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Heute — 27. Februar 2026Kapitalis

Tunisie | Alerte au brouillard cette nuit et samedi matin

Von: Yusra NY
27. Februar 2026 um 20:52

​L’Institut national de la météorologie (INM) a appelé à la vigilance sur les routes pour la nuit du vendredi 27 février et la matinée du samedi 28 février 2026.

​Selon les prévisions de l’INM, les conditions atmosphériques seront propices à l’apparition d’un brouillard localement dense qui touchera principalement le Nord du pays, les zones orientales du Centre et du Sud

​Le brouillard sera particulièrement épais dans les zones côtières et les dépressions, entraînant une chute de la visibilité horizontale à un niveau critique de moins de 200 mètres, alerte l’Institut en affirmant qu’une amélioration est attendue en milieu de matinée.

​Pour les usagers de la route la prudence est de mise et ces derniers sont notamment appelés à réduire leur vitesse, à respecter les distances de sécurité et à utiliser les feux de brouillard.

Y. N.

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Tunis | Les peines prononcées contre les frères Karoui

Von: Yusra NY
27. Februar 2026 um 20:25

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a prononcé un jugement par contumace à l’encontre des frères Nabil et Ghazi Karoui.

En fuite, ces derniers ont été condamnés chacun à une peine de 14 ans de prison ferme avec exécution immédiate et ont également écopé de plusieurs amendes dont le montant total dépasse 37 millions de dinars tunisiens, selon une source citée par Mosaïque FM ce vendredi 27 février 2026.

Les frères Karoui ont été reconnus coupables dans des affaires de blanchiment d’argent, de corruption financière et d’évasion fiscale et la justice a également décidé la confiscation de leurs comptes bancaires et leurs biens, selon le jugement rendu hier soir.

Y. N.

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Pour une vision audacieuse de la Tunisie de demain

27. Februar 2026 um 11:30

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé, notamment dans le domaine économique où elle affiche aujourd’hui ses plus fortes fragilités.

Elyes Kasri *

En dépit des rêves éveillés et des incantations exaltées des idéologues incurables, la Tunisie d’aujourd’hui est, comme beaucoup d’autres pays, confrontée à des défis de modernisation et de repositionnement dans un monde en pleine mutation vers des rapports et équilibres encore flous et incertains.

Face aux choix qui s’imposent avec une grande acuité, la Tunisie semble faire preuve de frilosité et de manque de vision, avec une prédilection pour les anciens choix économiques, espérant remettre en marche des dynamiques anciennes, relevant d’une époque révolue ou d’options qui l’ont menée à sa précarité actuelle.

Un avantage géographique réduit à néant

Si la production et la distribution nécessitent une nouvelle vision loin des mythes fondateurs de la deuxième moitié du siècle dernier, le transport, grande faiblesse qui réduit à néant l’avantage géographique de la Tunisie, a grandement besoin d’une vision futuriste d’une Tunisie hub de production, de service et de savoir, loin des replâtrages des modèles et choix du passé.

Outre une politique tous azimuts du ferroviaire urbain et interurbain, avec tous les gains envisageables en mobilité, énergie, coûts de tout genre et qualité de l’environnement, la Tunisie devrait repenser le modèle des points d’entrée portuaires et aéroportuaires en hubs multimodaux de services.

Il faut se rendre à l’évidence que l’aéroport de Tunis-Carthage représente une nuisance et un handicap au développement immobilier du grand Tunis et que sa place est ailleurs, dans la périphérie de Tunis (Utique ou Jebel Ressas ou ailleurs).

Pour sa part, le choix d’Enfidha pour le grand port tunisien en eau profonde aurait été politique sous le règne de feu Ben Ali et ne pourrait être situé, selon de nombreux experts tunisiens et étrangers, qu’à Bizerte dont seul Jules Ferry avait saisi la valeur stratégique.

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé.

Pour être conséquent, il serait judicieux de faire un constat serein des limites et insuffisances des choix du passé pour éviter d’en perpétuer les retours négatifs en osant concevoir une vision audacieuse de la Tunisie de demain.

* Ancien ambassadeur.

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Natation | Rami Rahmouni a-t-il fait un mauvais choix ?

27. Februar 2026 um 10:22

La polémique suscitée par le choix de Rami Rahmouni, grand espoir junior de la natation tunisienne, qui a opté pour l’Arabie saoudite comme nationalité sportive, n’a pas de raison d’être. Et pour cause…

Latif Belhedi

Dire que le nageur de 17 ans a privilégié son intérêt financier sur celui, sportif, de son pays natal, est inexact. Car le nageur n’a pas fait ce choix de gaieté de cœur, ou pour seulement gagner de l’argent. Il l’a fait pour se donner les moyens de ses ambitions sportives que son pays natal risquerait, malheureusement, de ne pas lui fournir suffisamment, d’autant plus qu’il se donne pour objectif d’atteindre le niveau de l’excellence sportive internationale.

Quand on connaît les difficultés qu’ont rencontrées ces dernières années les champions olympiques ou du monde tunisiens, tels les nageurs Ahmed Ayoub Hafnaoui et Ahmed Jaouadi, à financer leurs entraînements, leurs voyages et leurs participations aux tournois internationaux, on comprend les craintes de Rami Rahmouni et on ne peut que le conforter dans le choix d’une nationalité sportive autre, l’Arabie saoudite en l’occurrence, qui lui épargnera ce genre de tracasseries extra-sportives risquant de contrarier sa marche vers les podiums, et lui donnera les moyens d’aller le plus loin possible sur la voie qu’il s’était choisie : celle des titres mondiaux.

Sur un autre plan, le choix de Rami Rahmouni de concourir sous le drapeau de l’Arabie saoudite, pays qui lui en a donné la possibilité, est dicté aussi par une considération d’opportunité sportive. Car un pays n’a le droit d’aligner que deux représentants dans une finale olympique en natation. Or, explique un spécialiste de la discipline, et sauf énorme surprise, Ahmed Jaouadi et Ahmed Ayoub Hafnaoui seront très probablement les représentants de la Tunisie en finales des 800m et 1500m NL (et peut être du 400 aussi pour le second) lors des prochaines joutes olympiques, ce qui empêchera Rahmouni de concourir dans ces mêmes distances de demi-fond s’il concourait sous la bannière tunisienne. En portant les couleurs de l’Arabie Saoudite, il aurait sans doute plus se chance de se qualifier à la finale et, pourquoi pas, rivaliser ses «anciens» compatriotes.

Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, l’attachement de Rami Rahmouni à son pays natal, pas plus que l’amour de ses parents, personne ne l’arrachera du cœur pour tout l’argent du monde.

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Ramadan en Tunisie | Une société sous tension 

27. Februar 2026 um 09:35

Dans de nombreuses villes du monde musulman, le Ramadan est un mois de lumière. Les rues s’illuminent, les marchés s’animent à la tombée du jour, les citoyens se réunissent dans une atmosphère de fête contenue. Le jeûne y est perçu comme une discipline spirituelle, certes exigeante, mais enveloppée d’un imaginaire collectif de joie et de partage. En Tunisie, l’expérience semble souvent différente. Explications… (Ph. L’heure de rupture du jeûne pendant Ramadan: la délivrance!)

Manel Albouchi

À mesure que le soleil décline, une autre tension apparaît : impatience dans les embouteillages, irritabilité dans les commerces, susceptibilités exacerbées dans les foyers.

Ce phénomène a un nom en arabe tunisien, la «h’chicha» (nervosité liée à la faim), souvent attribué à la fatigue ou à la faim, mérite pourtant une lecture plus profonde. Car le Ramadan tunisien agit moins comme une simple pratique religieuse que comme un révélateur psychique et social. 

 Le mois du manque 

Le jeûne est, par définition, une expérience du manque. Manque de nourriture, d’eau, de sommeil. Mais lorsque ce manque physiologique entre en résonance avec d’autres formes de privation : économique, sociale, symbolique, il prend une dimension plus vaste. 

La Tunisie traverse depuis plusieurs années une fragilité économique persistante. Inflation, précarité, incertitude. Le Ramadan, loin d’atténuer cette réalité, la met en relief. Les dépenses alimentaires augmentent, les attentes sociales se renforcent, la pression d’offrir une table «digne» devient plus intense. 

Le manque n’est plus seulement corporel. Il devient existentiel. Et lorsque les manques se superposent, ils ne s’additionnent pas : ils se multiplient. 

L’anxiété du manque 

Ce que l’on observe alors n’est pas uniquement de l’irritabilité liée à la faim. C’est ce que l’on pourrait appeler une «anxiété du manque», la crainte diffuse de ne pas avoir assez : assez de ressources, assez de reconnaissance, assez de valeur morale. 

Cette anxiété est alimentée par plusieurs couches :  une pression économique tangible ; un regard social omniprésent ; une religiosité parfois vécue dans le registre de la crainte plutôt que de la conscience. 

Dans ce contexte, le Ramadan peut devenir un espace où s’intensifie le sentiment d’insuffisance. Ne pas être à la hauteur économiquement. Ne pas être un croyant suffisamment pieux. Ne pas correspondre aux attentes implicites. 

La peur du jugement «social ou divin» transforme l’expérience intérieure du jeûne. 

Pourquoi cette hypersensibilité ?

La psychanalyse offre une clé de lecture éclairante. Le psychiatre britannique Wilfred Bion décrivait la «fonction alpha» comme la capacité de transformer une émotion brute en pensée. Lorsque le nourrisson supporte l’absence du sein, il en crée une image mentale. Cette image constitue la première forme de pensée : une manière de tolérer le manque. Mais si l’absence devient insupportable, l’angoisse ne se transforme pas. Elle se décharge. 

À l’échelle individuelle comme collective, le Ramadan agit comme un test de cette capacité. Si le manque est symbolisé, il devient intériorité, maturation, spiritualité. S’il déborde les capacités psychiques, il se traduit par agitation, agressivité ou panique. 

L’irritabilité n’est pas le signe d’une faiblesse morale. Elle est souvent l’indice d’un espace intérieur saturé. 

Contrôle et conformisme 

Dans la société tunisienne, le Ramadan est également traversé par une forte dimension normative. Beaucoup jeûnent non seulement par conviction, mais aussi par conformité. Le regard des autres pèse lourd. La différence expose. 

Or, lorsque la pratique religieuse est motivée principalement par la peur : peur du jugement social, peur de la condamnation divine, elle génère une tension interne supplémentaire. Le contrôle devient externe, rigide, défensif. 

À l’inverse, lorsqu’il est intériorisé, le contrôle devient maturation. La même pratique peut alors produire apaisement plutôt que crispation. 

La nuance est invisible de l’extérieur. Mais psychiquement, elle est déterminante. 

Sublimation ou décharge 

Le jeûne mobilise une énergie considérable : pulsionnelle, émotionnelle, corporelle. Cette énergie peut suivre deux voies. Elle peut se décharger sous forme d’irritabilité, de conflits, de susceptibilité exacerbée. Ou elle peut être sublimée : transformée en création, en prière consciente, en solidarité, en réflexion, en production artistique ou intellectuelle. 

La sublimation n’est pas automatique. Elle suppose un minimum de sécurité intérieure. Or, dans un contexte économique et social fragilisé, cette sécurité fait parfois défaut. 

Ramadan comme révélateur 

Il serait erroné de considérer que le Ramadan crée la tension. Il la révèle. 

Dans des sociétés où le tissu social est stable et la sécurité économique relativement assurée, le mois sacré peut être porté par un imaginaire collectif festif et contenant. 

En Tunisie, le Ramadan agit comme un amplificateur. Il met en lumière les fragilités préexistantes : anxiété économique, rigidité normative, hypersensibilité au regard social. Mais il offre également une possibilité. Car la capacité à supporter le manque sans se désorganiser est au cœur de toute maturation psychique. Supporter l’absence sans se décharger immédiatement ; transformer la frustration en pensée. Et faire du vide un espace de conscience. 

Une épreuve de maturité collective 

Le véritable enjeu n’est pas de savoir si les Tunisiens sont «rapides à la détente » en Ramadan. Il est de comprendre ce que cette réactivité dit d’un climat intérieur et collectif. 

Avons-nous appris, individuellement et collectivement, à tolérer le manque sans nous effondrer ? Avons-nous développé suffisamment d’espace intérieur pour symboliser plutôt que réagir ? La foi est-elle vécue comme une contrainte extérieure ou comme une construction intérieure ? 

Le Ramadan, en Tunisie, est moins un mois religieux qu’une épreuve de maturité psychique collective. 

Et peut-être est-ce précisément dans cette tension que réside son potentiel : non pas seulement comme rituel, mais comme laboratoire de transformation.

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Jeûne du Ramadan | Prudence pour les insuffisants cardiaques  

27. Februar 2026 um 08:18

«Le Ramadan est un mois de spiritualité, mais aussi un moment qui modifie profondément nos habitudes alimentaires, hydriques et de sommeil. Chez le patient insuffisant cardiaque, ces changements peuvent être neutres… ou parfois déstabilisants», note Dr Faouzi Addad, professeur en cardiologie, qui donne dans le post Facebook reproduit ci-dessous des indications et des conseils pour les patients atteints du cœur en vue d’un jeûne sans problèmes.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le jeûne entraîne une réduction des apports hydriques pendant la journée avec augmentation de la viscosité sanguine ; une concentration hormonale différente (en particulier le système rénine-angiotensine) ; une modification du rythme veille-sommeil ; et parfois des excès alimentaires le soir.

Chez un patient stable, cela peut être bien toléré, mais chez un patient fragile, cela peut favoriser la déshydratation, l’hypotension, l’insuffisance rénale fonctionnelle et une surcharge si excès de sel à l’iftar, le repas de rupture du jeûne.

Pour le traitement, il y a quelques principes simples à suivre et des règles à respecter : les diurétiques plutôt après l’iftar ; l’hydratation répartie entre iftar et souhour ; une surveillance quotidienne du poids ; et un contrôle de la tension et du pouls.

Cependant, il convient d’arrêter le jeûne immédiatement s’il y a un essoufflement inhabituel, une prise de poids rapide (>2 kg en 48h), malaise, vertige ou fatigue extrême.

Au final l’idée qu’un patient insuffisant cardiaque ne doit jamais jeûner est fausse : si la maladie est stable et suivie médicalement, cela peut être possible, mais la décision doit être personnalisée, jamais automatique.

Le Ramadan n’est pas une épreuve pour le cœur. Il doit être vécu avec sagesse, équilibre et avis médical.

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Gabès et la nouvelle culture protestataire en Tunisie

27. Februar 2026 um 07:45

Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? C’est pour répondre à cette question que l’auteur a réalisé une étude publiée en anglais publiée sur le site de l’Arab Reform Initiative, dont nous avons traduit les extraits ci-dessous.

Sofiane Jaballah *

Depuis l’implantation du complexe chimique en 1972,Gabès s’est imposée comme l’un des foyers emblématiques de la conflictualité écologique en Tunisie. La dégradation progressive des oasis, la pollution atmosphérique et marine, la multiplication des maladies respiratoires et des cancers ont façonné, chez une partie de la population, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié au nom d’un modèle de développement imposé d’en haut. Cette situation nourrit un vécu d’injustice environnementale et de vulnérabilité sociale, où se croisent enjeux sanitaires, économiques, territoriaux et symboliques.

Un moment de rupture

Les épisodes d’asphyxie collective de l’automne 2025, touchant notamment des élèves, s’inscrivent dans ce contexte de crise prolongée, mais prennent la forme d’un moment de rupture : un événement qui rend visible ce qui était déjà ressenti, et qui transforme un risque chronique en sujet de conflit public.

C’est dans cette séquence que la campagne Stop Pollution–Gabès se déploie, au croisement entre mobilisation citoyenne, production de contre-discours et remise en cause du modèle chimico-industriel dominant.

Ce papier analytique et critique, se propose d’interroger ce que cette campagne fait à la fois au conflit écologique local, et à la culture contestataire tunisienne. Il s’agit d’en analyser les formes d’action, les cadrages, les acteurs et les registres de politisation qu’elle met en jeu, dans un contexte national marqué par la fermeture du champ politique et la recomposition des modes de protestation.

Les questions de recherche peuvent être formulées ainsi : Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? Quels cadrages du problème, quels adversaires, quels horizons de solution construit-elle, et avec quels répertoires d’action ? Comment cette campagne redéfinit-elle les formes de politisation en Tunisie post-2011, en contestant moins un gouvernement qu’un modèle de développement, et en faisant de la revendication d’un air respirable et d’une vie sans cancer un nouveau langage du politique ?

Recomposition de la culture contestataire

La séquence ouverte à Gabès à l’automne 2025 montre que l’on ne peut plus saisir les mobilisations locales uniquement à partir des vieux schèmes de la «protestation sociale» pour l’emploi ou contre la cherté de la vie.

En transformant un épisode aigu de pollution, des asphyxies d’élèves, des fuites de gaz, une panique sanitaire, en campagne de mouvement social structurée, Stop Pollution-Gabès donne à voir une recomposition profonde de la culture contestataire tunisienne.

La campagne ne surgit ni dans le vide, ni sur le seul registre de l’émotion : elle s’inscrit dans une histoire longue d’injustice environnementale documentée par la recherche, dans des décennies de sacrifices imposés au nom de l’industrialisation, et dans un sentiment durable de relégation territoriale. C’est parce que ce «déjà-là» scientifique, sanitaire et social existe que l’événement de 2025 peut fonctionner comme bifurcation et non comme simple fait divers.

L’analyse a montré que Stop Pollution-Gabès répond aux critères d’une campagne de mouvement social au sens de Tilly et Tarrow : séquence de revendications publiques continues, cadrage cohérent du problème, désignation d’adversaires, répertoire d’action diversifié, alliances multi-sectorielles, inscription dans la durée.

Le travail de cadrage est central : diagnostic d’un modèle de développement toxique, identification de responsables (complexe chimique, choix étatiques, déni institutionnel), formulation d’un horizon alternatif fondé sur le droit à la vie, à la santé et à un environnement non mortifère. Cette opération de framing permet de passer d’une indignation localisée à une cause partagée, trans-classe et trans-générationnelle, dont les slogans, les visuels et les hashtags fixent la grammaire («Nous voulons vivre» ; «Gabès s’asphyxie» ; «Démanteler les unités »).

Loin d’être «apolitique», cette campagne repolitise autrement : non pas en se positionnant sur l’axe classique régime/opposition, mais en contestant le cœur des politiques publiques de développement.

La comparaison avec la [campagne protestataire antérieure] Manich Msameh éclaire cette spécificité. Là où Manich Msameh visait un objectif défensif et ad hoc, empêcher une loi de réconciliation perçue comme un retour des élites corrompues, Stop Pollution–Gabès porte un projet de transformation radicale du modèle socio-économique. Moins politisé en apparence (absence de partis, de mots d’ordre sur le changement de régime, revendication d’«apolitisme»), le mouvement est en réalité plus politique dans son contenu : il ne conteste pas seulement un texte de loi ou un gouvernement, mais un régime de production du social qui accepte la maladie et la mort comme externalités ordinaires de la croissance. La revendication ne porte plus sur «plus d’emplois» dans un complexe chimique premier employeur de la région, mais sur le refus d’un emploi et d’une richesse qui tuent. En ce sens, Gabès propose une bifurcation écologique de la contestation.

Un projet de transformation radicale

Le rôle de certains acteurs collectifs et individuels, comme l’UGTT régionale et des figures civiques, apparaît décisif dans cette transformation. La centrale syndicale confère au mouvement un surcroît de légitimité, de capacité d’organisation et de puissance numérique, en certifiant que la cause écologique relève aussi de la justice sociale et du monde du travail. De son côté, un ingénieur-activiste comme Ammar incarne la montée en puissance d’un leadership expert qui articule contre-expertise scientifique, indignation morale et répertoires numériques, reliant l’échelle locale à des registres transnationaux de justice environnementale. Ensemble, ces ressources prolongent le conflit au-delà du moment de crise, le traduisent en campagne d’un mouvement social et lui donnent une épaisseur stratégique qui dépasse largement la seule réaction à l’événement.

Enfin, la trajectoire de la relation entre Stop Pollution-Gabès et la présidence de la République montre comment un conflit socio-écologique peut reconfigurer les lignes de la légitimité politique.

En ouvrant la «boîte de Pandore» par un second discours qui criminalise implicitement la mobilisation, le président rompt symboliquement avec une partie de la population de Gabès qui voyait encore en lui un possible allié. Celui qui se disait porteur de la volonté populaire devient, pour beaucoup, l’incarnation d’un État qui persiste à asphyxier une région au nom de la rentabilité industrielle.

La politisation se déplace alors : du modèle de développement vers la figure présidentielle elle-même, sans que le mouvement ne bascule pour autant dans une opposition partisane classique. C’est là l’un des apports majeurs de ce cas : montrer comment, dans la Tunisie post-2011, la conflictualité écologique devient un nouveau langage du politique, capable de déplacer les frontières entre gouvernants et gouvernés, entre «peuple» et «élites», entre centre et périphérie.

Cet article invite à considérer Gabès non comme une «exception écologique», mais comme un laboratoire socio-politique. Il suggère que les futurs conflits centraux ne porteront peut-être plus d’abord sur le partage du pouvoir institutionnel ou sur la seule question de l’emploi, mais sur la possibilité matérielle de vivre, de respirer et de rester sur place. Autrement dit, la lutte de Gabès ne réclame pas seulement la fermeture d’unités polluantes : elle met en scène, au présent, une bataille pour définir ce que «vivre dignement» signifie dans une Tunisie traversée par la crise climatique, les inégalités territoriales et l’épuisement des modèles de développement hérités.

Au-delà de l’analyse rétrospective, la séquence ouverte par Stop Pollution–Gabès invite à une projection prudente mais sociologiquement fondée. Par sa structuration horizontale, son inscription territoriale profonde et la nature même de ses revendications, la campagne semble porteuse d’un horizon stratégique difficilement neutralisable par les instruments classiques du pouvoir.

Revendiquer le droit de respirer, de vivre sans maladie et sans mort prématurée, ne renvoie ni à une idéologie ni à une doctrine religieuse, il s’agit d’une exigence vitale, transversale, qui excède les clivages politiques ordinaires et échappe aux dispositifs habituels de délégitimation.

Forte de plus d’une décennie d’expérience militante, de savoirs accumulés, de mémoire des promesses non tenues et de pratiques de mobilisation éprouvées, Stop Pollution–Gabès ne se contente plus de réagir aux crises ; elle anticipe, documente, organise et inscrit le conflit dans la durée.

Face à un système politique qui multiplie les tactiques de court terme sans proposer de stratégie crédible de sortie du modèle extractiviste, la campagne dessine progressivement un futur possible : celui d’une ville affranchie du complexe chimique, non comme utopie abstraite, mais comme trajectoire construite par la praxis collective. En ce sens, Gabès avance, lentement, «conflictuellement», mais résolument, vers la reconfiguration de son destin urbain, écologique et social, faisant de la justice environnementale non plus une revendication marginale, mais un principe organisateur du devenir politique local.**

* Sociologue, chercheur à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC-Tunis).

** Le titre et les intertitres sont de la rédaction.

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Veillées ramadanesques | Spectacle Al Hadhra à l’IFT à Sousse

Von: Yusra NY
26. Februar 2026 um 23:34

Dans le cadre de ses « Veillées ramadanesques », l’Institut français de Tunisie (IFT) à Sousse transforme sa grande cour pour une soirée riche en spiritualité et en art ce samedi.

Au programme : Al Hadhra, le spectacle de la troupe des « Ouled Bouraoui » pour une immersion totale dans le rituel collectif issu de la tradition soufie, mêlant chants, rythmes et spiritualité. tunisien.

Plus qu’un simple concert, la Hadhra est un voyage sensoriel où se mêlent chants liturgiques et invocations poétiques, rythmes percutants des instruments traditionnels et spiritualité.

Le rendez-vous est fixé pour ce samedi 28 février 2026 à 21h, et l’entrée est libre (les places sont limitées, il est donc conseillé d’arriver tôt).

Y. N.

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Gestern — 26. Februar 2026Kapitalis

Migration & retour volontaire | « Rentrer chez soi, repartir à zéro » (OIM)

Von: Yusra NY
26. Februar 2026 um 21:41

Il y a quatre ans, Youssouf quittait la Guinée avec l’espoir de construire un avenir meilleur en Europe. Bien que son voyage ne se soit pas déroulé comme prévu, son retour au pays aujourd’hui ne marque pas la fin de son histoire.

De même, Dossou, originaire de la Côte d’Ivoire, s’était lancée dans un parcours pour s’assurer un avenir meilleur. Après mûre réflexion, elle a choisi de rentrer chez elle avec son fils.

Le 25 février 2026, tous trois figuraient parmi les 309 migrants guinéens et ivoiriens qui sont rentrés en toute sécurité dans leur pays d’origine grâce à deux vols charters organisés dans le cadre du programme d’Aide au Retour Volontaire et à la Réintégration (AVRR) de l’OIM Tunisie.

« Après mûre réflexion, j’ai décidé de retourner dans mon pays. L’OIM m’a apporté un accompagnement complet, à mon fils et à moi en nous fournissant des soins médicaux et des conseils psychologiques, mais aussi en organisant notre retour en toute sécurité et une aide à la réintégration. Avec le soutien de l’OIM, j’ai aujourd’hui hâte d’ouvrir un salon de beauté et de recommencer une nouvelle vie. Cette assistance m’a donné la confiance et le courage de prendre un nouveau départ.», confie Dossou.

Conformément aux procédures de l’OIM, les bénéficiaires reçoivent une assistance personnalisée avant, pendant et après leur retour, notamment une assistance médicale et psychosociale, des moyens de subsistance durables et une prise en charge individuelle.

À leur arrivée, ils bénéficieront d’une prise en charge post-arrivée et d’un soutien à la réintégration, comprenant des services d’accueil structurés, une assistance directe pour répondre à leurs besoins immédiats et l’élaboration de plans de réintégration personnalisés. L’objectif n’est pas seulement de garantir un retour sécurisé, mais aussi de les aider à reconstruire leur vie dans la dignité et la confiance.

« Grâce à l’aide à la réintégration de l’OIM, je vais lancer un projet agricole dans mon village en utilisant des technologies modernes. L’OIM ne m’a pas seulement aidé à rentrer chez moi, elle m’a également donné l’espoir de construire un avenir durable dans mon pays. C’est un véritable nouveau départ », témoigne Youssouf.

Le programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration (AVRR) de l’OIM Tunisie bénéficie du soutien de l’Union européenne et des gouvernements d’Autriche, de la République tchèque, d’’Italie, de France, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni.

Communiqué

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Elmed | La Tunisie et ses partenaires européens intensifient les préparatifs à Bruxelles

Von: Yusra NY
26. Februar 2026 um 21:13

À l’occasion d’un workshop dédié aux réseaux électriques et aux énergies renouvelables, les responsables tunisiens du secteur de l’énergie ont rencontré leurs homologues belges et européens à Bruxelles

Ce déplacement, soutenu par l’ambassade de Tunisie en Belgique, marque une étape clé dans l’acquisition du savoir-faire technique nécessaire à la gestion future du projet Elmed.

A cette occasion, Sahbi Khalfallah, Ambassadeur de Tunisie à Bruxelles, a reçu une délégation du ministère tunisien de l’Industrie, de l’Energie et des Mines et de responsables à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg).

Pour rappel, le projet Elmed est une infrastructure monumentale décrite comme un «pont énergétique» entre l’Italie (station de Partanna en Sicile) et la Tunisie ( Mlaabi dans le Cap Bon), qui reliera les grands systèmes électriques de l’Europe et de l’Afrique du Nord.

Sur une longueur totale d’environ 220 kilomètres (dont environ 200 km en câble sous-marin) avec une capacité de 600 MWh ce «pont énergétique» sera construit dans le plein respect de l’environnement et vise « à assurer une plus grande sécurité, durabilité et résilience dans l’approvisionnement en énergie, ainsi que le développement des échanges d’électricité produite à partir de sources renouvelables ».

Y. N.

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Gabès | Verdict dans l’affaire des unités polluantes

Von: Yusra NY
26. Februar 2026 um 20:48

Le tribunal de première instance de Gabès a rendu son verdict dans l’affaire de la demande de la suspension des activités des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT).

Ce jeudi 26 février 2026, la justice a rejeté cette demande d’arrêt pour absence de preuve du préjudice, déplore le collectif Stop Pollution, via un bref post publié sur sa page Facebook.

Ce rejet survient après plusieurs reports de cette affaire portée devant la justice par l’ordre régional des avocats tunisiens et un engagement régional sans relaĉhe et un appui à l’échelle national depuis avril 2025.

Malgré cette nouvelle déception et les cinquante ans de pressions écologiques et sanitaires, la résilience des populations locales à Gabès ne faiblit pas et le combat pour la justice environnementale se poursuit.

Y. N.

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Tunisie | Saadia Mosbah reste en détention

Von: Yusra NY
26. Februar 2026 um 20:24

La Chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a décidé, jeudi 26 février 2026, de rejeter la demande de libération de Saadia Mosbah, présidente de l’association Mnemty.

Elle devra donc rester en détention, en attendant sa prochaine audience au 12 mars prochain, dans le cadre de l’affaire liée à la gestion financière de l’association qu’elle préside.

Pour rappel Saadia Mosbah a été arrêtée et placée en détention en mai 2024 pour blanchiment d’argent, accusation qu’elle rejette totalement tout en criant son innocence. Elle bénéficie par ailleurs d’un soutien au sein de la société civile et des appels ont été lancés pour la faire libérer.

Y. N.

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Quand l’ambassadeur américain en Israël se lâche grave

26. Februar 2026 um 11:04

Dans une interview avec le célèbre éditorialiste et commentateur américain de droite Tucker Carlson, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, exprime des idées fort peu diplomatiques voire explosives où, citant le verset (15) de la Genèse dans la Bible, a cru pouvoir affirmer que tout le Moyen-Orient (Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Irak), mais aussi des parties de l’Egypte et l’Arabie saoudite, devrait appartenir aux Juifs.

Mohamed Larbi Bouguerra *

Ces déclarations ont scandalisé le journaliste israélien Gideon Levy qui s’est interrogé dans une chronique parue dans ‘‘Haaretz’’ du 22 février 2026 : «Existe-t-il des accélérateurs d’antisémitisme ou des pourvoyeurs de positions anti-israéliennes plus grands que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout cela à cause d’une promesse biblique délirante faite il y a 3 000 ans ?»

Il est clair que Huckabee n’a jamais lu ‘‘Le traité sur la tolérance’’ de Voltaire qui écrivait en 1763 : «Les mahométans sont des usurpateurs depuis plus de mille ans (du bien des juifs). Si les juifs raisonnaient ainsi aujourd’hui, il est clair qu’il n’y aurait d’autre réponse à leur faire que de les mettre aux galères. Ce sont à peu près les seuls cas où l’intolérance paraît raisonnable.» (Edition Folio, p. 107) 

Ce monsieur Huckabee a été un pasteur chrétien baptiste puis est devenu gouverneur de l’Arkansas puis deux fois candidat à la présidentielle.

En tant que baptiste, il attend la venue du Messie en Terre Sainte. C’est alors, dit la Bible dans l’Apocalypse, qu’il convertira tous les juifs. S’ils refusent, il les passera au fil de l’épée.

Comprenne qui pourra !

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS (Université Paris VI).

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CPJ | Israël a tué 86 journalistes en 2025

26. Februar 2026 um 09:50

Un nombre record de 129 journalistes ⁠et professionnels des ​médias ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2025, dont les deux tiers par Israël, a déclaré mercredi 25 février 2026 le ​Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son dernier rapport.

Le nombre de journalistes tués dans le monde a atteint un record pour la deuxième année consécutive, après 124 décès recensés en 2024, dont les deux tiers également tués par Israël, relève l’organisation indépendante. Le CPJ recense ​depuis plus ‌de 30 ans les attaques contre la presse.

Israël a été responsable de la mort de 86 journalistes en 2025. Ils sont, à plus de 80%, Palestiniens. Dans ce classement du crime abject, l’Etat hébreu devance de très loin le Soudan (9), le Mexique (6), la Russie (4), et les Philippines (3).

L’État hébreu est aussi responsable de 81 % des 47 assassinats ciblés de journalistes classés comme «meurtres» par l’organisation dans son rapport.

«Dans un contexte de tensions croissantes à travers le monde, le mépris d’Israël pour la vie des journalistes – et pour le droit international censé les protéger – est sans précédent», note le rapport. Il ajoute : «Depuis que le CPJ a commencé à compiler ces données en 1992, Israël a tué plus de journalistes que tout autre gouvernement, faisant de la guerre israélo-palestinienne (qui inclut les massacres perpétrés par Israël à Gaza ainsi que ses attaques meurtrières au Liban, au Yémen et en Iran) la plus meurtrière jamais enregistrée pour les journalistes.»

Le CPJ écrit, également : «Si couvrir la guerre est intrinsèquement dangereux, Israël a franchi un nouveau cap en ciblant délibérément et illégalement les journalistes. En 2025, le CPJ a recensé 47 cas de journalistes assassinés en raison de leur travail, Israël étant responsable de 81 % de ces assassinats. Le nombre total de ces assassinats ciblés pourrait être bien plus élevé. Compte tenu des restrictions extrêmes imposées à Gaza, notamment l’interdiction d’accès à la presse étrangère indépendante, la destruction des infrastructures de communication, les déplacements massifs de population et les pertes humaines considérables, il est difficile d’enquêter sur les circonstances de chaque décès. La plupart des preuves contemporaines ayant été détruites, le nombre exact de journalistes palestiniens à Gaza délibérément ciblés par Israël restera peut-être à jamais inconnu.»

I. B.

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Les dessous de l’accord d’armement russo-iranien

26. Februar 2026 um 08:57

Le Financial Times, citant des sources bien informées et se référant à des documents russes confidentiels qu’il a consultés, a révélé les détails d’un accord secret irano-russe prévoyant une commande iranienne de systèmes de défense aérienne russes d’une valeur de 545 millions de dollars en juillet de l’année dernière, quelques jours seulement après la fin de la guerre des douze jours. 

Imed Bahri

Ces révélations interviennent alors que les États-Unis déploient une force militaire considérable au Moyen-Orient, sur fond de menaces du président américain Donald Trump à l’encontre de l’Iran s’il ne conclut pas à un «bon accord» concernant son programme nucléaire.

Le journal britannique indique que l’accord signé à Moscou en décembre dernier oblige la Russie à livrer 500 lanceurs mobiles Verba et 2500 missiles 9M336 à Téhéran sur une période de trois ans.

Les négociations ont eu lieu entre Rosoboronexport (l’agence d’État russe chargée des exportations d’armement) et un représentant du ministère iranien de la Défense à Moscou.

Le journal précise que Rouhollah Katibi, un haut responsable du ministère iranien de la Défense basé à Moscou, a coordonné l’accord. Il avait auparavant contribué à la vente de centaines de missiles balistiques à courte portée Fateh-360 à la Russie, destinés à être utilisés en Ukraine.

Les États-Unis ont imposé des sanctions à Katibi en 2024, l’accusant d’agir pour le compte du ministère iranien de la Défense. Le département du Trésor américain l’a qualifié de trait d(union entre le gouvernement russe et le ministère iranien de la Défense.

Le système Verba

Le système Verba est l’un des systèmes de défense aérienne les plus avancés de la Fédération de Russie. Il s’agit d’un missile sol-air portable à guidage infrarouge, capable de cibler les missiles de croisière, les aéronefs volant à basse altitude et les drones.

Ce système permet aux forces terrestres de déployer rapidement des défenses dispersées sans dépendre d’installations radar fixes, plus vulnérables aux attaques.

Selon les termes du contrat, les livraisons sont prévues en trois phases entre 2027 et 2029.

Un ancien haut responsable américain a déclaré : «La Russie a peut-être perçu cet accord comme un moyen de rétablir ses relations avec l’Iran après son incapacité apparente à soutenir son allié lors de la guerre de douze jours contre Israël». Il a ajouté : «Ils souhaitent que l’Iran reste un partenaire. Par conséquent, même s’ils n’ont pas pu intervenir pendant la crise, ils tenteront de renouer les liens par la suite»

Le FT a cité une source proche du dossier qui a déclaré : «Il est probable qu’un petit nombre de ces systèmes aient été livrés à l’Iran dès le début». L’ambassadeur d’Iran à Moscou Kazem Jalali l’a également laissé entendre en confirmant plusieurs vols récents entre Moscou et Téhéran. 

Un avion-cargo russe Iliouchine Il-76TD a effectué au moins trois vols entre Mineralnye Vody, dans le Caucase du Nord, et la ville iranienne de Karaj au cours des dix derniers jours. Au moins un autre appareil du même type est arrivé en Iran en provenance de la même région fin décembre. L’Iran aurait également reçu jusqu’à six hélicoptères d’attaque russes Mi-28 en janvier et aurait commencé à en utiliser un à Téhéran ce mois-ci.

Le système Verba est-il suffisant ?

Ruslan Pukhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies (un groupe de réflexion basé à Moscou) a expliqué que «si certaines unités étaient livrées et déployées en Iran, il est peu probable qu’elles améliorent significativement la défense globale de Téhéran en cas de nouvelle guerre contre Israël ou les États-Unis».

Cependant, M. Pukhov a souligné que ce nouveau système pourrait rendre beaucoup plus dangereuses les opérations américaines impliquant des hélicoptères et des avions volant à basse altitude, tactiques récemment utilisées pour capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro. «Si une attaque héliportée comme celle contre Maduro devait se produire, ce système pourrait s’avérer très utile aux Iraniens. Si les missiles sont confiés aux bonnes personnes au bon moment, ils peuvent causer d’importants dégâts» du côté américain, a-t-il ajouté. 

Un changement de stratégie pour Téhéran

Nicole Grajewski, professeure assistante à l’Institut d’études politiques de Paris et spécialiste des relations stratégiques irano-russes, a déclaré : «Cet accord témoigne d’un changement de stratégie pour Téhéran après la destruction de ses défenses aériennes par Israël l’an dernier».  Elle a ajouté : «Contrairement aux systèmes de défense aérienne stratégiques russes de plus grande envergure, tels que les S-300 et S-400, le Verba ne nécessite pas de formation ni d’intégration poussées et peut être déployé beaucoup plus rapidement. Aucun de ces transferts ne modifiera fondamentalement la capacité de l’Iran à rivaliser avec les forces armées les plus avancées au monde mais ils pourraient prolonger le prochain conflit».

Le FT rappelle que Téhéran a fourni à Moscou des drones et des missiles pendant la guerre russo-ukrainienne. Les deux pays ont également signé un traité visant à renforcer leurs relations bilatérales en janvier 2025 et l’Iran a cherché à acquérir deux escadrons de chasseurs Soukhoï Su-35 de pointe auprès de la Russie.

En juin 2025, la confrontation militaire la plus directe et la plus violente entre l’Iran et Israël a éclaté lorsque Tel-Aviv, avec le soutien militaire direct des États-Unis, a lancé une série de frappes aériennes ciblant trois installations nucléaires iraniennes clés.

Cette guerre a marqué un tournant radical dans le cours du conflit régional, Washington s’engageant, pour la première fois, ouvertement et immédiatement dans des opérations offensives. Cela a entraîné la destruction massive des infrastructures de défense de Téhéran et a plongé toute la région au bord d’un conflit ouvert, qui a pris fin après l’annonce par le Pentagone et l’armée israélienne du succès des «frappes chirurgicales» ayant permis de détruire les principales cibles dont des réacteurs et des installations d’enrichissement vitaux. 

L’intensification de l’activité militaire américaine durant ce mois de février s’inscrit dans la continuité des conséquences de cette guerre. Washington cherche à tirer profit de la supériorité aérienne acquise l’été dernier pour imposer de nouvelles conditions nucléaires à Téhéran, tandis que ce dernier s’efforce de reconstruire au plus vite ses systèmes de défense en concluant ces accords avec Moscou pour l’acquisition de missiles portables Verba, dans le but de créer une défense aérienne au sol capable de pallier les vulnérabilités techniques révélées par les douze jours de la précédente guerre.

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Roman | Hella Feki sur les pas d’une reine exilée

26. Februar 2026 um 08:19

La romancière franco-tunisienne Hella Feki vient de publier son second roman ‘‘Une reine sans royaume’’ (éditions JC Lattès / La Grenade, Paris, septembre 2025, 192 pages) où elle ressuscite une figure de femme oubliée de l’Histoire, la dernière reine malgache, Ranavalona III, exilée loin de son royaume dans l’île de la Réunion puis à Alger, et qui va vivre une renaissance le temps d’un séjour à Tunis en 1907 en pleine effervescence intellectuelle.

En débarquant à Tunis en 1907, Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, est submergée par les souvenirs de sa jeunesse à Tananarive, ses amours passionnées et la tragédie de son exil forcé.

Elle découvre aussi un pays, la Tunisie sous colonisation française, où bat le pouls intellectuel de l’Orient d’alors, avec ses salons de pensée tenus par des souveraines lumineuses, la princesse égyptienne Nazli (1853-1913) et l’épouse du bey de Tunis Lella Kmar (1862-1942), ainsi que des aventurières européennes éprises de l’Orient, notamment la romancière Myriam Harry (1869-1958). Toutes ont en commun l’amour de la littérature et de la politique, et aux côtés de ces femmes, Ranavalona retrouve son souffle.

Dans ce deuxième roman poétique et envoûtant, Hella Feki redonne voix à cette reine qui n’était pas destinée à régner. Un voyage d’un bout à l’autre de l’Afrique, une variation romanesque sur cette figure oubliée de l’Histoire. «Une voix envoûtante, une vie édifiante», lit-on dans la quatrième de couverture.

Hella Feki, née le 27 mars 1982, à Tunis, de père tunisien et de mère française, est professeure de lettres et formatrice d’enseignants. Elle est l’autrice d’un premier roman, ‘‘Noces de Jasmin’’, paru aux Éditions JC Lattès / La Grenade en 2020.

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Artisanat | Lauréats du concours Artiterroir à Nabeul

26. Februar 2026 um 07:42

La deuxième édition du concours régional Artiterroir, organisée par la Délégation régionale de l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat) et le Hub Design Nabeul, avec l’appui du projet Pampat (Onudi/Seco), sous le thème : «Les produits du terroir de Nabeul, source d’inspiration pour l’artisanat local», a été clôturée lors d’une cérémonie tenue mardi 24 février 2026 à Dar Machat.

Cette édition a rassemblé 23 participants représentant différentes activités artisanales, principalement la céramique, produit artisanal emblématique de la région.

Les créations ont mis en avant des techniques innovantes et créatives, traduisant une évolution des savoir-faire traditionnels vers des formes contemporaines.

Le concours a mis à l’honneur les trois produits phares du terroir de Nabeul : la fleur de bigaradier, symbole sensoriel et agricole de la région ; la harissa, à travers son ingrédient central, le piment rouge ; et la figue de barbarie, notamment celle de Bouargoub, reconnue pour sa qualité. Ces produits ont servi de source d’inspiration pour la création d’objets artisanaux pensés comme des cadeaux et souvenirs porteurs de sens.

Les lauréats de la deuxième édition

Le premier prix a été attribué à Lotfi Boughzela pour une création originale de peinture sur verre inspirée du piment rouge de la harissa. «J’ai souhaité traduire la force symbolique du piment rouge à travers une approche artistique contemporaine qui valorise notre identité culinaire», a-t-il déclaré.

Le deuxième prix a été décerné à Maha Mami pour deux créations en céramique mettant en valeur la fleur de bigaradier. «La fleur de bigaradier est un symbole sensoriel fort de Nabeul ; j’ai choisi de la mettre en valeur à travers un décor en relief finement modelé, afin d’en souligner la délicatesse et l’élégance», a-t-elle expliqué.

Le troisième prix a été remis à Rahma Bouaoun, déjà lauréate en 2025, pour une création en céramique mettant à l’honneur la figue de barbarie. «Après une première distinction en 2025, j’ai souhaité relever un nouveau défi en proposant une interprétation revisitée de la figue de barbarie, à travers une approche contemporaine», a-t-elle commenté.

Au-delà de la compétition, le concours vise à renforcer le lien entre artisanat, agriculture et tourisme. En développant des objets inspirés des produits du terroir, les artisans contribuent à enrichir l’offre de souvenirs authentiques, adaptés à un tourisme culturel et alternatif, complémentaire au tourisme balnéaire. Ces créations permettent aux visiteurs d’emporter avec eux une part de l’identité de Nabeul, à travers des pièces uniques ancrées dans le territoire.

Les créations primées seront exposées dans un espace dédié lors du Salon de la Création Artisanale, prévu du 27 mars au 5 avril 2026 au Parc des Expositions du Kram, offrant ainsi une visibilité nationale aux lauréats.

Développement économique et attractivité touristique

Depuis l’année dernière, l’Onat met davantage en avant les produits du terroir et travaille en étroite collaboration avec les acteurs des secteurs agroalimentaire et touristique, afin de positionner l’artisanat comme un pilier de l’attractivité touristique de la région.

La cérémonie s’est tenue en présence de représentants de l’Onudi Tunisie, de l’ambassade de Suisse ainsi que des membres du comité de pilotage de la Stratégie nationale de valorisation et de promotion des produits du terroir. Cette stratégie, initiée par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche en partenariat avec l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia), vise à structurer et à promouvoir les produits du terroir comme leviers de développement économique et d’attractivité touristique. Sa mise en œuvre bénéficie de l’appui du Projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir (Pampat), mis en œuvre par l’Onudi avec le financement du Secrétariat d’État à l’Économie de la Confédération Suisse (Seco).

Dans le cadre du déploiement national du concours Artiterroir, la région de Kairouan constitue la deuxième zone pilote où la première édition du concours est actuellement en cours de réalisation et les résultats seront annoncés prochainement.

Les créations portent sur trois produits emblématiques de la région : la figue de barbarie d’El Ala, la rose et l’huile d’olive Oueslati, confirmant ainsi la volonté de dupliquer ce modèle dans d’autres régions, afin de créer des synergies entre agriculture, artisanat et tourisme et de générer davantage de valeur ajoutée au niveau local.

Communiqué.

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Plainte après l’agression du porte-parole du mouvement Haq

Von: Yusra NY
26. Februar 2026 um 00:05

Le mouvement Haq a fermement condamné, dans un communiqué publié ce mercredi 25 février 2026, l’agression dont a été victime son porte-parole Chokri Anane.

Ce grave incident s’est produit aux alentours de 11h20 dans le quartier Taïeb Mhiri à Laouina, lorsqu’un groupe de marchands ambulants installés illégalement a encerclé Chokri Anane, qui a été la cible d’insultes et de menaces directes de lynchage en raison de ses prises de position publiques contre l’occupation anarchique de l’espace public.


L’intervention de la propriétaire d’un commerce local lui a permis de se réfugier, avant que la police n’intervienne, ajoute la même source, saluant au passage l’intervention sécuritaire

Une plainte a été déposée, annonce le mouvement qui impute la responsabilité de toute atteinte à l’intégrité de son porte-parole aux agresseurs et qui a appelé les autorités à assurer la protection de Chokri Anan

Le mouvement Haq réaffirme, par la même occasion, sa détermination à poursuivre son combat pour le respect de la loi et la sécurisation de l’espace public, malgré ces méthodes de pressions qu’il qualifie de « gangstérisme ».

Y. N.

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Un réseau de trafic de drogue démantelé à Kairouan

Von: Yusra NY
25. Februar 2026 um 23:12

Les unités de la Garde nationale ont démantelé, ce mercredi 25 février 2026, un réseau de trafic de drogue opérant dans la délégation de Cherarda à Kairouan.

L’intervention, menée par les unités sécuritaires de la Garde nationale de Kairouan, a ciblé un local servant de base arrière à ce réseau criminel, indique IFM via une source sécuritaire, qui a également annoncé la saisie de 7 kilogrammes de cannabis.

Une somme d’argent importante, fruit de ce trafic, ainsi que deux camions légers, utilisés pour le transport de la drogue, ont également été saisis, ajoute la même source.

Les membres du réseau ont toutefois réussi à prendre la fuite juste avant l’arrivée des forces de l’ordre mais ils ont été identifiés et font l’objet de mandats de recherche.

Y. N.

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