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Des rapporteurs de l’ONU craignent un harcèlement politique et judiciaire visant Rima Hassan

01. September 2026 um 14:02
Saisis par Rima Hassan, des rapporteurs mandatés par le Conseil des droits de l’Homme questionnent les poursuites engagées contre l’eurodéputée pour « apologie du terrorisme ».   En bref Cinq rapporteurs spéciaux de l’ONU s’inquiètent des poursuites visant Rima Hassan.…

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Le FTDES avertit contre une crise globale en Tunisie

01. September 2026 um 13:04

Les interruptions répétées de la distribution d’eau et d’électricité, la hausse du coût de la vie et la détérioration des services publics risquent d’alimenter une crise sociale de plus en plus profonde en Tunisie, au point de menacer «la sécurité et la paix sociale».

C’est l’alerte lancée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui demande aux autorités de prendre des mesures urgentes pour répondre au malaise croissant de la population.

Dans un communiqué publié le 30 août 2026, l’ONG évoque une «crise sociale structurelle» qui ne peut plus être réduite à des urgences ponctuelles. Elle pointe du doigt les difficultés d’approvisionnement en eau potable et minérale, les coupures d’électricité, la perte de pouvoir d’achat, le chômage et la précarité économique, la dégradation des services publics ainsi que l’aggravation des problèmes environnementaux.

Le FTDES critique ce qu’il considère comme une réponse insuffisante des autorités et dénonce un fossé grandissant entre le discours officiel et les difficultés vécues au quotidien par les citoyens.

Parmi les revendications figurent la garantie de la continuité de la fourniture d’eau et d’électricité, des interventions pour contenir la hausse du coût de la vie et des mesures assurant la disponibilité des produits de base, notamment à la veille de la rentrée scolaire, période synonyme de nouvelles dépenses pour les familles.

Le FTDES réclame par ailleurs le respect des libertés publiques ainsi que la reprise du dialogue entre les institutions, les organisations sociales, la société civile et les citoyens.

Selon le Forum, le fait de continuer à différer des réponses concrètes pourrait entraîner une «dangereuse dérive sociale».

L’initiative incombe aux institutions de l’État, souligne l’organisation, et «en premier lieu à la présidence de la République».

Cette mise en garde intervient au terme d’un été particulièrement éprouvant pour le pays, marqué par des températures exceptionnellement élevées et des perturbations fréquentes des réseaux d’eau et d’électricité.

D’après l’Observatoire social tunisien du FTDES, 1 101 mouvements de protestation ont été recensés en juillet, contre 867 en juin. Pas moins de 678 mobilisations — soit 61,6 % du total — étaient liées aux problèmes d’accès à l’eau et aux coupures d’électricité.

Le mécontentement a également gagné le Parlement : 56 députés de l’Assemblée des représentants du peuple ont demandé la convocation d’une séance plénière extraordinaire durant la pause estivale, afin de discuter avec le gouvernement des interruptions de services essentiels, de la hausse des prix, de la perte de pouvoir d’achat et des difficultés d’approvisionnement en certains produits. Sur le plan politique, le président Kaïs Saïed a affirmé ces derniers jours que des enquêtes avaient établi que certaines coupures d’eau et d’électricité enregistrées dans le pays ne résultaient pas de pannes ordinaires, mais d’«actes prémédités» visant, selon lui, à attiser les tensions dans le pays.

Plus que les souffrances quotidiennes qu’ils endurent, c’est ce déni de la réalité de a part du pouvoir exécutif qui révolte désormais les Tunisiens, dont la parole critique s’est totalement relâchée sur les réseaux sociaux.

I. B.  

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Ce que l’Europe craint d’un effondrement tunisien

01. September 2026 um 10:13

Que l’Allemagne ait un intérêt direct à la stabilité tunisienne, personne ne le conteste. Mais l’Allemagne n’est jamais seule quand elle parle de stabilité et de Sahel à un chef d’État nord-africain : elle parle aussi, de fait, au nom du continent européen qui a fait de la Tunisie son verrou migratoire et énergétique, et qui n’a pas oublié qu’un effondrement tunisien se traduirait par une pression migratoire sur ses propres côtes.

Moktar Lamari *

Il faut se méfier des communiqués diplomatiques qui se ressemblent trop pour être honnêtes — et se méfier plus encore de ceux qui ne se ressemblent pas du tout. Explication…

Le 31 août, Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, a atterri à Tunis, dans une visite imprévue et urgente, pour une tournée maghrébine présentée comme une simple courtoisie anniversaire : soixante-dix ans de relations diplomatiques tuniso-allemandes, une délégation d’industriels, des dossiers énergie et chaînes d’approvisionnement automobile.

Rien, en apparence, qui justifie qu’un ministre des Affaires étrangères d’un pays du G7 se déplace en personne, accompagné de son patronat, pour aller souffler des bougies protocolaires. Sauf que le décor a craqué presque aussitôt, et de la façon la plus flagrante qui soit : les deux capitales ont raconté deux rencontres différentes.

Avant même l’atterrissage, le ministère allemand des Affaires étrangères annonçait sur son propre site que les discussions avec Kaïs Saïed porteraient sur leurs «intérêts communs en faveur de la stabilité de la Tunisie». Une fois sur place, interrogé par la chaîne publique allemande ARD, Wadephul est allé plus loin encore, évoquant sans détour le terrorisme et la montée de «l’islamisme», et présentant la migration comme l’un des fils conducteurs de sa tournée nord-africaine.

En conférence de presse à Tunis, il a par ailleurs insisté sur la volonté allemande d’«exploiter les potentiels mutuels», en particulier dans «l’approvisionnement en énergie respectueuse du climat» — une manière polie de dire qu’on est venu sécuriser des tuyaux, pas signer des cartes postales.

Or aucun de ces trois sujets — Sahel, terrorisme islamiste, énergie climatique — ne figure dans le compte rendu publié depuis le Palais de Carthage.

Pas une ligne, pas une allusion. À la place, la présidence tunisienne met en scène un Kaïs Saïed qui disserte sur l’humanité entrant dans une «nouvelle étape de son histoire» nécessitant une pensée fondée sur la liberté et la justice, et qui profite de l’audience pour exiger la révision de plusieurs accords — au premier rang desquels l’accord d’association avec l’Union européenne, jugé trop déséquilibré.

Intérêt direct de l’Europe à la stabilité tunisienne

Deux ministères, une seule et même rencontre, et pourtant deux comptes rendus qui pourraient décrire deux réunions tenues à des années de distance. Ce genre de dissonance ne s’invente pas dans un simple exercice de communication maladroit ; il trahit deux agendas qui se sont croisés dans la même salle sans jamais vraiment se parler — l’un venu évaluer un risque, l’autre venu réciter un grief.

Que l’Allemagne — troisième marché à l’export pour la Tunisie, pilier de l’approvisionnement automobile européen, hôte de 7 500 étudiants tunisiens et de milliers de soignants tunisiens dans ses hôpitaux — ait un intérêt direct à la stabilité tunisienne, personne ne le conteste.

Mais l’Allemagne, dans l’architecture européenne, n’est jamais seule quand elle parle de stabilité et de Sahel à un chef d’État nord-africain : elle parle aussi, de fait, au nom d’un continent qui a fait de la Tunisie son verrou migratoire et énergétique, et qui n’a pas oublié qu’un effondrement tunisien se traduirait en semaines, pas en mois, par une pression migratoire sur ses propres côtes.

On ne dépêche pas le chef de sa diplomatie, escorté d’industriels et suivi d’un crochet immédiat à Alger pour discuter interconnexions électriques, si le seul enjeu a trait à un anniversaire à souligner.

On le fait quand on veut prendre le pouls d’un pays avant qu’il ne s’arrête de battre.

Et ce pouls, aujourd’hui, est franchement inquiétant. Pendant que Wadephul serrait des mains à Carthage, des quartiers entiers de Tunis, de Sfax, du Kef, de Djerba ou de Gabès continuaient de vivre au rythme de coupures d’eau et d’électricité répétées, parfois plusieurs fois par jour — le symptôme le plus visible d’un réseau Steg en déficit structurel de production que plus aucun décret présidentiel ne peut masquer.

Des menaces terroristes en Tunisie sont probables selon des sources proches de la chancellerie allemande.

À cela s’ajoutent des pénuries récurrentes de médicaments essentiels dans les pharmacies, remontées presque chaque semaine par la société civile et les syndicats de la santé, signe que même la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique, pourtant vitale, craque sous la pression budgétaire et le manque de devises.

Les trois ingrédients de l’embrasement social

Ce sont exactement les trois ingrédients — eau, courant, médicaments — dont l’histoire politique récente du monde arabe a montré qu’ils précèdent, presque toujours, l’embrasement social. Ce n’est pas un hasard si le crochet algérien de Wadephul porte précisément sur l’offre électrique : Berlin cherche, très concrètement, des solutions de dépannage énergétique pour un voisin tunisien exsangue, faute de pouvoir compter sur une réforme interne que le régime refuse d’engager.

Rien de tout cela ne serait alarmant si le contexte politique tunisien n’était pas déjà à ce point tendu.

Un pouvoir réélu à 90,7 % sur une participation de 28,8 %, une opposition emprisonnée par dizaines, un Premier ministre limogé presque chaque année, une dette publique qui frôle 85 % du PIB, un déficit qui se creuse de nouveau : la marge de manœuvre du régime pour absorber un choc social supplémentaire est proche de zéro.

Quand l’eau, l’électricité et les médicaments manquent en même temps, la colère ne cherche plus de porte-parole partisan ; elle descend dans la rue directement, comme on l’a vu ailleurs dans la région ces derniers mois.

Et c’est précisément ce scénario que l’Europe, par la voix de son émissaire allemand, semble être venue évaluer de très près — sans jamais le dire tout haut. La visite protocolaire de Wadephul n’est peut-être qu’une couverture élégante pour une question bien plus brutale que Berlin, et derrière elle Bruxelles, se pose désormais sans détour : combien de temps le système Saïed peut-il encore tenir avant que la rue ne tranche à sa place ? 

Economiste universitaire.

Blog de l’auteur: E4T.

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Tunisie | Les erreurs d’hier, l’impuissance d’aujourd’hui

01. September 2026 um 08:55

La crise tunisienne nourrit une tentation familière : regarder le passé comme un âge de stabilité, d’ordre et de prospérité relative. Face aux difficultés économiques, à la dégradation des services publics, à la fatigue démocratique et au sentiment d’impuissance qui traverse le pays, les années Bourguiba et Ben Ali peuvent apparaître, rétrospectivement, comme des périodes plus lisibles et plus protectrices.

Ali Guidara *

Cette nostalgie confond pourtant souvent l’absence de bruit avec l’absence de blocage. La Tunisie d’aujourd’hui n’est pas née du seul désordre de la transition démocratique. Elle est aussi l’héritière de fragilités politiques, sociales et économiques constituées bien avant 2011.

Reconnaître les réalisations des pouvoirs passés ne signifie donc pas les absoudre. Cela suppose de tenir ensemble les acquis réels et les failles profondes qu’ils ont laissés derrière eux.

L’État construit par le sommet

Sous Habib Bourguiba, la Tunisie indépendante a consolidé un État moderne, une administration structurée et un système éducatif ambitieux. Les progrès accomplis en matière de santé, de scolarisation et de droits des femmes, notamment avec l’adoption du Code du statut personnel, demeurent des repères majeurs de l’histoire nationale.

Cette période a également consolidé l’idée d’une citoyenneté tunisienne et fourni au pays des instruments de modernisation dont il bénéficie encore. Mais la centralisation du pouvoir, le refus du pluralisme et la prééminence du parti-État ont limité l’émergence d’une vie politique autonome.

Surtout, les bénéfices de cette modernisation n’ont pas été distribués de manière équitable. Une partie importante de la population est demeurée exclue des circuits de décision, de l’accès aux opportunités économiques et de la redistribution des richesses. La concentration progressive des ressources entre les mains d’une bourgeoisie urbaine et de groupes proches du pouvoir a nourri un sentiment durable de relégation.

Pour les catégories populaires, les régions de l’intérieur et les groupes éloignés des réseaux administratifs ou politiques, cette exclusion a fini par anéantir l’espoir d’un changement accessible par les voies ordinaires. Lorsque les institutions ne permettent pas l’expression de la contestation, l’immobilité politique cesse d’apparaître comme une stabilité : elle devient une forme d’enfermement.

Le modèle de développement a, lui aussi, produit des déséquilibres durables. Il a favorisé le littoral, Tunis et les zones intégrées au tourisme ou à l’industrie, tandis que de nombreuses régions de l’intérieur demeuraient à l’écart des investissements, des infrastructures et des opportunités.

L’État s’est renforcé sans que cette puissance s’accompagne d’un contrôle citoyen véritable, d’un équilibre territorial durable ou d’un renouvellement suffisant des élites capables de démocratiser le pays et le rendre équitable. Une partie des fragilités actuelles se trouve dans cette contradiction : un appareil étatique relativement fort, mais une société longtemps privée des moyens de participer à la définition et au contrôle de l’action publique.

La stabilité comme façade

Le régime de Zine El-Abidine Ben Ali a prolongé cette architecture tout en la durcissant. Il a entretenu l’image d’un pays stable, ouvert aux investissements et tourné vers la croissance. Une partie de la population a effectivement connu une amélioration de ses conditions matérielles, particulièrement dans les grands centres urbains et les secteurs liés au tourisme, aux services ou à l’exportation.

Mais cette stabilité reposait sur des fondations fragiles. L’économie demeurait dépendante de secteurs exposés et insuffisamment créateurs de valeur et d’emplois. L’accès aux marchés, aux autorisations, au crédit et aux opportunités économiques était souvent conditionné par la proximité avec le pouvoir.

Cette confiscation des opportunités a progressivement atteint des proportions inédites. Une étude de la Banque mondiale a montré que 220 entreprises liées au clan présidentiel, qui représentaient moins de 1 % de l’emploi salarié, captaient à elles seules 21 % des profits du secteur privé tunisien entre 1996 et 2010 – une emprise économique qui s’étendait aux secteurs les plus stratégiques du pays. Cette concentration des richesses réduisait considérablement l’accès des entrepreneurs et des citoyens aux ressources et aux opportunités économiques. Le népotisme, le clientélisme et la corruption ne relevaient donc pas de pratiques marginales : ils participaient au fonctionnement même du système.

La répression empêchait, quant à elle, les frustrations sociales, professionnelles et territoriales de trouver une expression politique organisée. Le soulèvement de 2010-2011 n’a donc pas surgi d’un vide. Il a rendu visibles des tensions accumulées pendant des décennies.

La promesse inachevée de 2011

La révolution a ouvert un espace politique inédit. Elle a rendu possibles le pluralisme, la liberté de parole, les élections compétitives et l’émergence d’une société civile plus active. Mais elle n’a pas effacé l’héritage administratif, économique et social du passé. Les gouvernements successifs ont dû composer avec un État fragilisé, des disparités régionales profondes, une économie traversée par les rentes et les privilèges, ainsi qu’une administration peu préparée à une transformation politique de cette ampleur.

L’après-2011 a produit ses propres impasses. L’incompétence de plusieurs responsables, la persistance de pratiques clientélistes, l’incapacité à contenir la corruption et les calculs partisans ont largement affaibli la confiance publique. Trop souvent, l’action gouvernementale a été soumise aux coalitions précaires, aux rivalités d’appareil et aux intérêts de court terme. Les ambitions individuelles et les manœuvres partisanes ont pris le pas sur la construction de compromis durables et sur la préparation de réformes indispensables.

La démocratie a permis à des problèmes longtemps étouffés de s(exprimer. Elle n’a pas toujours permis de les traiter avec la cohérence, la continuité et la compétence nécessaires.

L’autoritarisme n’est pas une solution

Il serait pourtant trompeur de présenter ces défaillances comme la démonstration que l’autoritarisme constituerait une réponse plus efficace. Les régimes autoritaires peuvent imposer le silence, accélérer parfois certaines décisions et donner une impression d’ordre. Mais ils empêchent aussi la correction des erreurs, favorisent les réseaux de loyauté au détriment du mérite et concentrent les responsabilités jusqu’à rendre les institutions dépendantes d’un cercle étroit et souvent corrompu.

Une stabilité qui ne repose ni sur l’équité territoriale, ni sur des institutions solides, ni sur le respect des droits et libertés, ni sur une économie ouverte aux compétences et aux investisseurs demeure une stabilité précaire. Elle peut durer tant que la répression contient les tensions ; elle ne les résout pas.

La nostalgie de l’ordre oublie souvent le prix de cet ordre : l’absence de transparence, l’étouffement du pluralisme, la confiscation des libertés et des opportunités, et l’impossibilité de demander des comptes à ceux qui gouvernent.

Le pouvoir sans projet

La situation actuelle confirme la nécessité de dépasser les oppositions simplistes entre le passé autoritaire et les désillusions de la transition. Le pouvoir en place semble répondre aux transformations du monde contemporain avec des réflexes hérités d’une autre époque : concentration du pouvoir, verticalité de la décision, méfiance envers les contre-pouvoirs, suspicion à l’égard de l’expertise et conception défensive de l’État-citadelle.

La Tunisie doit pourtant affronter des mutations technologiques, climatiques, financières et géopolitiques rapides. Elle doit retenir ses compétences, attirer des investissements, créer des emplois qualifiés, moderniser ses services publics et restaurer la confiance dans les institutions. Gouverner ne peut plus consister à reconduire des logiques dépassées ni à présenter l’État comme un instrument fermé, centralisé et entièrement soumis à la volonté d’un seul pouvoir.

La Tunisie ne se relèvera ni par la nostalgie ni par la répétition des recettes qui l’ont conduite à l’impasse. Elle ne pourra pas davantage sortir de la crise sous un pouvoir qui reconduit, en les aggravant, certains défauts des régimes antérieurs. À cette dérive s’ajoute une faiblesse plus préoccupante encore : l’absence d’un projet lisible pour répondre aux urgences concrètes du pays et aux transformations du monde.

Une présidence à rééquilibrer

La Constitution de 2022 – élaborée sans véritable consultation – a renforcé les prérogatives du président de la République et réduit les mécanismes de partage et de contrôle qui limitaient auparavant la concentration du pouvoir. Cette architecture institutionnelle pose une question centrale : comment préserver la responsabilité démocratique lorsque l’essentiel de l’orientation politique, de la nomination du gouvernement et de l’arbitrage institutionnel dépend d’un seul centre de décision, dans un système où les contre-pouvoirs sont fortement affaiblis et où la souveraineté populaire est réduite à un principe proclamé plutôt qu’à une réalité institutionnelle ?

Le problème ne réside pas seulement dans la personne qui occupe la fonction présidentielle ; il est aussi, et peut-être surtout, institutionnel. Un système qui personnalise à l’excès le pouvoir nourrit l’illusion de l’homme providentiel et affaiblit les corps intermédiaires – partis, syndicats, associations, médias, justice, collectivités locales – qui devraient structurer la vie politique et contrôler l’exécutif.

La question du mode de désignation du chef de l’État mérite donc d’être posée. Une démocratie parlementaire renforcée pourrait envisager une désignation encadrée du président et des prérogatives clairement délimitées, afin de rompre avec une tradition présidentielle autocratique qui se reproduit de manière récurrente, à la satisfaction de certains acteurs. Car il est sans doute plus confortable d’avoir un interlocuteur unique, qu’il est possible de mettre sous pression, que d’avoir affaire à un ensemble d’institutions autonomes qui se partagent le pouvoir et se contrôlent mutuellement.

Une telle réforme devrait toutefois tirer les leçons de la fragmentation parlementaire de la décennie 2011-2021 : la simple désignation du chef de l’État ne suffira pas sans un mode de scrutin propice à des majorités stables et sans une réelle discipline de coalition.

Enfin, cette réforme ne prendrait tout son sens que dans le cadre d’un ensemble plus large : une justice indépendante, un Parlement doté de véritables pouvoirs de législation et de contrôle, une administration professionnelle et impartiale, des collectivités locales autonomes et des mécanismes de contrôle accessibles aux citoyens.

Ne pas confondre mémoire et réhabilitation

Critiquer les échecs de la transition démocratique, comme les impasses du présent, est indispensable. Mais cette critique ne doit pas devenir une réhabilitation du passé autoritaire.

Les acquis de l’histoire tunisienne – l’État, l’école, la protection sociale et l’émancipation juridique des femmes – méritent d’être préservés et approfondis. En revanche, l’opacité, le centralisme, les privilèges, la dépendance économique, l’exclusion sociale et l’étouffement du pluralisme doivent être identifiés pour ce qu’ils sont : non pas des garanties d’ordre, mais une part des causes de la crise actuelle et de l’affaiblissement de la conscience et de la participation citoyennes dans la vie politique.

La Tunisie aura besoin d’un État plus compétent, mais aussi plus ouvert ; plus exigeant, mais plus juste ; plus stratégique, mais moins captif des intérêts particuliers. Surtout, elle devra rendre à la compétence, à l’intégrité et à l’action publique leur place centrale. C’est à cette condition seulement qu’elle pourra sortir du face-à-face stérile entre la nostalgie d’un passé idéalisé et l’impuissance d’un présent sans cap.

 Docteur en politiques publiques.

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Tribune | Nul homme au pouvoir ne peut gouverner seul

01. September 2026 um 08:50
Nul pouvoir politique ne peut se passer de la consultation de ses collaborateurs, comme le montre l’histoire. Confondre l’autorité et l’autoritarisme confine l’exercice du commandement politique à la solitude de la décision, à la non-solution des problèmes et à la…

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Tunisie | Pour le CRLDHT, l’Etat est garant de la vie des détenus

01. September 2026 um 07:55

Dans le communiqué reproduit ci-dessous, publié le 30 août 2026 à Paris, le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a évoqué les effets désastreux de la canicule, de la surpopulation, des coupures d’eau et d’électricité, qui ont provoqué des décès dans les prison. «L’État doit garantir la vie des personnes qu’il détient», affirme l’organisation de défense des droits humains.

Le CRLDHT tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la situation extrêmement grave qui prévaut dans les prisons tunisiennes.

Depuis plusieurs mois, les décès de personnes détenues dans des circonstances suspectes ou insuffisamment élucidées se multiplient. À cette crise ancienne s’est ajoutée, durant l’été 2026, une succession de vagues de chaleur exceptionnelles, accompagnées dans plusieurs régions de coupures d’eau et d’électricité, alors que le système pénitentiaire connaît déjà une surpopulation massive, des infrastructures dégradées et des difficultés persistantes d’accès aux soins.

Dans son alerte du 24 juillet 2026, le CRLDHT avait averti que la combinaison de la canicule, du manque d’eau, des coupures d’électricité, du défaut d’aération et de la surpopulation faisait peser une menace directe sur la vie et l’intégrité physique des personnes détenues. Des familles ont depuis fait état de malaises, d’évanouissements, de retards dans l’accès aux soins et de cellules transformées en véritables étuves.

La canicule n’a pas créé la crise carcérale. Elle en a révélé la dangerosité.

Selon les données publiées par l’association Intersection, les prisons tunisiennes accueilleraient aujourd’hui plus de 33 000 détenus pour une capacité officielle d’environ 17 000 places, soit un taux d’occupation proche de 194 %. La population carcérale serait passée de 23 000 personnes en 2022 à plus de 33 000 en 2025. Dans certains établissements, la situation est encore plus critique : 251 % d’occupation à Kairouan, 210 % à Mornaguia, 209 % à Gabès et 200 % à Sfax.

Dans huit prisons, l’espace disponible ne dépasserait pas deux mètres carrés par détenu, tandis que les sanitaires, les douches, l’accès aux produits d’hygiène et aux soins sont largement insuffisants.

Dans de telles conditions, lorsque les températures approchent ou dépassent 45 à 50 °C, la chaleur devient un risque vital.

Des morts qui exigent des réponses

Le décès de Hamza Dridi, 33 ans, détenu à Borj El Amri, est particulièrement alarmant. Selon le témoignage de sa mère recueilli par Nawaat, il lui avait confié lors de sa dernière visite que l’eau avait été coupée pendant quatre jours consécutifs, l’empêchant, comme les autres détenus, de se laver ou de se rafraîchir malgré la chaleur extrême. Peu après cette conversation, il aurait été placé en cellule disciplinaire. Cinq jours plus tard, le 22 juillet, il décédait. Il n’avait pas encore été jugé et, selon sa famille, ne souffrait d’aucune pathologie connue. Le rapport d’autopsie n’avait pas encore été rendu public.

À la prison civile de Gabès, deux détenus sont également morts : Ali Bejaoui et Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi. La LTDH a qualifié ces décès de «suspects». La famille de ce dernier affirme avoir constaté des contusions et une fracture au niveau du cou après la restitution du corps.

Surtout, la section de Gabès de la LTDH dit avoir recueilli des témoignages concordants faisant état de coupures récurrentes d’eau et d’électricité, de surpopulation extrême et d’épisodes d’étouffement parmi les détenus.

À Messadine, Salem Karmous, Franco-Tunisien, est décédé le 19 juillet. Son père affirme avoir constaté des traces de violence et d’agression sur son corps. Ici encore, seule une enquête indépendante peut déterminer les causes du décès et établir les responsabilités.

Ces morts s’inscrivent dans une série plus large. L’OMCT avait déjà documenté treize morts suspectes entre mai 2025 et avril 2026, sans compter celles survenues pendant la canicule.

Fin août, un détenu est également décédé à la prison civile de Gafsa, tandis que deux détenus de Mahdia ont dû être transférés en réanimation dans un contexte de chaleur extrême et de conditions de détention dégradées.

Le 29 août, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a lancé une nouvelle alerte : elle fait état d’une augmentation sans précédent des décès et des hospitalisations liés aux coups de chaleur, ainsi que de décès de détenus dans plusieurs services d’urgence. Elle souligne en outre que le ministère de la Santé recueille des données sur les décès, les coups de chaleur et les capacités des services de réanimation, mais qu’aucun bilan officiel détaillé n’a encore été rendu public.

Une autre information grave a circulé le 28 août concernant cinq décès dans les prisons du Grand Tunis. Bassem Trifi, président de la LTDH, a indiqué, en citant des sources judiciaires saisies des dossiers, que cinq décès avaient été enregistrés la veille, sans compter d’autres régions.

Le périmètre exact de ces décès et leurs causes doivent encore être établis. Mais c’est précisément pour cette raison que le silence des autorités n’est plus acceptable.

L’État ne peut détenir quelqu’un sans garantir sa vie

Une personne détenue dépend entièrement de l’administration pour l’eau, l’électricité, l’aération, l’alimentation, les médicaments, les soins et le transfert vers un hôpital. Elle ne peut pas quitter sa cellule parce qu’il fait trop chaud ni chercher elle-même de quoi se protéger.

L’État qui prive une personne de liberté assume donc envers elle une obligation particulière de protection.

La peine prononcée par un tribunal est la privation de liberté. Elle ne comprend ni la privation d’eau, ni la chaleur insupportable, ni les violences, ni la négligence médicale, ni l’exposition à un risque mortel évitable.

Le détenu conserve pleinement son droit à la vie, à l’intégrité physique, à l’eau, aux soins, à la dignité et à la protection contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ouvrir les prisons au contrôle indépendant

    L’administration pénitentiaire affirme disposer de groupes électrogènes, de citernes de secours et de dispositifs permettant d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau et en électricité. Elle affirme également que les détenus sont pris en charge médicalement et transférés vers les hôpitaux lorsque leur état l’exige. Ces affirmations doivent pouvoir être vérifiées.

    Or, au moment même où les décès et les alertes se multiplient, la LTDH rencontre des obstacles pour visiter les établissements pénitentiaires. Une délégation a notamment été empêchée d’accéder à la prison de Messadine le 21 juillet, alors qu’un mémorandum d’entente signé en 2015 avec le ministère de la Justice avait précisément institué un mécanisme de visites indépendantes.

    Si les autorités affirment que les conditions sont conformes au droit, elles doivent ouvrir les prisons au contrôle indépendant.

    Le CRLDHT demande :

    1- la publication immédiate d’un bilan national exhaustif des décès en détention depuis le 1er juillet 2026, établissement par établissement ;

    2- la clarification immédiate des cinq décès signalés fin août dans les prisons du Grand Tunis, avec identification des personnes concernées et des circonstances exactes ;

    3- l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur tous les décès suspects, notamment ceux de Hamza Dridi, Ali Bejaoui, Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi et Salem Karmous.

    4- la communication aux familles des conclusions médico-légales et des rapports d’autopsie, ainsi que l’accès aux dossiers médicaux.

    5- la publication par le ministère de la Santé des données relatives à la canicule : décès, hospitalisations, admissions en réanimation et transferts de détenus.

    6- des mesures d’urgence dans toutes les prisons : accès permanent à l’eau potable, électricité, ventilation, soins médicaux et protection particulière des personnes âgées, malades ou vulnérables ;

    – des inspections indépendantes et inopinées des établissements pénitentiaires ;

    7- la levée immédiate des entraves aux visites de la LTDH et le respect du mémorandum de 2015 ;

    8- l’identification des responsabilités administratives, politiques ou pénales chaque fois qu’une faute, une négligence ou une violence ayant contribué à un décès est établie ;

    9- des mesures urgentes contre la surpopulation carcérale, notamment par un réexamen de la détention provisoire et le développement des alternatives à l’incarcération.

    Les familles ont droit à la vérité.

    Les détenus ont droit à la dignité.

    Et, avant toute chose, ils ont droit à la vie.

    Paris, le 30 août 2026

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    Édouard Balladur s’éteint à 97 ans I Une figure de la France des années 1990

    01. September 2026 um 07:27

    Édouard Balladur, ancien Premier ministre français et figure importante de la droite, est mort lundi 31 août 2026 à Paris, à l’âge de 97 ans. Avec lui disparaît l’un des derniers grands témoins d’une génération politique qui a profondément marqué la France de la Ve République.

    Né le 2 mai 1929 à Smyrne, l’actuelle Izmir, en Turquie, Édouard Balladur était issu d’une famille de chrétiens d’Orient originaires du Nakhitchevan. Il arrive en France à l’âge de six ans et y construit l’essentiel de sa carrière, d’abord dans la haute administration, puis au sommet de l’État.

    Son parcours est indissociable de celui de Georges Pompidou. Collaborateur du futur président de la République, Balladur s’impose dans les coulisses du pouvoir et acquiert une solide expérience des rouages de l’État. Cette proximité avec Pompidou sera déterminante dans son ascension politique.

    Après une période passée dans le secteur privé, il revient au gouvernement en 1986, lorsque Jacques Chirac devient Premier ministre durant la première cohabitation avec François Mitterrand. Ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation, il conduit notamment une importante politique de privatisations.

    Premier ministre durant la cohabitation et rupture avec Chirac

    Le véritable sommet de sa carrière intervient en 1993. Après la large victoire de la droite aux élections législatives, le président socialiste François Mitterrand le nomme Premier ministre. La France entre alors dans sa deuxième cohabitation, avec un président de gauche et un gouvernement de droite.

    Pendant deux ans, Balladur dirige le gouvernement avec une réputation de sérieux et de modération. Son style, très éloigné de celui des hommes politiques plus démonstratifs, lui vaut alors une forte popularité dans l’opinion française.

    Mais cette popularité va rapidement transformer les relations entre les deux hommes qui dominent la droite française : Balladur et Chirac.

    En 1995, Balladur décide de se présenter à l’élection présidentielle. Sa candidature l’oppose directement à Chirac, son ancien compagnon politique. La campagne présidentielle révèle alors une profonde fracture au sein de la droite française.

    Balladur est finalement éliminé dès le premier tour, remporté par Lionel Jospin. Chirac accède au second tour puis devient président de la République.

    Après son départ de Matignon, Balladur poursuit sa carrière politique, notamment comme député. Il reste également présent dans les débats sur les institutions et l’avenir de la France.

    Un destin marqué par la Méditerranée

    Le parcours de Balladur présente une dimension particulière. Né à Smyrne, ville portuaire située au carrefour de plusieurs mondes, il appartient à cette histoire des communautés levantines et chrétiennes d’Orient dont les trajectoires ont longtemps été liées à la Méditerranée.

    Son itinéraire illustre aussi une réalité historique plus large : celle de familles originaires de l’ancien espace ottoman qui, au cours du XXe siècle, se sont installées en France et ont progressivement intégré les élites administratives, économiques et politiques du pays.

    Balladur aura ainsi traversé près d’un siècle d’histoire française et européenne : de l’entre-deux-guerres à la construction européenne, des bouleversements de Mai 68 aux alternances politiques de la Ve République.

    Avec sa disparition à 97 ans, la France perd un ancien chef de gouvernement, mais aussi un témoin privilégié des transformations politiques qui ont façonné le pays durant la seconde moitié du XXe siècle.

    Djamal Guettala

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    Les leçons de la résistance iranienne ?

    01. September 2026 um 07:01

    Nous pensons que la division bien connue du monde entre «pays sous-développés» et «pays développés» s’est vue remise en question dans une certaine mesure par l’Iran depuis le 28 février 2026, date de l’agression que cette nation a subie de la part des États-Unis et d’Israël.

    Jamila Ben Mustapha *

    Cette guerre qui vient de reprendre après un mois de cessation des hostilités et dont personne ne peut prévoir l’évolution, est l’occasion d’examiner la réaction respective de chacune des deux parties, la première appartenant plutôt au Tiers-Monde et les seconds se situant parmi les Etats puissants.

    Ce conflit a mis aux prises deux camps, l’un, l’agresseur, ayant usé de la force brutale du bombardement systématique, et l’autre ayant supporté stoïquement ces frappes sans s’effondrer.

    On a attribué, à ce propos et jusque-là, la victoire à l’Iran rien que par le fait que, devant le déchaînement de tant de moyens de destruction et de violence, ce pays a pu tenir et ne pas se déliter. Mais il ne s’est pas contenté seulement d’y faire face, son attitude constante ayant été d’y répondre coup pour coup en appliquant l’affirmation biblique «œil pour œil, dent pour dent».

    En effet, il a fracassé l’alliance entre les pays du Golfe et les USA en s’attaquant aux bases américaines sur le sol des premiers, puis s’est attribué le contrôle du détroit d’Ormuz, qui contrôle le passage de 20% du pétrole mondial, en interdisant tout passage de bateaux sauf pour ses alliés, ce qui est en train de nuire gravement à l’économie de la plupart des pays du monde.

    Le bienfait de la résistance iranienne

    Quant à la réaction internationale vis-à-vis de cette guerre, plutôt que de condamner les pays clairement attaquants que sont Israël et les États-Unis, certains médias occidentaux se sont crus obligés de souligner le caractère non démocratique du pays attaqué, mêlant ainsi volontairement deux domaines qui n’ont aucun lien l’un avec l’autre.  

    En effet, il y a à distinguer la volonté d’indépendance d’une nation, dont personne ne peut contester la légitimité, de son régime qui est une affaire interne et ne regarde que son peuple. 

    Le bienfait psychologique de cette résistance iranienne est énorme sur les pays dits sous-développés, et aura probablement un effet prolongé, durable et, espérons-le, irréversible si elle continue à pouvoir se maintenir. Il est temps, en effet, que soit remis en question le mépris que vouent les États puissants aux États faibles, et particulièrement, aux États musulmans.

    L’ancienne Perse inaugure ainsi une nouvelle époque qui rend possible la renaissance de l’espoir pour les représentants du Sud global ; ces derniers voient, en effet, se profiler devant eux une ère de rupture avec le sentiment d’infériorité, d’impuissance et le mépris de soi où ils se trouvaient cantonnés.

    Par ailleurs, cette attaque non justifiée a eu des effets imprévus, contraires aux prévisions des pays attaquants.

    Elle a entraîné des frictions entre les deux alliés Israël et les USA, quant à la gestion du conflit dans le futur.

    Elle a provoqué la montée de la critique mondiale d’Israël qui a poussé les États-Unis à cette agression : c’est ainsi, par exemple, que la jeunesse américaine est actuellement propalestinienne dans sa majorité.

    Elle a montré aux pays du Golfe que les bases américaines détruites au cours de la guerre par l’Iran, loin de les protéger, ont eu un effet exactement inverse puisqu’ils se sont trouvés, malgré eux, mêlés au conflit.

    Elle a renforcé l’unité nationale d’un pays en crise alors que les agresseurs, au contraire, croyaient pouvoir mettre son régime à bas, assimilant de façon tout à fait simpliste et erronée l’Iran au Venezuela.

    Face à la force brute, l’intelligence et la stratégie

    En plus de vouloir éliminer l’un des très rares pays musulmans qui tient encore debout, on ne peut qu’être scandalisé aussi quand on pense que cette dernière guerre s’est faite aussi pour des raisons personnelles concernant les deux principaux chefs des pays agresseurs : pour le Premier ministre israélien, elle lui permet de perdurer au pouvoir et d’échapper à la justice de son pays par une guerre. Pour le président américain, ce conflit lui est utile car il fait passer au second plan son implication possible dans l’affaire Epstein et autres scandales de népotisme et de corruption.

    Quant à l’Iran, fermant un détroit dont est en train de pâtir toute la planète, il s’élève au rang d’une nation redoutable qui savait depuis longtemps qu’elle allait être attaquée, qui s’est préparée au combat et a su remplacer la puissance brute qu’elle n’a pas par l’intelligence et la stratégie, action peu étonnante au vu de sa glorieuse histoire.

    * Ecrivaine.

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