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Journée de l’Europe : Giuseppe Perrone appelle à un partenariat renforcé Tunisie-UE

09. Mai 2026 um 11:51

Lors de la célébration de la Journée de l’Europe, Giuseppe Perrone, chef de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, a salué les liens historiques avec la Tunisie et l’UE, appelant à une modernisation des relations bilatérales, axée sur la transition énergétique, la jeunesse et la stabilité régionale, dans un monde marqué par les guerres en Ukraine, à Gaza et en Iran.

Giuseppe Perrone a ouvert son discours en rendant hommage au ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, présent à l’événement, et en félicitant le ministère pour son 70e anniversaire. « La Tunisie accorde une attention particulière à la relation avec l’UE, bâtie sur des décennies de diplomatie et des siècles d’échanges humains, culturels et économiques », a-t-il déclaré, remerciant les participants pour leur engagement.

Évoquant l’héritage de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, il a rappelé la vision européenne de paix et de coopération face aux « bouleversements géopolitiques, économiques et technologiques ». L’UE, a-t-il insisté, défend un multilatéralisme basé sur le droit international, la diplomatie et la solidarité, une approche partagée par la Tunisie.

Priorités européennes : paix, voisinage et Tunisie

Dans un contexte de conflit en Iran et d’agression russe en Ukraine, Giuseppe Perrone a réaffirmé le soutien inébranlable de l’UE à Kiev, politique, militaire, économique et humanitaire, saluant la position tunisienne aux Nations unies et l’invitant à rejoindre la Coalition pour le retour des enfants ukrainiens. Il a aussi déploré la « tragédie de Gaza », symbole d’un « échec collectif » humanitaire qui s’étend au Liban.

Pour sécuriser son voisinage, l’UE mise sur l’élargissement, les échanges économiques et la transition énergétique. Avec la Tunisie, partenaire stratégique, cela se traduit par un renforcement des exportations (70 % vers l’UE en 2025, selon l’Institut national de la statistique), une confiance citoyenne élevée (62%, surtout chez les jeunes) et des projets comme l’interconnexion électrique ELMED avec l’Italie.

Le Pacte pour la Méditerranée offre des opportunités en matière de migration, d’investissement, de formation et d’énergies renouvelables. « Nous transformons les défis en solutions partagées : dynamiser l’investissement, soutenir l’innovation de la jeunesse tunisienne et des réformes pour une croissance verte et inclusive », a souligné Perrone.

Jeunesse et société civile au cœur du partenariat

Au centre de ce discours, la jeunesse tunisienne « créative, connectée et ambitieuse », soutenue par Erasmus+, des programmes d’entrepreneuriat et la liberté d’association. Le chef  de la délégation de l’UE en Tunisie  a aussi salué la société civile, contributeur de 3% du PIB et 4% des emplois, « admirée dans le monde entier ».

En conclusion, il a appelé à un « dialogue ouvert avec toutes les forces vives tunisiennes » pour un avenir « plus juste, durable et solidaire », renouvelant la confiance dans la coopération UE-Tunisie.

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Journée de l’Europe : Mohamed Ali Nafti appelle à un renouveau tuniso-européen

09. Mai 2026 um 11:42

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a participé, vendredi 8 mai 2026 à Tunis, à la Journée de l’Europe, organisée par la Délégation de l’Union européenne en Tunisie. L’événement, en présence des ambassadeurs des États membres de l’UE, de personnalités tunisiennes et du corps diplomatique, coïncide avec le 76e anniversaire de la Déclaration Schuman.

Dans son allocution, le chef de la diplomatie tunisienne a réaffirmé l’engagement de la Tunisie envers les principes fondateurs de son partenariat historique avec l’UE, appelant à son évolution vers une relation plus équilibrée, équitable et respectueuse des priorités nationales et des choix souverains des deux parties. Il a jugé que l’Accord d’association, vieux de plus de 30 ans, ne répond plus aux mutations économiques mondiales ni aux impacts des conflits en Europe et au Moyen-Orient.

Le ministre a mis l’accent sur l’importance d’une révision et un rééquilibrage du partenariat, via un meilleur accès au marché européen, des investissements à haute valeur ajoutée, un soutien à la transition énergétique et numérique, ainsi qu’une intégration accrue de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales. Il a insisté sur la nécessité de valoriser le capital humain tunisien en Europe, contributeur clé au développement économique et scientifique du pays.

M. Nafti a salué la coopération exemplaire en matière scientifique, universitaire, culturelle et d’innovation, réclamant une mobilité accrue pour étudiants, chercheurs, entrepreneurs et artistes tunisiens, par l’alléger des visas.

Sur la migration, il a défendu une approche globale et partagée, favorisant les voies légales, combattant les trafics, et refusant tout statut de pays de transit pour les migrants irréguliers. La Tunisie soutient les retours volontaires assistés pour préserver la dignité des victimes.

Au plan régional, il a accueilli les initiatives pour relancer la coopération méditerranéenne, comme le Pacte pour la Méditerranée, en espérant des projets structurants et durables pour l’intégration régionale.

Enfin, M. Nafti a rappelé que l’engagement démocratique est un choix souverain, ancré dans la Constitution qui consacre les droits humains et libertés fondamentales, tout en soulignant que leur exercice doit respecter la loi et les institutions. Il a conclu sur un partenariat tuniso-européen équilibré, solidaire et tourné vers l’avenir, fondé sur le respect de la souveraineté tunisienne et les intérêts communs des peuples méditerranéens.

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Gestern — 08. Mai 2026Haupt-Feeds

Inflation vs pouvoir d’achat : la réalité sur le terrain

08. Mai 2026 um 15:57

Le pouvoir d’achat étant en baisse, la situation ne s’améliore toujours pas dans un contexte économique complexe. Face à la hausse des prix de certains produits alimentaires, les ménages doivent adapter leur budget. Selon les dernières données de l’INS, l’inflation poursuit sa progression : en avril 2026, elle atteint 5,5%, principalement tirée par l’augmentation des prix alimentaires, des produits manufacturés et des services.

Pour les experts en économie, tel Ridha Chkoundali, la Tunisie fait face à un véritable choc systémique lié au conflit au Moyen-Orient. La flambée des prix du pétrole, combinée à des tensions de financement, entraîne une détérioration rapide des indicateurs : inflation élevée, croissance atone, dette en forte hausse et déséquilibres extérieurs aggravés.

Sur un an, l’INS dresse un bilan alarmant : les prix des produits alimentaires ont progressé de 8,2%, avec de fortes hausses pour les fruits frais (+19,2%), la viande d’agneau (+16,1%), la volaille (+16,1%), les légumes frais (+13,5%), la viande bovine (+12%) et le poisson frais (+11,9%). À l’inverse, les huiles alimentaires (-6,8%) et les œufs (-4,4%) enregistrent un recul.
Les produits manufacturés affichent une hausse de 4,7%, notamment en raison de l’augmentation des prix de l’habillement et des chaussures (+9,3%). Les services progressent quant à eux de 4,2%, tirés principalement par la hausse des tarifs de l’hébergement (+14,6%).

En rythme mensuel, les prix à la consommation ont augmenté de 1,1% en avril par rapport à mars 2026. Cette évolution est liée surtout à la hausse des prix alimentaires (+1,4%) et de l’habillement (+5,9%), après la fin des soldes d’hiver.
L’inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, s’établit à 4,8% contre 4,6% le mois précédent. Les produits libres continuent d’augmenter plus rapidement (+6,8%) que les produits encadrés (+1%).

Enfin, les secteurs ayant le plus contribué à l’inflation globale sont les produits manufacturés et les services, tandis que les produits alimentaires libres et les produits non alimentaires libres restent les principaux moteurs de la hausse des prix.

Illustration en IA

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La STEG ouvre un concours pour recruter 494 agents

08. Mai 2026 um 12:31

La STEG a annoncé l’ouverture de concours externes pour le recrutement de 494 agents, répartis entre 194 postes de nettoyage et 300 postes de gardiennage.

Les candidatures se font en ligne sur la plateforme officielle du 7 au 27 mai 2026. Le concours vise à renforcer les ressources humaines de la STEG et à assurer la continuité de ses services ainsi que la sécurité des installations de l’entreprise.

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TUNPAY : la Tunisie unifie ses paiements mobiles pour booster l’adoption numérique

08. Mai 2026 um 10:58

Dans un contexte d’essor des usages numériques en Tunisie, la Banque centrale de Tunisie (BCT) lance « TUNPAY », un label national développé avec la Société Monétique Tunisie (SMT).

Ce dispositif vise à harmoniser l’identification des services de paiement mobile pour les banques, la Poste ainsi que des opérateurs, qui devraient intégrer une identité visuelle unique sur l’application. A savoir, dans les interfaces et points physiques.

L’objectif étant de renforcer la confiance des utilisateurs, simplifier l’expérience et accélérer l’interopérabilité dans un marché en maturation.

Le paiement mobile progresse fortement, avec +81 % de transactions en 2025 (8,4 millions d’opérations pour 1,769 milliard de dinars, soit 616 millions USD).

Malgré cela, selon les economistes, le pays reste en retard sur les standards africains (NFC, sans contact), avec une dépendance aux SMS. Cette initiative s’inscrit donc dans une stratégie régionale d’inclusion financière et de réduction du cash.

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Tensions gazières : l’Italie renforce son axe libyen en Méditerranée

08. Mai 2026 um 10:48

Les tensions mondiales sur le marché du gaz, exacerbées par des perturbations qataries dues à des frappes iraniennes, poussent l’Italie à sécuriser ses approvisionnements via des partenariats méditerranéens. C’est ce qu’a révélé l’agence Ecofin. En date du 7 mai à Rome, la première ministre italienne Giorgia Meloni et son homologue libyen Abdelhamid Dbeibah ont réaffirmé leur volonté d’accélérer les projets gaziers communs, en misant sur le gazoduc GreenStream reliant la Libye à la Sicile.

La question est de savoir si la Libye compte se repositionner dans l’échiquier mondial. Ou encore s’agit-il d’un rôle stratégique de la Libye? Ce qu’on sait c’est qu’il s’agit du premier fournisseur pétrolier italien (20 % des importations).

Pourtant, la Libye voit ses exportations de gaz chuter (de 1,4 Md m³ en 2024 à 1 Md m³ en 2025), en raison de la consommation domestique croissante, d’infrastructures vieillissantes, d’interruptions et d’instabilité politique.

Dans ce contexte, Rome et Tripoli visent à relancer la production via des investissements de 10 Md USD, pilotés par Eni (présent depuis 1959, production de 162 000 bep/j en 2025).

Ainsi, trois projets phares démarrent : Sabratha (compression offshore), Bourri Gas Utilization (récupération de gaz associé) et A&E (plus grand investissement en Libye depuis 20 ans), avec deux en production dès 2026.

Stratégie italienne élargie

Rome priorise la Méditerranée pour diversifier ses sources, réduisant la dépendance au GNL maritime. Parallèlement à la Libye, l’Italie renforce ses liens avec l’Algérie (via Transmed), les États-Unis et l’Azerbaïdjan. Pour Tripoli, ces partenariats offrent une chance de stabiliser et moderniser son secteur, sous réserve d’améliorations internes et régionales.

Mais la grande question est de savoir où se positionne la Tunisie. Dans le dossier Italie-Libye, son axe naturel serait donc celui de la Méditerranée énergétique, en misant sur trois leviers : le transit gazier, l’interconnexion électrique ELMED avec l’Italie, et sa participation à de nouveaux corridors comme SoutH2 pour l’hydrogène bas carbone. Cela permet à la Tunisie de se présenter comme un hub de connectivité entre l’Afrique du Nord et l’Europe

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Mohamed Ali Nafti: « La Tunisie pourrait devenir un hub régional des phosphates »

07. Mai 2026 um 20:00

En direct de la réunion ministérielle MED9++, le ministre des Affaires étrangères de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti a appelé à une refonte de la coopération méditerranéenne autour de la sécurité alimentaire et de l’approvisionnement stratégique.

Face à une quarantaine d’États et d’organisations internationales, la Tunisie a affirmé sa volonté de devenir un acteur central de la résilience régionale.

La fin de « la faim comme arme »

Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, le ministre a exhorté ses homologues à condamner l’usage de l’insécurité alimentaire comme levier de pression politique.

Pour garantir cet accès vital, Mohamed Nafti propose une diversification des sources d’approvisionnement en produits de base, particulièrement pour les engrais transitant par le détroit d’Ormuz. Cette vision rejoint le besoin de “ visibilité stratégique” souligné par les experts économiques qui déplorent actuellement un manque de lisibilité nationale face aux crises internationales.

L’innovation et la production locale : un choix souverain

Le ministre a formulé cinq propositions majeures, plaçant la production locale au cœur d’un « choix souverain ». Il appelle à :
Investir massivement dans les chaînes de valeur agricoles.
Renforcer le transfert technologique et l’innovation pour bâtir un secteur agricole moderne.
Mettre en place des financements « innovants » adaptés aux spécificités des pays du Sud.

Lancer des systèmes régionaux efficaces d’alerte précoce et de coordination logistique afin de renforcer la capacité collective des pays de la région à prévenir et gérer les crises, améliorer l’échange d’informations et garantir la sécurité des chaînes d’approvisionnement.
-Garantir un accès juste et équitable des produits agricoles provenant des pays du Sud aux marchés européens, grâce à des facilités exceptionnelles traduisant concrètement le principe du partage des bénéfices et consacrant un partenariat fondé sur l’équilibre et la solidarité.

La Tunisie, futur hub régional des phosphates

Mohamed Ali Nafti a conclu son intervention en mettant en avant l’atout stratégique de la Tunisie : sa capacité à devenir un hub régional pour la production et la distribution d’engrais phosphatés. En misant sur cette ressource, le pays espère non seulement renforcer sa propre économie mais aussi stabiliser les marchés dépendants de cette ressource essentielle.

Rappelons que la réunion ministérielle des pays MED9++ sur le « Soutien à la sécurité alimentaire et à l’accès aux engrais » a réuni des ministres et hauts représentants de plus de 40 pays méditerranéens et partenaires, sous la coprésidence de M. Antonio Tajani, Ministre italien des Affaires Etrangères, et de M. Gordan Grlić Radman, Ministre croate des Affaires Etrangères, la Croatie assurant actuellement la présidence de cette Conférence. L’objectif principal était d’examiner les conséquences des perturbations touchant les chaînes mondiales d’approvisionnement en énergie, engrais et produits alimentaires, ainsi que de renforcer la coopération régionale en matière de sécurité alimentaire et de résilience des systèmes agroalimentaires. Il en va de même de  renforcer la coordination en matière de sécurité alimentaire et d’approvisionnement en engrais via le détroit d’Ormuz. 

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Investir dans l’humain pour bâtir une croissance durable

07. Mai 2026 um 19:25

Sous le patronage de Organisation arabe pour le dialogue, la 77e session virtuelle du salon culturel de Dr. Hanane Youssef a donné le coup d’envoi à une ambitieuse initiative intitulée : « L’investissement dans l’humain ».

Devant une élite issue des milieux de la culture, des médias et de l’éducation, la professeure en communication a souligné que la transformation des individus en capital productif, à travers l’éducation, la formation et la santé, constitue la clé d’une croissance économique durable.  » C’est un projet infaillible et un investissement rentable », a-t-elle affirmé.

Les échanges, riches et multidimensionnels, ont porté sur plusieurs thématiques majeures : une éducation adaptée aux besoins du marché du travail, la santé comme moteur de productivité, la durabilité centrée sur l’humain, l’auto-investissement, le rôle libérateur des technologies ainsi que la responsabilité culturelle des médias.

Parmi les intervenants figuraient Dr. Mani Al-Hadidi, qui a évoqué la famille comme premier espace de construction de la conscience, ainsi que Dr. Adel Mahmoud, qui a plaidé en faveur d’un enseignement innovant et obligatoire.

De son côté, Dr. Iman Soueilm a mis en avant l’importance de l’intelligence artificielle, de l’entrepreneuriat et du développement de l’esprit critique, tandis que la poétesse syrienne Rimah Al-Kazli a appelé à la construction d’un modèle culturel enraciné dans l’authenticité et ouvert sur le monde.

Dr. Alaa Regab a, pour sa part, critiqué les médias « prisonniers des tendances éphémères », plaidant pour des contenus capables de former et d’éveiller les consciences. Les universitaires Ali Awad et Mohammed Karim Al-Sa’idi ont, quant à eux, insisté sur la nécessité de concilier tradition et modernité afin de construire un individu équilibré et résilient.

À l’issue de cette rencontre, Dr. Hanane Youssef a dévoilé une feuille de route accompagnée de recommandations axées sur l’éveil des consciences, une priorité qui guidera les actions des prochains mois en partenariat avec les secteurs public et privé.

Cette session s’est finalement imposée comme un vibrant appel en faveur d’un modèle arabe centré sur l’humain, capable de relever les crises contemporaines et de stimuler un développement durable et inclusif.

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IA et liberté de la presse : l’alerte de l’ONU

07. Mai 2026 um 19:07

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, alerte sur les menaces croissantes pesant sur les médias indépendants, indispensables pour contrer la désinformation, les conflits, le chaos climatique et les divisions sociétales.

Pourtant, la liberté de la presse recule partout dans le monde : harcèlements, emprisonnements, tortures, meurtres – au moins 20 professionnels tués depuis janvier, avec plus de 80% des cas impunis. Dans les conflits, l’accès est bloqué ; les femmes journalistes sont particulièrement visées.

L’intelligence artificielle aggrave les risques : algorithmes orientant les opinions, outils de surveillance des sources, désinformation politique, et concentration du pouvoir entre quelques géants technologiques. Des États exploitent l’IA pour traquer les médias, violant la vie privée.

L’ONU exhorte les gouvernements à protéger les journalistes contre attaques, haine et harcèlement, à réguler l’IA en tenant compte des droits humains (transparence des données et algorithmes), et à actualiser les lois sur les médias pour favoriser la diversité face aux plateformes. Un guide commun avec l’UNESCO cible les entreprises tech pour évaluer les risques sur les voix critiques. Des médias libres et diversifiés sont essentiels pour réconcilier les sociétés.

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Baromètre EY : la confiance revient chez les entreprises tunisiennes, l’IA reste en attente

07. Mai 2026 um 16:51

Le Baromètre des entreprises 2026 d’EY, présenté ce jeudi 7 mai au siège d’Ernst & Young devant un parterre de dirigeants, dresse le portrait d’un tissu économique toujours prudent, mais moins anxieux qu’auparavant. Lors des deux panels consacrés à l’analyse des résultats, les intervenants ont livré une lecture nuancée du contexte national, de l’environnement international et des enjeux financiers.

Sur le plan national, plusieurs indicateurs alimentent cette lecture. Le taux de croissance du PIB porté à 2.5%, ainsi que l’amélioration de la note souveraine de la Tunisie par Fitch en septembre 2025, avec perspective stable, contribuent à un climat moins anxiogène. Du reste, 80% des entreprises tunisiennes du secteur automobile déclarent vouloir augmenter leurs investissements, un signal jugé significatif. Ce chiffre traduit une confiance relative dans l’avenir, même si les entreprises avancent avec prudence et sélectivité.

Ceci dit, un des intervenants a insisté sur le fait que la pression fiscale figure désormais au premier rang des préoccupations du secteur privé. Pour lui, la question ne se limite pas au niveau de l’impôt, mais touche aussi à l’efficience des mesures fiscales et à leur impact réel sur l’activité économique. L’enjeu est de savoir si ces dispositifs soutiennent véritablement la création de valeur ou s’ils pèsent sur la compétitivité des entreprises. Cette interrogation renvoie, selon lui, à une demande plus large de lisibilité, de cohérence et de redevabilité dans l’action publique.

 

Lire aussi: Intégrer les experts IT dans les décisions: un levier de réussite

 

Un autre intervenant a souligné une révision de la stratégie des entreprises dans un environnement devenu plus volatil. Il a mis en avant la notion d’agilité stratégique, qui suppose de pouvoir intégrer rapidement les mutations du contexte national et international sans perdre la cohérence interne. En référence aux travaux de Harvard Business Review après la crise du Covid-19, il est important pour les entreprises de développer des systèmes souples capables d’absorber les chocs. Tout en évoquant l’agilité de portefeuille, c’est-à-dire la capacité à réallouer rapidement les ressources et à revoir les priorités en fonction du marché.

Pour survivre, il faut investir

Deux attentes majeures ressortent du Baromètre d’EY. La première est économique et sociale : il faut créer davantage de richesse. C’est ce qu’a souligné Sarra Masmoudi du groupe Kilani : pour survivre, il faut investir. Or, la croissance, proche de 2,6%, a surtout été tirée par la consommation locale, tandis que le déficit commercial a freiné la progression globale. Sans cette contrainte, la croissance aurait pu être plus élevée. La seconde attente concerne le climat d’investissement, encore jugé insuffisant. Celui-ci dépend non seulement des textes réglementaires et des incitations fiscales, mais aussi de la confiance, de la visibilité et de la stabilité des règles du jeu.

L’ambition reste modeste dans le domaine de l’intelligence artificielle. Un tiers des entreprises n’a pas encore prévu de budget, même limité, pour des expérimentations ou un déploiement de l’IA. Ce retard est d’autant plus visible que l’IA s’impose désormais comme un enjeu stratégique mondial.

Sur le plan international, l’orateur a évoqué un environnement marqué par le ralentissement de la croissance, les tensions géopolitiques et les transformations technologiques. Les investissements de demain devraient se concentrer davantage sur les infrastructures, l’énergie, la cybersécurité et la souveraineté technologique. Le volet financier reste sans doute le plus important. Le taux d’investissement national, situé à 8%, est jugé trop faible au regard des besoins de l’économie.

L’IA ne doit pas être une simple variable d’ajustement

Lors du deuxième panel, consacré à l’IA, Nozha Boujemaa a livré une lecture lucide des résultats du focus dédié à l’intelligence artificielle. L’experte internationale, présentée comme une pionnière de l’IA responsable et membre de plusieurs instances européennes et internationales, a salué la qualité du rapport et de la méthodologie adoptée. Pour elle, l’enquête éclaire utilement l’état du tissu économique et la manière dont les entreprises appréhendent désormais l’IA.

Son premier constat est celui d’une évolution progressive des perceptions. Le débat ne se situe plus dans une zone de méfiance absolue, mais dans un espace où émergent des anticipations plus positives. Cette dynamique reste modeste, mais elle traduit une meilleure conscience des réalités nationales et des contraintes du moment. Elle a aussi rappelé que l’adoption de l’IA n’est pas un phénomène marginal : dans de nombreux pays, le taux de pénétration demeure encore limité, et la Tunisie n’échappe pas à cette tendance.

Nozha Boujemaa a surtout insisté sur la place accordée à l’IA dans les budgets des entreprises. À ses yeux, elle ne doit plus être considérée comme une simple variable d’ajustement ou une “cerise sur le gâteau”. L’enjeu est bien plus large : l’IA doit s’inscrire dans une logique de transformation stratégique, avec l’implication pleine et entière de la direction générale et des équipes métiers. Sans engagement du business, a-t-elle souligné, il n’y a ni adoption durable ni impact réel. Elle a ensuite résumé les conditions de réussite en deux mots : compétence et données. La compétence renvoie ici à la vision stratégique, à la capacité de pilotage et à l’aptitude à faire évoluer l’organisation. Quant aux données, elles restent le socle fondamental de toute démarche sérieuse. Sans matière première de qualité, l’IA ne peut produire qu’un effet de vitrine.

Incompréhension de l’IA par les entreprises

Amine Ben Ayed, président de l’IACE, a confirmé que le principal frein reste la compréhension même de l’IA par les entreprises. Il a plaidé pour un travail de pédagogie, estimant que beaucoup d’acteurs économiques ne perçoivent pas encore l’ampleur des usages possibles. Son témoignage s’est appuyé sur sa propre expérience : depuis des années, son groupe investit dans la collecte et la structuration de données, notamment via des capteurs, des bases documentaires et des systèmes d’information alimentés en continu. Ce socle a permis d’engager des projets d’IA concrets, rapides à déployer et rentables.

Il a expliqué qu’après avoir identifié le potentiel de ces technologies, les équipes avaient listé plusieurs projets avant d’en retenir un nombre plus limité, plus facilement réalisable. Certains cas d’usage ont été mis en œuvre en quelques semaines ou quelques mois, avec un retour sur investissement visible sur deux ans maximum. Son propos a aussi pris une dimension générationnelle : les décisions stratégiques, a-t-il lancé, ne peuvent plus être confiées uniquement aux conseils d’administration vieillissants. Ce sont les cadres plus jeunes, mieux connectés aux usages numériques, qu’il faut placer au cœur des projets.

L’IA s’impose comme une urgence

Seifeddine Ben Jemia, directeur général de Monoprix Tunisie, a donné un aperçu plus opérationnel de l’évolution de l’IA dans l’entreprise tunisienne. Il a rappelé qu’avant la démocratisation actuelle des outils, l’IA existait déjà sous d’autres formes, à travers le machine learning, le data mining ou l’analytique avancée. En Tunisie, la priorité était la digitalisation des processus et la production de tableaux de bord. Aujourd’hui, le contexte a changé : l’IA s’est imposée comme une urgence, et les entreprises se répartissent selon lui en trois catégories. Certaines sont déjà préparées grâce à leurs investissements dans la gouvernance des données ; d’autres ont acheté des outils sans résultats probants ; d’autres enfin hésitent encore, persuadées à tort que l’IA est coûteuse ou réservée à une élite.

À ses yeux, la transformation doit d’abord être managériale avant d’être technologique. Les outils ne valent rien sans organisation, méthode et accompagnement. Il a aussi insisté sur l’idée de « quick wins »,  ces gains rapides et visibles qui peuvent convaincre les entreprises les plus prudentes de franchir le pas.

Enfin, un retour d’expérience concret a illustré la maturité croissante de certains acteurs du commerce. L’IA est déjà utilisée pour personnaliser les promotions selon le comportement d’achat des clients, automatiser une partie des demandes récurrentes via un chatbot, optimiser les tournées de camions, mieux gérer les produits à date courte, limiter le gaspillage, détecter les vols par computer vision et renforcer la cybersécurité. Dernier chantier en date : la mise en place d’agents internes capables d’interroger la base de connaissances de l’entreprise ou d’aider les cadres commerciaux à piloter leurs indicateurs. Le message final est clair : l’IA devient un outil de performance à condition d’être adossée à une stratégie data solide et à une gouvernance rigoureuse.

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Baromètre EY 2026: pourquoi l’IA peine encore à décoller dans les entreprises tunisiennes

07. Mai 2026 um 15:59

Présenté ce jeudi 7 mai 2026 au siège d’Ernst & Young, le baromètre EY 2026 met en lumière les freins structurels à l’adoption de l’IA par les entreprises tunisiennes, bien plus que des obstacles temporaires. Ces barrières incluent un manque de compréhension de l’IA, l’absence de budgets dédiés, une gouvernance des données faible et des difficultés à concrétiser les projets en résultats tangibles.

Deux attentes majeures ressortent du baromètre. La première est économique et sociale: il faut créer davantage de richesse. C’est ce qu’a souligné Sarra Masmoudi du groupe Kilani, en déclarant: “Pour survivre, il faut investir”. Or, la croissance, proche de 2,6%, a surtout été tirée par la consommation locale, tandis que le déficit commercial a freiné la progression globale. Sans cette contrainte, la croissance aurait pu être plus élevée. La seconde attente concerne le climat d’investissement, encore jugé insuffisant. Celui-ci dépend non seulement des textes réglementaires et des incitations fiscales, mais aussi de la confiance, de la visibilité et de la stabilité des règles du jeu.

Le premier blocage est culturel: l’IA est souvent vue comme un outil technique ou un luxe, sans transformation profonde du pilotage managérial. Sans engagement des directions et implication des métiers, les initiatives restent superficielles.

Le deuxième concerne le socle essentiel de l’IA, selon l’experte internationale Dr Nozha Boujemaa, en affirmant: “Une IA responsable est une question maîtrisée”. Les entreprises manquent d’investissements dans leur collecte, structuration et qualité, courant vers l’IA sans préparer le terrain.

Le troisième est budgétaire: un tiers des organisations n’allouent aucun fonds à l’IA, ni pour tester ni pour déployer, traduisant une prudence qui relègue cet outil au rang de non-priorité stratégique.

Le quatrième frein est le retour sur investissement: des outils achetés sans stratégie claire ou cas d’usage précis génèrent peu de valeur, l’IA ne devenant rentable qu’intégrée à des besoins métiers concrets.

Le cinquième est la pénurie de compétences, non seulement techniques mais aussi en vision stratégique, conduite du changement et lien avec les priorités business.

Enfin, le contexte économique – pression fiscale, instabilité, créances bancaires élevées – accentue ces freins, reléguant l’IA derrière des urgences immédiates.

Malgré une perception plus positive des dirigeants dans un climat géopolitique incertain, l’IA reste émergente en Tunisie. Une enquête récente confirme que l’adoption dépend de prérequis internes: manque de compétences (20%), contraintes budgétaires (18%), qualité/disponibilité des données (13%) et cybersécurité/protection des données (11%). La cybersécurité inquiète moins que les défis humains.

Seulement 4% des entreprises disposent d’une gouvernance IA pleinement intégrée, formant un noyau pionnier. En somme, l’IA exige une gouvernance des données solide, des normes de sécurité et une vision à long terme pour transformer les discours en impacts durables.

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Tunisie : vers une plateforme numérique pour la souveraineté sanitaire africaine

07. Mai 2026 um 10:53

Le ministre  de la Santé, Mustapha Ferjani, a rencontré dans la journée du mercredi 6 mai 2026, le directeur régional Afrique du Nord de l’Africa CDC pour renforcer la coopération en santé numérique, télémédecine, vaccination et « One Health ».

Il convient de noter que la Tunisie se positionne comme plateforme africaine pour partager ses expertises numériques et améliorer la souveraineté sanitaire continentale face aux épidémies. L’Africa CDC soutient cette vision et est invité à participer activement au congrès TeleHealth Tunisia 2026 (29 sept.-1er oct.).

La réunion a examiné les voies de renforcement de la collaboration dans des secteurs clés tels que la santé numérique, l’hôpital virtuel, la télémédecine, la téléradiologie, les soins primaires, la vaccination, la chaîne du froid et l’approche « One Health ».

Il a réaffirmé que la Tunisie, forte de ses expertises, expériences et initiatives digitales, peut se positionner comme une plateforme panafricaine pour échanger des savoirs et consolider la souveraineté sanitaire du continent. Cela passe par un meilleur accès aux services pour les citoyens et une plus grande résilience des systèmes de santé contre les épidémies et crises.

Le représentant de l’Africa CDC a salué cette vision, confirmant l’appui du Centre et l’intérêt stratégique de l’expérience tunisienne pour la sécurité sanitaire africaine.

Enfin, le ministre a invité les nations africaines à s’impliquer pleinement dans le congrès TeleHealth Tunisia 2026, organisé à Tunis du 29 septembre au 1er octobre, afin d’y présenter des solutions concrètes en santé numérique, télémédecine, IA et souveraineté sanitaire.

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Intégrer les experts IT dans les décisions: un levier de réussite

07. Mai 2026 um 10:43

Quels sont les principaux freins à l’adoption de l’IA en entreprise aujourd’hui ? C’est ce qui ressort du baromètre d’EY 2026 des entreprises en Tunisie, présenté ce jeudi 7 mai 2026 au siège de Ernst Young devant un parterre de dirigeants d’entreprise.

L’édition 2026 du baromètre EY met en lumière une dynamique globalement plus positive dans la perception des dirigeants d’entreprise, malgré un contexte géopolitique incertain.

Cependant, l’IA reste encore en phase d’émergence. Ce qui conduit à une ouverture à de nouveaux leviers de transformation, particulièrement l’intelligence artificielle qui est devenue une marge de manœuvre qui s’impose. Mais au-delà de cette omniprésence dans les discours, l’IA peine à se déployer au cœur de l’activité des entreprises tunisiennes.

Selon une enquête récente, l’adoption de l’IA dépend davantage de prérequis internes que d’un manque d’offres externes. Les principaux freins sont l’insuffisance de compétences internes et les coûts ou contraintes budgétaires, avec des contributions respectives de 20 % et 18 %.

Quant aux coûts et contraintes budgétaires, ils s’élèvent à 18 %.

Parallèlement, le manque de compétences internes : 20 %

Qualité/disponibilité des données : 13 %

Enjeux de cybersécurité et protection des données : 11 %.

Bien que l’IA soit perçue comme porteuse de valeur, son déploiement reste, on l’aura constaté, limité. Les entreprises ne sont pas encore suffisamment outillées, et l’investissement est difficile à prioriser face à d’autres priorités.

Le manque de vision stratégique claire, ainsi que la qualité et la disponibilité des données, constituent des freins secondaires. Les questions de cybersécurité et de protection des données, bien que structurantes, sont moins préoccupantes à ce stade, selon le baromètre EY 2026.

La cybersécurité et la protection des données préoccupent relativement moins les entreprises, comparativement aux défis humains liés à l’adoption de l’IA.

Le peu d’attention accordée à la qualité et à la protection des données souligne un déficit de culture IA dans certaines entreprises. Celles-ci considèrent ces éléments comme secondaires, préférant investir dans les compétences et les budgets pour démarrer des projets plutôt que d’assurer leur pérennité, détaille le rapport. Cette priorisation indique que l’IA est encore majoritairement abordée sous un angle expérimental et opérationnel, plutôt que comme un levier de transformation.

Seulement 4% des entreprises disposent d’une gouvernance IA complètement intégrée, avec une structure consolidée  et des processus bien établis.

Bien que ce chiffre soit faible, il témoigne de l’existence d’un noyau pionnier pouvant servir de modèle pour le reste du marché.

En somme, elle requiert une gouvernance des données, des normes de sécurité et une perspective à plus long terme.

Nous y reviendrons plus en détail.

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Zied Dabbar élu vice-président de la FIJ lors du congrès du centenaire à Paris

06. Mai 2026 um 16:56

Le 6 mai, Zied Dabbar, vient d’être élu  vice-président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ),lors du Congrès mondial du centenaire de la Fédération, qui s’est tenu à Paris.  Cette élection marque une étape importante pour le président du SNJT.

En outre, Nasser Abu Bakr, président du syndicat des journalistes palestiniens, lui aussi vient d’être élu est premier vice-président de la FIJ.

Pour sa part,  Zuliana Lainez Otero, journaliste péruvienne et présidente de l’Asociación Nacional de Periodistas del Perú (ANP), a été élue présidente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Elle est la première femme d’Amérique latine et des Caraïbes à prendre la tête de la plus grande organisation mondiale de journalistes.

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Louis Logodin : « Célébrons une Méditerranée qui tisse des liens »

06. Mai 2026 um 16:10

Et si l’art réconciliait une Méditerranée fracturée ? La Saison Méditerranée 2026 (15 mai-31 octobre) s’ouvre en beauté  à Marseille avec les ministres français de la Culture et des Affaires étrangères. Cinq pays phares, Tunisie, Égypte, Liban, Maroc, Algérie, irriguent la France de centaines de projets artistiques pluridisciplinaires, avant un clap de fin tunisien à la Biennale El Jaou. Pari audacieux : forger de nouveaux imaginaires, booster les liens franco-maghrébins et honorer les diasporas, au cœur des tensions régionales. Louis Logodin, attaché culturel à l’IFT, passe en revue ce programme riche en art. Interview.

Quels sont les enjeux de la Saison Méditerranée de cette édition qui s’étale du 15 mai au 31 octobre 2026?

L’ouverture aura lieu le 15 mai à Marseille, avec un week-end en présence de la ministre de la Culture et du ministre des Affaires étrangères français. On mobilise aussi les représentations des pays prioritaires : la Tunisie, l’Égypte, le Liban, le Maroc et l’Algérie.
Très concrètement, deux appels à projets lancés l’année dernière ont recensé des centaines de projets artistiques pluridisciplinaires : livres, spectacles vivants, arts visuels, coopérations universitaires, arts-sciences, art numérique, etc. Dès le 15 mai, ces projets se dérouleront dans toute la France, avec un temps fort à Marseille. Ensuite, on remontera vers le nord : Olfa Feki, commissaire tunisienne, pour une grande expo à Lille ; focus danse tunisienne dans un festival contemporain près de Paris avec les Ateliers de Paris ; temps forts musicaux avec des artistes tunisiens à Nantes…

L’enjeu est de créer de nouveaux imaginaires méditerranéens via les arts et la culture, en lien avec ces cinq pays. Cela rend hommage aux coopérations bilatérales existantes, les dynamise, les valorise et s’adresse aux diasporas en France. Initialement prévue en simultané en France et dans ces pays, des complications financières ont conduit à un démarrage en France, avec une clôture dans les cinq pays. En Tunisie, fin octobre, lors de la Biennale El Jaou : expositions, grand concert (nom tenu secret avant annonce). Parallèlement, on labellise des projets pour incarner la saison via la coopération franco-tunisienne quotidienne.

À travers ce programme, on note une forte mobilisation tunisienne. Quel travail peut-on mener aujourd’hui sur la coopération artistique franco-tunisienne, qui ne cesse d’évoluer ? À l’heure actuelle,  on parle d’immersion virtuelle et d’autres innovations. Comme le disait Héraclite, « rien ne dure sauf le changement ».

Oui, les artistes s’adaptent aux contextes, enjeux sociétaux et médiums. Au début des années 2000, on parlait du « nouvel art » multimédia, mais les artistes innovent toujours avec leurs outils. Pour la coopération franco-tunisienne, l’enjeu est de la faire vivre : soutien aux partenaires tunisiens via l’envoi de pros pour repérage en France ; artistes tunisiens pour formation ou créations françaises ; accueil d’artistes français en Tunisie, comme au programme de la villa Salammbô pour résidences. La Tunisie inspire et booste le soft power tunisien chez les créateurs français.

L’art évolue, on modernise l’image de la France via des artistes contemporains aux pratiques novatrices : une France inclusive, diverse, actuelle. Une attention particulière aux diasporas tunisiennes en France : on les invite en Tunisie pour des concerts, spectacles, résidences. Ce sont les premiers ambassadeurs de notre coopération culturelle.

Le mot de la fin.

J’espère que la Saison Méditerranée touchera les publics français et tunisiens. Malgré la complexité politique et les actualités méditerranéennes qui nous dépassent, l’art et la culture célèbrent les liens entre pays. Célébrons-les en conscience de ce qui se passe dans nos mers.

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Protéger l’ « or jaune » : les enjeux de la campagne nationale de récolte céréalière

06. Mai 2026 um 12:09

Faire face au stress hydrique et à la sécheresse, c’est tout l’enjeu de notre bataille d’aujourd’hui et de demain. Car qui dit eau, dit agriculture. Le secteur agricole est essentiel pour notre pays et pour son économie. Mais aujourd’hui, il se retrouve menacé. Alors quels sont les défis à relever?

Une campagne nationale vient d’émerger lors d’une session ministérielle. Son objectif est de protéger la récolte céréalière pendant la période de moisson. Avec pour importance principale de réduire les pertes de grains. Sachant que celles-ci peuvent dépasser les 15 % en cas de mauvais réglage des moissonneuses-batteuses. Autre intérêt : l’amélioration de la qualité du produit final.

Elle prévoit l’entretien et le réglage d’au moins 1 300 machines avant et pendant la récolte. A cet égard, un accent sera particulièrement mis sur la prévention des incendies et la formation des conducteurs. Et dans ce cadre, l’action est menée en coordination entre plusieurs structures publiques et professionnelles. Et ce, pour assurer une moisson plus efficace et moins risquée.

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Sommet Africa Forward: l’heure des choix stratégiques

05. Mai 2026 um 17:08

Du 11 au 12 mai 2026, Nairobi vibrera au rythme du sommet Africa Forward, co-organisé par le Kenya et la France. L’événement signe la refondation des relations franco-africaines. L’objectif étant de mettre en place  des partenariats équilibrés, dopés à l’innovation et à la croissance. Ainsi plusieurs représentants d’États, entreprises, jeunes talents, artistes, société civile et diasporas se mobilisent pour catalyser les investissements et contrer les urgences partagées de la santé à la souveraineté alimentaire, en passant par le numérique, l’énergie et la connectivité.

Le 11 mai, l’Université de Nairobi mettra la jeunesse et les secteurs stars (sport, industries culturelles et créatives) sous les feux des projecteurs. Côté business, un forum majeur piloté par BPI France, Business France et Proparco ( filiale de l’AFD)  réunira 4 500 dirigeants, dont 50 PDG prêts à lancer une coalition choc pour l’industrialisation durable et la transition énergétique.

Le 12, les poids lourds entrent en scène : présidents français et kényan, homologues africains, ONU,  Banque africaine de développement seront également présents. Au menu : financement du développement, paix et sécurité, industrialisation durable et transition énergétique.

La présence tunisienne  au rendez-vous

Quant à la présence tunisienne, elle est fortement représentée par une délégation tunisienne du haut niveau qui sera accompagnée par une vingtaine d’entreprises ainsi que six start ups qui prendront par à cet événement.  Membre de la ZLECAf et du COMESA, ancrée dans l’UE par son accord d’association,  aujourd’hui, la Tunisie vise les marchés continentaux et les 1 500 décideurs attendus à Nairobi.

Pour la Tunisie, l’enjeu est important : ce rendez vous incontournable a pour  objectif de nouer des partenariats concrets et de mieux s’insérer dans les dynamiques économiques africaines

Lire aussi: Cynthia Gnassingbé-Essonam : « La ZLECAf, unique chance pour bâtir le marché africain du futur »

Il convient de noter que la Tunisie bénéficie du programme Qawafel, un levier pour propulser startups et PME tunisiennes à l’échelle du continent africain, financé par la France et mis en oeuvre par Expertise France. 

Lire aussi: Hafedh Ben Afia : « Nous sommes tous engagés pour une Afrique forte, indépendante et prospère »

Côté humain, la diaspora fait le lien : près d’un million de Français ont des racines tunisiennes, sur 7 millions liés au continent. Mobilités, projets et affinités boostent les échanges.

Les chiffres qui comptent

La France, 4e investisseur africain, pèse 52 milliards d’euros d’IDE (dont 3 milliards d’euros en Tunisie), 65 milliards d’échanges (9 milliards d’euros avec la  Tunis) et 500 000 emplois créés (70 000 en Tunisie).

Reste à savoir quelle place occupera la Tunisie lors du sommet « Africa Forward », dans les partenariats entre les pays africains et la France pour l’innovation et la croissance. Une chose est sûre : c’est une aubaine pour la Tunisie, qui peut capitaliser sur ses atouts en énergies renouvelables et en numérique pour rayonner sur le continent africain. Tout le monde le sait : selon les projections de l’ONU, l’Afrique pourrait compter environ 2,5 milliards d’habitants en 2050, et jusqu’à 4,4 milliards en 2100. L’avenir, serait probablement l’Afrique.

L’événement est pensé comme un sommet très opérationnel, centré sur les affaires, avec un forum privé le premier jour, puis une séquence politique le second jour, afin de favoriser la signature de contrats, l’annonce d’investissements et la structuration de partenariats.

Le message central est un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de commercer avec l’Afrique, mais surtout d’investir sur place, de développer des chaînes de valeur locales, de soutenir l’emploi et de renforcer la co-industrialisation.

Le sommet met aussi l’accent sur le financement, de-risking des investissements, et plusieurs secteurs stratégiques comme l’énergie, le numérique, l’agriculture, la santé, l’économie bleue, le spatial et les industries créatives.

Enfin, ce sommet s’inscrit dans une séquence plus large avant le G7 accueilli par la France, avec l’idée de porter les priorités africaines dans les grandes discussions économiques mondiales.

 

Nous y reviendrons…

 

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Céréales et betteraves au défi : Jendouba et Zaghouan au cœur d’une session ministérielle

05. Mai 2026 um 15:29

Dans les gouvernorats de Jendouba et Zaghouan, Ezzeddine Ben Cheikh ministre de l’Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche, et Hamadi Habib, secrétaire d’État à l’eau, ont rencontré des chargés ministériels centraux et régionaux pour une réunion décisive.

Cette session, ancrée dans les évaluations périodiques des programmes nationaux de développement agricole, a mis le cap sur un enjeu vital. A savoir : transformer les défis en opportunités pour une souveraineté alimentaire durable.

Au cœur des débats, le ministre a sonné l’alarme sur le secteur céréalier, pilier stratégique de l’économie rurale. « Préparons la moisson avec rigueur », a-t-il lancé. Tout en appelant à des formations intensives pour adapter les machines de récolte, à sécuriser les centres de collecte et à mobiliser une logistique infaillible pour préserver chaque grain.

À Jendouba, l’histoire prend un tournant prometteur avec la betterave sucrière, arme secrète contre l’insécurité alimentaire. Le ministre a exhorté les agriculteurs à plonger dans cette filière. Et ce, en mobilisant les intrants hydriques du ministère et en s’appuyant sur les terres collectives, riches en surfaces et en savoir-faire inexploités.

Mais l’eau, ce trésor rare, a volé la vedette. Exigeant l’accélération des méga-projets hydrauliques, une gestion fine des ressources pour l’eau potable estivale, une irrigation optimisée dans les périmètres équipés, une efficacité accrue des groupements hydriques et un recouvrement implacable des créances, le ministre trace la voie d’une gouvernance hydraulique irréprochable.

Face à la rareté hydrique et aux changements climatiques, une solution innovante émerge : la valorisation des eaux usées traitées. Traitement tertiaire et usage agricole en première ligne, le ministre met l’accent sur l’importance d’une mobilisation scientifique, des programmes d’appui-conseil pour sensibiliser les fellahs et une coordination inter-institutionnelle sans faille.

Des partenariats concrets, comme celui entre la délégation de Zaghouan et l’École supérieure d’agriculture de Mornag, incarnent cette dynamique. Formations renforcées sur l’adaptation des machines, en tandem avec l’Agence de l’appui-conseil, pavent la voie d’une recherche appliquée au service du terrain.

En somme, il s’agit d’un appel à une coordination renforcée avec les instances centrales : surmonter les obstacles pour propulser un développement agricole durable et inclusif dans les gouvernorats de Jendouba et Zaghouan.

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Taxe carbone : une contrainte et une opportunité pour les entreprises tunisiennes

05. Mai 2026 um 14:37

La décarbonation est aujourd’hui une contrainte qui s’impose, mais aussi une opportunité pour les entreprises tunisiennes. Avec la future taxe carbone et le projet du code de l’environnement, les entreprises tunisiennes, qu’elles soient importatrices, exportatrices ou industrielles, ont intérêt à réduire leur empreinte carbone afin de gagner en compétitivité sur le marché européen et d’éviter de payer plus cher à l’exportation face aux nouvelles exigences réglementaires des marchés d’exportation, comme le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne.

Une chose est sûre : le code de l’environnement, ou plus largement le projet PCE peut devenir un levier de compétitivité pour les entreprises tunisiennes, à condition qu’il transforme la décarbonation en avantage économique et non en simple contrainte.

Ezzedine KhalfallahJoint par téléphone, Ezzedine Khalfallah, consultant en énergie, a fait savoir que le principal enjeu est de permettre aux entreprises de réduire leur empreinte carbone. Et ce, afin de préserver leur accès au marché européen, où le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières impose déjà une logique de coût carbone sur certains produits industriels.

La perspective de la taxe carbone change justement la donne. Il précise à cet effet : « Si elle est mise en place dans un cadre cohérent, elle peut inciter les industriels à mesurer leurs émissions, à investir dans l’efficacité énergétique, dans les énergies renouvelables et dans l’autoproduction électrique, et à réduire ainsi la facture carbone supportée à l’exportation. Dans cette logique, la taxe n’est pas seulement un prélèvement : elle devient un instrument d’orientation économique et de modernisation industrielle. »

Il part du constat que l’idée centrale est simple. Ce qui signifie qu’une entreprise tunisienne qui décarbone son activité peut rendre ses produits plus compétitifs sur les marchés extérieurs, en particulier en Europe, parce qu’elle limite le surcoût lié au MACF/CBAM. À l’inverse, une entreprise qui ne réduit pas ses émissions risque de voir ses produits pénalisés à la frontière européenne. Surtout dans les secteurs les plus exposés comme le ciment, l’acier, l’engrais ou la chimie.

Lire aussi —  COP30-UE: la taxe carbone qui met le feu aux poudres et refroidit les négociations

En outre, il ajoute que le projet de code de l’environnement est important parce qu’il peut intégrer et clarifier la fiscalité environnementale dans un cadre plus lisible, ce qui est recommandé par plusieurs acteurs institutionnels tunisiens. 

Autrement dit, s’il est bien conçu, il peut donner aux entreprises un signal prix interne, les pousser à anticiper les exigences européennes et réduire la charge fiscale future à l’export. A titre d’exemple, pour l’acier, dont l’empreinte carbone est d’environ 2 tonnes d’équivalent CO2 par tonne produite, cela représente un surcoût significatif.

Ces mécanismes ont d’abord été appliqués en Europe aux produits des grandes émettrices comme l’acier et le ciment. Mais ils s’étendront bientôt à d’autres secteurs, tels que le textile ou l’agroalimentaire. Soit beaucoup de produits tunisiens phares qui ne sont pas encore concernés officiellement.

Evoquant l’exemple de la Chine, où la taxe carbone s’élève à 10 € par tonne d’équivalent CO2, Ezzedine Khalfallah note qu’un exportateur chinois ne paierait que la différence, soit 40 € (entre 50 € et 10 €). Alors qu’en Tunisie, il soulève que sans taxe carbone, les exportateurs tunisiens devraient assumer la totalité des 50 € par tonne à la frontière européenne. Cela intègre le coût carbone dans le prix final du produit, le rendant moins compétitif. Résultat : les entreprises tunisiennes perdent leur capacité d’exporter vers l’Union européenne, face à des concurrents dont les produits ont une empreinte carbone moindre ou qui ne paient pas (ou peu) de taxe à la frontière.

 

Les entreprises tunisiennes risquent de perdre des marchés face à des produits à empreinte carbone plus faible qui paient moins (ou pas du tout) de taxes à la frontière européenne. Cela nécessite une décarbonation urgente : viser une empreinte carbone proche de zéro pour exporter sans pénalité.

 

Et de poursuivre : « Ainsi, les entreprises tunisiennes risquent de perdre des marchés face à des produits à empreinte carbone plus faible qui paient moins (ou pas du tout) de taxes à la frontière européenne. Cela nécessite une décarbonation urgente : viser une empreinte carbone proche de zéro pour exporter sans pénalité. Les entreprises doivent voir cela comme une opportunité : un produit décarboné est plus vendable, compétitif et évite les taxes. La Tunisie doit mobiliser des investissements importants pour cette décarbonation, via l’efficacité énergétique, l’introduction d’énergies renouvelables par autoproduction et la modernisation industrielle. »

Pour les secteurs difficiles à décarboner (comme ceux utilisant beaucoup de chaleur, où les renouvelables produisent surtout de l’électricité), des solutions existent : hydrogène vert, captage et stockage de CO2. Le nouveau code de l’environnement pourrait inciter à une taxe carbone nationale. Celle-ci obligerait les industriels à réduire leur empreinte pour payer moins de taxes localement. De plus, elle serait déduite des taxes frontalières européennes lors des exportations, aidant ainsi les entreprises tunisiennes à avancer : bilans carbone, décarbonation, etc.

 

La Tunisie doit appréhender sa transition énergétique et sa décarbonation pour réussir le défi de la compétitivité industrielle, locale et à l’export.

 

Et de conclure : « Les instruments de décarbonation sont là. Il y a des défis pour réduire l’empreinte carbone, mais aussi des opportunités pour la Tunisie : produits verts, exports compétitifs. La Tunisie doit appréhender sa transition énergétique et sa décarbonation pour réussir le défi de la compétitivité industrielle, locale et à l’export. »

Il convient de rappeler que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), associé aux exigences renforcées sur la réduction des émissions de méthane, transforme les conditions d’accès aux marchés. Désormais, la compétitivité repose moins sur les coûts de transport que sur la capacité à prouver une traçabilité totale et vérifiable des flux.

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