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Ces femmes qui révolutionnent le rap tunisien

06. April 2025 um 11:34

Les rappeuses n’étaient pas présentes sur la scène hip-hop tunisienne, typiquement masculine et machiste, avant la révolution qui a renversé Zine El-Abidine Ben Ali en 2011. Aujourd’hui, plusieurs voix féminines engagées s’élèvent sur la scène rap. La chercheuse en études de genre Jyhene Kebsi * a publié une étude sur la manière dont leurs paroles mettent en lumière les nombreuses inégalités que les femmes en Tunisie et dans le monde doivent surmonter.

Comment les rappeurs tunisiens ont-ils généralement traité les femmes dans leurs chansons et leurs clips ?

La politique de genre du rap masculin tunisien est complexe, mais on peut aborder l’une de ses tendances. Bien que certains hommes aient soutenu leurs collègues féminines et collaboré avec elles sur des chansons, leurs représentations tendent à classer les femmes dans deux groupes : vertueuses ou débauchées; madones ou prostituées.

Cela transparaît clairement dans leur utilisation de mots obscènes visant à dégrader les femmes «déchues». Leurs références sexuelles peuvent être perçues comme une façon de rabaisser les «filles faciles et les femmes immorales» qui défient les normes patriarcales.

Cela contraste fortement avec l’amour et la dette qu’ils expriment envers leurs mères et leurs sœurs. Contrairement au rap occidental, la figure maternelle est centrale dans le rap tunisien.

Le caractère sacré de la mère dans la culture musulmane tunisienne transparaît dans des chansons pleines de gratitude envers celles qui les ont mises au monde.

Leur recours à cette division masculine entre femmes «respectables» et «non respectables» propage une masculinité toxique qui nourrit des stéréotypes de genre néfastes.

Cela renforce la domination sociale des hommes et leur contrôle du corps des femmes. Cela dit, il est essentiel de souligner que le sexisme ne se limite pas à la scène rap arabe. Comme je l’explique, de nombreux rappeurs occidentaux objectivent, humilient et dégradent également les femmes dans leurs chansons.

Qui sont les quatre rappeuses dont vous parlez ?

Les quatre rappeuses tunisiennes que j’analyse sont Sabrina, Medusa, Queen Nesrine et Tuny Girl.

Il est communément admis que Medusa a été la première rappeuse tunisienne. En réalité, Sabrina a commencé à rapper en 2007 et les autres rappeuses tunisiennes ont rejoint la scène rap après la révolution de 2011.

Medusa est la rappeuse tunisienne la plus célèbre en Occident. Son immigration en France a renforcé sa notoriété internationale. Bien que Tuny Girl et Queen Nesrine n’aient pas atteint la renommée de Medusa ou Sabrina, elles ont sorti des chansons féministes percutantes qui critiquent le statu quo dans la Tunisie postrévolutionnaire.

Les artistes ont principalement utilisé les médias numériques pour partager leurs chansons avec le public via des plateformes sociales comme YouTube et Facebook. Malheureusement, toutes les quatre ont dû faire face à une certaine opposition en raison de leur statut de femmes.

Le rap est considéré comme un genre musical masculin. L’entrée des femmes tunisiennes dans ce monde dominé par les hommes n’a pas été facile à accepter. Les attitudes envers les rappeuses ont évolué grâce à leur succès progressif à attirer un public plus large.

Les quatre artistes partagent une forte résistance au sexisme. Plus important encore, tout en étant conscientes des pressions patriarcales, elles sont conscientes des nombreuses formes d’oppression qui se croisent et maintiennent les femmes dans une situation d’inégalité par rapport aux hommes.

Cela transparaît dans leurs chansons, qui reflètent une forte conscience de l’intersectionnalité.

Qu’est-ce que l’intersectionnalité ?

La féministe noire américaine Kimberle Crenshaw a inventé le terme «intersectionnalité» en 1989 pour décrire la double discrimination, sexiste et raciste, à laquelle sont confrontées les femmes noires. Elle a utilisé ce terme pour évoquer les nombreuses formes d’inégalité qui s’aggravent et créent des obstacles interdépendants qui façonnent les expériences de discrimination des femmes noires.

L’intersectionnalité met en lumière les nombreuses formes de discrimination vécues lorsque ces catégories d’identité sociale interagissent et se façonnent mutuellement.

On retrouve une compréhension de l’intersectionnalité dans une chanson comme ‘‘Hold On’’, où Medusa rappe sur l’illettrisme, la lutte politique et la maternité : «Je regarde la misère flotter / L’illettrisme s’est répandu et nous a fait basculer d’un extrême à l’autre / Où est la liberté pour laquelle les militants se sont battus ? / Je suis la Tunisienne libre qui a exposé son torse aux balles / Je suis la mère, la mère du martyr qui n’a pas obtenu sa revanche.»

Dans sa chanson ‘‘Arahdli’’, Sabrina rappe sur divers maux sociaux :

«Laisse-moi tranquille / La police t’attrape et te fait du mal / Ne crois pas à l’État corrompu / Le chômage et la pauvreté ne te rendront pas heureux.»

J’ai découvert que le point commun entre Méduse, Sabrina, Reine Nesrine et Tuny Girl est leur rejet du «cadre à axe unique», comme le dit Crenshaw. Ce récit unilatéral qui réduit les problèmes des femmes aux seuls hommes et au patriarcat.

Au contraire, les artistes mettent en lumière l’impact néfaste, pour les femmes, de l’intersection entre les inégalités de genre, la corruption politique, les lois injustes, l’inefficacité des politiques locales, l’effondrement de l’économie tunisienne et la faiblesse du pays dans le paysage géopolitique mondial.

Leurs chansons s’unissent dans leur reconnaissance du fait que la vie des Tunisiennes est façonnée par toutes ces structures de pouvoir qui se chevauchent, les exposant à la marginalisation et à la discrimination.

Leurs chansons identifient les obstacles structurels, cachés et interdépendants, à leur liberté. La misogynie n’est qu’un élément à prendre en compte, aux côtés d’autres problématiques locales et mondiales, lorsqu’on aborde les questions de genre en Tunisie.

Quelles autres nouvelles tendances les rappeuses insufflent-elles ?

Les femmes sont à la pointe de l’innovation dans le rap tunisien. Prenons l’exemple de Lully Snake. Cette rappeuse tuniso-algérienne basée en Tunisie est anciennement breakdanceuse. Sa passion pour la culture hip-hop et son amour pour des artistes américains tels que Tupac, Kool G Rap, Queen Latifah et Foxy Brown l’ont poussée à se lancer dans le rap.

Comme toutes les rappeuses tunisiennes, elle considère que son entrée dans le rap a été longue et difficile. Débutée en 2019, sa première chanson n’est sortie qu’en 2024.

Lully Snake a publié son premier titre, ‘‘Zabatna Kida’’, sur Instagram. Sa singularité réside dans son mélange de rap et de mahraganat, une musique de rue égyptienne apparue dans les ghettos du Caire. Son succès l’a encouragée à poursuivre son rap en tunisien et en égyptien, ainsi que dans d’autres langues occidentales et dialectes maghrébins.

L’expérimentation de Lully Snake prouve que les rappeuses innovent tout en diffusant des messages qui valorisent les femmes. Cela a enrichi le rap tunisien.

Traduit de l’anglais.

Article publié dans The Conversation.

* Directrice de l’apprentissage et de l’enseignement (études de genre) à l’Université Macquarie (Australie).

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Un sommet scientifique sur l’huile d’olive tunisienne

06. April 2025 um 09:48

Le Tunisian Olive Oil Women’s Network, Réseau des femmes tunisiennes de l’huile d’olive, organise le 9 avril 2025 au siège de l’Utica à Tunis le premier sommet scientifique mondial sur l’huile d’olive tunisienne, ainsi que la cérémonie de remise des prix du concours Dido International.

L’événement, une opportunité pour les amateurs et les professionnels de l’huile d’olive, réunira des experts en huile d’olive, des scientifiques et des producteurs du monde entier pour célébrer les meilleures huiles et discuter de l’avenir de ce secteur vital, notent les organisateurs.

Le programme comprend une journée scientifique avec des discussions approfondies et des présentations sur la recherche, les innovations et la durabilité de l’huile d’olive, ainsi qu’une cérémonie de remise de prix pour honorer les meilleurs du secteur lors des Dido International Awards. Une opportunité unique de réseauter, de partager des connaissances et de promouvoir le secteur de l’huile d’olive à l’international.

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L’huile d’olive extra vierge tunisienne distinguée à Abu Dhabi  

06. April 2025 um 09:30

La Tunisie a remporté la première place mondiale au concours afro-asiatique international d’huile d’olive extra vierge, organisé par Global International Olive Oil Competitions (Giooc) du 1er au 4 avril 2025, à Abu Dhabi. Elle a raflé soixantaine médailles d’or et quatre d’argent.

Le président du Concours international d’huile d’olive afro-asiatique (AAIOOC), l’ingénieur tunisien Raouf Choukat, a précisé, dans une déclaration à l’agence Tap, que la Tunisie, qui a participé avec 65 échantillons d’huile d’olive vierge extra sur un total de 200 provenant des différents pays participants, a raflé 53 d’or pour la qualité, 7 médailles d’or pour une huile saine et 4 médailles d’argent. Elle a été suivie par la Grèce, deuxième, et l’Espagne, troisième.

Le jury international de cette compétition est composé de 10 experts de Tunisie, Italie, Espagne, Grèce, Maroc, Turquie et Jordanie.

En plus de la Tunisie, quatorze pays ont participé à cette compétition, à savoir la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Arabie Saoudite, le Brésil, la Croatie, l’Algérie, la Libye, la Turquie, le Maroc, la Jordanie, le Liban et le Sultanat d’Oman.

Pour rappel, le Giooc organise chaque année, quatre grandes compétitions internationales d’huile d’olive extra vierge en Europe, en Asie et en Amérique.

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Démantèlement des camps de migrants subsahariens à Sfax

06. April 2025 um 09:05

L’opération de démantèlement des camps de migrants subsahariens en situation irrégulière se poursuit dans les délégations de El-Amra et Jebeniana, dans le gouvernorat de Sfax, pour le troisième jour consécutif.

Selon l’agence officielle Tap, qui a rapporté l’information samedi 5 avril 2025, citant le porte-parole de la direction générale de la Garde nationale Houssemeddine Jebabli, cette opération est menée par les unités du Croissant-Rouge tunisien, les services de santé, de la protection civile, plusieurs municipalités voisines, ainsi que les autorités régionales, sous la protection des forces de la police et de la garde nationale.

Les autorités tunisiennes estiment le nombre des migrants irréguliers subsahariens dans les régions de Jebeniana et El-Amra à 20 000, dont environ 4 000 de diverses nationalités ont quitté l’un des camps évacués par les autorités.

Certains migrants se sont dispersés dans la campagne, les femmes enceintes et les personnes infirmes étant prises en charge par les autorités sanitaires

Lors d’un point de presse, tenu, samedi, à Sfax, Jebabli a souligné que les efforts entrepris par les différentes unités de la marine nationale a permis d’enregistrer des chiffres records en matière de réduction des tentatives de migration irrégulière vers la rive nord de la Méditerranée.

Il a révélé qu’aucune infiltration ou passage illicite par voie terrestre n’a été enregistré durant les trois premiers mois de cette année.

Rappelons que les camps avaient suscité la colère des habitants des villages voisins, accentuant la pression sur les autorités. Certains habitants avaient d’ailleurs intenté une action en justice contre l’occupation de leurs oliveraies par les migrants. «Il était de notre devoir de mettre fin à ce désordre», a déclaré Jebabli.

Concernant l’opération de démantèlement des camps de migrants, Jebabli a précisé que les différentes unités du ministère de l’Intérieur sont mobilisées sur le terrain depuis quatre jours, en coordination étroite avec la présidence de la République. L’objectif étant d’éliminer ces campements anarchiques, dans le respect de la loi et en prenant en considération la situation humanitaire et sociale des migrants irréguliers.

Il a souligné à cet égard que l’approche adoptée privilégie les considérations sociales et humaines au détriment de la dimension sécuritaire, estimant que la majorité de ces migrants sont victimes de traite de personnes. Plusieurs d’entre eux souffrent de problèmes de santé et ont été pris en charge dans les hôpitaux publics, tandis que d’autres faisaient la queue devant les locaux du Croissant-Rouge tunisien et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour bénéficier d’un retour volontaire, a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la Garde nationale a indiqué, en se fondant sur les rapports des services de renseignements, de nombreux migrants subsahariens en situation irrégulière ont exprimé leur volonté de retourner volontairement dans leur pays d’origine et de se rapprocher de l’OIM après avoir séjourné dans ces camps.

Il a précisé que l’opération de démantèlement des camps à El Amra et Jebeniana, qui abritaient environ 20 000 migrants, se poursuit toujours sous la supervision du ministère de l’Intérieur et du président de la République.

L’opération fait l’objet d’un suivi quotidien de la part des pays d’origine, de transit et de destination, afin d’examiner les mécanismes d’appui au retour volontaire et de coordonner avec les organisations internationales pour l’hébergement temporaire.

Par ailleurs, Jebabli a signalé que plusieurs affaires judiciaires ont été enregistrées à l’encontre de ces migrants en situation irrégulière, notamment pour des agressions contre des exploitations agricoles appartenant à des citoyens, en plus des conditions environnementales et sanitaires devenues préoccupantes.

Le 25 mars, le président tunisien Kaïs Saïed a appelé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à accélérer le retour volontaire des migrants en situation irrégulière dans leur pays d’origine.

Il reste cependant à espérer que les camps démantelés ne seront pas installés quelques kilomètres plus loin et que ces opérations ponctuelles soient la réponse adéquate à un phénomène structurel et qui prend de plus en plus d’ampleur, étant donné la situation difficile des populations dans plusieurs pays subsahariens aux prises avec des guerres civiles. Qu’on nous permette d’en douter, car des opérations similaires menées par le passé n’ont pas donné les résultats escomptés. Pour un migrant irrégulier rapatrié, combien d’autres viennent grossir les rangs de ceux bloqués en Tunisie en attendant de partir vers l’Europe?

Le 25 mars, le président Kaïs Saïed a appelé l’OIM à accélérer le retour volontaire des migrants en situation irrégulière dans leur pays d’origine.

I. B. (avec agences).

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Infractions au parc de Sidi Bou Saïd | Le silence complice des autorités ?

06. April 2025 um 08:46

C’est avec un profond sentiment d’indignation que je me vois contraint, pour la troisième fois consécutive, de dénoncer publiquement ce qui se passe au parc de Sidi Bou Saïd. Malheureusement, les mêmes scènes se répètent, les mêmes lois sont bafouées, et le silence des autorités devient de plus en plus pesant… au point de faire naître un véritable doute sur leur implication dans ces dérives.

Leith Lakhoua *

Aujourd’hui encore, malgré une signalisation explicite interdisant l’accès aux voitures et aux bicyclettes, j’ai été témoin, au sein même du parc, de véhicules motorisés circulant librement au milieu d’enfants qui tentaient simplement de jouer en toute sécurité. Ce spectacle inquiétant ne reflète pas seulement une mauvaise gestion ou une simple négligence administrative : il traduit un laisser-aller institutionnalisé, qui laisse penser à une forme de complicité ou, à tout le moins, de tolérance de la part de ceux censés faire appliquer la loi.

Faut-il rappeler que les lois et les règlements ont été établis dans un but clair : préserver l’ordre public, garantir la sécurité des citoyens, protéger les espaces verts ? Que reste-t-il de tout cela lorsque les panneaux d’interdiction ne signifient plus rien et que l’impunité devient la norme ?

Le président de la République, en désignant un ministre, un gouverneur, un maire, a légitimement cru déléguer des responsabilités à des personnes compétentes et intègres. Mais ce que nous constatons sur le terrain est tout autre : une cascade de démissions morales et institutionnelles, un refus manifeste d’assumer les fonctions les plus élémentaires. Comment expliquer que la solution la plus simple, à savoir fermer le portail du parc, n’a même pas été envisagée ni appliquée? Faut-il vraiment des instructions présidentielles pour verrouiller un cadenas?

Le parc est-il, oui ou non, interdit aux voitures ?

Ce constat ne concerne pas uniquement le parc de Sidi Bou Saïd. C’est le reflet d’un malaise plus profond : celui de la gestion des services publics en Tunisie, où l’on assiste, jour après jour, à une dégradation généralisée, à une anarchie latente et, parfois, à une suspicion d’implication volontaire dans le chaos.

Il est temps de poser les bonnes questions: le président doit-il gérer lui-même les moindres détails de chaque secteur? Peut-il encore déléguer sans être trahi? Ou doit-il espérer un sursaut d’éthique et de responsabilité chez ces responsables, devenus indifférents aux besoins du citoyen?

Ce qui est certain, c’est que la société civile, elle, ne dort pas. Les patriotes, les vrais, ceux qui aiment ce pays, continueront de dénoncer chaque dépassement, de veiller au grain, et de refuser que l’anarchie s’installe sans résistance.

Le parc de Sidi Bou Saïd mérite mieux. La Tunisie mérite mieux.

* Consultant en organisation industrielle.

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‘‘The Russo Ukrainian war’’ | Mourir pour Black Stone ou le tragique destin de l’Ukraine

06. April 2025 um 08:00

Les comparaisons douteuses entre Hitler et Poutine servent à justifier auprès de l’opinion publique américaine les largesses financières attribuées par le Congrès des Etats-Unis, soumis à l’influence du lobby militaro-industriel et financier, au gouvernement ukrainien véritablement croupion, pour poursuivre une guerre sans solution militaire, et rembourser par la suite les dettes accumulées par le bradage des richesses ukrainiennes et la colonisation économique du pays par les intérêts américains. Au nom de la liberté !

Dr Mounir Hanablia *

La guerre russo-ukrainienne, selon l’auteur du livre, a débuté dans sa phase militaire lorsque les troupes russes ont franchi, en violation des lois internationales, la frontière internationale en février 2022 et tenté de prendre Kiev, la capitale.

L’offensive supposée être éclair a été stoppée lorsque les forces russes ont échoué à prendre l’aéroport qui aurait assuré le débarquement du corps expéditionnaire censé occuper la capitale sans coup férir. Elle s’est enlisée avec l’entrée en scène des missiles javelines américains qui ont immobilisé les blindés assaillants sur la route.

En mars l’état major russe reconnaissait implicitement son échec en concentrant ses troupes sur l’Est et le Sud de l’Ukraine. La résistance ukrainienne, «inattendue», aurait poussé les Occidentaux, en particulier les Américains, à apporter une aide militaire et financière massive afin d’aider un pays démocratique à se libérer définitivement des griffes de l’autocratie russe incarnée par Vladimir Poutine et à s’arrimer d’une manière irréversible économiquement à la communauté européenne et militairement au camp occidental représenté par l’Otan.

Le narratif erroné du camp occidental

Ainsi le choix de l’Otan se trouve être celui d’un Etat souverain soucieux d’assurer son indépendance par les moyens de son choix conformément aux règlements internationaux. Les reculs russes ne sont donc que les résultats de la supériorité du matériel militaire occidental, en particulier les batteries Humar ciblant avec une précision inégalée les concentrations de troupes et les dépôts d’armements ennemis, qui n’a eu d’égal que la bravoure ukrainienne et sa volonté de combattre.

Tout cela a eu pour effet  de refouler les Russes de la route d’Odessa au Sud, de Kharkov à l’Est, et d’entraver leurs mouvements vers la Crimée à l’Est, en détruisant le pont sur le détroit de Kertch.

C’est là du moins la thèse qui prévaut en Occident et en Amérique dont l’auteur lui-même, Ukrainien, s’est fait sans aucun doute le défenseur, en lui conférant considérations morale et géostratégique. Morale parce que cette guerre est celle d’un peuple luttant pour sa survie nationale en chassant les envahisseurs venus l’asservir dans sa propre patrie. Géostratégique parce qu’en envahissant l’Ukraine, Poutine démontre qu’il n’accorde aucune importance aux frontières issues des traités sur l’intangibilité des frontières héritées de l’Union Soviétique ou des garanties internationales sur l’Ukraine des traités de Lisbonne ou de Budapest dont la fédération de Russie est elle-même signataire.

Autrement dit, en attaquant l’Ukraine, la Russie remet en question la victoire occidentale issue de la confrontation Est-Ouest, depuis la guerre froide dans les années 50 jusqu’à la chute du mur de Berlin 1989 et la réunification allemande en 1990.

Ceci est évidemment le narratif du camp occidental sur le conflit, pour qui l’Ukraine est un pays indépendant souverain, une réalité que les récentes injonctions du président Donald Trump sur la nécessité pour régler ses dettes de livrer ses richesses minérales aux consortiums américains ne peut que relativiser.

En effet, on peut se poser la question au début de ce deuxième quart de siècle sur la signification que puissent encore avoir l’indépendance et la souveraineté lorsqu’un Etat est destiné par une puissance inconnue appelée le marché global à fournir le monde en céréales, de telle manière que ce soit ce marché-là, à travers les sociétés qui l’animant comme Black Stone, des Private Equity Fund géants, qui en assurent l’achat et en fixent le prix avant d’en assurer la distribution à travers le monde, tout évènement malencontreux dans ce pays étant susceptible d’entraîner une famine mondiale avec son corollaire, l’émigration de masse.

Mainmise sur le grenier à blé du monde

Vu sous cet angle là, et indépendamment de toute prétention historique ou territoriale russe, ou bien de toute propension de l’Otan à s’étendre vers l’Est tout comme l’avaient fait en leur temps les Nazis, une comparaison qui suscite beaucoup de réticences, on peut déjà considérer que l’Ukraine ne soit pas un Etat ordinaire de l’ex-Empire Soviétique, comme les Etas Baltes par exemple, et qu’à l’heure de l’Internet et de sociétés de manipulation de l’opinion publique comme Cambridge Analytica qui a pesé lors du Brexit ou de l’arrivée de Trump à la présidence, des élections démocratiques qui s’y tiennent tout comme dans tout autre pays, ou une révolution, ne puissent pas signifier grand chose.

Il serait donc raisonnablement fondé de mettre en doute le récit occidental de la guerre en Ukraine en envisageant l’hypothèse qu’elle eût été préparée et voulue pour assurer la mainmise occidentale sur le grenier à blé du monde en en faisant porter la responsabilité sur l’agresseur russe, que, à cette fin, on aura préalablement eu soin de soumettre à de multiples provocations, et dont se sera assuré de l’inévitable réaction.

Les Américains ne s’en sont d’ailleurs nullement cachés, ils connaissaient dans les détails les plans russes et ne se sont pas fait faute de les communiquer aux intéressés. Le plus significatif, c’est qu’après avoir prévenu les Russes qu’ils connaissaient leurs plans militaires concernant l’attaque projetée contre l’Ukraine, Joe Biden eût assuré les futurs agresseurs que les Etats-Unis n’interviendraient pas. Ceci rappelle étrangement les assurances américaines fournies à Saddam Hussein avant l’invasion du Koweït, et dont on sait ce qu’elles ont valu. C’est finalement l’Irak qui a été occupé et son économie mise en coupe réglée. Mais c’est plus commode de jeter la pierre à Vladimir Poutine, opportunément qualifié de nouvel Hitler, dans la paternité de la guerre en Ukraine. Et naturellement c’est le massacre de Bucha qu’on ne manque pas d’évoquer pour justifier du bien-fondé de la comparaison.

A Gaza, l’Occident a perdu toute crédibilité

Outre qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur de telles accusations dont seuls des historiens indépendants établiront ou non la véracité, la prudence s’impose d’autant plus que le silence de l’Occident sur le génocide perpétré à Gaza et le transfert des populations dans les territoires occupés l’exclut de facto de toute crédibilité, sinon de bonne foi, relativement au respect des droits humains.

En vérité aucun homme d’Etat russe, de Gorbatchev à Eltsine, n’a accepté que l’Ukraine fasse partie de l’Otan et les Américains savaient fort bien qu’il s’agissait là d’un casus belli, un cas de guerre, pour les Russes. En faire porter la responsabilité à Poutine, qualifié en la circonstance de dictateur, relève plutôt de la propagande de guerre que l’auteur, emporté par des sentiments patriotiques bien compréhensibles, n’a pas identifiée. Mais avant d’attribuer aux Ukrainiens des sentiments démocratiques issus de l’égalitarisme cosaque dont leurs cousins russes soumis aux khans mongols et à l’autocratie tsariste auraient été privés par le vent de  l’Histoire, il convient de rappeler que, lors de l’invasion nazie de l’Ukraine, plusieurs milliers d’Ukrainiens originaires de Galice avaient constitué des unités combattantes contre les communistes soviétiques en collaborant avec les envahisseurs et que beaucoup s’étant engagés dans les SS avaient commis des massacres, notamment contre la population juive.

En effet, des comparaisons douteuses entre Hitler et Poutine servent à justifier auprès de l’opinion publique américaine les largesses financières attribuées par le Congrès des Etats-Unis soumis à l’influence du lobby militaro-industriel et financier, au gouvernement ukrainien véritablement croupion, pour poursuivre une guerre sans solution militaire, et rembourser par la suite les dettes accumulées par le bradage des richesses nationales et la colonisation économique du pays par les intérêts américains. Au nom de la liberté !

‘‘The Russo-Ukrainian War: The Return of History’’ de Serhii Plokhy, W. W. Norton & Company, 16 mai 2023, 400 pages.

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Le poème du dimanche | ‘‘Des lointains’’ de Victor Segalen

06. April 2025 um 07:30

Victor Segalen, médecin et poète français, auteur des ‘‘Immémoriaux’’, est fasciné (et inspiré) par les cultures extrême orientales, notamment chinoise.

Né en 1878 à Brest, en Bretagne, Victor Segalen part en Chine en 1909. S’installe à Pékin. Découvre la beauté de la ville impériale. Subjugué par le personnage de l’Empereur, il décide de lui consacrer son premier livre.

Le  poète publie ‘‘Stèles’’ en 1912. D’abord en livre d’art. S’ensuivent de nombreuses éditions confirmant l’engouement et l’intérêt à la culture extrême-orientale qui mobilisent voyageurs, auteurs et artistes en quête de nouveaux espaces et imaginaires, commencés au 19e siècle.

Il décède en 1919.

Tahar Bekri

Des lointains, des si lointains j’accours, ami, vers toi, le plus cher. Mes pas ont dépecé l’horrible espace entre nous.

De longtemps nos pensers n’habitaient plus le même instant du monde : les voici à nouveau sous les mêmes influx, pénétrés des mêmes rayons.

Tu ne réponds pas. Tu observes ? Qu’ai-je déjà commis d’inopportun ?

Sommes-nous bien réunis : est-ce bien toi, le plus cher ?

Nos yeux se sont manqués. Nos gestes n’ont plus de symétrie. Nous nous épions à la dérobée comme des inconnus ou des chiens qui vont mordre.

Quelque chose nous sépare. Notre vieille amitié se tient entre nous comme un mort étranglé par nous.

Nous la portons d’un commun fardeau, lourde et froide.

Ha ! Hardiment retuons-la ! et pour les heures naissantes, prudemment composons une vivace et nouvelle amitié.

Le voulez-vous, ô mon nouvel ami, frère de mon âme future ?

Stèles, Poésie/ Gallimard.

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Gestern — 05. April 2025Haupt-Feeds

Impacts de la nouvelle politique étrangère américaine sur la Tunisie, selon l’IACE

05. April 2025 um 14:03

L’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) a publié l’étude suivante sur les «Impacts économiques de la nouvelle politique étrangère américaine sur la Tunisie» et notamment la hausse du dollar, l’augmentation des droits de douane et la baisse de l’aide internationale. Et propose des recommandations pour anticiper leurs effets.

La réélection de Donald Trump en 2024, avec la poursuite de la doctrine America First, pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie mondiale, notamment en raison de son approche protectionniste, de ses réformes fiscales et de sa stratégie monétaire agressive.

Pour la Tunisie, ces politiques pourraient engendrer à la fois des défis et des opportunités, nécessitant une analyse approfondie et des mesures adaptées pour en anticiper les effets. D’une part, la hausse du dollar, l’augmentation des droits de douane et la baisse de l’aide internationale peuvent fragiliser son économie. D’autre part, ces changements pourraient inciter la Tunisie à diversifier ses partenariats économiques et à renforcer sa production locale. Cette note analyse les impacts de ces mesures et propose des recommandations pour anticiper leurs effets.

1. Une nouvelle donne économique mondiale

Protectionnisme et réorientation commerciale

L’administration Trump a intensifié ses politiques protectionnistes, notamment en augmentant les droits de douane sur les importations provenant de pays concurrents comme la Chine. Cette stratégie a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, créant un environnement commercial plus incertain pour les partenaires économiques des États-Unis, y compris la Tunisie.

Les mesures protectionnistes ont non seulement augmenté le taux moyen des droits de douane sur les produits chinois mais ont également encouragé d’autres pays à adopter des pratiques similaires, exacerbant ainsi la conflictualité commerciale mondiale.

Le nouveau mandat de Trump pourrait conduire à une escalade encore plus prononcée du protectionnisme américain. Cela pourrait inclure l’imposition de droits de douane universels ou significativement accrus sur toutes les importations, ce qui risquerait d’entraîner une guerre commerciale mondiale. De telles mesures ne manqueraient pas d’affecter négativement le commerce international et potentiellement entraîner une perte du PIB mondial.

Réformes fiscales et croissance américaine

Les baisses d’impôts entreprises par l’administration Trump visent principalement à stimuler l’économie américaine en encourageant l’investissement privé et la création d’emplois.

Cependant, ces réformes comportent des risques significatifs : elles pourraient creuser le déficit budgétaire américain et exacerber les inégalités sociales. Un déficit budgétaire accru pourrait avoir des implications importantes pour la stabilité financière globale et influencer négativement les flux d’investissement vers des pays émergents comme la Tunisie.

En outre, ces politiques fiscales peuvent renforcer le rôle dominant du dollar dans le commerce international tout en accentuant sa volatilité face aux autres devises. Cela complique encore davantage l’environnement économique pour des pays dépendants du dollar dans leurs transactions internationales.

Appréciation du dollar et fluctuations monétaires

La politique monétaire menée par la Fed a conduit à une appréciation notable du dollar ces derniers mois, d’abord marquée par plusieurs hausses successives des taux directeurs. En 2024, la Fed a réduit ses taux à trois reprises (-0,25 % à chaque fois), mais elle adopte une approche plus prudente en 2025 en raison des risques inflationnistes liés aux mesures de Trump. Cette dynamique a rendu difficile la gestion de la dette extérieure pour de nombreuses économies émergentes. Après l’élection de Trump, le dollar s’est apprécié de 3% en termes nominaux et de 4% face à l’euro en novembre 2024, porté par les annonces de tarifs douaniers universels et de baisses d’impôts.

Pour un pays comme la Tunisie dont une grande partie des transactions se fait en dollars (comme beaucoup d’autres), cette situation se traduit par un coût accru pour ses importations ainsi qu’une inflation importée qui affecte directement le pouvoir d’achat intérieur. L’inflation résultante peut aggraver davantage l’instabilité macro-économique locale si elle n’est pas correctement gérée via une politique monétaire adaptée ou grâce à diversification accrue dans ses relations commerciales internationales.

2. Conséquences pour l’économie tunisienne

Inflation et hausse des coûts des importations

L’appréciation du dollar a un impact significatif sur l’économie tunisienne, notamment en renforçant le coût des matières premières et de l’énergie. En 2024, les coûts de l’énergie ont augmenté de 18%, tandis que les prix des produits alimentaires ont grimpé de 12%. Ces hausses affectent directement le pouvoir d’achat des ménages tunisiens, déjà fragilisé par un contexte économique tendu. L’inflation importée réduit la capacité des ménages à faire face aux dépenses courantes, entraînant une contraction de la consommation intérieure, moteur clé de l’économie nationale.

Par ailleurs, la dépréciation du dinar face au dollar complique la gestion des finances publiques, augmentant le poids de la dette extérieure libellée en devises et restreignant les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement.

Commerce extérieur et investissements

Le commerce extérieur est fortement impacté par la forte dépendance à l’égard du dollar pour environ 60% des transactions commerciales. L’augmentation du coût des importations pèse sur la balance commerciale tunisienne, particulièrement dans les secteurs stratégiques comme le textile et l’agroalimentaire. Le textile, qui représente une part significative des exportations tunisiennes, souffre de l’augmentation du coût des matières premières importées (coton, teintures, équipements), réduisant ainsi la compétitivité des entreprises locales sur les marchés internationaux. De même, le secteur agroalimentaire, fortement dépendant des importations de céréales et d’huiles végétales, voit ses coûts de production grimper, ce qui limite sa capacité à exporter à des prix compétitifs et aggrave le déséquilibre commercial.

De plus, l’incertitude économique mondiale combinée au rapatriement massif de capitaux a entraîné une baisse significative (15% en 2025) des investissements directs étrangers (IDE), fragilisant ainsi davantage le tissu économique local.

Les secteurs stratégiques comme le textile et l’agroalimentaire sont particulièrement touchés par cette dynamique. En outre, les exportations tunisiennes vers les États-Unis, principalement dans le secteur agroalimentaire (huile d’olive conditionnée) et dans le textile (filière jeans), pourraient être impactées par la hausse annoncée des droits de douane.

Fluctuations du prix du pétrole

La production pétrolière américaine a atteint un niveau record en 2024, avec 13,2 millions de barils par jour, grâce à l’assouplissement des réglementations environnementales et à l’augmentation des investissements dans l’exploitation des gisements non conventionnels.

Cette surproduction, combinée à une politique énergétique axée sur l’indépendance des États-Unis, exerce une pression à la baisse sur les prix du pétrole, qui pourraient se stabiliser autour de 70 USD le baril.

Pour la Tunisie, un tel scénario présente des avantages immédiats, notamment une réduction de la facture énergétique du pays, qui dépend fortement des importations pour couvrir ses besoins en hydrocarbures. Une baisse du prix du pétrole permettrait de contenir les coûts des carburants et de l’électricité, limitant ainsi les tensions inflationnistes et allégeant la pression sur le budget de l’État.

Cependant, cette dynamique comporte aussi des risques majeurs pour l’économie tunisienne. Une baisse prolongée des prix du pétrole affecterait directement les revenus des pays exportateurs de pétrole, en particulier ceux du Golfe. Une réduction des excédents budgétaires de ces États pourrait se traduire par une diminution des investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie.

De plus, les transferts financiers des travailleurs tunisiens expatriés dans les pays du Golfe pourraient également être affectés par une contraction des revenus pétroliers. Cette réduction des recettes entraînerait des coupes budgétaires dans les économies du Golfe et de la Libye, ce qui impacterait l’emploi et les salaires des travailleurs étrangers, y compris ceux d’origine tunisienne. Il est crucial de suivre l’impact de cette diminution des recettes pétrolières des pays limitrophes sur les exportations tunisiennes vers ces pays, ainsi que sur les dépenses des touristes maghrébins et le soutien financier. Ces aspects doivent être observés avec prudence durant la période à venir.

Aide internationale et présence économique américaine en Afrique

La réduction des budgets alloués aux programmes d’aide américains, notamment via l’USAID, limite considérablement les capacités de financement des projets de développement en Tunisie.

Historiquement, ces fonds ont soutenu des initiatives essentielles dans des domaines tels que l’éducation, la gouvernance, l’entrepreneuriat et les infrastructures, contribuant ainsi à la stabilité économique et sociale du pays. La diminution de ces ressources, amorcée sous la première administration Trump avec une réduction de 28% de l’aide bilatérale en 2018, et alors qu’en 2023, le budget de l’USAID s’élevait à 43,79 milliards de dollars, risque de ralentir certains projets en cours, de fragiliser les ONG locales et d’accroître la dépendance de la Tunisie à d’autres sources de financement, notamment européennes et multilatérales.

Toutefois, en parallèle à cette réduction de l’aide directe, l’administration Trump encourage un modèle alternatif basé sur l’investissement privé à travers des initiatives comme «Prosper Africa». Ce programme vise à stimuler les échanges commerciaux et les investissements américains en Afrique en offrant des incitations aux entreprises souhaitant s’implanter sur le continent.

Bien que la Tunisie ne figure pas parmi les pays prioritaires du programme, elle pourrait bénéficier indirectement de cette dynamique en renforçant ses relations commerciales avec les États-Unis et en attirant des investisseurs intéressés par les opportunités qu’offre l’économie tunisienne, notamment dans les secteurs de la technologie, des énergies renouvelables et de l’industrie manufacturière.

3. Enjeux et recommandations

Face aux défis économiques mondiaux actuels, notamment ceux induits par les politiques américaines et les fluctuations monétaires internationales, la Tunisie doit adopter des stratégies proactives pour renforcer sa résilience économique. Voici quelques pistes clés pour y parvenir :

Diversifier les partenariats économiques

Face aux tensions économiques mondiales et aux évolutions de la politique américaine, la Tunisie doit adopter une approche proactive en diversifiant ses partenaires commerciaux.

Maintenir des relations solides avec l’Union européenne tout en renforçant les liens avec la Chine pourrait offrir à la Tunisie une meilleure résilience face aux incertitudes mondiales. La Chine est déjà devenue le deuxième plus grand fournisseur de biens pour la Tunisie, après la France. Cela permettrait également d’exploiter pleinement les opportunités commerciales offertes par ces deux géants économiques. La Tunisie bénéficie déjà de plusieurs accords commerciaux qui peuvent lui permettre d’élargir ses débouchés à l’international. L’accord d’association avec l’UE, ainsi que les accords préférentiels avec des blocs régionaux africains, offrent des opportunités que les entreprises tunisiennes pourraient mieux exploiter à travers une stratégie d’exportation plus ciblée. En outre, l’exploration de nouveaux accords bilatéraux avec des partenaires émergents, comme l’Inde ou la Turquie, pourrait permettre à la Tunisie de diversifier encore davantage ses flux commerciaux et d’accroître sa résilience face aux chocs externes.

Soutenir la production locale

Renforcer la production locale est essentiel pour réduire la dépendance aux importations et stabiliser l’économie intérieure.

Le renforcement des chaînes de valeur locales est essentiel pour favoriser une économie plus autonome et résiliente. Il s’agit de soutenir des secteurs économiques stratégiques, tels que le textile, l’agroalimentaire, et d’autres industries locales. En investissant dans ces secteurs, on pourrait réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations. Cela implique également d’améliorer l’intégration verticale dans ces secteurs.

Pour que ces investissements dans les secteurs stratégiques soient réellement fructueux, il est crucial d’encourager les entreprises locales à se développer et à être compétitives à l’échelle internationale. Cela peut passer par un accès facilité à des financements adaptés.

Optimiser la gestion monétaire et budgétaire

Une gestion prudente du système financier est cruciale pour limiter les impacts négatifs des perturbations externes sur l’économie tunisienne. Cela implique la mise en place de stratégies à la fois monétaires et budgétaires pour protéger la stabilité financière et soutenir le pouvoir d’achat des citoyens.

La politique monétaire doit être un outil central dans la gestion des chocs externes, comme les fluctuations des taux de change, notamment l’appréciation du dollar par rapport au dinar tunisien. Cette appréciation peut rendre les importations plus chères, exacerbant ainsi l’inflation et réduisant le pouvoir d’achat des citoyens.

L’adaptation du budget national afin de soutenir la stabilité économique face aux crises externes nécessite une gestion rigoureuse et visée des finances publiques, notamment par le biais de subventions ciblées, pour atténuer les effets négatifs de l’inflation, en particulier en ce qui concerne les hausses de prix des biens essentiels.

Cela dit, la clé du succès réside dans notre capacité à mettre en œuvre ces mesures déjà évoquées, qui s’avèrent de plus en plus urgentes pour permettre l’adaptation aux évolutions économiques mondiales et aux besoins de la population tunisienne.

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Les droits de douane américains | Effets limités sur la Tunisie

05. April 2025 um 13:36

 «Les effets directs de la décision du président américain Donald Trump dimposer des droits de douane plus élevés sur les importations en provenance de divers pays seront globalement limités pour la Tunisie, contrairement à limpact indirect, qui sera aussi bien négatif que positif.»

C’est ce qu’a déclaré l’expert économique et ancien ministre du Commerce Mohsen Hassan à l’agence Tap, ajoutant que les mesures protectionnistes annoncées par Trump incluent la Tunisie, avec des droits de douane sur les marchandises importées de 28%. Ces droits de douane, qui s’inscrivent dans une guerre commerciale, auront un impact négatif sur l’économie mondiale et réduiront les exportations tunisiennes vers les États-Unis, notamment l’huile d’olive, les dattes et les produits textiles.

La compétitivité de ces produits diminuera, entraînant une hausse des prix sur le marché américain et réduisant la demande.

Cependant, l’impact direct de ces mesures protectionnistes sur l’économie et la balance commerciale de la Tunisie sera limité, compte tenu des flux commerciaux relativement faibles entre les deux pays par rapport aux autres pays.

Hassan a indiqué que la Tunisie a enregistré un excédent commercial avec les Etats-Unis de 215,8 millions de dinars (65,39 millions d’euros) pour l’ensemble de l’année 2024. Les exportations de la Tunisie vers les Etats-Unis se sont élevées à 360 millions de dinars (109 millions d’euros) en janvier et février 2025, tandis que les importations ont dépassé 480 millions de dinars (65,39 millions d’euros), selon les statistiques de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri). «Le marché américain a représenté 17,2% des exportations totales dhuile dolive de la Tunisie entre novembre 2024 et janvier 2025», a-t-il ajouté.

Hassan a noté que les augmentations des droits de douane américains sur les marchandises importées de divers pays auront des effets positifs indirects sur la Tunisie, notamment la baisse du prix du pétrole brut Brent à 70 dollars le baril, contre 80 dollars début janvier 2025. Cela aura un impact positif sur les finances publiques, sachant que la loi de finances 2025 reposait sur une hypothèse de prix du pétrole à 74 dollars le baril. La baisse des prix du pétrole brut contribuera également à réduire la facture des importations énergétiques de l’État.

Un autre impact positif indirect des mesures protectionnistes américaines est la dépréciation du dollar américain par rapport à l’euro, ce qui entraînera un affaiblissement du dollar par rapport au dinar tunisien.Cela réduira à son tour les coûts d’importation des matières premières et des produits énergétiques.

La dépréciation du dollar par rapport à l’euro et au dinar aura un impact positif sur les réserves de change de la Tunisie et contribuera à atténuer les déséquilibres macroéconomiques du pays.

D’autre part, a averti Hassan, la guerre commerciale mondiale de Trump aurait des répercussions négatives indirectes sur la Tunisie, comme un possible ralentissement et une stagnation économique, notamment dans les pays européens. Cela entraînerait une baisse de la demande européenne pour les exportations tunisiennes, aggravant le déficit commercial et affaiblissant la résilience des entreprises tunisiennes.

En conséquence, l’expert économique a estimé qu’il est nécessaire pour la Tunisie de reconsidérer ses politiques commerciales et de revoir certains accords de libre-échange, notamment avec l’Union européenne, pour dynamiser les exportations, limiter l’afflux de biens de consommation non essentiels et protéger les secteurs vulnérables.

De telles révisions politiques ne devraient pas porter atteinte à l’ouverture économique de la Tunisie, mais plutôt intégrer davantage l’économie nationale dans les chaînes de valeur mondiales, d’où la nécessité d’augmenter les droits de douane sur les biens de consommation non essentiels aux niveaux fixés par l’Organisation mondiale du commerce. Il a également recommandé de revoir tous les accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux, notamment ceux avec les pays où la Tunisie connaît un déficit commercial important.

L’expert a souligné enfin l’importance de diversifier les partenaires commerciaux de la Tunisie et d’explorer de nouveaux marchés, tels que l’Amérique latine et l’Afrique, tout en continuant à renforcer les liens économiques avec l’Europe.

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Le salon Bio-Expo 2025 du 17 au 19 avril à Tunis

05. April 2025 um 10:11

La 15e édition du salon international de lagriculture et de lalimentation biologique Bio-Expo 2025, se tiendra du 17 au 19 avril 2025, au siège de lUnion tunisienne de lindustrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), à Tunis, avec la participation de plus de 100 exposants.

Organisée par Foires et expositions internationales (Ife), en collaboration avec la Direction générale de l’agriculture biologique du ministère de l’Agriculture, Bio-Expo sera l’occasion pour les producteurs et transformateurs du secteur de l’agriculture biologique de présenter leurs produits à un large public de professionnels et de consommateurs. Il offrira donc «une opportunité de nouer des liens plus solides entre producteurs, agriculteurs et experts des différentes régions du pays, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de partenariat et en élargissant les réseaux nationaux et internationaux», lit-on dans un communiqué des organisateurs.

L’objectif du salon est de promouvoir la filière bio en Tunisie et d’anticiper les évolutions des marchés locaux et euro-méditerranéens, en favorisant le dialogue avec les agriculteurs, les producteurs, les transformateurs et les décideurs.

En marge du salon, seront organisées des conférences animées par des experts renommés du secteur de l’agriculture biologique, ainsi que des ateliers destinés aux étudiants afin de les sensibiliser à l’importance des produits biologiques pour leur santé.

Un concours de dégustation de la meilleure huile d’olive biologique, Dido Kids, sera organisé dans le but d’inculquer une culture de la qualité aux enfants dès le plus jeune âge.

I.B.

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La LTDH appelle à protéger les migrants irréguliers tunisiens en Europe

05. April 2025 um 09:54

La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) a braqué les projecteurs sur les violations subies par les migrants tunisiens en situation irrégulière en Europe, ainsi que «le manque de transparence des accords migratoires et l’inaction des autorités tunisiennes» dans la défense de leurs citoyens.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le 3 avril 2025, la LTDH souligne que ces agressions physiques et morales, ainsi que les conditions de détention inhumaines, sont «en contradiction flagrante avec les conventions internationales ».

«Les migrants sont notamment privés d’exercer leur droit de recours contre l’expulsion, en violation de la Convention de Genève et de la Convention européenne des droits de l’homme», dénonce la LTDH, qui «condamne fermement» ce traitement réservé aux migrants tunisiens et appelle les autorités tunisiennes à intervenir d’urgence pour garantir la sécurité et la dignité des Tunisiens à l’étranger, en adoptant des mesures diplomatiques et judiciaires.

Dans le communiqué, la Ligue demande également la révision des accords migratoires conclus avec les pays européens, dénonçant «leur opacité et leur incompatibilité avec les principes fondamentaux du droit international».

Dans le même temps, l’ONG appelle à la mise en œuvre de politiques nationales de développement pour offrir aux jeunes Tunisiens des alternatives à l’émigration clandestine. Et elle appelle la société civile et la communauté internationale à lutter contre les violations des droits de l’homme, tout en demandant aux pays européens, notamment l’Italie, la France et l’Allemagne, de cesser leurs pratiques considérées comme «illégales et discriminatoires».

La protection des migrants et le respect de leur dignité ne sont pas seulement une question juridique, c’est aussi un impératif moral et humanitaire qui requiert l’engagement de toutes les parties intéressées, conclut le communiqué, qui est publié sur fond de polémique sur les réseaux sociaux sur les mauvais traitements auxquels sont soumis les migrants subsahariens en Tunisie et des migrants tunisiens en Europe, ainsi que sur le manque de réactivités des autorités tunisiennes sur ce dossier.

I. B.

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Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire   

05. April 2025 um 08:49

Il y a toujours un moment où le réel dépasse la fiction, où les rapports de force se fissurent sans qu’on puisse dire exactement quand la bascule s’est produite. C’est un peu comme un fleuve dont le lit semble immobile mais qui, à force d’érosion, finit par changer de trajectoire. Et c’est là, peut-être, que l’Algérie se trouve aujourd’hui. Le pays est-il vraiment à ce point de rupture ? Pas encore. Mais tout indique que l’équilibre apparent n’est qu’une illusion de stabilité, un mirage plus qu’un socle immuable. 

Manel Albouchi * 

Comprendre un pays, c’est d’abord comprendre son inconscient collectif. En Algérie, quelque chose bouge, mais non pas dans la rue, comme on pourrait le penser, mais dans l’imaginaire collectif. Une tension latente, presque invisible, qui se lit dans les discours des jeunes, dans la manière dont ils se projettent dans l’avenir, dans la distance croissante qu’ils prennent vis-à-vis des récits officiels. 

Sigmund Freud, dans ‘‘Malaise dans la civilisation’’, expliquait la tension permanente entre l’individu et le cadre qui lui est imposé. Lorsque cet écart devient trop grand, l’angoisse surgit, et avec elle, la révolte. L’Algérie traverse aujourd’hui cette angoisse sourde : elle n’est plus totalement dans l’acceptation du système, mais n’a pas encore franchi le seuil du rejet frontal. C’est comme si le pays se trouvait dans un point de bascule cognitif, un moment où l’imaginaire collectif peine à maintenir la cohérence de son récit intérieur.

Le Hirak de 2019 a été la première secousse, une mise à nu du besoin urgent de renouveau. Mais, comme dans toute transformation, l’inertie du passé, du système de contrôle, freine le passage à l’acte. 

Le Printemps Noir de 2001 (ⵜⴰⴼⵙⵓⵜ ⵜⴰⴱⵔⴽⴰⵏⵜ), qui a vu la Kabylie se soulever contre l’injustice et la marginalisation, a été un précurseur de cette dynamique. La révolte a été matée par une répression sanglante, mais elle a laissé une empreinte indélébile dans l’imaginaire collectif algérien. Elle a montré que le défi à l’ordre établi pouvait surgir d’une région spécifique avant de se diffuser plus largement, anticipant les revendications plus globales du Hirak. 

Algérie et Tunisie : un dialogue en miroir 

Historiquement, l’Algérie s’est construite dans une posture de la lutte et de la résistance à la colonisation, alors que la Tunisie a choisi la négociation et l’adaptation. Deux trajectoires opposées, qui se croisent parfois en rivalité implicite, parfois en inspiration mutuelle.  

La Tunisie, pendant longtemps, a été un laboratoire politique pour toute la région. Un espace d’expérimentation démocratique, où des réformes ont été tentées, échouées, puis recommencées. Paradoxalement, cette instabilité a permis à la Tunisie d’innover politiquement. L’Algérie, quant à elle, a suivi une logique plus monolithique, où le changement est contrôlé, maîtrisé, contenu. Mais cette dynamique a aujourd’hui ses limites. Et si l’Algérie commence à douter de son propre modèle, peut-elle réellement trouver une alternative dans l’expérience tunisienne ? 

Pierre Bourdieu parlait de l’effet de champ, cette idée que les acteurs d’un système modifient leurs comportements en fonction des transformations de leur environnement. Si l’Algérie change, la Tunisie, elle aussi, devra redéfinir sa posture, non plus comme un simple spectateur, mais comme un acteur stratégique. Un acteur qui, fort de son expérience du chaos, peut proposer des clés pour éviter la désintégration. Une vision partagée, une coopération fondée sur la compréhension mutuelle. 

Illusion du contrôle et nécessité d’un nouveau pacte 

Dans les cercles du pouvoir algérien, la confusion entre contrôle et maîtrise est prégnante. On croit que, en étouffant les tensions, on évite l’explosion. Mais en réalité, on ne fait que déplacer la pression. C’est l’illusion du contrôle, la mise sous silence de l’invisible. Mais cette illusion ne dure qu’un temps. La violence symbolique, concept cher à Bourdieu, est omniprésente : un pouvoir qui impose une vision unilatérale du réel, où contester revient à trahir la nation. Et cette violence, subtile mais constante, commence à se fissurer. 

L’État peut agir sur trois leviers : 

1. la coercition, qui fonctionne un temps, mais génère à long terme un rejet violent; 

2. l’illusion de réforme, qui crée une façade de changement sans altérer la structure profonde; 

3. la transformation réelle, un processus de reconfiguration des rapports de pouvoir, qui demande un courage bien plus grand. 

L’Algérie oscille actuellement entre les deux premiers leviers. Mais pour combien de temps encore? 

L’Histoire nous enseigne que les systèmes qui survivent ne sont pas ceux qui résistent à l’adversité, mais ceux qui savent se réinventer. Ce n’est pas nécessairement sous la pression d’une rue en colère, mais par une anticipation intelligente des changements à venir. Une mutation négociée, pas une rupture brutale. 

Vers une nouvelle dynamique algéro-tunisienne ? 

Et si la Tunisie, avec son expérience du changement, avait un rôle à jouer dans cette transition? Non pas en donnant des leçons, mais en agissant comme un partenaire stratégique, capable d’accompagner les mutations sans précipiter le chaos.  

Il ne s’agit pas d’importer un modèle démocratique fragile, ni de plaquer des solutions toutes faites sur un contexte aux dynamiques internes profondes. Mais bien d’ouvrir un dialogue. De proposer une expertise, une lecture psychologique et sociologique des dynamiques en cours, car, en fin de compte, la politique n’est pas seulement un jeu de décisions rationnelles. Elle repose sur des perceptions, des émotions collectives, des croyances profondes.  

Transformation contrôlée ou implosion soudaine ?

Anticiper les mutations, c’est savoir lire entre les lignes. Observer les signes faibles avant qu’ils ne deviennent des évidences. C’est comprendre que la stabilité n’est pas un état figé, mais un équilibre en perpétuel réajustement.  

L’Algérie est à un tournant. Le choix n’est plus entre le statu quo et la révolution, mais entre une transformation contrôlée et une implosion soudaine. Le pays traverse un espace transitionnel, une phase où les représentations collectives sont en recomposition, où l’ancien et le nouveau s’affrontent. La dissonance cognitive, cette tension entre des valeurs anciennes et les besoins actuels, empêche encore une évolution véritable.

Dans ce processus, la Tunisie a une carte stratégique à jouer. 

* Psychologue, psychanalyste.

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Jean-Louis H. Dupré et la mémoire à vif de la guerre d’Algérie

05. April 2025 um 07:52

La guerre d’Algérie demeure une plaie ouverte dans les relations entre la France et son ancienne colonie, un terrain miné par les récits partisans et les reconstructions mémorielles. Dans ‘‘La Guerre d’Algérie : Sebabna et les Aurès’’(éd. Société des écrivains, 9 novembre 2023, 302 pages), Jean-Louis H. Dupré, ancien fusilier-marin commando, livre un témoignage personnel, loin des idéologies et des simplifications historiques.

Dans un entretien accordé au Matin d’Algérie, l’auteur revient sur les raisons qui l’ont poussé à écrire ce livre : rétablir une vérité souvent occultée ou déformée, en particulier sur la question de la torture, et contrer certaines représentations qu’il juge biaisées. Refusant les raccourcis, il restitue, soixante-dix ans après, la complexité du conflit, où les destins individuels se mêlent aux errements politiques.

Dupré raconte une guerre qu’il a vécue à son corps défendant, découvrant à la fois la rudesse du combat et la beauté âpre de l’Algérie. Il s’attarde sur la région des Aurès, théâtre d’affrontements parmi les plus violents, où il fut engagé dans des opérations majeures. Son récit met en lumière le fossé entre le vécu des soldats et les discours officiels, ainsi que la confusion d’un conflit d’abord présenté comme une «pacification» avant d’être enfin reconnu comme une guerre.

Loin de tout manichéisme, Dupré reconnaît la légitimité du combat des indépendantistes et souligne l’aveuglement des dirigeants français, qui auraient dû accorder l’indépendance bien plus tôt. Il critique également la manière dont cette période est enseignée aujourd’hui, regrettant une approche culpabilisante en France et une instrumentalisation en Algérie.

Son livre n’est ni une justification ni une revendication, mais le témoignage d’un homme qui, des décennies après les faits, ressent encore le poids de cette histoire. «L’Histoire semble se répéter», conclut-il, en appelant à une mémoire apaisée, libérée des déformations et des procès rétrospectifs.

Djamal Guettala 

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«La femme doit pouvoir respirer et vivre», dixit Bourguiba

05. April 2025 um 07:26

Dans cette Tunisie qui m’a vu naître, où j’ai vécu les 20 premières années de ma vie, sous le règne de feu Bourguiba, je n’ai pas souvenir qu’un homme ait refusé, en public, de serrer la main d’une femme, comme l’a fait le nouvel homme fort du régime islamiste en Syrie qui a refusé récemment de serrer la main à la ministre allemande des Affaires étrangères alors qu’il venait de serrer celle de son homologue français.

Salem Ben Ammar * 

Dans les films égyptiens de l’époque, dont les Tunisiens était férus, les actrices et acteurs se claquaient la bise spontanément comme dans les films occidentaux. 

La vie était un hymne à l’amour et à la joie malgré les soucis en tous genres du quotidien.

C’était une autre époque où la religion était confinée dans les foyers et les mosquées, où la bonne moralité ne rimait pas avec la pratique religieuse, où la vertu de la femme ne s’évaluait pas à l’aune du voile qu’elle porte ou pas. L’espace public n’était pas un espace de restriction des libertés individuelles, qui étaient toujours exercées (sauf peut-être dans le domaine de la politique où elles étaient limitées) dans le respect des us et coutumes et de l’ordre public. Les bars ne côtoyaient certes pas les mosquées, mais ils étaient ouverts au public. Ainsi que les cafés et les restaurants pendant Ramadan, sans que cela ne trouble les croyants dans leurs convictions. On pouvait avoir, à la même table, juifs, chrétiens, musulmans, athées… ils étaient avant tout Tunisiens et enfants du même quartier. Le vivre-ensemble avait du sens, et il n’y avait pas de ligne Maginot séparant les communautés, les unes des autres.

Cette Tunisie, qui a posé les premiers jalons de l’émancipation et de l’éducation de la femme dans le monde arabe et musulman, a brisé les tabous et fait tomber le voile de la femme : «Le visage de la femme a plutôt besoin de prendre un contact avec l’air pur. La femme doit pouvoir respirer et vivre», plaida feu Habib Bourguiba en 1960, devant des femmes venues l’écouter dans le village de Ras Jebel. Il n’hésitait pas, d’ailleurs, de faire tomber le voile des femmes qu’il rencontrait au gré de ses sorties publiques, en prononçant à l’occasion un plaidoyer pour l’émancipation de la moitié de la société.    

La Tunisie, où la pauvreté était transcendée par la joie de vivre de sa population, était bercée par les hymnes à l’amour chantés par les divas de l’époque Habiba Msika, Oum Kalthoum, Saliha, Naama et autres Oulaya.

Il est vrai que le voile dit «islamique» a refait surface dès les années 1970-80 et qu’il est très visible aujourd’hui dans les lieux publics en Tunisie (rues, écoles, hôpitaux, administrations, etc.), mais l’islamisme, dont Ahmed Al-Charaa est aujourd’hui l’une des incarnations politiques dans la région, n’a pas pu s’implanter durablement dans notre pays et la parenthèse de la «décennie noire» marquées par la prise du pouvoir par le parti islamiste Ennahdha (2011-2021) semble avoir été fermée. Et nous ne pouvons que nous en féliciter, tout en restant vigilants pour que ces années-là ne reviennent jamais. Et cette vigilance, nous la devons pour nos femmes maos aussi pour nous-mêmes.

* Chercheur en sciences politiques et anthropologie sociale.

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Arrêt des poursuites pénales contre Abderrahmane Tlili

04. April 2025 um 12:57

La justice a mis un terme aux poursuites pénales engagées contre Abderrahmane Tlili, ancien président-directeur général de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), et ce en application de la loi relative à la réconciliation administrative.

Cette décision a été prise par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis, annonce Mosaïque.

Auparavant, la chambre d’accusation compétente en matière de corruption financière auprès de la cour d’appel avait ordonné le renvoi du prévenu devant la chambre criminelle pour répondre de deux affaires relatives à des soupçons de corruption financière et administrative, en lien avec l’ancien président Feu Zine El Abidine Ben Ali.

À l’issue des délibérations, la chambre a donc décidé l’arrêt définitif des poursuites à l’encontre de Tlili, conformément aux dispositions de la loi sur la réconciliation administrative, et a classé l’affaire concernant Ben Ali en raison de son décès.

Fils du syndicaliste Ahmed Tlili, Abderrahmane Tlili est un homme politique et un homme d’affaires. Membre du Néo-Destour, parti au pouvoir sous Bourguiba, il fonde, en novembre 1988, à la demande du pouvoir, l’Union démocratique unioniste (UDU), un parti de décor démocratique, dont il devient secrétaire général et qu’il dirigera jusqu’à ses embrouilles avec Ben Ali, en 2003.

Commis de l’Etat, il a dirigé l’Office national de l’huile (ONH) pendant 11 ans, la Société de transport pétrolier saharien de 1991 à 1995, la Compagnie franco-tunisienne de pétrole de 1995 à 1996 et des sociétés pétrolières publiques jusqu’en 2000, quand il devient le Pdg de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), avant d’être mis à la retraite en 2003 et agressé en pleine rue par des sbires de Ben Ali, dont il était très proche. Un audit interne ordonné par son successeur conclut à des abus «dans d’importants marchés avec certains fournisseurs» et aboutit à des poursuites judiciaires. On lui reproche l’octroi illégal de marchés pour des travaux d’aménagement dans trois aéroports tunisiens en 2001, et ce au détriment de la société française Sodica.

Il restera en prison jusqu’à la chute de Ben Ali et sera libéré le 17 janvier 2011.

I. B.  

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Dix ans de prison pour Imed Trabelsi pour corruption 

04. April 2025 um 12:19

Imed Trabelsi, neveu de Leila Trabelsi, veuve de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, réfugiée depuis 2011 en Arabie saoudite, a été condamné à une peine de 10 ans de prison, dans trois affaires liées au détournement de fonds publics ainsi qu’à des abus administratifs et financiers.

Incarcéré depuis le 14 janvier 2011 et condamné de lourdes peines de prison dans plusieurs affaires de corruption, Imed Trabelsi a comparu hier, jeudi 3 avril 2025, devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis. Il a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, mais le tribunal l’a condamné à 10 ans de prison ferme, rapporte Mosaïque.

Pour rappel, la même chambre criminelle avait déjà infligé à Imed Trabelsi une peine de 8 ans de prison, assortie d’une amende de trois millions de dinars, pour des faits liés à l’obtention d’avantages indus ayant causé un préjudice à l’administration.

Il avait demandé de bénéficier de la procédure de réconciliation pénale mais sa demande n’a pas été retenue par la commission nationale de réconciliation nationale

I. B.

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Tunisie – Espagne | Des liens séculaires pour un avenir commun

04. April 2025 um 11:55

Démarrage à Madrid de Foco País Túnez 2025, un projet phare de coopération entre la Tunisie et la Casa Árabe, qui jette la lumière sur la culture tunisienne à travers une série d’événements culturels tuniso-espagnols qui seront organisés au cours des six premiers mois de cette année.

Au programme, des projections de films, des expositions d’arts plastiques, des spectacles et des conférences sur le patrimoine commun et la coopération entre les deux peuples, annonce le ministère des Affaires Culturelles.

Foco País Túnez 2025 s’inscrit dans le cadre de la célébration du 30e anniversaire de la signature du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération entre la Tunisie et l’Espagne conclu en 1995.

Lors d’une conférence au siège de la Casa Árabe, dans le cadre d’une visite de travail en Espagne, les 27 et 28 mars dernier, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a officiellement lancé le programme Foco País Túnez 2025.

Le siège de Casa Árabe a accueilli, jeudi 3 avril, la projection du film ‘‘Bab’ Aziz, le prince qui contemplait son âme’’ (96′, 2005), en présence du réalisateur Naceur Khemir qui a également participé à une table ronde à l’issue de la projection.

L’École de Tunis sera à l’honneur à travers une exposition d’arts plastiques qui sera organisée à partir du 23 avril. Un spectacle musical de Syrine Ben Moussa, voix emblématique de la musique arabo-andalouse, est également au programme.

Casa Árabe souligne sur son site web l’histoire millénaire de la Tunisie, rappelant la légendaire ville de Carthage, fondée vers 900 avant J.-C., qui rivalisa avec Rome pendant des siècles.

Casa Árabe a aussi évoqué la gastronomie tunisienne, «une délicieuse fusion d’influences méditerranéennes, arabes et amazighes».

«Avec sa Côte montagneuse et verdoyante au Nord, ses plaines au Centre et un Sud aride, dominé par le désert du Sahara, la Tunisie est un pays disposant d’un cadre géographique assez diversifié», lit-on sur le même site.

«Nous partageons une position stratégique en Méditerranée, servant de ponts entre l’Europe et l’Afrique, entre le Monde arabe et l’Occident», indique encore l’institution publique espagnole créée en 2006 pour constituer une passerelle culturelle entre l’Espagne et le monde arabe.

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Appel à la levée des sanctions contre la Syrie

04. April 2025 um 09:09

La Syrie est sur la voie de la réhabilitation internationale. La chaîne israélienne I24 a indiqué que le président américain Donald Trump rencontrera le président syrien Ahmad Al-Charaa en marge de sa prochaine visite en Arabie saoudite. En même temps, de plus en plus de voix influentes appellent à la levée des sanctions économiques contre la Syrie afin de lui permettre de se relever. Si la situation économique et financière désastreuse se poursuit, le pays s’enfoncera de nouveau dans le chaos, comme le souhaitent ceux qui aimeraient voir le nouveau pouvoir échouer. Le succès d’Al-Charaa est tributaire de la levée des sanctions. 

Imed Bahri

Le magazine britannique The Economist, bible de l’establishment occidental, a consacré son éditorial à la Syrie post-Assad, plaidant pour la levée des sanctions qui ont épuisé le grand pays du Levant et pour permettre au nouvel homme fort de la Syrie de réussir.  

The Economist dresse tout d’abord un tableau noir de la conjoncture actuelle avec une économie agonisante qui épuise la population, une situation politique instable et des centaines de personnes, peut-être plus, qui ont été tuées à cause de la violence sectaire.

Cependant, un sondage réalisé par le magazine britannique dans les jours précédant et suivant le déclenchement des violences en mars dernier a montré que les Syriens semblaient étonnamment optimistes, ce que le magazine considère comme une opportunité à ne pas gâcher aussi bien pour le président Al-Charaa que pour les pays occidentaux désireux d’aider la Syrie à se relever.

Al-Charaa bénéficie d’une opinion favorable

L’enquête d’opinion indique que 70% des Syriens issus de l’ensemble des régions du pays et des différents groupes ethniques et religieux ont exprimé leur optimisme quant à l’avenir de leur pays. Environ 80% d’entre eux estiment avoir aujourd’hui plus de liberté que sous Al-Assad, avec un pourcentage similaire d’opinion favorable à M. Al-Charaa. Également, deux tiers des personnes interrogées estiment que la sécurité s’est améliorée malgré les affrontements.

L’éditorial souligne néanmoins que ces chiffres doivent être lus avec prudence dans un pays souffrant de traumatismes psychologiques et manquant d’une grande expérience en matière de liberté d’expression. Ils indiquent, toutefois, que malgré de profondes divisions –notamment entre la majorité musulmane sunnite et la minorité alaouite autrefois dominante–, les Syriens font toujours confiance à Al-Charaa pour tenter de reconstruire le pays.

Depuis qu’il a pris ses fonctions de président par intérim fin janvier, Al-Charaa a pris certaines mesures pour répondre aux attentes des Syriens. Au cours du week-end, il a tenu la promesse qu’il avait faite de nommer un gouvernement intérimaire, un gouvernement ne contenant pas uniquement des sunnites mais représentatif des différentes communautés présentes en Syrie avec des ministres kurde, alaouite, chrétien et druze. 

Empêcher de nouvelles violences sectaires

The Economist salue la formation de ce nouveau gouvernement qui apaiserait les inquiétudes en particulier si les ministres disposaient d’une réelle autorité pour mener à bien les tâches qui leur sont assignées. Cela pourrait également apaiser les inquiétudes concernant la tendance d’Al-Charaa à concentrer le pouvoir entre ses mains.

Le magazine britannique conseille au président syrien d’exploiter ce climat de soutien populaire pour achever l’unification des groupes armés disparates de Syrie et pour empêcher l’éclatement de nouvelles violences sectaires.

Cependant, le plus grand défi auquel le président est confronté reste de relancer l’économie syrienne dévastée. Le magazine rapporte que le président Al-Charaa n’a pas payé les salaires de la plupart des fonctionnaires depuis qu’il a pris le contrôle de Damas en décembre et qu’il y a une pénurie d’argent. Si les conditions ne s’améliorent pas rapidement, sa popularité actuelle ne devrait pas durer.

L’un des principaux obstacles ce sont les sanctions occidentales contre la Syrie, qui n’ont pas encore été levées. Imposées dans le but d’isoler Al-Assad, elles entravent désormais les tentatives du nouveau gouvernement de reconnecter la Syrie à l’économie mondiale.

Ces sanctions empêchent les entreprises étrangères d’investir dans la reconstruction et restreignent l’accès de la Syrie au système bancaire mondial rendant pratiquement impossible pour le pays d’obtenir le paiement des marchandises qu’il exporte.

La levée des sanctions est la seule issue

La Syrie a été contrainte d’acheter du pétrole russe transporté par bateau en raison des sanctions américaines. Sans investissements étrangers suffisants et sans recettes d’exportation, le président Al-Charaa ne peut pas œuvrer à la relance de l’économie du pays.

The Economist met en garde contre l’hésitation des États-Unis et de l’Europe à lever ces sanctions et considère que cette attitude est une erreur. Si l’économie syrienne continue de se détériorer, les seuls bénéficiaires seront les extrémistes et tous ceux qui ont intérêt à créer le chaos. Dans ce cas, la violence éclatera inévitablement de nouveau.

La levée des sanctions est la seule issue pour donner au peuple syrien qui souffre depuis longtemps une chance de reconstruire son pays et d’avoir un meilleur avenir.

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Marine Le Pen ou la «trumpisation» de la vie politique France

04. April 2025 um 08:19

Condamnée en première instance à 4 ans de prison ferme dont 2 en sursis et 4 ans d’inéligibilité, Marine Le Pen n’est pas victime d’une cabale des juges rouges, ou d’un gouvernement des juges ni d’un quelconque abus de droit, comme prétendent ses partisans.

Salem Ben Ammar *

Les juges ont rendu leur verdict en vertu de la loi Sapin 2, un texte majeur du droit français en vigueur depuis 2016, qui vise à renforcer la transparence et l’éthique dans les sphères économiques et publiques, ainsi que la Loi organique et loi ordinaire du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique.

Les deux lois prévoient des peines de prison et d’inéligibilité, sachant qu’elle-même préconisait, dès 2013, l’inéligibilité à vie des élus condamnés dans les affaires de détournement de fonds publics. Mais les prévenus étaient issus, à l’époque, d’autres familles politiques que la sienne.
Les juges n’ont donc pas une dent contre l’extrême-droite incarnée par Le Pen et son parti, le Rassemblement national (RN). Ils n’ont pas non plus outrepassé leur pouvoir. Ils n’ont fait qu’appliquer les dispositions légales votées par les députés.

Attrapée la main dans le sac

Ce sont les législateurs eux-mêmes, et Mme Le Pen en est un, qui ont fixé et voté les peines encourus par les acteurs politiques accusés de détournement de fonds publics. Elle doit savoir, en tant qu’élue et ex-avocate, que les juges n’ont pas inventé ces peines spécialement pour elle et qu’elle ne doit pas, par conséquent, en faire les boucs émissaires de ses propres dérives et abus.

Onze ans de pratiques frauduleuses sans jamais être inquiétée, des millions d’euros d’argent public européen détourné à des fins de financement de son parti, Mme «Tête haute et mains propres», a été attrapée la main dans le sac et elle doit payer pour les délits qu’elle a commis comme n’importe quel autre justiciable.

Plutôt que de reconnaître les faits avérés qui lui sont reprochés Mme Le Pen se réfugie dans la posture de la victime qu’elle affectionne, prétendant être victime d’un système dont elle s’est révélée être l’un des piliers essentiels, et tire à boulets rouges sur la justice, exacerbant la haine des juges chez ses idolâtres pour en faire une cible à abattre. Certains de ses partisans ont d’ailleurs lancé des appels au meurtre implicite contre les juges qui ont pris des proportions inquiétantes avec les menaces de mort proférées à l’encontre de la présidente de la 11e chambre et les deux procureurs derrière la sentence la concernant, désignés sur les réseaux sociaux comme «les vermines qu’il faut écraser» ou «les juges qu’il faut juger pour avoir décidé à la place des citoyens du sort de l’élection de 2027 en assassinent Marine Le Pen». «Les procureurs et la présidente devront rendre des comptes ni oubli ni pardon», ont également écrit sur les réseaux sociaux des partisans de Mme Le Pen.

Un coup de force contre l’Etat de droit

Ces hashtags en disent long sur le climat de violence qui entoure cette affaire qui n’est pas sans rappeler, dans une certaine mesure, la sortie tumultueuse de Donald Trump de la Maison Blanche au terme de son premier mandat, en 2021, avec notamment l’attaque du Capitole par ses partisans qui a coûté la vie à 7 policiers. C’est dire aussi que la France n’est pas à l’abri d’une montée de la violence politique, si jamais l’arrêt de la cour d’appel confirme ou aggrave le jugement de première instance.

La Trumpisation de la vie politique France est en marche avec la manifestation de soutien à Marine Le Pen ce dimanche qui est en réalité un coup de force contre l’Etat de droit et un avertissement aux juges qui auront à statuer sur l’appel dans un an.

* Chercheur en science politique et anthropologie sociale.

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