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Les droits de douane américains | Effets limités sur la Tunisie

05. April 2025 um 13:36

 «Les effets directs de la décision du président américain Donald Trump dimposer des droits de douane plus élevés sur les importations en provenance de divers pays seront globalement limités pour la Tunisie, contrairement à limpact indirect, qui sera aussi bien négatif que positif.»

C’est ce qu’a déclaré l’expert économique et ancien ministre du Commerce Mohsen Hassan à l’agence Tap, ajoutant que les mesures protectionnistes annoncées par Trump incluent la Tunisie, avec des droits de douane sur les marchandises importées de 28%. Ces droits de douane, qui s’inscrivent dans une guerre commerciale, auront un impact négatif sur l’économie mondiale et réduiront les exportations tunisiennes vers les États-Unis, notamment l’huile d’olive, les dattes et les produits textiles.

La compétitivité de ces produits diminuera, entraînant une hausse des prix sur le marché américain et réduisant la demande.

Cependant, l’impact direct de ces mesures protectionnistes sur l’économie et la balance commerciale de la Tunisie sera limité, compte tenu des flux commerciaux relativement faibles entre les deux pays par rapport aux autres pays.

Hassan a indiqué que la Tunisie a enregistré un excédent commercial avec les Etats-Unis de 215,8 millions de dinars (65,39 millions d’euros) pour l’ensemble de l’année 2024. Les exportations de la Tunisie vers les Etats-Unis se sont élevées à 360 millions de dinars (109 millions d’euros) en janvier et février 2025, tandis que les importations ont dépassé 480 millions de dinars (65,39 millions d’euros), selon les statistiques de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri). «Le marché américain a représenté 17,2% des exportations totales dhuile dolive de la Tunisie entre novembre 2024 et janvier 2025», a-t-il ajouté.

Hassan a noté que les augmentations des droits de douane américains sur les marchandises importées de divers pays auront des effets positifs indirects sur la Tunisie, notamment la baisse du prix du pétrole brut Brent à 70 dollars le baril, contre 80 dollars début janvier 2025. Cela aura un impact positif sur les finances publiques, sachant que la loi de finances 2025 reposait sur une hypothèse de prix du pétrole à 74 dollars le baril. La baisse des prix du pétrole brut contribuera également à réduire la facture des importations énergétiques de l’État.

Un autre impact positif indirect des mesures protectionnistes américaines est la dépréciation du dollar américain par rapport à l’euro, ce qui entraînera un affaiblissement du dollar par rapport au dinar tunisien.Cela réduira à son tour les coûts d’importation des matières premières et des produits énergétiques.

La dépréciation du dollar par rapport à l’euro et au dinar aura un impact positif sur les réserves de change de la Tunisie et contribuera à atténuer les déséquilibres macroéconomiques du pays.

D’autre part, a averti Hassan, la guerre commerciale mondiale de Trump aurait des répercussions négatives indirectes sur la Tunisie, comme un possible ralentissement et une stagnation économique, notamment dans les pays européens. Cela entraînerait une baisse de la demande européenne pour les exportations tunisiennes, aggravant le déficit commercial et affaiblissant la résilience des entreprises tunisiennes.

En conséquence, l’expert économique a estimé qu’il est nécessaire pour la Tunisie de reconsidérer ses politiques commerciales et de revoir certains accords de libre-échange, notamment avec l’Union européenne, pour dynamiser les exportations, limiter l’afflux de biens de consommation non essentiels et protéger les secteurs vulnérables.

De telles révisions politiques ne devraient pas porter atteinte à l’ouverture économique de la Tunisie, mais plutôt intégrer davantage l’économie nationale dans les chaînes de valeur mondiales, d’où la nécessité d’augmenter les droits de douane sur les biens de consommation non essentiels aux niveaux fixés par l’Organisation mondiale du commerce. Il a également recommandé de revoir tous les accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux, notamment ceux avec les pays où la Tunisie connaît un déficit commercial important.

L’expert a souligné enfin l’importance de diversifier les partenaires commerciaux de la Tunisie et d’explorer de nouveaux marchés, tels que l’Amérique latine et l’Afrique, tout en continuant à renforcer les liens économiques avec l’Europe.

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Le salon Bio-Expo 2025 du 17 au 19 avril à Tunis

05. April 2025 um 10:11

La 15e édition du salon international de lagriculture et de lalimentation biologique Bio-Expo 2025, se tiendra du 17 au 19 avril 2025, au siège de lUnion tunisienne de lindustrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), à Tunis, avec la participation de plus de 100 exposants.

Organisée par Foires et expositions internationales (Ife), en collaboration avec la Direction générale de l’agriculture biologique du ministère de l’Agriculture, Bio-Expo sera l’occasion pour les producteurs et transformateurs du secteur de l’agriculture biologique de présenter leurs produits à un large public de professionnels et de consommateurs. Il offrira donc «une opportunité de nouer des liens plus solides entre producteurs, agriculteurs et experts des différentes régions du pays, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de partenariat et en élargissant les réseaux nationaux et internationaux», lit-on dans un communiqué des organisateurs.

L’objectif du salon est de promouvoir la filière bio en Tunisie et d’anticiper les évolutions des marchés locaux et euro-méditerranéens, en favorisant le dialogue avec les agriculteurs, les producteurs, les transformateurs et les décideurs.

En marge du salon, seront organisées des conférences animées par des experts renommés du secteur de l’agriculture biologique, ainsi que des ateliers destinés aux étudiants afin de les sensibiliser à l’importance des produits biologiques pour leur santé.

Un concours de dégustation de la meilleure huile d’olive biologique, Dido Kids, sera organisé dans le but d’inculquer une culture de la qualité aux enfants dès le plus jeune âge.

I.B.

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La LTDH appelle à protéger les migrants irréguliers tunisiens en Europe

05. April 2025 um 09:54

La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) a braqué les projecteurs sur les violations subies par les migrants tunisiens en situation irrégulière en Europe, ainsi que «le manque de transparence des accords migratoires et l’inaction des autorités tunisiennes» dans la défense de leurs citoyens.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le 3 avril 2025, la LTDH souligne que ces agressions physiques et morales, ainsi que les conditions de détention inhumaines, sont «en contradiction flagrante avec les conventions internationales ».

«Les migrants sont notamment privés d’exercer leur droit de recours contre l’expulsion, en violation de la Convention de Genève et de la Convention européenne des droits de l’homme», dénonce la LTDH, qui «condamne fermement» ce traitement réservé aux migrants tunisiens et appelle les autorités tunisiennes à intervenir d’urgence pour garantir la sécurité et la dignité des Tunisiens à l’étranger, en adoptant des mesures diplomatiques et judiciaires.

Dans le communiqué, la Ligue demande également la révision des accords migratoires conclus avec les pays européens, dénonçant «leur opacité et leur incompatibilité avec les principes fondamentaux du droit international».

Dans le même temps, l’ONG appelle à la mise en œuvre de politiques nationales de développement pour offrir aux jeunes Tunisiens des alternatives à l’émigration clandestine. Et elle appelle la société civile et la communauté internationale à lutter contre les violations des droits de l’homme, tout en demandant aux pays européens, notamment l’Italie, la France et l’Allemagne, de cesser leurs pratiques considérées comme «illégales et discriminatoires».

La protection des migrants et le respect de leur dignité ne sont pas seulement une question juridique, c’est aussi un impératif moral et humanitaire qui requiert l’engagement de toutes les parties intéressées, conclut le communiqué, qui est publié sur fond de polémique sur les réseaux sociaux sur les mauvais traitements auxquels sont soumis les migrants subsahariens en Tunisie et des migrants tunisiens en Europe, ainsi que sur le manque de réactivités des autorités tunisiennes sur ce dossier.

I. B.

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Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire   

05. April 2025 um 08:49

Il y a toujours un moment où le réel dépasse la fiction, où les rapports de force se fissurent sans qu’on puisse dire exactement quand la bascule s’est produite. C’est un peu comme un fleuve dont le lit semble immobile mais qui, à force d’érosion, finit par changer de trajectoire. Et c’est là, peut-être, que l’Algérie se trouve aujourd’hui. Le pays est-il vraiment à ce point de rupture ? Pas encore. Mais tout indique que l’équilibre apparent n’est qu’une illusion de stabilité, un mirage plus qu’un socle immuable. 

Manel Albouchi * 

Comprendre un pays, c’est d’abord comprendre son inconscient collectif. En Algérie, quelque chose bouge, mais non pas dans la rue, comme on pourrait le penser, mais dans l’imaginaire collectif. Une tension latente, presque invisible, qui se lit dans les discours des jeunes, dans la manière dont ils se projettent dans l’avenir, dans la distance croissante qu’ils prennent vis-à-vis des récits officiels. 

Sigmund Freud, dans ‘‘Malaise dans la civilisation’’, expliquait la tension permanente entre l’individu et le cadre qui lui est imposé. Lorsque cet écart devient trop grand, l’angoisse surgit, et avec elle, la révolte. L’Algérie traverse aujourd’hui cette angoisse sourde : elle n’est plus totalement dans l’acceptation du système, mais n’a pas encore franchi le seuil du rejet frontal. C’est comme si le pays se trouvait dans un point de bascule cognitif, un moment où l’imaginaire collectif peine à maintenir la cohérence de son récit intérieur.

Le Hirak de 2019 a été la première secousse, une mise à nu du besoin urgent de renouveau. Mais, comme dans toute transformation, l’inertie du passé, du système de contrôle, freine le passage à l’acte. 

Le Printemps Noir de 2001 (ⵜⴰⴼⵙⵓⵜ ⵜⴰⴱⵔⴽⴰⵏⵜ), qui a vu la Kabylie se soulever contre l’injustice et la marginalisation, a été un précurseur de cette dynamique. La révolte a été matée par une répression sanglante, mais elle a laissé une empreinte indélébile dans l’imaginaire collectif algérien. Elle a montré que le défi à l’ordre établi pouvait surgir d’une région spécifique avant de se diffuser plus largement, anticipant les revendications plus globales du Hirak. 

Algérie et Tunisie : un dialogue en miroir 

Historiquement, l’Algérie s’est construite dans une posture de la lutte et de la résistance à la colonisation, alors que la Tunisie a choisi la négociation et l’adaptation. Deux trajectoires opposées, qui se croisent parfois en rivalité implicite, parfois en inspiration mutuelle.  

La Tunisie, pendant longtemps, a été un laboratoire politique pour toute la région. Un espace d’expérimentation démocratique, où des réformes ont été tentées, échouées, puis recommencées. Paradoxalement, cette instabilité a permis à la Tunisie d’innover politiquement. L’Algérie, quant à elle, a suivi une logique plus monolithique, où le changement est contrôlé, maîtrisé, contenu. Mais cette dynamique a aujourd’hui ses limites. Et si l’Algérie commence à douter de son propre modèle, peut-elle réellement trouver une alternative dans l’expérience tunisienne ? 

Pierre Bourdieu parlait de l’effet de champ, cette idée que les acteurs d’un système modifient leurs comportements en fonction des transformations de leur environnement. Si l’Algérie change, la Tunisie, elle aussi, devra redéfinir sa posture, non plus comme un simple spectateur, mais comme un acteur stratégique. Un acteur qui, fort de son expérience du chaos, peut proposer des clés pour éviter la désintégration. Une vision partagée, une coopération fondée sur la compréhension mutuelle. 

Illusion du contrôle et nécessité d’un nouveau pacte 

Dans les cercles du pouvoir algérien, la confusion entre contrôle et maîtrise est prégnante. On croit que, en étouffant les tensions, on évite l’explosion. Mais en réalité, on ne fait que déplacer la pression. C’est l’illusion du contrôle, la mise sous silence de l’invisible. Mais cette illusion ne dure qu’un temps. La violence symbolique, concept cher à Bourdieu, est omniprésente : un pouvoir qui impose une vision unilatérale du réel, où contester revient à trahir la nation. Et cette violence, subtile mais constante, commence à se fissurer. 

L’État peut agir sur trois leviers : 

1. la coercition, qui fonctionne un temps, mais génère à long terme un rejet violent; 

2. l’illusion de réforme, qui crée une façade de changement sans altérer la structure profonde; 

3. la transformation réelle, un processus de reconfiguration des rapports de pouvoir, qui demande un courage bien plus grand. 

L’Algérie oscille actuellement entre les deux premiers leviers. Mais pour combien de temps encore? 

L’Histoire nous enseigne que les systèmes qui survivent ne sont pas ceux qui résistent à l’adversité, mais ceux qui savent se réinventer. Ce n’est pas nécessairement sous la pression d’une rue en colère, mais par une anticipation intelligente des changements à venir. Une mutation négociée, pas une rupture brutale. 

Vers une nouvelle dynamique algéro-tunisienne ? 

Et si la Tunisie, avec son expérience du changement, avait un rôle à jouer dans cette transition? Non pas en donnant des leçons, mais en agissant comme un partenaire stratégique, capable d’accompagner les mutations sans précipiter le chaos.  

Il ne s’agit pas d’importer un modèle démocratique fragile, ni de plaquer des solutions toutes faites sur un contexte aux dynamiques internes profondes. Mais bien d’ouvrir un dialogue. De proposer une expertise, une lecture psychologique et sociologique des dynamiques en cours, car, en fin de compte, la politique n’est pas seulement un jeu de décisions rationnelles. Elle repose sur des perceptions, des émotions collectives, des croyances profondes.  

Transformation contrôlée ou implosion soudaine ?

Anticiper les mutations, c’est savoir lire entre les lignes. Observer les signes faibles avant qu’ils ne deviennent des évidences. C’est comprendre que la stabilité n’est pas un état figé, mais un équilibre en perpétuel réajustement.  

L’Algérie est à un tournant. Le choix n’est plus entre le statu quo et la révolution, mais entre une transformation contrôlée et une implosion soudaine. Le pays traverse un espace transitionnel, une phase où les représentations collectives sont en recomposition, où l’ancien et le nouveau s’affrontent. La dissonance cognitive, cette tension entre des valeurs anciennes et les besoins actuels, empêche encore une évolution véritable.

Dans ce processus, la Tunisie a une carte stratégique à jouer. 

* Psychologue, psychanalyste.

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Jean-Louis H. Dupré et la mémoire à vif de la guerre d’Algérie

05. April 2025 um 07:52

La guerre d’Algérie demeure une plaie ouverte dans les relations entre la France et son ancienne colonie, un terrain miné par les récits partisans et les reconstructions mémorielles. Dans ‘‘La Guerre d’Algérie : Sebabna et les Aurès’’(éd. Société des écrivains, 9 novembre 2023, 302 pages), Jean-Louis H. Dupré, ancien fusilier-marin commando, livre un témoignage personnel, loin des idéologies et des simplifications historiques.

Dans un entretien accordé au Matin d’Algérie, l’auteur revient sur les raisons qui l’ont poussé à écrire ce livre : rétablir une vérité souvent occultée ou déformée, en particulier sur la question de la torture, et contrer certaines représentations qu’il juge biaisées. Refusant les raccourcis, il restitue, soixante-dix ans après, la complexité du conflit, où les destins individuels se mêlent aux errements politiques.

Dupré raconte une guerre qu’il a vécue à son corps défendant, découvrant à la fois la rudesse du combat et la beauté âpre de l’Algérie. Il s’attarde sur la région des Aurès, théâtre d’affrontements parmi les plus violents, où il fut engagé dans des opérations majeures. Son récit met en lumière le fossé entre le vécu des soldats et les discours officiels, ainsi que la confusion d’un conflit d’abord présenté comme une «pacification» avant d’être enfin reconnu comme une guerre.

Loin de tout manichéisme, Dupré reconnaît la légitimité du combat des indépendantistes et souligne l’aveuglement des dirigeants français, qui auraient dû accorder l’indépendance bien plus tôt. Il critique également la manière dont cette période est enseignée aujourd’hui, regrettant une approche culpabilisante en France et une instrumentalisation en Algérie.

Son livre n’est ni une justification ni une revendication, mais le témoignage d’un homme qui, des décennies après les faits, ressent encore le poids de cette histoire. «L’Histoire semble se répéter», conclut-il, en appelant à une mémoire apaisée, libérée des déformations et des procès rétrospectifs.

Djamal Guettala 

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«La femme doit pouvoir respirer et vivre», dixit Bourguiba

05. April 2025 um 07:26

Dans cette Tunisie qui m’a vu naître, où j’ai vécu les 20 premières années de ma vie, sous le règne de feu Bourguiba, je n’ai pas souvenir qu’un homme ait refusé, en public, de serrer la main d’une femme, comme l’a fait le nouvel homme fort du régime islamiste en Syrie qui a refusé récemment de serrer la main à la ministre allemande des Affaires étrangères alors qu’il venait de serrer celle de son homologue français.

Salem Ben Ammar * 

Dans les films égyptiens de l’époque, dont les Tunisiens était férus, les actrices et acteurs se claquaient la bise spontanément comme dans les films occidentaux. 

La vie était un hymne à l’amour et à la joie malgré les soucis en tous genres du quotidien.

C’était une autre époque où la religion était confinée dans les foyers et les mosquées, où la bonne moralité ne rimait pas avec la pratique religieuse, où la vertu de la femme ne s’évaluait pas à l’aune du voile qu’elle porte ou pas. L’espace public n’était pas un espace de restriction des libertés individuelles, qui étaient toujours exercées (sauf peut-être dans le domaine de la politique où elles étaient limitées) dans le respect des us et coutumes et de l’ordre public. Les bars ne côtoyaient certes pas les mosquées, mais ils étaient ouverts au public. Ainsi que les cafés et les restaurants pendant Ramadan, sans que cela ne trouble les croyants dans leurs convictions. On pouvait avoir, à la même table, juifs, chrétiens, musulmans, athées… ils étaient avant tout Tunisiens et enfants du même quartier. Le vivre-ensemble avait du sens, et il n’y avait pas de ligne Maginot séparant les communautés, les unes des autres.

Cette Tunisie, qui a posé les premiers jalons de l’émancipation et de l’éducation de la femme dans le monde arabe et musulman, a brisé les tabous et fait tomber le voile de la femme : «Le visage de la femme a plutôt besoin de prendre un contact avec l’air pur. La femme doit pouvoir respirer et vivre», plaida feu Habib Bourguiba en 1960, devant des femmes venues l’écouter dans le village de Ras Jebel. Il n’hésitait pas, d’ailleurs, de faire tomber le voile des femmes qu’il rencontrait au gré de ses sorties publiques, en prononçant à l’occasion un plaidoyer pour l’émancipation de la moitié de la société.    

La Tunisie, où la pauvreté était transcendée par la joie de vivre de sa population, était bercée par les hymnes à l’amour chantés par les divas de l’époque Habiba Msika, Oum Kalthoum, Saliha, Naama et autres Oulaya.

Il est vrai que le voile dit «islamique» a refait surface dès les années 1970-80 et qu’il est très visible aujourd’hui dans les lieux publics en Tunisie (rues, écoles, hôpitaux, administrations, etc.), mais l’islamisme, dont Ahmed Al-Charaa est aujourd’hui l’une des incarnations politiques dans la région, n’a pas pu s’implanter durablement dans notre pays et la parenthèse de la «décennie noire» marquées par la prise du pouvoir par le parti islamiste Ennahdha (2011-2021) semble avoir été fermée. Et nous ne pouvons que nous en féliciter, tout en restant vigilants pour que ces années-là ne reviennent jamais. Et cette vigilance, nous la devons pour nos femmes maos aussi pour nous-mêmes.

* Chercheur en sciences politiques et anthropologie sociale.

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Gestern — 04. April 2025Haupt-Feeds

Arrêt des poursuites pénales contre Abderrahmane Tlili

04. April 2025 um 12:57

La justice a mis un terme aux poursuites pénales engagées contre Abderrahmane Tlili, ancien président-directeur général de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), et ce en application de la loi relative à la réconciliation administrative.

Cette décision a été prise par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis, annonce Mosaïque.

Auparavant, la chambre d’accusation compétente en matière de corruption financière auprès de la cour d’appel avait ordonné le renvoi du prévenu devant la chambre criminelle pour répondre de deux affaires relatives à des soupçons de corruption financière et administrative, en lien avec l’ancien président Feu Zine El Abidine Ben Ali.

À l’issue des délibérations, la chambre a donc décidé l’arrêt définitif des poursuites à l’encontre de Tlili, conformément aux dispositions de la loi sur la réconciliation administrative, et a classé l’affaire concernant Ben Ali en raison de son décès.

Fils du syndicaliste Ahmed Tlili, Abderrahmane Tlili est un homme politique et un homme d’affaires. Membre du Néo-Destour, parti au pouvoir sous Bourguiba, il fonde, en novembre 1988, à la demande du pouvoir, l’Union démocratique unioniste (UDU), un parti de décor démocratique, dont il devient secrétaire général et qu’il dirigera jusqu’à ses embrouilles avec Ben Ali, en 2003.

Commis de l’Etat, il a dirigé l’Office national de l’huile (ONH) pendant 11 ans, la Société de transport pétrolier saharien de 1991 à 1995, la Compagnie franco-tunisienne de pétrole de 1995 à 1996 et des sociétés pétrolières publiques jusqu’en 2000, quand il devient le Pdg de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), avant d’être mis à la retraite en 2003 et agressé en pleine rue par des sbires de Ben Ali, dont il était très proche. Un audit interne ordonné par son successeur conclut à des abus «dans d’importants marchés avec certains fournisseurs» et aboutit à des poursuites judiciaires. On lui reproche l’octroi illégal de marchés pour des travaux d’aménagement dans trois aéroports tunisiens en 2001, et ce au détriment de la société française Sodica.

Il restera en prison jusqu’à la chute de Ben Ali et sera libéré le 17 janvier 2011.

I. B.  

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Dix ans de prison pour Imed Trabelsi pour corruption 

04. April 2025 um 12:19

Imed Trabelsi, neveu de Leila Trabelsi, veuve de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, réfugiée depuis 2011 en Arabie saoudite, a été condamné à une peine de 10 ans de prison, dans trois affaires liées au détournement de fonds publics ainsi qu’à des abus administratifs et financiers.

Incarcéré depuis le 14 janvier 2011 et condamné de lourdes peines de prison dans plusieurs affaires de corruption, Imed Trabelsi a comparu hier, jeudi 3 avril 2025, devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis. Il a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, mais le tribunal l’a condamné à 10 ans de prison ferme, rapporte Mosaïque.

Pour rappel, la même chambre criminelle avait déjà infligé à Imed Trabelsi une peine de 8 ans de prison, assortie d’une amende de trois millions de dinars, pour des faits liés à l’obtention d’avantages indus ayant causé un préjudice à l’administration.

Il avait demandé de bénéficier de la procédure de réconciliation pénale mais sa demande n’a pas été retenue par la commission nationale de réconciliation nationale

I. B.

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Tunisie – Espagne | Des liens séculaires pour un avenir commun

04. April 2025 um 11:55

Démarrage à Madrid de Foco País Túnez 2025, un projet phare de coopération entre la Tunisie et la Casa Árabe, qui jette la lumière sur la culture tunisienne à travers une série d’événements culturels tuniso-espagnols qui seront organisés au cours des six premiers mois de cette année.

Au programme, des projections de films, des expositions d’arts plastiques, des spectacles et des conférences sur le patrimoine commun et la coopération entre les deux peuples, annonce le ministère des Affaires Culturelles.

Foco País Túnez 2025 s’inscrit dans le cadre de la célébration du 30e anniversaire de la signature du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération entre la Tunisie et l’Espagne conclu en 1995.

Lors d’une conférence au siège de la Casa Árabe, dans le cadre d’une visite de travail en Espagne, les 27 et 28 mars dernier, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a officiellement lancé le programme Foco País Túnez 2025.

Le siège de Casa Árabe a accueilli, jeudi 3 avril, la projection du film ‘‘Bab’ Aziz, le prince qui contemplait son âme’’ (96′, 2005), en présence du réalisateur Naceur Khemir qui a également participé à une table ronde à l’issue de la projection.

L’École de Tunis sera à l’honneur à travers une exposition d’arts plastiques qui sera organisée à partir du 23 avril. Un spectacle musical de Syrine Ben Moussa, voix emblématique de la musique arabo-andalouse, est également au programme.

Casa Árabe souligne sur son site web l’histoire millénaire de la Tunisie, rappelant la légendaire ville de Carthage, fondée vers 900 avant J.-C., qui rivalisa avec Rome pendant des siècles.

Casa Árabe a aussi évoqué la gastronomie tunisienne, «une délicieuse fusion d’influences méditerranéennes, arabes et amazighes».

«Avec sa Côte montagneuse et verdoyante au Nord, ses plaines au Centre et un Sud aride, dominé par le désert du Sahara, la Tunisie est un pays disposant d’un cadre géographique assez diversifié», lit-on sur le même site.

«Nous partageons une position stratégique en Méditerranée, servant de ponts entre l’Europe et l’Afrique, entre le Monde arabe et l’Occident», indique encore l’institution publique espagnole créée en 2006 pour constituer une passerelle culturelle entre l’Espagne et le monde arabe.

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Appel à la levée des sanctions contre la Syrie

04. April 2025 um 09:09

La Syrie est sur la voie de la réhabilitation internationale. La chaîne israélienne I24 a indiqué que le président américain Donald Trump rencontrera le président syrien Ahmad Al-Charaa en marge de sa prochaine visite en Arabie saoudite. En même temps, de plus en plus de voix influentes appellent à la levée des sanctions économiques contre la Syrie afin de lui permettre de se relever. Si la situation économique et financière désastreuse se poursuit, le pays s’enfoncera de nouveau dans le chaos, comme le souhaitent ceux qui aimeraient voir le nouveau pouvoir échouer. Le succès d’Al-Charaa est tributaire de la levée des sanctions. 

Imed Bahri

Le magazine britannique The Economist, bible de l’establishment occidental, a consacré son éditorial à la Syrie post-Assad, plaidant pour la levée des sanctions qui ont épuisé le grand pays du Levant et pour permettre au nouvel homme fort de la Syrie de réussir.  

The Economist dresse tout d’abord un tableau noir de la conjoncture actuelle avec une économie agonisante qui épuise la population, une situation politique instable et des centaines de personnes, peut-être plus, qui ont été tuées à cause de la violence sectaire.

Cependant, un sondage réalisé par le magazine britannique dans les jours précédant et suivant le déclenchement des violences en mars dernier a montré que les Syriens semblaient étonnamment optimistes, ce que le magazine considère comme une opportunité à ne pas gâcher aussi bien pour le président Al-Charaa que pour les pays occidentaux désireux d’aider la Syrie à se relever.

Al-Charaa bénéficie d’une opinion favorable

L’enquête d’opinion indique que 70% des Syriens issus de l’ensemble des régions du pays et des différents groupes ethniques et religieux ont exprimé leur optimisme quant à l’avenir de leur pays. Environ 80% d’entre eux estiment avoir aujourd’hui plus de liberté que sous Al-Assad, avec un pourcentage similaire d’opinion favorable à M. Al-Charaa. Également, deux tiers des personnes interrogées estiment que la sécurité s’est améliorée malgré les affrontements.

L’éditorial souligne néanmoins que ces chiffres doivent être lus avec prudence dans un pays souffrant de traumatismes psychologiques et manquant d’une grande expérience en matière de liberté d’expression. Ils indiquent, toutefois, que malgré de profondes divisions –notamment entre la majorité musulmane sunnite et la minorité alaouite autrefois dominante–, les Syriens font toujours confiance à Al-Charaa pour tenter de reconstruire le pays.

Depuis qu’il a pris ses fonctions de président par intérim fin janvier, Al-Charaa a pris certaines mesures pour répondre aux attentes des Syriens. Au cours du week-end, il a tenu la promesse qu’il avait faite de nommer un gouvernement intérimaire, un gouvernement ne contenant pas uniquement des sunnites mais représentatif des différentes communautés présentes en Syrie avec des ministres kurde, alaouite, chrétien et druze. 

Empêcher de nouvelles violences sectaires

The Economist salue la formation de ce nouveau gouvernement qui apaiserait les inquiétudes en particulier si les ministres disposaient d’une réelle autorité pour mener à bien les tâches qui leur sont assignées. Cela pourrait également apaiser les inquiétudes concernant la tendance d’Al-Charaa à concentrer le pouvoir entre ses mains.

Le magazine britannique conseille au président syrien d’exploiter ce climat de soutien populaire pour achever l’unification des groupes armés disparates de Syrie et pour empêcher l’éclatement de nouvelles violences sectaires.

Cependant, le plus grand défi auquel le président est confronté reste de relancer l’économie syrienne dévastée. Le magazine rapporte que le président Al-Charaa n’a pas payé les salaires de la plupart des fonctionnaires depuis qu’il a pris le contrôle de Damas en décembre et qu’il y a une pénurie d’argent. Si les conditions ne s’améliorent pas rapidement, sa popularité actuelle ne devrait pas durer.

L’un des principaux obstacles ce sont les sanctions occidentales contre la Syrie, qui n’ont pas encore été levées. Imposées dans le but d’isoler Al-Assad, elles entravent désormais les tentatives du nouveau gouvernement de reconnecter la Syrie à l’économie mondiale.

Ces sanctions empêchent les entreprises étrangères d’investir dans la reconstruction et restreignent l’accès de la Syrie au système bancaire mondial rendant pratiquement impossible pour le pays d’obtenir le paiement des marchandises qu’il exporte.

La levée des sanctions est la seule issue

La Syrie a été contrainte d’acheter du pétrole russe transporté par bateau en raison des sanctions américaines. Sans investissements étrangers suffisants et sans recettes d’exportation, le président Al-Charaa ne peut pas œuvrer à la relance de l’économie du pays.

The Economist met en garde contre l’hésitation des États-Unis et de l’Europe à lever ces sanctions et considère que cette attitude est une erreur. Si l’économie syrienne continue de se détériorer, les seuls bénéficiaires seront les extrémistes et tous ceux qui ont intérêt à créer le chaos. Dans ce cas, la violence éclatera inévitablement de nouveau.

La levée des sanctions est la seule issue pour donner au peuple syrien qui souffre depuis longtemps une chance de reconstruire son pays et d’avoir un meilleur avenir.

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Marine Le Pen ou la «trumpisation» de la vie politique France

04. April 2025 um 08:19

Condamnée en première instance à 4 ans de prison ferme dont 2 en sursis et 4 ans d’inéligibilité, Marine Le Pen n’est pas victime d’une cabale des juges rouges, ou d’un gouvernement des juges ni d’un quelconque abus de droit, comme prétendent ses partisans.

Salem Ben Ammar *

Les juges ont rendu leur verdict en vertu de la loi Sapin 2, un texte majeur du droit français en vigueur depuis 2016, qui vise à renforcer la transparence et l’éthique dans les sphères économiques et publiques, ainsi que la Loi organique et loi ordinaire du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique.

Les deux lois prévoient des peines de prison et d’inéligibilité, sachant qu’elle-même préconisait, dès 2013, l’inéligibilité à vie des élus condamnés dans les affaires de détournement de fonds publics. Mais les prévenus étaient issus, à l’époque, d’autres familles politiques que la sienne.
Les juges n’ont donc pas une dent contre l’extrême-droite incarnée par Le Pen et son parti, le Rassemblement national (RN). Ils n’ont pas non plus outrepassé leur pouvoir. Ils n’ont fait qu’appliquer les dispositions légales votées par les députés.

Attrapée la main dans le sac

Ce sont les législateurs eux-mêmes, et Mme Le Pen en est un, qui ont fixé et voté les peines encourus par les acteurs politiques accusés de détournement de fonds publics. Elle doit savoir, en tant qu’élue et ex-avocate, que les juges n’ont pas inventé ces peines spécialement pour elle et qu’elle ne doit pas, par conséquent, en faire les boucs émissaires de ses propres dérives et abus.

Onze ans de pratiques frauduleuses sans jamais être inquiétée, des millions d’euros d’argent public européen détourné à des fins de financement de son parti, Mme «Tête haute et mains propres», a été attrapée la main dans le sac et elle doit payer pour les délits qu’elle a commis comme n’importe quel autre justiciable.

Plutôt que de reconnaître les faits avérés qui lui sont reprochés Mme Le Pen se réfugie dans la posture de la victime qu’elle affectionne, prétendant être victime d’un système dont elle s’est révélée être l’un des piliers essentiels, et tire à boulets rouges sur la justice, exacerbant la haine des juges chez ses idolâtres pour en faire une cible à abattre. Certains de ses partisans ont d’ailleurs lancé des appels au meurtre implicite contre les juges qui ont pris des proportions inquiétantes avec les menaces de mort proférées à l’encontre de la présidente de la 11e chambre et les deux procureurs derrière la sentence la concernant, désignés sur les réseaux sociaux comme «les vermines qu’il faut écraser» ou «les juges qu’il faut juger pour avoir décidé à la place des citoyens du sort de l’élection de 2027 en assassinent Marine Le Pen». «Les procureurs et la présidente devront rendre des comptes ni oubli ni pardon», ont également écrit sur les réseaux sociaux des partisans de Mme Le Pen.

Un coup de force contre l’Etat de droit

Ces hashtags en disent long sur le climat de violence qui entoure cette affaire qui n’est pas sans rappeler, dans une certaine mesure, la sortie tumultueuse de Donald Trump de la Maison Blanche au terme de son premier mandat, en 2021, avec notamment l’attaque du Capitole par ses partisans qui a coûté la vie à 7 policiers. C’est dire aussi que la France n’est pas à l’abri d’une montée de la violence politique, si jamais l’arrêt de la cour d’appel confirme ou aggrave le jugement de première instance.

La Trumpisation de la vie politique France est en marche avec la manifestation de soutien à Marine Le Pen ce dimanche qui est en réalité un coup de force contre l’Etat de droit et un avertissement aux juges qui auront à statuer sur l’appel dans un an.

* Chercheur en science politique et anthropologie sociale.

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La Tunisie interdit la pêche au poulpe pour lutter contre la pénurie

04. April 2025 um 07:34

La Tunisie a interdit la pêche au poulpe sur toutes ses côtes pour lutter contre le déclin de la population de cette espèce, une décision saluée par une association de protection de l’environnement. (Ph. Les pots de terre cuite (karours) utilisés pour la pêche au poulpe).

Selon l’ONG Kraten, qui lutte pour le développement durable, les pêcheurs tunisiens tirent la sonnette d’alarme depuis le début de l’année sur une baisse «catastrophique» des stocks stratégiques de poulpes.

C’est pour cette raison que le ministère de l’Agriculture et de la Pêche a décidé, dans un arrêté publié fin mars, d’interdire leur pêche à partir du 1er avril. Chaque année les autorités établissent une période pendant laquelle la pêche au poulpe est interdite, afin de respecter son cycle de reproduction. Dans son communiqué, le ministère n’a pas donné de date de fin pour l’interdiction. La saison actuelle de pêche au poulpe a débuté le 16 novembre et devait se terminer le 15 mai.

«C’est une bonne décision, même si elle est prise tardivement», a déclaré à l’AFP Ahmed Souissi, président de l’association Kraten, basée dans l’archipel de Kerkennah, connu pour la pêche au poulpe en Tunisie. L’objectif est de «permettre la conservation de cette espèce menacée pendant la période de reproduction et de croissance», a expliqué Souissi. «Ces dernières années, la pêche au poulpe a été réduite par la surpêche, même hors saison, mais aussi par l’utilisation de méthodes peu respectueuses de l’environnement, ce qui a conduit à une raréfaction de l’espèce», a-t-il expliqué.

Avec d’autres ONG, son association a alerté à plusieurs reprises les autorités sur la menace qui pèse sur cette ressource importante pour les pêcheurs, notamment dans les îles Kerkennah, a-t-il ajouté.

Pour les habitants de cet archipel, la pêche, notamment le poulpe, est la principale source de revenus. Sa rareté, selon Souissi, a poussé les pêcheurs à surexploiter d’autres espèces, provoquant un déséquilibre dans l’écosystème marin.

Entre les Kerkenniens et les poulpes, une vieille histoire d’amour de milliers d’années, une véritable richesse, le poulpe possède des qualités culinaires remarquables, il est le symbole de la force et de l’intelligence et qui constitue surtout la principale source de revenus des Kerkenniens.

Il existe plusieurs techniques de pêche aux hauts fonds qui entourent l’archipel pour attraper les poulpes d’où «les pêchers à claies, les nasses et les pierres taillées et évidée», ces pièges traditionnels ont été remplacés par «les pots de terre cuite (karours)», ces poteries munies d’une ouverture et portant un trou à la base sont disposée en chapelet. 

La pêche au poulpe est très délicate et nécessite une méthode bien précise, car l’animal aime en effet se cacher, être en retrait et squatter des récipients. Par contre les petits poulpes doivent être remis en liberté jusqu’à leur maturité et ce sont les plus grands qui sont vendus sur le marché.

I. B.

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Clôture du projet ProSol pour la protection des sols dégradés en Tunisie

04. April 2025 um 07:14

La journée de clôture du projet ProSol (Protection et réhabilitation des sols dégradés en Tunisie), mis en œuvre par la GIZ Tunisie en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche (MARHP), aura lieu mardi 8 avril 2025 de 9H00 à 13H30 à l’Hôtel Royal ASBU, à Tunis. 

La cérémonie aura lieu en présence de hauts responsables du MARHP, de représentants de l’ambassade d’Allemagne  et des organismes partenaires, experts et acteurs du secteur agricole.

Mis en œuvre depuis 2019 par la GIZ Tunisie et la Direction générale de l’aménagement et de la conservation des terres agricoles (DG-Acta) au MARHP), le projet ProSol a été implanté, sur cinq ans et demi, dans 7 gouvernorats du nord-ouest et du centre-ouest du pays, à savoir Béja, Jendouba, Siliana, Kef, Kairouan, Sidi Bouzid et Kasserine. Il visait à aider les petits agriculteurs à mettre en œuvre les meilleures pratiques de protection des sols et de réhabilitation des terres dégradées outre l’introduction d’instruments financiers appropriés et l’amélioration du cadre réglementaire.

Le projet a été d’un grand appui aux efforts de l’Etat tunisien et à la stratégie d’aménagement et de conservation des terres agricoles (Acta) lancée en 2017, qui envisage, à l’horizon 2050, de développer des territoires ruraux prospères qui gèrent de manière durable les ressources naturelles.

La mise en œuvre du projet a nécessité des approches innovantes, un savoir-faire technique, une amélioration des connaissances et des services de conseils multidisciplinaires, outre une gouvernance participative qui a impliqué tous les acteurs concernés et les groupes cibles des zones d’intervention.

Un nouveau projet «Soil Matters» dans le cadre de la coopération tuniso-allemande sera aussi annoncé lors de cette journée de clôture.  

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Tunisie | Kaïs Saïed et les «semeurs de troubles»

03. April 2025 um 13:34

«Ceux qui propagent [en Tunisie] un discours de crise visent, en fait, à semer le doute. Ces parties auraient dû proposer des solutions plutôt que de diffuser un discours de désespoir et de découragement», déclaré le président de la République Kaïs Saïed.

Recevant, mercredi 2 avril 2025, au Palais de Carthage, la cheffe du gouvernement, Sarah Zaâfrani Zenzeri, pour examiner  l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres, le chef de l’Etat a ajouté qu’il est grand temps d’écarter ces individus des postes de décision, les qualifiant d’«agents qui ne font qu’exécuter les directives de parties extérieures», qui, comme à son habitude, n’a pas nommément désignées, bien qu’on peut deviner qu’il s’agit de certains bailleurs de fonds internationaux qui conditionnent leur aide financière par des réformes structurelles, tel que le Fonds monétaire international (FMI).

Saïed a aussi affirmé que «les projets réalisés grâce aux efforts du peuple tunisien continueront démentir ces semeurs de troubles».

Sur un autre plan,le chef de l’État a souligné que la «révolution législative» qu’il préconise ne peut être menée par «les demi-mesures ou des textes de loi qui n’entrent jamais en application».

La législation n’est pas une fin en soi, «mais un outil permettant de renverser une légitimité et d’en instaurer une autre», selon ses termes, ajoutant que «les révolutions n’admettent pas les demi-mesures ni les vestiges d’une légitimité illégitime que le peuple a rejetée», selon ses déclarations rapportées par l’agence officielle Tap. Etant entendu que le projet politique qu’il a initié depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, incarne la «révolution» et ses opposants la «légitimité illégitime que le peuple a rejetée».  

Reste cependant à espérer que la «révolution législative» que Saïed appelle de tous ses vœux ne tarde pas à être mise en place pour que ses fruits soient cueillis dans les meilleurs délais et que la prospérité promise ne soit pas renvoyée aux calendes grecques, d’autant plus que les remous actuels dans le monde ne présage rien de bon pour l’économie mondiale, y compris pour la «petite» Tunisie.  

I. B. (avec Tap).    

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Tunisie | Qui bloque les projets présidentiels ?  

03. April 2025 um 10:32

Le président de la République, Kaïs Saïed, continue de fulminer contre l’administration publique qui ne fait pas preuve de célérité dans la réalisation des projets publics en cours, malgré la disponibilité des fonds qui leur sont alloués.

Recevant, mercredi 2 avril 2025, au Palais de Carthage, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, Saïed lui a réitéré les griefs qu’il avait faits à maintes reprises à ses prédécesseurs.

Tout en insistant sur «la nécessité d’accélérer la réalisation des projets bloqués, malgré la mobilisation des fonds nécessaires à cet effet», le chef de l’Etat a pris connaissance de l’état d’avancement de certains projets en cours, dont notamment celui de réaménagement et de restauration des bassins des Aghlabides de Kairouan, qu’il avait visités la veille de l’Aïd Al-Fitr.

«Les fonds sont disponibles et les procédures légales ont été finalisées. Il n’y a aucune raison d’interrompre les travaux», s’est-il indigné, selon un communiqué du Palais de Carthage, laissant ainsi entendre que de mystérieuses parties bloquent sciemment le projet ou cherchent à retarder sa réalisation. «Les personnes qui ont causé ces retards doivent être tenus pour légalement responsables», a-t-il lancé, sans que l’on sache de qui il parle.

Quant au ministre Zouari, qui aurait pu nous éclairer à ce propos, il n’a pas cru devoir faire une conférence de presse pour révéler l’identité de ces saboteurs qui portent atteinte à l’intérêt public.

Le président de la République a également évoqué d’autres projets, et donné ses instructions pour recenser tous ceux sont bloqués, tout en rappelant, au cas où on l’aurait oublié, que c’est le peuple qui paye le prix de ces retards. «Il supporte les intérêts des prêts [contractés pour la réalisation des projets en question] sans voir ces projets aboutir.»

Il reste à savoir ce que le président cherche à nous dire en laissant entendre à chaque fois que de mystérieuses parties bloquent ou retardent la réalisation des nombreux projets publics en cours. Cherche-t-il à fuir ses responsabilités en se défaussant sur une tierce partie non identifiée – lobbys, cartels, saboteurs, etc.–, comme l’en accusent ses opposants, ou désigne-t-il de vrais saboteurs tapis au cœur de l’Etat et de l’administration publique et qu’il s’apprête à démasquer et à sanctionner. Mystère et boule de gomme !

I. B.

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Industrie des paris en ligne | Comment les sites de paris sportifs se développent-ils ?

03. April 2025 um 09:36

Aujourd’hui, les amateurs de jeux d’argent ne rencontrent aucune difficulté et le secteur se développe rapidement. Au cours de la dernière décennie, les paris en ligne sont passés d’une nouvelle tendance à une activité moderne et diversifiée. Les utilisateurs ont reçu de nombreuses offres avantageuses qui facilitent la sécurité et l’accès rapide. Les clients des plateformes réputées ont une chance de gagner, car ils sont protégés par les régulateurs internationaux.

L’avenir du secteur fait l’objet de nombreuses discussions. Les joueurs sont intéressés par la création de conditions d’utilisation transparentes, et la marque https://www.bizbet.africa/fr est soucieuse de répondre à cette exigence. En outre, il est devenu possible d’attirer l’attention de nouveaux utilisateurs grâce à :

⦁ L’élargissement du nombre d’options de paris. Au début du développement de l’industrie, les joueurs avaient le choix entre les paris simples, les lignes et les paris express. Aujourd’hui, les paris en direct ont été ajoutés à la liste. Il est plus facile pour les débutants d’identifier un gagnant potentiel lorsqu’ils disposent de plus d’informations utiles. Regarder la retransmission ou lire les commentaires des experts sur Africanews vous aidera à évaluer correctement l’issue de la rencontre.

⦁ Ajouter de nouvelles disciplines. Un livre de sport est une liste des principales disciplines appréciées par les joueurs. Cependant, vous ne devez pas vous limiter à la liste des événements qui se déroulent entre de vraies équipes. Grâce à l’émergence des paris eSports, les utilisateurs ont pu surmonter la crise de 2020 et augmenter leurs profits. Pour ce faire, ils ont tiré parti des compétitions virtuelles. La courte durée et la diversité des événements aident les joueurs à manifester leur intérêt et à placer des paris sur les sports électroniques.

⦁ Accès rapide. La mobilité de la plateforme de divertissement permet à l’entreprise de recevoir beaucoup d’attention de la part des fans. Les joueurs eux-mêmes utilisent des applications et des plateformes mobiles pour faire des paris rapides.
Bien que l’avenir de l’industrie du divertissement en ligne soit plutôt vague, il existe de nombreuses options pour les prochaines étapes. Les experts conseillent aux entreprises de commencer par briser les mythes sur l’accumulation des gains. Pour ce faire, les fournisseurs devront prouver leur intégrité en obtenant l’autorisation d’un régulateur international ou local. Étant donné que ce n’est pas difficile, ces progrès devraient être partagés par les leaders de l’industrie.

Comment placer des paris rentables en 2025 ?

La recherche d’événements intéressants et la réalisation d’analyses ne prennent plus beaucoup de temps. Pour ce faire, les joueurs peuvent utiliser des outils d’intelligence artificielle et des milliers de portails d’information. Pour placer un pari, vous devez suivre quelques étapes simples : bizbet.africa/fr/mobile et effectuer le premier dépôt. La société récompense les nouveaux arrivants pour leur attention, de sorte que vous pouvez commencer à jouer avec un profit immédiat.

Le chemin entre l’analyse préliminaire et le placement d’un pari est raccourci grâce à la disponibilité des informations. Bien sûr, il faut du temps pour se familiariser, mais l’IA élimine le besoin de données supplémentaires. De plus, de nouveaux avis d’experts provenant de Africatopsports sont publiés quotidiennement. Grâce aux mises à jour régulières, il n’y a pas de problème de recherche.

Il existe d’autres moyens d’améliorer vos statistiques personnelles. Prenons l’exemple des bookmakers qui proposent de parier sur des événements qui ont déjà commencé. Pour ce faire, le site web de la société propose :

⦁ une description détaillée du calendrier des compétitions dans les différentes ligues et disciplines sportives ;

⦁ des retransmissions en direct depuis le centre de la rencontre entre deux équipes ou athlètes ;

⦁ des mises à jour constantes des cotes pendant la partie programmée.

Créer des conditions confortables pour les utilisateurs ne demande pas beaucoup d’efforts de la part du bookmaker. Il suffit de fournir un accès rapide au site web en proposant une application ou une version mobile. L’utilisation de permis de travail internationaux, la création de conditions favorables et l’ajout de méthodes de paiement alternatives aident à gagner en popularité. Tout cela contribue à la diffusion des offres du prestataire auprès d’un large public.

L’intelligence artificielle et son impact sur l’industrie en ligne

Les nouvelles technologies améliorent l’expérience d’utilisation des plateformes. Aujourd’hui déjà, les joueurs sont en mesure d’effectuer une analyse préliminaire rapide. Le seul problème est que pour se familiariser avec la situation du marché, il faut utiliser plusieurs applications : une pour parier et une autre pour contacter l’IA.

Néanmoins, les fans s’attendent à ce que les marques ne restent pas à l’écart de la nouvelle technologie. Les experts estiment que les entreprises seront en mesure d’adapter les modèles d’algorithmes aux besoins de leurs clients. L’outil sera d’abord introduit sur le site https://bizbet.africa/fr/allgamesentrance, puis l’idée s’étendra à d’autres domaines.

Par exemple, l’expérience d’utilisation de la plateforme peut être améliorée en offrant des consultations aux joueurs grâce à l’IA. Des solutions instantanées, la garantie d’une réponse honnête et l’absence de frontières liées à la langue contribueront à créer un nouveau monde de l’iGaming dans quelques années.

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Israël prévoit d’installer un camp de concentration à Gaza

03. April 2025 um 09:06

Israël, émanation de l’idéologie sioniste suprémaciste et génocidaire, ne recule devant aucun crime pour se débarrasser des Palestiniens et notamment des Gazaouis. Le média israélien +972 Magazine a révélé le plan du gouvernement israélien concernant l’avenir des habitants de Gaza dans l’enclave palestinienne assiégée. Alors que le transfert des Gazaouis vers l’Égypte voulu par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas abouti jusque-là, l’État hébreu a un plan encore plus radical : un camp de concentration appelé, comble du cynisme, «zone humanitaire». (Ph. Un soldat israélien gardant la clôture entourant la bande de Gaza).

Imed Bahri

Dans son enquête intitulée «La dernière vision d’Israël pour Gaza porte un nom: un camp de concentration», Meron Rapoport révèle qu’Israël a l’intention de forcer les habitants de la bande de Gaza à vivre dans une zone confinée et fermée, les laissant souffrir de faim et de désespoir, après avoir échoué dans ses tentatives pour les déplacer vers l’étranger. 

Il y a deux semaines, un texte publié sur X par le journaliste israélien Yinon Magal affirmait que l’armée israélienne avait l’intention de transférer tous les habitants de la bande de Gaza vers une «nouvelle zone humanitaire» aménagée comme un lieu d’habitat fermé. Toute personne y entrant sera contrôlée pour s’assurer qu’il ne s’agit pas de «terroriste» (sic !).

Un plan d’évacuation forcée des Palestiniens

Le journaliste ajoute que l’armée israélienne ne permettrait pas à ceux qu’elle décrit comme des «renégats» de refuser l’évacuation. Rester en dehors de la nouvelle «zone humanitaire» sera considéré comme un acte criminel, précise-t-il.

Ce n’était pas le seul avertissement. Rapoport a également indiqué que le ministre de la Défense Yisrael Katz avait fait allusion à une telle possibilité dans une déclaration faite le même jour en s’adressant à la population de Gaza affirmant qu’il s’agissait du dernier avertissement et que la phase suivante serait beaucoup plus dure. Il a même menacé les Gazaouis en disant: «Vous paierez le prix fort !», ajoutant que l’évacuation des habitants des «zones de combat» reprendrait bientôt.

Dans sa déclaration, Katz disait aussi: «Suivez le conseil du président américain: libérez les otages, expulsez le Hamas et d’autres options s’ouvriront à vous y compris la réinstallation dans d’autres pays pour ceux qui le souhaitent. L’alternative est la destruction et la dévastation totales».

Les similitudes entre les déclarations de Magal et de Katz ne sont pas une coïncidence, a noté Rapoport, ajoutant que même si Magal n’a pas appris le nouveau plan de guerre d’Israël directement de Katz ou du nouveau chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, il est raisonnable de supposer qu’il l’a appris par d’autres sources militaires de haut rang.

Dans son enquête, +972 Magazine conclut qu’Israël se prépare à déplacer de force tous les habitants de Gaza par une combinaison d’ordres d’évacuation et de bombardements intensifs, les forçant ainsi à se réfugier dans une zone fermée et peut-être clôturée. Toute personne surprise en dehors de cette zone serait tuée et les bâtiments sur l’ensemble du territoire seraient probablement rasés.

Rapoport explique qu’il n’exagère pas lorsqu’il assimile la «zone humanitaire», selon l’expression de Magal, dans laquelle l’armée a l’intention de confiner les deux millions d’habitants de Gaza, à un «camp de concentration», semblable à ceux dans lesquels les Nazies allemands ont enfermé les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le projet d’établir un camp de concentration à l’intérieur de Gaza n’est pas réaliste dans les circonstances actuelles car peu de Gazaouis seraient prêts à partir même sous des bombardements continus et parce qu’aucun pays n’accepterait un afflux aussi massif de réfugiés palestiniens sur son territoire, souligne Rapoport.  

Un objectif totalement irréaliste

Pour qu’un «départ volontaire» réussisse, comme le souhaitent les responsables Israéliens, et permette ainsi l’annexion des terres palestiniennes et le rétablissement des colonies juives dans la bande de Gaza, il faudrait évacuer au moins 70% de la population de Gaza, soit plus de 1,5 million de personnes. Cet objectif est totalement irréaliste compte tenu des circonstances politiques actuelles tant à Gaza que dans le monde arabe.

Israël reste donc piégé par sa propre politique à l’égard de la bande de Gaza. Jusqu’en octobre 2023, la vision des services de sécurité était de contenir les Palestiniens à Gaza où ils pourraient être surveillés et contrôlés plutôt que de les disperser dans toute la région. Cela explique pourquoi l’occupant israélien n’a pas cherché à forcer la population à quitter la bande pendant les 17 années de blocus.

En effet, jusqu’au début de la guerre, quitter Gaza était extrêmement difficile et coûteux et n’était accessible qu’aux Palestiniens riches et disposant de relations auprès des ambassades étrangères à Jérusalem ou au Caire pour obtenir un visa.

La vision israélienne concernant Gaza semble désormais passer d’un contrôle externe à un contrôle complet puis à l’expulsion et à l’annexion. Cependant, l’enquête de +972 Magazine souligne que la résolution du problème de Gaza ou de la question palestinienne dans son ensemble sur la base de l’expulsion de tous les habitants de Gaza de leurs maisons et leur transfert hors de la bande de Gaza ne peut pas être obtenue comme l’espèrent les extrémistes du gouvernement israélien tels que le ministre des Finances Bezalel Smotrich et celui de la Défense Yisrael Katz.

Leur plan semble être de confiner d’abord la population dans une ou plusieurs enclaves puis de laisser la famine et le désespoir les anéantir, en voyant Gaza complètement détruite, leurs maisons rasées et leurs enfants sans présent ni avenir. Ils espèrent voir les Palestiniens eux-mêmes chercher à émigrer et forcer les pays arabes à les accepter.

Le gouvernement et l’armée israéliens peuvent croire que le «départ volontaire» des habitants de Gaza effacera les crimes sionistes et qu’une fois que les Palestiniens auront trouvé un avenir meilleur ailleurs, ces crimes seront oubliés. Wishful Thinking que ne partage pas Rapoport, qui estime que le déplacement forcé de deux millions de personnes est pratiquement impossible et que les méthodes qu’Israël pourrait utiliser pour mettre en œuvre son plan pourraient conduire à des crimes encore plus graves.

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Dévaluation stratégique du dollar | Le retour du Plaza Accord ?

03. April 2025 um 07:49

L’économie américaine se trouve aujourd’hui à un point de rupture historique. Entre une dette fédérale vertigineuse, des taux d’intérêt élevés, un déficit budgétaire hors de contrôle et une inflation persistante, les marges de manœuvre de la première puissance mondiale s’amenuisent. Incapable de corriger ses déséquilibres par les outils budgétaires classiques, l’administration Trump serait tentée de recourir à des leviers monétaires non conventionnels : affaiblissement volontaire du dollar, restructuration sélective de la dette, voire lancement d’un crypto-dollar souverain. Mais ces choix — aux implications géopolitiques majeures — feraient peser un risque systémique inédit sur l’économie mondiale, en particulier sur celles des pays du Sud Global.

Yahya Ould Amar *

Ce basculement stratégique, inspiré de l’héritage du Plaza Accord, signale une redéfinition potentielle de l’ordre économique global, dans un climat politique américain profondément fragmenté, où la cohérence doctrinale et la discipline institutionnelle font défaut.

La conjonction d’un niveau élevé des taux d’intérêt, d’une inflation persistante et d’un endettement public historique — évalué à 36 500 milliards de dollars, dont 28 900 milliards arriveront à échéance au cours du mandat de Trump — réduit drastiquement la flexibilité budgétaire de l’administration américaine.

À ce fardeau s’ajoutent un déficit annuel de près de 1900 milliards de dollars et une charge d’intérêt estimée à près de 900 milliards de dollars par an. Or, avec un taux d’intérêt moyen actuel sur la dette fédérale de 2,7 %, la dette arrivant à maturité devra être refinancée à des conditions moins favorables, à des taux dépassant les 4%. Cette dynamique entraînera une hausse mécanique du service de la dette, qui pourrait passer de 900 milliards à plus de 1500 milliards de dollars par an dans les toutes prochaines années, exacerbant le risque d’effet boule de neige sur les finances publiques.

Economie sous contrainte, géopolitique sous pression

Dans ce contexte, les choix politiques, économiques et géostratégiques de Washington seront nécessairement subordonnés à une contrainte de soutenabilité budgétaire croissante, forçant l’administration Trump à arbitrer entre stabilité financière, ambition géopolitique et impératifs de croissance.

Certes, un ratio d’endettement public avoisinant aujourd’hui les 130% du PIB ne constitue pas, en soi, un facteur déclencheur immédiat de crise dans un monde où le dollar demeure la principale monnaie de réserve et où la demande pour les obligations du Trésor américain reste soutenue. Ce seuil ne devient véritablement critique qu’au-delà de 250%, niveau à partir duquel la confiance des marchés, à l’égard des États-Unis, pourrait vaciller, compliquant le financement des déficits et contraignant la Federal Reserve (FED) – la Banque centrale américaine – à des choix douloureux entre inflation, croissance et stabilité monétaire.

À ces vulnérabilités économiques majeures s’ajoutent des contraintes institutionnelles structurelles et une incertitude politique grandissante, nourrie par le caractère encore incertain des résultats de la politique économique menée à l’approche des élections de mi-mandat, prévues dans un an et huit mois. Ce scrutin, qui renouvellera l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi qu’un tiers des 100 sièges du Sénat, pourrait profondément reconfigurer les équilibres du pouvoir législatif et, partant, la capacité de l’exécutif à mettre en œuvre son agenda.

Le président Trump ne dispose ni d’un contrôle effectif sur le Congrès (élection de John Thune à la tête des sénateurs républicains, au détriment de Rick Scott, le préféré de Trump), ni d’un ascendant incontesté sur l’ensemble de son parti, limitant de facto sa capacité à abroger des textes structurants tels que l’Inflation Reduction Act – IRA (de nombreux États républicains bénéficient directement des investissements de l’IRA).

Cette fragilité politique est aggravée par une équipe économique fragmentée, où coexistent sans cohérence doctrinale des profils technocratiques, des faucons protectionnistes et des représentants des intérêts financiers de Wall Street.

En l’absence de vision stratégique unifiée en raison des clivages idéologiques et d’un pilotage institutionnel stabilisateur, les orientations économiques de l’administration Trump pourraient non seulement accentuer la volatilité macroéconomique dans le monde, mais aussi perturber l’équilibre financier international, dans un contexte où la prévisibilité et la cohérence des politiques publiques deviennent des actifs critiques.

La doctrine Trump : vers un affaiblissement monétaire assumé

Face à la dérive de l’endettement, les réponses classiques – relèvement des impôts, réduction des dépenses discrétionnaires, retour à une stricte discipline budgétaire – apparaissent insuffisantes, voire inopérantes. Le total des recettes fiscales fédérales s’élève à environ 5 000 milliards de dollars par an, un niveau structurellement insuffisant au regard des besoins budgétaires actuels. Même en envisageant une hausse théorique de 50% des impôts, hypothèse économiquement irréaliste et politiquement inapplicable, le déséquilibre fondamental des finances publiques américaines ne serait pas résorbé.

Faute de marges budgétaires et conscient de la position centrale du dollar dans l’ordre monétaire international offrant une latitude unique dont aucun autre pays ne dispose, l’attention de l’équipe économique de Trump se déplace alors vers les leviers monétaires et commerciaux.

Dans la vision qui semble se dessiner, Trump attribue l’érosion de l’économie américaine à un dollar structurellement surévalué, conséquence directe de son statut de monnaie de réserve mondiale, qui attire les capitaux internationaux mais pénalise la compétitivité industrielle des États-Unis. Ce déséquilibre, amplifié selon lui par les subventions injustes accordées à l’industrie dans des pays comme la Chine, aurait conduit à la désindustrialisation, à l’explosion des importations et à la perte d’emplois — un diagnostic qu’il conviendrait toutefois de nuancer : le taux de chômage américain demeure proche de 4%, soit un quasi plein emploi, et l’économie regorge d’emplois de qualité dans les secteurs non industriels à haute valeur ajoutée notamment les technologies de pointe.

À cela s’ajoute, dans sa lecture, le rôle stratégique des États-Unis en tant que garant de la sécurité mondiale, qui engendre un fardeau militaire croissant, financé par une dette publique soutenable uniquement grâce à la primauté du dollar.

Dans ce cadre, Trump considère qu’un affaiblissement volontaire du dollar, combiné à une limitation des importations et à un rééquilibrage du partage des dépenses de défense avec les alliés, permettrait de restaurer l’appareil productif national. Ceux qui refuseraient ces nouvelles règles du jeu seraient, selon cette doctrine, privés de la protection sécuritaire américaine.

Cependant, cette analyse fondée sur la seule appréciation du dollar apparaît aujourd’hui discutable. Si le billet vert a connu d’importantes fluctuations, l’indice du dollar (DXY), mesuré face à un panier de six grandes devises, se situe actuellement autour de 104, un niveau déprécié par rapport à celui de janvier 1971, où il culminait à 120.

Dévaluer pour dominer : l’héritage du Plaza

Cette vision n’est pas sans rappeler l’Accord du Plaza de 1985, lorsque les États-Unis, rejoints par la France, le Japon, l’Allemagne de l’Ouest et le Royaume-Uni, avaient coordonné leurs efforts pour provoquer une dépréciation du dollar, jugé alors excessivement fort. Ce précédent historique résonne aujourd’hui avec une acuité particulière, tant il semble offrir une grille de lecture intellectuelle aux orientations actuelles de la politique économique et stratégique américaine. L’affaiblissement délibéré du dollar, loin d’être une simple tactique conjoncturelle, s’inscrit de plus en plus clairement dans une doctrine cohérente visant à restaurer la compétitivité industrielle, rééquilibrer les charges géopolitiques et redéfinir les rapports de force commerciaux et sécuritaires.

Dans le contexte actuel de marchés financiers hautement interconnectés et dominés par des acteurs privés, tenter de piloter le niveau du dollar via une intervention concertée ou unilatérale serait infiniment plus complexe qu’à l’époque du Plaza Accord où la majorité des monnaies étaient encore administrées par les banques centrales et les marchés financiers jouaient un rôle beaucoup plus marginal dans les économies.

Pour mémoire, le volume des transactions sur le seul marché des changes équivaut, en à peine deux semaines, à l’intégralité du produit intérieur brut mondial annuel. Ce simple ordre de grandeur illustre à quel point les États ou banques centrales, malgré leur puissance nominale, pèsent peu face à la profondeur, la vitesse et la masse de feu des marchés financiers internationaux. Toute tentative de manipulation monétaire ou d’intervention unilatérale s’y heurte à des dynamiques systémiques largement hors de portée du contrôle public.

Les droits de douane

Les droits de douane instaurés par l’administration Trump apparaissent vraisemblablement comme le prélude à une stratégie plus large visant à refaçonner l’économie par le biais d’une dévaluation progressive du dollar, amorcée dès son arrivée au pouvoir. En combinant un retrait méthodique des engagements multilatéraux, des pressions accrues sur les partenaires traditionnels — notamment européens, canadiens, mexicains — ainsi que des incitations fiscales ciblées en faveur de l’investissement productif domestique, Trump initie une dynamique de désaffection relative envers le dollar.

Vers une restructuration de la dette américaine?

Dans ce contexte, une mesure encore hypothétique mais de plus en plus discutée à Washington serait une restructuration explicite de la dette publique américaine. Celle-ci pourrait prendre la forme, entre autres, d’une taxation des coupons obligataires perçus par les non-résidents, d’une réduction unilatérale des taux faciaux des obligations du Trésor américain. Une telle évolution remettrait en cause l’intégrité perçue d’un pilier central de l’architecture financière mondiale : la dette souveraine américaine, dont moins d’un tiers est actuellement détenue par des entités étrangères, mais qui demeure le principal actif de réserve à l’échelle planétaire. Le risque majeur réside dans le reflux des capitaux étrangers hors des Titres du Trésor qui provoquerait une hausse brutale des taux d’intérêt américains, se répercutant instantanément sur les taux de référence internationaux.

Dans la logique doctrinale de l’équipe Trump, une telle restructuration de la dette publique ne pourrait qu’être suivie d’une intervention massive sur les marchés des changes. Faute de consensus international, notamment avec les alliés et partenaires des Etats-Unis, la stratégie américaine pourrait alors basculer vers des mesures unilatérales coercitives, visant à restreindre les flux de capitaux entrants ou à taxer les achats étrangers de titres du Trésor américain. Si de telles actions contribueraient mécaniquement à affaiblir le dollar, elles exerceraient en revanche une pression haussière sur les taux d’intérêt américains, allant à rebours des objectifs de relance économique et de soutenabilité budgétaire.

Une autre option envisagée serait d’imposer aux détenteurs étrangers une conversion forcée de leurs titres en obligations du Trésor à très longue maturité — 50 ou 100 ans —, peu liquides, mais adossées à des lignes de swap de court terme mises en place par la Réserve fédérale (FED). Ce mécanisme, reposant sur des accords bilatéraux entre la FED et d’autres banques centrales, permettrait à ces dernières d’obtenir des dollars contre leur propre monnaie, avec engagement de rachat à une échéance convenue, au même taux de change, majoré d’un intérêt. Cette architecture viserait à lisser les tensions de liquidité, tout en forçant une extension de la duration de la dette détenue par les non-résidents.

Un fonds souverain pour peser sur la valeur du dollar

Parallèlement, l’administration pourrait également envisager la création d’un fonds souverain américain, financé par endettement ou réallocation budgétaire, dont l’objectif serait de procéder à des achats massifs d’actifs étrangers pour peser structurellement sur la valeur du dollar. Ce levier financier pourrait être combiné à des instruments de pression géopolitique — notamment tarifaires ou militaires — pour inciter, voire contraindre, des partenaires stratégiques tels que l’Europe, le Canada, le Japon, Taïwan, la Corée du Sud ou l’Arabie Saoudite à souscrire à des titres de dette à très long terme – 50 ou 100 ans.

L’inflation comme outil d’érosion discrète

Moins visible mais historiquement redoutablement efficace, l’approche qui consisterait à laisser l’inflation autour de 4% éroder progressivement la valeur réelle des dettes. Cette stratégie peut être pilotée de manière indirecte par des choix politiques : en exerçant une pression sur la Réserve fédérale pour qu’elle baisse ou limite les relèvements de taux, en nommant des gouverneurs favorables à une politique monétaire accommodante, et en façonnant un discours public centré sur la croissance et l’emploi. Trump a déjà demandé à la FED de faire baisser son taux directeur (Federal Funds Rate).

Monnaie digitale adossée aux titres du Trésor à échéance

Plus audacieuse, mais porteuse d’un potentiel stratégique considérable, l’introduction d’une monnaie digitale souveraine américaine adossée aux titres du Trésor à maturités longues : 50 ou 100 ans – un crypto-dollar officiel – représenterait une véritable innovation de rupture dans l’ordre monétaire international.

Conçue comme un instrument exclusivement garanti par la dette fédérale à très long terme, et accessible aux banques centrales étrangères via un réseau sécurisé, cette devise numérique consoliderait le rôle des obligations du Trésor sur 50 ou 100 ans en tant que collatéral de référence à l’échelle mondiale. Un tel dispositif constituerait un levier inédit de projection de la puissance monétaire américaine à l’ère numérique.

Dollar faible entre soulagement géopolitique et risque systémique

Toutefois, affaiblir significativement le dollar reviendrait sans doute à un renchérissement des prix à l’importation aux Etats-Unis mais aussi à une remontée brutale des taux d’intérêt domestiques avec un risque systémique de panique des marchés financiers s’ils venaient à douter de la solvabilité ou de la fiabilité du Trésor américain. Une telle rupture de confiance dégraderait profondément la crédibilité du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale et rendrait à terme insoutenable le service de la dette fédérale.

Certes, ces scénarios comportent des risques majeurs mais l’histoire économique est sans appel : les grandes crises systémiques surviennent non parce qu’aucune solution n’existe, mais parce que les dirigeants refusent d’embrasser la complexité et d’agir à temps. L’inaction équivaudrait à exposer l’économie mondiale à une crise évitable, dont le fardeau pèserait de manière disproportionnée sur les pays les plus vulnérables. Mais comment espérer bâtir un consensus international équilibré lorsque l’administration américaine actuelle récuse les principes mêmes du multilatéralisme?

Enfin, une politique américaine visant à affaiblir le dollar s’accompagnerait vraisemblablement d’un apaisement des tensions géostratégiques, notamment en mer de Chine ou au Moyen-Orient, afin de maintenir un climat de faible risque systémique.

En évitant de déclencher un effet refuge vers leurs propres actifs, les États-Unis chercheraient à limiter l’appréciation involontaire de leur monnaie. Si le coût d’une telle stratégie est porté à l’échelle globale, ses retombées, dans cette perspective, pourraient paradoxalement favoriser la stabilité internationale et contribuer à une forme de paix systémique, au moins temporairement.

Choc pour les économies du Sud Global

Si la vision de Trump, stratégiquement plausible, venait à concrétiser une politique américaine d’affaiblissement coordonné ou pas du dollar, les économies du Sud Global seraient en première ligne. Loin d’être un simple ajustement monétaire, ce projet représenterait une rupture majeure dans l’architecture économique mondiale, dont les conséquences se feraient sentir bien au-delà des frontières américaines.

La dépendance structurelle des économies du Sud au dollar — en tant que monnaie de facturation, d’endettement et de réserve — les rend particulièrement vulnérables à toute dévaluation du billet vert. Une telle évolution provoquerait une appréciation artificielle de nombreuses monnaies locales, détériorant leur compétitivité à l’export et réduisant la valeur réelle des réserves en dollars des pays. Dans les pays fortement dollarisés, cela se traduirait par une instabilité monétaire aiguë, une pression accrue sur les taux de change et des sorties de capitaux déstabilisatrices.

Resserrement financier au détriment du développement

En parallèle, l’un des axes clés de cette vision reposerait sur l’éviction des investisseurs étrangers des obligations du Trésor américain pour faire baisser la demande en dollar, via des mesures fiscales ou réglementaires. Ce retrait forcé ferait mécaniquement grimper les taux d’intérêt américains, avec un effet domino immédiat sur les taux mondiaux. Pour les pays en développement, cela signifierait un accès plus coûteux et plus restreint aux marchés internationaux de capitaux, une contrainte budgétaire renforcée, et des arbitrages douloureux entre service de la dette et investissement dans les priorités nationales.

À cela s’ajouteraient les retombées d’un climat commercial globalement plus conflictuel, caractérisé par le retour aux logiques bilatérales, les mesures de rétorsion et la fragmentation des chaînes d’approvisionnement — autant de facteurs qui affaibliraient l’intégration des pays du Sud dans le commerce mondial.

Fragmentation monétaire et recul du multilatéralisme

Enfin, au-delà de l’impact financier immédiat, la vision de Trump remettrait profondément en question les fondements du multilatéralisme économique. En substituant aux règles collectives une logique de rapports de force, les États-Unis fragiliseraient davantage encore des institutions déjà sous tension, comme l’OMC, le FMI ou la Banque mondiale — précisément celles où les pays du Sud peuvent encore faire entendre leur voix. Sur le plan monétaire, la perte de confiance dans le dollar pourrait contraindre ces pays à diversifier leurs ancrages, sans qu’aucune alternative crédible (euro, yuan, monnaies régionales) ne soit véritablement prête. Ce processus, s’il est précipité, risque d’aboutir à une fragmentation monétaire désordonnée, propice aux crises de change et à l’érosion des régulations financières nationales.

Stratégie de positionnement

Au-delà de la sphère diplomatique, la réponse du Sud Global doit être financièrement structurante. Il s’agit d’accélérer la diversification des ancrages monétaires par la mise en place de mécanismes régionaux robustes : paniers de devises pour le commerce intra-Sud, fonds de réserves multilatéraux, et accords de swap entre banques centrales du Sud.

Simultanément, le développement de marchés de capitaux régionaux devient un levier indispensable pour réduire la dépendance au dollar : cela implique le renforcement des bourses régionales, la création ou la consolidation d’agences de notation indépendantes, et un soutien accru aux banques publiques de développement. Cette stratégie vise à accroître la souveraineté financière, à amortir les chocs liés à la hausse des taux internationaux, et à offrir aux économies du Sud une capacité de financement endogène, plus prévisible et mieux adaptée à leurs priorités structurelles. Il s’agit de bâtir une architecture économique plus résiliente, fondée sur la coopération Sud-Sud, l’innovation monétaire et la réduction des asymétries systémiques.

En somme, la doctrine émergente autour d’un dollar affaibli, d’un repli fiscal et d’un désengagement multilatéral marque une rupture avec l’ordre économique qui a prévalu depuis l’après-guerre. Si cette stratégie offre, à court terme, une illusion de réindustrialisation et de souveraineté budgétaire, elle ouvre en réalité la voie à une instabilité financière accrue, à une fragmentation monétaire mondiale et à une remise en cause des équilibres multilatéraux.

Pour les économies du Sud Global, l’enjeu est vital : il ne s’agit plus seulement de s’adapter, mais de construire une réponse proactive et coordonnée, afin de préserver leur souveraineté économique et d’éviter d’être les victimes collatérales d’une nouvelle ère de désordre financier international.

* Economiste, banquier et financier.

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Alger accueille l’ICT Africa Summit 2025

03. April 2025 um 06:21

L’ICT Africa Summit 2025 se tiendra du 21 au 23 avril 2025 au Palais des Expositions d’Alger, Pavillon A, Safex, Algérie. Cette édition du salon marque la convergence historique de trois événements majeurs : le Digital Africa Summit, ICT Maghreb et Alvetic.

Cette synergie crée une plateforme pour l’innovation, la collaboration et la transformation numérique en Afrique. Les participants découvrent les dernières innovations technologiques, rencontrent des leaders de l’industrie et des startups prometteuses, explorent les opportunités de partenariat et d’investissement et prennent part à des conférences de haut niveau, des ateliers et des sessions de réseautage.

Cette année, grâce au B2B Lab, la plateforme intelligente de matchmaking B2B, ils peuvent avoir des rencontres professionnelles intéressantes, trouver des partenaires pour développer leur business, planifier des rendez-vous d’affaires qualifiés avant et pendant l’événement, rencontrer d’autres participants dans l’espace B2B dédié pour maximiser leur présence et leurs opportunités commerciales.

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