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Ghilene Baaziz : la Tunisie face à une opportunité stratégique dans le bâtiment durable

19. Mai 2026 um 08:34

La Tunisie dispose d’une opportunité stratégique majeure dans le domaine du bâtiment durable et intelligent. C’est ce qu’a affirmé Ghilene Baaziz, représentant de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, soulignant que le pays figure parmi les nations les mieux dotées en ingénieurs par rapport à sa population.

Un atout qui, selon lui, confère à la Tunisie un avantage compétitif important dans le processus de transition énergétique et de décarbonation, dans un contexte où l’Europe accélère ses efforts et exprime des besoins croissants en compétences spécialisées.

Ces déclarations ont été faites à l’occasion d’une table ronde intitulée « Quelle vision stratégique et quelles innovations pour un bâtiment durable de demain ? », organisée lundi le 18 mai 2026 à Tunis à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française. La rencontre a été consacrée aux défis du bâtiment durable, à la performance énergétique ainsi qu’à l’innovation dans le secteur de la construction.

A cette occasion, Ghilene Baaziz a rappelé que le rôle de l’ingénieur est désormais central dans cette transformation, et que la dynamique du bâtiment durable n’est pas récente en Tunisie, car l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) travaille depuis plusieurs années sur ces enjeux, notamment dans le domaine des énergies renouvelables.

Il a également souligné que la Tunisie fait partie des pays pionniers dans le développement des solutions solaires, précisant qu’un nombre croissant de foyers parvient aujourd’hui à produire une partie de ses besoins en électricité grâce à ces installations, dans une logique de réduction de la dépendance aux énergies conventionnelles.

Vers une généralisation des bâtiments intelligents

Le représentant de l’Ordre des ingénieurs a, par ailleurs, indiqué que le pays s’oriente vers une généralisation des bâtiments intelligents. Ce concept repose sur l’intégration des technologies modernes dans la gestion des bâtiments résidentiels, administratifs, hôteliers ou industriels, afin d’améliorer la performance énergétique tout en réduisant les coûts, sans complexité ni charges supplémentaires importantes.

Il a ajouté que les ingénieurs tunisiens travaillent activement au développement de systèmes de gestion énergétique des bâtiments, avec un accent particulier sur la réduction des émissions de carbone, entre autres dans les secteurs de la construction et de l’industrie. Plusieurs programmes nationaux sont en cours, accompagnés d’actions de formation de nouvelles compétences en partenariat avec l’ANME.

Enfin, Ghilene Baaziz estime que ces évolutions ouvrent des perspectives économiques importantes pour la Tunisie, qui pourrait renforcer sa position en tant que plateforme de production proche du marché européen, contribuant ainsi à la réduction de l’empreinte carbone et à l’émergence d’une nouvelle dynamique industrielle. Il a toutefois rappelé qu’environ 50 000 ingénieurs tunisiens ont quitté le pays, un phénomène qui, malgré ses effets négatifs, témoigne de la forte reconnaissance internationale des compétences tunisiennes.

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Italianisances : La présence italienne dans l’architecture tunisienne

Dualité d’une esthétique socioculturelle

C’est à l’occasion de l’ouverture récente du Palais Ahmed Bey, à La Marsa (du côté du Saf-Saf), qu’une exposition consacrée aux monuments, bâtiments et palais, œuvres d’architectes, entrepreneurs et artisans italiens, et situés à Tunis, a été proposée au public le jeudi 9 octobre dernier, en présence des initiateurs, et plus particulièrement des initiatrices, de ce projet.

Organisée par l’association « Nous Tous », les « Archives de la mémoire des Italiens de la Tunisie » (AMIT), le « Laboratoire d’archéologie et d’architecture maghrébines » (LAAM) et le Centre culturel Dante Alighieri de Tunisie, avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg, cette exposition se poursuivra jusqu’au 12 octobre. Elle se déplacera ensuite à l’École Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis (ENAU), du 13 au 19 octobre, puis à El Teatro d’El Mechtel, du 21 au 31 octobre. Elle révèle l’influence italienne dans l’architecture de la ville de Tunis et de ses environs.

En prélude, les représentantes de ces institutions – Mme Silva Finzi, commissaire de l’exposition ; Rabaâ Ben Achour, de l’association « Nous Tous » ; Beya Laâbidi, directrice du LAAM et historienne – ainsi que les chercheurs Ahmed Saâdaoui (archéologue et professeur d’histoire à l’Université de la Manouba), Sabrina Ghattas et Rosy Candiani (écrivaine et professeure en histoire du théâtre et du mélodrame), ont tenu un point de presse afin d’éclaircir les grandes lignes, les tenants et les aboutissants de cet événement culturel d’envergure.

Ce qu’il faut savoir de prime abord, c’est que les Italiens, le XVI -ème siècle et jusqu’au début du XX -ème siècle, ont été bien plus nombreux que d’autres communautés, comme la française ou la maltaise. Émigrant massivement vers la Tunisie pour des motifs économiques, politiques et autres, ils ont été bien accueillis – et le sont toujours – occupant de multiples fonctions, s’intégrant à la société tunisienne et devenant propriétaires de terres agricoles et d’établissements industriels et manufacturiers.

De génération en génération, la Tunisie va être significativement influencée, particulièrement dans le domaine de l’architecture. Bon nombre de nos quartiers résidentiels dans le Tunis moderne ou la « Ville européenne », en dehors de la Médina, présentent des œuvres à caractère baroque et rococo, que ce soit dans les édifices religieux, les palais beylicaux, les demeures et résidences de notables, les simples immeubles, ou même les habitats ruraux.

Il faut noter qu’une bonne partie de cette communauté italienne, notamment les propriétaires terriens, s’était aussi installée aux abords de la Medjerda, dans les villages avoisinants.

Mme Silva Finzi a donné un aperçu de cette initiative et de son objectif : faire découvrir les spécificités de l’influence italienne en Tunisie dans le domaine de l’architecture et de la décoration, ainsi que les échanges qui se sont établis entre les deux communautés. Elle a précisé qu’un des notables italiens, Giuseppe Rappo, qui s’est fait un nom dans le pays, avait marié sa fille à Mahmoud Bey, illustrant par là cette dualité de l’héritage culturel.

L’exposition en elle-même est un corpus composé de 13 panneaux, sous forme de photographies, révélant la présence et la profondeur de l’empreinte italienne tant dans la ville de Tunis et ses environs que dans les villages de la basse vallée de la Medjerda. On y trouve des façades d’immeubles, des éléments décoratifs, des motifs de carreaux de faïence… L’ensemble d’édifices a été sélectionné parmi le millier de monuments que Sabrina Ghattas avait visité et photographié, incluant, entre autres, Tourbet El Bey, la Mosquée de Halfaouine et la Mosquée Hammouda Pacha, connus pour leur riche décor baroque. Le tout est accompagné de textes explicatifs de chercheurs, ainsi que de biographies d’architectes et d’entrepreneurs nés et ayant exercé en Tunisie.

C’est une exposition fort riche, qui traduit ces liens ancestraux entre les deux pays voisins et les deux communautés qui ont partagé des pans entiers de l’histoire de cette Mare Nostrum, cette Méditerranée qui nous a toujours réunis.

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