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CNSS : fardeau salarial ou impasse structurelle, quelles sont les revalorisations?

08. Januar 2026 um 18:04

Les cotisations CNSS représentent jusqu’à 26,5 % du salaire brut, un poids écrasant qui freine le pouvoir d’achat. Entre subventions CNSS, hausses de salaires ou intégration de l’informel ? Mustapha Mezghani, directeur général de la Technopole de Sfax et Maher Ketari optent chacun pour une solution, à partir de leur analyse sur le sujet. Débat décrypté pour sauver les retraités.

Mustapha Mezghani tranche : « Augmentons directement les salaires avant de subventionner la Caisse ! » Sans cela, les exonérations ne tariront pas la fuite des cerveaux (plus de 100 000 Tunisiens hautement qualifiés ont émigré en 2025 seul, selon l’INS.)

Paradoxe cruel : entreprises en pénurie de compétences (IT, ingénierie), malgré 16 % de chômage officiel

Mustapha Mezghani pointe l’exode vers l’Europe et le Golfe arabe, dopé par des écarts salariaux abyssaux. Par exemple, le salaire moyen tunisien se monte à 10 fois plus en France, dans certains secteurs. D’où son appel à réviser les rémunérations qui ne doit pas être une option privée. Il prône une refonte nationale, via SMIG revalorisé et incitations fiscales.

Pour débloquer les investissements (seulement 1,2 % du PIB en 2025), Mustapha Mezghani insiste sur l’importance de libérer les prix. Cela signifie avoir un marché tolérant +5-10 % sur les biens de consommation doperait les marges bénéficiaires de 15-20%, finançant embauches et R&D. Cela nous amène à la question suivante : est-ce qu’il serait utile de subventionner la CNSS (idée en débat au Parlement) dans la mesure où les prix restent figés; tout en ayant conscience des risques ? Sans oublier que l’État, déjà endetté à 90% du PIB, creuse son déficit.

Il rappelle à cet effet: « Notre modèle « pay-as-you-go » actifs payant les retraites implose ». Tout en ajoutant : « Dans les années 70-80, le ratio actifs et les retraités était à 10:1, excédents de 500 MDT annuels, détournés vers l’État ou placés (Tunisair : 15 % des parts CNSS ). Résultat en 2026 ? Tunisair  connait des pertes annuelles. Et parallèlement l’État subventionne déjà 2,5 MDT au budget 2025, un pansement.

En outre Mustapha Mezghenni alerte sur le fait que cela booste le recrutement court-termiste (+10 % d’embauches); mais sans réformes (âge de retraite à 65 ans, capitalisation partielle) et zéro emploi durable.

Startups : exonérations CNSS, un levier à rentabiliser sur 20 ans

L’exonération des cotisations patronales sur cinq ans est une aubaine pour l’écosystème startup tunisien : 1 200 immatriculations en 2025 (+30 %/an grâce au Startup Act), générant des emplois inédits. Prenons une scale-up typique : de cinq à 50 salariés, ses cotisations futures (26,5% x 50 x 2 000 TND = 2,6 MDT/an) rentabilisent rapidement les 500 kTND subventionnés.

Les chiffres parlent : l’API recense 15 000 jobs créés de 2020 à 2025, dont 40 % exonérés, pour 80 MDT de retours CNSS. Un taux de mortalité de 70 % ? Inévitable dans ce secteur. Mais les succès comme GoMyCode (500 employés) ou InstaDeep (rachetée 1 milliard USD) embauchent en masse.

Mustapha Mezghenni insiste sur un bilan à 15-20 ans, mesurant croissance (CA x10), export (50 % des revenus) et valorisation.  L’objectif étant d’absorber néanmoins 100 000 chômeurs.

M. Mezghenni conclut sur une vision holistique : hausses salariales couplées à un marché flexible et une CNSS réformée créent un cercle vertueux. Sans cela, les subventions restent une pure illusion. Seul horizon : une Tunisie compétitive post-2026.

Vers une refonte globale : salaires, prix et investissements

De son côté, Maher Ketari, député et membre de la commission des finances n’opte pas pour un élargissement de l’assiette ni une augmentation des taux de cotisation. Mais il tranche pour une solution d’intégration des 40 % d’économie informelle (30 % de la masse salariale estimée). Ces travailleurs – ni déclarés, ni salariés fixes – ne cotisent rien. Les formaliser, rendrait la CNSS excédentaire, comme en 2009-2010, époque où elle générait des placements bancaires rentables.

Même pour les personnes physiques : « Pensez à votre vieillesse ! À 20, 30, 40 ou 50 ans, cotisez pour vous-mêmes. Garantissez retraite et couverture médicale. » Convaincre ces acteurs ? Cela est essentiel pour assainir les caisses.

Solution bis : cotisations complémentaires privées

Si l’intégration traîne, il faut instaurer une cotisation complémentaire, comme ailleurs. La CNSS/CNRPS reste de base; chacun cotisant en parallèle dans un fonds privé pour combler l’écart retraite. Il estime qu’il est « inacceptable qu’un cadre à 4 000-5 000 TND finisse à 1 500-2 000 TND mensuels. »

Cela demande un effort individuel, mais est vital face à l’inversion démographique (plus de retraités que d’actifs d’ici 2035). Il relève que la Tunisie regrette ne dispose pas d’un fonds souverain comme dans les pays nordiques, une provision pour les générations futures.

Inciter l’informel : confiance avant tout, sans contrôle fiscal

Alors, comment motiver ? « C’est dans ton intérêt : cotise et pas de contrôle fiscal ensuite ! » Il recommande de séparer la déclaration CNSS du fisc. Et ce, afin d’installer un climat de confiance, pilier subjectif de l’économie. Sans confiance politique-économique, il y a zéro investissement. Avec elle, tout décolle.

En somme, Maher Ketari conclut : « L’économie saine naît de la confiance. C’est la solution immédiate et logique. »

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Tunisie : Plus de 45.000 ingénieurs ont quitté le pays, alerte le doyen de l’Ordre

08. Oktober 2025 um 10:35

Lors de la Journée de l’ingénieur célébrée à Zaghouan, le doyen de l’Ordre, Mohsen Gharssi, a dénoncé la dégradation des conditions matérielles et sociales des ingénieurs, révélant qu’un ingénieur sur trois a déjà quitté la Tunisie. Ce constat s’inscrit dans une tendance alarmante déjà observée depuis plusieurs années.

La fuite des compétences s’aggrave dans le secteur de l’ingénierie. Le doyen de l’Ordre des ingénieurs de Tunisie, Mohsen Gharssi, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur du phénomène : plus de 45 000 ingénieurs tunisiens sur un total de 110 000 inscrits ont quitté le pays.

Selon lui, cette hémorragie résulte de la précarité professionnelle, de la stagnation salariale et du non-respect des engagements pris par les autorités envers la profession.

Supervisant, mardi à Zaghouan, la célébration de la Journée de l’ingénieur aux côtés du gouverneur Karim Barnaji, Gharssi a rappelé que l’accord conclu en février 2021 entre le gouvernement et l’Ordre — portant sur l’extension de la prime spécifique aux ingénieurs du secteur public — n’a toujours pas été appliqué.

Un phénomène ancien qui s’amplifie

Le constat dressé par Mohsen Gharssi confirme une tendance préoccupante déjà signalée plus tôt dans l’année. En mars 2025, l’ancien doyen Kamel Sahnoun déclarait devant la Commission parlementaire de l’éducation et de la recherche scientifique que sur 90 000 ingénieurs inscrits, 39 000 avaient déjà quitté le pays.

Le rythme était alors estimé à près de 20 départs par jour, un chiffre vertigineux qui traduisait déjà la gravité de la situation.

À l’époque, le coût de la formation des ingénieurs en Tunisie avait été évalué à 650 millions de dinars par an, un investissement colossal souvent perdu au profit d’autres pays. En octobre 2025, le nombre de départs dépasse désormais les 45 000, confirmant que la crise ne faiblit pas.

Les causes structurelles persistent

Les raisons évoquées restent les mêmes : faibles salaires, manque de perspectives, projets bloqués par la bureaucratie et absence d’un environnement propice à l’innovation. De nombreux ingénieurs, notamment dans les secteurs public et industriel, dénoncent la marginalisation de leur rôle et l’absence de politiques d’encouragement à la recherche et à l’entrepreneuriat technologique.

Mohsen Gharssi a rappelé que l’ingénieur tunisien reste un pilier du développement, mais que sans reconnaissance institutionnelle ni amélioration de ses conditions de vie, la fuite des talents continuera à priver le pays de ses meilleures compétences.

Placée sous le thème « L’ingénieur, levier du développement durable et de l’économie circulaire », la Journée de l’ingénieur a souligné l’importance de cette profession dans la transition écologique et industrielle du pays.

Une fuite des cerveaux coûteuse et alarmante

Selon les estimations, près d’un ingénieur sur deux formé en Tunisie exerce désormais à l’étranger. Le phénomène, déjà qualifié de drain de compétences par plusieurs organisations professionnelles, menace directement la compétitivité du pays dans les domaines de l’énergie, du numérique et de l’industrie.

Les spécialistes estiment que chaque départ représente non seulement une perte de compétences, mais aussi un manque à gagner pour l’économie nationale, affaiblie par le déséquilibre croissant entre formation et rétention des talents.

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