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Tunisie | Le 20 mars, jour de l’Aid El-Fitr  

14. März 2026 um 12:47

Selon la Société astronomique de Tunisie (SAT), le premier jour de l’Aïd El-Fitr devrait être le 20 mars 2026, selon les calculs astronomiques, pour les pays qui se basent sur l’observation visuelle du croissant de lune ou sur des calculs astronomiques, ou encore pour ceux où les fidèles auront accompli les 30 jours de jeûne de Ramadan. Le 20 mars, comme on le sait, coïncidera avec célébration de la fête de l’Indépendance en Tunisie.

La Société a expliqué dans un communiqué que le croissant de chawwal de l’an 1447 après l’hégire sera visible le soir du 19 mars depuis le centre et l’ouest du monde islamique, que ce soit à l’aide d’instruments optiques équipés de capteurs électroniques ou à l’œil nu.

Cependant, l’observation sera extrêmement difficile depuis l’extrême ouest du continent africain.

La SAT a ajouté que le début astronomique de chawwal aura lieu le 20 mars 2026, tandis qu’en Extrême-Orient asiatique, il sera le 21 mars 2026.

L’annonce officielle du début du mois islamique reste la prérogative du Grand Mufti de Tunisie, a-t-elle cru devoir ajouter pour éviter toute équivoque, ce qui souligne un anachronisme aussi absurde qu’injustifié.

I. B.

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La réutilisation des eaux usées en Tunisie ne dépasse pas 7 %

14. März 2026 um 12:08

L’expert en développement et gestion des ressources en eau, Hussein Rehili, a affirmé que la Tunisie accuse un retard de près de 30 ans dans la réutilisation des eaux usées traitées, une ressource gaspillée dans notre pays et qui pourrait jouer un rôle crucial pour relever les défis futurs, notamment ceux liés au stress hydrique qui s’aggrave avec le réchauffement climatique.

M. Rehili, qui intervenait dans l’émission ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, vendredi 13 mars 2026, a ajouté que le secteur de l’eau en Tunisie souffre d’une fragmentation institutionnelle entre plusieurs ministères, alors qu’une vision unifiée et une planification coordonnée pourraient aider à mieux gérer cette ressource vitale.

Les sources d’eau conventionnelles relèvent du ministère de l’Agriculture, tandis que les eaux usées traitées sont gérées par celui de l’Environnement et l’eau de source, l’eau en bouteille et l’eau thermale dépendent du département de la Santé.

Cette fragmentation, a soutenu l’expert, empêche l’élaboration d’une politique globale de l’eau, au moment où le pays fait face à un stress hydrique croissant et a du mal à mobiliser suffisamment d’eau pour l’irrigation.

M. Rehili a souligné la nécessité pour l’Office national de l’assainissement (Onas) de conclure un accord avec le ministère de l’Agriculture pour la réutilisation des eaux usées traitées dans les zones irriguées, en déplorant que des obstacles administratifs empêchent la généralisation de cette pratique aussi utile que nécessaire. Selon les données officielles, le taux de réutilisation des eaux usées traitées en Tunisie ne dépassait pas, en 2024, 5 à 7 %, un pourcentage très faible compte tenu de la rareté de l’eau dans le pays, alors que ce taux atteint environ 80 % en Israël, 13 à 15 % en Espagne et 8 % en Italie, pays méditerranéens soumis aux mêmes défis de rareté de l’eau.

Le projet visant à améliorer la valeur et la qualité des eaux usées traitées, annoncé par le ministère de l’Environnement en partenariat avec celui de l’Agriculture et en coopération avec l’Italie, constitue une étape importante vers le développement de l’utilisation de ces ressources dans les stations d’épuration.

Le projet coûte environ 620 millions de dinars et repose sur trois piliers principaux : l’amélioration du traitement de l’eau, le soutien aux performances du secteur agricole et la promotion de la formation et de la recherche scientifique dans les domaines de l’eau et de l’agriculture.

I. B.

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La Tunisie va devoir augmenter les prix des hydrocarbures   

14. März 2026 um 11:29

L’ancien ministre du Commerce, Mohamed Msilini, a déclaré, samedi 14 mars 2026, que le gouvernement pourrait procéder à un ajustement des prix si le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui a provoqué une hausse de prix des hydrocarbures, se poursuivait.

M. Msilini, qui intervenait dans l’émission ‘‘Weekend Al-Kif’’ sur Diwan FM, a expliqué que ces ajustements pourraient concerner les prix de l’électricité, du gaz et des biens de consommation, en précisant que certains pays, comme l’Égypte, avaient déjà commencé à appliquer cette mesure. La hausse des prix des carburants pourrait atteindre 10 % ou plus, a-t-il estimé, en rappelant que le ministère de l’Énergie dispose d’un mécanisme permettant d’ajuster les prix des carburants, soit à la hausse, soit à la baisse, tous les trois mois, lorsque les prix fluctuent.

Les ressources budgétaires dédiées au développement pourraient être détournées pour combler le déficit de la balance énergétique. Cette situation pourrait aussi entraîner des pénuries de biens de consommation, a averti l’ancien ministre. «Nous pourrions nous retrouver à nouveau à faire la queue pour du pain et d’autres produits de première nécessité, et assister à des achats de panique», a-t-il averti.

La demande de biens de consommation a déjà augmenté sur le marché afin de constituer des stocks de réserve, car le conflit pourrait se prolonger, a constaté M. Msilini, en soulignant, également, la forte hausse des prix de l’énergie et des coûts d’assurance sur le marché mondial, ce qui se traduira par une augmentation des coûts de transport, laquelle et nécessairement répercutée sur les prix de vente publique.

Il reste à se demander pourquoi un sujet aussi actuel et aussi brûlant que la hausse des prix des hydrocarbures soit évoqué par un ancien ministre et non par un membre du gouvernement en place. Lequel semble vouloir éviter de communiquer sur un sujet aussi impopulaire et qui risque de fâcher dans un contexte d’inflation des prix et de baisse du pouvoir d’achat. A moins qu’il ait une autre solution miracle pour faire face à la situation. Auquel cas, on serait très content de l’apprendre.

I. B.

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L’affaire Saadia Mosbah continue de susciter une vive émotion en Tunisie

14. März 2026 um 10:53

Saadia Mosbah, 65 ans, figure emblématique de la lutte antiraciste en Tunisie et présidente de l’association Mnemty dédiée à ce combat, devra comparaître de nouveau devant la Chambre criminelle du tribunal de Tunis le 19 mars 2026. La demande de mise en liberté présentée par ses avocats lors de l’audience du 12 mars a été rejeté par les juges.

Saadia Mosbah est détenue avec d’autres membres de son association dans cette affaire portant sur des soupçons de corruption financière et administrative au sein de la direction de l’ONG très active dans la défense des droits des migrants et demandeurs d’asile subsahariens en Tunisie, des accusations que les prévenus rejettent totalement tout en criant leur innocence.

L’affaire Mosbah continue de susciter une vive émotion en Tunisie et à l’étranger. Une pétition a d’ailleurs été lancée ces dernières semaines en Tunisie pour exiger sa libération immédiate et dénoncer la montée des discours de haine, du racisme et des discriminations à l’encontre des défenseurs des droits humains et des organisations œuvrant sur les questions migratoires.

Saadia Mosbah a été arrêtée le 6 mai 2024. Sa famille, notamment son fils Fares Gueblaoui, s’inquiètent de son état de santé, compte tenu de la durée de sa détention.

Human Rights Watch (HRW) la décrit comme l’une des figures de proue du militantisme noir en Tunisie et souligne sa contribution à la loi de 2018 contre la discrimination raciale.

Selon HRW, son arrestation s’inscrit dans un contexte de répression contre les organisations de la société civile œuvrant pour les droits des migrants, quelques heures après que le président Kaïs Saïed a formulé de nouvelles accusations contre plusieurs ONG, les accusant de recevoir des fonds étrangers et de faciliter l’installation de migrants dans le pays.

La Commission internationale de juristes (CIJ) inscrit cette affaire dans une série plus large de poursuites judiciaires contre des acteurs de la société civile actifs dans les domaines de la migration, de l’asile et de la lutte contre le racisme.

L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a organisé, le 10 mars, une «Soirée ramadanesque pour la liberté de l’activiste et défenseure des droits humains Saadia Mosbah», au Centre Dr. Ahlem Belhaj d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violence. Au cours de cette soirée, elle a réitéré son appel pour la libération de la militante antiraciste.

I. B.

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En médecine, le charlatanisme est un crime

14. März 2026 um 10:18

L’auteure, praticienne chevronnée, a lancé ce «cri d’alarme et appel à la vigilance» dans un post Facebook intitulé «La plume qui peut tuer au nom de la ‘‘tradition’’» ​pour attirer l’attention du public sur la menace pour la santé publique que constitue aujourd’hui certaines pratiques de la médecine traditionnelle qui s’apparentent davantage au charlatanisme et à l’escroquerie.

Pre Sonia Blibech *

Vendredi 13 mars 2026 à 16h, en plein cœur de notre service de réanimation néonatale, j’ai été confrontée à l’insoutenable.

Un père, tenant son nourrisson de 9 mois dans ses bras, me demande avec aplomb ce que je pense du traitement «à l’arabe» par la plume (تنحية البلغم بالريشة).

Il tombe pile poil sur la bonne personne, au bon moment et au bon endroit.

​Parce qu’une séance de kinésithérapie respiratoire n’a pas produit de «miracle» immédiat à ses yeux, ce père a choisi de livrer la gorge de son fils à une pratique barbare.

​Le constat est glaçant : en présence de la mère, enceinte de 5 mois, la vérité éclate.

Malgré l’opposition désespérée de la grand-mère maternelle et mère de 9 enfants, le père a imposé ce supplice à son fils à Oued Ellil (Cité des Roses), chez une septuagénaire qui opère impunément devant une foule de clients.

​Aux parents : le charlatanisme n’est pas une alternative, c’est un crime.

La «technique de la plume» est une agression physique caractérisée.

1- ​Risque de lacération : une plume n’est pas un instrument chirurgical. Elle provoque des microdéchirures de la muqueuse oropharyngée.

2- ​Sepsis : introduire un objet souillé, porteur de germes inconnus, dans les voies respiratoires d’un bébé est une invitation à l’infection généralisée.

3- ​Fausse route et arrêt respiratoire : le réflexe de vomissement provoqué peut entraîner une inhalation du contenu gastrique ou un spasme laryngé mortel.

​En tant que professionnel de santé et responsable, je le dis : confier la vie de son enfant à l’ignorance des charlatans sous prétexte de tradition est une démission parentale pour ne pas blanchir l’ignorance en 2026 ou pour ne pas dire crime plutôt que délit.

Aux médecins en formation et pédiatres : notre devoir de dénoncer.

Chers confrères, internes et résidents, ce cas d’école nous rappelle une vérité fondamentale de notre serment : nous sommes les derniers remparts des enfants.

​Ne soyez pas complaisants : le charlatanisme ne doit jamais être toléré par politesse culturelle.  C’est une mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

​Identifiez les sévices : la pratique de la plume (تنحية البلغم بالريشة), les scarifications (التشليط), les brûlures rituelles (الكي بالنار), les applications de pétrole (قاز) et d’oignon (بصل) pour faire baisser la fièvre, l’application d’argile (الطين) pour la prévention de l’érythème fessier, l’ingestion de la « حديدة » pour élimination du méconium, etc., sont des maltraitances physiques.

​Osez dénoncer ! Face au refus de la mère de nommer la charlatane par peur, notre rôle est pédagogique mais aussi légal.

Le secret médical ne couvre pas la non-assistance à enfant en danger. Nous avons le devoir de signaler ces «officines de la mort» aux autorités compétentes et au délégué à la protection de l’enfance.

​Mon appel : Nous ne pouvons plus laisser des foules s’agglutiner devant des maisons à Oued Ellil pour voir des enfants se faire maltraiter.

La science sauve, l’obscurantisme tue.

​Grand-mère, vos larmes étaient justifiées.

Ne laissons plus l’ignorance étouffer le souffle de nos enfants.

* Professeure en néonatalogie.

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Only in Tunisia

14. März 2026 um 09:33

Les situations kafkaïennes ne manquent pas en Tunisie avec le projet d’agrandissement d’un aéroport de Tunis-Carthage déjà classé parmi les derniers du monde, un port en eaux profondes à Enfidha qui n’a pas trouvé d’investisseurs depuis près d’un quart de siècle et le métro de Sfax, le deuxième centre économique du pays, dont le PDG est parti à la retraite sans même poser un seul mètre de voie ferrée.

Elyes Kasri *

Certains prétendent, peut-être à tort, que la Tunisie n’aura des chances de sortir de sa crise systémique actuelle et de regagner son statut d’économie émergente qu’en se débarrassant de sa frilosité et de sa prédilection pour le replâtrage à court terme, avec pour seul et unique avantage d’être sans douleur.

L’absence d’audace dans sa vision de la logistique et du transport fait perdre à la Tunisie l’atout de ses compétences humaines qui n’ont d’autre choix que l’exil et la proximité de l’Europe qui est en voie de devenir une malédiction par sa volonté de faire de la Tunisie le dépotoir des damnés de l’Afrique dont l’Europe ne veut pas, suscitant toutes sortes d’obligations humanitaires de la part d’un Etat déjà en difficulté et des appréhensions chez une population qui y voit un motif supplémentaire d’inquiétude pour son avenir.

Perte de temps et de compétitivité

Tant qu’elle n’aura pas l’ambition de voir grand dans son infrastructure portuaire, aéroportuaire et ferroviaire urbaine et interurbaine, loin des gadgets et des miroirs aux alouettes, la Tunisie ne fera que perdre du temps et sa compétitivité par rapport à ses concurrents.

Les situations kafkaïennes ne manquent pas en Tunisie avec le projet d’agrandissement d’un aéroport national, Tunis-Carthage en l’occurrence, déjà classé parmi les derniers du monde, un port en eaux profondes qui n’a pas trouvé d’investisseurs depuis près d’un quart de siècle et le métro de Sfax, le deuxième centre économique du pays, dont le PDG est parti à la retraite sans même poser un seul mètre de voie ferrée.

Quand j’étais en poste en République de Corée, à la fin du siècle dernier, certains diplomates ironisaient en utilisant l’expression dérogatoire «only in Korea». Depuis, la République de Corée est devenue un géant industriel et technologique et la Tunisie a pour sa part choisi la voie de la stagnation puis de la révolution avec tous les indicateurs socio-économiques qui n’échappent à personne.

Je ne serais pas étonné que, face à ce qui se passe en Tunisie depuis deux décennies, des diplomates étrangers n’utilisent la formule «only in Tunisia», pas nécessairement comme un éloge.

* Ancien ambassadeur.

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Détroit d’Ormuz | Les pipelines saoudien et émirati sont-ils une alternative ?

14. März 2026 um 08:45

Avec la fermeture soudaine du détroit d’Ormuz causée par la guerre d’Iran, le pipeline Est-Ouest saoudien et le pipeline émirati Habshan-Fujairah sont devenus parmi les infrastructures les plus importantes et les plus vitales du monde. Cependant, ces voies alternatives peuvent-elles remplacer les flux qui transitaient par le détroit d’Ormuz et la solution est-elle viable ?

Imed Bahri  

Ces deux pipelines ont été construits spécifiquement pour contourner le détroit d’Ormuz, l’un en Arabie saoudite et l’autre aux Émirats arabes unis, et constituent les seules voies permettant d’acheminer une quantité importante de pétrole du golfe Persique vers les marchés mondiaux sans passer par cette voie maritime, rappelle Wall Street Journal

Ces pipelines ne peuvent remplacer tous les pétroliers transporteraient le pétrole par voie maritime mais leur utilisation actuelle empêche la crise de s’aggraver considérablement, joute le journal américain.  

L’Arabie saoudite, en particulier, achemine autant de pétrole brut que possible via son pipeline vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, un pipeline construit au début des années 1980, lorsque la guerre Iran-Irak menaçait la navigation dans le Golfe.

La plus grande crise jamais connue

«Bien que nous ayons connu des perturbations par le passé, il s’agit sans aucun doute de la plus grande crise que le secteur pétrolier et gazier de la région ait jamais connue», a déclaré Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, mardi.

La perturbation du transport maritime a fait du pipeline Est-Ouest saoudien l’une des infrastructures les plus vitales de l’économie mondiale. Selon Amin Nasser, Aramco prévoit de pouvoir acheminer sa capacité maximale de sept millions de barils par jour via cet oléoduc de 1200 kilomètres d’ici quelques jours.

Environ deux millions de barils par jour sont alloués aux raffineries saoudiennes, laissant environ cinq millions de barils pouvant atteindre quotidiennement les marchés mondiaux. Ce volume est à peu près équivalent à la majeure partie des cargaisons de pétrole saoudiennes qui transitaient par le détroit d’Ormuz avant la guerre, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une agence fondée par l’OCDE en 1974 et dépendante de celle-ci qui est basée à Paris. À ne pas confondre avec l’AIEA spécialisée dans le nucléaire, dépendante de l’Onu et siégeant à Vienne.

Parallèlement, l’Iran a mené des attaques contre les infrastructures énergétiques du Golfe afin de faire grimper les prix pour impacter les électeurs américains. Selon les analystes, rien n’empêche Téhéran de cibler les pipelines saoudiens ou émiratis.

Le pétrole continue d’arriver sur le marché 

Tant que le pétrole continue de transiter par ces pipelines, une partie au moins peut parvenir aux acheteurs, tandis que plus d’un millier de pétroliers restent immobilisés dans le Golfe Persique.

Le pipeline émirati, plus petit, transporte du pétrole brut d’Abou Dhabi jusqu’au port de Fujairah, sur le golfe d’Oman.

«Voir soudainement deux superpétroliers quitter Yanbu et un autre Fujairah a un impact psychologique, laissant entendre que du pétrole continue d’arriver sur le marché», a déclaré Adi Imserovic, ancien négociant en pétrole et maître de conférences à l’université d’Oxford. Il a toutefois ajouté : «Ce qui m’inquiète vraiment, c’est que ces oléoducs sont faciles à cibler.» 

Le cours du pétrole continue son évolution erratique : après voir atteint 119,50 dollars lundi 9 mars, il est descendu 88,61 dollars mardi, après que le président Donald Trump a déclaré que la guerre prendrait fin «très prochainement». Cependant, le baril de Brent, référence mondiale, reste beaucoup plus cher qu’à la veille de la guerre, lorsque son prix oscillait entre 60 et 78 dollars. Ce samedi 14 mars, son prix s’établit à 96,88 dollars le baril et, étant donné la poursuite de la guerre, il pourrait reprendre sa tendance à la hausse.

L’extrême volatilité des prix de part et d’autre du détroit d’Ormuz témoigne de la forte demande de pétrole pouvant le contourner. Le pétrole brut omanais se négocie avec une prime par rapport au pétrole brut de Dubaï, qui ne peut être détourné du port de Fateh, situé sur la rive opposée.

Selon les données de Kpler (entreprise technologique de premier plan fournissant des données en temps réel, de l’intelligence artificielle et des analyses sur les marchés de matières premières et le fret maritime), un pétrolier appartenant à l’armateur grec George Prokopiou figure parmi les rares navires occidentaux à avoir quitté le détroit depuis le début du conflit. Ce pétrolier transportait du pétrole saoudien et a traversé Ormuz avec son système de suivi désactivé.

Les dirigeants européens des compagnies pétrolières opérant dans la région ont déclaré rester incertains quant à l’opportunité d’envoyer leurs navires par le détroit.

Le pipeline saoudien, qui serpente à travers dunes de sable, montagnes et champs de lave, transporte le pétrole des vastes gisements de l’est de l’Arabie saoudite jusqu’à la côte de la mer Rouge. Sa longueur est comparable à celle du célèbre pipeline de l’Alaska.

La hausse des coûts de transport complique la donne

Environ 7 000 ouvriers ont été employés sur ce projet de quatre ans, supervisé par une filiale de Mobil Oil, selon une note interne d’Aramco datant de 1983, deux ans après le premier transport de pétrole par ce pipeline. Pour créer un gazoduc parallèle destiné au transport de gaz naturel, des ouvriers ont creusé une tranchée à travers la péninsule arabique à l’aide d’environ 2 000 tonnes d’explosifs.

Le pipeline devait contourner le golfe Persique et acheminer les exportations saoudiennes plus près des marchés occidentaux. Aujourd’hui, cependant, la majeure partie des exportations de pétrole saoudien est destinée à l’Asie.

Des volumes de pétrole encore plus importants auraient pu être transportés à travers la mer Rouge si un autre projet de pipeline n’avait pas été interrompu par des conflits régionaux.

Début 1990, l’Irak et l’Arabie saoudite ont inauguré un gigantesque pipeline destiné à acheminer le pétrole irakien jusqu’au port de Yanbu. Mais sept mois plus tard seulement, Saddam Hussein envahissait le Koweït, et le projet ne devint jamais opérationnel.

Vikas Dwivedi, stratège en énergie mondiale chez Macquarie Bank, a déclaré que les exportations quotidiennes depuis Yanbu avaient augmenté de 2 millions de barils par jour la semaine dernière. Il estime que le gazoduc fonctionnait à 50 à 60% de sa capacité lundi.

Le pipeline émirati, plus récent et co-construit par une filiale de la China National Petroleum Corporation, relie Habshan (Abou Dhabi) à Fujairah, sur le golfe d’Oman. D’une capacité d’environ 1,8 million de barils par jour, il transportait déjà près de 1,1 million de barils par jour avant la guerre, selon l’AIE.

Les chargements de pétrole ont augmenté à Yanbu et à Fujairah. La compagnie pétrolière nationale brésilienne Petrobras a déclaré que l’Arabie saoudite avait respecté ses engagements en acheminant du pétrole par ce pipeline. Le seul problème persistant pour l’entreprise, selon son PDG, est la hausse des coûts de transport.

10 millions de barils de pétrole bloqués dans le Golfe

Malgré le flux de pétrole dans les pipelines, les premières estimations suggèrent qu’environ 10 millions de barils de pétrole restent bloqués dans le golfe Persique, selon la société d’analyse Sparta Commodities. «Nous avons résolu environ la moitié du problème», a déclaré Neil Crosby, analyste de cette société.

Bien que le chargement de pétrole en mer Rouge ou à Fujairah soit plus sûr que le transport maritime via le golfe Persique, il n’est pas sans risques. Le port de Fujairah, aux Émirats, a été endommagé la semaine dernière par une attaque de drone, ce qui a incité certains fournisseurs de carburant à se retirer de leurs contrats dans cette zone.

Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran et basés au Yémen, ont lancé des dizaines d’attaques contre des navires commerciaux en 2024. Bien qu’ils n’aient pas repris cette campagne durant le conflit actuel, les analystes en sécurité maritime de la société britannique Ambry conseillent aux navires ayant des liens avec les États-Unis et Israël d’éviter la mer Rouge.

L’Iran a construit un pipeline contournant le golfe Persique et atteignant le port de Jask, sur le golfe d’Oman. Selon les données de Kpler, un superpétrolier d’une capacité de deux millions de barils de pétrole a chargé une cargaison dans ce port au cours du week-end dernier. Il s’agissait seulement du troisième chargement de ce type à quitter Jask depuis 2021.

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L’Europe aura-t-elle besoin du pétrole russe ?

14. März 2026 um 07:48

Vladimir Poutine serait prêt à approvisionner à nouveau l’Europe en pétrole et en gaz, mais seulement si les pays européens s’engagent dans une coopération à long terme exempte de considérations politiques. Ce qui équivaudrait à un abandon de l’Ukraine et des Etats baltes par Bruxelles. Le président russe demanderait clairement qu’on le laisse faire ce qu’il veut comme on le fait du reste avec son alter égo américain Donald Trump. (Carte: Gazoducs et oléoducs russes irriguant l’Union européenne avant la guerre en Ukraine).

Habib Glenza, à Lodz (Pologne)

La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a bouleversé les calculs stratégiques mondiaux, le pétrole et le gaz connaissant une baisse de production suite au chaos récemment déclenché au Moyen-Orient par ces deux Etats arrogants et belliqueux.

La crise a offert à Moscou une opportunité de manœuvres diplomatiques, et Poutine n’a pas tardé à tenter de tirer profit de la situation pour renforcer la Russie.

Lors d’une rencontre télévisée consacrée au marché pétrolier et gazier, le chef du Kremlin a tendu une main à l’Union européenne en proposant de fournir des hydrocarbures à l’ensemble de la zone.

Moscou profite de la crise

Selon l’agence de presse ukrainienne United 24, organe de presse du gouvernement, Poutine a déclaré que la Russie n’avait jamais refusé de collaborer avec les entreprises européennes dans le secteur pétrolier et gazier. Il a également affirmé être ouvert à une coopération renouvelée avec l’Europe.

Cependant, l’aide du président russe aurait un prix. Il a présenté cette aide comme une assistance conditionnée à la reprise par l’Europe de sa coopération pétrolière et gazière avec la Russie, tout en soulignant qu’elle devait être exempte de toute considération politique

Poutine a expliqué que, face à la crise énergétique croissante, la Russie continuerait de fournir du pétrole à ses partenaires commerciaux fiables, notamment en Asie et dans les États membres de l’UE que sont la Hongrie et la Slovaquie. Il a toutefois indiqué être disposé à collaborer de nouveau avec d’autres pays européens.

Le pétrole n’a pas d’odeur

«Si les entreprises et les acheteurs européens décident soudainement de se réorienter et de nous offrir une coopération durable à long terme, exempte de pressions politiques… alors qu’ils le fassent. Nous n’avons jamais refusé», a déclaré Poutine, selon le Moscow Times.

«Nous sommes prêts à travailler avec les Européens, mais nous avons besoin de signaux de leur part indiquant qu’ils sont prêts et disposés à travailler avec nous et à garantir cette durabilité et cette stabilité», a ajouté Poutine, sans ironie aucune, mais en goûtant à l’avantage substantiel que lui donne la crise actuelle de l’énergie provoquée par ses adversaires supposés et alliés providentiels, les Etats-Unis, en lançant la guerre contre l’Iran.  

United 24 a noté que les remarques de Poutine intervenaient alors que le prix du pétrole brut Brent atteignait 119 dollars le baril le 9 mars, soit son niveau le plus élevé depuis que le Kremlin a ordonné l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Bien que Poutine ait indiqué dans son discours que la hausse du prix du pétrole n’était probablement que temporaire, il a affirmé, selon Bloomberg, qu’il était important pour les entreprises russes de tirer profit du déséquilibre entre l’offre et la demande d’hydrocarbures. Il semble également vouloir profiter du choc pétrolier pour ramener l’Europe à son ancienne dépendance aux hydrocarbures russes.

Le giron énergétique russe 

L’Europe a longtemps dépendu de la Russie pour son approvisionnement en pétrole et en gaz, mais après l’invasion russe de l’Ukraine, les nations européennes ont commencé à se détourner des hydrocarbures russes et à poursuivre une politique d’indépendance énergétique dans le cadre du plan REPowerEU.

Les importations de l’UE de pétrole russe ont également diminué. En 2022, ces importations représentaient 27 % du total ; ce chiffre est tombé à seulement 2 % en 2025. Seuls deux États membres de l’UE importent encore du pétrole russe : la Hongrie et la Slovaquie, qui ne font pas mystère de leur tropisme russe.

En janvier 2026, les États membres de l’UE ont formellement adopté des politiques visant à supprimer progressivement les importations de gaz naturel acheminé par gazoduc et de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie et ont également prévu de présenter une proposition législative visant à interdire toutes les importations de pétrole russe au plus tard en 2027.

Sauf que, sous la pression de la crise énergétique actuelle, qui semble appelée à s’aggraver, l’Europe pourrait commencer à lorgner de nouveau le pétrole et le gaz russes, plus accessibles et moins chers. Et Poutine ne manquerait pas de leur en faire payer le prix politique.   

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Gestern — 13. März 2026Haupt-Feeds

La Tunisie vise 10 000 rapatriements volontaires de migrants en 2026

13. März 2026 um 10:50

La Tunisie entend accélérer son programme de retour volontaire des migrants subsahariens en situation irrégulière en 2026 et vise à atteindre 10 000 rapatriements assistés d’ici la fin de l’année.

Le ministre des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a fait cette déclaration jeudi 12 mars 2026 devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée des représentants du peuple.

Depuis le début de l’année, 1 262 migrants sont déjà retournés volontairement dans leur pays d’origine, a expliqué M. Nafti, ajoutant que le programme s’améliore progressivement grâce à la coordination entre les institutions tunisiennes, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les autres acteurs impliqués dans la gestion des flux migratoires. «En 2024, une augmentation significative a été enregistrée, avec 7 250 départs volontaires, tandis qu’en 2025, ce nombre a atteint 8 853», a souligné le ministre dans son discours.

Par ailleurs, l’OIM en Tunisie a fait état d’une hausse des retours volontaires accompagnés pour 2025, confirmant ainsi l’élargissement du programme de retour et de réintégration.

Enfin, le ministre Nafti a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa collaboration avec les pays donateurs afin de financer les rapatriements volontaires ainsi que les programmes de réhabilitation et de réintégration dans les pays d’origine, dans le but affiché de réduire les nouveaux départs vers la Tunisie.

La position du gouvernement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contenir les flux migratoires irréguliers, un sujet qui a fait l’objet de discussions approfondies entre la Tunisie et ses partenaires européens ces derniers mois.

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Donald Trump | Coups de force et enfumage géopolitique

13. März 2026 um 09:34

Que cachent les gesticulations de la politique étrangère et les coups de force de Donald Trump ? De la volonté d’annexer le Canada et le Groenland à la guerre contre l’Iran dans le cadre d’une coalition israélo-américaine, en passant par le kidnapping du président vénézuélien, il semble que le président américain cherche à cacher, chaque fois, un échec par une nouvelle aventure aussi désespérée que la précédente…

Helal Jelali *

Une bonne lecture de la politique étrangère du président Trump devrait nous amener à la mettre en parallèle à son parcours d’homme d’affaires et financier. 

Les deux volets sont chaotiques : s’il maîtrise l’art de rebondir, il avance rarement dans ce qu’il entreprend et passe l’essentiel de son temps à gérer ses échecs.

Rappelons-nous sa phrase sur l’Ukraine pendant la campagne électorale pour son deuxième mandat : «Je vais régler le problème en 24 heures». Depuis, face à Vladimir Poutine, il galère.  

Ses réussites financières se résument à «faire des coups» en jouant sur les failles du fisc et du système bancaire américains : gonfler ses bénéfices pour bénéficier de crédits et réduire ces mêmes bénéfices auprès de l’administration fiscale. Un surdoué du poker-menteur.

Trop et jamais assez !

Son premier grand coup a été de minimiser l’héritage immobilier de son père pour s’approprier les réussites de ce dernier. C’est ce qu’affirme sa nièce Mary Trump, auteure d’une biographie de son oncle : ‘‘Trop et jamais assez’’.

Ses échecs financiers sont nombreux : dans le rachat et la revente du Plaza Hôtel en 1988, il perd 75 millions de dollars soit le quart du prix.

Au début des années 1990, il est obligé de vendre sa compagnie aérienne Trump Shuttle. A la même période, ses investissements dans Atlantic City se termineront en feu de paille : les groupes Hôtel- Casino Taj Mahal et Trump Marina Casino Hôtel sont cédés pour renflouer ses dettes…

Son achat de l’équipe de football américain de New Jersey s’achèvera, également, en queue de poisson.

En 1999, il ouvre une agence de mannequins avec 200 jeunes filles venues du monde entier (Epstein n’était sans doute pas étranger à ce coup-là) fera un bide.

En tout, six de ses hôtels-casinos ont coulé.

De nombreux économistes estiment que ses résultats dans l’immobilier sont tout aussi médiocres, en comparaison avec ses concurrents, et aucun d’entre eux ne croit à ses chiffres sur sa fortune. 

Le président, spécialiste des superlatifs («extraordinaire, grandiose, formidable») répétait souvent que sa fortune est de 7 milliards de dollars, or, les traders de Wall Street divisent ce chiffre par deux…

Son parcours politique ressemblera à son parcours financier : d’abord, il adhère au Parti Républicain, contre G. W. Bush, mais ne tarde pas à rendre sa carte et à faire un bref passage au Parti Démocrate. Et avant de retourner chez les Républicains, il fait un détour par le parti de la Réforme. 

Au Parti Républicain, il mettra la main sur le mouvement Tea-Party pour le reconvertir en Maga. Le Tea-Party était ultra néo-libéral opposé à la politique sociale de Barak Obama et classé par la majorité des politologues dans l’extrême-droite.

Au chapitre de la politique étrangère, sa maladie chronique est l’inconstance doublée d’inconsistance…

Après avoir voulu annexer le Canada, il s’est rendu compte que les généraux canadiens connaissent dans les plus petits détails les secrets de l’arsenal nucléaire américain puisque le Canada est partenaire du Commandement Aérospatial de l’Amérique du Nord : la Norad fondée en 1957, et que toute décision de la défense nucléaire est partagée entre les deux pays. 

Le projet d’annexion du Groenland se révèle être un pétard mouillé : les pays scandinaves pourraient quitter l’Otan et faire imploser l’Alliance Atlantique avec beaucoup de fracas.

Le kidnapping de Maduro n’a rien rapporté. Les majors américains trouvent le pétrole du Venezuela trop lourd et trop cher à extraire. Encore un échec cuisant.

Quant aux relations américano-européennes : c’est le grand cafouillage et les rétropédalages continus. En 2025, à la Conférence de Sécurité de Munich, le Vice-président J.D. Vance a proféré des attaques très vives contre l’Union européenne (UE). En 2026, le secrétaire d’Etat Marc Rubio est obligé de faire amende honorable… Est-ce crédible ?

Quant aux droits de douanes, les décisions de Trump ont fait pschitt : en 2025, les exportations européennes vers les Etats-Unis n’ont pas baissé mais bondi de 2%.

Durant son premier mandat 2017-2021, Trump a beaucoup inquiété son état-major, le Pentagone et le Congrès : son discours ouvertement belliqueux envers la Chine a presque été interprété par Pékin comme une déclaration de guerre. Dans leur livre ‘‘Péril’’, Bob Woodward et Robert Costa rapportent que le Général Mark Milley, chef d’état-major entre 2019 et 2023, a renforcé le contrôle des procédures nucléaires et téléphoné à son collègue chinois pour lui dire en substance : «Nous avons la situation en mains. N’écoutez pas les menaces de mon président»

Les opérateurs économiques dans l’expectative

Quant aux droits de douanes avec la Chine, il semble que ses amis de la Cour Suprême et surtout Wall Street n’ont guère apprécié les décisions unilatérales de la Maison Blanche et l’ont fait publiquement savoir.

Avec l’augmentation des droits de douanes, l’ex-homme d’affaires de Boston pensait rapatrier les usines américaines installées surtout au Canada et au Brésil. Mais son slogan America First ne semble pas avoir convaincu beaucoup d’opérateurs économiques.

Sur le front intérieur, les Américains paient cher cet enfumage géopolitique, 47% pensent que la guerre contre l’Iran est «inutile», son impopularité a atteint 60 % et le mouvement Maga est profondément divisé.

La diplomatie de Trump est simpliste et rappelle celle des Soviétiques du temps de l’ancien ministre des Affaires Étrangères Andreï Kromyko, qui consiste à mettre la barre très haut, à faire ensuite concession près concession pour essayer d’obtenir le minimum. Malheureusement cet enfumage, truffé de surenchères, de contradictions et de mensonges, est devenu désuet et lassant, y compris pour ses plus proches collaborateurs, dont certains ne s’en cachent plus. 

* Journaliste retraité.

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Iran et monarchies du Golfe | Le malentendu

13. März 2026 um 08:24

En tant qu’Arabes, on se doit d’être solidaires avec les peuples frères du Golfe, qui subissent les attaques de drones et de missiles lancées par les Iraniens, mais ce devoir de solidarité ne saurait faire fi du droit international piétiné par l’alliance israélo-américaine à laquelle les monarchies du Golfe se sont associées, à l’insu de leur plein gré, en autorisant l’armée américaine à lancer des attaques à partir des bases qu’e celle-ci occupe dans leurs territoires. (Photo : Les bases militaires américaines au Moyen-Orient attaquées par l’Iran).

Latif Belhedi

«L’Iran n’a pas violé la souveraineté des monarchies du Golfe, mais s’est défendu contre les bases militaires américaines d’où partaient les attaques violant sa souveraineté et tuant ses dirigeants», a écrit, à ce propos, Lahouari Addi, professeur à l’Institut des études politiques de Lyon, en réponse aux analystes politiques qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme des agressions militaires de l’Iran contre les monarchies du Golfe. Il explique : «Les monarchies arabes auraient dû demander aux Etats-Unis de ne pas utiliser les bases situées sur leurs territoires pour attaquer l’Iran. C’est ce qu’a fait l’Espagne.»

Inversion de faits et des responsabilités  

«Qu’on supporte l’Iran ou non, le droit international est de son côté. Le droit international permet à un pays agressé de se défendre. Et c’est parce que la victime potentielle a le droit de se défendre que la paix est assurée par le biais de la dissuasion», écrit le chercheur algérien, s’inscrivant en faux contre l’inversion des faits et des responsabilités que l’on constate dans les analyses des commentateurs occidentaux, prompts à attaquer l’Iran qui, dans cette affaire, est plutôt agressé qu’agresseur. N’est-ce pas lui qui subit depuis deux semaines les attaques conjointes des aviations militaires israélienne et américaine, dont certaines partent des bases américaines dans les pays du Golfe.

En tant qu’Arabes, on se doit d’être solidaires avec les peuples frères d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Koweït, du Qatar, de Bahreïn, d’Oman et d’Irak, qui subissent les attaques de drones et de missiles lancées par les Gardiens de la révolution iraniens, mais ce devoir de solidarité ne saurait faire fi du droit international piétiné par l’alliance israélo-américaine à laquelle les monarchies du Golfe se sont associées, à l’insu de leur plein gré, en autorisant l’armée américaine à lancer des attaques à partir des bases que celle-ci «occupe» (et c’est le mot juste) dans leurs territoires.

Des choix stratégiques douteux

Dans ce cas d’espèce, défendre le droit international et condamner l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, comme l’a d’ailleurs fait le chef du gouvernement espagnol, non sans panache, ce n’est pas défendre le régime détestable des mollahs, qui réprime dans le sang son propre peuple, c’est préserver les conditions de la paix mondiale qui ne saurait être instaurée par l’imposition de la loi du plus fort dont Washington et Tel Aviv se font aujourd’hui les champions avec l’aval, actif ou passif, de l’Occident et de ses «clients» dans le Sud Global.

Le drame que vivent aujourd’hui les monarchies du Golfe, qui voient le modèle de soft power construit au cours des vingt dernières années, basé sur l’immobilier, le tourisme et la finance, en partie détruit par les missiles et les drones iraniens, réside dans le choix stratégique qu’elles ont fait de confier leur sécurité extérieure à un tandem d’Etats arrogants et belliqueux : les Etats-Unis et Israël, au mépris des intérêts de leurs peuples. Car si elles protègent momentanément les régimes moyenâgeux et antidémocratiques en place dans la région, qui n’ont d’ailleurs rien à «envier» à l’Iran voisin en matière de non-respect des libertés et des droits humains, la normalisation des pays du Golfe avec Israël et les dizaines de bases militaires qu’elles ont accordées aux Etats-Unis sur leurs territoires, ne protègeront pas longtemps leurs peuples des assauts des ennemis comme des amis. Voilà la principale leçon qu’ils doivent tirer de leur drame actuel…

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Etats-Unis | Tempête dans la galaxie Trump

13. März 2026 um 07:21

Tucker Carlson, podcasteur très influent, figure de proue du mouvement Maga (Make America Great Again) et ancien présentateur de Fox News, a déclaré au tout début de la guerre actuelle contre l’Iran que «c’est la guerre d’Israël et non celle des États-Unis». Quelques jours plus tard, il a enfoncé le clou en disant que c’est une guerre religieuse lancée par les Évangéliques américains et les extrémistes religieux en Israël pour construire le Troisième Temple à Jérusalem en lieu et place de la Mosquée Al-Aqsa et pour établir le Grand Israël. Il a également attiré l’attention sur les propos du rabbin Yosef Mizrachi, chef de file des sionistes religieux, qui a appelé à lancer un missile sur la Mosquée Al-Aqsa et à imputer la frappe à l’Iran. Tempête au sein de l’électorat trumpiste où certains sont allés jusqu’à l’accuser d’être à la solde du régime iranien. Résultat : Donald Trump, l’ayatollah du mouvement Maga, est intervenu et a «excommunié» Carlson de son mouvement ! ( Photo : Tucker et Trump lors de la campagne présidentielle de ce dernier).  

Imed Bahri

Selon Rachel Dobkin, correspondante à New York du journal britannique The Independent, le président Donald Trump a exclu Tucker Carlson du mouvement Maga après que le podcasteur conservateur a critiqué avec virulence les frappes militaires américano-israéliennes contre l’Iran. 

L’administration Trump s’efforce de convaincre les Américains du bien-fondé de l’opération Epic Fury, notamment en diffusant des vidéos promotionnelles des frappes sur les réseaux sociaux mais Carlson et d’autres restent sceptiques.

Dans une déclaration à Jonathan Karl d’ABC News au début des frappes, Carlson a qualifié la décision de Trump d’attaquer l’Iran d’«absolument répugnante et maléfique».

«L’objectif de l’opération Epic Fury est d’éliminer la capacité de l’Iran à menacer les Américains», a déclaré l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain. Trump a affirmé que l’Iran reconstituait son programme nucléaire et préparait une attaque contre les forces américaines avant les frappes. Des justifications qui ne sont pas de nature à convaincre grand monde et encore moins Carlson. 

«C’est la guerre d’Israël. Ce n’est pas la guerre des États-Unis»

Lundi 2 mars, dans son podcast, Carlson a déclaré : «C’est la guerre d’Israël. Ce n’est pas la guerre des États-Unis. Cette guerre n’est pas menée au nom des objectifs de sécurité nationale américains à savoir pour rendre les États-Unis plus sûrs ou plus riches. Cette guerre n’a même rien à voir avec les armes de destruction massive, les armes nucléaires».

Face aux critiques de Carlson concernant la guerre contre l’Iran, Trump s’en est pris à l’ancien présentateur de Fox News, déclarant : «Tucker s’est égaré. Je le sais depuis longtemps et il n’est pas Maga! Maga, c’est sauver notre pays. Maga, c’est rendre sa grandeur à notre pays. Maga, c’est l’Amérique d’abord, et Tucker n’est rien de tout cela. Et Tucker n’est vraiment pas assez intelligent pour le comprendre», a affirmé Trump.

Suite aux propos du président, Carlson a déclaré à Oliver Darcy du magazine Status : «Il m’arrive d’être agacé par Trump, et c’est certainement le cas en ce moment. Mais je l’aimerai toujours, quoi qu’il dise de moi»

Laura Loomer, militante de la droite dure et alliée de Trump, a pris la défense du président et a vivement critiqué Carlson jeudi 5 mars, écrivant sur X : «Tucker fait activement diversion pour le compte du régime iranien et tente délibérément de diviser la base électorale de Trump de l’intérieur». Elle a ajouté : «Tucker représente un handicap majeur pour le président et sa trahison abjecte envers notre pays doit être totalement dénoncée et condamnée!» 

Le slogan ‘‘America First’’ (L’Amérique d’abord) sur lequel Trump a fondé sa campagne présidentielle de 2024, a longtemps été interprété comme la priorité donnée aux intérêts du peuple américain plutôt qu’aux questions étrangères. Il a généralement été associé à l’opposition à de nouvelles guerres. Cette guerre va à l’encontre de ce mantra du président américain. 

Cependant, le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, définit le slogan comme l’affirmation que l’Amérique est «la plus grande puissance mondiale, incontestée et sans égale». Il explique : «Le président a clairement indiqué qu’il estime que la formidable puissance militaire américaine doit être utilisée pour protéger et défendre les intérêts des États-Unis. America First signifie que l’Amérique sera la plus grande puissance mondiale, incontestée et sans égale, et cela signifie que nous défendrons la vie des Américains»

Le pseudo-pacifiste transformé en chef de guerre

Dans son discours de victoire pour l’élection de 2024, Trump avait pourtant déclaré : «Je ne vais pas déclencher de guerre. Je vais mettre fin aux guerres». Les sondages indiquent que les Américains sont mécontents de la décision du président d’attaquer l’Iran.

Un sondage Hart Research Associates/Public Opinion Strategies réalisé pour NBC News a révélé que 54% des électeurs américains désapprouvent la gestion de la situation par Trump. Interrogés spécifiquement sur l’opportunité d’une action militaire américaine contre l’Iran, 52% ont répondu par la négative.

Selon un sondage CNN, six personnes interrogées sur dix estiment que le président n’a pas de plan clair pour gérer la situation, tandis qu’une proportion légèrement supérieure (62%) pense qu’il devrait obtenir l’approbation du Congrès avant de lancer de nouvelles frappes.

La version du Pentagone selon l’amiral Cooper est que l’armée américaine s’efforce de démanteler systématiquement les capacités de production de missiles de l’Iran pour l’avenir. On ignore quand l’opération Epic Fury prendra fin, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, ayant déclaré lors de la première semaine de la guerre : «Nous ne faisons que commencer le combat». À mesure que le conflit s’enlise, que ses conséquences toucheront le monde entier et que le portefeuille de l’électeur américain sera impacté, on verra si les fanfaronnades de Pete Hegseth et de ses semblables va-t-en-guerre se poursuivront….

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Cybersécurité | Hammamet accueille le 8e forum I-Protect Senior

12. März 2026 um 12:07

L’Agence nationale de sécurité informatique (ANCS), en coopération avec l’Université de Sfax, organise la 8e édition du forum I-Protect Senior du 22 au 24 mars 2026 à Hammamet. I-Protect est l’atelier annuel de la section tunisienne de l’IEEE pour en apprendre davantage sur les dernières tendances en matière de cybersécurité.

Ce forum annuel réunit des spécialistes, experts, chercheurs, universitaires, étudiants et professionnels de la cybersécurité afin d’échanger des connaissances et de se tenir informés des dernières avancées scientifiques et technologiques dans ce domaine clé.

L’événement vise à renforcer la recherche scientifique et à développer les compétences en cybersécurité, tout en favorisant la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur, les organisations spécialisées et le secteur technologique.

Le programme comprendra une série d’ateliers pratiques spécialisés axés sur la cybersécurité, la protection des données et la sécurité des systèmes numériques.

Les articles de recherche retenus pourront être publiés sur la plateforme IEEE via la bibliothèque numérique IEEE Xplore.

I. B.

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Football | L’attaquant Louey Ben Farhat en équipe de Tunisie

12. März 2026 um 11:36

Le club allemand de Karlsruhe SC a annoncé que son joueur, Louey Ben Farhat, a reçu une convocation officielle pour participer au prochain stage de préparation de l’équipe nationale tunisienne de football.

L’attaquant de 19 ans, qui semble avoir tapé dans l’œil du coach Sabri Lamouchi, a disputé 11 matchs cette saison avec son club de Bundesliga 2, inscrivant 5 buts et délivrant 2 passes décisives, confirmant son potentiel technique et sa capacité à faire la différence sur le terrain.

Des recruteurs de grands clubs allemands et italiens suivent de près l’évolution de la pépite tunisienne et l’Olympique Lyonnais l’a également dans le viseur.

L’équipe nationale tunisienne affrontera Haïti et le Canada à Toronto fin mars dans le cadre de sa préparation pour la Coupe du Monde 2026, aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada.

Les Aigles de Carthage est désormais presque exclusivement constituée de joueurs binationaux ou expatriés. Seuls les trois gardiens de but évoluent en Tunisie.

I. B.

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Revoir la stratégie de protection du littoral de Bizerte

12. März 2026 um 11:12

La Méditerranée, une mer semi-fermée qu’on croyait protégée et relativement calme, ne l’est plus aujourd’hui. La tempête Harry qui s’est abattue sur notre façade maritime associée à une surcote d’une amplitude rarement enregistrée du fait des dernières conditions dépressionnaires est un signal fort qui interroge sur notre capacité de nous adapter à une nouvelle dynamique côtière qui risque de mettre en péril une bande littorale Ô combien vitale pour le pays.

Abderrahman Ben Gaid Hassine *

A voir la mer déchaînée et en surcote submerger l’artère principale de Tunis, exhumer des vestiges archéologiques datant de la nuit des temps à Nabeul et Mahdia et ravager des stations touristiques et des résidences littorales, il y a de quoi être inquiet quant à l’avenir de notre bande côtière et à la pérennité existentielle de nos îles relativement basses dont notamment Djerba et Kerkennah sérieusement menacées de rétrécissement voir de disparition.

On a beau parler de recul du trait de côte et d’élévation du niveau de la mer mais rarement de risque de submersion subite et encore moins de surcote jusqu’au jour où nous nous sommes trouvés confrontés à ces phénomènes météorologiques extrêmes qui, nonobstant les lourds dégâts qu’ils ont occasionnés, ont eu le mérite d’éveiller les esprits de ceux qui sont en charge de notre littoral sifflant la fin d’une récréation qui n’a fait que trop durer.

A ce sujet, notre article Kapitalis du 31 juillet 2024 intitulé «Lutte contre l’érosion du littoral en Tunisie ou l’art de ménager la chèvre et le chou» a été on ne peut plus clair quant à la déficience et le dysfonctionnement de la gestion de l’interface terre-mer notamment par l’Apal, par la Direction générale des services aériens et maritimes, par l’Onas et par les aménageurs publics et privés.

Le récent rechargement artificiel de la plage Yasmina de Hammamet-ville exécuté à la va-vite l’année dernière et l’enrochement des plages des grottes à Bizerte qui se sont soldés par un échec cuisant sont des exemples concrets qui traduisent cette confusion dans le choix d’une stratégie de protection fiable et durable.  

Guerre contre l’environnement marin à Bizerte

Les dernières conditions météorologiques qui ont provoqué la submersion d’un bon nombre de nos cités littorales et l’endommagement d’importantes infrastructures touristiques et résidentielles est une riposte prévisible de la nature contre l’agression perpétrée par l’homme à son encontre.

Réalisant que cette guerre est perdue d’avance et que ses conséquences sont extrêmement fâcheuses, les experts les plus affûtés appellent aujourd’hui à une réconciliation de l’homme avec son environnement marin. S’orienter vers des solutions de défense fondées sur les lois et les droits de la nature tel est le mot d’ordre universel que bon nombre de pays côtiers ont fini, bon gré mal gré, par observer.

Ironie du sort, à la Corniche de Bizerte, cette guerre contre l’environnement marin prend actuellement des dimensions inquiétantes tournant le dos à une tendance quasi universelle qui consiste à mettre fin à ce genre de conflit.

Bloquer l’évolution normale des sédiments le long d’une côte par le recours à de gros ouvrages portuaires implantés dans un site balnéaire par excellence est une agression intentionnelle contre l’environnement d’une ville qui tire en grande partie son importance et sa renommée à partir de la beauté de ses rivages aussi bien sableux que rocheux.

Nonobstant leur coût exorbitant, installer des épis rocheux s’apparentant à des jetées portuaires de 600 m de longueur et dont la côte d’arase est à plus de 4 m par rapport au niveau de la mer, constitue une aberration criarde dont les conséquences vont bientôt se ressentir. Ces ouvrages en cours d’exécution altèreront, sans l’ombre d’un doute, la beauté du site de la corniche et provoqueront l’érosion de la fameuse plage de Sidi Salem située à l’aval des épis projetés et dont la ligne de côte est jusqu’ici stable.

Un projet à dimensions variables

Annoncé au départ à 24 millions de dinars, le projet de protection de la corniche de Bizerte passa à 113 millions de dinars lors du lancement de l’appel d’offres déclaré infructueux du mois de mars 2024. Une année après, cette estimation est passée à 100 millions de dinars d’après le chargé des affaires administratives de l’Apal qui a fait savoir qu’une composante importante du projet à savoir la digue en gradin projetée entre Ras Blatt et La Belle plage a été soustraite. Ainsi, la longueur de la plage à protéger passe de 7 km à 3 km.

Lors d’une rencontre d’information tenue le 5 mars courant dans les locaux du chantier en présence de certaines associations de la ville, une nouvelle révision de la taille du projet a été annoncée. En effet et pour des raisons budgétaires, il a été décidé de renoncer à la construction d’un des trois épis programmés alors qu’au mois de septembre dernier, le chargé des affaires administratives de l’Apal a annoncé que l’enveloppe disponible de 40 millions de dinars suffirait pour la réalisation des trois épis et du cavalier en enrochement de 590 mètres linéaires de longueur.

Last but not least, la zone d’implantation des épis n’a pas été à l’abri des interminables hésitations. En effet et contrairement aux études approuvées par l’Apal et par le comité de pilotage du projet, une décision a été prise de décaler de 200 m l’emplacement prévu de l’épi N°1. La cause de ce décalage n’est autre que le passage dans l’emprise dudit épi du fameux câble transméditerranéen Ifriqiya reliant Bizerte à Marseille dont le but est de renforcer la capacité internet, de réduire la latence et de sécuriser la connectivité internationale. Ce changement pris à la dernière minute alors que le chantier est en cours d’installation est une preuve irréfutable du manque de concertation et de coordination entre les différentes administrations et organismes rattachés au domaine du littoral.

Absence d’un schéma de financement clair

Pour l’exécution de la première phase du projet à savoir l’enrochement de deux épis et d’un cavalier, l’Apal dispose d’une enveloppe de 40 millions de dinars. Or et pour passer à la deuxième phase qui porte sur le rechargement artificiel, l’installation d’un troisième épi et sur les aménagements de haut de plage, l’agence devra disposer de 60 MD supplémentaires que, contrairement au principe de la gestion rationnelle des projets, le schéma de financement n’en a pas encore indiqué la source. Se contenter de la première phase et laisser tomber la deuxième pour défaut de financement pourraient être imaginés pour ne pas dire fort probables vu l’importance de l’enveloppe. Cette situation que personne n’espère nous mettrait en face d’un projet inachevé à classer parmi ceux en difficulté dans la région tout en essuyant les effets collatéraux inévitables des ouvrages en enrochements réalisés sur la tenue d’une côte sans rechargement et surtout sur la ligne de côte de Sidi Salem. L’Apal doit à la société civile des éclaircissements à ce sujet.

Un projet surestimé eu égard aux enjeux

Protéger une plage contre l’érosion et la submersion marine revient à pérenniser un ensemble d’enjeux économiques et sociaux sur une période donnée. Pour justifier le coût d’une intervention, on recourt généralement à une évaluation des risques résultant de la non action. Pour le projet Apal de la Corniche de Bizerte, ce risque a été évalué à 107 MD à l’horizon de 2050 et des pertes annuelles de la production agricole estimées à 4.2 MD soit 2.3% des pertes annuelles à l’échelle nationale. Cette estimation des pertes a été faite par l’administration pour justifier un projet de protection des plages de la corniche d’un coût estimé à 24 MD sur une longueur de 7 km et non pas pour un projet de 100 MD pour uniquement 3 km. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Une réponse à cette importante question s’impose pour justifier une telle enveloppe.

Pour se rassurer de la fiabilité de la stratégie de protection de la côte de la Corniche de Bizerte, il a été prévu le recours à une modélisation physique lesquels essais sur modèle réduits ont été annulés alors qu’il faisait partie du projet lors du l’appel d’offres de mars 2024. La stratégie de protection préconisée est-elle vraiment fiable sinon pourquoi le bureau d’études a préconisé cette forme de modélisation pour un coût d’environ 600 000 dinars ?

Nécessité d’une étude d’impact sur l’environnement

L’intervention sur une côte aussi bien pour sa protection contre l’érosion par des ouvrages de défense que pour la création de polders (terrains gagnés en mer) nécessite généralement une étude d’impact sur l’environnement qui a pour but d’anticiper, si peu que ce soit, les effets collatéraux que les nouveaux ouvrages pourraient avoir lieu sur l’équilibre environnemental du milieu.

Pour le cas de la Corniche de Bizerte, l’Apal, comme l’indique son rapport d’activité de l’année 2022, a bel et bien prévu cette étude qu’elle a confiée au même bureau concepteur du projet. Or et jusqu’ici, ce rapport n’a pas été publié ni présenté à la société civile ce qui laisse planer le doute sur sa réalisation. La question pertinente est de savoir quel est l’impact des épis sur l’équilibre sédimentaire de la plage de Sidi Salem alors que tous les indices montrent que cette plage sera soumise à une érosion du fait de son emplacement à l’aval de l’épi N°1 à l’instar de la plage de Sousse Nord affecté par les deux épis installés au sud de la marina El Kantaoui. A l’Apal et au bureau d’études de préciser ce point Ô combien important pour pérennité d’une plage de proximité si cher pour les riverains et autres estivants. 

Sources du renchérissement du projet 

Passé de 24 MD à 100 MD, le projet de protection de la corniche de Bizerte peut être jugé extrêmement coûteux comparé aux deux interventions sur les plages de Rafraf et de Soliman dont la stratégie de défense est la même et qui consiste à réaliser des épis, à recharger les plages et à installer des ganivelles.

Dans ce qui suit, un comparatif des coûts desdits projets :

Il apparaît clairement que la protection d’un mètre linéaire de plage à Bizerte coûte 3,7 fois plus cher celle de Rafraf et 9,2 fois plus cher que celle de Soliman.

Si l’on applique au projet de Bizerte le coût moyen par mètre linéaire des expériences concrètes de Rafraf et de Soliman soit 6200 D/ML majoré de 10% pour compenser la fluctuation des prix, le coût du projet de protection des plages de la corniche de Bizerte serait de 20,5 MD. Ainsi l’Apal qui dispose déjà d’une enveloppe de 40 MD pourrait exécuter aisément la totalité du projet en une seule phase et sans recours à une enveloppe supplémentaire moyennant les deux actions suivantes :

  • redimensionnement des ouvrages en enrochement en s’inspirant de la taille des épis plongeants de Rafraf et de Soliman ;
  • révision de la quantité du sable de rechargement en appliquant le ratio d’un mètre cube de sable par mètre carré de plage.

A tout bon entendeur salut.

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Le stockage d’énergie par batteries gagne du terrain en Tunisie

12. März 2026 um 09:12

La Tunisie mise sur le stockage d’électricité par batteries comme nouvel élément de sa transition énergétique, afin de soutenir le développement des énergies renouvelables et de réduire sa dépendance aux sources étrangères. Le marché national du stockage d’électricité par batteries de grande capacité dans les secteurs industriel et commercial est estimé à 3 000 MWh, alors même que le pays a accéléré, après des années de retard, le déploiement de ses capacités solaires et éoliennes, pour atteindre environ 1 000 mégawatts, indique l’agence de presse Tap.

Confrontée à une forte dépendance énergétique qui pèse lourdement sur le budget de l’État et à une demande d’électricité sans cesse croissante, la Tunisie accélère sa transition vers les énergies vertes.

Au cœur de cette transformation, le déploiement généralisé de systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS) flexibles et techniquement faciles à installer est considéré comme un levier clé pour stabiliser un réseau national de plus en plus alimenté par l’énergie solaire et éolienne, écrit Tap, notant que le pays importe encore 65 % de ses besoins énergétiques, avec une dépendance particulièrement forte à l’égard de l’Algérie, qui fournit 78 % de ses importations.

Solutions moins coûteuses et plus flexibles

«Le principal défi de cette transition demeure l’intermittence de l’énergie solaire et éolienne», a déclaré Ali Kanzari, président de l’Union nationale des installateurs photovoltaïques, lors d’une table ronde à Rimini, en Italie, sur le thème «Systèmes de stockage d’énergie par batteries (BESS) : une solution clé pour la transition énergétique tunisienne».

Pour garantir la stabilité du réseau, le stockage d’énergie est la solution idéale, selon M. Kanzari, qui a souligné que «si le pays se concentre sur de grands projets hydroélectriques, tels que la centrale hydroélectrique à accumulation par pompage d’El Meleh (600 MW), dont la mise en service est prévue en 2033, l’urgence actuelle exige des solutions moins coûteuses et plus flexibles».

Les systèmes de stockage d’énergie constituent également une solution pour les particuliers et les entreprises qui souhaitent stocker l’énergie produite par leurs panneaux solaires pour une utilisation en soirée, et ainsi réduire leurs factures. Ils peuvent aussi servir de source d’alimentation de secours en cas de coupure de courant, assurant ainsi une alimentation continue aux infrastructures critiques. Les systèmes de stockage d’énergie par batteries (Bess) gagnent donc du terrain grâce à un avantage significatif : leur déploiement rapide.

«Le Battery Energy Storage Systems ou stockage d’énergie par batteries (Bess) est une solution qui peut être mise en œuvre en cinq fois moins de temps que le stockage par pompage-turbinage», a souligné Kanzari lors d’’une table ronde organisée le jeudi 6 mars 2026 à Key, The Transition Expo, le salon international de la transition énergétique, avec le soutien de la Fondation Res4Africa.

Au-delà des aspects techniques, les enjeux sont économiques. Le marché du stockage d’électricité par batteries géantes dans les secteurs industriel et commercial tunisien est estimé à 3 000 MWh. Des études de faisabilité sont déjà en cours pour des projets d’envergure, notamment un complexe photovoltaïque de 400 MWc couplé à un stockage par batteries de 600 MWh à Kebili.

Miser sur les interconnexions régionales

Cette stratégie de stockage vise non seulement à atteindre l’indépendance énergétique nationale, mais aussi à dynamiser les exportations. Dans cette optique, la Tunisie renforce ses interconnexions régionales : tandis qu’une interconnexion de 800 MW avec l’Algérie existe déjà pour gérer les excédents, le projet Elmed, un câble sous-marin de 600 MW reliant le pays à l’Europe, devrait être achevé d’ici 2030. En optimisant la gestion du réseau et en réduisant les coûts de pointe, la Tunisie espère transformer sa vulnérabilité énergétique en une opportunité de devenir un pôle d’énergie verte en Méditerranée.

Dans ce contexte, le recours aux batteries est perçu comme un outil essentiel pour stabiliser le réseau, absorber la production intermittente d’énergies renouvelables et renforcer la sécurité d’approvisionnement.

Les partenaires internationaux contribuent également à consolider cette dynamique. En novembre 2025, la Banque mondiale a approuvé un programme de 430 millions de dollars pour moderniser le secteur électrique tunisien, accélérer le déploiement des énergies renouvelables, renforcer le Steg et attirer les investissements privés. L’Union européenne soutient également le projet d’interconnexion électrique Elmed avec l’Italie grâce à de nouveaux fonds, un projet jugé stratégique pour intégrer davantage d’énergie propre au système tunisien et au marché régional.

Pour Tunis, le défi consiste désormais à transformer les annonces en capacités opérationnelles concrètes. Le stockage par batteries, s’il s’accompagne d’investissements dans le réseau et d’un cadre réglementaire plus stable, pourrait devenir l’un des outils les plus concrets pour maîtriser le coût de la dépendance énergétique et assurer une plus grande continuité dans la croissance des énergies renouvelables.

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Tunisie | Récolte de dattes en hausse de 16,3%

12. März 2026 um 08:42

La Tunisie a enregistré une récolte de dattes record pour la campagne 2025-2026, avec une production d’environ 404 000 tonnes, contre 347 000 tonnes la saison précédente, soit une augmentation de 16,3 %.

Ces données ont été examinées lors d’une réunion de travail au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, présidée par le ministre Ezzeddine Ben Cheikh, consacrée au suivi de la campagne en cours et à la préparation de la prochaine.

Les tendances à l’exportation soulignent également les performances du secteur. Selon les données publiées par le ministère, au 6 mars 2026, les exportations tunisiennes de dattes ont atteint près de 99 000 tonnes, pour une valeur d’environ 650,3 millions de dinars (MD), soit une augmentation de 16,8 % en volume et de 15,2 % en valeur par rapport à la même période de l’année dernière.

Ce résultat confirme l’importance de la chaîne d’approvisionnement en tant que pierre angulaire de l’agriculture tunisienne et produit d’exportation majeur du secteur agroalimentaire du pays.

Lors de la réunion, les autorités ont également examiné les préparatifs de la campagne agricole 2026-2027, en accordant une attention particulière aux mécanismes de financement, aux capacités de stockage et de réfrigération, ainsi qu’à la protection sanitaire des oasis.

L’ordre du jour comprenait également les mesures de lutte contre le ravageur des dattes, le pyrale des caroubes (Ectomyelois ceratoniae) et l’acarien de la datte, connu sous le nom de Bou-Faroua (Oligonychus afrasiaticus), ainsi que le nettoyage et l’entretien des palmeraies.

La réunion a appelé à accélérer la publication des circulaires régissant les différentes étapes de la récolte et du transport des produits agricoles, insistant sur le respect des prix de référence afin de protéger les producteurs et de maintenir la chaîne d’approvisionnement. L’objectif affiché est également d’accroître la valeur ajoutée du secteur, en misant sur la qualité, le conditionnement, la transformation industrielle et la valorisation des sous-produits du palmier, de l’alimentation animale au compost, afin de renforcer la compétitivité des dattes tunisiennes sur les marchés étrangers.

I. B.

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Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays

12. März 2026 um 08:30

La Tunisie se trouve à un tournant historique. Longtemps saluée pour la diversité de son économie et la qualité de son capital humain, elle pourrait basculer soit dans une stagnation prolongée, soit dans une véritable transformation. Mais pour que ce potentiel se concrétise, il faudra dépasser l’entrave historique que représente l’administration.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Contrairement à certains voisins mono-sectoriels, la Tunisie dispose d’un mix industriel, agricole et technologique qui, correctement exploité, peut absorber certains chocs économiques. L’industrie manufacturière, le tourisme, l’agriculture et les services constituent un socle solide, soutenu par une main-d’œuvre qualifiée et une proximité stratégique avec l’Europe.

Pourtant, cette diversification reste fragile : croissance faible, inflation persistante et chômage des jeunes souvent supérieur à 30 %. La dette publique, supérieure à 80 % du PIB, limite la marge de manœuvre de l’État. La diversification seule ne suffit pas : sans réformes structurelles, les atouts du pays resteront largement inexploités.

Faire face au frein bureaucratique

L’administration tunisienne, héritée d’un État centralisé et renforcée après la révolution de 2011, demeure un obstacle majeur à l’investissement et à la création d’entreprises. Les procédures complexes et la multiplication des autorisations étouffent l’initiative privée et favorisent l’informalité.

Certains diront que la bureaucratie protège les citoyens et encadre l’économie. C’est vrai dans une certaine mesure. Mais l’excès de procédures freine la compétitivité et le développement. La digitalisation, la simplification des licences et la mise en place d’un guichet unique pour les investisseurs pourraient accélérer les projets tout en maintenant la régulation et la transparence.

Des secteurs porteurs pour relancer l’économie

Plusieurs secteurs – énergies renouvelables, industrie technologique, numérique et agro-industrie – pourraient soutenir une croissance annuelle de 3 à 4 % en Tunisie d’ici 2035. Mais cette trajectoire reste conditionnée par des réformes structurelles, notamment la modernisation de l’administration et la gestion des défis économiques et climatiques.

Si la Tunisie parvient à canaliser ses forces, plusieurs secteurs pourraient devenir les véritables moteurs d’une relance durable d’ici 2035. Imaginez un pays où le désert tunisien n’est plus un obstacle, mais une source de puissance énergétique. Des panneaux solaires étincelants s’étendent sur des hectares, et des éoliennes tournent au rythme des vents méditerranéens, produisant de l’électricité non seulement pour alimenter le pays, mais aussi pour exporter vers l’Europe.

Les énergies renouvelables représentent bien plus qu’une solution écologique : elles sont un levier stratégique pour réduire la dépendance énergétique, attirer des investissements et créer des emplois dans des régions longtemps délaissées.

L’industrie automobile et électronique pourrait devenir un autre pilier de cette transformation. Déjà intégrée aux chaînes européennes, la Tunisie a l’opportunité de se positionner sur les véhicules électriques et les composants high-tech. Chaque usine capable de produire localement des pièces pour l’Europe ou de créer des composants électroniques de pointe est une promesse de modernisation industrielle et de dynamisation de l’exportation, tout en développant des compétences technologiques rares dans la région.

Dans les villes comme Tunis, Sfax et Sousse, le secteur numérique et les startups offre un horizon tout aussi prometteur. Des jeunes ingénieurs et développeurs, formés dans les meilleures écoles tunisiennes, rêvent de transformer l’innovation en valeur économique. Les coûts compétitifs et l’expertise locale peuvent faire naître un véritable écosystème technologique, capable de rivaliser avec les hubs régionaux et d’attirer des investisseurs internationaux.

Enfin, l’agro-industrie modernisée pourrait revitaliser les régions intérieures. Imaginez des champs équipés de systèmes d’irrigation intelligents et de technologies avancées, transformant les produits locaux en biens exportables à forte valeur ajoutée : huile d’olive de qualité, dattes soigneusement sélectionnées, fruits et légumes conditionnés pour les marchés européens. Ce secteur ne serait pas seulement un moteur économique : il offrirait des emplois stables, réduisant les disparités régionales et donnant un nouvel élan aux zones rurales.

Si ces quatre secteurs sont développés de manière cohérente et planifiée, le pays pourrait soutenir une croissance annuelle de 3 à 4 %, ramener le chômage global à environ 10 % et créer des emplois répartis entre le littoral et l’intérieur, donnant enfin vie au potentiel longtemps contenu de la Tunisie.

Vigilance face aux risques persistants

Pourtant, cette projection optimiste n’est pas automatique. La Tunisie doit naviguer avec prudence face à plusieurs obstacles majeurs. La dette publique élevée continue de limiter les marges de manœuvre, freinant les investissements et la construction d’infrastructures vitales. Le chômage des jeunes, toujours très élevé dans certaines régions, reste un facteur de tension sociale et une menace pour la rétention des talents. Et le spectre du stress climatique plane sur l’agriculture et l’industrie agroalimentaire : sécheresses répétées et raréfaction de l’eau pourraient fragiliser la production, ralentissant les ambitions de croissance.

Ces défis ne sont pas insurmontables, mais ils mettent en évidence une vérité simple : le succès dépendra de la cohérence des politiques publiques et de la capacité à réformer l’administration. Sans cette volonté de modernisation et d’action structurée, même les meilleures idées resteront lettre morte, et le potentiel de la Tunisie continuera d’être étouffé par ses propres structures.

Agir ou périr

La Tunisie a tous les atouts pour réussir : diversification économique, capital humain qualifié et position stratégique. Mais le temps presse. L’administration doit être modernisée, les procédures simplifiées, et les investissements ciblés et protégés.

Le choix est clair et brutal : soit la Tunisie réforme son administration et libère son potentiel, soit elle condamne ses talents, ses richesses et ses ambitions à mourir sous le poids de ses propres procédures.

* Ingénieur informatique, cadre d’une entreprise publique.

** Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour affiner la structure, fluidifier le texte et vérifier la cohérence des informations factuelles.

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Tunisie | Regain d’intérêt de l’assurance-vie

12. März 2026 um 08:22

Le chiffre d’affaires du secteur tunisien des assurances a atteint pour la première fois 4 255,1 millions de dinars (MD) en 2025, contre 3 819,6 MD l’année précédente, soit une hausse de 11,4 %. Les données statistiques publiées par le Comité général des assurances (CGA) montrent que l’assurance-vie a tiré cette croissance avec une augmentation significative de 16,4 %, portant sa part de marché à 31,4 %.

Le chiffre d’affaires de cette branche a atteint 1 336,1 MD, contre 1 148,2 MD en 2024, témoignant d’un intérêt croissant pour l’assurance-vie.

En revanche, l’assurance automobile a conservé sa position de leader parmi les branches d’assurance en termes de volume de transactions, atteignant 1 628,3 MD, malgré une légère baisse de sa part de marché, qui s’est établie à 38,3 %.

Concernant l’activité des autres branches d’assurance au cours de l’année écoulée, les indicateurs statistiques publiés par le CGA soulignent que l’assurance maladie collective est considérée comme l’une des branches les plus importantes et les plus stables du marché tunisien. Son volume de transactions était estimé à 647 MD en 2025, enregistrant une croissance de 11,4 % par rapport à 2024, tandis que le montant des indemnisations versées a atteint 566,7 MD, soit une augmentation de 8,4 %.
Il convient de noter dans ce contexte que la croissance du chiffre d’affaires (11,4 %) a été supérieure à celle des sinistres (8,4 %), ce qui indique une légère amélioration du bilan technique de cette branche.

Concernant l’assurance incendie, cette branche a enregistré une hausse significative de ses recettes et une baisse de ses dépenses. Son chiffre d’affaires a atteint 241,2 MD, enregistrant la plus forte croissance parmi les branches à 19,2 %, tandis que les indemnisations versées ont diminué de manière significative de 13 %, pour s’établir à 92 MD.

Quant à l’assurance transport, les données du CGA montrent que son chiffre d’affaires est resté stable à 112,8 MD, avec une très légère croissance de 0,2 %, tandis que les indemnisations versées ont diminué de 5,5 % pour atteindre 20,5 MD.

Globalement, les données montrent que l’assurance incendie a été le secteur d’activité ayant connu la plus forte croissance en 2025 en termes de rentabilité, avec une augmentation significative des primes mais une baisse des indemnisations. Parallèlement, l’assurance maladie collective a maintenu un taux de croissance stable, conforme à la moyenne du marché.

Concernant l’assurance transport, malgré une hausse du nombre d’accidents, les coûts matériels (indemnisations) ont diminué, ce qui pourrait indiquer que les accidents étaient mineurs ou peu coûteux sur le plan technique.

En ce qui concerne les indemnisations versées par les compagnies d’assurance, les services compétents ont enregistré des décaissements de 2 363,4 MD à fin 2025, soit une augmentation de 6,1 % par rapport à 2024.

L’analyse révèle que le secteur de l’assurance automobile a représenté la part la plus importante de l’augmentation des indemnisations, avec un taux de croissance de 20,3 %. Ceci reflète une hausse du coût des accidents de la route déclarés, qui a atteint près de 340 000 l’an dernier.

La performance du secteur de l’assurance en Tunisie à fin 2025 met en lumière un point crucial : une transformation structurelle progressive. On observe une prise de conscience croissante de l’évolution vers l’assurance vie et l’assurance maladie collective, ce qui contribue à diversifier le portefeuille du secteur et à réduire sa dépendance globale à l’égard de l’assurance automobile obligatoire.

D’après Tap.

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