Le thermalisme pourrait – et devrait même – être le dénominateur commun entre la santé, le bien-être et le tourisme. Sauf que, de l’avis de certains experts, ce domaine est délaissé, en tout cas pas suffisamment développé pour profiter aux trois secteurs précités.
Malgré son potentiel naturel et économique important, le thermalisme peine encore à s’imposer pleinement en Tunisie. Car, les investisseurs et même les pouvoirs publics l’ont considéré comme essentiellement destiné à une clientèle locale ou peu structurée.
Mais ça, c’était avant, parce que la donne a changé. Une prise de conscience est en train de prendre forme pour faire du thermalisme un outil stratégique de diversification et de relance du tourisme de santé dans le pays.
D’ailleurs, il ne doit plus en être autrement. La preuve. Si l’on en croit des données de Walid Naija, directeur général de la santé au ministère du même nom, rien qu’en 2025, pas moins de 7 millions de personnes ont bénéficié des services des centres de thermalisme. Ce qui représente un taux de progression d’environ 5% entre 2024 et 2025. Faisant remarquer au passage que la Tunisie compte 490 centres homologués qui varient entre stations thermales, bains minéraux et centres de thalassothérapie (eau de mer et eau douce).
70% de ces 7 millions de visiteurs des stations et centres thermaux en Tunisie sont des touristes (tunisiens et étrangers) qui sont attirés par les centres de thalassothérapie en eau de mer
Il précisera que 70% de ces 7 millions de visiteurs des stations et centres thermaux en Tunisie sont des touristes (tunisiens et étrangers) qui sont attirés par les centres de thalassothérapie en eau de mer. « Ce qui renforce la position de la Tunisie en tant que destination privilégiée en matière de tourisme médical ».

Toujours selon Naija, ce chiffre reflète l’engouement croissant pour le traitement par les eaux thermales et le tourisme médical en général. À noter que notre pays est doté d’un patrimoine de ressources thermales très riche et abondant, avec près de 50 sources thermales recensées à travers toute la Tunisie. On citera parmi les plus connues Korbous (gouvernorat de Nabeul), Hammam Bourguiba (gouvernorat de Jendouba) ou encore Hammam Zriba (gouvernorat de Zaghouan). On dit de ces sources qu’elles allient vertus thérapeutiques et héritage historique.
Thermalisme et maladies chroniques
Malheureusement, la plupart de ces sources thermales restent sous-exploitées. Et des données récentes indiquent que seul 2,12% du volume d’eau thermale est exploité. Signe que les ressources naturelles ne trouvent pas encore leur pleine expression dans l’offre touristique tunisienne.
Dans cette perspective, « le ministère de la Santé œuvre à renforcer la position de la Tunisie en tant que plateforme régionale pour l’exportation des services de santé de manière à impulser le secteur du thermalisme et attirer de nouveaux marchés », affirme le responsable. Avant d’ajouter : « Le thermalisme constitue une option thérapeutique complémentaire au système traditionnel et a prouvé son efficacité dans le traitement des maladies chroniques telles que les rhumatismes, les maladies respiratoires, la réhabilitation fonctionnelle et la santé mentale ».
Le thermalisme à la rescousse de la CNAM
La directrice générale de l’Office national du thermalisme, Chahinaz Ayari Guizani, abonde dans le même sens, alors qu’elle s’exprimait lors d’un forum organisé à Gafsa sur le secteur. Elle affirme que «… l’Office du thermalisme a entamé la prise en charge des traitements et de l’hébergement dans les stations thermales, et la révision de l’accord conclu avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ».
Selon elle, il sera procédé à la simplification des procédures et la mise en place d’un cadre législatif rénové, à travers la publication d’un cahier des charges organisant ce secteur. En outre, « les résultats des études médicales réalisées par l’Office sur les bienfaits thérapeutiques des eaux thermales tunisiennes dans le traitement des maladies seront également présentés dans ce cadre ».
Chahinaz Ayari Guizani explique du reste que l’Office du thermalisme a parachevé ses études techniques, hydrologiques et économiques dans ce secteur afin de les mettre à la disposition des investisseurs. En substance, elle ajoute qu’on s’achemine maintenant vers la concrétisation des projets d’investissement dans le secteur du traitement par les eaux à travers la création de villes thermales, entre autres celle du grand Korbous, le projet des Khebayat à El Hamma (gouvernorat de Gabès), celui de Beni Mtir (Jendouba), ou encore à Kasserine.
Chahinaz Ayari Guizani souligne qu’on s’achemine maintenant vers la concrétisation des projets d’investissement dans le secteur du traitement par les eaux à travers la création de villes thermales, entre autres celle du grand Korbous, le projet des Khebayat à El Hamma.
In fine et sur le plan développement économique et social, le thermalisme devrait constituer un moyen d’équilibrer l’attractivité touristique tunisienne entre le littoral et l’arrière-pays. Mais pour cela, il faudra une vraie stratégie globale nationale “thermalisme/santé/bien-être“.
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