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Femmes et enfants de jihadistes tunisiens bientôt rapatriés de Syrie

10. Juli 2026 um 13:52

Un groupe de femmes et d’enfants de jihadistes tunisiens décédés doit être transféré d’un camp de Damas vers la frontière turque, en attendant leur remise aux autorités tunisiennes.

Il s’agit de la première opération de rapatriement depuis la Syrie d’enfants dont les pères étaient liés à l’État islamique (EI, Daech).

Le groupe comprend plus de 200 enfants et plus de 60 femmes qui étaient détenus dans des prisons et des camps syriens.

Selon l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, dirigé par l’activiste Mostafa Abdelkebir, qui a travaillé sur ce dossier et assuré le suivi et la documentation depuis des années, un nombre très restreint de personnes seront rapatriées dans un premier temps.

L’Observatoire e précise pas le nom de la partie tunisienne qui va accueillir les rapatriés et comment ils vont pouvoir être insérés dans leurs familles respectives et la société tunisienne en général.

I. B.

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Football | Raed Chikhaoui se rapproche de l’Espérance de Tunis

10. Juli 2026 um 13:24

L’Espérance de Tunis, qui s’est séparée du défenseur central Yacine Meriah, lequel a rejoint le Club africain, l’autre grand club de la capitale, et de l’arrière gauche Mohamed Amine Ben Hamida, en route vers la Saudi Pro League, est à la recherche de défenseurs pour reconstituer sa charnière défensive.  

Selon Diwan FM, le club de Bab Souika a transmis une offre officielle à l’US Monastir pour recruter le défenseur central international Raed Chikhaoui (22 ans, 1m91). Les négociations entre les deux parties sont à un stade avancé, sachant que le joueur est lié au club de Monastir par un contrat courant jusqu’en juin 2028.

L’Espérance, qui cherche à renforcer sa défense avec un joueur supplémentaire, avait déjà recruté le défenseur central Marouane Sahraoui (30 ans, 1m87) et prolongé le contrat de Hamza Jelassi (34 ans, 1m89).

I. B.

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Sousse | La Sonede annonce des coupures d’eau potable

10. Juli 2026 um 12:49

La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé des perturbations et des interruptions de la distribution d’eau potable à partir de 11 h 00, ce vendredi 10 juillet 2026, dans les zones de Sahloul 4 et Khezama Ouest (délégation de Sousse Jawhara, gouvernorat de Sousse).

Dans un communiqué, la société a expliqué que ces perturbations sont dues à une avarie soudaine survenue sur la conduite principale de distribution (d’un diamètre de 1 000 mm) dans le secteur de Sahloul.

La Sonede a ajouté que ses équipes spécialisées évaluent actuellement les réparations nécessaires et déterminent la durée de l’intervention, précisant qu’un nouveau communiqué sera publié plus tard dans la journée pour annoncer le rétablissement de la distribution d’eau potable.

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Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs

10. Juli 2026 um 11:37

La Tunisie rejoue le même film (un autre Plan de développement) en espérant une issue différente. Ce jeudi 9 juillet 2026, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a transmis à la plénière le rapport de synthèse sur le Plan de Développement 2026-2030. Un énième acte d’une pièce que plus personne ne regarde vraiment, tant on en connaît d’avance le dénouement : de grandes promesses au lever de rideau, un silence gêné à la fermeture.

Moktar Lamari *

On appelle ça, en psychologie de comptoir, la définition même de la folie : refaire toujours la même chose en espérant un résultat différent.

En Tunisie, on a simplement institutionnalisé la folie sous forme de planifications (triennale, ou quinquennale) que tout le monde sait que c’est un exercice de mobilisation de foule et une parade populiste dont les résultats sont connus d’avance.

Un casting de blablateurs recyclés

Le Plan 2016-2020, porté par Youssef Chahed, promettait 5% de croissance annuelle et 45 milliards de dinars d’investissements publics. Monsieur Chahed a quitté la Kasbah en 2020 sans jamais revenir devant les Tunisiens pour expliquer pourquoi la croissance réelle a plafonné sous les 2,5%.

Aucune conférence de presse de bilan, aucun mea culpa chiffré — juste un exil confortable et un mandat d’arrêt international pour d’autres motifs, pendant que le pays, lui, encaissait la facture de ses promesses non tenues.

Vient ensuite Najla Bouden, qui présente en janvier 2023 son Plan 2023-2025 : 2,1% de croissance moyenne, chômage à 14% en 2025, investissement à 17,8% du PIB.

Madame Bouden quitte ses fonctions en août 2023, remplacée par Ahmed Hachani, lui-même remplacé en mars 2025 par Sarra Zaâfrani Zenzeri — trois chefs de gouvernement pour un seul plan triennal, aucun n’étant resté assez longtemps pour répondre de son exécution.

Résultat, en 2025 : chômage toujours calé autour de 15%, investissement public exsangue, dette publique à 82% du PIB. Personne n’a payé le prix politique de cet échec — la sanction, en Tunisie, ne s’applique jamais aux plans, seulement au peuple qui les subit.

Et voici Madame Zaâfrani Zenzeri qui présente, elle, un Plan 2026-2030 affublé d’une méthodologie «ascendante» présentée comme révolutionnaire. Une nouveauté de façade pour emballer le même produit périmé : toujours aucune évaluation publique et chiffrée des trois plans précédents, toujours pas de responsable désigné, toujours pas de mea culpa. On change l’emballage, jamais la recette qui rate.

Quatre échecs, quatre responsables, et c’est le peuple qui paie la facture

Primo, l’absence d’évaluation ex post — un choix, pas un oubli. Ne jamais évaluer, c’est ne jamais devoir rendre de comptes. Le ministère de l’Économie et de la Planification, qui rédige plan après plan depuis dix ans, a suffisamment de compétences techniques pour produire un bilan rigoureux ; s’il ne le fait pas, c’est qu’aucun gouvernement successif n’a intérêt à ce que la lumière soit faite sur l’héritage de son prédécesseur — ni, in fine, sur le sien.

Secundo, des hypothèses de croissance gonflées sciemment pour vendre le plan au Parlement et aux bailleurs de fonds. Annoncer 5% quand on sait pertinemment que la structure de l’économie ne le permet pas n’est pas de l’optimisme, c’est de la présentation frauduleuse de résultats escomptés — un délit qui, dans une entreprise cotée, vaudrait une enquête du régulateur boursier.

Tertio, des réformes structurelles promises et jamais engagées — code des marchés publics, réforme fiscale, modernisation administrative — recyclées de plan en plan comme un copier-coller PowerPoint que personne ne relit plus.

Chaque ministre de l’Économie et de la Planification qui a occupé ce poste depuis 2016 — de Fadhel Abdelkefi à Samir Saïed jusqu’à Samir Abdelhafidh aujourd’hui — a eu ce même paragraphe sous les yeux et l’a simplement retapé, sans jamais exiger de ses collègues du gouvernement qu’ils rendent des comptes de son exécution.

Quarto, une valse de chefs de gouvernement organisée comme une stratégie de dilution des responsabilités : quand un plan échoue sur trois ans mais que trois chefs de gouvernement différents se le partagent, personne n’est individuellement comptable — et c’est précisément ce flou organisationnel qui permet à chacun de partir la conscience tranquille.

Une planification sérieuse imposerait qu’aucun nouveau plan ne soit présenté au Parlement sans un rapport d’évaluation indépendant du précédent, publié et débattu en séance plénière avant le vote — pas après, jamais après.

Elle imposerait que les ministres signataires d’un plan soient nommément identifiés comme responsables de sa non-exécution, avec obligation de comparution devant la commission des finances en fin de mandat. Elle imposerait enfin l’abandon des horizons lointains et vagues — 2030, 2035 — au profit d’engagements annuels vérifiables, sanctionnables, et donc réellement contraignants.

Trois constats, sans complaisance

Primo, les décideurs tunisiens ne rejouent pas la même erreur par incompétence — ils la rejouent parce que l’absence d’évaluation leur profite personnellement et politiquement : pas de bilan, pas de blâme.

Secundo, chaque chef de gouvernement qui part avant l’échéance de son propre plan laisse une dette de redevabilité que le suivant n’a aucun intérêt à recouvrer, puisque lui-même compte partir avant l’heure des comptes.

Tertio, tant que la sanction de l’échec continuera de retomber uniquement sur le pouvoir d’achat des Tunisiens et jamais sur la carrière de ceux qui signent ces plans, le cinquième acte de cette pièce, en 2031, ressemblera trait pour trait aux quatre précédents.

Comme le dit le proverbe : «Idha kther el tabbakhine, el tabkha tahrek» (Quand les cuisiniers se multiplient, le plat brûle).

En Tunisie, on a changé les cuisiniers plusieurs fois depuis 2016 sans jamais changer la recette — et le plat, lui, continue de brûler pendant que tout le monde regarde ailleurs. Ou souffler sur le feu… de l’insatisfaction sociale !

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T.

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On défigure Sidi Bou Saïd

10. Juli 2026 um 10:21

À force de remplacer les ateliers, les galeries, les boutiques d’artisanat et les espaces culturels par des commerces de nourriture, nous transformons Sidi Bou Saïd, un village unique au monde, en une simple vitrine commerciale, sans identité. (Illustration : Le Sidi Bou Saïd que l’on veut préserver / Le Sidi Bou Saïd que l’on continue de piétiner).

Aïcha Gorgi *

Hier soir, en rentrant un peu tard, j’ai pris le temps de regarder mon village. Mon regard s’est arrêté sur un immense mur en céramique flambant neuf, sans aucun lien avec les zelliges traditionnels de Sidi Bou Saïd, surmonté d’une enseigne gigantesque qui défigure les lieux.

En m’approchant, j’ai découvert qu’il s’agissait encore d’un commerce de restauration, cette fois spécialisé dans le tiramisu.

Je n’ai absolument rien contre cette enseigne ni contre les gâteaux italiens. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est que Sidi Bou Saïd est en train de perdre son âme.

À force de remplacer les ateliers, les galeries, les boutiques d’artisanat et les espaces culturels par des commerces de nourriture, nous transformons un village unique au monde en une simple vitrine commerciale, sans identité.

Cette enseigne remplace une charmante boutique qui vendait des tableaux, en parfaite harmonie avec l’esprit du village. C’est une perte immense, repose en paix cher Saro **.

À quoi servent les discours sur la préservation du patrimoine si, sur le terrain, on laisse disparaître ce qui fait l’identité de Sidi Bou Saïd ?

J’ai parfois l’impression de me battre seule, mais je refuse de me taire. J’appelle tous ceux qui aiment ce village à réagir. Nous avons besoin de projets culturels, d’artisans, de librairies, de galeries, d’espaces de création, pas d’une succession infinie de commerces de restauration.

Sidi Bou Saïd n’est pas un centre commercial. C’est un patrimoine vivant. Et il est de notre responsabilité à tous de le défendre avant qu’il ne soit complètement trop tard.

* Galeriste.

** Saro Lo Turco, un artiste peintre italien originaire de Valguarnera Caropepe en Sicile. C’était un amoureux de Sidi Bou Said et de la Tunisie, où il réside depuis la fin des années 1990 et où il est décédé le 14 janvier 2024.

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Début août, démarrage des travaux de sécurisation de la colline de Sidi Bou Saïd

10. Juli 2026 um 09:35

Le projet de protection du flanc de colline de Sidi Bou Saïd contre les risques de glissement de terrain entrera dans sa phase opérationnelle début août. Cette décision a été prise par le comité de pilotage — présidé par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari — à la suite de l’examen des études techniques initiales menées sur le site.

Le projet concerne l’un des lieux les plus emblématiques de Tunisie : le village bleu et blanc surplombant le golfe de Tunis, qui est à la fois une localité habitée, une attraction touristique et un promontoire côtier fragile.

Selon le ministère, la première phase d’études a permis d’évaluer l’état du flanc de colline et d’identifier les interventions urgentes à réaliser sur place. Il appartient maintenant aux responsables publics d’accélérer les procédures administratives et techniques et de mobiliser les ressources nécessaires pour lancer les travaux dès le mois prochain et respecter le calendrier établi à cet effet.

Préserver la valeur historique et architecturale du site

Les interventions visent à réduire les risques d’instabilité, à protéger les habitants, les bâtiments et les infrastructures, ainsi qu’à préserver la valeur historique et architecturale du site.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme national de protection des zones urbaines, du littoral et des infrastructures. Il se fonde sur la décision n° 11 émise par le Premier ministère le 26 janvier 2026, chargeant le ministère de l’Équipement de superviser les études et les travaux ultérieurs visant à sécuriser le flanc de colline. Le ministère avait déjà classé ce projet comme prioritaire en février, soulignant que le plateau de Sidi Bou Saïd couvre environ 170 hectares et s’étend sur 7,5 kilomètres, incluant une bande côtière de 4,5 kilomètres. La fragilité géologique du site est accentuée par l’érosion naturelle, les infiltrations d’eau, la proximité de la mer et la pression urbaine.

Des accords avaient été conclus au préalable avec le Centre national de télédétection pour des relevés topographiques et de l’imagerie aérienne, ainsi qu’avec l’Office national des mines pour l’élaboration de cartes géologiques et géophysiques destinées à identifier les zones les plus exposées et les priorités d’intervention.

Harmonie architecturale et spirituelle

Le projet de sécurisation et de stabilisation revêt également une dimension culturelle. Sidi Bou Saïd figure sur la liste indicative de l’Unesco en tant que «village méditerranéen d’harmonie architecturale et spirituelle» ; le dossier de candidature met en lumière l’adaptation historique du site à la topographie et à la constitution géologique de la colline, tout en soulignant les menaces géologiques et climatiques croissantes. La 48e session du Comité du patrimoine mondial se tiendra à Busan, en Corée du Sud, du 19 au 29 juillet 2026, et examinera de nouvelles candidatures, dont le dossier tunisien.

Pour les autorités, le projet de Sidi Bou Saïd revêt donc une double importance : il s’agit à la fois d’une intervention technique de protection civile et d’une opération de sauvegarde du paysage culturel.

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Tunisie-Algérie | Vers un «partenariat stratégique global»

10. Juli 2026 um 09:12

Pour Tunis, le partenariat avec Alger demeure un pilier de sa politique étrangère régionale, notamment en ce qui concerne la sécurité, l’énergie, l’eau, la sécurité alimentaire, la stabilité des frontières et le dossier libyen.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a été reçu à Alger par le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre s’est tenue en marge des travaux du comité de suivi tuniso-algérien, réuni dans la capitale algérienne les 7 et 8 juillet pour mettre en œuvre les conclusions de la 23e session de la Grande commission mixte bilatérale.

Au cours de l’entretien, M. Nafti a transmis à M. Tebboune les salutations du président tunisien Kaïs Saïed, ainsi que ses félicitations à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Il a réitéré l’engagement de Tunis à renforcer les liens de fraternité, de coopération et de partenariat avec l’Algérie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

De son côté, le chef de l’État algérien a prié le ministre tunisien de transmettre ses salutations à M. Saïed, soulignant la convergence de vues entre les deux pays sur diverses questions régionales et internationales.

La visite de M. Nafti intervient dans un contexte de regain d’activité concernant les mécanismes bilatéraux entre Tunis et Alger. Le ministre a réaffirmé la volonté tunisienne d’élever les relations avec l’Algérie au rang de «partenariat stratégique global», conformément aux directives des deux chefs d’État et aux attentes de leurs peuples respectifs, comme l’a rapporté l’agence de presse officielle algérienne, APS.

Le comité de suivi était coprésidé par M. Nafti et le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines algérien, Ahmed Attaf. Les travaux ont porté sur le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues de la Grande commission mixte tenue à Tunis en décembre 2025 et du Forum économique tuniso-algérien.

Les discussions ont notamment abordé les questions de sécurité, de transport, de technologies de la communication, d’affaires sociales, de travail, de formation, de culture et de sport. Les deux pays ont également réaffirmé la nécessité d’une coordination accrue concernant l’eau, l’énergie, la sécurité alimentaire, le développement des zones frontalières et le renforcement des échanges commerciaux, dans le but d’ouvrir de nouvelles opportunités aux entreprises tunisiennes et algériennes, y compris sur les marchés africains.

Une attention particulière a également été portée aux communautés résidant dans les deux pays, grâce à la mise à jour d’accords bilatéraux et à l’introduction de mesures supplémentaires visant à faciliter la résidence, l’emploi et l’accès à la propriété.

À l’issue des travaux, le procès-verbal de la réunion a été signé et une feuille de route définissant le calendrier des futures échéances bilatérales a été adoptée. Sur le plan économique, la relance du partenariat fait suite au Forum tuniso-algérien sur l’investissement et les échanges bilatéraux entre Gafsa et Tébessa ; organisé fin juin, cet événement a abouti à la conclusion de 35 accords préliminaires entre opérateurs économiques des deux pays et à l’identification de sept projets stratégiques dans le secteur des matériaux de construction, destinés à dynamiser l’activité économique dans les zones frontalières.

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En dépit des scandales, Infantino tout-puissant et la Fifa se goinfre plus que jamais !

10. Juli 2026 um 08:09

La Coupe du Monde 2026 a été critiquée de toutes parts : prix des billets exorbitants, restrictions injustes imposées à l’équipe nationale iranienne, exclusion d’un arbitre somalien, attribution du tout premier «Prix de la Paix de la Fifa» au président américain Donald Trump, au moment où ses troupes bombardent des cibles civiles en Iran et tuent des innocents, et évidemment les scandales d’arbitrage qui n’en finissent pas. En dépit de tout cela, le patron du football mondial Gianni Infantino est en roue libre pour briguer un troisième mandat -avec pour seul mantra de ne jamais se mettre à dos les États-Unis- et la Fifa n’a jamais généré autant de profits. (L’illustration de l’article est une caricature générée par l’IA).

Imed Bahri

Dans une enquête intitulée «La Fifa sort encore plus riche d’une Coupe du monde marquée par les controverses», Bloomberg indique que le ressentiment envers la Fifa a atteint son paroxysme après qu’elle a autorisé, sous la pression de Trump, un joueur américain suspendu à participer à la compétition, une décision largement condamnée par la communauté internationale. 

«La question n’est plus de savoir si le carton rouge était mérité, mais si la Fifa a porté atteinte à l’intégrité de la Coupe du Monde et à son autorité en tant qu’instance dirigeante du football mondial», selon Nick De Marco, avocat spécialisé dans le sport et basé au Royaume-Uni.

Il est à indiquer que Moez Nasri, président de la très décriée Fédération tunisienne de football (FTF), est membre de la commission de discipline de la Fifa ayant décidé de retirer le carton rouge au footballeur américain Folarin Balogun. 

Les revenus records de la Fifa

Ces critiques devraient toutefois s’effilocher une fois le tournoi terminé. Après la défaite 4-1 des États-Unis face à la Belgique, la polémique autour de l’attaquant américain Balogun s’est apaisée. Infantino, quant à lui, reste pleinement concentré sur ce qui est sa priorité absolue : générer des revenus, toujours plus de revenus !

La Fifa a toujours été confrontée au dilemme de concilier ses liens avec les milieux influents et fortunés et sa mission première : faire respecter les règles du football. Il semble que l’argent finira par l’emporter. Sous la direction de cet homme de 56 ans à la tête du sport le plus lucratif au monde, la Fifa devrait engranger environ 9 milliards de dollars directement grâce à la Coupe du Monde 2026, soit une augmentation de près de 2 milliards de dollars par rapport à l’édition 2022 au Qatar.

Il y a plus de dix ans, le nom de la Fifa est devenu synonyme de scandale suite à une affaire de corruption instruite par le parquet fédéral américain et basée sur enquête menée par le FBI après que la Coupe du monde 2022 ait été attribuée au Qatar au détriment des États-Unis. L’enquête du FBI avait prouvé que des pots-de-vin ont été versé à des membres de la Fifa pour l’attribution de cette compétition au Qatar. Le scandale a fini par emporter le président de la Fifa de l’époque Sepp Blatter acculé à démissionner ce qui a mis fin brutalement à son règne qui avait duré 17 ans.

Moins d’un an plus tard, Infantino était devenu le nouveau visage de l’organisation. Il a supervisé des réformes, instauré une certaine transparence et considérablement élargi l’envergure des tournois Fifa, notamment la très lucrative Coupe du Monde des Clubs. Mais il a également conduit l’instance dirigeante du football sur une voie familière où argent, pouvoir et politique s’entremêlent. Infantino a surtout retenu la leçon avec ce qui est arrivé à Blatter, il ne faut jamais se mettre à dos les États-Unis.

Les retombées économiques de la Coupe du Monde

La Coupe du Monde génère des revenus pour toutes les parties prenantes. Les grandes entreprises chargées de la vente de nourriture et de boissons dans les stades engrangent des profits substantiels. Dans certains stades, les supporters ont dépensé jusqu’à 100 dollars par personne et par match, soit près du double des dépenses moyennes lors des matchs de NFL, le championnat américain.

Les annonceurs ont également profité des pauses hydratation obligatoires, qui ont transformé un match traditionnel en deux mi-temps en un match en quatre mi-temps.

Même les villes hôtes, qui se plaignaient des coûts élevés avant le début du tournoi, constatent désormais une augmentation des dépenses. Les données de Bank of America pour la période du 10 au 21 juin montrent que les dépenses par carte bancaire dans les villes hôtes de la Coupe du Monde ont augmenté de 6,3% sur un an, tandis que les dépenses des visiteurs extérieurs à ces villes ont bondi de 16,7%.

Cette édition de la Coupe du Monde a vu le nombre d’équipes participantes passer de 32 à 48. Les prix ont également plus que doublé, atteignant le montant record de 871 millions de dollars. Chaque équipe participante est assurée de recevoir au moins 12,5 millions de dollars simplement en se qualifiant pour le tournoi.

Le Cap-Vert a engrangé plus de 21 millions de dollars grâce à son parcours historique dans le tournoi, soit environ 0,75 % du PIB de ce petit pays. Pour de nombreuses fédérations de football, les sommes distribuées par la Fifa constituent une ressource essentielle pour la majorité de leurs membres.

Infantino en roue libre pour un nouveau mandat

Infantino se prépare à briguer un nouveau mandat début 2027, lors du 77e Congrès de la Fifa qui se tiendra à Rabat, au Maroc, l’un des pays hôtes de la prochaine Coupe du Monde. Chacune des 211 associations membres dispose d’une voix.

L’issue de l’élection semble quasiment acquise, Infantino étant une fois de plus le seul candidat. Les fédérations d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique lui ont déjà apporté leur soutien. S’il est élu, ce sera son troisième mandat.

La Fifa pourra facilement présenter la Coupe du Monde actuelle comme un succès total, et à bien des égards, ce fut le cas. Malgré le prix élevé des billets, les stades étaient pleins et les plus grandes stars du football ont continué à marquer de nombreux buts. Le tournoi a également renforcé la représentation internationale, avec neuf équipes africaines qualifiées pour les phases finales. Les supporters ont été également chaleureusement accueillis dans les pays hôtes.

Appels à la démission infructueux 

On ignore encore comment les protestations de stars du football et de personnalités politiques affecteront Infantino suite à l’appel téléphonique qu’il a reçu de Trump après l’expulsion de Balogun.

Des personnalités politiques britanniques et belges ont réclamé sa démission. L’ancien entraîneur de Liverpool, Jürgen Klopp, a déclaré : «C’est notre sport, pas le leur. Si Donald Trump et Gianni Infantino ont réellement réglé cette affaire entre eux, c’est de la folie. Cela remet tout en question».

Cependant, pour la majorité des associations membres, le soutien à Infantino reste inébranlable. Le président de la Confédération asiatique de football, le bahreïni Cheikh Salman Al-Khalifa, a déclaré : «La Fifa ne s’est jamais mieux portée qu’aujourd’hui». Des pays du Koweït à l’Afrique du Sud ont également exprimé leur soutien indéfectible.

La Fédération royale marocaine de football a salué «l’excellent travail accompli par M. Gianni Infantino et son équipe pour développer le football africain et mondial».     

Tout cela pour dire qu’en dépit des controverses, des polémiques et des scandales, l’emprise de ce dernier sur le football mondial reste totale.

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Otan | Une alliance militaire en crise d’identité

10. Juli 2026 um 07:28

Sans une vision stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de devenir un instrument militaire au service des intérêts économiques des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain, aux dépens de ceux du reste du monde, l’Europe y compris. (Photo : Sommet de l’Otan à Ankara, les 7 et 8 juillet 2026 : derrière l’apparence d’unité, de profondes fissures menacent l’édifice atlantique).

Habib Glenza, à Lodz, Pologne.

Toute alliance militaire durable repose en fin de compte sur une question simple en apparence, mais en réalité complexe : que défend-elle ? Sans réponse claire à cette interrogation, elle devient réactive, définie par ses adversaires plutôt que par un objectif commun.

Lorsque l’Otan a été fondée en 1949, cet objectif était clair. Née sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, l’alliance a été créée pour défendre ce que ses fondateurs appelaient le «monde libre», contre l’expansionnisme soviétique. 

Plus fondamentalement, elle visait à préserver un ordre international libéral reposant sur quatre piliers complémentaires : gouvernance démocratique, ouverture économique, primauté géopolitique de l’Occident, et droit international fondé sur la Charte des Nations Unies.

Fossé entre les valeurs prônées et les politiques menées

Chacun de ces piliers est aujourd’hui mis à rude épreuve. On l’observe notamment dans l’identité politique de l’Alliance, fragilisée par le recul de la démocratie et la montée de l’autoritarisme. L’Otan a beau demeurer le plus puissant bloc militaire au monde, sa légitimité morale dépend de la capacité de ses membres à continuer d’incarner les valeurs démocratiques qu’ils prônent.

La réaction de nombreux gouvernements membres de l’Otan face à la campagne militaire d’Israël à Gaza a mis en évidence un fossé grandissant entre les valeurs proclamées par l’Alliance et les politiques menées par ses membres. Alors que la Cour internationale de justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI) continuent d’examiner les allégations de génocide et d’autres violations graves du droit international par l’Etat d’Israël, plusieurs membres éminents de l’Otan –en premier lieu desquels les États-Unis – continuent d’apporter au gouvernement israélien un soutien militaire et une couverture politique.

Or, une alliance dont la légitimité historique trouve ses racines dans le rejet du fascisme et les crimes de guerre ne peut se permettre d’apparaître sélective dans sa défense des principes humanitaires universels. La cohérence morale n’est pas un luxe éthique, mais un atout stratégique, que l’Otan abandonne aujourd’hui à ses risques et périls.

L’ordre économique libéral mis à mal par ses protagonistes même

L’ordre économique libéral subit également une pression croissante. Ironie de la situation, la plus grande difficulté de l’Otan ne provient pas de ses adversaires, mais de ses propres États membres, le protectionnisme, les guerres tarifaires et la politisation du commerce international ayant mis à mal le système fondé sur des règles que les pays occidentaux ont mis des décennies à bâtir et à entretenir après 1945.

Dans le même temps, le centre de gravité de l’économie mondiale s’est clairement déplacé vers l’Asie. À l’époque de la création de l’Otan, ses membres représentaient environ deux tiers du PIB mondial. Leur part est depuis tombée à moins de la moitié, l’Asie s’étant imposée comme le principal moteur de croissance de l’économie planétaire.

Troisième pilier de l’ordre d’après-guerre, le leadership géopolitique est devenu tout aussi fragile. La guerre froide fournissait à l’Otan un cadre stratégique clair. Après l’effondrement de l’URSS, l’hypothèse selon laquelle la prédominance américaine perdurerait s’est imposée comme une évidence, sous-tendant les vagues successives d’élargissement de l’Otan, et renforçant la conviction selon laquelle la supériorité militaire à elle seule pouvait déterminer l’issue des événements internationaux.

La guerre en Afghanistan a mis en évidence les limites de cette hypothèse. À la suite des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, l’Otan a mené l’opération militaire la plus vaste et la plus longue de son histoire. Or, malgré deux décennies d’écrasante supériorité militaire et technologique américaine, les talibans sont revenus au pouvoir à Kaboul. Il ne s’agit pas d’en tirer comme enseignement que la force est devenue inutile, mais plutôt que la réussite sur le champ de bataille ne saurait se substituer à une stratégie politique cohérente. Une sécurité durable passe par la diplomatie, le renforcement des institutions, l’engagement régional et une vision politique à long terme.

Cette leçon s’applique d’autant plus dans le contexte multipolaire actuel. Bien que la dissuasion demeure indispensable, les cadres de la guerre froide ne sont plus adaptés à un monde façonné par la coercition économique, les migrations, l’insécurité énergétique, la concurrence technologique et la cyberguerre. L’Otan doit par conséquent compléter sa puissance militaire par une vision géopolitique clairvoyante et une pratique subtile du pouvoir.

L’ordre juridique international cède de plus en plus la place à la politique des grandes puissances. La crédibilité de toute alliance repose sur sa volonté de faire respecter les normes qu’elle proclame. Or, les menaces d’annexion du Groenland – un territoire autonome du Danemark – formulées par le président américain Donald Trump remettent en cause l’un des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : l’intégrité territoriale des États souverains. Lorsque la puissance dominante de l’Otan menace la souveraineté de l’un de ses propres membres, l’engagement de l’alliance en faveur du droit international sonne creux.

Ces défis structurels sont aggravés par une fracture croissante concernant l’objectif stratégique de l’Otan. Certes, les désaccords entre alliés ne datent pas d’hier. La guerre en Irak a par exemple a profondément partagé les États-Unis et leurs partenaires européens, mais les deux parties ont continué de considérer l’Otan comme indispensable à la sécurité transatlantique. 

D’une alliance politico-militaire à un arrangement transactionnel 

Sous Trump, les États-Unis considèrent de plus en plus l’Otan comme un arrangement transactionnel, et prennent d’importantes décisions de politique étrangère sans consulter leurs principaux alliés.

La guerre contre l’Iran l’illustre parfaitement. Ce conflit, qui est susceptible de redessiner le paysage sécuritaire régional, et qui a profondément perturbé l’économie mondiale, revêt de profondes implications pour tous les États membres de l’Otan, alors que l’Alliance elle-même semble n’avoir joué aucun rôle dans le processus décisionnel. Une alliance dont les membres peuvent être entraînés dans un conflit régional qu’ils n’ont ni choisi collectivement, ni approuvé politiquement, risque de saper la confiance mutuelle nécessaire à la coopération en matière de sécurité.

La crise de l’Otan étant davantage une crise d’identité que de capacités, la redynamisation de l’Alliance nécessite plus qu’une augmentation des budgets de défense et qu’un renforcement de la dissuasion. L’Otan a besoin d’un fondement normatif renouvelé, ancré dans la légitimité démocratique et les droits de l’homme, d’un réengagement à l’appui du droit international, ainsi que d’une vision économique adaptée à l’ère du rééquilibrage mondial des puissances.

Sans une philosophie stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de ne devenir qu’un instrument au service des intérêts des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain.

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Tunisie | Majdi Boudhina explique les raisons de sa démission du parti de Abir Moussi

09. Juli 2026 um 13:22

Depuis la publication, il y a cinq jours, d’une lettre ouverte adressée à Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), dans laquelle il l’exhortait à ne pas briguer un troisième mandat à la tête du parti, Majdi Boudhina fait face à une levée de boucliers virulente de la part de la majorité des partisans de Mme Moussi, qui est incarcérée depuis le 3 octobre 2026 et poursuivie dans plusieurs affaires.

Membre du bureau politique du parti et ancien député du Parlement dissous, élu sur une liste de Nabeul 2, M. Boudhina a fait valoir que «le leadership ne se mesure pas au simple fait de se maintenir à un poste, mais aussi à la capacité de prendre une décision ouvrant la voie au renouveau et préservant l’image du parti».

La réaction des partisans de Mme Moussi a été, comme il devait lui-même s’y attendre, d’une grande virulence, allant jusqu’à l’accuser de trahison et d’agir pour le compte d’autrui.

Malgré la publication de nombreux messages exhortant cette majorité à faire preuve de raison — en soulignant qu’un troisième mandat d’Abir Moussi risquait de nuire tant à elle qu’au parti, et en appelant à faire primer les intérêts politiques et organisationnels — toutes ses tentatives ont échoué. Aujourd’hui, Boudhina a décidé de jeter l’éponge et de se retirer du PDL, comme l’indique sa dernière publication sur les réseaux sociaux : «Le bon côté des choses, c’est que l’histoire retiendra mon passage au sein du parti de l’une de ces deux manières seulement : soit comme un traître, un agent, un mercenaire, un infiltré… soit comme le seul à avoir osé… En attendant ce moment-là, c’est terminé, et je vous souhaite le meilleur.»

Pour rappel, voici le message adressé par l’ex-député à la présidente du PDL traduit de l’arabe :

«À Mme Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre — actuellement détenue arbitrairement pour s’être opposée au pouvoir en place : j’ai appris que le parti s’apprête à tenir son congrès dans les semaines à venir et que vous comptez briguer un troisième mandat à sa présidence, à l’instar de la plupart de ses dirigeants. Cette situation m’amène à m’interroger sur les principes et les bonnes pratiques que nous avons longtemps prônés concernant la nécessité de respecter la loi ainsi que l’alternance au pouvoir et le renouvellement des responsabilités.

«Si telle est notre propre attitude, comment pouvons-nous critiquer ou contester l’intention de Kaïs Saïed de briguer un troisième mandat présidentiel ? Sur quelle base pourrions-nous nous opposer à ses partisans — qui l’inciteront à briguer un troisième mandat, voire à gouverner à vie — alors que nous n’avons pas su tirer les leçons de l’expérience et des conséquences liées à des dirigeants tels que Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali (que Dieu ait leur âme) ? Ces derniers se sont accrochés au pouvoir au lieu de choisir une sortie honorable, comme l’ont fait de nombreux autres dirigeants dans le monde.

Ne pensez-vous pas que le moment est venu de réformer en profondeur les statuts du parti – initialement conçus sur mesure – en y insufflant un vent de fraîcheur et en donnant la parole aux énergies, aux personnalités et aux jeunes talents capables de dynamiser le parti et de relever les défis posés par l’évolution de la situation, tant au niveau international que national ? (Bien entendu, je ne me porte pas candidat à un poste quelconque, afin de ne pas être accusé de convoiter une position.)

Ne pensez-vous pas que nous avons — tout comme les autres partis — lamentablement échoué en laissant passer des occasions ?

Sauver la Tunisie de Kaïs Saïed et de ses acolytes, tout en reconquérant la confiance du peuple, exige davantage d’abnégation, d’intégrité et une remise en question critique. Le moment n’est-il pas venu pour nous tous de prendre du recul et de passer le relais à d’autres figures du parti — qui ne manquent pas ?

«Ne prêtez pas l’oreille à ce même chœur qui a fait du ‘‘zaim’’ [leader, par allusion à Bourguiba, Ndlr] un président à vie et maintenu Ben Ali au pouvoir pendant vingt-trois ans ; ce sont des hypocrites mus par des intérêts mesquins. Élevez-vous au-dessus du simple statut de chef de parti pour devenir un véritable leader. Prenez cette décision — un geste noble qui vous assurera une place dans l’histoire et dans le cœur de tout le peuple tunisien — à moins, bien sûr, que vous ne pensiez qu’il n’y a personne d’autre capable d’accomplir cette tâche.

«Je suis conscient que ce message pourrait me coûter mon poste au sein du parti ; néanmoins, j’appelle au renouvellement et à la restructuration de toutes les instances du parti, en commençant par ma propre fonction.

«Bien que je sache que cette lettre finira probablement à la corbeille, je vous exhorte — alors que vous entamez un troisième mandat — à mettre de côté votre statut d’avocate et de professeure de droit pour privilégier une approche économique et sociale.

«Je demande que les activités du parti se concentrent sur les enjeux auxquels le peuple tunisien est confronté, plutôt que sur les préoccupations élitistes et les agendas politiques qui ont épuisé tant le parti que ses membres.

«Ce sont les conditions de vie des citoyens — leur coût de la vie, leur bien-être, leur sécurité et leur tranquillité d’esprit — qui changent la donne et vous assurent le soutien du public. Si, toutefois, vous nourrissez le désir ardent de rester à la tête du parti pour les années à venir, je vous exhorte à ne pas organiser ce congrès ; personne ne vous en tiendrait rigueur, compte tenu de votre situation actuelle — qui vous empêche même de signer légalement la convocation de l’assemblée. S’il vous plaît, abstenez-vous simplement de briguer un troisième mandat illégitime, car une telle démarche vous porterait préjudice, à vous comme au parti.

«En fin de compte, être président ou non, à mon avis, importe moins que de maintenir le leadership. Cela requiert un minimum d’altruisme et une grande capacité à former de nouveaux leaders, dont aucun n’a jamais occupé de poste de haut niveau.»

J’ai tiré la sonnette d’alarme, convaincu que nous sommes tous partenaires au sein de ce parti, unis par nos luttes, celles de nos pères et grands-pères, et par mon amour pour la Tunisie et pour sauver Abir de ses propres démons et de la prison.

«Mon roi, vous n’êtes qu’un homme.»

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Tunisie | Le blues des employés de l’Utica en crise

09. Juli 2026 um 12:12

Selon une source au sein de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), les difficultés financières de la principale organisation patronale ont impacté de façon critique la situation des employés.

En vertu de la loi de finances de 1975, le syndicat patronal est financé par une contribution de 0,5 % versée par les chefs d’entreprise du secteur privé — plus précisément les titulaires de patentes — au Trésor public, par l’intermédiaire du système de sécurité sociale.

Depuis le début de l’année 2024, le syndicat patronal fait face à un déficit budgétaire qui n’a cessé de s’aggraver, atteignant un seuil critique au cours du second semestre de la même année.

Cette situation perdure en raison du refus du Premier ministère de débloquer ces fonds au profit de l’Utica, alors même que leur allocation est prévue par la loi de finances votée annuellement — un processus impliquant l’approbation du ministère des Finances, de la Cour des comptes et de l’Assemblée.

C’est à croire que l’Etat, qui est censé collecter les contributions des entreprises au profit de l’organisation patronale, est-il en train d’exporter sa crise financière aiguë vers celle-ci ?

I. B.    

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La BCT navigue à vue | Deux plans stratégiques, zéro indicateurs

09. Juli 2026 um 11:32

Le Rapport annuel 2025 de la Banque Centrale de Tunisie est paru le 7 juillet 2026 — fait suffisamment rare pour être signalé, la BCT ayant pris l’habitude, depuis 2011, de le publier en septembre ou octobre. Cette fois, elle devance même l’échéance réglementaire du 20 juin. Un progrès de gouvernance ? Peut-être. Ou peut-être, une publication savamment calée avant le remboursement, une semaine plus tard, d’une obligation souveraine en euros de 750 millions —. Un rapport qui raconte tout, sauf l’essentiel.

Moktar Lamari *

Le millésime 2025 est un festival de bonnes nouvelles : croissance à 2,5% (contre 1,6% en 2024), chômage ramené à 15,2%, inflation en repli à 4,9% en glissement annuel — son plus bas niveau depuis 2017 —, taux directeur abaissé à 7% après deux baisses de 50 points de base, dette extérieure à long terme reculant de 47,5% à 39,5% du PIB, IDE en hausse de 30% à 3,5 milliards de dinars

Des silences assourdissants

Le gouverneur Fethi Zouhaier Nouri navigue, dans son mot introductif, entre optimisme administré et satisfecit technique. Ce que Kapitalis résume avec justesse dans son second volet critique («Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences», 08/07/2026) : le paquebot avance, certes, mais avec une coque fissurée — dette élevée, dépendance extérieure, financement sous tension…

Ce que ni le gouverneur ni son rapport ne racontent, en revanche, c’est où en est la Banque Centrale par rapport à ses propres plans stratégiques — celui de 2019-2021 et celui de 2023-2025, aujourd’hui échu. Aucun bilan, aucun taux de réalisation, aucun indicateur chiffré comparant l’annoncé au réalisé.

Un silence d’autant plus assourdissant que ce même rapport 2018 (juin 2019), qui lançait le premier plan, promettait des «objectifs Smart» — spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et temporellement définis. Sept ans plus tard, on cherche encore le «M» de mesurable.

Quatre défaillances, un même diagnostic

Primo, la défaillance sur la dette. Le rapport 2025 célèbre le recul du ratio de dette extérieure de huit points de PIB en un an. Mais cette embellie tient à l’appréciation du dinar face au dollar (+9,8% en 2025) et à la hausse conjoncturelle des IDE — deux variables externes, pas le fruit d’une stratégie de désendettement pilotée par un plan interne.

La dette publique globale, elle, stagne à 82,1% du PIB. Aucun des deux plans stratégiques n’affichait de cible chiffrée de réduction de l’endettement ; on ne peut donc juger d’aucune réussite, seulement constater une conjoncture favorable qu’on habille en performance institutionnelle.

Secundo, la défaillance sur la digitalisation. Les deux plans en faisaient un axe cardinal — TuniChèque, Open Banking, dispositif de management de l’innovation. Le rapport 2025 évoque, selon la synthèse de Challenges TN, «une Banque Centrale qui mise sur le numérique et l’intelligence artificielle».

Mise, certes. Mais avec quel taux d’adoption du paiement digital ? Quelle part de marché de l’Open Banking ? Aucun chiffre. On mise sans jamais dire combien on a gagné à la table.

Tertio, la défaillance sur l’inclusion financière — troisième pilier explicite du plan 2023-2025. Le rapport 2025 ne fournit aucun indicateur de bancarisation, aucun taux d’inclusion, aucune évolution de la population non bancarisée. Silence total sur l’objectif qu’on s’était pourtant donné en toutes lettres.

Quarto, la défaillance sur la modernisation des instruments monétaires. Le volume de refinancement bancaire reste à 11 594 millions de dinars fin 2025 (soit une moyenne annuelle de 12 763 millions), avec un pic à 15 120 millions en mars.

La BCT demeure, pour reprendre l’image de Kapitalis, «la grande fontaine où viennent boire les banques». Sept ans de plans stratégiques successifs n’ont pas réduit la dépendance structurelle du système bancaire à la liquidité centrale — la modernisation promise reste, en ce sens, un mot sans mécanique.

La souveraineté sous-traitée

Voici le paradoxe qui fâche vraiment. Le plan 2019-2021 n’est pas né dans un bureau tunisien isolé : il a été co-articulé dans le sillage d’une convention de coopération signée à Paris le 28 mars 2019 entre Marouane El Abassi et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France — convention couvrant précisément la politique monétaire et de change, la supervision bancaire, la finance digitale et l’inclusion financière (source : Tustex, 02/04/2019 ; Rapport Annuel BCT 2018, juin 2019).

Le plan 2023-2025, lui, a bénéficié de l’appui du projet GIZ «Recap Composante BCT», explicitement dédié à soutenir «certains projets stratégiques de la Banque Centrale de Tunisie» dans le cadre du partenariat tuniso-allemand pour les réformes (Source : GIZ Tunisie).

Autrement dit : les deux architectures stratégiques qui devaient façonner l’avenir de l’institut d’émission tunisien ont été, chacune, tricotées avec l’assistance technique d’une puissance étrangère — la France puis l’Allemagne.

Rien d’illégitime en soi : la coopération technique entre banques centrales est monnaie courante. Mais quand on prétend, dans le même souffle, défendre la souveraineté monétaire du pays face au FMI et refuser les conditionnalités extérieures, il est pour le moins cocasse de faire concevoir sa propre feuille de route institutionnelle à Paris puis à Berlin — sans jamais publier le document final ni ses indicateurs pour que le citoyen tunisien juge sur pièces.

Les trois contradictions

Primo, la BCT s’impose aux banques commerciales une rigueur prudentielle chiffrée au dixième de point (LCR, ratios de fonds propres) qu’elle ne s’applique jamais à elle-même dans l’évaluation de ses propres plans stratégiques.

Secundo, l’absence de consultation annoncée pour troisième plan pour l’après-2026, dans un rapport déjà critiqué pour ses propres incohérences statistiques, laisse l’institution sans cap institutionnel public au moment précis où elle négocie sa crédibilité face à Afreximbank et aux marchés obligataires.

Tertio, une planification stratégique conçue avec assistance étrangère mais jamais rendue publique dans ses détails n’est ni transparente, ni le fruit d’une réflexion endogène évaluable — c’est, au sens propre, une souveraineté administrée par procuration.

Qu’il pleuve des bons chiffres ou qu’il vente des critiques, la BCT continue son cycle de plans sans jamais dire ce qu’elle en a fait.

Le gouverneur actuel de la BCT a choisi de ne parler aux parlementaires, ni au journalistes… il préfère communiquer avec le FMI, les bailleurs de fonds internationaux, mais pas aux Tunisiens. Va savoir pourquoi…

* Economistes universitaire.

Blog de l’auteur.

Précédents articles :

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Success Story | Kaouther Aounallah et ses pâtisseries Sweet Jana

09. Juli 2026 um 10:49

Dans un article publié sur son site web le 25 juin 2026, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), brosse un portrait élogieux de Kaouther Aounallah, une Tunisienne qui a créé une activité autour de la datte inspirée par le patrimoine culturel de sa région et ouvert, grâce à sa success story, des perspectives à sa communauté. Extraits… (Photo : Kaouther Aounallah et son associée Zakia Guenniche).

Kaouther Aounallah, l’une des bénéficiaires du programme Agri-accélérateur mis en œuvre par la FAO, qui apporte un accompagnement personnalisé, des conseils et un soutien à des entreprises agroalimentaires dirigées par des jeunes dans 11 pays, dont la Tunisie, présente avec un sourire satisfait un plateau de pâtisseries à l’un de ses clients réguliers. Chacun de ses produits transmet un peu de l’âme de l’oasis de Kebili, située dans le sud de la Tunisie, et montre comment des entrepreneuses peuvent transformer des ressources locales en des activités durables qui soutiennent leurs communautés. Ses créations puisent leur essence dans la saveur délicate et miellée de la datte qui a bercé toute son enfance.

«J’ai grandi dans un milieu agricole, et les dattes occupaient une place centrale dans notre quotidien», indique-t-elle. «Elles nous nourrissaient, nous protégeaient et nous maintenaient en bonne santé.»

Aujourd’hui, elle transforme cet héritage de douceur en une source d’indépendance et une vocation. En 2022, après avoir achevé ses études en sciences agricoles au Kef dans le nord-ouest de la Tunisie, elle fait le choix courageux de revenir à Kebili, sa ville natale, pour y fonder sa propre entreprise. C’est ainsi qu’est née Sweet Jana, une pâtisserie artisanale qui met cet ingrédient local traditionnel à l’honneur dans une gamme de spécialités et dynamise l’économie locale.

Kaouther exploite le goût sucré naturel de la datte pour promouvoir un nouveau concept : un encas nutritif, séduisant et adapté à un style de vie sain. «Nous proposons des produits qui répondent aux besoins d’un large public, des athlètes qui recherchent un concentré d’énergie naturel aux parents soucieux d’offrir des encas plus sains à leurs enfants», explique-t-elle. «Nos recettes inspirées des traditions locales sont agrémentées d’une touche d’innovation pour répondre aux attentes d’aujourd’hui», ajoute-t-elle.

La pâtisserie de Kaouther est solidement établie et en pleine expansion, mais le chemin de la réussite est jalonné d’embûches pour une entrepreneuse en Tunisie. Les restrictions d’accès aux financements, aux informations pratiques et aux marchés demeurent des freins majeurs, surtout dans le secteur agricole. Dans un contexte rural marqué par un manque de perspectives et un chômage qui reste élevé, notamment parmi les diplômés de l’université, nombreux sont ceux qui se cherchent un avenir à l’étranger.

«Je me suis parfois sentie bien seule face aux difficultés que je rencontrais», indique-t-elle. Et d’ajouter : «Mais j’ai tenu bon, parce que je savais que mon projet avait du sens. Aujourd’hui, chaque obstacle que je surmonte me rend plus forte, et m’incite à aller encore plus loin.»

Pleinement consciente des défis que rencontrent les femmes dans son pays, Kaouther a fait de l’émancipation féminine l’axe central de son activité. Elle emploie huit femmes issues de sa famille et de son entourage, et leur offre des perspectives qui sont extrêmement rares en milieu rural. «Je voulais montrer que notre projet pouvait avoir un impact réel sur l’économie locale», déclare-t‑elle. Et d’ajouter : «Aider les femmes, surtout en milieu rural, à trouver un emploi et à devenir plus indépendantes est l’une de mes principales ambitions.»

Elle accorde également une grande importance à l’écoresponsabilité, qu’elle concrétise dans les pratiques opérationnelles de son entreprise. Chez Sweet Jana, les emballages sont respectueux de l’environnement et les déchets sont limités à tous les stades, ce qui contribue à réduire l’empreinte écologique de l’entreprise – une démarche qui reste rare parmi les petits producteurs. Même les noyaux des dattes sont valorisés : ils sont renvoyés aux agriculteurs qui les transforment en aliments pour animaux. Ce système circulaire réduit les déchets tout en soutenant l’agriculture locale.

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Tunisie | Le CRLDHT dénonce la condamnation d’Elyes Chaouachi «à près d’un siècle de prison»

09. Juli 2026 um 10:21

Commentant la condamnation du militant politique Elyes Chaouachi, fils du prisonnier politique Ghazi Chaouachi, à un total de 95 ans de prison et 8 mois, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a «exprimé sa profonde inquiétude et condamné avec la plus grande fermeté» ce qu’il a qualifié de «nouvelle étape dans la répression des familles des prisonniers politiques», en Tunisie. (Photo: CRLDHT).

Dans un communiqué daté du 7 juillet 2026, l’Ong tunisienne basée en France, estime que cette peine de 95 ans de prison et 8 mois est à elle seule révélatrice  de ce qu’elle a qualifié de «dérive que connaît aujourd’hui la justice tunisienne». «Elyes Chaouachi n’a commis ni acte de violence, ni crime de sang, ni acte terroriste. Il est poursuivi pour ses prises de position, ses publications, son engagement politique et sa défense des prisonniers politiques, au premier rang desquels son père, Ghazi Chaouachi», écrit le CRLDHT.

Depuis l’arrestation de ce dernier en février 2023 dans l’affaire dite du ‘‘complot contre la sûreté de l’État’’, «Elyes Chaouachi n’a cessé d’informer l’opinion publique sur les violations des droits humains, les procès politiques, les atteintes à l’indépendance de la justice et les conditions de détention des prisonniers politiques», a souligné l’Ong, rappelant que «l’engagement du concerné s’est traduit par des publications sur les réseaux sociaux, des interventions publiques et la diffusion de documents mettant en cause le fonctionnement de la justice et les ingérences du pouvoir exécutif» et ajoutant que «dans un État de droit, de telles activités relèvent de la liberté d’expression» et «ne sauraient justifier des poursuites pénales, encore moins des accusations de terrorisme.»

Les condamnations prononcées contre Elyes Chaouachi illustrent une «volonté de faire taire ceux qui dénoncent les abus du pouvoir», estime le CRLDHT, qui rappelle les cas similaires de Ramla Dahmani, qui a été condamnée après avoir publiquement défendu sa sœur, l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, et Me Dalila Msaddek, sœur de Jawhar Ben Mbarek, poursuivi dans l’affaire du «complot», qui font également l’objet de poursuites en raison de leur engagement public et de leur dénonciation des procès politiques.

«Ces affaires traduisent une même logique : faire pression sur les familles pour briser la solidarité autour des prisonniers politiques», écrit l’Ong, qui «exprime sa pleine solidarité avec Elyes Chaouachi, Ghazi Chaouachi, Mohamed Sameti, Ramla Dahmani, Me Dalila Msaddek, ainsi qu’avec l’ensemble des prisonniers politiques, des défenseurs des droits humains et des membres de leurs familles.»

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Les frustrations silencieuses des retraités en Tunisie

09. Juli 2026 um 09:31

Pour de nombreux retraités tunisiens, cette étape de la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Derrière les sourires de façade et les mots traditionnels de résignation («labès» et «hamdullah») se cachent souvent des frustrations profondes, faites de désillusions, d’inquiétudes et de solitude. (Illustration : Une tableau de peinture à l’huile de Zoubeir Turki).

Dr Sadok Zerelli

Selon les données les plus récentes publiées par l’INS, nous sommes (j’en fais partie) environ 1,2 million de retraités, dont environ 800 000 retraités affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), principalement les salariés du secteur privé, et environ 380 000 retraités affiliés à la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS), qui couvre essentiellement les fonctionnaires et les agents du secteur public. Avec une population d’environ 12 millions d’habitants, cela signifie qu’environ un Tunisien(ne) sur dix est retraité(e). A noter que cette proportion ne peut que croître d’une année à l’autre sous les effets conjugués de la baisse du taux de natalité en raison de la baisse du nombre de mariages et l’accroissement de la durée de vie en raison des progrès immenses réalisés par la médecine en une seule génération

A l’inverse de toutes les autres catégories sociales qui sont représentées par des organisations syndicales ou patronales ou professionnelles qui peuvent parler en leurs noms, défendre leurs intérêts, les faire descendre dans la rue ou faire grève pour satisfaire leurs revendications, les retraités ne sont représentés par aucune organisation sociale ou structure syndicale ou même associative qui peut parler en leurs noms et exprimer leurs frustrations qui se retrouvent réduites au silence (d’où le titre que j‘ai choisi pour cet de l’article).

Pourtant, c’est une catégorie de la population qui fait face à de nombreux défis : des pensions souvent modestes, un coût de la vie en hausse, des dépenses de santé importantes et, pour beaucoup, un sentiment de solitude et d’être insuffisamment reconnus après une vie de travail et de dévouement pour le pays. 

La retraite nous a été souvent présentée comme une période de repos bien méritée, où l’on peut enfin profiter du temps retrouvé après des décennies de travail. Pourtant, pour de nombreux retraités tunisiens, cette nouvelle étape de la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Derrière les sourires de façade et les mots traditionnels de résignation («labès» et «hamdullah») se cachent souvent des frustrations profondes, faites de désillusions, d’inquiétudes et de solitude.

En tant que retraité moi-même, je peux témoigner que la retraite nous enlève bien plus qu’un salaire : elle nous retire une partie de notre dignité. Le plus difficile n’est pas de vieillir. Vieillir est dans l’ordre des choses. Ce qui fait mal, c’est de sentir que l’on devient peu à peu transparent et inutile à la société, y compris à nos propres enfants qui n’ont plus besoin de nous et ont appris à voler de leurs propres ailes.

La première frustration est d’ordre financier. Après avoir consacré parfois quarante années de leur vie au service de l’État ou des entreprises, beaucoup voient leur pouvoir d’achat diminuer au moment où leurs dépenses augmentent. Les soins médicaux, les médicaments et le coût de la vie absorbent une part importante de leur pension. Ils ont parfois le sentiment que les sacrifices consentis durant leur carrière ne sont plus reconnus à leur juste valeur.

À cette inquiétude matérielle s’ajoute une perte de statut social. Hier encore, nous étions enseignants, ingénieurs, médecins, cadres ou ouvriers. Nous étions consultés, écoutés, respectés. Du jour au lendemain, nous sommes devenus des «retraités», comme si toute notre expérience appartenait désormais au passé. Cette impression d’être devenus invisibles et inutiles peut être mal vécue et profondément douloureuse pour certain(e)s d’entre nous, dont, je l’avoue, moi-même.

La solitude constitue une autre épreuve. Les enfants ont souvent construit leur vie loin du foyer familial, parfois même à l’étranger. Les amis disparaissent progressivement, emportés par la maladie ou le temps. Les journées deviennent longues, les conversations plus rares et le téléphone sonne moins souvent. Beaucoup d’entre nous découvrent que la solitude est parfois plus difficile à supporter que les problèmes de santé.

La santé, justement, devient une préoccupation quotidienne. Les douleurs apparaissent, les articulations grincent et les principaux organes tombent de plus en plus en panne, comme les pièces mécaniques d’un moteur qui a trop roulé ! Les consultations médicales se multiplient, les scanners, radiographies, écographies, IRM, etc., se succèdent mais ne se ressemblent pas et les capacités physiques diminuent malgré les soins, le sport, la marche à pied, les régimes alimentaires, etc. Pour des personnes qui ont toujours été actives et autonomes, accepter cette fragilité représente un véritable défi psychologique.

Il existe également une frustration plus intime : celle de voir leurs compétences et leur immense expérience peu sollicitées. Dans une société qui valorise souvent la jeunesse et la nouveauté, nous autres les anciens, avons parfois l’impression que notre savoir-faire et notre sagesse n’intéressent plus personne. Pourtant, nous pourrions transmettre notre savoir, accompagner les jeunes générations et contribuer encore au développement de notre pays.

À cela s’ajoute le sentiment que la société avance sans nous. Les nouvelles technologies, les démarches administratives numériques et les changements rapides des modes de vie peuvent nous donner l’impression d’être progressivement exclus d’un monde qui évolue trop vite et sans nous.

Enfin, il existe une souffrance plus discrète, celle des rêves inachevés. Beaucoup de nos retraités regardent leur passé avec un mélange de fierté et de regret. Ils pensent aux voyages qu’ils n’ont jamais faits, aux projets qu’ils ont remis à plus tard, aux proches qu’ils ont perdus ou aux relations familiales qui se sont éloignées. Le temps devient alors plus précieux que l’argent, car chacun d’entre nous sait qu’il ne peut être rattrapé et que chaque jour supplémentaire vécu nous rapproche de notre heure fatidique, qu’elle soit proche ou lointaine.

Pourtant, malgré ces difficultés, la retraite ne doit pas être considérée comme la fin d’une vie utile. Elle peut devenir un temps de transmission, de création, d’engagement associatif, de lecture, d’écriture ou de partage avec les générations plus jeunes.

Une société qui respecte ses retraités est une société qui respecte sa propre mémoire.

On a fait notre temps mais on a encore beaucoup à donner. Sur le plan individuel et pour ma part, je tiens à continuer à rêver, à lire, à écrire (beaucoup d’articles et même de temps à autre quelques poèmes publiés dans Kapitalis), à transmettre ce que j’ai appris.

Je suis convaincu que les rides ne diminuent ni l’intelligence, ni la sensibilité, ni l’amour que l’on peut porter aux autres, et qu’un retraité n’est pas un homme usé. C’est une bibliothèque vivante, un témoin de son époque, une mémoire que la société aurait tort de négliger.

Sur le plan collectif, la Tunisie gagnerait à mieux valoriser ses aînés. Ils ne représentent pas seulement une catégorie sociale à protéger, ils ne sont pas seulement une charge financière pour les caisses de retraite, CNSS ou CNRPS, mais ils sont également une richesse humaine, culturelle et intellectuelle. Leur offrir des conditions de vie dignes, favoriser leur participation à la vie publique et reconnaître leur contribution passée constituent non seulement un devoir moral, mais aussi un investissement pour l’avenir.

Une nation qui oublie ceux qui l’ont construite risque un jour d’oublier les valeurs qui la fondent.

Post-scriptum pour les jeunes : Quand vous croisez un vieil homme marchant lentement dans une rue de Tunis, de Sfax, de Sousse ou de n’importe quel ville ou village de notre pays, dites-vous qu’il a peut-être consacré sa jeunesse à construire les écoles où vous avez étudié, les routes que vous empruntez, les entreprises où vous travaillez ou les institutions qui vous servent aujourd’hui. Respectez-le et ne le regardez pas avec ce regard qui semble dire : «Tu as fait ton temps», comme il m’arrive quelquefois de le ressentir, malgré que mes connaissances et mon expérience de la vie dépassent largement celles de ces jeunes.

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Israël et le retour de bâton du génocide à Gaza

09. Juli 2026 um 08:51

«On fait de nous des zombies», disent des anciens combattants israéliens. «Quand tout est permis, personne n’est protégé» : c’est ce qu’écrit un capitaine de réserve israélien anonyme dans le quotidien Haaretz, dénonçant le flou total quant aux règles d’engagement de l’armée d’occupation. Autorisés à faire tout et n’importe quoi, les militaires israéliens engagés à Gaza depuis bien avant le 7 octobre 2023 subissent un retour de bâton massif : ça s’appelle le stress de combat et ça fait des ravages en profondeur dans la société israélienne. Certains d’entre eux se sont révoltés et sont passés à l’action, comme le raconte le reportage ci-dessous, traduit de l’hébreu, après la tribune publiée par un capitaine anonyme (voir ci-dessous).

Fausto Giudice *

Plus de 70 000 Palestiniens ont été tués et plus de 171 000 blessés par l’armée israélienne à Gaza depuis octobre 2023.

Ces chiffres sont mondialement connus. Un chiffre qui l’est moins est celui des 85 000 soldats qui ont reçu des traitements pour troubles psychiques entre octobre 2023 et décembre 2025.

La consommation de drogues a explosé parmi la population israélienne juive et on estime à deux millions le nombre d’Israéliens ayant besoin de soins mentaux. Entre un quart et un tiers des appelés et réservistes ayant participé à la guerre contre Gaza ont donc été diagnostiqués comme souffrant de troubles mentaux, pour la plupart de ce qu’on appelle «stress de combat».

Le «stress de combat»

L’état de stress post-traumatique (ESPT) désigne une réaction psychologique à un événement traumatique intense, en particulier lorsque la vie est menacée. Ce trouble peut affecter n’importe qui, peu importe l’âge, le milieu culturel ou le sexe. Ce n’est que depuis quelques années que l’on entend davantage parler de l’ESPT, mais on sait que ce trouble est connu depuis au moins l’Antiquité grecque et a été désigné de bien des façons.

Pendant la guerre de Sécession, cette affection était connue sous le nom de «soldier’s heart» (trouble affectif du soldat); lors de la Première Guerre mondiale, elle était désignée par les termes de «traumatisme dû au bombardement», et au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle était appelée «névrose de guerre». Bon nombre de soldats qui présentaient des symptômes associés à l’ESPT pendant le combat étaient considérés comme souffrant d’«épuisement au combat».

Au cours de la guerre du Vietnam, c’est l’expression «stress de combat» qui a été employée pour désigner ce phénomène. Certains sujets qui en étaient atteints ont fini par présenter une affection qui, en 1980, à été officiellement appelée «syndrome de stress post-traumatique». L’expression stress de combat se traduit en hébreu parעָקַת קְרָב  (akat krav), se substituant au terme plus ancien deהֶלֶם  קְרָב  (helem krav, qui se traduisait plutôt par «choc de combat» ou «commotion de combat»), aujourd’hui considéré comme moins précis, et encore employé dans le langage courant, par exemple par les vétérans faisant leur sit-in devant la Knesset.

Le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) repose sur 3 grands types de symptômes se manifestant simultanément, dont l’intensité perturbe le quotidien :
les reviviscences (intrusions) : la personne revit l’événement de façon incontrôlable (flashbacks, cauchemars, impressions sensorielles) ;
– l’évitement : la mise en place de stratégies pour fuir toute pensée, situation, odeur ou personne liée au traumatisme ;
– l’hyperactivité neurovégétative : un état d’alerte et de sensation de menace permanente (hypervigilance, sursauts, irritabilité, troubles du sommeil).

Une pathologie durable

On ne guérit pas de cette affection. 50 ans après la fin de la guerre du Vietnam, on estime à 271 000 le nombre de vétérans US souffrant de TSPT, soit 11% des vétérans et 9% des vétéranes. 30% des anciens combattants et 27% des anciennes combattantes du Vietnam ont développé des TSPT au cours de leur vie. Environ 50 % à 60 % de ces anciens combattants souffrent également de dépression concomitante, et 30 % à 40 % sont confrontés à des troubles liés à la consommation de substances.

Les chiffres concernant des précédents guerres coloniales/impériales sont plus flous, vu que la pathologie clinique des TSP n’a été établie cliniquement qu’à la fin des années 1960. Ce qu’on sait par exemple, c’est que 15 000 des 2 millions 800 000 soldats français ayant été en service actif pendant la guerre d’Algérie ont été ensuite internés dans des asiles psychiatriques.

La société israélienne va donc au-devant de chocs inouïs, qui ne viendront cette fois-ci plus de l’ennemi atavique, mais de ses propres rangs, de la part de ses fils et filles traumatisés à vie par les horreurs qu’ils ont vécues, de bon ou de mauvais gré.

Rappelons que la violence homicide a explosé aux USA après la Guerre civile, entraînant un quadruplement du nombre de détenus dans certains États, et que le nombre de meurtres «civils» a doublé aux USA mêmes pendant la guerre du Vietnam. À défaut de voir ses responsables jugés, le génocide de Gaza risque bien de susciter un backlash (retour de bâton) terrible, aux conséquences difficilement prévisibles.

* Auteur, traducteur, éditeur.

En tant que commandant de l’armée israélienne, je sais à quel point des règles d’engagement sans limites sont dangereuses»

«Quand tout est permis, personne n’est protégé – ni les civils, ni les soldats, et certainement pas les valeurs que nous sommes censés défendre» (Anonyme, Haaretz, 6 juillet 2026). L’auteur est un capitaine de réserve israélien et un commandant de combat.

Je ne cache habituellement pas mon identité, mais l’anonymat permet souvent de révéler ce qui doit être mis au jour.

Je suis le commandant d’une unité effectuant son service de réserve dans la bande de Gaza, et j’écris ces mots alors que je suis en service actif, de l’autre côté de la frontière. Depuis le 7 octobre [2023], nous avons effectué plus de 300 jours de réserve. Je ne veux pas écrire sur la dureté de ces répétitions de service ou sur les dommages qu’elles infligent au corps et à l’âme, même si ces sujets importants mériteraient d’être davantage discutés.

Je veux plutôt parler de valeurs, d’un problème auquel je suis hélas confronté en voyant une détérioration morale se jouer au sein de l’armée. La moralité est l’essence même de notre nature humaine et de notre lien avec le divin.

La nature actuelle de nos opérations est défensive. Nous menons un combat de tranchées permanent, jamais assouvi. L’objectif de notre mission n’est plus clair, pas même défini, ce qui ne nous laisse aucun critère pour en mesurer le succès. Parce que nous sommes en mission défensive, l’état d’alerte est élevé, de même que la peur d’un ennemi qui pourrait nous prendre par surprise. Cet état d’esprit engendre de nombreux dilemmes moraux.

L’état d’alerte et les souvenirs du 7 octobre poussent les soldats à tirer sur les Gazaouis qui s’approchent (ou sont envoyés) vers nos lignes. Parfois, les tirs sont justifiés, parfois moins. Dans tous les cas, l’ouverture du feu survient parce que le soldat en première ligne se sent menacé ou en insécurité. Le soleil brûlant, la fatigue et le sentiment d’inutilité amplifient ces sensations, même lorsqu’elles sont infondées. Même s’il est facile de les juger sévèrement depuis un bureau climatisé au quartier général de Tel-Aviv, il faut reconnaître que ces sentiments existent.

Blesser et tuer autant d’êtres humains non armés laisse des traces dans l’âme de nos combattants. Cela laisse des traces dans la mienne. Lors de notre dernier entretien, l’officier de santé mentale de la brigade nous a dit qu’en plus des blessures physiques et psychiques, l’armée reconnaît désormais ce qu’on appelle une «blessure morale» – un domaine qui a commencé à être étudié dans les années 1990 et a été officiellement reconnu au début des années 2000.

Cependant, l’aide en santé mentale fournie par l’armée, après coup, après près de trois ans de combat, est insuffisante. Nous avons besoin que l’armée fixe des limites juridiques et les fasse respecter efficacement. Le bureau de l’avocat général militaire, qui est censé poser ces limites, est paralysé, n’exerçant plus ses fonctions depuis l’affaire du centre de détention de Sde Teiman, peut-être même depuis l’affaire antérieure d’Elor Azaria.

La conduite du bureau de l’avocat général militaire me rappelle celle d’un laïc trop zélé qui décide de devenir religieux, passant d’une position extrême à l’autre. Avant le 7 octobre, les règles d’engagement strictes permettaient aux Gazaouis d’organiser leurs manifestations le long de la clôture frontalière – des protestations qui ont provoqué des troubles ayant abouti à la mort de Barel Shmueli.

À mon avis, notre retenue lors de ces manifestations a été l’une des causes du massacre du 7 octobre, en réaction auquel toutes les retenues ont été levées. Aujourd’hui, tout est permis, et nous avons le doigt trop léger – bien trop léger – sur la détente. Les règles d’engagement sans limites garantissent qu’aucun Gazaoui n’atteindra la clôture frontalière, mais elles nous coûtent de plus en plus cher, à nous, à nos valeurs et à notre santé mentale.

Si quelqu’un du bureau de l’avocat général venait enquêter sur la dernière fusillade à laquelle nous avons participé, je soutiendrais pleinement mes soldats en tant que commandant. Je dirais à l’enquêteur que le Gazaoui abattu avait franchi la ligne jaune (même si ce n’était pas vrai), et je dirais que nous nous étions sentis menacés (ce qui était le cas).

Je pourrais même faire plus, en m’en prenant au bureau de l’avocat général. Je m’écrierais : «Comment des fonctionnaires en cravate, venus ici depuis leurs bureaux climatisés, osent-ils questionner des combattants qui ont effectué des centaines de jours de réserve ?» Mais au fond de moi, je serais heureux qu’il soit venu enquêter et mettre fin à cette irresponsabilité. S’il vous plaît, mettez–nous des garde-fous.

«Nous nous sommes battus et on nous a jetés dans des asiles, on fait de nous des zombies» : la révolte des anciens combattants israéliens soumis au stress de combat

Yogev Carmel, Magazine N12 (27/11/25)

«Pas des criminels, mon frère, nous sommes des combattants» : le cri des traumatisés de guerre est passé du bord de mer à la Knesset – «Nous sommes là et ça ne laisse pas le législateur respirer». Alors que le nombre de combattants qui ont mis fin à leurs jours ne cesse d’augmenter autour d’eux, ils racontent : «On nous a promis qu’on arrêterait le prochain suicidaire, chaque missile coûte aussi cher que cent traumatisés de guerre». Et Itzik Saïdian, l’une des figures emblématiques de la lutte, met en garde : «Quand ce flot de traumatisés de guerre arrivera, il y aura un grand pogrom ici.»

«Aujourd’hui, j’étais chez le psychiatre. Et quelle ordonnance ai-je reçue ? Des pilules pour nous faire taire, des somnifères… Ça les arrange bien qu’on s’endorme pour de bon», confie David Yehuda, combattant du génie de combat dans la réserve, et son ami Omar Amsalem abonde dans son sens en ajoutant : «Ils te donnent des pilules qui te transforment en zombie.»

«Je ne suis ni un psychopathe, ni un malade mental, je vis simplement ma réalité. On s’est battus et au final, on nous jette dans des asiles, à Kfar Shaul, dans des centres de réadaptation. Ce n’est pas vraiment un traitement qui s’attaque à la racine du problème», s’insurge Yehuda. «Ma mère l’a remarqué chez moi – je suis revenu vivre chez elle maintenant, après être rentré de la guerre». «Maman a compris que, tout à coup, quelque chose n’allait pas» chez David : il se levait soudainement la nuit, et à chaque claquement de porte ou à chaque casserole qui tombait, le gamin sursautait. «Maman m’a dit : “Va te faire soigner”. Sans ma mère, je ne serais pas allé suivre ces traitements.»

Il n’y a pas eu de guerre en Israël d’une telle ampleur et intensité depuis des années, rappelant ce qui s’est passé ici au cours des deux dernières années. Jusqu’à présent, le public et le système se sont habitués à des foules de personnes post-traumatiques, chacune avec son propre bagage – des personnes qui ont vécu les horreurs de la guerre sous sa forme la plus brute – mais des gens comme David Yehuda viennent et exigent de renouveler le concept de «stress de combat», un terme qui a été quelque peu piétiné au fil des ans sous les roues du politiquement correct.

«On aborde ça sous l’angle très général du syndrome de stress post-traumatique», explique Yehuda. «Mais le choc de combat, c’est une autre histoire. Je ne minimise bien sûr pas la gravité de ce que vivent les autres, mais le choc de combat, ce sont des choses que nous avons vues de nos propres yeux. Au fond, nous demandons simplement qu’on nous prenne dans les bras, et qu’on écoute les combattants qui reviennent aujourd’hui. Qu’on ne les renvoie pas trop vite à la vie civile et à leur vie de tous les jours, et qu’on ne leur prescrive pas de médicaments qui noient tous ces combats sous un voile».

«On ne comprendra pas d’où ça vient»

«Dès que la vague de traumatisés de guerre issus de ce conflit arrivera, il y aura ici un véritable pogrom contre tous ceux qui sont revenus du front – on assistera à une véritable tempête de gens qui descendront dans les rues et ça va faire un scandale», met en garde Itzik Saïdian, l’une des figures de proue de ce combat. «Je pense que nous sommes à l’aube d’une vague gigantesque de soldats souffrant de traumatismes de guerre, et si nous ne nous en occupons pas et n’investissons pas dès maintenant nos efforts pour résoudre le problème, nous ne parviendrons pas à l’arrêter ; son ampleur sera trop grande. Je le ressens à travers les messages que je reçois, le nombre de personnes qui me contactent, c’est quelque chose d’anormal. Je reçois chaque jour des dizaines, voire parfois des centaines de messages de personnes qui ont du mal à mener une vie quotidienne normale.»

Saïdian vit avec un traumatisme de combat depuis l’opération «Pilier de défense» (2012), et en 2021, il s’est immolé par le feu, juste avant la Journée du souvenir, devant les bureaux de la Direction de la réadaptation. «Le traumatisme de combat diffère à bien des égards de tout autre syndrome de stress post-traumatique. On le constate partout dans le monde, on l’a vu après la Seconde Guerre mondiale, après la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, aux USA, il existe une définition claire du  ‘‘Combat PTSD’’ – un syndrome de stress post-traumatique résultant des combats», explique-t-il. «Il n’y a pas que ceux qui sont reconnus comme souffrant de choc de combat qui rencontrent des difficultés chez eux ; on va se retrouver face à un phénomène dont on ne comprendra pas d’où il vient.»

«Il faut avant tout une définition précise et que l’on comprenne la différence. Tout comme l’État sait mobiliser des combattants et des combattantes pendant plus de 700 jours de guerre, il doit accorder des jours de réserve consacrés à des traitements psychologiques. Avant tout, pour préserver la force de combat. Au final, cela aura des répercussions sur tous les aspects de la vie dans ce pays, notamment sur le plan social et en matière d’emploi. Après tout, les réservistes constituent la force productive d’Israël.»

Tente au bord de la mer – marche vers la Knesset

La protestation, dont la base du petit camp a commencé il y a plus de six mois, était en fait loin de la Knesset, sur la plage d’Atlit. Omer Amselem, ancien combattant de la Brigade Golani qui porte un stress de combat de l’époque de «Bordure protectrice» (juillet 2014), a rejoint deux autres amis dans une situation similaire : Tzachi Atedgi et Shon Danenberg. Ce qui a tout déclenché, c’était, selon eux, le mépris du système pour le cas spécifique d’Atedgi. «Disons qu’il a été jeté de toutes les directions possibles», dit Amselem. «Ils ont arrêté son allocation logement et il n’avait nulle part où vivre, et de là nous est venue l’idée d’installer des tentes au bord de la mer pour avoir un endroit tranquille. D’abord, avant la protestation, surtout si elle va être longue, nous avons besoin de ce calme, pour comprendre où nous allons».

«Nous sommes restés environ un mois au bord de la mer, avec des pancartes pour qu’ils sachent que nous sommes des victimes du stress de combat. Des inspecteurs sont venus, ont pris notre générateur, ont utilisé du gaz lacrymogène contre nous, sans aucune raison. Nous avons eu un déclencheur très sérieux là-bas, ils nous ont même arrêtés et la juge a réprimandé la police. Alors nous avons compris que ça suffit, il faut faire quelque chose de plus significatif, pour qu’ils nous voient, parce qu’à la mer personne ne voit. Et aussi parce que Tzachi était déjà au bord du gouffre. Nous avons dit : passons à Petah Tikva».

À ce stade, la manifestation s’est déplacée vers le parking situé en face des bureaux de la Direction de la réinsertion du ministère de la Défense à Petah Tikva, exactement à l’endroit où Itzik Saidian s’était immolé par le feu quatre ans auparavant. C’est alors que les trois hommes se sont associés à Saidian, qui a mis à profit sa notoriété pour incarner une sorte de figure de proue de la nouvelle génération de manifestants post-traumatiques. «Nous y avons monté des tentes et commencé à nous installer ; chaque jour passé là-bas était une véritable manifestation. Nous étions impatients. Nous voulions obtenir des réponses sur la situation des victimes de traumatismes de guerre en Israël. Cela a duré deux mois et demi. Puis Itzik Saïdian, un camarade de ma promotion dans la Brigade Golani – il était dans le 13e bataillon et moi dans le 51e –, m’a proposé d’aller à la Knesset.»

«Je me suis préparé à ce trajet comme à une opération militaire»

Il y a quelques semaines, dans le cadre de la routine quotidienne dont il a tant besoin, Hagai Azran est monté dans un bus qui l’emmenait de son domicile du quartier de Gilo, à Jérusalem, à ses cours de cuisine à Tel-Aviv. Comme c’est souvent le cas pour bon nombre de victimes de traumatismes de guerre, cette expérience dans l’espace public ne s’est pas déroulée sans heurts. «Deux fois par semaine, j’ai un itinéraire très précis en tête», raconte Azran. «J’achète les mêmes choses, je fume au même endroit et je fais exactement les mêmes gestes que d’habitude, comme si je me préparais à une opération militaire, et ça marche très bien pour moi. Pendant tout le trajet, je ne parle à personne. Ce jour-là, tout se passait comme d’habitude, jusqu’à ce qu’un petit détail vienne tout bouleverser.»

«J’ai dû partir sans mon chien, car le ministère de la Santé n’autorise toujours pas les chiens à entrer dans l’établissement où j’étudie», raconte-t-il en retraçant les événements de la journée. «À la fin de la descente de Gilah, au carrefour de Pat, il y a un bouchon et le bus est tout simplement à l’arrêt. Au bout de dix minutes, j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Si l’on remonte vingt ans en arrière, c’est exactement au même endroit que cette ligne avait explosé», confie-t-il, évoquant un éventuel déclencheur issu de sa mémoire. «Je me souviens que j’étais à l’armée ; des enfants du quartier avaient vu le bus exploser depuis en haut, après avoir raté ce même bus. À l’époque, je sortais avec une fille dont les amis de son frère avaient été tués là-bas. Et son frère, lui, était tellement en colère contre lui-même d’avoir raté ce bus et d’être resté en vie.»

«Je m’approche du chauffeur et je lui demande gentiment d’ouvrir la porte, car je suis en pleine crise et j’ai déjà du mal à rester assis dans le bus. Le chauffeur refuse et je m’en vais avant de revenir une demi-minute plus tard, car je ne comprends pas pourquoi il me dit ‘‘non’’. Je m’explique plus en détail, en précisant que je souffre d’un traumatisme de guerre et que je suis en pleine crise, mais il refuse toujours, et de manière très catégorique, car pour lui, je le dérange. Je suis retourné à ma place, j’ai regardé les gens en me demandant pourquoi ils ne réagissaient pas, je me suis levé et j’ai commencé à hurler pour qu’on ouvre la porte du bus, car je n’arrivais plus à respirer. Je commence déjà à trembler, puis je vais voir le chauffeur et lui explique à nouveau ce qui va se passer s’il n’ouvre pas la porte. Il sort alors son téléphone et se met à parler avec ses amis en arabe, juste pour me faire enrager».

«J’essaie de descendre à trois reprises, je supplie et je crie après les gens, et tout le monde là-dedans prend peur et se dégonfle – parce que je passe du Hagai gentil au Hagai très-pas-gentil – puis je lance un chronomètre d’une minute et j’annonce à tous les passagers que si la porte ne s’ouvre pas dans la minute, je me ferai justice moi-même. J’attends une minute et, bien sûr, personne ne se lève. Le chronomètre sonne et j’ouvre la porte de force. Je n’ai blessé personne, je leur ai expliqué que je voulais juste un câlin et qu’on me laisse descendre du bus.»

«L’un d’entre eux a même essayé de m’étrangler»

«Le jour même, je suis allé porter plainte contre le chauffeur, j’ai crié sur son responsable et j’ai pleuré», résume Azran, désespéré. «Il y avait là un groupe de chauffeurs qui s’en est pris à moi, l’un d’eux a commencé à m’insulter et à se jeter sur moi, il a même essayé de m’étrangler. L’affaire s’est terminée par l’intervention de la police. Bref, ça s’est mal terminé. Il n’y a tout simplement pas de sensibilisation. La loi m’a ignoré tant de fois – que ce soit des chauffeurs de taxi qui nous jettent dehors, ou des gens qui ne nous comprennent pas.»

La prise de conscience, c’est justement ça. Quelques semaines après ce jour-là dans le bus, Azran ne cherche plus un chauffeur qui lui ouvre la porte, mais un État qui l’écoute. Nous nous retrouvons au bord de la route menant à la Knesset : le campement est en fait son lieu de vie depuis quatre mois. Il fait partie d’un petit groupe, comptant tout au plus vingt membres, qui, comme lui, sont tous marqués par un traumatisme profond lié à leur service militaire ; certains d’entre eux sortent tout juste des derniers combats à Gaza. Ezran est l’un des «aînés» du campement, âgé de 42 ans, marié et père de famille. Il s’est enrôlé dans l’armée israélienne pendant la deuxième Intifada et c’est là qu’il a «contracté» son traumatisme psychologique au cours d’une série d’attentats et d’incidents sécuritaires auxquels il a été exposé.

«Ces vingt dernières années m’ont peu à peu fait me replier sur moi-même. Je me suis marié il y a 12 ans et depuis, j’ai commencé à ressentir une angoisse existentielle pour mes enfants. Les événements que j’ai vécus à l’armée se sont mêlés à ceux concernant mes enfants et, au cours des six dernières années, je me suis complètement coupé du monde extérieur. À l’approche de l’opération ‘‘Gardien des murailles’’ [2021], j’ai été diagnostiqué pour la première fois par un psychologue clinicien, car j’avais alors eu une crise de folie. Un scénario similaire à ce qui s’est finalement passé le 7 octobre me trottait dans la tête : tous mes cauchemars ont commencé à se cristalliser en quelque chose que je commençais à voir de mes propres yeux, et depuis, je me suis coupé de tout ce qui bougeait : le travail, la famille, les shabbats, les cousins, les frères, les sœurs, les parents.»

Depuis son diagnostic, il a intégré le programme thérapeutique des «12 étapes», dans le cadre duquel il s’est mis à suivre des cours de cuisine. «Ce n’est qu’au cours des dix-huit derniers mois que j’ai vraiment commencé à sortir. Si tu m’avais rencontré il y a deux ans, tu n’aurais pas réussi à me parler. Je transpirais, je portais une casquette qui me couvrait les yeux pour que personne ne sache ce que je vivais. Je voulais me faire un t-shirt sur lequel j’aurais écrit, un peu pour plaisanter : ‘‘Après le service, ne pas caresser’’, parce que si j’ai une crise d’angoisse ou de rage en pleine rue, les gens pensent : c’est un psychopathe, quelqu’un à qui on ne peut pas parler».

«Ils nous ont promis d’empêcher le prochain suicide»

Il y a environ deux mois, les membres du camp ont rencontré le Premier ministre ainsi que le ministre de la Défense. Dans les salles de réunion climatisées et sécurisées où se prennent les décisions, ils ont essayé d’expliquer ce qui se passe pendant les nuits chaudes à l’extérieur de la Knesset. « Nous avons discuté avec Katz pendant deux heures et demie. Ils nous ont promis d’empêcher le prochain suicide », racontent-ils, et Amselem souligne : : « Pour l’instant, rien ne bouge, en principe. Peut-être que ça bouge en coulisses, mais nous n’en savons rien. Quand j’étais assis avec le Premier ministre, je l’ai vraiment cru. Lui-même ne savait pas vraiment ce qui se passait ; il pensait que les gens étaient pris en charge et que tout allait bien. Nous lui avons expliqué où se situaient les dysfonctionnements, nous lui avons donné des points clairs, des éléments qui permettront de sauver le prochain suicidaire.»

«Nous avons des revendications claires. Avant tout, une retraite de deux mois pour chaque combattant qui quitte une zone de combat. Il faut lui accorder deux mois, et non deux jours, de ‘‘traitement post-combat’’. Au cours de cette retraite, il faut intégrer des phases d’identification et de reconnaissance, afin de repérer ceux qui souffrent d’un traumatisme de guerre, ceux qui présentent les symptômes, puis commencer à expliquer à la femme, aux enfants, aux parents, ce qui se passe et comment faire face à une telle situation. Un système qui le prenne en charge, le coupe de la réalité et commence à s’occuper de lui avant que tout ne commence, qui identifie les symptômes et lui explique ce qui va se passer. Ce n’est qu’après cela qu’il pourra être prêt à reprendre le cours de sa vie, et que sa femme sera prête à affronter ce qu’elle va elle aussi traverser, et qu’ils puissent aller chercher de l’aide ensemble. Il faut leur donner les outils nécessaires pour mieux gérer les déclencheurs et les réduire. C’est la chose la plus importante.»

La reconnaissance spécifique prévue par la loi, qui est au cœur de leurs revendications, conduira – espèrent-ils – à une prise en charge plus ciblée, plus attentive, et non à une approche qui cherche simplement à balayer le problème sous le tapis. La semaine dernière encore, ils ont remporté une victoire non négligeable devant la Cour suprême, qui a rendu une ordonnance conditionnelle obligeant l’État à expliquer pourquoi les victimes de stress post-traumatique présentant des blessures «invisibles» ne bénéficient pas des mêmes droits que ceux accordés aux invalides de l’armée israélienne souffrant de lésions physiques. «Les étoiles se sont alignées de telle sorte que nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation où nous pouvons et voulons changer toute la méthode de prise en charge des victimes de traumatismes de guerre», explique Azran. «Et nous voilà réunis ici en groupe : moi, qui suis ‘‘arrivé’’ en 2002, Itzik Saidian et Omer Amsalem, arrivés en 2014, ainsi que Boaz, venu du Liban. Et nous arrivons avec notre expérience et, ensemble, nous leur disons : ‘‘Mes amis, la situation est telle que vous devez prendre la décision et changer les choses dès maintenant’’. Nous n’avons pas le temps d’attendre des commissions qui s’éternisent pendant des années. Nous devons mettre en place des commissions d’urgence et faire bouger les choses dès maintenant».

«Nos amis se suicident et nous ne jouons pas au plus fin»

La distinction que font ces jeunes entre «choc de combat» et «syndrome de stress post-traumatique» n’est pas seulement terminologique : elle s’accompagne d’une volonté de profiter de la rare opportunité qui s’offre à eux aujourd’hui, avec le cessez-le-feu, pour opérer rien de moins qu’un véritable bouleversement dans la manière dont ils sont pris en charge, ainsi que leurs camarades, dont beaucoup ne sont même pas encore conscients de leur état. Et Azran précise : «La première chose, la plus importante de toutes, c’est la ‘‘loi Argaman’’ (projet de loi débattu à la Knesset depuis des années et visant à améliorer encore davantage le statut des victimes de guerre, en mettant l’accent sur les traumatismes psychologiques). Si on commence par là, on pourra aborder des questions plus sérieuses, comme prendre en charge tous ces combattants qui sortent du combat dès maintenant – nous avons devant nous trois mois.»

Source: Fausto Giudice.

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La Fifa accusée de «trucage» favorisant Messi et l’Argentine

09. Juli 2026 um 07:23

Des erreurs arbitrales graves ont perturbé le déroulement de la présente Coupe du monde coorganisée par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, à telle enseigne que les spécialistes du football crient déjà au «scandale» voire au «trucage» de certains matches, suscitant un vaste débat parmi les experts et les fans. Tous sont unanimes pour dire que Messi devait être exclu lors des matchs Algérie-Argentine et Argentine-Cap Vert, cependant la Fifa n’était pas du même avis, jugeant nécessaire de fermer les yeux sur ses fautes graves sur le terrain. (Photo: Le coup de boule de Zidane vaut carton rouge et expulsion, mais pas le tacle appuyé de Messi : les temps ont décidément changé au sein de la Fifa ).  

Habib Glenza

Auteur d’un triplé face à l’Algérie (3-0), Lionel Messi est entré dans l’histoire de la Coupe du Monde. Mais l’Argentin aurait sans doute dû quitter la pelouse dès la 32e minute de jeu pour avoir commis un tacle appuyé sur le défenseur algérien Aissa Mandi. L’arbitre polonais Marciniak et celui du VAR n’ont rien vu

L’absence de sanction a suscité de vives critiques de la part d’anciens professionnels. Nedum Onuoha, ancien défenseur de Manchester City et de l’équipe d’Angleterre des moins de 21 ans, a exprimé son incrédulité face à la décision.

«Je vais aborder cela de la même manière que Messi l’a fait et je pense que cela aurait dû être un carton rouge, à mon avis. On a l’impression que le moment a été manqué», a déclaré Onuoha sur ESPN. Et d’ajouter : «Quand le joueur était au sol, on pouvait voir que Messi avait un certain niveau d’inquiétude envers lui parce qu’il savait qu’il venait potentiellement de faire quelque chose qui pourrait lui causer des ennuis. L’arbitre l’a probablement manqué – et je comprends pourquoi il l’a manqué – mais pour l’arbitre assistant vidéo [VAR] de regarder cela et de dire ‘non, tout va bien, il n’y a rien de plus’… Je pense personnellement que cela mérite un rouge.»

Traitement préférentiel pour les joueurs vedettes

L’ancien international vénézuélien Ale Moreno a fait écho aux sentiments de Onuoha, suggérant que l’incident alimente un récit de traitement préférentiel pour les joueurs vedettes. «C’est à 100% un carton rouge pour Lionel Messi. Cela aurait dû l’être», a affirmé Moreno. Et d’ajouter : «Je vous dis ce qui est également préoccupant, et cela s’inscrit dans ce récit selon lequel les grands joueurs bénéficient d’un traitement préférentiel. Quand Messi était sur le point de marquer un triplé, et que le gardien Zidane a effectivement fait un arrêt, ils ont montré le président de la Fifa Gianni Infantino souriant et disant ‘oh là là, c’était proche !’ Cela s’inscrit bien dans ce récit selon lequel les joueurs vedettes reçoivent un traitement différent.» La controverse a conduit certains fans à affirmer que la Coupe du Monde 2026 est déjà «truquée», a écrit le Daily Mail.

«Les interrogations se sont multipliées après l’annulation du but de Zico pour une faute de Marwan Attia, alors qu’une action similaire en faveur de l’équipe égyptienne n’avait pas fait l’objet d’une vérification avant le troisième but de l’Argentin», écrit le journal Al-Ahram. Il note aussi un carton rouge oublié contre un joueur de l’Albiceleste. «Dans une autre action qui a suscité la polémique, l’arbitre n’a pas brandi de carton rouge à l’encontre du défenseur argentin Nahuel Molina, bien qu’il ait taclé Imam Ashour hors du ballon lors d’un incident considéré comme antisportif», écrit aussi le journal égyptien.

Selon l’avis d’un spécialiste de l’arbitrage, Nasser Abbas, «le match Égypte-Argentine est le pire sur le plan arbitral. Le troisième but de l’Argentine est illégal : il y a eu une faute sur Hamdi Fathi et Mohamed Salah, et l’arbitre vidéo ainsi que l’arbitre de terrain ont privé l’équipe d’Égypte d’une place en quarts de finale. L’arbitrage d’aujourd’hui n’était pas à la hauteur du match», a-t-il commenté. De quoi relancer le débat sur le potentiel favoritisme accordé par la Fifa à l’Argentine et Lionel Messi.

Al-Ahram choisit de titrer sur la dignité des joueurs tout en fustigeant une partialité flagrante de la Fifa. Pour le célèbre journal, le tournant du match réside dans ce penalty non sifflé en seconde période et l’utilisation jugée «sélective» de l’arbitre assistant (VAR)

«Notre équipe nationale n’a pas seulement affronté le génie argentin, elle a dû faire face à un sifflet partial qui a refusé de voir l’évidence. Comment la VAR a-t-elle pu ignorer cette semelle flagrante dans la surface à la 72e minute ?», écrit encore le journal égyptien. Et il ajoute : «L’Égypte a gagné le respect du monde, mais a perdu un match qui lui a été confisqué par des décisions incompréhensibles.»

Pour le quotidien indépendant Al-Masry Al-Youm, ce match est la preuve que les instances internationales protègent délibérément (ou non) les nations majeures du football au détriment des sélections africaines. Le journal note que chaque contact litigieux a été sifflé en faveur des Sud-Américains et que les fautes à répétition sur les attaquants égyptiens sont restées impunies : «C’est toujours la même histoire, déplore-t-il. Dès qu’une nation arabe ou africaine bouscule la hiérarchie mondiale, le sifflet devient tremblant. L’Argentine n’avait pas besoin de l’aide de l’arbitre pour briller, mais elle en a bénéficié à chaque seconde de tension. C’est une honte pour le sport et la Fifa.»

Le diktat de Trump et la soumission d’Infantino

Autre incident, le président américain Donald Trump s’est entretenu par téléphone avec le président de la Fifa Gianni Infantino, pour lui demander de revoir la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun. Avec plaisir répondit-il, et le carton rouge a été annulé conformément au très controversé article 27 du Code de discipline. Le joueur a pu jouer son match face à la Belgique, comme quoi Monsieur Infantino se croit le propriétaire d’une société commerciale privée et décide ce qui lui semble utile pour son business !  

Pour certains analystes sportifs, le soutien de la Fifa à Messi est dû à son penchant pour l’Etat sioniste et son amitié pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu. En effet, les vidéos sur la présence de Messi en Israël et sa méditation devant le mur des lamentations, ont fait le tour du monde.

Ce génie du football, cette idole qui va bientôt terminer sa carrière sportive exceptionnelle, n’a vraiment pas besoin d’un coup de pouce de la Fifa et encore moins du lobby juif mondial.

Le monde sportif a connu d’autres gloires du football a l’instar de Pelé, Maradona, Ronaldinho et autres qui ont joué rien que par plaisir et pour faire plaisir aux supporters amoureux de football et non pas pour faire plaisir aux politiciens de tout bord. Et chaque fois qu’ils ont commis de graves erreurs, ils ont été sanctionnés, et parfois durement ? Souvenons-nous du coup de boule de Zinédine Zidane au thorax de Marco Materazzi, le 9 juillet 2006, lors de la finale de la Coupe du monde de football à Berlin, qui opposait la France à l’Italie, et qui valut à ce dernier un carton rouge et l’expulsion à la 110e minute de la rencontre et la France de terminer à dix joueurs et de perdre aux tirs au but : 5-3. C’était une autre époque et le très corrompu Infantino n’était pas encore membre dirigeant de la Fifa.

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Rapport | Violations subies par la société civile en Tunisie depuis deux ans

08. Juli 2026 um 14:05

L’association Intersection pour les droits et les libertés vient de publier un rapport documentant l’escalade des violations visant la société civile en Tunisie au cours des deux dernières années, notamment par le biais de poursuites judiciaires, de mesures administratives restrictives, de pressions financières et de campagnes d’incitation à la haine dirigées contre des associations indépendantes et des défenseurs des droits humains.

Le rapport s’appuie sur un processus de suivi et de documentation couvrant la période allant de mai 2024 à fin mai 2026. Durant cette période, 88 cas affectant des organisations de la société civile et des militants ont été recensés. Ces cas comprennent 47 situations de restrictions et de poursuites visant des associations et des organisations, ainsi que 41 procédures judiciaires engagées contre des militants et des responsables au sein d’organisations de la société civile.

Le rapport fait également état de 8 cas de détention provisoire, tandis que 34 personnes sont restées en liberté malgré les poursuites pénales engagées à leur encontre.

Par ailleurs, 7 jugements en première instance ont été prononcés contre des militants de la société civile.

Sur le plan administratif, le rapport a enregistré 22 décisions de suspension d’un mois visant des associations, alors que deux associations — Mnemty et Al-Khatt — font toujours l’objet de procédures judiciaires visant leur dissolution.

Le rapport met en lumière plusieurs cas emblématiques illustrant la nature du ciblage de la société civile au cours de la période étudiée. Concernant Saadia Mosbah, présidente de l’association Mnemty, elle a été arrêtée à la suite d’une perquisition au siège de l’association en mai 2024. Elle a par la suite été condamnée en première instance à huit ans de prison, bien qu’une expertise financière n’ait révélé aucune irrégularité. L’association fait également toujours l’objet d’une procédure judiciaire visant sa dissolution.

Le rapport évoque aussi le cas d’Abdallah Saïd, président de l’association Les Enfants de la Lune, qui demeure en détention après avoir été condamné en première instance à une peine d’un an de prison.

Le rapport conclut que les violations documentées n’étaient ni isolées ni fortuites, mais s’inscrivaient dans une dynamique systématique reposant sur quatre mécanismes principaux.

Le premier consiste en la criminalisation des activités civiques et humanitaires, notamment par le recours à la législation antiterroriste et à celle relative à la lutte contre le blanchiment d’argent à l’encontre d’acteurs de la société civile.

Le deuxième mécanisme est le contrôle administratif, qui s’est traduit par des décisions de suspension visant des dizaines d’associations, fondées sur des justifications juridiques quasi identiques et prises dans un laps de temps très court.

Le troisième mécanisme est l’entrave financière, affectant de nombreuses organisations par le gel de leurs comptes bancaires et la restriction de l’accès aux ressources nécessaires à la poursuite de leurs activités.

Le quatrième mécanisme réside dans l’incitation officielle et la stigmatisation : le discours public a dépeint les associations comme des traîtres ou des agents de l’étranger, offrant ainsi une couverture politique aux campagnes ciblant les organisations indépendantes de la société civile.

Le rapport souligne en outre que les conséquences de ces politiques dépassent largement le cadre des organisations de la société civile pour toucher les communautés qu’elles servent. La suspension de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a entraîné la fermeture de quatre centres d’écoute et d’accompagnement pour les femmes victimes de violences. Les services de soutien psychologique et d’assistance juridique destinés aux enfants réfugiés et migrants ont été perturbés. L’observation indépendante de l’élection présidentielle de 2024 a été considérablement compromise suite au ciblage du réseau Mourakiboun et de l’organisation I Watch, tandis que l’aide juridique accessible aux défenseurs des droits humains a également diminué.

L’association Intersection pour les droits et les libertés souligne que les conclusions de ce rapport révèlent une tendance persistante et systématique à restreindre la liberté d’association et l’action civique, en contradiction avec les garanties constitutionnelles de la Tunisie et ses obligations au regard du droit international des droits de l’homme, notamment l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Le rapport met également en évidence la multiplication des tentatives de contournement des dispositions du décret-loi n° 88 de 2011 relatif aux associations, l’une des avancées majeures de la révolution tunisienne en matière de garantie de la liberté d’association.

Dans ce contexte, l’association Intersection pour les droits et les libertés appelle à :

● La libération immédiate de toutes les personnes détenues en raison de leurs activités au sein de la société civile ou en faveur des droits humains.

● La fin du recours abusif à la détention provisoire comme instrument de sanction et de répression, en dehors des garanties légales.

● La fin de l’utilisation des législations antiterroristes et de lutte contre le blanchiment d’argent pour criminaliser des activités civiques et humanitaires légitimes.

● La fin du harcèlement administratif et financier visant les associations indépendantes.

● La fin de l’incitation officielle et des campagnes de diffamation dirigées contre les associations et les défenseurs des droits humains.

● Le plein respect des obligations de la Tunisie en matière de liberté d’association, ainsi que la garantie de la liberté de s’organiser et de mener des activités au sein de la société civile.

Communiqué de presse.

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Programme du Festival de Carthage 2026

08. Juli 2026 um 12:25

Nous présentons ci-dessous le programme complet de la 60e édition du Festival international de Carthage qui se déroulera du 16 juillet au 19 août 2026 à l’amphithéâtre de la cité punico-romaine.  

Juillet :

Jeudi 16 : Ouverture avec Saber Rebaï «Taht al Yasmine» (Tunisie).

Samedi 18 : Cheb Khaled (Algérie).

Lundi 20 : The Jacksons (États-Unis).

Mardi 21 : Nordo (Tunisie).

Mercredi 22 : Orchestre symphonique tunisien «Symphonies 60» sous la direction du maestro Shady Garfi (Tunisie).

Jeudi 23 : Angélique Kidjo (Bénin).

Samedi 25 : Soirée tunisienne «Watanon bihob el achikine» (Bouquet du patrimoine musical national tunisien).

Dimanche 26 : Pièce de théâtre «Al Karhmana» de Moez Toumi (Tunisie).

Mardi 28 : Yosra Mahnouch (Tunisie).

Jeudi 30 : Ballet Flamenco de Andalucía, «Tierra Bendita» (Espagne).

Août :

Samedi 1er : Sami Yusuf (Royaume-Uni).

Dimanche 2 : Rayan, concert caritatif au profit des personnes atteintes du cancer (Liban).

Mardi 4 : Rondò Veneziano (Italie).

Jeudi 6 : Mayada El Hennawy et Mohamed Khayri (Syrie).

Samedi 8 : Tamer Ashour (Égypte).

Mardi 11 : Folklores du Monde (Malte, Libye, Chine, Japon et Tunisie).

Jeudi 13 : Nabiha Karaouli, soirée de la Fête nationale de la femme (Tunisie).

Samedi 15 : Elissa (Liban).

Lundi 17 : Amina Fakhet (Tunisie).

Mercredi 19 : Clôture avec Majda El Roumi (Liban).

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Les grands moments du Festival de Carthage 2026

08. Juli 2026 um 11:58

La 60e édition du Festival international de Carthage se tiendra du 16 juillet au 19 août 2026 à l’amphithéâtre de la cité punico-romaine. Elle réserve 35 % de sa programmation à des spectacles étrangers.

La programmation officielle comporte 20 soirées dominées par l’art musical avec 19 concerts et une seule production théâtrale, la comédie sociale ‘‘Al Karhmana’’ de Moez Toumi programmée le 26 juillet, qui marquera les adieux de ce spectacle à la scène pour des raisons de santé de son auteur.

Cette édition anniversaire est dotée d’un budget de 3,5 millions de dinars et élaborée à partir de 77 dossiers soumis, a indiqué Hind Mokrani, directrice générale de l’Établissement national pour la promotion des festivals et des manifestations culturelles et artistiques (ENPFMCA), relevant du ministère des Affaires culturelles, lors d’une rencontre avec les médias ce mercredi 8 juillet au musée paléochrétien de Carthage.

Selon les données chiffrées de la direction, le programme comprend 13 spectacles arabes, soit 65 % de la grille, répartis entre la Tunisie (7 soirées), le Liban (3), ainsi que l’Algérie, la Syrie et l’Égypte avec une soirée chacune.

Le programme comprend 7 spectacles internationaux, venus du Royaume-Uni, du Bénin, d’Espagne, d’Italie et des États-Unis, ainsi qu’une soirée et rencontre multiculturelle «Folklores du Monde», le mardi 11 août, réunissant des artistes de Tunisie, de la Libye, de Malte, de la Chine et du Japon.

Les têtes d’affiches internationales

Les Jacksons retrouveront le public de Carthage, le 20 juillet, dans un concert qui coïncide avec le 31e anniversaire de la visite de Michael Jackson en Tunisie.

Attendu pour la première fois à Carthage, le 1er août, Sami Yusuf retrouvera le public tunisien quatorze ans après son concert à Radès. Le chanteur compositeur britannique d’origine iranienne présentera son album ‘‘Ecstasy’’, accompagné d’un orchestre de 53 musiciens venus de plus de 30 pays.

La chanteuse béninoise Angélique Kidjo fera sa première apparition à Carthage le 23 juillet pour célébrer ses 40 ans de carrière avec son album ‘‘Hope’’ sorti en avril dernier

L’ensemble italien Rondò Veneziano, créé en 1979 et dirigé par Gian Piero Reverberi, déploiera son concept de musique baroque et pop-rock en costumes d’époque le 4 août, tandis que le Ballet Flamenco de Andalucía présentera le spectacle ‘‘Tierra Bendita’’ sous la direction de Patricia Guerrero, le 30 juillet avec plus de vingt artistes sur scène.

Les têtes d’affiche arabes

Le festival accueille plusieurs figures de la scène arabe contemporaine, à commencer par la star libanaise Majda El Roumi qui assurera la clôture officielle le 19 août avec un ensemble de 55 instrumentistes, marquant son retour après son passage de 2018.

La chanteuse libanaise Elissa se produira le 15 août avec son répertoire romantique, précédée le 8 août par l’Égyptien Tamer Ashour pour sa première prestation en Tunisie.

Le 6 août marquera le retour de la chanteuse syrienne Mayada El Hennawy, absente de Carthage depuis 21 ans. Elle partagera l’affiche avec son compatriote Mohammad Khairy, spécialiste du répertoire classique et des Qudud d’Alep, sous la direction orchestrale de Youssef Belhani.

Le Libanais Rayan reviendra à Carthage après dix ans d’absence pour un concert caritatif au profit des patients atteints de cancer, le 2 août.

Le roi du Raï algérien Cheb Khaled retrouvera le public tunisien le 18 juillet pour sa première participation depuis 2016.

Les têtes d’affiche tunisiennes

Le coup d’envoi sera donné le jeudi 16 juillet par Saber Rebaï avec son spectacle ‘‘Taht Al Yasmine’’, marquant plus de 30 de présence et 20 apparitions à Carthage depuis 1994.

Au programme aussi, l’artiste urbain Nordo, le 21 juillet, la chanteuse Yosra Mahnouch, le 28 juillet, et la diva Amina Fakhet, le 17 août, ainsi que l’Orchestre Symphonique Tunisien qui présentera, le22 juillet, un concert intitulé ‘‘Symphonies 60’’ sous la direction de Shady Garfi, suivi le 25 juillet pour la Fête de la République par le spectacle patrimonial ‘‘Watanon bihob el achikin’’ dirigé par Youssef Belhani avec les voix de Alya Belaid, Ghazi Ayadi, Chahrazed Helal, Sofien Zaidi, Molka Cherni et Meriem Noureddine, avant la soirée du 13 août dédiée à la Fête nationale de la femme avec Nabiha Karaouli.

La billetterie en ligne est d’ores et déjà ouverte pour l’ensemble des spectacles.

Avec Tap.

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