Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 13. Mai 2026Kapitalis

Décès de l’historien tunisien Khalifa Chater

13. Mai 2026 um 13:05

L’universitaire tunisien Khalifa Chater est décédé ce mercredi 13 mai 2026 à l’âge de 90 ans. Né le 12 mai 1936, il était historien spécialiste de l’époque moderne et contemporaine.

Après des études supérieures à la Sorbonne, il obtient son doctorat d’histoire contemporaine en 1974 puis d’un doctorat d’État en 1981.

Professeur d’histoire moderne et contemporaine à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, il a été directeur général de la Bibliothèque nationale de Tunisie de 1997 à 2002 et cofondateur puis président de l’Association des études internationales, de 2010 à 2012.

Professeur émérite à l’université de Tunis, il a dirigé l’Institut supérieur de documentation de Tunis de 1988 à 1996 et du Centre culturel international d’Hammamet entre 1978 et 1997.

Membre du comité de rédaction de la Maghreb Review et des Cahiers de la Méditerranée, il est également membre correspondant de l’Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d’Aix depuis le 21 mai 2002.

Il avait reçu le Prix national des lettres et sciences humaines en 1997.

Parmi ses publications : ‘‘Insurrection et répression dans la Tunisie du XIXe siècle : le mehalla de Zarrouk au Sahel, 1864’’  (1978); ‘‘Dépendance et mutations précoloniales : la régence de Tunis de 1815 à 1857’’ (1984) ; ‘‘La Tunisie à travers l’histoire’’ (2005) ; ‘‘Tahar Ben Ammar, 1889-1985’’ (2010) ; ‘‘L’ère Bourguiba’’ (2010) et ‘‘La dynastie husseinite (1705-1957)’’ (2021).  

L’article Décès de l’historien tunisien Khalifa Chater est apparu en premier sur Kapitalis.

Semaine de la gastronomie espagnole à Tunis

13. Mai 2026 um 10:03

SaborFest Tunisia –Semaine des Saveurs Espagnoles –, rendez-vous gastronomique et culturel inédit, se tiendra du 18 au 23 mai 2026, au Mövenpick Hotel Gammarth, à Tunis. Il mettra à l’honneur la richesse et la diversité de la gastronomie espagnole à travers des expériences culinaires immersives, des rencontres professionnelles et des animations culturelles célébrant les saveurs, les traditions et l’art de vivre méditerranéen.

Au centre de cette semaine se trouve le chef Jordi Gimeno, véritable ambassadeur de la cuisine espagnole dans le monde. Fort de plus de 30 ans d’expérience et d’une passion pour les rencontres interculturelles, Jordi Gimeno a créé Gasztrip en 2012 avec une mission claire : partager la gastronomie espagnole aux quatre coins de la planète à travers des festivals culinaires authentiques et accessibles à tous.

Le concept Gasztrip repose sur une approche unique : le chef invité travaille main dans la main avec les équipes hôtelières locales dans une dynamique de formation enrichissante, permettant à l’établissement d’intégrer de nouvelles recettes, menus et techniques culinaires pour ses clients. Une fois le festival terminé, le chef repart, mais l’héritage culinaire demeure.

Masterclasses culinaires

Les 18 et 19 mai 2026, le chef Jordi Gimeno animera des masterclasses culinaires

intensives au restaurant The Breeze du Mövenpick Hotel Gammarth. Ces ateliers pratiques de 8 heures par jour réuniront des étudiants de l’ISETH de Sidi Dhrif ainsi que 5 chefs tunisiens renouvelés chaque jour, offrant ainsi à chacun une opportunité unique de visibilité et d’apprentissage.

Ces masterclasses permettront aux participants de découvrir les techniques authentiques de la cuisine espagnole – paella, tapas, plats mijotés – tout en explorant l’importance des produits locaux et de la saisonnalité. Les produits et équipements seront fournis par l’hôtel, garantissant des conditions optimales pour cette transmission de savoir-faire.

Immersion dans l’Espagne culinaire

Du 20 au 22 mai, le restaurant The Breeze proposera des dîners gastronomiques espagnols préparés par le chef Jordi Gimeno, avec la participation active des étudiants ayant suivi les masterclasses.

Ces soirées à capacité limitée (60 personnes) offriront un menu typiquement espagnol basé sur des recettes traditionnelles revisitées dans une ambiance chaleureuse de musique live, rythmée par un guitariste interprétant en acoustique les plus belles mélodies espagnoles.

La soirée de clôture du 23 mai sera marquée par un dîner de gala exclusif, organisé sur invitation, mettant en vedette les plats signatures du chef Jordi Gimeno. Cette soirée réunira les représentants de l’ambassade d’Espagne, du Mövenpick et l’ensemble des partenaires pour célébrer les échanges culturels et culinaires entre la Tunisie et l’Espagne. Une animation musicale festive, des discours officiels et des opportunités de networking entre professionnels, chefs, sponsors et médias ponctueront cette soirée mémorable.

Un pont gastronomique

À travers SaborFest Tunisia, les organisateurs ambitionnent de créer un véritable pont culturel et gastronomique entre la Tunisie et l’Espagne, en valorisant l’excellence culinaire, la créativité et l’esprit méditerranéen de partage et de convivialité.

Cet événement s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre les deux pays et confirme la position de Tunis comme carrefour des cultures et des saveurs méditerranéennes.

L’article Semaine de la gastronomie espagnole à Tunis est apparu en premier sur Kapitalis.

La Tunisie à la traîne de nombreux pays africains

13. Mai 2026 um 10:00

La Tunisie, jadis en tête des pays africains en termes de dynamisme économique, est aujourd’hui nettement en dessous des pays les plus dynamiques du continent en matière de croissance économique et d’investissement. Des données chiffrées, collectées par l’économiste Salah Dargouth, brossent un tableau inquiétant de cette chute vertigineuse.

Latif Belhedi

Avec une croissance économique moyenne allant 1,5 et 2,5% au cours des dix dernières années, la Tunisie se trouve largement distancée par les champions du continent, à savoir l’Ethiopie et le Rwanda (~7%), l’Ouganda (~6-7%), le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie (~6 %) et le Kenya  (~5 %).

Ceci explique en partie cela : la Tunisie est également largement distancée par ces mêmes pays en termes de part de l’investissement dans le PIB : ~13-14 %, contre ~40 % pour la Tanzanie, ~25-26 % pour le Bénin, ~25 % pour le Rwanda, ~23-24 % pour la Côte d’Ivoire, ~22-24 % pour l’Ouganda, ~20-21 % pour l’Ethiopie et ~17-18 % pour le Kenya.

Autrement dit, notre pays investit aujourd’hui proportionnellement beaucoup moins que le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Kenya l’Ouganda et surtout la Tanzanie.

«Le contraste devient encore plus frappant lorsqu’on regarde l’évolution historique», explique Salah Dargouth qui précise : «Dans les années 1990-2010, la Tunisie investissait souvent entre 23 % et 26 % du PIB. En 2010, le taux dépassait encore 26 %. En 2024, il est tombé autour de 13-14 %, soit presque la moitié des décennies 1990-2010. Or, dans la plupart des expériences internationales, un taux d’investissement inférieur à 15% du PIB est généralement insuffisant pour soutenir durablement une forte croissance. De même, les pays qui connaissent des transformations économiques rapides maintiennent souvent des taux supérieurs à 25%. Les “miracles économiques” asiatiques dont bien sûr la Chine ont souvent dépassé 30-35%.»

«Avec une croissance du PIB de 4-5% et un taux d’investissement de 20-30%, le Maroc est aussi un cas intéressant de croissance relativement soutenue et d’investissement élevé en Afrique du Nord», fait également remarquer l’ancien expert de la Banque Mondiale. Il ajoute : «Le Maroc se distingue par un taux d’investissement parmi les plus élevés d’Afrique ; de grands projets d’infrastructure (TGV, ports, autoroutes, énergie solaire, dessalement) ; une industrialisation rapide (automobile, aéronautique, phosphates) ; une forte montée des exportations industrielles ; sans oublier les préparatifs massifs pour la Coupe du Monde 2030.»

Or, enchaîne M. Darghouth : «En comparaison, la Tunisie souffre depuis plusieurs années d’une économie en dormance et d’une croissance lente; d’un faible investissement public et privé ; d’une résistance à attirer les IDE ; d’une administration étouffante et sclérosée ; d’une diabolisation du secteur privé ; et d’une instabilité réglementaire et financière.»

La conclusion est sans appel : «Le contraste entre les deux pays est particulièrement visible dans les infrastructures, la dynamique industrielle et le développement technologique.» 

L’article La Tunisie à la traîne de nombreux pays africains est apparu en premier sur Kapitalis.

Festival international du film Imedghassen à Batna

13. Mai 2026 um 09:15

La 6e édition du Festival international du film Imedghassen s’est tenue du 5 au 11 mai 2026 à Batna (Algérie), confirmant la progression de cet événement cinématographique au cœur des Aurès.

Djamal Guettala 

Organisé entre la Maison de la Culture et la Cinémathèque de Batna, le festival a réuni une cinquantaine de films issus de différentes régions du monde, dans les sections fiction, documentaire et animation, avec une volonté affichée d’ouverture sur l’espace méditerranéen.

L’édition a notamment été marquée par la présence de l’Italie comme invitée d’honneur, traduisant une stratégie de diversification des partenariats et des échanges culturels. Elle a également été marquée par la distinction majeure de la Semaine de la Critique en fiction, attribuée au film ‘‘Poupiya’’ (2026), premier long métrage de Yacine Bouaziz, confirmant la vitalité des nouvelles écritures cinématographiques algériennes.

Le festival a par ailleurs proposé une projection d’honneur du film ‘‘Ahmed Bey’’ de Jamal Shoorje, dans le cadre de sa programmation spéciale, mettant en lumière des œuvres à forte dimension historique et patrimoniale. Mais c’est surtout la présence tunisienne qui a retenu l’attention, tant dans la programmation que dans les instances de sélection.

La Tunisie était en effet représentée par un film en compétition dans la catégorie des courts métrages de fiction : ‘‘في ظلمات ثلاث’’ (In Three Layers of Darkness), réalisé par Houcem Slouli. Cette sélection confirme la présence active du cinéma tunisien dans les circuits des festivals maghrébins et internationaux, notamment à travers des œuvres de jeunes auteurs.

Au-delà des écrans, la Tunisie s’est également illustrée dans la composition des jurys. L’actrice Rim Riahi a intégré le jury de la compétition des films de fiction, tandis que l’acteur Khaled Bouzid a participé au jury des documentaires courts. Cette double présence témoigne de la reconnaissance des professionnels tunisiens et de leur intégration dans les espaces de décision artistique du festival.

L’actrice Rim Riahi dans le jury.

Le festival tire son nom du mausolée royal de Imedghassen, monument numide emblématique des Aurès datant du IIIe siècle avant J.-C. À travers cette référence patrimoniale forte, l’événement inscrit son identité dans une continuité historique et culturelle, reliant mémoire antique et création contemporaine.

En parallèle des projections, des ateliers et rencontres professionnelles ont réuni de jeunes participants, confirmant la dimension pédagogique du festival, orientée vers la formation et l’accompagnement de nouveaux talents. Malgré une structuration encore en développement, l’événement poursuit sa montée en puissance, cherchant à s’imposer comme un rendez-vous cinématographique régional de référence, à la croisée des cultures maghrébines et méditerranéennes.

L’article Festival international du film Imedghassen à Batna est apparu en premier sur Kapitalis.

Agriculture | Un système de distribution à réformer en profondeur 

13. Mai 2026 um 08:00

Un verdict sans détour : la chaîne qui relie le champ tunisien à la table du consommateur est grippée. Trop d’intermédiaires, trop peu de régulation, des textes juridiques dépassés et des infrastructures à bout de souffle. Trois experts ont présenté, des pistes de transformation concrètes et chiffrées. 

Latif Belhedi

Il y a quelque chose de paradoxal dans la situation que traverse l’agriculture tunisienne. Le travail est là. La production aussi. Et pourtant, aux deux extrémités de la chaîne, le compte n’y est pas : celui qui cultive peine à en tirer un revenu décent, celui qui achète supporte des prix qui ne reflètent pas la réalité du coût de production. Ce paradoxe, c’est la question centrale qu’a posée Amine Ayed, président de l’IACE, en ouvrant la dixième édition du Tunisia Economic Forum mardi 12 mai 2026, au siège du think tank à Tunis. Un forum qui, depuis une décennie, s’est construit sur le postulat qu’aucune amélioration n’est possible sans l’examen lucide et collectif des défaillances propres à chaque secteur. 

Amine Ayed a tenu à replacer d’emblée le sujet dans sa juste dimension. La modernisation des filières de commercialisation agricole n’est pas une question de logistique ou d’organisation administrative. C’est un enjeu de souveraineté économique. La manière dont une économie fait circuler ce qu’elle produit détermine autant sa richesse finale que sa capacité à la générer.

Or, entre le producteur et l’acheteur final, le système tunisien laisse filer de la valeur à chaque étape : trop d’intermédiaires s’y sont incrustés, le secteur informel y a pris ses aises, la logistique y reste défaillante et les tensions spéculatives y sont récurrentes.

Une approche morcelée

Ce n’est pas un dysfonctionnement sectoriel isolé. C’est un défaut systémique qui érode l’efficacité globale de l’économie, affaiblit sa transparence et mine la confiance de ses acteurs. 

Le président de l’IACE a aussi pointé un travers méthodologique persistant. Les réponses apportées jusqu’ici à ces problèmes ont été parcellaires : les marchés de gros traités séparément des enjeux logistiques, les questions de prix dissociées de celles du commerce informel, les infrastructures pensées hors de tout cadre de gouvernance cohérent.

L’étude présentée lors de ce forum rompt avec cette approche morcelée. Elle propose une lecture d’ensemble, articulée autour de plusieurs scénarios de transformation possibles, avec pour question centrale : comment moderniser ces circuits sans fragiliser les équilibres économiques et sociaux existants ? Car la réforme, a insisté Amine Ayed, est aussi politique que technique. Elle heurte des intérêts en place, bouscule des habitudes ancrées et interroge des rapports de force territoriaux. Elle réclame non seulement des idées, mais de la cohérence dans leur mise en œuvre, une vision à long terme et la volonté effective de les exécuter. 

Trop de marchés, trop peu de contrôle 

C’est Mohamed Hédi Inoubli, à la tête de l’Unité de gestion par objectifs pour la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche au ministère du Commerce, qui a pris le relais pour cartographier les pathologies du système. Son premier constat est géographique autant qu’institutionnel : la Tunisie compte sept fois plus de marchés que ses voisins algérien et marocain. Cette prolifération, loin d’être un signe de vitalité commerciale, génère une fragmentation qui rend tout contrôle efficace quasi impossible. Elle s’accompagne d’un phénomène de glissement généralisé : les opérateurs débordent de leurs périmètres réglementaires, les rôles se brouillent, et les pratiques monopolistiques ou spéculatives s’y développent en toute impunité. 

La complexité du secteur tient aussi à sa nature intrinsèque. La production agricole est, par définition, variable : d’une saison à l’autre, d’une région à l’autre, les volumes, la qualité et la disponibilité fluctuent de façon significative. Cette instabilité structurelle est aggravée par l’insuffisance chronique du financement agricole, qui empêche les producteurs de valoriser correctement leur récolte, d’atteindre les seuils de volume nécessaires et d’acheminer leur production vers les circuits formels de distribution. Le cadre juridique censé encadrer tout cela est, lui, figé dans le temps. Obsolète, il ne permet plus d’assurer un contrôle commercial opérationnel. 

Face à cette situation, M. Inoubli a présenté le décret n° 47 de 2022 comme le levier réglementaire central de la transformation à engager. Ce texte prévoit plusieurs mécanismes complémentaires. Il rend obligatoire la déclaration des activités commerciales, visant à faire reculer l’économie informelle. Il impose la mise en place de systèmes d’information agréés, permettant une traçabilité numérique de la filière et une connaissance en temps réel des stocks disponibles par l’administration. Il introduit une distinction formelle entre stockage de régulation et stockage spéculatif. Il prévoit enfin un renforcement substantiel des pouvoirs de contrôle et des sanctions applicables. 

Sur le terrain, l’approche repose sur une logique d’expérimentation avant généralisation. Un projet de marché de gros intégré est à l’étude à Béja, couvrant les légumes, les fruits et la volaille. À Sidi Bouzid, un projet pilote de plateforme numérique intégrée a déjà été testé et ses enseignements serviront de base aux futurs déploiements.

Par ailleurs, le système de facturation électronique développé par la Sotumag est d’ores et déjà opérationnel dans treize marchés municipaux. L’objectif est de l’étendre progressivement à l’ensemble des marchés d’intérêt national. Une refonte de la cartographie nationale des marchés est également en préparation, avec pour finalité la suppression ou la fusion des marchés dont la viabilité n’est pas démontrée. Sur ce point, M. Inoubli a rappelé une erreur récurrente des réformes passées : les chevauchements de compétences entre ministères ont souvent constitué le principal obstacle à leur concrétisation. 

Une feuille de route en trois axes 

Ahmed Ben Kheder, consultant auteur de l’étude de l’IACE «Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles», a apporté la dimension prescriptive de la journée en détaillant une feuille de route structurée. Son diagnostic préalable confirme et précise ce qui avait été exposé.

La prolifération des intermédiaires est bien la cause première des distorsions de prix, entretenue par une évasion fiscale généralisée et des blocages juridiques tenaces. Les contrats de concession accordés aux gestionnaires de marchés sont trop courts pour déclencher un investissement privé sérieux : aucun opérateur ne s’engagera dans une rénovation coûteuse si le cadre contractuel ne lui garantit pas d’en amortir le coût.

Les communes, de leur côté, manquent cruellement d’expertise technique dans la gestion des circuits de distribution agricole. Les abattoirs se sont progressivement dégradés. Et la procédure d’attribution des concessions, fondée exclusivement sur le critère financier du mieux-disant, écarte de facto les candidats les plus compétents au profit des plus offrants. 

Cette situation n’est pas sans précédent. Entre 2002 et 2008, des chantiers de réhabilitation avaient été lancés. Ils n’ont pas produit les résultats attendus. Faute d’une vision stratégique d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés, ces interventions sont restées sans lendemain. La leçon à en tirer est claire selon le consultant : une réforme parcellaire est vouée à l’échec. Seule une approche systémique et cohérente peut produire des effets durables. 

Sa proposition s’organise autour de trois axes. Le premier concerne la professionnalisation de la gestion des marchés. Il s’agit de créer des agences spécialisées et de confier leur pilotage à des gestionnaires compétents, soit par délégation de service au secteur privé, soit par une professionnalisation effective des équipes municipales.

Le deuxième axe vise la qualité des investissements et la création de valeur autour du produit agricole. Concrètement, cela suppose de substituer au critère exclusif de la capacité financière un critère de qualité de service dans la sélection des opérateurs, d’allonger la durée des contrats de concession pour rendre l’investissement attractif, et d’élaborer un cahier des charges de référence servant de socle normatif commun à tous les appels d’offres.

Le troisième axe, de nature transversale, porte sur la gouvernance institutionnelle : clarification des attributions respectives des acteurs centraux et locaux, meilleure articulation entre les niveaux de décision et adoption d’un cadre juridique unifié. 

Pour financer l’ensemble du programme, M. Ben Kheder a recommandé la création d’un fonds national dédié, abondé par les contributions des opérateurs du secteur. Le mode de calcul retenu est significatif : les cotisations seraient assises sur les volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout mécanisme inflationniste répercuté sur le consommateur final. Ce fonds serait piloté par une unité de gestion permanente, chargée d’assurer en continu le suivi de la qualité et de la pérennité des infrastructures.

Parallèlement, le consultant a plaidé pour l’émergence de petites entreprises nouvelles aux côtés des opérateurs établis, dans une logique de stimulation concurrentielle susceptible d’élever le niveau général de service. 

La dimension infrastructurelle de la réforme passe aussi par la spécialisation des marchés de gros. Plutôt que des structures généralistes, M. Ben Kheder préconise des équipements dédiés à chaque grande filière : viandes rouges, viandes blanches et produits de la mer bénéficieraient chacun d’infrastructures adaptées à leurs contraintes sanitaires et logistiques spécifiques. Cette spécialisation renforcerait la traçabilité, améliorerait les conditions d’hygiène et élèverait le niveau de professionnalisation de l’ensemble de la chaîne. 

Les effets attendus de ces transformations se déploieraient sur deux registres. Économiquement, elles permettraient de comprimer les distorsions de prix, de réduire significativement le poids du commerce parallèle et de renforcer la compétitivité des filières agricoles tunisiennes.

Socialement, elles agiraient à la fois sur la stabilité des prix à la consommation et sur l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des acteurs qui interviennent tout au long de la chaîne de distribution. 

L’article Agriculture | Un système de distribution à réformer en profondeur  est apparu en premier sur Kapitalis.

Guerre d’Iran | Les géants européens du pétrole se goinfrent !

13. Mai 2026 um 07:30

Les trois plus grandes compagnies pétrolières européennes –Shell, BP et Total Energies– ont engrangé 4,75 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires grâce aux turbulences sur les marchés mondiaux de l’énergie provoquées par la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Elles ont su tirer profit des fortes fluctuations de prix via leurs filiales de négoce.

Imed Bahri

Selon le Financial Times (FT) qui se base sur les estimations de cinq analystes, les activités de négoce de ces trois entreprises ont généré entre 3,3 et 4,75 milliards de dollars de plus au premier trimestre de l’année par rapport aux trois derniers mois de 2025.

On estime que les activités de négoce ont représenté entre 48% et 69% de l’augmentation totale des bénéfices des entreprises, qui s’élève à 6,9 milliards de dollars par rapport au trimestre précédent.

La guerre redessine la carte énergétique

Cette flambée des profits est survenue alors que la guerre au Moyen-Orient et l’intervention américaine au Venezuela ont perturbé les flux énergétiques mondiaux, mettant en lumière l’écart entre les géants européens et leurs homologues américains, tels qu’ExxonMobil et Chevron, dont les profits restent plus étroitement liés à la production directe.

Kim Fustier, analyste chez HSBC, a déclaré que la performance des départements de trading de BP, Shell et Total représente un «différenciateur significatif» et un «avantage concurrentiel» pour les entreprises européennes.

Les équipes de trading sont généralement les plus performantes en période de forte volatilité, lorsqu’elles tirent profit des écarts de prix entre les marchés et de la demande accrue de couverture des clients contre les fluctuations de prix.

Pendant la guerre d’Iran, les prix du pétrole ont connu de fortes fluctuations et les routes commerciales traditionnelles ont été redessinées après la fermeture du détroit d’Ormuz et les perturbations d’approvisionnement qui en ont résulté entre le Moyen-Orient et l’Asie.

Le Brent, qui se négociait sous la barre des 60 dollars en janvier, a atteint un niveau record en avril, certaines cargaisons physiques se vendant à plus de 144 dollars le baril.

BP, empire du négoce mondial

Les négociants de BP semblent avoir été les plus grands profiteurs de cette période de turbulences.

Selon les estimations moyennes de quatre analystes, la division négoce de BP a généré 1,75 milliard de dollars de bénéfices supplémentaires au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2025, soit environ un quart des bénéfices annuels ajustés de l’entreprise l’année précédente.

Cependant, un analyste estime ces bénéfices supplémentaires à seulement 800 millions de dollars.

Shell a généré environ 1,6 milliard de dollars de revenus supplémentaires grâce au négoce, selon les estimations moyennes de cinq analystes, tandis que Total Energies en a généré environ 800 millions.

BP exploite l’un des plus grands réseaux de négoce de pétrole au monde, employant plus de 2 000 personnes à Londres, Singapour et Houston.

L’entreprise commercialise plus de quatre milliards de barils de pétrole par an, soit plusieurs fois sa production réelle, et gère en permanence plus de 300 pétroliers transportant du pétrole et du carburant à travers le monde.

Lors de la publication de leurs résultats du premier trimestre, les dirigeants des trois entreprises ont mis en avant la performance de leurs activités de négoce.

La directrice financière de Shell, Sinead Gorman, a déclaré que le groupe avait bénéficié d’une contribution nettement supérieure des activités de négoce et d’une amélioration des opérations et ce, après l’annonce par l’entreprise d’un bénéfice de 6,9 ​​milliards de dollars, en hausse de près d’un quart par rapport à l’année précédente.

La directrice générale de BP, Meg O’Neill, a déclaré vouloir souligner l’importance accordée à l’écosystème de négoce.

Le président de Total Energies, Patrick Pouyanné, a déclaré : «Nos négociants sont généralement satisfaits face à la volatilité des marchés»

Une transaction d’un milliard de dollars

Dans l’une des transactions les plus lucratives du trimestre, les traders de Total ont engrangé plus d’un milliard de dollars grâce à des paris à la baisse sur le pétrole brut de Dubaï et d’Oman, en achetant la totalité des cargaisons disponibles sur le marché.

Les investisseurs ont salué la vigueur de l’activité de trading des entreprises européennes.

Depuis le début de la guerre fin février, l’action BP a progressé de 12%, celle de Total de 21% et de Shell de 9%, malgré sa forte exposition au déclin de la production du Golfe suite aux attaques contre ses installations.

À l’inverse, l’action Exxon a chuté de plus de 4% et celle de Chevron n’a progressé que de 2,7%.

L’écart entre Européens et Américains

Cette disparité s’explique également par une différence comptable. Contrairement aux entreprises européennes, Exxon et Chevron ont été contraintes d’enregistrer des pertes liées à leurs opérations de couverture car les normes comptables américaines les obligent à évaluer les produits dérivés à leur prix de marché actuel au lieu de les fixer jusqu’aux livraisons effectives.

Le PDG d’Exxon, Darren Woods, a déclaré : «Il s’agit simplement d’un problème de calendrier comptable. Nous enregistrons la moitié de l’opération et non l’autre moitié. Lorsque les livraisons seront effectuées, les résultats comptables compenseront cette perte».

Malgré le développement de leurs activités de négoce ces dernières années, Exxon et Chevron restent en retrait par rapport à leurs concurrents européens.

Un analyste a déclaré que les entreprises américaines n’ont pas la même propension au risque : «Si l’on prend l’exemple de l’accord conclu avec Oman, qui a rapporté 1 milliard de dollars à Total, j’ai du mal à imaginer Exxon ou Chevron faire de même. Ce n’est pas dans leur culture»

Total Energies a confirmé au FT que les activités de négoce ne sont «pas sans risque», qu’elles peuvent générer des pertes comme des profits et qu’elles doivent être évaluées dans le cadre du portefeuille global de l’entreprise et sur le long terme. Quant à Shell et BP, ils ont refusé tout commentaire.

L’article Guerre d’Iran | Les géants européens du pétrole se goinfrent ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Gestern — 12. Mai 2026Kapitalis

Billets subventionnés pour les Tunisiens de l’étranger à faible revenu

12. Mai 2026 um 13:00

L’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) a annoncé la mise à disposition de billets de voyage subventionnés pour les familles à faibles revenus de quatre personnes ou plus souhaitant rentrer de France en Tunisie cet été. Ces billets seront proposés sur les vols Tunisair et de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN).

L’ambassade de Tunisie à Paris a expliqué dans un communiqué que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des décisions du Conseil ministériel restreint du 25 avril 2026.

Les personnes éligibles sont invitées à contacter le service social de l’ambassade à Paris pour déposer leur demande.

L’ambassade précise que les réservations pour les ferries Carthage et Tanit seront acceptées du 11 mai au 15 juin 2026, avec des subventions de 80 € (270 dinars tunisiens) par membre de la famille et de 100 € (338 dinars tunisiens) par personne remplissant les conditions requises.

Par ailleurs, les réservations pour les vols Tunisair seront acceptées du 11 au 20 mai 2026, avec des subventions disponibles pour les vols programmés entre le 17 juin et le 20 août 2026. La subvention pour le billet d’avion est de 100 € (338 dinars tunisiens) par membre de la famille et de 150 € (507 dinars tunisiens) par personne.

Pour bénéficier de la réduction, il convient de déposer une demande indiquant les noms des personnes concernées, les dates de voyage souhaitées et les coordonnées du demandeur. L’approbation finale est conditionnée à la complétude du dossier et à la disponibilité des places pour les réservations proposées.

L’article Billets subventionnés pour les Tunisiens de l’étranger à faible revenu est apparu en premier sur Kapitalis.

IID2026 | L’industrie automobile tunisienne de demain

12. Mai 2026 um 12:28

La nouvelle édition de l’Industry Innovation Day se tiendra le jeudi 4 juin 2026 et réunira décideurs, experts sectoriels et partenaires stratégiques afin d’échanger autour des grandes tendances qui transforment actuellement l’industrie automobile, et d’identifier les opportunités ainsi que les défis pour le secteur en Tunisie.

Les inscriptions pour cette journée, organisée par la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce (AHK Tunisie) en partenariat avec la Tunisian Automotive Association (TAA) et la GIZ Tunisie, sont désormais ouvertes sur ce lien, sachant que le nombre de places est limité.

Depuis sa première édition en 2018, l’IID met en lumière, tous les deux ans, les tendances, les innovations et le savoir-faire du secteur industriel. Cette année le focus sera sur le secteur automobile tunisien, qui constitue aujourd’hui l’un des piliers de l’économie nationale : avec plus de 280 entreprises et 120 000 employés en 2025, le secteur génère environ 3,9 milliards d’euros d’exportations, principalement vers l’Europe (Allemagne, France), se positionnant comme un hub industriel compétitif en Afrique du Nord.

En effet, dans un contexte mondial marqué par l’électrification des véhicules, la digitalisation des chaînes de production et l’essor de l’économie circulaire, la Tunisie dispose d’atouts réels pour consolider son positionnement en tant que hub stratégique de la filière.

C’est précisément le défi que l’IID 2026 entend relever collectivement.

Articulée autour de quatre panels thématiques de haut niveau, l’édition 2026 explorera les leviers concrets de cette transformation :

Major trends in the international automotive sector : les tendances du secteur à l’échelle internationale ;

New Markets, New Mobility : les opportunités au-delà des marchés traditionnels ;

Driving Sustainability : les innovations qui façonnent l’avenir durable de l’industrie automobile ;

Skills & Talents : aligner les compétences de demain aux nouveaux défis du secteur.

    Intervenants internationaux et nationaux ainsi que des moments de networking composeront une journée pensée pour sceller des alliances, alimenter les prises de décision et coconstruire une vision opérationnelle entre industriels, institutions académiques, investisseurs et pouvoirs publics.

    L’article IID2026 | L’industrie automobile tunisienne de demain est apparu en premier sur Kapitalis.

    Sous pression | Du monde de la plongée à celui de l’entreprise

    12. Mai 2026 um 11:19

    Dimanche 10 mai 2026, un webinaire original et riche en échanges a réuni des passionnés de plongée, des moniteurs, des cadres et des professionnels de plusieurs pays francophones autour d’un thème rarement abordé avec autant de profondeur : le lien entre la plongée sous-marine et le développement personnel.

    Latif Belhedi

    Organisée par Abysse Plongée et remarquablement modérée par Mehdi Tabbakh, cette rencontre-débat en ligne a accueilli comme invité principal Vincent Défossez, coach en entreprise, formateur d’instructeurs TDI-SDI, et une figure de la plongée sous-marine qui cumule 40 ans d’expérience.

    Des participants de Tunisie, du Maroc, d’Algérie, du Bénin, de France, de la Martinique et de Belgique, ont pris part à cet échange qui a créé un véritable pont entre le monde de la plongée et celui de l’entreprise.

    Le stress : ennemi ou allié ?

    Au cœur des discussions, une question essentielle : le stress est-il forcément négatif ? Comment le gérer ?

    Loin des approches simplistes, les intervenants ont rappelé que le stress peut aussi devenir un signal utile. En plongée comme dans le monde professionnel, il agit parfois comme un mécanisme d’alerte permettant de mieux percevoir les risques, d’ajuster ses décisions et de rester vigilant.

    La réflexion a notamment porté sur la capacité à apprendre à gérer son stress sous l’eau et à transférer ces compétences dans la vie quotidienne et professionnelle. Défossez a souligné que la plongée confronte l’individu à lui-même dans un environnement inhabituel où respiration, contrôle émotionnel et lucidité deviennent essentiels.

    Trois formes de conscience en plongée

    L’un des concepts marquants de la soirée a été celui des «trois types de conscience» développés par la pratique de la plongée : la conscience de soi ; la conscience de l’équipe et la conscience de l’environnement.

    Selon les échanges, ces trois dimensions sont également au cœur du leadership et du management en entreprise.

    La conscience de soi renvoie à la capacité à reconnaître ses limites, ses émotions et son état mental. La conscience de l’équipe implique la communication, l’écoute et la confiance mutuelle entre plongeurs ou collaborateurs. Enfin, la conscience de l’environnement rappelle l’importance de l’anticipation, de l’analyse des risques et de l’adaptation constante aux conditions extérieures.

    Moniteur ou coach ?

    La rencontre a aussi ouvert un débat particulièrement intéressant sur le rôle du moniteur de plongée. Un instructeur doit-il uniquement transmettre des compétences techniques ou également accompagner le développement mental et émotionnel du plongeur ?

    Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’un équilibre subtil : construire la confiance d’un élève plongeur sans créer de la sur-confiance. Un enjeu crucial dans une activité où excès d’assurance et mauvaise perception des risques peuvent avoir des conséquences importantes et graves.

    Cette réflexion a également conduit à une remise en question de certaines approches pédagogiques. Faut-il simplifier les formations pour les rendre plus accessibles, ou au contraire renforcer l’exigence afin de mieux préparer les plongeurs à des situations complexes ? Faut-il adopter une approche systémique qui prend en considération les facteurs humains ou simplement rester sur une approche technique qui se focalise sur le savoir-faire et l’application des standards ?

    Ce que la plongée apprend sur soi-même

    Au fil des interventions, une idée forte s’est dégagée : la plongée est bien plus qu’une activité sportive ou de loisir. Elle constitue un véritable laboratoire humain où l’on apprend : la maîtrise de soi ; la gestion des émotions ; la prise de décision sous pression ; la coopération et l’humilité face à l’environnement.

    Parmi les idées reçues discutées durant la soirée, plusieurs intervenants ont notamment remis en question la croyance selon laquelle un bon plongeur serait celui qui ne ressent jamais de stress. Au contraire, reconnaître ses émotions et savoir les gérer serait l’une des compétences les plus importantes.

    Dialogue entre plongée et entreprise

    En établissant des parallèles entre immersion sous-marine et environnement professionnel, cette rencontre-débat a montré que les compétences développées en plongée peuvent avoir une portée bien plus large. Leadership, communication, gestion des crises, confiance, vigilance collective ou encore adaptation à l’incertitude : autant de dimensions communes au monde de l’entreprise et à celui de la plongée.

    À travers cette initiative, Abysse Plongée confirme sa volonté de promouvoir une vision moderne et réflexive de la plongée sous-marine, où la technique s’accompagne d’une réflexion humaine, pédagogique et psychologique.

    La forte participation internationale et la richesse des échanges témoignent également d’un intérêt croissant pour les approches interdisciplinaires de la plongée, au croisement de la sécurité, des sciences de l’éducation et du management humain.

    L’article Sous pression | Du monde de la plongée à celui de l’entreprise est apparu en premier sur Kapitalis.

    Réunion à Tunis | L’Italie renforce son emprise sur le dossier libyen

    12. Mai 2026 um 10:56

    La Tunisie accueille aujourd’hui, mardi 12 mai 2026, une nouvelle session de négociations dans le cadre du «Groupe 4+4», qui réunit des représentants de l’est et de l’ouest de la Libye afin de discuter de questions restées en suspens pendant des années.

    Majdi Karbai *

    Il s’agit notamment de la restructuration de la Haute Commission électorale nationale et de la révision du cadre juridique régissant les prochaines élections. L’objectif affiché est de relancer un processus attendu de longue date, maintes fois bloqué par des vetos réciproques et de profondes divisions institutionnelles.

    La réunion d’aujourd’hui intervient deux semaines après le sommet du 29 avril à Rome, sous l’égide de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul). Cette réunion a marqué un tournant décisif, l’Onu ayant indiqué que les parties étaient parvenues à un accord préliminaire sur un mécanisme permettant de surmonter l’impasse concernant la direction de la commission électorale, l’un des principaux obstacles qui avaient bloqué l’ensemble des négociations. Le transfert sans interruption des pourparlers en Tunisie laisse entrevoir que la perspective d’un accord est désormais plus réaliste qu’auparavant.

    Ce que révèle clairement cette présence diplomatique, c’est le rôle croissant de l’Italie dans le dossier libyen. Rome ne s’est pas contentée d’offrir un lieu de rencontre, mais s’est activement impliquée dans leur facilitation, en coordination avec les Nations Unies, afin de préserver un dialogue au bord de l’effondrement.

    L’Italie cherche à établir un axe régional de dialogue. Ses relations avec la Libye s’étendent sur plusieurs décennies et englobent des intérêts politiques, énergétiques, sécuritaires et migratoires étroitement liés. Le géant italien de l’énergie Eni est sans doute l’un des acteurs les plus déterminants de la politique étrangère italienne en Méditerranée, tandis que les côtes libyennes demeurent l’une des principales voies de passage vers l’Europe. Par conséquent, la stabilité, ou l’instabilité, de Tripoli et de Benghazi influe directement sur l’équilibre des pouvoirs au sud de l’Union européenne.

    Un axe de dialogue régional sous la férule de l’Italie

    La diplomatie italienne, sous la direction de Giorgia Meloni, connaît un net renouveau, Rome cherchant à jouer le rôle de «pont entre les deux rives de la Méditerranée».

    Le choix de la Tunisie pour accueillir cette série de pourparlers n’est pas anodin : la Tunisie s’est rapprochée des politiques italiennes et le dossier tunisien semble avoir progressivement basculé de la sphère d’influence française traditionnelle à la sphère italienne, notamment après le déclin de la présence française en Afrique du Nord et dans les pays historiquement considérés comme relevant de sa sphère d’influence.

    En ce sens, la série de rencontres entre Rome et Tunis dépasse le simple cadre logistique ; elle esquisse les contours d’un axe de dialogue régional que l’Italie cherche à consolider, se positionnant comme un médiateur incontournable entre l’Europe, l’Afrique du Nord et la communauté internationale impliquée dans la crise libyenne.

    Malgré cela, le processus de négociation demeure fragile, et les préoccupations et les divisions entre l’Est et l’Ouest persistent et ne peuvent être surmontées du jour au lendemain. Cependant, la poursuite de ce processus de négociation de manière soutenue, avec un programme clair, un calendrier précis et une approche diplomatique progressive, constitue en soi un événement politique qui mérite attention et suivi.

    Traduit de l’arabe.

    * Ancien député tunisien résidant en Italie.

    L’article Réunion à Tunis | L’Italie renforce son emprise sur le dossier libyen est apparu en premier sur Kapitalis.

    Base militaire israélienne secrète en Irak !

    12. Mai 2026 um 09:00

    Rocambolesque ! Israël a établi une base aérienne au cœur du désert irakien sans que les autorités irakiennes ne s’en rendent compte ! Quand ils ont été alertés au mois de mars que des mouvements militaires suspects avaient lieu dans la zone en question, ils ont envoyé des militaires pour savoir ce qui s’y passait. Ces derniers ont été la cible de frappes pour les éloigner. Cette base avait pour objectif le support logistique d’Israël dont la guerre contre l’Iran. Le banditisme israélien au Moyen-Orient n’a plus aucune limite !  (Photo: La région désertique de l’ouest de l’Irak est vaste et peu peuplée.)

    Imed Bahri

    Le Wall Street Journal a révélé, en se basant sur des sources bien informées dont des responsables américains, qu’Israël avait établi une base militaire secrète dans le désert irakien pour appuyer sa campagne aérienne contre l’Iran et que l’Etat hébreu avait mené des frappes aériennes contre les forces irakiennes qui avaient failli découvrir le site au début du conflit.

    Selon ces sources, Israël a établi cette base –qui abritait des forces spéciales et servait de plateforme logistique pour l’armée de l’air israélienne– juste avant le déclenchement de la guerre, avec l’aval des États-Unis.

    Des équipes de secours et d’évacuation étaient également stationnées sur place, par crainte que des pilotes israéliens ne soient abattus en territoire iranien. Cependant, aucun pilote israélien n’a péri durant le conflit.

    Une base pas aussi secrète que ça

    Les sources indiquent que lorsqu’un F-15 américain a été abattu près d’Ispahan, Israël a proposé son aide, mais que les forces américaines ont pris le relais pour l’opération de sauvetage, tandis qu’Israël menait des frappes aériennes pour la protéger.

    La base secrète a failli être découverte début mars après que les médias irakiens ont rapporté qu’un berger local avait observé des «mouvements militaires inhabituels» dans la région, notamment des vols d’hélicoptères, ce qui a incité l’armée irakienne à envoyer des forces sur place pour enquêter.

    Cependant, selon une source interne, Israël a repoussé les forces irakiennes par des frappes aériennes. L’armée israélienne a refusé de commenter, tandis que le gouvernement irakien a condamné l’attaque qui a coûté la vie à un soldat irakien.

    «Cette opération inconsidérée a été menée sans coordination ni autorisation», a déclaré le lieutenant-général Qais Al-Muhammadawi, commandant adjoint du Commandement des opérations conjointes irakiennes, aux médias d’État irakiens au sujet de l’attaque du début mars.

    Dans une plainte déposée ultérieurement auprès des Nations Unies en mars, Bagdad a affirmé que l’attaque impliquait des forces étrangères et des frappes aériennes, l’attribuant aux États-Unis.

    Mais une source interne a confirmé que les États-Unis n’étaient pas impliqués dans l’attaque. L’incident a été largement couvert par les médias irakiens et arabes et a suscité de nombreuses spéculations quant à l’identité des forces impliquées dans l’affrontement.

    Selon les sources irakiennes, les forces irakiennes, à bord de Humvees, se sont dirigées vers le site à l’aube après que le berger a signalé l’incident. Elles ont cependant essuyé des tirs nourris, entraînant la mort d’un soldat et blessant deux autres, d’après Al-Muhammadawi.

    Les autorités irakiennes ont ensuite dépêché deux unités supplémentaires du Service de lutte contre le terrorisme, qui a joué un rôle crucial dans la guerre contre Daech, afin de participer au déminage de la zone.

    Al-Muhammadawi a déclaré : «Il semble qu’une force était présente sur le terrain avant la frappe, bénéficiant d’un appui aérien et opérant avec des capacités supérieures à celles de nos unités».

    Un porte-parole du gouvernement irakien a refusé de commenter davantage l’incident ou de préciser si Bagdad était au courant de l’existence d’une base israélienne sur son territoire.

    Le WSJ souligne que les États-Unis ont déjà mené plusieurs frappes en Irak pour protéger leurs bases et leurs intérêts.

    Les détails concernant cette base secrète –et les risques pris par Israël pour l’établir et la défendre– permettent de mieux comprendre comment Israël a mené une campagne aérienne contre un adversaire situé à près de mille kilomètres.

    La base irakienne a permis à Israël de se rapprocher du champ de bataille, où il a déployé des équipes de recherche et de sauvetage afin de réduire les délais d’intervention en cas d’opérations de sauvetage d’urgence en Iran.

    «Missions exceptionnelles, véritablement stupéfiantes !»

    Selon une source, des unités des forces spéciales de l’armée de l’air israélienne, entraînées aux opérations commando en territoire ennemi, étaient également stationnées sur le site.

    Au cours des cinq semaines de la campagne, l’armée de l’air israélienne a mené des milliers de frappes contre des cibles en Iran.

    Des experts en sécurité affirment que les forces américaines établissent souvent des bases opérationnelles temporaires avant les opérations militaires.

    Le WSJ note qu’une base de campagne temporaire a également été mise en place en Iran même lors de l’opération de sauvetage des pilotes américains dont l’avion s’est écrasé début avril, avant que les États-Unis ne détruisent les avions et les hélicoptères qui s’y étaient retrouvés bloqués pendant l’opération.

    Michael Knights, directeur de la recherche au sein du cabinet de conseil Horizon Engagement, a déclaré : «Il est courant, avant les opérations militaires, d’effectuer des reconnaissances et d’établir des bases de ce type».

    Il a ajouté que le désert de l’ouest irakien est une vaste région peu peuplée, ce qui en fait un lieu idéal pour l’établissement de bases temporaires.

    Il a noté que les forces spéciales américaines avaient utilisé cette zone lors d’opérations contre Saddam Hussein en 1991 et 2003.

    Il a indiqué que les habitants du désert irakien se sont habitués, au fil des ans, à être témoins d’activités mystérieuses, qu’il s’agisse de groupes armés comme Daech ou d’unités d’opérations spéciales, et ont appris à éviter ces zones.

    Il a ajouté que des habitants lui avaient confié avoir observé une activité inhabituelle d’hélicoptères pendant le conflit actuel.

    Des responsables israéliens avaient laissé entendre l’existence d’opérations secrètes durant la guerre. Début mars, le commandant de l’armée de l’air israélienne, Tomer Bar, a adressé un message à ses troupes : «Actuellement, les forces spéciales de l’armée de l’air mènent des missions exceptionnelles, véritablement stupéfiantes !». Il n’avait pas donné plus de détails. 

    Tomer Bar a quitté ses fonctions début mai.

    L’article Base militaire israélienne secrète en Irak ! est apparu en premier sur Kapitalis.

    Exposition à Radès |  Mémoire d’avenir  

    12. Mai 2026 um 08:15

    Au Musée Safia Farhat, Centre des Arts Vivants de Radès, plus de vingt artistes plasticiens tunisiens * déploient jusqu’au 30 mai leurs œuvres sous un intitulé qui résonne bien au-delà du champ artistique : ‘‘Palimpseste et anticipation’’.

    Manel Albouchi

    Il y a quelque chose de profondément juste dans ce choix de thème. Comme si, pour penser demain, il fallait d’abord accepter qu’aucun avenir ne s’écrit sur une page blanche.

    Le palimpseste, à l’origine, désigne un manuscrit ancien dont on efface l’écriture pour en inscrire une nouvelle, sans jamais faire totalement disparaître la première. Cette image n’est pas seulement littéraire ou esthétique ; elle touche à quelque chose de fondamental dans notre manière d’exister.

    Dans sa ‘‘Notice sur le bloc magique’’, Sigmund Freud compare l’appareil psychique à une «ardoise magique» : lorsque vous tracez des mots avec le stylet, l’écriture apparaît par le contact des couches superficielles. Pour «effacer» vos pensées, il suffit de soulever la feuille celluloïd : le texte disparaît instantanément de la vue, retrouvant la clarté d’une conscience prête à de nouvelles perceptions.

    Dans les profondeurs de la mémoire

    Pourtant, l’expérience ne s’arrête pas à cette illusion d’oubli. Si vous examinez la plaque de cire restée en dessous, vous y découvrirez les sillons gravés, immuables et profonds, de tout ce qui a été écrit. Rien ne s’efface réellement ; ce qui semble perdu pour la conscience subsiste dans les profondeurs de la mémoire.  Rien ne disparaît tout à fait. Tout se transforme.

    Ce que nous croyons avoir dépassé demeure souvent là : sous forme de traces, de répétitions, de fidélités invisibles, de blessures familiales…, de désirs anciens qui continuent d’écrire silencieusement dans nos gestes.

    Le palimpseste devient alors bien plus qu’une métaphore artistique. Il devient une figure de notre condition humaine.

    Nous avançons tous sur des écritures anciennes. Nous croyons parfois réinventer notre vie, alors même que d’anciennes phrases affleurent encore sous les nouvelles. L’exposition semble nous le rappeler avec force.

    Dans certaines œuvres, la saturation du trait évoque une pensée qui refuse de se taire. Dans d’autres, l’écriture devient presque compulsive, comme si chaque ligne cherchait à recouvrir la précédente sans jamais y parvenir complètement. Ce qui apparaît parfois comme un chaos révèle, à y regarder de plus près, une organisation plus profonde : celle de la mémoire, celle de l’inconscient.

    Une œuvre retient l’attention dans sa simplicité et profondeur : des fragments colorés flottent au-dessus de lettres manuscrites anciennes. Le texte en arrière-plan n’est plus entièrement lisible, mais il continue d’agir. Comme ces paroles entendues dans l’enfance dont on a oublié les mots exacts, mais qui organisent encore notre manière d’aimer, de choisir, de craindre. Comme nos propres traces.

    Le passé ne passe jamais complètement

    Face à ces œuvres, des questions surgit presque malgré soi :

    De quelles couches suis-je fait ? Sous mon présent, qu’est-ce qui continue d’affleurer ? Quels récits anciens parlent encore à travers moi ? Que crois-je avoir dépassé, alors même que cela me gouverne encore ?

    En effet, le passé ne passe jamais complètement. Il se déplace. Il change de forme. Il devient symptôme. Il devient angoisse. Il devient choix amoureux. Il devient parfois vocation.

    Mais l’exposition ajoute un second mot, peut-être plus décisif encore : anticipation.

    Il ne s’agit pas seulement de constater les traces. Il s’agit de choisir ce que nous écrivons par-dessus.

    Anticiper, ce n’est pas fuir le passé, ni prétendre l’effacer. C’est entrer en dialogue avec lui sans lui abandonner l’avenir.

    Nous vivons aujourd’hui précisément dans cet espace fragile : entre mémoire et projection, entre héritage et invention, entre fidélité et liberté.

    Un pays, lui aussi, est un palimpseste. Ses murs, ses langues, ses blessures politiques, ses rêves de modernité, ses nostalgies : tout y coexiste, tout s’y superpose, tout continue de s’écrire en même temps.

    Et c’est peut-être là que l’art devient indispensable. Il permet parfois de lire ce que la société ne parvient plus à dire. Et peut-être est-ce cela, aujourd’hui, créer en Tunisie : porter toutes les strates, l’histoire, les fractures, les silences, les promesses suspendues… Et malgré cela, oser encore produire une image neuve.

    En quittant cette exposition, une question demeure : Que faisons-nous de ce qui reste inscrit en nous ? Le recouvrons-nous de bruit ? Le répétons-nous sans le savoir ? Ou acceptons-nous enfin de lire les anciennes lignes avant d’écrire les nouvelles ?

    ‘‘Palimpseste et anticipation’’ une invitation de Aicha Filali à reconnaître ses traces, à lire ses propres couches puis écrire autrement.

    Car l’anticipation la plus profonde n’est peut-être pas de prédire demain. C’est de choisir, lucidement, la phrase que nous ajoutons aujourd’hui sur l’ancienne page de nous-mêmes.

    * Il s’agit de Abdesslem Ayed, Baker Ben Fredj, Sonia Ben Slimane, Oumeima Ben Soltane, Alaeddine Boutaleb, Amel Bouslama, Amar Briki, Najet Dhahbi, Dhia Dhibi, Hela Djobbi, Slim Drissi, Aicha Filali, Emna Ghezaiel, Adnen Haj Sassi, Amine Inoubli, Imed Jemaiel, Halim Karabibene, Raouf Karray, Sadri Khiari, Ibrahim Mátouss, Atef Mataallah, Insaf Saada, Nabil Saouabi et Walid Zouari.

    L’article Exposition à Radès |  Mémoire d’avenir   est apparu en premier sur Kapitalis.

    L’exode des médecins face à un système de santé tunisien défaillant

    12. Mai 2026 um 07:25

    Un nombre record de jeunes médecins quittent la Tunisie, attirés par de meilleures conditions de travail et des perspectives d’avenir plus prometteuses, ce qui met à rude épreuve le système de santé du pays. (Photo : Diplômés de la faculté de Médecine de Sfax en 2025).

    Iyed Hamadi *

    En mai 2025, une nouvelle vague de grèves et de manifestations menées par les jeunes médecins tunisiens a révélé l’ampleur de la crise qui frappe le système de santé tunisien. Confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail, à des affectations arbitraires et à des critères d’évaluation flous, les médecins se sont mobilisés face à l’inaction persistante du ministère de la Santé, dont les réponses officielles, à l’instar de celles du gouvernement dans son ensemble, ont exacerbé les tensions.

    Les hôpitaux tunisiens perdent du personnel, la plupart des jeunes médecins quittant le pays en nombre record : près de 84 % des diplômés en médecine ont fait le choix de partir pour la seule année 2025. Cet exode prive le pays de ses professionnels les plus précieux, alors même que l’État investit massivement dans la formation des médecins. On estime qu’un seul médecin coûte à l’État environ 150 000 dinars tunisiens (environ 50 000 dollars) entre sa première année d’études et l’obtention de son diplôme dans le système d’enseignement public.

    Alors que les établissements de santé publique peinent à fournir des soins de qualité, l’État ne s’attaque pas aux causes profondes de cette fuite des cerveaux, aggravant ainsi la crise. Sans solutions concrètes, le personnel médical tunisien, pourtant essentiel, continuera de se réduire comme peau de chagrin.

    Évolution des revendications des médecins

    Les médecins tunisiens ont formulé de nombreuses revendications à l’encontre du gouvernement. Le point de bascule pour les médecins du pays a été le décès, en décembre 2020, d’un interne en chirurgie de 27 ans, qui a fait une chute de plusieurs étages après avoir utilisé un ascenseur défectueux. Cet incident a suscité une vive indignation face à la vétusté des infrastructures hospitalières, mettant en danger la vie du personnel médical. Un accord a été trouvé avec le gouvernement dans le mois qui a suivi afin d’améliorer la sécurité et les conditions de travail.

    Début 2021, les jeunes médecins ont entamé des grèves sporadiques suite à l’échec des réformes. Ce mouvement s’est poursuivi les années suivantes, alimentant la frustration et préparant le terrain pour la mobilisation massive de 2025.

    En 2025, les médecins ont commencé à se sentir «exploités», explique le Dr Asma, une jeune interne en dentisterie interrogée par le Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep). «Les internes et les résidents sont surmenés et exploités, sans aucun répit… le système les écrase», dit-elle.

    Les médecins sont confrontés à de multiples défis : pénurie de personnel et de matériel, installations vétustes et surcharge de travail. «J’ai même dû réaliser des extractions dentaires à la lampe torche de mon téléphone à plusieurs reprises», ajoute le Dr Asma.

    Outre les conditions de travail, le principal défi pour les jeunes médecins demeure la faiblesse des salaires et les retards de paiement. Les internes perçoivent environ 1 400 dinars tunisiens (environ 480 dollars) par mois et encore moins pendant leur année de service civil après l’obtention de leur diplôme – une période de service militaire obligatoire pour les médecins – où ils reçoivent entre 750 et 1 200 dinars (environ 250 à 400 dollars). Par ailleurs, les gardes de nuit sont rémunérées en moyenne de 1 à 3 dinars de l’heure, avec des retards de paiement pouvant atteindre un mois.

    Le Dr Sonia, médecin dans un hôpital public rural, souligne l’importance d’une augmentation drastique des salaires des médecins afin de leur permettre de vivre dignement.

    Alors que la Tunisie continue de faire face à des difficultés économiques, la situation des médecins s’est également dégradée. Ils doivent composer avec une inflation galopante, des pénuries persistantes et des salaires stagnants, à l’instar du reste de la population.

    Après des années de promesses non tenues, la réforme structurelle du secteur de la santé est fortement compromise par la politisation du dossier. Les restrictions budgétaires imposées depuis la pandémie et un modèle de gouvernance centralisé ont empêché les hôpitaux de réaliser des améliorations significatives et durables.

    La planification et l’allocation des ressources étant concentrées au niveau national et l’autonomie institutionnelle limitée, les hôpitaux régionaux voient leur pouvoir de décision restreint, ce qui engendre une stagnation des structures et des inégalités persistantes.

    Promesse d’un nouvel accord

    Au printemps 2025, les tensions entre les jeunes médecins et le ministère de la Santé s’intensifient suite au non-respect des engagements pris lors des négociations, entraînant des grèves et des manifestations d’envergure. L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) reprend alors les négociations avec le ministère, sans succès. La frustration grandit, poussant l’OTJM à appeler à une grève nationale et à une marche en mai. De nombreux médecins y participent, notamment des étudiants en médecine, des internes et des résidents. Un étudiant en quatrième année témoigne : «C’était tellement inspirant de voir tout le monde se rassembler malgré leurs horaires de travail épuisants et leurs examens imminents.»

    Le ministère de la Santé réagit en menaçant de représailles : réaffectation aléatoire des postes de stage, retenues sur salaire pour les grévistes et annulation des stages.

    En 2025, les responsables du ministère aggravent la situation en menaçant de poursuites judiciaires les représentants de l’OTJM pour organisation des manifestations. Suite à des débrayages successifs de jeunes médecins, le ministère a publié un communiqué exprimant son intention de satisfaire la plupart des revendications des manifestants, en détaillant les mesures proposées telles que des augmentations de salaire et l’amélioration des conditions de travail.

    Cependant, en novembre, les tensions se sont ravivées face aux retards du ministère dans la mise en œuvre des réformes promises, entraînant une nouvelle grève nationale. Après une réunion tenue plus tard dans le mois, l’OTJM a suspendu les manifestations suite à une rencontre de conciliation avec le ministère de la Santé et à l’obtention d’assurances concrètes quant à la mise en œuvre des résolutions.

    L’exode des médecins

    De jeunes médecins ont expliqué à Timep que leur décision de quitter la Tunisie était rationnelle, motivée par la crainte d’une stagnation de carrière et de perspectives économiques limitées. Le Dr Amine, interne en psychiatrie en France, a déclaré : «Dès mon premier jour à l’université, je savais, sans l’ombre d’un doute, que je partirais avant la fin de ma cinquième année d’études.»

    Si les facteurs économiques sont au cœur de cet exode, l’évolution professionnelle est tout aussi importante. Le Dr Nada, chirurgienne orthopédiste exerçant actuellement en France, est partie à la recherche de «plus de ressources, d’une formation continue et de réelles perspectives d’évolution». Elle a souligné la difficulté d’acquérir une expérience chirurgicale suffisante pendant son internat et a fait valoir que, pour retenir les médecins, il est nécessaire d’améliorer «les infrastructures et les équipements, de proposer une rémunération plus juste, à la hauteur des responsabilités de la profession, et de mettre en place une culture qui respecte les médecins et protège leur santé mentale».

    D’autres spécialisations, comme la radiologie, font également face à des perspectives limitées dans le pays et restent sous-développées, comme l’a souligné le Dr Khaled, interne en radiologie de première année.

    Parallèlement, les étudiants qui n’ont pas encore débuté leur internat constatent des problèmes structurels dès leurs stages. Amine, étudiant en cinquième année, a cité la corruption, les pénuries de matériel et le manque de lits, tandis que Rihem, également en cinquième année, s’est inquiété des «injustices subies par les médecins de la part des patients, de leurs familles et du système lui-même».

    «Vu la manière dont le gouvernement agit, entre menaces et discours sur notre remplacement par des médecins étrangers, rien ne semble pouvoir enrayer cet exode», a déclaré le Dr Amine.

    L’incapacité et le refus de l’État de réformer le système ont fait de la migration un moyen de survie pour les jeunes professionnels. Bien que la Tunisie investisse considérablement dans la formation de ses médecins, leur départ allège la pression salariale sur un système en crise, constituant ainsi un mécanisme discret de réduction des coûts.

    Un système de santé au bord de la rupture

    L’émigration des médecins et autres professionnels de santé a gravement affecté la capacité du système de santé à fournir des soins de qualité. Alors que la Tunisie perd une part croissante de ses médecins, le système de santé public est le plus durement touché. Nombre de médecins restants se tournent vers le secteur privé, aggravant la pénurie de personnel dans les hôpitaux publics.

    Parallèlement, les difficultés économiques que traverse le pays réduisent considérablement l’accès aux services médicaux privés, faisant du système de santé public la seule option pour beaucoup.

    Le Dr Sonia a décrit une forte dégradation des conditions dans les hôpitaux publics, soulignant que «des articles de base autrefois considérés comme allant de soi, tels que les gants, les sondes et le désinfectant, sont manquants ou de mauvaise qualité».

    Le fort taux de rotation du personnel infirmier et technique – dont beaucoup partent après deux ou trois ans – signifie que les hôpitaux sont «constamment dotés de personnel inexpérimenté». Ce problème ne se limite pas aux médecins, mais concerne tous les professionnels de santé en quête de meilleures perspectives. Ce taux de rotation élevé affecte par conséquent la qualité des soins prodigués, puisque le personnel est constamment formé pour ensuite partir dès qu’il a acquis les compétences nécessaires pour être employable à l’étranger.

    Le Dr Sonia a relaté un exemple poignant survenu dans son hôpital : une patiente atteinte d’un cancer de l’endomètre avait besoin d’une IRM, mais a dû attendre six mois pour en obtenir une, faute de quoi elle devait se tourner vers une option hors de prix dans le secteur privé. Son cas aurait pu être facilement guéri par une simple intervention chirurgicale. Au lieu de cela, la maladie est devenue inopérable en raison de métastases importantes. Selon le Dr Sonia, «cette situation aurait pu être facilement évitée si l’IRM avait été réalisée à temps».

    Le Dr Mouna, interne en pédiatrie, évoque les conditions de travail dangereuses, expliquant que des agressions de la part de proches de patients sont possibles et qu’«on peut être exposé à la violence sans aucune protection». Elle constate que les réformes promises tardent toujours à se mettre en œuvre, surtout après l’accord de juin 2025. «On nous avait dit que les changements commenceraient fin octobre, mais pour l’instant, rien n’a changé», déplore-t-elle.

    Des réformes indispensables pour fidéliser les médecins

    Pour faire face à cette crise, une approche globale est nécessaire. Il faut commencer par améliorer la sécurité et les infrastructures des hôpitaux publics afin de garantir un environnement de travail sain.

    Parallèlement, il est nécessaire de rétablir la confiance dans le système grâce à des formations transparentes et des critères d’évaluation objectifs.

    Il convient également d’améliorer la rémunération des médecins afin de valoriser davantage leur travail.

    L’année de service civique obligatoire doit être repensée pour devenir une véritable opportunité professionnelle et non une contrainte.

    La mise en œuvre de ces réformes pourrait inciter les médecins tunisiens expatriés à revenir, notamment si le gouvernement met en place un dispositif de réintégration efficace.
    En définitive, le système de santé doit placer les patients et les médecins au cœur de ses préoccupations. Des histoires comme celle de Sonia devraient orienter les décisions politiques concernant les chaînes d’approvisionnement, le personnel, la rémunération, la gouvernance, la sécurité et bien d’autres aspects.

    Les jeunes médecins constituent l’épine dorsale du système de santé tunisien et ont fait part à maintes reprises de leurs besoins et de leurs préoccupations aux autorités. La solution est simple : il faut les écouter.

    Traduit de l’anglais.

    * Chercheur associé au Timep, où il travaille sur les migrations et les déplacements de population en Tunisie.

    Source : The Tahrir Institute for Middle East Policy.

    L’article L’exode des médecins face à un système de santé tunisien défaillant est apparu en premier sur Kapitalis.

    Partenariat pour la résilience climatique de Kerkennah

    12. Mai 2026 um 07:20

    Le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (Onu-Habitat), la Banque de Tunisie et des Émirats et la Municipalité de Kerkennah ont signé, le 7 Mai 2026, un protocole d’accord visant à consolider leur coopération pour promouvoir un développement territorial durable, inclusif et résilient à Kerkennah, en valorisant ses ressources naturelles, culturelles et humaines.

    L’archipel de Kerkennah constitue une zone particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer et la dégradation des écosystèmes. Cette situation engendre des impacts significatifs sur les conditions de vie des habitants et sur les activités économiques locales. Dans ce contexte, une action concertée devient indispensable pour renforcer la résilience du territoire et préserver ses ressources.

    Ce partenariat s’inscrit dans la continuité des efforts conjoints pour accompagner la municipalité de Kerkennah dans la mise en œuvre d’actions concrètes répondant aux défis climatiques et socio-économiques du territoire, notamment à travers le développement d’infrastructures locales durables, le renforcement des capacités des acteurs locaux et la promotion d’initiatives à fort impact environnemental et social.

    Il s’inscrit également dans la continuité des engagements déjà portés par la BTE dans l’archipel, notamment à travers des actions de sensibilisation environnementale telles que la mise en place de clubs environnementaux, ainsi que des initiatives locales en faveur de la durabilité.

    Il vise à soutenir la planification et la réalisation d’initiatives innovantes, co-construites avec les acteurs locaux, telles que la création d’espaces publics durables et inclusifs, à l’instar du projet de parc urbain éducatif, sportif et écologique, contribuant à une meilleure adaptation aux changements climatiques et à un développement local intégré. La signature de ce protocole d’accord marque une étape importante dans le renforcement des synergies entre les institutions publiques, le secteur privé et les collectivités locales. Cet engagement multipartite s’aligne avec les priorités nationales ainsi que les Objectifs de Développement Durable (ODD), en particulier l’ODD 11 relatif aux villes et communautés durables.

    L’article Partenariat pour la résilience climatique de Kerkennah est apparu en premier sur Kapitalis.

    France | Un Tunisien écroué pour avoir projeté un attentat djihadiste

    12. Mai 2026 um 07:01

    Un Tunisien de 27 ans été mis en garde à vue, le 7 mai 2026, et mis en examen et placé en détention provisoire hier, lundi 11 mai, conformément aux réquisitions du Parquet national antiterroriste, pour avoir projeté un attentat djihadiste contre le musée du Louvre, à Paris.

    Selon le termes de l’accusation, l’homme est également soupçonné d’avoir envisagé de quitter la France pour entrer «dans les rangs de l’État islamique en Syrie ou au Mozambique», et projeté une attaque contre des membres de la communauté juive. L’enquête a été notamment confiée à la DGSI.

    D’après Le Monde, l’affaire est partie d’un contrôle de police dans le centre de Paris le 28 avril. Arrêté alors qu’il circulait en voiture avec un faux permis, cet homme habitant La Garenne-Colombes, en banlieue parisienne, avait été placé en garde à vue puis en centre de rétention administrative, n’ayant pas de titre de séjour valide. Né à Djerba en 1999, il est arrivé en France en 2022 depuis Lampedusa pour trouver du travail, selon le journal.

    L’analyse de son téléphone portable a révélé la présence de nombreuses vidéos de propagande jihadiste et de centaines de photos d’armes à feu et de couteaux. Sur ses réseaux sociaux, Dhafer M. utilise comme photo de profil l’image d’un combattant de l’EI qui exécute des prisonniers. Sur son téléphone sont aussi retrouvées des recherches sur ChatGPT avec des questions comme «comment fabriquer une bombe», ou sur les dégâts provoqués par le TNT, relatent Le Monde.

    I. B.

    L’article France | Un Tunisien écroué pour avoir projeté un attentat djihadiste est apparu en premier sur Kapitalis.

    Ältere BeiträgeKapitalis

    La Tunisie pour une révision de ses relations avec l’UE

    11. Mai 2026 um 13:48

    Le partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne (UE) connaît une nouvelle phase de réflexion stratégique. Trente ans après la signature de l’Accord d’association de 1995, Tunis plaide aujourd’hui pour une révision du cadre régissant ses relations avec l’UE, afin de l’adapter aux profondes mutations économiques, géopolitiques et technologiques intervenues à l’échelle mondiale.

    À l’occasion de la Journée de l’Europe organisée vendredi par la délégation de l’UE, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a réaffirmé l’attachement de la Tunisie aux principes fondant son partenariat avec l’UE. Il a qualifié cette relation d’«historique», tout en soulignant la nécessité de la faire évoluer vers davantage d’équilibre, d’équité et de respect des priorités nationales ainsi que des choix souverains des partenaires.

    Le ministre a insisté sur l’importance de revoir l’Accord d’association à la lumière des transformations majeures qu’a connues le monde au cours des dernières décennies. Selon le ministère des Affaires étrangères, la relation tuniso-européenne repose sur un choix stratégique ancien et mutuellement bénéfique, consolidé par la proximité géographique et les liens historiques entre les deux rives de la Méditerranée.

    Coopération en constante évolution

    Dès son indépendance en 1956, la Tunisie a œuvré à développer des relations durables avec ses partenaires européens. Cette orientation s’est progressivement traduite par plusieurs étapes majeures : un premier accord commercial avec la Communauté économique européenne (CEE) en 1969, un accord de coopération élargi en 1976, puis surtout l’Accord d’association signé en juillet 1995 et entré en vigueur en 1998.

    La Tunisie fut ainsi le premier pays du sud de la Méditerranée à conclure un tel accord avec l’UE. Celui-ci demeure aujourd’hui le principal cadre juridique régissant les relations tuniso-européennes et couvre l’ensemble des domaines de coopération, faisant de l’UE le premier partenaire économique et commercial de la Tunisie.

    Cet accord a instauré une zone de libre-échange pour les produits industriels manufacturés, entraînant la suppression progressive des droits de douane. Les produits industriels tunisiens exportés vers l’UE bénéficient ainsi d’un accès sans droits de douane, et réciproquement.

    Le démantèlement tarifaire prévu par cet accord a été appliqué progressivement entre 1996 et 2008. Les entreprises industrielles tunisiennes ont parallèlement bénéficié de programmes d’accompagnement et de mise à niveau dans le cadre du programme Meda (1995-2006), puis de l’Instrument européen de voisinage et de partenariat à partir (IEVP) de 2007.

    L’Accord d’association s’inscrit également dans le cadre du processus euro-méditerranéen de Barcelone ainsi que de l’Union pour la Méditerranée (UpM), auxquels la Tunisie participe activement depuis 1995.

    Plusieurs mécanismes institutionnels ont été mis en place afin d’assurer le suivi de cette coopération, notamment le Conseil d’association, le Comité d’association, ainsi que différents sous-comités et groupes de travail sectoriels.

    Nécessaire révision du partenariat

    Si les responsables européens mettent régulièrement en avant le statut avancé accordé à la Tunisie après la révolution de 2011 ainsi que l’importance du soutien financier européen, Tunis estime néanmoins que ce partenariat demeure incomplet malgré sa densité.

    Les autorités tunisiennes considèrent désormais nécessaire de réviser l’Accord d’association afin de le rendre plus équilibré, plus équitable et davantage aligné sur les priorités nationales et les exigences du développement socio-économique du pays. Cette approche vise également à mieux prendre en compte les défis actuels, qu’ils soient sécuritaires, sociaux, culturels, financiers ou technologiques.

    Trente ans après sa signature, l’accord apparaît en effet partiellement dépassé face aux transformations de l’économie mondiale. Initialement conçu pour organiser essentiellement les échanges de biens, il ne reflète plus pleinement la complexité des relations économiques contemporaines, marquées par l’essor du numérique, de l’innovation, de la transition énergétique et des exigences environnementales, mais aussi par les défis liés à la sécurité alimentaire et énergétique.

    Dans ce contexte, le président de la République Kaïs Saïed, avait appelé, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron, le 20 mars dernier, à une révision de l’accord de partenariat afin de le rendre «plus équilibré et plus juste».

    Cette position a également été réaffirmée par le ministre des Affaires étrangères lors d’un échange téléphonique avec la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, consacré aux moyens de renforcer les relations de coopération entre la Tunisie et l’UE.

    Pour plus de complémentarité

    Selon le ministère des Affaires étrangères, la révision du partenariat avec l’UE vise avant tout à instaurer un meilleur équilibre entre les deux parties et à exploiter pleinement leur potentiel commun.

    Parmi les pistes évoquées figurent notamment l’amélioration de l’accès des produits agricoles et agroalimentaires tunisiens au marché européen, la participation des PME tunisiennes aux marchés publics européens, le renforcement des investissements directs étrangers dans les secteurs à forte valeur ajoutée, ainsi que le développement de la transition énergétique et de la transformation numérique.

    Le ministère souligne que l’Accord d’association de 1995 demeure une base solide, mais qu’il ne peut plus, à lui seul, répondre aux mutations profondes ayant transformé les deux rives de la Méditerranée.

    Dans cette dynamique, la signature en juillet 2023 du mémorandum d’entente sur un partenariat stratégique et global entre la Tunisie et l’UE a marqué une étape importante. Ce texte a réaffirmé la volonté commune de donner un nouvel élan aux relations bilatérales autour de cinq axes majeurs : la stabilité macroéconomique, l’économie et le commerce, la transition énergétique, le rapprochement entre les peuples ainsi que la migration et la mobilité.

    Respect de la souveraineté et non-ingérence

    Les autorités tunisiennes estiment que cette nouvelle étape doit permettre de faire évoluer le partenariat d’une simple logique de coopération vers une logique d’approfondissement et de complémentarité, fondée sur les principes de co-responsabilité, de solidarité, de respect de la souveraineté et de non-ingérence.

    Jeudi dernier, l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, a déclaré que la révision des mémorandums d’entente et des accords de partenariat entre la Tunisie et l’UE «s’effectue périodiquement lorsque le besoin s’en fait sentir». Il a également indiqué qu’une délégation de Bruxelles s’était récemment rendue en Tunisie afin d’examiner avec les autorités tunisiennes plusieurs dossiers relatifs aux énergies renouvelables et aux échanges commerciaux.

    Le partenariat en chiffres

    Les entreprises européennes représentent aujourd’hui les principaux investisseurs étrangers en Tunisie. Elles comptent pour près de 88 % des investissements directs étrangers en nombre de projets et assurent environ 90 % des emplois générés par les IDE, soit plus de 400 000 emplois directs à travers quelque 3 400 entreprises.

    La balance commerciale entre la Tunisie et l’UE demeure excédentaire pour la Tunisie depuis plusieurs années, avec un taux de couverture avoisinant 119 % en 2025.

    Le stock des investissements européens en Tunisie atteignait 5,8 milliards d’euros à fin 2023, concentrés principalement dans les secteurs du textile et de l’habillement, de l’agroalimentaire ainsi que des industries électriques et électroniques.

    En 2025, l’UE a absorbé près de 69,9 % des exportations tunisiennes, pour une valeur de 44 527,8 millions de dinars, contre 42 862,3 millions en 2024. Les importations tunisiennes en provenance de l’UE ont quant à elles représenté 43,7 % du total des importations du pays, atteignant 37 321,2 millions de dinars.

    L’enjeu de la mobilité et des visas

    Le ministère tunisien des Affaires étrangères souligne également le renforcement significatif de la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La participation de la Tunisie aux programmes européens tels que Horizon Europe, Horizon 2020 et Erasmus+ a permis aux chercheurs et aux institutions tunisiennes de mieux s’intégrer aux dynamiques internationales d’innovation.

    Cette dynamique témoigne du potentiel du pays en matière de capital humain et d’innovation. Toutefois, plusieurs obstacles persistent, notamment en ce qui concerne l’octroi des visas, en raison de la lenteur et du coût des procédures administratives.

    La facilitation de l’accès aux visas pour certaines catégories socioprofessionnelles apparaît désormais comme un enjeu majeur pour le développement du partenariat tuniso-européen. Les autorités tunisiennes plaident ainsi pour la mise en place de solutions durables permettant de renforcer davantage la mobilité et les échanges humains entre les deux rives de la Méditerranée.

    Tap.

    L’article La Tunisie pour une révision de ses relations avec l’UE est apparu en premier sur Kapitalis.

    Tunis | 6 ans de prison pour exploitation d’enfants dans la mendicité

    11. Mai 2026 um 11:53

    La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a condamné une femme à six ans de prison et à une amende de 20 000 dinars pour traite des êtres humains. La justice a établi son implication dans l’exploitation de ses enfants mineurs à des fins de mendicité sur l’avenue Habib Bourguiba et dans plusieurs rues de la capitale.

    D’après l’enquête, la prévenue répartissait ses enfants dans des endroits très fréquentés de Tunis et les obligeait à mendier dans des conditions difficiles afin de collecter de l’argent qu’elle récupérait ensuite intégralement, a rapporté Mosaïque FM.

    Le tribunal a considéré que la prévenue exploitait le jeune âge de ses enfants pour susciter la compassion des passants et qu’un tel agissement est une forme d’exploitation économique et une grave violation des droits de l’enfant.

    L’article Tunis | 6 ans de prison pour exploitation d’enfants dans la mendicité est apparu en premier sur Kapitalis.

    «Meraviglia» | Appui à l’entrepreneuriat vert en Tunisie

    11. Mai 2026 um 11:33

    Lancement, samedi 9 mai 2026, au Centre culturel international d’Hammamet, du projet «Meraviglia» par l’Association d’éducation relative à l’environnement (Aere) de Hammamet avec le soutien du programme Interreg Next Med de l’Union européenne. 

    La Tunisie a fait de la transition écologique un axe stratégique de diversification économique. Elle essaie de conjuguer finance verte, innovation technologique et mesures concrètes de décarbonation. Des projets d’énergie renouvelable aux initiatives de réduction des déchets et des émissions de carbone, le pays s’engage pour un avenir plus vert. L’économie verte est pour lui une opportunité pour atteindre des objectifs de croissance économique et de développement durable tout en contribuant à la lutte contre les effets du changement climatique tout en assurant une croissance qui intègre la préservation et la valorisation du capital naturel et humain.

    Le projet «Meraviglia» vise à soutenir l’entrepreneuriat vert en Tunisie et dans la région méditerranéenne, et à transformer les défis environnementaux en opportunités d’emploi pour les jeunes et les femmes peu ou pas qualifiés.

    Les opportunités sont grandes mais les obstacles structurels aussi et principalement l’accès au financement, la formation et l’accompagnement des porteurs de projets and last but not least la bureaucratie et la lourdeur administrative. Aussi ce projet vient-il à point nommé pour appuyer les stratégies nationales de promotion de l’entrepreneuriat vert dans notre pays. De plus, il est synergique et en phase avec les différents programmes d’appui qui soutiennent les entrepreneurs tunisiens tels que le projet Greenov’i, le Green Tunisian Business Program ou encore le Startup Act.

    Du chômage à l’éco-entrepreneuriat 

    En Tunisie, il existe un énorme potentiel de création d’emplois verts que l’Organisation Internationale du travail (OIT) estime à 272 000 d’ici 2030. L’Aere avec le soutien du programme Interreg Next Med de l’UE les partenaires du projet Meraviglia cherchent à contribuer à relever ce défi. Le président de l’Aere, Salem Sahli, a précisé que le projet réunit 8 partenaires et couvre six pays méditerranéens : la France, l’Italie, le Liban, la Jordanie, la Turquie et la Tunisie.

    «Meraviglia s’attache à identifier 6 défis environnementaux urgents dans le gouvernorat de Nabeul et à les transformer en projets économiques à fort potentiel de création d’emplois, afin de répondre aux défis économiques, écologiques et sociaux, car les groupes vulnérables et les personnes peu qualifiées rencontrent d’importantes difficultés d’accès au marché du travail», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Ces jeunes, chômeurs ou diplômés, femmes ou hommes, futurs entrepreneurs verts sont porteurs d’initiatives originales et innovantes. Mais celles-ci restent peu connues et ne bénéficient pas souvent de formation et d’un accompagnement leur permettant ainsi de se développer rapidement.»

    L’Aere cherche à apporter un appui à ce secteur prometteur-créateur de richesses et d’emploi en agissant sur le cadre réglementaire, en valorisant le travail réalisé par les entrepreneurs verts et en les incitant à adopter ce nouveau mode de croissance économique verte.

    Un modèle de croissance durable et créative

    SI l’objectif premier de l’entrepreneuriat vert est d’avoir un impact positif sur l’environnement, il est aussi important de souligner que la créativité est au cœur même de ce modèle économique. En effet, la «créativité verte» promeut une croissance durable et créative. «S’étalant sur trois ans (2025-2028), ce projet se concentrera principalement sur la formation des groupes vulnérables dans les régions ciblées, tout en renforçant leurs compétences entrepreneuriales afin de les intégrer au cycle économique et de relever les défis environnementaux», a précisé l’expert en entrepreneuriat Karim Rejeb, tout en soulignant que l’entrepreneuriat vert représente un atout pour accompagner la Tunisie vers la transition écologique. «Ce projet se distingue par sa prise en compte des spécificités locales, puisqu’il ne se limitera pas à la ville d’Hammamet mais couvrira l’ensemble du gouvernorat de Nabeul afin de parvenir à une prise en compte des enjeux environnementaux, économiques et sociaux de ce territoire», a-t-il dit.

    Dr. Sahli a insisté sur l’importance de privilégier le soutien à l’entrepreneuriat vert pour stimuler le développement, intégrer tous les groupes sociaux au cycle économique et relever les défis environnementaux actuels tout en créant un modèle innovant de Tiers-Lieux dédiés aux compétences environnementales, une Académie virtuelle dédiée à l’entrepreneuriat vert, des parcours de formation transnationaux combinant e-learning, mentorat et mises en situation pratiques et des  résidences d’éco-entrepreneurs favorisant l’apprentissage interculturel.

    Des défis et des opportunités 

    Les parties prenantes des organisations de la société civile, les associations, les universitaires et les médias présents à cette journée ont mis l’accent sur l’innovation et le développement de l’entrepreneuriat vert à l’échelle régionale, en mettant en lumière les leviers d’adaptation des curricula de formation et les compétences clés pour répondre aux besoins réels des micro-entreprises vertes. Pour certains, l’économie verte représente une opportunité de réaliser une croissance économique et un développement durable, tout en contribuant à la lutte contre le chômage. Il est essentiel que l’économie verte soit intégrée dans les stratégies visant à garantir une croissance respectueuse et valorisante du capital naturel et humain. Des jeunes entrepreneurs ont souligné que certains projets restent souvent dans l’ombre et manquent de l’accompagnement nécessaire pour les propulser vers une croissance rapide et durable. Ils ont appelé à un bon accompagnement du projet pour assurer sa pérennité surtout que les obstacles financiers et réglementaires freinent considérablement la croissance des projets, limitant ainsi leur contribution à la construction d’un écosystème d’entrepreneuriat vert. 

    Pour que l’économie verte atteigne son plein potentiel, il est crucial de surmonter les défis financiers, institutionnels et de coordination.  Il est vrai, comme l’a souligné Chiheb Ben Fradj de l’Aere que les jeunes entrepreneurs ont besoin d’un soutien accru pour franchir ces obstacles. Une meilleure coordination entre les acteurs publics et privés, ainsi qu’un soutien financier et réglementaire renforcé, sont essentiels pour favoriser une croissance durable et efficace des projets. La question est donc d’identifier ce qui bloque dans le lancement des projets verts et de les transformer en opportunités ou du moins d’en extraire des leviers susceptibles de permettre à l’entrepreneuriat ver en Tunisie de prendre son envol.

    L’article «Meraviglia» | Appui à l’entrepreneuriat vert en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

    Football | L’Espérance doute, le Club africain se rassure

    11. Mai 2026 um 09:16

    L’Espérance de Tunis ne méritait pas de gagner hier, dimanche 10 mai 2026, au stade de Radès, devant son public, son match de la saison contre le Club africain, qui l’a battue par un but assassin du défenseur Ghaith Zaanouni, dans les prolongations (0-1). Le club de Bab Jedid a mérité de remporter son 14e championnat de Tunisie de football, un titre qui lui échappait depuis 2015.

    Latif Belhedi

    Cette victoire amplement méritée est le couronnement d’une volonté, d’une constance et d’une détermination qui a beaucoup manqué cette saison aux «Sang et Or». Ces derniers dominaient certes leurs adversaires, créaient beaucoup d’occasions, mais manquaient la dernière touche consistant à mettre la balle dans les filets. Hier aussi, les occasions n’ont pas manqué pour terrasser les «Clubistes», mais la balle manquait à chaque fois le cadre. Manque de concentration, fébrilité devant les buts ou manque d’adresse des joueurs ?

    Il y a de tout cela à la fois et c’est tout naturellement que la saison se termine pour les Espérantistes sur cette note terne avec une élimination de la Ligue des Champions au niveau des demi-finales face à Mamelodi Sundowns et une perte du Championnat de Tunisie sur la ligne d’arrivée.

    Une saison mi-figue mi-raisin

    Eu égard la richesse supposée de son effectif, dont la valeur marchande est de très loin supérieure à celle de tous ses adversaires locaux, on peut se poser des questions sur la qualité de la gestion administrative, sportive et technique de cette équipe qui, en d’autres temps et avec des moyens financiers beaucoup moins importants, arrivait à dominer ses adversaires sur les plans national et continental.

    Avec une saison quasi-terminée – il reste quelques matches de coupe de Tunisie à jouer –, les Espérantistes seraient bien inspirés de faire le bilan d’une saison mi-figue mi-raisin, de revoir certains choix et de réformer le club qui peine à passer à un cap supérieur.

    La métamorphose des « Clubistes »

    Pour ce qui est du Club Africain, il a montré cette saison une grande détermination et une maturité technique et tactique qui lui manquaient jusque-là, et l’on peut affirmer sans risque de se tromper que le coach Faouzi Benzarti, un grand meneur d’homme, n’est pas étranger à cette métamorphose.

    Avec le renouveau du Stade Tunisien, de l’Union sportive monastirienne et du Club sportif sfaxien, qui dispute aujourd’hui la seconde place à l’Espérance de Tunis et une présence la saison prochaine en Ligue des champions d’Afrique, et en attendant le retour espéré de l’Etoile du Sahel, c’est le championnat national de football qui en sort gagnant.

    L’Espérance a beaucoup perdu de sa superbe, le club de Bab Souika se faisant désormais accrocher même par les « petits » clubs. La compétition est donc de nouveau ouverte. Et c’est tant mieux ainsi.

    L’article Football | L’Espérance doute, le Club africain se rassure est apparu en premier sur Kapitalis.

    ❌
    ❌