Née le 23 décembre 1937 à Bcharré, au Liban et décédée le 28 janvier 2026 à Paris, Vénus Khoury-Ghata est une poétesse franco-libanaise, qui reçut le prix Goncourt de la poésie en 2011 pour son recueil ‘‘Où vont les arbres ?’’ Le poète Tahar Bekri lui rend ici hommage.
Alger, Istanbul, Sète, Paris, Printemps des poètes, Marché de la poésie, Institut du Monde arabe, chez Dominique de Villepin dans ses différents ministères, Association et revue Confluences, des décennies nous ont réunis dans des lectures, des rencontres, des festivals, des complicités, des célébrations.
Vénus portait sa terre sur les épaules, son Liban meurtri, depuis le début de la guerre, Passionnée, fougueuse, elle mobilisait sa poésie pour dire sa douleur, sa colère, sa voix d’exilée, de résiliente, cris rentrés, cris criés, lyriques, saccadés, chargés de métaphores et de mots inachevés.
Malgré cela, ouverture sur le monde littéraire,France Culture, jurys littéraires, sans oublier l’humour :«Tu sais Tahar comment certains Arabes m’appellent Sitt Fanous» (lampadaire)… Elle illuminait tout ce qu’elle touchait. Elle nous quitte, elle manquera à l’appel, à la poésie.
Quarante ans après sa création, Hayett Assurances ne se contente pas de célébrer son parcours. À l’occasion de son 40ᵉ anniversaire et du lancement de sa nouvelle identité visuelle, la compagnie a choisi d’ouvrir le débat sur un enjeu central mais encore sous-estimé en Tunisie : le rôle économique et social de l’assurance-vie. Une conférence-débat, jeudi 29 janvier 2026, à l’hôtel Radisson Blu Tunis, qui a réuni experts, banquiers et acteurs du secteur autour d’une même conviction : l’assurance-vie est bien plus qu’un produit financier, c’est un levier de protection, de solidarité et de développement durable.
Latif Belhedi
Bien au-delà de la dimension commémorative, cette rencontre a marqué une étape charnière dans l’histoire de Hayett Assurances, qui célèbre quarante années d’engagement au service des assurés tunisiens. Dans une atmosphère à la fois professionnelle et chaleureuse, la compagnie a tenu à rappeler les fondements de sa mission tout en affirmant ses ambitions pour l’avenir, portées par une identité visuelle renouvelée, aux caractères vert-bleu, sur fond de voiles déployés, symbole de modernité, de dynamisme et d’ouverture.
Modernité, dynamisme ouverture vers l’avenir
Ouvrant les travaux, le directeur général de Hayett Assurances, Lotfi Ben Haj Kacem, a souligné la portée symbolique de ce moment dans la trajectoire de l’entreprise. «Nous célébrons aujourd’hui un moment historique dans la vie de notre société. Quarante années d’engagement, de croissance, d’innovation et surtout de fidélité à notre mission», a-t-il déclaré, rappelant que la vocation première de Hayett Assurances demeure la protection et l’accompagnement des individus et des familles, dans un esprit de responsabilité et de professionnalisme.
Pour le dirigeant, cet anniversaire ne se limite pas à un regard rétrospectif. Il marque aussi l’ouverture d’un nouveau chapitre. «Cet anniversaire n’est pas seulement une célébration du passé. Il marque une nouvelle étape dans notre histoire. Aujourd’hui, nous affirmons notre ambition à travers une nouvelle identité visuelle, symbole de modernité, de dynamisme et d’ouverture vers l’avenir», a-t-il affirmé, inscrivant cette évolution dans une démarche globale de transformation et d’adaptation aux mutations du secteur.
Le choix du thème de la conférence n’est pas anodin. Selon Lotfi Ben Haj Kacem, l’assurance-vie dépasse largement le cadre des indicateurs financiers. «Au-delà des chiffres et des performances, l’assurance-vie joue un rôle essentiel dans la société», a-t-il insisté. Sur le plan économique, elle contribue au financement de l’économie nationale, à la stabilité du système financier et à la mobilisation de l’épargne au profit de l’investissement et de l communauté nationale. Sur le plan social, elle protège les familles, sécurise l’avenir des enfants et favorise une vision financière de long terme, renforçant ainsi la solidarité entre les générations. «La solidarité n’est pas seulement un concept. C’est une réalité concrète et un engagement durable au service des individus, des familles et de la collectivité», a-t-il résumé.
Créer de la valeur économique, humaine et sociale
Dans cette optique, la conférence-débat s’est voulue un espace d’échange et de partage d’expériences, afin de mieux comprendre comment le secteur de l’assurance-vie peut contribuer à créer de la valeur non seulement économique, mais aussi humaine et sociale. «Ensemble, forts de notre héritage et tournés vers l’avenir, nous continuerons à innover, à évoluer et à servir avec excellence», a conclu le directeur général.
Jamil Rihana, directeur général adjoint de Hayett Assurances, a recentré le débat sur les fondamentaux de l’assurance-vie et sa vocation sociale. «L’assurance-vie, c’est avant tout la protection des individus et des familles», a-t-il rappelé, évoquant la protection des conjoints et des enfants face aux aléas de la vie, à la perte ou à la fluctuation des revenus, à la perte d’autonomie ou encore aux problématiques de transmission du patrimoine.
Il a mis en exergue une spécificité majeure de l’assurance-vie, souvent ignorée du grand public, notamment en matière de succession. «L’assurance-vie permet, grâce aux mécanismes de désignation de bénéficiaires, de verser un capital hors cadre successoral classique, ce qui facilite la transmission du patrimoine, limite les conflits et permet même de couvrir certains droits liés à la succession», a-t-il expliqué.
Pour Jamil Rihana, l’assurance-vie constitue ainsi un outil de protection individuelle et familiale qui contribue, par ricochet, à renforcer la protection collective et la résilience de la société face aux chocs externes. Mais il a surtout insisté sur la nécessité de sortir l’assurance-vie de son image élitiste. «Notre mission première est de démocratiser l’assurance-vie, encore trop perçue comme un privilège réservé aux professions libérales ou aux salariés à hauts revenus», a-t-il affirmé.
Cette démocratisation repose, selon lui, sur trois leviers fondamentaux. Le premier consiste à concevoir des solutions adaptées aux différentes situations et étapes de la vie, qu’il s’agisse d’un chef de famille, d’un indépendant, d’un salarié ou d’un retraité. «Les solutions doivent s’adapter aux moments de vie et apporter des réponses spécifiques à chaque situation», a-t-il souligné, rappelant l’importance d’une gamme de produits diversifiée et cohérente.
De gauche à droite : Jamil Rihane, Slaheddine Ladjimi, Hakim Ben Yedder, Lotfi Ben Haj Kacem, Habib Karaouli et Ahmed El Karam.
Le deuxième levier repose sur l’accessibilité, rendue possible par l’implantation régionale du réseau de distribution de Hayett Assurances et par des partenariats stratégiques, notamment dans le domaine de la bancassurance. «La bancassurance est un élément clé de notre développement. Elle nous permet de toucher une large palette de clients, en s’appuyant sur la relation de confiance entre la banque et ses clients», a-t-il expliqué, évoquant également le rôle croissant de la microfinance dans l’inclusion financière des populations fragilisées.
Finalement et non moins important, le troisième levier concerne la simplicité et la lisibilité des produits. «Les solutions d’assurance doivent être compréhensibles, simples et efficaces», a insisté Jamil Rihana, soulignant l’importance de l’éducation financière et de l’accompagnement des assurés à travers des produits clairs, rapidement déployables et adaptés aux besoins réels.
Très loin des moyennes internationales…et africaines
Par ailleurs, le débat s’est élargi à une lecture macroéconomique avec l’intervention de Habib Karaouli, PDG de CAP Bank, qui a dressé un état des lieux sans concession du marché de l’assurance-vie en Tunisie. «L’assurance-vie est restée pendant longtemps marginale, avec une part qui n’a commencé à évoluer à un rythme soutenu que ces dernières années», a-t-il constaté, rappelant que sa part dans l’ensemble du marché de l’assurance ne dépasse pas aujourd’hui 28 à 30 % de l’enveloppe globale de l’assurance, loin des standards internationaux.
Il a également souligné la faiblesse du taux de pénétration global de l’assurance en Tunisie, estimé à environ 2,5 %, contre près de 7 % dans le reste du monde. «Sur l’assurance-vie, nous sommes encore très loin des moyennes internationales, qui avoisinent les 55 %, et même de la moyenne africaine, qui atteint 65 %», a-t-il précisé. Pour autant, il a relevé des signaux encourageants, notamment un taux de croissance annuel compris entre 19 et 21 %, avec un exercice 2024 clôturé sur une progression de 21 %.
Selon Habib Karaouli, l’assurance-vie joue un rôle déterminant dans l’amélioration du taux d’épargne, le financement de l’investissement et la couverture de l’endettement domestique. «Les compagnies d’assurance sont des contributeurs majeurs au financement des émissions de l’État», a-t-il affirmé, citant les exemples du Maroc, du Japon et du Vietnam comme modèles de cercles vertueux où l’assurance-vie soutient durablement la souveraineté financière et les projets d’infrastructure de long terme.
Face à cette situation, le panéliste a plaidé pour un cadre fiscal stable et incitatif, condition indispensable au développement de l’épargne longue, ainsi que pour un renforcement de la culture assurancielle. «Il faut sortir de l’idée que l’assurance est une dépense subie. C’est un projet d’investissement», a-t-il martelé, appelant à une pédagogie accrue auprès des ménages et des générations futures.
Sur un autre plan, la dimension sociale du débat a été approfondie par Hedi Dahmen, expert auprès des tribunaux en sécurité sociale, qui a interrogé la place de l’assurance-vie dans un système de protection sociale tunisien fragilisé. S’adressant directement aux cadres et aux employés des secteurs bancaire et assurantiel, il a souligné que l’assurance-vie ne saurait constituer une alternative à la réforme structurelle des régimes de sécurité sociale, mais plutôt un complément nécessaire.
«L’assurance-vie ne peut pas se substituer à la réforme du système de pension, mais elle peut en être un complément, surtout en l’absence d’une politique salariale équitable et motivante», a-t-il expliqué, rappelant les fortes disparités entre les pensions du secteur public et celles du secteur privé. Pour lui, la réforme de la sécurité sociale demeure une urgence nationale, à laquelle doivent s’articuler des dispositifs complémentaires, à l’échelle de l’entreprise comme à celle de l’individu, dans un esprit de dialogue social et de concertation entre partenaires.
Nous ne pouvons rendre compte de la richesse des contributions de différents panélistes, notamment celles de l’expert financier Ahmed El Karm, de l’économiste universitaire Abdelkader Boudriga, de l’ancien ministre des Affaires sociales Hafedh Laamouri ou autres Jouda Khemiri, présidente du Comité général des assurances, qui a rapporté un scoop dont se sont félicités les présents : l’assurance-vie ne sera pas incluse dans l’assiette de calcul de l’impôt sur la fortune (ISF), ce qui aurait sans doute impacté négativement ce secteur essentiel pour la collecte de l’épargne et l’impulsion de l’investissement.
Dans le cadre du Programme d’assistance à la balance des paiements tunisienne, une cérémonie s’est déroulée à Sfax au cours de laquelle ont été livrés 88 tracteurs et autres équipements d’origine italienne, acquis par l’Office des terres domaniales (OTD) grâce au soutien de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).
L’ambassade d’Italie en Tunisie l’a annoncé dans un communiqué diffusé sur ses canaux, précisant que la cérémonie a eu lieu à la Ferme d’État de Chaal, la plus grande exploitation agro-combinée d’Afrique du Nord avec plus de 30 000 hectares, en présence du ministre tunisien de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, et de la directrice de l’AICS Tunis, Isabella Lucaferri.
«Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’assistance à la balance des paiements, par lequel la Coopération italienne soutient les investissements publics en Tunisie, en particulier dans le secteur agricole et l’introduction de technologies à forte valeur ajoutée», conclut le communiqué.
En Afrique du Nord, la transition vers les énergies renouvelables demeure largement contrôlée par des investisseurs étrangers et des institutions internationales, révèle un récent rapport en arabe de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), intitulé «De la sécurité énergétique à la souveraineté : voies vers une transition énergétique juste en Égypte, au Maroc et en Tunisie». S’agissant de notre pays, ses ambitions déclarées pour dépasser son déficit énergétique structurel sont handicapées par des capacités institutionnelles.
Bien que l’Égypte, la Tunisie et le Maroc aient entrepris de développer des projets d’énergies renouvelables, le rapport souligne que ces développements privilégient les marchés européens et les recettes d’exportation au détriment des besoins locaux, maintenant ainsi l’énergie, la technologie et les profits en grande partie hors de la région. «Si les progrès technologiques facilitent cette transition, le rapport de force reste inchangé, risquant de perpétuer les inégalités et les dépendances historiques liées aux énergies fossiles», avertit Greenpeace Mena.
La transition énergétique en Afrique du Nord présente donc un double défi, tant en matière de gouvernance que de technologie. Les infrastructures, les contrats et les réseaux publics doivent apporter des bénéfices concrets aux communautés. La région ne pourra satisfaire ses besoins énergétiques et atteindre ses objectifs climatiques que si la souveraineté énergétique, l’équité et la responsabilité sont au cœur de cette transition.
Selon le rapport, des mécanismes juridiques et financiers sont également nécessaires pour rendre juridiquement contraignants les engagements en matière de dette climatique, ainsi que pour mettre en œuvre le principe du «pollueur-payeur» et d’autres mécanismes de responsabilisation afin de garantir que les États et les entreprises historiquement responsables des dommages climatiques assument pleinement leurs responsabilités.
Dans le chapitre consacré à la Tunisie, le rapport de Greenpeace Mena souligne un décalage structurel entre les ambitions déclarées et les capacités institutionnelles, ce qui «représente un défi majeur pour la transition énergétique» dans le pays.
Malgré des progrès juridiques et politiques significatifs, la mise en œuvre de ces cadres réglementaires se heurte à des obstacles importants liés à la complexité administrative, aux contraintes financières et aux capacités techniques limitées aux niveaux local et national, indique le rapport.
Dans les trois pays étudiés, Greenpeace Mena souligne la quasi-absence de mécanismes de propriété communautaire et de partage des revenus dans les plans nationaux. Les cadres réglementaires régissant les projets de production d’énergie privilégient souvent les investisseurs au détriment des communautés, ce qui aggrave les inégalités d’accès aux avantages des énergies renouvelables et limite le soutien public à la transition énergétique.
Le rapport note cependant que la Tunisie bénéficie d’un excellent ensoleillement : la plupart des régions intérieures et méridionales reçoivent entre 2 000 et 2 300 kilowattheures par mètre carré et par an, tandis que les régions du nord et du centre connaissent des vents modérés.
Le plan solaire tunisien, lancé en 2009 et modifié à plusieurs reprises, vise à atteindre 30 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030. Or, cette part est restée inférieure à 5 % en 2024, témoignant d’une mise en œuvre insuffisante.
Le rapport de Greenpeace Mena a été publié quelques jours avant la Journée internationale de l’énergie propre, célébrée chaque année le 26 janvier.
Le passage du cyclone Harry, au cours de la semaine dernière, s’est accompagné de fortes pluies et d’une mer agitée, qui ont accéléré l’érosion de certaines plages, faisant remonter à la surface des vestiges archéologiques auparavant enfouis à Néapolis (Nabeul) et Kerkouane (Kélibia). Ce qui a poussé l’Institut national du patrimoine (INP) à intervenir d’urgence le long du littoral du gouvernorat de Nabeul.
Les découvertes les plus importantes concernent la région de Néapolis et la plage de Sidi Mahrsi, ainsi que les zones proches du site punique de Kerkouane, dans la région du Hammam Ghezaz, notamment entre Demna et Oued El Ksab.
Les opérations de reconnaissance et de documentation ont été menées avec l’appui des forces de sécurité, dans un contexte marqué par un afflux de curieux et des tentatives de vol d’objets, ayant entraîné des arrestations par la Garde nationale.
Concernant la nature des découvertes, l’INP signale des murs pouvant appartenir à d’anciennes habitations ou à des complexes thermaux à Sidi Mahrsi. À Néapolis, en revanche, des structures compatibles avec des citernes ou des installations de transformation et de salaison du poisson sont en cours d’évaluation, dans une zone déjà connue des archéologues pour ses installations liées au garum. La datation, précisent les mêmes sources, nécessitera des études et des prospections complémentaires une fois les conditions météorologiques et maritimes stabilisées.
Les investigations ne se limitent pas au Cap Bon : des équipes techniques ont également mené des inspections dans le gouvernorat de Mahdia, sur plusieurs sites côtiers, dont Borj Erras et Salakta, afin d’évaluer l’impact de la tempête et de préparer des mesures de protection.
Les experts soulignent également la grande vulnérabilité des sites exposés à la mer, soumis à une érosion structurelle que les événements extrêmes ont tendance à exacerber, et insistent sur la nécessité de mesures de protection côtière et d’une surveillance renforcée.
En matière de coopération entre la Tunisie et l’Union européenne (UE), ce sont souvent les Européens qui élaborent des programmes au plus près de leurs intérêts, sur les plans sécuritaire, économique et énergétique, et les Tunisiens, souvent à court d’idées et de financements, qui disposent. Ce schéma, qui perdure depuis la signature de l’accord s’association entre les deux parties en 1995, on le retrouveavec le lancement des nouveaux projets Interreg Next Med et Interreg Next Italie-Tunisie.
Ces projets ont été présentés lors d’un événement organisé mercredi 28 janvier 2026 à Tunis, en collaboration avec le ministère de l’Économie et de la Planification, avec le soutien du projet Interreg Tesim Next.
Impulser la coopération transfrontalière
Le vice-président de la Commission européenne, Raffaele Fitto, et des représentants des régions de Sicile et de Sardaigne ont également participé à cet événement qui, selon l’UE, «a permis de faire le point sur la coopération transfrontalière et d’illustrer son impact sur le territoire tunisien, notamment la contribution des projets Interreg Next à la construction d’une Méditerranée plus prospère, plus verte et plus solidaire».
«L’événement d’aujourd’hui illustre le rôle fructueux de la Tunisie dans la coopération transfrontalière, notamment en matière de création et de développement de partenariats et d’engagement à différents niveaux», a déclaré l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone.
Pour un développement partagé en Méditerranée
L’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, a quant à lui souligné que «la coopération entre la Tunisie, l’UE, l’Italie et ses territoires constitue un levier précieux pour promouvoir le développement partagé en Méditerranée, rétablir les relations euro-méditerranéennes sur des bases collaboratives et mutuellement avantageuses, fondées sur les principes de partenariat, d’égalité et de responsabilité partagée qui inspirent le plan Mattei pour l’Afrique du gouvernement italien, et le nouveau Pacte pour la Méditerranée.»
La dynamique de la coopération transfrontalière entre la Tunisie et l’UE porte aujourd’hui ses fruits. La Tunisie compte 43 partenaires impliqués dans 37 projets Interreg Next Med et 72 partenaires impliqués dans 30 projets Interreg Next Italie-Tunisie, confirmant ainsi son rôle de partenaire clé dans l’espace euro-méditerranéen méditerranéen.
Ces échanges ont ouvert un débat sur l’avenir de la coopération transfrontalière entre la Tunisie et l’UE, notamment au regard du prochain cycle de programmation européen 2028-2034.
L’UE alloue 32,3 millions d’euros au programme bilatéral Interreg Next Italie-Tunisie, dont 45 % sont consacrés à la transition écologique dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe.
Ce programme vise à renforcer la coopération entre la Sicile (neuf provinces) et la Tunisie (seize gouvernorats) autour de priorités communes, notamment la compétitivité, la recherche et l’innovation, la transition écologique et la résilience climatique, l’inclusion sociale, l’accès aux soins de santé et le développement des secteurs du tourisme et de la culture. Il vise également à améliorer la gouvernance locale et l’engagement de la société civile.
Par ailleurs, l’UE alloue plus de 260 millions d’euros au programme transnational Interreg Next Med, qui réunit quinze pays méditerranéens, dont la Tunisie. Le programme Next Med financera des projets de coopération conjoints visant à faire de la Méditerranée un espace de vie plus vert, plus propre, plus compétitif et plus inclusif.
Alors que les forces militaires américaines convergent vers le Moyen-Orient, des informations révélées par Israel Hayom -propriété de Miriam Adelson principale mécène de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu- indiquent que l’opération américaine en cours de préparation vise à accomplir simultanément des assassinats ciblés de toutes les personnalités clés au sein du régime afin de créer un état de paralysie les empêchant de toute possibilité de riposte et en même temps de bombarder des installations stratégiques de la République islamique dont certaines au cœur de Téhéran.
Imed Bahri
Israel Hayom, le journal le plus proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rapporte que le président américain Donald Trump a ordonné à son équipe de préparer un «plan militaire décisif» pour frapper l’Iran, tout en maintenant délibérément le flou de ses menaces. Ceci coïncide également avec le renforcement militaire américain au Moyen-Orient.
Washington a intensifié son activité militaire dans la région, le président Trump annonçant jeudi qu’une force importante se dirige vers l’Iran. Parallèlement, des sources israéliennes évoquent la possibilité d’une attaque iranienne préventive avant une éventuelle frappe militaire américaine contre Téhéran.
Les dirigeants iraniens en point de mire
Dans un article signé par son correspondant pour les affaires arabes, Shachar Kleiman, le quotidien israélien affirme que l’administration Trump ne se contente plus de formules telles que «changer de comportement» mais finalise actuellement une «liste de cibles» comprenant l’élite dirigeante iranienne et des installations stratégiques sensibles.
Israel Hayom indique que cette liste de cibles inclut des personnalités influentes au sommet de l’État, notamment le Guide suprême Ali Khamenei, qui détient l’autorité décisionnelle ultime en matière de programmes d’armement nucléaire et de soutien aux milices dans la région.
Selon le journal israélien, des informations indiquent qu’assassiner Khamenei provoquerait un séisme susceptible de faire effondrer le régime malgré l’existence de listes secrètes de successeurs potentiels. Face aux informations de plus en plus nombreuses indiquant qu’il est dans des bunkers fortifiés, l’attention se porte sur son successeur probable que les experts estiment être un général des Gardiens de la révolution et non un religieux.
D’après Israel Hayom, le cercle des cibles s’élargit pour inclure le nouveau commandant des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour et les chefs d’état-major fidèles au Guide suprême. La semaine dernière encore, Pakpour avait averti que son organisation avait le doigt sur la gâchette et mis en garde les États-Unis et Israël contre toute erreur d’appréciation.
Kleiman estime qu’éliminer ces personnalités militaires vise avant tout à paralyser le régime, l’empêchant ainsi de riposter immédiatement ou de manière organisée. La liste des personnes à éliminer comprend également des noms responsables de la répression intérieure tels que Gholamreza Soleimani, commandant des forces Basidj. Il n’a aucun lien de parenté avec Qassem Soleimani, l’ancien commandant de la Force Qods, tué en Irak en janvier 2020. Gholamreza Soleimani est néanmoins lui aussi visé par des sanctions occidentales. Depuis 2019, il dirige cette milice dont les membres en tenue civile sont présents partout en Iran et dans toutes les franges de la société. Ils sont principalement utilisés pour réprimer brutalement les manifestations. Gholamreza Soleimani s’est vanté par le passé que sa milice opérait depuis longtemps bien au-delà des frontières iraniennes, ses membres étant déployés au Liban, au Yémen, en Irak et en Syrie.
Esmail Qaani, commandant de la Force Qods et Ali Shamkhani, l’un des plus proches conseillers du Guide suprême et responsable du programme nucléaire sont sur la liste des assassinats ciblés.
Le journal souligne que le plan américain ne se limite pas aux assassinats ciblés mais inclut également une liste de « cibles stratégiques » comprenant des sites souverains à Téhéran, la capitale, tels que les sièges du Conseil suprême de sécurité nationale, de la milice Bassidj, de la police, des services de renseignement et de la Compagnie nationale iranienne du pétrole ainsi que les réserves pétrolières de la province du Khouzestan. Des frappes contre ces sites pourraient aggraver la crise économique iranienne.
Les sites nucléaires et de missiles balistiques
Parallèlement, les sites nucléaires –notamment la base militaire de Parchin où l’imagerie satellite révèle des activités de construction suspectes– demeurent la cible prioritaire dans les calculs du Pentagone présentés à Trump, laissant présager une frappe qui pourrait être la plus vaste et la plus complète de l’histoire de la confrontation entre les deux pays.
Sur le plan militaire, le journal israélien note que l’Iran s’est employé ces derniers mois à développer son système de missiles balistiques et à remettre en état ses sites nucléaires.
Kleiman a ajouté que l’Institut pour la science et la sécurité internationale (Institute for Science and International Security), basé à Washington, D.C., a publié des images satellites montrant des travaux d’ingénierie sur la base militaire de Parchin, à environ 32 kilomètres au sud-est de Téhéran, un site historiquement associé au développement d’un détonateur de bombe nucléaire.
L’institut a indiqué que Téhéran a entrepris des travaux de maintenance et de réparation d’ampleur variable mais rencontre des difficultés pour rétablir ses capacités. Le New York Times a rapporté que le département américain de la Guerre (le Pentagone) a présenté à Trump l’option d’une frappe d’envergure contre les sites nucléaires et de missiles balistiques iraniens.
Les Israéliens restent vigilants quant à la possibilité d’une attaque iranienne préventive avant une éventuelle frappe militaire américaine contre Téhéran tandis que les inquiétudes grandissent dans la région face à l’escalade des tensions notamment avec le renforcement de la présence militaire américaine dans la région.
Dans le cadre de sa nouvelle édition et de son roadshow en Afrique du Nord, l’équipe de Gitex Africa, qui se tiendra du 7 au 9 avril 2026, à Marrakech, au Maroc, organise son événement de networking à Tunis pour une session de rencontres et d’échanges rassemblant leaders du secteur technologique, startups, investisseurs et décideurs publics.
L’objectif est de renforcer les liens professionnels, explorer des opportunités de partenariat et stimuler la croissance de l’écosystème numérique en Afrique du Nord et au-delà.
L’évènement se déroulera le lundi 2 février 2026 de 14h à 17h à l’espace The Dot (Cité les pins, Rue de la fleur d’érable, Lac 2, Tunis) sous le thème «S’unir pour innover et accélérer – Vers un avenir mondial pour l’Afrique numérique».
Au programme, deux panels : le premier est intitulé «Startups tunisiennes à l’international : innover localement, scaler vers l’Afrique» et le second porte sur le thème «Go to Market, financement et valorisation de l’écosystème tunisien – les stratégies pour capitaliser sur l’édition 2026 de Gitex Africa», ainsi que les pitchs des 6 startups en compétition et des séances de networking.
Le programme sera clôturé par la proclamation des résultats et la remise des prix aux vainqueurs.
Le ministre israélien de la Sûreté, le fasciste Itamar Ben Gvir, condamné jadis pour racisme, ne faisait pas mystère de ses intentions : LA MORT AUX PALESTINIENS et il arborait, au revers de sa veste, un pin en forme de nœud coulant en or ! La Knesset a exaucé son vœu en votant la mort par pendaison pour «les terroristes palestiniens.»(Photo : La vie d’un prisonnier palestinien ne pèse rien devant la loi ségrégationniste israélienne).
Mohamed Larbi Bouguerra *
Comme si Israël avait besoin d’une loi pour exécuter des Palestiniens alors que l’armée d’occupation exécute quotidiennement, à bout portant, femmes, enfants et personnel soignant à Gaza et en Cisjordanie !
La proposition de loi a été présentée par le député Limor Son Har Melech du parti de Ben Gvir, Otzma Yehudit (Force Juive) : les «terroristes palestiniens» de Cisjordanie doivent être condamnés à mort par pendaison. Depuis le 7 Octobre, des milliers de Palestiniens tombent sous le coup de ce texte immonde. Ce sont ces Palestiniens que l’on a vus dénudés, les yeux bandés, menottés parfois violés comme cela a été le cas au centre de détention de Sde Teiman où des soldats se sont permis des actes affreux sur ces Palestiniens…. et qui ont été soutenus par des députés alors que l’armée tentait de les arrêtait ! Y compris à l’Université Bir Zeit à Ramallah mardi dernier !
Une loi scélérate approuvée en première lecture
L’exécution, d’après le texte voté, se fera par un agent du service pénitentiaire désigné par le directeur de ce service. Lors de l’exécution, doivent être présents : le directeur de la prison, un représentant judiciaire, un auditeur officiel et un membre de la famille du condamné. La loi autorise l’exécution de la sentence même si une quelconque de ces personnes est absente, pour éviter tout délai.
Le personnel pénitentiaire et l’Etat auront une totale immunité civile et criminelle pour avoir procédé à l’exécution. Les détails de cette exécution seront publiés sur le site électronique de la prison mais la loi sur la Liberté de l’Information ne s’appliquera pas aux détails de l’exécution. Les identités des personnes ayant procédé à l’exécution du condamné demeureront confidentielles. La loi votée en première lecture par le Parlement sioniste interdit toute réduction, commutation ou révocation de la sentence prononcée.
Les prisonniers condamnés à mort seront à l’isolement total, les visites étant limitées au personnel autorisé tout comme les consultations légales qui se feront uniquement visuellement, par vidéo.
La loi dispose que la sentence de mort pourra être imposée même en absence de demande de la part du procureur. Le verdict ne nécessitera que la majorité simple et non l’unanimité. Les procès seront conduits par des juges militaires du grade de lieutenant-colonel au minimum. Les exécutions devront se faire dans les 90 jours suivant le verdict final, en vertu d’un ordre d’exécution signé par un juge et sous la supervision du service des prisons.
La Knesset a approuvé cette loi scélérate en première lecture (il en faut 3) en novembre avec 39 voix pour et 16 contre.
Le quotidienHaaretz écrit qu’Itamar Ben-Gvir a célébré ce vote en distribuant des bonbons, en compagnie d’autres membres de son parti Otzma Yehudit (article de Noa Shpigel, 13 janvier 2026). Le ministre a révélé, au cours des discussions, que L’Association Médicale Israélienne a déclaré que la participation des médecins à des exécutions était éthiquement inacceptable.
Les conseillers juridiques de la commission parlementaire du Comité de Sécurité Nationale de la Knesset ont averti que le projet de loi soulevait de sérieuses inquiétudes constitutionnelles comme de rendre obligatoire la peine de mort et d’enlever aux juges leur liberté de décision dans la formulation de la sentence. Pour ces conseillers, comme la loi ne s’applique qu’aux Palestiniens de Cisjordanie jugés par des cours martiales, on crée ainsi un régime légal distinct qui peut être en contradiction avec les traités internationaux signés par Israël. On cite des cas où des gens ont été reconnus coupables et acquittés plus tard. On souligne «la difficulté inhérente» à la peine capitale qui ne laisse aucune possibilité de correction possible en cas de verdict de culpabilité erroné.
Les conseillers mettent en garde contre le fait que les principales dispositions sont formulées de manière vague…. et notent que la loi ne s’appliquerait que lorsque la victime est un citoyen israélien, à l’exclusion des cas impliquant des résidents permanents ou des ressortissants étrangers.
De plus, aucune loi israélienne existante n’impose la peine de mort – y compris la loi sur les Nazis et les collaborateurs nazis – et appliquer une telle mesure en Cisjordanie marquerait une rupture significative avec la politique législative de longue date d’Israël.
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont condamné le projet de loi. L’Association pour les droits civiques a écrit que l’institution de la peine de mort «donnerait à l’État le pouvoir d’imposer la forme de punition la plussévère et la plus brutale qui existe – la prise intentionnelle d’une vie humaine».
L’association des droits civiques en Israël considère ce texte comme une autre étape vers la mise en place d’un «système juridique raciste conçu pour faire progresser une application sélective, oppressive et biaisée contre les Arabes palestiniens, par des moyens violents et antidémocratiques».
La corde du pendu pour un supplice dégradant
En arborant son nœud coulant, Itamar Ben-Gvir, d’après Haaretz, écarte d’autres options comme «la chaise électrique» ou «l’injection létale» à l’américaine, justice sommaire et définitive de l’Ouest. Il sait que la Bible de Jérusalem (Deutéronome, 21, 23) et les Grecs comme Euripide (Hélène) tiennent la corde du pendu pour un supplice dégradant avec le corps exposé. Ben-Gvir marche dans les pas de ses émules nazis qui pendaient leurs victimes dans les camps de la mort. Seule la pendaison est en mesure d’étancher sa haine viscérale du Palestinien.
Dans ‘‘Etat de siège’’, Mahmoud Darwich, s’adressant à l’assassin, déclame en stratège de l’humanisation, si étrangère au ministre sioniste :
«Si tu avais contemplé le visage de ta victime
et réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre à gaz
tu te serais délivré de la sagesse du fusil
et tu aurais changé d’avis : ce n’est pas ainsi que l’on recouvre son identité !
Je ne t’aime pas ; je ne te hais pas.»**
* Professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Tunis, et ancien directeur de recherche associé au CNRS (Université Paris 6).
** Mahmoud Darwich, ‘‘Etat de siège’’, traduit de l’arabe par Elias Sanbar, Actes Sud, Arles, 2004, p.27.
La collection Levée d’Ancre des Editions l’Harmattan, sous la direction de Michel Cassir, Metin Cengiz, et Emmanuelle Malhappe, annonce la parution du livre ‘‘Polyphonie pour la Palestine’’ qui réunit nos voix lucides, solidaires et critiques pour accompagner le drame d’un peuple qui est au cœur du Moyen-Orient et, en quelque sorte, du monde entier dans sa meurtrissure.
Cent deux poètes, trente-et-un pays et treize langues de tous les continents se sont unis pour créer cette ‘‘Polyphonie pour la Palestine’’, une terre, un peuple et une histoire piétinés sous les bottes d’une colonisation inhumaine et brutale.
Cette œuvre collective dénonce et transcende cette réalité indigne et assassine. Ce n’est pas une collection d’indignations sous une forme poétique, c’est de la littérature engagée humainement, mais dont la qualité est majoritairement faite pour durer.
La résonance vibre maintenant et pour longtemps. La littérature n’est pas sacrifiée, elle est le noyau de l’inspiration et de la dignité de l’écriture en combat contre le renoncement et la médiocrité.
La couverture de l’ouvrage reproduit une œuvre du poète et peintre tunisien Ahmed Ben Dhiab.
Conformément à la décision de la Commission régionale chargée de la prévention et de la lutte contre les catastrophes naturelles réunie le 23 janvier 2026, il a été décidé d’interdire les amplificateurs de son (baffles) dans le village de Sidi Bou Saïd, construit sur un sol fragile et faisant face à l’érosion marine et aux glissements de terrain, comme cela s’est une nouvelle fois vérifié lors des fortes pluies de la semaine dernière.
Nebil Maghraoui *
Le bruit et le tapage, diurnes et nocturnes, sont réglementés et réprimandés en Tunisie. Tout ce qui trouble la tranquillité d’autrui est considéré comme abus et est puni d’amende, qu’il s’agisse d’une fête (bruit ponctuel), d’aboiements (bruits répétitifs) ou de musique (forte, tardive et ponctuelle).
La nuisance sonore en Tunisie mais aussi partout dans le monde est réglementée et les contrevenants sont redevables devant la loi. Le code du travail considère le bruit comme un facteur de pénibilité. Le code de la santé pointe le bruit des machines et celui de la route interdit les klaxons.
Cortèges de mariage escortés par des motos rodéos
Par ailleurs, la Tunisie est signataire de la plupart des conventions internationales relatives à la préservation de l’environnement et de la santé publique, comme celles de l’Organisation mondiale du travail (OIT) ou de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Or, la plupart des normes internationales considèrent un niveau de 85 décibels comme une limite au-delà de laquelle il y a nuisance. Il y a aussi la résolution n° 1776 pour la protection contre la pollution sonore et lumineuse adoptée par le Parlement européen le 12 novembre 2010.
Si la décision de la Commission régionale de prévention et de lutte contre les catastrophes naturelles s’est attaquée à la source même du tapage nocturne, les fêtes nocturnes organisées jusqu’au petit matin pour les mariages dans des résidences privées et les cortèges de mariage escortés par des motos rodéos, on ne peut que s’en réjouir.
Quand au moins 5 espaces privés à Sidi Bou Saïd (sans les citer) organisent des fêtes et des mariages privés particulièrement en été, imaginons le résultat : 100 voitures traversent le village à chaque fête. Cela fait 500 voitures en 5 soirées. À multiplier par la quantité de CO2 et de décibels dégagés ainsi qu’avec le nombre de vibrations provoquées. On mesure l’impact à la longue sur l’environnement. Voilà pourquoi j’approuve et soutiens personnellement cette mesure de lutte contre les agressions sonores.
De plus, avec tous ces véhicules en moins, la colline sera soulagée et le risque d’érosion sera moindre.
Quand la municipalité siffle la fin de la récréation, de l’anarchie, du sur-tourisme et du laisser-aller général, et bien, il faut l’encourager.
Les gens se plaignent bien du désordre et quand des efforts sont faits pour rétablir l’ordre, il ne faut pas s’en plaindre, mais plutôt applaudir.
Il s’agit là d’une décision officielle prise au niveau d’une commission régionale présidée par le gouverneur. Il faut la respecter et l’appliquer scrupuleusement.
Bien sûr, les commerçants ont le droit de protester et de défendre leur gagne-pain, en exigeant l’arrivée des voitures et des bus touristiques jusque devant leurs commerces, mais l’Etat est responsable de la sécurité de tous et ne peut légiférer dans un esprit corporatiste ou au plus près d’intérêts particuliers.
Malgré la consonance étrangère du nom, l’auteur de ces deux romans dont il est ici question est un enfant du pays. En effet, Jean-Claude Versini, qui appartient à une grande famille corse, né en 1939, et a grandi, parmi nous, en Tunisie, et précisément, à Porto Farina (Ghar El-Melh) où son père occupait, à l’époque, la fonction de gardien du «Fort de Lazaret».
Salah El Gharbi *
Même si le jeune homme quitta la Tunisie après l’indépendance et qu’il s’engagea dans la Marine française, il garda en lui la nostalgie du pays, témoin de son enfance et de sa jeunesse, mais aussi, de son premier amour.
Etant accaparé par ses responsabilités, aussi bien familiales que professionnelles, il fallait attendre les années quatre-vingts, lors d’une visite d’affaires au pays, pour que, l’esprit stimulé par les réminiscences de l’enfance et par les souvenirs des êtres et des lieux, pour que Jean-Claude Versini se laissât enchanter et se décider à revenir se ressourcer dans ce ravissant petit coin de notre pays.
A la recherche du temps perdu
Depuis, rendre visite à Ghar El-Melh, devint une sorte de pèlerinage annuel, l’occasion de retrouver les vieux copains et d’aller sur les traces de sa jeunesse, à la recherche du temps perdu, jusqu’au jour où cette âme artiste se décida de ravir cette nostalgie à l’épreuve du temps. Et ce fut le début d’une expérience éditoriale avec la publication de deux récits autobiographiques : ‘‘L’enfant du Lazaret’’ (2007), œuvre qui allait être adaptée au cinéma en 2017, par Kamel Ben Ouanes, (‘‘Kantaoui-Films’’) et ‘‘Bizerte, les ados de l’Indépendance’’, récit paru aux éditions Nirvana, en 2009.
Après ‘‘Pavlo’’, paru en 2023, dont l’action a pour cadre la guerre en Ukraine, rendue à travers le témoignage d’un jeune adolescent, condamné à s’exiler en Pologne, Versini enchaîne avec ‘‘Enquêtes dans la neige et le sable’’ (Ed. Le livre et la plume, 2025). Cet ouvrage captivant comporte le récit de deux intrigues policières. Si la première, ‘‘Meurtre dans le Vercors’’, dont l’action a lieu à une trentaine kilomètres d’Autrans, tourne autour de la mystérieuse mort d’une femme, la seconde, (‘‘L’affaire de l’A7’’), a pour cadre la Tunisie, et précisément, le Cap Sidi Ali El Mekki.
Avec la seconde «affaire», le cadre s’élargit et la crise prend une plus grande ampleur puisqu’il est question du kidnapping de la fille de l’ambassadeur de France à Tunis, de trafic de cocaïne, et d’une intrigue complexe dans laquelle se trouvent impliqués des personnages appartenant à des plusieurs nationalités.
Un monde de paix, d’amitié et de concorde
Dans ces deux récits d’enquêtes policières, tout en cherchant à alimenter l’intérêt dramatique, l’auteur nous plonge dans deux univers où les différences culturelles sont dépassées au profit d’une sorte de complicité fraternelle. Ainsi, dans la petite commune du Vercors, le cadre du premier récit, l’auteur met en évidence l’entente cordiale et la confiance qui lient entre le Commandant Aurore Poggi (un nom d’origine corse) et son collègue le Capitaine Moncef et qui vont contribuer au succès de leur entreprise. De même, dans le deuxième récit, c’est la coopération aussi bien, entre les institutions française et tunisienne qu’entre les personnes originaires des deux pays qui va contribuer à la résolution de la crise.
Avec ‘‘Pavlo’’, comme avec les ‘‘Enquêtes…’’, tout en offrant à ses lecteurs, deux récits époustouflants, conduits avec minutie, Versini plaide en faveur d’un monde de paix où régneraient l’amitié et la concorde.
De même, en choisissant de situer ces deux intrigues policières, l’une au Vercors, lieu de résidence de l’auteur et l’autre au Cap Sidi Ali El Mekki, Versini semble chercher à rendre hommage à ces deux lieux chers à son cœur. Ainsi, c’est à travers la fiction, qu’il choisit non seulement à nous offrir une leçon de fraternité, mais aussi, à dépasser la distance qui sépare les Alpes et leurs forêts des rivages de Porto Farina. C’est sa manière de réconcilier en lui-même, deux «moi», celui de l’enfant et de l’adolescent d’antan avec l’homme qu’il est devenu, un être plein de générosité et de talent.
* Romancier et essayiste.
‘‘Pavlo’’, Ed. Le livre et la plume, 2023.
‘‘Enquête dans la neige et le sable’’, Ed. Le livre et la plume, 2025.
Alors que les foyers de tension, les conflits armés et les crises ne se comptent plus dans le monde et pendant que les yeux sont rivés sur le Groenland que Donald Trump veut annexer et sur l’Iran sur laquelle il maintient une pression maximale, le gouvernement israélien qui fait subir aux Gazaouis l’enfer est simultanément en train de laisser les colons déchaînés se livrer au nettoyage ethnique des Palestiniens en Cisjordanie. (Photo : Des Colons armés israéliens chassent des Palestiniens de leurs leurs maisons à Ras Ein al-Auja, Cisjordanie.)
Imed Bahri
Le journal israélien Haaretz a publié une enquête documentant l’accélération sans précédent de la colonisation et du déplacement forcé dont sont victimes les Palestiniens de Cisjordanie.
Cette enquête est le fruit d’une visite de terrain organisée par l’organisation israélienne de défense des droits humains Peace Now (La Paix Maintenant) pour un groupe de journalistes de Haaretz. L’objectif était de les informer sur la situation dans des zones de Cisjordanie souvent négligées par les médias.
Le journaliste Moshe Gilad présente des témoignages directs de la Cisjordanie occupée révélant une réalité faite de déplacements forcés de Palestiniens, de l’expansion des colonies israéliennes et ce que les organisations israéliennes opposées à l’occupation qualifient d’annexion de facto de terres sans déclaration officielle.
Une interminable Nakba
L’enquête s’ouvre sur une scène humanitaire déchirante dans la région de Ras Ein al-Auja, au nord d’Ariha (Jéricho), où des familles palestiniennes démantelaient leurs maisons et emportaient leurs maigres possessions en prévision de leur départ, une scène que Gilad a comparée à la Nakba de 1948.
Les images de sa visite sur place dépeignent une réalité amère. Des familles palestiniennes sont contraintes de rassembler leurs maigres biens et de partir vers un avenir incertain, sous la menace constante des attaques quotidiennes des colons.
«La scène à notre arrivée était horrible. Des gens rassemblaient leurs quelques affaires et partaient ailleurs. Des hommes peinaient à charger un grand four lourd et deux autres démontaient des murs blancs apparemment destinés à la construction d’une maison dans un lieu inconnu», a décrit le journaliste, ajoutant que ce qu’il avait vu lui avait donné des frissons.
Si Gilad reconnaît que le déplacement est toujours douloureux, il décrit l’atmosphère à Ras Ein al-Auja comme empreinte de désespoir car personne ne savait avec certitude où aller. «Peut-être dans la zone (A) en Cisjordanie», ont dit certains.
L’enquête indique que les déplacements de population ne sont pas seulement le fait de l’armée mais aussi d’une stratégie d’étranglement économique et d’intimidation pratiquée par des colons souvent mineurs et des groupes organisés bénéficiant d’une couverture politique officielle.
«Le pire nettoyage ethnique de l’histoire»
Gilad a noté que la seule personne à s’être exprimée auprès des journalistes de Haaretz était le militant israélien Amir Pansky qui a décrit la situation dans la zone C comme «le pire nettoyage ethnique de l’histoire», filmé en direct. Des crimes sont commis contre des bergers appauvris et privés de ressources essentielles comme les pâturages et l’eau.
Pansky a révélé la présence de centaines de colons dans la zone qui agissent comme une armée. Il a ajouté que tout est planifié et organisé sans aucune improvisation, soulignant que des actes de violence quotidiens et des attaques documentées restent impunis.
Plus tôt ce mois-ci, des informations ont indiqué que plus de 20 familles palestiniennes du village bédouin de Ras Ein al-Auja, dans le centre de la Cisjordanie occupée, ont été contraintes de partir en raison des attaques continues des colons.
Des organisations de défense des droits humains ont signalé que 26 familles ont quitté le village qui abritait depuis des décennies environ 700 personnes issues de plus de 100 familles.
Elles ont expliqué que les familles contraintes de partir jeudi dernier se sont dispersées dans la région à la recherche de refuges plus sûrs, tandis que plusieurs autres familles se préparaient pour quitter le village dimanche.
Les «routes de l’apartheid»
Parallèlement, un mouvement de colonisation s’intensifie, qualifié par les observateurs du mouvement Peace Now d’annexion renforcée. Ces trois dernières années, la Cisjordanie a vu la création d’une centaine de nouvelles fermes de colons dont l’objectif n’est pas tant d’accroître le nombre de colons que de s’accaparer des milliers de dounams (unité de mesure de surface agraire couramment utilisée au Moyen-Orient, équivalant à 1 000 mètres carrés, soit 0,1 hectare) de terre.
Cette prédation, selon Haaretz, s’accompagne de budgets colossaux consacrés à la construction d’un réseau routier distinct, désormais appelé «routes de l’apartheid», destiné à relier les colonies et à faciliter les déplacements des Israéliens, tout en isolant complètement les communautés palestiniennes et en restreignant leurs mouvements derrière des grilles et de longs détours.
Gilad cite deux militants de Peace Now, Hagit Ofran et Yoni Mizrahi, qui affirment avoir du mal à suivre le rythme des changements survenus en Cisjordanie ces derniers mois. Ils confirment que presque chaque semaine, un ou deux nouveaux avant-postes sont établis.
D’après Ofran et Mizrahi, ces trois dernières années ont été marquées par une accélération des expulsions de résidents palestiniens, la construction de centaines de kilomètres de routes et un afflux massif de fonds dans les colonies.
Les données présentées dans l’enquête révèlent l’ampleur de l’expansion des colonies. On compte aujourd’hui 147 colonies et 191 avant-postes non autorisés, abritant quelque 478 000 colons qui cherchent à imposer leur souveraineté sur 2,8 millions de Palestiniens.
Sous le gouvernement actuel, et notamment sous l’impulsion du ministre des Finances Bezalel Smotrich, la construction de 40 000 nouveaux logements a été approuvée rendant plus que jamais impossible la concrétisation de la solution à deux États.
Fin 2018, Smotrich a annoncé l’allocation de plus de 1,1 milliard de shekels (375 millions de dollars) à un nouveau plan de colonisation visant à consolider les colonies existantes ou à en créer de nouvelles. Ce budget comprend 660 millions de shekels (296 millions de dollars) pour la création de 17 nouvelles colonies et 338 millions de shekels (106 millions de dollars) pour le développement de 36 avant-postes agricoles et de colonies.
Selon un rapport de l’Institut pour le suivi de la paix et de la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire (Impact-se), il y aurait «un fossé important entre les réformes sociales modernes et la persistance d’une rhétorique antisémite» dans les manuels scolaires tunisiens, rapporte le journal Times of Israel.(Ph. Manifestation propalestinienne à Tunis).
L’étude a examiné et analysé 80 manuels scolaires, du CP à la Terminale, dans de nombreuses matières, en les comparant aux normes de l’Unesco en matière de paix et de tolérance dans l’éducation et a «constaté que si la Tunisie promeut avec succès l’égalité des sexes et la tolérance interculturelle, ces valeurs sont appliquées de manière sélective», écrit le journal israélien, qui évoque ce qu’il qualifie de «stéréotypes inquiétants» en présentant les Juifs comme «avides et conspirateurs».
«Un manuel scolaire de première (11e année) dépeint un marchand juif comme fourbe, affirmant que de tels traits sont inhérents à tous les Juifs», écritTimes of Israel, qui relève, par ailleurs, dans les manuels, une hostilité envers Israël comme un thème récurrent. «Le programme scolaire présentant le sionisme comme un projet colonialiste et désignant Israël comme ‘‘l’entité sioniste’’», s’émeut l’auteur de l’article, qui feint d’ignorer les centaines de massacres commis par l’Etat d’Israël, depuis sa fondation, en 1948, et même bien avant, contre la population palestinienne dont il a confisqué les terres et les biens.
Tout en dénonçant l’amalgame entre Israéliens et Juifs, comme celui entre musulman et terroriste, ou Palestiniens et terroristes, dont pullulent les médias et les manuels scolaires israéliens, nous ne pouvons que stigmatiser, à notre niveau, le fait colonial israélien, dénoncer les crimes de guerre commis par Israël, par ailleurs condamnés par la Cour internationale de justice, et réaffirmer haut et fort, dans nos médias et nos manuels scolaires, le droit des Palestiniens à un Etat libre sur leur territoire historique.
Israël pourra continuer à massacrer les Palestiniens et à imposer sa colonisation par les armes généreusement fournies par les pays occidentaux, mais son narratif colonial ne passera jamais, en tout cas pas en Tunisie et dans les autres pays arabes qui considèrent l’Etat hébreu comme une «tumeur maligne» dans le corps du monde arabe.
La volonté de la Tunisie d’accueillir des réunions de haut niveau avec la participation de toutes les parties prenantes libyennes afin de promouvoir un cadre global et inclusif pour une solution politique à la crise dans ce pays est soutenue par les parties états-uniennes et nord-africaines.
Latif Belhedi
«Seuls les Libyens sont capables de déterminer leurs propres choix, conformément à la volonté du peuple libyen», a déclaré le président de la république Kaïs Saïed, selon un communiqué du Palais de Carthage publié le 26 janvier 2026. La Tunisie qui propose sa médiation entre les parties à la crise libyenne, offre d’accueillir un processus inclusif afin que «les Libyens puissent librement choisir leur avenir», a ajouté Saïed, qui a souligné, lors de deux rencontres distinctes, le même jour, avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et son homologue égyptien, Badr Abdelatty, que la Tunisie «possède toutes les capacités et l’expertise nécessaires pour traduire la volonté du peuple libyen en réalité».
Une conférence inter-libyenne à Tunis
S’adressant au ministre algérien, Saïed a réaffirmé la position adoptée par la Tunisie depuis 2020, selon laquelle «la solution à la crise en Libye ne peut être que libyenne-libyenne». Le chef de l’État a également noté que «l’internationalisation des questions nationales ne fait que les compliquer davantage », précisant que «les consultations sont importantes, mais elles ne constituent pas une fin en soi, mais plutôt un outil pour aider le peuple libyen à réaliser ses aspirations, car il est le seul à pouvoir décider de son propre destin sans ingérence extérieure». Le chef de l’État a expliquéà Attaf que, selon lui, « seuls les Libyens sont capables de prendre leurs propres décisions conformément à la volonté du peuple libyen », réaffirmant « l’engagement de la Tunisie envers l’unité, la sécurité et la stabilité de la Libye ».
Le peuple libyen est «capable de construire lui-même l’avenir qu’il souhaite», a déclaré le président tunisien, recevant le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelaty, au palais présidentiel de Carthage. Il a confirmé que la situation en Libye est «une question exclusivement nationale, et non internationale». Selon le président tunisien Saïed, «l’administration en place depuis 2011 n’a pas répondu aux aspirations du peuple libyen en matière de sécurité, d’unité et de stabilité». Dans ce contexte, le chef de l’État a réaffirmé «la volonté de la Tunisie d’accueillir une conférence inclusive, où les Libyens pourront librement choisir les solutions qu’ils jugent les plus appropriées».
Les Etats-Unis à la manœuvre
L’importance de trouver une solution politique interne en Libye, par le consensus et le dialogue entre les différentes composantes de la scène politique, était également au cœur des discussions entre le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Ali Nafti, et le conseiller principal du président américain Donald Trump pour les affaires arabes, le Moyen-Orient et l’Afrique, Massad Boulos, le 26 janvier, lors d’une visite officielle en Tunisie après des passages à Tripoli et Benghazi.
La Tunisie, selon un communiqué de presse, a confirmé «son engagement à continuer de soutenir les efforts visant à parvenir à l’accord politique nécessaire en Libye».
Dans ce contexte, M. Boulos a exprimé son soutien à la réunion du Mécanisme consultatif tripartite sur la Libye avec l’Égypte et l’Algérie. Kyle Liston, secrétaire d’État adjoint par intérim pour l’Afrique du Nord et la péninsule arabique, David Linfield, chef de cabinet de M. Boulos, et Bill Bazzi, ambassadeur des États-Unis en Tunisie, ont participé à cette réunion. Suite à l’arrivée récente de l’ambassadeur Bill Bazzi à Tunis, «les États-Unis se réjouissent de renforcer leur coopération économique et sécuritaire avec la Tunisie et de travailler ensemble à la recherche de solutions aux défis régionaux», a déclaré le conseiller du président Trump dans un message publié sur X, avant de quitter Tunis pour Alger.
Par ailleurs, Nafti, Attaf et Abdelatty ont publié une déclaration commune à l’issue de la réunion tripartite qui s’est à Tunis, en présence de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Libye et cheffe de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul), Hannah Tetteh.
Unité territoriale et protection des ressources
Dans leur déclaration, les trois ministres ont souligné que «l’intérêt suprême de la Libye et des Libyens est au cœur du processus tripartite, qui vise à soutenir et à renforcer tous les efforts régionaux et internationaux pour répondre aux aspirations du peuple libyen grâce à une solution politique globale garantissant l’unité du territoire et la protection des ressources nationales». Ils ont réaffirmé que «la pleine appropriation du processus politique par le peuple libyen est un principe fondamental et inviolable, et que la solution doit être menée par les Libyens, sans exclure aucune partie». Ils ont précisé que l’objectif ultime est de «construire un État uni doté d’institutions stables, capable d’assurer la sécurité, le développement et la prospérité, ainsi que de préserver les ressources du pays».
Plus précisément, Nafti, Attaf et Abdelatty ont appelé toutes les parties libyennes à «privilégier le dialogue, à surmonter les divisions et à œuvrer pour l’unification des institutions militaires et de sécurité», tout en soutenant les travaux du Comité militaire conjoint.
Les ministres tunisien, algérien et égyptien ont également appelé à «intensifier les efforts pour organiser des élections présidentielles et législatives simultanées, mettre fin aux divisions et renforcer les institutions de l’État ».
La déclaration en douze points souligne la nécessité de préserver la Libye des rivalités régionales et internationales et de rejeter toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures, afin de permettre aux Libyens de définir et d’approuver librement leurs propres accords. Dans ce contexte, l’appel au retrait des mercenaires et des combattants étrangers de tout le territoire libyen a été réitéré. Les ministres ont également exprimé leur volonté de «consulter les dirigeants libyens» et ont insisté sur l’importance de «renforcer les liens économiques internes pour favoriser un développement socio-économique global», créant ainsi un «environnement propice» à la conclusion d’un accord politique.
Enfin, la déclaration souligne que «la sécurité et la stabilité de la Libye sont étroitement liées à la sécurité arabe et à la stabilité de la région sahélienne», et appelle à une intensification des consultations et de la coordination régionales.
Les ministres des trois pays voisins de la Libye ont également réitéré la nécessité d’un «plan d’action clair pour une solution politique libyenne-libyenne sous les auspices des Nations Unies, avec des phases définies et intégrant toutes les mesures pratiques demandées par le peuple libyen».
La volonté de la Tunisie d’accueillir des réunions de haut niveau avec la participation de toutes les parties prenantes libyennes afin de promouvoir un cadre global et inclusif pour une solution politique à la crise a également été saluée.
La Libye demeure plongée dans une profonde instabilité politique et institutionnelle, caractérisée par la présence de deux centres de pouvoir parallèles et parfois opposés, l’un à l’ouest (Tripoli) et l’autre à l’est du pays (Benghazi), et par l’absence d’une autorité centrale unifiée. Le processus politique mené par l’Onu progresse lentement, tandis que les groupes armés, les acteurs extérieurs et les intérêts régionaux continuent d’influencer le paysage sécuritaire. Malgré des périodes de calme relatif, des tensions latentes persistent, de même que des difficultés à organiser des élections nationales et un équilibre fragile qui rend incertaine la voie vers une stabilisation durable.
Des centaines de migrants pourraient être portés disparus en mer ou présumés morts suite à plusieurs naufrages meurtriers survenus ces derniers jours en Méditerranée centrale, a averti l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
L’OIM s’est dite «profondément préoccupée» par ces informations. «Plusieurs embarcations seraient impliquées dans ces naufrages au cours des dix derniers jours, et les premières informations laissent penser que des centaines de personnes pourraient être portées disparues en mer ou présumées mortes», indique l’organisation dans un communiqué publié lundi 26 janvier 2026.
L’OIM a averti que les conditions météorologiques difficiles entravaient considérablement les opérations de recherche et de sauvetage. Son porte-parole, Jorge Galindo, a déclaré que «trois naufrages avaient été signalés les 23 et 25 janvier», faisant potentiellement au moins 104 victimes.
Les embarcations concernées auraient quitté la Tunisie et la Libye, selon Merna Abdelazim, analyste de données au sein du Projet Migrants Disparus de l’OIM.
L’OIM a indiqué être encore en train de vérifier les informations, mais a confirmé trois décès à Lampedusa, en Italie, à la suite d’une opération de recherche et de sauvetage d’une embarcation partie de Sfax, en Tunisie. «Parmi les victimes figurent des jumelles d’environ un an, décédées d’hypothermie peu avant le débarquement», précise le communiqué, ajoutant qu’un homme est également décédé d’hypothermie.
Des rescapés de la même opération ont rapporté qu’une autre embarcation, partie du même endroit au même moment, n’était jamais arrivée à destination.
L’agence enquête également sur la disparition de neuf embarcations parties de Tunisie entre le 14 et le 21 janvier, avec au total environ 380 personnes à bord.
«On craint déjà que des centaines de personnes soient portées disparues au cours des premières semaines de 2026», indique le communiqué de l’OIM, prévenant que «le bilan final pourrait être bien plus lourd».
«Bien que l’OIM soit toujours en attente de confirmation officielle, l’ampleur du nombre de victimes signalées laisse présager une nouvelle tragédie majeure en Méditerranée centrale», a déclaré l’agence.
Ces incidents, survenus alors que le cyclone Harry frappait la Méditerranée, «soulignent une fois de plus les conséquences mortelles des réseaux de passeurs et de trafiquants de migrants qui continuent d’opérer en toute impunité, envoyant délibérément des personnes en mer sur des embarcations surchargées et de mauvaise qualité», a déclaré l’agence.
«Le transport de migrants sur des embarcations surchargées et de mauvaise qualité constitue un acte criminel», a-t-elle insisté.
«Organiser des départs alors qu’une violente tempête s’abattait sur la région rend ce comportement encore plus répréhensible, car des personnes ont été sciemment envoyées en mer dans des conditions les exposant à un risque de mort quasi certain», a-t-elle ajouté.
Ces derniers incidents, a-t-elle précisé, «mettent en évidence l’urgence pour la communauté internationale d’intensifier ses efforts pour démanteler ces réseaux criminels et prévenir de nouvelles pertes de vies humaines».
L’OIM a souligné que la Méditerranée centrale demeure le couloir migratoire le plus meurtrier au monde, avec au moins 1 340 personnes qui y ont perdu la vie rien que l’année dernière.
Entre 2014 et fin 2025, plus de 33 000 migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée, selon le projet Migrants disparus de l’OIM.
La Galerie d’art Alexandre Roubtzoff, sise au 12 rue Imam Abou Hanifa, Marsa Plage, présente une exposition consacrée aux «Peintres européens du XXᵉ siècle en Tunisie». Le vernissage est fixé au samedi 31 janvier 2026 à 18 heures et les œuvres resteront exposées jusqu’au 18 février 2026.
Outre le peintre franco-russe Alexandre Roubtzoff (1884–1949), l’exposition propose des œuvres de Natacha Markoff (1911–2008), Maurice Picard (1886–1941), Camille Leroy (1905–1995), Pierre Gourdault (1880–1915), Georges Massa (1917–2013), Léo Nardus (1868–1955), Raymond Feuillatte (1901–1971), Émile Leuze-Hirschfeld (1884–1973), Louise‑Marie Peyer (1897–1975), Lionello Lévy (1921–1992), Émile Compard (1900–1977), Lucien Charles Timsit (1910–2007), André Delacroix (1878–1934), Gaétan Mifsud (1905–1990), Albert Marquet (1875–1947), Félix Guyot‑Guillain (1878–1960), Ernest Guérin (1887–1952), Georges Le Mare (1866–1942) et Robert Hue (1909–1977).
Ces artistes européens ont été profondément séduits par la lumière unique de la Tunisie, par la richesse et la diversité de ses paysages des médinas animées aux ports baignés de soleil, des plages aux scènes de vie quotidienne ainsi que par le mode de vie tunisien, fait de simplicité, de convivialité et d’un rapport direct à la nature. Cette immersion a profondément nourri leur inspiration et a durablement marqué leur langage plastique, donnant naissance à des œuvres sensibles, lumineuses et empreintes d’authenticité.
Les œuvres exposées proviennent de collectionneurs passionnés, qui ont patiemment constitué leurs ensembles au fil des années, guidés par l’amour de l’art, le respect des artistes et un regard averti.
Réunies avec soin et discernement tout au long de leurs vies, ces œuvres forment aujourd’hui un corpus cohérent et rare, offrant un témoignage exceptionnel de la rencontre artistique et humaine entre l’Europe et la Tunisie au XXᵉ siècle, et mettant en lumière le rôle essentiel de la Tunisie comme terre d’inspiration, de création et de dialogue culturel.
L’exposition cherche à partager ce parcours artistique unique et à faire admirer des œuvres qui reflètent la beauté et la richesse culturelle de la Tunisie.
La colline de Sidi Bou Saïd, l’un des sites les plus emblématiques de la région de Tunis et un haut lieu du patrimoine architectural et paysager tunisien, est de nouveau la proie des intempéries et de l’instabilité du terrain. Suite aux fortes pluies tombées la semaine dernière sur le nord et le centre de la Tunisie, provoquant des inondations et d’importants dégâts matériels, la municipalité du village arabo-andalous a averti les habitants des risques de glissements de terrain et de coulées de boue.
Le colonel Mounir Riabi, directeur régional de la Protection civile, a tiré la sonnette d’alarme quant à la fragilité persistante du terrain et à la menace que représentent les mouvements de terrain pour les habitations et les habitants, d’autant que de nouvelles vagues de fortes pluies attendues au cours des prochains jours pourraient aggraver la situation.
Les interventions ponctuelles ne suffisent plus et une approche globale est nécessaire, s’appuyant sur des études géotechniques approfondies, des solutions robustes et une surveillance continue de la zone, a souligné le colonel Riabi.
Ces derniers jours, plusieurs familles ont dû quitter temporairement leur domicile par mesure de sécurité, tandis que les fortes pluies ont mis en évidence la vulnérabilité du versant et la forte exposition de la zone à l’instabilité hydrogéologique.
La zone la plus à risque semble être le versant de la colline surplombant la mer, où se trouve la célèbre villa de l’ancien baron d’Erlanger, classée monument historique et abritant, depuis 1991, le Centre des musiques arabes et méditerranéenne (Cmam).
Parallèlement, la municipalité de Sidi Bou Saïd a annoncé des fermetures préventives de routes «jusqu’à nouvel ordre», interdisant la circulation des véhicules et des piétons sur certains tronçons jugés les plus vulnérables.
Ces restrictions interviennent dans un contexte météorologique qui, dans la région du Grand Tunis et le nord-est du pays, a provoqué des inondations localisées, des perturbations du trafic et des glissements de terrain, nécessitant le renforcement des équipes de protection civile.
Les intempéries ont été particulièrement violentes et l’Institut météorologique national a émis de multiples alertes, avec des niveaux élevés dans plusieurs régions, signalant des conditions exceptionnelles et un impact important sur les infrastructures de drainage.
Géologiquement, Sidi Bou Saïd repose sur un système de pentes côtières et de falaises sensibles à la saturation en eau : l’eau de pluie, s’infiltrant dans le sous-sol, augmente la pression interstitielle et réduit la friction interne, favorisant les glissements de terrain, en surface ou en profondeur, notamment là où le réseau de drainage est insuffisant ou en présence de charges urbaines et de vibrations liées à la circulation.
Ce n’est pas une situation inédite et le phénomène est connu depuis plusieurs décennies. Les services de protection civile et les autorités locales indiquent qu’il est nécessaire de passer d’une gestion d’urgence à un plan d’action structurel : consolidation ciblée, drainage en profondeur, réduction des facteurs d’instabilité et surveillance continue des déformations du sol, afin de prévenir que de nouvelles pluies ne déclenchent des glissements de terrain plus importants dans cette zone densément urbanisée à forte valeur touristique.
Dans l’attente de décisions opérationnelles et de financements, les autorités continuent d’appeler à la prudence : limiter les déplacements dans les zones réglementées, respecter les consignes municipales et signaler rapidement toute fissure, tout affaissement et toute anomalie du sol pouvant annoncer de nouveaux glissements de terrain.
Les fortes vagues et l’instabilité atmosphérique liées au cyclone méditerranéen «Harry» auraient endommagé plusieurs cages d’élevage au large de la presqu’île du Cap Bon, en Tunisie. Ce phénomène a provoqué la fuite des poissons d’élevage vers la mer et entraîné une augmentation des prises le long de la côte nord-est tunisienne.
Les pêcheurs de Nabeul, Hammamet (Cap Bon) et Ghar El Melh (entre Tunis et Bizerte) ont récemment enregistré des prises exceptionnellement importantes d’espèces aquacoles courantes, notamment le bar, la dorade et le maigre, tandis que les prix de détail ont chuté brutalement, estimés à environ 10 dinars le kilo.
Les mêmes sources attribuent ce phénomène aux dégâts subis par les cages flottantes, les systèmes d’ancrage et les filets des fermes piscicoles de la région, endommagés par les fortes vagues et les vents violents des récentes tempêtes.
De nombreux messages circulent sur les réseaux sociaux faisant état de ventes et de témoignages sur des poissons «s’échappant des cages» après la tempête, notamment le long du littoral entre Cap Bon et la zone de Ghar El Melh.
Le cyclone méditerranéen «Harry» a frappé la Tunisie la semaine dernière, provoquant de fortes pluies, des rafales de vent et des problèmes hydrogéologiques dans plusieurs régions du nord et du centre, incitant les autorités à renouveler leurs appels à la prudence. À l’heure actuelle, aucune estimation officielle n’est disponible concernant l’étendue des dégâts causés aux installations aquacoles ni la quantité de poissons qui se sont échappés en mer.