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Ooredoo Tunisie | Aides scolaires pour 400 écoliers et 24 gouvernorats

23. September 2026 um 13:48

À l’occasion de la rentrée scolaire, Ooredoo Tunisie poursuit son engagement en faveur des enfants et des familles à travers une nouvelle action Back to School, menée en partenariat avec l’association Kafel El Yatim, dans le cadre de son programme de responsabilité sociétale Tounes T3ich. Vidéo de l’événement.

Cette année, Ooredoo a offert à 400 enfants des cartables entièrement équipés de fournitures scolaires, afin de leur permettre d’aborder la nouvelle année scolaire dans les meilleures conditions.

L’initiative a bénéficié à des enfants issus de presque tous les 24 gouvernorats de Tunisie, permettant ainsi à cette action solidaire de toucher des communautés à travers tout le pays.

Au-delà de la distribution des fournitures scolaires, Ooredoo a également accueilli un groupe d’enfants dans ses locaux à l’occasion d’une célébration spéciale de la rentrée. Un moment convivial et joyeux leur permettant de partager ensemble l’enthousiasme d’un nouveau départ avant de retrouver les bancs de l’école.

À cette occasion, Eyas Assaf, Ceo de Ooredoo Tunisie, a déclaré : «La rentrée scolaire doit être pour chaque enfant un moment d’enthousiasme, d’espoir et d’opportunités. À travers Tounes T3ich et notre partenariat avec Kafel El Yatim, nous sommes fiers d’être aux côtés de 400 enfants à travers la Tunisie et de contribuer, à notre manière, à leur offrir les meilleures conditions pour commencer cette nouvelle année scolaire. Soutenir les enfants et l’éducation demeure une dimension essentielle de notre engagement envers les communautés que nous servons.»

Cette initiative Back to School s’inscrit pleinement dans les priorités de Tounes T3ich, le programme de responsabilité sociétale de Ooredoo Tunisie, qui place notamment l’éducation, l’inclusion sociale et le bien-être des communautés au cœur de ses actions.

À travers la continuité de sa collaboration avec l’association Kafel El Yatim et ses différents partenaires de la société civile, Ooredoo Tunisie réaffirme sa volonté de développer des initiatives répondant à des besoins concrets et générant un impact positif dans les différentes régions du pays.

Parce que chaque rentrée marque le début de nouveaux espoirs, Ooredoo Tunisie souhaite à tous les enfants tunisiens une année scolaire pleine d’apprentissage, de réussite et de nouvelles opportunités.

Vidéo de l’événement.  

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Ooredoo Fintech prend en charge les frais de 400 écoliers tunisiens

23. September 2026 um 13:10

Ooredoo Fintech a contribué à la prise en charge des frais de scolarité de 400 enfants orphelins en Tunisie à l’occasion de la nouvelle année scolaire, et ce dans le cadre d’une initiative solidaire menée avec l’association Rose de l’Espoir.

À cette occasion, une délégation d’Ooredoo Fintech Tunisie, accompagnée de son Country Head Mustapha Ben Ghachem, s’est rendue auprès de ladite association, le 11 septembre 2026, pour rencontrer les enfants et échanger avec eux. Une activité a également été organisée afin de rassembler les enfants et célébrer ensemble le début de la nouvelle année scolaire.

Cette action illustre l’engagement d’Ooredoo Fintech en faveur des communautés dans lesquelles l’entreprise opère, en élargissant son action en matière d’inclusion et d(autonomisation financière à des initiatives qui favorisent l’accès à l’éducation et ouvrent des perspectives aux générations futures.

M. Ben Ghachem a déclaré à cette occasion : «Chez Ooredoo Fintech, notre mission ne se limite pas à donner accès à des services financiers. Il s’agit avant tout d’aider les personnes et les communautés à disposer de plus d’opportunités pour avancer. Soutenir l’éducation des enfants est l’une des façons dont nous pouvons contribuer à cette ambition, et nous sommes fiers d’accompagner 400 enfants en cette rentrée scolaire. Nous tenons à remercier l’association Rose de l’Espoir pour son travail essentiel et pour nous avoir donné l’opportunité de contribuer à son action».

De son côté, Seifeddine Chibani, président de Rose de l’Espoir, a indiqué : «Nous remercions Ooredoo Fintech pour son soutien à la scolarité de 400 enfants. Cette contribution change réellement la donne pour les enfants que nous accompagnons et renforce notre capacité à poursuivre notre action au sein de la communauté. Nous accordons une grande importance à ce partenariat et au soutien qu’il apporte aux enfants en ce début d’année scolaire».

Présente en Tunisie, Ooredoo Fintech continue de contribuer au développement de la communauté locale, tout en construisant des services financiers accessibles et inclusifs à travers sa marque grand public, walletii by Ooredoo.

Cette initiative menée avec la Rose de l’Espoir s’inscrit dans l’engagement plus large d’Ooredoo Fintech en faveur des communautés et dans sa volonté de créer un impact positif qui va au-delà de ses services financiers.

Ooredoo Financial Technology International est une filiale à 100 % du groupe Ooredoo, créée pour développer un écosystème fintech intégré à l’échelle de la région Mena. Déjà présente avec des services financiers digitaux innovants dans plusieurs marchés, Ooredoo Fintech œuvre en faveur de l’inclusion financière en proposant des solutions sécurisées, réglementées et accessibles, aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises.

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Trump veut de la potasse, la Tunisie en a, mais tarde à l’exploiter

23. September 2026 um 11:08

Trump cherche de la potasse (KCI), Zarzis peut rapidement répondre présent. À une condition que l’administration centrale à Tunis saisisse l’opportunité et active rapidement les liens diplomatiques et commerciaux requis. Pour assumer ce coût d’entrée …

Moktar Lamari *

Donald Trump cherche de la potasse. Beaucoup de potasse, vite et moins cher. Dans sa guerre commerciale contre le Canada, le président américain a annoncé, le 21 septembre 2026, travailler à un «massive deal» avec la Biélorussie pour acheter du chlorure de potassium à un prix qu’il affirme substantiellement inférieur à celui payé aux Canadiens.

Washington veut faire baisser le prix des engrais pour ses agriculteurs et surtout desserrer l’étau de sa dépendance canadienne. Car le paradoxe est savoureux : Trump fait la guerre commerciale à son voisin du Nord, puis découvre que son agriculture dépend massivement de ses mines de potasse.

En 2024, le Canada a produit environ 25 millions de tonnes de potasse, soit 32,8 % de la production mondiale, et exporté environ 22,9 millions de tonnes, près de 39 % des exportations mondiales. Plus spectaculaire encore, 53 % de ces exportations canadiennes sont parties vers les États-Unis.

L’Amérique agricole a donc beau avoir un président qui adore les droits de douane, ses cultures ne poussent pas avec des tarifs douaniers. Elles poussent avec de la potasse. Et Trump cherche une sortie. Il regarde vers la Biélorussie.

Sur le papier, l’idée paraît simple : acheter moins cher à Minsk ce que Washington achète cher à Ottawa. Sauf qu’entre une mine bélarusse et un champ de maïs de l’Iowa, il y a désormais quelque chose qui s’appelle la géopolitique. Le Biélorussie est sous sanctions occidentales en raison notamment de son soutien à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.

Avant les sanctions, sa potasse prenait notamment le chemin de Klaipėda, en Lituanie, pour rejoindre les marchés mondiaux. Depuis la fermeture de cette voie, les exportations ont été largement réorientées vers les infrastructures et les ports russes. Le rail, les transbordements, les ports, les distances et les nouvelles contraintes financières ont donc pris une importance considérable.

La potasse biélorusse peut être bon marché à la sortie de la mine et devenir beaucoup moins bon marché à l’arrivée aux États-Unis. Il faut payer le transport ferroviaire, le transit, la manutention, le port, le fret maritime, l’assurance et le risque géopolitique, sans oublier les contraintes liées aux sanctions.

Autrement dit, le prix de départ n’est pas le prix rendu à l’agriculteur américain. C’est la vieille vérité commerciale que les slogans présidentiels aiment oublier.

Zarzis peut en profiter

Et Minsk vient justement de refroidir les enthousiasmes de Washington : Alexandre Loukachenko a indiqué que les volumes disponibles étaient limités et que la production était déjà largement engagée par des contrats existants. Trump cherche donc une montagne de potasse chez un fournisseur qui lui explique qu’il n’a peut-être pas la montagne disponible. Voilà une guerre commerciale qui commence à ressembler à une chasse au trésor sans carte.

Pendant ce temps, quelque part près de Zarzis, une autre histoire attend depuis un siècle. La Tunisie ne possède évidemment pas les gigantesques réserves de Saskatchewan et il serait absurde de prétendre le contraire. Mais elle possède quelque chose de beaucoup plus concret qu’un slogan : une ressource potassique documentée à Sebkha El Melah.

L’Office national des mines décrit les saumures de cette zone comme riches notamment en potassium, magnésium et brome. Un projet industriel étudié dans les années 1980 envisageait la production de chlorure et de sulfate de potassium.

Et une étude soutenue par la Banque mondiale retenait une première capacité industrielle de 70 000 tonnes de chlorure de potassium par an. Voilà le chiffre qui devrait réveiller quelques classeurs ministériels : 70 000 tonnes par an. Attention cependant, car cette précision est essentielle : il ne s’agit pas de la production tunisienne actuelle. L’usine n’existe pas. Il s’agit d’une capacité industrielle historique projetée, qu’il faudrait réévaluer avec les technologies, les prix, les réserves et les normes environnementales de 2026. Mais 70 000 tonnes, ce n’est pas rien.

C’est environ 0,09 % de la production mondiale actuelle. Cela ne détrônera évidemment pas le Canada, mais cela pourrait suffire à faire de Zarzis un fournisseur spécialisé sur un marché qui cherche précisément à diversifier ses sources.

La Tunisie peut aller de l’avant rapidement

La chimie donne elle aussi des ordres de grandeur intéressants. Les analyses historiques des saumures de Sebkha El Melah donnent une concentration moyenne de potassium de l’ordre de 7,2 à 7,7 grammes par litre, avec des valeurs pouvant atteindre environ 15,5 grammes par litre selon les prélèvements. À 7,2 grammes de potassium par litre, il faudrait théoriquement traiter de l’ordre de 5,1 millions de mètres cubes de saumure pour obtenir l’équivalent de 70 000 tonnes de KCl, avant pertes et rendement industriel.

Ce calcul ne signifie évidemment pas que 5,1 millions de mètres cubes sont aujourd’hui disponibles industriellement. Il donne simplement l’ordre de grandeur du procédé. La question sérieuse est donc de savoir quelle quantité de saumure peut être exploitée durablement, avec quel taux de récupération du potassium, quelle consommation énergétique et quel impact environnemental. Vite une une étude de faisabilité, pas une conférence sur «l’avenir de la Tunisie» !

Et maintenant, faisons parler les scénarios financiers, mais sans raconter d’histoires. Prenons 70 000 tonnes comme scénario prudent parce que cette capacité figure dans l’ancien projet industriel. Supposons, uniquement pour établir un ordre de grandeur, un prix de vente moyen du KCl compris entre 600 et 650 dollars américains par tonne métrique. À ce prix hypothétique, 70 000 tonnes représenteraient une valeur brute annuelle comprise entre 42 et 45,5 millions de dollars.

Ce n’est pas un bénéfice : c’est une valeur de production avant les coûts de pompage, de concentration, de séparation, d’énergie, de personnel, d’entretien, d’amortissement, de financement, de fiscalité, de stockage, d’assurance et de transport maritime.

Passons à un scénario intermédiaire de 100 000 tonnes par an : au même prix hypothétique, la valeur brute serait de 60 à 65 millions de dollars.

Enfin, un scénario ambitieux de 250 000 tonnes par an donnerait une valeur brute théorique de 150 à 162,5 millions de dollars. Mais cette troisième hypothèse ne doit surtout pas être présentée comme une capacité démontrée : elle supposerait de nouvelles études géologiques, hydrologiques et industrielles, ainsi que des investissements beaucoup plus importants. Les chiffres ne sont donc pas des prévisions de revenus ; ce sont des scénarios de chiffre d’affaires brut permettant de mesurer l’ordre de grandeur économique du projet.

La canicule, un avantage comparatif

Et c’est ici que le soleil tunisien entre dans la danse. La concentration des saumures repose notamment sur des opérations d’évaporation et de cristallisation. Des travaux historiques avaient étudié l’utilisation de l’énergie solaire pour concentrer les saumures de Zarzis et récupérer successivement différents sels.

Le soleil tunisien pourrait donc contribuer au procédé industriel. Pas une usine magique fonctionnant gratuitement, évidemment, mais une ressource énergétique locale susceptible d’améliorer certains coûts du processus. Le soleil qui assèche les sols pourrait ainsi contribuer à concentrer le potassium. Voilà un cas où le climat tunisien pourrait devenir un auxiliaire industriel plutôt qu’une simple rubrique météorologique.

Et puis il y a le joker : le port de Zarzis. Il n’est pas nécessaire de construire un port au milieu du désert. En 2022, le port commercial de Zarzis a exporté environ 867 255 tonnes de sel marin et traité environ 1,183 million de tonnes de marchandises. Il possède un chenal d’accès de 8,4 kilomètres de longueur et 125 mètres de largeur et une expérience réelle du trafic de vrac. La région possède également une zone industrielle et un parc d’activités économiques.

La chaîne industrielle est donc parfaitement lisible : Sebkha El Melah, traitement dans la zone industrielle de Zarzis, production de KCl, stockage, chargement en vrac au port, navire, marché américain. Comparons-la à la chaîne bélarusse : mine, rail, transit par la Russie, port russe, manutention, navire, États-Unis. La seconde n’est pas impossible ; elle est simplement exposée à davantage de contraintes logistiques et géopolitiques. Et c’est pourquoi le bon calcul n’est jamais le prix à la mine : c’est le prix rendu au client.

Il faudrait donc arrêter de vendre du rêve et commencer à vendre du KCl. Une campagne moderne de caractérisation des saumures, la mesure précise des volumes renouvelables, des essais pilotes, l’évaluation du taux de récupération, le calcul énergétique, une étude environnementale indépendante, puis une unité pilote. Si les résultats sont bons, 70 000 tonnes annuelles. Puis 100 000. Puis davantage si les ressources le permettent. Pas un million de tonnes dans un communiqué de presse : des tonnes réelles dans des navires et des dollars réellement encaissés.

La protection environnementale doit être intégrée dès le départ : surveillance des nappes, des sols, des rejets, de la biodiversité et des résidus salins. Il serait irresponsable de promettre une industrie «sans pollution» avant d’avoir étudié le procédé. Il est en revanche parfaitement légitime de viser une industrie à impacts mesurés, réduits et contrôlés.

De Zarzis à Washington, Tunis doit bouger

Pourquoi cette affaire mérite-t-elle l’attention ? Parce que les États-Unis cherchent précisément à diversifier leurs fournisseurs. En 2024, environ 79 % de leurs importations de potasse provenaient du Canada, contre environ 11 % de Russie et 4 % de la Biélorussie. Washington cherche donc des alternatives. La Biélorussie peut en être une, mais avec les sanctions, les contraintes géopolitiques et une logistique largement réorientée vers la Russie.

La Tunisie pourrait en être une autre : pas une alternative au Canada, pas un nouveau géant mondial, mais une source méditerranéenne supplémentaire, politiquement et géographiquement différente, avec une ressource documentée, un port existant et une zone industrielle.

Trump veut rendre l’Amérique moins dépendante du Canada. La Tunisie pourrait lui répondre : nous ne vous promettons pas des millions de tonnes ; nous vous proposons de tester 70 000 tonnes. Voilà une proposition commerciale, pas une supplique diplomatique.

Et le paradoxe est magnifique. Trump cherche la potasse en Biélorussie. Loukachenko lui dit qu’il n’a peut-être pas les volumes. Minsk doit composer avec les sanctions et une logistique largement réorientée vers la Russie. Le Canada reste le géant mondial.

Et Zarzis ? Zarzis possède une sebkha, du soleil, une industrie saline, une zone industrielle, un port, une expérience historique de production de KCl et un ancien projet industriel chiffré à 70 000 tonnes par an.

La Tunisie ne possède peut-être pas une nouvelle Saskatchewan. Elle possède quelque chose de plus immédiatement exploitable : une question industrielle que personne n’a encore pris la peine de valoriser pleinement.

Combien de tonnes de potassium avons-nous laissé dormir pendant que les Américains se disputent avec les Canadiens pour savoir qui leur vendra l’engrais ?

La réponse doit être scientifique, économique et environnementale.

Mais elle pourrait aussi être très tunisienne : des tonnes à Zarzis, des dollars à Washington et, entre les deux, un bateau qui attend.

Il ne manque peut-être pas la potasse. Il manque surtout le réveil industriel. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie est un ministère décapité, sans ministre depuis 4 mois. Un ministère rongé par l’incompétence, mais restons optimiste pour que Kais Saied bouge et assume un leadership efficace, et avant-gardiste dans ce dossier…

A suivre…

Blog de l’auteur : E4T.

* Economiste universitaire.

NB : Le sel marin est du chlorure de sodium (NaCl), le sel de table ; la potasse est principalement du chlorure de potassium (KCl), utilisé comme engrais. À Zarzis, les saumures de Sebkha El Melah contiennent notamment sodium, potassium et magnésium : leur évaporation permet donc de récupérer différents sels. Bref : le sel n’est pas la potasse, mais les deux peuvent sortir de la même saumure.

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Ooredoo offre la meilleure couverture 5G et 4G en Tunisie

23. September 2026 um 09:24

Ooredoo occupe la 1ère place du classement national tunisien avec un indice nPerf de 57,44 % en 5G et de 92,43 % en 4G, confirmant sa position de leader en matière de couvertures 5G et 4G.

Orange se classe à la 2ᵉ place avec un indice nPerf de 57,16 % en 5G et de 91,35 % en 4G, talonnant de très près le leader du marché.

Tunisie Telecom complète le podium à la 3ᵉ place, avec un indice nPerf de 53,86 % en 5G et de 91,21 % en 4G.

Le Grand Tunis offre la meilleure couverture 5G (83,9 %), tandis que le Sud-Ouest affiche la plus faible (27,7 %).

Ces mesures sont basées sur les tests réalisés via l’application Android nPerf.

Le baromètre nPerf compare les couvertures des 3 opérateurs tunisiens, au niveau national et régional, et met en lumière les principaux enseignements du marché. Découvrez les chiffres clés, les classements complets et les analyses détaillées sur ce lien.

«La progression continue de la 5G en Tunisie illustre les investissements soutenus des opérateurs pour offrir une expérience réseau toujours plus performante à leurs utilisateurs», a déclaré Sébastien de Rosbo, directeur général de nPerf.

Pour consulter la synthèse des résultats 4G, cliquez ici.

nPerf est une plateforme indépendante de mesure des performances Internet, basée sur l’expérience réelle des utilisateurs. En transformant des millions de tests de connexion en analyses exploitables, nPerf aide les opérateurs à améliorer leurs réseaux.

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Le CRLDHT dénonce «la pénalisation de la solidarité» en Tunisie 

23. September 2026 um 08:57

Dans un communiqué rendu public mardi 22 septembre 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a exprimé «sa plus vive indignation» face à la vague d’arrestations qui a frappé, dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 septembre 2026, un grand nombre de participant·e·s à la marche pacifique organisée le samedi 19 septembre à Tunis en soutien aux quatre détenus de la Flottille Soumud.

Il s’agit de Wael Naouar, Ghassen El Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi — détenus depuis le 6 mars 2026, et observent une grève de la faim depuis près de deux semaines, Wael Naouar l’ayant lui-même entamée depuis plus d’un mois.

«Ces arrestations surviennent quelques jours seulement après la décision judiciaire prolongeant de quatre mois supplémentaires leur détention, alors même que leur état de santé suscite une inquiétude croissante», note l’Ong tunisienne basée à Paris.

Se basant sur des témoignages recueillis auprès des familles et de la commission de défense des détenus, le CRDHLT parle d’«interpellations conduites de nuit, à domicile comme dans la rue, dans un déploiement de force disproportionné.» «Plusieurs personnes arrêtées ont été privées, durant de longues heures, de tout contact avec leurs proches ou leurs avocats, ces derniers ayant eux-mêmes été empêchés de leur rendre visite ou d’être informés de leur sort — une situation assimilable, par sa nature, à des disparitions forcées de courte durée. Des mineurs et, dans au moins un cas, une famille entière auraient été concernés par ces descentes», souligne le CRLDHT dans son communiqué, tout en rappelant, dans le sillage des autres organisations de défense des droits, que «le droit à l’expression, au rassemblement et à la manifestation pacifique est un droit fondamental dont l’exercice ne saurait, en lui-même, justifier une arrestation ou des poursuites.»

L’Ong alerte aussi sur «le risque de voir le traitement sécuritaire et judiciaire des mobilisations pacifiques se substituer au dialogue politique et social», et sur «l’affaiblissement de la confiance dans l’indépendance de la justice que provoque l’élargissement des poursuites à de simples participant·e·s à des rassemblements, sans distinction entre l’exercice d’un droit et d’éventuels faits répréhensibles.»

«Le CRLDHT constate que le pouvoir, après avoir successivement, restreint la liberté de la presse, la liberté d’expression et d’opinion, la liberté de création et la liberté d’association, le pouvoir s’attaque désormais frontalement à la liberté de manifester pacifiquement — dernier espace d’expression collective qui subsistait», lit-on dans le même communiqué, qui rappelle que «manifester pacifiquement est un droit, non un délit», et que «la répression ne saurait devenir un mode de gouvernement».

Tout en exigeant «la libération immédiate et sans condition de tou·te·s les manifestant·e·s arrêté·e·s, ainsi que l’abandon des poursuites engagées contre elles et eux», le CRLDHT appelle les autorités à «la cessation immédiate de toute restriction au droit de manifester et de se rassembler pacifiquement» et au «respect plein et entier de la présomption d’innocence et des garanties de la défense pour toute personne poursuivie».

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Tunisie | Les slogans ne remplissent pas le panier de la ménagère

23. September 2026 um 08:29

Souveraineté nationale, autosuffisance, pas de retour en arrière… autant de slogans entonnés à longueur de journée par les autorités publiques, mais qui ne remplissent pas le panier du Tunisien, lequel finit par se lasser des grands discours qu’il ne voit pas concrètement traduit dans sa vie quotidienne.

Ridha Chkondali *

Il semble que les Tunisiens commencent à se lasser du discours sur la souveraineté nationale et l’autosuffisance lorsqu’ils n’en perçoivent pas les retombées concrètes dans leur vie quotidienne. En effet, le citoyen ne mesure pas la souveraineté à l’aune des slogans, mais à celle de ce qu’il trouve sur le marché, de sa capacité à nourrir sa famille, de la régularité de l’approvisionnement en eau et en électricité, de sa mobilité et de ses possibilités de travail, ainsi que de la disponibilité des carburants, des médicaments et des produits de première nécessité.

Que signifie l’autosuffisance lorsque le citoyen peine à se procurer certains produits de base et, quand il y parvient, doit les payer à des prix exorbitants ? Le prix des tomates vertes, par exemple, avoisine ou dépasse les 3 800 millimes le kilogramme sur certains marchés, tandis que celui des piments excède les 4 000 millimes. Quant aux fruits, la situation est tout aussi préoccupante : des prix très élevés qui, bien souvent, ne sont pas justifiés par la qualité du produit.

Il ne s’agit pas simplement d’une question de cherté. C’est une question de capacité de l’économie à fournir aux citoyens des denrées alimentaires à des prix raisonnables et d’une qualité acceptable.

Vient ensuite le dossier de l’énergie, qui soulève la même question avec une urgence accrue. Aujourd’hui, à l’approche de la grève du secteur du transport d’hydrocarbures annoncée pour les 23 et 24 septembre, de longues files d’attente se sont reformées devant les stations-service ; il semble que la simple annonce d’une interruption potentielle de deux jours du transport de carburant suffise à susciter inquiétude et perturbations sur le marché. À ce jour, la grève reste toutefois maintenue, bien que des efforts soient toujours en cours pour en éviter la tenue.

Le déficit commercial se creuse de plus de 3 milliards de dinars chaque année

Toutefois, la question fondamentale ne se résume pas à savoir si la grève aura lieu ou sera évitée. La véritable interrogation est la suivante : pourquoi notre économie est-elle devenue si vulnérable face à une perturbation localisée sur un seul maillon de la chaîne d’approvisionnement ? Plus inquiétant encore, les chiffres officiels du secteur de l’énergie ne permettent pas de reléguer cette question au rang de simple impression.

En effet, selon les données de l’Institut national de la statistique, le déficit énergétique a atteint 8,9 milliards de dinars au cours des huit premiers mois de 2026, soit la moitié du déficit commercial global enregistré jusqu’à fin juillet 2026.

Nous sommes donc confrontés à un paradoxe qui mérite que l’on s’y attarde : nous prônons l’autosuffisance alors que notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur s’accentue, tant pour l’énergie que pour l’alimentation.

Nous invoquons la souveraineté nationale alors que notre déficit commercial se creuse de plus de 3 milliards de dinars chaque année ; comment combler ce déficit avec le dinar tunisien ? Cette monnaie ne nous permet pas d’acheter des céréales ou du carburant à l’étranger ; nous sommes contraints de recourir à l’endettement extérieur et, la rupture avec le Fonds monétaire international (FMI) ayant eu lieu, cet endettement nous coûtera plus cher.

Nous parlons de souveraineté nationale alors que la sécurité alimentaire, l’énergie et l’approvisionnement en produits de base demeurent de véritables points faibles.

Nous évoquons la souveraineté nationale alors que notre déficit commercial avec l’Algérie et l’Égypte s’aggrave d’année en année, et nous parlons de bâtir un nouveau modèle économique alors que le citoyen est confronté au quotidien à des problèmes d’approvisionnement, de prix, de transport et de services.

La souveraineté économique ne consiste pas à rejeter l’extérieur. La véritable souveraineté économique réside dans notre capacité à négocier avec l’étranger en position de force, grâce à une économie productive, une énergie sécurisée, un approvisionnement alimentaire assuré, une industrie capable de répondre à nos besoins essentiels et des réserves de devises nous permettant de faire face aux chocs.

En revanche, être dans l’incapacité de fournir certaines denrées alimentaires ou céder à la panique dans les stations-service à la simple évocation d’une grève de deux jours ne relève ni de la souveraineté nationale ni de l’autosuffisance.

Une dépendance économique en contradiction avec notre discours de souveraineté

L’autosuffisance ne signifie pas le repli sur soi. Elle implique avant tout de disposer d’une économie capable de produire, d’investir, d’exporter, de créer de la valeur et de garantir l’approvisionnement en denrées alimentaires, en énergie et en produits de première nécessité, pour ensuite s’ouvrir au monde en position de force, et non de fragilité.

Le citoyen est las des grands discours qui ne se traduisent pas concrètement dans son quotidien. Il ne veut plus de slogans ; il aspire à une alimentation disponible à des prix abordables, à une énergie et des médicaments garantis, à un approvisionnement régulier en eau et en électricité, à des transports fiables, ainsi qu’à une économie génératrice de richesses et d’emplois.

C’est ici qu’il convient de poser la véritable question : sommes-nous réellement en train de bâtir une économie plus souveraine et plus autonome, ou bien sommes-nous en train de reproduire une vulnérabilité économique en contradiction avec le discours que nous tenons ? Car la souveraineté nationale ne se mesure pas à ce que nous disons de nous-mêmes, mais à notre capacité de production, à ce que nous pouvons offrir à nos citoyens et à notre aptitude à affronter les crises lorsqu’elles surviennent.

Traduit de l’arabe.

* Expert économique.

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Tunisie | Le Mouvement Echaab condamne «l’intensification des atteintes aux libertés»

23. September 2026 um 08:05

Dans un communiqué rendu public mardi 22 septembre 2026 à Tunis et traduit ci-dessous, le Conseil national du Mouvement Echaab (nationaliste arabe) «condamne le ciblage des journalistes, des militants politiques, des défenseurs des droits humains et des acteurs de la société civile» et «rejette l’incarcération de citoyens pour des motifs dénués du moindre fondement, ainsi que la fabrication d’affaires de toutes pièces et de dossiers vides».

Le Conseil national du Mouvement Echaab s’est réuni en session ordinaire le 20 septembre 2026, dans un climat politique tendu marqué par une intensification des atteintes aux libertés individuelles et publiques, des restrictions pesant sur toutes les formes d’activité partisane et associative, ainsi qu’un appauvrissement du paysage médiatique, situation à laquelle s’ajoute à la dégradation continue de la conjoncture sociale, menaçant désormais les conditions de vie minimales garantissant la dignité des citoyens, alors que les services et infrastructures de base (eau, électricité, santé, éducation, transports…) sont paralysés.

Tout cela est naturellement le résultat de l’obstination du pouvoir en place à s’arroger le monopole de l’élaboration des politiques et de la prise de décision, en dépit de l’échec manifeste de ses choix au cours des cinq dernières années ; une période dont la Tunisie n’a retiré que le recul du développement, le manque d’investissements — tant intérieurs qu’étrangers — et une dépendance accrue à l’égard de la fiscalité et de l’endettement pour soutenir les finances publiques, avec pour corollaire l’hypothèque de l’avenir des générations actuelles et futures.

L’obstination du pouvoir à se retrancher derrière la thèse du complot — un argument qui ne convainc plus personne — pour masquer son échec et son incapacité manifeste à élaborer des solutions répondant aux attentes minimales des citoyens, constitue un signal d’alarme devant lequel nous devons tous nous arrêter.

Il convient d’imputer l’entière responsabilité de ces impasses, qui ne cessent de se complexifier et de mener le pays au bord de l’effondrement, à ceux qui en sont à l’origine.

C’est dans ce contexte que s’est réuni le Conseil national du Mouvement Echaab, réaffirmant l’attachement de ses militants à leur projet politique national ainsi que la poursuite des préparatifs du troisième congrès général du mouvement dans les délais légaux, conformément aux dispositions du règlement intérieur et aux principes d’alternance aux responsabilités et aux postes au sein du mouvement.

Après avoir délibéré sur les différents points inscrits à l’ordre du jour, les participants ont conclu ce qui suit :

1. Le Conseil salue l’engagement des militants du Mouvement, à tous les niveaux et dans toutes les régions, ainsi que leur mobilisation autour de ses structures ; il salue également leur souci de voir le congrès du Mouvement se tenir dans les meilleures conditions, garantissant ainsi son rayonnement et sa capacité à jouer son rôle national, en particulier dans la conjoncture de crise actuelle.

2. Le Conseil condamne le ciblage des journalistes, des militants politiques, des défenseurs des droits humains et des membres de la société civile. Il rejette l’incarcération de citoyens pour des motifs dénués du moindre fondement sérieux, ainsi que la fabrication d’affaires et de dossiers vides de toute substance ; il en veut pour preuve l’injustice flagrante subie par les frères Lassaad Yacoubi et Khaled Krichi, maintenus en détention alors que leurs dossiers ne contiennent aucune preuve de culpabilité réelle, et ce, au mépris des procédures légales et de l’indépendance de la justice. Le Conseil tient également les autorités pour responsables de la détérioration de l’état de santé des militants de la «Flottille Soumoud» qui observent une grève de la faim en détention.

3. Le Conseil national constate l’incapacité totale des autorités à faire face à la crise de l’eau et de l’électricité, ainsi qu’aux pénuries de médicaments et de nombreux produits de première nécessité durant l’été dernier ; une situation qui a manifestement perturbé le quotidien des citoyens et gravement nui, comme jamais auparavant, à l’image du pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les autorités auraient dû se préparer à affronter ces circonstances — dont tous les indicateurs confirmaient l’inévitabilité — au lieu de recourir, comme à leur habitude, à la diffusion de contre-vérités et de justifications fallacieuses, invoquant notamment les lobbies, les pratiques monopolistiques et autres prétextes.
4. Le Conseil national exprime son soutien inconditionnel aux luttes des chômeurs, qui sont confrontés aux pires formes de négligence, d’indifférence, de tergiversations et au non-respect des engagements pris à leur égard par les autorités. Ils subissent une nouvelle injustice du fait de la non-application de la Loi n° 18, après que le pouvoir a renié la Loi n° 38 — texte qui constituait l’aboutissement d’un parcours de lutte soutenu par toutes les forces nationales, au premier rang desquelles le Mouvement Echaab.

5. Le Conseil national met en garde contre le risque de se laisser entraîner vers une polarisation binaire opposant un pouvoir impuissant, qui nie la réalité des crises traversées par le pays, à des forces politiques ne voyant d’autre issue que de solliciter l’intervention de puissances internationales ou d’appeler à un retour à des situations politiques rejetées par le peuple, tant avant qu’après la révolution. Par ailleurs, le Conseil national appelle toutes les forces nationales, les acteurs politiques ainsi que les composantes de la société civile et des défenseurs des droits humains opposés à la situation actuelle, à s’opposer aux appels à une intervention étrangère ou à la recherche de protection auprès d’axes régionaux. Il les exhorte à œuvrer pour instaurer une dynamique politique et populaire capable de mettre un terme au chaos et à l’échec, et d’empêcher tout retour aux situations que le peuple a rejetées et contre lesquelles il s’est soulevé.

6. Il condamne l’ingérence étrangère dans la région — en particulier au Maghreb et dans le voisinage africain — visant à déstabiliser certains États et à leur imposer des politiques et des choix, au premier rang desquels figurent la normalisation avec l’ennemi sioniste et l’acceptation de son hégémonie sur la région, avec le soutien manifeste de l’administration américaine et de certains pays européens.

7. Le Conseil national réaffirme l’engagement du Mouvement Echaab en faveur de l’option de la résistance sur l’ensemble du territoire arabe et salue la ténacité de toutes les factions, dans les différents pays arabes, face à la machine à tuer sioniste et à l’arrogance américaine. Il tient le régime officiel arabe pour responsable des massacres quotidiens, des déplacements forcés et de la politique de la terre brûlée auxquels sont exposés nos peuples à Gaza, en Cisjordanie et au sud du Liban.

8. Le Conseil national appelle les frères yéménites à privilégier la logique de l’unité et à mettre fin à toutes les formes de fragmentation, afin de protéger le peuple yéménite contre les complots hostiles qui visent à l’appauvrir davantage et à exploiter sa position stratégique pour consolider l’hégémonie de l’ennemi sioniste sur les régions de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique.

9. Le Conseil condamne la poursuite de l’agression américaine contre le peuple iranien frère et réitère son salut et sa haute estime pour la résilience de l’Iran face à notre ennemi commun, ainsi que pour son engagement à défendre son peuple et à rester fidèle à ses choix nationaux et à ses intérêts légitimes. Il considère que la relation avec l’Iran — principal soutien de l’Axe de la Résistance — doit reposer sur les principes de bon voisinage et sur l’élargissement du champ des intérêts communs, loin des tensions confessionnelles destructrices et des allégeances ou alliances hostiles, tant au peuple arabe qu’aux peuples iraniens.

Président du Conseil national

Abderrazak Aouidat

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À l’approche des midterms, Trump plus zinzin que jamais 

23. September 2026 um 07:36

Alors que les élections de mi-mandat (les midterms), prévues pour le mardi 3 novembre 2026, approchent à grands pas, le président américain Donald Trump ne cesse de faire des propositions déplacées et de tenir des propos inquiétants. Même si les Américains et le monde ont fini par s’accommoder à la «folie» trumpienne, cela ne veut pas dire que ses méthodes sont acceptées. La perte de confiance par les électeurs en ses capacités de dirigeant s’accélère de plus en plus mais le locataire de la Maison-Blanche qui joue gros le 3 novembre prochain n’a toujours pas décidé de mettre un frein à ses provocations et à ses déclarations étranges. 

Imed Bahri

Dans une analyse publiée par CNN, Aaron Blake s’est interrogé sur le comportement erratique de Trump, notamment au cours des douze derniers jours, ce qui est particulièrement frappant à l’approche des élections de mi-mandat.

Il a proposé aux électeurs ce que même certains républicains considèrent comme de la corruption. Il a menacé (apparemment sur le ton de la plaisanterie) de retenir l’aide d’urgence à un État qui n’élirait pas un sénateur républicain. Avant le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, il a laissé entendre, sans la moindre preuve, que les démocrates complotaient pour le tuer. Il a menacé de suspendre le commerce extérieur. Il prend en otage l’avenir du Kennedy Center* si les juges ne l’autorisent pas à y apposer son nom, et affirme vouloir que l’arc de triomphe de 250 pieds qu’il projette d’ériger à l’entrée du cimetière national d’Arlington serve également de complexe militaire abritant drones et tireurs d’élite. Il refuse désormais l’accès à la Maison-Blanche à certains médias dont CNN et Politico.

Perte de confiance des Américains en ses capacités de dirigeant

Blake soutient que l’une des principales raisons de la baisse de popularité de Trump est la perte de confiance des Américains en ses capacités de dirigeant. De récents sondages montrent que 67% des Américains reprochent au président de ne pas réfléchir mûrement aux décisions importantes et 71% ne le trouvent pas équilibré. Plus de 7 adultes et électeurs inscrits sur 10 affirment qu’il n’a même pas de plan de guerre contre l’Iran, selon des sondages menés par Fox News et CNN. À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, Trump n’a guère agi pour apaiser ces inquiétudes.

L’offre de Trump de verser 5 000 dollars à chaque adulte américain si les Républicains conservent la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat qui s’apparente à du donnant donnant est désapprouvée par la majorité des Américains, 66% des électeurs inscrits la jugent «inappropriée».

Sa menace, lancée sur le ton de la plaisanterie, mercredi 16 septembre 2026, de retenir l’aide d’urgence à la Caroline du Nord si cet État élit un sénateur démocrate est également déconcertante. Trump a affirmé plaisanter mais son bilan démontre clairement que son administration a discriminé les États démocrates sur ce type de questions, ce qui est loin d’être anodin.

Son récit, à l’approche du 11 septembre, selon lequel des pompiers l’auraient porté alors qu’on craignait l’effondrement d’un immeuble, était pour le moins douteux et trompeur, comme l’a écrit Daniel Dale de CNN. Si l’histoire était exagérée, elle semblait être une tentative du président de se présenter comme un héros.

Trump a également affirmé que la tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024 à Butler, en Pennsylvanie, était un complot ourdi par les Démocrates pour l’empêcher de se présenter à l’élection, une allégation grave si elle avait le moindre fondement or il n’existe toujours aucune preuve de l’implication des Démocrates et Trump n’a fourni aucun détail supplémentaire. En réalité, Thomas Crooks, qui a tenté de l’assassiner, était inscrit comme républicain ! Le jour même où Trump a fait ces déclarations, le directeur du FBI, Kash Patel, a témoigné qu’il n’y avait «aucune preuve que Crooks ait parlé à qui que ce soit d’autre que ses parents».

Trump a également menacé à plusieurs reprises de paralyser une grande partie du commerce extérieur américain, notamment avec tous les pays avec lesquels les États-Unis accusent un déficit commercial, si la Réserve fédérale ne baisse pas ses taux d’intérêt.

Si nous cessions de commercer avec tous les pays avec lesquels nous avons un déficit commercial et ils sont nombreux, ce qui est très facile à faire, nous gagnerions au moins 1500 milliards de dollars par an, a affirmé Trump mercredi 16 septembre en Caroline du Nord. Des propos complètement démagogiques.

Vendredi, Trump a annoncé brusquement une interdiction immédiate d’accès à la Maison-Blanche pour CNN, MS Now et Politico, surprenant même certains de ses collaborateurs. Une correspondante de CNN s’est vu refuser l’entrée de la Maison-Blanche samedi matin et son accréditation de presse lui a été confisquée. Un journaliste de Politico ainsi qu’un journaliste et un photographe de MS Now se sont également vu refuser l’accès.

Il existe d’autres exemples, moins évidents mais tout aussi inquiétants, du comportement de Trump. 

Multiplication des comportements et des déclarations étranges

Mardi 15 septembre, Donald Trump a laissé entendre que les juges de la Cour suprême qu’il avait nommés et dont les jugements rendus ne lui plaisent pas avaient peut-être dissimulé leurs véritables intentions, affirmant qu’ils n’étaient «pas les personnes [qu’il avait] interrogées» et qu’ils ne représentaient plus «que l’ombre d’eux-mêmes». 

Il a également rompu avec le protocole de longue date de la politique étrangère américaine en saluant la perspective d’une réunification de l’Irlande, ce qui est une provocation à l’endroit du Royaume-Uni dont l’Irlande du Nord fait partie.

Enfin, il a qualifié de «canular» les inquiétudes en matière de sécurité que fait peser l’intelligence artificielle alors même qu’une grande partie des Américains se préoccupent vivement de ce sujet.

Enfin, Trump a passé une grande partie de la semaine à tenter de forcer les tribunaux à l’autoriser à donner son nom au Kennedy Center, même si cela semble illégal. Il laisse désormais ouvertement entendre qu’il pourrait laisser l’institution dépérir s’il n’obtient pas gain de cause. 

Cela paraît loin mais durant le premier mandat de Trump, il était souvent question de son tempérament et de ses tweets mais aujourd’hui, son comportement a sans doute fini par se banaliser et par désensibiliser quelque peu les Américains.

Aaron Blake estime que Trump a tout intérêt à cesser ce genre d’agissements avant les élections de mi-mandat car la mainmise de son parti sur le pouvoir sera en jeu et les électeurs nourrissent de réels doutes quant à sa capacité à diriger le pays. Or, pour le moment, il adopte la stratégie inverse, intensifiant ses comportements et déclarations étranges.

* Le John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts, souvent abrégé en Kennedy Center, est un centre culturel national et une salle de spectacle, inauguré en 1971 et situé le long du Potomac, près de l’hôtel du Watergate à Washington, aux États-Unis. Il est la résidence du National Symphony Orchestra.

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Étude sur l’inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie

22. September 2026 um 12:40

Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), en partenariat avec l’Observatoire de l’Inclusion Financière et le ministère de l’Économie et de la Planification, avec l’appui financier du Canada, a publié aujourd’hui, mardi 22 septembre 2026, une ‘‘Etude sur l’inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie’’.

L’étude analyse les déterminants de l’inclusion financière des femmes et des jeunes dans les gouvernorats du Sud, à savoir Kairouan, Gabès,
Médenine, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Kébili, et de Kairouan.

Combinant une analyse de l’offre et de la demande de services financiers, elle explore les questions d’accessibilité, de coût, de connaissances financières, ainsi que les perceptions et la confiance envers les institutions financières.

En s’appuyant sur des données qualitatives et quantitatives collectées sur le terrain, l’étude met en lumière les principaux freins et leviers d’action pour renforcer l’accès et l’usage des services financiers formels. Elle fournit des recommandations destinées à orienter les acteurs clés de l’inclusion financière, notamment en matière de produits financiers et d’actions de sensibilisation afin de promouvoir une inclusion financière plus inclusive et durable en Tunisie.

«Ce travail dresse un état des lieux rigoureux de l’offre de services financiers et des comportements de la demande, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes. Ces régions présentent des disparités documentées avec précision dans cette étude : une couverture bancaire représentant à peine 12% du réseau national, des taux de bancarisation féminine qui tombent à 18%, une prévalence persistante de l’informel qui traduit une préférence comportementale et culturelle», note Raja Dahman, la directrice générale de l’Observatoire de l’Inclusion Financière dans son introduction. Elle ajoute : «Cette étude est conçue pour outiller les décideurs publics, les acteurs de l’écosystème ainsi que les chercheurs pour le développement de nouvelles stratégies centrées sur les besoins réels des populations ciblées dans le cadre du programme national d’éducation financière 2023-2027. Elle s’inscrit dans une démarche de dialogue continu avec l’ensemble des parties prenantes, dont le soutien a été déterminant dans sa conduite.»

Télécharger l’étude.

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Suisse | Comment sont bloqués des milliers de sites de jeu

22. September 2026 um 11:56

La dernière liste des offres de jeux en ligne bloquées en Suisse porte la date du 25 août 2026 et compte 3567 entrées. Depuis 2019, la Confédération met ce document à jour régulièrement et impose aux fournisseurs d’accès à internet d’en appliquer le contenu. Le procédé intéresse aujourd’hui bien au-delà des frontières helvétiques. À Tunis, une proposition de loi déposée en janvier dernier reprend presque à l’identique ce mécanisme pour les plateformes de paris accessibles depuis le pays.

Une liste noire mise à jour régulièrement

Le cadre figure dans la loi sur les jeux d’argent (LJAr), en vigueur depuis 2019. Le texte prévoit que l’accès à une offre de jeu proposée sans autorisation doit être bloqué dès lors que son exploitant a son siège à l’étranger ou le dissimule. La Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ) établit la liste des offres bloquées et la publie par un renvoi dans la Feuille fédérale. Les fournisseurs d’accès appliquent ensuite la restriction sur le territoire suisse. Les paris sportifs et les loteries relèvent d’une autre autorité, la Gespa, qui tient sa propre liste de blocages.

La mécanique s’est nettement accélérée. Selon son rapport d’activité 2025, la CFMJ a fait bloquer 580 offres de jeux en ligne non autorisées l’an dernier, près de 30 % de plus qu’en 2024, tout en menant 28 perquisitions et en rendant 75 décisions pénales. Au 31 décembre, 209 procédures restaient ouvertes. Le joueur suisse, lui, ne risque rien sur le plan pénal. La législation ne le sanctionne pas et vise uniquement les exploitants. La question n’est donc pas celle de la volonté des autorités, mais celle de l’efficacité réelle du filtre.

Le blocage DNS montre ses limites

La restriction s’applique au niveau du système de noms de domaine. Le fournisseur d’accès empêche la résolution de l’adresse et redirige l’internaute vers une page d’avertissement officielle. Le procédé se déploie vite et se contourne avec des outils que tout le monde a sous la main. Un changement de serveur DNS ou un réseau privé virtuel rétablit l’accès en quelques secondes.

Les exploitants disposent d’un moyen plus direct encore. Un domaine bloqué réapparaît sous une autre extension, avec le même opérateur et le même catalogue de jeux. Les casinos en ligne internationaux qui acceptent toujours les dépôts en francs suisses restent nombreux, selon SwissCasinoZen.ch, qui recense les licences de Curaçao ou d’autres juridictions offshore derrière ces plateformes. La liste enregistre l’état du marché au jour de sa publication.

Chaque réapparition oblige l’autorité à rouvrir une procédure et à refaire le parcours administratif en entier. Le blocage n’en est pas pour autant sans effet. Il retire les offres concernées des chemins d’accès les plus courants et impose une démarche volontaire à qui veut les rejoindre. Son rendement dépend donc de la motivation du joueur autant que de la robustesse technique du filtre.

Un marché offshore qui se recompose

Les exploitants visés ne quittent donc pas le marché. Leur modèle repose sur des sociétés enregistrées loin du continent et sur une infrastructure technique volontairement mobile. Créer un nouveau domaine prend une journée. Instruire un dossier et faire appliquer une décision prend plusieurs mois. Le rapport de vitesse joue contre l’autorité, et le nombre d’entrées progresse sans que l’offre réellement accessible recule d’autant.

En parallèle, le marché autorisé avance lentement. Le produit brut des jeux en ligne des casinos suisses a augmenté de 1,2 % en 2025, tandis que les établissements terrestres reculaient de 3,9 %. L’impôt sur les maisons de jeu, versé à l’AVS et à l’AI, a atteint 353 millions de francs. Chaque joueur resté sur une plateforme non autorisée sort de ce circuit fiscal. Le dispositif suisse porte sur l’accès aux sites. L’argent qui alimente les comptes de jeu circule par d’autres canaux.

Le débat tunisien reprend les mêmes outils

Ce second levier, le blocage des paiements, figure au centre du texte déposé à Tunis. Vingt-trois députés ont présenté le 19 janvier 2026 une proposition de loi qui étend la définition des jeux de hasard aux activités exercées par des moyens numériques. Son article 4 oblige les fournisseurs d’accès et les prestataires de paiement à bloquer techniquement l’accès aux plateformes interdites et à interrompre les flux qui y sont liés. L’article 2 interdit l’organisation comme la promotion de tout jeu de hasard, avec des dérogations strictement encadrées. Le texte a été renvoyé le 29 janvier à la commission de la législation générale.

La situation de départ diffère des deux côtés de la Méditerranée. La Suisse encadre une offre domestique autorisée et cherche à y ramener les joueurs. La Tunisie ne dispose d’aucun régime de licence pour le jeu en ligne, et ses casinos physiques restent réservés aux visiteurs étrangers. Le pays se maintient dans une zone grise que la régulation du secteur cherche précisément à réduire ailleurs.

Ce que sept ans de blocages montrent

Sept ans de pratique suisse livrent un enseignement mesurable. Le blocage réduit la visibilité d’une offre, allonge le chemin pour y accéder et détourne une partie du public. Il ne supprime ni la demande ni les sociétés qui la servent depuis l’étranger. La mesure utile d’un dispositif reste la part du jeu qui passe par le circuit autorisé. La prochaine liste suisse apportera de nouvelles entrées, et la question posée à Tunis restera la même.

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Daniel Passalacqua présente ses souvenirs tunisois à la librairie Al Kitab

22. September 2026 um 11:05

Daniel Passalacqua, mémoire vivante de la Tunisie plurielle, présente son ouvrage ‘‘Souvenirs sur la vie artistique plurielle à Tunis de 1947 à nos jours (Musique – Danse – Théâtre)’’ le jeudi 24 septembre à 17 h à la librairie Al Kitab de Tunis.

Né à Tunis en 1928, citoyen italien et français de culture, tunisien de cœur, Daniel Passalacqua a consacré sa vie à la musique et à la culture de sa ville natale.

Initié très jeune par sa mère Lidia, pianiste et cantatrice, il a traversé plus de soixante-dix ans de vie artistique tunisienne. Des Jeunesses musicales de France aux grandes scènes du Théâtre municipal, des orchestres qui ont marqué des générations aux rencontres avec Alfred Cortot, Samson François, Georges Prêtre, Maria Casarès, Maurice Béjart, Pierre Lacotte ou Roland Petit, il restitue avec précision, émotion et une connaissance intime les lieux, les spectacles et les personnalités qui ont façonné cette époque.

Plus qu’un simple recueil de souvenirs, le livre révèle une Tunis où la programmation artistique rivalisait avec celle des grandes capitales européennes.

Préfacé par François Gouyette et postfacé par Hatem Bourial, l’ouvrage s’inscrit dans la collection «Tunisie plurielle» dirigée par le professeur Habib Kazdaghli aux éditions Santillana.

Cette collection ambitionne de rendre visibles les traces des communautés, minorités et héritages culturels qui ont composé l’histoire du pays, au-delà d’une vision unilatérale.

Daniel Passalacqua y transmet un patrimoine culturel et des souvenirs d’une époque qui a profondément marqué sa vie.

Chroniqueur musical du Corriere di Tunisi de 1961 à 2022, conférencier, interprète et organisateur de concerts, il offre ici un témoignage rare, à la fois intime et documentaire, destiné à tous ceux qui aiment la Tunisie, son histoire et ses artistes.

Un moment privilégié pour découvrir ou redécouvrir une page essentielle de la vie artistique tunisienne et rencontrer l’auteur.

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Les fables d’Infantino

22. September 2026 um 10:25

Pour la Fifa, l’accalmie, tombée juste après le Mondial 2026, est de courte durée. Elle est de nouveau la cible de tirs de boulets de canon lâchés de toute part et personne pour garder les cages laissées vides. Les fédérations, les professionnels du sport, les clubs et les associations nationales et internationales, tous confondus, ont les yeux braqués sur le temple du football. Ils ont brandi le carton rouge à la face de son président Gianni Infantino, qui avait mis tout le monde hors-jeu, sauf Donald Trump, son acolyte et son mentor. Certains parlent de malversation, d’autres d’abus de confiance ou de détournement du football de son objectif, le plaisir de la compétition. (Photo d’illustration générée par IA).

Mohsen Redissi *

Les langues se délient et des critiques acerbes sont lancées contre le président de la Fifa, suite à l’annonce de son intention de créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés, la Fifa Forward Enterprise (FFE) pour aller de l’avant. La FFE va devoir gérer les activités commerciales et événementielles de la Fifa, devenues une routine depuis le siècle dernier. Une étape logique de l’évolution de la Fifa, selon son président, pour mieux soutenir le développement du football, aussi bien masculin que féminin aux quatre coins du monde. Louanges à sa noble intention.

C’est la nouvelle trouvaille de deux présidents, deux larrons versés dans les affaires, souvent louches, leurs intérêts personnels priment et passent bien avant ceux de l’Etat ou de leurs communautés de bien. L’argent, même sale, n’a pas d’odeur pour eux.

Pris dans les filets 

La FFE détiendra environ 20% du capital de la Fifa. Ce nouveau prestataire ne va s’attaquer qu’à ce qui touche à la Coupe du monde de football et la Coupe du monde des clubs champions. La gouvernance du football, les compétitions, les calendriers, les révisions des règles, les décisions… restent du ressort de la centrale du football.

Pour donner de l’effet au tir, toutes les justifications sont bonnes pour entraîner dans cette nouvelle aventure les fédérations encore réticentes ou en attente de voir la réaction de leurs grandes sœurs nationales et les confédérations pour prendre position. Pour soudoyer les pays membres, principalement les petits pays peu riches, la Fifa promet de redistribuer 20 millions de dollars en plus de la dotation habituelle. Une aubaine. L’objectif de cette proposition est d’investir davantage dans les pays en développement, en créant des centres de formation avec des outils appropriés.

Les pays récalcitrants risquent de perdre 75% des dotations de la Fifa, du chantage en quelque sorte ; ou le revers de la médaille. Un tir lifté. Un manque à gagner énorme. Le temps leur est compté. Infantino a accordé 53 jours de réflexion aux fédérations nationales pour adhérer ou décliner la proposition, c’est le pari de… Gianni ou son lobe. 

Les retombées économiques de la Coupe du monde de football ne profitent qu’aux pays organisateurs, une poignée, l’Europe et l’Amérique latine en premier lieu, pays riches et pays ayant déjà organisé une édition de cette compétition. La co-organisation à deux ou à trois pays est une entreprise rentable et digne d’éloges. Une meilleure justice footballistique.

La voix de son maître

L’histoire ressemble à une fable des temps modernes qui a pris une mauvaise tournure. L’exposition prolongée et en premières loges aux discours de maître Renard, Donald Trump, promettant monts et merveilles, a fini par avoir raison de Maître Corbeau, Infantino. Il est sous sa coupe. Il a réussi à altérer son esprit de discernement ; il a eu enfin raison de sa fière prestance. Il a sali son nom.

Maître Donald a largement eu le temps d’embobiner Maître Infantino, le côtoyant matin et soir et en s’affichant tous deux, tout sourire devant les caméras lors du Mondial aux Etats-Unis. Ils ont prolongé leurs discussions en tandem à la mi-temps, en prolongations et en levée de rideaux. Maître Renard, un esprit malsain dans un corps sain, par l’odeur du gain facile alléché, lui tint à peu près ce langage «Maître Corbeau, sans mentir, votre FFE offrira au monde le renouveau et l’immortalité du football. Sa célébration sera toujours associée à votre nom, une résurrection à chaque nouvelle édition de cette grandiose compétition. Vous serez le phénix du ballon rond.»

«Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre» (Bible, Jean 8:7.) Ceux qui accusent Infantino de vagabondage, la plupart ont les mains sales. Ils ont trempé dans des affaires louches. «Le chameau ne voit pas sa bosse», dit l’adage tunisien. Dans un tournant de leur vie sportive ou professionnelle, ses détracteurs ont eu recours à des subterfuges pour se graisser la patte. En se soulevant contre sa nouvelle initiative, ils n’ont ni l’autorité morale nécessaire ni l’accord total de leur communauté pour s’ériger en redresseurs de torts. A chaud, ils ont appelé à geler la participation de leur pays ou aux pays membres de leurs fédérations régionales sans consulter quiconque. Leurs voix font-elles foi ? 

Selon eux, la Fifa doit impérativement renoncer à son projet. Ils sont prêts à jouer les prolongations. Le football perdrait de son charme et serait sous la coupe des actionnaires, ou quand l’intérêt prime au détriment du foot selon les détracteurs. Hélas ces fédérations semblent avoir oublié que l’attribution de l’organisation de la phase finale de la Coupe du monde ces quinze dernières années était un choix politique beaucoup plus que footballistique. Ils lancent des fumigènes pour brouiller les pistes.

Family business

Charité bien ordonnée commence par soi-même : telle est la devise du clan Maître Renard. C’est la griffe et la marque de fabrique de Donald Trump, le cerveau derrière cette proposition. Maître Corbeau n’est que «gorge profonde». La Fifa, temple du football, n’a jamais manqué de liquide. C’est l’entreprise la plus riche et a plus de pays membres, 211 fédérations, que l’Organisation des Nations unies. Quoi d’autre !

Si la proposition d’Infantino est validée par les pays membres, la banque d’affaires J. P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère de Jared, gendre de Donald Trump. Toutes ces familles doivent une fière chandelle à Maître Corbeau, seraient à la manœuvre.

D’après le journal britannique The Times, le président américain, pourrait à terme devenir directeur général de la FFE, avec à la clé des revenus personnels qui pourraient être décuplés. Il se préserve des jours difficiles. Ha! Ha ! Ha ! Maître Corbeau, honteux et confus, a juré de mettre fin à son aventure. Infantino et Kushner ont tous deux fait un pas en arrière pour se repositionner. Un repli tactique sous la pression de leurs adversaires pour mieux se ressourcer et préparer dans le calme leur contre-offensive le cas échéant. 

Les adversaires de Maître Corbeau, président de l’instance internationale du ballon rond, sont nombreux sur le plan régional et international. Ils ne lâcheront pas prise de si tôt. La brèche a soulevé l’inquiétude des membres de la Fifa et les tifosis en matière de gouvernance et de transparence de la citadelle du foot. La «Ola» a dépassé les gradins et prend de l’ampleur chaque jour.

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Tunisie | Mouvement Echaab réclame la libération des détenus de la Flottille Soumoud

22. September 2026 um 09:36

Le bureau politique de Mouvement Echaab (nationaliste arabe) a publié un communiqué exigeant la libération des militants de la Flottille Soumoud actuellement détenus, ainsi que «le respect du droit des citoyens à l’expression, à la manifestation et au soutien légitime à la cause palestinienne.»

Suite à la marche réclamant la libération des militants de la Flottille Soumoud — lesquels observent une grève de la faim pour protester contre leur détention, mettant ainsi en péril leur vie et leur intégrité physique —, les autorités ont procédé à l’arrestation d’un groupe de militants et d’organisateurs de cette mobilisation, au moyen de raids nocturnes et de méthodes que l’on croyait reléguées à un passé odieux.

Le Mouvement Echaab, tout en dénonçant avec vigueur l’arrestation par les autorités de militants mobilisés pour la Palestine et pour la libération des détenus, condamne dans les termes les plus fermes cette attitude visant à criminaliser les mouvements populaires qui réclament libertés et droits, et qui soutiennent les droits légitimes du peuple palestinien.

Le Mouvement Echaab considère que ces pratiques constituent un pas vers le musellement des voix, la restriction des libertés et la fermeture de l’espace public, et qu’elles ne feront qu’aggraver davantage la situation générale dans le pays.

Par conséquent, nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes interpellées, ainsi que celle des militants de la Flottille Soumoud, et le respect du droit des citoyens à l’expression, à la manifestation et au soutien légitime à la cause palestinienne.

Le Secrétaire général, Zouhair Maghzaoui

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Israël et le Hamas étaient proches d’un accord avant le 7 octobre

22. September 2026 um 08:54

Dans l’enquête de Haaretz sur l’avertissement reçu par Netanyahou avant le massacre perpétré par le Hamas, Sufian Abu Zaida était désigné sous le nom d’«Yeux de charbon» afin de protéger son identité. Selon lui, avant les attaques du 7 octobre 2023, les discussions entre le Hamas et Israël étaient très avancées et portaient, notamment, sur un accord d’échange de prisonniers.

Jack Khoury

L’ancien haut responsable du Fatah Sufian Abu Zaida, qui a servi de médiateur entre Israël et le Hamas avant les attaques du 7 octobre 2023, a déclaré hier, lundi 21 septembre 2026, que les deux parties avaient été proches de signer un accord avant le massacre.

Dans une publication sur Facebook, Abu Zaida, proche de l’homme politique palestinien en exil Mohammed Dahlan, a souligné que les discussions n’avaient rien à voir avec l’attaque-surprise. «Nous n’avons absolument aucun lien avec ce qui s’est passé le 7 octobre, pas plus que cela n’a de rapport avec le rôle que j’ai joué», a-t-il écrit. Et d’ajouter : «Tout ce que j’ai fait visait à empêcher Gaza d’aboutir à la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.»

Abu Zaida a souligné que, dans un entretien qui doit être diffusé plus tard cette semaine sur la chaîne égyptienne Alghad TV, il révélerait un message que Yahya Sinwar, alors dirigeant du Hamas à Gaza, lui avait demandé de transmettre à Israël environ trois semaines avant le massacre, ainsi que la réponse d’Israël.

Abu Zaida a déclaré lors de cet entretien que Sinwar l’avait averti à deux reprises, en septembre 2023, qu’il préparait une opération majeure et lui avait demandé de transmettre cet avertissement à des responsables israéliens.

Les contacts, révélés pour la première fois par Haaretz plus tôt ce mois-ci, impliquaient Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas, et Abu Zaida, recruté par Israël comme intermédiaire dans les discussions et désigné sous le nom d’«Yeux de charbon».

Sufian Abu Zaida.

Des discussions avancées entre Israël et le Hamas

Selon Abu Zaida, les discussions entre Israël et le Hamas portaient sur un éventuel accord aux termes duquel Israël libérerait des centaines de prisonniers palestiniens en échange de la libération des otages israéliens vivants et de la restitution des corps des otages détenus à Gaza. Elles abordaient également l’allègement du blocus de Gaza, l’autorisation pour les Gazaouis de travailler en Israël et la recherche de solutions aux besoins de l’enclave en électricité, en eau et dans d’autres domaines humanitaires.

Dans sa publication de lundi sur Facebook, Abu Zaida a également indiqué que Dahlan et son associé Samir Mashharawi étaient tenus informés des détails des négociations. Selon Abu Zaida, les pourparlers indirects, qu’il dirigeait, avaient commencé en mars 2022 à l’initiative de Ghazi Hamad et avec l’approbation de Sinwar.

Selon Abu Zaida, les discussions se sont poursuivies pendant environ un an et demi et se sont concentrées sur la restitution des corps des soldats de l’armée israélienne Oron Shaul et Hadar Goldin, tués pendant la guerre menée par Israël à Gaza en 2014, ainsi que sur le retour des captifs israéliens Abera Mengistu et Hisham al-Sayed.

En échange, le Hamas demandait la libération de prisonniers palestiniens, l’allègement du blocus de la bande de Gaza, l’autorisation pour les travailleurs de Gaza de travailler en Israël, des solutions aux pénuries d’électricité à Gaza et une aide répondant à d’autres besoins humanitaires.

Abu Zaida est né en 1960 dans le camp de réfugiés de Jabalya, dans la bande de Gaza. Il a auparavant été ministre de l’Autorité palestinienne chargé des affaires des prisonniers et vice-ministre des Affaires civiles. Dans ces fonctions, il a participé à des contacts avec des responsables israéliens sur des questions telles que les prisonniers, les points de passage frontaliers, les permis et la coordination civile. Ancien prisonnier, il parle couramment l’hébreu et est titulaire d’un doctorat en politique du Moyen-Orient.

Au fil des ans, il s’est montré un critique virulent du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et est depuis longtemps associé au courant réformateur du Fatah dirigé par Dahlan. Abu Zaida travaille comme commentateur des affaires palestiniennes et israéliennes et entretient des liens avec des responsables politiques et sécuritaires en Israël.

Son rôle consistait à transmettre des messages entre les parties afin de ne pas donner l’impression qu’il existait un contact direct entre le Hamas et Israël. En pratique, ces conversations étaient presque directes. Ghazi Hamad et Abu Zaida s’asseyaient dans la maison de Nasser Sarraj à Gaza — celui-ci avait auparavant été directeur adjoint du ministère des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne — et y parlaient directement à des agents du service de sécurité Shin Bet.

Le dernier message de Sinwar transmis à Netanyahu

Selon l’enquête de Haaretz, Sinwar a dit à Abu Zaida en septembre 2023 : «Dites aux Israéliens que s’ils ne progressent pas, je leur prépare une énorme surprise… Dites-leur de s’attendre à un “zilzal”, un tremblement de terre.»

Abu Zaida a rapporté la conversation à un Palestinien qui avait quitté Gaza pour Abu Dhabi et qui était un proche conseiller du président émirati Mohamed ben Zayed, lequel a cherché à vérifier le sérieux de la menace de Sinwar. Abu Zaida a alors été invité à tenir une nouvelle réunion avec le dirigeant du Hamas à Gaza. La rencontre a eu lieu à la mi-septembre 2023.

Lors de cette rencontre, Sinwar lui a dit : «Transmets-leur le message que je prépare la mère de toutes les surprises. Une opération terrifiante. Quelque chose d’extraordinaire.» Il a de nouveau employé le mot «zilzal».

«Je te prie de transmettre aux Israéliens mot pour mot ce que je dis», lui a déclaré Sinwar.

Le responsable palestinien a de nouveau transmis le message au conseiller de l’émir. Celui-ci a informé le cheikh Mohamed de son impression sur la conversation, et l’émir a décidé que «le message de Sinwar devait être transmis au plus vite aux Israéliens, au plus haut niveau». Le 15 septembre, Abu Zaida et le conseiller ont transmis l’avertissement au service de sécurité Shin Bet.

Ronen Bar, alors chef du Shin Bet, a demandé un appel téléphonique immédiat avec le Premier ministre, organisé par Avi Gil, secrétaire militaire de Netanyahou à l’époque. Au cours de cet appel, Bar a informé Netanyahou des menaces de «tremblement de terre» proférées par Sinwar, et il a été décidé d’organiser une réunion de sécurité avec tous les organismes concernés.

Deux jours plus tard, de hauts responsables de la sécurité ont examiné l’avertissement, mais aucune décision n’a été prise. Constatant qu’Israël ne réagissait pas à l’avertissement clair transmis au Shin Bet, le cheikh Mohamed a décidé de parler directement à Netanyahou et de lui communiquer l’avertissement de Sinwar concernant ses intentions.

Source : Haaretz.

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À propos de l’article de Larguèche sur Bouarrouj | Acte de mémoire ou… guerre des mémoires ?

22. September 2026 um 08:02

Nous publions ci-dessous la réponse d’un ancien dirigeant du Parti communiste tunisien (PCT), ainsi que du parti Ettajdid et parti Al Massar, ses héritiers historiques, à un article de l’historien et ancien militant du PCT, Abdelhamid Larguèche, publié par Kapitalis et intitulé « Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien ». «La vérité est pareille à l’eau qui prend la forme du vase qui la contient», écrivait Ibn Khaldoun, nous apprenant que l’Histoire aussi est sujette à des points de vue divergents et à des interprétations différentes. Ce débat en est l’illustration.

Hichem Skik

Dans un long article publié dans Kapitalis le 12 septembre 2026, mon ami et collègue à l’Université (et aussi, c’est important, ex-camarade au Parti communiste tunisien), a évoqué le souvenir d’un ancien dirigeant important du PCT, feu Noureddine Bouarrouj, à l’occasion du trente-quatrième anniversaire de sa disparition.

On se serait, donc, attendu à «un acte de mémoire… un hommage et un devoir de mémoire», comme le déclare l’auteur dans son introduction. Cela aurait été utile et réellement souhaitable, car ce rôle et cet apport sont, effectivement, injustement méconnus, en dehors du cercle restreint de ses anciens camarades et de quelques collègues. C’est d’ailleurs le cas de nombreux valeureux militants de gauche, que l’historiographie officielle du parti unique a délibérément occultés.

Malheureusement – et dès le titre – on est surpris par le fait que l’auteur se place, délibérément, et d’emblée sur un tout autre terrain que l’hommage mérité à un dirigeant disparu :  celui de la polémique.

L’article est, en effet, intitulé : «Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien». Et ce thème est repris (je dirais : martelé) avec une insistance qui indique que ce sera le thème majeur de l’article (on relève, en effet, dans les seules premières lignes : «mémoire effacée, cet effacement, occulté, marginalisé, mise à l’écart, écartés, tus, mises à l’écart…».

L’article annonce donc clairement qu’il s’agira, non d’un hommage à un dirigeant, mais d’une sorte de «réhabilitation»– et cette «réhabilitation»  ne concernera pas, dans l’article, le seul Noureddine Bouarrouj, mais un groupe de communistes réunis autour de lui et qui auraient été tous «écartés» du Parti.

Et là, on se pose tout de suite la question : Pourquoi donc il-ou plutôt ils- ont été ainsi «marginalisés», «écartés», etc. ?

Et la réponse de l’auteur est simple, claire, précise, affirmée avec une grande assurance et sans aucune ambiguïté. Il la formule ainsi : «Cet effacement n’est pas un simple oubli. Il est le produit d’une gestion du parti centrée sur une personne et sur un appareil…»

Pour ceux qui n’ont pas compris, soyons clairs, semble dire l’auteur, qui précise donc : «L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom : celui de Mohamed Harmel…»… «A force de faire reposer sa légitimité sur la figure d’un seul dirigeant… le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes : celui d’un sauveur et de ceux qu’il aurait, volontairement ou non, écartés.»

Ainsi se révèle au lecteur, l’objectif – assumé d’ailleurs par l’auteur – de l’article.

Il est inutile que je poursuive ici la lecture de l’article -lecture que j’ai faite plus d’une fois, car en tant qu’ami et ex-camarade, Abdelhamid m’a fait l’honneur de me le faire lire avant sa publication pour avoir mon avis-avis que je n’ai pas manqué de lui faire parvenir par écrit, lui faisant part de mes interrogations, mes réserves et mes désaccords sur plusieurs aspects de son texte. D’autres amis et camarades, à qui le texte a été soumis, ont, eux aussi, exprimé des avis recoupant largement le mien.

Jusque-là, nous pensions que le texte était une réflexion, un projet auquel Abdelhamid réfléchissait et qu’il suggérait un débat entre nous sur un important épisode de la vie du PCT. J’ai donc été très surpris de voir le texte immédiatement publié sous forme d’article.

La publication inattendue de l’article m’autorise donc, me semble-t-il, à répondre à l’invite de Abdelhamid à participer à ce nécessaire  débat, en commençant ici par quelques remarques d’ordre méthodologique  ou de caractère général, comptant sur  l’engagement intellectuel et l’esprit d’ouverture de Abdelhamid – ainsi que  sur la contribution d’autres personnes intéressées par le sujet-pour mener à bien et sur le fond un tel débat, de la manière la plus approfondie, la plus objective et la plus sereine possible.

Cher Abdelhamid !

1/ Tu affirmes : «jusqu’à aujourd’hui, certains sont irrités par la seule évocation des noms de Bouarrouj, Ali Mtimet ou Bechir El Feni». Je serais vraiment curieux de savoir qui sont ces «certains». En revanche, ce que je sais, car je l’ai vécu personnellement, c’est que, par exemple :  

– concernant Salah Garmadi, outre notre «compagnonnage linguistique» et les «combats» scientifiques que nous avons menés, au Ceres, avec toute une équipe de chercheurs pour une approche objective de la situation linguistique complexe dans notre pays. C’est avec une grande émotion que j’évoque la profonde amitié personnelle qui nous liait, et qui englobait même nos familles… Et c’est à moi qu’a échu le douloureux devoir d’annoncer son décès et de lui rendre un vibrant hommage à la Une du journal du PCT, Attariq al-Jadid. Lorsque le Ceres a voulu lui rendre hommage, c’est tout naturellement à moi qu’on a pensé… Il en est de même pour la Faculté des Lettres, à laquelle je n’appartenais pas encore, mais qui a jugé utile de m’associer – à côté, notamment, de Si Mongi Chamli, Si Chedli Ayari… à l’hommage «du 40e jour» qui lui a été rendu… ;

– concernant Ali Mtimet : en plus de notre militantisme commun au sein du PCT, les relations entre nos deux familles étaient très étroites et se sont poursuivies jusqu’à sa maladie, puis son décès, et se poursuivent – quoique par intermittence malheureusement, avec sa femme et ses enfants. Après la révolution – dans laquelle il s’était beaucoup impliqué, à Tunis et surtout dans diverses régions intérieures qu’il avait sillonnées –, il s’était associé à diverses manifestations et actions du Mouvement Ettajdid. A la cérémonie d’hommage organisé par sa famille après sa mort, son camarade Habib Kazdaghli a été invité à faire une intervention, qui fut très émouvante, de l’avis de tous les présents, et dans laquelle il avait souligné les multiples facettes et qualités, scientifiques, associatives, syndicales, politiques et humaines du défunt ;

– concernant Habib Attia, malgré les divergences survenues, il avait toujours maintenu des contacts avec nous, ses camarades du PCT, puis d’Ettajdid. Après la révolution, il me téléphonait souvent pour me faire part de ses avis et conseils sur la politique à suivre à propos de tel ou tel événement. Et grâce à son exceptionnelle connaissance de la campagne tunisienne, il a apporté – en tant que membre de la Commission économique du parti – une contribution précieuse à l’élaboration de son programme économique et social pour les élections. Je garde un souvenir ému de notre dernière rencontre avant sa disparition. En compagnie d’une petite délégation, nous lui rendîmes une visite d’amitié chez lui : il nous avait exprimé sa joie pour cette visite et avait, notamment, eu une longue conversation sur Jendouba avec notre camarade Baccar Ghrib, qui était alors Doyen de la Faculté d’économie de la ville. A son décès, le triste privilège de son éloge funèbre en tant qu’universitaire et en tant que militant communiste au cimetière de Carthage échut (tout naturellement), à son camarade Habib Kazdaghli ;

– même chose pour le grand maître de la critique littéraire Taoufik Baccar :  nos rapports ont toujours été amicaux, au niveau politique, il a été également associé aux discussions pour la préparation du 8e congrès, de même que  et nous étions nombreux à contribuer à l’hommage qui lui a été rendu à la Faculté des Lettres de Manouba au mois de juin 2017.

Tels sont quelques échantillons pour illustrer cette vérité évidente : non seulement les membres restés au PCT, puis à Ettajdid puis à Al Massar n’éprouvent aucune «irritation» à l’évocation des camarades qui ont choisi une autre voie, mais ils sont plutôt blessés qu’on se permette d’affirmer – gratuitement – le contraire.

Nous avons, certes, été en désaccord, à une certaine époque, mais nous n’avons jamais confondu divergence et inimitié.

2/ Tu écris : «… reprendre une question que l’histoire officielle du parti a préféré ne pas poser…» ; «L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom…»; «le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes…» ; «…la manière dont l’histoire même du parti a fini par s’écrire…» ; «…l’histoire officielle  du mouvement ne retenait que les noms de ses dirigeants successifs et le récit de ses querelles» ;  «une pensée que l’histoire officielle de la gauche tunisienne a trop souvent laissée dans l’ombre.»

Six fois, dans un article, tu évoques «l’histoire officielle du parti» (pour dénoncer ce que tu considères comme ses parti-pris pour certains dirigeants et contre d’autres).

Personnellement, je déclare que je suis absolument prêt à partager ces conclusions s’il s’avère que ladite histoire officielle du parti a, en effet, procédé avec les biais et les «oublis» que tu dénonces. Le problème, c’est que, ayant vécu plus de soixante-ans dans ce parti, je n’ai jamais eu entre les mains une histoire – officielle ou même officieuse – du PCT ! Je n’ai jamais entendu parler d’une telle histoire, ni au parti, ni à l’université ni dans la presse nationale ou internationale. Ce que je sais, c’est que nous avons toujours salué et soutenu les quelques contributions d’universitaires tunisiens à l’écriture de certains aspects de cette histoire (Chaker, Kraiem, Hamza, Bouguerra, Lakhdar, Larguèche, Blili et surtout Kazdaghli.) Malheureusement, la plupart de ces travaux présentés à l’Université ont porté sur la période coloniale (excepté la recherche de Latifa Lakhdhar). La seule tentative pour donner un aperçu  de l’histoire du parti  de sa fondation à la levée de l’interdiction (parue non signée) qui a été faite par Habib Kazdaghli  et publiée (sans signature) dans le premier numéro d’Attariq al-Jadid : nous étions tous très heureux de cette contribution, qui permettait pour la première fois d’avoir une idée de l’itinéraire du parti- bien que cela ait été un «survol» sur deux pages du journal, qui n’a, en aucune façon, abordé des problèmes tels que ceux que tu soulèves. Depuis, plusieurs expositions de journaux, photos etc. ont été organisées à l’occasion de divers événements, mais… toujours aucune «histoire officielle» !

 Désolé Abdelhamid, mais un historien –qui se présente comme tel dans son article – et qui y dénonce aussi vigoureusement une «histoire officielle du parti», qui… n’a jamais existé, c’est, pour le moins… regrettable.

3/ Venons-en à la question principale, que tu as «occultée» vraiment, celle-là, et d’une manière particulièrement surprenante, par toi, Abdelhamid. Cette question est la suivante : on est tous d’accord sur le fait qu’il y a bien eu un problème qui a séparé Noureddine Bouarrouj – et les autres camarades qui l’ont rejoint – de l’autre groupe de camarades restés au PCT et ont participé à ses évolutions ultérieures : mais quel est ce problème ? Non seulement tu évites complètement d’aborder le véritable contenu des divergences, mais tu tentes de leur substituer un récit imaginaire, que contredisent radicalement les faits dans leur déroulement réel.

Tu affirmes, en effet : «Militant de la clandestinité, puis exilé pendant une quinzaine d’années, il (Noureddine Bouarrouj) revient en Tunisie et devient l’un des artisans les plus actifs de la recherche d’unité entre communistes tunisiens. Autour de lui se constitue le ‘‘groupe de Tunis’’, parfois appelé ‘‘groupe Kléber’’ qui réunit notamment Taoufik Baccar, Salah Garmadi, Habib Attia, Hamadi Ben Rachid, Bechir El Fani et Ali Mtimet…»

Vraiment désolé, là aussi, mon cher ami, mais tu as tout faux ! Etant historien de métier, et ayant adhéré au PCT après les faits que tu évoques, tu as puisé dans des sources, «bien sélectionnées», ce qui t’a induit en erreur, et tu t’es contenté de la version d’une seule partie, ce qui t’a privé des moyens de corriger ton erreur.

Une lecture apaisée d’évènements remontant parfois à plus de 50 ans, t’aurait permis une vision plus objective des faits. Les divergences ont bel et bien existé (ce sont des signes de vie d’un parti politique) ; elles remontent au milieu des années soixante et ont porté sur des points précis : la nature de classe du régime qui avait entrepris des réformes des structures économiques et les  positions politiques à prendre par le parti par rapport au régime (au cours et après le déroulement des réformes). La gestion de ces divergences internes, aussi bien lors de la rédaction du texte fondateur «Pour une nouvelle alternative démocratique et progressiste», publié en 1974, que lors de la préparation du 8e congrès (entamée fin 1978 et achevée en février 1981),  l’élaboration de positions à l’occasion  d’évènements importants (la grève du 26 janvier, l’attaque de Gafsa, la légalité retrouvée à partir de juillet 1981, etc.)  sont autant d’étapes d’une histoire commune et en partage du PCT et de la Tunisie, même s’il y a eu divergences d’appréciation entre militants et groupes de militants.

Qui dit histoire, cher Abdelhamid, dit documents et références précises à l’appui. Cela implique aussi que les documents sont à rechercher chez tous les protagonistes et non chez un seul parmi les informateurs ; sans indication précise de la collecte des sources orales ou écrites. L’honnêteté intellectuelle impliquerait de les faire connaitre et de les rendre publiques pour permettre aux lecteurs d’apprécier à sa juste valeur l’interprétation faite par l’historien. Or, on découvre, avec stupéfaction, que tes sources principales sont, d’une part, le manuscrit d’un livre sur Bouarrouj de Si Hedi Dhoukar (non encore publié !), et, d’autre part, les posts sur fb d’une personne jusqu’ici complètement inconnue et qui cherche à se forger un profil d’historien ex-militant…

3) Enfin, un mot à propos du 8e congrès du parti, tenu dans la clandestinité, et de la préparation duquel tu affirmes avec assurance (encore un problème de source fiable !) que le camarade Bouarrouj et ses amis ont été exclus. 

Permets-moi, cher Abdelhamid, de te démentir encore une fois : en tant qu’un des acteurs de la préparation du congrès, je t’informe que ces camarades ont tous été associés, comme les autres membres du parti, à la discussion du projet de résolution du congrès. Ainsi,  à titre d’exemple, je coordonnais les discussions-qui ont duré plus d’une année (fin 1978 et durant toute l’année 1979)-  dans un groupe de camarades constitué de:  Salah Garmadi, Salah Hajji, Ali Mtimet  et Habib Kazdaghli. Des camarades ont été chargés de discuter avec Bouarrouj à Paris, où il était parti pour préparer un doctorat et où il s’est installé définitivement. Ces camarades ont maintenu leurs positions et ont refusé le projet de résolution globalement ; on peut donc difficilement prétendre qu’ils ont été exclus de la préparation du congrès. Et malgré les divergences survenues à l’intérieur du parti, nous nous sommes à nouveau retrouvés dans le cadre d’un mini groupe pour discuter et préparer le 8e congrès sur des bases unitaires.

Cher ami, collègue et ex-camarade…

Je termine en te disant, avec beaucoup de regret, crois-moi, qu’au lieu d’être le prélude d’un débat apaisé et fructueux, sur un passé en partage, ton texte s’est malheureusement placé sur le terrain des récits polémiques, univoques et tronqués. Pour toutes ces raison, force est de constater qu’au lieu d’aboutir à un acte de mémoire tant espéré, tu as choisi de continuer et d’une manière maladroite, la piste tant décriée, parce que très dangereuse, de la… guerre des mémoires ! Dommage !

Tunis, 21 septembre 2026

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Les moyens les plus simples pour déclarer ses impôts en France

21. September 2026 um 13:09

La déclaration des revenus constitue un moment charnière pour l’ensemble des contribuables sur le territoire bien connu, tel que la France. Salariés, travailleurs indépendants, retraités ou entrepreneurs y sont tous soumis chaque année. Mais au fur et à mesure des années, l’administration fiscale française offre désormais des services largement modernisés, ce qui contribue à un acte devenu généralement plus simple, plus rapide et plus accessible en tous les cas. Fini donc les grandes liasses de formulaires papiers classiques ou la présence aux guichets des centres des impôts. La plupart des démarches s’effectuent dorénavant en ligne, de manière parfaitement sécurisée et intuitive.

Pour préparer sereinement votre déclaration, il est bien évidemment important de prendre soin de consulter à l’avance le calendrier fiscal et de rassembler dans cette même perspective tous vos justificatifs, sans négliger les différentes subtilités de votre situation personnelle et professionnelle.

Que vous soyez célibataire, mariés, ou parents d’enfants à charge, ou bailleurs, tout compte pour bien optimiser votre déclaration de revenus pour éviter des erreurs. Cet article propose des éclairages concrets sur les moyens les plus simples et les plus sûrs d’exécuter vos obligations fiscales en toute tranquillité, et l’esprit tranquille.

 Le recours au portail officiel en ligne : le meilleur moyen

Le mode le plus rapide et le plus sûr pour déclarer ses revenus demeure sans conteste le site internet officiel des impositions. Ouvert 24 h sur 24, 7 jours sur 7, durant la période de déclaration, cet espace sécurisé recueille toutes vos informations personnelles. Vous verrez ainsi que dans votre compte, nombreuses sont les données pré remplies par l’administration : salaires envoyés par vos employeurs, allocations, pensions de retraite et enfin informations sur vos placements financiers.

Cette pré identification vous fait considérablement gagner du temps. Cependant, il ne faut jamais valider ces chiffres sans vérification. En effet, si vous avez engagé des charges ouvrant droit à des réductions ou des crédits d’impôt (déduction pour frais de garde d’enfants, emploi à domicile ou don à des associations, investissement locatif, etc.), il vous conviendra de prendre soin de renseigner les cases correspondantes. Quand vous êtes professionnel avec vos conseils ou votre employeur sur vos justificatifs, ne communiquez jamais vos informations financières par messagerie classique, mais par mail professionnel pour garantir la confidentialité de vos échanges financiers.

L’application mobile «Impots.gouv» pour les déclarations simples

Les contribuables en situation fiscale stable et avec des situations peu complexes trouveront dans l’application mobile officielle «Impots.gouv» un moyen efficace… Accessible gratuitement via toutes les plateformes iOS et Android, l’application permet de réaliser la totalité de la démarche en quelques clics sur son smartphone ou sa tablette. Pas de changements majeurs dans sa vie depuis l’année dernière (ni déménagement, ni mariage, ni gros changements de revenus ni nouveaux investissements) ? La déclaration tacite ou ultra-simplifiée par l’application mobile se fait en moins de cinq minutes.

Présentation d’un récapitulatif, confirmation de la véracité des informations et génération instantanée de l’avis de situation déclarative, l’outil se veut l’idéal pour les personnes pressées et en recherche d’efficacité sans avoir à mettre en place d’importantes procédures logicielles.

Le rôle fondamental des justificatifs et des professionnels

Quelle que soit la méthode retenue, il est impératif de conserver tous vos justificatifs (factures, attestations d’employeurs, reçus de dons, quittances) durant une période de trois années au moins, car l’administration peut vous les réclamer dans le cadre d’un contrôle fiscal.

Pour rester informé sur l’actualité économique et fiscale du pays, on peut se tourner vers des analyses spécialisées sur des portails d’information reconnus comme kapitalis.com qui proposent régulièrement d’utiles décryptages économiques. De la même façon, le site de référence Service-Public.fr reste incontournable pour quiconque cherche des informations officielles mises à jour en temps réel sur les barèmes et les délais. En conjuguant ces outils numériques, le civisme fiscal devient une formalité simple, rapide, parfaitement maîtrisée.

Conclusion

En fin de compte, honorer ses obligations fiscales en France n’est plus le chemin de croix d’autrefois. Grâce à la digitalisation avancée des services de l’État, tant via l’espace en ligne sécurisé que via l’application mobile, chaque contribuable dispose désormais de puissants leviers pour faciliter ses démarches. Cela dit, la technologie ne dédouane pas d’être vigilant : la vérification soigneuse des données préremplies, l’ajout minutieux de vos crédits ou réductions d’impôts, la bonne tenue de vos justificatifs pendant trois ans, autant d’aides qui prennent alors part à un apaisement et à une sécurité accrus de votre déclaration.

En associant ces outils modernes à votre attention à conserver la confidentialité de vos échanges et à porter l’information officielle sur les portails de référence, le rendez-vous fiscal annuel devient une simple formalité administrative maîtrisée sans stress superflu.

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Ukraine | Poutine n’est pas isolé et joue la carte du temps long

21. September 2026 um 11:49

 Le président russe Vladimir Poutine a intensifié son activité diplomatique ces dernières semaines à travers sa participation à une série de sommets importants pour prouver au monde qu’il maintient une présence sur la scène internationale et qu’il n’est pas le paria que l’Occident pointe du doigt mais en même temps il n’a montré aucun signe de renoncement aux objectifs de la Russie dans la guerre en Ukraine et n’est pas pressé d’y mettre fin. (Photo : Le président Vladimir Poutine et le Premier ministre Narendra Modi plantent des arbres lors du 18e sommet des BRICS au Bharat Mandapam, à New Delhi, le 12 septembre 2026. )

Imed Bahri

Grégoire Ross, directeur du programme Europe, Russie et Eurasie au Royal Institute of International Affairs à Londres (Chatham House), explique que l’Europe semble encline à interpréter cette activité diplomatique accrue comme un signe de désespoir de Moscou sauf que c’est une erreur d’appréciation. En réalité, la stratégie du Kremlin mêlant impassibilité diplomatique et escalade calibrée pourrait être plus solide qu’il n’y paraît. 

Ross revient sur les entretiens menés le 5 septembre à Moscou entre les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le président Poutine afin de discuter des moyens de mettre fin à la guerre. Le Kremlin a qualifié les pourparlers de «très utiles» sans pour autant manifester la moindre volonté d’assouplir ses exigences. Quelques jours plus tard, il a rejeté l’offre du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer Poutine lors du sommet du G20 à Miami en décembre.

Parallèlement, les attaques russes contre l’Ukraine se sont intensifiées. Le 13 septembre, un drone russe a frappé une infrastructure ferroviaire près de Yahodyn, peu après le passage d’un train transportant l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, l’ancien directeur de la CIA David Petraeus et d’autres personnalités. Cette frappe s’inscrivait dans le cadre de la plus vaste vague de drones lancée par la Russie depuis des mois.

De nombreux responsables européens affirment que le comportement de la Russie témoigne de l’impasse dans laquelle elle se trouve en Ukraine. Selon eux, elle subit des pertes considérables et ses avancées territoriales demeurent lentes et coûteuses. En même temps, les forces ukrainiennes ont regagné du terrain. Pourtant, conclure que l’escalade russe trahit le désespoir relève davantage du vœu pieux que de la réalité. Poutine se comporte comme quelqu’un qui croit encore pouvoir compter sur le temps et conserver une marge de manœuvre. Sa diplomatie récente offre un cadre d’interprétation pertinent.

Poutine peut encore se permettre d’ignorer les conseils amicaux

Ross cite l’initiative très médiatisée du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev en juillet concernant la guerre en Ukraine. Assis aux côtés de Poutine à Omsk, Tokaïev a déclaré que le conflit devait être gelé et les négociations reprises mais le Kremlin a rapidement rejeté l’idée d’un cessez-le-feu.

Le Premier ministre indien Narendra Modi est allé encore plus loin à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, le 31 août, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, lorsqu’il a déclaré publiquement à Poutine que le monde devait «passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre». En même temps, Modi s’est adressé à Poutine en l’appelant «mon ami» et a salué la solidité des relations bilatérales.

Moins de deux semaines plus tard, lors du sommet des Brics à New Delhi, Modi et Poutine ont discuté d’un objectif d’échanges commerciaux bilatéraux de 100 milliards de dollars.

Il ne fait guère de doute que des gouvernements comme ceux de l’Inde et du Kazakhstan souhaitent sincèrement mettre fin à la guerre mais cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à conditionner leurs relations avec la Russie à la fin du conflit.

C’est cette nuance qui explique en grande partie l’assurance de Poutine. Malgré ses critiques, l’Inde continue de considérer la Russie comme un partenaire stratégique clé. De même, si le Kazakhstan a pris soin de diversifier ses relations extérieures, il a préservé des liens étroits avec Moscou. Parallèlement, la déclaration des Brics à New Delhi a critiqué les sanctions unilatérales et les restrictions commerciales, tout en évitant de s’opposer directement à la Russie au sujet de l’Ukraine.

Ces partenariats durables pourraient apporter à Moscou des éléments dont elle a un besoin presque aussi vital que du soutien à l’effort de guerre en Ukraine à savoir une intégration économique en Asie, une légitimité diplomatique et un rôle respecté au sein de groupements internationaux influents.

Pour Xi Jinping, Poutine demeure un acteur clé utile.

L’importance de la Russie pour la Chine

Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le président chinois Xi Jinping a déclaré à Poutine que les fondements des relations bilatérales entre les deux pays se renforceraient.

Les Européens qualifient souvent la Russie d’«État vassal» de la Chine, une perception qui reflète une réelle disparité économique : l’économie chinoise est environ huit fois plus importante que l’économie russe. De plus, la Russie réalise au moins 34% de son commerce international avec la Chine alors qu’elle ne représente qu’environ 4% du commerce chinois.

Toutefois, cette vision occulte un aspect crucial du partenariat qui ne se mesure pas uniquement par les échanges commerciaux bilatéraux. Pékin a tout intérêt à maintenir Moscou suffisamment forte pour qu’elle demeure une puissance indépendante. La Russie possède un arsenal nucléaire, un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu, d’immenses ressources énergétiques et de matières premières et une position stratégique à cheval sur l’Asie centrale et l’Arctique. Plus important encore, Moscou est prête à contester ce qui reste de l’ordre mondial dominé par les États-Unis.

L’implication de la Chine dans l’économie de guerre russe démontre que la relation entre les deux pays est plus stable que beaucoup en Europe ne le pensent.

À cet égard, Ross cite des documents révélés ce mois-ci par Politico indiquant qu’une entreprise publique chinoise a livré de la fibre de carbone —utilisée dans les drones d’attaque Geran— à Alabuga-Volokno, une filiale sous sanctions de Rosatom (le conglomérat nucléaire public russe). Une enquête antérieure du Robert Lansing Institute avait déjà attesté la présence de moteurs et de composants chinois dans des drones russes. L’année dernière, Reuters avait rapporté que des spécialistes chinois des drones collaboraient avec des fabricants russes

Cela ne prouve pas que chaque transaction ait été ordonnée par Pékin ni que le soutien chinois soit sans limites. Xi n’a aucun intérêt à se retrouver otage des décisions de Poutine et Pékin continuera de calibrer très soigneusement son exposition. Cela démontre toutefois à quel point il est trompeur d’assimiler la prudence rhétorique de la Chine concernant l’Ukraine à une prise de distance vis-à-vis de la Russie.

Pour Pékin, Moscou demeure un acteur clé et utile, dont les actions contribuent à l’émergence d’un ordre international alternatif au sein d’organisations telles que l’Organisation de coopération de Shanghai et les Brics, où l’influence des États-Unis et de l’Europe est moindre.

Ross soutient que l’Inde ne partage peut-être pas la vision chinoise de l’ordre mondial mais qu’elle ne voit aucun intérêt à isoler la Russie. Il en va de même pour le Kazakhstan et tout autre membre des Brics. Cette ambiguïté convient parfaitement à Poutine.

L’Europe a besoin de plus de réalisme

Ces derniers mois, marqués par l’escalade russe contre l’Ukraine et l’Europe ainsi que par le renforcement des liens diplomatiques de la Russie avec l’Asie, devraient servir de leçon aux dirigeants européens : leur tentative de faire pression sur les gouvernements pour les amener à choisir entre la Russie et l’Occident a clairement atteint ses limites voire a échoué.

Les relations de l’Union européenne (UE) avec l’Inde pourraient offrir un modèle plus pertinent. L’UE a en effet renforcé ses liens commerciaux avec l’Inde tout en adoptant un ton plus modéré concernant les relations entre New Delhi et Moscou.

Ross juge cela logique car il existe un potentiel considérable pour approfondir les relations avec l’Inde et l’Asie centrale. L’Europe peut proposer des investissements, des technologies, un accès au marché unique ainsi que des partenariats dans le domaine des minerais rares. Elle peut également offrir des voies de transport réduisant la dépendance à l’égard de la Russie comme le corridor transcaspien. En adoptant une telle approche, l’Europe peut s’adapter à une nouvelle réalité et œuvrer patiemment à creuser l’écart entre la Russie et ses partenaires.

Concernant la Chine, l’UE a déjà imposé des sanctions à un nombre croissant d’entreprises chinoises impliquées dans le contournement des sanctions et leurs activités dans l’industrie de la défense russe. La réussite de cette stratégie européenne à long terme pourrait dépendre de la volonté de l’UE d’étendre ces sanctions et de cibler des chaînes d’approvisionnement stratégiques lorsque les preuves confirmeront l’implication directe de grands fournisseurs chinois ou d’entreprises publiques chinoises.

L’escalade russe en Ukraine montre que Poutine parie toujours sur sa capacité à tenir plus longtemps que les soutiens de l’Ukraine. Il reste convaincu que la Russie est suffisamment connectée au reste du monde pour encaisser la pression occidentale. Il estime également que sa position est renforcée par ce qu’il perçoit comme un affaiblissement des États-Unis dû à la guerre avec l’Iran. La diplomatie des sommets menée par Poutine ces derniers mois suggère que, du moins pour l’instant, il a quelques raisons d’être confiant.

Toutefois, l’Europe n’est pas tenue d’accepter ce pari. Elle doit avant tout comprendre les dynamiques sous-jacentes à long terme et y répondre de manière appropriée. Si Poutine joue la carte du temps long, peut-être est-il temps pour l’Europe d’en faire autant.

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L’injustice infligée par la santé publique au Dr Jalel Taktak

21. September 2026 um 10:56

Le drame que vit aujourd’hui le Dr Jalel Taktak, ex-chef de service d’ophtalmologie à l’hôpital universitaire Ibn Al-Jazzar de Kairouan, est une véritable injustice que lui inflige, à 66 ans, la santé publique qu’il avait servie quarante ans durant.  

«Après avoir consacré sa vie à soigner les autres, mon père doit aujourd’hui se battre pour obtenir son propre traitement. La CNAM refuse la prise en charge de sa thérapie ciblée sous prétexte que le médicament coûte cher», a rapporté son fils dans un post Facebook.

Firas Taktak raconte : «Mon père a servi la santé publique pendant plus de 40 ans je me souviens très bien de ses jours de consultation où il dépassait les 14h de travail continu. Il avait fait une règle :  consultation sans rendez-vous. Peu importe le nombre de patients, peu importe l’heure, il reçoit tout le monde. Je l’ai vu faire ça pendant des années. Dans une ville de près de 700 000 habitants, il dépassait parfois les 1 000 interventions chirurgicales par an, dans une spécialité aussi délicate que l’ophtalmologie. Certains diront que c’est impossible ou surhumain mais ceux qui le connaissent peuvent en témoigner. Et malgré toutes les tentations, il n’a jamais voulu quitter le secteur public parce qu’il croyait profondément que la santé ne devait pas devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent payer. Aujourd’hui, il souffre d’un cancer métastatique, et c’est une réalité difficile à accepter, parce qu’il a toujours eu une hygiène de vie irréprochable : il n’a jamais fumé, jamais bu, faisait attention à son alimentation et à sa santé. Le seul facteur de risque que j’ai réellement connu dans sa vie, était ce stress permanent, cette pression quotidienne et ces années de travail intense. Après plus de 40 ans au service de la santé publique, voilà donc comment ce pays remercie ceux qui ont consacré leur vie aux autres : on transforme leur survie en calcul comptable. Il ne demande aucun privilège parce qu’il est médecin. Il demande d’être traité comme un patient, avec dignité et humanité. Mon père n’a jamais compté les patients qu’il soignait. Aujourd’hui, son pays compte le prix de sa vie.»

Beaucoup de collègues du Dr Taktak s’adressent au ministre de la Santé publique, Dr Mustapha Ferjani, médecin lui-même,  lui demandant d’intervenir personnellement pour que l’ophtalmologue chirurgien puisse disposer des médicaments dont sa santé a besoin. La balle est dans son camp…

I. B.  

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Lidl livre ses livraisons par un camion électrique sans conducteur

21. September 2026 um 09:41

Depuis le 15 septembre 2026, un camion électrique autonome sans cabine assure en Hesse, l’un des seize Länder composant l’Allemagne dont plus grande ville est Francfort-sur-le-Main, les livraisons d’un magasin Lidl. Derrière ce premier test sur route ouverte se joue bien plus qu’une simple expérimentation logistique.

Dans une zone logistique d’Edermünde, en Hesse, un poids lourd s’avance vers un magasin Lidl. Personne dans une cabine, car il n’y a tout simplement plus de cabine. Et pourtant, les palettes de produits secs arrivent bien à destination, jour après jour. Derrière cette scène presque irréelle se cache un projet commun entre Lidl et le spécialiste suédois des camions autonomes Einrede. Le tout est déjà testé en conditions réelles sur route ouverte en Allemagne.

Depuis le 15 septembre 2026, ce camion autonome sans cabine roule en service régulier. Il assure la liaison entre un centre de distribution et une filiale Lidl voisine. Il circule sur routes publiques allemandes avec une autorisation spéciale délivrée par l’Autorité fédérale des transports motorisés, le Kraftfahrt-Bundesamt. C’est le premier véhicule de ce type, sans cabine et sans conducteur à bord. Il obtient un tel feu vert pour rouler en Allemagne. De quoi poser beaucoup de questions sur la façon dont ce poids lourd roule seul. Et sur ce que Lidl cherche exactement avec ce test.

Le projet prend place autour du site Lidl d’Edermünde, en Hesse, près de Kassel. Le véhicule développé par Einrede est un camion 100 % électrique de niveau 4 sur l’échelle SAE d’autonomie. Il est dépourvu de cabine. Aucun chauffeur ni opérateur de sécurité ne se trouve à bord pendant les trajets. Le poids lourd enchaîne les rotations entre le centre de distribution et le magasin. Il circule dans le flot de la circulation ordinaire

Répondre à la pénurie de chauffeurs routiers

Pour cette première phase, la navette autonome reste sur un périmètre limité et très cadré. Le camion peut embarquer jusqu’à 15 euro-palettes et effectuer jusqu’à trois allers-retours par jour. La période d’essai prévue s’étend sur quatre mois, avec plus de 3 000 palettes à transporter sur cette seule liaison. Elles concernent essentiellement des produits secs. L’objectif affiché est de vérifier que ce fonctionnement s’intègre bien dans la logistique quotidienne d’un discounter alimentaire. Le test se déroule donc sur une liaison réelle, avec de vrais volumes à traiter

Derrière cette expérimentation, Lidl et Einride visent d’abord à répondre à la pénurie de chauffeurs routiers. Elle est très marquée en Allemagne comme ailleurs en Europe. En automatisant une partie des trajets répétitifs entre entrepôt et magasins, le distributeur espère sécuriser ses livraisons. Il veut aussi mieux stabiliser la disponibilité des produits en rayon. Les deux partenaires évoquent aussi une fiabilité accrue de la chaîne d’approvisionnement, grâce à des horaires plus prévisibles. Ils misent sur un pilotage centralisé de ces camions électriques autonomes. Car au fond, chaque trajet effectué sans conducteur sur ce type de parcours libère des ressources humaines. Elles peuvent être réaffectées à des missions plus variées dans le reste du réseau logistique.

Pour obtenir le permis, le projet a dû passer par un long processus de validation de sécurité en trafic réel. Il a été présenté au Kraftfahrt-Bundesamt. L’autorité allemande a délivré une première autorisation de ce type pour un camion sans conducteur Lidl. Le véhicule circule sur une route bien définie et surveillée. Si les résultats sont jugés concluants, Lidl et Einrede prévoient d’étendre le trajet actuel en un réseau de type de livraison. Plusieurs magasins seraient alors desservis lors d’une même tournée. D’autres déploiements au sein des sociétés du groupe Schwarz sont déjà à l’étude, avec le soutien de la plateforme allemande Mobility Data Space. Tout cela laisse entrevoir des scénarios plus ambitieux que cette seule navette d’Edermünde.

Habib Glenza

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L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats

21. September 2026 um 09:16

Ancrée dans une diplomatie du chéquier et adossée à une alliance de revers avec Israël et le Maroc, la monarchie d’Abou Dhabi multiplie les ingérences du Yémen au Sahel. Face à cette stratégie de déstabilisation et à la guerre hybride menée contre ses frontières, l’Algérie oppose une doctrine intangible de souveraineté, de non-alignement et de résilience historique.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

À titre de rappel, les Émirats et Israël ont établi leurs relations diplomatiques le 15 septembre 2020 lors de la signature des Accords d’Abraham à la Maison-Blanche. Curieusement, par pure coïncidence ou parce que parfois le hasard fait mal les choses, il y a moins d’un siècle à peine, Israël et les Émirats arabes unis n’existaient pas. Ils ont surgi le premier du néant et le deuxième du désert et ont fait du chemin. L’histoire diplomatique du Moyen-Orient moderne reste profondément marquée par le retrait britannique au début du siècle dernier : de cette même empreinte sont nés deux États aux trajectoires diamétralement opposées, Israël en 1947 et les Émirats arabes unis en 1971.

Aujourd’hui, Israël fait partie des puissances nucléaires de fait et dispose de plus de 300 ogives nucléaires. C’est un État surarmé qui compte sur le soutien quasi total des États-Unis, lesquels lui fournissent les armes les plus modernes et les plus ultrasophistiquées. Le territoire sur lequel se trouve cet État a été spolié à la Palestine. Après le retrait de la Grande-Bretagne, qui avait renoncé à son mandat en 1947, les Nations unies avaient partagé le territoire pour donner naissance à un État juif et un État arabe avec la bénédiction de Washington. La première guerre israélo-arabe (1948-1949) avait permis à cet État d’agrandir encore son territoire au détriment de celui de l’État arabe.

Les Émirats arabes unis, quant à eux, ont été créés il y a tout juste 55 ans, en 1971. Issus du regroupement d’un noyau de peuplades et de confédérations tribales dispersées le long de la Côte des Trèves, les Émirats n’éveillaient, jusqu’aux années 1960, que peu d’intérêt international. Comme d’autres régions de la péninsule, cette société n’avait connu que la tyrannie de la pauvreté ; désormais, elle doit s’accommoder de celle de la richesse. Non point cette richesse qui provient d’une révolution industrielle ou de cet effort gigantesque qu’accomplit une société sur elle-même pour se soustraire au déterminisme de la nature — du génie de ses ingénieurs et de ses ouvriers comme en Europe ou au Japon lors de leurs révolutions industrielles —, mais celle-là même qui est le produit direct de la rente pétrolière. À partir de cette époque, événements politiques et pétroliers vont se succéder à une allure vertigineuse, telle une machine en folie que personne ne pouvait plus arrêter. Avec la manne pétrolière, les Émiratis ont vu se multiplier leurs richesses, leurs partisans et leurs courtisans.

De la tente bédouine à la démesure géopolitique

Pour comprendre la trajectoire actuelle des Émirats arabes unis, il faut d’abord saisir le vertige psychologique qui a saisi ce pouvoir. En l’espace d’une seule génération, les Émiratis sont passés d’un dénuement pastoral absolu — celui des tentes et des caravanes de chameaux — à une opulence insolente matérialisée par des gratte-ciels de cent étages. Cette métamorphose fulgurante a engendré une véritable euphorie de la puissance.

Ce saut temporel et technologique sans transition a nourri un besoin viscéral de reconnaissance, compensant la jeunesse de l’État par une verticalité architecturale et financière spectaculaire. Porté par cette richesse monumentale, le pouvoir d’Abou Dhabi s’est laissé griser par une forme d’hubris géopolitique. Ce sentiment d’invulnérabilité pousse aujourd’hui ses dirigeants à croire que la puissance financière permet de tout régenter, des alliances économiques aux destins des nations millénaires du monde arabe. C’est précisément ce tournis de la richesse qui explique l’agressivité de leur diplomatie et leur volonté de bousculer des équilibres régionaux complexes, au risque de la démesure.

Cette diplomatie de la démesure ne surgit pas du néant ; elle réactive, sous des formes modernes, des codes comportementaux profondément ancrés dans l’histoire de la péninsule. Avant l’ère pétrolière, la survie dans ce désert hostile dictait des règles strictes, où la razzia et le contrôle forcé des routes commerciales et des caravanes constituaient la norme. L’adage populaire «Chassez le naturel, il revient au galop» trouve ici une résonance singulière.

Derrière les paravents technologiques et les fonds souverains d’Abou Dhabi, subsiste le réflexe atavique de s’accaparer les richesses d’autrui par la force ou l’ingérence. Qu’il s’agisse de monopoliser la gestion des ports stratégiques de la mer Rouge et d’Afrique, d’exploiter les ressources de pays en crise comme le Yémen ou le Soudan, ou de déstabiliser des économies régionales, la logique demeure identique. La prédation économique contemporaine n’est que la continuation, en costume de diplomate et en col blanc, des anciennes traditions de brigandage du désert.

Derrière la vitrine financière de Dubaï et les investissements technologiques étalés par Abou Dhabi se cache ainsi un activisme régional qui s’apparente à une véritable métastase géopolitique. Du Yémen à la Libye, en passant par le Soudan et le Sahel, la diplomatie émiratie s’est traduite par une méthode constante : la déstabilisation et la fragmentation des États souverains. Cette ingérence permanente a fini par provoquer une onde de choc au Maghreb : le 10 septembre 2026, l’Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, sommant leur ambassadeur de quitter le territoire sous 48 heures et fermant son espace aérien aux appareils émiratis. En dénonçant une accumulation d’actes hostiles, Alger tirait les conséquences logiques d’une doctrine devenue incompatible avec la stabilité de la région.

Cette projection extérieure ne repose pourtant sur aucun socle national réel. Dépourvue de profondeur démographique et d’armée pléthorique, la monarchie d’Abou Dhabi a dû sous-traiter l’intégralité de sa sécurité et de sa projection de force : recrutement de mercenaires étrangers, cadres militaires occidentaux intégrés au commandement et financement massif de milices locales.

Ce modèle d’interventionnisme par procuration a connu une accélération brutale dans le sillage des soulèvements populaires de 2011, vécus à Abou Dhabi comme une menace existentielle pour la survie du régime. Pour étouffer dans l’œuf toute dynamique démocratique ou alternative politique dans le monde arabe, la monarchie a projeté son appareil hybride bien au-delà du Golfe. La normalisation scellée avec Israël en 2020 est venue parachever cette construction : un calcul d’un pragmatisme froid visant à s’adosser au bouclier sécuritaire et technologique de l’axe israélo-américain pour poursuivre ses ingérences régionales sans en payer le prix diplomatique.

Le devoir de soumission et la faillite du parapluie sécuritaire

Ce système qui sévit dans la région du Proche-Orient affiche une apparence institutionnelle — des gouvernements et des assemblées aux ordres —, mais il recouvre une réalité géopolitique tangible : un axe américano-israélien omniprésent et omniscient. Vers cette réalité convergent en fait, tous les fils qui animent et motivent les gesticulations des hommes et des rouages apparemment investis du pouvoir de décision au Proche-Orient. Cette convergence constitue la matrice du système américano-israélien. Elle fut longtemps recouverte d’un flou artistique savamment entretenu, destiné à donner l’illusion d’une répartition rationnelle des rôles dans la gestion des affaires régionales.

L’axe américano-israélien n’a pas d’alliés au Proche-Orient ; il n’a que des vassaux. La plupart des États arabes semblent avoir oublié cette réalité historique, ignorant le célèbre avertissement d’Henry Kissinger : «Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.». 

Sous les pressions conjointes de Washington et de Tel-Aviv — qui les contraignent à s’aligner contre l’Iran —, des pays en principe souverains se laissent réduire à la triste condition de satellite. Face à cet axe, beaucoup de dirigeants arabes ont adopté un réflexe de vassal et une attitude de servile soumission. En bradant leur indépendance et leur souveraineté nationales, ils ont franchi la ligne qui sépare le partenaire de l’inféodé, l’allié de la simple marionnette.

Cependant, une question fondamentale se pose aujourd’hui : en quoi a réellement servi cette prétendue protection ? L’épreuve des récents développements régionaux en dévoile toute l’illusion. Conçues à l’origine pour dissuader l’Iran et protéger les monarchies du Golfe, des installations comme la base aérienne d’Al Dhafra ou la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis accueillent d’importants contingents et équipements américains. Dans le cadre des escalades actuelles, ces infrastructures se sont transformées, malgré elles, en rampes de lancement et en plateformes de soutien logistique ou opérationnel pour les forces américaines.

La réplique iranienne ne s’est pas fait attendre. Bien que le président iranien, Masoud Pezeshkian, ait explicitement déclaré que Téhéran n’avait «aucun problème» avec ses voisins du Golfe comme les Émirats, la présence militaire américaine à leurs frontières est perçue par l’Iran comme une menace directe et une justification légitime pour cibler ces installations en guise de représailles aux attaques américano-israéliennes.

Les conséquences stratégiques de cet engrenage sont cinglantes : au lieu de constituer un bouclier protecteur, les bases américaines ont agi comme de véritables aimants à missiles. Cette situation pousse désormais les Émirats arabes unis et d’autres États du Golfe à réévaluer leur dépendance sécuritaire vis-à-vis de Washington. Constatant l’extrême vulnérabilité de leur territoire, plusieurs pays de la région explorent aujourd’hui de nouvelles options diplomatiques et tentent d’initier des discussions directes avec Téhéran pour préserver leur propre sécurité nationale.

Dans les états-majors de Tel-Aviv, le constat demeure purement comptable : les Émirats arabes unis ne constitueront jamais la moindre menace militaire. Sans profondeur stratégique et bridée par une population nationale numériquement marginale, la monarchie ne risquera jamais de contester la suprématie israélienne. Pour l’État hébreu, la normalisation ne relève donc aucunement d’une alliance entre égaux, mais de l’intégration d’un auxiliaire financier et diplomatique parfaitement aligné.

En laissant Abou Dhabi étendre ses tentacules au Yémen, au Soudan ou dans la Corne de l’Afrique, Israël applique une politique de laisser-faire méthodique. Ce rôle de sous-traitant sert les intérêts de Tel-Aviv : la diplomatie émiratie s’attelle à morceler les États arabes centraux, traquer l’opposition politique et verrouiller les voies maritimes, accomplissant la besogne sans qu’Israël n’ait à exposer ses propres soldats. En contrepartie, l’appareil sécuritaire israélien fournit à Abou Dhabi ses technologies de surveillance et son parapluie d’influence à Washington.

Cette convergence s’appuie sur une alliance d’intérêts où la ressource financière du Golfe offre la logistique matérielle à une logique de domination et de démantèlement des souverainetés. Comment les Émirats ne fascineraient-ils pas ? Pour séduire les cœurs et les esprits, Abou Dhabi se présente avec le visage affable d’une société accueillante, jouissant d’une opulence qui éclaire le monde arabe et promet la prospérité. Devenu maître des symboles, cet État se présente avec la séduisante apparence des enchanteurs de toujours. Mais derrière ce discours sur sa prétendue stature géopolitique se dessine la réalité d’un simple exécutant, au service d’une stratégie qui divise les pays arabes, neutralise la cause palestinienne et consolide l’hégémonie de son nouvel allié.

L’Afrique comme laboratoire de l’ingérence émiratie

C’est sur le continent africain que l’expansionnisme émirati déploie ses effets les plus destructeurs. Sous le couvert d’investissements, d’aide humanitaire ou de coopération sécuritaire, Abou Dhabi a méthodiquement étendu son ombre sur le Soudan, la Libye et la Corne de l’Afrique. La méthode ne varie jamais : repérer des factions armées ou des hommes forts en rupture de ban, les inonder de capitaux et d’équipements militaires, puis verrouiller en échange les infrastructures névralgiques et les ressources du sous-sol.

Au Soudan, cette politique de parrainage a viré au désastre. Le soutien logistique et armé massif accordé aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti alimente un conflit d’une violence inouïe. Les rapports d’experts des Nations unies et des ONG documentent un circuit économique parfaitement rodé : Dubaï sert de plaque tournante pour le blanchiment et le commerce de l’or extrait des zones de combat, dont les revenus financent de nouvelles cargaisons d’armes, tout en visant le contrôle direct du littoral de Port-Soudan sur la mer Rouge. Parallèlement, l’injection de fonds souverains émiratis dans les économies occidentales sert de bouclier diplomatique pour acheter la complaisance internationale.

Cette réputation de plaque tournante du blanchiment et des capitaux suspects déborde désormais largement le continent africain et le Moyen-Orient : le rappel récent de l’ambassadeur de Bulgarie aux Émirats, sur fond d’enquêtes anticorruption visant des sociétés écrans et des vols en jet privé au profit d’oligarques sanctionnés, en offre une illustration européenne frappante.

En Libye, le choix d’Abou Dhabi s’est porté sur le maréchal Khalifa Haftar. Au mépris des embargos de l’Onu, la monarchie a financé des ponts aériens, livré des drones de combat et acheminé des contingents de mercenaires pour appuyer l’offensive contre Tripoli, cherchant à bloquer toute transition démocratique et à mettre la main sur les mannes pétrolières.

Dans la Corne de l’Afrique, l’ingérence prend la forme d’un verrouillage portuaire et sécuritaire. En contournant l’État central somalien pour signer des accords directs avec les régions du Somaliland et du Puntland, Abou Dhabi a sciemment fragilisé l’équilibre politique local afin de contrôler le détroit de Bab-el-Mandeb et d’assujettir le commerce maritime régional à ses propres intérêts.

L’Axe de revers : Israël-Émirats-Maroc

Après le Soudan et la Libye, le pouvoir émirati a étendu ses manœuvres au Sahel. Du Mali au Niger, Abou Dhabi s’est immiscé dans un espace frontalier hautement inflammable, instrumentalisant la fragilité des juntes militaires locales pour y installer ses réseaux d’influence. Sous couvert d’aide financière, la monarchie injecte des capitaux qui ravivent les tensions communautaires, contraignant Alger à maintenir une vigilance militaire constante sur un périmètre stratégique immense : l’Algérie partage en effet plus de 6 385 kilomètres de frontières terrestres avec ses sept pays voisins.

Tous ces pays limitrophes connaissent une période de grande instabilité — conflits fratricides, tensions ethniques, prolifération de groupes terroristes et crises migratoires d’une ampleur dramatique. Cette ceinture d’instabilité représente une menace permanente pour la région subsaharienne et le Maghreb. Pour préserver son intégrité territoriale, l’Algérie doit mobiliser des ressources considérables afin de contrecarrer les effets déstabilisateurs subis par ces populations déplacées et contenir les flux d’insécurité importés.

Pour Alger, ces agissements s’inscrivent dans la réalité matérielle d’une alliance de revers formalisée dans le sillage des Accords d’Abraham de 2020. La répartition des rôles s’y opère avec une rigueur limpide. D’une part, Israël assure la fourniture d’équipements de pointe, notamment des logiciels d’infiltration cybernétique comme Pegasus, des drones de combat et des systèmes de guerre électronique. D’autre part, Abou Dhabi assume le rôle de bailleur de fonds global en mobilisant sa manne pétrolière pour financer ces contrats tout en activant ses relais diplomatiques. Enfin, le Maroc offre son territoire pour maintenir une pression politique et militaire continue sur la frontière occidentale de l’Algérie.

Cette stratégie de fait s’est matérialisée par des actes précis visant à imposer un fait accompli contraire au droit international : ouverture de représentations diplomatiques fictives à Laâyoune, accords de défense autorisant la présence de cadres militaires israéliens au Maroc et soutien financier à des foyers d’instabilité au Sahel. Face à cette géopolitique du fait accompli, l’Algérie oppose la force du droit international : le principe inaliénable de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation, le respect des résolutions de l’Onu et le refus absolu de toute ingérence étrangère.

L’activisme d’Abou Dhabi ne réussit pas à masquer les faiblesses structurelles du modèle émirati. La diplomatie du chéquier et la sous-traitance sécuritaire ne fabriquent pas une puissance géopolitique durable. Dépourvu de profondeur territoriale et de légitimité historique, l’État émirati repose sur un équilibre extrêmement fragile. Son économie dépend entièrement du dessalement d’eau de mer, des flux logistiques internationaux et de sa réputation bancaire. Il suffirait d’une étincelle dans le Golfe pour que la narration de la stabilité s’effondre et que les capitaux s’envolent. Dès qu’il se heurte à des États nationaux structurés, le modèle révise d’ailleurs rapidement ses prétentions. L’arbitrage saoudien en a offert la preuve : lorsque Riyad a exigé la fin de ses manœuvres autonomes, Abou Dhabi s’est exécuté et s’est retiré sans résistance.

Face aux tentatives d’encerclement de cet axe de revers, l’Algérie cherche à desserrer l’étau et à éviter de se retrouver prise en tenaille en déployant une stratégie de neutralisation rigoureuse — le voisin marocain à l’Ouest, les milices libyennes sous perfusion à l’Est et les brasiers sahéliens au Sud. Au Sahel, la diplomatie algérienne a réactivé ses canaux avec Niamey et Bamako, rappelant aux décideurs locaux que la sécurité durable du Sahara dépend de la coopération transfrontalière et non de promesses financières volatiles. Sur le flanc oriental, elle arrive à colmater la brèche : un dispositif militaire étanche le long de la frontière libyenne a contenu tout risque de débordement. Dans ce schéma, la Tunisie s’affirme comme un partenaire souverain et indéfectible : la convergence entre Alger et Tunis consolide un axe de stabilité au nord-est du Maghreb et contribue à préserver cet espace de toute tentative d’ingérence ou de déstabilisation.

Le bouclier algérien : souveraineté et dignité

Les analyses suggérant que l’Algérie devrait renoncer à son soutien à la cause palestinienne pour se replier sur ses enjeux intérieurs méconnaissent profondément les fondements de sa doctrine. Hérité de la guerre de libération de 1962, cet engagement envers la justice et la libération des peuples est consubstantiel à l’identité politique du pays. Une diplomatie fondée sur des principes demeure le meilleur rempart contre l’isolement.

L’Algérie s’est forgée à travers les tempêtes de son histoire. Ce ne sont certainement pas les manœuvres d’un État récent, dépendant de capitaux et de prestataires privés, qui entameront sa trajectoire. En tranchant par la décision du 10 septembre 2026 — la rupture des canaux diplomatiques, l’expulsion de l’ambassadeur émirati et la fermeture de l’espace aérien —, l’Algérie a rappelé une vérité fondamentale : sa souveraineté ne s’achète pas, elle ne se négocie pas et elle ne cédera devant aucun marchand d’illusion.

 * Médecin algérien au Canada.

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