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Iran | Vers une nouvelle guerre du Golfe ?

28. Februar 2026 um 12:21

La guerre déclenchée ce matin, samedi 28 février 2026, par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran risque de déborder sur toute la région du Moyen-Orient. C’est ce qu’indiquent, en tout cas, les premiers développements : l’Iran multipliant les attaques de missiles contre des bases américaines dans les pays du Golfe. (Photo: Base américaine d’Al-Udaid, au Qatar).

Après les attaques militaires israélo-américaines de ce matin contre plusieurs villes en Iran, des sirènes d’alerte ont été entendues à Jérusalem, en Israël, où l’on redoute des attaques de missiles.

Dans le même temps, des bases américaines à Bahreïn et au Qatar ont été visées par des missiles iraniens et des explosions ont été signalées au Koweït et à Ryad, en Arabie saoudite, dans ce qui ressemble à des ripostes de l’Iran aux frappes américaines et israéliennes.

Plusieurs explosions ont été entendues samedi à Doha, près de la base militaire d’Al-Udeid, la plus grande installation américaine de la région, alors que le ministère qatari de la Défense a annoncé avoir intercepté plusieurs missiles visant cet État du Golfe.

Abou Dhabi ciblé par des missiles.

Des médias bahreïnis ont rapporté la chute d’un missile au centre de la capitale de Bahreïn, accompagnée du déclenchement des sirènes d’alerte, appelant les citoyens à se rendre dans le lieu le plus sûr à proximité. C’est une base américaine du pays qui a été frappée dans «une attaque de missile».

En ciblant des bases américaines dans ces pays alliés des Etats-Unis, et pour certains amis d’Israël, l’Iran semble avoir choisi d’élargir le champ de bataille à toute la région du Golfe dans ce qui ressemble à une fuite en avant suicidaire, mais dont les conséquences pourraient être catastrophiques, et pas seulement pour l’Iran.

Latif Belhedi

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Iran | Mélenchon, une voix pondérée contre la guerre !

28. Februar 2026 um 11:50

L’un des rares commentaires censés, rationnels, pondérés et raisonnables de l’attaque militaire israélo-américaine contre l’Iran, on le doit à Jean-Luc Mélenchon, le leader «extrémiste de gauche» que tous les bobos gavés de propagande sioniste aiment détester en France. Face aux va-t-on guerre qui bombent le torse depuis ce matin, cet homme apparaît aujourd’hui comme l’un des rares partisans de la paix et de la raison en France, en Europe et dans tout l’Occident.

Latif Bahri

Dans un post publié ce samedi 28 février 2026, après les premiers bombardements israélo-américains contre plusieurs villes iraniennes, Mélenchon a écrit : «Les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l’Iran. Quels sont leurs objectifs ? Une fois de plus ni les libertés démocratiques ni le désarmement dans la région, mais le pétrole, les rapports de force en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient ! C’en est donc fini pour la perspective d’un accord diplomatique.» Un discours que n’auraient pas renié Michel Jobert, Claude Cheysson, Roland Dumas, Dominique de Villepin ou autres Jacques Chirac, les voix historiques d’une diplomatie française équilibrée, pondérée et au service de la paix dans le monde.

«La guerre n’est pas la solution, mais le problème. Ce qu’elle déclenche à présent met la région puis le monde entier davantage au bord d’un drame global. Les Iraniens et les Israéliens vont mourir sous les bombes», a enchaîné le leader de LFI.

Ayant souvent critiqué le bellicisme d’Israël, qui ne cesse de larguer des bombes, fabriquées et délivrées par ses alliés occidentaux, sur ses voisins immédiats, Mélenchon sait que tant que les armes parlent au Moyen-Orient, il n’y aura jamais de paix, ni pour les Arabes, ni pour les Iraniens, ni pour les Turcs, ni à fortiori aussi pour les Israéliens, qui croient pouvoir encore semer la terreur dans leur voisinage immédiat et mettre la paix mondiale en danger. Impunément et avec l’appui des capitales occidentales.

«Pourtant, le désarmement nucléaire global de la région reste l’impératif absolu», a lancé Mélenchon, en pensant, bien sûr, d’abord, à Israël, mais en évitant de nommer cet Etat violent qui se croit au-dessus des lois du monde, de crainte d’être une nouvelle fois accusé d’antisémitisme. Car le seul Etat surarmé au Moyen-Orient et qui dispose dans son arsenal d’un nombre de bombes nucléaires capables d’effacer le Moyen-Orient de la carte du monde, c’est bien, justement, Israël, même si à Berlin, Paris, Londres ou Washington on continue de faire semblant de l’ignorer.     

«La communauté internationale doit reprendre le contrôle politique de la situation. La France doit refuser la guerre et n’y aider d’aucune façon. Pensées pour les personnels des ambassades françaises et pour nos deux otages», a conclu Mélenchon qui est bien placé pour savoir ce que les dirigeants français vont faire : ils vont s’aligner tous, comme un troupeau de moutons, derrière Israël et les Etats-Unis, les mâles dominants de la meute, au risque d’attiser encore le feu dans une région inflammable et déjà enflammée.

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Tunis | Dar Lasram, un joyau du patrimoine sauvegardé  

28. Februar 2026 um 10:54

Niché au cœur de la Médina de Tunis, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1979, le Palais Dar Lasram est situé au 24 rue du Tribunal avec sa façade de pierre polie et de marbre. D’une superficie de 2 250 m², ce vieux bâtiment, remarquable de par son architecture arabe et ses décorations en céramique et en marbre, inspirées des arts ottoman, andalou et italien, est considéré comme l’un des plus beaux de la Médina.

Dar Lasram a été érigé par une famille d’origine yéménite à une période de prospérité économique et politique que la Tunisie a connue à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, sous le règne de Hammouda Pacha Al-Husseini et de son grand vizir, Youssef Saheb Ettabaâ.

Le vieux bâtiment, devenu propriété de l’Etat, est aujourd’hui un espace culturel qui abrite, notamment, des spectacles du Festival de la Médina organisé durant le mois de Ramadan. Il est aussi, depuis 1969, le siège de l’Association de la sauvegarde de la Médina de Tunis. Quant à son makhzen, il est devenu depuis 1974 le siège du Club culturel Tahar Haddad.

Une famille de notables

La famille Lasram, dont les aïeuls sont venus du Yémen, s’est d’abord installée à Kairouan, avant de rejoindre Tunis, dans le sillage de la dynastie husseinite où ses membres se sont mis au service de l’État. L’un des leurs a occupé la fonction de Khouja (chef de l’armée) de Zouaoua sous le règne de Hussein Ier Bey, fondateur de la dynastie en 1705.

Le Palais actuel est principalement associé à Hammouda Lasram, riche propriétaire et officier supérieur qui commanda la garde de Zouaoua. Il fit construire cette demeure entre 1812 et 1819 dans un quartier qui abritait les hauts fonctionnaires du makhzen et les notables.

La construction a coïncidé avec un essor économique sous l’impulsion de Youssef Saheb Ettabaâ. Chedly Ben Younes, directeur du Festival de la Médina, a expliqué à l’agence Tap que le choix de cet emplacement n’était pas arbitraire : Tunis étant devenue le centre du pouvoir, les proches du cercle décisionnel cherchaient à construire leurs résidences au cœur de la cité. Cette période fut marquée par une rivalité symbolique entre les grandes familles pour mettre en valeur leur statut social en bâtissant des palais alliant luxe et innovation. Cependant, après l’assassinat du grand vizir et la mort de Hammouda Pacha, cet essor urbain connut un ralentissement alors que le pays entrait dans une nouvelle phase politique.

Chef-d’œuvre d’architecture locale

Dar Lasram est un chef-d’œuvre d’architecture arabe qui mêle les styles andalou, ottoman et tunisien, avec des touches kairouanaises visibles dans sa façade et ses «kawabyl» (consoles de pierre supportant l’étage).

L’architecte, historien, archéologue français et maître de recherche au CNRS, Jacques Révault souligne dans ‘‘Palais et demeures de Tunis, (XVIIIe et XIXe siècles)’’ publié en 1971, que sa construction nécessita la démolition de plusieurs maisons pour disposer d’un espace suffisant.

Le palais se compose de trois étages aux fonctions définies avec un sous-sol pour les services, un rez-de-chaussée surélevé pour l’habitation et un étage supérieur pour les invités.

Les communs (makhzens), situés exceptionnellement sous les espaces de vie, servent de fondations massives grâce à des murs épais et des voûtes en berceau ou d’arête. On y trouvait la porte cochère, les écuries, une huilerie (maâşra), des réserves de grains et des citernes (majen).

On accède au cœur du palais par la driba, un large hall dont les voûtes reposent sur huit colonnes de type hafside, suivi d’une skifa (couloir en chicane) qui mène au patio principal. Ce patio à ciel ouvert, sans étage immédiat pour garantir la luminosité, est orné de marbre blanc, de panneaux de faïence polychrome et de frises de stuc.

Un joyau du patrimoine préservé

Autour du patio s’organisent quatre salles, dont les appartements de maîtres. La salle d’apparat et le grand salon cruciforme se distinguent par leurs plafonds en bois sculptés et dorés, reflétant l’influence italienne et s’inspirant des palais du Bardo. La dar al-dhiyaf (maison d’hôtes) occupe l’étage supérieur en façade, offrant aux invités une vue sur la ville sans interférer avec l’intimité familiale. À l’opposé, la dweira (ou dwiriya) était réservée au service et à la cuisine, reflétant la hiérarchie sociale de l’époque.

Le système du tahbis (ou waqf) a protégé le palais de la division successorale, permettant à la famille d’y résider jusqu’en 1964. Grâce à son acquisition par la municipalité de Tunis en 1968 et son affectation à l’ASM en 1969, ce monument est aujourd’hui préservé.

Avec Tap.

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Huile d’olive tunisienne | Exportations en hausse de 55,7%

28. Februar 2026 um 10:20

Les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) révèlent une nette amélioration des performances du secteur oléicole tunisien au cours des trois premiers mois de la campagne actuelle (novembre 2025-janvier 2026). Les exportations ont atteint un niveau record de 130 900 tonnes, contre 84 100 tonnes sur la même période de la campagne précédente, soit une hausse de 55,7 %.

Le rapport de l’Onagri indique que cette activité d’exportation a eu un impact positif sur les recettes fiscales du pays, les exportations s’élevant à 1 621,2 millions de dinars (MD), en progression de 34,8 % par rapport à la campagne précédente (1 202,3 MD).

Cette hausse est due à la demande mondiale croissante, notamment pour l’huile d’olive extra vierge, qui représente à elle seule 89,5 % du volume total exporté.

Concernant le conditionnement, l’Observatoire explique que les exportations d’huile d’olive en vrac représentent toujours la part la plus importante, soit 88,4 % (115 700 tonnes), tandis que l’huile d’olive en bouteille représente 11,6 % du volume total.

Il note que malgré le volume relativement faible d’huile d’olive en bouteille, celle-ci contribue à hauteur de 15,7 % au chiffre d’affaires total grâce à sa forte valeur ajoutée, avec un prix moyen de 16,73 dinars le kilogramme.

Par ailleurs, ces mêmes données révèlent que le marché européen reste le principal importateur d’huile d’olive tunisienne avec 55,4 %, suivi par l’Amérique du Nord avec 21,1 %.

L’Espagne se classe au premier rang des pays importateurs, avec 30,9 % des exportations, suivie de l’Italie (18,9 %) et des États-Unis (16,8 %).

Parallèlement, les exportations d’huile d’olive biologique ont atteint 12 600 tonnes fin janvier, pour une valeur d’environ 170,8 MD.

L’Italie est la destination privilégiée de cette variété tunisienne haut de gamme, absorbant 42 % des exportations totales, suivie de l’Espagne (22 %).

Concernant les prix, le prix moyen à l’exportation a légèrement baissé de 3,2 % en janvier 2026 par rapport au même mois de l’année précédente, s’établissant à environ 12,39 dinars le kilogramme. On observe une nette variation selon les variétés, les prix allant de 8,81 dinars/kg pour l’huile d’olive Lampante à 16,69 dinars/kg pour l’huile d’olive extra vierge en bouteille.

D’après Tap.

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Lampedusa | Reprise des arrivées de migrants de Libye et Tunisie

28. Februar 2026 um 09:57

Il y a eu 11 débarquements de migrants irréguliers en 36 heures, entre jeudi 26 et vendredi 27 février 2026, dans l’île de Lampedusa, en Sicile, Italie, annoncent les médias italiens. Selon les personnes arrivées, parmi lesquelles des femmes et des mineurs, les embarcations provenaient de Tajoura, Zuwarah et Garabulli en Libye, ainsi que de Zarzis en Tunisie.

Les 396 personnes débarquées au quai de Favarolo ont été transférées dans le site d’accueil de l’hôtel d’Imbriacola. Un groupe de 286 d’entre eux devait être transféré hier soir par ferry à Porto Empedocle.

Les patrouilleurs des garde-côtes et de la police financière de Palm Jumeirah ont secouru des embarcations légères et des canots pneumatiques transportant entre 6 et 64 ressortissants bangladais, égyptiens, syriens et pakistanais, rapportent les médias, ajoutant que six débarquements ont eu lieu sur la plus grande des îles Pélages, avec un total de 164 personnes. Deux groupes – composés respectivement de 24 et 32 ​​Bangladais, Égyptiens et Soudanais – ont été interpellés par les carabiniers aux molo Madonnina et Favarolo après avoir débarqué séparément.

Cette reprise des flux entre les côtes africaines et l’île de Lampedusa s’explique par le retour du bon temps après les tempêtes de janvier et février.

I. B.

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Des semences d’olivier dans la réserve mondiale de Svalbard

28. Februar 2026 um 09:30

Le Conseil oléicole international (COI) a participé, vendredi 27 février 2026, à Madrid, au premier dépôt de semences d’oliviers dans la réserve mondiale de semences de Svalbard (Norvège), la plus grande installation au monde dédiée à la conservation à long terme des semences agricoles.

C’est une étape historique pour la conservation de la diversité génétique de l’olivier, rendue possible grâce à la collaboration de diverses organisations et centres de recherche.

Bien que la délégation n’ait pas pu se déplacer dans son intégralité en raison des conditions climatiques, Jaime Lillo, directeur exécutif du COI, et Kent Nnadozie, secrétaire du Tirpaa (FAO), ont réussi à se rendre à Svalbard et ont célébré jeudi après-midi une cérémonie symbolique de dépôt des semences. Il s’agit d’une avancée importante dans la protection du patrimoine génétique mondial de l’olivier, car cette espèce emblématique du bassin méditerranéen, déjà cultivée sur les cinq continents, n’est pas épargnée par les grands défis mondiaux tels que le changement climatique, la perte de biodiversité ou l’apparition de nouveaux ravageurs et maladies.

Préserver l’olivier, c’est sauvegarder une culture millénaire d’une grande valeur environnementale, capable d’agir comme puits de carbone, et garantir la production de l’huile la plus saine au monde, essentielle pour nourrir de manière saine et durable une population mondiale en constante augmentation.

La conservation des variétés traditionnelles et sauvages d’oliviers n’est pas seulement une action à caractère scientifique, mais un engagement commun en faveur de la résilience des systèmes agricoles et de la sécurité alimentaire de l’avenir. «Les semences que nous avons déposées sont l’héritage d’agriculteurs qui, au cours de l’histoire, ont choisi les arbres les plus résistants, ceux qui offraient les meilleurs fruits ou ceux qui s’adaptaient à des sols, des climats et des conditions diverses. Ces semences sont une garantie pour que les générations futures puissent continuer à profiter d’un produit aussi extraordinaire que l’huile d’olive», a déclaré Jaime Lillo, directeur exécutif du COI.

Coopération pour protéger l’olivier

Le processus a nécessité un travail scientifique rigoureux qui comprend la récolte des fruits, le traitement et le séchage des endocarpes, l’évaluation de la viabilité germinative et la conservation dans des conditions contrôlées, conformément aux protocoles internationaux établis pour les dépôts de ce type.

Les semences proviennent d’arbres à pollinisation libre de la collection de la Banque mondiale de germoplasme oléicole de Cordoue (BGMO-UCO), qui abrite plus de 700 variétés originaires de pays membres du COI, tels que l’Albanie, l’Algérie, Chypre, la Croatie, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Syrie, la Tunisie et la Turquie — ainsi que de semences provenant d’exemplaires sauvages (oléastres) de différentes populations naturelles de la péninsule ibérique et des îles Canaries collectées par l’université de Grenade.

«La diversité génétique est ce qui garantit la continuité de toute culture. Sans variabilité génétique, il n’est pas possible de développer de nouvelles variétés capables de s’adapter aux défis actuels», souligne Concepción Muñoz, professeure titulaire au département d’agronomie de l’université de Cordoue. Elle ajoute qu’il est donc essentiel de conserver également les parents sauvages de l’olivier, qui «abritent souvent des gènes de résistance aux maladies et aux stress abiotiques — tels que la sécheresse ou les températures élevées — peu représentés dans le matériel actuellement cultivé».

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Israël lance un raid aérien sur Téhéran

28. Februar 2026 um 08:52

En lançant ce samedi 28 février 2026, une «frappe préventive» contre l’Iran, Israël a voulu montrer son impatience face aux tergiversations du président américain et, ce faisant, entraîner Donald Trump dans cette guerre qu’il cherche à déclencher depuis quelques années pour neutraliser le dernier Etat de la région encore capable de résister à se plans d’expansion.

Suite à cette «frappe préventive» et redoutant une riposte iranienne par des missiles de longue portée, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré «un état d’urgence spécial et immédiat dans tout le pays», indique un communiqué de son ministère.

Dans le même temps, deux panaches d’une épaisse fumée ont été observés dans deux quartiers différents de Téhéran par des journalistes de l’AFP après un vrombissement, dont l’origine n’est pas claire dans l’immédiat et qu’un lien direct avec l’annonce israélienne ne soit établi. Plusieurs autres villes iraniennes ont aussi été bombardées: Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj, située à l’ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest).

L’agence de presse Isna indique qu’un des panaches se dégage des alentours du quartier Pasteur, où se trouvent notamment la résidence du guide suprême Ali Khamenei et la présidence, situées dans le centre de Téhéran. «Le type d’explosions suggère qu’il s’agit d’une attaque de missiles», a indiqué l’agence de presse Fars sans plus de précisions dans l’immédiat.

Les frappes israéliennes ont visé «des cibles du régime et des sites militaires», y compris des sites de missiles balistiques, a déclaré un responsable israélien à la télévision publique Kan.

En Israël, à Jérusalem, des sirènes d’alerte ont retenti, une «alerte extrêmement grave» selon les autorités israéliennes.

Les deux pays ont annoncé avoir fermé leur espace aérien.

Les États-Unis ont lancé «des opérations de combat majeures» contre l’Iran, dans une opération conjointe avec Israël, a annoncé peu de temps après Donald Trump, qui semble avoir plutôt pris le train en marche. «Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces imminentes du régime iranien», a-t-il ajouté.

I. B. (avec agences)

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La France tient-elle aussi son Mohamed Bouazizi ?

28. Februar 2026 um 08:25

Lyon, ex-capitale des Gaules. Le temps d’un week-end, l’ancienne Lugdunum est redevenue le centre d’attention du pays actuellement dirigé par le président de la république Emmanuel Macron. En hommage au jeune étudiant Quentin Deranque, mort suite à son lynchage en localité lyonnaise sur fond d’intolérance politique, le week-end bleu blanc rouge a été placé sous le signe d’un deuil national pas forcément synonyme de recueillement ni de remise en question.

Jean-Guillaume Lozato  

Pour commencer, le narratif de l’agression fatale nécessite une mise au point cartographique. Le lieu de l’action est Lyon, deuxième métropole de France. Une aire urbaine étendue sur laquelle se concentre aussi bien des acteurs de l’industrie pétrochimique que des membres de l’activité textile, ou encore des grands groupes liés à l’ingénierie nucléaire. Avec une vie universitaire agitée ces dernières années, à en juger par le harcèlement menaçant s’étant exercé sur le géographe Fabrice Balanche (Université Lyon 2). Car l’on doit composer de nos jours avec des assemblages de plus en plus clivés au niveau territorial et idéologiques, en cette «France des inégalités sociales» pour reprendre la description d’un autre géographe, Christophe Guilluy, auteur de ‘‘La France périphérique’’.

Un déferlement de sauvagerie

En marge de la venue de la militante LFI et eurodéputée Rima Hassan, figure très controversée du paysage politique français, prévue à l’antenne lyonnaise de Science Po, des affrontements se sont produits entre militants d’extrême gauche et d’extrême droite jeunes pour la plupart.

Dans un déferlement de sauvagerie, s’est dégagée une scène à la violence inouïe. Celle du tabassage en groupe d’un jeune homme franco-péruvien nommé Quentin Deranque. Une vraie exécution au regard de la nature des coups administrés qui ont conduit jusqu’au décès de cet étudiant. Un acte odieux indigne d’une grande démocratie occidentale, réputée berceau des Droits de l’Homme.  Une patrie de la Liberté confrontée à une schizophrénie politique incarnée par des personnalités contradictoires : citons, entre autres, l’ancien chef des skinheads du groupe Batskin prénommé Serge et nommé… Ayoub, patronyme aussi bien judaïsant qu’islamisant ; dans le même esprit caméléon, nous retrouvons Jean Messiha, né en Égypte et devenu citoyen français tardivement. Sans compter les idiots utiles venus la gauche donneuse de leçons de tolérance ou du front écologiste : Rima Hassan ou la députée Sabrina Sebaihi affirmant devant les médias français que «L’Algérie est une démocratie»

Deux électrodes aux extrémités

En amont, on ne peut évidemment pas euphémiser sur la propension à créer le désordre de la bipolarité FN/LFI (Front national/La France Insoumise). Deux partis posés comme deux électrodes aux extrémités de la ligne politique française. Le temps du très classique positionnement des bornes gauche/droite ou droite/gauche selon les circonstances des quelques épisodes de cohabitation est révolu. Car de la borne fixe servant de balise le tableau de bord est passé à l’électrode qui court-circuite les pensées. L’agora balbutie entre la dialectique et le manichéisme, que ce soit dans les débats ou dans les urnes. Avec une touche de politiquement correct dans les propos, qui de temps à autre jette la confusion plus qu’elle n’aplanit les choses.

Le FN, lui, suit sa cure de dédiabolisation entreprise depuis environ dix ans, avec pour résultat une image plus lisse et l’élargissement de son électorat.

En aval comme en arrière-plan, l’autre cheval de Troie est incarné par le «mélenchonisme», par référence à Jean-Luc Melonchon, le tonitruant leader du LFI,qui s’agite et agite. S’agite en vociférant, en vitupérant. Agite la substance inflammable qu’est la crise sociale en y ajoutant des notions d’antisémitisme à peine larvé et de solidarité contre l’islamophobie censées contrer de pseudo-injustices par les partis plus traditionnellement majoritaires.

Habib Bourguiba avait affirmé qu’il préférait le coca-cola à la vodka, pendant la guerre froide. Les membres dirigeants de LFI devraient s’en inspirer pour réaliser que la majorité des électeurs français ne désirent vivre ni sous l’Union Soviétique ni sous la Charia, et ce quelles que soient leurs origines ou croyances religieuses.

Récupération idéologique tous azimuts

Si dans un premier temps, la consternation a saisi la plupart des esprits, l’indécence a transparu sur les réseaux sociaux immédiatement après les premiers hommages au défunt. Sur les réseaux sociaux, le lynchage a continué sous sa forme médiatique ; Bruno Gaccio, candidat LFI à Paris, a été l’auteur d’une saillie à la vulgarité impardonnable : «Ses parents ont appris qu’il était mort et qu’il était un gros connard néo-nazi». Quentin militant identitaire, militant nationaliste… Qu’importe la désignation, l’image qui prévaut est celle du martyr pleuré par ses proches. Inévitablement, une récupération idéologique s’est orchestrée. Quelles seront les conséquences à venir ?

Dans l’immédiat, les circonvolutions abondent, à défaut des vrais dialogues. Un climat propice à entretenir les braises d’une vive contestation envers la légitimité du parti LFI, qui pourrait faire l’objet d’un appel à la dissolution. Ce qui pourrait donner des envies de guerre civile aux mauvais perdants.

N’oublions pas que les attentats sporadiques avaient secoué l’Italie de 1969 à 1980, au cours de la période dite des années de plomb où extrémistes de droite et de gauche se livraient bataille.

Les Gilets jaunes étant un lointain souvenir, place à présent aux drapeaux rouges et aux chemises brunes. Avec d’une part Jean-Luc Mélenchon l’activeur suivi de ses activistes. Avec d’autre part, à l’autre bout de l’extrémisme décomplexé, le Front national et Reconquête. Au milieu du ring, un punching-ball monté de toutes pièces avec les Républicains et les Centristes. Cette superposition disgracieuse est coordonnée au chaos qui a régné dans la localité lyonnaise, dans cette France où la notion de vivre-ensemble s’apparente à une expression fourre-tout. Plus qu’à un mot-valise, nous sommes confrontés à une formule devenue un mot-poubelle par la faute des Insoumis. Des irresponsables guidés par Mélenchon l’incendiaire, sur lequel la pyromanie pourrait se retourner. Qu’il pense à l’exemple du moine rigoriste Savonarole qui punissait par le bûcher et qui termina ses jours condamné par cette même punition. Et dont l’influence néfaste a fait commettre l’irréparable aux jeunes interpellés pour l’assassinat de Quentin, pourtant majoritairement français(e)s de souche et fils de supposées bonnes familles bien bourgeoises pour quelques-uns. Deux d’entre eux étant carrément inscrits à la France Insoumise.

Quentin était pourtant facilement rattachable à l’idée de cette «créolisation» défendue et encouragée par le grand chef des Insoumis, puisque d’origine française paternelle et péruvienne maternelle. Ce qui nous indique qu’à partir d’ici, la rhétorique insoumise s’est engagée dans une impasse. Et qu’après l’échec de l’Homo Sovieticus dans l’ex-URSS, l’Homo Franco-Islamicus espéré selon les desiderata électoralistes de Mélenchon ne verra pas le jour.

Il est troublant de s’apercevoir que ce désordre se soit passé en pleine période de polémiques, d’appels au cordon sanitaire envers LFI prononcés par Jordan Bardella et de l’affaire Epstein  pour laquelle l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a été entendu.

Plus localement, les élections municipales lyonnaises imminentes se profilent comme plus passionnantes et plus clivantes que celles qui animeront l’establishment parisien plus feutré. Car la vie parisienne est plus marquée par la boboïsation. Tandis que l’agglomération lyonnaise demeure marquée par un esprit davantage ouvrier porté si besoin sur l’insurrection (la révolte des Canuts avant la Révolution Française), et à la connotation de plus en plus liée à l’immigration. Le roman ‘‘Le Gône du Chaaba’’, écrit par le franco-algérien Azzouz Begag, en représente un intéressant témoignage, à l’instar du ‘‘Requiem des innocents’’ du franco-italien Louis Calaferte).

L’antichambre des joutes présidentielles est en train de se mettre en place. Cette fois-ci, ce ne sera pas le score du FN qui attisera en premier les curiosités, mais bien l’issue qui risque d’être fatale pour le parti de Mélenchon. Ce dernier a toujours joué sur la confrontation extrême, et s’est entouré de personnalité polémiques. Un déclin est prévisible, et l’électorat franco-musulman si courtisé par Mélenchon et ses collaborateurs risque de se détourner à un moment ou à un autre lorsqu’il comprendra la supercherie d’un leader politicard qui plusieurs années auparavant critiquait sévèrement le port du voile islamique, tout comme le faisait la socialiste Ségolène Royal partie récemment en quête de reconnaissance en Algérie.

Alors, à condition que la lassitude ne paralyse pas les jugements, la France pourra redevenir cet espace de cohabitation et de relative tolérance entre communautés. «Les Français se sont fait la guerre entre eux, en fait. C’est nouveau ça», lance un étudiant franco-marocain sous couvert d’anonymat. Poursuivant, comme pour se justifier : «Les violences cette fois on ne peut pas dire que c’est nous les Maghrébins de banlieue. Et puis Mélenchon et ses amis ils sont hors sujet sur pas mal de trucs». Cette prise de conscience gagnera-t-elle le reste des électeurs arabo-musulmans dont LFI a exploité la naïveté, ce qui peut s’interpréter comme un manque de respect ?

Contrairement à Bouazizi, Deranque ne s’est pas suicidé. Et il n’est pas mort par immolation. C’est son décès qui représente un foyer dont l’incandescence requiert la faculté d’embraser à un moment donné son territoire natal. Oui, la France a trouvé son Bouazizi, Et elle brandit son portrait. Comme il avait été fait pour le vendeur ambulant de fruits et légumes de Sidi Bouzid.

Il est fort regrettable que cet événement soit survenu un an avant les élections présidentielles. Il est infiniment triste qu’une fois encore le monde de l’enseignement ait servi d’espace scénique, malgré l’avertissement suite à la mort par décapitation de l’enseignant en lycée Samuel Paty. Un passage à un cran au-dessus s’est concrétisé en raison de trois facteurs : jeunesse de la victime ; acte non isolé mais collectif ; atteinte à l’intégrité de l’enseignement supérieur du fait de l’irresponsabilité partagée de différents manifestants.

Sur ce triptyque instable repose la nation française. Et sur un équilibre fragile repose la ville de Lyon, qui pourrait se révéler comme l’équivalent hexagonal de Sidi Bouzid, du fait de points communs pas forcément évidents mais réels : une localisation au milieu d’un pays avec une certaine excentration, un foyer historique de contestation (l’axe Lyon/Saint-Etienne pourrait être comparé à l’axe Gafsa/Sidi Bouzid), un point de passage vital facile à instrumentaliser en congestionnant volontairement la circulation automobile à des fins de revendications (le tunnel de Fourvières à Lyon, le passage de l’autoroute trans-maghrébine et est-ouest dans la région de Sidi-Bouzid).

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Pour une vision audacieuse de la Tunisie de demain

27. Februar 2026 um 11:30

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé, notamment dans le domaine économique où elle affiche aujourd’hui ses plus fortes fragilités.

Elyes Kasri *

En dépit des rêves éveillés et des incantations exaltées des idéologues incurables, la Tunisie d’aujourd’hui est, comme beaucoup d’autres pays, confrontée à des défis de modernisation et de repositionnement dans un monde en pleine mutation vers des rapports et équilibres encore flous et incertains.

Face aux choix qui s’imposent avec une grande acuité, la Tunisie semble faire preuve de frilosité et de manque de vision, avec une prédilection pour les anciens choix économiques, espérant remettre en marche des dynamiques anciennes, relevant d’une époque révolue ou d’options qui l’ont menée à sa précarité actuelle.

Un avantage géographique réduit à néant

Si la production et la distribution nécessitent une nouvelle vision loin des mythes fondateurs de la deuxième moitié du siècle dernier, le transport, grande faiblesse qui réduit à néant l’avantage géographique de la Tunisie, a grandement besoin d’une vision futuriste d’une Tunisie hub de production, de service et de savoir, loin des replâtrages des modèles et choix du passé.

Outre une politique tous azimuts du ferroviaire urbain et interurbain, avec tous les gains envisageables en mobilité, énergie, coûts de tout genre et qualité de l’environnement, la Tunisie devrait repenser le modèle des points d’entrée portuaires et aéroportuaires en hubs multimodaux de services.

Il faut se rendre à l’évidence que l’aéroport de Tunis-Carthage représente une nuisance et un handicap au développement immobilier du grand Tunis et que sa place est ailleurs, dans la périphérie de Tunis (Utique ou Jebel Ressas ou ailleurs).

Pour sa part, le choix d’Enfidha pour le grand port tunisien en eau profonde aurait été politique sous le règne de feu Ben Ali et ne pourrait être situé, selon de nombreux experts tunisiens et étrangers, qu’à Bizerte dont seul Jules Ferry avait saisi la valeur stratégique.

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé.

Pour être conséquent, il serait judicieux de faire un constat serein des limites et insuffisances des choix du passé pour éviter d’en perpétuer les retours négatifs en osant concevoir une vision audacieuse de la Tunisie de demain.

* Ancien ambassadeur.

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Natation | Rami Rahmouni a-t-il fait un mauvais choix ?

27. Februar 2026 um 10:22

La polémique suscitée par le choix de Rami Rahmouni, grand espoir junior de la natation tunisienne, qui a opté pour l’Arabie saoudite comme nationalité sportive, n’a pas de raison d’être. Et pour cause…

Latif Belhedi

Dire que le nageur de 17 ans a privilégié son intérêt financier sur celui, sportif, de son pays natal, est inexact. Car le nageur n’a pas fait ce choix de gaieté de cœur, ou pour seulement gagner de l’argent. Il l’a fait pour se donner les moyens de ses ambitions sportives que son pays natal risquerait, malheureusement, de ne pas lui fournir suffisamment, d’autant plus qu’il se donne pour objectif d’atteindre le niveau de l’excellence sportive internationale.

Quand on connaît les difficultés qu’ont rencontrées ces dernières années les champions olympiques ou du monde tunisiens, tels les nageurs Ahmed Ayoub Hafnaoui et Ahmed Jaouadi, à financer leurs entraînements, leurs voyages et leurs participations aux tournois internationaux, on comprend les craintes de Rami Rahmouni et on ne peut que le conforter dans le choix d’une nationalité sportive autre, l’Arabie saoudite en l’occurrence, qui lui épargnera ce genre de tracasseries extra-sportives risquant de contrarier sa marche vers les podiums, et lui donnera les moyens d’aller le plus loin possible sur la voie qu’il s’était choisie : celle des titres mondiaux.

Sur un autre plan, le choix de Rami Rahmouni de concourir sous le drapeau de l’Arabie saoudite, pays qui lui en a donné la possibilité, est dicté aussi par une considération d’opportunité sportive. Car un pays n’a le droit d’aligner que deux représentants dans une finale olympique en natation. Or, explique un spécialiste de la discipline, et sauf énorme surprise, Ahmed Jaouadi et Ahmed Ayoub Hafnaoui seront très probablement les représentants de la Tunisie en finales des 800m et 1500m NL (et peut être du 400 aussi pour le second) lors des prochaines joutes olympiques, ce qui empêchera Rahmouni de concourir dans ces mêmes distances de demi-fond s’il concourait sous la bannière tunisienne. En portant les couleurs de l’Arabie Saoudite, il aurait sans doute plus se chance de se qualifier à la finale et, pourquoi pas, rivaliser ses «anciens» compatriotes.

Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, l’attachement de Rami Rahmouni à son pays natal, pas plus que l’amour de ses parents, personne ne l’arrachera du cœur pour tout l’argent du monde.

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Ramadan en Tunisie | Une société sous tension 

27. Februar 2026 um 09:35

Dans de nombreuses villes du monde musulman, le Ramadan est un mois de lumière. Les rues s’illuminent, les marchés s’animent à la tombée du jour, les citoyens se réunissent dans une atmosphère de fête contenue. Le jeûne y est perçu comme une discipline spirituelle, certes exigeante, mais enveloppée d’un imaginaire collectif de joie et de partage. En Tunisie, l’expérience semble souvent différente. Explications… (Ph. L’heure de rupture du jeûne pendant Ramadan: la délivrance!)

Manel Albouchi

À mesure que le soleil décline, une autre tension apparaît : impatience dans les embouteillages, irritabilité dans les commerces, susceptibilités exacerbées dans les foyers.

Ce phénomène a un nom en arabe tunisien, la «h’chicha» (nervosité liée à la faim), souvent attribué à la fatigue ou à la faim, mérite pourtant une lecture plus profonde. Car le Ramadan tunisien agit moins comme une simple pratique religieuse que comme un révélateur psychique et social. 

 Le mois du manque 

Le jeûne est, par définition, une expérience du manque. Manque de nourriture, d’eau, de sommeil. Mais lorsque ce manque physiologique entre en résonance avec d’autres formes de privation : économique, sociale, symbolique, il prend une dimension plus vaste. 

La Tunisie traverse depuis plusieurs années une fragilité économique persistante. Inflation, précarité, incertitude. Le Ramadan, loin d’atténuer cette réalité, la met en relief. Les dépenses alimentaires augmentent, les attentes sociales se renforcent, la pression d’offrir une table «digne» devient plus intense. 

Le manque n’est plus seulement corporel. Il devient existentiel. Et lorsque les manques se superposent, ils ne s’additionnent pas : ils se multiplient. 

L’anxiété du manque 

Ce que l’on observe alors n’est pas uniquement de l’irritabilité liée à la faim. C’est ce que l’on pourrait appeler une «anxiété du manque», la crainte diffuse de ne pas avoir assez : assez de ressources, assez de reconnaissance, assez de valeur morale. 

Cette anxiété est alimentée par plusieurs couches :  une pression économique tangible ; un regard social omniprésent ; une religiosité parfois vécue dans le registre de la crainte plutôt que de la conscience. 

Dans ce contexte, le Ramadan peut devenir un espace où s’intensifie le sentiment d’insuffisance. Ne pas être à la hauteur économiquement. Ne pas être un croyant suffisamment pieux. Ne pas correspondre aux attentes implicites. 

La peur du jugement «social ou divin» transforme l’expérience intérieure du jeûne. 

Pourquoi cette hypersensibilité ?

La psychanalyse offre une clé de lecture éclairante. Le psychiatre britannique Wilfred Bion décrivait la «fonction alpha» comme la capacité de transformer une émotion brute en pensée. Lorsque le nourrisson supporte l’absence du sein, il en crée une image mentale. Cette image constitue la première forme de pensée : une manière de tolérer le manque. Mais si l’absence devient insupportable, l’angoisse ne se transforme pas. Elle se décharge. 

À l’échelle individuelle comme collective, le Ramadan agit comme un test de cette capacité. Si le manque est symbolisé, il devient intériorité, maturation, spiritualité. S’il déborde les capacités psychiques, il se traduit par agitation, agressivité ou panique. 

L’irritabilité n’est pas le signe d’une faiblesse morale. Elle est souvent l’indice d’un espace intérieur saturé. 

Contrôle et conformisme 

Dans la société tunisienne, le Ramadan est également traversé par une forte dimension normative. Beaucoup jeûnent non seulement par conviction, mais aussi par conformité. Le regard des autres pèse lourd. La différence expose. 

Or, lorsque la pratique religieuse est motivée principalement par la peur : peur du jugement social, peur de la condamnation divine, elle génère une tension interne supplémentaire. Le contrôle devient externe, rigide, défensif. 

À l’inverse, lorsqu’il est intériorisé, le contrôle devient maturation. La même pratique peut alors produire apaisement plutôt que crispation. 

La nuance est invisible de l’extérieur. Mais psychiquement, elle est déterminante. 

Sublimation ou décharge 

Le jeûne mobilise une énergie considérable : pulsionnelle, émotionnelle, corporelle. Cette énergie peut suivre deux voies. Elle peut se décharger sous forme d’irritabilité, de conflits, de susceptibilité exacerbée. Ou elle peut être sublimée : transformée en création, en prière consciente, en solidarité, en réflexion, en production artistique ou intellectuelle. 

La sublimation n’est pas automatique. Elle suppose un minimum de sécurité intérieure. Or, dans un contexte économique et social fragilisé, cette sécurité fait parfois défaut. 

Ramadan comme révélateur 

Il serait erroné de considérer que le Ramadan crée la tension. Il la révèle. 

Dans des sociétés où le tissu social est stable et la sécurité économique relativement assurée, le mois sacré peut être porté par un imaginaire collectif festif et contenant. 

En Tunisie, le Ramadan agit comme un amplificateur. Il met en lumière les fragilités préexistantes : anxiété économique, rigidité normative, hypersensibilité au regard social. Mais il offre également une possibilité. Car la capacité à supporter le manque sans se désorganiser est au cœur de toute maturation psychique. Supporter l’absence sans se décharger immédiatement ; transformer la frustration en pensée. Et faire du vide un espace de conscience. 

Une épreuve de maturité collective 

Le véritable enjeu n’est pas de savoir si les Tunisiens sont «rapides à la détente » en Ramadan. Il est de comprendre ce que cette réactivité dit d’un climat intérieur et collectif. 

Avons-nous appris, individuellement et collectivement, à tolérer le manque sans nous effondrer ? Avons-nous développé suffisamment d’espace intérieur pour symboliser plutôt que réagir ? La foi est-elle vécue comme une contrainte extérieure ou comme une construction intérieure ? 

Le Ramadan, en Tunisie, est moins un mois religieux qu’une épreuve de maturité psychique collective. 

Et peut-être est-ce précisément dans cette tension que réside son potentiel : non pas seulement comme rituel, mais comme laboratoire de transformation.

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Jeûne du Ramadan | Prudence pour les insuffisants cardiaques  

27. Februar 2026 um 08:18

«Le Ramadan est un mois de spiritualité, mais aussi un moment qui modifie profondément nos habitudes alimentaires, hydriques et de sommeil. Chez le patient insuffisant cardiaque, ces changements peuvent être neutres… ou parfois déstabilisants», note Dr Faouzi Addad, professeur en cardiologie, qui donne dans le post Facebook reproduit ci-dessous des indications et des conseils pour les patients atteints du cœur en vue d’un jeûne sans problèmes.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le jeûne entraîne une réduction des apports hydriques pendant la journée avec augmentation de la viscosité sanguine ; une concentration hormonale différente (en particulier le système rénine-angiotensine) ; une modification du rythme veille-sommeil ; et parfois des excès alimentaires le soir.

Chez un patient stable, cela peut être bien toléré, mais chez un patient fragile, cela peut favoriser la déshydratation, l’hypotension, l’insuffisance rénale fonctionnelle et une surcharge si excès de sel à l’iftar, le repas de rupture du jeûne.

Pour le traitement, il y a quelques principes simples à suivre et des règles à respecter : les diurétiques plutôt après l’iftar ; l’hydratation répartie entre iftar et souhour ; une surveillance quotidienne du poids ; et un contrôle de la tension et du pouls.

Cependant, il convient d’arrêter le jeûne immédiatement s’il y a un essoufflement inhabituel, une prise de poids rapide (>2 kg en 48h), malaise, vertige ou fatigue extrême.

Au final l’idée qu’un patient insuffisant cardiaque ne doit jamais jeûner est fausse : si la maladie est stable et suivie médicalement, cela peut être possible, mais la décision doit être personnalisée, jamais automatique.

Le Ramadan n’est pas une épreuve pour le cœur. Il doit être vécu avec sagesse, équilibre et avis médical.

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Gabès et la nouvelle culture protestataire en Tunisie

27. Februar 2026 um 07:45

Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? C’est pour répondre à cette question que l’auteur a réalisé une étude publiée en anglais publiée sur le site de l’Arab Reform Initiative, dont nous avons traduit les extraits ci-dessous.

Sofiane Jaballah *

Depuis l’implantation du complexe chimique en 1972,Gabès s’est imposée comme l’un des foyers emblématiques de la conflictualité écologique en Tunisie. La dégradation progressive des oasis, la pollution atmosphérique et marine, la multiplication des maladies respiratoires et des cancers ont façonné, chez une partie de la population, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié au nom d’un modèle de développement imposé d’en haut. Cette situation nourrit un vécu d’injustice environnementale et de vulnérabilité sociale, où se croisent enjeux sanitaires, économiques, territoriaux et symboliques.

Un moment de rupture

Les épisodes d’asphyxie collective de l’automne 2025, touchant notamment des élèves, s’inscrivent dans ce contexte de crise prolongée, mais prennent la forme d’un moment de rupture : un événement qui rend visible ce qui était déjà ressenti, et qui transforme un risque chronique en sujet de conflit public.

C’est dans cette séquence que la campagne Stop Pollution–Gabès se déploie, au croisement entre mobilisation citoyenne, production de contre-discours et remise en cause du modèle chimico-industriel dominant.

Ce papier analytique et critique, se propose d’interroger ce que cette campagne fait à la fois au conflit écologique local, et à la culture contestataire tunisienne. Il s’agit d’en analyser les formes d’action, les cadrages, les acteurs et les registres de politisation qu’elle met en jeu, dans un contexte national marqué par la fermeture du champ politique et la recomposition des modes de protestation.

Les questions de recherche peuvent être formulées ainsi : Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? Quels cadrages du problème, quels adversaires, quels horizons de solution construit-elle, et avec quels répertoires d’action ? Comment cette campagne redéfinit-elle les formes de politisation en Tunisie post-2011, en contestant moins un gouvernement qu’un modèle de développement, et en faisant de la revendication d’un air respirable et d’une vie sans cancer un nouveau langage du politique ?

Recomposition de la culture contestataire

La séquence ouverte à Gabès à l’automne 2025 montre que l’on ne peut plus saisir les mobilisations locales uniquement à partir des vieux schèmes de la «protestation sociale» pour l’emploi ou contre la cherté de la vie.

En transformant un épisode aigu de pollution, des asphyxies d’élèves, des fuites de gaz, une panique sanitaire, en campagne de mouvement social structurée, Stop Pollution-Gabès donne à voir une recomposition profonde de la culture contestataire tunisienne.

La campagne ne surgit ni dans le vide, ni sur le seul registre de l’émotion : elle s’inscrit dans une histoire longue d’injustice environnementale documentée par la recherche, dans des décennies de sacrifices imposés au nom de l’industrialisation, et dans un sentiment durable de relégation territoriale. C’est parce que ce «déjà-là» scientifique, sanitaire et social existe que l’événement de 2025 peut fonctionner comme bifurcation et non comme simple fait divers.

L’analyse a montré que Stop Pollution-Gabès répond aux critères d’une campagne de mouvement social au sens de Tilly et Tarrow : séquence de revendications publiques continues, cadrage cohérent du problème, désignation d’adversaires, répertoire d’action diversifié, alliances multi-sectorielles, inscription dans la durée.

Le travail de cadrage est central : diagnostic d’un modèle de développement toxique, identification de responsables (complexe chimique, choix étatiques, déni institutionnel), formulation d’un horizon alternatif fondé sur le droit à la vie, à la santé et à un environnement non mortifère. Cette opération de framing permet de passer d’une indignation localisée à une cause partagée, trans-classe et trans-générationnelle, dont les slogans, les visuels et les hashtags fixent la grammaire («Nous voulons vivre» ; «Gabès s’asphyxie» ; «Démanteler les unités »).

Loin d’être «apolitique», cette campagne repolitise autrement : non pas en se positionnant sur l’axe classique régime/opposition, mais en contestant le cœur des politiques publiques de développement.

La comparaison avec la [campagne protestataire antérieure] Manich Msameh éclaire cette spécificité. Là où Manich Msameh visait un objectif défensif et ad hoc, empêcher une loi de réconciliation perçue comme un retour des élites corrompues, Stop Pollution–Gabès porte un projet de transformation radicale du modèle socio-économique. Moins politisé en apparence (absence de partis, de mots d’ordre sur le changement de régime, revendication d’«apolitisme»), le mouvement est en réalité plus politique dans son contenu : il ne conteste pas seulement un texte de loi ou un gouvernement, mais un régime de production du social qui accepte la maladie et la mort comme externalités ordinaires de la croissance. La revendication ne porte plus sur «plus d’emplois» dans un complexe chimique premier employeur de la région, mais sur le refus d’un emploi et d’une richesse qui tuent. En ce sens, Gabès propose une bifurcation écologique de la contestation.

Un projet de transformation radicale

Le rôle de certains acteurs collectifs et individuels, comme l’UGTT régionale et des figures civiques, apparaît décisif dans cette transformation. La centrale syndicale confère au mouvement un surcroît de légitimité, de capacité d’organisation et de puissance numérique, en certifiant que la cause écologique relève aussi de la justice sociale et du monde du travail. De son côté, un ingénieur-activiste comme Ammar incarne la montée en puissance d’un leadership expert qui articule contre-expertise scientifique, indignation morale et répertoires numériques, reliant l’échelle locale à des registres transnationaux de justice environnementale. Ensemble, ces ressources prolongent le conflit au-delà du moment de crise, le traduisent en campagne d’un mouvement social et lui donnent une épaisseur stratégique qui dépasse largement la seule réaction à l’événement.

Enfin, la trajectoire de la relation entre Stop Pollution-Gabès et la présidence de la République montre comment un conflit socio-écologique peut reconfigurer les lignes de la légitimité politique.

En ouvrant la «boîte de Pandore» par un second discours qui criminalise implicitement la mobilisation, le président rompt symboliquement avec une partie de la population de Gabès qui voyait encore en lui un possible allié. Celui qui se disait porteur de la volonté populaire devient, pour beaucoup, l’incarnation d’un État qui persiste à asphyxier une région au nom de la rentabilité industrielle.

La politisation se déplace alors : du modèle de développement vers la figure présidentielle elle-même, sans que le mouvement ne bascule pour autant dans une opposition partisane classique. C’est là l’un des apports majeurs de ce cas : montrer comment, dans la Tunisie post-2011, la conflictualité écologique devient un nouveau langage du politique, capable de déplacer les frontières entre gouvernants et gouvernés, entre «peuple» et «élites», entre centre et périphérie.

Cet article invite à considérer Gabès non comme une «exception écologique», mais comme un laboratoire socio-politique. Il suggère que les futurs conflits centraux ne porteront peut-être plus d’abord sur le partage du pouvoir institutionnel ou sur la seule question de l’emploi, mais sur la possibilité matérielle de vivre, de respirer et de rester sur place. Autrement dit, la lutte de Gabès ne réclame pas seulement la fermeture d’unités polluantes : elle met en scène, au présent, une bataille pour définir ce que «vivre dignement» signifie dans une Tunisie traversée par la crise climatique, les inégalités territoriales et l’épuisement des modèles de développement hérités.

Au-delà de l’analyse rétrospective, la séquence ouverte par Stop Pollution–Gabès invite à une projection prudente mais sociologiquement fondée. Par sa structuration horizontale, son inscription territoriale profonde et la nature même de ses revendications, la campagne semble porteuse d’un horizon stratégique difficilement neutralisable par les instruments classiques du pouvoir.

Revendiquer le droit de respirer, de vivre sans maladie et sans mort prématurée, ne renvoie ni à une idéologie ni à une doctrine religieuse, il s’agit d’une exigence vitale, transversale, qui excède les clivages politiques ordinaires et échappe aux dispositifs habituels de délégitimation.

Forte de plus d’une décennie d’expérience militante, de savoirs accumulés, de mémoire des promesses non tenues et de pratiques de mobilisation éprouvées, Stop Pollution–Gabès ne se contente plus de réagir aux crises ; elle anticipe, documente, organise et inscrit le conflit dans la durée.

Face à un système politique qui multiplie les tactiques de court terme sans proposer de stratégie crédible de sortie du modèle extractiviste, la campagne dessine progressivement un futur possible : celui d’une ville affranchie du complexe chimique, non comme utopie abstraite, mais comme trajectoire construite par la praxis collective. En ce sens, Gabès avance, lentement, «conflictuellement», mais résolument, vers la reconfiguration de son destin urbain, écologique et social, faisant de la justice environnementale non plus une revendication marginale, mais un principe organisateur du devenir politique local.**

* Sociologue, chercheur à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC-Tunis).

** Le titre et les intertitres sont de la rédaction.

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Quand l’ambassadeur américain en Israël se lâche grave

26. Februar 2026 um 11:04

Dans une interview avec le célèbre éditorialiste et commentateur américain de droite Tucker Carlson, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, exprime des idées fort peu diplomatiques voire explosives où, citant le verset (15) de la Genèse dans la Bible, a cru pouvoir affirmer que tout le Moyen-Orient (Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Irak), mais aussi des parties de l’Egypte et l’Arabie saoudite, devrait appartenir aux Juifs.

Mohamed Larbi Bouguerra *

Ces déclarations ont scandalisé le journaliste israélien Gideon Levy qui s’est interrogé dans une chronique parue dans ‘‘Haaretz’’ du 22 février 2026 : «Existe-t-il des accélérateurs d’antisémitisme ou des pourvoyeurs de positions anti-israéliennes plus grands que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout cela à cause d’une promesse biblique délirante faite il y a 3 000 ans ?»

Il est clair que Huckabee n’a jamais lu ‘‘Le traité sur la tolérance’’ de Voltaire qui écrivait en 1763 : «Les mahométans sont des usurpateurs depuis plus de mille ans (du bien des juifs). Si les juifs raisonnaient ainsi aujourd’hui, il est clair qu’il n’y aurait d’autre réponse à leur faire que de les mettre aux galères. Ce sont à peu près les seuls cas où l’intolérance paraît raisonnable.» (Edition Folio, p. 107) 

Ce monsieur Huckabee a été un pasteur chrétien baptiste puis est devenu gouverneur de l’Arkansas puis deux fois candidat à la présidentielle.

En tant que baptiste, il attend la venue du Messie en Terre Sainte. C’est alors, dit la Bible dans l’Apocalypse, qu’il convertira tous les juifs. S’ils refusent, il les passera au fil de l’épée.

Comprenne qui pourra !

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS (Université Paris VI).

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CPJ | Israël a tué 86 journalistes en 2025

26. Februar 2026 um 09:50

Un nombre record de 129 journalistes ⁠et professionnels des ​médias ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2025, dont les deux tiers par Israël, a déclaré mercredi 25 février 2026 le ​Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son dernier rapport.

Le nombre de journalistes tués dans le monde a atteint un record pour la deuxième année consécutive, après 124 décès recensés en 2024, dont les deux tiers également tués par Israël, relève l’organisation indépendante. Le CPJ recense ​depuis plus ‌de 30 ans les attaques contre la presse.

Israël a été responsable de la mort de 86 journalistes en 2025. Ils sont, à plus de 80%, Palestiniens. Dans ce classement du crime abject, l’Etat hébreu devance de très loin le Soudan (9), le Mexique (6), la Russie (4), et les Philippines (3).

L’État hébreu est aussi responsable de 81 % des 47 assassinats ciblés de journalistes classés comme «meurtres» par l’organisation dans son rapport.

«Dans un contexte de tensions croissantes à travers le monde, le mépris d’Israël pour la vie des journalistes – et pour le droit international censé les protéger – est sans précédent», note le rapport. Il ajoute : «Depuis que le CPJ a commencé à compiler ces données en 1992, Israël a tué plus de journalistes que tout autre gouvernement, faisant de la guerre israélo-palestinienne (qui inclut les massacres perpétrés par Israël à Gaza ainsi que ses attaques meurtrières au Liban, au Yémen et en Iran) la plus meurtrière jamais enregistrée pour les journalistes.»

Le CPJ écrit, également : «Si couvrir la guerre est intrinsèquement dangereux, Israël a franchi un nouveau cap en ciblant délibérément et illégalement les journalistes. En 2025, le CPJ a recensé 47 cas de journalistes assassinés en raison de leur travail, Israël étant responsable de 81 % de ces assassinats. Le nombre total de ces assassinats ciblés pourrait être bien plus élevé. Compte tenu des restrictions extrêmes imposées à Gaza, notamment l’interdiction d’accès à la presse étrangère indépendante, la destruction des infrastructures de communication, les déplacements massifs de population et les pertes humaines considérables, il est difficile d’enquêter sur les circonstances de chaque décès. La plupart des preuves contemporaines ayant été détruites, le nombre exact de journalistes palestiniens à Gaza délibérément ciblés par Israël restera peut-être à jamais inconnu.»

I. B.

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Les dessous de l’accord d’armement russo-iranien

26. Februar 2026 um 08:57

Le Financial Times, citant des sources bien informées et se référant à des documents russes confidentiels qu’il a consultés, a révélé les détails d’un accord secret irano-russe prévoyant une commande iranienne de systèmes de défense aérienne russes d’une valeur de 545 millions de dollars en juillet de l’année dernière, quelques jours seulement après la fin de la guerre des douze jours. 

Imed Bahri

Ces révélations interviennent alors que les États-Unis déploient une force militaire considérable au Moyen-Orient, sur fond de menaces du président américain Donald Trump à l’encontre de l’Iran s’il ne conclut pas à un «bon accord» concernant son programme nucléaire.

Le journal britannique indique que l’accord signé à Moscou en décembre dernier oblige la Russie à livrer 500 lanceurs mobiles Verba et 2500 missiles 9M336 à Téhéran sur une période de trois ans.

Les négociations ont eu lieu entre Rosoboronexport (l’agence d’État russe chargée des exportations d’armement) et un représentant du ministère iranien de la Défense à Moscou.

Le journal précise que Rouhollah Katibi, un haut responsable du ministère iranien de la Défense basé à Moscou, a coordonné l’accord. Il avait auparavant contribué à la vente de centaines de missiles balistiques à courte portée Fateh-360 à la Russie, destinés à être utilisés en Ukraine.

Les États-Unis ont imposé des sanctions à Katibi en 2024, l’accusant d’agir pour le compte du ministère iranien de la Défense. Le département du Trésor américain l’a qualifié de trait d(union entre le gouvernement russe et le ministère iranien de la Défense.

Le système Verba

Le système Verba est l’un des systèmes de défense aérienne les plus avancés de la Fédération de Russie. Il s’agit d’un missile sol-air portable à guidage infrarouge, capable de cibler les missiles de croisière, les aéronefs volant à basse altitude et les drones.

Ce système permet aux forces terrestres de déployer rapidement des défenses dispersées sans dépendre d’installations radar fixes, plus vulnérables aux attaques.

Selon les termes du contrat, les livraisons sont prévues en trois phases entre 2027 et 2029.

Un ancien haut responsable américain a déclaré : «La Russie a peut-être perçu cet accord comme un moyen de rétablir ses relations avec l’Iran après son incapacité apparente à soutenir son allié lors de la guerre de douze jours contre Israël». Il a ajouté : «Ils souhaitent que l’Iran reste un partenaire. Par conséquent, même s’ils n’ont pas pu intervenir pendant la crise, ils tenteront de renouer les liens par la suite»

Le FT a cité une source proche du dossier qui a déclaré : «Il est probable qu’un petit nombre de ces systèmes aient été livrés à l’Iran dès le début». L’ambassadeur d’Iran à Moscou Kazem Jalali l’a également laissé entendre en confirmant plusieurs vols récents entre Moscou et Téhéran. 

Un avion-cargo russe Iliouchine Il-76TD a effectué au moins trois vols entre Mineralnye Vody, dans le Caucase du Nord, et la ville iranienne de Karaj au cours des dix derniers jours. Au moins un autre appareil du même type est arrivé en Iran en provenance de la même région fin décembre. L’Iran aurait également reçu jusqu’à six hélicoptères d’attaque russes Mi-28 en janvier et aurait commencé à en utiliser un à Téhéran ce mois-ci.

Le système Verba est-il suffisant ?

Ruslan Pukhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies (un groupe de réflexion basé à Moscou) a expliqué que «si certaines unités étaient livrées et déployées en Iran, il est peu probable qu’elles améliorent significativement la défense globale de Téhéran en cas de nouvelle guerre contre Israël ou les États-Unis».

Cependant, M. Pukhov a souligné que ce nouveau système pourrait rendre beaucoup plus dangereuses les opérations américaines impliquant des hélicoptères et des avions volant à basse altitude, tactiques récemment utilisées pour capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro. «Si une attaque héliportée comme celle contre Maduro devait se produire, ce système pourrait s’avérer très utile aux Iraniens. Si les missiles sont confiés aux bonnes personnes au bon moment, ils peuvent causer d’importants dégâts» du côté américain, a-t-il ajouté. 

Un changement de stratégie pour Téhéran

Nicole Grajewski, professeure assistante à l’Institut d’études politiques de Paris et spécialiste des relations stratégiques irano-russes, a déclaré : «Cet accord témoigne d’un changement de stratégie pour Téhéran après la destruction de ses défenses aériennes par Israël l’an dernier».  Elle a ajouté : «Contrairement aux systèmes de défense aérienne stratégiques russes de plus grande envergure, tels que les S-300 et S-400, le Verba ne nécessite pas de formation ni d’intégration poussées et peut être déployé beaucoup plus rapidement. Aucun de ces transferts ne modifiera fondamentalement la capacité de l’Iran à rivaliser avec les forces armées les plus avancées au monde mais ils pourraient prolonger le prochain conflit».

Le FT rappelle que Téhéran a fourni à Moscou des drones et des missiles pendant la guerre russo-ukrainienne. Les deux pays ont également signé un traité visant à renforcer leurs relations bilatérales en janvier 2025 et l’Iran a cherché à acquérir deux escadrons de chasseurs Soukhoï Su-35 de pointe auprès de la Russie.

En juin 2025, la confrontation militaire la plus directe et la plus violente entre l’Iran et Israël a éclaté lorsque Tel-Aviv, avec le soutien militaire direct des États-Unis, a lancé une série de frappes aériennes ciblant trois installations nucléaires iraniennes clés.

Cette guerre a marqué un tournant radical dans le cours du conflit régional, Washington s’engageant, pour la première fois, ouvertement et immédiatement dans des opérations offensives. Cela a entraîné la destruction massive des infrastructures de défense de Téhéran et a plongé toute la région au bord d’un conflit ouvert, qui a pris fin après l’annonce par le Pentagone et l’armée israélienne du succès des «frappes chirurgicales» ayant permis de détruire les principales cibles dont des réacteurs et des installations d’enrichissement vitaux. 

L’intensification de l’activité militaire américaine durant ce mois de février s’inscrit dans la continuité des conséquences de cette guerre. Washington cherche à tirer profit de la supériorité aérienne acquise l’été dernier pour imposer de nouvelles conditions nucléaires à Téhéran, tandis que ce dernier s’efforce de reconstruire au plus vite ses systèmes de défense en concluant ces accords avec Moscou pour l’acquisition de missiles portables Verba, dans le but de créer une défense aérienne au sol capable de pallier les vulnérabilités techniques révélées par les douze jours de la précédente guerre.

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Roman | Hella Feki sur les pas d’une reine exilée

26. Februar 2026 um 08:19

La romancière franco-tunisienne Hella Feki vient de publier son second roman ‘‘Une reine sans royaume’’ (éditions JC Lattès / La Grenade, Paris, septembre 2025, 192 pages) où elle ressuscite une figure de femme oubliée de l’Histoire, la dernière reine malgache, Ranavalona III, exilée loin de son royaume dans l’île de la Réunion puis à Alger, et qui va vivre une renaissance le temps d’un séjour à Tunis en 1907 en pleine effervescence intellectuelle.

En débarquant à Tunis en 1907, Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, est submergée par les souvenirs de sa jeunesse à Tananarive, ses amours passionnées et la tragédie de son exil forcé.

Elle découvre aussi un pays, la Tunisie sous colonisation française, où bat le pouls intellectuel de l’Orient d’alors, avec ses salons de pensée tenus par des souveraines lumineuses, la princesse égyptienne Nazli (1853-1913) et l’épouse du bey de Tunis Lella Kmar (1862-1942), ainsi que des aventurières européennes éprises de l’Orient, notamment la romancière Myriam Harry (1869-1958). Toutes ont en commun l’amour de la littérature et de la politique, et aux côtés de ces femmes, Ranavalona retrouve son souffle.

Dans ce deuxième roman poétique et envoûtant, Hella Feki redonne voix à cette reine qui n’était pas destinée à régner. Un voyage d’un bout à l’autre de l’Afrique, une variation romanesque sur cette figure oubliée de l’Histoire. «Une voix envoûtante, une vie édifiante», lit-on dans la quatrième de couverture.

Hella Feki, née le 27 mars 1982, à Tunis, de père tunisien et de mère française, est professeure de lettres et formatrice d’enseignants. Elle est l’autrice d’un premier roman, ‘‘Noces de Jasmin’’, paru aux Éditions JC Lattès / La Grenade en 2020.

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Artisanat | Lauréats du concours Artiterroir à Nabeul

26. Februar 2026 um 07:42

La deuxième édition du concours régional Artiterroir, organisée par la Délégation régionale de l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat) et le Hub Design Nabeul, avec l’appui du projet Pampat (Onudi/Seco), sous le thème : «Les produits du terroir de Nabeul, source d’inspiration pour l’artisanat local», a été clôturée lors d’une cérémonie tenue mardi 24 février 2026 à Dar Machat.

Cette édition a rassemblé 23 participants représentant différentes activités artisanales, principalement la céramique, produit artisanal emblématique de la région.

Les créations ont mis en avant des techniques innovantes et créatives, traduisant une évolution des savoir-faire traditionnels vers des formes contemporaines.

Le concours a mis à l’honneur les trois produits phares du terroir de Nabeul : la fleur de bigaradier, symbole sensoriel et agricole de la région ; la harissa, à travers son ingrédient central, le piment rouge ; et la figue de barbarie, notamment celle de Bouargoub, reconnue pour sa qualité. Ces produits ont servi de source d’inspiration pour la création d’objets artisanaux pensés comme des cadeaux et souvenirs porteurs de sens.

Les lauréats de la deuxième édition

Le premier prix a été attribué à Lotfi Boughzela pour une création originale de peinture sur verre inspirée du piment rouge de la harissa. «J’ai souhaité traduire la force symbolique du piment rouge à travers une approche artistique contemporaine qui valorise notre identité culinaire», a-t-il déclaré.

Le deuxième prix a été décerné à Maha Mami pour deux créations en céramique mettant en valeur la fleur de bigaradier. «La fleur de bigaradier est un symbole sensoriel fort de Nabeul ; j’ai choisi de la mettre en valeur à travers un décor en relief finement modelé, afin d’en souligner la délicatesse et l’élégance», a-t-elle expliqué.

Le troisième prix a été remis à Rahma Bouaoun, déjà lauréate en 2025, pour une création en céramique mettant à l’honneur la figue de barbarie. «Après une première distinction en 2025, j’ai souhaité relever un nouveau défi en proposant une interprétation revisitée de la figue de barbarie, à travers une approche contemporaine», a-t-elle commenté.

Au-delà de la compétition, le concours vise à renforcer le lien entre artisanat, agriculture et tourisme. En développant des objets inspirés des produits du terroir, les artisans contribuent à enrichir l’offre de souvenirs authentiques, adaptés à un tourisme culturel et alternatif, complémentaire au tourisme balnéaire. Ces créations permettent aux visiteurs d’emporter avec eux une part de l’identité de Nabeul, à travers des pièces uniques ancrées dans le territoire.

Les créations primées seront exposées dans un espace dédié lors du Salon de la Création Artisanale, prévu du 27 mars au 5 avril 2026 au Parc des Expositions du Kram, offrant ainsi une visibilité nationale aux lauréats.

Développement économique et attractivité touristique

Depuis l’année dernière, l’Onat met davantage en avant les produits du terroir et travaille en étroite collaboration avec les acteurs des secteurs agroalimentaire et touristique, afin de positionner l’artisanat comme un pilier de l’attractivité touristique de la région.

La cérémonie s’est tenue en présence de représentants de l’Onudi Tunisie, de l’ambassade de Suisse ainsi que des membres du comité de pilotage de la Stratégie nationale de valorisation et de promotion des produits du terroir. Cette stratégie, initiée par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche en partenariat avec l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia), vise à structurer et à promouvoir les produits du terroir comme leviers de développement économique et d’attractivité touristique. Sa mise en œuvre bénéficie de l’appui du Projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir (Pampat), mis en œuvre par l’Onudi avec le financement du Secrétariat d’État à l’Économie de la Confédération Suisse (Seco).

Dans le cadre du déploiement national du concours Artiterroir, la région de Kairouan constitue la deuxième zone pilote où la première édition du concours est actuellement en cours de réalisation et les résultats seront annoncés prochainement.

Les créations portent sur trois produits emblématiques de la région : la figue de barbarie d’El Ala, la rose et l’huile d’olive Oueslati, confirmant ainsi la volonté de dupliquer ce modèle dans d’autres régions, afin de créer des synergies entre agriculture, artisanat et tourisme et de générer davantage de valeur ajoutée au niveau local.

Communiqué.

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Tunisie | Une souveraineté à la croisée des chemins

25. Februar 2026 um 11:09

La Tunisie de 2026 ne peut plus se contenter de gérer sa fragilité. Elle doit utiliser son ancrage historique, sa position géographique et ses compétences mondialement reconnues pour forger un partenariat de type Plan Marshall, seul garant d’une sortie de l’orbite de tutelle et d’un retour au progrès.

Elyes Kasri *

En 2026, la Tunisie fait face à une impasse économique et budgétaire critique. L’assèchement des financements internationaux a favorisé un «tête-à-tête» inégal avec l’Algérie, matérialisé par l’accord militaire d’octobre 2025. Cette dépendance, aux allures, selon certains commentateurs algériens et tunisiens, de protectorat, pèse sur les choix socio-politiques et la stature internationale du pays. Paradoxalement, les menaces (migratoires, contrebande, instabilité) émanent principalement d’une Algérie elle-même fragilisée (dissensions internes, revendications kabyles, isolement via la résolution 2797 de l’Onu et pressions de l’administration Trump).

En Tunisie, un courant intérieur de plus en plus puissant réclame désormais un rôle actif et la récupération pacifique des territoires et ressources spoliés, refusant l’alignement sur un régime militaire voisin en difficulté et aux valeurs socio-économiques et diplomatiques divergentes de la Tunisie.

Économie : le «Plan Marshall» et l’autonomie énergétique

Pour briser ce siège économique, la Tunisie doit opérer une bascule vers la Souveraineté des Ressources.

Union Européenne : dépasser l’Accord de 1997 : le partenariat avec l’Union Européenne doit se muer en une intégration structurelle. La Tunisie gagnerait à revendiquer un accès total aux mécanismes communautaires (Fonds de cohésion, Fonds pour une transition juste, Fonds Européen pour les affaires maritimes, la Pêche et l’aquaculture, Horizon Europe, Erasmus, Garantie de la BEI) et au marché unique (services/agriculture), transformant le pays en une extension organique de l’Espace économique européen.

Rupture énergétique : accélération massive du solaire et de l’hydrogène vert. L’objectif est de substituer le gaz importé par une production nationale exportable via le câble Elmed, brisant ainsi le levier de pression algérien.

Le levier G7 : négocier un «Debt-for-Sovereignty Swap» (conversion de la dette en investissements) pour financer la modernisation industrielle et les infrastructures critiques, garantissant une indépendance financière réelle.

Sécurité et diplomatie : le rééquilibrage global:

La Tunisie doit passer du statut de «zone tampon» à celui de «pôle régional de liberté et de progrès».

Désengagement de la tutelle : actualisation des clauses de l’accord militaire de 2025. La sécurité des frontières doit reposer sur une autonomie technologique (drones, surveillance IA) fournie par des partenariats avec le G7 (USA, France, Italie) et l’Asie (Japon, Corée), et non sur une délégation de souveraineté au voisin. Le souvenir de Gafsa (janvier 1980) ne doit jamais être refoulé.

Pivot vers le Golfe et l’Asie : réengagement avec l’Arabie Saoudite, les Émirats et les autres membres du CCG pour capter des IDE massifs sans conditions politiques, et positionnement comme base de production «nearshore» pour les géants asiatiques ciblant le marché européen (Japon, Corée, Inde et Malaisie…).

Diplomatie territoriale : ouverture d’un processus de négociations pacifiques et documentées pour la restauration des droits territoriaux historiques, ouvrant la voie à une réconciliation et un apaisement durables, et cimentant la cohésion nationale autour d’un projet de grandeur retrouvée, en vue d’une relance sur des bases solides et sans rancœurs ou arrière-pensées de l’édification du Grand Maghreb.

Recommandations stratégiques pour 2026 :

Institutionnaliser la «neutralité de puissance» : se distancier des blocs régionaux en déclin pour devenir la «Suisse et Singapour de la Méditerranée».

Science, technologie et économie du savoir : lancer le plan «Souveraineté technologique, numérique et énergétique»; faire de la Tunisie une «digital sandbox» attractive pour les talents mondiaux (zones franches technologiques, universités et centres de recherche mondiaux).

Plan Marshall : activer la clause de sauvegarde G7/UE; solliciter une conférence internationale pour la résilience tunisienne, liant la stabilité sécuritaire de l’Europe à la prospérité souveraine de la Tunisie.

Une coopération multidirectionnelle non exclusive et dépourvue de tout sentimentalisme ou relent idéologique avec seul fondement les intérêts réciproques et l’apport à la renaissance et la prospérité de la Tunisie.

Face à un monde en mutation profonde, des fois violente et pleine de défis, la Tunisie est en mesure de transformer les menaces qui se profilent à l’horizon en opportunités. Tel un sphynx, la Tunisie a toujours su trouver à travers sa riche histoire plurimillénaire les ressorts de la renaissance et de la gloire.

La Tunisie de 2026 ne peut plus se contenter de gérer sa fragilité. Elle doit utiliser son ancrage historique, sa position géographique et ses compétences mondialement reconnues pour forger un partenariat de type Plan Marshall, seul garant d’une sortie de l’orbite de tutelle et d’un retour au progrès.

Une vision audacieuse avec une communication internationale bien ajustée grâce à une diplomatie rénovée et motivée seront en mesure de transformer ce rêve en réalité.

* Ancien ambassadeur.

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