❌

Normale Ansicht

Es gibt neue verfĂŒgbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 03. April 2025Kapitalis

Dévaluation stratégique du dollar | Le retour du Plaza Accord ?

03. April 2025 um 07:49

L’économie amĂ©ricaine se trouve aujourd’hui Ă  un point de rupture historique. Entre une dette fĂ©dĂ©rale vertigineuse, des taux d’intĂ©rĂȘt Ă©levĂ©s, un dĂ©ficit budgĂ©taire hors de contrĂŽle et une inflation persistante, les marges de manƓuvre de la premiĂšre puissance mondiale s’amenuisent. Incapable de corriger ses dĂ©sĂ©quilibres par les outils budgĂ©taires classiques, l’administration Trump serait tentĂ©e de recourir Ă  des leviers monĂ©taires non conventionnels : affaiblissement volontaire du dollar, restructuration sĂ©lective de la dette, voire lancement d’un crypto-dollar souverain. Mais ces choix — aux implications gĂ©opolitiques majeures — feraient peser un risque systĂ©mique inĂ©dit sur l’économie mondiale, en particulier sur celles des pays du Sud Global.

Yahya Ould Amar *

Ce basculement stratĂ©gique, inspirĂ© de l’hĂ©ritage du Plaza Accord, signale une redĂ©finition potentielle de l’ordre Ă©conomique global, dans un climat politique amĂ©ricain profondĂ©ment fragmentĂ©, oĂč la cohĂ©rence doctrinale et la discipline institutionnelle font dĂ©faut.

La conjonction d’un niveau Ă©levĂ© des taux d’intĂ©rĂȘt, d’une inflation persistante et d’un endettement public historique — Ă©valuĂ© Ă  36 500 milliards de dollars, dont 28 900 milliards arriveront Ă  Ă©chĂ©ance au cours du mandat de Trump — rĂ©duit drastiquement la flexibilitĂ© budgĂ©taire de l’administration amĂ©ricaine.

À ce fardeau s’ajoutent un dĂ©ficit annuel de prĂšs de 1900 milliards de dollars et une charge d’intĂ©rĂȘt estimĂ©e Ă  prĂšs de 900 milliards de dollars par an. Or, avec un taux d’intĂ©rĂȘt moyen actuel sur la dette fĂ©dĂ©rale de 2,7 %, la dette arrivant Ă  maturitĂ© devra ĂȘtre refinancĂ©e Ă  des conditions moins favorables, Ă  des taux dĂ©passant les 4%. Cette dynamique entraĂźnera une hausse mĂ©canique du service de la dette, qui pourrait passer de 900 milliards Ă  plus de 1500 milliards de dollars par an dans les toutes prochaines annĂ©es, exacerbant le risque d’effet boule de neige sur les finances publiques.

Economie sous contrainte, géopolitique sous pression

Dans ce contexte, les choix politiques, Ă©conomiques et gĂ©ostratĂ©giques de Washington seront nĂ©cessairement subordonnĂ©s Ă  une contrainte de soutenabilitĂ© budgĂ©taire croissante, forçant l’administration Trump Ă  arbitrer entre stabilitĂ© financiĂšre, ambition gĂ©opolitique et impĂ©ratifs de croissance.

Certes, un ratio d’endettement public avoisinant aujourd’hui les 130% du PIB ne constitue pas, en soi, un facteur dĂ©clencheur immĂ©diat de crise dans un monde oĂč le dollar demeure la principale monnaie de rĂ©serve et oĂč la demande pour les obligations du TrĂ©sor amĂ©ricain reste soutenue. Ce seuil ne devient vĂ©ritablement critique qu’au-delĂ  de 250%, niveau Ă  partir duquel la confiance des marchĂ©s, Ă  l’égard des États-Unis, pourrait vaciller, compliquant le financement des dĂ©ficits et contraignant la Federal Reserve (FED) – la Banque centrale amĂ©ricaine – Ă  des choix douloureux entre inflation, croissance et stabilitĂ© monĂ©taire.

À ces vulnĂ©rabilitĂ©s Ă©conomiques majeures s’ajoutent des contraintes institutionnelles structurelles et une incertitude politique grandissante, nourrie par le caractĂšre encore incertain des rĂ©sultats de la politique Ă©conomique menĂ©e Ă  l’approche des Ă©lections de mi-mandat, prĂ©vues dans un an et huit mois. Ce scrutin, qui renouvellera l’ensemble des 435 siĂšges de la Chambre des reprĂ©sentants ainsi qu’un tiers des 100 siĂšges du SĂ©nat, pourrait profondĂ©ment reconfigurer les Ă©quilibres du pouvoir lĂ©gislatif et, partant, la capacitĂ© de l’exĂ©cutif Ă  mettre en Ɠuvre son agenda.

Le prĂ©sident Trump ne dispose ni d’un contrĂŽle effectif sur le CongrĂšs (Ă©lection de John Thune Ă  la tĂȘte des sĂ©nateurs rĂ©publicains, au dĂ©triment de Rick Scott, le prĂ©fĂ©rĂ© de Trump), ni d’un ascendant incontestĂ© sur l’ensemble de son parti, limitant de facto sa capacitĂ© Ă  abroger des textes structurants tels que l’Inflation Reduction Act – IRA (de nombreux États rĂ©publicains bĂ©nĂ©ficient directement des investissements de l’IRA).

Cette fragilitĂ© politique est aggravĂ©e par une Ă©quipe Ă©conomique fragmentĂ©e, oĂč coexistent sans cohĂ©rence doctrinale des profils technocratiques, des faucons protectionnistes et des reprĂ©sentants des intĂ©rĂȘts financiers de Wall Street.

En l’absence de vision stratĂ©gique unifiĂ©e en raison des clivages idĂ©ologiques et d’un pilotage institutionnel stabilisateur, les orientations Ă©conomiques de l’administration Trump pourraient non seulement accentuer la volatilitĂ© macroĂ©conomique dans le monde, mais aussi perturber l’équilibre financier international, dans un contexte oĂč la prĂ©visibilitĂ© et la cohĂ©rence des politiques publiques deviennent des actifs critiques.

La doctrine Trump : vers un affaiblissement monétaire assumé

Face Ă  la dĂ©rive de l’endettement, les rĂ©ponses classiques – relĂšvement des impĂŽts, rĂ©duction des dĂ©penses discrĂ©tionnaires, retour Ă  une stricte discipline budgĂ©taire – apparaissent insuffisantes, voire inopĂ©rantes. Le total des recettes fiscales fĂ©dĂ©rales s’élĂšve Ă  environ 5 000 milliards de dollars par an, un niveau structurellement insuffisant au regard des besoins budgĂ©taires actuels. MĂȘme en envisageant une hausse thĂ©orique de 50% des impĂŽts, hypothĂšse Ă©conomiquement irrĂ©aliste et politiquement inapplicable, le dĂ©sĂ©quilibre fondamental des finances publiques amĂ©ricaines ne serait pas rĂ©sorbĂ©.

Faute de marges budgĂ©taires et conscient de la position centrale du dollar dans l’ordre monĂ©taire international offrant une latitude unique dont aucun autre pays ne dispose, l’attention de l’équipe Ă©conomique de Trump se dĂ©place alors vers les leviers monĂ©taires et commerciaux.

Dans la vision qui semble se dessiner, Trump attribue l’érosion de l’économie amĂ©ricaine Ă  un dollar structurellement surĂ©valuĂ©, consĂ©quence directe de son statut de monnaie de rĂ©serve mondiale, qui attire les capitaux internationaux mais pĂ©nalise la compĂ©titivitĂ© industrielle des États-Unis. Ce dĂ©sĂ©quilibre, amplifiĂ© selon lui par les subventions injustes accordĂ©es Ă  l’industrie dans des pays comme la Chine, aurait conduit Ă  la dĂ©sindustrialisation, Ă  l’explosion des importations et Ă  la perte d’emplois — un diagnostic qu’il conviendrait toutefois de nuancer : le taux de chĂŽmage amĂ©ricain demeure proche de 4%, soit un quasi plein emploi, et l’économie regorge d’emplois de qualitĂ© dans les secteurs non industriels Ă  haute valeur ajoutĂ©e notamment les technologies de pointe.

À cela s’ajoute, dans sa lecture, le rĂŽle stratĂ©gique des États-Unis en tant que garant de la sĂ©curitĂ© mondiale, qui engendre un fardeau militaire croissant, financĂ© par une dette publique soutenable uniquement grĂące Ă  la primautĂ© du dollar.

Dans ce cadre, Trump considĂšre qu’un affaiblissement volontaire du dollar, combinĂ© Ă  une limitation des importations et Ă  un rĂ©Ă©quilibrage du partage des dĂ©penses de dĂ©fense avec les alliĂ©s, permettrait de restaurer l’appareil productif national. Ceux qui refuseraient ces nouvelles rĂšgles du jeu seraient, selon cette doctrine, privĂ©s de la protection sĂ©curitaire amĂ©ricaine.

Cependant, cette analyse fondĂ©e sur la seule apprĂ©ciation du dollar apparaĂźt aujourd’hui discutable. Si le billet vert a connu d’importantes fluctuations, l’indice du dollar (DXY), mesurĂ© face Ă  un panier de six grandes devises, se situe actuellement autour de 104, un niveau dĂ©prĂ©ciĂ© par rapport Ă  celui de janvier 1971, oĂč il culminait Ă  120.

DĂ©valuer pour dominer : l’hĂ©ritage du Plaza

Cette vision n’est pas sans rappeler l’Accord du Plaza de 1985, lorsque les États-Unis, rejoints par la France, le Japon, l’Allemagne de l’Ouest et le Royaume-Uni, avaient coordonnĂ© leurs efforts pour provoquer une dĂ©prĂ©ciation du dollar, jugĂ© alors excessivement fort. Ce prĂ©cĂ©dent historique rĂ©sonne aujourd’hui avec une acuitĂ© particuliĂšre, tant il semble offrir une grille de lecture intellectuelle aux orientations actuelles de la politique Ă©conomique et stratĂ©gique amĂ©ricaine. L’affaiblissement dĂ©libĂ©rĂ© du dollar, loin d’ĂȘtre une simple tactique conjoncturelle, s’inscrit de plus en plus clairement dans une doctrine cohĂ©rente visant Ă  restaurer la compĂ©titivitĂ© industrielle, rĂ©Ă©quilibrer les charges gĂ©opolitiques et redĂ©finir les rapports de force commerciaux et sĂ©curitaires.

Dans le contexte actuel de marchĂ©s financiers hautement interconnectĂ©s et dominĂ©s par des acteurs privĂ©s, tenter de piloter le niveau du dollar via une intervention concertĂ©e ou unilatĂ©rale serait infiniment plus complexe qu’à l’époque du Plaza Accord oĂč la majoritĂ© des monnaies Ă©taient encore administrĂ©es par les banques centrales et les marchĂ©s financiers jouaient un rĂŽle beaucoup plus marginal dans les Ă©conomies.

Pour mĂ©moire, le volume des transactions sur le seul marchĂ© des changes Ă©quivaut, en Ă  peine deux semaines, Ă  l’intĂ©gralitĂ© du produit intĂ©rieur brut mondial annuel. Ce simple ordre de grandeur illustre Ă  quel point les États ou banques centrales, malgrĂ© leur puissance nominale, pĂšsent peu face Ă  la profondeur, la vitesse et la masse de feu des marchĂ©s financiers internationaux. Toute tentative de manipulation monĂ©taire ou d’intervention unilatĂ©rale s’y heurte Ă  des dynamiques systĂ©miques largement hors de portĂ©e du contrĂŽle public.

Les droits de douane

Les droits de douane instaurĂ©s par l’administration Trump apparaissent vraisemblablement comme le prĂ©lude Ă  une stratĂ©gie plus large visant Ă  refaçonner l’économie par le biais d’une dĂ©valuation progressive du dollar, amorcĂ©e dĂšs son arrivĂ©e au pouvoir. En combinant un retrait mĂ©thodique des engagements multilatĂ©raux, des pressions accrues sur les partenaires traditionnels — notamment europĂ©ens, canadiens, mexicains — ainsi que des incitations fiscales ciblĂ©es en faveur de l’investissement productif domestique, Trump initie une dynamique de dĂ©saffection relative envers le dollar.

Vers une restructuration de la dette américaine?

Dans ce contexte, une mesure encore hypothĂ©tique mais de plus en plus discutĂ©e Ă  Washington serait une restructuration explicite de la dette publique amĂ©ricaine. Celle-ci pourrait prendre la forme, entre autres, d’une taxation des coupons obligataires perçus par les non-rĂ©sidents, d’une rĂ©duction unilatĂ©rale des taux faciaux des obligations du TrĂ©sor amĂ©ricain. Une telle Ă©volution remettrait en cause l’intĂ©gritĂ© perçue d’un pilier central de l’architecture financiĂšre mondiale : la dette souveraine amĂ©ricaine, dont moins d’un tiers est actuellement dĂ©tenue par des entitĂ©s Ă©trangĂšres, mais qui demeure le principal actif de rĂ©serve Ă  l’échelle planĂ©taire. Le risque majeur rĂ©side dans le reflux des capitaux Ă©trangers hors des Titres du TrĂ©sor qui provoquerait une hausse brutale des taux d’intĂ©rĂȘt amĂ©ricains, se rĂ©percutant instantanĂ©ment sur les taux de rĂ©fĂ©rence internationaux.

Dans la logique doctrinale de l’équipe Trump, une telle restructuration de la dette publique ne pourrait qu’ĂȘtre suivie d’une intervention massive sur les marchĂ©s des changes. Faute de consensus international, notamment avec les alliĂ©s et partenaires des Etats-Unis, la stratĂ©gie amĂ©ricaine pourrait alors basculer vers des mesures unilatĂ©rales coercitives, visant Ă  restreindre les flux de capitaux entrants ou Ă  taxer les achats Ă©trangers de titres du TrĂ©sor amĂ©ricain. Si de telles actions contribueraient mĂ©caniquement Ă  affaiblir le dollar, elles exerceraient en revanche une pression haussiĂšre sur les taux d’intĂ©rĂȘt amĂ©ricains, allant Ă  rebours des objectifs de relance Ă©conomique et de soutenabilitĂ© budgĂ©taire.

Une autre option envisagĂ©e serait d’imposer aux dĂ©tenteurs Ă©trangers une conversion forcĂ©e de leurs titres en obligations du TrĂ©sor Ă  trĂšs longue maturitĂ© — 50 ou 100 ans —, peu liquides, mais adossĂ©es Ă  des lignes de swap de court terme mises en place par la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale (FED). Ce mĂ©canisme, reposant sur des accords bilatĂ©raux entre la FED et d’autres banques centrales, permettrait Ă  ces derniĂšres d’obtenir des dollars contre leur propre monnaie, avec engagement de rachat Ă  une Ă©chĂ©ance convenue, au mĂȘme taux de change, majorĂ© d’un intĂ©rĂȘt. Cette architecture viserait Ă  lisser les tensions de liquiditĂ©, tout en forçant une extension de la duration de la dette dĂ©tenue par les non-rĂ©sidents.

Un fonds souverain pour peser sur la valeur du dollar

ParallĂšlement, l’administration pourrait Ă©galement envisager la crĂ©ation d’un fonds souverain amĂ©ricain, financĂ© par endettement ou rĂ©allocation budgĂ©taire, dont l’objectif serait de procĂ©der Ă  des achats massifs d’actifs Ă©trangers pour peser structurellement sur la valeur du dollar. Ce levier financier pourrait ĂȘtre combinĂ© Ă  des instruments de pression gĂ©opolitique — notamment tarifaires ou militaires — pour inciter, voire contraindre, des partenaires stratĂ©giques tels que l’Europe, le Canada, le Japon, TaĂŻwan, la CorĂ©e du Sud ou l’Arabie Saoudite Ă  souscrire Ă  des titres de dette Ă  trĂšs long terme – 50 ou 100 ans.

L’inflation comme outil d’érosion discrĂšte

Moins visible mais historiquement redoutablement efficace, l’approche qui consisterait Ă  laisser l’inflation autour de 4% Ă©roder progressivement la valeur rĂ©elle des dettes. Cette stratĂ©gie peut ĂȘtre pilotĂ©e de maniĂšre indirecte par des choix politiques : en exerçant une pression sur la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale pour qu’elle baisse ou limite les relĂšvements de taux, en nommant des gouverneurs favorables Ă  une politique monĂ©taire accommodante, et en façonnant un discours public centrĂ© sur la croissance et l’emploi. Trump a dĂ©jĂ  demandĂ© Ă  la FED de faire baisser son taux directeur (Federal Funds Rate).

Monnaie digitale adossée aux titres du Trésor à échéance

Plus audacieuse, mais porteuse d’un potentiel stratĂ©gique considĂ©rable, l’introduction d’une monnaie digitale souveraine amĂ©ricaine adossĂ©e aux titres du TrĂ©sor Ă  maturitĂ©s longues : 50 ou 100 ans – un crypto-dollar officiel – reprĂ©senterait une vĂ©ritable innovation de rupture dans l’ordre monĂ©taire international.

Conçue comme un instrument exclusivement garanti par la dette fĂ©dĂ©rale Ă  trĂšs long terme, et accessible aux banques centrales Ă©trangĂšres via un rĂ©seau sĂ©curisĂ©, cette devise numĂ©rique consoliderait le rĂŽle des obligations du TrĂ©sor sur 50 ou 100 ans en tant que collatĂ©ral de rĂ©fĂ©rence Ă  l’échelle mondiale. Un tel dispositif constituerait un levier inĂ©dit de projection de la puissance monĂ©taire amĂ©ricaine Ă  l’ùre numĂ©rique.

Dollar faible entre soulagement géopolitique et risque systémique

Toutefois, affaiblir significativement le dollar reviendrait sans doute Ă  un renchĂ©rissement des prix Ă  l’importation aux Etats-Unis mais aussi Ă  une remontĂ©e brutale des taux d’intĂ©rĂȘt domestiques avec un risque systĂ©mique de panique des marchĂ©s financiers s’ils venaient Ă  douter de la solvabilitĂ© ou de la fiabilitĂ© du TrĂ©sor amĂ©ricain. Une telle rupture de confiance dĂ©graderait profondĂ©ment la crĂ©dibilitĂ© du dollar en tant que monnaie de rĂ©serve mondiale et rendrait Ă  terme insoutenable le service de la dette fĂ©dĂ©rale.

Certes, ces scĂ©narios comportent des risques majeurs mais l’histoire Ă©conomique est sans appel : les grandes crises systĂ©miques surviennent non parce qu’aucune solution n’existe, mais parce que les dirigeants refusent d’embrasser la complexitĂ© et d’agir Ă  temps. L’inaction Ă©quivaudrait Ă  exposer l’économie mondiale Ă  une crise Ă©vitable, dont le fardeau pĂšserait de maniĂšre disproportionnĂ©e sur les pays les plus vulnĂ©rables. Mais comment espĂ©rer bĂątir un consensus international Ă©quilibrĂ© lorsque l’administration amĂ©ricaine actuelle rĂ©cuse les principes mĂȘmes du multilatĂ©ralisme?

Enfin, une politique amĂ©ricaine visant Ă  affaiblir le dollar s’accompagnerait vraisemblablement d’un apaisement des tensions gĂ©ostratĂ©giques, notamment en mer de Chine ou au Moyen-Orient, afin de maintenir un climat de faible risque systĂ©mique.

En Ă©vitant de dĂ©clencher un effet refuge vers leurs propres actifs, les États-Unis chercheraient Ă  limiter l’apprĂ©ciation involontaire de leur monnaie. Si le coĂ»t d’une telle stratĂ©gie est portĂ© Ă  l’échelle globale, ses retombĂ©es, dans cette perspective, pourraient paradoxalement favoriser la stabilitĂ© internationale et contribuer Ă  une forme de paix systĂ©mique, au moins temporairement.

Choc pour les Ă©conomies du Sud Global

Si la vision de Trump, stratĂ©giquement plausible, venait Ă  concrĂ©tiser une politique amĂ©ricaine d’affaiblissement coordonnĂ© ou pas du dollar, les Ă©conomies du Sud Global seraient en premiĂšre ligne. Loin d’ĂȘtre un simple ajustement monĂ©taire, ce projet reprĂ©senterait une rupture majeure dans l’architecture Ă©conomique mondiale, dont les consĂ©quences se feraient sentir bien au-delĂ  des frontiĂšres amĂ©ricaines.

La dĂ©pendance structurelle des Ă©conomies du Sud au dollar — en tant que monnaie de facturation, d’endettement et de rĂ©serve — les rend particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă  toute dĂ©valuation du billet vert. Une telle Ă©volution provoquerait une apprĂ©ciation artificielle de nombreuses monnaies locales, dĂ©tĂ©riorant leur compĂ©titivitĂ© Ă  l’export et rĂ©duisant la valeur rĂ©elle des rĂ©serves en dollars des pays. Dans les pays fortement dollarisĂ©s, cela se traduirait par une instabilitĂ© monĂ©taire aiguĂ«, une pression accrue sur les taux de change et des sorties de capitaux dĂ©stabilisatrices.

Resserrement financier au détriment du développement

En parallĂšle, l’un des axes clĂ©s de cette vision reposerait sur l’éviction des investisseurs Ă©trangers des obligations du TrĂ©sor amĂ©ricain pour faire baisser la demande en dollar, via des mesures fiscales ou rĂ©glementaires. Ce retrait forcĂ© ferait mĂ©caniquement grimper les taux d’intĂ©rĂȘt amĂ©ricains, avec un effet domino immĂ©diat sur les taux mondiaux. Pour les pays en dĂ©veloppement, cela signifierait un accĂšs plus coĂ»teux et plus restreint aux marchĂ©s internationaux de capitaux, une contrainte budgĂ©taire renforcĂ©e, et des arbitrages douloureux entre service de la dette et investissement dans les prioritĂ©s nationales.

À cela s’ajouteraient les retombĂ©es d’un climat commercial globalement plus conflictuel, caractĂ©risĂ© par le retour aux logiques bilatĂ©rales, les mesures de rĂ©torsion et la fragmentation des chaĂźnes d’approvisionnement — autant de facteurs qui affaibliraient l’intĂ©gration des pays du Sud dans le commerce mondial.

Fragmentation monétaire et recul du multilatéralisme

Enfin, au-delĂ  de l’impact financier immĂ©diat, la vision de Trump remettrait profondĂ©ment en question les fondements du multilatĂ©ralisme Ă©conomique. En substituant aux rĂšgles collectives une logique de rapports de force, les États-Unis fragiliseraient davantage encore des institutions dĂ©jĂ  sous tension, comme l’OMC, le FMI ou la Banque mondiale — prĂ©cisĂ©ment celles oĂč les pays du Sud peuvent encore faire entendre leur voix. Sur le plan monĂ©taire, la perte de confiance dans le dollar pourrait contraindre ces pays Ă  diversifier leurs ancrages, sans qu’aucune alternative crĂ©dible (euro, yuan, monnaies rĂ©gionales) ne soit vĂ©ritablement prĂȘte. Ce processus, s’il est prĂ©cipitĂ©, risque d’aboutir Ă  une fragmentation monĂ©taire dĂ©sordonnĂ©e, propice aux crises de change et Ă  l’érosion des rĂ©gulations financiĂšres nationales.

Stratégie de positionnement

Au-delĂ  de la sphĂšre diplomatique, la rĂ©ponse du Sud Global doit ĂȘtre financiĂšrement structurante. Il s’agit d’accĂ©lĂ©rer la diversification des ancrages monĂ©taires par la mise en place de mĂ©canismes rĂ©gionaux robustes : paniers de devises pour le commerce intra-Sud, fonds de rĂ©serves multilatĂ©raux, et accords de swap entre banques centrales du Sud.

SimultanĂ©ment, le dĂ©veloppement de marchĂ©s de capitaux rĂ©gionaux devient un levier indispensable pour rĂ©duire la dĂ©pendance au dollar : cela implique le renforcement des bourses rĂ©gionales, la crĂ©ation ou la consolidation d’agences de notation indĂ©pendantes, et un soutien accru aux banques publiques de dĂ©veloppement. Cette stratĂ©gie vise Ă  accroĂźtre la souverainetĂ© financiĂšre, Ă  amortir les chocs liĂ©s Ă  la hausse des taux internationaux, et Ă  offrir aux Ă©conomies du Sud une capacitĂ© de financement endogĂšne, plus prĂ©visible et mieux adaptĂ©e Ă  leurs prioritĂ©s structurelles. Il s’agit de bĂątir une architecture Ă©conomique plus rĂ©siliente, fondĂ©e sur la coopĂ©ration Sud-Sud, l’innovation monĂ©taire et la rĂ©duction des asymĂ©tries systĂ©miques.

En somme, la doctrine Ă©mergente autour d’un dollar affaibli, d’un repli fiscal et d’un dĂ©sengagement multilatĂ©ral marque une rupture avec l’ordre Ă©conomique qui a prĂ©valu depuis l’aprĂšs-guerre. Si cette stratĂ©gie offre, Ă  court terme, une illusion de rĂ©industrialisation et de souverainetĂ© budgĂ©taire, elle ouvre en rĂ©alitĂ© la voie Ă  une instabilitĂ© financiĂšre accrue, Ă  une fragmentation monĂ©taire mondiale et Ă  une remise en cause des Ă©quilibres multilatĂ©raux.

Pour les Ă©conomies du Sud Global, l’enjeu est vital : il ne s’agit plus seulement de s’adapter, mais de construire une rĂ©ponse proactive et coordonnĂ©e, afin de prĂ©server leur souverainetĂ© Ă©conomique et d’éviter d’ĂȘtre les victimes collatĂ©rales d’une nouvelle Ăšre de dĂ©sordre financier international.

* Economiste, banquier et financier.

L’article DĂ©valuation stratĂ©gique du dollar | Le retour du Plaza Accord ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Alger accueille l’ICT Africa Summit 2025

03. April 2025 um 06:21

L’ICT Africa Summit 2025 se tiendra du 21 au 23 avril 2025 au Palais des Expositions d’Alger, Pavillon A, Safex, AlgĂ©rie. Cette Ă©dition du salon marque la convergence historique de trois Ă©vĂ©nements majeurs : le Digital Africa Summit, ICT Maghreb et Alvetic.

Cette synergie crĂ©e une plateforme pour l’innovation, la collaboration et la transformation numĂ©rique en Afrique. Les participants dĂ©couvrent les derniĂšres innovations technologiques, rencontrent des leaders de l’industrie et des startups prometteuses, explorent les opportunitĂ©s de partenariat et d’investissement et prennent part Ă  des confĂ©rences de haut niveau, des ateliers et des sessions de rĂ©seautage.

Cette annĂ©e, grĂące au B2B Lab, la plateforme intelligente de matchmaking B2B, ils peuvent avoir des rencontres professionnelles intĂ©ressantes, trouver des partenaires pour dĂ©velopper leur business, planifier des rendez-vous d’affaires qualifiĂ©s avant et pendant l’évĂ©nement, rencontrer d’autres participants dans l’espace B2B dĂ©diĂ© pour maximiser leur prĂ©sence et leurs opportunitĂ©s commerciales.

L’article Alger accueille l’ICT Africa Summit 2025 est apparu en premier sur Kapitalis.

Gestern — 02. April 2025Kapitalis

Amnesty international dénonce les conditions de détention de Sonia Dahmani et réclame sa libération

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 23:01

Amnesty international Tunisie a exprimĂ©, ce mercredi 2 avril 2025, sa solidaritĂ© avec l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, actuellement en grĂšve de la faim en prison.

L’organisation dĂ©nonce « des violations des droits fondamentaux de Sonia Dahmani et ses conditions de dĂ©tention» , en rappelant qu’elle proteste contre la privation de son droit de visite familiale lors de la fĂȘte de l’AĂŻd, mais aussi contre des « violations systĂ©matiques exercĂ©es par les autoritĂ©s tunisiennes en milieu carcĂ©ral ».

Amnesty qui a exprimé sa solidarité avec Sonia Dahmani, a appelé à sa libération et a affirmé tenir les autorités pour responsables de son intégrité physique et morale.

Rappelons que lundi dernier, Sonia Dahmani a entamĂ© une grĂšve de la faim aprĂšs avoir Ă©tĂ© privĂ©e de visite familiale par un gardien de prison, malgrĂ© une promesse de la directrice de l’établissement pĂ©nitentiaire.

Y. N.

L’article Amnesty international dĂ©nonce les conditions de dĂ©tention de Sonia Dahmani et rĂ©clame sa libĂ©ration est apparu en premier sur Kapitalis.

Hammam-Lif : Arrestation d’un dĂ©linquant multirĂ©cidiviste, condamnĂ© Ă  88 ans de prison !

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 22:35

La police de Hammam-Lif (banlieue sud de Tunis) a arrĂȘtĂ© un individu faisant l’objet de 30 mandats de recherche et condamnĂ© Ă  88 ans de prison ferme.

Ce dernier a Ă©tĂ© interpellĂ© Ă  l’intĂ©rieur d’un train en direction de Tunis, indique la Direction, gĂ©nĂ©rale de la sĂ»retĂ© nationale (DGSN) dans un communiquĂ© publiĂ© ce mercredi 2 avril 2025.

Activement recherchĂ© par diverses unitĂ©s de sĂ©curitĂ© et instances judiciaires, il a Ă©tĂ© placĂ© en dĂ©tention ajoute la mĂȘme source, sans prĂ©cisĂ© la nature des affaires dans lesquelles ce multirĂ©cidiviste est poursuivi.

Y. N.

L’article Hammam-Lif : Arrestation d’un dĂ©linquant multirĂ©cidiviste, condamnĂ© Ă  88 ans de prison ! est apparu en premier sur Kapitalis.

JournĂ©e mondiale de l’eau | La CitĂ© des sciences de Tunis se mobilise pour une gestion durable

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 21:54

À l’occasion de la JournĂ©e mondiale de l’eau, la CitĂ© des sciences de Tunis (CST) organise une journĂ©e de sensibilisation le samedi 5 avril 2025, de 10h00 Ă  16h00, au Pavillon Explora.

Cet Ă©vĂ©nement vise Ă  sensibiliser le grand public Ă  l’importance cruciale d’une gestion durable de l’eau, ressource vitale pour les gĂ©nĂ©rations actuelles et futures.

La CST prĂ©cise que cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’Objectif de DĂ©veloppement Durable n°6, qui vise Ă  assurer l’accĂšs de tous Ă  l’eau potable et Ă  des services d’assainissement d’ici Ă  2030 et a de ce fait mis en place un programme riche et diversifiĂ© pour informer, Ă©duquer et inspirer et ce en partenariat avec le Centre de Recherches et des Technologies des Eaux (CERTE), l’Agence Allemande de DĂ©veloppement (GIZ) et la SociĂ©tĂ© nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede).

Interventions d’experts :

  • Une prĂ©sentation du CERTE sur les avancĂ©es en recherche et dĂ©veloppement visant Ă  prĂ©server nos ressources en eau.
  • Une intervention de la GIZ sur la valorisation de l’eau comme levier d’une utilisation Ă©conome en eau pour arriver Ă  l’équilibre hydrique.

Exposition scientifique :

  • Une exposition intitulĂ©e « Éliminer l’invisible : les performances des membranes face aux polluants Ă©mergents », mise Ă  disposition par le CERTE.

Ateliers et démonstrations scientifiques, destinés au grand public :

  • Les propriĂ©tĂ©s physico-chimiques de l’eau Ă  travers des expĂ©riences spectaculaires comme « la fontaine de HĂ©ron » et « l’eau pour tous ».
  • Une dĂ©monstration didactique des eaux souterraines.
  • Des ateliers de coloriage sur l’eau virtuelle et l’économie d’eau.
  • Un concours de coloriage organisĂ© par la Sonede.
  • Des ateliers proposĂ©s par les chercheurs du CERTE portant sur des solutions Ă©co-innovantes visant Ă  transformer les rejets hydriques industriels en ressources durables, ainsi qu’une immersion dans l’univers cachĂ© de l’eau

Visites guidées :

Les visiteurs pourront Ă©galement profiter de visites guidĂ©es du Pavillon de l’Eau, animĂ©es par les PES de la CitĂ© des Sciences Ă  Tunis.

L’article JournĂ©e mondiale de l’eau | La CitĂ© des sciences de Tunis se mobilise pour une gestion durable est apparu en premier sur Kapitalis.

Ambassade des États-unis | Avis aux demandeurs de visa

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 20:32

L’Ambassade des États-unis en Tunisie a adressĂ©, ce mercredi 2 avril 2025, un communiquĂ© aux demandeurs de visa afin de les mettre en garde contre les intermĂ©diaires.

Cette pratique, qui peut sembler faciliter les dĂ©marches, comporte en rĂ©alitĂ© des risques importants selon l’ambassade : «les intermĂ©diaires peuvent fournir des donnĂ©es erronĂ©es lors de la demande de visa, notamment des numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone ou des adresses, ce qui pourrait entraĂźner l’annulation des rendez-vous ».

Les ambassades et consulats, soucieux de l’intĂ©gritĂ© du processus de demande de visa, se rĂ©servent le droit d’annuler les rendez-vous pris sur la base d’informations inexactes, rappelle la mĂȘme source qui appelle Ă  Ă©viter les frais inutiles et les risques et recommande de rĂ©server le rendez-vous directement sur le site officiel de l’ambassade concernĂ©.

Y. N.

L’article Ambassade des États-unis | Avis aux demandeurs de visa est apparu en premier sur Kapitalis.

ProcĂšs Ă  distance | Jawher Ben Mbarek en grĂšve de la faim

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 19:48

Le comité de défense annonce, ce mercredi 2 avril 2025, que Jawher Ben Mbarek a entamé une grÚve de la faim ouverte depuis le 30 mars dernier.

Dans un communiquĂ©, la dĂ©fense explique que Jawher Ben Mbarek a dĂ©cidĂ© d’entrer en grĂšve de la faim afin de protester contre la tenue Ă  distance du procĂšs de l’affaire de complot contre la sĂ»retĂ© de l’état procĂšs.

La mĂȘme source prĂ©cise que Jawher Ben Mbarek conteste vivement la dĂ©cision de l’autoritĂ© judiciaire de le juger par visioconfĂ©rence, l’empĂȘchant ainsi d’ĂȘtre physiquement prĂ©sent dans la salle d’audience et dĂ©nonce une « parodie de justice Â» et une tentative de le priver de son droit Ă  se dĂ©fendre pleinement contre les accusations de complot portĂ©es Ă  son encontre.

De son cÎté, le comité de défense a également dénoncé a réaffirmé son opposition catégorique aux procÚs à distance et a exprimé son soutien total à Jawher Ben Mbarek dans sa lutte pour un procÚs équitable, conforme aux principes constitutionnels.

Y. N.

L’article Procùs à distance | Jawher Ben Mbarek en grùve de la faim est apparu en premier sur Kapitalis.

Carburant de contrebande | Un incendie coûte la vie à un enfant de 3 ans à Kasserine

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 18:46

Un incendie a Ă©clatĂ© dans un dĂ©pĂŽt de vente de carburant de contrebande, prĂšs de Foussana, dans le gouvernorat de Kasserine, entraĂźnant la mort tragique d’un enfant de 3 ans.

Selon les informations communiquĂ©es ce mercredi 2 avril 2025 par la Direction de la protection civile, les Ă©quipes de secours ont rapidement Ă©tĂ© dĂ©pĂȘchĂ©es sur les lieux, hier soir pour maĂźtriser l’incendie. Cependant, malgrĂ© leurs efforts, le corps calcinĂ© de l’enfant a Ă©tĂ© dĂ©couvert parmi les dĂ©bris.

Les circonstances exactes de l’incendie restent Ă  dĂ©terminer et une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte par le Parquet qui a chargĂ© les unitĂ©s de la garde nationale de mener les investigations pour faire la lumiĂšre sur ce drame.

Y. N.

L’article Carburant de contrebande | Un incendie coĂ»te la vie Ă  un enfant de 3 ans Ă  Kasserine est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Sonia Dahmani en grĂšve de la faim depuis lundi dernier

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 18:18

L’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani est entrĂ©e, depuis lundi dernier, en grĂšve de la faim ouverte , afin de lancer un cri de dĂ©tresse depuis sa cellule et dĂ©noncer les injustices qu’elle affirme subir.

Cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise aprĂšs ce que sa sƓur Ramla Dahmani Accent dĂ©crit comme un an d’acharnement et d’injustices, culminant avec un incident lors di jour de la fĂȘte de l’AĂŻd.

En effet, selon le tĂ©moignage de sa sƓur, Sonia a Ă©tĂ© profondĂ©ment affectĂ©e par les larmes de leur pĂšre, privĂ© d’une visite pourtant promise par la direction de la prison.

« Le jour de l’AĂŻd, la directrice elle-mĂȘme lui avait promis 15 minutes avec sa famille.. Mais un gardien, « Malek Â» a dĂ©cidĂ© seul, arbitrairement, de l’en priver. Et ce n’était pas une premiĂšre, ce mĂȘme gardien depuis un an s’en prend Ă  elle et Ă  notre famille», dĂ©plore Ramla Dahmani.

Et d’ajouter : « Elle a dĂ©cidĂ© de se laisser mourir parce que trop c’est trop, un an d’acharnement et d’injustice , elle n’en peux plus. La famille tient la direction des prisons et le gouvernement tunisien responsables de toute dĂ©tĂ©rioration de sa santĂ© ».

Y. N.

L’article Tunisie | Sonia Dahmani en grùve de la faim depuis lundi dernier est apparu en premier sur Kapitalis.

Etats-Unis | Avis aux demandeurs de visa

02. April 2025 um 13:33

L’ambassade des États-Unis en Tunisie a publiĂ© un communiquĂ© ce mercredi 2 avril 2025, adressĂ© aux demandeurs de visa, leur recommandant d’éviter de recourir Ă  des intermĂ©diaires et de payer des frais supplĂ©mentaires.

Dans le cas oĂč les informations figurant sur la demande de visa s’avĂšrent fausses (comme le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone du demandeur ou son adresse e-mail), l’ambassade se rĂ©serve le droit d’annuler le rendez-vous en question.

Les demandeurs de visas sont responsables de l’exactitude et de la vĂ©racitĂ© des informations figurant dans leur demande, souligne l’ambassade.

L’article Etats-Unis | Avis aux demandeurs de visa est apparu en premier sur Kapitalis.

La dĂ©cision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris !

02. April 2025 um 13:02

L’auteur de cet article, un Ă©conomiste spĂ©cialiste en thĂ©orie monĂ©taire et expert international, considĂšre que la derniĂšre dĂ©cision prise par la Banque centrale de Tunisie (BCT) de rĂ©duire son taux directeur de 50%, va certes dans le bon sens, mais est de loin trop timide pour provoquer une reprise de confiance des investisseurs et une vĂ©ritable bouffĂ©e d’oxygĂšne pour les opĂ©rateurs Ă©conomiques. L’article se termine par la proposition de mesures monĂ©taires choc afin de relancer la croissance Ă©conomique et sortir l’économie du marasme qu’elle connaĂźt depuis plusieurs annĂ©es. Son analyse, objective et basĂ©e sur les enseignements de la science Ă©conomique, ne prĂ©sage rien de bon si un tel Ă©lectrochoc d’ordre monĂ©taire n’est pas dĂ©cidĂ© dans les plus brefs dĂ©lais, y compris s’il le faut par un dĂ©cret prĂ©sidentiel, pour remettre l’économie tunisienne sur les rails de la croissance Ă©conomique et de la crĂ©ation d empois et de richesses.

Dr. Sadok Zerelli

Tous les opĂ©rateurs Ă©conomiques, mĂȘmes des observateurs et experts comme moi-mĂȘme, attendaient avec impatience que la BCT se dĂ©cide enfin Ă  desserrer l’étau qu’elle maintenait sur les opĂ©rateurs Ă©conomiques avec un taux directeur qu’elle a augmentĂ© Ă  huit reprises depuis la promulgation de la loi de 2016 qui lui accorde l’autonomie de dĂ©cision, et l’a portĂ© jusqu’à 8%, niveau auquel il se situe depuis deux ans. Ni la nomination d’un nouveau gouverneur, qui n’a fait que reconduire la politique de son prĂ©dĂ©cesseur, ni les pressions exercĂ©es par le PrĂ©sident de la RĂ©publique lui-mĂȘme qui, bien que juriste de formation, a bien compris le caractĂšre nocif d’un taux directeur aussi Ă©levĂ© et l’inefficacitĂ© de la politique monĂ©taire menĂ©e par la BCT, sous le prĂ©texte de lutter contre l’inflation, n’y ont rien fait

Finalement, la montagne a accouchĂ© d’une souris et la BCT a bien voulu baisser son taux directeur de 50%, le ramenant de 8% Ă  7,5%, comme si cette baisse infime va changer grand-chose dans le comportement des agents Ă©conomiques et permettre de relancer les investissements, la crĂ©ation d’emplois et la croissance Ă©conomique qui stagne depuis plusieurs annĂ©es entre 1% et 2%, justement depuis que la BCT mĂšne cette politique monĂ©taire trĂšs restrictive basĂ©e sur une spirale d’accroissement de son taux directeur, dans l’espoir d’arriver Ă  maĂźtriser l’inflation, objectif qu’elle a lamentablement Ă©chouĂ© Ă  atteindre puisque celle-ci avait plafonnĂ© Ă  11,3% et qu’elle demeure encore aujourd’hui relativement Ă©levĂ©e (7% en 2024, pour un taux de croissance du PIB qui n’a pas dĂ©passĂ© 1,4% pour la mĂȘme annĂ©e, soit une baisse du pouvoir d’achat gĂ©nĂ©ral et du niveau de vie de la population de 5,6% pour cette seule annĂ©e). 

Plus dĂ©cevant encore est le fait que la BCT a baissĂ© par le mĂȘme communiquĂ© le taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne de 50% aussi, le ramenant de 7% Ă  6,5% et annihilant ainsi du mĂȘme coup le peu d’effet que pourrait avoir la baisse de 50% de son taux directeur.

En tant qu’économiste universitaire ayant enseignĂ© pendant des annĂ©es la thĂ©orie monĂ©taire et expert international ayant plus de vingt ans d’expĂ©rience dans une trentaine de pays africains pour le compte de grands bailleurs de fonds (BAD, BEI, Banque Mondiale, UE
), je dĂ©nonce dans le prĂ©sent article la timiditĂ© voire l’inefficacitĂ© de cette dĂ©cision pour relancer les investissements et sortir l’économie nationale de sa torpeur et je propose Ă  la fin de mon analyse les mesures choc d’ordre monĂ©taire qu’il faudrait prendre, Ă  mon avis, pour provoquer un vĂ©ritable soubresaut et remettre notre Ă©conomie sur le chemin de la croissance et de la crĂ©ation d’emplois et de richesses.

En introduction, je voudrais faire remarquer Ă  l’attention de mes fidĂšles lecteurs et lectrices qui ont dĂ©jĂ  lu un ou plusieurs de mes prĂ©cĂ©dents articles sur ce mĂȘme sujet (au moins une bonne quinzaine publiĂ©s depuis trois ou quatre ans dans Kapitalis) que la plupart des idĂ©es et arguments que je prĂ©sente dans le prĂ©sent article ne sont pas vraiment nouveaux, mais quitte Ă  me rĂ©pĂ©ter, j’en reprends un certain nombre pour argumenter le prĂ©sent article et convaincre les plus sceptiques et les plus hauts responsables du pays de l’inefficacitĂ© et de la nuisance de la politique monĂ©taire que la BCT mĂšne depuis 2016, et de la pertinence des mesures que je propose Ă  la place.

Pour la facilité de compréhension de mon analyse, je vais la présenter, dans le langage le plus simple et accessible au grand public, idée par idée ou argument par argument.

Argument 1 / La premiĂšre fonction d’un Institut d’Emission est de financer l’activitĂ© Ă©conomique

Fixer et inscrire dans le statut mĂȘme de la BCT que sa premiĂšre mission est la lutte contre l’inflation comme l’ont fait les dĂ©putĂ©s qui ont Ă©laborĂ© et votĂ© cette loi de 2016 est une preuve de leur ignorance totale des enseignements de la science Ă©conomique et des mĂ©canismes de base de financement d’une Ă©conomie. Je leur rappelle que la thĂ©orie monĂ©taire est une discipline universitaire qui s’enseigne dans toutes les facultĂ©s de sciences Ă©conomiques du monde et dont certains spĂ©cialistes ont obtenu le prix Nobel en Ă©conomie pour leurs travaux de recherche dans ce domaine. Ne s’improvise pas Ă©conomiste qui veut, surtout spĂ©cialiste en Ă©conomie monĂ©taire, une des disciplines parmi les plus complexes et difficiles de la science Ă©conomique, en particulier nos ex-lĂ©gislateurs en herbe.

Ces ex-dĂ©putĂ©s amateurs en politique auraient dĂ» savoir que la premiĂšre responsabilitĂ© de la BCT est d’abord de veiller Ă  la solvabilitĂ© de l’ensemble du systĂšme bancaire (en imposant Ă  chaque banque de dĂ©tenir un minimum de rĂ©serves obligatoires pour faire face Ă  des demandes de retraits de dĂ©pĂŽts), ensuite de mettre Ă  la disposition de l’ensemble des agents Ă©conomiques, y compris l’Etat, assez de liquiditĂ©s pour leur permettre de financer leurs activitĂ©s Ă  travers ce qu’on appelle le processus de refinancement des banques commerciales (achat et vente de titres de crĂ©ance publics et privĂ©s sur le marchĂ© monĂ©taire, ce qu’on appelle des opĂ©rations d’open market). Sa responsabilitĂ© dans la lutte contre l’inflation n’arrive qu’en troisiĂšme position et se limite au contrĂŽle de la masse monĂ©taire en circulation et la fixation du taux directeur qui sert de  base de calcul du taux du marchĂ© monĂ©taire (TMM) qui lui-mĂȘme sert de base de calcul des taux d’intĂ©rĂȘt dĂ©biteurs que les banques appliquent Ă  leurs clients (TMM + une marge bĂ©nĂ©ficiaire de 4 Ă  5 points selon les banques, soir 12 Ă  13% pour un taux directeur de 8%).

En matiĂšre de politique monĂ©taire, ce qui est fondamental de savoir et que les responsables de notre banque centrale semblent ignorer, est que le taux directeur d’une banque centrale est LA variable de base qui dĂ©termine l’équilibre macroĂ©conomique gĂ©nĂ©ral dans une Ă©conomie, en assurant l’équilibre simultanĂ© sur le marchĂ© des biens et services (tel que l’épargne est Ă©gale Ă  l’investissement) et l’équilibre sur le marchĂ© monĂ©taire (tel que l’offre de monnaie est Ă©gale Ă  la demande de monnaie). Selon le niveau du taux directeur de la banque centrale, cet Ă©quilibre gĂ©nĂ©ral peut correspondre Ă  un Ă©quilibre de plein emploi sans chĂŽmage ou un Ă©quilibre de sous-emploi avec chĂŽmage involontaire, comme c’est le cas en Tunisie oĂč la croissance Ă©conomique n’a jamais Ă©tĂ© aussi faible et le chĂŽmage aussi Ă©levĂ© que depuis que la BCT a enclenchĂ© cette spirale infernale et stupide d’accroissement de son taux directeur (Je renvoie Ă  ce sujet les  responsables de notre BCT aux travaux de recherche et au modĂšle du type keynĂ©sien IS/LM dĂ©veloppĂ© par Hicks et pour lesquels il a reçu le Prix Nobel en Ă©conomie).

Argument 2 / L’inflation n’est pas seulement un phĂ©nomĂšne monĂ©taire 

Il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂȘtre un Ă©minent Ă©conomiste ni l’un de ces  Â«professeurs des universitĂ©s» en sciences Ă©conomiques qui n’ont que le titre et qui ne publient jamais aucun article, pour savoir qu’il existe quatre causes principales d’inflation, sur trois desquelles le taux directeur de la BCT ne peut avoir aucun effet. Cette rĂ©alitĂ© explique pourquoi, malgrĂ© les huit accroissements successifs auxquels la BCT a procĂ©dĂ© depuis sept Ă  huit ans jusqu’à le porter 8% depuis deux ans, celle-ci n’a jamais rĂ©ussi Ă  la ramener au niveau oĂč elle Ă©tait avant l’adoption de la loi de 2016 (4%) et l’inflation reste Ă©levĂ©e encore aujourd’hui (7% pour 2024, aprĂšs avoir atteint mĂȘme 11,3% en 2022/2023).

Je dois faire remarquer Ă  ce sujet que la baisse relative de l’inflation qu’on enregistre depuis deux ans n’est pas due au succĂšs de la politique monĂ©taire du taux directeur, comme les responsables de la BCT s’en vantent, mais Ă  baisse de la demande intĂ©rieure en raison du blocage des salaires et de la baisse du pouvoir d’achat d’un cĂŽtĂ©, et de la dĂ©tente des cours du pĂ©trole et des matiĂšres premiĂšres sur le marchĂ© international de l’autre.

La premiĂšre cause de l’inflation en Tunisie est le dĂ©sĂ©quilibre entre l’offre et la demande sur chacun des marchĂ©s de biens ou services. Lorsque l’offre globale (production locale plus importations,) diminue ou reste stable, alors que la demande globale (consommation intĂ©rieure plus exportation) augmente, les prix s’élĂšvent pour ajuster l’offre Ă  la demande.

Ce phĂ©nomĂšne est aggravĂ© par l’opacitĂ© des circuits de distribution et les spĂ©culateurs qui y sĂ©vissent Ă  tous les niveaux.

Compte tenu du stress hydrique en Tunisie, de la baisse de la production agricole et des contraintes d’importations posĂ©es par la BCT pour prĂ©server les rĂ©serves en devises pour pouvoir payer les Ă©chĂ©ances de la dette extĂ©rieure, on peut considĂ©rer que cette premiĂšre cause est responsable d’au moins 30% ou 40% de l’inflation globale, sur laquelle le niveau du taux directeur ne peut avoir aucun effet.

Pire, en rendant le crĂ©dit plus cher pour les entreprises qui veulent investir et accroĂźtre leur production pour satisfaire la demande, on peut accuser cette politique du taux directeur Ă©levĂ© de gĂ©nĂ©rer et alimenter l’inflation au lieu de la combattre.

 La deuxiĂšme cause de l’inflation est celle importĂ©e Ă  travers notre commerce extĂ©rieur et qui est dĂ» Ă  l’accroissement des cours du pĂ©trole et certaines matiĂšres premiĂšres et produits agricoles sur le marchĂ© international, aggravĂ© par la dĂ©prĂ©ciation lente et continue du taux de change du dinar, qui est une rĂ©sultante directe du dĂ©ficit de notre balance des paiements.

Il est Ă©vident que le taux directeur de la BCT est impuissant pour lutter contre cette deuxiĂšme source de l’inflation qui est loin d’ĂȘtre nĂ©gligeable compte de tenu de la grande ouverture de notre Ă©conomie 

La troisiĂšme cause est l’accroissement des coĂ»ts de production des entreprises, salaires, matiĂšres premiĂšres, taxes, etc. LĂ  encore, en augmentant les taux d’intĂ©rĂȘt et les charges de financement des entreprises les obligeant Ă  les rĂ©percuter sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite, on peut accuser la politique du taux directeur Ă©levĂ© de la BCT de contribuer Ă  crĂ©er de l’inflation au lieu de la combattre.

Il ne reste donc plus Ă  mon sens que 10 ou 20% d’inflation qui est d’origine strictement monĂ©taire que la BCT pourrait combattre en augmentant son taux directeur dans l’espoir que cela va rĂ©duire les crĂ©dits accordĂ©s par les banques et donc la masse monĂ©taire en circulation, si les conditions de rĂ©ussite de cette politique sont remplies, ce qui est loin d’ĂȘtre le cas comme je vais l’expliquer par la suite.

Argument 3 / Les conditions de rĂ©ussite d’une politique de type monĂ©tariste ne sont pas rĂ©unies en Tunisie 

L’ex-Gouverneur, qui est Ă  l’origine de la loi d’indĂ©pendance de la BCT et qui l’a dirigĂ©e jusqu’à son remplacement il y moins d’un an, a appliquĂ© sur recommandation du FMI (selon ses dires) et probablement sans le savoir (encore moins pour le nouveau qui n’est mĂȘme pas un Ă©conomiste spĂ©cialiste en Ă©conomie monĂ©taire mais en Ă©conomie de l’énergie) une politique monĂ©taire de type monĂ©tariste basĂ©e sur les enseignements de la thĂ©orie quantitative de la monnaie dont le chef de file est l’AmĂ©ricain Milton Friedmann.

Cette thĂ©orie repose sur une fameuse «Equation de Cambridge» qui stipule que lorsque la masse monĂ©taire en circulation baisse suite Ă  une augmentation du taux directeur (ou des rĂ©serves obligatoires imposĂ©es aux banques, une autre politique monĂ©taire alternative), le niveau gĂ©nĂ©ral des prix baisse automatiquement pour le mĂȘme niveau de la production (PIB) si la vitesse de circulation de la monnaie reste constante Ă  court terme (nombre de fois oĂč un dinar change de mains durant une pĂ©riode de temps donnĂ©e,)

Or, en Tunisie cette condition fondamentale pour la rĂ©ussite d’une politique monĂ©taire de type monĂ©tariste n’est pas remplie Ă  cause de l’importance du secteur informel ou de ce qu’on appelle l’économie souterraine (54% du PIB selon certains experts) oĂč le volume et le nombre de transactions s’accroĂźt Ă  chaque fois que la BCT Ă©lĂšve son taux directeur, obligeant davantage d’opĂ©rateurs Ă©conomiques Ă  recourir Ă  des financements hors des circuits bancaires classiques. Les Ă©conomistes appellent cela les mĂ©canismes de transmission entre l’économie rĂ©elle et l’économie monĂ©taire, qui sont d’autant plus faibles en Tunisie que, selon une Ă©tude de Fich Solutions, seuls 35% des Tunisiens disposent d’un compte courant bancaire ou postal.

Argument 4 | L’inefficacitĂ© de la politique d’«ajouter de l’eau, ajouter de la semoule»

Ce proverbe tunisien illustre bien Ă  mon sens la politique monĂ©taire appliquĂ©e par la BCT depuis qu’elle est indĂ©pendante, qui consiste Ă  lutter contre l’inflation par un accroissement de son taux directeur qui lui-mĂȘme contribue Ă  crĂ©er davantage d’inflation (en rendant plus cher les crĂ©dits pour les entreprises qui veulent investir ou accroĂźtre leur production et en les obligeant Ă  rĂ©percuter l’accroissement de leurs charges de financement sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite), ce qui engendre un autre accroissement du taux directeur
 

Argument 5 | La baisse simultanĂ©e du taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne de 50% annule les effets possibles de la baisse de 50% du taux directeur 

Dans l’un de mes articles, j’avais expliquĂ©, analyse des agrĂ©gats macro-Ă©conomiques Ă  l’appui, que le problĂšme numĂ©ro un de l’économie tunisienne, Ă  l’origine de tous les autres (faiblesse des investissements, de la croissance Ă©conomique, accroissement du chĂŽmage, de l’inflation, dĂ©ficit de la balance des paiements, dĂ©prĂ©ciation du dinar, baisse du niveau de vie, etc.) est la faiblesse de l’épargne nationale qui est passĂ©e de 27% du PIB en 2010 Ă  6% actuellement. Une des causes principales est que depuis que l’inflation s’est emballĂ©e, soit pratiquement depuis 2017, le taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne est restĂ© presque le mĂȘme rĂ©duisant ainsi le taux de rĂ©munĂ©ration rĂ©el de l’épargne.

Or, les mĂ©nages ne sont pas dupes et mĂȘme ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une Ă©cole, comprennent instinctivement qu’ils n’ont pas intĂ©rĂȘt Ă  Ă©pargner parce qu’ils seront perdants en termes de pouvoir d’achat.

Pire, dans un contexte inflationniste comme celui que nous connaissons depuis plusieurs annĂ©es, lorsque les opĂ©rateurs Ă©conomiques n’ont pas confiance dans la capacitĂ© des autoritĂ©s monĂ©taires pour maĂźtriser l’inflation, ils ont tendance Ă  accĂ©lĂ©rer leurs consommations Ă  court terme parce qu’ils anticipent une inflation plus grande dans le futur (d’aprĂšs la thĂ©orie des anticipations rationnelles de Lucas).

C’est exactement ce qui se passe en Tunisie oĂč la consommation intĂ©rieure ne diminue pas malgrĂ© l’augmentation continue du taux directeur de la BCT et en consĂ©quence des taux d’intĂ©rĂȘt dĂ©biteurs appliquĂ©s par les banques commerciales Ă  leurs clients. La seule rĂ©sultante certaine de cette politique monĂ©taire est une baisse de l’épargne et un accroissement de l’endettement des mĂ©nages et des entreprises.

Dans ce sens, je peux l’affirmer sans me tromper que la dĂ©cision de baisser de 50% le taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne va Ă  contre sens et annule les effets possibles sur le comportement des agents Ă©conomiques de sa dĂ©cision de rĂ©duire son taux directeur de 50% aussi.

La seule explication que personnellement je trouve (il y a toujours une explication derriĂšre chaque dĂ©cision, il suffit de bien chercher) est que la BCT tient Ă  garder intacte la marge bĂ©nĂ©ficiaire des banques qui provient de la diffĂ©rence entre le taux de rĂ©munĂ©ration des dĂ©pĂŽts d’épargne qu’elles reçoivent et le taux d’intĂ©rĂȘt dĂ©biteur qu’elles appliquent Ă  leurs clients. A partir du moment oĂč elles seront obligĂ©es de rĂ©percuter la baisse de 50% du taux directeur sur leurs taux d’intĂ©rĂȘts dĂ©biteurs, la baisse de 50% du taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne leur permet de prĂ©server leurs marges bĂ©nĂ©ficiaires. Pour moi, c’est une preuve de plus que notre banque centrale est au service des lobbies bancaires avant d’ĂȘtre au service de l’économie nationale 

Argument 6 | La politique monĂ©taire alternative 

A supposer que l’école de pensĂ©e monĂ©tariste Ă  laquelle semblent adhĂ©rer consciemment ou pas l’ex comme le nouveau gouverneur de notre BCT soit juste (beaucoup d’économistes, comme moi-mĂȘme, n’en sont pas convaincus – voir mon article oĂč je prĂ©sente les diffĂ©rentes Ă©coles de pensĂ©es Ă©conomiques et intitulĂ© «Quel modĂšle de dĂ©veloppement Ă©conomique pour la Tunisie de Kais SaĂŻed ?»), Ă  savoir qu’il suffit de contrĂŽler la masse monĂ©taire en circulation pour contrĂŽler l’inflation, les Ă©conomistes monĂ©taristes eux-mĂȘmes, Friedmann en premier lieu, mentionnent clairement qu’il existe un autre moyen pour arriver Ă  contrĂŽler la masse monĂ©taire en circulation : le taux de rĂ©serves obligatoires que les banques commerciales sont tenues de dĂ©tenir, par des circulaires de la banque centrale

Il faut savoir Ă  ce sujet qu’en Tunisie, environ 80% de la masse monĂ©taire en circulation est sous forme de monnaie scripturale, c’est-Ă -dire de monnaie crĂ©Ă©e par les banques commerciales Ă  l’occasion des crĂ©dits qu’elles accordent Ă  leurs clients. Or, on dĂ©montre mathĂ©matiquement, que le processus de crĂ©ation monĂ©taire par les banques commerciales est une suite algĂ©brique qui converge vers l’inverse du taux de rĂ©serves obligatoires. Cela veut dire qu’augmentant par circulaire le taux moyen des rĂ©serves obligatoires des banques commerciales par exemple de 5% seulement, rĂ©duit automatiquement de 20 fois leur capacitĂ© de crĂ©er de la monnaie scripturale et gonfler ainsi la masse monĂ©taire en circulation.

La question que tout un chacun(e) se pose est : puisque c’est si facile et plus efficace, pourquoi la BCT n’applique-t-elle pas cette politique des rĂ©serves obligatoires? La seule rĂ©ponse que j’ai est que si elle le fait, les banques commerciales vont pouvoir accorder beaucoup moins de crĂ©dit et donc gagner beaucoup moins de bĂ©nĂ©fices alors qu’en augmentant son taux directeur, les banques commerciales vont faire beaucoup plus de bĂ©nĂ©fices, surtout Ă  cause de cet article 25 de la loi de 2016 qui interdit au TrĂ©sor d’emprunter directement auprĂšs de la banque centrale et l’oblige Ă  Ă©mettre des bons du TrĂ©sor dont le taux de rĂ©munĂ©ration est d’autant plus Ă©levĂ© que le taux directeur de la BCT est Ă©levĂ©. C’est aussi simple et aussi choquant que cela. Un Ă©conomiste qui enseigne et vit au Canada, Moktar Lamari pour ne pas le nommer, dont les analyses et conclusions rejoignent totalement les miennes, parle de «vampirisation» de l’économie nationale par le lobby bancaire avec la BCT Ă  sa tĂȘte, un terme que je n’ai jamais entendu ou lu mais que je reprends Ă  mon compte.

Argument 7 | OpacitĂ© des dĂ©cisions de la BCT 

Aujourd’hui, la mode parmi les hauts responsables de l’Etat est de se cacher derriĂšre telle ou telle commission, tel ou tel conseil d’administration ou structure administrative pour Ă©chapper Ă  leurs responsabilitĂ©s et ne pas subir les consĂ©quences de leurs dĂ©cisions. Cela permet aussi de donner l’impression au public que c’était la bonne dĂ©cision Ă  prendre puisqu’elle a Ă©tĂ© dĂ©battue et votĂ©e souvent Ă  l’unanimitĂ© des membres de cette structure administrative ou CA.

Dans le cas de la BCT, aussi bien l’ex que le nouveau gouverneur excellent dans cet art dilatoire de responsabilitĂ© et commencent toujours la moindre dĂ©claration par : le CA a dĂ©cidé  comme s’ils ne sont eux-mĂȘmes que les porte-paroles de leur CA et non pas des Gouverneurs payĂ©s 120 000 dinars par an avec Mercedes, chauffeur, etc., pour tracer et assumer la responsabilitĂ© de la politique monĂ©taire Ă  mener dans le pays.  

A propos de ce mystĂ©rieux CA de la BCT, il faut savoir que la liste, les CV, et l’expĂ©rience de ses membres n’est jamais Ă©tĂ© publiĂ©e. C’est dĂ©jĂ  une entorse de taille Ă  la transparence des dĂ©cisions prises par ce fameux CA. Tout ce qu’on sait est qu’ils sont une vingtaine, souvent des directeurs gĂ©nĂ©raux d’administration nommĂ©s par leur ministre de tutelle pour reprĂ©senter leurs dĂ©partements ministĂ©riels au sein du CA de la BCT, en plus de trois Ă©conomistes universitaires nommĂ©s par le Gouverneur lui-mĂȘme ou sur sa proposition. A ce sujet, deux remarques s’imposent.

La premiĂšre est que les diffĂ©rents directeurs gĂ©nĂ©raux d’administration, membres du CA de la BCT, peuvent ĂȘtre trĂšs compĂ©tents dans leurs domaines respectifs (agriculture, industrie, commerce, transport, etc.) mais n’ont certainement pas une formation en Ă©conomie monĂ©taire suffisante pour savoir quelles sont les fondements thĂ©oriques de la politique monĂ©taire qu’ils ont en train d’appliquer, quelles autres politiques monĂ©taires possibles pour maĂźtriser l’inflation, quel est le rĂŽle et l’impact du taux directeur non seulement sur l’inflation mais aussi sur le niveau auquel s’établit l’équilibre macroĂ©conomique gĂ©nĂ©ral, Ă  quelles conditions l’équation de Cambridge, qu’ils sont en train d’appliquer et dont ils n’ont certainement jamais entendu parler, pourrait-elle rĂ©ussir


La deuxiĂšme remarque est que les trois Ă©conomistes universitaires qui sont censĂ©s Ă©clairer leur collĂšgues non Ă©conomistes sur les enseignements de la thĂ©orie monĂ©taire et les diffĂ©rentes politiques monĂ©taires possibles pour lutter contre l’inflation selon les diffĂ©rentes Ă©coles de pensĂ©e Ă©conomique (monĂ©tariste, keynĂ©sienne, nĂ©olibĂ©rale), sont nommĂ©s d’une façon opaque par le gouverneur sur la base d’affinitĂ©s d’idĂ©es quand ce n’est pas de relations personnelles. Personnellement, cela m’intĂ©resse beaucoup de savoir Ă  travers la lecture de leurs publications scientifiques (au cas oĂč ils en ont, ce qui n’est souvent pas le cas), s’ils appartiennent bien chacun Ă  l’une de ces  trois Ă©coles et procĂšdent bien Ă  des dĂ©bats contradictoires avant de proposer Ă  leurs collĂšgues ou au gouverneur de prendre telle ou telle dĂ©cision. Le philosophe allemand Hegel ne disait-il pas que c’est seulement de la contradiction que naĂźt la vĂ©ritĂ©?

Argument 8 / Benchmark 

Admettons que je ne comprends rien Ă  l’économie monĂ©taire et que Hicks ne mĂ©ritait pas le Prix Nobel en Ă©conomie qui lui a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ© pour ses travaux de recherche sur lesquels je me base dans mes analyses, montrant sans Ă©quivoque le lien entre le taux directeur d’une banque centrale et le niveau auquel s’établit le niveau du PIB et donc le taux de croissance Ă©conomique d’un pays, il y a quand mĂȘme des comparaisons internationales (benchmark) qui parlent d’elles-mĂȘmes. 

Je ne vais pas citer des pays dĂ©veloppĂ©s comme la Grande-Bretagne ou le Japon ou les Etats-Unis
 des pays desquels des annĂ©es lumiĂšres nous sĂ©parent tant en termes de transparence de leurs politiques monĂ©taires que de compĂ©tence des gouverneurs de leurs banques centrales et des rĂ©sultats qu’ils arrivent Ă  obtenir, mais de pays proches et de taille et niveau de dĂ©veloppement proches de la Tunisie.

Au Maroc, un pays oĂč l’économie est basĂ©e essentiellement sur les phosphates, l’agriculture et le tourisme, comme la nĂŽtre, le taux directeur de la banque centrale est de 2,25%, le taux d’inflation annuelle pour l’annĂ©e 2024 est de 0,8% (ce n’est pas une erreur de frappe, je dis bien 0,8% par an et non pas par mois comme chez nous) et le taux de croissance Ă©conomique est de 3,5% avec 3,9% attendu pour 2025 selon le FMI (contre, je le rappelle, un taux directeur de 7,5% selon la derniĂšre dĂ©cision de la BCT, un taux d’inflation officiel en 2024 de 7% et un taux de croissance de 1,4% en Tunisie).

Dans les huit pays de l’Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine (UEMOA) qui partagent une monnaie commune, le «franc CFA» et une politique monĂ©taire gĂ©rĂ©e par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO : BĂ©nin, Burkina Faso, CĂŽte d’Ivoire, CĂŽte d’Ivoire, GuinĂ©e-Bissau, Mali, Niger, SĂ©nĂ©gal et Togo), le taux directeur actuel est de 3,5%, le taux d’inflation en glissement annuel s’est Ă©tabli Ă  2,6% en dĂ©cembre 2024 et le taux de croissance du PIB rĂ©el pour la mĂȘme annĂ©e 2024 s’est Ă©tablit Ă  6,2%.

Est-ce que ces dirigeants des banques centrales africaines, auxquels on a tendance Ă  se croire supĂ©rieurs parce qu’on a la peau plus claire, sont plus compĂ©tents que les nĂŽtres? Il y a lieu de le croire. En tout cas, moi je le crois sur la base de leurs performances en matiĂšre de bonne gouvernance Ă©conomique par rapport Ă  celles de nos responsables.

Conclusion 

Pour cet article, j’ai deux conclusions, l’une est sĂ©rieuse et professionnelle et l’autre est humoristique.

Sur le plan professionnel, je considĂšre d’aprĂšs ma formation d’économiste, mon suivi rĂ©gulier de tous les indicateurs et agrĂ©gats macro-Ă©conomiques et mon expĂ©rience internationale, que notre Ă©conomie est non seulement malade mais elle est mĂȘme mourante (je ne lui donne pas plus de trois ou quatre ans de survie, avant la banqueroute de l’Etat, le dĂ©faut de paiement et le passage devant les crĂ©anciers des clubs de Paris pour nĂ©gocier le rĂ©Ă©chelonnement la dette publique et celui de Londres pour la dette privĂ©e, avec Ă  la clĂ© une explosion sociale Ă  cĂŽtĂ© e laquelle la rĂ©voltĂ© du pain de1980 et la rĂ©volution  de 2011 apparaĂźtront comme des incidents mineurs).

Or, quand quelqu’un est mourant, le seul espoir de le sauver est un Ă©lectrochoc. Dans le cas de notre Ă©conomie, cet Ă©lectrochoc doit consister Ă  mon avis en une baisse de 4 points du taux directeur pour le ramener Ă  3,5%, simultanĂ©ment qu’une augmentation de 4 points du taux moyen de rĂ©serves obligatoires des banques pour limiter drastiquement leur capacitĂ© Ă  crĂ©er de la monnaie et une augmentation de 2 points du taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne pour le porter Ă  8,5% et encourager l’épargne, source de l’investissement, de la crĂ©ation d’emplois et de croissance Ă©conomique.  

Je parie publiquement tous mes diplĂŽmes obtenus de trois des meilleurs universitĂ©s du monde (Sorbonne, et Dauphine en France et MIT aux Etats-Unis) et mes vingt ans d’expĂ©rience internationale dans une trentaine de pays, que dans dĂ©lai six mois au maximum, les opĂ©rateurs Ă©conomiques reprendront confiance, les investissements et la croissance Ă©conomique seront relancĂ©s et le sang recommencera Ă  couler dans les veines de notre Ă©conomie. Si le Gouverneur de la BCT et son CA ne veulent pas prendre ces mesures, c’est au prĂ©sident KaĂŻs SaĂŻed, premier responsable du pays et du sort de son Ă©conomie, de le faire par dĂ©cret prĂ©sidentiel s’il le faut.

Ma conclusion d’ordre humoristique est basĂ©e sur un article que j’avais publiĂ© il y a deux ans environ dans cette mĂȘme magazine Kapitalis intitulĂ© «La politique monĂ©taire de la BCT jugĂ©e par l’IA». Dans cet article, j’avais reproduit la rĂ©ponse intĂ©grale de ChatGPT 4 Ă  la question que je lui avais posĂ©e d’évaluer la politique monĂ©taire suivie par notre banque centrale. J’avais Ă©tĂ© frappĂ© et mĂȘme impressionnĂ© par la pertinence de sa rĂ©ponse, la profondeur de son analyse et la perspicacitĂ© de ses conclusions qui rejoignaient totalement les miennes. Il a reconnu que la politique monĂ©taire suivie par la BCT est  d’ordre monĂ©tariste, basĂ©e sur la thĂ©orie quantitative de la monnaie et l’équation de Cambridge dont il a reproduit la formule exacte et expliquĂ© la signification de chacun des paramĂštres ainsi que les hypothĂšses sous-jacentes pour son succĂšs. Il a identifiĂ© que ces hypothĂšses ne se vĂ©rifient pas en Tunisie Ă  cause de l’importance du secteur informel qui affaiblit le mĂ©canisme de transmission entre l’économie rĂ©elle et l’économie monĂ©taire
 Ainsi, sans avoir jamais mis les pieds en Tunisie (puisqu’il n’en a pas !), il semble connaĂźtre la structure de l’économie tunisienne et la sociologie de sa population mieux que les responsables de notre BCT qui y vivent!

D’oĂč m’est venue l’idĂ©e de proposer au PrĂ©sident Kais SaĂŻed de nommer comme Gouverneur de la BCT Monsieur ChatGPT (ou Mme l’IA, pour ne pas ĂȘtre accusĂ© de sexisme). Lui au moins, il n’aurait pas besoin d’un salaire annuel de 120 000 dinars, d’une Mercedes avec chauffeur, d’une autre voiture pour sa femme et ses enfants (puisqu’ il n’en a pas) et de billets en classe affaires pour ses allers et retours Ă  Washington ou Davos. Les opĂ©rateurs Ă©conomiques seront contents puisqu’ ils auront moins d’intĂ©rĂȘt Ă  payer sur leur crĂ©dit, la croissance Ă©conomique reprendra, les chĂŽmeurs trouveront du travail et le budget de l’Etat fera l’économie du salaire et avantages du Gouverneur. Que demande le peuple ?

 PS : Ceux et celles que la morositĂ© de l’actualitĂ© Ă©conomique, politique et culturelle dans notre pays dĂ©prime comme elle me dĂ©prime, peuvent visiter mon blog «PoĂšmes de la vie» pour y lire des poĂšmes d’ordre mĂ©taphysique oĂč je laisse mon esprit voyager dans le temps et l’espace Ă  la recherche de sĂ©rĂ©nitĂ© et de sens de notre passage Ă©phĂ©mĂšre sur cette belle planĂšte qu’on appelle la Terre, un grain de sable dans l’immensitĂ© de l’univers


L’article La dĂ©cision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Une barque de migrants partie de Tunisie, perdue en mer   

02. April 2025 um 11:38

L’organisation Alarm Phone a alertĂ©, mardi 1er avril 2025,  sur une petite embarcation avec Ă  son bord environ 34 migrants, expliquant que les naufragĂ©s ont quittĂ© la Tunisie dimanche soir en direction des cĂŽtes italiennes.

«Nous avons prĂ©venu les autoritĂ©s, nous nous inquiĂ©tons pour elles car les conditions mĂ©tĂ©orologiques sont terribles», a-t-elle Ă©crit sur X. Et d’ajouter : «Les autoritĂ©s tunisiennes affirment ne pas avoir pu les retrouver.»

Lundi, toute la journĂ©e, l’avion de reconnaissance Sea Watch, a Ă©galement recherchĂ© le petit bateau, mais sans succĂšs. «La recherche doit se poursuivre», conclut Alarm Phone.

I. B. (avec Ansamed).

L’article Une barque de migrants partie de Tunisie, perdue en mer    est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Les revenus touristiques en hausse de 5%  au 1er trimestre 2025

02. April 2025 um 11:23

Les revenus touristiques en Tunisie ont enregistrĂ© une hausse de 5% au premier trimestre 2025 par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode de l’annĂ©e derniĂšre, rĂ©vĂšlent les statistiques publiĂ©es par la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Au 20 mars 2025, les recettes touristiques se sont chiffrĂ©es Ă  environ 1 210,6 millions de dinars (366,84 millions d’euros), contre 1 152,8 millions de dinars (349 33 millions d’euros) Ă  la mĂȘme pĂ©riode de 2024.

Le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, a récemment annoncé que le nombre de touristes attendus pour la saison 2025 devrait dépasser les 11 millions, contre 10,25 millions en 2024.

L’article Tunisie | Les revenus touristiques en hausse de 5%  au 1er trimestre 2025 est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | La nouvelle loi sur les chÚques perturbe le marché

02. April 2025 um 11:09

Avec la nouvelle loi sur les chĂšques, introduite en fĂ©vrier, qui interdit les chĂšques postdatĂ©s pour rĂ©gler les achats en Ă©chelonnant les paiements sur plusieurs mois, les Tunisiens se sentent frustrĂ©s de ne plus pouvoir procĂ©der Ă  des achats avec des paiements fractionnĂ©s, dans ce qui ressemble Ă  une forme de crĂ©dit souvent tolĂ©rĂ©e par les commerçants.  

La rĂ©forme a instaurĂ© un plafond sur le montant des chĂšques, basĂ© sur les revenus et le patrimoine de l’acheteur. Elle permet Ă©galement au commerçant de vĂ©rifier si le payeur dispose de suffisamment de fonds Ă  chaque transaction en scannant un code QR sur son chĂšque. Mais ses effets sur les transactions commerciales sont dĂ©vastateurs et risquent d’aggraver la rĂ©cession que vit le pays depuis 2011.   

Dans un pays en crise, la nouvelle loi censĂ©e «lutter contre les chĂšques sans provision», «rĂ©duire l’endettement des consommateurs» et «amĂ©liorer le climat des affaires», la nouvelle loi a perturbĂ© les budgets de beaucoup de mĂ©nages et portĂ© un coup aux activitĂ©s des petites entreprises, dont beaucoup ont vu leur chiffre d’affaires chuter de moitiĂ©. Ce qui, ne manquera pas de rejaillir nĂ©gativement sur la consommation et la croissance Ă©conomique, qui a Ă©tĂ© de 1,4% en 2024 et qui ne devrait pas dĂ©passer 1,6% en 2025, selon les prĂ©visions du Fonds monĂ©taire international (FMI).

Autre effet prĂ©visible, et qui n’a pas manquĂ© de se confirmer les deux premiers mois de l’entrĂ©e en vigueur de la nouvelle loi : le recours systĂ©matique au cash qui alimente davantage les circuits parallĂšles, assĂšche les liquiditĂ©s et aggrave les pressions inflationnistes. Au grand dam des banques qui sont les plus affectĂ©es par ce changement qui a Ă©tĂ© mal prĂ©parĂ© et mis en Ɠuvre Ă  la hĂąte sans Ă©tudes prĂ©alables. L’objectif y ayant prĂ©sidĂ© Ă©tant surtout d’ordre politique : cette rĂ©forme Ă©tait au programme du prĂ©sident KaĂŻs SaĂŻed depuis la prĂ©sidentielle de 2019.

I. B.

L’article Tunisie | La nouvelle loi sur les chĂšques perturbe le marchĂ© est apparu en premier sur Kapitalis.

La coexistence judĂ©o-musulmane au Maghreb en regard du conflit israĂ©lo-palestinien 

02. April 2025 um 09:58

Au regard du conflit israĂ©lo-palestinien dominant l’actualitĂ© depuis 76 ans, l’opinion publique israĂ©lienne pourrait tirer une grande inspiration de l’Histoire, en l’occurrence de la cohabitation millĂ©naire entre juifs et musulmans en Afrique du Nord. Ces derniers ont fait preuve de tolĂ©rance envers les juifs alors qu’en Europe, ils n’ont eu de cesse d’ĂȘtre persĂ©cutĂ©s, puis exterminĂ©s par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale. (Ph. PĂšlerinage des juifs Ă  la synagogue de la Ghriba, Ă  Djerba, Tunisie).

Samia Ladgham *

Dans un article du New York Times du 16 mai 2024 intitulĂ© «The view within IsraĂ«l turns bleak», l’auteur, Megan K. Stack, soulignait que l’opinion israĂ©lienne envers les Palestiniens s’était durcie bien avant le 7 octobre 2023.  Ces derniĂšres annĂ©es, l’attitude de nombreux IsraĂ©liens envers leurs voisins, considĂ©rĂ©s comme menaçants, s’est traduite par de l’indiffĂ©rence ou encore par cette conviction : les chasser de leur terre et les soumettre sont la volontĂ© de Dieu. Les Ă©vĂšnements du 7 octobre ont accĂ©lĂ©rĂ© ce sentiment. À l’appui de cette affirmation, Megan K. Stack cite un sondage conduit en janvier 2024 par l’UniversitĂ© de Tel Aviv : 94% des juifs israĂ©liens estiment que l’emploi de l’usage de la force Ă  Gaza est appropriĂ©, sinon insuffisant. Un sondage subsĂ©quent montre que la plupart des juifs israĂ©liens s’opposent Ă  ce que nourriture et mĂ©dicaments entrent Ă  Gaza.

En tant que ressortissante d’un pays du Maghreb qui a recueilli les juifs fuyant la persĂ©cution en Espagne et ailleurs en Europe dĂšs le 14e siĂšcle, j’ai Ă©tĂ© choquĂ©e de lire cela, tout comme d’apprendre les crimes commis par le Hamas envers les civils israĂ©liens (et autres nationalitĂ©s) le 7 octobre 2023. Quant Ă  la rĂ©ponse militaire israĂ©lienne, faisant fi des civils palestiniens, elle m’a atterrĂ©e. Lors d’un rĂ©cent sommet sur la crise humanitaire Ă  Gaza tenu en Jordanie, le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies a dĂ©clarĂ© Ă  ce sujet que le rythme et l’ampleur des tueries Ă  Gaza dĂ©passaient tout ce qu’il a connu depuis qu’il a pris ses fonctions. 

Une présence trÚs ancienne

Mon propos ici est de montrer qu’au regard du conflit israĂ©lo-palestinien dominant l’actualitĂ© depuis 76 ans, l’opinion publique israĂ©lienne pourrait tirer une grande inspiration de l’Histoire, en l’occurrence de la cohabitation millĂ©naire entre juifs et musulmans en Afrique du Nord. Ces derniers ont fait preuve de tolĂ©rance envers les juifs alors qu’en Europe, ils n’ont eu de cesse d’ĂȘtre persĂ©cutĂ©s, puis exterminĂ©s par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

Bien sĂ»r les relations entre juifs et musulmans au Maghreb n’ont pas Ă©tĂ© qu’un long fleuve tranquille. La coexistence  entre les deux communautĂ©s a connu des soubresauts et des pĂ©riodes de tension au fil des siĂšcles et des Ă©vĂšnements. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les Arabes musulmans au Maghreb ont Ă©galement connu l’oppression du colonisateur. 

Un peu d’Histoire s’impose. La prĂ©sence juive est attestĂ©e en Afrique du Nord et sur le pourtour de la MĂ©diterranĂ©e dĂšs l’AntiquitĂ©.  L’Afrique du Nord est Ă  ce moment-lĂ  peuplĂ©e par les BerbĂšres. À l’arrivĂ©e de la religion chrĂ©tienne, Ă  la fin du 2e siĂšcle, la religion juive est donc largement reprĂ©sentĂ©e en Afrique du Nord. Toutefois, les conversions massives au christianisme des tribus berbĂšres indigĂšnes puis l’arrivĂ©e de l’islam au 7e siĂšcle (aprĂšs JĂ©sus Christ) vont diminuer l’influence du judaĂŻsme.

Un statut particulier

Les juifs considĂ©rĂ©s comme gens du livre en Islam se voient alors attribuer un statut particulier. En Ă©change de la garantie d’un certain nombre de droits (libertĂ© de culte, droit de propriĂ©tĂ© notamment), ceux que l’on nommera les dhimmis devaient se soumettre Ă  l’autoritĂ© protectrice et payer un impĂŽt.

S’ajoutent Ă  cela une sĂ©rie de dispositions dĂ©finies dans les ouvrages juridiques, dont l’interdiction de monter Ă  cheval ou de porter une arme (par consĂ©quent d’accĂ©der Ă  des fonctions militaires), l’obligation de porter des marques vestimentaires distinctives, l’interdiction de construire de nouveaux Ă©difices religieux, etc. Ces dispositions furent diversement appliquĂ©es selon les Ă©poques et les lieux.  

Quand l’autoritĂ© musulmane censĂ©e protĂ©ger les juifs Ă©tait Ă©clairĂ©e, les juifs vĂ©curent en paix, ce qui fut notamment le cas dans l’Espagne musulmane (7e – 15e siĂšcles). Les communautĂ©s juives et arabes y vĂ©curent en bonne intelligence, sauf lors du rĂšgne des Almoravides, suivi des Almohades venus du Maroc au 12e siĂšcle, dont la conception de l’islam Ă©tait plus rigoureuse.  De nombreux juifs atteignirent une haute position Ă©conomique et sociale, et leur culture, fortement influencĂ©e par la culture arabe, connut un vĂ©ritable Ăąge d’or, plus particuliĂšrement Ă  partir de l’instauration du califat de Cordoue en 929. 

Le refuge maghrébin

À la prise de Grenade en 1492 (qui correspond Ă  la fin de la reconquĂȘte espagnole devant les musulmans), et Ă  la suite d’un dĂ©cret royal du 31 mars 1492, la plupart des juifs quittent l’Espagne, suivis, en 1496, par ceux du Portugal. Fuyant l’inquisition et son lot de persĂ©cutions, bon nombre d’entre eux se dirigent vers l’empire ottoman, qui domine l’Afrique du Nord du 16e  et 17e siĂšcles (Ă  l’exception du Maroc), et le Maroc. En effet, la Turquie est dĂ©jĂ  un pays d’accueil pour les juifs ashkĂ©nazes. Le sultan veille Ă  ce qu’ils soient bien reçus.

Mais bien avant la chute de Grenade, des tensions intercommunautaires entre juifs et chrĂ©tiens d’Espagne avaient provoquĂ© des exodes de juifs d’Espagne dit sĂ©farades, dont une partie s’installa en Afrique du Nord. Selon l’historien français Robert Brunschvig, ces nouveaux venus furent considĂ©rĂ©s d’un Ɠil favorable par les pouvoirs publics et la population musulmane. Leur afflux, prĂ©cise-t-il, loin de passer pour inquiĂ©tant, Ă©tait prometteur de rĂ©alisations Ă©conomiques nouvelles utiles Ă  tous.

Cet afflux se poursuivit avec l’arrivĂ©e des juifs livournais Ă  partir du 17e siĂšcle, notamment en Tunisie. Aux 18e et 19e siĂšcles, Tunis devint une place juive importante. Ce qui frappe, souligne Robert Brunschvig, c’est la continuitĂ© du mouvement migratoire qui s’effectue par vagues successives. Cette constance prouve que les immigrĂ©s, comme le reste de la population juive, jouissaient d’une relative sĂ©curitĂ©. Les juifs, prĂ©cise-t-il, eurent nĂ©anmoins Ă  souffrir de l’occupation espagnole de 1535 Ă  1574, de mĂȘme que des luttes entre le dey d’Alger et le bey de Tunis. Le Pacte fondamental, promulguĂ© en septembre 1857 par le bey de Tunis, marque une Ă©tape importante dans 1’évolution de la condition des Juifs : il va les Ă©manciper.

La colonisation divise pour rĂ©gner  

La colonisation française va venir bouleverser la coexistence entre ces communautĂ©s. Le 24 octobre 1870, le dĂ©cret CrĂ©mieux accorde la nationalitĂ© française Ă  tous les juifs d’AlgĂ©rie. Divisant pour mieux rĂ©gner, la France sĂ©pare ainsi les juifs des musulmans qui, eux, seront soumis au code de l’indigĂ©nat en 1881. Ce code, qui sĂ©vira plus tard dans toutes les colonies françaises, instaure un rĂ©gime juridique d’exception pour les populations autochtones, les privant de leurs droits individuels. Le dĂ©cret CrĂ©mieux conduira Ă  l’assimilation des juifs algĂ©riens Ă  la culture et la langue français et gĂ©nĂšrera du ressentiment avant tout français mais aussi arabe Ă  l’égard des juifs d’AlgĂ©rie. 

Le Maroc et la Tunisie, des protectorats, Ă©chappent au dĂ©cret CrĂ©mieux. Celui-ci est abrogĂ© en 1940 (puis rĂ©tabli en 1943) ramenant les juifs d’AlgĂ©rie au statut d’indigĂšnes.

Sous le rĂ©gime de Vichy (10 juillet 1940-9 aoĂ»t 1944), un statut spĂ©cial pour les juifs de France est Ă©dictĂ©. Il s’appliquera dans les colonies et protectorats français avec des dĂ©calages dans le temps et des diffĂ©rences dans leur rigueur. Un but Ă  cette lĂ©gislation discriminatoire : empĂȘcher les juifs d’exercer toute fonction ou influence dans le domaine Ă©ducatif ou Ă©conomique.

En Tunisie, les lois discriminatoires devaient ĂȘtre soumises au bey pour ratification. Cela a permis Ă  des gouverneurs comme Moncef Bey de ralentir leur mise en application. Le Bey avait toutefois des pouvoirs limitĂ©s sous le protectorat.  Certains Ă©crits affirment que c’est le RĂ©sident General Esteva reprĂ©sentant la France qui ralentit l’application des lois discriminatoires en Tunisie invoquant le fait que le Bey s’opposerait Ă  ce que ses sujets (les juifs Ă©taient sujets du Bey au mĂȘme titre que les musulmans) soient traitĂ©s de cette façon. ArrivĂ© au pouvoir en juin 1942, Moncef Bey Ă©vite aussi aux juifs de Tunis le port de l’étoile. Lorsque les Allemands – ils occupent la Tunisie durant six mois – veulent imposer, Ă  leur profit, un enrĂŽlement gĂ©nĂ©ralisĂ© pour le travail obligatoire, le bey refuse de signer l’ordonnance.

Le roi Mohamed V du Maroc aurait Ă©galement pris fait et cause contre les lois discriminatoires de Vichy. En 1942, en AlgĂ©rie, le dĂ©barquement des alliĂ©s amĂ©ricains arrĂȘte le processus de dĂ©portation des juifs. En Libye, colonie italienne (1911-1943), les juifs sont arrĂȘtĂ©s et dĂ©portĂ©s aprĂšs l’adoption par l’Italie des lois raciales de 1938.

Le conflit israélo-arabe

Ce sont les remous de la dĂ©colonisation et le conflit israĂ©lo-arabe qui vont faire que les juifs d’Afrique du nord Ă©migrent vers IsraĂ«l, la France et les États-Unis. En Tunisie, selon Sophie Bessis, historienne franco-tunisienne, une petite partie de cette population craignant une indĂ©pendance aux consĂ©quences incertaines serait de toute façon partie avec les colons français. Il faut savoir qu’à l’indĂ©pendance, les juifs de Tunisie sont devenus citoyens tunisiens. La crĂ©ation de l’État d’IsraĂ«l en 1948, affirme-t-elle, a transformĂ© en fracture la diffĂ©rence communautaire, car dĂšs sa crĂ©ation, l’ùre de la confusion entre sionistes et juifs a commencĂ©. La crĂ©ation de cet État, la crise de Suez et la guerre des six jours vont engendrer des rĂ©actions hostiles et parfois violentes envers la communautĂ© juive. 

L’agence juive, organisation sioniste originellement chargĂ©e de l’administration de la communautĂ© juive en Palestine sous mandat britannique, va de son cĂŽtĂ© jouer un rĂŽle actif dans l’émigration des juifs en IsraĂ«l. Quoi qu’il en soit, ce dĂ©part volontaire engendre nombre de dĂ©ceptions. En IsraĂ«l, les juifs marocains seront longtemps maltraitĂ©s et feront face Ă  des attitudes hostiles, voire xĂ©nophobes, notamment de la part de juifs issus d’Europe centrale et de l’Est, les juifs ashkĂ©nazes. Selon Myriam Charbit, les juifs sĂ©farades auraient Ă©tĂ© accueillis froidement par un establishment ashkĂ©naze percevant les arabes juifs comme Ă©tant arriĂ©rĂ©s.

En 1948, on estimait le nombre de juifs au Maghreb Ă  plus de 500 000. Ce nombre est passĂ© Ă  5000 aujourd’hui.

Comme on l’a vu, les juifs furent profondĂ©ment enracinĂ©s au Maghreb jusqu’à l’arrivĂ©e du colonialisme. Ils parlaient l’arabe pour la plupart, accĂ©daient pour certains Ă  de hautes fonctions Ă  la cour des Beys ou au lendemain des indĂ©pendances, militaient pour d’autres au sein des mouvements de libĂ©ration nationale, etc. AprĂšs leur dĂ©part, beaucoup continuĂšrent Ă  garder des liens forts avec leur pays d’origine. Pourquoi alors tant d’indiffĂ©rence et d’insensibilitĂ© Ă  l’égard de la tragĂ©die du peuple palestinien, entre autres de la part des juifs sĂ©farades d’IsraĂ«l ?

Je veux croire que les nouvelles gĂ©nĂ©rations ignorent tout de leur passĂ© commun avec les berbĂšres, les maures et les arabes du Maghreb. Elles ignorent que les portes de l’Afrique du Nord et du Maghreb se sont ouvertes Ă  leurs ancĂȘtres alors mĂȘme que toutes les autres, au Moyen Âge, se fermaient pour eux en Europe. 

Je veux croire enfin que, dans un avenir pas si lointain, ces gĂ©nĂ©rations se rĂ©veilleront de ce grand hiver et tendront enfin la main au peuple palestinien. Sinon, qui a-t-il Ă  dĂ©sespĂ©rer de l’humanitĂ©?

* Ancienne fonctionnaire des Nations-Unies.

L’article La coexistence judĂ©o-musulmane au Maghreb en regard du conflit israĂ©lo-palestinien  est apparu en premier sur Kapitalis.

Miguel Cardoso | «Nous ne nous rendons pas en Tunisie pour dĂ©fendre» 

02. April 2025 um 08:03

 Â«Je tiens Ă  assurer aux supporters des Sundowns que nous ne nous rendons pas en Tunisie pour dĂ©fendre. Nous y allons pour marquer et gagner le match retour», a dĂ©clarĂ© l’entraĂźneur portugais Miguel Cardoso aprĂšs le match gagnĂ© Ă  domicile par l’équipe  sud-africaine, mardi 1er avril 2025, au stade Loftus Versfeld Ă  Pretoria, contre une trĂšs prenable EspĂ©rance de Tunis (1-0).  

C’est l’attaquant namibien Peter Shalulile qui a inscrit l’unique but du match à la 54e minute, trompant le gardien Bechir Ben Said à bout portant de Pretoria.

La rencontre fut Ă  sens unique au profit des locaux qui l’ont outrageusement dominĂ©, les EspĂ©rantistes s’étant contentĂ©s de se dĂ©fendre, se montrant incapables de porter le danger dans les buts  adverses.

Ce fut un match ennuyeux des deux cĂŽtĂ©s et les Tunisiens peuvent se consoler de n’avoir concĂ©dĂ© qu’un seul but, car le score aurait pu ĂȘtre plus lourd au vu de leur sortie catastrophique d’hier. Les «Sang et Or» ont en effet jouĂ© leur plus mauvais match depuis le dĂ©but de la saison sous la fĂ©rule de leur nouveau coach Maher Kanzari, en place depuis seulement deux semaines.

Le coach portugais des Sud-africains, qui Ă©tait trĂšs nerveux durant toute la premiĂšre mi-temps face Ă  l’indigence de ses protĂ©gĂ©s, a repris quelque peu confiance en constatant l’absence de rĂ©pondant de la part des EspĂ©rantistes, qu’il avait connus plus saillants lorsqu’il les entraĂźnait lui-mĂȘme.

«Nous avons perdu le fil aprĂšs avoir menĂ©. Notre but m’a ravi, notamment la façon dont nous avons fait basculer le jeu d’un cĂŽtĂ© Ă  l’autre du terrain», a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  l’issue de la rencontre. Et d’admettre : «Il y a beaucoup de travail devant nous», en rĂ©fĂ©rence au match retour Ă  RadĂšs, dans la banlieue de Tunis, le 8 avril ajoutĂ©, oĂč ses adversaires du jour se montreront sans doute moins timorĂ©s et plus conquĂ©rants.

I. B.

L’article Miguel Cardoso | «Nous ne nous rendons pas en Tunisie pour dĂ©fendre»  est apparu en premier sur Kapitalis.

Trois supporters de l’EspĂ©rance de Tunis hospitalisĂ©s Ă  Pretoria

02. April 2025 um 07:29

L’ambassade de Tunisie Ă  Pretoria affirme s’ĂȘtre coordonnĂ©e avec les autoritĂ©s sud-africaines pour assurer la sortie sĂ©curisĂ©e des supporters de l’EspĂ©rance sportive de Tunis (EST) aprĂšs le match de leur Ă©quipe contre Mamelodi Sundowns, mardi 1er avril 2025. (Ph.  Phill Magakoe / AFP).

Aucun incident grave n’a Ă©tĂ© signalĂ© et les supporters ont Ă©tĂ© escortĂ©s sous protection sĂ©curitaire, a prĂ©cisĂ© le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, de la Migration et des Tunisiens Ă  l’étranger dans un communiquĂ© publiĂ© mardi soir.

Des ambulances ont Ă©tĂ© mobilisĂ©es pour transporter les supporters blessĂ©s vers l’hĂŽpital, oĂč ils ont reçu les premiers soins nĂ©cessaires et leur Ă©tat de santĂ© est jugĂ© stable, ajoute le communiquĂ©.

Par ailleurs, l’ambassade assure un suivi continu afin de garantir le retour en toute sĂ©curitĂ© des supporters tunisiens. Des laissez-passer seront dĂ©livrĂ©s Ă  ceux dont les passeports ont Ă©tĂ© volĂ©s ou perdus.

Ces «assurances» n’expliquent pas ce qui s’est rĂ©ellement passĂ© : les supporters espĂ©rantistes ne se sont tout de mĂȘme pas blessĂ©s tous seuls! Il y a donc bien eu des violences.

En fait, des affrontements ont eu lieu dans les tribunes entre supporters adverses pendant plusieurs minutes. Les mĂ©decins ont indiquĂ© avoir soignĂ© quelques supporters pour des blessures lĂ©gĂšres. «On m’a rapportĂ© que des supporters adverses se sont jetĂ©s des bouteilles d’eau en plastique et qu’il y a eu des Ă©chauffourĂ©es. Nous avons soignĂ© quelques coupures et contusions, mais rien de grave», a dĂ©clarĂ© un mĂ©decin Ă  l’AFP.

L’EspĂ©rance de Tunis s’est inclinĂ©e 1-0 face Ă  Mamelodi Sundowns lors du match aller des quarts de finale de la Ligue des champions africaine disputĂ© Ă  Pretoria. Le match retour est prĂ©vu pour mardi prochain au stade de RadĂšs.

L’EST a tenu Ă  rassurer via ses rĂ©seaux sociaux que tous ses supporteurs Ă©taient sains et saufs et sont retournĂ©s sans encombre Ă  Johannesburg. Seuls trois blessĂ©s, dans un Ă©tat stable, ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©s.

I. B.

L’article Trois supporters de l’EspĂ©rance de Tunis hospitalisĂ©s Ă  Pretoria est apparu en premier sur Kapitalis.

Un rĂ©seau de trafic d’armes et de drogues dĂ©mantelĂ© Ă  Kasserine

Von: Yusra NY
02. April 2025 um 00:11

Cinq hommes et une femme membres d’un rĂ©seau de trafic d’armes et de drogues ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s dans diffĂ©rentes localitĂ©s situĂ©es Ă  Kasserine.

L’opĂ©ration a Ă©tĂ© menĂ©e par la sous-direction de la lutte contre la criminalitĂ© de la garde nationale de Ben Arous en collaboration avec la Direction gĂ©nĂ©rale des unitĂ©s d’intervention, et ce, sur la base d’informations et d’investigations indique la Direction gĂ©nĂ©rale de la garde nationale (DGGN), ce mardi 1er avril 2025.

Des descentes effectuĂ©es en coordination avec le Parquet ont abouti Ă  l’arrestation des suspects et Ă  la saisie de plaques de cannabis, des comprimĂ©s de stupĂ©fiants, des armes ainsi qu’une importante somme d’argent, fruit de ce trafic

Le ministĂšre public a ordonnĂ© la mise en dĂ©tention des principaux suspects, alors que l’enquĂȘte se poursuit

Y. N.

L’article Un rĂ©seau de trafic d’armes et de drogues dĂ©mantelĂ© Ă  Kasserine est apparu en premier sur Kapitalis.

Stockholm | Vers un partenariat renforcé entre la Tunisie et la SuÚde

Von: Yusra NY
01. April 2025 um 23:10

Dans le cadre de la visite de travail qu’il effectue Ă  Stockholm, Ă  l’invitation de son homologue suĂ©doise, M. Mohamed Ali Nafti, Ministre des Affaires ÉtrangĂšres a eu, le 1er avril 2025, un entretien avec Mme. Maria Malmer Stenergard, Ministre des Affaires ÉtrangĂšres de la SuĂšde.

Cette rencontre Ă©tait une occasion pour examiner l’état et les perspectives des relations bilatĂ©rales entre la Tunisie et le Royaume de SuĂšde, ainsi que les moyens de renforcer la coopĂ©ration dans les domaines d’intĂ©rĂȘt commun. Durant la rencontre, M. Mohamed Ali Nafti a rappelĂ© la longue histoire des relations d’amitiĂ© et de coopĂ©ration entre la Tunisie et la SuĂšde qui remontent Ă  1957, et qui se sont basĂ©es sur un engagement commun en faveur de la paix, des valeurs humanitaires, de la coopĂ©ration internationale et des programmes de dĂ©veloppement durable, lancĂ©s dĂšs l’indĂ©pendance de la Tunisie et poursuivis de maniĂšre intensive jusqu’à ce jour.

Le Ministre a Ă©galement soulignĂ© l’aspiration de la Tunisie Ă  approfondir ses relations avec la SuĂšde dans les domaines liĂ©s aux prioritĂ©s de dĂ©veloppement des deux pays, notamment l’économie, le commerce, les Ă©nergies renouvelables et les technologies avancĂ©es. Il a saisi cette occasion pour exprimer son apprĂ©ciation pour l’engagement et la volontĂ© sincĂšre du Royaume de SuĂšde de dĂ©velopper les relations bilatĂ©rales et les diffĂ©rents aspects de coopĂ©ration, dans l’intĂ©rĂȘt commun des deux pays, et de maniĂšre Ă  promouvoir les investissements conjoints et augmenter le flux touristique suĂ©dois vers la Tunisie.

De son cotĂ©, la Ministre suĂ©doise a saluĂ© le niveau de coopĂ©ration entre la Tunisie et la SuĂšde, soulignant la volontĂ© de son pays de dĂ©velopper la coopĂ©ration bilatĂ©rale et d’élargir ses horizons vers d’autres domaines vitaux tels que l’économie verte, les Ă©nergies renouvelables, les technologies de la communication et le savoir.

La Ministre suĂ©doise a Ă©galement rĂ©itĂ©rĂ© la dĂ©termination de son pays Ă  continuer d’accompagner la Tunisie dans son partenariat avec l’Union EuropĂ©enne, soulignant l’importance de la dimension mĂ©diterranĂ©enne et des nouveaux mĂ©canismes au sein de l’UE pour renforcer et consolider ce partenariat.

Les deux Ministres ont Ă©galement discutĂ© les dĂ©veloppements rĂ©cents dans la rĂ©gion et des Ă©volutions de plusieurs questions rĂ©gionales et internationales d’intĂ©rĂȘt commun. M. Mohamed Ali Nafti a rĂ©affirmĂ©, dans ce contexte, la position ferme de la Tunisie en faveur de la crĂ©ation d’un État palestinien indĂ©pendant et contre l’agression injustifiĂ©e contre le peuple palestinien.

La rencontre a aussi Ă©tĂ© une opportunitĂ© pour examiner le rĂŽle de la communautĂ© tunisienne en SuĂšde. Le Ministre a soulignĂ© la contribution des Tunisiens Ă  Ă©tablir des ponts sociaux, Ă©conomiques et culturels entre les deux pays et peuples amis. Il a saluĂ© l’accueil rĂ©servĂ© par le Royaume aux premiers groupes de Tunisiens ayant choisi ce pays comme destination pour s’établir dĂšs les annĂ©es 1970, ajoutant que le nombre de Tunisiens a atteint aujourd’hui prĂšs de 12 000, et mettant en avant l’importance de leur intĂ©gration dans le pays d’accueil tout en maintenant les liens avec leur patrie, la Tunisie.

Communiqué

L’article Stockholm | Vers un partenariat renforcĂ© entre la Tunisie et la SuĂšde est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌