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Cinéma | Le Festival de la femme et de la jeunesse de Djerba revient du 24 au 27 octobre 2026

06. Oktober 2026 um 22:32

Le Festival international du cinéma de la femme et de la jeunesse, rendez-vous cinématographique emblématique de l’île de Djerba, revient cette année du 24 au 27 octobre 2026 avec une édition spéciale marquée par une riche programmation.

Djerba s’apprête ainsi à vibrer au rythme du 7e art durant cette manifestation incontournable de l’agenda culturel tunisien qui réunira cette année une sélection de 68 films en provenance de 12 pays, projetés dans le cadre de la compétition officielle ainsi qu’en séances hors compétition.

Pour cette édition 2026, l’Inde sera à l’honneur et une place de choix sera ainsi accordée au cinéma indien à travers une projection spéciale d’œuvres contemporaines et patrimoniales.

Fidèle à sa vocation de transmission et de formation, le festival proposera un programme parallèle dense, comptant desateliers pratiques et tables rondes ainsi que des hommages appuyés à des figures marquantes du cinéma.

Y. N.

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Dacian Cioloș, candidat roumain à l’OIF : « La francophonie peut contribuer à un multilatéralisme éclairé »

06. Oktober 2026 um 15:44

Ancien Premier ministre roumain, commissaire européen à l’Agriculture et député européen, Dacian Cioloș est l’un des quatre candidats à la succession de Louise Mushikiwabo au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Face à trois candidates africaines,  la sortante Louise Mushikiwabo (Rwanda), Juliana Lumumba (RDC) et une candidate mauritanienne, Dacian Cioloș défend une vision pragmatique : transformer le français en “langue d’opportunité”pour les jeunes, au-delà de l’héritage culturel. Interview exclusive : 

Quel est, selon vous, le but de la francophonie aujourd’hui, et comment la situer dans un ordre mondial en mutation ?

La Francophonie réunit des pays de continents, d’histoires et de niveaux de développement différents, liés par une langue commune, le français, utilisée comme langue de travail et de connexion. Grâce à cet atout linguistique, ces États diversifiés peuvent coopérer sur des objectifs partagés, dans le cadre d’une coopération multilatérale fondée sur cette spécificité.

L’OIF constitue le cadre politique qui rassemble les chefs d’État et de gouvernement. Mais la Francophonie dépasse cette instance : elle forme un réseau incluant des opérateurs universitaires, médiatiques, non gouvernementaux, économiques et entrepreneuriaux.

Autour de cette langue commune, ces pays partagent des valeurs, droits de l’homme, démocratie et valorisent un héritage culturel francophone. L’enjeu est désormais d’identifier, sur ces bases communes, des objectifs concrets pour répondre de manière pragmatique aux besoins des citoyens, malgré leur diversité géographique et historique. 

En quoi votre candidature se distingue-t-elle ?

Je ne souhaite pas me comparer aux autres candidatures. Chaque profil a sa spécificité ; ce sera aux États membres et aux chefs d’État et de gouvernement de choisir la vision la plus adaptée à leurs attentes pour cette organisation.

Je viens d’un pays francophone par choix, qui voit dans la francophonie une opportunité, comme cela a été mon cas personnel. Je suis ce que je suis aujourd’hui parce que j’ai eu accès à la langue française. Grâce à elle, j’ai acquis une formation, des expériences professionnelles et administratives et je souhaite désormais mettre cela au service de la francophonie. Ma vision est celle d’une francophonie utile pour les États. Chaque État membre appartient déjà à d’autres organisations régionales ou sectorielles ; je souhaite que les pays membres trouvent une utilité concrète à leur appartenance à la francophonie. Et que le français devienne une langue d’opportunité pour les jeunes d’aujourd’hui, comme elle l’a été pour moi. C’est sur cette base que j’ai construit mon projet.

L’espace francophone peut-il devenir un espace économique capable de renforcer ce multilatéralisme ?

Oui, et je pense que c’est une évolution inévitable et naturelle. La francophonie a commencé par une coopération autour de l’apprentissage d’une langue commune, puis s’est enrichie de valeurs humaines et d’une richesse culturelle. Longtemps, cette coopération s’est concentrée sur l’éducation et la formation, ce qui était essentiel pour beaucoup de pays francophones. Aujourd’hui, cette éducation en langue française doit créer des opportunités pour les jeunes.

L’avenir de la francophonie dépend du choix des jeunes d’apprendre ou non le français. Si un jeune ne trouve pas d’intérêt à apprendre le français, aucun décret ni résolution ne changera cela. Un jeune apprendra le français si cela lui apporte quelque chose : un emploi, une opportunité d’entrepreneuriat, une meilleure connexion au monde. La coopération économique au sein de la francophonie est donc inévitable si l’on veut créer ces opportunités pour les jeunes, les femmes et les communautés.

Elle est favorisée par l’expérience déjà acquise en matière d’éducation et de formation. Il faut désormais orienter ces formations vers des domaines économiques, marketing, technologiques, numériques, liés à l’intelligence artificielle, afin de déboucher sur des emplois ou des opportunités d’entrepreneuriat et d’investissement. En parallèle, il faut encourager le secteur privé à investir dans les pays francophones et rapprocher autant que possible les politiques économiques, fiscales et commerciales de nos États.

La Tunisie a certains objectifs de développement économique, le Vietnam d’autres, tout comme le Canada, la Roumanie, la Belgique ou la Suisse. Ce qui importe, c’est de mettre autour de la table les ministres de l’Économie et du Commerce pour échanger des bonnes pratiques en matière de politiques économiques et commerciales. Nos pays appartiennent à différents blocs économiques ayant négocié des accords de partenariat, avec des règles communes pour le commerce et l’investissement. Il est important que nos États communiquent autour de ces politiques, tentent de les aligner et facilitent l’accès des investisseurs canadiens, belges ou roumains aux normes et règles des pays d’accueil comme la Tunisie ou le Sénégal. C’est là que je vois le rôle de la francophonie : encourager les échanges de bonnes pratiques économiques, comme cela a été fait pour l’éducation, et faciliter les contacts entre entrepreneurs et investisseurs. C’est ainsi, de manière pratique, que l’espace francophone pourra devenir un espace de coopération économique.

Que faudrait-il faire pour renforcer davantage cet espace francophone ? Prenons l’exemple de la Tunisie et de la Roumanie : quels points de similitude peuvent être renforcés et quels mécanismes mettre en place ?

En tant que candidat à la tête de la francophonie,  je m’adresse à tous les pays francophones avec un objectif clair : si je suis élu secrétaire général, je créerai des espaces de dialogue et de coopération entre pays comme la Tunisie et la Roumanie, afin qu’ils se connaissent mieux, comprennent leurs avantages comparatifs et travaillent ensemble. Cela passe par des mécanismes d’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre fonctionnaires, entrepreneurs, responsables de la formation et jeunes, ainsi que par la mise en commun de projets concrets.

Je propose la création d’un opérateur de coopération économique au sein de la Francophonie, à l’image de l’AUF pour l’université, de l’AIMF pour les collectivités ou de TV5Monde pour les médias. Cet instrument devra valoriser et structurer la coopération économique.

Des réseaux existent déjà : Alliance des patronats francophones, fédérations de femmes et de jeunes entrepreneurs. En associant ces acteurs aux ministres de l’Économie, des Finances et du Commerce, et en créant un espace de partage des politiques économiques, la Francophonie pourra faciliter foires, forums, missions économiques et coopérations entre pays et régions, puis accompagner la concrétisation des projets issus de ces rencontres.

Il s’agit aussi d’appuyer un investisseur francophone qui souhaite recruter des jeunes formés dans un pays francophone et d’aider les jeunes à identifier des filières menant à un stage, puis à un emploi, dans une entreprise francophone. La Francophonie n’est pas la seule organisation capable de porter cette coopération économique. Mais elle est celle qui peut le faire spécifiquement dans l’espace francophone.

Quelle place occupe aujourd’hui la diplomatie dans l’espace francophone ?

Tout ce que nous faisons relève de la diplomatie : dialogue, écoute, définition d’objectifs et recherche de partenaires partageant des objectifs proches. La diplomatie, c’est faire comprendre ce que je sais faire. Elle fonctionne tant que nous sommes capables de nous écouter et de nous entendre, ce qui suppose un effort pour comprendre la culture de l’autre.

Dans la Francophonie, la langue commune nous donne accès à cette culture. En tant que Roumain, je n’ai pas besoin d’apprendre le vietnamien, le cambodgien ou l’arabe : à travers le français, en dialogue avec des Tunisiens, des Vietnamiens, des Sénégalais, je peux comprendre leur façon de penser et partager un objectif commun, sans contrainte. C’est ainsi que j’ai utilisé la diplomatie pour renforcer l’entente et la coopération entre les pays, sans tensions ni conflits. Le dialogue reste primordial.

Comment la francophonie peut-elle renforcer son poids diplomatique et contribuer davantage au dialogue entre les pays du Nord et du Sud ?

Il n’y a pas que les pays du Nord et du Sud ; il y a les pays de l’Est et de l’Ouest, les pays continentaux et insulaires, les petits et les grands pays, les pays multiculturels et monoculturels. Ce qui est important, c’est de créer des opportunités pour toutes ces régions francophones.

Dans mon programme, j’ai dit : « La francophonie avec l’Afrique au cœur », parce que c’est là qu’on a le plus de pays francophones, la dynamique démographique la plus importante et le plus de jeunes. Mais il est important que cette organisation ne soit pas perçue comme une organisation régionale africaine soutenue par quelques pays du Nord. J’aimerais qu’on dépasse cet esprit de partage Nord-Sud et qu’on crée une organisation comme une opportunité de coopération de l’ensemble des pays francophones.

Tout en reconnaissant et en mettant en valeur le poids africain, qui est important, on ne doit pas se limiter à l’Afrique et dire que l’Afrique, c’est le reste du monde francophone. Non, c’est l’Afrique et l’Asie, l’Afrique et l’Europe, l’Afrique et les Amériques, mais aussi l’Asie et l’Europe, et l’Asie et les Amériques. 

De toute façon, de manière pratique et pragmatique, c’est l’Afrique, à mon avis, qui sera la grande gagnante de ce processus, en raison de sa domination démographique, de son potentiel économique et de ses ressources à mettre en valeur. Cette coopération multicontinentale et multi pays de la francophonie serait surtout au bénéfice de l’Afrique. Mais faut-il encore le faire ! Et faut-il amener l’organisation de la francophonie en visibilité, à l’échelle d’une vraie organisation multilatérale et internationale.

Le mot de la fin ?

Le besoin d’apprendre à travailler ensemble pour des intérêts communs. Tout ce dont je viens de parler ne peut pas être fait juste par un pays ou par un groupe de pays contre les autres. L’enjeu à l’avenir, c’est qu’on arrive à travailler ensemble pour des intérêts communs, avec comme cible notamment les jeunes générations, l’autonomisation des femmes; mais surtout les jeunes générations, parce que c’est le choix que les jeunes feront qui déterminera l’avenir de notre organisation. 

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Rabat, un profil tout neuf

06. Oktober 2026 um 14:20
De la ville nouvelle imaginée sous le Protectorat aux audaces de l’architecture contemporaine, Rabat n’a jamais cessé de composer avec la modernité. La Tour Mohammed VI, désormais point culminant de la capitale, offre un point de vue inédit. Depuis les…

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Agriculture et pêche : 17 MDT d’investissements sur les rails dans trois gouvernorats

06. Oktober 2026 um 14:25

17 millions de dinars (MDT) : tel est le volume des projets agricoles et de pêche qui viendront prendre forme à Béja, Bizerte et Médenine. Et ce, après le feu vert donné lundi par le Comité national d’octroi des avantages de l’APIA.

C’est lundi 5 octobre que le Comité national d’octroi des avantages, rattaché à l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), a donné son aval à un ensemble de projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Leur coût global atteint 17 MDT.

L’APIA précise, dans un communiqué, que ces approbations sont intervenues au terme de la sixième réunion tenue par l’instance en 2026. Les projets concernés seront menés dans les gouvernorats de Béja, de Bizerte et de Médenine.

Dans le même temps, le comité s’est penché sur les prêts fonciers. Des crédits ont été accordés à de jeunes agriculteurs de Kasserine pour leur permettre d’acheter des terres agricoles s’étendant sur 49,9 hectares. Le financement prévu pour cette acquisition représente 715,9 mille dinars.

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Wajdi Riahi Trio : trois albums, un seul set, une salle archi-comble

06. Oktober 2026 um 12:37

 Vingt minutes après 20 heures, le Théâtre des régions était plein. Au piano, à la contrebasse et à la batterie, trois musiciens ont déroulé trois albums en un seul set.  

Le Wajdi Riahi Trio s’est produit le 5 octobre 2026 au Théâtre des régions de la Cité de la culture, dans le cadre des JMC, devant une salle archi-comble. Le concert a commencé une vingtaine de minutes après 20 heures.

Wajdi Riahi (piano), Basile Rahola (contrebasse) et Pierre Hurty (batterie) ont présenté une sélection de leurs trois albums acclamés : Mhamdeya, Essia et l’album live Zabonprés Sessions. Ce set traversait tout leur parcours, avec des compositions riches, nourries de plusieurs traditions et revisitées au fil des tournées. Le trio le décrit comme plein de fraîcheur, de profondeur et de générosité, pour une musique toujours en mouvement.

Pianiste et compositeur né à Tunis, Wajdi Riahi a commencé le piano très jeune avant de s’installer à Bruxelles. Il y a façonné un style mêlant jazz, musiques méditerranéennes et traditions classiques et populaires. Son jeu est sensible et rythmiquement intense, entre profondeur mélodique et liberté d’improvisation. Avec ses deux partenaires, il forme un groupe porté par l’écoute mutuelle, une amitié profonde et une alchimie scénique rare.

Né le 20 septembre 1995 et membre du Jazz Club de Tunis, il y a obtenu en 2011 un diplôme de musique arabe. En 2015, il a rejoint le Hard Bop Project et donné son premier concert de jazz avec des membres du club. En 2016, il a participé à l’Itinéraire Jazz, série de concerts organisée par l’association, et à un stage de piano jazz, d’improvisation et de composition à l’AKDT, à Libramont (Belgique). En 2017, il a joué dans Darimba, projet du bassiste tunisien Wassim Ben Rhouma, puis créé North Africa, qui lui a valu trois prix : le Tanit de bronze, le prix de la meilleure composition et le prix Ahmed Litaiem du meilleur soliste. Il a aussi suivi la Master Class du pianiste américain Barry Harris, en Italie.

Il étudie aujourd’hui au Conservatoire royal de Bruxelles auprès du pianiste Éric Legnini. Outre son trio, il joue comme sideman dans The Rythme Hunters de Stéphane Galland, Now Project de Fabrice Alleman, Aleph Quintet et New Lands d’Armando Luongo. Il a également participé, à Bruxelles, à la célébration des trente ans d’Aka Moon, au Festival des Libertés.

Du diplôme de musique arabe à la Master Class de Barry Harris, des stages de jazz au Conservatoire royal, ces formations successives ont préparé Wajdi Riahi à exceller. Son talent se lit dans les trois prix de North Africa et dans la place qu’il tient aujourd’hui sur la scène bruxelloise.

 

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Agriculture : 650 candidatures en une semaine, l’APIA relance le financement dans trois gouvernorats

06. Oktober 2026 um 12:27

Le financement des projets agricoles suscite un afflux de demandes dans le Centre-Ouest. Après avoir enregistré 650 nouvelles candidatures en seulement une semaine, le projet de valorisation des périmètres irrigués et de développement des chaînes de valeur du Centre-Ouest (PVPI-DCV) relance son appel dans les gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. L’APIA annonce une nouvelle période de dépôt du 6 au 11 octobre, avec 90 candidats qui seront retenus à l’issue d’une première sélection.

Les dossiers du 21 septembre doivent être redéposés

Dans un communiqué publié le 5 octobre, l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) précise que l’appel est rouvert afin de faciliter le traitement et le classement des dossiers, mais aussi de clarifier les pièces demandées.

Une précision importante accompagne cette nouvelle ouverture : les candidats ayant déjà déposé leur dossier lors de l’appel lancé le 21 septembre doivent le soumettre de nouveau. Ceux qui ne l’avaient pas encore fait peuvent également déposer leur candidature durant cette nouvelle période.

Le dispositif concerne les trois gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. Trente candidats seront sélectionnés dans chaque gouvernorat, soit 90 bénéficiaires dans cette première phase. La sélection reposera notamment sur l’âge, l’existence d’un crédit foncier, une déclaration d’investissement, une décision d’octroi d’avantages ou encore l’adhésion à un réseau d’incubateurs agricoles.

650 demandes en une semaine

C’est précisément cette forte demande qui donne une autre dimension à la réouverture.

Dans un bilan publié sur LinkedIn, Samia Aloui, responsable de la composante consacrée à la facilitation du financement des investissements agricoles au sein du PVPI-DCV, indique que 650 nouvelles candidatures ont été enregistrées en une semaine après le lancement de la nouvelle vague.

2,35 millions de dinars encore disponibles

Le même bilan apporte un éclairage sur les moyens financiers restant à mobiliser.

Selon Samia Aloui, 1,623 million de dinars ont déjà été engagés au titre de la dotation remboursable financée par la Banque africaine de développement, sur une enveloppe globale de 4 millions de dinars. Il resterait ainsi 2,35 millions de dinars à déployer d’ici la fin de 2026, selon les chiffres communiqués par la responsable.

Elle fait également état de 39 dossiers déjà financés par la BTS, pour 1,512 million de dinars de crédits accordés et 1,072 million de dinars de primes, ainsi que de 89 emplois créés directement dans les régions d’intervention.

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Dialect, une appli pour apprendre la langue des ses parents

06. Oktober 2026 um 11:43

Les grandes applications enseignent l’anglais et l’espagnol. L’appli Dialect existe pour les langues qu’on hérite, celles que les grandes plateformes ignorent. Ahcène Bensalama est l’un des deux créateurs de Dialect, l’appli pour apprendre la langue de ses parents, celle qu’on parle vraiment à la maison. Le tunisien en fait partie, enregistré par une voix native.

«On l’a faite pour ceux qui ont grandi loin de la Tunisie et qui veulent parler le tunisien de leur famille. On apprend cinq minutes par jour, avec des cartes, des quiz et un parcours qui avance petit à petit», explique-t-il.

L’appli enseigne 19 langues d’origine, dont beaucoup sont absentes de Duolingo, Babbel et Rosetta Stone : les darija maghrébines, le kabyle, le wolof, le tamoul, etc.

Des voix 100 % natives sur 10 d’entre elles et une mémorisation par répétition espacée. Cinq minutes par jour suffisent pour l’apprentissage des bases, explique encore le jeune développeur.  

Le tunisien, rappelons-le, est une langue sémitique (afro-asiatique), variété d’arabe maghrébin ; vocabulaire à substrat berbère (environ 8-9 % du lexique) et emprunts au français, à l’italien, au turc et à l’espagnol. Il est parlé par 11,5 millions de locuteurs dont 10 % en dehors de la Tunisie, correspondant à la diaspora. C’est à ces derniers essentiellement que Dialect s’adresse.

I. B.

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L’UTAP organise à Tozeur une conférence nationale consacrée aux dattes

Von: tmps
06. Oktober 2026 um 11:04

« Les dattes tunisiennes : Entre les défis de coûts, réussite de la saison et enjeux de marché », tel est le thème de la première conférence nationale qui sera organisée, le 8 octobre, à l’initiative de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) au Village artisanal de Tozeur.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi des préoccupations des producteurs de dattes, du soutien aux efforts visant à promouvoir le secteur agricole et de la préparation de la nouvelle campagne agricole.

Elle constituera un espace de dialogue entre les différents acteurs de la filière qui permettra d’examiner les principaux défis auxquels est confrontée la filière, notamment la hausse des coûts de production.

Les participants devront discuter également des moyens permettant d’assurer le bon déroulement de la nouvelle campagne ainsi que sur les mécanismes favorisant le développement des opérations de la commercialisation, de stockage et de valorisation des dattes tunisiennes sur les marchés national et international.

Cette initiative intervient alors que le secteur des dattes tunisiennes a enregistré des indicateurs positifs au cours de la campagne 2025-2026. La production nationale a atteint un niveau record d’environ 404 mille tonnes, dont 347 mille tonnes de la variété « Deglet Nour ». Pour ce qui des exportations, les recettes ont dépassé le seuil de 1000 millions de dinars.

Cependant, le secteur fait face à plusieurs défis structurels et logistiques, parmi lesquels figurent la hausse du coût des intrants et de l’entretien, les difficultés de transport et de stockage, outre les impacts du changement climatique.

La superficie totale des palmiers dattiers en Tunisie est estimée à environ 60,8 mille hectares, répartie principalement entre les gouvernorats de Kébili, Tozeur, Gafsa et Gabès.

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Nouvelle de Amel Mokhtar | Le mariage m’a tuée

06. Oktober 2026 um 10:04

Originaire de Sers (Kef), née en 1964 à Makthar (Siliana), Amel Mokhtar est romancière et nouvelliste. Après des études universitaires, elle rejoint en 1985, le journalisme. Elle publie en 1993, son premier roman, «‘ala nakhabi al-hayat» (Toast à la vie) à Dar Al-Adab, à Beyrouth, suivi de «Al-korsi al-hazzaz» (La chaise à bascule), en 2003, roman censuré pour immoralité, puis finalement mis en distribution. Il révèle une écriture audacieuse, dénonçant les retors de la société, transgressant les interdits et les tabous. Son œuvre, qui compte d’autres romans, comme «Maestro», 2006 ou «La fumée du palais», 2013, ainsi que des recueils de nouvelles, est aujourd’hui largement reconnue et récompensée de différents prix et distinctions littéraires.

Traduite de l’arabe et présentée par Tahar Bekri

Je l’ai rencontré par hasard. Cela aurait pu être passager comme toute rencontre fortuite entre un homme et une femme qui se connaissent superficiellement. Sauf que le destin planifiait à sa manière et selon ses scénarios. Le destin fixa cet instant afin qu’il devienne le début d’une histoire d’une passion enflammée, puis un mariage réussi, selon les critères sociaux.

A cet instant exactement, quelqu’un m’appela au téléphone, me disant que cet homme était ton époux attendu. Peut-être m’en étais-je moquée, car j’ai cru que cela m’habitait à cause de ma mère qui insistait tout le temps et sans relâche, pour que je me dépêche de me marier, considérant qu’une fille qui dépasse la vingtaine, sans se marier est une vieille fille aux yeux de la société.

J’avais dépassé vingt-cinq ans mais je n’avais pas ressenti que j’étais une vieille fille, comme ils le disent. J’étais une fille joyeuse, allante, aimant la vie jusqu’à la folie. Le mariage n’était pas, quel que fût son prix, parmi mes objectifs. Mon premier objectif et le plus important était de réussir au travail, quant à mon second objectif, c’était de conserver au sein de l’institution du mariage, une passion folle. Je savais pertinemment que ce que je visais était parmi les équations difficiles, plutôt, impossibles dans la vie. Je considérais les expériences qui reconnaissaient la mort de la passion et de l’amour comme des expériences incomplètes ou bancales. Je m’assois sur le siège d’un spectateur roi qui a une haute confiance en lui-même et ses capacités. Je persistais alors sur le fait que je n’épouserais qu’un bel homme, de mon niveau culturel et de mes idées. Ainsi, nous échangerions une passion de légende. Après cela, il me sera possible de parier et de gagner le pari de conserver la flamme de la passion, entre moi et mon mari, jusqu’au dernier moment que durera notre mariage.

Quand le téléphone me chuchota que ce bel homme était mon époux attendu, j’ai cru que c’était une autre feinte du destin. Sauf que ce dernier, cette fois-ci, était sérieux, plutôt même, généreux envers moi et m’avait fourni tout ce que je désirais : me marier. J’ai épousé un bel homme cultivé, un artiste, je me suis mariée dans la fournaise d’une histoire vraie.

Au début du voyage-mariage, sur lequel ont passé dix ans, j’étais enthousiaste jusqu’à me vanter de mes hautes capacités, magiques, à vaincre, probablement, l’institution du mariage.

A chaque occasion et à chaque rencontre avec des amis, je me vantais et insistais sur ma réussite d’avoir conservé nos sentiments enflammés, même après le mariage. Tant que mon mari croyait en mon idée et se distinguait par sa mentalité ouverte et libre, il m’a aidée et m’aidera à gagner le pari afin que notre passion reste enfiévrée.

Puis les fatigues involontaires commencèrent. Je suis tombée enceinte, ce que nous attendions ardemment. Arrivèrent ainsi des fatigues que je ne m’imaginais absolument pas. Tout ce que nous entendons des autres passe sans signification, jusqu’à ce que nous le vivions par nous-mêmes et posions nos pieds sur la braise. A ce moment-là et c’est seulement à ce moment, que nous nous rappelons les expériences des autres et nous les comprenons.

Les fatigues de la grossesse changent le caractère, perturbent tous les sentiments clairs puis nous dépassons l’étape et nous fêtons le nouveau-né. Le mariage commence à étendre ses barreaux solides que nous avons pensés, au début, en or, J’avais cru, personnellement, que c’étaient des barreaux d’une passion enflammée qui ne s’éteindraient jamais.

Peu à peu, le cercle des barreaux gouverne et révèle que nous sommes de vrais prisonniers de l’institution du mariage qui bénéficie de ses propres lois très spécifiques et de ses jugements excessifs envers l’homme. Souvent, les époux plongent dans les échanges d’accusations, à cause du manque de conviction, de satisfaction du choix de l’autre ou du manque de parité et l’absence de sentiments de l’un envers l’autre. Mais dans la situation que je vis, où il n’y a pas de possibilité d’accrocher les erreurs sur le porte-manteau de l’autre, dans cette situation de parité et de passion, je me demande où se trouve la faille, après avoir reconnu à moi-même, d’abord, que j’ai perdu le pari et que, ce qui reste de notre passion enflammée, ce sont des sentiments silencieux et bridés, qui n’ont pas le moindre droit de s’exprimer devant l’encombrement des sujets et des dossiers ouverts à étudier et à discuter dans le partenariat du mariage!

Avec les jours et les années, le mariage, qu’au début, tous croient un havre d’amour, se transforme en un contrat d’une vraie société, au sens économique profond du terme. Nous réglons les problèmes d’un point de vue matériel, économique, lié à la balance économique, mondialiste. Nous discutons d’affaires diverses, et quand nous nous taisons un peu, il nous traverse l’esprit d’ouvrir les pages de notre histoire et de lire ensemble des extraits de poésie, comme nous le faisions au début de notre mariage, de voir un film au cinéma ou de pousser notre analyse de l’être humain. Nous découvrons soudain que nous sommes tous deux fatigués, nous réalisons ainsi, soudainement, que nous sommes épuisés, lui, se plaint d’un torticolis et moi, de maux de tête ou de dos. Nos regards se brisent et chacun de nous s’enfuit vers lui-même et se recroqueville sur ses vraies douleurs, c’est-à-dire, l’incapacité d’irriguer la plante fanée en son profondeur, reportant cela à demain, espérant d’autres circonstances plus souples pour une telle discussion, espérant un sentiment réel de puissance et de désir. Mais le lendemain ne sera pas meilleur, le tourbillon court et tourne d’une rapidité qui ne s’arrête pas et s’il s’arrête, c’est définitivement, pour la dernière scène d’adieu

Cette nuit, alors que nous nous préparons en silence pour fêter le dixième anniversaire de notre mariage, j’ai pensé proposer à mon mari la séparation, afin que chacun de nous retrouve sa liberté humaine. Au dîner, je lui ai dit : «J’ai une proposition à l’occasion de cet heureux anniversaire», il sourit et dit : «Moi aussi, j’ai une proposition». La curiosité m’a incité à connaître sa proposition avant de présenter la mienne. Il insista pour m’entendre la première. Notre entêtement finit par reporter cela à demain. J’étais persuadée qu’il allait me proposer la même proposition à laquelle j’ai pensée

Au lit, pendant que j’étais entre sommeil et éveil, j’ai essayé pour la dernière fois de le pousser à avouer sa proposition. Sa voix enfouie dans le sommeil me parvint : «Demain, je te dirai tout».

Remerciements à l’auteure.

Copyright Tahar Bekri pour la traduction.

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Sadok Rouai revient sur la naissance de la BCT et du dinar

06. Oktober 2026 um 08:11

Vient de paraître aux éditions Arcadia, à Tunis, ‘‘La genèse de la création de la Banque centrale de Tunisie et du dinar – Le rôle de la France et du FMI’’, de l’économiste Sadok Rouai, qui revient sur une période déterminante de l’histoire financière de la Tunisie : la création de la BCT et de la monnaie nationale.

L’auteur propose une relecture de ce qui a souvent été résumé à la «bataille du dinar», en s’intéressant aux négociations complexes qui ont accompagné la construction de la souveraineté monétaire tunisienne. Il met notamment en lumière les pressions exercées par la France ainsi que le soutien technique apporté par le Fonds monétaire international (FMI) dans la mise en place des réformes monétaires.

Fondé sur des archives et des reconstitutions financières, l’ouvrage entend renouveler la lecture des origines du dinar tunisien et de la BCT, en montrant une souveraineté monétaire construite progressivement, dans un contexte de contraintes et de négociations.

Économiste, diplômé de la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Tunis et titulaire d’un Diplôme d’études supérieures bancaires de l’Institut technique de banques à Paris, Sadok Rouai a débuté sa carrière à la BCT, où il a notamment travaillé aux départements des études, des relations internationales et de la supervision bancaire.

En 1987, il rejoint le FMI, où il exercera pendant plus de trois décennies comme conseiller principal auprès d’un administrateur.

Avec ce nouveau livre, l’auteur met ainsi son expérience des institutions financières tunisiennes et internationales au service d’une plongée dans les origines de la souveraineté monétaire de la Tunisie.

Djamal Guettala 

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Voyage dans le Tunis d’antan par Alfonso Campisi

06. Oktober 2026 um 07:34

Entrelaçant archives familiales, roman épistolaire et chronique urbaine, le nouvel ouvrage bilingue ‘‘Le vent du Sirocco / Vento di Scirocco’’ d’Alfonso Campisi (professeur à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Manouba), éclaire un chapitre méconnu de l’histoire tuniso-italienne, une sorte de mémoire retrouvée de la Médina de Tunis à travers le vécu d’une italienne de de Tunisie.

Il est des récits où l’histoire intime rencontre la grande Histoire. C’est le pari réussi de l’universitaire et essayiste Alfonso Campisi dans son nouvel ouvrage bilingue (français-italien), ‘‘Le vent du Sirocco / Vento di Scirocco’’, publié aux éditions Hkeyet. Une immersion historique et un éclairage précieux sur la Tunisie cosmopolite de la première moitié du XXe siècle.

Au centre de cette sorte de roman épistolaire se dresse une figure féminine d’exception : Lucia Campisi, arrière-grand-tante de l’auteur. Installée dès 1908,  au 98 rue Bab Souika, elle s’impose comme l’une des premières femmes pharmaciens de Tunisie, bravant les conventions de son époque pour mettre son savoir au service de la collectivité.

Une chronique vibrante de Tunis depuis 1900. Au fil des lettres, l’ouvrage dépasse la simple biographie pour offrir un portrait saisissant de Tunis au début du XXᵉ siècle. Le quartier de Bab Souika y est dépeint avec finesse et nostalgie : un territoire haut en couleur où la vie quotidienne réunissait Tunisiens musulmans et juifs, Siciliens, Italiens et Français dans un vivre-ensemble authentique.

L’officine de Lucia Campisi n’était pas seulement un lieu de soins, mais un véritable lieu de vie, témoin privilégié des mutations sociales, sanitaires et politiques de la Régence de Tunis au gré des décennies.

En ouvrant son officine au n° 98 de la rue Bab Souika, Lucia fait le pari de la proximité. Tenant à distance les intrigues politiques de l’époque, elle s’impose par son professionnalisme, son humanité et sa maîtrise des langues, et fait de sa pharmacie un lieu d’entraide entre Tunisiens, Siciliens, Maltais et Grecs.

À travers cette figure d’exception, Alfonso Campisi retrace l’émancipation d’une femme en avance sur son temps et rend hommage à la communauté sicilienne de Tunisie, à son intégration et à sa fidélité envers une terre que Lucia n’a plus jamais quittée.

L’auteur présentera son livre et assurera une séance de dédicace le dimanche 11 octobre à 17h à Dar El Jeld, dans la médina de Tunis.

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L’artisanat tunisien mise sur le design et l’innovation pour mieux s’exporter

05. Oktober 2026 um 13:42

La troisième édition d’ArtiCrea, salon professionnel dédié à l’artisanat d’art et au design tunisiens, se tient du 5 au 11 octobre 2026 au Palais des expositions du Kram, à Tunis, avec la participation de plus de 150 entreprises artisanales. Le programme prévoit des rencontres professionnelles et des ateliers sur les tendances, l’accès aux marchés étrangers, le commerce électronique et la protection des créations.

Organisée par l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat), en collaboration avec la Société des foires internationales de Tunis et la Fédération nationale de l’artisanat, la manifestation vise à renforcer les liens entre producteurs, designers, importateurs et acheteurs tunisiens et étrangers, ainsi qu’à ouvrir de nouveaux canaux de commercialisation et d’exportation. L’objectif, expliquent les organisateurs, est de transformer la valeur culturelle traditionnelle de l’artisanat tunisien en une valeur économique accrue.

Le programme d’ArtiCrea comprend des rencontres professionnelles et des ateliers portant sur le design, l’innovation, les tendances, les procédures d’exportation, l’accès aux marchés étrangers, le commerce électronique ainsi que la protection des dessins, modèles et marques. L’accent est ainsi mis, au-delà de la simple exposition des produits, sur la capacité des entreprises artisanales à être compétitives sur les marchés internationaux.

160 millions de dinars d’exportation en 2025

L’artisanat représente encore une part relativement modeste des exportations tunisiennes, mais offre des marges de croissance particulièrement importantes. En 2025, les exportations du secteur ont atteint environ 160 millions de dinars, contribuant à hauteur d’environ 2 % aux exportations totales du pays.

Selon l’Onat, le secteur compte quelque 2 500 entreprises, dont 650 exportatrices, et emploie directement des centaines de milliers d’artisans.

La répartition géographique des ventes révèle toutefois une particularité qui le distingue des exportations manufacturières tunisiennes dans leur ensemble. Si les États-Unis constituent l’un des principaux marchés pour l’artisanat tunisien, l’Europe demeure, globalement, la principale zone de destination. La diversification géographique figure donc parmi les priorités de l’Onat, notamment à travers la participation à des salons internationaux et la recherche de nouveaux débouchés en Afrique ainsi que sur d’autres marchés extra-européens. Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Sofiane Tekaya, avait déjà souligné, en 2025, la nécessité de conquérir de nouveaux marchés africains.

Le secteur de 4 à 5% au produit intérieur brut

Le potentiel de développement apparaît particulièrement significatif si l’on considère le poids de l’artisanat dans l’économie tunisienne. Ce secteur contribue à hauteur de 4 à 5 % environ au produit intérieur brut et génère chaque année des milliers d’emplois, tout en étant fortement implanté dans les régions de l’intérieur.

La Tunisie considère ainsi l’artisanat non seulement comme une filière culturelle et touristique, mais aussi comme un levier de développement régional et d’inclusion économique.

Pour 2026, les autorités ont fixé un objectif particulièrement ambitieux : porter les recettes d’exportation de l’artisanat à 500 millions de dinars, soit plus de trois fois la valeur atteinte en 2025. Il s’agit d’un objectif qui reste à réaliser mais qui met en évidence l’ampleur du pari fait sur l’internationalisation du secteur. Les premiers signes pour 2026 sont toutefois positifs. Le programme national «Easy Export» a été renforcé ; il permet aux artisans, aux microentreprises, aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux start-ups d’utiliser le réseau postal pour leurs expéditions internationales. Le Fonds de promotion des exportations (Foprodex) prend en charge 50 % des frais de transport des colis destinés à l’étranger.

Le programme entre dans une phase d’expansion territoriale : selon le directeur général de la Poste tunisienne, Yassine Friâa, le système a démarré avec 11 guichets uniques et a déjà permis l’adhésion de 71 entreprises, avec plus de 6 000 colis expédiés. L’objectif est d’étendre le service à toutes les régions d’ici l’année prochaine.

La capacité commerciale réelle du secteur reste à atteindre

La directrice générale de l’Onat, Leila Msellati, a par ailleurs souligné que «la valeur officielle des exportations ne reflète pas entièrement la capacité commerciale réelle du secteur, car une partie des produits artisanaux atteint les marchés étrangers via des canaux qui ne sont pas pleinement pris en compte par les statistiques». Selon Mme Msellati, le renforcement de l’accompagnement et des incitations à l’exportation «peut donc générer un effet multiplicateur significatif».

C’est précisément sur cet écart entre le potentiel et les exportations enregistrées que se concentre la stratégie d’internationalisation soutenue par la coopération européenne, et notamment italienne. Le projet «Creative Tunisia», financé par l’Union européenne (UE) et l’Agence italienne de coopération au développement (AICS) et mis en œuvre par l’Onudi en partenariat avec l’Onat entre 2019 et 2026, a soutenu 17 groupements économiques, accompagné plus de 2 000 artisans, aidé 200 entreprises artisanales à accéder aux marchés internationaux, développé 350 nouvelles collections et ouvert dix nouveaux marchés étrangers.

Le projet a misé avant tout sur le passage d’une production traditionnelle à des produits capables de rivaliser sur le marché international grâce au design, à l’innovation, à la qualité et à l’organisation des filières.

La directrice générale de l’Onat a souligné que, «malgré la demande internationale pour les produits artisanaux tunisiens, il reste nécessaire de renforcer les chaînes de valeur : une étape décisive pour transformer la notoriété du produit en exportations structurelles».

L’Onat renforce la présence des produits tunisiens dans les salons internationaux. Après avoir participé à la Foire de Marseille, qui s’est achevée aujourd’hui, l’organisme a annoncé sa participation à Artigiano in Fiera à Milan, du 5 au 13 décembre, ainsi qu’au salon Ambiente en Allemagne en janvier 2027, dans le cadre de sa stratégie de promotion de l’artisanat sur les marchés d’exportation.

Une plateforme commerciale et créative

ArtiCrea 2026 marque ainsi une phase de transition pour le secteur, passant du statut de vitrine du patrimoine tunisien à celui de plateforme commerciale et créative. La présence d’acheteurs et d’importateurs étrangers, l’intégration du design et le recours au numérique témoignent d’une volonté de façonner un artisanat tunisien plus identifiable et compétitif, capable de s’insérer dans les chaînes de valeur internationales.

Pour la Tunisie, l’enjeu consiste désormais à transformer ce patrimoine de savoir-faire et d’identités territoriales en une augmentation structurelle des exportations. Dans une économie où plus de sept exportations sur dix sont destinées à l’Europe, le renforcement des filières artisanales peut constituer un levier de diversification des exportations, de développement régional et de création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

Avec Agencia Nova.

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Concert à Tunis du guitariste espagnol Dani de Morón

05. Oktober 2026 um 12:53

Le musicien espagnol Dani de Morón, l’un des guitaristes flamencos les plus reconnus et influents de sa génération, donnera un concert le samedi 10 octobre 2026, à 15h00, au Théâtre des Jeunes Créateurs, à la Cité de la culture de Tunis, et ce dans le cadre des Journées musicales de Carthage, qui se tiennent du 3 au 10 octobre, véritable espace de rencontre entre les scènes musicales tunisienne, méditerranéenne, arabe, africaine et européenne.  

Originaire de Morón de la Frontera, l’un des hauts lieux de la tradition de la guitare flamenca, Dani de Morón s’est formé dans l’entourage de la grande maîtresse du baile Matilde Coral. Il a depuis développé une remarquable carrière aux côtés de grandes figures du flamenco telles que José Mercé, Antonio Canales, Concha Buika et Patricia Guerrero, et a notamment accompagné Paco de Lucía lors de sa tournée Cositas Buenas, une expérience qui a contribué à renforcer sa projection internationale.

Lauréat de deux Giraldillos de la Bienal de Flamenco de Sevilla et nommé aux Latin Grammy Awards 2018 dans la catégorie «Meilleur album de flamenco», Dani de Morón développe un langage musical personnel, à la croisée de la tradition flamenca, du jazz et des musiques du monde.

Son concert à Tunis sera l’occasion de découvrir une guitare flamenca à la fois profondément enracinée dans sa tradition et ouverte à de nouveaux horizons musicaux.

Ce concert, organisé avec le soutien de l’ambassade d’Espagne et de la délégation de l’Union européenne en Tunisie, vise à  renforcer les échanges culturels et les liens entre les scènes européennes et tunisiennes.

I. B.

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FIFFS 2026 : à Salé, les récits de femmes voyagent loin

05. Oktober 2026 um 12:02
Le Festival international du film de femmes de Salé a couronné « Hijra », road-movie familial de la Saoudienne Shahad Ameen. Derrière le Grand Prix, le palmarès dessine une édition largement tournée vers les questions de transmission, de liberté et…

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Icône du fado portugais : Marta Pereira Costa en Tunisie

05. Oktober 2026 um 09:56

C’est à l’invitation de l’ambassade du Portugal à Tunis que la guitariste portugaise Marta Pereira da Costa se produira prochainement dans nos murs.

Première femme à jouer de la guitare portugaise dans le monde du fado, cette musicienne connaît actuellement un succès international remarquable.

Au-delà du fado, elle explore des sonorités jazz et associe à cet élan, des rythmes du Brésil et du Cap-Vert.

Lors de son récital à Tunis, la jeune diva portugaise sera accompagnée par Francisco Sales à la guitare acoustique.

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Habib Kazdaghli présente la collection «Tunisie plurielle» à Marseille

05. Oktober 2026 um 08:00

La collection «Tunisie plurielle» des Éditions Santillana sera présentée jeudi 8 octobre 2026 à la Librairie de La Friche, au 41 rue Jobin, 13003 Marseille, par son directeur, Habib Kazdaghli, professeur, ancien doyen de la Faculté des Lettres de l’Université de La Manouba à Tunis.

La collection part d’un constat : la transmission de l’histoire d’une société se réduit souvent au récit national, avec une représentation linéaire construite autour des victoires et du parcours du groupe social dominant. Dans cette lecture, les autres composantes de la société peuvent se retrouver reléguées à la marge, voire effacées du récit collectif.

«Tunisie plurielle» entend précisément contribuer à faire perdurer les traces des communautés et des minorités ethniques et religieuses qui ont vécu en Tunisie. La démarche vise à restituer des mémoires multiples et à donner à voir une histoire moins uniforme du pays.

Cette volonté de faire émerger d’autres mémoires prend également une dimension méditerranéenne. De part et d’autre de la «grande bleue», les questions d’identité, de mémoire et de représentation de l’Autre continuent de nourrir les débats. La collection s’inscrit ainsi dans un travail de restitution des mémoires des différentes populations qui ont convergé vers la Tunisie et contribué à la richesse de son histoire.

Habib Kazdaghli sera à Marseille pour présenter les différents ouvrages publiés sous sa direction par les Éditions Santillana, ouvrages consacrés notamment aux communautés ayant vécu en Tunisie au cours des deux derniers siècles et marqué son histoire contemporaine : juifs, italiens, grecs, espagnols, algériens…

Avant cette rencontre, il sera également l’invité de Radio Galère de 16h à 17h, pour une émission consacrée à la collection et aux questions de mémoire et d’histoire qu’elle soulève.

Djamal Guettala

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Samar Mezghanni : le talent tunisien qui a marqué le Guinness

04. Oktober 2026 um 09:42

Samar Mezghanni continue de faire rayonner la Tunisie à l’international. Écrivaine précoce, comme elle est décrite, elle figure à deux reprises dans le Guinness World Records en tant que « plus jeune auteure publiée au monde ».

Son parcours ne s’arrête pas aux records : auteure de nombreux ouvrages pour enfants et engagée pour la jeunesse, la culture et l’éducation, Samar Mezghanni, née le 27 août 1988, s’est imposée comme une voix tunisienne reconnue sur la scène internationale.

Une plume née très tôt, devenue un symbole de réussite et d’ambition pour toute une génération.

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Le dialecte tunisien, mémoire vivante d’une terre façonnée par les civilisations

04. Oktober 2026 um 09:12

Lorsqu’un Tunisien parle aujourd’hui dans la rue, dans un café, dans une famille ou dans un marché, il ne prononce pas seulement des mots destinés à communiquer. Il fait résonner, souvent sans le savoir, plusieurs millénaires d’histoire. Chaque phrase du dialecte tunisien porte des traces anciennes, parfois discrètes, d’une terre qui n’a jamais été isolée du monde. La Tunisie actuelle, souvent présentée à travers sa langue arabe dominante, est en réalité le résultat d’une longue rencontre entre plusieurs civilisations, plusieurs peuples et plusieurs systèmes linguistiques. La langue du quotidien est un musée vivant de l’histoire nationale.

Zouhaïr Ben Amor *

Le dialecte tunisien, appelé communément «derja», n’est pas une simple variante populaire de l’arabe. Il est une construction historique complexe où se croisent les héritages amazighs, puniques, latins, byzantins, arabes, ottomans, andalous et méditerranéens. Il représente une mémoire collective qui a survécu aux changements politiques, aux conquêtes et aux transformations sociales.

L’histoire linguistique de la Tunisie montre que les langues ne disparaissent jamais complètement. Même lorsqu’une langue cesse d’être utilisée comme langue officielle ou administrative, elle peut continuer à vivre dans les habitudes, les noms de lieux, les expressions populaires, les sons et les structures grammaticales. Comme le rappelle Ferguson (1959) dans ses travaux sur la diglossie, les sociétés plurilingues conservent souvent plusieurs niveaux linguistiques qui coexistent et se transforment au fil du temps.

Ainsi, considérer le dialecte tunisien uniquement comme une forme simplifiée de l’arabe serait ignorer toute la profondeur historique qui l’a façonné. La derja tunisienne est plutôt une archive orale, un patrimoine vivant qui témoigne du passage des civilisations sur cette terre située au cœur de la Méditerranée.

L’héritage amazigh

Avant l’arrivée des Phéniciens et la fondation de Carthage, l’espace tunisien était principalement habité par des populations amazighes. Ces populations ont laissé une empreinte profonde dans la culture, la toponymie et probablement dans certaines caractéristiques linguistiques du parler tunisien.

Même si l’arabe tunisien appartient à la famille des dialectes arabes maghrébins, il conserve des influences provenant des langues amazighes. Ces influences apparaissent notamment dans certains noms de lieux, dans des termes liés à l’environnement naturel, à l’agriculture ou à la vie quotidienne. Plusieurs chercheurs ont montré que le contact prolongé entre l’arabe et les langues amazighes au Maghreb a produit des formes hybrides où les deux traditions linguistiques se rencontrent (Chaker, 1995).

La présence amazighe est particulièrement visible dans certaines régions montagneuses ou rurales où des communautés ont conservé jusqu’à une période récente des variétés berbères. Mais son influence dépasse largement ces zones. L’histoire linguistique fonctionne rarement comme une séparation nette entre des langues différentes ; elle fonctionne plutôt comme une circulation permanente.

Ainsi, certains sons, certaines constructions ou certains mots du parler tunisien peuvent être compris comme les traces d’une ancienne Tunisie amazighe. Cette dimension rappelle que l’identité tunisienne ne commence pas avec une période historique précise. Elle est le résultat d’une accumulation de couches successives.

Le dialecte tunisien est donc comme un paysage archéologique : sous la surface visible de la langue arabe contemporaine existent des strates plus anciennes qui continuent à influencer la manière de parler, de nommer et de penser.

Carthage et le punique

La civilisation carthaginoise constitue certainement l’un des héritages les plus importants de l’histoire tunisienne. Fondée par les Phéniciens à partir du IXe siècle avant notre ère, Carthage a développé une civilisation brillante dont la langue principale était le punique, une évolution du phénicien.

Pendant plusieurs siècles, le punique fut une langue majeure en Afrique du Nord. Après la destruction politique de Carthage par Rome en 146 avant J.-C., cette langue n’a pas disparu immédiatement. Elle a continué à être utilisée pendant plusieurs siècles dans certaines régions, comme l’attestent plusieurs inscriptions découvertes en Afrique du Nord.

L’historien Augustin d’Hippone, originaire de l’actuelle Algérie mais profondément lié au monde nord-africain antique, mentionne encore l’existence de populations parlant une langue punique à son époque. Cela montre la remarquable continuité culturelle de cette civilisation.

Aujourd’hui, il est difficile de mesurer exactement l’influence du punique sur le dialecte tunisien moderne. Cependant, plusieurs spécialistes considèrent que certains éléments lexicaux anciens ont pu survivre ou influencer les langues parlées ultérieurement dans la région. Les contacts entre langues sur plusieurs siècles laissent souvent des traces difficiles à identifier mais bien réelles.

Le Tunisien contemporain qui utilise certains mots hérités du terroir ou certaines expressions anciennes participe donc indirectement à une histoire qui remonte parfois jusqu’à Carthage. La langue quotidienne devient alors un lien invisible entre le présent et une civilisation vieille de plus de deux mille ans.

La période romaine et le latin africain

Après la chute de Carthage, la Tunisie devient une province majeure de l’Empire romain. L’Afrique romaine devient alors l’une des régions les plus prospères du monde antique. Des villes comme Carthage, Dougga, El Jem ou Bulla Regia témoignent encore aujourd’hui de cette période exceptionnelle.

La langue administrative et culturelle dominante devient progressivement le latin. L’Afrique romaine produit même certains des plus grands auteurs latins de l’Antiquité, comme Tertullien, Cyprien ou Augustin.

Mais le latin d’Afrique n’était pas exactement identique au latin de Rome. Il s’agissait d’une variété régionale appelée souvent latin africain. Cette langue a coexisté avec d’autres langues locales et a participé à la formation du paysage culturel nord-africain.

Après l’arrivée progressive de l’arabe au VIIe siècle, le latin africain a disparu comme langue parlée. Toutefois, son influence culturelle et certains éléments lexicaux ont pu persister dans les langues locales. Les contacts entre latin, amazigh et arabe ont créé un espace linguistique complexe.

Cette période rappelle une réalité fondamentale : une langue ne disparaît pas brutalement. Elle peut perdre son statut officiel tout en laissant des traces dans les langues qui lui succèdent. Le dialecte tunisien actuel est ainsi le résultat d’une longue transformation où chaque époque a déposé une partie de son héritage.

Les Byzantins, le grec et la Méditerranée plurielle

La période byzantine, qui succède à la domination romaine en Afrique du Nord, apporte également son influence. L’Empire byzantin utilise largement le grec comme langue culturelle et administrative, particulièrement dans ses régions orientales.

La présence grecque en Tunisie remonte cependant à des périodes encore plus anciennes, grâce aux échanges commerciaux méditerranéens. La Tunisie a toujours été un carrefour où circulaient marchandises, idées et langues.

Même si l’influence grecque directe sur le dialecte tunisien actuel reste limitée par rapport à l’arabe, au français ou à l’italien, elle fait partie de cette mémoire méditerranéenne qui caractérise l’identité tunisienne.

La Tunisie n’a jamais été une frontière fermée. Elle a toujours été un espace de rencontre entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Cette position géographique explique pourquoi sa langue quotidienne possède cette richesse particulière.

L’arabe a une histoire tunisienne

L’arrivée de l’islam et de la langue arabe à partir du VIIe siècle transforme profondément le paysage linguistique tunisien. L’arabe devient progressivement la langue religieuse, administrative puis culturelle dominante.

Cependant, l’arabisation de la Tunisie n’a pas effacé instantanément les langues précédentes. Elle s’est faite par un long processus d’interaction. L’arabe tunisien n’est donc pas simplement un prolongement d’une langue venue d’ailleurs ; il est une forme locale de l’arabe, construite par des siècles de contacts avec les populations et les cultures qui existaient auparavant.

C’est précisément cette caractéristique qui fait sa singularité. L’arabe parlé en Tunisie possède une musicalité, un vocabulaire et des expressions propres. Il n’est pas identique à l’arabe parlé dans d’autres pays. Il reflète l’histoire particulière d’un territoire.

Le dialecte tunisien contient des mots provenant du français, de l’italien, du turc ottoman et de plusieurs autres influences plus anciennes. Cette capacité d’intégration n’est pas une faiblesse linguistique ; elle est au contraire la preuve d’une grande vitalité.

Une langue vivante est une langue qui accepte les rencontres. Elle évolue parce qu’elle dialogue avec le monde.

Préserver la derja tunisienne

Aujourd’hui, la question du dialecte tunisien dépasse largement la simple question linguistique. Elle touche à la mémoire collective et à la manière dont une société raconte son histoire.

Préserver la derja ne signifie pas opposer l’arabe tunisien à l’arabe classique ou aux autres langues. Il s’agit plutôt de reconnaître que chaque niveau linguistique possède une fonction et une valeur culturelle. L’arabe classique demeure une langue majeure du patrimoine religieux et intellectuel, tandis que le dialecte tunisien représente la parole quotidienne, l’humour, les chansons populaires, les proverbes, les histoires familiales et la mémoire sociale.

Une identité nationale ne se construit jamais autour d’une seule origine. Elle se construit autour d’un ensemble d’héritages accumulés. La Tunisie est amazighe par ses premières populations, punique par Carthage, latine par Rome, méditerranéenne par ses échanges, arabe et musulmane par son histoire récente, et ouverte sur le monde par sa position géographique.

Le dialecte tunisien est peut-être l’espace où toutes ces dimensions se rencontrent le plus naturellement. Il est la langue du peuple, celle qui a conservé des fragments de chaque époque.

Comme l’explique Bourdieu (1982), la langue n’est jamais seulement un outil de communication ; elle est aussi un espace de pouvoir, de représentation et d’identité sociale. La manière dont une société considère sa langue quotidienne révèle souvent la manière dont elle considère sa propre histoire.

Reconnaître la richesse du dialecte tunisien revient donc à reconnaître la profondeur historique du peuple tunisien.

La langue comme héritage et comme avenir

La Tunisie contemporaine possède une chance exceptionnelle : celle d’avoir une identité construite par la rencontre. Dans un monde où certaines sociétés cherchent parfois à réduire leur histoire à une seule origine, l’expérience tunisienne rappelle que la richesse vient souvent du mélange.

Le dialecte tunisien est le témoin sonore de cette aventure humaine. Dans une conversation ordinaire, dans une plaisanterie, dans une chanson ou dans une expression populaire, il continue à faire vivre des milliers d’années de rencontres.

Il ne s’agit pas de transformer la langue en objet figé dans un musée. Une langue vivante doit continuer à évoluer. Mais il est nécessaire de prendre conscience de sa valeur patrimoniale et de transmettre cette conscience aux générations futures.

La derja tunisienne pourrait ainsi être considérée comme une véritable mémoire nationale : une langue qui raconte les Amazighs anciens, les navigateurs phéniciens, les cités romaines, les influences byzantines, les siècles arabes et toutes les rencontres méditerranéennes.

Elle est une preuve que l’histoire n’est pas seulement écrite dans les monuments ou les livres. Elle est aussi cachée dans les mots que nous prononçons chaque jour.

* Universitaire.

Bibliographie

Bourdieu, P. (1982). Ce que parler veut dire : l’économie des échanges linguistiques. Paris : Fayard.

Chaker, S. (1995). Linguistique berbère : études de syntaxe et de diachronie. Paris : Peeters.

Ferguson, C. A. (1959). Diglossia. Word, 15(2), 325-340.

Marçais, W. (1938). Les parlers arabes. Paris : Imprimerie nationale.

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Amel Guellaty représente le cinéma tunisien à Africanides à Toulon

04. Oktober 2026 um 07:46

La réalisatrice tunisienne Amel Guellaty présentera ‘‘D’où vient le vent ?’’, son premier long métrage sorti cette année, le 9 octobre 2026 à Toulon. Le film figure parmi les onze projections de la première édition d’Africanides, Festival de cinéma, arts et cultures afro-caribéennes, organisée du 8 au 11 octobre au Pathé Toulon. La programmation réunit des œuvres d’Afrique, du monde arabe, des Caraïbes et de leurs diasporas.

‘‘D’où vient le vent ?’’ suit Alyssa et Mehdi, deux jeunes Tunisiens qui prennent la route à bord d’une vieille voiture pour échapper, chacun à sa manière, aux obligations qui pèsent sur eux. Le voyage se transforme en quête de liberté et d’identité, sur fond de pressions sociales.

La sélection passe par plusieurs territoires et générations de cinéastes. ‘‘Fanon’’, de Jean-Claude Barny, revient sur le parcours de Frantz Fanon à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en 1953. ‘‘Dao’’, d’Alain Gomis, suit une famille entre Paris et la Guinée-Bissau autour des questions de transmission et d’exil. Avec ‘‘Cotton Queen’’, la réalisatrice russo-soudanaise Suzannah Mirghani explore l’identité, la condition des femmes et les rapports sociaux au Soudan.

Les Caraïbes sont également présentes avec ‘‘Zion’’, de Nelson Foix, situé en Guadeloupe, tandis que ‘‘Soumsoum, la nuit des astres’’, de Mahamat-Saleh Haroun, conduit au Tchad sur les traces d’une femme exilée confrontée aux tensions de son village.

La programmation associe aux projections plusieurs rencontres consacrées au cinéma et aux réalités sociales : crimes de haine en Afrique du Sud, représentation de la misère sociale, homosexualité dans le cinéma africain ou encore afrofuturisme. Trois masterclass sont consacrées aux rapports entre cinéma, récit et représentation, avec notamment Jean-Pierre Bekolo et Firmine Richard.

Firmine Richard, marraine de cette première édition

Comédienne de cinéma et de théâtre, Firmine Richard est la marraine et invitée d’honneur d’Africanides. Sa carrière, commencée au cinéma à la fin des années 1980, l’a conduite de ‘‘Romuald et Juliette’’ à ‘‘8 Femmes’’, en passant par ‘‘La Première Étoile’’ et de nombreux rôles au théâtre et à la télévision.

Une masterclass lui est consacrée samedi 10 octobre à 11h autour de la place de la diversité dans le cinéma.

Le festival s’ouvre jeudi 8 octobre avec Le ‘‘Goût du vin de palme’’, de Jean-Pierre Bekolo, après une masterclass consacrée aux «bobines africaines de Charles Pathé». Le lendemain, Jean-Pierre Bekolo reviendra sur les manières de raconter l’Afrique à travers le cinéma.

Samedi, ‘‘Aya de Yopougon’’, adaptation de la bande dessinée de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, côtoiera ‘‘Zion et Soumsoum, la nuit des astres’’. La journée se prolongera par le gala prévu à 20h au Live Toulon – Zénith.

Dimanche 11 octobre, la programmation se poursuivra avec une masterclass sur l’afrofuturisme, suivie notamment de ‘‘Furcy né libre’’, d’Abd Al Malik, ‘‘Toutes les couleurs du monde’’, de Babatunde Apalowo, et ‘‘Cotton Queen’’, de Suzannah Mirghani.

Le festival associe aux séances de cinéma des conférences, débats, expositions, un salon du livre afro-caribéen, des concerts, de la danse, des défilés, ainsi qu’un village réunissant des associations culturelles.

Djamal Guettala 

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Le poème du dimanche | ‘‘Le poème m’habite’’ de Amel Ladhibi

04. Oktober 2026 um 07:24

Née en 1955 à Soliman, Tunisie, Amel Ladhibi Bent Chadhly, dite Ismahen Khan est poète et nouvelliste.

Professeur de langue et de littérature française, elle publie ses poèmes sur les réseaux sociaux, fait actuellement des recherches sur la poésie japonaise.

Depuis quarante ans, elle écrit, vers, proses et haïkus. Certains de ses textes ont paru dans des recueils collectifs ou des anthologies, comme Gyoshis, avec Taro Alzo ou Haiku Column University.

Tahar Bekri

Terre

Je suis son rivage ultime

Il est mon sol absolu

L’eau iodée

Nos refrains tressent

Nos corps en transe

Nous émergeons

Des vagues de sable

Le feu

Nous nous consumons

Nous déversons nos cendres

Au bord des récifs de corail

Nous sommes feu et flammes éphémères

L’air

Une brise printanière

Parfume nos années

Ses effluves montent en moi

Le poème notre printemps infini

Lumière

Récifs coralliens

Nous méditons

Lune plénière et éclats de lumière

L’homme

Nos cœurs

Infatigables habitacles

D’une passion infinie

Nos corps éphémères

Racontent notre histoire

A fleur de peau

Nos balades aux voûtes

Des ruelles de nos frémissements

Tremblent à chaque tournant

Le poème

Le poème m’habite

Lui mon sol absolu

Et moi sa terre choisie

Le poème nous habite

Nous sommes les fantômes de nos jours

Nous avançons

Sur le fil de l’horizon

Nous inscrivons

Avec des lettres de lumière

Nos initiales

Nos refrains

12/7/2023

(Remerciements à l’auteur)

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