L’IA menace-t-elle l’emploi ? Ce que disent vraiment les données d’Anthropic
Anthropic (entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, connue pour développer des modèles d’IA générative concurrents de ceux de OpenAI ou de Google DeepMind) publie une analyse inédite sur l’impact réel de l’IA au travail. En mesurant non pas ce que l’IA pourrait automatiser, mais ce qu’elle fait déjà, l’entreprise dresse un classement des métiers les plus exposés. Les résultats tempèrent les scénarios alarmistes, tout en révélant un premier signal inquiétant pour les jeunes diplômés.
Qui est vraiment menacé par l’intelligence artificielle ? Cette question mérite d’être posée, tant les scenarios les plus fous sont publiés chaque jour sur les médias. Pour répondre à cette interrogation, Anthropic a développé un nouvel indicateur, l’« observed exposure », qui « mesure les tâches que ses modèles réalisent effectivement dans des contextes professionnels », rapporte le site BDM.
Cette approche met en évidence un écart important entre le potentiel de l’IA et son usage réel. Dans les métiers de l’informatique et des mathématiques, par exemple, 94 % des tâches pourraient théoriquement être automatisées, mais seulement 33 % le sont aujourd’hui.
![]()
Selon ce classement, les programmeurs informatiques sont les plus exposés, avec 74,5 % de leurs tâches couvertes par l’IA, devant les représentants du service client (71,1 %). À l’inverse, les métiers reposant sur une présence physique ou un savoir-faire manuel – comme cuisiniers, mécaniciens ou maîtres-nageurs – restent largement hors du champ de l’automatisation.
Lire aussi : Ces 3 métiers vont survivre à l’IA, prédit Bill Gates
L’étude révèle aussi un profil type des professions les plus exposées, et là il y a quelques soucis : des travailleurs plus diplômés, mieux rémunérés et plus souvent féminins, avec des salaires en moyenne 47 % plus élevés que ceux des métiers les moins concernés. Alors si l’on a bien compris les résultats de ladite étude, le métier de journalisme n’est pas – en tout cas pas encore – menacé. Ceci étant, il ne faut dormir sur ses lauriers et se dire que cela n’arrivera jamais.
Pour l’instant, aucune hausse notable du chômage n’a été observée dans ces professions aux États-Unis depuis l’arrivée de l’IA générative fin 2022. Un indicateur attire toutefois l’attention : les recrutements de jeunes de 22 à 25 ans dans ces métiers ont reculé d’environ 14 %, signe que certaines entreprises commencent déjà à adapter leurs embauches face à l’automatisation.
L’article L’IA menace-t-elle l’emploi ? Ce que disent vraiment les données d’Anthropic est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.