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Doha 2026 : le Forum de l’investissement veut sortir du club des vingt

20. Oktober 2026 um 17:27

Du 25 au 27 octobre, plus de 5 000 participants se retrouvent dans la capitale qatarie pour chercher comment orienter les capitaux vers les économies qui en ont le plus besoin.

Selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 de la CNUCED, les investissements étrangers directs ont atteint 1,6 trillion de dollars en 2025, mais plus de 80 % se sont concentrés sur seulement 20 économies. C’est ce déséquilibre que le Forum mondial de l’investissement entend attaquer, d’après un communiqué de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement..

Un programme dense et un plateau de haut niveau

Plus de 80 sessions et 400 intervenants couvriront la politique d’investissement, les zones économiques spéciales, la finance durable, le climat et les océans, l’entrepreneuriat, l’intelligence artificielle, le tourisme et la culture, des accords internationaux d’investissement aux minéraux critiques.

Sont annoncés à ce forum quatre Premiers ministres (Qatar, Lesotho, Libye, Madagascar), quatre vice-premiers ministres et une cinquantaine de ministres. Et deux réunions ministérielles, sur l’investissement et l’entrepreneuriat, fixeront les priorités politiques. Les dirigeants de l’OMC, d’ONU Tourisme, du FNUAP et de l’UIT seront présents, avec les responsables du CCG, de l’ASEAN et de la ZLECAf : une participation internationale record.

IA : spectateurs ou bénéficiaires ?

Selon le rapport, les infrastructures d’IA sont désormais le premier secteur d’investissement stratégique. La question est de savoir si les pays en développement en profiteront ou prendront du retard. L’IA dispose pour la première fois de son propre parcours au Forum.

La paix entre à l’agenda : comment faire passer les capitaux de l’aide d’urgence au relèvement dans les économies fragiles ou touchées par les conflits.

L’espace : la baisse des coûts de lancement ouvre ce secteur à davantage de pays, et le Forum examinera comment les économies en développement peuvent y participer.

La culture : rarement présente dans les portefeuilles, elle fera l’objet d’une plénière avec Art Basel et Qatar Museums.

Nouveaux formats

La scène ouverte Centre Stage accueillera start-up, présentations nationales d’investissement et entrepreneurs globaux. Al Jazeera sera partenaire média mondial, avec un studio sur place, et les plénières seront diffusées en direct. UNESCO, UIT, ONU Tourisme, ONUDI et UNOOSA coorganiseront des sessions.

Prix et lancements

  • 25 octobre : Prix de la promotion de l’investissement
  • 26 octobre : 9e édition des Women in Business Awards
  • 26 octobre : Global Founders Fellowship.

Ce que cela signifie pour le Maghreb

Pour une région cherchant à diversifier ses sources d’IDE, la concentration des flux est un rappel utile. ZLECAf, IA, minéraux critiques, reconstruction (avec la Libye présente) et tourisme touchent directement les agendas maghrébins. Reste à voir si les engagements de Doha se traduiront en flux concrets.

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L’asphyxie financière des pays en développement face au fardeau de la dette

19. Oktober 2026 um 14:25

Selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la dette publique mondiale atteint désormais des niveaux critiques, mettant en péril la stabilité et le développement des nations les plus vulnérables. En s’appuyant sur les calculs réalisés pour l’année 2026, l’institution onusienne indique que le montant global de la dette publique s’est hissé à 111 000 milliards de dollars en 2025.

Les pays en développement supportent une part particulièrement lourde de ce fardeau, avec un encours estimé à 35 000 milliards de dollars. Comme le souligne la CNUCED, cette situation est directement aggravée par la hausse ininterrompue des coûts d’emprunt et un accès de plus en plus restreint aux capitaux internationaux.

L’un des constats majeurs mis en avant par la CNUCED réside dans le caractère structurellement inégalitaire du système financier : les taux d’intérêt imposés aux économies émergentes restent nettement plus élevés que ceux appliqués aux pays développés. Cette dissymétrie a contraint les pays du Sud à verser près de 995 milliards de dollars uniquement en remboursements d’intérêts en 2025. Ce service de la dette absorbe désormais en moyenne 8,1 % de leurs recettes publiques, un poids qui a quasiment doublé depuis 2010.

Ce drainage massif de ressources entraîne un effet d’éviction dramatique pour les dépenses publiques essentielles. Le rapport de la CNUCED alerte sur le fait que 51 pays en développement consacrent aujourd’hui davantage de budget aux intérêts de leur dette qu’à la santé ou à l’éducation, ce qui impacte le quotidien de près 3,7 milliards d’individus. Le continent africain est en première ligne de cette détérioration : la proportion de citoyens vivant dans des États où le service de la dette supplante les budgets éducatifs et sanitaires est passée de 24 % en 2010 à plus de 65 % aujourd’hui.

Face à cette spirale infernale, l’organe onusien appelle à une réaction internationale d’urgence. La CNUCED calcule que si les pays du Sud pouvaient emprunter aux mêmes conditions financières que les pays développés, ils économiseraient collectivement environ 500 milliards de dollars d’intérêts chaque année. Pour sortir de cette impasse, l’institution préconise d’inverser le recul de l’aide publique au développement, de renforcer la sécurité financière globale, d’accroître la capacité de prêt des banques multilatérales et de moderniser les cadres macroéconomiques nationaux.

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Capacités productives: 99e mondiale, la Tunisie devance le Maroc et l’Algérie, mais…

05. Oktober 2026 um 14:15

La Tunisie fait partie des économies africaines qui disposent du socle productif le plus solide. Mais elle n’en tire pas encore tout le potentiel. C’est, en creux, ce que raconte le nouvel Indice des capacités productives (PCI) de la CNUCED. Avec un score de 47,2 sur 100 en 2024, la Tunisie se classe au 99e rang mondial parmi 195 économies. Un résultat qui la place devant une grande partie du continent, sans pour autant la rapprocher des économies les plus performantes à l’échelle mondiale.

Le PCI ne mesure pas uniquement ce qu’un pays produit aujourd’hui. Il cherche à regarder les capacités qui permettent de produire davantage demain. Capital humain, technologies, énergie, transports, institutions, secteur privé, capital naturel et changement structurel sont pris en compte dans l’indice. C’est justement cette lecture qui rend le cas tunisien intéressant. Le pays possède plusieurs atouts, mais ceux-ci ne progressent pas au même rythme.

Le premier contraste apparaît dans les technologies de l’information et de la communication. Avec un score de 58,7, les TIC constituent la dimension la mieux notée dans le profil tunisien. La Tunisie dispose donc d’une base numérique relativement favorable. Cela compte dans une économie où les services, l’industrie et même l’accès aux marchés extérieurs dépendent de plus en plus des infrastructures numériques.

Mais le numérique ne fait pas tout. Un bon niveau de capacité technologique ne se transforme pas automatiquement en gains de productivité. Pour que cet avantage pèse davantage sur l’économie, il doit se retrouver dans les entreprises, dans leurs procédés de production, dans leur capacité à innover et surtout dans les produits et services qu’elles arrivent à vendre à l’extérieur.

Le changement structurel obtient également un score supérieur à la moyenne tunisienne, à 55,4. C’est probablement l’un des éléments les plus intéressants du profil du pays. La Tunisie n’est pas une économie figée autour d’un seul secteur. Elle dispose d’une industrie exportatrice, d’un secteur des services développé et de plusieurs activités qui l’insèrent dans les chaînes de valeur internationales.

Le problème est plutôt celui de la profondeur de cette transformation. Changer de structure productive ne signifie pas nécessairement monter suffisamment en gamme. Une économie peut diversifier ses activités tout en restant concentrée sur des segments où la valeur ajoutée demeure limitée. Le véritable saut consiste à passer de la sous-traitance et de l’assemblage vers davantage de conception, de recherche, d’innovation et de production à forte valeur ajoutée.

Le capital humain, avec 50,6, se situe lui aussi au-dessus du score global. La Tunisie dispose depuis longtemps d’un avantage dans ce domaine. Mais ici encore, le chiffre doit être lu avec un peu de recul. Former des diplômés ne suffit pas. Encore faut-il que les entreprises puissent utiliser ces compétences, que les secteurs productifs évoluent suffisamment vite pour les absorber et que les profils qualifiés trouvent des perspectives dans l’économie nationale.

Le même raisonnement peut être appliqué à l’énergie, qui affiche un score de 51. Cette capacité devient pourtant de plus en plus stratégique pour l’industrie tunisienne. Le coût de l’énergie, la transition vers les renouvelables et les nouvelles exigences environnementales des marchés extérieurs vont progressivement peser sur les décisions d’investissement et sur la compétitivité des entreprises.

C’est dans les transports que le décalage devient le plus visible. La dimension obtient un score de 32,2, très inférieur au résultat global. Pour une économie ouverte comme celle de la Tunisie, ce n’est pas un détail.

La performance d’une entreprise exportatrice ne dépend pas uniquement de ce qu’elle sait produire. Elle dépend aussi de la facilité avec laquelle elle peut faire entrer ses matières premières, déplacer ses marchandises et les expédier vers ses clients. Chaque retard, chaque surcoût logistique ou chaque rupture dans la chaîne de transport réduit une partie de l’avantage que peuvent procurer les compétences ou la compétitivité industrielle.

C’est probablement l’un des points sur lesquels le PCI apporte une lecture utile du problème tunisien. Le pays dispose d’un tissu productif et d’un capital humain relativement solides, mais certaines infrastructures ne suivent pas au même rythme. Le risque est alors de disposer de capacités qui restent sous-utilisées.

Le secteur privé présente un autre résultat à surveiller, avec un score de 44,5. Là encore, le sujet dépasse la création d’entreprises. La question est celle de leur capacité à investir, à innover et surtout à changer d’échelle.

La Tunisie compte de nombreuses PME et un tissu entrepreneurial actif. Mais passer d’une petite entreprise à une entreprise capable d’investir lourdement, d’exporter sur plusieurs marchés ou de financer sa propre innovation reste difficile. L’accès au financement, la taille du marché intérieur et les contraintes administratives pèsent alors sur la trajectoire de croissance.

Le score de 47,3 obtenu dans la dimension institutionnelle se situe quasiment au niveau général du pays. Ce n’est pas le plus mauvais résultat du profil tunisien, mais ce n’est pas non plus un avantage marqué. Or, les institutions jouent un rôle transversal. Elles donnent aux entreprises le degré de visibilité nécessaire pour investir, recruter et développer des projets qui se construisent sur plusieurs années.

Le classement africain permet de remettre ces résultats en perspective. La Tunisie fait partie des économies les mieux positionnées du continent, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud et du Maroc. Les économies insulaires de Maurice et des Seychelles figurent également parmi les meilleures performances africaines.

Mais cette position ne doit pas être interprétée comme une avance confortable. Elle signifie surtout que la Tunisie dispose d’une base productive plus diversifiée que beaucoup d’autres économies africaines. À l’échelle mondiale, l’écart reste important avec les économies développées.

C’est là que le PCI devient plus intéressant qu’un simple classement. Il permet de voir où se situe la Tunisie, mais surtout pourquoi elle n’est pas plus haut.

Le pays possède les compétences. Il possède une base industrielle. Il dispose d’un niveau numérique appréciable et d’une économie relativement diversifiée. Mais les maillons ne sont pas toujours suffisamment connectés. La recherche ne se transforme pas assez rapidement en produits. Les compétences ne trouvent pas toujours leur place dans les secteurs les plus dynamiques. Les entreprises capables d’exporter restent confrontées à des contraintes de financement et de logistique.

Le sujet n’est donc plus vraiment de construire une capacité productive à partir de rien. Il est de faire fonctionner ensemble celles qui existent déjà.

Cette question devient d’autant plus importante que la compétition internationale évolue. Les entreprises cherchent désormais des territoires capables de proposer non seulement une main-d’œuvre compétitive, mais aussi des infrastructures fiables, des compétences techniques, de l’énergie, des services numériques et un environnement permettant d’investir sur le long terme.

Sur ce terrain, la Tunisie possède plusieurs cartes. Mais le PCI montre aussi que certaines d’entre elles sont encore mal jouées.

Le score global de 47,2 ne raconte donc ni une réussite éclatante ni un décrochage. Il décrit plutôt une économie qui dispose d’un potentiel productif réel, mais dont les performances restent limitées par quelques maillons faibles. Le transport en est le cas le plus visible. Le financement et la capacité de passage à l’échelle des entreprises constituent d’autres points de vigilance.

Pour la Tunisie, l’enjeu des prochaines années sera moins de multiplier les atouts que de mieux les relier. Une meilleure articulation entre formation et industrie, numérique et productivité, investissement et innovation, production et logistique pourrait faire davantage pour la montée en gamme que l’accumulation de nouveaux dispositifs pris séparément.

Le PCI place ainsi la Tunisie dans une position plutôt confortable à l’échelle africaine, mais suffisamment loin des meilleurs scores mondiaux pour rappeler une réalité simple: avoir les capacités ne suffit pas. Encore faut-il réussir à les transformer en production, en innovation et en valeur ajoutée.

 

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