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Heute — 03. März 2026Leconomiste Maghrebin

UE–Suisse : un nouvel accord stratégique signé à Bruxelles

03. März 2026 um 17:43

L’Union européenne et la Suisse ont signé, lundi 2 mars à Bruxelles, un vaste paquet de 18 accords destinés à restructurer durablement leurs relations. Paraphé par Ursula von der Leyen et Guy Parmelin, le texte doit encore être approuvé par les instances européennes puis par le Parlement suisse – et probablement soumis au vote populaire.

Ces accords couvrent des domaines clés : libre circulation des personnes, transports terrestre et aérien, agriculture, électricité, sécurité alimentaire, santé ou encore reconnaissance des normes. Objectif affiché : fluidifier les échanges et renforcer la compétitivité des deux partenaires.

La Suisse, qui ne fait pas partie de l’UE, consolide ainsi son accès au marché intérieur européen, son premier partenaire commercial. Les échanges bilatéraux représentent environ 550 milliards d’euros par an, et plus de la moitié du commerce extérieur suisse se fait avec l’UE.

Berne rejoindra également plusieurs programmes européens, dont Horizon Europe et Erasmus+. Une clause de sauvegarde permettra toutefois à la Suisse de suspendre la libre circulation en cas de difficultés économiques ou sociales majeures.

En contrepartie, la Confédération augmentera sa contribution financière au budget européen : 375 millions d’euros par an entre 2030 et 2036 pour financer des projets communs, notamment en matière migratoire et sanitaire.

Les négociations, entamées en 2014 puis interrompues en 2021, ont repris en mars 2024 pour aboutir à ce compromis. « La signature d’aujourd’hui n’est pas la fin du chemin », a rappelé Guy Parmelin : le texte doit encore franchir plusieurs étapes politiques avant d’entrer en vigueur.

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Samira Guiza, un nouveau visage à la tête du Tribunal administratif

03. März 2026 um 17:16

Le 2 mars 2026 marque un tournant pour la justice administrative tunisienne. Le président Kaïs Saïed a nommé Samira Guiza à la présidence du Tribunal administratif. Une décision hautement symbolique : elle devient la deuxième femme à occuper cette fonction stratégique, après Raoudha Mechichi en 2011. Une nomination qui récompense plus de trois décennies d’engagement au service du droit.

Une carrière construite avec constance et détermination

Entrée au Tribunal administratif de Tunis en 1993, Samira Guiza n’a cessé de gravir les échelons avec rigueur et discrétion. Conseillère adjointe à ses débuts, elle devient conseillère en 1999, avant d’être nommée commissaire d’État en 2002 – un poste clé dans l’élaboration de la jurisprudence administrative. En 2006, elle prend la présidence d’une chambre de première instance. Sa progression se poursuit : commissaire d’État général en 2010, présidente d’une chambre d’appel en 2012, puis, en 2017, présidente d’une chambre de cassation – le plus haut degré de la justice administrative.

Un parcours qui reflète une expertise solide et une confiance institutionnelle constante. Au-delà de ses fonctions juridictionnelles, Samira Guiza s’est illustrée par son engagement institutionnel.

Vice-présidente du Conseil administratif provisoire de la magistrature, elle participe activement à la gouvernance et à la discipline de l’ordre administratif. Elle a également présidé le conseil de discipline de l’Agence tunisienne antidopage entre 2001 et 2004, témoignant d’un attachement marqué aux principes d’éthique et de rigueur.

Des racines académiques et une expérience d’avocate

Avant de rejoindre la magistrature administrative, elle a exercé comme avocate au Barreau de Tunis (1992-1993). Parallèlement, elle a contribué à la formation universitaire en tant qu’assistante à l’ISCAE de Tunis entre 1991 et 1996, enseignant le management et les sciences économiques.

Une double culture – juridique et académique – qui enrichit aujourd’hui sa vision institutionnelle. Au-delà de la reconnaissance d’un parcours exemplaire, cette nomination incarne l’évolution de la place des femmes dans les hautes sphères judiciaires en Tunisie.

À la tête d’une institution clé dans la protection des droits et l’équilibre des pouvoirs, Samira Guiza ouvre par cette nomination un nouveau chapitre pour le Tribunal administratif — un chapitre qui pourrait conjuguer continuité, modernisation et exigence.

Une page s’écrit. Avec expérience, et détermination.

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Troisième Guerre mondiale : quels seraient les pays plus sûrs au monde ?

03. März 2026 um 16:21

Si une Troisième Guerre mondiale éclatait – hypothèse très peu plausible, il n’y a plus de colonies -, les zones les plus sûres seraient généralement celles qui cumulent neutralité politique, isolement géographique, faible valeur stratégique et autosuffisance alimentaire et énergétique.

Et en la matière, les experts en risques géopolitiques citent cinq pays sûrs, en l’occurrence :

La Nouvelle-Zélande, pour son isolement extrême dans le Pacifique Sud. Mais aussi la faible importance stratégique militaire mondiale, la forte autosuffisance agricole et la stabilité politique. En outre, elle est régulièrement classée parmi les pays les plus sûrs en cas de conflit nucléaire mondial.

En deuxième position, on retrouverait l’Islande, pour sa position isolée dans l’Atlantique Nord, sa petite population, l’énergie 100 % renouvelable (géothermie, hydroélectricité). De même qu’elle possède très peu d’objectifs militaires majeurs.

Ensuite, la Suisse occuperait la 3ème position en termes d’endroits sûrs au monde, pour trois raisons fondamentales : sa tradition historique de neutralité; ses infrastructures de protection civile (abris antiatomiques); et sa stabilité politique. Toutefois, sa situation géographique au cœur de l’Europe serait à même de l’exposer aux retombées en cas de conflit continental.

L’Argentine et le Chili (par leur éloignement des grandes puissances nucléaires, faible densité de population dans le sud et ressources agricoles importantes) complètent le podium des cinq pays qui seraient les plus sûrs en cas d’un conflit mondial.

On aura donc compris que la Tunisie n’en fait pas partie (comme vous le constaterez sur la carte). Mais peu importe, car la probabilité qu’il ait une Guerre mondiale est extrêmement mince, pour ne pas dire nulle.

En revanche, les zones généralement les plus risquées seraient les grandes puissances nucléaires (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni…). Ainsi que leurs alliés militaires majeurs (OTAN), mais aussi les grandes capitales politiques, les centres industriels et les bases militaires stratégiques.

Toujours selon la littérature, voici les cinq critères clés pour survivre à un conflit mondial; à savoir : distance des cibles nucléaires potentielles; l’autosuffisance alimentaire et énergétique; la faible densité de population; la stabilité politique; et l’accès à l’eau potable.

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En pleine crise iranienne, les raffineurs chinois tirent leur épingle du jeu

03. März 2026 um 15:36

Les raffineurs de pétrole en Chine — pays qui importe plus de brut que tout autre au monde — sont bien positionnés pour absorber les perturbations causées par la montée des tensions autour de l’Iran. Les opérateurs du marché estiment que les tensions géopolitiques récentes n’auront qu’un impact limité à court terme sur leurs activités.

Cette solidité repose sur deux principaux facteurs : des achats importants de pétrole iranien et russe ces derniers mois, qui ont renforcé leurs stocks; et des réserves stratégiques constituées par l’État chinois, qui servent de tampon face aux chocs externes.

Réserves stratégiques

Car si l’approvisionnement en pétrole venait à être limité, ce qui reste aujourd’hui une hypothèse, la Chine et les États-Unis disposent de réserves pour atténuer la pression sur les prix, au moins dans une certaine mesure. Les deux pays qui consomment le plus d’hydrocarbures au monde, les États-Unis (qui sont quasiment autosuffisants mais veulent éviter une flambée des prix à la pompe) et la Chine ont pris leurs précautions face à une guerre qui semblait de plus en plus inévitable, en constituant des stocks importants.

En outre, notons que les normes historiques et les exigences de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) demandent aux Etats membres de disposer d’au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole brut et de produits raffinés dans leurs réserves stratégiques.

Grâce à ces approvisionnements abondants en brut à bas coût, les raffineurs chinois sont donc relativement protégés contre une éventuelle interruption des flux pétroliers liée au conflit en Iran.

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Guerre en Iran : cinq pays arabes révisent à la hausse leurs tarifs de carburant 

03. März 2026 um 13:04

Cinq pays arabes ont annoncé des hausses des prix du carburant le 1er mars 2026. Et ce, quelques heures seulement après l’escalade des tensions militaires contre l’Iran. Cette décision intervient alors que les marchés pétroliers mondiaux connaissent une volatilité accrue. La raison : des incertitudes géopolitiques et de la perspective de perturbations des approvisionnements énergétiques.

Les cinq pays concernés — la Jordanie, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Palestine occupée et le Maroc — ont tous ajusté à la hausse les prix à la pompe pour le mois de mars. Cette augmentation découle de mécanismes de tarification qui lient les prix locaux à l’évolution des cours internationaux du pétrole. Ce qui rend les consommateurs sensibles aux variations du marché mondial.

Détails des augmentations par pays :

  • Émirats arabes unis : augmentation de 14 à 20 fils par litre sur l’essence et le diesel.
  • Qatar : légère hausse du carburant malgré une politique de stabilisation des prix.
  • Palestine occupée : hausse du prix des différents types de carburants, y compris essence et diesel. Le prix d’un litre d’essence est d’environ 6,85 shekels au lieu de 6,71 shekels. Le prix d’un litre d’essence à indice d’octane 98 est d’environ 7,80 shekels au lieu de 7,66 shekels.
  • Jordanie : le prix d’un litre d’essence est de 1 050 fils au lieu de 1 035 fils; le prix du litre de diesel est de 655 fils au lieu de 645 fils.
  • Maroc : augmentation notable des prix dans les principales stations du pays. Le prix d’un litre de diesel dans les stations a atteint 10,35 dirhams (1,12 $). Le prix d’un litre d’essence dans les stations est d’environ 12,10 dirhams (1,31 $).

Ces corrections de prix s’inscrivent dans des politiques nationales de fixation des prix des carburants basés sur les cours mondiaux. Ce qui rend ces marchés particulièrement sensibles aux chocs externes, comme les tensions géopolitiques ou les fluctuations du prix du baril.

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Dernier délai de paiement de la taxe de circulation fixé au 5 mars 2026

03. März 2026 um 12:34

Le dernier délai de paiement de la taxe de circulation « vignette » au titre de l’année 2026 pour les propriétaires de voitures portant des numéros d’immatriculation pairs, détenues par des personnes physiques, est fixée au jeudi 05 mars 2026, selon le ministère des Finances.

A noter que ce paiement peut être effectué à distance via le site taxe-circulation.finances.gov.tn.

« Le règlement en ligne ne requiert aucune démarche supplémentaire sur place auprès des recettes des finances. Et le reçu généré depuis le site web est considéré comme une preuve de paiement » a précisé également la même source.

Avant de s’acquitter de la vignette, les propriétaires de véhicules sont appelés à vérifier leur situation fiscale, pour les détenteurs d’identifiants fiscaux; ainsi que leur situation au regard des infractions routières. Et  ce, soit via le site amendes.finances.gov.tn pour les infractions du radar automatique, soit en contactant le centre d’appel au 81 100 700 pour les amendes ordinaires.

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L’OTAN ne s’impliquera pas dans la guerre contre l’Iran

03. März 2026 um 12:19

Le secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Mark Rutte, a salué, lundi 2 mars 2026, les actions militaires américaines et israéliennes en Iran. Tout en affirmant qu’elles limitaient la capacité de Téhéran à acquérir des armes nucléaires et des missiles balistiques. Il a cependant souligné que son organisation ne s’impliquerait pas dans cette guerre.

« Ce que font les États-Unis là-bas, avec Israël, est vraiment très important. Car cela élimine ou réduit la capacité de l’Iran à acquérir des capacités nucléaires et des missiles balistiques », a déclaré M. Rutte, sur la chaîne de télévision allemande ARD depuis Bruxelles. « Il n’est absolument pas prévu que l’OTAN s’implique dans une telle affaire. Mais chaque allié fait tout son possible pour faciliter l’action conjointe des Américains et d’Israël », a-t-il assuré.

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Palestine – La CNUCED chiffre le coût économique de l’occupation

03. März 2026 um 12:18

À l’issue d’une réunion spéciale tenue à Genève (à la demande de la Mission permanente de l’État de Palestine), le 1er mars; la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que l’économie palestinienne a perdu pas moins de 212,2 milliards de dollars de PIB potentiel entre 2000 et 2024. Soit près de vingt fois le PIB qui était attendu en 2024.

Présenté par la secrétaire générale de l’organisation, Rebeca Grynspan, le rapport s’intitule : « Le coût économique cumulé de l’occupation et le long chemin du redressement ». Il attribue ces pertes à l’impact prolongé des politiques d’occupation. A savoir : la destruction de la base productive; les entraves au développement durable; et l’épuisement des ressources naturelles et humaines.

De son côté, l’Observateur permanent de la Palestine auprès de l’ONU à Genève, Ibrahim Khraishi, décrit « une situation humanitaire et économique sans précédent, notamment dans la Gaza Strip ». Et ce, tout en dénonçant « des violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme ».

Au total, ce sont 26 missions permanentes qui ont pris la parole pour soutenir les travaux de la CNUCED. De même qu’elles appellent à un accès humanitaire sans entrave et soulignent la nécessité de documenter le coût économique de l’occupation et d’en établir les responsabilités.

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Le retour brutal du risque – Quand la géopolitique redessine la carte des monnaies

03. März 2026 um 12:00

Il aura suffi d’un week-end de frappes et d’une disparition au sommet de l’État iranien pour que les marchés mondiaux changent de tonalité. La mort du Guide suprême et l’enchaînement de représailles ont transformé une tension latente en choc global. En quelques heures, la prime de risque géopolitique s’est réinscrite dans les prix et le dollar américain a retrouvé son rôle de pivot du système financier international.

Ce mouvement n’a rien d’anecdotique : il révèle une recomposition plus profonde des anticipations monétaires, énergétiques et macroéconomiques (Quand le Moyen-Orient vacille).

Le dollar, grand bénéficiaire du choc énergétique

Le billet vert a bondi vers un sommet de cinq semaines, porté par un triple mécanisme. D’abord, l’indépendance énergétique relative des États-Unis agit comme un amortisseur stratégique. Dans un monde où les prix du pétrole s’envolent, être producteur net constitue un avantage compétitif majeur. À l’inverse, l’Europe et une large partie de l’Asie restent structurellement dépendantes des importations énergétiques.

Ensuite, le choc pétrolier modifie les anticipations de politique monétaire. Les marchés ont rapidement intégré l’idée que la Réserve fédérale des États-Unis pourrait être contrainte de prolonger sa pause. Les espoirs de baisses de taux successives cette année s’amenuisent. L’inflation américaine demeure proche de 3 %, au-dessus de la cible de 2 %, et la flambée du brut complique davantage la trajectoire de désinflation.

Enfin, la réallocation des flux financiers joue pleinement. La remontée des rendements réels américains et l’aversion au risque freinent les flux vers les marchés émergents. Dans un environnement incertain, la liquidité et la profondeur du marché obligataire américain redeviennent des atouts déterminants.

L’avertissement de Janet Yellen : la Fed sous contrainte

Les propos de Janet Yellen (ancienne secrétaire au Trésor) ont renforcé cette lecture prudente. Elle estime que le conflit iranien accentuera les pressions inflationnistes et rendra la Fed plus réticente à abaisser ses taux. Au-delà du choc énergétique immédiat, c’est la crédibilité anti-inflationniste de la Banque centrale qui est en jeu. Si les acteurs économiques perçoivent un relâchement prématuré, les anticipations d’inflation pourraient se désancrer.

La Fed se retrouve ainsi face à un dilemme classique : soutenir une économie qui montre des signes de modération du marché du travail ou préserver sa réputation de gardienne de la stabilité des prix. À court terme, la prudence semble l’emporter. Cette posture alimente la vigueur du dollar et entretient la tension sur les devises concurrentes.

L’euro fragilisé, le franc suisse sanctuarisé

L’euro a reculé face au dollar, pénalisé par la vulnérabilité énergétique de la zone euro. Certes, le continent a appris des chocs de 2022 et dispose aujourd’hui de mécanismes budgétaires plus robustes. Mais une énergie durablement chère pèserait sur la compétitivité industrielle et raviverait les craintes de croissance molle.

Dans ce contexte, le franc suisse retrouve son statut historique de valeur refuge. Face à l’euro, il atteint des sommets inédits depuis plus d’une décennie. La pression est telle que les marchés commencent à spéculer sur un possible retour à des taux négatifs en Suisse, afin de freiner l’appréciation excessive de la devise. Ce paradoxe illustre l’intensité des flux défensifs.

La livre sterling, plus exposée aux cycles mondiaux et aux flux financiers internationaux, subit également le choc. Elle reflète la sensibilité accrue des économies ouvertes aux tensions énergétiques et géopolitiques.

Le yen face à son paradoxe énergétique

En Asie, le yen ne parvient pas à jouer pleinement son rôle de refuge. La flambée du pétrole détériore les termes de l’échange du Japon, grand importateur d’énergie. Cette contrainte limite la marge de manœuvre de la Banque du Japon, qui pourrait différer toute normalisation monétaire. Le différentiel de taux avec les États-Unis continue ainsi de peser sur la devise nippone.

Ce paradoxe souligne une vérité essentielle : dans un choc énergétique, toutes les monnaies refuges ne se valent pas. La structure productive et énergétique d’un pays devient déterminante.

Le détroit d’Ormuz : la ligne rouge des marchés

Au cœur des inquiétudes se trouve le détroit d’Ormuz. Une fermeture prolongée de cette artère stratégique du commerce pétrolier mondial provoquerait une flambée durable des prix. Le pétrole deviendrait alors un catalyseur de stagflation, combinant ralentissement de la croissance et inflation persistante.

À court terme, les marchés restent dominés par la logique de couverture. Le dollar conserve un biais haussier, les actifs risqués évoluent avec une volatilité accrue et les valeurs énergétiques bénéficient d’un soutien relatif. La psychologie des investisseurs reste suspendue à l’évolution militaire et diplomatique.

Perspectives à court terme : volatilité et prudence monétaire

Dans les semaines à venir, la trajectoire dépendra essentiellement de l’intensité du conflit. Une désescalade rapide permettrait un reflux partiel du dollar et une stabilisation des devises européennes. Les anticipations de baisse de taux pourraient alors être réintroduites graduellement.

En revanche, une prolongation des tensions ancrerait l’idée d’une Fed durablement en pause. Les marchés émergents subiraient des sorties de capitaux plus marquées et les primes de risque resteraient élevées. Les devises sensibles aux matières premières ou au commerce mondial demeureraient sous pression.

Perspectives à moyen terme : vers un nouvel équilibre instable

À horizon moyen terme, deux scénarios se dessinent. Le premier, central, suppose un conflit contenu, des prix énergétiques élevés mais stabilisés et une croissance mondiale résiliente. Dans ce cas, l’inflation refluerait progressivement et la Fed pourrait reprendre un cycle d’assouplissement différé.

Le second scénario, plus sombre, verrait s’installer un régime de stagflation modérée. Une énergie durablement chère et une inflation persistante obligeraient les banques centrales à maintenir des taux élevés plus longtemps. Le dollar consoliderait alors sa position dominante, au prix d’un durcissement des conditions financières mondiales.

Ainsi, au-delà des chiffres quotidiens, le choc iranien agit comme un révélateur. Il met en lumière la centralité de l’énergie dans l’équilibre monétaire global et rappelle que, dans les moments d’incertitude extrême, la monnaie n’est pas seulement un instrument économique : elle devient l’expression la plus immédiate de la confiance ou de la crainte des marchés.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Le prix du gaz flambe en Europe après l’arrêt du GNL du Qatar

03. März 2026 um 11:20

Le géant du gaz naturel liquéfié, QatarEnergy, a annoncé, lundi 2 mars, la suspension de la production de GNL dans son complexe de Ras Laffan après une frappe de drones attribuée à l’Iran. Cette usine représente l’une des plus grandes installations d’exportation de GNL au monde.

La nouvelle a immédiatement fait bondir les prix du gaz naturel en Europe, avec le contrat de référence TTF atteignant des niveaux inédits depuis presque un an, enregistrant un bond de près de 50 % par rapport à la moyenne de février, qui oscillait entre 30 et 34 euros par MWh de GNL

Plusieurs facteurs expliquent cette envolée : la fermeture d’une part significative de l’offre mondiale de GNL (le Qatar étant le deuxième exportateur mondial); des niveaux de réserves de gaz européens relativement faibles à cette période de l’année; et l’incertitude accrue sur les approvisionnements via le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour les exportations de gaz.

L’arrêt des exportations qataries pourrait aussi pousser l’Europe à lutter avec d’autres importateurs, notamment la Chine et l’Inde, pour obtenir des cargaisons sur un marché déjà tendu.

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Israël frappe le Liban après des attaques du Hezbollah

03. März 2026 um 10:18

L’armée israélienne a élargi, lundi 2 mars, son offensive au Liban, en frappant des positions du mouvement chiite Hezbollah. Et ce, après que ce groupe a lancé des tirs de missiles et de drones vers Israël.

Selon l’armée israélienne, un projectile tiré depuis le sud du Liban a été intercepté et d’autres sont tombés en zones ouvertes, et n’aurait donc pas fait de victimes. Peu après, l’aviation israélienne a bombardé des quartiers du sud de Beyrouth contrôlés par le Hezbollah, ainsi que plusieurs autres points dans le sud du pays, provoquant de puissantes explosions et d’importants mouvements de population.

Des explosions puissantes, confirmées par des journalistes de l’AFP et autres agences de presse locales, ont été entendues toute la journée du lundi et tôt ce matin. Un premier bilan officiel fait état de 31 morts et 149 blessés. Il devrait s’alourdir puisque les bombardements continuent. D’autant qu’Israël a annoncé avoir frappé plus de 70 cibles du Hezbollah au sud Liban, dont des villages, fermes, entrepôts d’armes, sites de lancement de missiles…

Des milliers de civils ont fui les zones touchées, certains prenant la route avec leurs affaires, après que Tsahal (l’armée israélienne) eut averti des habitants d’évacuer des villages proches de la frontière.

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Au-delà des ratios : comment l’audit des SIB sécurise la Tunisie

03. März 2026 um 10:13

Alors que Fitch Ratings vient de publier sa dernière analyse sur la résilience des banques tunisiennes, il est temps de dépasser la vision purement financière. Bâle III, CET1 et IFRS 9 sont essentiels, certes, mais réduire le débat aux ratios de fonds propres, c’est passer à côté de l’enjeu stratégique majeur : les banques publiques tunisiennes sont des infrastructures critiques et des piliers de la souveraineté numérique du pays.

 

L’audit des systèmes d’information bancaire (SIB) n’est pas un simple outil de conformité : c’est le garant silencieux de la résilience nationale. Dans un contexte de digitalisation croissante, chaque serveur, chaque transaction et chaque base de données devient un point stratégique. Une faille dans un système public n’est pas qu’une erreur bancaire : c’est un risque pour l’économie, la stabilité et la confiance des citoyens.

L’audit SIB permet de :

  • Assurer l’intégrité et la fiabilité des données financières, indispensables pour calculer correctement les ratios CET1 et provisions IFRS 9.
  • Garantir la sécurité et la continuité des systèmes, particulièrement pour les banques publiques, qui gèrent l’essentiel des flux de l’État et des citoyens.
  • Piloter la transformation numérique et la gouvernance, en alignant les investissements IT avec les objectifs stratégiques et la gestion des risques.
  • Anticiper les impacts des réformes et soutenir le Plan de développement 2026-2030, en transformant la conformité réglementaire en un outil de croissance et de souveraineté.

Infographie clé (attachée) : visualiser la complémentarité

Schéma : Fitch Ratings vs Audit SIB – complémentarité et impact sur la souveraineté numérique et le Plan 2026-2030.

L’infographie illustre la distinction entre l’approche financière de Fitch et l’approche stratégique de l’audit SIB, en mettant en évidence le rôle central des banques publiques comme infrastructures critiques et piliers de la souveraineté numérique.

Fitch se concentre sur la solvabilité et les besoins en fonds propres. Mais cette vision financière ne suffit pas :

  1. Les systèmes bancaires sont des infrastructures critiques. Une banque publique vulnérable compromet non seulement les finances, mais la souveraineté numérique nationale.
  2. La transformation digitale nécessite un audit intelligent : un système mal contrôlé peut provoquer des erreurs massives ou des failles de cybersécurité.
  3. La préparation proactive est stratégique, pas seulement comptable. Les banques doivent anticiper les risques IT et sécuriser leurs systèmes avant que les nouvelles normes Bâle III et IFRS 9 ne deviennent contraignantes.

Certains répliqueront que « les banques publiques ont toujours été stables ». Mais la stabilité d’hier ne garantit pas la sécurité de demain. Le contexte numérique, économique et réglementaire a radicalement changé.

Au-delà de la conformité réglementaire, l’audit SIB est un outil de développement économique et social :

  • Il garantit la capacité des banques publiques à soutenir la refondation économique et sociale.
  • Il sécurise la souveraineté numérique, en protégeant les infrastructures critiques contre toute défaillance ou attaque.
  • Il fournit des données fiables pour les décisions stratégiques, y compris les financements publics et privés essentiels au Plan de développement 2026-2030.

Certains critiques évoqueront le coût ou la complexité de l’audit SIB. La réalité est simple : le coût d’une faille est toujours supérieur au coût de la prévention. Fitch a raison de souligner les défis financiers, mais l’avenir des banques publiques tunisiennes se joue dans leurs systèmes d’information, pas seulement dans leurs ratios.

Fiabilité des données, sécurité des transactions, gouvernance et anticipation des risques : voilà les véritables clés de la résilience, de la performance durable et de la souveraineté numérique tunisienne.

In fine, la résilience bancaire ne se mesure pas seulement en CET1 ou IFRS 9. Elle se construit dans les serveurs, les bases de données et les audits intelligents. Les banques publiques tunisiennes ne sont pas que des acteurs financiers : elles sont le cœur numérique de la souveraineté nationale.

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Les analyses et propositions formulées dans cette tribune n’engagent que l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position de l’État, des institutions financières ou de toute autre organisation.

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Textile-habillement : simplifier l’autorisation d’exploiter

03. März 2026 um 08:23

La ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, Fatma Thabet Chiboub, a présidé une séance de travail au sein de son département, lundi 2 mars 2026, consacrée au secteur du textile et de l’habillement.

La réunion a porté sur les préoccupations du secteur et les moyens permettant de développer ce domaine d’activité, dont l’impératif de la simplification des procédures d’obtention d’une autorisation d’exploitation pour une société, ainsi que pour l’obtention d’un certificat de sécurité pour stimuler les exportations et faciliter l’accès aux marchés étrangers.

Il a également été réitéré l’importance de cette filière, qui joue un rôle important dans l’ajustement de la balance commerciale, la création d’emplois et l’attraction des investissements directs.

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Consommer sans produire : l’impasse économique révélée par le Ramadan

03. März 2026 um 05:32

Le mois de Ramadan, nous y voilà. Il cristallise tous les paradoxes du pays. Le précepte religieux fait bon ménage avec les largesses du fait culturel. Le mois de la piété, du recueillement, de la sobriété est aussi le mois du relâchement, des dépassements budgétaires et des excès en tout genre. Du pain et des jeux ! Sans se soucier des défis économiques et de l’impératif financier. C’est, on l’aura compris, le mois le plus redouté par les autorités, qui craignent à raison une nouvelle flambée des prix à un moment où ils n’ont jamais été aussi élevés. De quoi raviver les tensions sociales, radicaliser les revendications salariales, aggraver paradoxalement la fracture sociale et mettre en lambeaux ce qui reste de cohésion sociale. Les opposants, en rupture de ban avec le pouvoir, en profitent pour jeter de l’huile sur le feu et semer les germes de la défiance.

A l’opposé, au niveau des états-majors gouvernementaux, branle-bas de combat pour prévenir, ou à défaut éteindre, les foyers d’incendie, attisés par la hausse des prix. Les pyromanes, ces spéculateurs sans aucun scrupule, sont passés maîtres dans l’art de la prédation et de l’extorsion de fonds d’où qu’ils viennent, sans aucun égard pour les plus démunis dont ils n’ont cure. Ils ont toujours une longueur d’avance sur les « contrôleurs » de l’Etat, bien peu nombreux, faiblement outillés et pas suffisamment protégés pour éradiquer ce fléau dont il faut chercher les origines dans les distorsions des mécanismes de production et des circuits de distribution. A défaut de combattre le mal à la racine en fluidifiant les chaînes de production et de commercialisation, on finit par le gérer pour limiter, au mieux, les dégâts.

A leur décharge, les départements concernés sont déjà à pied d’œuvre, mobilisés longtemps à l’avance pour faire face au pic de consommation du mois de Ramadan. Objectif : éviter toute forme de rupture de stock, pénuries et files d’attente qui ne présagent rien de bon. Exit les grands projets structurants, le vaste dessein national ! Le temps n’est plus à la réflexion stratégique pour repenser, réinventer un nouveau modèle de développement, de nouvelles lignes d’avantages comparatifs et recoller aux chaînes de valeurs mondiales. Dans l’intervalle, les investissements d’avenir s’effacent devant l’urgence du moment. Tout doit être fait pour satisfaire notre propension à consommer, au mépris d’un réel effort d’investissement digne de ce nom.

Anticiper et se préparer à une poussée de la demande de consommation en allumant tous les feux de la production est méritoire. Il l’est beaucoup moins s’il est relayé par un relâchement, une démobilisation et une chute de la productivité dont seraient victimes de grands pans de l’activité nationale. Du coup, la production, qui n’est pas au mieux de sa forme, fléchit avant même de se redresser, quand partout dans le monde les économies sont en mode accélération.

L’économie nationale, qui peine à décoller et à prendre de l’altitude, se retrouve périodiquement dans l’œil du cyclone, empêtrée dans des zones de turbulence et de dépression. Qui l’amputent d’une grande partie de sa croissance potentielle, de sa compétitivité et de sa capacité de rebond.

 

L’économie nationale, qui peine à décoller et à prendre de l’altitude, se retrouve périodiquement dans l’œil du cyclone, empêtrée dans des zones de turbulence et de dépression. Qui l’amputent d’une grande partie de sa croissance potentielle, de sa compétitivité et de sa capacité de rebond.

 

Consommer dans la limite de la raison et sans que personne ne soit rejeté sur le bord à la route ? Oui bien sûr. C’est même nécessaire, car il s’agit en fait de l’un des principaux moteurs de la croissance. Consommer pour mieux produire ? Il y a là une justification à la fois théorique et morale. A cette nuance près qu’il faut aussi produire pour consommer et pour dégager des excédents à l’export. C’est vital pour le maintien de nos équilibres macroéconomiques. Autrement, cela revient à vouloir vivre au-dessus de ses moyens, en cumulant endettement, perte d’autonomie et de souveraineté nationale.

Consommer pour le seul plaisir de consommer ne mène nulle part, sinon à la faillite et à un naufrage collectif. C’est un luxe qu’un pays, qui ne dispose d’aucune rente d’hydrocarbures, de ressources rares et de mannes célestes, ne peut se permettre. Notre résilience et notre capacité d’émerger se mesurent à la sueur du front, à notre intelligence collective, à notre ingéniosité et à nos facultés créatrices.

Le  mois de Ramadan, pas moins que le gâchis des deux mois de farniente de juillet-août, ne doit pas servir de prétexte, quelles qu’en soient les raisons, pour chahuter la valeur travail, alors que le pays est en voie de reconstruction. L’exigence de productivité, de qualité et l’impératif de compétitivité des entreprises ne sont plus une option, mais une nécessité absolue. Elles doivent être gravées dans le marbre. Nous n’avons d’autre choix, au regard surtout de notre taille, que de nous intégrer pleinement, à force de compétitivité, dans les chaînes de valeur mondiales.

 

Le  mois de Ramadan, pas moins que le gâchis des deux mois de farniente de juillet-août, ne doit pas servir de prétexte, quelles qu’en soient les raisons, pour chahuter la valeur travail, alors que le pays est en voie de reconstruction.

 

Exporter est une ardente obligation pour ne pas hypothéquer les générations futures, pour pouvoir financer nos investissements d’avenir, nos dépenses d’équipements collectifs et nos services publics aujourd’hui laissés en déshérence. Exporter encore et encore pour rembourser – autrement que par l’impôt devenu confiscatoire – notre montagne de dettes, qui nous prive d’oxygène et de respiration. Exporter enfin pour engranger et reconstituer nos réserves de change. Moralité : exporter, c’est plus qu’un simple vœu, qu’une rituelle rhétorique, c’est l’affirmation d’un engagement collectif de tous les instants. C’est un long et difficile combat dont il nous faut maîtriser les armes et les stratégies guerrières.

On ne va pas se mentir, le pays recule, à mesure que nos voisins, nos compétiteurs et l’ensemble de la région avancent à pas de géant. La Tunisie a perdu son rang et a laissé dépérir tout un pan de son potentiel de croissance. Le pays, qui disposait naguère de la plus grande concentration de capital humain, est victime depuis près de 15 ans d’une hémorragie de cerveaux sur une vaste échelle. On commence déjà à en payer le prix fort en termes de perte de créativité, d’inventivité technologique et de dynamisme industriel. Et pour cause ! L’investissement a fondu comme beurre sous le soleil. Notre capacité d’épargner, sans laquelle on ne pourrait bâtir un socle productif viable et durable, n’est plus qu’un lointain et vague souvenir. En 15 ans, le taux d’épargne s’est effondré, passant de près de 22% du PIB à moins de 6%. Le taux d’investissement suit la même trajectoire. Moins de 10% en 2025 contre plus de 24% en 2010, alors même qu’il était déjà en repli.

L’idée dans ces conditions de compter sur nous-mêmes est en soi bonne, mais le moment est mal choisi. D’autres politiques, dans l’immédiat, sont possibles et sans doute plus nécessaires que celles marquées par notre embrouille avec le FMI, qui ne nous impose rien que nous ne puissions décider et faire par nous-mêmes.

 

L’idée dans ces conditions de compter sur nous-mêmes est en soi bonne, mais le moment est mal choisi. D’autres politiques, dans l’immédiat, sont possibles et sans doute plus nécessaires que celles marquées par notre embrouille avec le FMI, qui ne nous impose rien que nous ne puissions décider et faire par nous-mêmes.

 

Le mois de Ramadan est à cet égard très symptomatique. Il crée une sorte d’effet miroir qui nous renvoie à notre propre réalité. Il amplifie les failles d’un mode de penser, de réagir et de produire qui ne sont plus de saison. Pour rappel, en 1970, c’est-à-dire hier dans l’histoire des nations, la Tunisie, la Chine, la Corée du Sud étaient quasiment sur la même ligne de départ, au même niveau de développement. Et à bien des égards, nos chances d’émergence étaient beaucoup plus grandes, en raison de notre décollage précoce et de notre ouverture sur le monde, avant qu’elles ne soient dévoyées et déviées de leur trajectoire. La Chine, devenue l’usine du monde, tout autant que la Corée ont choisi de travailler et de produire moins pour leur propre consommation que pour inonder le monde de leurs exportations à prix cassés. Ces deux pays, sans doute plus que bien d’autres, ont pu affiner leurs armes à l’export tous azimuts, aux dépens du marché local. Et développer une capacité d’épargne, d’investissement et de R/D qui les a propulsés sur le toit du monde des avancées technologiques.

Leurs entreprises, pourtant portées par l’Etat, ne connaissaient pas de zone de confort. Elles étaient en état de veille technologique permanente. Leur sobriété légendaire a fait le reste. La civilisation du bol de riz les a élevées au sommet de la puissance industrielle et technologique.

Comparaison, dira-t-on, n’est pas toujours raison. Peut-être. Mais elle peut être source de précieux enseignements. Certes, Confucius n’est pas passé près de chez nous, il aura peut-être changé la donne. Du temps où l’on avait le regard fixé sur l’autre versant de la Méditerranée. Nous étions fascinés par le mode de vie des grandes puissances européennes en pleine expansion. Tout en étant fermement attachés à nos habitudes de consommation légendaire. Le culte des dépenses l’a emporté sur celui de l’effort et de l’abstinence. Ce qui n’a pas contribué par le passé à poser les jalons de la prospérité, de la grandeur et de la souveraineté du pays.

 

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Cet éditorial est disponible dans le magazine L’Economiste maghrébin n°939, du 25 février au 11 mars 2026.

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Gestern — 02. März 2026Leconomiste Maghrebin

Cybersécurité bancaire : un enjeu stratégique pour la croissance et la souveraineté nationale

02. März 2026 um 17:23

La transformation numérique du secteur bancaire tunisien s’accélère. Digitalisation des services, généralisation des paiements électroniques, développement du mobile banking et interconnexion croissante des systèmes ont profondément modifié le fonctionnement des institutions financières. Cette modernisation constitue une opportunité majeure pour l’inclusion financière et la compétitivité économique. Mais elle ouvre simultanément un front moins visible et encore insuffisamment débattu : celui de la cybersécurité et de la gouvernance des données.

 

Aujourd’hui, la sécurité numérique ne relève plus uniquement de la protection technique des systèmes informatiques. Elle touche directement à la souveraineté économique, à la confiance financière et à la crédibilité internationale du pays, en cohérence avec le plan de développement 2026-2030, qui vise croissance, souveraineté, inclusion et équité territoriale.

Une surface d’exposition en expansion continue

Les banques figurent parmi les organisations les plus exposées aux cybermenaces. Leur transformation numérique élargit mécaniquement la surface d’attaque : applications mobiles, interfaces clients, interconnexions avec fintechs, externalisation de services et migration progressive vers le cloud.

Paradoxalement, plus les services deviennent accessibles et fluides pour les usagers, plus les infrastructures deviennent complexes à sécuriser. Les cyberattaques ne ciblent plus uniquement les interruptions de service, elles visent désormais la donnée elle-même – actif stratégique par excellence.

Dans ce contexte, la cybersécurité cesse d’être un sujet purement technique pour devenir une composante centrale de la gestion des risques bancaires, au même titre que le risque de crédit ou le risque opérationnel.

La donnée personnelle : nouvel actif stratégique bancaire

La transformation numérique a profondément changé la nature des actifs détenus par les banques. Aux capitaux financiers s’ajoute désormais un capital informationnel considérable : données clients, historiques transactionnels, informations contractuelles, données comportementales et éléments d’identification personnelle. Ces données conditionnent aujourd’hui la confiance des clients, la conformité réglementaire et l’accès aux partenariats internationaux, mais leur gouvernance reste souvent fragmentée et dissociée des décisions stratégiques liées à l’innovation numérique. Une part importante circule en dehors des systèmes métiers traditionnels, créant un risque discret mais systémique. Les mécanismes classiques de sécurité couvrent principalement les bases de données formelles, laissant des zones grises peu maîtrisées.

La messagerie professionnelle : angle mort stratégique

Parmi ces zones sensibles, la messagerie électronique professionnelle occupe une place centrale. Souvent perçue comme banale, elle constitue en réalité un révélateur du niveau de maturité numérique des organisations et pose des questions cruciales : localisation des données, transferts transfrontaliers, dépendance technologique et maîtrise réelle des informations sensibles.

Innovation plus rapide que gouvernance

Comme ailleurs, l’adoption des outils numériques en Tunisie a progressé plus rapidement que la structuration des cadres de gouvernance associés. Ce décalage crée une tension structurelle entre innovation technologique et maîtrise juridique, générant des expositions réglementaires, opérationnelles ou réputationnelles.

Régulation et confiance : un levier stratégique

La Tunisie dispose d’un cadre réglementaire dédié à la protection des données personnelles, mais la conformité est trop souvent traitée comme une obligation administrative a posteriori. L’intégration proactive de ces exigences dans les projets numériques renforce la crédibilité des banques et constitue un avantage compétitif réel dans les échanges financiers globalisés.

Cybersécurité et souveraineté économique

La cybersécurité dépasse désormais le périmètre des banques elles-mêmes. La dépendance excessive à des infrastructures technologiques externes peut limiter la maîtrise des flux critiques. La souveraineté numérique, loin d’être un isolement, implique un contrôle effectif sur les données sensibles structurant l’économie, condition de la stabilité et de la compétitivité nationale.

Faire de la cybersécurité un levier de compétitivité et de développement 2026-2030

La cybersécurité devient un facteur de différenciation. Les institutions capables de démontrer une gestion rigoureuse des données :

  • renforcent la confiance des clients,
  • attirent des partenaires internationaux,
  • facilitent leur intégration dans les chaînes financières globales,
  • contribuent à la souveraineté économique et à la résilience des services financiers.

 

Cybersécurité

 

Pour les banques tunisiennes, l’enjeu consiste à passer d’une logique de protection défensive à une approche stratégique intégrée, associant gouvernance des données, gestion des risques et innovation responsable. Cela suppose des investissements technologiques, mais aussi une évolution culturelle : formation continue, implication des dirigeants et intégration de la cybersécurité dans la stratégie globale.

Un tournant silencieux mais décisif

La transformation numérique ne se joue plus uniquement sur la qualité des applications ou la rapidité des services. Elle se joue sur la capacité à protéger, gouverner et valoriser la donnée. Dans un environnement économique fondé sur la confiance et le plan national 2026-2030, la cybersécurité devient un pilier de stabilité financière et un marqueur de maturité institutionnelle, contribuant directement aux objectifs stratégiques :

  • croissance et souveraineté économique
  • inclusion sociale et justice sociale
  • équité territoriale.

Derrière chaque transaction numérique, chaque service en ligne et chaque interaction bancaire se trouve une question essentielle : qui maîtrise réellement la donnée ? De sa réponse dépendra la souveraineté économique numérique de demain et la capacité des banques à soutenir la refondation économique nationale.

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Escalade au Moyen-Orient : la navigation commerciale en état d’alerte

02. März 2026 um 16:49

Les géants mondiaux du transport maritime, Maersk et CMA CGM, ont annoncé, dimanche 1er mars, la suspension temporaire de leurs traversées par le canal de Suez. Et ce, en raison de la forte dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient.

Le groupe danois Maersk a indiqué que plusieurs de ses services majeurs, notamment ME11 et MECL, avaient été déroutés vers le cap de Bonne-Espérance. Allongeant ainsi considérablement les temps de transit. L’entreprise a toutefois précisé que la réception de marchandises à destination du Moyen-Orient restait assurée, malgré ces ajustements logistiques.

Ces décisions s’inscrivent dans un mouvement plus large de retrait des grandes compagnies maritimes du Golfe, sur fond de guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Cette situation devrait ralentir davantage l’acheminement des flux commerciaux et énergétiques dans une région clé du commerce mondial.

En effet, les Gardiens de la révolution iraniens ont diffusé, samedi 28 février, des avertissements radio à destination des navires, les appelant à ne pas pénétrer dans le détroit d’Ormuz, axe maritime essentiel par lequel transite une part significative du commerce mondial.

De son côté, CMA CGM a publié un communiqué ordonnant à l’ensemble de ses navires présents dans le Golfe, ou en route vers la zone, de « se mettre à l’abri ». Le groupe, troisième opérateur mondial du transport maritime de conteneurs, a confirmé la suspension de tout transit par le canal de Suez « jusqu’à nouvel ordre », avec une redirection systématique des navires via l’Afrique australe.

La vague de suspensions s’est étendue à d’autres acteurs majeurs. Hapag-Lloyd, cinquième compagnie maritime mondiale, a annoncé l’arrêt immédiat de tous ses transits par le détroit d’Ormuz. Les compagnies japonaises ont également emboîté le pas. Un porte-parole de Nippon Yusen a confirmé que ses navires avaient reçu l’ordre de cesser toute traversée de la zone. Tandis que Mitsui OSK Lines a indiqué privilégier la sécurité des équipages, des cargaisons et des navires.

Ayman Shalaby, directeur de Med Bulk Shipping Solutions, a expliqué que le canal de Suez demeure en temps normal le choix privilégié des armateurs en raison de son rôle stratégique dans la réduction des durées de trajet et des coûts d’exploitation, notamment pour les porte-conteneurs opérant sur des lignes régulières, ainsi que pour les pétroliers et les vraquiers. Toutefois, l’augmentation des risques opérationnels, des menaces sécuritaires et des coûts liés à la protection des navires a conduit plusieurs compagnies à réviser leurs tarifs et à privilégier la route du cap de Bonne-Espérance. Selon lui, le retour à la normale dépendra de la levée des menaces et de garanties crédibles sur la sécurité de la navigation.

M. Shalaby met enfin en garde contre un scénario particulièrement critique dans lequel les perturbations du détroit d’Ormuz coïncideraient avec celles du canal de Suez. Une telle configuration pourrait entraîner une flambée des coûts de transport, exercer une pression accrue sur l’économie mondiale, renforcer la dépendance aux stocks stratégiques et accélérer une recomposition durable des chaînes d’approvisionnement internationales.

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Sa montre a vu le danger avant lui !

02. März 2026 um 15:32

Il s’agit d’une histoire qui rappelle que derrière la technologie, il y a parfois une vie sauvée – et une famille épargnée. Direction Plano, au cœur du Texas, où un simple regard porté à son poignet a bouleversé le quotidien de Brad Jackson.

Une alerte discrète… mais insistante

Brad Jackson, vivant dans l’Etat du Texas, porte sa montre connectée depuis des années, rapporte le site actus.sfr.fr. « Pour lui, c’est surtout un outil pratique : compter ses pas, suivre ses activités, garder un œil sur sa santé. Rien de plus. Jusqu’au jour où les notifications changent de ton ».

En effet, à maintes reprises, sa montre l’alerte : « son rythme cardiaque est anormalement bas. Les chiffres affichés surprennent – autour de 32 battements par minute ». Sauf que, Brad ne ressent ni vertige, ni douleur, ni malaise. Il se sent bien. Normal, dit la même source.

C’est justement ce contraste qui le trouble. D’un côté, son corps ne lui envoie aucun signal. De l’autre, sa montre insiste. « Face à ces alertes répétées, il hésite, puis finit par prendre rendez-vous. Presque par prudence. Presque pour se rassurer ».

Avec le recul, il admet qu’il n’aurait probablement rien fait sans cette notification.

Et puis, le choc du diagnostic

Ainsi, à l’hôpital, les examens s’enchaînent. L’électrocardiogramme confirme que le problème est réel : son cœur présente un trouble du rythme important. « Les battements sont irréguliers, trop lents, et pourraient entraîner des complications sérieuses », soulignent les médecins.

En quelques heures, l’inquiétude remplace l’incrédulité. Les médecins lui annoncent qu’il a besoin d’un pacemaker – un dispositif destiné à réguler son rythme cardiaque. La décision est rapide. L’intervention aussi.

« Pour Brad et ses proches, l’émotion est forte. Ce qui n’était au départ qu’une simple notification devient soudainement le point de bascule entre un risque invisible et une prise en charge salvatrice », assure le site français.

Plus qu’un gadget

Du coup, une double question revient sans cesse : que se serait-il passé s’il avait ignoré l’alerte de son Apple Watch ? S’il avait considéré sa montre comme un simple accessoire de fitness ? « Aujourd’hui, il regarde son poignet différemment. Non pas comme un symbole technologique, mais comme un rappel silencieux que l’attention portée aux petits signaux peut changer le cours d’une vie ».

Que retenir de cette histoire ? Derrière les capteurs et les algorithmes, il y a surtout une décision humaine : celle d’écouter, de douter, puis d’agir. Et parfois, cela suffit à tout transformer !

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Détroit d’Ormuz sous pression : l’Algérie renforce ses options d’exportation gazière

02. März 2026 um 15:11

Dans un contexte de fortes tensions régionales et de craintes croissantes sur la sécurité des approvisionnements énergétiques, l’Algérie se prépare à renforcer sa présence sur le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) en augmentant ses ventes sur le marché au comptant.

Selon des sources citées dimanche 1er mars par la plateforme énergétique ‘Energy’ basée à Washington, les autorités algériennes entendent tirer parti des opportunités de prix offertes par le marché spot; alors que les risques géopolitiques liés à la guerre contre l’Iran alimentent les anticipations de hausse de la demande mondiale. Des préparatifs opérationnels seraient en cours afin d’accélérer le rythme de chargement des cargaisons de GNL dans les prochains jours.

L’Algérie envisagerait également de rediriger une partie de ses livraisons vers des pays arabes importateurs, en cas de demande urgente liée à d’éventuelles pénuries. Parmi les destinations potentielles figurent l’Égypte, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn, selon les mêmes sources.

Cette stratégie intervient alors que les marchés mondiaux de l’énergie s’inquiètent des conséquences d’une escalade militaire prolongée sur les routes maritimes stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz, passage clé pour une part significative des exportations mondiales de gaz et de pétrole. Ces risques renforcent l’attrait des fournisseurs capables de proposer rapidement des volumes alternatifs sur le marché spot.

L’État algérien cherche ainsi à valoriser pleinement ses capacités de production et de liquéfaction disponibles, en orientant des volumes supplémentaires de GNL vers les marchés au comptant, profitant des prévisions de hausse des prix et de la demande en Asie, en Europe et au Moyen-Orient.

L’Égypte demeure particulièrement exposée à une dégradation de la situation régionale. Le pays dépend en effet du gaz israélien pour couvrir entre 15 % et 20 % de sa consommation totale, notamment lors des pics estivaux. La Jordanie, de son côté, s’appuie largement sur ces importations pour alimenter ses centrales électriques.

Toute fermeture prolongée des champs gaziers israéliens, en particulier du gisement offshore Léviathan – censé produire environ 12 milliards de mètres cubes par an, avec un objectif porté à 14 milliards à l’horizon 2026 -, pourrait entraîner une réduction drastique, voire un arrêt, des exportations vers l’Égypte et la Jordanie, comme lors d’épisodes précédents d’escalade. Du reste, en juin 2025, l’interruption de la production avait déjà contraint Le Caire à rationner le gaz destiné à certaines industries afin de préserver l’approvisionnement du secteur électrique.

Ces perturbations avaient également affecté le marché égyptien des engrais, fortement dépendant du gaz naturel comme matière première, entraînant des tensions sur les exportations et une hausse des prix locaux. Autant de facteurs que l’Algérie intègre désormais dans ses calculs.

Dans ce contexte volatil, toute interruption soudaine renforce la valeur stratégique des livraisons rapides sur le marché au comptant. Offrant ainsi à l’Algérie une fenêtre d’opportunité pour consolider son rôle de fournisseur alternatif clé.

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La Tunisie ne se réduit pas à un indice, elle affirme sa souveraineté économique et s’impose comme une puissance euro-africaine en devenir

02. März 2026 um 14:13

La publication du Country Risk Atlas 2026 par Allianz Trade, classant la Tunisie au niveau D4, a suscité de nombreuses réactions dans les milieux économiques. Certains ont immédiatement relayé l’idée selon laquelle la Tunisie serait « parmi les pays les plus risqués d’Afrique pour les entreprises ». Cette affirmation est techniquement inexacte.

Le Country Risk Atlas n’est pas un classement de valeur économique des nations. C’est un outil assurantiel qui mesure essentiellement le risque d’impayé commercial et les tensions financières à court terme. Un indice financier photographie une conjoncture. Une nation s’évalue sur une trajectoire.

Un baromètre du risque financier, nullement un verdict sur le potentiel réel d’un pays

Le Country Risk Atlas se limite à apprécier des paramètres conjoncturels et strictement financiers : la probabilité d’impayés commerciaux, les tensions de trésorerie, la vulnérabilité bancaire à court terme ainsi que la lisibilité immédiate du climat des affaires.

En revanche, il ne prend aucunement en compte les fondamentaux structurels d’une économie, notamment la qualité du capital humain, la capacité d’innovation, la résilience entrepreneuriale, la densité du tissu productif ou encore le positionnement géostratégique d’un territoire.

Il s’agit donc d’un instrument technique d’aide à la gestion du risque financier à court horizon, et non d’un indicateur de puissance économique, de compétitivité durable ou d’attractivité structurelle.

 

Country Risk Atlas ne prend aucunement en compte les fondamentaux structurels d’une économie, notamment la qualité du capital humain, la capacité d’innovation, la résilience entrepreneuriale, la densité du tissu productif ou encore le positionnement géostratégique d’un territoire.

 

On ne compare pas des économies nationales de manière mécanique

D’un point de vue strictement technique, les notations issues du Country Risk Atlas ne constituent en aucun cas un classement de performance économique entre États. Ces scores proviennent de modèles assurantiels calibrés autour du risque d’impayé commercial, de la liquidité financière à court terme, de la visibilité immédiate des flux économiques et de paramètres macro-financiers propres à chaque pays. Ils n’ont jamais été conçus pour établir une hiérarchie du potentiel économique ou du niveau de développement.

Le rapport indique que le Maroc est noté B1 et que la Côte d’Ivoire est classée B2. Il serait tentant d’en déduire que ces pays seraient « meilleurs » que la Tunisie. Une telle lecture serait non seulement réductrice, mais techniquement erronée.

Chaque économie repose sur une architecture propre : structure productive spécifique, niveau d’endettement distinct, profondeur financière variable, spécialisation sectorielle différenciée et trajectoire historique singulière. Le Maroc a privilégié une ouverture commerciale massive et un positionnement industriel étroitement arrimé aux chaînes de valeur européennes. La Côte d’Ivoire bénéficie d’une dynamique démographique soutenue et d’investissements lourds dans les infrastructures. La Tunisie, quant à elle, s’appuie sur un capital humain hautement qualifié, une base industrielle diversifiée, une forte densité de compétences techniques et un positionnement stratégique à l’interface euro-africaine.

Comparer ces pays exclusivement à travers une note de risque financier de court terme revient à opposer des modèles économiques profondément différents sur un unique indicateur conjoncturel.

Une analyse sérieuse ne peut être unidimensionnelle. Elle doit intégrer simultanément les fondamentaux humains, industriels, institutionnels, géostratégiques et la capacité de transformation à long terme, faute de quoi, on confond mesure du risque immédiat et appréciation du potentiel réel.

 

Une analyse sérieuse ne peut être unidimensionnelle. Elle doit intégrer simultanément les fondamentaux humains, industriels, institutionnels, géostratégiques et la capacité de transformation à long terme, faute de quoi, on confond mesure du risque immédiat et appréciation du potentiel réel.

 

La régulation tunisienne : contrainte apparente, stabilité structurelle

Le rapport relève que l’économie de la Tunisie demeure « fortement réglementée et protégée ». Cette lecture appelle toutefois une mise en perspective.

Dans un environnement mondial marqué par une volatilité accrue, cette régulation ne saurait être réduite à une simple rigidité administrative. Elle constitue également un mécanisme de protection des secteurs stratégiques, de maîtrise des flux sensibles, de préservation du tissu productif local et de limitation de l’exposition aux chocs externes. Les dispositifs de licences et de quotas, notamment dans l’agriculture et l’automobile, traduisent une volonté assumée de maintenir les équilibres économiques internes et d’éviter une désindustrialisation brutale ou une dépendance excessive aux importations.

L’enjeu n’est donc pas l’abandon de la régulation, mais sa modernisation progressive. Il s’agit d’un processus de transformation graduelle, déjà engagé, visant à concilier ouverture économique, attractivité des investissements et sauvegarde des fondamentaux nationaux.

Autrement dit, la régulation tunisienne ne relève pas d’un réflexe protectionniste figé, mais d’une logique de stabilisation macroéconomique dans une phase de transition, une approche prudente, parfois mal comprise, mais rationnelle au regard des contraintes actuelles.

 

La régulation tunisienne ne relève pas d’un réflexe protectionniste figé, mais d’une logique de stabilisation macroéconomique dans une phase de transition, une approche prudente, parfois mal comprise, mais rationnelle au regard des contraintes actuelles.

 

La Tunisie : un concentré rare d’atouts en Méditerranée et en Afrique

Au-delà des indicateurs conjoncturels, la Tunisie réunit une combinaison exceptionnelle :

  • Capital humain de premier plan : ingénieurs, juristes, médecins, experts IT et entrepreneurs reconnus à l’international. Une jeunesse instruite, multilingue et adaptable.
  • Position géographique stratégique : à quelques heures de l’Europe, porte naturelle vers l’Afrique subsaharienne.
  • Culture des affaires compatible avec les standards internationaux : tradition juridique solide, droit écrit structuré, pratiques contractuelles établies.
  • Diaspora économiquement puissante : présente en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique, dotée de capitaux, de réseaux, d’expertise.
  • Tissu dense de PME résilientes : capables d’absorber rapidement technologie et savoir-faire.

Peu de pays africains concentrent une telle combinaison.

La Tunisie, porte naturelle de l’Afrique et terre historique d’investissement européen

Historiquement, la Tunisie s’est imposée comme une plateforme avancée pour les entreprises européennes en quête d’ancrage africain.

Depuis plusieurs décennies, de nombreux groupes issus de France, d’Italie et plus largement d’Europe ont fait le choix de la Tunisie comme base industrielle, technologique ou de services, dans une logique de projection régionale durable.

Cette présence ne relève pas d’un opportunisme conjoncturel, mais d’un positionnement stratégique de long terme, fondé sur la qualité reconnue des compétences locales, la proximité immédiate avec le marché européen, la compétitivité des coûts de production et surtout la continuité industrielle, qui garantit stabilité opérationnelle et sécurisation des chaînes de valeur.

 

Depuis plusieurs décennies, de nombreux groupes issus de France, d’Italie et plus largement d’Europe ont fait le choix de la Tunisie comme base industrielle, technologique ou de services, dans une logique de projection régionale durable.

 

Autrement dit, la Tunisie n’a pas été perçue comme une simple destination de sous-traitance, mais comme un véritable hub euro-africain, capable d’accueillir des activités à forte valeur ajoutée et d’accompagner l’expansion continentale des entreprises européennes.

Une dynamique d’ouverture clairement engagée

Parallèlement à ses atouts structurels (position géostratégique, capital humain qualifié, proximité de l’Europe et ouverture sur l’Afrique), la Tunisie accélère la modernisation de son environnement économique afin de renforcer durablement son attractivité.

Cette dynamique se traduit notamment par :

  • Une adaptation progressive de la réglementation des changes et une facilitation des flux financiers internationaux.
  • Une évolution du cadre juridique de l’investissement et une clarification des dispositifs d’incitation.
  • Une digitalisation avancée des procédures administratives et fiscales.
  • Une amélioration continue du climat des affaires.
  • Un renforcement des mécanismes de conformité financière et de lutte contre le blanchiment.
  • La promotion des partenariats public-privé.
  • Un soutien ciblé aux secteurs à forte valeur ajoutée (IT, industrie, énergies renouvelables, agro-business, santé) .
  • La valorisation du capital humain.
  • Une gouvernance économique orientée performance et sécurité juridique.

L’ensemble vise à positionner la Tunisie comme un hub euro-africain compétitif, combinant stabilité réglementaire, efficacité administrative et ouverture maîtrisée du système financier.

Pourquoi la Tunisie représente aujourd’hui une opportunité stratégique

Pour l’investisseur structuré, doté d’une vision moyen-long terme et d’une réelle capacité d’exécution, la Tunisie offre aujourd’hui une fenêtre stratégique rare : valorisations attractives sur les actifs et les entreprises, concurrence internationale encore limitée, besoins clairs en capitaux et en expertise, et potentiel immédiat d’impact économique.

Cette configuration permet des points d’entrée compétitifs, la constitution de positions précoces sur des secteurs clés et la création rapide de valeur via des partenariats structurants et le transfert de savoir-faire. Portée par une modernisation progressive du cadre réglementaire, la digitalisation administrative et une intégration croissante aux marchés euro-africains, la dynamique est enclenchée.

Historiquement, ce type de phase constitue un moment privilégié pour sécuriser des actifs stratégiques, bâtir des positions durables et accompagner la transformation d’un marché à fort potentiel.

 

Historiquement, ce type de phase constitue un moment privilégié pour sécuriser des actifs stratégiques, bâtir des positions durables et accompagner la transformation d’un marché à fort potentiel.

 

Message à la communauté économique internationale

La Tunisie n’est pas un marché à éviter. Elle n’est pas non plus un marché d’improvisation. C’est un marché qui exige compréhension, structuration et engagement. Dans un contexte de transformation économique et réglementaire, les opportunités ne disparaissent pas, elles se déplacent vers les investisseurs capables d’analyser finement le risque, de structurer intelligemment leurs opérations et d’inscrire leurs décisions dans le temps.

Les projets réussissent en Tunisie lorsqu’ils sont juridiquement sécurisés dès leur conception, financièrement architecturés avec rigueur, adossés à une expertise locale expérimentée et portés par une vision stratégique de moyen et long terme. La performance n’y relève pas du hasard, mais de la méthode.

Les investisseurs qui abordent le marché avec discipline, gouvernance claire et capacité d’exécution y trouvent des points d’entrée compétitifs, des marges de progression réelles et un potentiel de création de valeur significatif. Ceux qui privilégient l’approche partenariale plutôt que spéculative construisent des positions solides et durables. L’histoire économique démontre que les phases de transition sont rarement des périodes à fuir. Ce sont des moments où se structurent les futurs leaders de marché.

La Tunisie n’est pas une économie à contourner. C’est une économie à comprendre, à accompagner et à développer intelligemment.

 

La Tunisie n’est pas une économie à contourner. C’est une économie à comprendre, à accompagner et à développer intelligemment.

 

Conclusion : la Tunisie est une trajectoire, pas un instantané 

Le Country Risk Atlas 2026 apporte un éclairage financier ponctuel. Il mesure un Etat à un moment donné. Il ne saurait, à lui seul, définir l’avenir d’une nation.

La Tunisie se lit dans la durée. Elle se construit par ses talents, sa position naturelle entre l’Europe et l’Afrique, la force de sa diaspora, et une dynamique d’ouverture progressive portée par des réformes structurelles, une modernisation administrative et une volonté claire d’intégration régionale.

Ces fondamentaux constituent autant de leviers pour faire émerger une véritable plateforme euro-africaine de création de valeur, capable d’accueillir des capitaux structurés, des projets industriels, des hubs de services et des initiatives à impact réel.

La Tunisie ne se résume pas à un indice de risque. Elle est un mouvement, une transformation en cours, un potentiel en construction.

Elle avance et elle invite le monde à bâtir avec elle, dans une logique de partenariat, de confiance et de vision partagée.

 

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Ali Khribi,

juriste fiscaliste & analyste économique

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