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La Tunisie table sur une inflation de 5,3 % en 2026

05. Februar 2026 um 12:56

Dans une volonté affirmée de freiner les pressions inflationnistes, qui avaient atteint 7 % en 2024, la Tunisie table sur une inflation stable autour de 5,3 % en 2026, soit le même taux que celui annoncé cette semaine par l’Institut national de la statistique (INS) pour l’ensemble de l’année 2025.

Les prévisions officielles indiquent que la tendance à la baisse de l’inflation devrait se poursuivre en 2026, soutenue par un allègement des pressions sur les prix alimentaires.

Les autorités prévoient de s’appuyer sur le soutien à la production nationale et l’accélération de la numérisation des systèmes de suivi et des circuits de distribution afin de maîtriser l’évolution des prix.

Selon le Rapport sur l’équilibre économique 2026, le gouvernement prévoit de poursuivre en 2026 ses efforts pour maîtriser l’inflation et la maintenir à un niveau acceptable, en privilégiant la garantie d’un approvisionnement régulier en biens essentiels grâce à la constitution de stocks de réserve, un contrôle renforcé pour limiter la spéculation, la lutte contre les monopoles et une meilleure organisation des circuits de distribution.

Afin de contenir l’inflation autour de 5,3 % en 2026, le gouvernement souligne la nécessité d’intégrer les politiques économiques et sociales aux stratégies sectorielles, d’améliorer l’efficacité et d’assurer une utilisation optimale des ressources disponibles. Il insiste également sur l’importance de mécanismes de suivi et d’évaluation pour garantir la mise en œuvre rapide des mesures et des programmes.

I. B.

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La facture climatique coûterait à la Tunisie 1,9 % du PIB

05. Februar 2026 um 12:40

Les catastrophes naturelles majeures représentent un risque économique croissant pour la Tunisie, avec un impact potentiel estimé à près de 1,9 % du produit intérieur brut (PIB). Cette alerte a été lancée par le ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, en marge du 18eForum de Carthage sur l’assurance et la réassurance, qui s’est tenu à Tunis, le lundi 2 février 2026.

Latif Belhedi

Selon les données présentées, la sécheresse représente à elle seule plus de la moitié des catastrophes naturelles recensées dans le pays. Les inondations, bien que moins fréquentes, représentent près de 60 % des pertes économiques totales. Les secteurs les plus exposés demeurent l’agriculture, les infrastructures et le tourisme, piliers essentiels de l’économie tunisienne. Les populations les plus vulnérables sont aussi les plus durement touchées, ce qui accentue les risques sociaux liés aux chocs climatiques.

Absorber les chocs économiques

Face à cette exposition croissante, les autorités tunisiennes ont fait de la gestion des catastrophes et du changement climatique une priorité nationale. La stratégie repose sur le renforcement de la prévention, l’adaptation des politiques publiques et le recours à des mécanismes financiers innovants capables d’absorber une partie des chocs économiques.

Les récentes intempéries qui ont frappé le pays rappellent l’urgence de consolider les mécanismes de protection existants. Dans ce contexte, le rôle stratégique de l’assurance et de la réassurance apparaît essentiel pour limiter l’impact économique et social des catastrophes, renforcer la résilience des ménages et des entreprises et soutenir la capacité de relance de l’économie nationale.

Le 18e Forum de Carthage sur l’assurance et la réassurance, qui s’est tenu du 1er au 3 février 2026 à Tunis, s’inscrit pleinement dans cette réflexion. Placé sous le thème «Garantir l’avenir dans un monde en mutation : innover, prévenir et renforcer la résilience», ce forum était organisé conjointement par Tunis Re, la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance (Ftusa) et la Fédération générale arabe des assurances (Gaif).

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Tunisie | La faible croissance économique limite les bénéfices des banques (S&P)

05. Februar 2026 um 12:22

S&P Global Ratings prévoit que la croissance des prêts bancaires tunisiens restera modérée, à environ 3 % par an en 2026, reflétant une croissance économique modeste – l’agence anticipe une croissance du PIB de 1,7 % en 2026, hors chocs externes ou internes majeurs.

Cette faible croissance, conjuguée à l’absence de progrès sur les réformes structurelles clés, entraîne un faible niveau d’investissement public et privé et limite la capacité des banques à générer des bénéfices plus importants, estime S&P, qui constate toutefois une reprise de la consommation privée.

La récente baisse des taux d’intérêt par la banque centrale devrait alléger le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers, même si une inflation relativement élevée et des critères d’octroi de crédit peu rigoureux continuent de peser sur ce coût.

Malgré un contexte de liquidités extérieures difficile, la Tunisie a assuré le service de sa dette commerciale extérieure entre 2024 et 2025. Ce service a été rendu possible grâce à des emprunts directs auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et à une augmentation des transferts de fonds, contribuant ainsi à stabiliser ses réserves de change.

Dépendance excessive à l’égard de la BCT

Les échéances à court terme sont modestes, s’élevant à 816,7 millions de dollars pour 2026 et à moins de 350 millions de dollars pour 2027, ce qui atténuera la pression budgétaire.

Cependant, une dépendance excessive à l’égard de la BCT pourrait nuire à la crédibilité de la monnaie et alimenter l’inflation.

La Tunisie a également utilisé la majeure partie de ses réserves disponibles, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations de l’environnement international, telles qu’une forte hausse des prix du pétrole ou un ralentissement marqué de l’économie européenne.

Par conséquent, S&P prévoit que les banques continueront d’être confrontées à des risques élevés liés à l’instabilité macroéconomique et à une faible qualité des actifs en raison du niveau élevé de créances douteuses.

S&P prévoit, par ailleurs, que le niveau élevé de créances douteuses (NPL) représentera près de 16 % du portefeuille de prêts total au cours des 12 à 24 prochains mois, et que le coût du risque restera élevé, à environ 150 points de base.

Les retards importants pris dans les réformes réglementaires ont entravé la capacité des banques à radier les prêts anciens, estime l’agence.  

Les banques ont constitué des provisions ces dernières années sous la supervision de la BCT, mais le ratio de provisionnement pour pertes sur prêts (NPL) demeure modeste, à 55 % à la mi-2025. Cette couverture limitée restreint la capitalisation des banques.

Une rentabilité limitée freine la capitalisation  

S&P prévoit une baisse négligeable de la rentabilité en 2026, suite à la récente diminution du taux directeur. Par ailleurs, l’importance des réseaux d’agences et la rigidité des structures de coûts continueront d’absorber plus de 40 % des revenus des banques, limitant ainsi leurs bénéfices.

Les banques tunisiennes accusent également un retard par rapport à leurs homologues des marchés émergents en matière de digitalisation de leurs offres, ce qui restreint davantage leurs résultats. S&P prévoit un rendement des actifs de 1 % et un rendement des capitaux propres de 11 % en 2026.

La rentabilité limitée entravera la capacité des banques à améliorer sensiblement leur capitalisation.

Les ratios de solvabilité et de fonds propres de catégorie 1 du système bancaire se sont améliorés en 2024, atteignant respectivement 14,5 % et 11,9 % à la fin de l’année, contre 14,2 % et 11,3 % à la fin de 2023. Cependant, S&P considère la capitalisation globale comme faible compte tenu des risques importants qui pèsent sur l’environnement opérationnel des banques.

De plus, plusieurs petites banques fonctionnent en deçà des exigences minimales d’adéquation des fonds propres.

Bien que l’agence n’anticipe pas de risque majeur pour la stabilité financière, cela souligne la difficulté pour l’autorité de régulation bancaire de mettre en œuvre la réglementation, malgré les réformes récentes.

Hausse de l’exposition souveraine des banques

L’exposition souveraine des banques tunisiennes demeure nettement inférieure à celle des marchés émergents comparables, notamment l’Égypte.

Toutefois, l’exposition directe des banques aux obligations souveraines et aux programmes d’emprunt nationaux atteignait environ 30 milliards de dinars tunisiens (TND) en juin 2025, soit 16,5 % du total de leurs actifs – une hausse significative par rapport aux 12,7 % enregistrés fin 2022.

Par ailleurs, S&P estime que l’exposition directe des banques au secteur public et aux entités liées à l’État (ELE) s’élevait à près de 19 milliards de TND, soit 17 % du total des prêts, au 30 juin 2025. Sans soutien de l’État, certaines de ces expositions pourraient peser sur la qualité des actifs des banques, car la situation financière de certaines ELE demeure fragile. On comprend donc que le gouvernement n’envisage pas de restructurer ni de liquider ces entités.

Les banques tunisiennes dépendent de la BCT en raison de leurs sources de financement limitées. Les dépôts de la clientèle, principale source de financement de ces banques, affichent une croissance stable et devraient augmenter d’environ 5 % en 2026. Toutefois, ces dépôts sont insuffisants pour financer intégralement les activités de prêt des banques, ce qui les oblige à recourir régulièrement à la BCT pour obtenir des financements complémentaires.

Cette dépendance s’explique par la taille réduite du marché des capitaux local et l’accès restreint aux financements extérieurs.

S&P prévoit que la dette extérieure nette, provenant principalement de sociétés offshore, d’expatriés tunisiens et de lignes de crédit d’institutions multilatérales, dépassera légèrement 15 % du total des prêts domestiques en 2026.

Le financement provenant de sociétés mères étrangères demeure limité par rapport aux marchés émergents comparables, mais les actionnaires étrangers détiennent près d’un tiers des actions du système bancaire tunisien.

I. B.

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GreenGate | Répertoire de l’entrepreneuriat vert en Tunisie  

05. Februar 2026 um 11:47

La plateforme numérique GreenGate est désormais en ligne. Elle a été conçue pour centraliser l’ensemble des acteurs, des ressources et des opportunités liés à l’entrepreneuriat vert en Tunisie.

Cette annonce a été faite par son promoteur, Greenov’i, un projet financé par l’Union européenne (UE) dans le cadre du volet «entrepreneuriat vert» de son programme «Tunisie verte et durable», visant à soutenir l’action environnementale dans notre pays.

Le projet est mis en œuvre par Expertise France, l’agence française de coopération technique internationale, en collaboration avec le Centre international des technologies environnementales de Tunis (Citet), le ministère de l’Environnement et celui de l’Économie et de la Planification.
La plateforme s’adresse aux entrepreneurs verts déjà engagés, aux structures d’accompagnement et aux acteurs institutionnels, ainsi qu’aux jeunes entrepreneurs porteurs d’idées et aux futurs entrepreneurs en quête d’un point d’accès privilégié pour comprendre les procédures, identifier les partenaires clés et accéder aux opportunités disponibles. Elle propose un répertoire national des acteurs de l’entrepreneuriat vert et de la transition écologique (structures d’accompagnement, organismes de financement, experts, startups, ONG, etc.), ainsi qu’une bibliothèque de ressources (guides, podcasts et rapports utiles aux acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat vert). Elle offre également un espace collaboratif permettant aux utilisateurs d’ajouter des ressources, des informations ou des contacts afin d’enrichir collectivement la base de données et les ressources disponibles.

Greenov’i est un projet de 12 millions d’euros lancé en 2023. Son objectif est d’accompagner et de soutenir la transition écologique en Tunisie sur une période de cinq ans. Il soutient également le développement d’éco-entreprises et promeut l’adoption de méthodes de production durables et équitables.

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Tunisie | Mobilisation pour la protection des vestiges révélés par les tempêtes

05. Februar 2026 um 11:25

L’Institut national du patrimoine (INP) se mobilise pour protéger les vestiges archéologiques mis au jour par les récentes intempéries à Néapolis et Kerkouane (gouvernorat de Nabeul), Mahdia et Bizerte.

Les équipes scientifiques et techniques de l’INP s’emploient pour sécuriser et de documenter les structures et objets antiques ayant refait surface le long de différentes portions du littoral après les récentes tempêtes qui ont intensifié l’érosion et les glissements de terrain.

Les contrôles en cours concernent principalement plusieurs sites dans les régions du Cap Bon et du Sahel, la priorité étant donnée à la protection immédiate des objets et à la prévention des vols, ainsi qu’à Ras Angela et Sidi Mechreg à Bizerte.

Ces efforts font suite aux découvertes signalées ces dernières semaines le long des côtes du gouvernorat de Nabeul, où l’érosion a mis au jour des blocs de pierre, des éléments architecturaux et des portions de murs, probablement d’époques punique et romaine. Les archéologues concentrent leur attention sur la région de Néapolis et sur des portions de littoral comme Sidi Mahrsi, où une datation définitive nécessite des études complémentaires dans des conditions météorologiques et maritimes stabilisées.

Selon l’INP, les opérations comprennent des reconnaissances, des relevés et une documentation scientifique, avec l’appui des forces de l’ordre en raison de l’afflux de curieux et du risque de vol.

Les premières descriptions font état de murs et de structures compatibles avec des zones résidentielles ou des thermes sur la côte, ainsi que d’installations pouvant être des cuves ou des structures liées à la transformation et au salage du poisson, une activité historiquement documentée dans la région.

La surveillance ne se limite pas à Nabeul. Des équipes régionales ont également été déployées dans le gouvernorat de Mahdia, avec des inspections de sites côtiers tels que Borj Erras et la région de Salakta, où une campagne de relevés et de documentation a été lancée en vue d’une opération de sauvetage. L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle travaille également dans ce cadre, en coordination avec l’INP.

Enfin, les autorités attirent l’attention sur le risque de dégradation et de fouilles clandestines. Dans un appel, l’INP a indiqué que l’interprétation et la communication scientifique des résultats relèvent de la seule responsabilité des spécialistes autorisés, et a exhorté le public et les médias à signaler sans délai toute infraction aux autorités compétentes, notamment à la Garde nationale.

La priorité absolue demeure la sécurité des vestiges découverts. Une phase d’études comparatives et de surveillance côtière suivra afin d’empêcher que de nouvelles tempêtes n’effacent les preuves nouvellement mises au jour ou ne les rendent vulnérables au pillage.

I. B.

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Etats-Unis | L’argent qui pèsera sur les élections de mi-mandat

05. Februar 2026 um 10:50

À l’approche des élections de mi-mandat américaines de 2026, des puissances notamment technologiques déversent des sommes colossales dans l’arène politique pour influencer l’opinion publique. L’attrait de l’innovation numérique se mêle aux ambitions de reconquête du pouvoir, transformant la bataille à venir en bien plus qu’une simple course aux voix, c’est une démonstration de puissance financière sans limites.

Imed Bahri

Dans le New York Times, Theodore Schleifer, spécialiste du financement des campagnes électorales, a mis en lumière quatre forces clés qui mobilisent des sommes considérables pour influencer les résultats électoraux, devenant ainsi les acteurs les plus influents dans la détermination du scrutin.

Ces quatre forces sont l’industrie de l’intelligence artificielle, l’industrie des cryptomonnaies, les groupes de pression pro-israéliens et le Comité d’action politique (Political action committee ou PAC) associé au président Donald Trump.

Ces entités ont démontré leur volonté d’intervenir de manière agressive dans les élections primaires et générales en injectant des centaines de millions de dollars.

Intelligence artificielle : cette industrie s’est engagée activement dans l’arène politique afin d’obtenir une législation qui lui est favorable. Actuellement en pleine expansion, elle est en passe de devenir un acteur majeur des élections de mi-mandat de 2026.

Le Future Leadership Committee, un vaste réseau américain de comités d’action politique axé sur le lobbying en faveur de politiques soutenant l’industrie de l’IA, a levé 50,3 millions de dollars au second semestre 2025, principalement grâce à la famille d’un des fondateurs d’OpenAI et à la société de capital-risque Andreessen Horowitz.

Cryptomonnaies : ce secteur se prépare également à une année de dépenses importantes. Le FairChake Committee, soutenu par des acteurs majeurs du secteur, a levé 73,8 millions de dollars au second semestre 2025, principalement auprès de sociétés de capital-risque telles qu’Andreessen Horowitz, Coinbase et Ripple. FairChake a entamé l’année 2026 avec un financement de 193 millions de dollars.

Cependant, le secteur des cryptomonnaies semble moins discipliné qu’en 2024 avec l’émergence de plusieurs groupes dissidents. Cette situation s’explique en partie par le fait que certains acteurs du secteur estiment que le Comité Vershake est devenu trop proche des intérêts de ses financeurs.

Le Comité d’action politique (PAC) de Trump se distingue comme une force financière dominante, ayant levé la somme faramineuse de 300 millions de dollars, ce qui lui confère un levier considérable sur le Parti républicain et ses adversaires démocrates et républicains, selon l’article.

L’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), puissant groupe de lobbying pro-israélien, a dépensé des sommes considérables ces dernières années lors des primaires démocrates, ciblant les candidats qu’il juge hostiles à Israël.

Aujourd’hui, alors que les divisions au sein des deux partis, notamment chez les démocrates, s’accentuent au sujet d’Israël, l’Aipac investit massivement pour renforcer son influence.

L’année dernière, le groupe a transféré 30 millions de dollars à son allié, le United Democracy Project. Ce comité a levé 61,6 millions de dollars au cours du second semestre 2025 et a entamé cette année avec près de 96 millions de dollars, ce qui le place parmi les groupes extérieurs les mieux financés du pays.

L’avantage de Trump

Trump bénéficie d’un avantage qui ne peut que faire rêver les Démocrates. Plus de 304 millions de dollars de liquidités détenus sur le compte du parti politique. Cela lui confère un avantage structurel considérable sur la gauche comme sur ses adversaires de droite.

Il s’agit du montant contrôlé par le Comité d’action politique républicain, dirigé par les conseillers de Trump, au début de cette année. Le PAC a engrangé environ 112 millions de dollars supplémentaires au second semestre 2025, grâce à d’intenses campagnes de levée de fonds et à un réseau de donateurs cherchant à promouvoir leurs intérêts commerciaux auprès de l’administration ou, dans certains cas, à obtenir une grâce présidentielle.

Points positifs pour les Démocrates

Le Parti démocrate est confronté à des difficultés financières institutionnelles, son Comité national affichant un déficit de près de 100 millions de dollars par rapport à son adversaire républicain.

Cependant, cette faiblesse majeure est compensée par le succès remarquable des candidats démocrates dans certains États. Des personnalités comme Roy Cooper, Sherrod Brown et Mark Kelly ont nettement surpassé leurs adversaires en matière de collecte de fonds.

La famille Kennedy

Appartenir à une famille américaine aussi influente et prestigieuse présente des avantages.

Jack Schlossberg, petit-fils du président John F. Kennedy, a levé plus de 1,1 million de dollars au cours de ses sept premières semaines de campagne en tant que candidat démocrate à un siège à la Chambre des représentants dans l’État de New York.

Parmi les donateurs figuraient des personnalités telles que Lauren Michaels, Antony Blinken, Paul Simon, Richard Plepler et Bette Midler. Sa mère Caroline Kennedy qui a cherché au début à le dissuader d’entrer en politique pour le protéger a également contribué à sa campagne.

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El Teatro comme laboratoire de conscience 

05. Februar 2026 um 09:37

Là où la plupart des discours cherchent à rassurer, Taoufik Jebali expose l’auditeur à une instabilité féconde : condition première de toute conscience vivante. Chaque mot devient un miroir, non tendu vers le monde, mais offert à celui qui écoute, révélant les normes invisibles qui gouvernent nos esprits et les fissures qu’elles laissent ouvertes.

Manel Albouchi

Il existe des paroles qui ne cherchent pas à convaincre mais à déplacer. Des paroles qui n’expliquent pas mais ouvrent. Des paroles qui ne remplissent pas l’espace sonore, mais déposent une présence, créant un léger déséquilibre à partir duquel quelque chose commence à se voir autrement. C’est là que commence la liberté d’expression non comme permission accordée, mais comme capacité à soutenir ce qui dérange sans se réfugier dans le consensus. 

Lorsque Taoufik Jebali parle, on ne reçoit pas seulement un discours, mais un espace à habiter. Dans le podcast Rachma, intitulé «Organique, indépendant ou détaché ?» (عضوي، مستقل أم منفصل؟), il pose trois questions simples et radicales : sommes-nous enracinés dans le monde, organiques ? Avançons-nous sur notre chemin, indépendants ? Ou choisissons-nous la distance, observateurs détachés des vertiges collectifs ? 

Ces questions ne proposent pas un choix de posture, mais une mise à nu. Elles interrogent l’axe à partir duquel un sujet se tient dans le monde : fuit-il, se protège-t-il, ou consent-il à être traversé par ce qui le dépasse ? Là où la plupart des discours cherchent à rassurer, Jebali expose l’auditeur à une instabilité féconde : condition première de toute conscience vivante. Chaque mot devient un miroir, non tendu vers le monde, mais offert à celui qui écoute, révélant les normes invisibles qui gouvernent nos esprits et les fissures qu’elles laissent ouvertes, à la manière de Foucault. 

Ces questions réactivent le jugement au sens d’Hannah Arendt, invitant à penser plutôt qu’à s’agiter, à transformer le savoir en expérience plutôt qu’en éloges ou procès. Elles éclairent autant l’artiste que le spectateur, autant celui qui crée que celui qui vit. 

La liberté d’expression, dans cette perspective, n’est pas le droit de dire n’importe quoi, mais la responsabilité de penser ce que l’on dit. 

El Teatro, un espace singulier 

Né en 1944 à Ksar Helal, Jebali n’a jamais été un artiste «classique». Dramaturge, metteur en scène, comédien, fondateur d’El Teatro, il a façonné un espace singulier dans le paysage culturel tunisien et arabe. 

Si l’on prend le mot «Saint» dans son sens premier : séparé, retiré de l’usage ordinaire, alors El Teatro apparaît comme un lieu saint et vivant : creuset d’intelligence et d’audace, laboratoire d’expérimentation, de confrontation esthétique et de formation humaine. 

La signature de Jebali réside dans une fusion intime entre l’homme et l’œuvre. Le théâtre n’est pas pour lui un métier, mais un espace de transformation : le réel social y est travaillé, dissous, puis restitué sous forme symbolique. L’art y devient rituel, la scène un autel, et Jebali incarne tour à tour le Sage marginal ou le Prophète laïque : celui qui se tient à l’écart pour mieux voir, portant en lui une blessure d’exil intérieur. 

Chez lui, le moi social s’efface devant le ‘je’ créateur. Loin d’être pathologique, cette organisation narcissique créative transforme l’œuvre en peau symbolique : un double réparateur qui contient l’angoisse et donne forme à l’indicible. Sa méfiance envers les institutions traduit une relation ambivalente à l’autorité, oscillant entre colère contre la norme morte et nécessité d’un cadre suffisant pour que la création puisse se déployer. 

Un ‘nous’ qui n’abolit pas le ‘je’

Aucun lieu ne tient seul dans la durée sans une intelligence du lien, sans présence capable d’en porter la continuité invisible. El Teatro n’a jamais été le territoire d’un seul homme. La présence de Zeineb Farhat, la campagne de Taoufik Jebali et son égérie, paix à son âme, y a joué un rôle central. 

Là où Jebali incarnait la fracture, le questionnement et la tension créatrice, Zeineb Farhat assurait la contenance, au sens psychanalytique du terme. Elle n’était pas l’ombre de l’artiste, mais le cadre vivant qui permettait à l’intuition de se déployer sans se dissoudre.  

Dans une lecture jungienne, elle occupait une fonction d’Anima institutionnelle : non pas muse idéalisée, mais instance de médiation entre l’exigence intérieure et le monde réel, garantissant la durée, la circulation et l’accueil… tout ce sans quoi une création radicale se condamne à l’isolement ou à l’épuisement. 

Sans cette fonction de contenance, l’axe se brise. La vision s’épuise. L’intuition devient errance. 

Au cœur d’El Teatro, deux esprits intégrés ont créé un ‘nous’. Un ‘nous’ où se conjuguent tension créatrice et contenance, donnant naissance à un champ. Un ‘nous’ non fusionnel, non idéologique, symbolique, capable de contenir la différence sans l’écraser. 

Ce ‘nous’ n’abolit pas le ‘je’ : il le rend possible. Il constitue l’axe gravitationnel invisible permettant aux singularités de coexister sans se dissoudre, offrant à chacun la possibilité d’être pleinement présent tout en appartenant à un collectif vivant. On y entrait pour être déplacé, mais jamais abandonné. 

Organique, indépendant, détaché 

Être organique signifie que l’art naît de la chair du monde : fractures, peurs, injustices, élans et espoirs. Il ne peut être décor : il est scène vivante. 

Être indépendant n’est pas se couper du réel, mais refuser qu’il impose ses normes. Jebali construit son théâtre comme un territoire intérieur, où la loi n’est pas subie mais choisie. 

Être détaché ne veut pas dire retrait : c’est se placer à distance pour clarifier, ouvrir, pour que la conscience du spectateur devienne active. 

Dans cette perspective, El Teatro devient un antidote à la pensée formatée. Là où Bion décrit les systèmes saturant l’espace psychique de réponses toutes faites, Jebali offre un lieu de réappropriation du vrai self (Winnicott) : singularité révélée, faux self dissous, conscience active. 

La transmission, chez Jebali, échappe aux protocoles académiques et aux cadres fixes. Elle surgit dans les interstices, dans la rencontre, et marque durablement. 

Il y a quinze ans, alors que j’étais étudiante en psychologie, j’ai reçu de lui ma première leçon de pleine conscience, sans nom, mais par la présence : ancrage corporel, attention aux émotions et à la pensée, travail de l’incertitude et de l’angoisse. Plus qu’un enseignement, une expérience incarnée. 

Cette expérience n’était pas singulière : elle dit quelque chose de la transmission chez Jebali, toujours indirecte, toujours incarnée, jamais théorisée avant d’être vécue. 

Le théâtre laboratoire de l’âme 

Aujourd’hui, le paysage tunisien regorge de workshops et de formations théâtrales. Mais derrière cette effervescence, le risque demeure : transformer la scène en produit émotionnel ou activité rapide, plutôt que d’un laboratoire vivant d’alignement conscient. 

Le théâtre n’est pas divertissement ni exutoire. Il est expérience vivante, rencontre, cheminement, transformation de la conscience. La liberté d’expression, dans cette perspective, n’est pas un cri, mais un alignement : être suffisamment présent à soi pour ne pas parler à la place de ses peurs, de ses dépendances ou de ses évitements. À travers Taoufik Jebali et El Teatro, chaque lumière sur la scène ne révèle pas l’artiste, mais la conscience, le jugement et la liberté intérieure de celui qui crée et de celui qui observe. 

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Sauvegarde de Sidi Bou Saïd | Une approche écologique douce

05. Februar 2026 um 09:09

A la suite des glissements de terrain survenus suite aux récentes pluies diluviennes dans la colline sur laquelle est bâti le village de Sidi Bou Saïd, un joyau d’architecture arabo-andalouse et un site touristique populaire au nord de Tunis, l’auteur, expert en matière de préservation de l’environnement, préconise dans cet article des «solutions écologiques douces» qui garantissent la stabilité durable du site et la préservation de son paysage naturel.

Abdessalem Kallala *

Au regard de mon expérience dans le domaine de la conservation des eaux et du sol, les interventions envisagées sur le site de Sidi Bou Saïd doivent impérativement reposer sur des solutions écologiques douces, visant à garantir la stabilité durable du site et la préservation de son paysage naturel.

Ces interventions s’articulent notamment autour des actions suivantes :

– rééquilibrage des talus abrupts (versants) afin d’obtenir des profils géométriquement et mécaniquement stables ;

– captage, canalisation et gestion maîtrisée des eaux de ruissellement, en particulier au niveau des talus supérieurs, afin de limiter l’érosion hydrique ;

– abolition des fosses septiques, pour prévenir toute infiltration d’eaux usées et éviter la dégradation des sols ;

– substitution progressive des arbres à enracinement superficiel et à charge élevée (notamment l’eucalyptus) par des arbustes à racines profondes (ex. acacia), associés à une couverture herbacée adaptée, favorisant la cohésion du sol ;

– stabilisation des ravins par la mise en place de seuils biologiques (agave), renforcés en aval des versants par des seuils ou murs de soutènement en gabions, judicieusement dimensionnés et positionnés ;

– renforcement local des zones instables par l’enfoncement dans le sol de piquets ronds en bois disposés verticalement (technique respectueuse du milieu et efficace à court et moyen terme) ;

– respect strict des courbes de niveau pour l’ensemble des aménagements projetés, afin de limiter les écoulements concentrés ;

– réduction de la circulation des véhicules sur la colline, dans le but de diminuer les phénomènes d’affaissement, de tassement et de dégradation des sols.

L’ensemble de ces mesures permet une approche intégrée, combinant les dimensions écologique, hydrologique et paysagère, tout en tenant compte des enjeux sociaux, économiques et touristiques spécifiques au site de Sidi Bou Saïd.

* Expert en environnement.

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PCF et Maghreb | Radicalisme d’apparat et rendez-vous manqué

05. Februar 2026 um 08:09

Fondé en 1920, le Parti communiste français (PCF) se présentait comme la force radicale capable de porter la révolution et de combattre l’impérialisme. Mais lorsque le parti se tourne vers le Maghreb français, son idéal se heurte à la réalité du terrain et à la complexité des sociétés locales. L’historien Chokri Ben Fradj retrace dans son dernier ouvrage, ‘‘Le Parti communiste français face à la question coloniale : le cas du Maghreb – Militantisme politique et errance idéologique entre deux rives 1920-1939’’, les espoirs, les erreurs et les limites d’un engagement qui restera marqué par un rendez-vous manqué avec les nationalistes maghrébins.

Djamal Guettala

Dès ses débuts, le PCF se définit par un radicalisme affirmé. Inspiré par la Révolution russe et l’Internationale communiste, il prône la révolution prolétarienne et rejette le patriotisme comme incompatible avec la solidarité internationale. La démocratie parlementaire bourgeoise est critiquée, jugée illusoire et oppressive.

Dans cette logique, le Maghreb devient un «laboratoire» où la révolution pourrait s’ancrer avant même la métropole. Le PCF cherche à organiser les masses coloniales, soutenir la lutte anticoloniale et s’imposer comme leader sur le terrain. Pour ce faire, il s’appuie sur des militants européens et maghrébins partageant un même idéal révolutionnaire.

Incohérences et limites

Mais la réalité est vite plus complexe. Répression, manque de moyens et méconnaissance des sociétés locales freinent l’action du parti. Les nationalistes maghrébins, bien qu’ayant des affinités idéologiques, déplorent l’absence d’un dialogue stratégique et d’une alliance durable. Chokri Ben Fradj parle d’«errance idéologique» : le parti peine à adapter ses principes universels aux réalités locales.

L’histoire du PCF au Maghreb illustre la difficulté de concilier audace et efficacité. Les militants européens ont souvent considéré les populations locales comme une masse à encadrer, tandis que les nationalistes revendiquaient d’être entendus dans leurs priorités. Les malentendus se multiplient, limitant l’impact des initiatives communistes malgré l’énergie et l’enthousiasme des militants.

L’arrivée du Front populaire en 1934 change les priorités. La lutte antifasciste devient centrale, reléguant l’anticolonialisme au second plan. La proposition Blum-Viollette, qui offre la citoyenneté à quelques milliers d’Algériens, illustre ces tensions : le PCF critique certaines mesures réformistes mais collabore ponctuellement avec radicaux et socialistes.

À cela s’ajoutent des contraintes externes : répression coloniale, faiblesse des moyens humains et matériels. Ces facteurs, combinés aux divisions internes et à la méconnaissance des cultures locales, compromettent la capacité du PCF à créer une véritable alliance avec les nationalistes maghrébins.

Leçons d’un rendez-vous manqué

Pour Chokri Ben Fradj, l’histoire du PCF au Maghreb est celle d’un rendez-vous manqué. Les ambitions et le dévouement des militants se heurtent aux malentendus, rivalités et priorités divergentes. Les nationalistes maghrébins n’ont pas rejeté totalement le parti, mais l’absence d’un dialogue authentique et d’une stratégie commune a empêché la réussite des objectifs communs.

L’ouvrage dépasse l’analyse historique. Il montre que même des idéologies radicales peuvent se heurter à des réalités sociales et culturelles complexes. La leçon est claire : un engagement politique durable exige audace, stratégie et compréhension mutuelle.

Publié aux Éditions L’Harmattan le 4 septembre 2025 dans la collection Histoire et Perspectives Méditerranéennes, l’ouvrage s’adresse aux historiens, étudiants et lecteurs curieux de la mémoire coloniale et des dynamiques révolutionnaires en Méditerranée.

Chokri Ben Fradj est historien et ancien enseignant-chercheur à l’université de Tunis. Titulaire d’un doctorat en histoire contemporaine du XXe siècle consacré à l’itinéraire de l’immigration maghrébine en France avant la Seconde Guerre mondiale, il est également l’auteur d’études sur la laïcité en milieu colonial et l’histoire de l’olivier et de l’oléiculture en Tunisie.

Avec ce livre, il propose une plongée passionnante dans les ambitions et limites du PCF au Maghreb, rappelant que l’histoire aurait pu prendre un autre cours si l’écoute et la compréhension mutuelle avaient prévalu.

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Gestern — 04. Februar 2026Haupt-Feeds

Siliana | Il tue son frère à cause d’un tatouage

04. Februar 2026 um 12:40

Des agents de la brigade de police judiciaire de Siliana ont arrêté, lundi 2 février 2026, un jeune homme d’une vingtaine d’années, soupçonné d’avoir assassiné son frère de 18 ans à la suite d’une dispute au sujet d’un tatouage.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le suspect aurait poignardé son frère au cœur avec un objet tranchant, entraînant sa mort.

Le corps de la victime a été transféré au service de médecine légale pour une autopsie afin de déterminer la cause exacte du décès, rapporte Diwan FM en citant une source sécuritaire.

I. B.

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La perversité de la loi contre l’antisémitisme

04. Februar 2026 um 12:04

L’antisémitisme est aujourd’hui un délit très controversé parce qu’il repose sur une base juridique largement biaisée. Cependant ce délit est abondamment médiatisé car c’est un levier majeur du projet sioniste, à l’origine de la création de l’Etat d’Israël. En effet, dans un bon nombre de pays, on peut être accusé d’antisémitisme et encourir des peines qui vont des lourdes amendes financières à la vindicte populaire, à l’anéantissement de la vie sociale et professionnelle et jusqu’à la prison ferme. Et ce pour avoir seulement critiqué les crimes de l’Etat d’Israël…

Med-Dahmani Fathallah *

Comme personne ne peut échapper à la loi, surtout quand on se met à l’appliquer manu militaris, on voit même d’illustres personnages publics qui à travers l’exercice de leurs professions se sont vus accuser d’antisémitisme, trainés dans la boue et dépouillés de leurs droits fondamentaux de citoyens. Les cas de l’avocate italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale sur les territoires Palestiniens occupés auprès des Nations Unis et les talentueux humoristes Français, Dieudonné Mbala et Blanche Gardin pour ne citer que ceux-là, sont des exemples édifiants de la perversité de toute loi portant sur l’antisémitisme.

En effet, quel que soient les lois érigées contre l’antisémitisme, elles sont vides de toute substance juridique réelle, abstraites, sournoisement définies et surtout incomprises par le grand public.

Le délit d’antisémitisme contredit le fondement juridique de la liberté d’expression et ne s’appuie sur aucune logique juridique, morale, sociale ou anthropologique admissible. Le comble de l’ironie c’est qu’on peut être accusé d’antisémitisme par des prétendus sémites tout en étant soi-même un sémite. Mais si on veut contester ces lois et éviter de tomber sous le coup de cette accusation absurde, il est primordial de dénoncer cet abus juridique en expliquant comment l’origine linguistique du terme sémite a été travestie en un contexte ethnique limité aux Juifs et comment cela a alimenté des lois qui servent Israël et le projet sioniste plus que la communauté juive en tant que telle.

Pour démêler l’embrouille juridique qui a mené aux lois contre l’antisémitisme et surtout à leurs applications qui dépassent tous les cadres juridiques, il faut d’abord comprendre ce qu’est un Sémite ?

​À l’origine, le terme «sémite» est une catégorisation linguistique et non raciale ou ethnique au sens strict. Le terme est apparu à la fin du XVIIIe siècle pour désigner les peuples parlant (ou ayant parlé) des langues sémitiques. C’est une branche de la grande famille des langues dites afro-asiatiques (ou chamito-sémitiques). Ces langues partagent des caractéristiques structurelles communes, la plus notable étant l’utilisation de racines consonantiques (généralement trois consonnes) qui forment l’ossature du sens des mots (par exemple, la racine k-t-b pour «écrire» en arabe ou m-l-k pour «roi» en hébreu et en arabe). Cette origine linguistique repose aussi sur une base historique théologique voir mythologique.

Le mot sémite dérive du nom biblique Sem (ou Sém), l’un des fils de Noé, mentionné dans la Table des Peuples comme l’ancêtre d’une partie des populations du Proche-Orient. Bien que cette source soit théologique, elle a servi de base aux linguistes du XVIIIe siècle pour nommer ce groupe de langues et les peuples associés.

Les Sémites sont donc les peuples qui parlent ou descendent historiquement de locuteurs de langues sémitiques. Ces langues et peuples sont originaires du Proche-Orient et de la Corne de l’Afrique. Ainsi, dans les groupes sémitiques antiques, on retrouve les peuples qui ont joué un rôle majeur dans l’histoire antique et dont les langues se sont éteintes ou ont évolué vers les langues modernes. Ces peuples sont en premier les Akkadiens (Babyloniens et Assyriens). Leur langue, l’akkadien (et ses dialectes babylonien et assyrien), est l’une des plus anciennes langues sémitiques attestées, parlée en Mésopotamie. Il y a aussi les Araméens dont la langue, l’araméen, est devenue une lingua franca dans tout le Proche-Orient antique. Enfin, on trouve les Cananéens (Phéniciens, Moabites, Ammonites, Hébreux) qui forment un ensemble de peuples ayant parlé des langues étroitement liées (le phénicien, l’hébreu biblique, etc.) sur la côte du levant.

 Dans les groupes sémitiques actuels on retrouve essentiellement les Arabes qui sont locuteurs de l’arabe (classique et dialectes variés) et qui forment aujourd’hui le groupe sémitique le plus nombreux, s’étendant du Moyen-Orient à l’Afrique du Nord. Il y a aussi les Juifs traditionnellement locuteurs de l’hébreu (langue cananéenne), qui a été ravivée comme langue moderne, alors qu’ils étaient dans l’antiquité locuteurs aussi de l’araméen. On trouve aussi dans ce groupe les Éthiopiens et les Érythréens, locuteurs des langues éthiopiques (comme l’amharique, le tigrinya et le guèze), qui forment un groupe sémitique important en Afrique de l’Est.

Les Assyriens et les Chaldéens, locuteurs de dialectes néo-araméens qui vivent principalement au Moyen-Orient font aussi partie de ce groupe.

Enfin, il y a les Maltais, locuteurs du maltais, la seule langue sémitique d’Europe, dérivée d’un dialecte arabe.

​Ainsi, le terme «sémite» est un marqueur linguistique et historique qui désigne une vaste famille de peuples et de cultures, historiquement centrée dans la région du Proche-Orient au sens large.

Bien qu’aujourd’hui géographiquement et culturellement distincts, les peuples sémitiques (Arabes, Juifs, Éthiopiens, etc.) partagent une ascendance linguistique commune très profonde, remontant à un protosémitique parlé au IVe millénaire avant le christ.

Cependant, en actionnant la légende du peuple élu, les Juifs ont exclu tous les autres peuples et ce sont accaparés le qualificatif de «sémites». Ainsi, de nos jours, dans la conscience collective globale, sémite est le synonyme exclusif de juif. Cette spoliation du terme «sémite» est à l’origine de l’apparition au XIXe siècle en Allemagne ​du terme «antisémitisme» qui a été inventé pour faire référence spécifiquement à l’hostilité et à la discrimination envers les Juifs ce qui coïncide historiquement et géographiquement avec le développement du mouvement sioniste.

Bien que le terme se réfère littéralement à l’ensemble des Sémites (Arabes, juifs, Éthiopiens, Érythréens, Assyriens, Chaldéens et Maltais), son usage a été détourné pour se limiter exclusivement aux Juifs. Cet état de fait se maintient grâce un effort soutenu de désinformation sur cette aberration linguistique ainsi qu’une omerta sur le détournement du terme sémite, véhiculés par les médias occidentaux, dominés par les sionistes.

Ayant ainsi réussi à transformer une catégorisation linguistique en une catégorisation ethnique et l’avoir exclusivement attribué aux juifs, la voie était ouverte à la criminalisation de l’antisémitisme en l’assimilant aux crimes de haine contre les seuls Juifs.

Aujourd’hui l’arsenal juridique contre l’antisémitisme repose principalement sur les lois sur les crimes de haine (hate crimes). En effet, la majorité des pays occidentaux qui se proclament démocrates interdisent la discrimination et les discours de haine fondés sur la race, l’origine, l’ethnie ou la religion, auxquels on a intégré l’antisémitisme. C’est le mécanisme pénal principal pour sanctionner les actes antisémites.

Mais de nos jours les lois sur l’antisémitisme commencent à s’étendre au-delà des actes et à empiéter sérieusement sur le cadre de la liberté d’expression. Pour contourner ce cadre il fallait trouver le moyen d’éliminer la sacro-sainte protection du discours. Pour cela, les États-Unis et l’Europe ont intégré dans leur système éducatif et leur politique étrangère la définition opérationnelle de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) comme un puissant outil pour annihiler le droit à la liberté d’expression quand il s’agit essentiellement de dénoncer ou de critiquer les dérives des dirigeants pseudo-sémites d’Israël.  Ainsi tous les propos tenus publiquement dans le but de dénoncer les abus, les discriminations, les injustices, le manquement au droit international, les crimes de guerre, même le génocide avéré commis par les Israéliens, les «néo-sémites», peuvent être interprétés comme de la diffamation ou de l’incitation à la haine.

L’IHRA est une organisation intergouvernementale très influente dans le domaine de l’éducation et de la recherche sur la mémoire de la shoah. Fondée en 1998 à l’initiative de l’ancien Premier ministre suédois, Göran Persson, elle était initialement connue sous le nom de Task Force for International Cooperation on Holocaust Education, Remembrance, and Research. Sa mission principale est d’amener les gouvernements à promouvoir l’éducation sur l’Holocauste, perpétuer sa mémoire et encourager la recherche sur ce génocide. Elle vise à contrer le déni de la Shoah et à lutter contre les manifestations de l’antisémitisme.

L’antisionisme assimilé à l’antisémitisme

Pour l’IHRA, l’antisémitisme est une certaine perception des Juifs, qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs, leurs biens, les institutions communautaires et les lieux de culte. Cette définition n’a pas de valeur légale contraignante en tant que loi, mais elle fournit la norme internationale pour la compréhension de l’antisémitisme moderne et sert de guide politique et interprétatif essentiel dans les 35 pays membres de l’IRHA qui ont officiellement adopté cette définition. En Europe et aux États-Unis elle est même souvent citée dans les contextes législatifs et politiques.

Bien que cette conception de l’antisémitisme ne soit pas en soi une loi pénale, elle sert de base d’interprétation aux forces de l’ordre, aux procureurs et aux tribunaux pour identifier les actes soi-disant antisémites. Aujourd’hui on pousse l’embrouille jusqu’à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme.

Il est clair que tous ces quiproquos linguistiques et les embrouilles juridiques ont pour origine une norme aberrante définie par une organisation non gouvernementale partisane qui ne distingue pas clairement l’antisémitisme de l’antisionisme. Cette ingénierie pénale a pour but de fabriquer de toute pièce une base juridique qui permet la mise en place de lois liberticides protégeant les Juifs sionistes des accusations de crimes contre l’humanité commis au nom de leur projet coloniale hégémonique.​  

* Universitaire.

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Tourisme | Le Maroc surclasse les destinations sud-méditerranéennes

04. Februar 2026 um 11:00

En 2025, le Maroc a enregistré une performance touristique historique avec 19,8 millions d’arrivées, marquant une progression de 14 % par rapport à 2024. Le Royaume confirme sa position de première destination africaine, se rapprochant du seuil des 20 millions de visiteurs, soutenu par la diversification de l’offre et le renforcement des liaisons aériennes. 

Habib Glenza

Cette hausse spectaculaire est le fruit des investissements effectués dans le cadre de la Feuille de route 2023-2026 et de la montée en puissance de la connectivité aérienne et de la promotion internationale. Elle confirme la solidité de la reprise post pandémie et l’attractivité croissante du Maroc sur les marchés internationaux.

Une stratégie claire et structurée

Le ministère marocain du Tourisme souligne que cette performance n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie claire et structurée, reposant sur deux piliers décisifs, à savoir la connectivité aérienne et la promotion internationale.  

Le renforcement de la connectivité aérienne a joué un rôle central, avec l’ouverture de nouvelles lignes, l’augmentation des fréquences et une meilleure desserte des principales villes touristiques. Parallèlement, les efforts de promotion internationale, déployés sur des marchés stratégiques, ont permis de renforcer la visibilité du Maroc et de diversifier ses bassins émetteurs.

Le pays a également misé sur l’enrichissement de l’offre touristique, avec des produits plus variés allant du tourisme culturel au tourisme sportif, en passant par l’écotourisme et les expériences premium. Cette diversification contribue à attirer des profils de visiteurs plus larges et à allonger la durée moyenne de séjour.

Pour la ministre du Tourisme Fatim-Zahra Ammor, les résultats exceptionnels de 2025 illustrent également le potentiel remarquable de la destination Maroc, tant en termes de diversité que de compétitivité internationale.

Le coup de pouce de la CAN 2025

La dynamique positive ne montre aucun signe de ralentissement et l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025), un événement d’envergure continentale, a permis d’attirer un afflux supplémentaire de visiteurs au cours du mois de décembre. Avec un tel rythme de croissance, le Maroc ambitionne de dépasser encore davantage son record et de consolider sa position parmi les destinations touristiques les plus attractives au monde, loin devant ses concurrents au sud de la Méditerranée, notamment l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie.

Cette dynamique s’est également accompagnée de recettes touristiques records, ayant atteint 124 milliards de Dirhams à fin novembre 2025, soit 13,6 milliards de dollars, enregistrant une hausse de 19% par rapport à la même période de 2024, et confirmant le rôle du tourisme comme moteur de croissance économique au niveau national.

Comparaison entre la Tunisie et le Maroc

En 2025, la Tunisie a accueilli 11 millions de visiteurs, soit une hausse de plus de 10% par rapport à 2024. Ces entrées touristiques ont généré des recettes 8 milliards de dinars tunisiens (environ 2,7 milliards de dollars), soit une hausse de 6,5% par rapport à 2024, selon les indicateurs de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Comparativement, le Maroc a accueilli près du double de visiteurs (19,8 millions) et réalisé des recettes touristiques 4 à 5 fois plus importantes que celles la Tunisie (13,6 milliards de dollars).

Ces chiffres prouvent que les maux du tourisme tunisien sont loin d’être résolus et que les cocoricos lancés de temps en temps par les responsables tunisiens ne se justifient pas au regard des performances réelles réalisées par le pays.

Quand on sait qu’il y a une vingtaine d’années, la Tunisie était le premier pays touristique au sud de la Méditerranée, devant la Jordanie, le Maroc et l’Egypte, en termes de visites et de recettes, on mesure les retards accumulés par le secteur et l’absence de réactivité des autorités pour les rattraper.

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Histoire | Bahi Ladgham et «l’affaire Lehmann»

04. Februar 2026 um 10:08

L’«affaire Lehmann» s’inscrit dans la période de transition marquant la mise en échec de l’expérience des coopératives, soutenue par Habib Bourguiba et appliquée par Ahmed Ben Salah. Ce revirement avait mené à la restructuration du gouvernement et à la nomination de Bahi Ladgham comme Premier ministre en novembre 1969, avant qu’il ne soit lui-même écarté au profit de Hédi Nouira en novembre 1970. Il n’existe pas trace documentée d’une «affaire Lehmann» (parfois orthographiée Robert Lehman) dans les archives académiques ou historiographiques classiques. Pourtant, cette affaire fait référence à un scandale financier et politique majeur en Tunisie à la fin des années 1960. (Ph. Bourguiba et le gouvernement Ladgham, à droite du président).

Ridha Ben Slama

Il s’agit d’un homme d’affaires de nationalité étrangère, influent dans les milieux financiers tunisiens de l’époque. Il était lié à des projets de développement industriel et touristique, accusé de malversations financières, de corruption et de transferts illicites de devises. L’affaire est restée dans les mémoires comme l’un des premiers grands scandales de «corruption» ou de «copinage», servant de levier politique dans les luttes de succession internes.

Selon une source ayant participé à l’enquête sur cette affaire, le traitement de Robert Lehmann a été marqué par une sévérité judiciaire et politique. D’après un ancien haut fonctionnaire qui détient des informations précises et qui préfère garder l’anonymat, Lehmann a été arrêté et incarcéré en Tunisie. Les autorités l’avaient accusé de graves malversations financières, notamment de fraude fiscale, de transferts illégaux de devises vers l’étranger et de corruption de fonctionnaires.

Son procès a été utilisé par le pouvoir pour montrer une volonté de «nettoyage» après l’échec de la politique coopérativiste de Ben Salah.

Un homme d’affaires véreux

Lehmann a été présenté comme un homme d’affaires véreux ayant profité de ses entrées au sommet de l’État. Il a été lourdement condamné à une peine de prison ferme et à des amendes considérables. Les biens qu’il possédait en Tunisie ont été saisis. Après avoir purgé une partie de sa peine, il a été expulsé ou autorisé à quitter le pays, mettant fin à sa présence dans les affaires tunisiennes.

C’était donc un dossier financier et politique sensible qui éclaire la fin du passage de Ladgham à la tête du gouvernement et les tensions internes du régime.

Ladgham est nommé Premier ministre du 7 novembre 1969, poste qu’il n’occupa que jusqu’à novembre 1970, après avoir été un chef du gouvernement de facto pour Bourguiba. Il a été critiqué dans le temps pour son manque de vigilance face aux activités de l’homme d’affaires Lehmann. Après une réunion houleuse avec Bourguiba, il présenta sa démission ainsi que celle de son gouvernement le 26 juillet 1970. Bourguiba la refusa et lui demanda de rester à son poste, pour permettre à son successeur Nouira de prendre la relève, qui survint le 2 novembre 1970.

Ostracisation médiatique et politique

Ladgham jouissait à l’époque d’une certaine popularité, confirmée ensuite lors du congrès de Monastir (11-15 octobre 1971) où il obtint le plus grand nombre de voix. Cette renommée a été perçue, par Bourguiba et son épouse Wassila, comme une menace, conduisant par la suite à son ostracisation médiatique et politique. Bourguiba l’avait progressivement éloigné des affaires intérieures en le chargeant de missions diplomatiques.

Ce n’est que dix ans plus tard que Ladgham se réconcilia avec Bourguiba grâce à l’entremise de Mohamed Mzali. La brouille entre les deux hommes avait duré jusqu’à juin 1981 où Mzali avait joué un rôle pour les concilier. À cette occasion, Bourguiba évoqua les fameux vers de Samawaal (poète ayant vécu pendant la Jahilya, la période antéislamique) : «Si l’honneur d’un homme n’a pas été souillé par la vilénie, tout habit qu’il portera ne sera que magnifique». Cette allusion a permis aux deux anciens amis de se réconcilier.

إِذا المَرءُ لَم يُدنَس مِنَ اللُؤمِ عِرضُهُ

فَكُلُّ رِداءٍ يَرتَديهِ جَميلُ

L’intérêt de revenir sur cet épisode de l’histoire est de déceler finalement le motif réel, l’étincelle à l’origine de la disgrâce de Ladgham. Le public l’ignore encore et se posait à l’époque des questions au sujet des raisons justifiant cette destitution si précipitée. C’est un exercice salutaire pour mieux appréhender la raison occultée, qui avait été instrumentalisée par les rivaux politiques de Ladgham, motivant sa destitution inattendue par Bourguiba, alors qu’il achevait à peine une année en tant que Premier ministre.

Dans ses mémoires 1, Ladgham évoque la période 1969-1970, le contexte financier difficile et les pressions internes, en admettant des choix risqués. L’expression «affaire Lehmann» n’apparait en aucun cas dans son livre, c’est ce qui intrigue le plus. Il aurait pu l’évoquer et fournir tout au moins sa version. Le fait de l’omettre suscite des interrogations.

Il faut noter que l’affaire Lehmann n’est pas un titre très médiatisé avec ce mot-clé exact dans les archives publiques. En revanche, les périodes de débat politique entourant Ladgham dans les journaux de l’époque couvrent très probablement les mêmes questions de financements et critiques politiques que cette affaire représente historiquement.

Menées politiques sur fond de crise financière

La version sous-jacente de Ladgham donne une lecture défensive à propos des initiatives dictées par l’urgence économique, dans un contexte de crise profonde de liquidités après l’échec de la coopérativisation, et de méfiance des institutions financières classiques envers la Tunisie. Pour lui, la responsabilité est collective (État, Banque centrale, entourage présidentiel). Il minimise les aspects techniques (opacité, commissions, imprudence financière) et insiste surtout sur les menées politiques : «Je vais ici parler de la période que je considère personnellement comme cruciale, à savoir l’année 1969/1970– l’année irritante. Elle fut déplaisante car les valeurs sur lesquelles l’État avait fondé sa politique, et que le peuple tunisien considérait comme les composantes essentielles de sa vie politique et le repère de ses espoirs, avaient changé. Il apparaissait aux citoyens, comme au monde entier, que les politiques de développement menées par le gouvernement tunisien avaient échoué» 2.

La lecture politique de l’éviction de Ladgham peut être interprétée comme une utilisation de l’affaire Lehmann en tant que prétexte, instrumentalisée par des courants favorables à un virage libéral plus net, incarnés par Nouira.

Au-delà du volet judiciaire, Lehmann a été traité comme un «bouc émissaire» politique. Son cas avait servi d’outil pour discréditer Ladgham (son protecteur présumé), en suggérant que ce dernier avait couvert des activités illicites. Les éléments documentés suggèrent qu’en tant que secrétaire d’État à la Présidence, Ladgham avait une supervision sur les secteurs dans lesquels Lehmann était actif (banque, industrie). Cette position a pu créer une perception de lien étroit entre les deux hommes.

La version de Nouira (discours publics, pratiques gouvernementales, récits indirects) est une lecture technocratique et normative, il ne cite pas cette affaire, mais en tire parti pour dénoncer des dérives du bricolage financier, illustration de la nécessité d’une orthodoxie financière stricte. L’affaire devient un cas d’école négatif, elle incarne les méthodes aventureuses de la transition post-Ben Salah, la Tunisie doit désormais passer par le FMI, la Banque mondiale, restaurer la crédibilité monétaire, bannir les intermédiaires privés douteux.

Nouira évite d’accuser frontalement Ladgham, mais laisse entendre une incompétence technique grave, ce qui justifie un changement d’équipe et de doctrine. Il ne questionne pas la contrainte structurelle (dépendance financière) qui rendait ces montages tentants.

De l’héritage socialisant au tournant libéral

Les observateurs avisés tendent à voir l’affaire Lehmann comme un symptôme, non une cause de la crise de l’État développemental tunisien à la fin des années 1960. Lehmann n’est ni un accident, ni un simple scandale, mais le produit d’un État en quête de financement rapide dans un contexte de dépendance externe. D’ailleurs, la plupart des travaux récents écartent l’hypothèse d’une corruption personnelle, parlent plutôt d’imprudence, de faiblesse institutionnelle, d’absence de garde-fous juridiques. Ladgham apparaît comme un homme de transition, coincé entre l’héritage socialisant et le tournant libéral et l’affaire Lehmann sert aussi à légitimer à posteriori ce virage, jouant un rôle de détonateur, sinon de cause directe, dans la chute de Ladgham.

On peut aller plus loin que la version «responsabilité politique abstraite» sans tomber dans l’accusation gratuite, à condition de distinguer les niveaux d’implication. Ladgham n’est pas un simple spectateur. Contrairement à l’image longtemps diffusée, il suivait personnellement les dossiers financiers stratégiques après 1969. L’affaire Lehmann n’était pas un dossier technique de second rang, elle touchait à la recherche de financements d’urgence, donc au cœur de l’action gouvernementale. Il est hautement improbable que des engagements financiers de ce type aient été pris sans son aval explicite, même si l’exécution a été déléguée. Il aurait accepté des circuits non orthodoxes en connaissance de cause. Plusieurs témoignages ultérieurs (administration, diplomatie) suggèrent qu’il court-circuite parfois les ministères techniques, qu’il favorise un cercle restreint de décideurs, réduisant les garde-fous.

La position la plus mesurée est que Ladgham, en tant que chef de gouvernement, avait accepté des montages risqués, mal encadrés, dans un contexte de crise, et en avait sous-estimé les conséquences. Aux historiens de défricher les circonstances de cette affaire et de clarifier ses tenants et ses aboutissants. Le recoupement des témoignages et l’examen des preuves matérielles est sollicité pour sortir des passions partisanes et établir une chronologie froide et factuelle des évènements.

* Ecrivain.

Notes :

1- نوفمبر 2019 – éditions Nirvana – الزعامة الهادئة – ذكريات وشهادات وخواطر » – « 

2- Page 525.

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Chamalo et AwA célèbrent le Saint-Valentin sous le signe de l’artisanat

04. Februar 2026 um 09:14

À l’occasion de la Saint-Valentin, Chamalo, chocolatier artisan à La Marsa, et AwA, maison de bijoux en argent au design sensible et architectural, signent une nouvelle collaboration.

Chamalo imagine une nouvelle collection de chocolats présentés dans des écrins en forme de cœur d’origami, tandis qu’AwA propose une paire de boucles d’oreilles en argent, et un collier avec pendentif en argent émaillé, reprenant les mêmes lignes que celles des coffrets de Chamalo, disponibles en parure ou séparément.

Les créations peuvent être acquises indépendamment ou associées, dans une approche libre et durable du cadeau, où l’émotion et le plaisir du geste comptent autant que l’objet.

Du 12 au 14 février 2026, AwA exposera ses pièces au sein de la boutique Chamalo à La Marsa. Une campagne digitale conjointe viendra accompagner l’événement, avec la participationde Ines Goor.

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La Biat pilote le financement du projet GFR Kairouan

04. Februar 2026 um 08:23

La Biat annonce sa participation, en qualité d’agent et arrangeur de la syndication, à un prêt syndiqué d’un montant global de 140 millions de dinars destiné au financement d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 100 MWac, implantée à Chebika dans le gouvernorat de Kairouan. Le pool bancaire comprend, aux côtés de la Biat, les établissements partenaires : UIB, ATB et UBCI.

Une convention de prêt syndiqué a été signée entre la Biat, GFR Kairouan, la société anonyme spécialement créée pour gérer les activités du projet, et les banques participantes lors d’une cérémonie tenue le 3 février 2026 au siège social de la Biat.

Le prêt syndiqué d’une valeur globale de 140 millions de dinars a été consenti pour la réalisation d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 100 MWac, située à Chebika, dans le gouvernorat de Kairouan. Il s’agit de l’une des plus importantes centrales photovoltaïques du pays avec un coût global de 280 millions de dinars, contribuant ainsi au renforcement de l’offre en énergie propre.

Ce projet, dont l’ensemble des intervenants et parties prenantes sont tunisiens, s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de transition énergétique et de développement des énergies renouvelables. Il vise à accroitre la capacité de production électrique à partir de ressources renouvelables, tout en contribuant à la sécurité énergétique et à la création de valeur locale. Le projet a pour objectif de fournir de l’électricité propre à deux industries tunisiennes, réduisant ainsi leur empreinte carbone. Il s’étend sur une superficie de 210 ha avec une durée de vie de 25 ans.

La Biat intervient dans le montage financier du projet GFR Kairouan à la fois en tant que syndicateur du prêt, financeur de la dette et investisseur en capital – via sa filiale Biat

Capital Risque. L’opération a été pilotée par les experts de la Banque de Financement et d’Investissement (BFI) de la Biat qui ont joué un rôle central dans l’orchestration de l’opération.

Grâce à l’appui de la BFI de la Biat, le projet a bénéficié d’un financement structuré, d’une mobilisation harmonisée des parties prenantes et d’une exécution efficace, traduisant une approche intégrée au service de la performance. Cette dynamique a donné lieu à des solutions sur mesure et à forte valeur ajoutée, combinant investissement, ingénierie financière, conseil financier et juridique de haut niveau, ainsi qu’une capacité d’accompagnement durable de l’ensemble des partenaires du projet.

«La Biat confirme, par cette opération, son positionnement d’acteur référent du financement des projets d’infrastructure et de la transition énergétique en Tunisie. Nous sommes fiers d’accompagner un projet qui combine performance économique et contribution environnementale à fort impact», déclare Elyes Jebir, directeur général de la Biat.

Le projet sera mis en œuvre dans le cadre d’une gouvernance rigoureuse et conformément aux standards environnementaux et sociaux en vigueur, garantissant son alignement avec les meilleures pratiques internationales. Les travaux de réalisation, dont la durée est estimée à 12 mois, feront l’objet d’un suivi technique rapproché par l’ensemble des institutions impliquées.

À travers cette initiative, la Biat réaffirme son engagement durable en faveur d’un développement responsable, inclusif et tourné vers l’avenir. En soutenant des infrastructures vertes de cette envergure, la banque contribue directement à la transition énergétique nationale et à la création d’opportunités économiques régionales. Ce projet illustre pleinement la volonté de la BIAT d’assumer son rôle de partenaire de référence du progrès économique et sociétal en Tunisie.

Communiqué.

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Affaire de falsification de passeports | Audience reportée pour convoquer Hamadi Jebali

03. Februar 2026 um 14:03

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de première instance de Tunis a commencé aujourd’hui, mardi 3 février 2026, à examiner l’affaire dite de passeports falsifiés et remis à des étrangers recherchés pour terrorisme.

Sont impliqués dans cette affaire quatre dirigeants du parti islamiste Ennahdha : Noureddine Bhiri (ancien ministre de la justice, incarcéré), Mouadh Khériji (fils de Rached Ghannouchi, ancien président de l’Assemblée et du mouvement Ennahdha, incarcéré), Fathi Beldi (ancien cadre du ministère de l’Intérieur, incarcéré) et l’ancien chef de gouvernement Hamadi Jebali (en liberté).

Le parquet a demandé un report du procès afin de convoquer Hamadi Jebali à comparaître devant le tribunal, et la chambre a décidé d’accéder à cette demande et de reporter le procès au 24 mars, a annoncé Diwan FM, une source judiciaire.

Les éléments incarcérés sont poursuivis et/ou ont été condamnés dans d’autres affaires.

I. B.

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Sept ans de prison pour Frikha et deux ans pour Harouni

03. Februar 2026 um 13:43

La chambre criminelle spécialisée pour les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a condamné l’homme d’affaires Mohamed Frikha à sept ans de prison et l’ancien ministre des Transports et dirigeant du mouvement Ennahdha, Abdelkrim Harouni, à deux ans de prison.

Le tribunal, qui a prononcé ce verdict tôt ce mardi matin 3 février 2026, a également condamné deux anciens dirigeants de la SNDP Agil, une entreprise pétrolière publique, à six ans de prison dans le cadre de cette affaire concernant des transactions commerciales entre Syphax Airlines, la compagnie aérienne appartenant à l’homme d’affaires Mohamed Frikha et cette entreprise pétrolière publique.

I. B.

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Gros plan | Amel Guellaty ou le cinéma de l’essentiel

03. Februar 2026 um 12:49

L’accueil positif auquel a eu droit ‘‘ When the wind comes from’, long-métrage de fiction de la cinéaste tunisienne Amel Guellaty, est amplement mérité. Ce film est un réquisitoire implacable contre une société qui délaisse l’avenir de sa jeunesse.

Mohamed Sadok Lejri

C’est un road movie qui raconte le voyage de deux zébulons, qui sont en réalité deux amis d’enfance, de Tunis à Djerba. Alyssa est une lycéenne de 19 ans, pétillante et rebelle, qui rêve de voir son ami Mehdi gagner le concours de dessin qui aura lieu à Djerba. Moins extraverti qu’Alyssa, Mehdi (avec un «i» à la fin) est un jeune diplômé universitaire de 23 ans, à l’esprit rassis, qui s’évertue en vain à décrocher un emploi dans l’informatique.

Ce film est un réquisitoire implacable contre une société qui délaisse l’avenir de sa jeunesse. On s’attache tout de suite à Alyssa et Mehdi qui tentent d’échapper à une existence sans perspectives, et qui fuient une impasse sociale où tout espoir semble proscrit, en s’embarquant dans un voyage rocambolesque. On a envie de savoir où cette route les mènera, on ignore jusqu’au bout si ce couple s’arrêtera. C’est une aventure qui nous tient en haleine du début à la fin.

Une envie de fuite

La mise en scène suggère que la fuite des personnages est un acte contraint par une société devenue invivable, une société dotée d’une jeunesse créative et bouillonnante mais qui voit son avenir obscurci par le doute et le désespoir. Avant de prendre le large, il y avait déjà une envie de fuite. La situation d’Alyssa et Mehdi n’a-t-elle pas provoqué les circonstances qui leur donneraient prétexte à fuir plus loin, à chercher une liberté et un espoir qu’aucun des deux n’avait dans sa vie impécunieuse, morose et privée de promesses ? Car c’est la liberté et l’espoir d’un avenir meilleur qui les guident. Et, sans doute en ont-ils trop manqué avant, pour partir dans cette quête excessive. Une fois ce but défini, ils s’embarqueront dans une escapade avec la volonté de ne plus revenir en arrière et la détermination de trouver une solution à leur vie misérable.

L’on ne peut rester insensible à cette histoire. Les personnages d’Alyssa et de Mehdi sont crédibles et bien construits, l’œuvre brille par l’épaisseur psychologique de ses protagonistes. On suit leur évolution avec tendresse.

‘‘𝑊ℎ𝑒𝑛 𝑡ℎ𝑒 𝑤𝑖𝑛𝑑 𝑐𝑜𝑚𝑒𝑠 𝑓𝑟𝑜𝑚’’ est porté par un duo de jeunes acteurs que sont Eya Bellagha et Slim Baccar. Ces derniers ont littéralement crevé l’écran ! La justesse de leur jeu, le caractère authentique de leur souffrance, leur performance empreinte d’une détresse criante de vérité nous pousse à la réflexion et à nous interroger sur l’avenir des jeunes de ce pays.

L’intérêt du film réside dans la dualité de ses protagonistes, à la fois déterminés et profondément fragiles ; ce contraste est particulièrement bien exploité. L’histoire de leur voyage, ou plutôt leur fuite, est un peu l’histoire de toute une vie en accéléré, avec ses mauvaises et ses bonnes surprises, avec ses déceptions et ses lueurs d’espoir.

Libérer la puissance du rêve

Bref, ‘‘𝑊ℎ𝑒𝑛 𝑡ℎ𝑒 𝑤𝑖𝑛𝑑 𝑐𝑜𝑚𝑒𝑠 𝑓𝑟𝑜𝑚’’ restitue le climat de notre époque et donne un aperçu de notre réalité sociale, mais aussi de nos psychés et psychoses collectives. Les incursions oniriques renvoient directement au courant surréaliste. Malgré quelques maladresses dues au manque de moyens, elles ont été soignées dans la mesure du possible et sont à saluer.

En effet, les scènes surréalistes sont loin d’être des artifices esthétiques, elles convoquent l’héritage d’un surréalisme authentique qui n’est pas sans nous rappeler celui de Luis Bunuel, Jean Cocteau et David Lynch.

Dans certaines scènes, le rêve se mêle à la réalité, si bien que l’on ne sait plus quelle image est réelle et quelle image appartient au rêve du personnage. En fait, Amel Guellaty cherche à libérer la puissance du rêve de Mehdi et Alyssa et à abolir la frontière entre le réel et l’imaginaire, offrant au spectateur, le temps de quelques scènes, une expérience immersive où la poésie du rêve contraste avec la laideur et la vérité brute de leur quotidien.

Bien que ce soit un road movie, ce film n’est pas une contrefaçon du cinéma américain et représente une voix propre et originale, en l’occurrence celle de la réalisatrice. A travers ce long-métrage, elle a fait en sorte que ces voix fragiles n’aient plus que le désert du sud tunisien, le sable des plages ou quelques cénacles mondains et stériles comme lieux d’expression.

Malgré tout ce qui a été écrit, ce film n’est pas du tout mélancolique, bien au contraire ! La réalisatrice possède cet art – ô combien rare en Tunisie et dans le monde arabe ! – de la finesse qui consiste à filmer la gravité sans jamais l’appesantir.

Les failles d’une société

Là où d’autres s’enfermeraient dans le pathos, Amel Guellaty choisit le ton badin et l’humour pour disséquer les failles de notre société et les tourments d’âme d’Alyssa et Mehdi. Sous le vernis d’une apparente légèreté, la réalisatrice transforme des sujets graves tels que le chômage, les agressions sexuelles, l’égoïsme comme facteur de réussite, l’immobilisme social et administratif, le traditionalisme rigide, le pays devenu un terreau de rancœur et de frustration, etc., en récits d’aventure riches en émotions. C’est un cinéma qui traite de l’essentiel avec un sourire en coin, prouvant que le cinéma engagé n’a pas besoin de larmes et de solennité pour bousculer le spectateur.

Je pense sincèrement que ‘‘𝑊ℎ𝑒𝑛 𝑡ℎ𝑒 𝑤𝑖𝑛𝑑 𝑐𝑜𝑚𝑒𝑠 𝑓𝑟𝑜𝑚’’ doit être vu par le plus grand nombre de jeunes tunisiens. Ces derniers s’identifieront à coup sûr aux protagonistes. D’ailleurs, le grand public appréciera les visages familiers du petit et du grand écran. Leurs apparitions sont assez brèves, mais elles apportent une certaine intensité au film. Le talent de Fatma Sfar, Saoussen Mâalej et Mohamed Grayaâ a permis de graver dans les esprits les scènes auxquels ils ont participé. Une mention spéciale à Fatma Sfar qui a magistralement incarné le rôle de la «femme corruptrice». D’ailleurs, le manque d’expérience et la posture innocente d’Alyssa dans la scène de la boîte de nuit ne sont pas sans nous rappeler le personnage de Aya incarné par la même Fatma Sfar dans l’excellent film de Mehdi Barsaoui : ‘‘𝐴𝑖̈𝑐ℎ𝑎’’.

La bande originale est également intéressante. L’utilisation des morceaux de 𝑌𝑢𝑚𝑎 transcende la simple bande-son pour devenir un véritable véhicule narratif. En choisissant leur style un peu folk et mélancolique, le film parvient à instaurer une intimité immédiate avec le spectateur, notamment les jeunes et moins jeunes qui apprécient ce duo. Chaque note de guitare acoustique semble chuchoter les non-dits des personnages. Ainsi la musique de Yuma n’est pas seulement là pour illustrer certaines scènes, elle en approfondit la tonalité émotionnelle, transformant les moments de doute et de solitude en réflexions sur l’espoir et la condition des jeunes.

Hélas ! En dépit de la qualité remarquable de l’œuvre, la salle du cinéma l’ABC était quasiment vide : nous n’étions que trois. Le film qui passait juste avant, ‘‘𝑆𝑎ℎ𝑏𝑒𝑘 𝑅𝑎𝑗𝑒𝑙 2’’, a beau être un navet populacier, il ne désemplit pas, même après deux mois d’exploitation. Manifestement, le règne du mauvais goût ne semble pas près de s’achever. Après avoir colonisé le petit écran, la médiocrité dicte aujourd’hui sa loi au septième art.

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Poésie | ‘‘Le livre des fragments’’ de Hatem Bourial

03. Februar 2026 um 12:18

Hatem Bourial, journaliste, poète et animateur infatigable de la vie culturelle tunisienne, publie ‘‘Le livre des fragments’’, un court recueil dense, dans une édition soigneusement imprimée où «Rien n’arrive que le poème / A longueur d’instants / Sans heure exacte / Qu’une soif de dire / Etanchée au calendrier des sensations».

C’est dire le besoin de l’auteur, qui n’est pas à son premier recueil, d’écrire avant tout, les fragments d’une vie, aux émotions diverses, aux imaginaires multiples, sans se soucier de l’unicité thématique.

Quinze textes composent la mosaïque libérée, avec des paysages intérieurs et extérieurs, rassemblant des «Béances», des «Des spirales et des épines», «Des éclats», «Des averses» et « Des frissons au solstice.»

Dans la préface au recueil, Tahar Bekri écrit : «Nous ne savons pas toujours comment arrive le poème ni quand il dicte sa nécessité, dans ce besoin pour exprimer l’être, composer avec les moments de vie, écrire le cours des jours, traduire la fluidité su temps qui passe. Et c’est ce que je rencontre dans la lecture de ces Fragments, dans leur fragilité quotidienne et leur élan cosmique, à la fois grains de sable qui nous filent entre les doigts et ciels habités par le mystère.»

I. B.

‘‘Le livre des fragments’’, Ed. La Nef, Tunis, 55 p. ; peinture de couverture de Jo Ann Morning.

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