n’est recensée.

Par ailleurs, aucun jour de grève ni conflit n’a eu lieu en 2025. La couverture par des accords de négociation collective est de 100 %. L’entreprise a dispensé 8 206 heures de formation en 2025. Cela représente une moyenne de 9,2 heures par salarié. Le budget équivaut à 1 % de la masse salariale. Au total, 48 % des salariés ont bénéficié d’au moins une formation. La formation aux thèmes ESG a représenté 6 396 heures, soit 7,2 heures en moyenne par salarié. Le taux de promotions internes s’établit à 18 %.

Enfin, l’entreprise a accueilli 51 stagiaires. De plus, trois initiatives communautaires ont eu lieu en 2025. En février, Carthage Cement a distribué des paniers alimentaires à 15 familles de la zone de Morneg. En mars, elle a fait un don de vêtements à l’occasion de l’Aïd el-Fitr. Enfin, en septembre, elle a fourni des fournitures scolaires pour la rentrée 2025-2026.

Une gouvernance partiellement indépendante et féminisée à 33 %

Le Conseil d’administration compte neuf membres. Parmi eux, deux sont des administrateurs indépendants, soit 22 % du total. Un administrateur représente les actionnaires minoritaires. Les membres non exécutifs constituent 89 % du conseil, contre 11 % de membres exécutifs. Les fonctions de Président et de Directeur Général sont dissociées. Le Conseil s’est réuni à quatre reprises en 2025. La représentation féminine au sein du Conseil atteint 33 %. Dans les comités spécialisés, elle atteint 29 % en moyenne. Ces comités sont au nombre de quatre : Comité d’Audit, Comité Stratégique, Comité de Recrutement et de Rémunération et Comité de suivi des dossiers juridiques. Les taux de représentation féminine y sont respectivement de 33 %, 0 %, 33 % et 50 %.

La gouvernance ESG repose sur trois niveaux. Le premier niveau est le Conseil d’administration. Le second est un Comité ESG présidé par la Direction Générale. Le troisième regroupe les directions opérationnelles. Entre 2023 et 2025, plusieurs sessions de formation ont eu lieu. Elles ont concerné les membres du Comité ESG, les équipes Finance et les directions opérationnelles. De plus, une session de sensibilisation a eu lieu le 18 juin 2025 pour les membres du Conseil. La démarche de matérialité a mobilisé 111 parties prenantes. Ont été consultées 88 parties prenantes internes et 23 externes. Au final, cette consultation a abouti à neuf enjeux RSE critiques pour 2026-2028.

Une feuille de route 2026-2028 autour de cinq axes stratégiques

La stratégie ESG de Carthage Cement s’articule autour de cinq axes. Il s’agit de la décarbonation et de la performance environnementale. Vient ensuite le capital humain, la santé et la sécurité. Puis la gouvernance responsable et la conformité. L’entreprise inclut également les achats responsables et la chaîne de valeur durable. Enfin, elle ajoute l’ancrage territorial et la responsabilité sociétale. L’entreprise a formalisé cette stratégie en deux étapes. D’abord, elle a réalisé un diagnostic selon le référentiel ISO 26000. Ensuite, elle a mené une analyse d’impacts en ateliers. 24 enjeux potentiels ont été identifiés. Finalement, après consultation des parties prenantes, l’entreprise les a ramenés à neuf enjeux critiques.

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Stellantis rappelle 1,3 million de véhicules Jeep en raison de risques d’incendie

09. Juni 2026 um 09:48

Stellantis annonce le rappel de plus de 1,3 million de SUV et de camions Jeep dans le monde entier en raison de risques d’incendie, et exhorte les propriétaires à garer leurs véhicules loin des bâtiments ou d’autres véhicules jusqu’à ce que le problème soit résolu.

Le rappel concerne les modèles Jeep Wrangler et Jeep Gladiator de 2021 à 2025 en raison d’un problème de connexions électriques dans le câblage de la pompe de direction assistée électrique. Ce qui, dans de rares cas, peut entraîner une surchauffe des matériaux inflammables et potentiellement un incendie du véhicule.

Le rappel concerne environ 1,08 million de véhicules aux États-Unis, 106 000 au Canada, 23 000 au Mexique et environ 125 000 sur d’autres marchés à travers le monde.

Stellantis ajoute que la procédure de rappel comprendra une inspection et éventuellement une réparation ou un remplacement du faisceau de câbles ou de la pompe de direction assistée électrique.

La direction du constructeur dit avoir reçu des signalements concernant une possible blessure liée à ce problème, mais qu’aucun accident ni décès n’avait été constaté.

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Budget 2027 : la Culture mise sur les jeunes, le patrimoine et la modernisation

09. Juni 2026 um 09:42

Le ministère des Affaires culturelles a entamé les travaux de préparation de son budget pour l’exercice 2027. Réunie lundi sous la présidence de la ministre Amine Srarfi, une séance de travail a permis d’examiner les premières orientations budgétaires, avec pour objectifs une meilleure gouvernance des ressources liées à la culture, le soutien à la création, la modernisation des institutions culturelles et la préservation du patrimoine.

Dans le cadre de la préparation du projet de budget 2027, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a présidé, lundi 8 juin 2026, une séance de travail consacrée à l’examen des besoins financiers du département de la culture et des établissements culturels placés sous sa tutelle.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre du renforcement des règles de gestion administrative et financière du ministère et vise à assurer une préparation rigoureuse du budget dans les délais fixés. À cette occasion, la ministre a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les différentes structures concernées afin de garantir l’élaboration d’un projet budgétaire cohérent et conforme aux orientations générales des finances publiques.

Amina Srarfi a également souligné l’importance d’établir des prévisions budgétaires réalistes, capables de répondre aux objectifs stratégiques du secteur culturel tout en tenant compte des contraintes financières de l’État.

Lors de cette séance, les responsables des différentes institutions culturelles ont présenté leurs projets de budgets respectifs, élaborés sur la base des besoins financiers, techniques et logistiques identifiés pour l’année à venir. Les discussions ont porté sur les priorités à intégrer dans le budget 2027, notamment le renforcement de la gouvernance et de la transparence dans les mécanismes de soutien aux créateurs et aux artistes.

Le ministère entend également accorder une attention particulière aux jeunes, à travers des programmes et initiatives ciblés. Tout en poursuivant les efforts de développement des infrastructures culturelles et de sauvegarde du patrimoine national.

Parmi les orientations retenues figurent également la recherche de nouvelles méthodes de valorisation et de promotion du patrimoine culturel ainsi que la modernisation des établissements relevant du ministère. Et ce, dans une logique d’amélioration de leur efficacité et de leur adaptation aux évolutions du secteur.

À travers ce chantier budgétaire, le ministère des Affaires culturelles affiche sa volonté de mieux orienter ses ressources vers les projets jugés prioritaires et de renforcer l’impact des politiques culturelles à l’horizon 2027.

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Des hommes d’affaires brésiliens à la recherche d’opportunités d’investissement en Tunisie

09. Juni 2026 um 08:55

En visite en Tunisie du 6 au 9 juin 2026, le président de la Chambre de commerce arabo-brésilienne, William Adib Dib, conduit une délégation d’hommes d’affaires brésiliens venue explorer de nouvelles opportunités de coopération, de partenariat et d’investissement entre la Tunisie et le Brésil. Une mission économique qui reflète l’intérêt croissant des entreprises brésiliennes pour le marché tunisien et plusieurs secteurs à fort potentiel.

La coopération économique entre la Tunisie et le Brésil pourrait franchir une nouvelle étape. Reçu lundi par le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, le président de la Chambre de commerce arabo-brésilienne, William Adib Dib, a réaffirmé la volonté de son institution de soutenir les efforts visant à renforcer les relations économiques entre les deux pays.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, la rencontre a permis de passer en revue l’état des échanges commerciaux et des partenariats économiques tuniso-brésiliens, ainsi que les perspectives de leur développement. Les discussions ont notamment porté sur les moyens d’accroître les échanges commerciaux, d’encourager les investissements et de favoriser les partenariats entre les opérateurs économiques des deux pays.

À cette occasion, Mohamed Ali Nafti a souligné l’importance du marché brésilien pour les exportations tunisiennes. Il a particulièrement mis en avant la décision du gouvernement brésilien d’exonérer de droits de douane les importations d’huile d’olive vierge depuis le 14 mars 2025, estimant que cette mesure est de nature à renforcer la présence des produits tunisiens sur ce marché de plus de 200 millions de consommateurs et à ouvrir de nouvelles perspectives aux exportateurs nationaux.

Le ministre a également salué le rôle de la Chambre de commerce arabo-brésilienne dans le rapprochement entre les milieux d’affaires des deux pays, notamment à travers la facilitation des échanges, l’accès aux marchés et la promotion des investissements.

Par ailleurs, il a mis en valeur la participation tunisienne à la 40e édition du Salon international de l’industrie alimentaire et des boissons, organisée à São Paulo du 18 au 21 mai 2026. Le pavillon tunisien y a accueilli 16 entreprises spécialisées notamment dans l’exportation d’huile d’olive et de dattes, deux produits phares de l’offre tunisienne à l’international.

Les deux parties ont également évoqué les perspectives de diversification de la coopération économique, en particulier dans les secteurs des industries agroalimentaires, des engrais et des énergies renouvelables. Elles ont souligné l’importance de renforcer le dialogue entre les acteurs économiques et d’organiser de nouvelles missions d’affaires ainsi que des forums économiques conjoints au cours des prochains mois.

La visite de William Adib Dib et de la délégation d’hommes d’affaires brésiliens s’inscrit dans cette dynamique de rapprochement économique, avec pour objectif d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement et de bâtir des partenariats durables entre les entreprises tunisiennes et brésiliennes.

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 Réalisateurs tunisiens, osez la littérature : le plaidoyer de Mariem Azizi

09. Juni 2026 um 08:24

Maîtresse assistante à l’ISLT en littérature française, critique de cinéma, notre invitée publie un ouvrage qui secoue l’adaptation littéraire là où ça fait mal avec ses propres armes conceptuelles : résistance, détour, extension.

Interview Mariem Azizi avec  autour de son ouvrage « Le discours de l’adaptation cinématographique de l’œuvre littéraire : résistance, détour et extension » paru aux éditions Latrach Édition.

Elle a toujours évolué à la croisée de deux arts. Étudiante en littérature française à La Manouba, Mariem Azizi était parallèlement membre du ciné-club et de l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC). Quand vient l’heure de choisir un sujet de thèse, l’évidence s’impose : l’adaptation cinématographique. Deux motivations la guident. L’une, personnelle : un appétit jamais rassasié pour les correspondances entre cinéma et littérature. L’autre, intellectuelle : un vide théorique abyssal. Certes, des travaux anglo-saxons existent, signés Robert Stam, Camilla Elliott ou Linda Hutcheon, mais la théorie de l’adaptation reste un champ mal balisé. C’est dans ce désert qu’elle plante son drapeau.

Fidélité ? Une impasse morale

L’apport central de son travail consiste à considérer l’adaptation comme un acte transformatif, non comme un exercice de reproduction évalué à l’aune de la fidélité. Car cette dernière relève de la réception, un jugement presque moral qui empêche de comprendre le phénomène. Mariem Azizi adopte une posture herméneutique radicale : analyser ce qui se produit quand deux langages, deux systèmes de signification se confrontent. D’un côté, la littérature, art de l’écrit qui a longtemps fourni au cinéma ses histoires. De l’autre, le cinéma, qui s’affirme comme un art autonome et refuse d’être réduit à sa fidélité à une œuvre source.

Pour rendre compte de ces dynamiques, elle élabore une typologie des transformations. Au menu : des bouleversements temporels, esthétiques, énonciatifs, comme la conversion du discours indirect rapporté en dialogue direct à l’écran. Mais l’essentiel est ailleurs. Elle identifie trois rapports entre le cinéma et le texte littéraire.

Ensuite le détour : le film contourne l’impossible en inventant ses propres stratégies pour dire autrement ce que la littérature formulait avec ses moyens. Enfin l’extension : le film s’affranchit, transgresse, prend son envol. C’est là que le cinéma montre son indépendance, par des métaphores visuelles sans équivalent dans le roman.

Un déplacement conceptuel majeur

Jusqu’ici, la théorie de l’adaptation se contentait de produire des définitions et des typologies, distinguant l’adaptation classique, l’adaptation indépendante et l’inspiration libre. Ces catégories sont utiles mais insuffisantes. La nouveauté signée Mariem Azizi est un coup de force conceptuel : définir l’adaptation comme un discours du film sur le roman. Cette perspective ouvre un niveau méta-langagier. L’intrigue cesse d’être le centre exclusif de l’attention. Elle devient le lieu de confrontation entre deux systèmes de signification.

Le cinéma ne raconte pas comme le roman

Pourquoi cette distinction est-elle fondamentale ? Parce que le cinéma est multimodal. Le son produit du sens. La musique raconte. L’image superpose plusieurs actions simultanées grâce à la profondeur de champ, ou alterne espaces et temporalités par le montage parallèle. Un plan montre une action, le suivant en montre une autre qui se déroule ailleurs au même moment. Ce fonctionnement n’a rien à voir avec le récit enchâssé du roman, où les histoires s’insèrent les unes dans les autres de façon séquentielle. L’adaptation met précisément en lumière cette spécificité. Elle produit un discours sur elle-même.

À travers cet ouvrage, Mariem Azizi plaide pour la reconnaissance académique de la théorie de l’adaptation. Elle ne réclame pas forcément un cursus complet, mais au moins des séminaires, une place institutionnelle comparable à celle de la théorie littéraire ou du cinéma. Ces deux disciplines sont reconnues. Pas la troisième. Ni dans le monde arabe, ni à l’international.

Pourtant, elle a introduit dès 2018 un cours sur l’adaptation dans le master de recherche en littérature. Le résultat est probant. À une époque où la lecture recule, l’introduction du film dans l’enseignement génère un regain de motivation spectaculaire chez les étudiants.

Le paradoxe tunisien

La Tunisie, pourtant, est un casse**-**tête. Le potentiel littéraire est immense. Mariem Azizi a lu des dizaines de romans tunisiens, en arabe comme en français. Plusieurs pourraient donner de très beaux films, y compris des œuvres historiques d’auteurs qu’on hésite aujourd’hui à nommer. Alors pourquoi si peu d’adaptations ?

Première raison, structurelle. Le système de financement tunisien valorise le scénario original. Pour être reconnu comme réalisateur et scénariste, il faut prouver qu’on invente sa propre fiction. Adapter un roman est alors perçu comme une facilité, voire une exploitation d’un matériau déjà visible.

Deuxième raison, psychologique. Les réalisateurs redoutent le jugement du public. Les lecteurs, souvent, préfèrent l’original à sa copie. Fausse peur, rétorque Mariem Azizi. L’histoire du cinéma regorge d’adaptations qui ont ravi les lecteurs et donné aux non-lecteurs l’envie de découvrir le livre.

Troisième raison, culturelle. La génération de Nouri Bouzid baignait dans la pensée et l’image philosophique. Une partie de la jeune génération actuelle, en revanche, tend à privilégier la technique. Or la littérature restitue au cinéma sa capacité à porter des questionnements profonds. Elle contraint le réalisateur à entrer dans l’intériorité des personnages, à trouver des équivalents visuels à ce qui, dans le roman, relève de la pensée pure.

Face à ce constat, Mariem Azizi passe à l’acte. Elle propose à l’Institut français un atelier consacré à l’adaptation de romans tunisiens d’expression française. Le succès est immédiat. Quatre romans sont transformés en scénarios. Pour elle, cette expérience prouve une double maturité, littéraire et cinématographique, ainsi qu’un besoin réel de rapprochement entre les deux univers.

Un appel aux réalisateurs

Notre invitée appelle aujourd’hui les réalisateurs tunisiens à se tourner vers leur propre littérature. Non pour en faire des copies, mais pour en proposer des interprétations neuves. Adapter un roman, c’est le revisiter à travers un imaginaire singulier, enraciné dans l’héritage culturel de chacun. Cette démarche enrichit l’œuvre originale et rapproche deux publics, celui qui lit et celui qui ne lit pas. Elle peut même donner à ce dernier l’envie de découvrir le livre. Mariem Azizi appelle cela le plaisir intertextuel du spectateur, ce désir de comparer, de se situer par rapport au texte source, qui naît naturellement de la rencontre avec l’adaptation.

Son vœu le plus cher est de voir émerger davantage d’adaptations de romans tunisiens pour observer concrètement ce que le langage cinématographique peut produire à partir de ces œuvres. La spécialiste en littérature française pense à certains textes mêlant réalisme et fable, y compris écologique, capables de toucher un public éloigné de la lecture. Car telle est, selon elle, la véritable vocation de l’adaptation : non seulement donner vie aux personnages à l’écran, mais aussi transmettre des actions, des émotions et des pensées intérieures par les moyens propres du cinéma, tout en incitant le spectateur à revenir au livre.

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