Tunisie | Kaïs Saïed et les «semeurs de troubles»
«Ceux qui propagent [en Tunisie] un discours de crise visent, en fait, à semer le doute. Ces parties auraient dû proposer des solutions plutôt que de diffuser un discours de désespoir et de découragement», déclaré le président de la République Kaïs Saïed.
Recevant, mercredi 2 avril 2025, au Palais de Carthage, la cheffe du gouvernement, Sarah Zaâfrani Zenzeri, pour examiner l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres, le chef de l’Etat a ajouté qu’il est grand temps d’écarter ces individus des postes de décision, les qualifiant d’«agents qui ne font qu’exécuter les directives de parties extérieures», qui, comme à son habitude, n’a pas nommément désignées, bien qu’on peut deviner qu’il s’agit de certains bailleurs de fonds internationaux qui conditionnent leur aide financière par des réformes structurelles, tel que le Fonds monétaire international (FMI).
Saïed a aussi affirmé que «les projets réalisés grâce aux efforts du peuple tunisien continueront démentir ces semeurs de troubles».

Sur un autre plan,le chef de l’État a souligné que la «révolution législative» qu’il préconise ne peut être menée par «les demi-mesures ou des textes de loi qui n’entrent jamais en application».
La législation n’est pas une fin en soi, «mais un outil permettant de renverser une légitimité et d’en instaurer une autre», selon ses termes, ajoutant que «les révolutions n’admettent pas les demi-mesures ni les vestiges d’une légitimité illégitime que le peuple a rejetée», selon ses déclarations rapportées par l’agence officielle Tap. Etant entendu que le projet politique qu’il a initié depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, incarne la «révolution» et ses opposants la «légitimité illégitime que le peuple a rejetée».
Reste cependant à espérer que la «révolution législative» que Saïed appelle de tous ses vœux ne tarde pas à être mise en place pour que ses fruits soient cueillis dans les meilleurs délais et que la prospérité promise ne soit pas renvoyée aux calendes grecques, d’autant plus que les remous actuels dans le monde ne présage rien de bon pour l’économie mondiale, y compris pour la «petite» Tunisie.
I. B. (avec Tap).
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