L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) vient de publier sur son site web une note d’analyse sur le recours accru de la Tunisie à l’endettement intérieur et ses effets sur le financement de l’économie. La note intitulée «Endettement intérieur : Une solution stratégique ou un frein pour le secteur privé ?» interrogent le choix de la Tunisie de se tourner massivement vers la dette intérieure pour financer son budget.
Si cette stratégie réduit la dépendance extérieure, dans une logique de «compter sur soi» chère au président Saïed, tous les experts vous diront qu’elle crée un «effet d’éviction» qui limite l’accès au financement pour les entreprises privées, ce qui pénalise, à terme, l’investissement et la création de richesses et d’emplois.
Cette note d’analyse explore donc les risques d’un tel choix pour la stabilité financière et l’investissement productif. Elle met en évidence un phénomène d’effet d’éviction, marqué par une réorientation des ressources bancaires vers le financement de l’État au détriment du secteur privé. L’analyse s’appuie sur l’évolution de l’endettement, des concours à l’économie et des indicateurs bancaires, et propose des recommandations pour soutenir l’investissement productif.
Réduction de la dépendance de l’extérieur
Dans un contexte marqué par un accès restreint aux ressources de financement extérieur, la Tunisie a opté pour un recours massif et inédit à l’endettement intérieur afin d’assurer le financement du budget.
Cette orientation pourrait être expliquée par la volonté d’alléger le poids des échéances extérieures et limiter la fuite des devises dans la mesure où le service de la dette intérieure ne génère pas de sortie de capitaux vers l’étranger.
Ce choix permet ainsi de réduire la dépendance vis-à-vis des créanciers internationaux tout en favorisant le développement du marché financier domestique.
Si cette orientation traduit une adaptation aux contraintes extérieures, elle soulève néanmoins plusieurs enjeux notamment en matière de financement de l’investissement productif, de soutenabilité de la dette intérieure, etc.
En effet, nonobstant l’intérêt qu’il présente à court terme, un recours excessif à la dette publique intérieure risque d’exercer des pressions sur les investisseurs et le système bancaire compromettant ainsi la stabilité du système financier.
Réduction des ressources pour le privé
Le financement intérieur massif du budget tend à réduire la disponibilité des ressources financières pour le secteur privé, un phénomène communément désigné sous le nom d’effet d’éviction ou crowding out effect.
Face à cette situation inédite, l’IACE recommande la mise en œuvre d’une action coordonnée et cohérente autour des axes suivants :
– la promotion des partenariats public-privé en tant qu’instrument privilégié de mobilisation des ressources pour la réalisation de projets à fort impact économique et social contribuant à alléger les pressions sur le financement budgétaire ;
– le soutien de la relance de l’économie réelle à travers une politique active de promotion des PME notamment par la mise en place de lignes de crédit dédiées et la mise en place de dispositifs d’incitations favorisant l’investissement productif et l’innovation ;
– la réorientation des ressources de financement extérieur vers les projets d’infrastructure et les secteurs à forte valeur ajoutée afin de renforcer la compétitivité de l’économie nationale ;
– le renforcement de la transparence et la qualité de l’information financière dans le but d’améliorer l’évaluation du risque de crédit, favoriser une meilleure allocation des ressources et réduire l’aversion au risque du secteur bancaire ;
– l’institution d’une structure nationale de gestion de la dette publique chargée d’assurer (i) la maitrise de la dynamique d’endettement public dans le cadre d’une stratégie à moyen terme et (ii) le suivi, la coordination et la consolidation de l’ensemble des engagements financiers de l’Etat.
La Banque internationale arabe de Tunisie (Biat) marque aujourd’hui une avancée majeure dans le déploiement de sa stratégie de soutien au commerce extérieur, à travers la signature d’un partenariat stratégique avec la Banque africaine de développement (BAD), a-t-elle annoncé dans un communiqué publié à Tunis le Tunis, le 6 février 2026, ajoutant que cet accord, portant sur une garantie de transaction d’un montant de 50 millions de dollars, vient renforcer significativement les capacités de la Biat à accompagner les entreprises tunisiennes dans leurs opérations à l’international, tout en réaffirmant son engagement en faveur d’un développement économique inclusif et durable.
Cette garantie s’inscrit pleinement dans la vision de la Biat de renforcer le commerce international et de soutenir l’économie nationale. Elle s’accompagne d’une large couverture géographique, en partenariat avec les banques correspondantes co-contractantes de la BAD.
Grâce à cette facilité, la Biat ambitionne d’accompagner plus efficacement ses clients sur les marchés internationaux. L’objectif est de favoriser l’importation de biens d’équipement et de technologies stratégiques dans des secteurs essentiels comme l’agro-industrie, l’industrie légère, les télécommunications et les énergies renouvelables.
Des solutions de financement international
Le partenariat permet aux entreprises clientes de la Biat, quelles que soit leurs tailles, d’accéder à des solutions de financement international compétitives, consolidant leur position et leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales à travers :
– un accès renforcé aux marchés internationaux : la garantie de la BAD accroît la confiance des fournisseurs étrangers et de leurs banques, facilitant l’acceptation des instruments de paiement émis ;
– des coûts de financement optimisés : grâce à la notation AAA de la BAD, les entreprises tunisiennes bénéficient de conditions de confirmation plus avantageuses et compétitives ;
– un appui aux secteurs stratégiques : une attention particulière est portée à l’importation de biens essentiels – matières premières, produits énergétiques et équipements industriels.
À cette occasion, Elyes Jebir, directeur général de la Biat, a déclaré : «Grâce à cette garantie, la Biat consolide son rôle de partenaire privilégié des entreprises tunisiennes qui opèrent à l’international, en leur facilitant l’accès aux marchés mondiaux et en sécurisant leurs opérations. La Biat se présente comme un pont solide qui relie les acteurs économiques tunisiens au système financier global».
«Nous sommes ravis de nouer ce partenariat avec la Biat qui est un acteur majeur du financement du commerce dans le pays. Cette facilité permettra à la BAD de contribuer à la création d’emplois et à un meilleur accès des populations à des biens et services essentiels», s’est félicitée Malinne Blomberg, directrice générale adjointe de la région Afrique de Nord et responsable pays pour la Tunisie à la BAD.
Ce partenariat avec la BAD illustre l’engagement de la Biat à soutenir durablement la croissance de ses clients, en leur proposant des solutions financières sûres et parfaitement alignées sur les standards du commerce international.
Qu’est-ce qu’une garantie de transaction ?
La garantie de transaction est l’un des instruments de financement du commerce mis en place par la BAD pour soutenir les banques commerciales en Afrique. Elle a été lancée en 2021 et couvre une variété d’instruments de financement du commerce, dont les lettres de crédit confirmées, les prêts commerciaux, les engagements de remboursement irrévocables, les traites avalisées et les billets à ordre, entre autres.
La facilité est disponible pour toutes les banques enregistrées et opérant en Afrique, qui ont passé le processus de diligence raisonnable de la Banque.
Un acteur de référence en Tunisie
Banque universelle, acteur de référence en Tunisie, la Biat constitue aujourd’hui un groupe bancaire solide avec ses filiales dans les domaines de l’assurance, de la gestion d’actifs, du capital-investissement, de l’intermédiation boursière et du conseil. Implantée sur tout le territoire, la BIAT compte aujourd’hui 206 agences à travers toute la Tunisie. Près de 2500 collaborateurs travaillent au service de tous ses clients : particuliers, professionnels, PME, grandes entreprises et institutionnels.
Très attentive à sa responsabilité sociétale, la Biat a traduit son positionnement citoyen par de nombreux engagements. La création de la Fondation Biat pour la jeunesse tunisienne, au printemps 2014, en est emblématique et ancre cet engagement de façon pérenne.
En l’espace de deux décennies, Internet et les réseaux sociaux ont profondément transformé les modes de communication, d’information et de socialisation des sociétés contemporaines. Chez les jeunes en particulier, ces plateformes sont devenues des espaces centraux de construction identitaire, de divertissement, mais aussi d’engagement social et politique. En Tunisie comme ailleurs, il est désormais rare de rencontrer un adolescent qui n’utilise pas quotidiennement Facebook, Instagram, TikTok ou YouTube.
Zouhaïr Ben Amor *
Cette omniprésence du numérique suscite cependant des interrogations légitimes. Si les réseaux sociaux peuvent favoriser l’ouverture au monde, l’accès au savoir et l’expression individuelle, ils exposent également les jeunes à des contenus inadaptés, à des normes culturelles étrangères, à des mécanismes de dépendance et à des formes inédites de manipulation. La question n’est donc plus de savoir s’il faut accepter ou refuser Internet, mais comment en encadrer les usages de manière responsable.
Face à ces enjeux, deux positions extrêmes s’opposent souvent : d’un côté, une défense absolue de la liberté numérique au nom de l’émancipation individuelle ; de l’autre, une tentation sécuritaire assimilant toute régulation à une atteinte aux libertés. Cet article propose une approche plus nuancée, fondée sur trois idées centrales : la nécessité d’une souveraineté numérique adaptée aux cultures locales, la protection effective des mineurs par un contrôle de l’âge et de l’identité, et la conviction que le changement politique durable ne peut se construire que de l’intérieur des sociétés, et non par une dépendance exclusive aux réseaux sociaux.
Internet est souvent présenté comme un espace universel, affranchi des frontières et des particularismes culturels. Pourtant, cette représentation masque une réalité fondamentale : le numérique est un produit social, culturel et économique situé. Les grandes plateformes qui structurent aujourd’hui l’espace numérique mondial sont majoritairement conçues et gouvernées par des entreprises occidentales, principalement américaines, dont les valeurs et les normes imprègnent les contenus diffusés.
Circulation asymétrique des récits
Comme l’a montré Arjun Appadurai (1996), la mondialisation culturelle ne signifie pas une homogénéisation totale, mais une circulation asymétrique des images, des récits et des imaginaires. Les réseaux sociaux participent pleinement à cette dynamique en imposant, souvent de manière implicite, des représentations du corps, de l’intimité, de la réussite sociale ou des relations affectives qui ne correspondent pas nécessairement aux sensibilités locales.
Un exemple simple permet d’illustrer ce décalage. Une scène de baiser appuyé diffusée dans un film sur une chaîne française est généralement considérée comme banale et simplement interdite aux moins de 12 ans. En Tunisie, un tel contenu peut être jugé choquant dans un cadre familial et incompatible avec une culture socialement plus conservatrice. Ce désaccord n’est ni moral ni idéologique : il est culturel.
Or, les moteurs de recherche comme Google et les réseaux sociaux comme Facebook ou TikTok donnent un accès direct et massif à ces contenus sans véritable filtrage adapté au contexte national. Les jeunes se retrouvent ainsi exposés à des normes contradictoires, parfois difficiles à intégrer dans leur environnement familial et social. Manuel Castells (2010) souligne que la société en réseaux reconfigure les rapports de pouvoir et d’influence, souvent au détriment des structures locales traditionnelles.
Régulation de l’espace numérique
Dans ce contexte, la notion de souveraineté numérique apparaît comme un prolongement naturel de la souveraineté culturelle. De la même manière qu’un État régule l’espace audiovisuel ou éducatif, il peut légitimement encadrer l’espace numérique afin de protéger sa jeunesse et préserver sa cohésion sociale. Réguler ne signifie pas censurer arbitrairement, mais adapter les flux numériques aux réalités nationales.
L’adolescence est une période clé du développement humain, marquée par la construction de l’identité, la recherche de reconnaissance et l’affirmation de soi. Or, les réseaux sociaux exploitent précisément ces vulnérabilités psychologiques. Jean Twenge (2017) a montré que l’usage intensif des smartphones et des réseaux sociaux est corrélé à une augmentation de l’anxiété, de la dépression et du sentiment de solitude chez les adolescents.
Les mécanismes de comparaison sociale, amplifiés par les images retouchées et les mises en scène idéalisées de la vie quotidienne, peuvent altérer durablement l’image de soi. Les jeunes sont incités à mesurer leur valeur personnelle au nombre de «likes», de commentaires ou d’abonnés, ce qui favorise une quête permanente de validation extérieure.
La fragmentation de l’attention
Sur le plan cognitif, plusieurs études soulignent une baisse de la capacité de concentration et une fragmentation de l’attention liées à l’exposition prolongée aux contenus courts et répétitifs (American Psychological Association, 2023). L’école se retrouve ainsi confrontée à des élèves de plus en plus connectés, mais paradoxalement moins disponibles pour l’apprentissage approfondi.
Ces effets ne sont pas le fruit du hasard. Les plateformes numériques reposent sur des modèles économiques fondés sur la captation de l’attention. Comme l’explique Shoshana Zuboff (2019), le capitalisme de surveillance transforme les comportements humains en données exploitables à des fins commerciales. Les algorithmes privilégient les contenus émotionnels, polarisants ou choquants, car ils génèrent davantage d’engagement.
Dans ce contexte, laisser les jeunes naviguer librement et sans accompagnement dans cet univers revient à les exposer à des logiques qui dépassent largement leur capacité de discernement.
L’un des paradoxes majeurs des réseaux sociaux réside dans l’écart entre les règles affichées et les pratiques réelles. La plupart des plateformes imposent officiellement un âge minimal d’inscription, souvent fixé à 13 ans. En pratique, ce contrôle est largement fictif. Il suffit de déclarer une date de naissance erronée pour contourner la règle.
Harcèlement, manipulation, escroquerie
Cette faille expose les mineurs à des contenus inadaptés, mais aussi à des risques graves : harcèlement, manipulation, escroquerie, voire exploitation. Par ailleurs, l’absence d’identification fiable favorise la prolifération de faux profils, utilisés à des fins malveillantes ou de désinformation.
Face à cette situation, il apparaît légitime de proposer un système d’inscription reposant sur une vérification réelle de l’âge, par la présentation de documents officiels, avec un seuil fixé à 15 ou 16 ans. Une telle mesure viserait avant tout à protéger les mineurs et à responsabiliser les utilisateurs.
Contrairement à une idée répandue, l’anonymat absolu n’est pas une condition indispensable de la liberté. Luciano Floridi (2014) rappelle que l’éthique numérique repose sur un équilibre entre protection de la vie privée et responsabilité des actions. Une identification encadrée, respectueuse des données personnelles, pourrait contribuer à assainir l’espace numérique sans porter atteinte aux droits fondamentaux.
Toute proposition de régulation numérique suscite une objection récurrente : celle d’un risque de restriction des libertés et de maintien des régimes en place. Cette crainte mérite d’être prise au sérieux, notamment dans des contextes où les libertés publiques ont longtemps été fragiles.
Illusion du cyber-utopisme
Cependant, il convient de distinguer deux choses : la lutte pour les libertés politiques et la dépendance aux réseaux sociaux comme principal outil de mobilisation. Evgeny Morozov (2011) a mis en garde contre ce qu’il appelle «l’illusion du cyber-utopisme», selon laquelle Internet suffirait à produire des transformations politiques profondes.
Les réseaux sociaux peuvent faciliter la circulation rapide de l’information, mais ils favorisent aussi des mobilisations éphémères, émotionnelles et facilement manipulables. Leurs algorithmes échappent au contrôle des citoyens et obéissent à des intérêts économiques étrangers aux préoccupations démocratiques locales.
Croire que la libération politique passe exclusivement par Facebook ou TikTok revient à déléguer le destin d’un pays à des entreprises privées multinationales. Or, l’histoire montre que les changements durables se construisent de l’intérieur : par l’éducation civique, l’organisation collective, les associations, les syndicats, les partis politiques et les institutions nationales (Tilly & Wood, 2015).
Militer pour plus de libertés implique donc de renforcer la conscience citoyenne et les cadres institutionnels, plutôt que de s’en remettre uniquement aux réseaux sociaux.
Face aux défis posés par les réseaux sociaux, la responsabilité est collective. L’État doit jouer un rôle de régulateur, en définissant un cadre juridique clair, transparent et contrôlé démocratiquement. La régulation ne doit pas être punitive, mais protectrice.
La famille demeure le premier espace de socialisation. Le dialogue, l’accompagnement et la vigilance parentale sont essentiels pour aider les jeunes à développer un usage critique du numérique.
Enfin, l’école a un rôle central à jouer dans l’éducation au numérique. Former des citoyens capables de comprendre les logiques algorithmiques, de vérifier l’information et de résister aux manipulations est devenu une mission éducative fondamentale.
Espaces d’ouverture, sources de vulnérabilité
L’influence des réseaux sociaux sur les jeunes ne peut être analysée de manière simpliste. Ces plateformes sont à la fois des espaces d’ouverture et des sources de vulnérabilité. Refuser toute régulation au nom de la liberté revient à ignorer les réalités psychologiques, culturelles et économiques qui structurent le numérique contemporain.
La souveraineté numérique, la protection des mineurs et la responsabilisation citoyenne ne sont pas des obstacles à la liberté, mais des conditions de sa durabilité. Protéger les jeunes, préserver les cultures et renforcer la citoyenneté sont des impératifs qui exigent des réponses réfléchies, équilibrées et adaptées aux contextes nationaux.
Références bibliographiques
Appadurai, A. (1996). Modernity at Large. Castells, M. (2010). The Rise of the Network Society. Floridi, L. (2014). The Fourth Revolution. Morozov, E. (2011). The Net Delusion. Twenge, J. (2017). iGen. Vaidhyanathan, S. (2018). Antisocial Media. Zuboff, S. (2019). The Age of Surveillance Capitalism.
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L’ambassade d’Italie à Tunis a annoncé le 5 février 2026 que son service des visas, ainsi que son partenaire externalisé Almaviva, suspendront la réception et la délivrance de toutes les catégories de visas à partir de 18h00 le 12 février jusqu’à minuit le 18 février. Cette interruption de six jours correspond au calendrier communiqué par le ministère des Affaires étrangères à Rome et par d’autres ambassades dans le monde.
C’est ce que rapporte VisaHQ, en indiquant que, pendant cette période d’interruption, elle peut jouer un rôle tampon pour les employeurs comme pour les voyageurs individuels.
La Tunisie est une source majeure de titulaires de permis de travail dans les secteurs agricole et maritime italiens ; plus de 18 000 Tunisiens ont bénéficié de quotas saisonniers et non saisonniers en 2025. Les agences de recrutement disposent désormais de moins d’une semaine pour déposer des demandes urgentes, sous peine de manquer la saison des plantations de printemps et les rotations des équipages.
L’ambassade a indiqué que les rendez-vous déjà pris seront reprogrammés «aussi près que possible» des dates initiales et s’est engagée à prioriser les dossiers médicaux, de regroupement familial et de changement d’équipage dès la remise en service des systèmes. Néanmoins, les prestataires anticipent un retard d’au moins 1 500 dossiers, ce qui pourrait prolonger les délais de traitement jusqu’au début mars.
Les services RH sont invités à revoir les calendriers de missions et à envisager un onboarding digital pour limiter les retards d’arrivée.
Les employeurs parrainant des Tunisiens pour le nouveau permis saisonnier pluriannuel italien gagneraient également à collecter à l’avance les documents nécessaires — tels que certificats de police et contrats de travail — afin de pouvoir déposer les dossiers immédiatement après la période de gel.
Cet avis de Tunis rappelle que la coupure du Système d’Information sur les Visas (VIS-IT) est mondiale et inévitable; les entreprises aux flux de mobilité critiques sont conseillées de prévoir des consulats Schengen alternatifs ou d’ajuster leurs dates de voyage en conséquence.
Visa HQ indique, par ailleurs, que son équipe spécialisée sur l’Italie suit en temps réel les alertes des ambassades, pré-contrôle les documents pour conformité et prépare les dossiers afin qu’ils soient prêts à être soumis dès la réouverture du portail VIS, permettant ainsi de gagner plusieurs jours sur les délais de traitement post-interruption.
La Tunisie, dont les importations représentent plus de la moitié de la production économique (56%), se classe en 5e position des économies africaines les plus dépendantes des importations, selon Business Insider Africa (voir classement ci-dessous). Cette forte dépendance aux importations a accentué la pression sur ses réserves de change et contribué à ses crises économiques à répétition.(Ph. Port de Radès).
Latif Belhedi
Selon les données de la Banque mondiale, plusieurs économies africaines restent fortement dépendantes des importations, ce qui met en évidence des faiblesses structurelles qui continuent de rendre le continent vulnérable aux chocs monétaires, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à la volatilité des prix mondiaux.
Dans certains cas, les importations sont presque égales à la production nationale, ce qui témoigne de la capacité de production intérieure encore très limitée dans une grande partie de l’Afrique.
La Somalie et le Lesotho se classent en tête, les importations représentant 99 % de leur PIB. La dépendance de la Somalie s’explique par des décennies de conflit, une capacité industrielle minimale et une forte dépendance aux importations de produits alimentaires et de carburant. La situation du Lesotho est due à sa petite économie enclavée et à sa forte dépendance commerciale vis-à-vis de l’Afrique du Sud pour les biens de consommation et les intrants industriels.
Les économies insulaires et ouvertes dominent également ce classement. Maurice enregistre des importations représentant 78 % de son PIB, ce qui reflète son intégration au commerce et aux services mondiaux, mais aussi sa dépendance aux importations d’énergie, de matières premières et de produits alimentaires. Le Cap-Vert présente un schéma similaire, où l’isolement géographique limite les possibilités de production nationale.
Faiblesse du commerce intra-africain
La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) a été conçue précisément pour réduire cette vulnérabilité en stimulant le commerce intra-africain, en développant des chaînes de valeur régionales et en remplaçant les importations extra-continentales par une production africaine. Or, les données indiquent que les progrès restent lents.
Plusieurs pays riches en ressources naturelles demeurent fortement dépendants des importations. En Namibie, les importations représentent 68 % du PIB, tandis qu’en Libye, en Guinée, au Mozambique, en Tunisie et en Eswatini, les importations représentent plus de la moitié de leur production économique.
En Libye et en Guinée, l’instabilité politique et les capacités de transformation limitées contraignent les pays à exporter des matières premières tandis que les produits raffinés sont importés.
Les lacunes de la mise en œuvre de la Zlecaf demeurent manifestes. Le commerce intra-africain représente encore moins de 20 % du commerce total du continent, contre plus de 60 % en Europe. La faiblesse des infrastructures de transport, les barrières non tarifaires, la faible coordination des politiques industrielles et l’accès limité au financement du commerce continuent de compromettre le potentiel de l’accord.
Pour les économies africaines les plus dépendantes des importations, la Zlecaf offre une voie de réduction de leur exposition en favorisant l’intégration régionale des secteurs manufacturier, agroalimentaire et énergétique.
Toutefois, sans réformes accélérées, cette forte dépendance aux importations continuera de peser sur les réserves de change, d’affaiblir les monnaies et de freiner la croissance à long terme sur l’ensemble du continent.
En 2025, l’économie tunisienne devrait croître d’environ 2,2 %, marquant une légère amélioration après une performance décevante en 2024, mais restant en deçà du potentiel du pays, freinée par des inefficacités persistantes en matière de gouvernance et d’administration.
Cette croissance est soutenue par le recul de l’inflation, l’amélioration progressive de la balance des transactions courantes et la vigueur persistante du secteur des services, qui représente environ 65 % du PIB, tiré par le tourisme, les services financiers et certains segments industriels, notamment mécaniques et électriques.
Le tourisme demeure un pilier essentiel, contribuant à hauteur d’environ 14 % au PIB et bénéficiant de la hausse des recettes et de l’emploi.
Les investissements directs étrangers se sont accélérés, notamment dans les secteurs manufacturier, énergétique et agricole, reflétant la situation stratégique de la Tunisie, ses accords commerciaux et les réformes réglementaires progressives.
Néanmoins, la dynamique du secteur privé reste freinée par un endettement public important qui évince le crédit, une économie informelle conséquente estimée entre 40 et 60 % de l’activité économique totale, et des inefficacités persistantes en matière de gouvernance et d’administration qui limitent la croissance et la productivité des PME.
Par conséquent, malgré une stabilité macroéconomique en amélioration et quelques réformes positives, des réformes structurelles plus profondes demeurent essentielles pour que la Tunisie parvienne à une croissance plus forte, plus inclusive et plus durable à moyen terme.
Le marché automobile tunisien a progressé de 10,7 % en 2025, Kia dépassant Hyundai et s’emparant de la première place grâce à une croissance impressionnante. Renault et Citroën ont également gagné des places, tandis que Peugeot a reculé de la 3e à la 9e position.
Du point de vue des marques, Kia s’est imposée comme leader du marché, gagnant une place et enregistrant une croissance de 27,6 % avec une part de marché de 11,1 %.
Hyundai se classe deuxième, perdant une place et 24,6 % de parts de marché, tandis que Renault a bondi de six places pour se hisser au troisième rang, avec une hausse de 59,3 %. Isuzu a gagné 62 % et 3 places pour se hisser au 4e rang, tandis que Toyota se trouvait au 5e rang, en hausse de 27,5 %.
Le marché tunisien des véhicules électriques peine à se développer. Malgré une croissance annuelle de 99,8 % en 2025, le taux d’adoption et la part de marché restent parmi les plus faibles d’Afrique du Nord.
La marque chinoise BYD, nouvellement arrivée suur le marché, a fait un bond de 261,6 %, suivi par Hyundai et DongFeng.
Partant de 54 426 unités en 2014, le marché automobile tunisien a connu une croissance régulière pendant quatre années consécutives, atteignant un record historique de 62 363 unités en 2017 (+2,2 %). Cependant, en 2018, le marché a commencé à se contracter, enregistrant deux années de pertes et clôturant l’année 2019 avec des ventes en baisse de 15,9 % par rapport au pic.
Contrairement à de nombreux marchés mondiaux, le secteur des véhicules légers en Tunisie a fait preuve de résilience pendant la crise de la Covid-19, avec des ventes en hausse de 2,6 % en 2020, avec des ventes en hausse de 2,6 % en 2020, atteignant 50 796 unités.
Cette reprise s’est accélérée en 2021, avec une forte hausse des ventes à 61 578 unités (+21,2 %). Cependant, en 2022, le marché a connu un recul de 9,7 %, clôturant l’année à environ 55 578 unités. Ce repli a été principalement attribué aux pressions inflationnistes, à la faiblesse du pouvoir d’achat des consommateurs et aux retards de livraison de véhicules dus aux contraintes logistiques et d’importation. En 2023, le marché s’est stabilisé, enregistrant 56 324 unités (+1,3 %), grâce au retour progressif de la confiance des consommateurs.
La croissance s’est poursuivie à un rythme modéré en 2024, avec des ventes totales atteignant 57 283 unités (+1,7 %), reflétant une amélioration graduelle de la conjoncture économique et une reprise constante de la demande intérieure.
Une enquête récente menée par le bureau de l’Unicef à Tunis pour le ministère de l’Éducation a révélé que 28,4 % des élèves sont exposés à des violences physiques. Parmi eux, 12,5 % n’ont subi des violences qu’une seule fois et 15,9 % à plusieurs reprises. Les garçons sont plus touchés que les filles.Ces résultats ont été présentés en marge de la conférence nationale visant à élaborer un plan national de protection des établissements scolaires contre la violence, qui s’est tenue le 3 février 2026 à l’Académie diplomatique de Tunis.
Le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, plusieurs hauts fonctionnaires du ministère, des représentants des ministères concernés et de l’Unicef, ainsi qu’un groupe d’éducateurs, d’experts et de représentants de la société civile ont participé à la conférence.
L’étude révèle qu’environ 40 % des cas de violence physique envers les élèves sont perpétrés par les élèves eux-mêmes, filles et garçons confondus, et que 57 % des violences se produisent au sein même de l’établissement scolaire : 25,8 % dans les cours de récréation et 19,7 % dans les salles de classe, avec une augmentation significative pendant les temps libres (16,8 %). 19,6 % des violences ont lieu sur le trajet domicile-école, tandis que 61,4 % des élèves interrogés déclarent avoir été victimes de moqueries ou d’insultes. Les filles sont davantage exposées à la violence en milieu scolaire (76,8 %) que les garçons (58,5 %).
L’enquête, précise Rim Maaroufi, directrice générale de l’enseignement secondaire au ministère de l’Éducation, a débuté en 2023 et s’achèvera en 2025. Elle s’inscrit dans le cadre de l’élaboration d’un plan national visant à définir les rôles et les responsabilités dans la lutte contre la violence scolaire, avec la participation de toutes les parties prenantes, directement ou indirectement concernées, sous le slogan «Nous sommes tous responsables».
Des disparités régionales
L’étude repose sur trois enquêtes complémentaires et une enquête qualitative, impliquant divers acteurs et disciplines, tant au sein qu’à l’extérieur du système éducatif. La première enquête a été menée dans 11 gouvernorats, 18 municipalités et 40 établissements scolaires, avec la participation de 3 098 élèves âgés de 12 à 18 ans (57,4 % de garçons et 42,6 % de filles) issus d’établissements publics et de quelques établissements privés. La deuxième enquête a interrogé 487 adolescents ayant abandonné leurs études à travers le pays, afin d’observer le lien entre décrochage scolaire et violence. La troisième enquête a interrogé 751 personnes travaillant dans le secteur de l’éducation, notamment des enseignants, des chefs d’établissement, des inspecteurs d’académie et d’autres professionnels, afin d’évaluer le niveau de préparation des établissements scolaires face aux cas de violence.
Les résultats de l’enquête ont montré des disparités régionales dans la fréquence de la violence scolaire, avec plus d’un élève sur trois subissant des violences dans les gouvernorats d’Ariana, de Kasserine, de Kef et de Gabès, comparativement à des taux plus faibles dans les gouvernorats de Tozeur, de Gafsa et de Tunis, où moins d’un élève sur quatre a subi des violences physiques.
Adopter une approche globale
L’importance de revoir certains règlements intérieurs et d’encourager les élèves à mieux s’exprimer et à développer leurs talents au sein de l’établissement scolaire afin de prévenir la violence a été soulignée à lors de la conférence.
Les intervenants ont expliqué que la violence scolaire revêt de nombreuses formes : physique, verbale, psychologique, sociale et numérique, sans oublier les actes d’automutilation (tentatives de suicide).
Il est donc nécessaire d’adopter une approche globale pour appréhender ce phénomène au sein des établissements scolaires, en mettant en place des mécanismes d’intervention progressifs. Ces mécanismes doivent commencer par l’écoute, le dialogue et la médiation éducative dans les cas mineurs, en privilégiant la réparation à la punition. En cas de récidive, des mesures disciplinaires temporaires peuvent être appliquées, et des sanctions plus sévères peuvent être instaurées dans les cas graves, avec la participation des familles, des conseils d’établissement et des autorités compétentes si nécessaire.
Plusieurs intervenants ont également souligné l’importance d’une évaluation juste des comportements violents, prenant en compte la gravité de l’acte, ses motivations et l’âge de l’élève.
Les participants ont plaidé pour un renforcement du soutien psychologique, une révision des sanctions privant les élèves de leur droit à l’éducation et la promotion d’une culture du dialogue et d’une discipline positive afin de créer un climat scolaire sûr et propice à l’apprentissage. Les animateurs des ateliers de la conférence ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la loi révisée de 2012 régissant la vie scolaire, soulignant l’importance de la création de clubs culturels, de l’encouragement de la pratique artistique sous toutes ses formes, du développement des talents émergents et des aptitudes exceptionnelles des élèves, de l’allocation de budgets suffisants aux activités culturelles et de la transformation des écoles en lieux d’apprentissage tout au long de la vie et d’acquisition de compétences pratiques.
Les intervenants ont également insisté sur l’importance d’intégrer pleinement l’éducation physique et sportive, de promouvoir les activités sportives au sein des écoles et d’organiser des compétitions et des matchs encadrés par des élèves délégués et soutenus par les enseignants, soulignant que le sport est un outil fondamental pour garantir le bien-être physique et mental.
L’inflation en Tunisie s’établissait à 4,8 % en janvier 2026, en légère baisse par rapport aux 4,9 % du mois précédent. Le pays table, en 2026, sur un taux de 5,3%, soit le même que celui de l’année 2025.
Ce ralentissement s’explique principalement par la décélération de la hausse des prix alimentaires, qui ont progressé de 5,9 % sur un an, contre 6,1 % en décembre 2025, et par le gel des prix des services de restauration, de cafés et d’hôtellerie, qui sont passés de 6 % à 5,5 %.
Selon l’Institut national de la statistique (INS), la hausse des prix alimentaires reste soutenue dans certaines catégories : parmi les principales augmentations sur un an, on note la viande ovine (+16,1 %), les fruits frais (+17,8 %), le poisson frais (+11,3 %) et le bœuf (+10,4 %).
À l’inverse, les prix des huiles alimentaires ont diminué (-12 %).
Les prix des produits manufacturés ont augmenté de 5 % sur un an, principalement sous l’effet de la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+10,1 %) et des produits d’entretien ménager (+4,9 %).
Les services ont progressé de 3,7 %, avec une contribution significative des services d’hébergement (+11,4 %).
Du côté de l’alimentation, la hausse mensuelle est principalement due à la volaille (+4 %), aux fruits (+2,3 %) et au poisson frais (+2,1 %), tandis que les huiles (-1,6 %) et les légumes (-1,8 %) ont reculé.
D’après le classement des milliardaires mondiaux du magazine américain ‘‘Forbes’’ pour 2025, le nombre de milliardaires dans le monde a dépassé pour la première fois la barre des 3 000. En effet, quelque 3 028 personnes figurent dans ce classement, soit 247 de plus qu’en 2024. Non seulement ils sont plus nombreux, mais ils sont aussi plus riches que jamais, et leur fortune totale s’élève à 16 100 milliards de dollars, soit près de 2 000 milliards de dollars de plus qu’en 2024.
Noureddine Ben Mansour
Les États-Unis comptent un nombre record de 902 milliardaires, suivis par la Chine (516, Hong Kong inclus) et l’Inde (205). Forbes a utilisé les cours boursiers et les taux de change du 7 mars 2025 pour établir ce classement.
Elon Musk domine le classement Forbes des milliardaires avec une fortune dépassant les 700 milliards de dollars, boostée par ses entreprises Tesla, SpaceX et xAI. Jeff Bezos (Amazon) et les cofondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, ainsi que Larry Ellison (Oracle), occupent également le haut du classement, portés par l’essor de l’intelligence artificielle.
Le rapport 2025 de Henley & Partners, réalisé en partenariat avec New World Wealth, dresse un tableau inédit des flux migratoires des millionnaires à travers le monde, en se basant sur une définition spécifique : seuls sont comptabilisés les individus disposant d’au moins un million de dollars en patrimoine «liquide», c’est-à-dire facilement mobilisable ou transférable. Contrairement aux classements traditionnels, cette approche met en lumière une autre réalité de la richesse : celle qui peut fuir rapidement un pays.
Selon ce rapport, 165 000 millionnaires liquides auraient changé de pays en 2025.
Des destinations comme les Émirats arabes unis (+9 800 millionnaires) et les États-Unis (+7 500) confirment leur statut de havres fiscaux et politiques recherchés. Ces pays attirent de plus en plus de fortunes à la recherche de stabilité, de fiscalité avantageuse ou de perspectives d’investissement.
En France, 16,9% des millionnaires disposent d’une richesse liquide, contre plus de 30% en Suisse ou en Allemagne.
La France ne compte «que» 60 milliardaires «liquides», loin derrière les États-Unis (867) ou la Chine (278).
Qui sont les grosses fortunes arabes ?
En 2025, on dénombrait 38 milliardaires arabes appartenant à 8 pays de la région Mena, pour une fortune totale de 128,4 milliards de dollars.
L’Arabie saoudite compte le plus grand nombre de milliardaires arabes, avec 15 milliardaires dont la fortune totale s’élève à 55,8 milliards de dollars, suivie du Liban avec 6 milliardaires et une fortune totale de 12,3 milliards de dollars, puis des Émirats arabes unis et de l’Égypte avec 5 milliardaires chacun, dont la fortune s’élève respectivement à 24,3 milliards et 20,6 milliards de dollars.
La plupart des milliardaires en Arabie saoudite se sont enrichis grâce à leurs participations dans des sociétés cotées à la Bourse de Riyad. Le prince Alwaleed bin Talal Al Saud est l’Arabe le plus riche du monde, avec une fortune estimée à 16,5 milliards de dollars.
Aux Émirats arabes unis, les plus riches milliardaires sont Hussain Binghatti Aljbori, fondateur du promoteur immobilier de luxe (Binghatti Properties), basé à Dubaï, et Mohamed Alabbar, fondateur d’Emaar Properties, la plus grande société immobilière de la région.
Au Maroc, le plus riche milliardaire est Anas Sefrioui avec une fortune estimée à plus de 1,4 milliard de dollars.
Ces données ont été recueillies du 39e classement annuel des milliardaires mondiaux établi par Forbes.
Selon une enquête du Washington Post, xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk, a pris une voie controversée en assouplissant les mesures de protection techniques et les contrôles éthiques concernant les contenus sexuellement explicites. Cette décision s’inscrit dans une stratégie délibérée visant à accroître la popularité de la plateforme et à attirer un maximum d’utilisateurs.
Imed Bahri
L’enquête révèle que les employés de l’équipe de xAI chargée des données humaines ont reçu, il y a plusieurs mois, des notes de service les obligeant à travailler avec des contenus obscènes, violents et sexuellement explicites. Ces notes avertissaient également les membres de l’équipe que la nature de ces tâches pouvait leur causer un stress et un traumatisme psychologiques importants. D’anciens employés considèrent cela comme une rupture radicale avec la mission initiale de l’entreprise qui visait à accélérer les découvertes scientifiques humaines.
Le gain au détriment de la santé mentale
Des documents et des témoignages obtenus par le WP indiquent que Musk, qui passe désormais la majeure partie de son temps dans les bureaux de l’entreprise, a fortement insisté pour l’adoption d’un nouvel indicateur de performance appelé «Secondes d’activité», qui vise exclusivement à prolonger la conversation entre humains et robots par tous les moyens.
De ce fait, l’entreprise a lancé des compagnons IA comme le robot Annie inspiré des mangas et programmé pour provoquer des émotions chez les utilisateurs par une jalousie excessive, des propos vulgaires et des allusions sexuelles afin de les fidéliser à la plateforme.
Des médias spécialisés en technologie ont qualifié cette initiative de manipulation psychologique visant à générer des profits au détriment de la santé mentale des utilisateurs.
Femmes, célébrités et enfants victimes
La crise a éclaté au grand jour en décembre dernier lorsque Grok, chatbot d’IA développé par xAI, a commencé à produire une vague massive d’images à caractère sexuel explicite de femmes et de célébrités dans des positions compromettantes, dans ce qui a été qualifié du scandale des deepfakes à caractère sexuel. Les outils de retouche intégrés à la plateforme X permettaient aux utilisateurs de dénuder les images ou d’y ajouter du contenu suggestif à des fins de chantage ou pour contourner les normes sociales.
Plusieurs personnalités de par le monde ont été victimes de ces deepfakes à caractère sexuel dont la star de la pop arabe Haifa Wehbe. Des comptes et des pages sur les réseaux sociaux en Égypte ont publié des photos et des vidéos à caractère sexuel explicite de la chanteuse libanaise générées par Grok. Elle a chargé son avocat Sherif Hafez de déposer une plainte officielle auprès du procureur général pour identifier les auteurs de ces actes et les traduire devant la Justice.
Réduction du contrôle humain
Plus grave encore, selon les données du Center for Countering Digital Hate (organisation non gouvernementale à but non lucratif qui cherche à lutter contre la désinformation et la violence en ligne qui possède des bureaux à Londres et à Washington), le système a produit des millions d’images à caractère sexuel explicite en peu de temps dont des milliers semblaient représenter des enfants et des mineurs. Cela a suscité l’indignation mondiale et incité les autorités de Californie, du Royaume-Uni et de la Commission européenne à lancer des enquêtes judiciaires approfondies, soupçonnant des violations des lois contre la pornographie et la protection de l’enfance.
Malgré les avertissements répétés des équipes de sécurité internes de X, la direction a continué de réduire ses effectifs de contrôle humain. Une enquête a révélé que l’équipe de sécurité de l’IA de Musk ne comptait que trois personnes pendant la majeure partie de l’année 2025, un nombre infime comparé aux centaines d’ingénieurs employés par des concurrents comme OpenAI et Google.
Selon le WP, ce manque de contrôle a entraîné l’incapacité des filtres techniques à détecter les contenus illégaux générés par l’IA, d’autant plus que ces images ne correspondent pas aux bases de données traditionnelles de contenus interdits, facilitant ainsi leur diffusion incontrôlée.
Musk cherche à minimiser l’affaire
Selon le WP, Musk a défendu ces fonctionnalités, arguant qu’elles offraient une plus grande liberté aux utilisateurs. Il a affirmé que le système rejetait toute production illégale et que toute transgression était due à des problèmes techniques immédiatement corrigés. Il a souligné que Grok autoriserait l’affichage de nudité par des personnages adultes fictifs, conformément à la classification des films.
Malgré la controverse éthique et juridique, la stratégie de Musk semble avoir atteint ses objectifs commerciaux. L’application Grok s’est hissée en tête des classements des plateformes de téléchargement mondiales, avec une augmentation record de 72% des téléchargements en quelques semaines seulement. Les critiques du secteur technologique y voient la preuve que l’entreprise a privilégié la croissance rapide et les profits au détriment de la responsabilité sociale et éthique.
Il est à noter que mardi 3 février 2026, une perquisition a eu lieu dans les locaux français du réseau social X par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. La perquisition s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris avec le concours de l’Unité nationale cyber de la gendarmerie et d’Europol, visant notamment le fonctionnement de Grok pour diffusion de deepfakes à caractère sexuel, complicité de détention d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique, complicité de diffusion et offre ou mise à disposition en bande organisée d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique.
Musk, propriétaire de la plateforme X, et l’ancienne directrice générale Linda Yaccarino ont été convoqués le 20 avril pour une audition au parquet.
Selon les projections de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le revenu d’un Polonais dépassera celui d’un Japonais l’an prochain et que d’ici dix ans, le Polonais sera plus riche que n’importe quel habitant du G7 hormis l’Américain. Jadis pays émetteur d’émigrés, la Pologne observe depuis quelques années un phénomène inverse de retour au bercail, signe d’une prospérité retrouvée.(Ph. Varsovie).
Habib Glenza, de Lodz
En 2025, le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) de la Pologne a atteint 54 000 dollars, contre 46 000 dollars au Japon et 66 000 en France.
La recette du miracle polonais est la meme que celle de l’Espagne ou du Portugal en 1990, à savoir le retour à la démocratie, l’économie de marché et l’adhesion à l’Union européenne (UE) en 2004.
Depuis 2004, la Pologne a été le premier bénéficiaire des fonds de l’UE pour se moderniser. Le pays est devenu une plaque tournante de l’industrie européenne. Il dispose d’une forte productivité et de compétences techniques de bon niveau, ce qui a attiré les capitaux étrangers pour bâtir des usines et des plateformes logistiques.
En Pologne, il y a plus de 270 groupes mondiaux qui ont fait de ce pays leurs bases logistiques et plus de 1000 entreprises françaises installées. L’environnement réglementaire, fiscal et social est très favorable à la création des entreprises et de l’emploi. Le salaire moyen a doublé en 10 ans, passant à 2000 euros, tandis que le smig a triplé pendant la même période, atteignant les 1100 euros
L’émigration est un long chapitre de l’Histoire de la Pologne. Mais avec un taux de chômage d’à peine 3% et un PIB par habitant en forte hausse depuis vingt ans, la Pologne voit aujourd’hui revenir ses ressortissants émigrés, au rythme d’environ 100 000 par an, selon l’Institut national polonais de la statistique. Ils sont attirés par une croissance hors norme et le plein-emploi.
Aujourd’hui, l’économie polonaise est l’une des plus dynamiques d’Europe et la Pologne est devenue la 20e économie mondiale avec une croissance hors du commun de 3,6% en 2025. Son PIB par habitant a plus que triplé en deux décennies (et pourrait dépasser celui de la France dans dix ans, selon l’OCDE).
«Si la Pologne ne connaissait pas cet essor, alors même quelqu’un qui voudrait revenir pour des raisons, par exemple familiales, ne le pourrait pas», rappelle Dominika Pszczolkowska, chercheuse au Centre d’études sur les migrations de l’université de Varsovie.
«Bon nombre des compétences et qualifications acquises à l’étranger par les migrants peuvent être directement mises à profit à leur retour», assure Magdalena Gawronska, responsable du programme Returning Talent to Warsaw (Ramener les talents à Varsovie).
Malgré tout, les candidats au retour ont l’impression que la vie en Pologne est plus avantageuse. En Europe de l’Ouest, où le coût de la vie est souvent plus élevé, «les gens travaillent juste pour survivre et payer leurs factures. Il est impossible d’épargner», explique à l’AFP Radek H., un commercial de 47 ans revenu d’Irlande il y a deux ans.
Si la tendance actuelle montre un renversement de l’émigration vers le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas, Dominika Pszczolkowska s’attend à ce qu’elle s’étende bientôt à d’autres pays européens. «La Pologne est devenue suffisamment attractive pour attirer véritablement et sérieusement des travailleurs du monde entier», fait valoir l’analyste Marcin Klucznik.
A l’occasion de la commémoration du 180e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Tunisie, le 23 janvier 1846, par Ahmed Ier Bey, Pr. Abdelhamid Largueche, professeur émérite d’histoire et ancien membre du Comité du Patrimoine Mondial à l’Unesco, donnera une conférence sur ce sujet intitulée «De l’esclavage à la liberté».(Ph. Manuscrit du décret d’abolition de l’esclavage).
La conférence sera donnée au Centre des arts, de la culture et des lettres ‘‘Ksar Saïd’’ au Bardo, à l’ouest de Tunis.
Avant de procéder à l’abolition définitive de l’esclavage, Ahmed Ier Bey a, le 29 avril 1841, un entretien avec Thomas Reade, consul général de l’Angleterre à Tunis, qui lui conseille d’interdire ce commerce. Convaincu de la nécessité d’une telle action, étant lui-même fils d’une esclave et considéré comme un prince ouvert au progrès, prompt à réprimer toute forme de fanatisme, il décide d’interdire l’exportation des esclaves le jour même de sa rencontre avec Reade. Procédant par étapes, il a déjà libéré les esclaves blancs puis il ferme le marché aux esclaves de Tunis en août et annonce, en décembre 1842, que toute personne née dans le pays est désormais libre.
Pour parer à toute forme de mécontentement, il obtient au préalable des fatwas des oulémas dont celle, catégorique et sans précédent dans le monde arabo-musulman, du bach mufti Sidi Brahim Riahi.
L’abolition totale est décidée pour tout le pays par le décret du 23 janvier 1846.
Contrairement à ce qui a circulé ces derniers jours, Boualem Sansal, 76 ans, n’a pas été déchu de sa nationalité algérienne. L’écrivain franco‑algérien a tenu à clarifier la situation auprès du journal ‘‘Le Matin’’ et de Kamel Bencheikh : « Cette déchéance n’est, à ce stade, qu’une rumeur ».
Selon Sansal, cette information serait née à Alger, une semaine après sa libération, dans certains journaux locaux, avant de se propager rapidement sur les réseaux sociaux. L’écrivain explique qu’il a abordé ce sujet lors d’une rencontre avec des lycéens du 9ᵉ arrondissement de Paris, organisée par Valérie Pécresse, où une journaliste du Figaro, présente à l’événement, a relayé l’information en toute bonne foi.
Cette clarification met un terme à des spéculations qui avaient suscité un émoi international et relancé le débat sur la liberté d’expression et le traitement des intellectuels critiques dans le monde arabe. Boualem Sansal, dont l’œuvre interroge sans concession l’histoire et la politique, demeure donc à la fois Franco‑Algérien et citoyen de son pays natal, malgré les tensions passées avec les autorités algériennes.
Pour l’écrivain, cette affaire rappelle surtout la rapidité avec laquelle les rumeurs peuvent se transformer en «vérités» sur les réseaux sociaux, et l’importance de vérifier l’information avant de l’amplifier.
Alors que l’éducation numérique continue de se développer en Afrique et au Moyen-Orient, Skirora, une plateforme d’apprentissage en ligne lancée par le Tunisien Yacine Aridhi en 2025, permet aux enseignants de monétiser leurs contenus pédagogiques numériques. Elle propose des outils structurés pour un apprentissage en ligne axé sur les résultats.
Skirora vise à offrir une éducation adaptée aux besoins régionaux tout en proposant aux formateurs un modèle de revenus basé sur les commissions. «Nous rendons l’éducation accessible, flexible et axée sur les compétences : les étudiants peuvent apprendre à leur rythme, les formateurs peuvent monétiser leur expertise et les entreprises peuvent accéder à des talents qualifiés grâce à une plateforme moderne et performante», explique la startup.
Skirora, développée par Tuniform, propose des cours de mathématiques, de programmation, de commerce, de langues, de design et de développement personnel.
Contrairement à certaines plateformes internationales qui ne tiennent pas compte des réalités locales, Skirora offre une suite complète d’outils aux enseignants et formateurs. Ces derniers peuvent créer des cours structurés, gérer les inscriptions et proposer des expériences d’apprentissage claires et pertinentes.
La plateforme privilégie les résultats d’apprentissage aux contenus courts, viraux ou non structurés, répondant ainsi à la demande croissante de formations en ligne offrant des résultats mesurables, tels que la validation des cours et l’acquisition de compétences pratiques.
Actuellement en développement, Skirora se concentre en priorité sur la fiabilité de l’expérience d’apprentissage et l’implication des formateurs. La startup ambitionne de s’étendre au-delà de la Tunisie en attirant des enseignants et des apprenants d’autres marchés régionaux et internationaux.
En combinant accessibilité locale, outils pédagogiques performants et un modèle économique axé sur la réussite des enseignants, Skirora s’impose comme un nouvel acteur de l’écosystème EdTech africain.
Dans une volonté affirmée de freiner les pressions inflationnistes, qui avaient atteint 7 % en 2024, la Tunisie table sur une inflation stable autour de 5,3 % en 2026, soit le même taux que celui annoncé cette semaine par l’Institut national de la statistique (INS) pour l’ensemble de l’année 2025.
Les prévisions officielles indiquent que la tendance à la baisse de l’inflation devrait se poursuivre en 2026, soutenue par un allègement des pressions sur les prix alimentaires.
Les autorités prévoient de s’appuyer sur le soutien à la production nationale et l’accélération de la numérisation des systèmes de suivi et des circuits de distribution afin de maîtriser l’évolution des prix.
Selon le Rapport sur l’équilibre économique 2026, le gouvernement prévoit de poursuivre en 2026 ses efforts pour maîtriser l’inflation et la maintenir à un niveau acceptable, en privilégiant la garantie d’un approvisionnement régulier en biens essentiels grâce à la constitution de stocks de réserve, un contrôle renforcé pour limiter la spéculation, la lutte contre les monopoles et une meilleure organisation des circuits de distribution.
Afin de contenir l’inflation autour de 5,3 % en 2026, le gouvernement souligne la nécessité d’intégrer les politiques économiques et sociales aux stratégies sectorielles, d’améliorer l’efficacité et d’assurer une utilisation optimale des ressources disponibles. Il insiste également sur l’importance de mécanismes de suivi et d’évaluation pour garantir la mise en œuvre rapide des mesures et des programmes.
Les catastrophes naturelles majeures représentent un risque économique croissant pour la Tunisie, avec un impact potentiel estimé à près de 1,9 % du produit intérieur brut (PIB). Cette alerte a été lancée par le ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, en marge du 18eForum de Carthage sur l’assurance et la réassurance, qui s’est tenu à Tunis, le lundi 2 février 2026.
Latif Belhedi
Selon les données présentées, la sécheresse représente à elle seule plus de la moitié des catastrophes naturelles recensées dans le pays. Les inondations, bien que moins fréquentes, représentent près de 60 % des pertes économiques totales. Les secteurs les plus exposés demeurent l’agriculture, les infrastructures et le tourisme, piliers essentiels de l’économie tunisienne. Les populations les plus vulnérables sont aussi les plus durement touchées, ce qui accentue les risques sociaux liés aux chocs climatiques.
Absorber les chocs économiques
Face à cette exposition croissante, les autorités tunisiennes ont fait de la gestion des catastrophes et du changement climatique une priorité nationale. La stratégie repose sur le renforcement de la prévention, l’adaptation des politiques publiques et le recours à des mécanismes financiers innovants capables d’absorber une partie des chocs économiques.
Les récentes intempéries qui ont frappé le pays rappellent l’urgence de consolider les mécanismes de protection existants. Dans ce contexte, le rôle stratégique de l’assurance et de la réassurance apparaît essentiel pour limiter l’impact économique et social des catastrophes, renforcer la résilience des ménages et des entreprises et soutenir la capacité de relance de l’économie nationale.
Le 18e Forum de Carthage sur l’assurance et la réassurance, qui s’est tenu du 1er au 3 février 2026 à Tunis, s’inscrit pleinement dans cette réflexion. Placé sous le thème «Garantir l’avenir dans un monde en mutation : innover, prévenir et renforcer la résilience», ce forum était organisé conjointement par Tunis Re, la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance (Ftusa) et la Fédération générale arabe des assurances (Gaif).
S&P Global Ratings prévoit que la croissance des prêts bancaires tunisiens restera modérée, à environ 3 % par an en 2026, reflétant une croissance économique modeste – l’agence anticipe une croissance du PIB de 1,7 % en 2026, hors chocs externes ou internes majeurs.
Cette faible croissance, conjuguée à l’absence de progrès sur les réformes structurelles clés, entraîne un faible niveau d’investissement public et privé et limite la capacité des banques à générer des bénéfices plus importants, estime S&P, qui constate toutefois une reprise de la consommation privée.
La récente baisse des taux d’intérêt par la banque centrale devrait alléger le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers, même si une inflation relativement élevée et des critères d’octroi de crédit peu rigoureux continuent de peser sur ce coût.
Malgré un contexte de liquidités extérieures difficile, la Tunisie a assuré le service de sa dette commerciale extérieure entre 2024 et 2025. Ce service a été rendu possible grâce à des emprunts directs auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et à une augmentation des transferts de fonds, contribuant ainsi à stabiliser ses réserves de change.
Dépendance excessive à l’égard de la BCT
Les échéances à court terme sont modestes, s’élevant à 816,7 millions de dollars pour 2026 et à moins de 350 millions de dollars pour 2027, ce qui atténuera la pression budgétaire.
Cependant, une dépendance excessive à l’égard de la BCT pourrait nuire à la crédibilité de la monnaie et alimenter l’inflation.
La Tunisie a également utilisé la majeure partie de ses réserves disponibles, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations de l’environnement international, telles qu’une forte hausse des prix du pétrole ou un ralentissement marqué de l’économie européenne.
Par conséquent, S&P prévoit que les banques continueront d’être confrontées à des risques élevés liés à l’instabilité macroéconomique et à une faible qualité des actifs en raison du niveau élevé de créances douteuses.
S&P prévoit, par ailleurs, que le niveau élevé de créances douteuses (NPL) représentera près de 16 % du portefeuille de prêts total au cours des 12 à 24 prochains mois, et que le coût du risque restera élevé, à environ 150 points de base.
Les retards importants pris dans les réformes réglementaires ont entravé la capacité des banques à radier les prêts anciens, estime l’agence.
Les banques ont constitué des provisions ces dernières années sous la supervision de la BCT, mais le ratio de provisionnement pour pertes sur prêts (NPL) demeure modeste, à 55 % à la mi-2025. Cette couverture limitée restreint la capitalisation des banques.
Une rentabilité limitée freine la capitalisation
S&P prévoit une baisse négligeable de la rentabilité en 2026, suite à la récente diminution du taux directeur. Par ailleurs, l’importance des réseaux d’agences et la rigidité des structures de coûts continueront d’absorber plus de 40 % des revenus des banques, limitant ainsi leurs bénéfices.
Les banques tunisiennes accusent également un retard par rapport à leurs homologues des marchés émergents en matière de digitalisation de leurs offres, ce qui restreint davantage leurs résultats. S&P prévoit un rendement des actifs de 1 % et un rendement des capitaux propres de 11 % en 2026.
La rentabilité limitée entravera la capacité des banques à améliorer sensiblement leur capitalisation.
Les ratios de solvabilité et de fonds propres de catégorie 1 du système bancaire se sont améliorés en 2024, atteignant respectivement 14,5 % et 11,9 % à la fin de l’année, contre 14,2 % et 11,3 % à la fin de 2023. Cependant, S&P considère la capitalisation globale comme faible compte tenu des risques importants qui pèsent sur l’environnement opérationnel des banques.
De plus, plusieurs petites banques fonctionnent en deçà des exigences minimales d’adéquation des fonds propres.
Bien que l’agence n’anticipe pas de risque majeur pour la stabilité financière, cela souligne la difficulté pour l’autorité de régulation bancaire de mettre en œuvre la réglementation, malgré les réformes récentes.
Hausse de l’exposition souveraine des banques
L’exposition souveraine des banques tunisiennes demeure nettement inférieure à celle des marchés émergents comparables, notamment l’Égypte.
Toutefois, l’exposition directe des banques aux obligations souveraines et aux programmes d’emprunt nationaux atteignait environ 30 milliards de dinars tunisiens (TND) en juin 2025, soit 16,5 % du total de leurs actifs – une hausse significative par rapport aux 12,7 % enregistrés fin 2022.
Par ailleurs, S&P estime que l’exposition directe des banques au secteur public et aux entités liées à l’État (ELE) s’élevait à près de 19 milliards de TND, soit 17 % du total des prêts, au 30 juin 2025. Sans soutien de l’État, certaines de ces expositions pourraient peser sur la qualité des actifs des banques, car la situation financière de certaines ELE demeure fragile. On comprend donc que le gouvernement n’envisage pas de restructurer ni de liquider ces entités.
Les banques tunisiennes dépendent de la BCT en raison de leurs sources de financement limitées. Les dépôts de la clientèle, principale source de financement de ces banques, affichent une croissance stable et devraient augmenter d’environ 5 % en 2026. Toutefois, ces dépôts sont insuffisants pour financer intégralement les activités de prêt des banques, ce qui les oblige à recourir régulièrement à la BCT pour obtenir des financements complémentaires.
Cette dépendance s’explique par la taille réduite du marché des capitaux local et l’accès restreint aux financements extérieurs.
S&P prévoit que la dette extérieure nette, provenant principalement de sociétés offshore, d’expatriés tunisiens et de lignes de crédit d’institutions multilatérales, dépassera légèrement 15 % du total des prêts domestiques en 2026.
Le financement provenant de sociétés mères étrangères demeure limité par rapport aux marchés émergents comparables, mais les actionnaires étrangers détiennent près d’un tiers des actions du système bancaire tunisien.