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Tunisie | La mode urbaine à l’heure du Mondial de football

27. Juni 2026 um 13:41

À Tunis, le phénomène TNZ.World — né à la croisée du streetwear, de l’art urbain et de la culture footballistique — cherche à faire de la Coupe du monde le récit de la génération tunisienne. Il délaisse les stades pour investir les quartiers, les réseaux sociaux et les nouveaux codes de la mode jeune. Le football comme sentiment d’appartenance (au-delà du simple soutien à une équipe), le maillot comme code esthétique et la rue comme espace de création.

Actif sur Instagram et Facebook sous le nom de TNZ.World, le projet se définit par des slogans tels que «Made for the World» et «Made for the Change». Il forge son identité autour du denim, du graphisme, des dessins réalisés à la main et de références à la culture urbaine, tout en prônant des valeurs de liberté, de communauté et d’appartenance.

Il ne s’agit pas seulement de vêtements, mais d’un langage visuel mêlant esthétique urbaine et narration sociale.

Conjuguer football, musique, art et culture urbaine

L’équipe de TNZ.World a assisté au vernissage de l’exposition «Histoires de football entre l’Italie et la Tunisie» (organisée par l’Institut culturel italien et l’ambassade d’Italie en Tunisie, avec un commissariat assuré par Mo’ Better Football) à la Maison des Arts du Belvédère ; elle y a captivé le public grâce à son style «patchwork» très original.

Ils ont expliqué à l’agence Ansa que leur moment de plus grande visibilité a coïncidé avec la «Tn Street World Cup 2026» — présentée comme une «Coupe du monde de football de rue» — qui s’est tenue récemment à L’Écurie, un espace culturel privé situé à Lafayette, en plein cœur de Tunis.

Cet événement de deux jours, organisé fin juin, visait à conjuguer football, musique, art et culture urbaine, proposant stands, DJ sets, ateliers, espaces de jeu et un code vestimentaire clair : porter le maillot de son équipe nationale favorite.

Ce format s’inscrit dans une tendance plus large : le retour en grâce du maillot de football comme pièce de mode, désormais intégré au streetwear mondial et non plus cantonné au seul univers des supporters.

En Tunisie, cette esthétique revêt une signification particulière, portée par le regain de visibilité internationale de l’équipe nationale, le lancement de nouvelles collections officielles inspirées des «Aigles de Carthage» et l’intérêt croissant pour des campagnes visuelles tournées dans les rues de Tunis, mettant en scène des figures de la scène culturelle contemporaine.

Le football au cœur de la culture jeune tunisienne

Tnz.World s’insère ainsi dans un paysage urbain tunisien déjà riche en graffitis, illustrations, design indépendant et initiatives culturelles locales. La référence au football dépasse le cadre sportif ; c’est un code universellement compris, populaire et fédérateur. Le maillot devient un uniforme générationnel, le tournoi de rue un décor social, et la marque un vecteur d’identité pour des jeunes qui, tout en revendiquant une esthétique locale, parlent le langage mondial d’Instagram, des «drops», des collections capsules et des événements hybrides.

Pour l’heure, le phénomène reste confiné à une niche créative et aux réseaux sociaux, sans structure organisationnelle formelle ni envergure commerciale ; toutefois, sa portée culturelle réside précisément dans sa capacité à incarner trois piliers de la culture jeune tunisienne actuelle : le football comme passion nationale, la rue comme espace d’expression et la mode comme outil de représentation de soi.

Dans un pays où la jeunesse évolue souvent entre instabilité économique, quête d’espaces culturels et désir de reconnaissance internationale, des initiatives telles que la Tn Street World Cup révèlent une Tunisie moins institutionnelle et plus informelle : créative, urbaine et connectée, capable de transformer la ferveur des supporters en style, et ce style en un récit collectif.

I. B. (avec Ansamed).

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Accord pour stimuler l’investissement italien en Tunisie

27. Juni 2026 um 12:57

En marge du Forum économique et d’affaires Tunisie-Italie, qui s’est tenu les 24 et 25 juin 2026, au siège de l’Utica à Tunis, la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), Simest, Sace et la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-italienne (Ctici) ont signé un protocole d’accord visant à soutenir l’internationalisation des entreprises italiennes intéressées par le marché tunisien.

Le Forum a été organisé à l’initiative du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), en collaboration avec des institutions tunisiennes et les ambassades respectives.

L’accord quadripartite vise à mutualiser l’expertise, les instruments financiers et les réseaux opérationnels des signataires par le biais d’activités conjointes d’information, de formation et de mise en relation.

Les initiatives prévues comprennent des ateliers, des séminaires, des missions institutionnelles et des rencontres d’affaires (B2B), le tout conçu pour faciliter l’accès aux outils de soutien à l’internationalisation et aux financements bonifiés.

Le protocole prévoit également l’identification et le soutien de projets de développement d’entreprises italiennes sur les marchés étrangers.

La Première ministre Sarra Zaafrani Zenzeri ainsi que le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, sont intervenus lors de la cérémonie d’ouverture du Forum.

Le groupe CDP était représenté par Laurent Franciosi, responsable du développement des marchés mondiaux, et Regina Corradini D’Arienzo, PDG de Simest.

Le Forum a rassemblé des institutions, des entreprises et des associations professionnelles des deux pays. Il comprenait une séance plénière consacrée aux mécanismes de soutien au partenariat économique bilatéral ainsi que des panels thématiques portant sur les transitions énergétique et numérique, l’industrie manufacturière de pointe, l’industrie pharmaceutique, le secteur automobile, la technologie, les matières premières critiques, l’innovation et la durabilité dans les secteurs traditionnels (notamment le textile, l’agriculture et l’aquaculture), ainsi que sur les infrastructures de transport et la logistique.

La journée du 25 juin a été consacrée à des rencontres interentreprises (B2B) entre sociétés italiennes et tunisiennes. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer le partenariat économique entre l’Italie et la Tunisie, notamment dans le cadre du Plan Mattei.

La Tunisie constitue la principale destination des exportations italiennes vers l’Afrique. Les échanges bilatéraux ont atteint 6,5 milliards d’euros, les exportations italiennes s’élevant à 3,4 milliards d’euros et les importations à 3,1 milliards d’euros.

Au premier trimestre 2026, le volume des échanges a atteint 1,7 milliard d’euros — soit une hausse de 2,9 % par rapport à la même période de l’année précédente — porté principalement par les exportations italiennes, qui ont progressé de 10,9 %.

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Les mariages mixtes en Tunisie joignent les deux rives de la Méditerranée

27. Juni 2026 um 12:19

En Tunisie, les mariages mixtes n’effacent pas l’identité du pays ; au contraire, ils en révèlent la nature profonde : plurielle, littorale, fluide et façonnée par des siècles d’échanges. La Tunisie est arabe et nord-africaine, mais aussi méditerranéenne ; elle est ancrée dans son histoire nationale tout en restant constamment ouverte à la mer, à la diaspora, à la France, à l’Italie, à l’Europe et à l’Afrique subsaharienne.

Paolo Paluzzi

Il existe une Tunisie qu’un Européen reconnaît instantanément, mais qui, simultanément, défie toute classification simpliste. C’est la Tunisie des cafés de Sidi Bou Saïd, des maisons blanches de La Marsa, des rues paisibles de Carthage et des écoles multilingues où les enfants passent du français à l’arabe tunisien, de l’anglais au «tounsi», avec une aisance naturelle ; ce que les adultes pourraient percevoir comme un choix délibéré, les enfants le vivent tout simplement comme leur quotidien.

Dans ces quartiers de la capitale et du littoral, les mariages mixtes ne sont plus une anomalie suscitant la curiosité ; ils sont devenus une présence familière, souvent discrète, mais bien visible. On y trouve des Tunisiens rentrant au pays avec un conjoint étranger après des années d’études ou de travail en France, en Italie ou au Canada ; des enfants de la diaspora revenant à Tunis avec des familles déjà binationales ; ainsi que des couples ayant vécu en Europe mais ayant choisi la Tunisie pour leur carrière, leurs racines familiales, leur qualité de vie ou, tout simplement, pour un lien affectif profond avec cette région méditerranéenne.

Ni figée dans la tradition ni totalement occidentalisée

Pour ceux qui arrivent d’outre-mer, ces familles révèlent un pays bien plus complexe que ne le suggèrent les stéréotypes. Il ne s’agit ni d’une Tunisie figée dans la tradition ni d’une société totalement occidentalisée, mais plutôt d’un espace intermédiaire où les identités interagissent au quotidien.

La langue parlée à la maison, la scolarité des enfants, les fêtes religieuses, les relations avec les grands-parents, la cuisine, les démarches administratives et même la manière de se présenter aux autres : tout cela participe à un équilibre qui se construit au fil du temps.

Le couscous du vendredi peut côtoyer un dessert français ou italien. L’Aïd peut devenir une fête inclusive où une grand-mère européenne apprend à préparer des briks et une famille tunisienne découvre une nouvelle façon d’être ensemble.

Les enfants grandissent en détenant deux passeports, mais aussi en possédant deux ensembles de souvenirs, deux vocabulaires émotionnels et deux manières d’habiter la Méditerranée. Ils ne sont pas pour autant moins Tunisiens, ni moins Européens. Ils sont plutôt le fruit vivant d’une région qui, depuis des siècles, mêle langues, échanges commerciaux, migrations et retours.

Ce phénomène reste difficile à quantifier. Si les statistiques officielles tunisiennes rendent compte de la baisse générale des taux de nuptialité et de l’évolution de la structure familiale, elles ne permettent pas d’obtenir une image détaillée et aisément accessible des unions mixtes. Par conséquent, la véritable portée de ce phénomène s’appréhende mieux par l’observation sociale que par les chiffres bruts : dans les quartiers cosmopolites de la banlieue nord de Tunis, à travers les écoles bilingues et internationales, au sein des familles binationales et parmi les individus de la deuxième génération qui reviennent au pays ou y entretiennent des liens durables. Certes, des défis subsistent. Les mariages mixtes mettent à l’épreuve les coutumes, les appartenances religieuses, les contraintes administratives et les attentes familiales.

Bien que la Tunisie dispose d’un cadre juridique relatif au statut personnel progressiste à l’échelle du monde arabe, les pratiques sociales ne suivent pas toujours le rythme des réformes législatives. L’abrogation, en 2017, de la circulaire qui empêchait auparavant les Tunisiennes d’épouser des hommes non musulmans a marqué un tournant symbolique majeur.

Toutefois, comme c’est souvent le cas lors de la transition entre la loi et la société, l’évolution formelle ne fait pas immédiatement disparaître les résistances, les hésitations et les interprétations conservatrices.

Méditerranée des familles, des langues et des cuisines partagées

Vue sous un angle italien ou européen, l’union mixte en Tunisie apparaît comme l’une des expressions les plus tangibles de la «vraie» Méditerranée. Non pas celle des sommets politiques, des déclarations diplomatiques ou des dossiers de coopération, mais celle des familles, des langues mêlées, des cuisines partagées et des retours. C’est une Méditerranée du quotidien et de la sphère privée — fondée sur le compromis et l’affection — plus discrète que le monde politique, mais souvent plus durable.

Dans cette perspective, le mariage mixte n’efface pas l’identité tunisienne ; au contraire, il en révèle la nature profonde : plurielle, littorale, fluide et façonnée par des siècles d’échanges. La Tunisie est arabe et nord-africaine, mais aussi méditerranéenne ; elle est ancrée dans son histoire nationale tout en restant constamment ouverte à la mer, à la diaspora, à la France, à l’Italie, à l’Europe et à l’Afrique subsaharienne.

Ces familles ne représentent donc pas une dilution de l’identité, mais plutôt son évolution. À une époque où les frontières sont souvent dépeintes comme des murs, les familles mixtes nous rappellent que la Méditerranée est aussi une maison commune. Une maison imparfaite, parfois fragile — traversée de tensions culturelles et sociales — mais capable de transformer la différence en continuité.

Traduit de l’italien.

 D’après Ansamed.

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Ces ados israéliens qui refusent le service militaire

27. Juni 2026 um 11:22

Personne ne leur demande, mais ils disent non : de gauche à droite, Bar Zvirin, Noor Epstein et Anton Zohar Lifsches, des adolescents israéliens, ne sont pas convaincus par les arguments de la paix par la violence. À quoi bon être punk si c’est pour plier et servir ? (Photo : Des ados israéliens disent non à l’armée, à la guerre, et au génocide des Palestiniens).

Linda Dayan 

Sur le balcon du Left Bank [Rive Gauche], un espace de gauche radicale dans le centre de Tel-Aviv, un groupe de cinq adolescents roulent des cigarettes et comparent leurs dernières acquisitions littéraires. L’un s’exclame avoir acheté «Why Women Have Better Sex Under Socialism» de Kristen Ghodsee ; un autre lit au groupe un passage de prose auto-indulgente de David Foster Wallace. Sur le tableau blanc de la pièce derrière eux – couverte d’affiches marxistes et gauchistes, et meublée de chaises et de canapés au rembourrage déchiré – subsistent les vestiges d’un cours d’arabe.

L’un des adolescents, avec coupe mulet et crête iroquoise et un piercing au septum, déplore ne plus vouloir jouer de musique avec un certain groupe punk – leur batteur, dit-il, «est un putain de soldat».

«À quoi bon être un punk si c’est pour s’engager ?» demande un autre membre du groupe, avant que nous descendions parler dans le théâtre boîte noire de l’espace.

Trois des cinq adolescents qui m’accompagnent sont là pour parler d’une décision qu’ils prennent – une décision qu’ils veulent inciter leurs pairs à envisager également.

Nager à contre-courant de la société

Presque tous les Israéliens sont, par la loi, enrôlés dans l’armée israélienne, avec quelques exceptions plus ou moins controversées (citoyens arabes, étudiants des yechivot haredi). Dès le plus jeune âge, cela leur est présenté comme une phase de la vie aussi obligatoire que la fin du lycée. Ceux qui veulent contourner le service doivent nager à contre-courant de la société pour y parvenir. Ils peuvent chercher des exemptions médicales – la voie la plus courante pour échapper au service – ou tenter leur chance pour obtenir le statut d’objecteur de conscience. Mais certains, en particulier ceux qui veulent faire une déclaration politique publique, optent pour un séjour en prison militaire plutôt que d’enfiler l’uniforme.

Même si presque tous les aspects de leur éducation, de leur éducation familiale et des attentes de la société les ont orientés vers un enrôlement éventuel, ces adolescents ont décidé que, pour eux, cela ne serait pas une fatalité – c’est un choix comme un autre. Ils ne rejoindront pas les Forces de défense israéliennes.

Bar Zvirin, le jeune de 17 ans à la coupe mulet, mentionne que son père n’était pas ravi que son enfant s’exprime publiquement à ce sujet. «Il a dit : “Je suppose que tu es assez stupide pour croire aux choses auxquelles tu crois, mais je n’arrive pas à croire que j’ai élevé un gamin assez idiot pour vouloir que le monde entier sache à quel point il est stupide.”»

Mais Anton Zohar Lifsches Segal, un pianiste de 17 ans originaire de Jaffa, dit que sa famille le soutient.

«J’ai grandi dans un foyer très à gauche, donc j’ai toujours su qu’il y avait un choix de ne pas aller à l’armée, et j’ai presque toujours su que ce serait la direction que je prendrais. Quand j’étais petit, ma mère ne me laissait pas avoir de pistolets-jouets, parce qu’elle disait que c’était une chose terrible, et maintenant que je suis plus âgé, je vois qu’elle avait totalement raison», sourit-il.

Noor Epstein, également âgé de 17 ans, de Ramat Gan, porte un t-shirt imprimé «1312». Interrogé à ce sujet, Epstein s’illumine et explique que cela signifie «Acab», l’acronyme de «All Cops Are Bastards» (Tous les flics sont des bâtards).

Noor se décrit comme une personne anxieuse de toujours, qui a toujours été inquiète à l’idée du service militaire. «J’ai toujours été dégoûté par la violence, et j’ai toujours vécu avec cette peur qu’elle se rapproche de plus en plus», dit-il. Pré-adolescent, il envisageait un rôle militaire plus bienveillant qui n’implique pas de porter une arme à feu – peut-être servir en tant que soldat-enseignant apportant un soutien aux jeunes à risque. «Puis je suis devenu plus activiste et plus à gauche, et j’ai appris que ce n’était pas nécessairement la seule option», explique Noor.

Apprendre qu’il existe des chemins vers l’âge adulte qui n’incluent pas le service militaire «a été un énorme soulagement», ajoute Noor. «Personne ne m’avait vraiment parlé de cette option. Mais en grandissant et en devenant plus activiste, et en étant exposé à une gauche plus radicale, j’ai compris que ce n’était qu’un autre choix que l’on peut faire.»

Personne ne naît soldat

Noor me tend une poignée de fanzines et de tracts de Mesarvot, le réseau qui soutient les adolescents réfractaires à la conscription, et de Banki, la Ligue de la jeunesse communiste d’Israël. Et, bien sûr, ils couvrent la table de pamphlets gris et violets, produits par un groupe de lycéens, dont mes interlocuteurs.

«Nous, les jeunes hommes et femmes destinés à la conscription, refusons par la présente de prendre part aux crimes de l’armée et de servir les intérêts du gouvernement dictatorial», peut-on y lire. Il est ensuite dit que dès leur plus jeune âge, on les a endoctrinés pour vivre par l’épée – «Mais la vérité est que l’armée n’est pas un destin – personne ne naît soldat. Et comme tout autre choix, le choix de s’enrôler a des conséquences.»

On y lit que nous avons tous vu les images violentes du 7 octobre. «Mais ce qui a commencé comme une réaction au terrible massacre s’est poursuivi avec l’extermination brutale des habitants de Gaza, à une échelle incompréhensible. Et quels sont les résultats des actions de l’armée ? Selon les données que l’armée israélienne elle-même reconnaît, plus de 72 000 habitants de Gaza ont été tués depuis le début de la guerre, dont de nombreuses femmes, enfants et même des bébés. Malgré le cessez-le-feu, le génocide, le nettoyage ethnique et les crimes de guerre se poursuivent.»

Des politiques similaires sont à l’œuvre en Cisjordanie, indique le pamphlet. «Depuis des décennies, l’État, à travers l’armée, opprime le peuple palestinien, annexe des territoires et fait preuve de violence envers les hommes et les femmes palestiniens résidant en Cisjordanie – tout cela dans le cadre de la politique de nettoyage ethnique du pays.» Il poursuit : «La seule chose qui les distingue de nous, c’est qu’ils sont nés du ‘‘mauvais’’ côté de la frontière. » Ceci, poursuit-il, n’est pas de la légitime défense.

«Êtes-vous prêts à devenir une statistique ? Êtes-vous prêts à un tel sacrifice pour un gouvernement dictatorial et cynique qui trafique des vies humaines pour renforcer son pouvoir ?» demande-t-il. «Nous refusons de perpétuer le cycle du sang ! Et vous ?»

Il exhorte les autres adolescents en cours de processus militaire à ajouter leur signature à la lettre en scannant un code QR. Au moment où j’écris, environ 120 l’avaient fait.

Avant le dernier jour de l’année scolaire jeudi, les pamphlets seront distribués par milliers. Je leur dis que j’imagine la scène vers la fin de Mean Girls où Regina George colle des pages du Burn Book dans toute l’école pour que les élèves les trouvent. Les adolescents rient poliment. Je réalise que le film a plusieurs années de plus qu’eux.

La lettre elle-même a été écrite par un petit noyau dur – Lifsches Segal et deux autres jeunes militants. Elle s’inscrit dans la continuité d’efforts similaires, comme la lettre de refus de conscription de 2023 en pleine réforme judiciaire, et la légendaire lettre de 1970 adressée à Golda Meir signée par des dizaines d’adolescents. Le groupe plus large d’une douzaine d’adolescents, qui se font appeler «Nous refusons ça», s’est réuni pour l’éditer.

Les trois ne s’attendent pas seulement à un retour de bâton : ils l’accueillent favorablement. «Le simple fait d’avoir un retour négatif est significatif. Le simple fait qu’il y ait une discussion sur la question de savoir si les gens sont d’accord ou non signifie que les jeunes auront un argument ou une conversation», déclare Zvirin. «Je pense qu’il y a un pouvoir particulier dans le fait que chaque jeune recevra son propre pamphlet. Bien sûr, ils peuvent dire “ouaou, quels gauchistes fous”, mais ensuite le garder et le lire chez eux, sans toute la pression des pairs, et penser “heu, peut-être que je vais signer sans le dire à mes amis”.»

Lifsches Segal dit que les Israéliens ont tendance à grandir sans remettre en question l’inéluctabilité de leur service militaire. «D’après mon expérience en discutant avec des amis, beaucoup de gens n’y pensent même pas. Ils ne comprennent pas ce qu’ils font, ils considèrent cela comme une autre phase de la vie – on va simplement à l’armée quand on finit le lycée. D’un point de vue israélien, c’est tout à fait normal, mais si on regarde ça une seconde de l’extérieur, ça ne devrait pas être comme ça», dit-il. «Même pour les gens qui veulent vraiment aller à l’armée, [la lettre] leur donne une seconde pour y réfléchir. Ça leur ouvre l’esprit.»

Noor souligne que ces questions font partie de l’adolescence. «On nous dit tous quoi faire dès le plus jeune âge. En vieillissant, nous cherchons notre identité et essayons de comprendre qui nous sommes, et nous commençons à nous écarter de la norme de petites manières.» Alors qu’ils commencent à tester les limites de la société en tant qu’adolescents, ils ont réalisé que la décision d’être enrôlé est «juste une autre option – un autre choix que vous pouvez faire».

Et si un des étudiants est vraiment contrarié ? «Jeudi est le dernier jour de l’année scolaire, ce qui signifie que nous allons directement de là aux vacances d’été. Nous ne croiserons pas vraiment les jeunes qui s’y opposent à l’école», rit Lifsches Segal.

Escalade extrême

Pour les trois, le massacre du 7 octobre – et l’énorme réponse militaire israélienne qui a suivi – a été un catalyseur majeur dans leur décision de ne pas rejoindre l’armée. Zvirin dit qu’il savait peu de choses sur l’occupation avant ce jour, quand il était au début de son adolescence. «Ce n’était pas une conversation que nous avions à l’école ou à la maison. Le 7 octobre a vraiment intensifié ce discours.» L’attaque a provoqué «une escalade extrême de la part de la droite fasciste et raciste». Après cela, il a commencé à prêter attention à ce que l’armée faisait à Gaza.

Il se souvient aussi du moment où il a décidé qu’il s’opposerait à la conscription : en voyant une publication du compte de médias sociaux Creativity for Democracy, qui publie des photos de pancartes de manifestations en Israël. «Il y avait un activiste de Looking the Occupation in the Eye qui tenait une pancarte disant “Grand-mère, que faisais-tu pendant le génocide à Gaza ?”» se souvient Zvirin. «Penser que peut-être dans 20 ou 30 ans, je devrais expliquer à mes enfants que je portais un uniforme à cette époque – l’idée me rendait fou. Je me suis dit que je devais refuser.»

Anton est d’accord. «Après le 7 octobre, j’ai vu tout ce qui s’est passé, et j’ai su que c’était un système auquel je ne participerais pas. Je ne suis d’accord avec aucune des façons dont l’armée agit. Je ne suis pas d’accord en général avec l’idée de la défense par les armes, ou quoi que ce soit de ce genre. »

Noor, le seul dont la famille a été affectée par les attaques du 7 octobre (une tante et un oncle au kibboutz Erez, qui n’ont pas été blessés physiquement mais profondément secoués), considère les attaques du 7 octobre menées par des militants dirigés par le Hamas et la réponse militaire israélienne comme inextricablement liées. «Cela vient de la même source», dit-il. «Un acte de violence fait penser aux gens qu’ils doivent répondre encore plus fort, et c’est ce qui m’est passé par la tête aussi, juste après le 7 octobre. J’ai très vite réalisé qu’il est très facile de répondre par encore plus de violence.» La croyance des Israéliens, et même de certains gauchistes israéliens, selon laquelle ils peuvent atteindre la paix par la violence, est naïve, affirment-ils.

Étant enfant, il a été témoin de rounds après rounds de combats entre Israël et les Palestiniens, et de leur nature cyclique. «C’est ce qui s’est passé le 7 octobre. Il y avait une occupation violente et continue avant cela ici. Comment la réponse à cela peut-elle être quelque chose d’encore plus violent ? Et nous perpétuons ce cycle de guerre sans fin.»

Les trois ne savent pas encore quelle forme leur objection prendra. Lifsches Segal travaille à une exemption militaire pour raisons médicales, et Epstein, qui est également éligible, a encore un an pour décider s’il veut également emprunter cette voie.

Les citoyens exemptés de l’armée ont également une option de service alternative : le Service national, un programme financé par l’État qui permet aux participants d’effectuer un ou deux ans de bénévolat, souvent dans leurs propres communautés, tout en recevant les mêmes avantages que les soldats et les anciens combattants. Les trois ont des avis divergents sur ce programme.

S’il obtient son exemption, c’est la voie que Lifsches Segal veut suivre. «Après avoir décidé de ne pas être enrôlé, je voulais utiliser ce temps et faire quelque chose de bien », dit-il. « Je ne crois pas que l’armée fasse du bien, alors j’ai décidé de faire mon service national dans un hôpital. C’est ma façon de redonner.»

Epstein dit qu’il ne veut pas nécessairement le faire, mais «je pense que c’est quelque chose que je finirai par faire à la fin». Il rechigne à devoir le faire pour obtenir les mêmes avantages que les soldats : «Je pense que dans un pays normal, on obtient des droits fondamentaux et on peut recevoir des allocations sociales et des subventions éducatives pour l’université même sans travailler gratuitement.»

Zvirin, qui porte un t-shirt montrant les personnages de dessins animés Moumines en manifestation – l’un tient une pancarte disant «refusez !» un autre un keffieh, et un troisième agite un drapeau anarchiste – ne considère pas cela comme une option légitime.

«Je pense que le service national est super centré sur l’État», dit il. C’est une façon de «redonner à son pays» sans être enrôlé. Zvirin explique : «Je ne veux rien redonner à ce pays. Je veux redonner aux gens qui y vivent. Je pense qu’on peut le faire de nombreuses façons qui ne sont pas l’exploitation de main-d’œuvre bon marché par l’État. Ce sont des années qui peuvent être mises à profit dans nos communautés, en faisant de la présence protectrice [dans les communautés palestiniennes de] Masafer Yatta ou Douma.»

Impossible de finir l’école

Il y a toujours un prix à payer pour des croyances radicales – c’est ce qui les rend radicales en premier lieu. Zvirin raconte qu’iel l’a appris à ses dépens, après être apparu au premier plan dans une vidéo d’adolescents déclarant leur refus tout en brûlant des ordres de conscription. Iel a reçu tellement de menaces – et d’agressions physiques et verbales – qu’il a dû quitter sa ville natale de Ra’anana pendant un certain temps, et a été scolarisé à la maison.

Parce que l’école insistait sur la présence de Zvirin pour les tests et les examens de baccalauréat, mais ne pouvait pas garantir qu’iel ne croiserait pas les autres adolescents qui l’avaient menacé et agressé, Zvirin n’a pas de certificat de bac à ce jour.

Mais certains politiciens de l’opposition ont laissé entendre qu’il pourrait y avoir des conséquences encore plus graves pour le refus à l’horizon. Je dis au groupe que lors d’une récente conférence, le président de Yisraeli Beiteinu, Avigdor Lieberman –

«Avigdor Lieberman a été reconnu coupable d’avoir agressé physiquement un mineur», coupe rapidement Epstein. «On ne le mentionne pas assez.»

Je reconnais que c’est effectivement exact, et continue en disant que Lieberman, ainsi que d’autres politiciens de l’opposition, ont exprimé la conviction que les personnes qui ne servent pas dans l’armée ou n’effectuent pas de service national devraient se voir refuser certains droits, y compris le droit de vote. Ils ont fait ces remarques principalement en réponse au refus de conscription des Haredim, mais cela les affecterait également. Est-ce que cela influence leur décision d’une manière ou d’une autre ?

«Le libéralisme», Epstein secoue la tête avec dérision. «Le summum du libéralisme.»

Bar parle sans détour : «Il y a un système qui tue, viole, exploite, enlève, massacre, fait exploser, détruit des dizaines de milliers de personnes. Si on me dit de choisir entre un flingue sur la tempe et en faire partie, je choisirai toujours le flingue.» Il ajoute, avant d’exprimer son mépris pour le vote en tant que solution en général, qu’une telle loi n’aurait probablement pas de chances d’être adoptée – «Je ne pense pas que ce soit démocratique et le camp libéral ne le permettra pas, mais Israël me surprend chaque jour.»

«Je serai bref», dit Epstein. «Je pense que c’est un signe que si c’est ce que l’armée et cette institution oppressive font aux personnes qu’elles oppriment le moins, qu’est-ce que ça signifie pour les personnes qu’elles occupent, oppriment, anéantissent, par millions ?»

Lifsches Segal hoche la tête. «S’ils vont réduire nos droits à ceux des Palestiniens, c’est un prix que je suis prêt à payer», dit-il. «Ce n’est pas quelque chose qui arrive dans un système démocratique… Si je dois choisir entre aller tirer sur des gens dans un État non démocratique, et ne pas tirer sur des gens dans un État non démocratique, je préfère encore ne pas tirer sur des gens.»

D’après Fausto Giudice

Source : traduit de Haaretz.

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Mondial 2026 | Un régulateur nommé Équateur

27. Juni 2026 um 10:06

C’est avec détermination et brio que l’équipe nationale de football de l’Equateur s’est qualifié au second tour du Mondial 2026 en battant son homologue allemande, au cours de ce qui a été le match le plus abouti du groupe E. Une qualification qui a été très difficile à se dessiner après des débuts plutôt poussifs. (Photo : Les Equatoriens ont fait passer un mauvais quart d’heure aux Allemands, jeudi 25 juin 2026).

Jean-Guillaume Lozato *

2-1. C’est le score final au tableau d’affichage, suite à une rencontre où l’on ne s’est pas ennuyés un seul instant. Dans le stade de New-York, l’Équateur inspiré a disposé de l’Allemagne coriace jusqu’à la dernière minute.

Pendant ces quatre-vingts dix minutes, les Sud-américains ont défié les Germaniques soit en les pressant, soit au moyen d’une circulation de balle variée sans être aléatoire.

Un bon test pour le mental

Au commencement, les hommes dirigés par Sebastian Beccacece ont immédiatement affiché leurs intentions. Injustement tenus en échec par Curaçao et ayant perdu de justesse contre la Côte d’Ivoire, ils se sont lancés dans une course vers l’exploit lors d’un match qui a ressemblé à une rencontre à élimination directe. Un défi au cours duquel l’équipe nationale a affiché du style, tout en en contrôlant la fantaisie. Une philosophie de jeu et de vie qui a su enseigner à faire la part des choses, venant d’une terre comprenant des villes différentes (Quito, Babahoyo…) et des reliefs variés. Ceci conjugué à une nouvelle organisation du territoire, comme l’a si bien expliqué le politicien et responsable des forces de l’ordre Gustavo Izquierdo Munoz, il y a quelques mois.

Cette chevauchée en a concurrencé une autre, celle de l’Allemagne bien déterminée à asseoir sa suprématie. En tout début de rencontre, ce sont bien les Allemands qui ont ouvert la marque par Leroy Sané, suite à une action litigieuse. Sans vraiment surprendre, les hommes au maillot jaune ont égalisé par Nilson Angulo, l’attaquant de Sunderland, d’une jolie frappe à l’entrée de la surface. S’ensuivirent des actions allemandes et équatoriennes avec des tirs de plusieurs joueurs. Et de magnifiques arrêts effectués par les deux gardiens de but du jour.

Un nouveau romantisme

La seconde période a conservé la même intensité. Avec une Mannschafft répondant présente quant à l’impact physique mais dont le milieu Aleksandar Pavlovic semblait perdre ses marques, et une formation latino-américaine très technique qui a répondu toujours présent. Un répondant qui s’est manifesté par la beauté du sacrifice, comme ce tacle salvateur de Moses Caicedo à la cinquante-et-unième minute. Par la métaphore de la justice rendue lorsque Gonzalo Plata a allié placement, puissance et finesse en marquant le but de la victoire consécutivement à un corner. Par l’allégorie de la persévérance. Une succession de figures de style qui détient les ingrédients d’une épopée sportive romantique ? Oui, si l’état d’esprit perdure et que l’effectif acquiert un peu plus de force mentale.

Attendons de regarder la prochaine échéance, c’est-à-dire les seizièmes de finale. Étape que la «Tri» a les moyens de négocier plus qu’honnêtement et, pourquoi pas, franchir en allant crescendo jusqu’au dernier carré pour la première fois de son histoire.

L’Équateur peut rappeler par moments sa voisine colombienne dans certaines séquences de jeu en triangles. Dans d’autres phases de jeu, la «Tri» peut aussi faire penser au Maroc, ou bien au Costa Rica de la grande époque dans les phases défensives particulièrement sur les relances. Avec un jeu tête qui n’a rien à envier aux Anglais ou aux Français.

Le réveil équatorien promet bien des choses pour le reste de la compétition. D’autant plus que l’équipe est coachée par Beccacece, réincarnation de Claudio Caniggia. Une sorte de dramaturge du football qui a disposé ses acteurs en 4-4-2. Avec des défenseurs du calibre d’Estupina et Hincapié ou Pacho (deux sur trois étaient en finale de LDC). Avec un milieu créatif, très cohérent et solide. Avec de bons jokers comme Preciado. Avec une paire d’attaquants (Enner Valencia et Gonzalo Plata) aux appels variés et parfois parallèles, ce qui peut déstabiliser les défenses de n’importe quelle équipe. Phénomène qui s’était vérifié dans une simple rencontre de championnat de France, lorsque le duo Esteban Lepaul/Moussa El Tamari avait mis en difficulté, pour le compte de Rennes, l’Olympique Lyonnais il y a environ un mois…

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CRLDHT | À travers Ben Sedrine, c’est la justice transitionnelle qui est condamnée

27. Juni 2026 um 08:49

Les lourdes peines prononcées dans les procès intentés contre l’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) Sihem Bensedrine et d’autres co-accusés «pour des actes accomplis dans l’exercice d’un mandat légal», le pouvoir actuel en Tunisie «franchit une nouvelle étape dans sa contre-révolution et son entreprise de liquidation des acquis de la révolution tunisienne», note le Comité pour les respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), dans un communiqué publié le 26 juin 2026 à Paris.

Le jugement rendu, dans la nuit du 25 au 26 juin, par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du Pôle judiciaire économique et financier du Tribunal de première instance de Tunis s’établit comme suit :

– dans la première affaire, qui concerne la convention d’arbitrage et de réconciliation conclue entre l’IVD et l’homme d’affaires Slim Chiboub, dans le cadre du mécanisme prévu par la loi organique sur la justice transitionnelle, le tribunal a condamné Mme Ben Sedrine à 5 ans de prison ; Me Khaled Krichi, ancien président de la Commission d’arbitrage et de réconciliation de l’IVD, à 5 ans de prison ; Mabrouk Korchid, ancien ministre des Domaines de l’État, à 6 ans de prison ; et M. Chiboub à 5 ans de prison pour complicité.

Les condamnés ont également été frappés d’une amende individuelle de 1 776 170 000 dinars (plus de 525 millions €), ainsi que d’une condamnation solidaire au remboursement du même montant.

– dans la seconde affaire, qui concerne le dossier de la Banque franco-tunisienne (BFT), le tribunal a condamné Mme Ben Sedrine à 5 ans de prison ; Me Krichi à 5 ans de prison ; M. Korchid à 6 ans de prison ; et Abdelmajid Bouden, ancien président de la BFT, à 6 ans de prison.

Les quatre condamnés devront également s’acquitter d’une amende de 16 985 003,774 dinars (plus de 5 millions €) chacun et restituer solidairement cette même somme.

Enfin, le tribunal a condamné Mme Ben Sedrine à 15 ans supplémentaires pour faux, détention et usage de faux, portant ainsi sa peine totale à 25 ans d’emprisonnement.

«La sévérité exceptionnelle de ces condamnations contraste avec la nature des faits reprochés, qui sont exclusivement liés à l’exercice de responsabilités publiques dans le cadre d’une institution créée par la loi», écrit le CRLDHT dans son communiqué. Il ajoute que «les poursuites engagées concernent exclusivement des décisions prises dans l’exercice du mandat légal de l’IVD» et que «les arbitrages et les réconciliations ne sont ni des initiatives personnelles de Mme Ben Sedrine, ni des actes dépourvus de base légale. Ils constituent un mécanisme expressément institué par la loi organique n° 2013-53 du 24 décembre 2013 relative à l’instauration de la justice transitionnelle et à son organisation, dont le chapitre IX (articles 45 à 50) confie à l’IVD la mission de conduire les procédures d’arbitrage et de réconciliation dans les affaires de corruption financière.»

Tout en condamnant «avec la plus grande fermeté» la lourde peine qui lui  été infligée, le CRLDHT rappelle que Mme Ben Sedrine est «âgée de 75 ans, après avoir déjà subi plus de six mois de détention arbitraire, une longue grève de la faim ayant gravement compromis son état de santé et une hospitalisation sous assistance respiratoire». Au regard de son âge et de sa condition physique, la peine de 25 ans de prison qui lui  été infligée «équivaut de fait à une condamnation à finir sa vie en prison», lit-on dans le communiqué.

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Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ? 

27. Juni 2026 um 07:34

«Quel avenir pour la Palestine et Israël ?» est le thème d’un colloque organisé à l’Université de la Sorbonne, à Paris, le 19 juin 2026. L’auteur n’a pas assisté à ce colloque, qui a été riche en interventions, d’après le commentaire de l’universitaire Jean-Christophe Attias, publié sur sa page Facebook. Mais s’il y avait participé, voilà ce qu’il aurait dit sur cette question, en la reformulant ainsi : «Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ?» (Photo : Les Palestiniens manifestent à Jérusalem, « capitale » de l’Etat hébreu).

Lahouari Addi *

La question palestinienne doit être replacée dans le contexte européen de la fin du 19e siècle, celui de l’apogée de l’expansion européenne et de la croyance en la mission civilisatrice de l’Occident.

Les penseurs sionistes de l’époque, intellectuels de gauche dans leur majorité, percevaient le projet d’un Etat juif comme une justice rendue aux juifs persécutés en Europe. Ils n’avaient pas conscience qu’ils s’inscrivaient dans la dynamique de l’expansion coloniale de l’Europe. Et même s’ils en étaient conscients, ils pensaient que l’Etat juif, une fois construit, existera pour toujours parce qu’ils ne saisissaient pas son caractère colonial.

Israël piégé par son caractère colonial

Une fois l’Etat sioniste construit, la population israëlienne a glissé vers une mentalité coloniale qui a favorisé les courants de droite et d’extrême droite. Israël est piégé par son caractère colonial qui a poussé la majorité de la population vers le syndrome des pieds noirs d’Algérie qui étaient farouchement hostiles aux autochtones.

Le rapport entre Israëliens et Palestiniens est celui qui relie le colonisé au colonisateur, rapport méthodiquement analysé par Frantz Fanon. Dans cette relation, soit le colon, soit le colonisé doit disparaître.

Profitant du changement géopolitique internationale après la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes algériens ont déclenché l’insurrection qui a conduit à l’indépendance.

Le bouleversement géopolitique actuel (2015-2026), marqué par à la perte graduelle de l’hégémonie américaine, est de mauvais augure pour l’avenir d’Israël. Les Etats-Unis n’ont plus la capacité de dominer la géopolitique locale comme ils le veulent. En 1954, ils ont pu changer de régime en éliminant Mossadegh en Iran. En 2026, ils ont échoué dans leur volonté de changer le régime en Iran. Et pragmatiques comme ils sont, entre le détroit d’Ormuz et Israël, ils ont choisi Ormuz.

La grande erreur des Israéliens

L’erreur des Israëliens est d’avoir compté sur l’appui extérieur pour exister au lieu de nouer des alliances avec les Palestiniens pour un Etat binational. Au lieu de devenir des «juifs palestiniens» comme sont devenus Arabes les Syro-Libanais chrétiens descendants des croisés du Moyen Age, ils ont nié la société locale qu’ils ont voulu éliminer par l’oppression et le génocide. Rappelons que l’idéologie nationaliste arabe a été forgée par les chrétiens descendants d’Européens qui sont devenus Arabes. Les juifs venus d’Europe ont refusé de devenir des Palestiniens et de se fondre parmi les autochtones. Ils ont choisi de mettre en place un système d’apartheid qui n’a aucun avenir au 21e siècle.

Ce que les sionistes d’hier et d’aujourd’hui ont oublié, c’est que les sociétés du Moyen Orient, se reproduisent dans la durée, et excluent ceux qui refusent de s’y intégrer.

Dans le futur, soit les juifs d’Israël s’intègrent à la région comme population palestinienne, soit ils auront à repartir vers les pays d’où leurs pères et grands-pères sont venus. Les israëliens venus du monde arabe, qui sont culturellement des Arabes, peuvent jouer un rôle dans le processus d’intégration des descendants de leurs coreligionnaires venus d’Europe.

* Institut d’études politiques de Lyon.

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Avec Najah, Mme Souad a voulu offrir à son fils un avenir brillant

27. Juni 2026 um 06:56

Acteur de référence de l’assurance vie en Tunisie, Hayett Assurances propose des solutions d’épargne et de prévoyance adaptées aux besoins des familles tunisiennes. Parmi ses offres, le produit Najah se positionne comme une solution dédiée à la préparation des études des enfants, en combinant épargne progressive, protection et avantages fiscaux.

Mme Souad, souscriptrice du contrat Najah, revient sur une décision qu’elle considère aujourd’hui comme déterminante dans sa vie de mère : anticiper très tôt l’avenir de son fils.

«Au début, j’avoue que j’étais hésitante», confie-t-elle, avant d’ajouter, le ton posé et le regard confiant : «Chez nous, en Tunisie, l’assurance vie n’est pas encore un réflexe. Je ne savais pas vraiment comment m’y prendre ni vers qui me tourner.      

C’est une discussion avec un membre de sa famille vivant à l’étranger qui va faire évoluer sa perception :
«Une proche m’a expliqué qu’elle avait déjà mis en place un programme d’épargne pour ses enfants. Tout était organisé à l’avance pour leurs études. Ça m’a vraiment fait réfléchir…»

Encouragée par cet exemple, Mme Souad décide alors de chercher une solution similaire en Tunisie et c’est le contrat Najeh de Hayett Assurances.

À l’époque, elle avait 35 ans et son fils Amine seulement 4 ans. Elle décide alors de franchir le pas :«Je voulais être tranquille. Je savais que les années passent vite et que les dépenses liées aux études peuvent devenir lourdes. Je ne voulais pas attendre», raconte-t-elle.

Elle choisit de constituer une bourse mensuelle de 500 dinars pendant 4 ans, à partir des 19 ans de son fils. Mais ce qui a véritablement orienté son choix, c’est la sécurité offerte en cas d’imprévu

: «Je me posais toujours la même question : et s’il m’arrivait quelque chose ? Je voulais être certaine que mon fils serait protégé quoi qu’il arrive.»

En bonne mère, elle s’assure que, même en cas d’aléas de la vie, Amine pourrait bénéficier d’un soutien financier : «Savoir qu’il pourrait recevoir immédiatement une partie de la bourse m’a énormément rassurée. C’est une vraie tranquillité d’esprit», souligne

, avec le recul, la souscriptrice qui parle de son choix avec sérénité et satisfaction : «Franchement, je suis heureuse d’avoir pris cette décision à temps. Aujourd’hui, je sais que les études de mon fils sont assurées et qu’il pourra avancer sans pression.»

Elle souligne également un aspect important : l’optimisation financière du contrat. «Je paie de 125,650 dinars par mois, mais grâce aux avantages fiscaux, j’économise 43,080 dinars. Au final, le coût réel est d’environ 76,586 dinars par mois. C’est beaucoup plus accessible qu’on ne le pense», explique-t-elle.

Il ne s’agit pas seulement d’un placement financier, mais d’un véritable engagement : «Aujourd’hui, je suis apaisée. Mon fils pourra se concentrer sur ses études, et moi je sais que j’ai fait le nécessaire pour son avenir. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seconde.»

Derrière ce témoignage, se dessine l’histoire d’une mère qui a choisi d’agir aujourd’hui pour offrir à son enfant la liberté de réussir demain.

Engagée à accompagner durablement les familles dans leurs projets d’avenir, Hayett Assurances met à la disposition des parents ses conseillers dédiés pour un accompagnement personnalisé, joignables au 82 100 002, et les encourage à consulter le site officiel afin de demander un devis et découvrir l’ensemble des avantages de la solution Najah.

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Empfangen — 26. Juni 2026 Französischsprachig

Aigles de Carthage | Quels joueurs tunisiens vont briller cette saison ?

26. Juni 2026 um 14:17

Il y a des saisons qui confirment les talents. Et puis il y a celles qui changent une carrière. Pour plusieurs internationaux tunisiens, l’exercice qui débute pourrait bien appartenir à la seconde catégorie. Entre la Coupe du Monde 2026, où ils ont largement déçu avec trois défaites et une amère élimination, et les ambitions affichées par leurs clubs respectifs, les Aigles de Carthage ont plusieurs raisons de continuer d’espérer et de repartir de bon pied.

Tous les regards seront notamment tournés vers Hannibal Mejbri, Montassar Talbi et Ismael Gharbi. Trois profils différents. Trois trajectoires distinctes. Mais un même objectif : franchir un nouveau cap et s’imposer comme des cadres incontournables de la sélection tunisienne.

Pour les observateurs et les spécialistes des paris sportifs, la saison qui débute pourrait marquer un véritable tournant pour plusieurs internationaux tunisiens. Varieur Montague, expert en paris sportifs avec plus de quatre ans d’expérience dans l’industrie, estime que les jeunes talents capables d’enchaîner les performances au plus haut niveau attirent rapidement l’attention des recruteurs comme des parieurs.

Certains supporters suivent également ces évolutions à travers des comparatifs de classement des applis ou en consultant les meilleurs sites de paris sportifs hors ARJEL sur https://mightytips.net/bookmakers/sites-de-paris-sportifs-hors-arjel/ afin d’analyser les cotes et les tendances de la saison.

Les trois Aigles de Carthage à suivre absolument cette saison

La Tunisie a toujours produit des joueurs capables de briller dans les plus grands championnats européens. Cette année encore, plusieurs internationaux semblent prêts à franchir un nouveau cap. Certains doivent confirmer. D’autres cherchent encore à exploser. Une chose est sûre : ces trois noms risquent de faire parler d’eux dans les prochains mois.

  1. Hannibal Mejbri

Pendant longtemps, Hannibal Mejbri a été considéré comme l’un des plus grands espoirs du football tunisien. La saison passée pourrait bien avoir marqué un tournant. Le milieu offensif a participé à la montée de Burnley en Premier League lors de la saison écoulée et semble enfin avoir trouvé la stabilité dont il avait besoin. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Hannibal Mejbri n’a d’ailleurs pas caché sa satisfaction, qualifiant l’exercice 2025 de «saison la plus aboutie» de sa carrière (source : L’Équipe). 2026 n’a pas été aussi souriante pour Mejbri dans son équipe comme en équipe nationale, mais il aura encore l’occasion de se mesurer aux meilleurs joueurs du monde chaque semaine.

  1. Montassar Talbi

Si la Tunisie possède aujourd’hui un patron défensif, son nom est Montassar Talbi. Le défenseur central s’est imposé comme l’un des cadres incontournables des Aigles de Carthage au fil des années. Avec plus de 60 sélections internationales, Montassar Talbi apporte une expérience précieuse à un groupe en pleine transition.

Avec le FC Lorient, Talbi a disputé 29 rencontres et été titularisé à 29 reprises (source : FC Lorient). Et malgré une Coupe du Monde 2026 en demi-teinte, il reste une valeur sûre de la défense tunisienne.

  1. Ismael Gharbi

Le cas Ismael Gharbi intrigue beaucoup d’observateurs. Formé au Paris Saint-Germain, le milieu offensif poursuit sa progression au Portugal sous les couleurs de Braga. Son profil technique et sa créativité séduisent déjà plusieurs clubs européens.

Après une saison réussie au Portugal, Ismael Gharbi attire de plus en plus l’attention sur le marché des transferts (source : L’Équipe). À seulement 21 ans, il possède encore une importante marge de progression. Et cette saison pourrait bien être celle de la confirmation. Il n’a certes pas brillé lors de la Coupe du Monde 2026, laissant passer sa chance, mais il n’a pas encore démontré toute sa classe technique. Un joueur qui promet encore…

Pourquoi cette saison peut changer leur carrière

Dans le football moderne, quelques mois suffisent parfois à faire basculer une carrière. Pour Hannibal Mejbri, Montassar Talbi et Ismael Gharbi, la saison qui débute pourrait bien être celle de la consécration.

La Coupe du Monde 2026 fait partie du passé. Ils vont revenir à leurs clubs respectifs avec de nouvelles ambitions. Chaque performance en club sera scrutée avec attention par les staffs techniques. Une bonne saison pourrait permettre à ces joueurs d’aborder la compétition avec un statut renforcé.

La visibilité offerte par les grands championnats européens représente une opportunité considérable. Chaque week-end, recruteurs et directeurs sportifs analysent les performances des internationaux susceptibles d’animer le prochain mercato. Une série de bons matchs peut rapidement faire grimper la cote d’un joueur.

Mais cette exposition s’accompagne aussi d’une pression supplémentaire. Les attentes sont élevées, en club comme en sélection. Pelé résumait parfaitement ce défi lorsqu’il déclarait : «Le succès n’est pas le fruit du hasard. C’est le fruit d’un travail acharné, de la persévérance, de l’apprentissage, des études, du sacrifice et, surtout, de l’amour de ce que l’on fait ou de ce que l’on apprend à faire». Pour les Aigles de Carthage, le moment est venu de passer un cap. Ils en ont les moyens, ils doivent juste le prouver.

Les Aigles de Carthage peuvent-ils surprendre à nouveau ?

La Tunisie n’a jamais été une sélection facile à lire. Elle peut décevoir dans un match abordable, puis tenir tête à une grande nation quelques jours plus tard. C’est ce qui rend les Aigles de Carthage aussi difficiles à prévoir.

La nouvelle génération apporte plus de vitesse, plus de créativité et davantage d’audace. Mais elle aura besoin de cadres pour l’encadrer. C’est là que l’équilibre entre jeunesse et expérience devient essentiel. Sans cette stabilité, le talent seul ne suffit pas.

La Fédération tunisienne de football, qui est sous les feux de la critique, travaille justement à maintenir cette continuité autour de la sélection, tandis que les performances des internationaux restent suivies de près par les médias sportifs français comme L’Équipe. Johan Cruyff rappelait souvent que «Jouer au foot, c’est très simple mais jouer un football simple est la chose la plus difficile qui soit». Cette saison dira si les Tunisiens sont prêts pour de nouveaux grands rendez-vous, après leur échec en Coupe du Monde.

Ces joueurs représentent-ils une opportunité pour les parieurs ?

Ces trois profils peuvent aussi intéresser les parieurs les plus attentifs. Pas seulement sur les résultats de la Tunisie. Mais aussi sur les marchés liés aux buteurs, aux passes décisives ou aux performances individuelles.

Tout dépendra de leur forme du moment. Hannibal Mejbri peut devenir un joueur important dans l’animation offensive. Ismael Gharbi possède le profil idéal pour faire bouger une cote avec une entrée décisive. Montassar Talbi, lui, peut peser sur les paris liés aux clean sheets ou aux performances défensives.

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Une génération tunisienne prête à franchir un cap

La Tunisie possède aujourd’hui une génération capable de regarder vers l’avenir avec ambition. Entre l’expérience de Montassar Talbi, la progression constante de Hannibal Mejbri et le potentiel encore largement inexploité d’Ismael Gharbi, les Aigles de Carthage disposent d’atouts sérieux pour les années à venir.

Bien sûr, le talent ne garantit rien. Il faudra confirmer, enchaîner les performances et répondre présent dans les grands rendez-vous. Mais les bases sont là.

Si cette nouvelle génération poursuit son développement au même rythme, la Tunisie pourrait bien redevenir l’une des sélections les plus redoutées du continent africain. Et ce n’est peut-être que le début.

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Lourdes peines de prison pour Bensedrine, Korchid, Krichi, Chiboub et Bouden

26. Juni 2026 um 13:42

Le verdict a été annoncé tard dans la soirée de jeudi 25 juin 2026 : la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné Sihem Bensedrine — ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), aujourd’hui dissoute — à 25 ans de prison. Cette condamnation fait suite à des accusations de «dépassements et violations» liés au fonctionnement de ladite Instance, et notamment dans la gestion du dossier de la Banque franco-tunisienne (BFT), aujourd’hui disparue.

Le tribunal avait examiné hier deux affaires impliquant Mme Bensedrine et d’autres prévenus, notamment l’ancien ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières Mabrouk Korchid, l’ancien membre de l’IVD Khaled Krichi et l’homme d’affaires Slim Chiboub.

Concernant la première affaire (relative à l’IVD) — qui impliquait Bensedrine, Krichi, Korchid et Chiboub, et portait sur des irrégularités et des violations liées aux travaux de l’Instance sur l’accord de règlement arbitral avec Chiboub, ainsi que sur la conformité de cet accord avec la législation en vigueur et la protection des deniers publics — le tribunal a reconnu Bensedrine, Krichi et Korchid coupables du délit consistant, pour un agent public, à exploiter intentionnellement sa fonction pour causer un préjudice financier à l’administration afin de procurer un avantage indu à une tierce partie.

Le tribunal a condamné Bensedrine et Krichi à une peine de cinq ans de prison chacun, et Korchid à six ans de prison, avec exécution immédiate des peines.

La cour a également confirmé la condamnation de Chiboub pour complicité dans cette affaire, le condamnant à cinq ans de prison et une amende de 1 776 170 dinars à chacun des accusés, tout en ordonnant le remboursement solidaire de cette même somme.

L’affaire de la BFT

La seconde affaire — impliquant les accusés Bensedrine, Krichi, Korchid et Abdelmajid Bouden — concernait la BFT. Les accusés étaient poursuivis pour abus de fonction par un agent public visant à procurer un avantage injustifié à soi-même ou à autrui, causant ainsi un préjudice à l’administration et enfreignant les réglementations en vigueur, ainsi que pour complicité dans ces faits. Mme Bensedrine faisait l’objet d’un chef d’accusation supplémentaire pour faux et usage de faux.

Le tribunal a reconnu les prévenus — Bensedrine, Krichi et Korchid — coupables et condamné Bensedrine et Krichi à cinq ans de prison chacun, et Korchid à six ans de prison, avec exécution immédiate des peines.

Le tribunal a également reconnu le prévenu Bouden coupable de complicité dans cette infraction et l’a condamné à six ans de prison, avec exécution immédiate.

Le tribunal a également condamné chacun des prévenus à une amende de 16 985 003 dinars et a ordonné qu’ils soient solidairement tenus de restituer cette même somme de 16 985 003 dinars.

En outre, le tribunal a reconnu la prévenue Bensedrine coupable des infractions de faux ainsi que de détention et usage de faux — qualifiant ces faits d’infractions concomitantes au sens de l’article 55 du Code pénal — et l’a condamnée à une peine de quinze ans d’emprisonnement pour l’infraction la plus grave.

 Rappelons que la plupart des prévenus, notamment Bensedrine, Korchid et Bouden sont à l’étranger au moment de la proclamation de ce verdict.

I. B.

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La Tunisie quitte la Coupe du monde | De la défaite à l’apprentissage collectif

26. Juni 2026 um 12:29

Éliminée après trois matchs, la Tunisie quitte la Coupe du monde 2026 sur une dernière défaite face aux Pays-Bas (1-3). Mais au-delà, cette compétition raconte une histoire plus profonde : celle d’une équipe confrontée à ses limites, d’une organisation appelée à apprendre, et d’un pays qui peine parfois à regarder l’échec sans se condamner lui-même. Le plus grand défi qui attend aujourd’hui la Tunisie : transformer ses blessures en expérience, ses frustrations en lucidité et ses échecs en succès à avenir. (Photo : A l’image des joueurs de l’équipe de Tunisie après les matches, les supporters sont perplexes et abattus. Comment a-t-on pu descendre aussi bas ?).

Manel Albouchi *

Il y a des moments où une équipe nationale cesse d’être seulement une équipe de football. Elle devient un miroir dans lequel une nation regarde ses forces, ses fragilités, ses espoirs, mais aussi la manière dont elle se parle à elle-même.

Les trois matchs de la Tunisie ont raconté bien davantage qu’un simple parcours sportif. La lourde défaite contre la Suède (1-5) a d’abord créé un choc. Celle contre le Japon (0-4) l’a transformé en blessure. Face aux Pays-Bas, malgré une nouvelle défaite (1-3), quelque chose était différent. L’équipe a marqué, s’est procuré des occasions et a montré davantage d’engagement, malgré une très nette domination néerlandaise (70% de possession de balle).

Ce constat n’est pas celui d’un manque de volonté. Il révèle surtout l’écart entre deux organisations qui n’ont pas bénéficié de la même continuité, de la même qualité de formation ni du même investissement stratégique.

Un système peut être performant dans son environnement habituel tout en découvrant ses limites lorsqu’il change d’écosystème.

La Tunisie possède de vraies qualités : résilience, engagement, discipline collective. Ces ressources lui ont permis de se qualifier à plusieurs reprises pour la Coupe du monde. Mais une telle compétition confronte une équipe à une autre vitesse, une autre intensité et une autre exigence. Ce qui suffisait hier ne suffit plus aujourd’hui.

Pourtant, ce qui m’interpelle le plus n’est pas le niveau de jeu. C’est notre manière de vivre la défaite.

Le clivage : entre fierté et dénigrement

Depuis son indépendance, la Tunisie porte une tension identitaire singulière : petit pays par sa taille, immense par son histoire, sa culture et ses ambitions. Cette contradiction nourrit une oscillation permanente entre fierté et doute.

Lorsque nous gagnons, nous nous découvrons capables de rivaliser avec les plus grandes nations. Lorsque nous perdons, nous avons parfois le sentiment que tout est à reconstruire, comme si une défaite sportive confirmait une insuffisance plus profonde.

Ce fonctionnement psychique porte un nom : le clivage. Tout devient excellent ou médiocre, héros ou coupable, réussite ou humiliation. Pourtant, ni les êtres humains, ni les organisations ne grandissent dans les extrêmes.

Ce qui me touche le plus depuis le début de cette Coupe du monde, ce sont certaines réactions des Tunisiens envers leur propre équipe. Nous aimons profondément notre pays, mais nous savons aussi nous parler avec une dureté extraordinaire. Comme dans certaines familles, plus l’amour est fort, plus la déception devient violente.

Le football parle de nos blessures

Ici, le football n’est jamais seulement du football. Il devient le réceptacle d’autres frustrations : les difficultés économiques, le sentiment d’injustice, la défiance envers les institutions, l’épuisement quotidien.

On croit commenter un match. Mais, souvent, on parle de notre rapport à nous-mêmes.

Une équipe nationale est à la fois un système sportif, psychologique, social et culturel. Elle porte une histoire, une mémoire et un imaginaire collectif.

C’est pourquoi une Coupe du monde agit comme un véritable audit à ciel ouvert. Elle révèle moins la valeur intrinsèque d’une équipe que la manière dont un système réagit lorsqu’il rencontre ses propres limites. Cherche-t-il un coupable ? Attend-il un sauveur ? Ou accepte-t-il de transformer l’échec en apprentissage ?

Transformer l’échec en intelligence

C’est peut-être là que commence la véritable maturité. Une équipe grandit lorsqu’elle apprend de ses défaites. Une nation grandit lorsqu’elle cesse de faire de chaque échec une condamnation.

Critiquer est nécessaire. Se dénigrer est destructeur. Et l’exigence n’a de sens que lorsqu’elle reste accompagnée de confiance.

La Tunisie quitte cette Coupe du monde avec une élimination honteuse par l’ampleur des défaites essuyées. C’est un fait. Mais elle peut aussi en sortir avec une question infiniment plus importante : sommes-nous capables de regarder nos limites sans perdre l’estime de nous-mêmes ?

Car aucune organisation ne se transforme dans le mépris de soi. Aucun peuple ne construit son avenir en faisant de chaque défaite la preuve de sa propre faiblesse.

Les victoires nourrissent la confiance. Les défaites, lorsqu’elles sont pensées, nourrissent l’intelligence.

C’est peut-être le plus grand défi qui attend aujourd’hui la Tunisie : transformer ses blessures en expérience, ses frustrations en lucidité et ses échecs en succès à avenir.

Au fond, le véritable match ne se jouait peut-être pas seulement sur la pelouse. Il se joue désormais dans notre capacité collective à continuer de croire en nous.

* Psychothérapeute.

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Djerba célèbre le couscous comme expression de l’identité

26. Juni 2026 um 10:53

L’île de Djerba consacre une initiative de tourisme culinaire aux variantes locales du couscous tunisien, transformant l’un des plats les plus emblématiques du Maghreb en un levier de promotion régionale et culturelle. Le couscous est un patrimoine vivant, un atout touristique et un récit de l’identité tunisienne.

Le Festival du couscous maghrébin, organisé du 24 au 28 juin 2026 sous l’égide de l’association Saveurs de mon pays et de l’Académie du couscous, s’inscrit dans l’intérêt croissant pour le tourisme expérientiel. Dans ce contexte, la découverte d’une région ne se limite pas aux sites archéologiques, à la mer ou à l’artisanat, mais englobe également les pratiques culinaires, les recettes familiales et les produits du terroir.

À Djerba — île façonnée par des influences berbères, arabes, africaines et méditerranéennes — le couscous devient un élément de narration collective : il ne s’agit pas d’une recette unique, mais d’un ensemble de variantes liées aux saisons, à la pêche, à l’agriculture et aux traditions domestiques.

Le couscous tunisien occupe une place centrale dans la culture gastronomique nationale. Dans les régions côtières, il est souvent accompagné de poisson et de fruits de mer, tandis que dans les zones intérieures et le sud, prédominent les préparations à base de viande, de légumes, d’épices, d’herbes sauvages ou d’ingrédients conservés.

Cette diversité reflète la géographie du pays et la capacité de la cuisine tunisienne à s’adapter à des écosystèmes variés, allant de la côte méditerranéenne aux zones agricoles et au Sahara.

L’initiative de Djerba revêt également une dimension économique. Le tourisme gastronomique est de plus en plus perçu comme un moyen de diversifier l’offre touristique, de prolonger la durée des séjours et de créer des opportunités pour les restaurateurs, les productrices locales, les artisans, les guides et les professionnels de l’hôtellerie.

Pour l’île — déjà reconnue par l’Unesco pour son modèle historique d’habitat et de coexistence — la cuisine peut renforcer un positionnement touristique moins dépendant du seul tourisme balnéaire et plus étroitement lié au patrimoine immatériel.

Par ailleurs, la promotion du couscous — inscrit par l’Unesco sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité dans le cadre d’un dossier conjoint soumis par la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et la Mauritanie — offre à la Tunisie une plateforme régionale de coopération culturelle.

Pour Djerba, l’enjeu consiste désormais à transformer cette célébration culinaire en une offre pérenne : à travers des itinéraires gastronomiques, des ateliers de cuisine, des visites de marchés, des rencontres avec des productrices et des cuisinières traditionnelles, la valorisation des produits du terroir et une intégration au patrimoine architectural et religieux de l’île.

Dans une Méditerranée où la concurrence touristique repose de plus en plus sur l’authenticité des expériences, le couscous de Djerba devient ainsi bien plus qu’un simple plat : il incarne une histoire faite de terroir, de mémoire et d’hospitalité.

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Focus à Tunis sur l’avenir de la Méditerranée

26. Juni 2026 um 09:40

Tunis a accueilli la 4e réunion annuelle d’examen du Programme pour la mer Méditerranée (MedProgramme), une initiative régionale dédiée à la sécurité environnementale de la Méditerranée et à la réduction des pressions transfrontalières sur les écosystèmes marins et côtiers, qui s’est tenue du 23 au 25 juin 2026 à Gammarth, au nord de Tunis.

La réunion a rassemblé des représentants de gouvernements, d’organisations régionales et internationales, d’institutions financières, de partenaires scientifiques, de la société civile ainsi que des délégués de la jeunesse.

Parmi les points clés débattus figurent l’évaluation des résultats obtenus par le programme, la reproductibilité des actions mises en œuvre dans les pays bénéficiaires et les perspectives d’une nouvelle phase de coopération environnementale en Méditerranée.

Le sommet s’est déroulé sous le thème «Une mer, une vision : renforcer les partenariats pour la transformation et l’impact en Méditerranée», avec pour objectif de consolider les partenariats, les investissements et les outils communs pour la protection du bassin.

Selon les organisateurs, cette réunion a marqué également la conclusion du cycle 2020-2026 du MedProgramme et une transition vers de nouvelles initiatives régionales.

Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et piloté par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue) via le Plan d’action pour la Méditerranée, le MedProgramme implique l’Albanie, l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, l’Égypte, le Liban, la Libye, le Monténégro, le Maroc, la Tunisie et la Turquie. Parmi les partenaires figurent la Banque européenne pour la reconstruction et le développement Berd), la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Unesco, l’UICN, le WWF, le Plan Bleu et des centres régionaux relevant du système de la Convention de Barcelone, tels que le SPA/RAC basé à Tunis.

Le programme vise à réduire les principales sources de pollution d’origine terrestre, à améliorer la gestion des zones côtières, à renforcer la résilience climatique et la sécurité hydrique, à protéger la biodiversité marine et à soutenir une gestion plus durable des ressources naturelles.

La Tunisie participe à cette initiative à la fois en tant que pays bénéficiaire et en tant que pôle régional d’expertise, notamment grâce à la présence à Tunis du Centre d’activités régionales pour les aires spécialement protégées.

Cette réunion s’est tenue alors que la Méditerranée demeure l’une des régions les plus exposées aux effets conjugués du réchauffement climatique, de l’érosion côtière, de la pression urbaine, de la pénurie d’eau, de la pollution et de l’érosion de la biodiversité. D’où l’accent mis par les organisateurs sur des solutions intégrées : une moindre fragmentation entre les politiques environnementales, hydriques et côtières, une meilleure coordination entre les États riverains et une mobilisation accrue des financements publics et privés.

Pour la Tunisie, cet événement réaffirme le rôle du pays au sein des mécanismes multilatéraux de protection de la Méditerranée et offre une plateforme diplomatique pour aborder des enjeux environnementaux de plus en plus liés à la sécurité économique, alimentaire et climatique de la région.

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Rencontres de l’Atuge | Bâtir l’avenir à l’ère de l’IA

26. Juni 2026 um 09:14

L’Association tunisienne des grandes écoles (Atuge) organise une nouvelle édition du «Diaspora Month» du 15 juillet au 15 août 2026, une campagne de mobilisation qui se fixe la mission de tisser des liens durables entre les forces vives tunisiennes établies à l’étranger et les perspectives de développement national.

Pendant un mois, cet élan global multipliera les espaces de dialogue, d’innovation et de cocréation pour placer l’expertise de la diaspora au centre du progrès économique du pays.

Le Tunisia Global Forum dédié à l’IA

Le point culminant de ce programme sera le Tunisia Global Forum (TGF 2026), prévu le 21 juillet au Radisson Blu Tunis, autour du thème «Bâtir l’avenir à l’ère de l’IA», qui rassemblera 2 500 participants, 150 entreprises et startups exposantes, ainsi que 80 speakers nationaux et internationaux.

Dans un contexte de transformation mondiale fortement accélérée par l’intelligence artificielle, le forum réunira décideurs, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, institutions et membres de la diaspora. Ensemble, ils auront à décrypter les mutations en cours, identifier les priorités stratégiques de la Tunisie et mobiliser les compétences ainsi que les réseaux nécessaires à sa transformation.

L’événement a été préparé en collaboration avec un comité composé d’experts et de dirigeants internationaux issus des secteurs technologiques, industriels et académiques. Leurs travaux permettront d’aborder en profondeur des enjeux capitaux tels que la souveraineté, les infrastructures, les talents, la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat.

Recommandations, distinctions et mémoire

Les réflexions approfondies menées par ce comité d’experts donneront lieu à la présentation officielle d’un Livre Blanc, un document de référence regroupant des recommandations concrètes pour le pays. La journée sera également l’occasion de célébrer l’excellence à travers la remise de quatre distinctions : le TGF Award AI Research, le TGF Award AI Startups, le TGF Award AI Business Initiatives et le TGF Award AI Hackathon (lien pour candidater: Tunisia Global Forum 2026 – Awards [STARTUPS – Research – Business]).

Par ailleurs, cette édition 2026 revêtira une dimension symbolique et historique puisqu’elle célèbrera le centenaire de Mokhtar Latiri. En rendant un hommage appuyé à cette figure emblématique de la génération des «bâtisseurs», l’Atuge souhaite mettre en lumière un esprit d’engagement, de transmission et d’innovation qui demeure une source d’inspiration pour les générations actuelles.

Le rayonnement du «Diaspora Month» s’étendra bien au-delà de cette journée grâce à un ensemble d’événements complémentaires pensés pour favoriser l’intelligence collective et la synergie. Les festivités technologiques débuteront avec l’AI Hack4Change, organisé du 17 au 19 juillet à Tunis. Ce hackathon immersif réunira des étudiants locaux et issus de la diaspora autour de défis concrets proposés directement par des entreprises (lien de candidature : New form vrC8R.)

Enfin, l’inclusion territoriale sera assurée tout au long de la période par une série de rencontres baptisées «Diaspora Regional Networking»,à Sfax, Sousse, Hammamet, Djerba, Béja, Bizerte…Ces événements décentralisés seront déployés dans plusieurs régions de Tunisie afin de multiplier les opportunités de collaboration à l’échelle locale et de renforcer le tissu économique régional.

Lien d’inscription au TGF : Tunisia Global Forum 2026 – Awards [STARTUPS – Research – Business].

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La haine raciale s’affiche au grand jour en France

26. Juni 2026 um 08:17

Les images sont d’une violence glaçante. Filmés en pleine rue, plusieurs individus scandent sans détour : «Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir.» Un slogan qui ne relève ni de la provocation politique ni de la liberté d’expression, mais d’une haine raciale et d’un appel à la violence visant une population en raison de son origine.

Djamal Guettala 

Une seconde vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, semble confirmer que ces faits ne sont pas isolés. Pourtant, malgré la gravité apparente des propos, le traitement médiatique de cette affaire est jugé par certains particulièrement discret, notamment sur plusieurs chaînes d’information en continu. Un contraste qui nourrit les interrogations et alimente le sentiment d’un traitement inégal des discours de haine selon leurs auteurs ou leurs cibles.

Face à ces images, le député insoumis de l’Aveyron, Laurent Alexandre, a annoncé avoir saisi le procureur de la République par un signalement fondé sur l’article 40 du Code de procédure pénale, afin que la justice se prononce sur des faits susceptibles de constituer une provocation à la haine raciale et à la violence.

Au-delà de la réponse judiciaire, cette affaire pose une question fondamentale : jusqu’où la société est-elle prête à tolérer la banalisation de slogans qui rappellent les heures les plus sombres de l’histoire européenne ? Les mots ne sont jamais anodins. Avant les violences, il y a souvent la désignation d’un ennemi, la stigmatisation d’une communauté, puis la normalisation d’un discours de haine.

La crainte est d’autant plus grande au sein de la communauté ainsi ciblée que Marine Le Pen et son parti le Rassemblement National ont aujourd’hui le vent en poupe et sont aux portes du pouvoir en France.

Lorsque des individus appellent publiquement à envoyer «les Arabes à l’abattoir», ce ne sont pas seulement les citoyens d’origine maghrébine qui sont visés. C’est l’ensemble des principes républicains, de l’égalité devant la loi et de la dignité humaine qui sont frontalement attaqués.

La justice devra désormais établir les responsabilités pénales de chacun. Mais une autre responsabilité est engagée : celle de l’ensemble des acteurs politiques, médiatiques et institutionnels. Face à un appel aussi explicite à la haine, le silence ou la minimisation ne peuvent qu’alimenter le sentiment d’impunité.

Dans un État de droit, aucune complaisance ne devrait être tolérée lorsqu’un groupe de citoyens est désigné comme une cible en raison de ses origines.

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La Tunisie au Mondial Fifa | Le renard s’évade à 3 heures

26. Juni 2026 um 07:25

Dans le célèbre film de Peter Sellers dont cet article reprend le titre, un gang dirigé par un évadé de prison débarque de vraies barres d’or volées avec la collaboration de la population d’un village croyant participer au tournage d’un film. C’est un peu le scénario de la participation de l’équipe de Tunisie à la Coupe du monde de football qui s’est achevée ce vendredi 25 juin 2026 à l’aube, heure tunisienne, par une troisième défaite consécutive face aux Pays-Bas (1-3).

Dr Mounir Hanablia *

On a débarqué en Amérique un ensemble hétéroclite qualifié d’équipe nationale et on a convaincu une opinion se gavant d’espoir qu’il s’agissait de se mesurer au gotha mondial en défendant crânement ses chances.  Le bilan sportif est éloquent : 3 rencontres en étant mené au score dans les 5 premières minutes, 3 défaites, 2 buts marqués, 12 encaissés. 70% de possession de balle pour les Néerlandais lors de la dernière rencontre où on s’est retrouvé à 0-2 dès les sept premières minutes, dont un but contre son camp du capitaine Ellyes Skhiri.

Évidemment on ne jettera pas la pierre à Hervé Renard, qui n’avait matériellement pas le temps de changer une situation dont la responsabilité ne lui incombait pas, et dont le tort n’aura été que de permettre à d’autres de se laver les mains en s’essuyant sur sa belle chemise blanche.

Il incombe aux membres de la fédération de tirer les conclusions nécessaires afin de permettre au football dans ce pays de repartir sur de nouvelles bases et de retrouver le standing international honorable qui fut le sien.  

* Médecin de libre pratique.

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Empfangen — 25. Juni 2026 Französischsprachig

Tajani pour une «alliance stratégique» entre l’Italie et la Tunisie  

25. Juni 2026 um 13:38

«J’encourage les entrepreneurs italiens à faire confiance à la Tunisie, à y investir et à s’intéresser de près au pays ; le gouvernement mettra tout en œuvre pour faciliter cette démarche», tout comme «nous aiderons les entrepreneurs tunisiens souhaitant investir en Italie à surmonter les obstacles afin que cette collaboration puisse prospérer», a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, lors de son intervention au Forum d’affaires Tunisie-Italie qui s’est ouvert ce mercredi 25 juin 2026, à Tunis.

«Nous sommes là pour vous soutenir, pour affirmer que l’Italie et la Tunisie sont deux rives d’une même mer — des rives que nous rapprocherons toujours davantage au nom de la croissance, de la compétitivité et de la prospérité», a-t-il lancé aux responsables et aux hommes d’affaires présents dans la salle, estimant que les entreprises des deux pays «ne doivent pas manquer cette opportunité d’alliance stratégique.» «Une belle voie de croissance s’ouvre devant nous, et nous voulons la parcourir ensemble», a-t-il insisté. Et de poursuivre : «C’est dans cet esprit que nous participons à ce forum d’affaires, et nous sommes convaincus qu’il sera une réussite tant pour les entreprises tunisiennes qu’italiennes. Nous nous réjouissons de vous accueillir [en Italie] pour renouveler l’expérience de ce forum d’affaires avec d’autres entreprises tunisiennes et italiennes.»

Alliance stratégique entre Rome et Carthage

Ces propos très volontaristes ont été tenus par le responsable italien «à un moment particulièrement difficile : nous avons des guerres à nos portes et des questions liées aux droits de douane», a-t-il averti, en rappelant également la crise dans le détroit d’Ormuz. «Pourtant, malgré tout cela, les entrepreneurs italiens et tunisiens veulent aller de l’avant, bâtir, œuvrer pour la croissance et collaborer ; ils ne veulent pas manquer l’occasion d’une alliance stratégique (..) De nombreux entrepreneurs italiens trouvent attrayant, rentable et bénéfique d’investir, d’opérer et d’exporter en Tunisie, car le pays est devenu un partenaire de plus en plus important pour une croissance partagée, et les chiffres confirment la force de ce lien : la solidité de notre relation se reflète dans le volume des échanges commerciaux, qui a atteint 6,5 milliards en 2025 et a continué de croître au cours des deux premiers mois de 2026. Ce sont des chiffres significatifs qui nous encouragent à viser encore plus haut et à poursuivre dans cette voie», a encore déclaré M. Tajani.

«Nous croyons en la Tunisie», dans le cadre de ce qu’il appelle une «diplomatie de la croissance», en favorisant les coentreprises, les exportations et l’attraction des investissements. «Lorsqu’on décide de se développer à l’international, la réussite passe par la collaboration. Ce n’est pas un hasard si nous avons décidé de publier un ouvrage — en collaboration avec notre ambassade — spécifiquement consacré à la Tunisie en tant que destination pour nos intérêts économiques et ceux de notre communauté d’affaires. Nos entreprises emploient 85 000 collaborateurs tunisiens qui font partie intégrante de nos activités ; les entreprises choisissent la Tunisie parce qu’elles croient au potentiel immense du pays. De son côté, la Tunisie aspire à être toujours plus accueillante, non seulement pour les touristes, mais aussi pour les entreprises italiennes. Un environnement favorable, la sécurité juridique, un gouvernement stable et une atmosphère accueillante facilitent notre présence. Je crois que ce partenariat doit se tourner de plus en plus vers l’avenir», a insisté M. Tajani.

Ensemble face au défi de l’Afrique

    «Nous sommes également confrontés à un défi commun majeur : l’Afrique, un continent voué à la croissance, avec une explosion démographique attendue dans les années à venir. C’est un continent riche, même s’il subsiste des poches de pauvreté. J’estime qu’il serait juste et opportun d’organiser des coentreprises italo-tunisiennes pour explorer de nouveaux marchés ou initiatives à travers le continent africain», a poursuivi le chef de la diplomatie italienne. Et d’ajouter : «Si nous voulons miser sur la croissance — si nous souhaitons mener une politique industrielle moderne favorisant le développement et la compétitivité des systèmes tunisien et italien (un sujet que nous avons longuement abordé avec le Chef du gouvernement) — alors la formation est capitale. En tant que gouvernement et entreprises italiens, nous sommes prêts à collaborer avec vous sur des initiatives de formation permettant aux nombreux Tunisiens travaillant en Italie de rentrer au pays et de contribuer à la stratégie de croissance industrielle de la Tunisie.»

    «Nous étendons également notre partenariat et notre collaboration à l’échelle européenne ; fidèles à notre amitié séculaire, nous voulons nous faire vos porte-parole à Bruxelles, en agissant comme des ambassadeurs de la Tunisie auprès des institutions de l’UE», a conclu le vice-Premier ministre italien.

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    Projet en faveur de l’emploi des « Jeunes binationaux » tuniso-italiens

    25. Juni 2026 um 13:07

    En marge du Forum économique et d’affaires Tunisie-Italie, qui s’est tenu à Tunis ce jeudi 25 juin 2025, le président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Samir Majoul, et Sandro Fratini, fondateur et président du Delta Center, un centre d’affaires consacré à la promotion des investissements et des relations économiques entre l’Italie, l’Europe et l’Afrique, ont signé un protocole d’accord visant à collaborer sur le projet «Giovani Binazionali» («Jeunes binationaux»).

    La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzeri et du ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antonio Tajani.

    Cette initiative, destinée à faciliter l’intégration des jeunes citoyens italo-tunisiens résidant en Tunisie dans le secteur industriel, marque une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre l’Italie et la Tunisie.

    La phase finale du projet se déroulera en juillet, à l’occasion d’un événement organisé par le Comites Tunisia (Com.It.Es) à Tunis.

    Le projet — mis en œuvre par le Com.It.Es Tunisie avec le soutien de la Direction générale pour les services aux citoyens à l’étranger et les politiques migratoires (DGIT) du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale — vise à réaliser une enquête structurée sur les compétences professionnelles et les parcours éducatifs des jeunes citoyens italo-tunisiens vivant en Tunisie. L’objectif est de valoriser leur potentiel et de faciliter leur insertion sur le marché du travail, tant en Tunisie qu’en Italie.

    Grâce à une plateforme numérique et à des actions de contact direct, une base de données sera constituée au service des institutions, des entreprises et des organismes de formation, générant ainsi des retombées concrètes en matière d’employabilité et de coopération économique entre les deux pays.

    «C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis décembre dernier et qui entre désormais dans sa phase finale», a déclaré M. Fratini, précisant que le Comites a recueilli «des dizaines et des dizaines de CV» de jeunes binationaux en Tunisie.

    Selon M. Fratini, le projet a également permis d’entrer en contact avec des personnes ayant récemment redécouvert leurs liens juridiques avec l’Italie. «Beaucoup d’entre eux, entre autres, ont récemment découvert qu’ils possédaient la citoyenneté italienne et détenaient donc un passeport italien», a déclaré le président du Comites. Après les étapes de collecte et de sélection, le projet va maintenant passer à une phase plus opérationnelle, grâce à la mise en réseau avec le tissu économique tunisien et italo-tunisien. «À la suite de ce recensement, nous avons sélectionné une cinquantaine de binationaux et conclu un accord avec l’Utica», a expliqué M. Fratini à l’Agenzia Nova, ajoutant qu’«un second accord sera ensuite signé avec la Chambre de commerce tuniso-italienne». Lors d’un événement prévu en juillet, le Comites remettra les CV sélectionnés aux deux organisations professionnelles. «Ces organisations transmettront les CV à leurs membres — entrepreneurs italiens, tunisiens et mixtes — afin de les aider à trouver un emploi en Tunisie», a conclu M. Fratini.

    «C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis décembre dernier et qui entre désormais dans sa phase finale», a déclaré M. Fratini, précisant que le Comites a recueilli «des dizaines et des dizaines de CV» de jeunes binationaux en Tunisie.

    Selon M. Fratini, le projet a également permis d’entrer en contact avec des personnes ayant récemment redécouvert leurs liens juridiques avec l’Italie. «Beaucoup d’entre eux, entre autres, ont récemment découvert qu’ils possédaient la citoyenneté italienne et détenaient donc un passeport italien», a déclaré le président du Comites. Après les étapes de collecte et de sélection, le projet va maintenant passer à une phase plus opérationnelle, grâce à la mise en réseau avec le tissu économique tunisien et italo-tunisien. «À la suite de ce recensement, nous avons sélectionné une cinquantaine de binationaux et conclu un accord avec l’Utica», a expliqué M. Fratini à l’Agenzia Nova, ajoutant qu’«un second accord sera ensuite signé avec la Chambre de commerce tuniso-italienne». Lors d’un événement prévu en juillet, le Comites remettra les CV sélectionnés aux deux organisations professionnelles. «Ces organisations transmettront les CV à leurs membres — entrepreneurs italiens, tunisiens et mixtes — afin de les aider à trouver un emploi en Tunisie», a conclu M. Fratini.

    I. B.

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    CRLDHT | «Saadia Mosbah n’est pas une criminelle»  

    25. Juni 2026 um 12:28

    Dans un communiqué publié le 24 juin 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) commente la condamnation en appel de la militante antiraciste Saadia Mosbah, à 8 ans de prison et à une lourde amende et dénonce ce qu’il qualifie de «criminalisation de l’antiracisme», qui  «franchit un nouveau seuil en Tunisie », selon ses termes.

    Tout en exprimant sa «profonde indignation» à la suite de la confirmation en appel de la condamnation de Mme Mosbah, présidente de l’association Mnemty, à 8 ans d’emprisonnement et à une amende de plus de 120 000 dinars, le CRLDHT affirme que «cette décision intervient après plus de deux années de détention, de stigmatisation et de campagnes de diffamation» et qu’«elle constitue une nouvelle étape dans une affaire devenue emblématique des reculs que connaît la Tunisie en matière d’État de droit, d’indépendance de la justice et de protection des défenseurs des droits humains.»

    L’Ong rappelle que Saadia Mosbah, incarcérée depuis le 6 mai 2024, est une femme noire qui a elle-même subi les discriminations et les préjugés qui touchent encore de nombreux Tunisiens noirs, et ajoute que cette figure importante de la lutte contre le racisme en Tunisie a choisi de transformer sa douloureuse expérience personnelle en un combat pour l’égalité, la dignité et la justice.

    «Son engagement a contribué à faire reconnaître l’existence du racisme en Tunisie et à l’adoption de la loi de 2018 contre les discriminations raciales», rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, qui considère que «cette affaire porte toutes les marques d’un ciblage politique.»

    «La solidarité est criminalisée, les défenseurs des droits humains sont poursuivis et les discours les actes et crimes racistes (impunis) se banalisent», dénoncent le CRLDHT, qui s’en prend, également, aux autorités européennes. «En faisant de la Tunisie un partenaire privilégié dans le contrôle des migrations et un gardien des frontières européennes (un pays sûr), l’Union européenne et ses États membres ont trop souvent fermé les yeux sur la régression des libertés publiques, la répression de la société civile et la montée du racisme», note l’Ong, qui dénonce, également, «le silence et la complaisance de nombreux responsables européens face à la criminalisation de la solidarité contribuent à renforcer l’impunité de ceux qui portent atteinte aux droits fondamentaux.»

    Enfin, le CRLDHT demande la libération de Saadia Mosbah  et appelle à mettre fin à la criminalisation du travail citoyen, de l’humanisme et de la solidarité.

    I. B.

    Les détails des jugements en appel :

    Saadia Mosbah : condamnée à 8 ans de prison et à une amende de plus de 120 000 dinars.

    Ghofrane Binous : condamnée par contumace à 3 ans de prison.

    Zied Rouine, Amina Boukamcha, Farès Gueblaoui et Hiba Abassi ont bénéficié d’un sursis à l’exécution des peines d’emprisonnement prononcées en première instance (3 ans de prison).

    Zied Rouine a été condamné à une amende de 34 113 dinars et 500 millimes.

    Farès Gueblaoui a été condamné à une amende de 23 665 dinars.

    Les non-lieux totaux prononcés en faveur d’Ilhem Kaâouachi, Slim Soukni et Rabii Al-Garfi ont été confirmés.

    Les non-lieux partiels accordés à Hiba Abassi et Amina Boukamcha ont également été maintenus.

    Cette décision confirme la peine prononcée contre Saadia Mosbah tout en aménageant ou en allégeant certaines condamnations prononcées à l’encontre des autres prévenus..

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    Tunisie, le bon élève qui joue au cancre !

    25. Juni 2026 um 11:46

    La Tunisie a toujours su attirer les investissements directs étrangers (IDE), et ce depuis la fameuse Loi de 1972, qui lui a valu un statut de pionnière en Afrique. Mais aujourd’hui, dans la crise où il se morfond depuis 2010, notre pays gagnerait à méditer de nouveau sérieusement sur les normes internationales de compétitivité et d’attractivité des IDE qu’il semble avoir oubliées entre-temps.

    Elyes Kasri *

    A l’instar de dizaines de milliers de ses propres citoyens et compétences qui votent avec les pieds à la recherche de cieux plus cléments, les investissements par des Tunisiens et a fortiori étrangers n’acceptent pas d’être les otages d’une administration d’une autre époque et d’une fiscalité étouffante en plus d’un coût punitif de l’argent avec des taux d’intérêt qui réduisent en peau de chagrin toute chance de rentabilité durable.

    Il est vrai que les entreprises communautaires, innovation tunisienne qui mérite déjà un bilan objectif, semblent être l’unique domaine où les avantages semblent aller à l’encontre des embûches sur le chemin de toute entreprise dans le secteur formel.

    En cas de succès avéré, le modèle des entreprises communautaires gagnerait à être généralisé en vue de la mise en place d’une économie communautaire vertueuse et durable ou bien, en cas d’absence de success stories et d’un bilan convaincant, il faudrait se résigner à considérer ce modèle comme une subvention à caractère politique en temps de crise budgétaire au détriment de secteurs plus prometteurs tant du point de vue de la rentabilité socioéconomique que des effets d’entraînement économiques et technologiques.

    Le recours intensif à l’endettement nécessite une rigueur poussée en matière d’orientation des avantages financiers et fiscaux pour favoriser dans la mesure du possible une relance et une sortie de l’abysse de l’endettement afin de pouvoir échapper à sa spirale corrosive pour la souveraineté et même la survie du pays.

    * Ancien ambassadeur.

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