Normale Ansicht

Empfangen — 12. Juli 2026 Leconomiste Maghrebin

Souveraineté alimentaire : pourquoi la Tunisie doit réinvestir d’urgence dans ses petits éleveurs

12. Juli 2026 um 18:52

Neuf fois plus chère en 16 ans, la brebis incarne une crise de l’élevage au cœur de la souveraineté alimentaire. Wafa Kharfia, coordinatrice du Groupe pour la souveraineté alimentaire, et Faouzi Zayani, expert en politiques agricoles, dissèquent l’effondrement du modèle tunisien.

Derrière la flambée des prix du mouton et le recul de la production de viande rouge se joue la capacité de la Tunisie à nourrir elle-même sa population. Une crise du cheptel qui, selon les spécialistes du secteur, révèle l’érosion progressive de la souveraineté alimentaire du pays. Selon les données publiées le 7 juillet par l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP), le prix moyen d’une brebis a augmenté d’environ 800 % entre 2010 et le premier semestre 2026, tandis que la production nationale de viande rouge diminuait d’environ 10 %.

Une équation que les spécialistes du secteur ne considèrent plus comme une simple anecdote conjoncturelle. L’envolée des prix en Tunisie dépasse la simple inflation pour révéler une crise structurelle du système agricole, comme le souligne Wafa Kharfia, coordinatrice du Groupe de travail pour la souveraineté alimentaire. La souveraineté alimentaire repose sur la maîtrise d’un État sur ses ressources fondamentales — terre, eau, semences, alimentation animale — afin de réduire sa dépendance extérieure et garantir une production durable, une maîtrise dont l’élevage tunisien s’éloigne continuellement.

Sécheresse, spéculation et faillites : l’étau se resserre sur les éleveurs

Cette dégradation découle des choix politiques des dernières décennies ayant favorisé l’ouverture commerciale et les cultures d’exportation au détriment de l’autonomie. Le pays dépend lourdement des importations de céréales et de matières premières comme le maïs et le soja pour l’alimentation animale, exposant l’élevage aux fluctuations mondiales et aux variations du dinar. Ce problème se traduit par un déficit chronique de 40 % de la balance fourragère, tirant les coûts de production et les prix de vente vers le haut.

Le dérèglement climatique accentue cette fragilité : sécheresses, baisse des précipitations, hausse des températures et épuisement des nappes phréatiques dégradent les parcours pastoraux. Des milliers d’hectares de terres pastorales ont disparu sous la pression conjointe de la désertification, de l’urbanisation et de la reconversion des sols. L’éleveur, contraint de remplacer les pâturages naturels par des aliments composés coûteux, voit la rentabilité de son activité s’effondrer. Cette situation frappe de plein fouet les petits agriculteurs et éleveurs, qui constituent 90 % du secteur.

Confrontés au renchérissement des aliments pour animaux, des soins vétérinaires, de l’énergie et du transport, ils voient régulièrement leurs charges dépasser leurs revenus. Pour survivre, beaucoup réduisent leur cheptel, vendent leurs femelles reproductrices ou cessent leur activité, générant le paradoxe d’une production en baisse malgré des prix en forte hausse. Or, la disparition de ces exploitants menace directement la capacité productive nationale.

Dans ce contexte, la brebis reproductrice représente un maillon stratégique sous-estimé, indispensable au renouvellement du troupeau. Préserver le cheptel implique de soutenir en priorité ces brebis en renforçant et en leur étendant les aides sur les aliments pour bétail, afin d’éviter les ventes forcées. Enfin, la crise met en lumière une défaillance dans la gouvernance du marché des aliments pour animaux. L’affaiblissement du rôle régulateur de l’État a laissé le champ libre à un oligopole restreint qui maîtrise l’importation des matières premières et la fabrication des aliments composés. En l’absence de mécanismes de protection efficaces, les hausses des cours internationaux sont directement répercutées sur les producteurs locaux.

Navigation à vue et urgence hydrique : le modèle agricole au bord du naufrage

Faouzi Zayani, expert et ancien éleveur, apporte une lecture critique des données publiées par l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP). Tout en reconnaissant l’exactitude des chiffres avancés, il leur dénie toute rigueur scientifique, estimant que la mise en perspective avec les prix de 2010 pour mettre en avant une hausse de 800 % relève d’une logique sensationnaliste qui ne reflète pas les dynamiques réelles du secteur. Pour étayer son propos, il rappelle qu’il y a seulement trois ans, une brebis de qualité se négociait entre 600 et 700 dinars, alors que son prix atteint aujourd’hui environ 2 000 dinars. À ses yeux, le recul significatif du cheptel ne s’est véritablement amorcé qu’entre 2020 et 2022, quand la sécheresse a forcé les producteurs à vendre leurs bêtes à perte. Loin d’une fatalité conjoncturelle, cette situation trouve sa source dans des années de carence du ministère de l’Agriculture et des autorités de tutelle, dont l’inaction a directement aggravé la vulnérabilité des éleveurs.

Il ne manque pas, pour autant, d’élargir la perspective : alors que la sécurité alimentaire repose sur un équilibre maîtrisé entre autosuffisance locale et importations mesurées, la Tunisie avance sans vision claire ni rationnelle.

Ce manque de stratégie frappe de plein fouet la filière céréalière, structurellement déficitaire, ainsi que les secteurs de la viande rouge et du lait, accentuant la dépendance aux marchés extérieurs sur fond de stress hydrique aigu qui menace l’ensemble de l’appareil productif. Face aux contraintes climatiques, les agriculteurs se retrouvent isolés. Refonder le secteur exige d’abord une augmentation des investissements publics, le budget alloué étant très inférieur au poids économique de l’agriculture, qui génère entre 7 % et 10 % du PIB.

Cette revalorisation doit s’accompagner d’une réforme du crédit agricole pour lever l’obstacle des taux d’intérêt élevés en proposant des financements adaptés et souples. Parallèlement, la recherche scientifique doit piloter le développement de semences locales résilientes et la mise à jour de la cartographie agricole. Cette dernière doit s’adapter aux évolutions thermiques et pluviométriques régionales, en donnant la priorité aux cultures stratégiques telles que les céréales, l’élevage et le maraîchage, au détriment des cultures d’exportation trop gourmandes en eau.

L’eau et la souveraineté : les piliers d’un choc de refondation national

La gouvernance de l’eau constitue le préalable indispensable à toute souveraineté. Elle implique la valorisation des eaux saumâtres abondantes dans le Centre et le Sud, la réutilisation des eaux usées traitées pouvant couvrir un quart des besoins d’irrigation, et le recours au dessalement de l’eau de mer uniquement en dernier ressort. L’entretien rigoureux des barrages, la rénovation des réseaux d’irrigation et l’intégration de l’intelligence artificielle apparaissent essentiels pour optimiser cette ressource vitale et maintenir le tissu rural.

La dépendance alimentaire fragilise les finances publiques, aggrave l’endettement et place le pays dans une situation de subordination, particulièrement risquée dans un contexte international instable marqué par des tensions géopolitiques autour des ressources. Pour s’en affranchir, la Tunisie doit coupler la gestion de l’eau aux énergies renouvelables et repenser son système de subventions. S’inspirant du modèle européen, l’État gagnerait à soutenir massivement le producteur lorsqu’il produit, et davantage encore lorsqu’il s’engage dans des pratiques respectueuses de l’environnement.

 

L’article Souveraineté alimentaire : pourquoi la Tunisie doit réinvestir d’urgence dans ses petits éleveurs est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Le Qatar en deuil : mort de l’ancien émir Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani à 74 ans

12. Juli 2026 um 16:24

L’ancien émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, est décédé le dimanche 12 juillet 2026 à l’âge de 74 ans. L’annonce a été faite par le Diwan de l’Émir, qui a salué la mémoire de l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire contemporaine du Qatar.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le Diwan a rendu hommage à celui que les Qataris désignent comme « l’Émir père », implorant la miséricorde divine et soulignant son engagement indéfectible au service de la nation.

L’artisan du Qatar moderne

Parvenu au pouvoir en 1995, Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani a présidé pendant près de deux décennies à une transformation profonde du Qatar. Cette mutation s’est appuyée notamment sur la valorisation des immenses ressources gazières du pays ainsi que sur une ambitieuse politique d’investissements internationaux.

Sous son règne, Doha a progressivement dépassé son statut de petit État du Golfe pour s’affirmer comme un acteur incontournable sur les scènes régionale et internationale. Le lancement de la chaîne Al Jazeera en 1996, l’essor de la diplomatie qatarienne et l’attribution au Qatar de l’organisation de la Coupe du monde de football 2022 ont largement contribué à accroître le rayonnement mondial de l’émirat.

En juin 2013, Cheikh Hamad avait choisi de transmettre volontairement le pouvoir à son fils, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani. Cette abdication, exceptionnelle dans les monarchies héréditaires du Golfe, visait à garantir une transition politique harmonieuse et à assurer la continuité de l’État.

L’article Le Qatar en deuil : mort de l’ancien émir Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani à 74 ans est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Nouvelle escalade : plusieurs pays du Golfe repoussent des attaques iraniennes

12. Juli 2026 um 15:58

Dimanche matin, le Qatar, les Émirats, le Koweït, Bahreïn et Oman ont annoncé avoir repoussé une série d’attaques missiles et de drones provenant d’Iran, dans une nouvelle phase d’escalade qui fait suite à des frappes américaines contre des sites iraniens. Bilan provisoire : quelques blessés au Qatar (dont un enfant) et la chute de trois missiles en Jordanie sans victimes. Les autorités appellent au calme, conjuguent vigilance et recours aux canaux officiels d’information.

L’article Nouvelle escalade : plusieurs pays du Golfe repoussent des attaques iraniennes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Atlanta, entre tradition et immersion : Coca‑Cola et Ocean Voyager

12. Juli 2026 um 15:42

On dit souvent que voyager permet de découvrir de nouvelles civilisations et cultures. Une chose est certaine : les voyages nous aident à mieux connaître l’autre. Après Washington et Saint‑Louis, l’aventure se poursuit  à Atlanta, ville qui a aussi accueilli des matches de la Coupe du monde et où l’on ressent la ferveur du sport et l’ambiance qui l’accompagne.

À peine arrivée, je me suis dirigée vers le World of Coca‑Cola, ce musée dont tout le monde parle. L’endroit m’a fait penser à Disney, même si je n’y ai jamais mis les pieds. Petit retour en arrière : le Coca‑Cola a été inventé en 1886 à Bay City par le pharmacien John Pemberton, qui s’installa ensuite à Atlanta.

À l’origine, il cherchait un remède contre les troubles gastriques et mit au point une formule à base de feuilles de coca et de noix de kola. Sa première version (alcoolisée) fut baptisée « French wine cola », en référence au Bordeaux qu’elle contenait. Devenu malade, Pemberton vendit la recette pour 2 000 dollars et ne connut jamais le succès commercial : la première année, seulement cinq doses furent vendues à Atlanta.

Ce sont ses successeurs qui donnèrent au produit l’essor que l’on connaît, notamment grâce à la publicité, devenue indissociable de l’histoire américaine.
Le musée propose un véritable spectacle. Après des dispositifs interactifs, on pénètre dans une salle circulaire où défilent images et archives. Sur une musique de blockbuster, un coffre‑fort s’ouvre enfin sur la fameuse formule, symbolisant la sacralisation du secret entourant la recette depuis ses débuts. Un homme en costume, à l’allure de garde du corps, semble la surveiller. Ce n’est pas que du show : la recette est effectivement conservée ici. Historiquement, elle était gardée dans un coffre de la SunTrust Bank et seuls deux employés détenaient les codes. Pour les 125 ans de la marque, en décembre 2011, la formule a été transférée au musée, où elle reste précieusement cachée.

En face, l’Aquarium de Géorgie attire lui aussi encore plus de visiteurs : environ 3 millions par an. Pour compléter l’offre touristique du quartier, un centre consacré aux droits civiques sera prochainement édifié, rappelant qu’Atlanta est aussi la ville natale de Martin Luther King.

L’Aquarium de Géorgie offre une expérience immersive avec Ocean Voyager, un tunnel de 30 mètres qui fait évoluer plus de cinquante espèces autour des visiteurs. Cette installation procure une vision continue et rapprochée de la vie marine, difficile à reproduire avec une simple vitre d’observation. On y trouve notamment bélugas, dauphins, et manchots, couvrant une diversité de mammifères marins rare dans la plupart des aquariums.

Le nouvel Explorers Cove ajoute une dimension interactive : deux bassins tactiles permettent de toucher raies et esturgeons, et une station technologique invite les enfants à créer un poisson virtuel qu’ils voient ensuite nager à l’écran. Nous avons assisté au spectacle des dauphins, un moment inoubliable gravé dans la mémoire.

Fin de cette étape américaine, mais l’aventure continue … À suivre dans le prochain carnet de voyage.

L’article Atlanta, entre tradition et immersion : Coca‑Cola et Ocean Voyager est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Rapport annuel de la BCT 2025: entre promesses et réalités, selon Ridha Chkoundali

12. Juli 2026 um 11:54

L’expert en économie Ridha Chkoundali est revenu sur le rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), récemment remis par le gouverneur à la cheffe du gouvernement Sarra Zaâfrani Zenzri. 

À travers son analyse sur sa page officielle,  Ridha Chkoundali estime que le document officiel présente une image trop lisse de la conjoncture tunisienne et tend, selon lui, à minimiser plusieurs déséquilibres structurels qui continuent de fragiliser l’économie nationale

Pour Ridha Chkoundali, le premier problème du rapport tient à son orientation générale : au lieu d’évaluer froidement les coûts sociaux et économiques des choix publics, le texte donne l’impression de prendre fait et cause pour la logique bancaire, y compris lorsqu’elle entre en tension avec les droits des citoyens. L’exemple le plus emblématique reste, selon lui, celui du chapitre relatif à l’article 412, qui a conduit à une baisse des intérêts au bénéfice des emprunteurs. Dans sa lecture, la BCT aurait traité cette réforme comme une contrainte pesant sur les banques, sans mettre suffisamment en avant la portée sociale de la mesure ni les manquements constatés dans son application.

L’économiste reproche également au rapport de présenter la baisse du chômage comme un signe net d’amélioration du marché du travail, alors que, selon lui, cette évolution devrait être interprétée avec prudence. Il soutient que la diminution du taux de chômage ne reflète pas forcément une création solide d’emplois, mais peut aussi découler d’un recul du nombre de personnes actives, alimenté par l’émigration, la fuite des compétences et le découragement de nombreux jeunes. Autrement dit, ce qu’un tableau statistique peut donner à voir comme une amélioration pourrait masquer une érosion silencieuse du potentiel humain du pays.

Dans le même esprit, Ridha Chkoundali pointe une autre contradiction : la reprise de la croissance en 2025 serait réelle, mais fragile. Le rapport met en avant une croissance de 2,5%, portée notamment par l’agriculture, le tourisme et certains segments miniers. Or cette performance reste, selon lui, largement tributaire de facteurs conjoncturels, en particulier des conditions climatiques favorables. Une telle dépendance pose une question de fond : l’économie tunisienne dispose-t-elle réellement de moteurs de croissance durables, ou reste-t-elle exposée à des cycles instables qui varient au gré des saisons et des chocs extérieurs ?

Le secteur extérieur n’échappe pas non plus à cette lecture critique. Le rapport insiste sur la baisse de la dette extérieure à moyen et long terme, qu’il présente comme un signe de bonne gestion. Mais Ridha Chkoundali estime que cette évolution ne relève pas d’un choix stratégique réussi ; elle résulte plutôt des difficultés de la Tunisie à mobiliser des financements externes dans un contexte international tendu et après l’enlisement des négociations avec les bailleurs de fonds. En d’autres termes, la réduction de la part de l’endettement extérieur ne traduirait pas une réelle victoire, mais une forme de repli forcé vers l’endettement intérieur.

Lire aussi: Croissance, inflation, la BCT fixe le cap

C’est d’ailleurs l’un des points les plus sensibles de son analyse : le recours croissant au financement domestique. À ses yeux, l’État tunisien s’est de plus en plus appuyé sur les ressources internes, notamment à travers les banques et les mécanismes de financement local, ce qui a produit un effet d’éviction sur le secteur productif. Quand les banques privilégient les placements sans risque au profit de l’État, elles disposent de moins de marges pour financer l’investissement privé, les entreprises et l’activité réelle. Résultat : la liquidité circule, mais pas forcément vers les secteurs qui créent de la valeur et de l’emploi durable.

Ridha Chkoundali insiste aussi sur la question des marges de sécurité extérieure. Si les réserves en devises restent à un niveau qui évite l’alerte immédiate, leur recul d’une année à l’autre demeure, selon lui, préoccupant. Le pays conserve une certaine capacité de résistance, mais celle-ci se fragilise à mesure que la couverture des importations se réduit et que les besoins de financement externe restent difficiles à satisfaire. Cette vulnérabilité est d’autant plus sensible que l’économie tunisienne. Plus encore, elle reste exposée aux chocs énergétiques, aux variations des prix internationaux et aux tensions sur les approvisionnements.

Au fond, la critique de l’économiste vise une lecture trop comptable de la situation économique. Le rapport annuel de la BCT, tel qu’il est présenté, valorise des indicateurs positifs, mais laisse en arrière-plan des tensions plus profondes : chômage des diplômés, fragilité de l’investissement, dépendance énergétique, endettement interne élevé et migration des compétences. Ridha Chkoundali appelle à une lecture plus lucide de l’économie tunisienne, une lecture qui ne s’arrête pas aux chiffres bruts, mais qui interroge leur signification sociale.

L’article Rapport annuel de la BCT 2025: entre promesses et réalités, selon Ridha Chkoundali est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

2030 a déjà commencé : la Tunisie forme-t-elle les talents dont le marché du travail a besoin ?

12. Juli 2026 um 08:00

Le marché de l’emploi tunisien vit déjà sa mutation. Digitalisation, transition énergétique, industrialisation et vieillissement démographique redessinent en profondeur les besoins des entreprises, et les secteurs qui recruteront demain sont, pour l’essentiel, déjà connus. Reste une question qui inquiète autant les experts que les familles : les jeunes diplômés tunisiens se préparent-ils réellement à ces métiers d’avenir ?

Quatre secteurs en première ligne

Pour Wafa Laamiri, CEO du Centre de Recherche, d’Ingénierie et du Travail (CRIT Tunisie), quatre grands pôles concentreront l’essentiel des recrutements d’ici 2030. Le numérique arrive en tête, porté par une demande croissante en spécialistes de la data, experts en cybersécurité, ingénieurs cloud et profils formés à l’intelligence artificielle et au machine learning. La transition énergétique suit de près, avec le Plan solaire tunisien qui fait émerger un besoin soutenu en ingénieurs et techniciens des énergies renouvelables. Vient ensuite l’industrie 4.0, où l’automatisation, la robotique, le contrôle qualité et l’optimisation des méthodes de production transforment les secteurs automobile, électronique et aéronautique, un univers que Wafa Laamiri considère comme le plus grand réservoir de nouveaux métiers. La santé, enfin, reste sous tension : l’émigration des soignants tunisiens vers l’Europe et le Golfe, combinée au vieillissement des populations, maintient une demande durablement supérieure à l’offre.

Ce diagnostic rejoint largement celui de Nabila Chaabani, directrice d’un cabinet de consulting, de coaching, de formation et de recrutement. Si certains métiers traditionnels perdent progressivement du terrain, observe-t-elle, les secteurs qui recrutent aujourd’hui dessinent déjà la carte de demain. Elle cite en priorité les techniciens de maintenance, les électrotechniciens, les électroniciens, les ingénieurs industriels ainsi que les spécialistes de la qualité, de la maintenance et de la production, des profils souvent perçus comme techniques ou manuels mais qui figurent en réalité parmi les plus recherchés du marché. Le secteur informatique reste lui aussi porteur, développeurs et spécialistes des nouvelles technologies en tête, même si la fuite des talents vers la France ou l’Allemagne freine les recrutements. Les fonctions liées à la finance, à la comptabilité et à l’administration conservent elles aussi leur place dans les besoins des entreprises, tandis que le marketing se réinvente presque entièrement autour du digital, l’intelligence artificielle automatisant déjà une partie des tâches classiques du métier, une évolution qui oblige les jeunes à repenser leurs choix d’orientation.

 

Les fonctions liées à la finance, à la comptabilité et à l’administration conservent elles aussi leur place dans les besoins des entreprises, tandis que le marketing se réinvente presque entièrement autour du digital…

 

L’intelligence artificielle redistribue les cartes

Cette révolution technologique ne se limite pas à créer de nouveaux besoins, elle en supprime aussi. Les fonctions administratives et de back-office sont parmi les premières touchées, tout comme certaines tâches en finance, en communication ou en droit, où les outils d’IA prennent en charge analyses et rédaction documentaire. Mais le bilan n’est pas uniquement négatif. Selon le Forum économique mondial, 92 millions de postes devraient disparaître dans le monde d’ici 2030, contre 170 millions de créations, soit un gain net de 78 millions d’emplois. De nouvelles fonctions apparaissent déjà, comme celles d’AI Manager, de Prompt Engineer ou d’AI Compliance Officer, aux côtés des métiers de la cybersécurité.

Cette recomposition rapide des métiers a toutefois un revers. La concurrence internationale pour attirer les compétences et la mobilité croissante des profils qualifiés rendent le recrutement de plus en plus complexe pour les entreprises tunisiennes, prévient Wafa Laamiri. L’enjeu ne se limite donc plus à former des talents, il s’agit désormais de savoir les retenir. Cela suppose, pour les entreprises, d’investir davantage dans la montée en compétences de leurs salariés, l’upskilling, et dans leur reconversion vers de nouveaux métiers, le reskilling, afin d’ajuster en continu leurs ressources humaines à des besoins qui évoluent plus vite que les cycles de formation classiques.

Le diplôme ne suffit plus

C’est peut-être là que les deux analyses se rejoignent le plus nettement. Pour Wafa Laamiri, l’obstacle majeur reste le décalage persistant entre les formations proposées et les besoins réels du marché, un paradoxe qui explique pourquoi la Tunisie affiche près de 24 % de chômage chez ses jeunes diplômés alors que des entreprises entières peinent à recruter. Nabila Chaabani va plus loin : selon elle, le diplôme, aussi solide soit-il, ne garantit plus l’employabilité. Les recruteurs privilégient désormais des candidats capables de s’adapter vite aux nouvelles technologies et à des environnements professionnels en constante évolution. Les jeunes diplômés disposent pourtant, le plus souvent, d’une formation académique satisfaisante, note-t-elle, mais c’est ailleurs que le bât blesse : dans leur capacité à communiquer efficacement, à travailler en équipe et à gérer les relations professionnelles. La communication reste ainsi l’un des points faibles les plus fréquemment observés en entretien, une difficulté que la directrice du cabinet attribue en partie à l’essor des échanges virtuels depuis la pandémie de Covid-19, qui a réduit les occasions d’interactions en présentiel chez les jeunes générations.

 

Les recruteurs privilégient désormais des candidats capables de s’adapter vite aux nouvelles technologies et à des environnements professionnels en constante évolution… La maîtrise des outils numériques devient incontournable dans la quasi-totalité des secteurs, et les langues étrangères constituent un avantage compétitif réel…

Face à ce constat, de plus en plus d’entreprises choisissent de miser sur le potentiel humain plutôt que sur la seule maîtrise technique immédiate, cette dernière pouvant s’acquérir en interne. Le travail d’équipe, l’écoute, la gestion des conflits et le leadership deviennent ainsi des critères de recrutement à part entière, au point que les formations en soft skills figurent parmi les plus demandées auprès des cabinets spécialisés. La maîtrise des outils numériques devient incontournable dans la quasi-totalité des secteurs, et les langues étrangères constituent un avantage compétitif réel, le français et l’anglais restant les plus demandés, auxquels peuvent s’ajouter l’italien ou l’espagnol selon les activités des entreprises. Mais c’est la capacité d’adaptation qui s’impose comme la compétence la plus déterminante dans un marché appelé à se transformer en permanence.

Cette exigence se traduit très concrètement dans les demandes adressées aux cabinets de formation. Les programmes les plus sollicités portent aujourd’hui sur la communication interpersonnelle, l’intelligence relationnelle, la gestion des conflits, le leadership et le management, des compétences longtemps jugées secondaires et désormais considérées comme un véritable levier de performance dans les décisions de recrutement.

Un référentiel pour combler l’écart

Face à cette inadéquation persistante entre formation et emploi, une réponse institutionnelle commence à se mettre en place. Lancé en avril 2026, le Référentiel tunisien des métiers et des compétences (RTMC) propose un langage commun entre universités, centres de formation, entreprises et acteurs de l’emploi. L’outil ambitionne d’anticiper plus finement les besoins futurs et de rapprocher, enfin, les parcours de formation des réalités du terrain.

Reste que la partie se joue aussi, et peut-être surtout, en dehors des salles de classe. Car pour les jeunes qui visent les métiers de 2030, la réussite professionnelle ne dépendra plus seulement du diplôme obtenu, mais de leur capacité à conjuguer expertise technique, maîtrise du numérique et compétences humaines.

L’article 2030 a déjà commencé : la Tunisie forme-t-elle les talents dont le marché du travail a besoin ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Empfangen — 11. Juli 2026 Leconomiste Maghrebin

Sommet d’Ankara : l’OTAN patauge dans ses contradictions

11. Juli 2026 um 23:09

D’un sommet à l’autre, l’OTAN ressemble à ce navire dont les machines sont usées, mais qui s’entête à prendre la mer malgré les vents contraires et les vagues scélérates. Le sommet d’Ankara, tenu les 7 et 8 juillet, a pris la forme d’un rituel où l’unité était absente, et les contradictions qui minent la structure atlantiste flagrantes.

Commençons par les contradictions qui ont émaillé le discours du président américain Donald Trump. Il a critiqué avec virulence les membres européens qui « rechignent toujours à débourser 5% de leur budget pour la Défense comme promis » ; il a déversé son fiel sur l’Espagne, qualifiée de « partenaire désastreux au sein de l’OTAN » ; il a remis à l’ordre du jour la question de « la souveraineté américaine sur le Groenland » face au Premier ministre danois et ses pairs européens médusés. Tout cela ne l’a pas empêché d’exprimer, en guise de conclusion, sa « certitude que l’unité et l’amour règnent dans cette réunion » !

Au-delà de ces élucubrations trumpiennes auxquelles alliés et ennemis se sont habitués, les véritables contradictions qui minent l’Alliance atlantique ont trait aux deux foyers de tension les plus dangereux dans le Golfe et en Ukraine.

Alors que les pays européens poussent vers une solution diplomatique et appellent à la désescalade, le jour même du sommet, les Etats-Unis ont repris leurs bombardements contre des cibles iraniennes, et Trump a informé le sommet que le mémorandum d’entente américano-iranien était « caduc », a qualifié toute nouvelle négociation de « perte de temps », et a traité les dirigeants iraniens de « racaille »…

Mais quand la question ukrainienne est abordée, les positions changent du tout au tout. Là, l’Europe s’oppose à toute solution diplomatique, pousse vers la continuation de la guerre et coupe dans ses budgets sociaux et les besoins urgents de ses populations pour réunir les milliards d’euros permettant à l’Ukraine de rester en guerre. Quant à l’Amérique, le principal pilier de l’OTAN, elle s’est désengagée financièrement de la guerre d’Ukraine, au grand dam des Européens qui ont vainement tenté de faire changer d’avis les décideurs à Washington.

La déclaration finale du sommet d’Ankara prévoit « une aide militaire de 82 milliards de dollars pour l’Ukraine en 2026 et 2027. » Cette somme proviendra exclusivement des alliés européens et du Canada. Washington ne participera pas d’un seul dollar, mais « autorise l’Ukraine à fabriquer elle-même des missiles Patriot sous licence pour se défendre »…

Commentateurs et observateurs se posent des questions sur le sérieux de cette autorisation. Si les Etats-Unis eux-mêmes n’arrivent pas à produire suffisamment de missiles Patriot pour leurs propres guerres, si Le japon, qui a eu depuis des années cette autorisation, n’a pas encore produit un seul missile, comment l’Ukraine, un pays en ruines, peut-il fabriquer des missiles si sophistiqués ?!

Quoi qu’il en soit, les Européens auraient souhaité avoir dans la déclaration finale une contribution américaine sonnante et trébuchante plutôt qu’une autorisation de fabrication sous licence pour un pays à genoux.

Une commentatrice américaine, Medea Benjamin, a mis le doigt sur la plaie : « A l’heure où le changement climatique tue déjà des personnes et met les gouvernements à rude épreuve, pourquoi la priorité politique absolue est-elle d’augmenter considérablement les budgets militaires au lieu d’investir dans la lutte contre les menaces auxquelles les populations sont confrontées aujourd’hui ? »

Une question pertinente quand on sait le désintérêt des élites gouvernantes de nombre de pays européens pour les besoins intenses des couches vulnérables de leurs populations et leur obsession pathologique de déstabiliser la Russie.

Mais la principale contradiction dans laquelle patauge l’OTAN depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie réside dans la fiction répétée noir sur blanc à chaque sommet et à chaque déclaration finale : « l’Alliance atlantique est une organisation défensive ».

C’est pour se défendre que l’OTAN a bombardé nuit et jour deux mois et demi durant la Serbie ; c’est pour se défendre qu’elle a guerroyé en Afghanistan, en Irak et en Syrie ; c’est pour se défendre que cette Alliance militaire s’est déchainée contre la Libye, plongeant ce pays dans une anarchie qui dure depuis 2011 ; c’est pour se défendre enfin que l’Otan s’est livré méthodiquement à l’encerclement progressif et à la provocation continue de la Russie avec la ferme détermination de déstabiliser ce pays et le désintégrer…

Une relique du passé lointain de la guerre froide, l’OTAN aurait dû être dissoute il y a un tiers de siècle. Si au lieu de George Bush Senior, l’Amérique avait eu un vrai chef d’Etat, sage, intelligent et rationnel, l’Otan aurait été dissoute en même temps que le Pacte de Varsovie, et le monde aurait fait l’économie de nombreuses guerres inutiles et des dizaines de millions de vies humaines auraient été épargnées. Mais comme disent les Français, avec des si, on mettrait Paris en bouteille.

L’article Sommet d’Ankara : l’OTAN patauge dans ses contradictions est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Vers une baisse de la demande mondiale de pétrole pour la 1ère fois depuis le Covid

11. Juli 2026 um 19:11

La demande mondiale de pétrole est en passe de reculer pour la première fois depuis 2020, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), alors que la guerre au Moyen-Orient entre Israël et l’Iran a perturbé la production et les exportations à travers la région.

L’agence a prévu dans son dernier rapport mensuel sur le marché pétrolier que la demande mondiale diminuera de 1 million de barils par jour cette année par rapport à 2025, marquant ainsi la première baisse annuelle depuis les profondeurs de la pandémie de Covid-19. La contraction est « fortement asymétrique, tant en termes de produits que de régions », a indiqué l’AIE.

Ses prévisions supposent qu’un cessez-le-feu tient et que le détroit rouvre progressivement, un scénario qui semblait de plus en plus incertain cette semaine après que les États-Unis et l’Iran ont échangé des tirs. Plusieurs navires ont été attaqués et le trafic à travers le détroit s’est à nouveau réduit à un filet. « Bien que l’équilibre du marché pétrolier mondial semble devoir basculer vers un excédent vers la fin de l’année, les prévisions reposent sur l’hypothèse que les flux de pétroliers à travers le détroit se redresseront progressivement, permettant aux producteurs de redémarrer leurs champs et aux raffineurs du Moyen-Orient et d’ailleurs de reprendre les expéditions de produits », a écrit l’AIE…

L’AIE a également revu à la baisse ses perspectives de production pétrolière russe, citant l’intensification de la campagne de drones ukrainienne contre les infrastructures énergétiques du pays. En effet, Kiev a intensifié ses frappes sur les raffineries de pétrole russes et les installations connexes ces derniers mois, dans le but de tarir les financements de l’effort de guerre de Moscou.

L’AIE prévoit désormais que la Russie, le troisième producteur mondial de pétrole, pompera 8,9 millions de barils par jour cette année et 8,8 millions de barils par jour en 2027, contre 9,2 millions de barils par jour en 2025.

L’article Vers une baisse de la demande mondiale de pétrole pour la 1ère fois depuis le Covid est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Croissance, inflation, la BCT fixe le cap

11. Juli 2026 um 18:51

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri  a reçu samedi 11 juillet 2026 au Palais de la Kasbah le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri, qui lui a remis le rapport annuel 2025 de la BCT. Cette rencontre a permis de mettre en avant le rôle central de la Banque centrale dans la conduite de la politique monétaire, le maintien de la stabilité financière et le soutien à l’économie nationale.

À cette occasion, la cheffe du gouvernement a souligné que la politique monétaire menée au cours de l’année écoulée a contribué à maîtriser l’inflation, à préserver les réserves en devises étrangères, à stabiliser le taux de change et à réduire à deux reprises le taux directeur en 2025, pour l’établir à 7%. Elle a estimé que ces résultats confirment la pertinence des choix économiques de l’État et leur capacité à préserver les grands équilibres du pays malgré un environnement international marqué par de fortes incertitudes.

Elle a rappelé que la Tunisie a hérité de lourds déséquilibres économiques et sociaux, résultant de décennies de politiques d’exclusion, de marginalisation et d’endettement accumulé. Malgré cet héritage difficile et les pressions liées aux crises mondiales, le pays a réussi à enregistrer des indicateurs positifs, grâce, selon elle, aux orientations nationales fixées par le président de la République, Kais Saied. Ainsi, le produit intérieur brut a progressé de 2,5% en 2025 contre 1,6% en 2024, soutenu par la bonne tenue du secteur agricole, des services, notamment le tourisme, ainsi que par l’amélioration de plusieurs activités industrielles.

Cette dynamique s’est également reflétée sur le marché de l’emploi, avec une baisse du taux de chômage à 15,2% en 2025 contre 16,5% un an plus tôt. Les investissements directs étrangers ont, eux aussi, augmenté d’environ 30%, traduisant, selon la cheffe du gouvernement, une confiance accrue dans les perspectives de l’économie tunisienne.

Pour 2026, les premiers résultats sont jugés encourageants. Le PIB a enregistré une croissance de 2,6% au premier trimestre, porté par la poursuite de l’amélioration de l’activité agricole, des services marchands et non marchands, ainsi que du secteur industriel. Les industries alimentaires, mécaniques et électriques ont particulièrement contribué à cette évolution, tout comme le raffinage pétrolier. Le chômage a également légèrement reculé pour s’établir à 15%.

Malgré ces avancées, plusieurs défis structurels persistent, en particulier le déficit énergétique, la volatilité des marchés mondiaux et le besoin de renforcer l’investissement productif. 

La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage le secteur bancaire dans le financement de l’économie réelle, estimant que son rôle ne doit pas se limiter à la rentabilité financière. Elle a appelé à un engagement plus fort de la Banque centrale et des banques pour soutenir l’investissement public et privé, stimuler la création de richesses et accompagner un développement plus juste et plus durable.

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale a affirmé que l’institution a réussi à préserver la stabilité monétaire et financière du pays, tout en accélérant ses chantiers de modernisation et de numérisation. Il a évoqué les progrès réalisés dans les systèmes de paiement, l’exploitation des données, l’intelligence artificielle et le renforcement des partenariats internationaux.

En conclusion, la rencontre a mis en évidence une volonté commune de consolider la souveraineté économique et financière du pays, tout en veillant à ce que les indicateurs macroéconomiques se traduisent concrètement par une amélioration du pouvoir d’achat, des services publics et de la justice sociale.

L’article Croissance, inflation, la BCT fixe le cap est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

L’administration Trump doute d’un accord nucléaire avec Iran

11. Juli 2026 um 17:05

L’administration Trump se montre de plus en plus pessimiste quant aux chances de parvenir à un accord nucléaire avec Iran. Des hauts responsables américains avertissent Téhéran qu’il doit démontrer son respect d’un accord de paix temporaire avant que des négociations plus larges puissent se poursuivre, rapporte le Wall Street Journal vendredi 10 juillet.

Les responsables américains souhaitent qu’Iran déclare publiquement que le détroit d’Ormuz est ouvert à la navigation commerciale et s’engage à mettre fin aux attaques contre les navires transitant par cette voie maritime. Un responsable a même indiqué que Téhéran pourrait faire face à de « graves conséquences » s’il ne prend pas un tel engagement d’ici samedi…

Ces déclarations soulignent les doutes croissants à Washington quant à la capacité de la seule diplomatie à aboutir à un accord visant à freiner le programme nucléaire iranien, l’un des principaux objectifs de politique étrangère du président Donald Trump.

« Ils violent l’accord chaque jour, ils mentent, ils trichent, ils tuent des gens », a déclaré Trump à des journalistes en début de semaine. « Ils ne construiront jamais d’arme nucléaire dans le cadre de notre accord, mais je ne sais pas si nous allons avoir un accord. ».

Dans le cadre d’un accord intérimaire conclu en juin, Iran s’est engagé à rétablir la sécurité de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz en échange d’un allègement financier. Des responsables américains ont indiqué que la poursuite des attaques contre des navires commerciaux a soulevé des doutes quant à la volonté de Téhéran d’honorer l’accord, réduisant ainsi la confiance dans la possibilité de parvenir à un accord nucléaire plus large.

Les responsables ont également précisé que tout accord définitif exigerait qu’Iran cède le contrôle de son stock d’uranium hautement enrichi, ajoutant que les États-Unis conservent des options militaires pour empêcher l’accès à ce matériau si les négociations venaient à s’effondrer.

L’accord intérimaire prévoit un délai de 60 jours pour que les deux parties parviennent à un accord permanent, avec la possibilité d’une prolongation. Cette semaine, Washington a réimposé des sanctions liées aux exportations pétrolières iraniennes et annoncé des sanctions supplémentaires visant l’homme d’affaires iranien Ali Ansari et les entités qui lui sont liées, après avoir conclu que Téhéran avait violé l’accord temporaire.

Les développements autour du détroit d’Ormuz restent au centre de l’attention des marchés mondiaux, une reprise de l’activité militaire maintenant les regards braqués sur l’une des routes maritimes énergétiques les plus importantes au monde.

L’article L’administration Trump doute d’un accord nucléaire avec Iran est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

L’OMI rejette les revendications de l’Iran sur le détroit d’Ormuz

11. Juli 2026 um 16:55

Réunie dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, vendredi 10 juillet, l’Organisation maritime internationale (OMI) a rejeté les tentatives de l’Iran visant à faire reconnaître une souveraineté exclusive sur le détroit d’Ormuz. L’organisation onusienne rappelle que cette voie maritime stratégique est régie par le droit international.

Alors que les tensions militaires entre l’Iran et les États-Unis continuent d’alimenter les inquiétudes des marchés, l’Organisation maritime internationale (OMI) a opposé une fin de non-recevoir aux démarches iraniennes visant à renforcer sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz.

Lors de ses récents travaux, l’agence spécialisée des Nations unies chargée de la sécurité maritime a rappelé que cette route stratégique demeure soumise aux principes du droit international de la mer, notamment à la liberté de navigation et au droit de passage des navires civils.

Cette prise de position intervient après plusieurs déclarations de responsables iraniens laissant entendre que Téhéran pourrait renforcer son contrôle sur ce corridor maritime en réponse aux frappes américaines et aux nouvelles sanctions occidentales.

Sans viser directement l’Iran, l’OMI a souligné que les détroits utilisés pour la navigation internationale sont encadrés par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). Celle-ci garantit un droit de passage en transit pour les navires marchands et militaires, sous réserve du respect des règles internationales de sécurité.

Cette position est largement partagée par les principales puissances maritimes, qui considèrent le détroit d’Ormuz comme une voie de circulation internationale dont la fermeture ou les restrictions unilatérales seraient contraires au droit maritime.

Une pression accrue sur le transport maritime

Depuis plusieurs semaines, les attaques contre des navires commerciaux dans le Golfe, les frappes militaires entre Washington et Téhéran et les menaces pesant sur les infrastructures énergétiques ont entraîné une forte augmentation des primes d’assurance contre les risques de guerre. Certaines compagnies maritimes ont adapté leurs itinéraires, tandis que plusieurs assureurs recommandent désormais une vigilance renforcée avant tout transit dans les eaux du Golfe.

Même sans fermeture du détroit, ces tensions se traduisent déjà par un renchérissement du coût du fret et une hausse de la prime de risque intégrée dans les marchés pétroliers.

Au-delà de l’affrontement militaire, le dossier d’Ormuz illustre une confrontation plus large entre les conceptions de la souveraineté nationale et les principes de gouvernance internationale. L’Iran soutient de longue date qu’il dispose de droits particuliers sur les eaux bordant son littoral et affirme pouvoir prendre des mesures exceptionnelles lorsque sa sécurité nationale est menacée.

Les puissances occidentales et la majorité des États utilisateurs des grandes routes maritimes défendent, à l’inverse, le maintien d’un régime garantissant la libre circulation du commerce mondial, estimant qu’aucun État riverain ne peut imposer un contrôle exclusif sur un détroit international.

Dans un contexte où les économies européennes cherchent encore à consolider leur sécurité énergétique après la réduction des importations russes, la préservation de la liberté de navigation dans le Golfe apparaît plus que jamais comme un facteur déterminant de stabilité économique mondiale.

Au-delà de l’épisode actuel, la position réaffirmée par l’OMI rappelle que les grands détroits internationaux – d’Ormuz à Bab el-Mandeb, du canal de Suez au détroit de Malacca – restent des biens communs de la mondialisation, dont la sécurité conditionne le fonctionnement du commerce international et des marchés énergétiques.

L’article L’OMI rejette les revendications de l’Iran sur le détroit d’Ormuz est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La Banque centrale d’Égypte maintient ses taux d’intérêt

11. Juli 2026 um 15:54

La Banque centrale d’Égypte (CBE) a choisi de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs, privilégiant la prudence face à un environnement marqué par les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes inflationnistes. Cette décision redessine les perspectives des marchés financiers, notamment pour l’or, le dollar et la livre égyptienne, qui restent étroitement liés à l’évolution de la conjoncture internationale.

La Banque centrale d’Égypte a décidé de laisser inchangés ses taux d’intérêt lors de sa réunion du 9 juillet, interrompant une nouvelle fois le cycle d’assouplissement monétaire engagé l’an dernier. Les responsables monétaires estiment que le contexte actuel – marqué par les tensions géopolitiques dans le Golfe, la remontée des prix de l’énergie et les risques inflationnistes – justifie une approche prudente.

Cette décision intervient alors que l’inflation, bien qu’en ralentissement par rapport aux pics observés en 2024 et 2025, demeure supérieure aux objectifs de stabilité des prix. Les autorités souhaitent éviter qu’un assouplissement prématuré ne ravive les pressions sur la livre égyptienne et sur les prix à la consommation.

Sur les marchés internationaux, l’or évolue à des niveaux historiquement élevés. Les investisseurs considèrent toujours le métal précieux comme une protection contre l’inflation, les crises géopolitiques et les fluctuations des devises.

En Égypte, cette tendance mondiale est amplifiée par la demande locale d’épargne en actifs réels. Les ménages continuent d’acheter de l’or non seulement comme placement financier, mais également comme instrument de préservation du pouvoir d’achat dans un contexte économique encore incertain.

Le dollar reste un indicateur clé

La stabilité des taux contribue également à soutenir la livre égyptienne face au dollar. Toutefois, les opérateurs restent attentifs à plusieurs facteurs externes, notamment l’évolution des taux américains, les flux de capitaux vers les marchés émergents et les conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient.

Le maintien d’une politique monétaire restrictive permet à la Banque centrale de préserver l’attractivité des actifs libellés en livres égyptiennes auprès des investisseurs internationaux, tout en limitant les risques de sorties de capitaux…

Une politique monétaire sous surveillance

Les économistes estiment que la Banque centrale conservera une approche attentiste tant que l’inflation n’aura pas amorcé une trajectoire durable vers son objectif. Les prochaines décisions dépendront autant de l’évolution des prix domestiques que des orientations de la Réserve fédérale américaine et de la stabilité des marchés internationaux.

Pour les investisseurs, la période actuelle reste dominée par une logique de diversification : les dépôts rémunérés continuent d’offrir un rendement élevé, tandis que l’or demeure une valeur refuge privilégiée et que le dollar conserve son rôle d’indicateur de confiance…

L’article La Banque centrale d’Égypte maintient ses taux d’intérêt est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Polémique autour des mandats au PDL : faits, réactions et enjeux

11. Juli 2026 um 13:42

Le Parti Destourien Libre (PDL) a publié un communiqué pour démentir des rumeurs affirmant que Abir Moussi, présidente du parti et détenue depuis le 3 octobre 2023, envisagerait de violer les statuts pour briguer un mandat auquel elle n’aurait pas droit. Le communiqué rappelle que Abir Moussi a accédé à la présidence lors du congrès de consolidation du 13 août 2016 et que le premier congrès électif du parti s’est tenu du 12 au 14 août 2021, qui a élu la direction actuelle par un vote libre et transparent.

Le PDL cite l’avant‑dernier alinéa de l’article 11 de ses statuts : “ Le président du parti est élu directement par le congrès national. Il est requis que le candidat ait exercé une responsabilité centrale pendant huit années consécutives. Aucun membre ne peut exercer plus de deux mandats complets et consécutifs, comptés à partir du premier congrès électif auquel il a participé. “ Sur cette base, le parti conclut que Abir Moussi serait habilitée à se présenter pour un nouveau mandat et que les allégations d’inéligibilité sont infondées. Le communiqué appelle par ailleurs les médias à cesser de diffuser des informations erronées visant, selon lui, à porter atteinte à l’image de la présidente du PDL. 

Foued Mouakher, dirigeant au PDL, a de son côté rappelé l’importance d’une lecture rigoureuse des textes. Avant la publication du communiqué, il a publié une note expliquant que les débats sérieux doivent s’appuyer sur des faits et des textes, et non sur des impressions ou des coupures médiatiques. Il insiste sur la nécessité de publier les documents originaux pour permettre au public de se forger une opinion éclairée, et condamne les erreurs ou les manipulations dans la transmission d’informations juridiques ou statutaires. Il appelle les médias à vérifier systématiquement leurs sources.

Cette polémique  intervient après une lettre ouverte de l’ancien député Majdi Ben Khiareddine Boudhina, qui avait demandé à Abir Moussi de renoncer à ce qu’il qualifiait de « troisième » mandat. Boudhina estimait qu’un parti qui critique la possibilité d’un troisième mandat présidentiel ne devait pas se soustraire à ses propres règles internes ; il plaidait aussi pour un renouvellement générationnel et un recentrage du discours du parti sur les questions économiques et sociales.

 Sa démarche a suscité des réactions contrastées au sein du mouvement destourien : la majorité des militants ont rejeté son initiative, la considérant comme une attaque contre la direction du parti, en particulier dans le contexte de la détention de Abir  Moussi et des campagnes réclamant sa libération. 

Le 9 juillet, Majdi Boudhina a réagi sur Facebook en affirmant que l’Histoire le jugerait « traître » ou « audacieux ». Le PDL maintient que rien, dans ses statuts, n’interdit la candidature de Abir  Moussi à un nouveau mandat.

La controverse soulève aujourd’hui des questions sur les motivations et le calendrier de l’initiative de Majdi Boudhina : sachant que Abir Moussi est détenue, quel est l’objectif de publier cette lettre ouverte ? Est‑ce un règlement de comptes interne, une prise de position politique ? À qui profite réellement ce débat ? Ces interrogations restent ouvertes et appellent à des explications factuelles plutôt qu’à des spéculations.

L’article Polémique autour des mandats au PDL : faits, réactions et enjeux est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La Fed se réinvente : qui fait quoi et pourquoi cela compte pour les marchés?

11. Juli 2026 um 12:28

L’ancien responsable à la Fed Kevin Warsh a lancé cinq équipes indépendantes chargées de repenser la manière dont la Réserve fédérale américaine (Fed) analyse les données, communique et gère son bilan.  Telle est l’annonce de la zonebourse.com. 

Ces changements  notamment l’intégration de l’intelligence artificielle pourraient rendre les décisions monétaires plus difficiles à anticiper, avec des conséquences pour les investisseurs et l’économie mondiale, y compris la Tunisie. Son objectif est de moderniser les méthodes de décision de la banque centrale.

Ainsi les cinq « task forces » : groupes de travail officiels, présentés comme indépendants,  formuleront des recommandations destinées au comité de politique monétaire de la Fed. Il convient de noter que la composition comprend  quinze experts économistes, anciens banquiers centraux et dirigeants américains et étrangers.

L’objectif étant clair: revoir la manière dont la Fed informe les marchés et le public. Et ce dans le but d’améliorer et accélérer les informations économiques utilisées (indicateurs plus rapides ou nouveaux signaux). Il en va de même de repenser l’analyse de l’inflation en intégrant les anticipations des acteurs économiques, le crédit, les marchés financiers et la confiance dans la politique monétaire. Mais aussi réfléchir au volume et à la composition des actifs détenus par la Fed (notamment obligations). Mais avant tout, le plus important est d’évaluer l’impact macroéconomique de l’IA.

Pourquoi cela importe pour la Tunisie?

 Les décisions de la Fed influencent les taux d’intérêt mondiaux et les flux de capitaux vers les marchés émergents, dont la Tunisie. Des décisions moins prévisibles peuvent augmenter la volatilité des entrées de capitaux et du coût du financement extérieur. Plus encore, une moindre présence de la Fed sur le marché obligataire mondial peut modifier les primes et les rendements, affectant indirectement  les entreprises tunisiennes emprunteuses.

Par ailleurs,  des chocs mondiaux sur le taux d’inflation et le coût de l’énergie (liés par exemple aux dépenses d’infrastructures liées à l’IA) peuvent se répercuter sur les prix à l’importation en Tunisie. Ce qui fait que les autorités tunisiennes (banque centrale, ministères) devront suivre ces évolutions pour adapter la gestion des réserves, la dette et la politique monétaire..

L’article La Fed se réinvente : qui fait quoi et pourquoi cela compte pour les marchés? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Une nouvelle canicule est attendue durant ces deux jours

11. Juli 2026 um 11:17

Ce samedi 11 juillet 2026  est le jour le plus chaud depuis le début du mois avec un pic à plus de 45 degrés sur Tunis, duquel il se poursuit  jusqu’à la semaine prochaine.. 

 

 Pour mieux se protéger,  un appel à la vigilance est lancé  pour les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes, et toute personne fragile à se protéger de la chaleur. 

 

Pour éviter les coups de sirocco, bien boire de l’eau, s’hydrater d’une façon permanente, en cas de déshydratation, ou de la fièvre, se rendre chez les médecins, sont les dispositifs mis en place du ministère. 

 

L’article Une nouvelle canicule est attendue durant ces deux jours est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Prix Diane Potier-Boès : la Tunisienne Manel Belhadj Ali sacrée

11. Juli 2026 um 09:13

En juin 2026, l’Académie française a décerné son prestigieux prix d’histoire Diane Potier-Boès à la docteure en littérature comparée (Sorbonne-Paris IV), Manel Belhadj Ali, pour son ouvrage Le romantisme français et la renaissance arabe. Héritages croisés (UGA Éditions). Retour sur un parcours et une œuvre remarquables.

Récompensant les ouvrages dédiés aux relations franco-égyptiennes et à l’histoire méditerranéenne, ce prix salue une enquête sur un jeu de miroirs transméditerranéen méconnu. Dans son ouvrage préfacé par l’historienne Anne Laure Dupont, Manel Belhadj Ali y dévoile des destins surprenants : un roman culte arabe né de l’adaptation d’un texte français de 1832, un poème de Lamartine « Le Lac » (1820) qui fait écho à la poésie arabe classique, en raison de la brillante traduction qu’en fit, entre autres, le poète égyptien Ibrahim Nâji, ou encore Hernani (1830), une pièce de Victor Hugo transposée à la cour des émirs Omeyyades de Cordoue. L’autrice démontre ainsi que les traducteurs égyptiens et syro-libanais de la Nahda (Renaissance arabe, XIXe-XXe siècle) n’ont pas seulement reçu le romantisme français : ils l’ont réinventé. Une façon de porter un regard sur l’Occident depuis le monde arabe. C’est l’« occidentalisme » (Istighrāb).

Pour Manel Belhadj Ali, ce prix est la reconnaissance précieuse d’un travail dédié au dialogue interculturel. C’est aussi une immense fierté : celle d’honorer la Tunisie au sein de l’Académie française, avec l’espoir d’inspirer d’autres chercheurs tunisiens à publier et à faire rayonner leurs travaux à l’international.

Ni domination ni imitation

De cette enquête émerge une thèse centrale : celle d’un dialogue d’égal à égal, fondement même d’une souveraineté culturelle aux antipodes du repli protectionniste. Pour Manel Belhadj Ali, l’Orient et l’Occident ne se font pas face : ils se traversent.

Cette recherche est née du refus d’opposer deux mondes que l’on croit étrangers, alors qu’ils partagent une histoire profonde. Loin de voir le romantisme français comme une curiosité exotique, les traducteurs de la Nahda y ont trouvé une résonance intime. En adaptant et en arabisant ces œuvres, ils ont posé un regard souverain sur l’Occident, transformant l’exercice de la traduction en un acte créateur à part entière.

Un roman français devenu authentiquement arabe

L’exemple le plus saisissant de cette appropriation est le roman Majdoulîne. Ce texte est en réalité l’adaptation d’un roman français du XIXe siècle, Sous les tilleuls (1832) d’Alphonse Karr. Le paradoxe est d’autant plus vertigineux que son adaptateur ne parlait pas un mot de français : il s’appuyait sur les récits d’un ami, Mohammed Fouad Kamel, avant de les réécrire à sa manière. De ce processus est née une œuvre si profondément imprégnée de culture locale que des générations de lecteurs arabes en ont oublié l’origine française.

Ce succès phénoménal a mené à une adaptation cinématographique par Mohammed Karim, mettant en vedette Mohammed Abdel Wahab. À l’écran, le village allemand de Wolfach cède ainsi la place au quartier cairote de Maadi, un déplacement géographique qui illustre parfaitement ce magistral processus d’assimilation culturelle.

Hernani devient Hamdan

Le théâtre pousse plus loin encore la transformation du texte occidental, avec Hernani de Victor Hugo. Deux voies s’y sont dessinées : celle, plus littérale, du traducteur Khalil Mutrân, et celle, résolument libre, de Najîb al-Haddad, qui déplace l’intrigue de la cour des rois de Castille à l’époque d’Abd al-Rahmân, Hernani devenant Hamdan. La pièce, jouée notamment par la troupe de Cheikh Salâma Hijâzi et celle de Sulaymân Qardâhî, y compris en Tunisie au début du XXe siècle, illustre, pour Manel Belhadj Ali, l’ampleur des transformations que la scène arabe a fait subir au texte hugolien : l’Espagne médiévale de Hugo cède la place à un Orient qui se réapproprie pleinement le récit.

Un Lamartine devenu arabe

L’influence n’a pas circulé à sens unique, et c’est là le point le plus spectaculaire de l’enquête. Dans un chapitre intitulé « À la recherche des origines arabes de Lamartine », l’autrice analyse un article d’Ahmed Hassan al-Zayyat paru en 1935, « Lamartine est-il arabe ? ». Ce texte suggère une dette littéraire du poète français envers l’Orient, une quête d’appropriation que l’on retrouve d’ailleurs dans les débats sur les supposées origines arabes de Shakespeare.

Pour Manel Belhadj Ali, le choix des romantiques français ne doit rien au hasard : leur sensibilité faisait écho à celle de la Nahda, à l’instar de la poétique des ruines qui traverse « Le Lac ». Les traducteurs n’y voyaient pas un texte étranger, mais une véritable œuvre miroir. Pour son étude de la poésie, l’autrice s’appuie sur trois traductions de ce poème emblématique : celles d’Ibrahim Naji, d’Ali Mahmoud Taha et d’Ahmed Hassan al-Zayyat, qui recourent aux mètres lyriques que sont le kâmil, le khafîf ou le ramal pour en préserver la musicalité.

Un héritage qui circulait déjà dans les deux sens

Pour ancrer ce dialogue, l’ouvrage rappelle d’abord un lien historique déjà étudié et connu des spécialistes : celui qui unit le romantisme médiéval français et la poésie hispano-mauresque. Cette filiation directe avec la poésie arabe précède ainsi de plusieurs siècles la Nahda, tandis que l’influence de la littérature mondiale, la Weltliteratur (notamment allemande), vient compléter ce tableau côté occidental.

Du côté arabe, la chercheuse met en lumière deux jalons majeurs, qui ont constitué le cœur de son projet postdoctoral mené au CNRS. D’une part, l’émergence de la presse dès 1828, portée par Rifa’a al-Tahtâwî, bien que l’autrice nuance son rôle de pionnier exclusif en rappelant l’activité de traducteurs installés à Damiette. D’autre part, le paysage périodique connaît une expansion spectaculaire au tournant du XXe siècle : le nombre de revues généralistes passe de 120 à 730. Manel Belhadj Ali s’attarde particulièrement sur le dynamisme des revues féminines : près de trente magazines voient le jour entre 1892 et l’entre-deux-guerres. Encore largement méconnus, ces corpus constituent l’une des contributions les plus originales de ses recherches.

 

L’article Prix Diane Potier-Boès : la Tunisienne Manel Belhadj Ali sacrée est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Le paradoxe de Heidelberg : pour une économie tunisienne attractive et non plus seulement incubatrice

11. Juli 2026 um 06:00

La nouvelle est tombée comme un symbole : Yasmine Yaakoubi, lauréate nationale du baccalauréat 2026 avec la moyenne historique de 20,01, s’apprête à s’envoler pour l’Allemagne afin d’y poursuivre ses études d’ingénierie à la prestigieuse Université de Heidelberg.

Derrière la fierté légitime de voir l’école républicaine tunisienne produire de tels esprits d’élite, se cache le grand paradoxe de notre modèle national. Nous excellons dans la production de notre « Software » humain, mais nous manquons cruellement du « Hardware » institutionnel et économique pour l’exploiter et le retenir.

 

De l’État incubateur à l’État draineur : le chaînon manquant

La trajectoire de cette brillante étudiante résume à elle seule le défi macroéconomique de la Tunisie moderne. Notre pays finance à grands frais la formation d’ingénieurs, de médecins, de financiers et de juristes de premier plan, pour ensuite observer leur départ immédiat vers les économies occidentales. En réalité, la Tunisie se comporte comme un incubateur gratuit pour le compte de puissances économiques qui n’ont plus qu’à cueillir des talents déjà opérationnels.

Ce constat impose une rupture doctrinale. La fuite des cerveaux n’est pas une fatalité culturelle, c’est le résultat mécanique d’un déficit d’attractivité de notre marché intérieur. Si nos talents s’exilent, ce n’est pas uniquement pour des raisons de rémunération financière ; c’est d’abord parce que notre modèle managérial national, fortement bureaucratique et hiérarchisé, offre trop peu de défis technologiques et d’espaces d’autonomie à la hauteur de leurs ambitions.

 

Moderniser la gouvernance pour capter l’intelligence

Pour inverser cette tendance, la Tunisie doit urgemment adapter ses structures aux réalités du XXIe siècle. Cela passe par deux chantiers prioritaires :

  • Le saut managérial des institutions publiques : nos grandes structures, notamment dans le secteur bancaire, industriel et administratif, doivent abandonner les grilles de gestion rigides héritées du siècle dernier. L’introduction de critères de performance objectifs, de l’automatisation des processus et de l’intelligence artificielle doit précisément servir à assainir nos environnements de travail de toute subjectivité pour y réintroduire la culture du mérite.
  • La création de pôles d’excellence technologique souverains : on ne retient pas un ingénieur de haut niveau avec des promesses de carrière linéaires. Il faut créer, sur le sol national, des projets industriels et numériques d’envergure — qu’il s’agisse de la transition énergétique, de la souveraineté des données ou de la numérisation de l’État — capables de rivaliser en termes de stimulation intellectuelle avec ce que Heidelberg ou la Silicon Valley peuvent offrir.

Piloter la diaspora : la circularité des compétences

Soyons réalistes : dans une économie globalisée, nous ne pourrons pas empêcher tous les départs, et le parcours international de nos élites reste une richesse. Mais si le départ est inévitable, l’absence de retour, elle, est une erreur de pilotage stratégique.

La Tunisie doit inventer un modèle de « circularité des compétences ». Cela implique de structurer juridiquement et fiscalement le statut de notre diaspora d’influence. Comment ? En créant des passerelles d’ingénierie inversée, permettant à nos cadres expatriés de diriger des projets nationaux à distance, d’auditer nos systèmes, de siéger dans nos comités de régulation ou d’investir de manière simplifiée dans des start-ups tunisiennes.

 

Choisir notre place dans la chaîne de valeur mondiale

Le succès de notre lauréate nationale confirme que le génie tunisien est intact. Notre système éducatif continue de concevoir un logiciel de très haute performance. La question cruciale qui se pose désormais aux décideurs économiques et politiques est simple : la Tunisie continuera-t-elle à n’être que la pépinière des autres, ou décidera-t-elle enfin de moderniser ses structures pour devenir le principal bénéficiaire de sa propre intelligence ?

La souveraineté numérique et économique de la Tunisie de demain ne se jouera pas dans l’importation de technologies clés en main, mais dans notre capacité à offrir à nos propres enfants un cadre national où leur génie peut s’exprimer, s’épanouir et transformer la réalité du pays.

———————————————————–

Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

L’article Le paradoxe de Heidelberg : pour une économie tunisienne attractive et non plus seulement incubatrice est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Empfangen — 10. Juli 2026 Leconomiste Maghrebin

Agriculture : déjà 9 millions de quintaux collectés

10. Juli 2026 um 20:49
Les quantités de céréales collectées au niveau national ont atteint environ 9,1 millions de quintaux au 7 juillet 2026, indique l’Office des céréales de Tunisie. Ce volume est réparti entre 8,6 millions de quintaux de céréales de consommation, représentant 95 % du total collecté, et 493 000 quintaux de semences sélectionnées brutes (5 %), collectés auprès des entreprises de production de semences.

D’après l’office, 2 millions de quintaux ont été collectés à Béja (21,9 %), 1,3 million de quintaux au Kef (13,8 %), 1,23 million de quintaux à Bizerte (13,4 %), 1,21 million de quintaux à Siliana  (13,3 %) et 966 000 quintaux à Jendouba  (10,6 %).

Par ailleurs, 643 000 quintaux ont été collectés à Kairouan (7 %), 605 000 quintaux à Zaghouan (6,6 %), 560 000 quintaux à la Manouba  (6,1 %), 220 000 quintaux à Nabeul (2,4 %), 123 000 quintaux à l’Ariana (1,4 %), 115 000 quintaux à Kasserine  (1,3 %), 107 000 quintaux à Gafsa (1,2 %), 98 000 quintaux à Sidi Bouzid (1,1 %), 3 000 quintaux à Sousse (0,03 %) et  59 quintaux à Mahdia.

L’office a fait savoir que des comités techniques régionaux procèdent à la sélection de quantités d’orge de la récolte 2026 pour constituer un stock de réserve d’orge contrôlée destinée aux semences.

Par ailleurs, des visites régulières dans les centres de collecte et les laboratoires de calibrage sont effectuées par les équipes de contrôle de l’Office des Céréales pour suivre les conditions de travail, le rythme d’évacuation et l’état d’avancement du paiement des agriculteurs.

Les quantités de céréales évacuées au 7 juillet 2026, que ce soit par transfert vers les unités de l’Office des Céréales ou par vente aux minoteries, ont atteint environ 3,4 millions de quintaux.

L’article Agriculture : déjà 9 millions de quintaux collectés est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Bourse de Tunis: progression hebdomadaire de 1,6 % du Tunindex 

10. Juli 2026 um 20:43

L’indice Tunindex a progressé de 1,6 % durant la semaine du 6 au 10 juillet 2026, franchissant pour la première fois la barre des 20 000 points à 20 158,7 points, et portant, ainsi, sa performance depuis le début de l’année à +49,9 %.

Selon l’analyse hebdomadaire de l’intermédiaire en Bourse, Tunisie Valeurs, la semaine écoulée a été marquée par un rythme d’échanges toujours soutenu même en l’absence de transactions de bloc, puisque le volume a cumulé une enveloppe de 61,6 millions de dinars (MDT).

Les volumes ont profité de la réalisation d’une transaction de bloc portant sur le titre BIAT totalisant une enveloppe de 5 MDT.

Analyse des valeurs

Le titre STAR s’est offert la meilleure performance de la semaine. L’action de l’assureur a enregistré une envolée de 14,7 % à 94,000 D. La valeur a amassé un flux de 304 sur la semaine boursière.

Le titre BH ASSURANCE poursuit son ascension. L’action De l’assureur a affiché une embellie de 14,1 % à 87,210 D, dans un volume quasi-nul.

Le titre STIP a accusé la plus forte correction à la baisse de la semaine. L’action du spécialiste en pneu s’est délestée de -7,9 % à 14,140 D. La valeur a été échangée à hauteur de 27 mille dinars sur la semaine passée.

Le titre SOPTIPAPIER a figuré parmi les plus grands perdants de la semaine. L’action du papetier a reculé de -4,5 % à 9,810 D. La valeur a mobilisé de modestes échanges hebdomadaires de 4 mille dinars.

AMEN BANK a été la valeur la plus convoitée par les investisseurs sur la semaine, drainant des capitaux de 5,9 MDT, soit 9,6 % du volume total transigé sur le marché.

Avec TAP

L’article Bourse de Tunis: progression hebdomadaire de 1,6 % du Tunindex  est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

IA et cybersécurité : Pékin ouvre un nouveau front contre Anthropic

10. Juli 2026 um 18:37

Les autorités chinoises de cybersécurité affirment avoir identifié un mécanisme de transmission de données dans plusieurs versions de Claude Code, l’assistant de programmation développé par la start-up américaine Anthropic. Cette nouvelle controverse illustre la montée des tensions autour de la souveraineté numérique et de la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.

Le bras de fer technologique entre la Chine et les États-Unis s’étend désormais aux assistants de programmation fondés sur l’intelligence artificielle. Le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT), par l’intermédiaire de sa National Vulnerability Database (NVDB), a publié, le 9 juillet, un avis de sécurité affirmant que plusieurs versions de Claude Code, développé par Anthropic, contiendraient un mécanisme capable de transmettre automatiquement certaines informations relatives aux utilisateurs vers des serveurs distants.

Selon les autorités chinoises, les données concernées incluraient notamment des éléments de localisation, des identifiants techniques et d’autres métadonnées susceptibles d’être exploitées sans le consentement explicite des utilisateurs. Pékin considère que ce dispositif pourrait présenter un risque pour la confidentialité des entreprises utilisant Claude Code dans le développement de logiciels ou la gestion de codes sources sensibles.

 

Lire aussi — Washington autorise un accès contrôlé au modèle d’IA Mythos 5 d’Anthropic

 

Une accusation qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu

À ce stade, aucune preuve publique ne permet de conclure à l’existence d’une « porte dérobée » au sens classique du terme, c’est-à-dire d’un mécanisme intentionnel donnant un accès caché aux données des utilisateurs. Les accusations reposent sur l’analyse technique publiée par la base chinoise des vulnérabilités, qui recommande aux organisations concernées de mettre à jour leur logiciel, de renforcer la surveillance des connexions sortantes et de limiter les accès réseau des outils de développement.

Anthropic n’a pas publié de réponse officielle à l’avis du MIIT. Toutefois, un ingénieur de l’entreprise a reconnu ce vendredi sur le réseau social X qu’un mécanisme expérimental avait été intégré à certaines versions de Claude Code afin d’identifier les utilisations frauduleuses du service, notamment par des revendeurs non autorisés et des acteurs soupçonnés de pratiquer la « distillation » de modèles d’intelligence artificielle. Une technique consistant à entraîner un modèle concurrent à partir des réponses d’un autre système. Et ce responsable de poursuivre que cette fonctionnalité devait être retirée dans une mise à jour diffusée début juillet.

Claude Code, un outil stratégique

Contrairement aux assistants conversationnels accessibles via un navigateur, Claude Code fonctionne directement dans le terminal des développeurs. Il peut ainsi accéder aux fichiers, aux projets et aux dépôts de code que l’utilisateur choisit de lui ouvrir. Cette proximité avec des environnements de développement parfois sensibles explique pourquoi toute controverse concernant la collecte de données suscite une attention particulière.

Les autorités chinoises estiment que de tels outils pourraient exposer des logiciels propriétaires, des secrets industriels ou des informations stratégiques si des données étaient effectivement transmises à des serveurs externes…

Un débat mondial sur la gouvernance de l’IA

Au-delà du différend sino-américain, cette affaire met en lumière une question appelée à devenir centrale : jusqu’où les éditeurs d’intelligence artificielle peuvent-ils collecter des informations techniques afin de protéger leurs services contre les détournements d’usage ?

Les fournisseurs de modèles avancés cherchent de plus en plus à détecter les tentatives de fraude, de revente illégale ou d’extraction de leurs modèles. Ces mécanismes reposent souvent sur la collecte de données techniques, mais leur mise en œuvre soulève des interrogations croissantes en matière de transparence, de protection de la vie privée et de conformité aux réglementations nationales.

L’article IA et cybersécurité : Pékin ouvre un nouveau front contre Anthropic est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌