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Crevette rouge | Bruxelles appelle Tunis à respecter ses quotas de pêche

30. Juli 2026 um 14:12

La Commission européenne a confirmé que l’interdiction d’importation dans l’Union européenne (UE) de crevettes rouges tunisiennes destinées au marché italien est liée au dépassement des quotas de pêche attribués à la Tunisie dans le cadre de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), quotas dont la Tunisie demande la révision sur la base de statistiques actualisées.

En réponse à une demande de commentaire de l’Agenzia Nova, un porte-parole de la Commission a expliqué que «les quotas de 2026 pour la crevette rouge ont été arrêtés par l’organisation régionale de gestion des pêches compétente — à savoir la Commission générale des pêches pour la Méditerranée, CGPM — lors de sa 48e session annuelle en 2025». Ces quotas, a souligné Bruxelles, «représentent les limites de capture officielles que toutes les parties contractantes de la CGPM doivent respecter, y compris la Tunisie».

Selon la Commission, les données actualisées transmises par les autorités tunisiennes font apparaître des niveaux de capture supérieurs au quota attribué. «Les données révisées sur les captures et la production soumises par la Tunisie dépassent le quota alloué et ne sont donc pas conformes aux limites établies par la CGPM», a déclaré le porte-parole à Nova.

Les informations communiquées par Tunis seront désormais examinées dans le cadre des mécanismes prévus par l’organisation régionale elle-même.

Bruxelles a également précisé que l’interdiction d’entrée des crevettes rouges tunisiennes sur le marché européen découle directement de l’application de la réglementation européenne contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Bruxelles : «La pêche sans quota constitue une pêche illicite»

Cette législation met en place un système visant à empêcher l’entrée sur le marché de l’UE de produits de la pêche obtenus en violation des règles internationales. «Conformément au cadre établi par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la pêche sans quota constitue une pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN)», a expliqué la Commission.

À ce titre, les États membres de l’UE «sont légalement tenus de refuser les importations issues de la pêche INN afin de protéger le marché européen et de garantir une concurrence loyale aux opérateurs qui respectent les règles». C’est sur cette base juridique qu’ont été refusées les exportations de crevettes rouges tunisiennes vers l’Italie.

Cette question revêt une importance particulière pour le secteur halieutique tunisien, qui considère la crevette rouge comme un produit d’exportation à forte valeur ajoutée. Ces derniers jours, les autorités tunisiennes et les acteurs du secteur ont exprimé leurs préoccupations quant à l’impact économique de l’interdiction d’importation de la part de l’UE, appelant à des discussions avec les institutions européennes.

Dans une réponse écrite à une question parlementaire de la députée Fatma Mseddi, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a fait valoir que les limites actuelles reposaient sur des «données statistiques incomplètes et non représentatives des niveaux de capture réels» du pays. Selon le ministère, le plan de gestion de la crevette rouge dans le détroit de Sicile, adopté par la CGPM en 2022, prévoyait des quotas distincts pour la Tunisie et l’UE sur une période transitoire allant de 2023 à 2025, impliquant une réduction annuelle de 3 % des captures autorisées. Toutefois, Tunis soutient que le quota national a été calculé à partir de données initialement issues de la base de données de la FAO — et vérifiées ultérieurement en octobre 2022 — qui ne reflétaient pas l’activité de pêche réelle du pays.

Tunis demande la révision des quotas sur des données actualisées

Les autorités tunisiennes affirment qu’«un examen des statistiques officielles a révélé des captures réelles nettement supérieures à celles précédemment déclarées ; ces chiffres ont été corrigés et saisis dans le système officiel de la CGPM le 6 mars 2024».

Le document souligne en outre que, malgré les corrections statistiques, la répartition des quotas est restée «inchangée, car elle reposait également sur des données historiques présentées par la partie européenne».

Le ministère estime que cela a désavantagé la Tunisie, dont le système national de collecte de données était encore en phase de développement, alors que l’UE disposait d’une base statistique plus solide.

Selon Tunis, la partie européenne n’a soulevé aucune objection quant à l’application effective des quotas durant la période transitoire, laissant ainsi penser que le dossier faisait toujours l’objet de négociations.

Pour faire face à la situation, les autorités tunisiennes ont mis en place une cellule de crise chargée de coordonner les initiatives techniques et diplomatiques, et engagé des consultations avec le ministère des Affaires étrangères et les professionnels du secteur. Elles ont aussi entamé des échanges avec les autorités européennes afin de trouver une solution permettant la reprise des exportations de crevettes rouges vers le marché italien.

Parallèlement, Tunis a soumis «des demandes formelles à la CGPM en vue d’une révision du quota national fondée sur des données actualisées concernant la production réelle déclarée en avril 2026», tout en réclamant un «réexamen des limites de pêche fixées dans la recommandation actuelle».

Bruxelles confirme que «des contacts sont en cours avec les autorités tunisiennes ainsi qu’avec celles des États membres concernés». L’exécutif européen précise en outre que l’UE «se tient prête à soutenir la Tunisie dans le respect de ses obligations».

S’agissant d’une éventuelle révision du quota alloué à la Tunisie, la Commission laisse ouverte la possibilité de décisions futures dans le cadre de la CGPM, sans toutefois indiquer de position arrêtée.

Une décision concernant les nouveaux niveaux de capture pour la crevette rose du large, dans le cadre du plan de gestion pluriannuel pour le détroit de Sicile (CGPM/45/2022/5), pourrait être adoptée lors de la prochaine session annuelle de la CGPM, prévue pour octobre 2026. C’est à ce moment-là que l’UE définira et présentera sa position de négociation.

L’issue de la réunion d’automne pourrait ainsi s’avérer décisive pour toute éventuelle actualisation des quotas de pêche dans le détroit de Sicile, si de nouvelles données scientifiques et de production fournies par les parties contractantes — y compris la Tunisie — justifiaient une révision des limites de capture.

D’ici là, toutefois, les quotas actuellement approuvés par la CGPM ainsi que les obligations découlant de la législation européenne de lutte contre la pêche INN demeureront en vigueur.

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La Tunisie s’active, sous pression, à réformer son réseau électrique

30. Juli 2026 um 13:34

Ce n’est pas la solution miracle au déficit énergétique de la Tunisie, dont le taux dépasse aujourd’hui 60%, mais c’est une solution temporaire qui peut aider le pays à dépasser la crise qu’il traverse depuis deux semaines, marquée par des coupures intempestives d’électricité dues à la forte hausse de la demande dans un contexte de canicule estivale. Solutions temporaires en attendant l’entrée en production des nombreuses centrales solaires photovoltaïques en cours de construction.     

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) vient d’annoncer la mise en service d’un transformateur de 360 ​​mégavolt-ampères (MVA) au poste à haute tension de Mornaguia, un nœud majeur du réseau alimentant l’agglomération de Tunis, ainsi que l’arrivée imminente d’une seconde unité de 400 MVA. Ces deux équipements fabriqués en Chine permettront d’accroître la capacité du réseau national de transport. Et d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement en électricité.

Bien que la mise en service du premier transformateur constitue une avancée, les experts estiment que cette infrastructure aurait dû être achevée dès 2020. Ce retard de plusieurs années illustre les difficultés rencontrées pour investir dans la modernisation du réseau national.

Renforcer la résilience du réseau de la Steg durant les mois d’été

Ce projet est désormais complété par un second transformateur de 400 MVA, qui accroîtra encore la capacité de transport d’électricité et réduira les risques de congestion lors des pics de demande. L’objectif de la Steg est de renforcer la résilience du réseau, en particulier durant les mois d’été, période où l’utilisation généralisée de la climatisation porte la consommation d’électricité à ses niveaux les plus élevés de l’année.

Sur le plan technique, un transformateur de ce type ne produit pas d’énergie, mais il joue un rôle essentiel dans le réseau de transport : il transforme les niveaux de tension entre les différentes sections du réseau électrique, augmentant ainsi la capacité de transport d’énergie et réduisant les pertes.

Une disponibilité accrue de puissance aux nœuds stratégiques permet également le raccordement de nouvelles centrales de production et une distribution plus efficace de l’électricité vers les centres de consommation.

Toutefois, les récentes coupures d’électricité enregistrées dans plusieurs régions du pays ne sont pas uniquement dues à des défaillances techniques ; elles reflètent une gestion planifiée du réseau visant à éviter un effondrement lors des pics de consommation. Ces dernières semaines, la Steg a procédé à des coupures temporaires d’électricité dans de nombreuses zones du Grand Tunis et dans d’autres gouvernorats, alors que les températures atteignaient 50 degrés Celsius, alimentant ainsi la controverse sur la capacité du système à répondre à une demande croissante.

La modernisation du réseau revêt également une importance stratégique dans le contexte de la transition énergétique de la Tunisie. Le pays accélère le développement de nouveaux parcs photovoltaïques et éoliens et vise à accroître considérablement la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. L’augmentation de la production issue de sources intermittentes nécessite un réseau de transport plus robuste et plus flexible, capable d’absorber et de distribuer des volumes d’électricité plus importants.

Le renforcement des infrastructures électriques est également étroitement lié aux grands projets d’interconnexion internationale, notamment le câble sous-marin Elmed, qui reliera la Tunisie à l’Italie via la Sicile. L’augmentation de la capacité du réseau national est une condition nécessaire pour que le pays puisse tirer parti des futures exportations d’énergie et s’intégrer progressivement au marché de l’électricité euro-méditerranéen.

Toutefois, la question des investissements requis pour rattraper des années de retard dans la maintenance et la modernisation des infrastructures reste en suspens. L’arrivée des deux transformateurs constitue un signe concret de renforcement du réseau, mais les experts s’accordent à dire qu’un programme plus vaste d’interventions sur les lignes à haute tension, les postes électriques et les capacités de production sera nécessaire pour garantir la sécurité énergétique de la Tunisie dans les années à venir.

Améliorer la performance et la gouvernance de la Steg

Le 14 juillet, le Parlement a approuvé deux projets de loi autorisant des accords de garantie de l’État pour des prêts accordés par la Banque mondiale à la Steg, destinés à financer le programme d’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance du secteur énergétique.

Les deux accords ont été signés le 3 novembre 2025, et l’examen parlementaire a débuté le 10 juillet.

Le premier concerne un prêt de 384,8 millions d’euros (environ 1,3 milliard de dinars tunisiens) accordé à la Steg pour soutenir le programme de réforme du secteur de l’énergie. Le projet de loi a été adopté par 72 voix pour, 6 abstentions et 19 voix contre. Ce prêt, d’une durée de 43 ans incluant une période de grâce de sept ans, prévoit, outre les investissements, une série de réformes structurelles, telles que la création d’une autorité de régulation du secteur de l’énergie, l’adoption des normes internationales d’information financière (IFRS) par la Steg et le renforcement du recouvrement des créances.

Le second projet de loi autorise une garantie de l’État pour un prêt de 30 millions de dollars (environ 25,7 millions d’euros) accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird), agissant en tant qu’organisme d’exécution du Fonds pour les technologies propres ; ce prêt vise également à financer le programme d’amélioration de la performance et de la gouvernance de la Steg.

Lors d’une récente réunion au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis avec des représentants du secteur, plusieurs propositions ont été présentées, notamment l’intégration de transformateurs hybrides et de systèmes de stockage par batterie, le déploiement de compteurs intelligents, la simplification des procédures administratives, l’introduction de nouvelles mesures incitatives et d’allégements fiscaux, ainsi que la mise à jour du cadre réglementaire pour encourager les investissements dans la production d’électricité à partir de sources renouvelables.

Le ministre Salah Zouari a rappelé que «la STEG a récemment publié un document technique réglementant l’installation, par les clients résidentiels, de batteries associées à des transformateurs hybrides pour les systèmes photovoltaïques, une initiative préparée ces derniers mois pour encourager le développement de l’autoconsommation énergétique».

La Tunisie vise à porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 35 % d’ici 2030 et à 50 % d’ici 2035 — contre 9 % actuellement — grâce à l’installation d’une capacité éolienne et solaire de 5 000 mégawatts.

Selon des données récemment publiées par le ministère, l’État consacre chaque année plus de trois milliards de dinars (environ 900 millions d’euros) en subventions pour couvrir une partie des coûts de production d’électricité, alors que le pays continue d’importer environ 80 % de ses besoins en gaz naturel et 10 % de sa consommation d’électricité, malgré un taux d’électrification atteignant 99 % de la population.

Le programme de réforme de la Steg, prévu jusqu’en 2028, comprend le rééquilibrage financier de l’entreprise, l’amélioration de l’efficacité commerciale et technique, le recouvrement des créances et le renforcement de la gouvernance.

Parmi les projets majeurs figurent la construction d’un corridor électrique entre le nord et le sud de la Tunisie pour favoriser l’intégration des énergies renouvelables au réseau national, la modernisation des infrastructures de distribution, l’installation de 150 000 compteurs intelligents lors de la phase initiale et l’amélioration de la qualité du service.

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Tunisie-Algérie | Les graines de la discorde

30. Juli 2026 um 12:43

La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

Khémaïs Gharbi *

Les nations ne sont pas seulement menacées par les armes. Elles le sont tout autant par les mots, les rumeurs, les manipulations et les divisions savamment entretenues. Depuis toujours, les puissances qui convoitent un pays savent qu’il est souvent plus efficace de dresser un peuple contre lui-même ou contre ses voisins que de l’affronter directement.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Située au cœur de la Méditerranée, ouverte sur l’Europe, appartenant au Maghreb et au monde arabe, elle occupe une position géostratégique qui suscite naturellement l’intérêt de nombreux acteurs internationaux. Chacun défend ses intérêts, parfois de manière légitime, parfois en cherchant à influencer les équilibres régionaux.

Lorsque les difficultés économiques, les tensions sociales et les incertitudes politiques fragilisent un pays, celui-ci devient plus vulnérable aux campagnes d’influence. Les frustrations populaires peuvent alors être orientées vers des adversaires désignés, parfois sans rapport avec les véritables causes des problèmes. Il devient alors facile de semer les graines de la discorde.

L’une des méthodes les plus efficaces consiste à détériorer les relations entre deux peuples qui ont pourtant bâti, au fil des siècles, une histoire commune faite de solidarité, de respect et de bon voisinage. Les liens entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard. Ils se sont forgés dans la géographie, dans l’histoire, dans les échanges humains, économiques et culturels, mais aussi dans les épreuves traversées ensemble.

Une histoire de solidarité, de respect et de bon voisinage

Ces deux peuples n’ont jamais construit leur relation sur la confrontation. Au contraire, ils ont appris à vivre côte à côte, à s’entraider lorsque les circonstances l’exigeaient et à préserver une frontière parmi les plus paisibles de la région. Cette réalité historique mérite d’être protégée.

C’est précisément parce que cette relation est solide qu’elle peut devenir la cible de ceux qui auraient intérêt à la fragiliser. Il suffit parfois d’une déclaration sortie de son contexte, d’une phrase interprétée de manière malveillante, d’une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux ou d’une campagne de désinformation pour tenter de transformer un geste de solidarité en sujet de discorde.

Récemment encore, une déclaration du président algérien Abdelmadjid Tebboune **, exprimée dans un esprit de soutien à la Tunisie, a été exploitée par certains pour tenter d’y voir une ingérence ou un motif de polémique. Les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en caisse de résonance où les interprétations les plus excessives ont parfois pris le pas sur la raison.

L’histoire de notre région offre pourtant une leçon qu’il serait dangereux d’oublier. Les divergences politiques, même profondes, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel lorsque les intérêts supérieurs d’un peuple sont en jeu.

La crise de Bizerte en 1961 en est l’une des plus belles illustrations. À cette époque, les relations entre le président Habib Bourguiba et le président Gamal Abdel Nasser étaient particulièrement tendues. Les désaccords étaient publics, parfois virulents, et semblaient difficilement conciliables.

Mais lorsque la Tunisie affronta la France lors de la bataille de Bizerte, les querelles s’effacèrent devant l’intérêt supérieur de la nation tunisienne. L’Égypte apporta immédiatement son soutien politique, militaire et diplomatique à la Tunisie. Bourguiba, le gouvernement tunisien et le peuple accueillirent avec émotion cette solidarité venue d’un pays frère. Ce geste démontrait qu’au-delà des divergences, il existait une conscience commune face à une menace extérieure.

Nasser avait cité à cette occasion un proverbe qui illustrait la vieille sagesse du monde arabe : «Moi et mon frère contre notre cousin ; moi, mon frère et notre cousin contre l’étranger.» 

Derrière cette formule se cache une vérité politique intemporelle : les différends entre frères ne doivent jamais devenir une arme entre les mains de ceux qui cherchent à les diviser.

Faire face avec discernement aux tentatives de manipulations

C’est précisément cette sagesse que nous gagnerions à retrouver aujourd’hui. Les désaccords peuvent exister entre gouvernements, les opinions peuvent diverger, mais ils ne devraient jamais conduire les peuples à oublier tout ce que l’histoire, la géographie et les sacrifices communs ont construit entre eux.

Les véritables amis d’un peuple ne cherchent pas à l’isoler de ses voisins ; ils cherchent au contraire à renforcer les liens qui contribuent à sa stabilité. La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

L’histoire enseigne une leçon simple : les peuples qui se laissent diviser servent souvent les intérêts d’autres qu’eux-mêmes. À l’inverse, ceux qui savent préserver leurs relations de confiance renforcent leur souveraineté et leur capacité à faire face aux défis.

Les Tunisiens ont toujours fait preuve de discernement face aux tentatives de manipulation. Il faut espérer qu’ils continueront à exercer cet esprit critique, en refusant les discours qui cherchent à fabriquer des ennemis là où l’histoire a construit des frères.

Les graines de la discorde ne germent que lorsqu’on les arrose. À chacun de veiller à ce que la sagesse, la mémoire et le respect mutuel soient plus forts que les semeurs de division.

* Ecrivain et traducteur.

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Top casinos accessibles depuis la Tunisie [FR Casino]

30. Juli 2026 um 11:30

Les joueurs en Tunisie aujourd’hui ont la possibilité de jouer à leurs jeux préférés sans quitter leur domicile. Les plateformes en ligne proposent souvent un large choix de jeux, des bonus attractifs et des paiements rapides.

Cependant, il existe aussi un inconvénient : les règles concernant le casino Tunisie sont limitées. Y compris à cause des motifs et des facteurs culturels et religieux.

Artem Lukashov, expert chez Tribuna.com, a souligné dans ses articles que, face à l’absence de régulation locale en Tunisie, les joueurs doivent privilégier des organismes internationaux certifiés par des licences reconnues (MGA, Curaçao).

Il met également en avant l’importance de choisir des plateformes proposant des méthodes de paiement flexibles, comme les cryptomonnaies. Il est beaucoup plus probable, de cette manière, d’assurer des transactions vraiment fluides. De plus, on pourrait contourner les restrictions bancaires locales.

Malgré cela, les plateformes en ligne restent une option pratique, moderne et très appréciée par de nombreux joueurs en Tunisie.

Casino en ligne Tunisie : accessibilité et fonctionnement

Les casinos en ligne accessibles depuis la Tunisie fonctionnent de manière simple et intuitive. Ils sont conçus pour permettre une inscription rapide et un accès immédiat aux jeux.

Fonctionnement général :

  1. Création d’un compte en quelques minutes
  2. Vérification d’identité (procédure KYC)
  3. Dépôt via plusieurs méthodes de paiement
  4. Accès aux jeux instantané
  5. Retrait des gains selon les conditions

Les plateformes modernes sont compatibles avec tous les appareils, ce qui rend l’expérience fluide et accessible. Cette facilité d’utilisation est un point fort majeur.

Types de jeux disponibles dans un casino Tunisie en ligne

Les plateformes online proposent une grande diversité de jeux pour répondre aux attentes de tous les joueurs, du débutant au plus expérimenté.

Catégories principales :

  • Machines à sous avec thèmes variés
  • Jeux de table classiques (roulette, blackjack, baccarat)
  • Casino en direct avec croupiers professionnels
  • Jeux à jackpot progressif
  • Jeux virtuels et instantanés

Les fournisseurs comme NetEnt ou Microgaming garantissent des jeux de qualité et équitables.

Avantages et inconvénients :

Le succès d’une plateforme repose sur plusieurs avantages qui attirent un large public.

Ces éléments doivent être pris en compte avant de choisir un casino Tunisie en ligne.

Tableau comparatif des caractéristiques clés :

Ce tableau montre que les casinos en ligne offrent plus de flexibilité et de choix.

Moyens de paiement dans un casino en ligne Tunisie

Les méthodes de paiement jouent un rôle essentiel dans l’expérience utilisateur. Les plateformes proposent plusieurs solutions adaptées aux joueurs tunisiens.

Options disponibles :

  • Cartes bancaires (Visa, Mastercard)
  • Portefeuilles électroniques (Skrill, Neteller)
  • Cryptomonnaies (Bitcoin, Ethereum)
  • Cartes prépayées

Critères de choix :

  • Rapidité des transactions
  • Frais éventuels
  • Sécurité des paiements
  • Disponibilité dans votre pays

Les paiements électroniques sont souvent privilégiés pour leur rapidité.

Sécurité et licences: réglementation des jeux d’argent en Tunisie

La Tunisie ne dispose pas d’un cadre légal complet pour les casinos en ligne. Les joueurs accèdent donc principalement à des plateformes étrangères. Les sites fiables possèdent des licences reconnues et utilisent des technologies de protection avancées (par exemple,  des systèmes de cryptage SSL).

Licences les plus fiables:

Il est important de rester prudent et de privilégier les sites réglementés.

Comment choisir le meilleur casino en ligne Tunisie

Le choix d’une plateforme doit être basé sur des critères objectifs afin d’éviter les mauvaises surprises.

Critères essentiels :

  • Licence officielle valide
  • Avis positifs des utilisateurs
  • Variété des jeux proposés
  • Bonus avec conditions claires
  • Méthodes de paiement fiables
  • Service client réactif

Un bon casino en ligne Tunisie garantit une expérience transparente et sécurisée.

Bonus et promotions :

Les bonus sont un élément clé pour attirer les joueurs. Ils permettent d’augmenter le budget de jeu.

Types de bonus:

  • Bonus de bienvenue
  • Tours gratuits (free spins)
  • Bonus de dépôt
  • Programmes de fidélité
  • Cashback

Il est important de lire les conditions de mise avant d’utiliser un bonus afin d’éviter les mauvaises surprises.

Conseils pour jouer en toute sécurité

Pour profiter pleinement du jeu, il est essentiel d’adopter de bonnes pratiques:

  • Vérifier la licence du site
  • Lire les conditions générales
  • Éviter les plateformes inconnues
  • Protéger ses données personnelles
  • Fixer des limites de jeu

Ces conseils permettent de réduire les risques et de jouer de manière responsable.

Expérience mobile des casinos en ligne Tunisie

Les plateformes sont désormais optimisées pour mobile, ce qui permet aux joueurs de jouer à tout moment.

Les versions pour mobile ont une interface intuitive, donnent un accès rapide aux jeux, sont compatibles avec Android et iOS. Un des points essentiels est également la simplicité des paiements.

Cette évolution rend le casino en Tunisie en ligne encore plus accessible.

Depuis la Tunisie, on peut facilement accéder à des casinos en ligne qui offrent de nombreux avantages. On y trouve divers jeux et des promotions intéressantes. Les sites actuels proposent aussi plusieurs solutions de paiement. Attention toutefois : la réglementation locale peut être floue, donc il faut rester prudent. Mieux vaut privilégier des plateformes sérieuses et agréées pour jouer en toute sécurité.

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Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  

30. Juli 2026 um 09:40

La dernière sortie du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie **, que de nombreux Tunisiens trouvent déplacée voire insultante, repose la question des accords sécuritaires et de défense conclus le 7 octobre 2025 entre Tunis et Alger et surtout leur définition de la menace terroriste et leurs modalités opératoires, dont on sait très peu de choses. (Photo :

Elyes Kasri *

L’absence de communication à ce sujet de la part des autorités tunisiennes suscite de sérieuses appréhensions surtout au vu des nombreuses suspicions et même des confidences attribuées à d’anciens responsables sécuritaires algériens sur des liens troubles entre les services spéciaux du pays voisin et certains groupes terroristes et même, semble-t-il, certaines actions terroristes commises en Tunisie notamment au cours des années 2012-2013.

La relation trouble du régime algérien avec le terrorisme et la quête démocratique nécessite une clarification des accords et des engagements sécuritaires et de défense bilatéraux afin d’éviter que la crainte de l’inconnu et des précédents attribués au régime algérien ne fassent passer la crise de confiance entre les deux peuples à un sentiment plus profond et plus durable de nature à creuser un fossé entre les deux voisins condamnés par l’histoire et la géographie à coexister pacifiquement et en bonne entente.

Les Tunisiens qui brandissent l’épouvantail d’Israël et du sionisme international et ne prêtent pas attention à ceux qui vouent une haine tenace à la Tunisie et nourrissent des desseins maléfiques à son égard, gagneraient à regarder de plus près la véritable et actuelle menace à leur pays en se posant de simples questions :

– qui occupe des territoires tunisiens riches en hydrocarbures et en ressources hydrauliques ?

– qui assèche les cours d’eau qui ont depuis l’aube des temps irrigué la Tunisie ?

– qui a enraciné la contrebande en Tunisie ?

– qui a organisé des attaques et des actions terroristes contre la Tunisie comme à Gafsa en 1980 ?

– quelles sont la nationalité et l’origine des dirigeants les plus sanguinaires des groupements islamistes qui ont sévi en Tunisie ?

– qui inonde la Tunisie avec des migrants illégaux subsahariens qui la mettent dans une situation inextricable d’être considérée comme une menace à la citadelle Europe, pourtant notre principal partenaire économique, ou envisager un rapatriement dépassant les moyens logistiques disponibles ou contribuer au dessein déstabilisateur d’une guerre civile au risque d’un remplacement démographique ?

– qui cherche à isoler la Tunisie sur la scène internationale en utilisant le chantage énergétique et terroriste ?

– qui exprime par ses actions et ses propos le plus de mépris pour la Tunisie ?

– qui cherche à gommer l’indépendance et la souveraineté de la Tunisie en la traitant ou même en la décrivant comme une province ?

Un pays qui n’arrive pas à définir la menace réelle à sa stabilité et à sa souveraineté est une proie facile et à moitié conquise.

* Ancien ambassadeur.

** S’exprimant devant la presse, le 27 juillet 2026, le président algérien a menacé, sans les nommer, ceux qui veulent «déstabiliser» la Tunisie. Il a employé une expression populaire algérienne virulente («nous détruirons la tente de ses parents») par allusion aux entités qui chercheraient à déstabiliser la Tunisie. Selon lui, la Tunisie est visée uniquement en raison de sa proximité avec l’Algérie. Traduire : certains acteurs chercheraient à fragiliser le voisin tunisien pour mieux isoler et affaiblir l’Algérie.

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À l’approche des élections, Trump ravive la peur rouge !

30. Juli 2026 um 08:29

Alors que les élections de mi-mandat approchent aux États-Unis, le président Donald Trump fait feu de tout bois pour ne pas les perdre afin de conserver la majorité au Congrès. Trump ne cesse ces derniers temps de raviver la fameuse peur rouge* (Red Scare) qui a jadis hanté l’Amérique à l’époque de l’URSS. Aujourd’hui, il n’y a plus d’URSS mais il ne cesse de vouloir faire peur à l’électorat américain avec la montée en puissance de l’aile gauche socialiste du Parti démocrate. 

Imed Bahri

Donald Trump est sans doute et avant tout un enfant de la guerre froide. Trois mois avant la naissance du président américain, Winston Churchill prononçait un discours historique à Fulton, dans le Missouri, qui marquait le début d’une lutte existentielle qui allait durer des générations entre le capitalisme occidental et le communisme soviétique, rappelait le correspondant du Guardian à Washington Robert Tait. Déplorant la propagation du communisme soviétique en Europe de l’Est après la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale, Churchill –qui n’était alors plus Premier ministre britannique– avertissait son auditoire, le 5 mars 1946, «qu’un rideau de fer s’est abattu sur le continent».

Ce fut le prélude à une menace de confrontation nucléaire entre Washington et Moscou, qui déclencha une véritable «peur rouge» (Red Scare) aux États-Unis, alimentée par l’hystérie. Cette peur menaça l’exécution d’espions condamnés et fut illustrée par la chasse aux sorcières orchestrée par le sénateur républicain Joe McCarthy qui prétendait avoir obtenu des listes d’agents communistes travaillant au sein du département d’État et dans d’autres secteurs clés de la vie américaine.

Trump ravive la menace communiste et l’agite à nouveau

La traque des communistes a certainement été un thème omniprésent dans la petite enfance de Trump. Étonnamment, Roy Cohn, principal conseiller de McCarthy et artisan des poursuites fédérales contre les espions soviétiques Julius et Ethel Rosenberg, exécutés pour trahison, le mentor et l’avocat de Donald Trump quelques décennies plus tard, alors que ce dernier gravissait les échelons du secteur immobilier new-yorkais. Roy Cohn était aussi l’avocat de la pègre et surtout du mafieux Anthony Salerno alias Fat Tony.

«Pendant de nombreuses années, le communisme et les communistes ont été le principal ennemi des États-Unis», a déclaré Harvey Klehr, professeur émérite à l’université Emory et spécialiste de l’histoire des relations entre les États-Unis et le communisme. Il poursuit : «Il y a évidemment eu des moments où la situation a pu être exagérée, voire dégénérer, mais il y avait d’excellentes raisons de s’en inquiéter».

La paranoïa a diminué relativement après la censure de McCarthy par le Sénat en 1954 mais ne s’est apaisée qu’après l’effondrement des régimes communistes d’Europe de l’Est en 1989 et la dissolution de l’Union soviétique deux ans plus tard.

Aujourd’hui, 37 ans après la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, Trump la ravive. Dans une série de discours très médiatisés, il a désigné une idéologie que des millions d’Américains sont trop jeunes pour connaître comme la plus grande menace pour les États-Unis.

«Une génération après avoir combattu et gagné la guerre froide contre la menace communiste, nous assistons aujourd’hui à une résurgence de cette menace sur notre sol, notamment de la part de nouveaux arrivants qui adhèrent à des idées totalement opposées à notre mode de vie et à notre réussite», a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé au Mont Rushmore le 3 juillet, à la veille du 250e anniversaire des États-Unis. Et il a promis de «vaincre rapidement les communistes» et de «les exiler».

Haro sur le maire de New York Zohran Mamdani !

Que ce sujet ne soit pas un cas isolé a été confirmé par un nouveau rapport de 100 pages du département d’État, publié cette semaine et intitulé «Cuba: capitale du communisme du XXIe siècle». «Depuis près de sept décennies, le régime cubain mène une campagne de subversion soutenue contre les États-Unis», indique le rapport, affirmant que les plus hautes sphères du gouvernement américain ont été infiltrées. «Aujourd’hui, ce réseau entretient toujours des liens avec de puissantes organisations à but non lucratif de gauche, des collectifs anti-ICE, des groupes socialistes et des organisations militantes marxistes à travers les États-Unis», poursuit le rapport.

La résurgence de l’animosité anticommuniste a été alimentée par le récent succès de candidats démocrates se revendiquant «socialistes démocrates», notamment le maire de New York Zohran Mamdani.

Une série de candidats de gauche, soutenus par les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), ont remporté les primaires démocrates après le triomphe de Mamdani, dont Darializa Avila Chevalier, qui a détrôné le représentant sortant de New York, Adriano Espaillat, en juin. Chevalier a fait l’objet d’un examen minutieux en raison d’un compte Twitter, désormais supprimé, qui faisait l’éloge de l’idéologie marxiste et de figures historiques du communisme comme Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine.

Amalgame délibéré entre socialistes démocrates et communistes à la soviétique

Plusieurs personnalités démocrates et progressistes ont ridiculisé les attaques de Trump, qui amalgame à tort le socialisme –un terme pouvant désigner des gouvernements démocratiques dans plusieurs pays européens– avec le communisme de type soviétique.

«C’est clair ! La nouvelle ligne du parti consiste à associer les communistes à tous les crimes et à tous les délits», a écrit Ruth Ben-Ghiat, historienne du fascisme, sur X. Elle ajoute: «Créer un sentiment de menace communiste pour justifier une répression de la droite. Une vieille tactique utilisée lors des coups d’État et des prises de pouvoir fascistes».

Alexandria Ocasio-Cortez, représentante démocrate de New York et membre des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), a qualifié l’étiquette de communiste de «ridicule». «Ils veulent nous traiter de communistes parce qu’ils ne veulent pas que vous sachiez que l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, le Canada sont mieux lotis que nous, et que nous dépensons le plus d’argent pour les pires soins de santé du monde développé», a-t-elle déclaré aux journalistes.

Cara Tobe, porte-parole des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), interrogée sur la présence de communistes parmi les membres de l’association, a déclaré: «Les membres cotisants de notre organisation ont des opinions politiques diverses, mais nous sommes tous unis sous la bannière du socialisme démocratique. Il est inquiétant, mais pas surprenant, que Donald Trump souhaite exiler ses opposants car il est de plus en plus évident que nos idées convainquent les Américains. Le socialisme l’emporte sur le fascisme!».

Pourtant, certains commentateurs affirment que l’accusation de Trump n’est pas sans fondement. «La question communiste n’est pas un épouvantail», a déclaré Klehr, qui a précisé que la DSA comptait une «composante communiste très importante».

Fondée en 1982 par Michael Harrington, militant et écrivain de gauche, la DSA a été créée selon une constitution excluant les membres des organisations de tendance léniniste. Klehr a indiqué que cette disposition avait été abrogée, ce qui a entraîné un afflux de nouveaux membres radicaux. Il a comparé cette infiltration au sein du Parti travailliste britannique par la tendance trotskiste au début des années 1980, infiltration qui a conduit à l’adoption de politiques de gauche et à une défaite électorale cuisante face aux conservateurs de Margaret Thatcher. Cette faction a été exclue en 1985 par le chef du Parti travailliste de l’époque Neil Kinnock. «La DSA a évolué et un nombre important de personnes se réclamant du marxisme-léninisme ou du communisme ont rejoint les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) et y ont accédé à des postes importants», a déclaré Klehr.

33% des Américains ne considèrent pas le communisme comme une menace

Bill Galston, chercheur à la Brookings Institution et ancien conseiller en politique intérieure à la Maison-Blanche sous Bill Clinton, a affirmé : «Certains membres des DSA sont présents depuis des décennies et se souviennent de la lutte entre la gauche démocratique et la gauche antidémocratique, et en particulier entre communistes et socialistes. Leur position est donc très tranchée».

Deux articles récents du magazine The Atlantic ont mis en lumière le vif débat concernant les qualifications des candidats des DSA et leur potentiel à catalyser un changement idéologique au sein du Parti démocrate.Cependant, Galston qui est un «enfant de la gauche» autoproclamé et dont le grand-père s’est présenté à plusieurs reprises comme candidat communiste à New York s’est interrogé sur la capacité de l’étiquette «communiste» collée par Trump à trouver un écho au-delà de sa base Maga. Il a cité un récent sondage Economist/YouGov demandant aux électeurs dans quelle mesure le communisme représentait une menace pour les États-Unis. Environ 18% l’ont qualifié de «menace majeure», 25% de «menace mineure» et 33% ont déclaré qu’il ne s’agissait «pas d’une menace».

«Trump a 80 ans, et pour lui, l’étiquette ‘‘communiste’’ lui vient tout naturellement car elle faisait partie intégrante de la lutte contre le communisme interne et contre l’Union soviétique, ennemi communiste externe, qui a contribué à forger sa personnalité», a déclaré Galston. Il ajoute: «Les Américains plus âgés, ceux qui se souviennent de la guerre froide, sont plus sensibles à cette prétendue menace que les jeunes Américains. Il s’adresse à un parti politique dont le soutien est majoritairement composé d’Américains âgés. On peut donc considérer cela comme faisant partie de la stratégie globale de mobilisation de la base électorale de Trump. Il prêche des convaincus et il sait intuitivement qui compose ce public».

Inquiétudes quant à la santé de la démocratie américaine

Galston a également attribué la résurgence des craintes anticommunistes à une vieille incapacité, répandue chez les Américains, à saisir les subtilités de la terminologie politique, une confusion dont les détracteurs de Trump affirment qu’elle le concerne également.

Cependant, Klehr a soutenu que cette tendance annonçait une menace plus large pour la démocratie et les valeurs libérales, une menace qui, selon lui, émanait de l’extrême gauche et de l’extrême droite.

«Donald Trump serait incapable de distinguer un communiste d’un socialiste démocrate ou même d’un martien mais d’autres personnes très intelligentes comprennent parfaitement la différence et son importance», a-t-il déclaré. Il ajoute : «C’est le même genre de chose qui s’est produit à droite il y a quelques années, lorsque divers extrémistes de droite, néonazis et racistes ont commencé à infiltrer le Parti républicain, ont remporté des primaires, se sont implantés et y sont toujours. Je pense que certains de ces phénomènes se produisent au sein même du Parti démocrate et c’est dangereux à double titre. Cela soulève de sérieuses inquiétudes quant à la santé de notre société démocratique. Le souvenir du communisme s’estompe et pourtant… certaines de leurs revendications sont là».

* La «peur rouge» (Red Scare) désigne deux périodes de fort développement de l’anticommunisme aux États-Unis. La première débute avec la révolution d’Octobre de 1917 et se termine en 1920. La seconde, avec le maccarthysme qui se déroule dans les années 1950 dans le contexte de la guerre froide.

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Majnun Layla

30. Juli 2026 um 07:43

L’auteur, économiste, évoque avec nostalgie un certain nombre de lectures et de poèmes qui ont marqué son adolescence et sa jeunesse ainsi que celles de toute sa génération. Un article léger pour l’été à lire au bord de la mer sous un parasol et qui rajeunira ses co-générationnaires de quelques dizaines d’années !

Sadok Zerelli   

Il s’agit de l’émouvante histoire d’amour qu’ont vécu au VIIe siècle Qays Ibn Al Mulawwah (son prénom s’écrit aussi parfois Kaïs), connu sous le nom de «Majnun Layla» ou «Fou de Leyla», et cette dernière, qui a donné lieu à des poèmes d’une rare beauté et intensité dramatique ayant ému parfois jusqu’aux larmes les adolescents que nous étions.

En effet, comme beaucoup de personnes âgées, j’ai la nostalgie au soir de ma vie de beaucoup de choses (voir mon poème ‘Nostalgies’’) entre autres de certains auteurs et poètes de la littérature arabe qui ont nourri mon âme d’enfant et d’adolescent, comme celle de toute ma génération, et qui ont façonné la personnalité des adultes que nous sommes devenus : Al-Moutanabi, Taha Hussein, Naguib Mahfouz, Michaël Nouaëma, Gibran Khalil Gibran, Nizar Kabbani, etc., pour ne citer que quelques-uns.

Parmi les poètes, les poèmes d’amour écrits par Qais ibn al-Mulawwah à sa belle Layla al-Amiriyya ont marqué nos esprits et nous ont ému parfois jusqu’aux larmes, adolescents que nous étions, par leur intensité émotionnelle et leur côté dramatique. 

L’amour absolu et impossible

Pour rappeler leur histoire, Qais et Layla auraient vécu au VIIᵉ siècle dans la péninsule Arabique. Enfants, ils gardaient les troupeaux de leurs tribus respectives et tombèrent profondément amoureux l’un de l’autre.

Dans la société tribale de l’époque, afficher publiquement son amour était mal vu. La famille de Layla refusa alors de la marier à Qais. Désespéré, il sombra dans une passion obsessionnelle. Son comportement devint si étrange que les gens l’ont surnommé «Majnoun Layla», c’est-à-dire «le fou de Layla». Son histoire a inspiré le titre du célèbre recueil de poèmes où le Français Louis Aragon crie son amour pour sa campagne russe Elsa Triolet ‘‘Le fou d’Elsa’’.

Layla a été finalement mariée à un autre homme. Qais quitta la société et erra dans le désert, vivant parmi les animaux, récitant des poèmes d’amour et de souffrance. Malgré leur séparation, les deux amants restèrent fidèles à leurs sentiments jusqu’à la fin de leurs vies

Selon les versions les plus répandues de la légende, Layla mourut avant que les amants puissent être réunis. Qais mourut peu après, consumé par son amour et son chagrin. Ils ne se retrouvent donc jamais dans ce monde, ce qui fait de leur histoire un symbole de l’amour absolu et impossible.

Depuis, leur histoire est devenue l’équivalent oriental de l’histoire de ‘‘Roméo et Juliette’’, la célèbre tragédie de William Skakespeare, publiée à la fin du 16e siècle.

Des poèmes émouvants de simplicité

Je reproduis ci-dessous quelques vers probablement les plus connus que j’ai retrouvés en consultant mes vieux livres de lycéen pour me rafraichir la mémoire :

أَمُرُّ عَلَى الدِّيَارِ دِيَارِ لَيْلَى

أُقَبِّلُ ذَا الجِدَارَ وَذَا الجِدَارَا

وَمَا حُبُّ الدِّيَارِ شَغَفْنَ قَلْبِي

وَلَكِنْ حُبُّ مَنْ سَكَنَ الدِّيَارَا

Ces vers sont devenus un symbole de l’amour absolu : même les murs d’une maison deviennent précieux lorsqu’ils rappellent l’être aimé.  

ذَكَرْتُكِ وَالنُّجُومُ طَوَالِعٌ

وَقَدْ نَامَتْ عُيُونُ النَّاسِ طُرًّا

Dans la poésie arabe classique, la nuit est souvent le moment où la séparation devient la plus douloureuse.

تَعَلَّقَ رُوحِي رُوحَهَا قَبْلَ خَلْقِنَا

وَمِنْ بَعْدِ مَا كُنَّا نُطَافًا وَفِي الْمَهْ

Ce vers exprime l’idée que leur amour était écrit avant leur naissance, une notion qui a inspiré de nombreux poètes mystiques.

يَقُولُونَ لَيْلَى فِي الْعِرَاقِ مَرِيضَةٌ

فَيَا لَيْتَنِي كُنْتُ الطَّبِيبَ الْمُدَاوِيَا

Toute la souffrance de Majnoun est résumée ici : il ne peut même pas être présent pour soulager la maladie de celle qu’il aime.

أُحِبُّ مِنَ الأَسْمَاءِ مَا وَافَقَ اسْمَهَا

أَوِ اشْتَبَهَتْ أَسْمَاؤُهُ بِاسْمِهَا

Pour Majnoun, le nom de Layla est devenu une présence permanente. Même les mots qui lui ressemblent lui sont chers.

Ce qui rend ces poèmes si émouvants, c’est leur simplicité. Contrairement à beaucoup de poètes de cour de son époque, Majnoun ne cherche pas à impressionner par l’érudition ; il parle avec la voix d’un homme entièrement consumé par l’amour. C’est pour cette raison que, plus de mille ans plus tard, ses vers continuent d’être récités dans tout le monde arabe et dans la mémoire de toutes les générations y compris la mienne 

La conclusion que je tire personnellement de cette évocation, qui peut paraître légère pour certains lecteurs, est sérieuse et même grave. Elle porte sur le décalage et le fossé spirituel qui nous séparent de nos propres enfants même quand ils habitent encore sous notre toit.

En effet, entre lire à l’adolescence de tels poèmes d’une telle intensité dramatique ou ‘‘Le livre des jours’’ (El Ayyem) de Taha Hussein, et être scotché à son smartphone et passer plusieurs heures par jour à surfer sur Internet comme le font nos jeunes d’aujourd’hui ou lire des livres de fiction pleins de violence et de volonté de puissance tels que ‘‘Harry Potter’’ de J. K. Rowling, de telles lectures ne peuvent pas produire les mêmes hommes et femmes.

La vision de la vie, le sens qu’on lui donne, les objectifs qu’on s’y fixe, les rapports avec les autres et la notion même de l’amour changent d’une génération à une autre.

Entre notre façon de tomber amoureux à notre époque, telle que décrite admirablement par Nizar Kabbani (un regard, un sourire, une rencontre et une passion !) et les échanges par SMS ou par Messenger ou WhatsApp de photos plus ou moins retouchées par Photoshop et de phrases plus ou moins recopiées, il y a une différence comme entre ciel et terre dans la façon même d’aimer et du sens même du mot «amour»,

Mais je dois admettre que les jeunes qui me diraient: «Tu as fait ton temps, vieux» ont bien raison et je suis même le premier à le reconnaître (voir le post-scriptum adressé aux jeunes à la fin de mon article «Les frustrations silencieuses des retraités en Tunisie»).

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A qui profite la guerre contre l’Iran ?

30. Juli 2026 um 07:22

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

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Vers un renforcement des liaisons de transport entre la Tunisie et l’Italie

29. Juli 2026 um 13:00

Le ministre des Transports Rachid Amri a rencontré, mardi 28 juillet 2026, le vice-ministre italien des Infrastructures et des Transports, Edoardo Rixi pour faire le point sur la coopération bilatérale dans le secteur des transports et identifier de nouvelles opportunités de partenariat stratégique.

Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération dans les secteurs du transport et de la logistique, conformément à l’engagement des deux pays à développer davantage leurs relations bilatérales.

Selon un communiqué du ministère des Transports, MM. Amri et Rixi ont souligné «l’importance de la position stratégique de la Tunisie et de l’Italie au cœur de la Méditerranée, facteur susceptible de stimuler le commerce et le tourisme ainsi que de faciliter la circulation des passagers et des marchandises».

La réunion a également permis de mettre en lumière le cadre juridique régissant la coopération en matière de transports entre les deux pays, et plus particulièrement l’accord sur la reconnaissance mutuelle des permis de conduire aux fins de conversion.

À l’issue de la rencontre, les délégations ont convenu de poursuivre leur coordination par le biais de comités techniques conjoints afin de suivre la mise en œuvre des accords bilatéraux existants et de définir de nouveaux programmes de coopération et d’échange d’expertise, notamment concernant la formation des conducteurs de poids lourds et d’autobus, ainsi que le renforcement des liaisons de transport de passagers et de marchandises entre l’Italie et la Tunisie.

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Tunisie | Lancement d’un projet pour prévenir les décès par noyade

29. Juli 2026 um 12:34

Dns sa politique de communication qui consiste à n’annoncer que des bonnes nouvelles, le ministère de la Santé n’a pas cru devoir communiquer le nombre de décès enregistrés dans les hôpitaux publics suite aux coupures d’électricité pendant la canicule des dix derniers jours (saura-t-on un jour leur nombre exact ?). Elle préfère communiquer sur un vague projet pour prévenir les décès par noyade. On fait ce qu’on peut…

Ce projet intitulé «Sauver des vies face aux crises liées au climat en Tunisie – Projet de prévention des noyades», lancé par le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et avec le soutien du gouvernement japonais, vise à renforcer la prévention des accidents aquatiques et à améliorer la formation des sauveteurs.

La coordinatrice du programme, le Dr Henda Chebbi, a expliqué sur les ondes de la radio Mosaïque FM que projet «s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan national de prévention des noyades». Il prévoit, entre autres, des sessions de formation pour les sauveteurs ainsi que des activités de sensibilisation du public aux méthodes appropriées pour porter secours aux victimes sans mettre sa propre vie en danger.

Selon Mme Chebbi, l’OMS estime le décès par noyade est «la troisième cause mondiale de décès par traumatisme involontaire et, en Tunisie, de la sixième cause de mortalité, avec une incidence particulière chez les enfants et les jeunes».

Le projet implique plusieurs acteurs nationaux, notamment la Protection civile, le Croissant-Rouge tunisien, les Scouts et les Sauveteurs, dans le but de former le plus grand nombre possible d’instructeurs et de sauveteurs à court terme et de contribuer à réduire le nombre de victimes de noyade, conformément aux objectifs de l’OMS.

L’ambassadeur du Japon en Tunisie, Takeshi Osuga, a déclaré que ce projet «vise à renforcer les capacités de la Tunisie à gérer les risques sanitaires liés au changement climatique, en particulier les noyades et les vagues de chaleur». Le diplomate a émis l’espoir que cette initiative «favorisera le transfert de l’expérience japonaise en matière de gestion des catastrophes et renforcera la capacité de la Tunisie à sauver des vies».

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Tunisie | Prêt de la Berd pour relancer le secteur du phosphate

29. Juli 2026 um 12:06

Vue de Carthage et de la Kasbah, la coupole du Bardo, siège de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ne sert plus qu’à adopter les accords de prêts contractés par le gouvernement. Pour ce qu’elle coûte aux contribuables, au moins, elle sert à quelque chose, dirait l’autre : donner un semblant de vernis démocratique à des décisions régaliennes imposées par le pouvoir exécutif. Cela s’appelle une démocratie représentative… en trompe l’œil.

Pour ne pas déroger à une habitude bien installée dans leurs mœurs, les députés ont approuvé, mardi 28 juillet 2026, le projet de loi autorisant une garantie de l’État pour un prêt de 110 millions d’euros de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) pour relancer le secteur du phosphate, qui a perdu une grande partie de son poids dans l’économie nationale au cours des quinze dernières années. Le projet a été adopté par 58 voix pour, 9 abstentions et 13 voix contre.

Ce prêt est destiné à financer un programme global de modernisation des opérations minières et d’amélioration de la performance environnementale.

Lors de la séance plénière au Palais du Bardo, présidée par Ibrahim Bouderbala, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a exposé les détails du programme d’investissement, soulignant que «le financement permettra l’acquisition de nouveaux équipements miniers et la construction de l’usine Capsa», une unité de pointe dédiée au traitement des eaux usées par filtration à haute pression.

Ce prêt s’accompagne d’une subvention d’assistance technique de 7 millions d’euros ; le remboursement est échelonné sur 10 ans, incluant une période de grâce de 3 ans.

Selon le ministre, ce plan devrait accroître la capacité d’extraction de la CPG d’environ 30 %, tout en améliorant la qualité et la continuité de la production. Un volet important du projet porte sur la durabilité environnementale : le nouveau système permettra de porter le taux de réutilisation des eaux industrielles de 60 % à 90 %, réduisant ainsi la dépendance aux ressources en eaux souterraines dans un contexte de pénurie d’eau croissante.

Dans son intervention, M. Abdelhafidh a relevé que «la contribution du secteur des phosphates au produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie a chuté, passant d’environ 4 % à 0,8 %», illustrant la gravité de la crise qui frappe l’une des sources historiques majeures d’exportation et de devises du pays. Le ministre a attribué ce recul à la vétusté des installations, aux difficultés d’approvisionnement en eau, à la situation financière précaire des entreprises publiques, dont la CPG, ainsi qu’à des problèmes structurels accumulés au fil du temps.

Le gouvernement, a-t-il expliqué, considère le recours à l’emprunt pour financer des investissements productifs comme un «choix nécessaire pour soutenir la croissance économique, l’emploi et la compétitivité». Et de souligner que le ratio de la dette publique tunisienne par rapport au PIB se maintient autour de 82 %, affirmant que «seule une augmentation de la production et du taux de croissance permettra une réduction progressive de ce fardeau»
L’un des moments forts du débat a porté sur la future structure industrielle de la chaîne de valeur du phosphate en Tunisie. Le ministre a confirmé la volonté du gouvernement de «préserver le caractère public des entreprises stratégiques du secteur», excluant toute privatisation. Il a également annoncé la nomination d’un PDG commun pour la CPG et le Groupe chimique tunisien (GCT) ; cette mesure vise à renforcer la coordination opérationnelle et pourrait, à terme, conduire à la fusion des deux entités, considérées comme complémentaires au sein d’une même chaîne industrielle.

Toutefois, de nombreux députés ont exprimé des réserves quant à la gestion du secteur, réclamant «davantage de transparence» sur les causes de la baisse de la production, la situation de l4endettement de la CPG et le rendement réel des financements garantis par l’État.

Plusieurs intervenants ont également plaidé pour une refonte globale de la gouvernance des entreprises publiques, la modernisation des infrastructures de transport du minerai, l’élaboration d’une stratégie sectorielle à long terme et des garanties renforcées concernant le respect des normes environnementales — en particulier dans la région de Gabès, qui pâtit depuis longtemps de la pollution liée à l’industrie des engrais.

L’approbation de ce prêt s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement tunisien visant à relancer un secteur jugé vital pour la balance commerciale nationale. L’objectif affiché est de rétablir progressivement les capacités de production, de stimuler les exportations et de renforcer la contribution de l’industrie du phosphate à la croissance économique, grâce à des investissements dans les technologies d’extraction, la durabilité environnementale et la restructuration de la gouvernance des principales entreprises publiques du secteur.

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Tunisie | Un système pour surveiller les cultures et prévenir les incendies

29. Juli 2026 um 10:40

Un jeune innovateur tunisien a mis au point un système reposant sur l’intelligence artificielle (IA) et les drones pour la surveillance des exploitations agricoles, en vue d’améliorer la gestion des cultures, de détecter précocement les maladies des plantes et de repérer rapidement les départs de feu.

Le créateur du projet, Hassan Hamrouni — originaire de Mornag, dans le gouvernorat de Ben Arous, au sud de Tunis — a expliqué à l’agence de presse officielle Tap que «la plateforme analyse les images capturées par des drones à l’aide d’algorithmes d’intelligence artificielle capables d’identifier les maladies des cultures et d’envoyer des notifications aux agriculteurs».

Le système est également conçu pour détecter les incendies dès leur apparition et déclencher une alerte précoce, permettant ainsi une intervention rapide pour limiter les dégâts.

La solution intègre également des capteurs électroniques installés dans les champs pour surveiller l’état du sol et détecter anomalies ou risques, tout en transmettant des alertes en temps réel aux utilisateurs.

Selon le jeune développeur, le système «peut aussi soutenir la gestion de l’exploitation agricole en assurant le suivi de la présence et de la localisation des travailleurs, en vérifiant l’avancement des opérations et en fournissant aux agronomes des données sur l’état des cultures, incluant des recommandations sur les traitements les plus adaptés et les interventions nécessaires».

Hassan Hamrouni a souligné que «tous les composants de la plateforme ont été conçus et développés en Tunisie pour s’adapter aux caractéristiques climatiques, pédologiques et culturales du pays, tout en garantissant la protection des données et sans dépendre de technologies étrangères».

Le système est actuellement en cours d’enregistrement auprès de l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (Innorpi), tandis que les démarches pour obtenir les autorisations d’utilisation de drones requises par la réglementation nationale sont en cours.

Le drone utilisé dans le cadre du projet peut fonctionner de manière totalement autonome et transmettre des données aux applications installées sur les smartphones et tablettes des utilisateurs. Il est également conçu pour être alimenté à l’énergie solaire, grâce à un système automatique qui le dirige vers une station de recharge lorsque le niveau de la batterie baisse.

M. Hamrouni a indiqué que «l’équipe a déjà finalisé le modèle initial d’intelligence artificielle destiné à analyser les images des plantes et à identifier diverses maladies», alors que les travaux se poursuivent pour mettre au point un prototype entièrement intégré.

Le projet s’accompagne d’une étude scientifique publiée sur le site web dédié, dont les tests auraient démontré un taux de précision d’environ 95 %.

Technicien qualifié en multimédia et marketing, actuellement engagé dans une formation spécialisée à distance en intelligence artificielle, Hassan Hamrouni ambitionne désormais de présenter publiquement ce projet comme une «solution technologique tunisienne» visant à moderniser l’agriculture et à prévenir les risques phytosanitaires ainsi que les incendies.

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L’huile d’olive tunisienne échappe aux surtaxes imposées par Trump

29. Juli 2026 um 09:58

La Tunisie ne figure pas parmi les 60 partenaires commerciaux des Etats-Unis concernés par les nouveaux droits de de douane édictés par le président Donald Trump : les dispositions douanières habituelles restent en vigueur.

La mesure, entrée en vigueur le 24 juillet, impose des droits de douane supplémentaires de 10 % à certains partenaires commerciaux et de 12,5 % à d’autres pays visés par les enquêtes. Parmi ces derniers figurent plusieurs concurrents méditerranéens de la Tunisie dans le secteur de l’huile d’olive, tels que le Maroc, l’Algérie, l’Égypte et la Turquie.

Toutefois, cette exclusion ne constitue pas une exemption spécifique accordée à l’huile tunisienne. En réalité, la Tunisie dans son ensemble n’a pas été incluse parmi les 60 partenaires clés visés par les enquêtes américaines. Les produits tunisiens resteront donc soumis aux droits de douane ordinaires, mais pas à la nouvelle surtaxe introduite par l’administration Trump. Néanmoins, cette décision pourrait renforcer la compétitivité de l’huile tunisienne sur le marché américain par rapport aux produits issus de pays soumis aux nouvelles taxes.

Les États-Unis constituent déjà le troisième marché de destination pour l’huile d’olive tunisienne, après l’Espagne et l’Italie. Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), la Tunisie a exporté environ 327 400 tonnes d’huile d’olive entre novembre 2025 et mai 2026, générant des recettes supérieures à 1,2 milliard d’euros. Les États-Unis ont représenté 18,3 % des volumes totaux, une part qui atteint environ 24 % pour le segment de l’huile biologique.

Cet avantage tarifaire pourrait profiter aussi bien aux exportations tunisiennes d’huile conditionnée qu’aux ventes de produits en vrac destinés aux embouteilleurs et opérateurs internationaux.

Cependant, le statut de la Tunisie reste susceptible d’évoluer, Washington pouvant élargir le champ de ses enquêtes ou modifier la liste des pays concernés à l’avenir. Selon l’Onagri, l’Espagne, l’Italie et les États-Unis représentent respectivement 33,6 %, 19,5 % et 18,3 % des volumes d’exportation d’huile d’olive tunisienne.

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Tunisie | Crise énergétique et frilosité de l’Etat

29. Juli 2026 um 08:20

La grave crise, presque inédite, de par son ampleur, induite par les coupures intermittentes d’électricité en pleine canicule estivale, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes face à un problème économique, financier et énergétique qui touche un secteur stratégique. Car ces coupures drastiques ne sauront à elles-seules régler le problème structurel du déficit énergétique qui approche aujourd’hui de 70%. Ni celui, financier, de la Steg, qui, comme toutes les sociétés nationales, ne se porte plutôt mal, c’est un euphémisme.

Salah El Gharbi *

Dans une République digne de ce nom, quand il y a une crise grave qui menace la communauté nationale, il est du devoir de l’autorité publique de s’adresser aux citoyens pour les informer, les éclairer et les rassurer. Pas de galimatias, ni de propos hystériques. Il s’agit d’articuler un discours responsable qui vise à obtenir l’approbation de la population et à calmer son désarroi.

La crise qui vient d’ébranler l’action normale de la Steg et l’obliger à rationner la distribution de l’électricité est un évènement notable, grave, voire même attendu. Car, nul n’ignore que depuis des années, l’utilisation de la climatisation domestique n’était plus un luxe réservé aux classes aisées et qu’aujourd’hui, avoir un climatiseur chez soi est, de plus en plus, à la portée de la classe moyenne. Comme il est de notoriété que notre société nationale connait des problèmes de trésorerie et de provisions.

Même si l’on ne peut que comprendre le choix drastique auquel notre société publique a eu recours, pour soulager ses installations qui sont menacées par le poids d’une demande de plus en plus vorace, on ne peut que s’indigner face à l’absence d’une communication responsable qui aurait pu mieux supporter le calvaire des coupures.

En fait, il aurait suffi que le service «communication» de la société se mette au service des usagers pour les éclairer, d’une manière régulière, sur les secteurs concernés par les coupures et sur la durée. Ces informations ne peuvent que mieux calmer la frustration des usagers, tout en aidant ces derniers à mieux s’organiser et à éviter les grandes pertes matérielles occasionnées par l’arrêt aussi bien du réfrigérateur que d’autres machines domestiques.

Cette grave crise presque inédite, de part son ampleur, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes face à un problème économique, financier et énergétique qui touche un secteur stratégique. Car ces coupures drastiques ne sauront à elles-seules régler la situation. La Steg, comme toutes les sociétés nationales, ne se porte pas bien, c’est un euphémisme. La frilosité de l’État aidant, ces sociétés, majoritairement en faillite ou presque, sont souvent sous perfusion, dans une période où les caisses de l’Etat providence sont presque vides.

Par ailleurs, tant que ces sociétés restent inféodées à l’UGTT, la centrale syndicale, tant qu’elles restent toutes dans une situation précaire, et que les politiques, qui manquent souvent de courage, se résignent, comme d’habitude, à en renflouer les caisses avec de l’argent emprunté aux institutions financières, plutôt que de chercher des partenaires privés, ces pannes d’électricité vont se poursuivre et peut se multiplier.

* Ecrivain.

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Ce que les ksour du Sahara peuvent enseigner à un monde en surchauffe

29. Juli 2026 um 07:56

La question qui se pose aujourd’hui, alors que l’accélération du changement climatique multiplie les épisodes de grande canicule, est simple mais dérangeante : Comment la civilisation moderne, malgré toute sa puissance technologique, a-t-elle perdu la capacité de produire avec la terre et le vent ce que les bâtisseurs sahariens réalisaient naturellement une architecture de fraîcheur où le confort thermique se passe d’électricité et de climatisation ? (Photo : Oasis de Taghit, au sud-ouest de l’Algérie).

El Habib Ben Amara *

Ruelle du ksar de Taghit.

Ce vendredi-là, dans le sud-ouest saharien algérien ; à Taghit, le thermomètre dépassait largement les 40°C. L’horizon tremblait sous la violence du soleil. L’air semblait peser sur les épaules comme une matière compacte. Chaque pas demandait un effort. Chaque respiration paraissait plus difficile que la précédente. J’avais volontairement conduit quelques amis sous cette chaleur écrasante. Je connaissais pourtant ce qui les attendait quelques centaines de mètres plus loin.

Nous franchîmes la porte du ksar, traversâmes un porche puis la place centrale où se réunissait autrefois la djemaa, l’assemblée villageoise. De cette place partaient plusieurs ruelles étroites serpentant entre les maisons de terre. Et soudain, le monde changea.

Bien avant d’entrer dans une habitation, une fraîcheur douce et agréable nous enveloppa. Non pas le froid agressif et artificiel d’un climatiseur, mais une fraîcheur vivante, naturelle, presque bienveillante. L’un de mes amis s’arrêta, surpris. Son expression oscillait entre l’incompréhension et le soulagement.

Cette sensation n’avait rien d’un miracle. Elle était le résultat de siècles d’intelligence accumulée, d’une remarquable maîtrise de l’architecture, de l’urbanisme et de l’adaptation climatique développée par les habitants du Sahara.

À Taghit, à Kenadsa ou dans tant d’autres ksour du Sud algérien, comme du sud tunisien, chaque ruelle, chaque mur, chaque cour intérieure et chaque ouverture étaient pensés en fonction du soleil, du vent, de l’ombre et de l’eau.

La question qui se pose aujourd’hui est simple mais dérangeante : Comment la civilisation moderne, malgré toute sa puissance technologique, a-t-elle perdu la capacité de produire avec la terre et le vent ce que les bâtisseurs sahariens réalisaient naturellement ?

Le génie de l’homme contre la brutalité de la machine

Les ksour sahariens assuraient le confort thermique sans consommer le moindre watt d’électricité. Leur secret résidait dans une conception intelligente de l’espace.

Les ruelles étroites et sinueuses limitaient l’exposition directe au soleil. Les murs épais en terre crue absorbaient la chaleur durant la journée pour la restituer progressivement pendant la nuit. L’ensemble urbain favorisait la circulation naturelle de l’air et créait des microclimats capables d’atténuer les températures extrêmes.

Mais le ksar ne peut être compris isolément. Pour saisir son fonctionnement, il faut le considérer avec la palmeraie voisine. Les deux formaient un seul et même système.

Le ksar était dense, compact, protecteur. La palmeraie était ouverte, respirante, génératrice d’humidité et de fraîcheur. Le premier protégeait les habitants du soleil ; la seconde régulait l’air et le cycle de l’eau. L’un ne fonctionnait pas pleinement sans l’autre.

Les bâtisseurs sahariens avaient compris ce que nous redécouvrons aujourd’hui : l’architecture n’est pas un objet isolé, mais une composante d’un écosystème vivant.

Quand la modernité oublie les leçons du désert

Fait étonnant, les premiers administrateurs coloniaux français avaient eux-mêmes reconnu certaines qualités de cette architecture.

Dans les anciens quartiers administratifs de Béchar ou de Kenadsa, on trouve encore des bâtiments construits en terre crue. Ils avaient compris l’intérêt du matériau, mais pas toujours la logique qui lui donnait son efficacité. La véritable rupture est venue plus tard.

Au fil des décennies, les architectes et urbanistes modernes ont progressivement abandonné les principes bioclimatiques au profit d’une architecture standardisée faite de béton, d’acier et de verre, souvent importée de contextes climatiques totalement différents.

La terre n’a pas cessé de fonctionner. Nous avons simplement cessé de lui faire confiance. Comme l’avait déjà montré l’architecte égyptien Hassan Fathy au siècle dernier, la terre crue souffre moins d’un problème technique que d’un problème culturel : elle est trop souvent associée au passé, à la pauvreté ou à l’arriération, alors qu’elle représente l’un des matériaux les plus performants pour les régions chaudes et arides.

Le cercle vicieux du refroidissement moderne

Aujourd’hui, nos villes dépendent massivement de la climatisation. Pourtant, malgré cette consommation énergétique colossale, elles peinent à offrir des espaces publics confortables.Le paradoxe est saisissant.

Chaque climatiseur refroidit un intérieur en rejetant davantage de chaleur à l’extérieur. Des milliers d’appareils fonctionnant simultanément contribuent ainsi à réchauffer les rues et les places publiques, aggravant le phénomène d’îlot de chaleur urbain.

Nous dépensons une quantité considérable d’énergie pour corriger des problèmes que les bâtisseurs traditionnels résolvaient par la conception même de l’espace. Les ksour produisaient de la fraîcheur avant même que l’on franchisse le seuil d’une maison.

Nos villes modernes offrent souvent l’inverse : des intérieurs climatisés entourés d’espaces extérieurs devenus hostiles. Plus les rues chauffent, plus nous climatisons ; plus nous climatisons, plus les rues chauffent. Le cercle est parfaitement vicieux.

Une leçon pour l’avenir

Les ksour ne sont pas seulement des monuments historiques ou des curiosités touristiques. Ils constituent de véritables laboratoires de connaissances climatiques. Ils témoignent d’une compréhension fine des interactions entre l’eau, la végétation, le vent, les matériaux et l’organisation sociale de l’espace.

À l’heure où le changement climatique multiplie les vagues de chaleur et où les coûts énergétiques augmentent partout dans le monde, ces savoirs apparaissent moins comme des vestiges du passé que comme des ressources pour l’avenir.

Dans les ruelles ombragées de Taghit, lorsque le désert dépasse les 40°C et que l’on ressent cette fraîcheur inattendue, une question s’impose : Comment avons-nous pu abandonner une telle intelligence du vivant ? Et surtout, comment pouvons-nous aujourd’hui la réinventer, l’adapter et la remettre au service des villes du XXIe siècle ?

La réponse aux défis climatiques de demain ne réside peut-être pas dans des climatiseurs toujours plus puissants, mais dans la redécouverte des principes qui ont permis aux ksour sahariens de vivre pendant des siècles en harmonie avec leur environnement.

Loin d’être une nostalgie, cette architecture de la fraîcheur pourrait bien constituer l’un des modèles les plus modernes dont nous disposons pour construire un avenir habitable.

* Analyste stratégique (sécurité hydrique et géopolitique).

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Tourisme | Les Polonais optent pour le Maroc

29. Juli 2026 um 07:21

Le Maroc a gagné en popularité auprès des Polonais, qui étaient nombreux à choisir la destination marocaine pour les vacances d’hiver, écrit le quotidien polonais ‘‘Rzeczpospolita’’, qui estime que le nombre des voyageurs polonais à destination du royaume alaouite a plus que doublé par rapport à la saison précédente. (Photo: Marrakech).

Habib Glenza, à Lödz

Dans un article sur les tendances de voyage lors des vacances, ‘‘Rzeczpospolita’’ souligne que les touristes polonais choisissent le Maroc pour son hospitalité exemplaire, ses ruelles emplies d’odeurs d’épices et ses paysages magnifiques qui restent gravés dans les mémoires.

D’autre part, l’autorité de tutelle marocaine confirme la bonne dynamique de son industrie touristique. À la fin du mois de juin 2026, le Royaume a accueilli près de 9,4 millions de visiteurs aux différents postes frontières, soit une progression de 6 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Un regain de dynamisme

Cette évolution s’appuie sur une hausse des arrivées en provenance de plusieurs marchés internationaux stratégiques. Les visiteurs français restent en forte progression (+9 %), tandis que les marchés allemand (+14 %), belge (+9 %), néerlandais (+10%), italien (+6%), britannique (+4 %) et américain (+9 %) enregistrent également des résultats positifs. La Pologne se distingue particulièrement avec une augmentation de 32 % des arrivées.

La tendance est également confirmée par les performances économiques du secteur. Au premier trimestre 2026, la valeur ajoutée du tourisme marocain a progressé de 8,1 %, illustrant la poursuite de la reprise engagée ces dernières années et le renforcement de l’attractivité du Maroc auprès des voyageurs internationaux.

Une fréquentation soutenue

L’activité des établissements d’hébergement suit la même trajectoire. À fin mai, le nombre de nuitées dans les hôtels et autres établissements classés a augmenté de 9 % sur un an, confirmant une fréquentation soutenue des principales des principales destinations touristiques du pays.

Plusieurs villes affichent des performances supérieures à la moyenne. Ouarzazate enregistre la plus forte progression avec une hausse de 24 % des nuitées, devant Rabat (+18 %), Agadir (+13 %), Casablanca (+12 %) et Marrakech (+10 %). Tanger, Fès, Essaouira, Errachidia et Al Haouz poursuivent également leur croissance, témoignant d’une répartition plus équilibrée de l’activité touristique sur le territoire

L’essor du secteur se reflète aussi dans les recettes générées. À fin mai 2026, les revenus des voyages ont atteint près de 53,8 milliards de dirhams (5 milliards d’euros), en hausse de 14,6 % par rapport à la même période de 2025. Cette progression confirme la contribution croissante du tourisme à l’économie du pays, portée par une demande internationale soutenue et une diversification continue des marchés émetteurs.

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Tunisie | La pénurie d’eau minérale en bouteille est temporaire

28. Juli 2026 um 13:29

La pénurie dans la distribution d’eau en bouteille constatée récemment dans les grandes surfaces ne constitue pas une crise, mais plutôt un problème temporaire causé par des coupures de courant survenues dans certaines usines au cours du week-end.

C’est ce qu’a assuré Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne d’orientation des consommateurs (Otoc), dans une déclaration à Mosaique FM, ajoutant que la situation devrait probablement se normaliser d’ici deux jours.

De son côté, Moufida Ben Nasr, directrice de la communication de l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie (ONTH), a expliqué à la Radio Nationale que les perturbations dans l’approvisionnement en eau en bouteille résultaient de contraintes logistiques liées à la distribution — notamment la coïncidence du week-end avec la fête de la République — ainsi que d’une hausse de la consommation provoquée par une période prolongée de fortes chaleurs.

Mme Ben Nasr a confirmé que la production se déroule normalement et que l’eau en bouteille est disponible en quantités suffisantes pour répondre aux besoins du marché, ajoutant que les stocks de réserve restent disponibles.

À ce sujet, Hedi Bakkour, président de la Chambre nationale des syndicats des grandes surfaces commerciales, a déclaré que cette pénurie est en partie caractéristique de la saison estivale, période où la consommation augmente avec les températures. Cependant, les perturbations de production dans les usines d’embouteillage, dues à des coupures de courant prolongées, ont aggravé la pénurie dans un contexte de forte hausse de la demande.

La consommation durant la saison dépasse la production et l’approvisionnement du marché est ajusté grâce aux stocks constitués au cours du premier semestre de l’année, a-t-il expliqué, ajoutant qu’une grande partie de ces stocks étant épuisée, l’approvisionnement repose désormais entièrement sur la production courante.

Par conséquent, l’écart entre la demande et l’offre s’est accentué, le déficit en eau embouteillée étant estimé à environ 20 %. Une flambée de la demande pourrait porter ce déficit d’approvisionnement à près de 50 %, a-t-il cependant averti.

Malgré cette pénurie, les grandes enseignes de distribution n’ont pas imposé de limites aux quantités d’achat ; elles échelonnent plutôt les mises en rayon tout au long de la journée afin de garantir la disponibilité de l’eau pour tous les clients, a précisé Hedi Bakour.

I. B.

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Défense | L’expertise tunisienne au service du déminage en Libye

28. Juli 2026 um 12:49

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul) veut tirer parti de l’expertise tunisienne pour renforcer les capacités libyennes en matière de déminage, de neutralisation des engins explosifs et de gestion des restes d’explosifs de guerre.

Une délégation du Service de lutte antimines des Nations Unies (Unmas) — dirigée par Ulrika Richardson, représentante spéciale adjointe du Secrétaire général et coordonnatrice résidente et humanitaire pour la Libye — a récemment visité le Centre d’excellence tunisien de lutte contre les engins explosifs improvisés, situé à Bizerte, dans le nord de la Tunisie.

Selon un communiqué de la Manul, les discussions ont porté sur d’éventuels programmes de coopération spécialisée, notamment la formation de personnel libyen à la neutralisation des munitions non explosées, à l’élimination des engins explosifs et à la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).

Mme Richardson a souligné que l’expertise développée par le centre tunisien pourrait compléter les capacités existantes au sein des institutions libyennes, contribuant ainsi à protéger les civils, à réduire les risques d’explosions accidentelles et à renforcer la sécurité en Libye et dans la région. Des attachés militaires italiens et allemands ont également pris part à cette visite.

Le centre de Bizerte, créé en 2015 et récemment reconnu par l’Unmas, mène des activités de formation et de renforcement des capacités aux niveaux national et régional pour lutter contre les EEI et procéder au déminage.

Selon les données des Nations Unies, les incidents liés à des engins explosifs en Libye ont causé au moins 175 décès et 312 blessures depuis mai 2020.

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Greenpeace | «Les incendies au Maghreb menacent des vies et des communautés»

28. Juli 2026 um 12:35

Les incendies qui touchent actuellement la Tunisie, l’Algérie et le Maroc causent non seulement des dégâts aux forêts et aux habitations, mais constituent également une menace croissante pour les vies humaines, la sécurité des communautés et le droit à un environnement sain.

C’est l’avertissement lancé par Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), soulignant que la situation est particulièrement critique en Algérie : six personnes y ont perdu la vie, environ 150 habitations ont été endommagées et près de 1 550 départs de feu ont été recensés en l’espace de 12 jours.

En Tunisie, selon les données de la Protection civile, les flammes ont ravagé plus de 240 hectares en juillet 2026. On a parlé de plus de 440 hectares jusqu’à la fin de la semaine dernière. Plus de 35 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays entre le 1er juin et le 25 juillet, dans un contexte de fortes chaleurs, de sécheresse et de pression intense sur les équipes de lutte contre les incendies.

La situation s’aggrave également au Maroc, où les autorités et les services forestiers s’efforcent de contenir les brasiers et de protéger les zones habitées ainsi que les zones rurales vulnérables. «Les pertes dépassent les simples dégâts matériels ; elles affectent le droit à la vie, à un logement sûr et à un environnement sain», a déclaré Kenzie Azmi, responsable régionale des campagnes pour Greenpeace Mena.

Au-delà des hectares brûlés et des maisons détruites, a-t-elle souligné, se trouvent des communautés déstabilisées, des familles contraintes d’abandonner leur foyer et une capacité de résilience qui s’amenuise à chaque nouvelle urgence. Selon Greenpeace, la crise climatique ne peut être évaluée uniquement à l’aune de la hausse des températures ; elle doit aussi être mesurée par les conséquences humaines, économiques et sociales engendrées par les phénomènes météorologiques extrêmes.

L’organisation environnementale insiste sur le fait que les incendies au Maghreb ne doivent pas être considérés comme des incidents isolés, mais comme faisant partie d’un phénomène mondial devenant de plus en plus fréquent et intense, alimenté par des vagues de chaleur record et des sécheresses prolongées. Le changement climatique, note-t-elle, n’est pas nécessairement la cause directe des incendies — souvent liés à l’activité humaine ou à d’autres facteurs — mais il les rend plus probables, en accélère la propagation et en accroît le pouvoir destructeur. Pour Greenpeace, il ne suffit plus de réagir simplement une fois les catastrophes survenues.

L’organisation appelle à des investissements concrets dans la prévention, la gestion forestière, les systèmes d’alerte précoce et l’adaptation pour les communautés les plus exposées. Elle exhorte également les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre à rendre des comptes et à mobiliser des financements climatiques pour les populations d’Afrique du Nord, qui supportent une part croissante du coût d’une crise à laquelle leur contribution reste limitée.

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Football | Avec Reghecampf, l’Espérance espère bâtir une équipe solide

28. Juli 2026 um 09:46

L’entraîneur de l’Espérance sportive de Tunis, Laurențiu Reghecampf, a confirmé que l’effectif a connu des changements importants suite au départ de plusieurs joueurs clés — tels que Yassine Meriah, Mohamed Amine Tougai, Mohamed Amine Ben Hamida, Raed Bouchniba, Yan Sasse, Youcef Belaïli et Onuche Ogbelu — tout en soulignant que le club s’attelle actuellement à bâtir une nouvelle équipe.

Reghecampf a expliqué à Diwan FM que l’Espérance a déjà recruté plusieurs nouveaux joueurs et poursuit sa collaboration avec le président du club Hamdi Meddeb et ancien gardien de but, Chokri El Ouaer, pour attirer des talents de qualité destinés à remplacer les partants, se disant confiant quant à la capacité du club à constituer un effectif solide.

L’entraîneur roumain a ajouté qu’il préférait ne pas faire de promesses, privilégiant plutôt le travail concret sur le terrain, et a souligné que sa priorité est que chacun puisse constater les résultats de ce travail.

Il a également révélé que, même durant sa période d’éloignement de l’équipe, il était resté en contact avec divers acteurs du club et suivait de près tout ce qui concernait l’Espérance ; il a précisé qu’il ignorait la raison de l’attachement indéfectible des supporters à son égard, mais qu’il le ressentait à travers les messages qu’il recevait constamment.

Reghecampf a souligné qu’il relevait un défi personnel majeur dans sa quête de tous les titres — en particulier la Ligue des champions de la CAF, qui revêt une importance capitale pour les supporters de l’Espérance.

Il a conclu en insistant sur sa volonté de rester proche de l’atmosphère du club, en évoquant le lien unique qui unit l’Espérance à ses supporters et en exprimant la joie qu’il ressent lorsqu’il échange avec eux.

I. B.

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