Normale Ansicht

La reconversion des chefs du Mossad dans les multinationales !

06. August 2026 um 08:52

Ondas, société américaine opérant dans le secteur de la défense a annoncé lundi 3 août 2026 la nomination de David Barnea, ancien directeur du Mossad, à la présidence mondiale de son groupe, suite à la fin de son mandat de cinq ans à la tête du Mossad en juin dernier. Roman Gofman, ancien secrétaire militaire du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lui avait succédé à la direction de l’agence de renseignement israélienne. Al Jazeera note que la nomination de Barnea s’inscrit dans la lignée des anciens directeurs du Mossad qui rejoignent une multinationale présente dans les secteurs de la finance, de la technologie ou de la sécurité, à l’instar de Tamir Pardo et Yossi Cohen, également anciens chefs du Mossad, ainsi que d’autres officiers chevronnés des services de renseignement israéliens. (Photos de gauche à droite : Yossi Cohen, Tamir Pardo et David Barnea).

Imed Bahri

Ondas a fait part dans un communiqué de presse, relayé par la Radio-Télévision israélienne, que «M. Barnea jouera un rôle déterminant dans le développement international de l’entreprise, l’élaboration de sa stratégie technologique et la supervision de son intégration commerciale».

Le Chief Executive Officer (Ceo) d’Ondas, Eric Brock, a affirmé que Barnea «possède une combinaison exceptionnelle d’expérience opérationnelle moderne, de vision stratégique, de leadership technologique et de réseaux internationaux».

Dans le monde des affaires, le Ceo est responsable de la gestion et de la direction des opérations, tandis que le rôle du président monde (Global President) est axé sur la définition de la stratégie globale de l’entreprise et la gestion de ses relations internationales.

Du renseignement à l’intelligence artificielle

Selon le quotidien israélien Israel Hayom, Ondas, société cotée au Nasdaq, est spécialisée dans le développement de systèmes autonomes et de solutions de défense basées sur l’Intelligence Artificielle (IA), notamment dans les domaines de la défense aérienne, du renseignement, des frappes de précision et de la robotique terrestre.

Le journal Israélien précise que Barnea a dirigé le Mossad de 2021 à 2026, pilotant l’agence durant l’une des périodes les plus complexes et tumultueuses de son histoire, marquée par des guerres sur plusieurs fronts et des confrontations directes avec l’Iran et le Hezbollah. 

Sous sa direction, le Mossad a entrepris une refonte opérationnelle complète, plaçant les technologies de pointe, notamment l’IA, la cybersécurité et les systèmes de communication modernes, au cœur de ses activités.

Avant de rejoindre le Mossad, Barnea a servi au sein de Sayeret Matkal, l’unité d’élite du renseignement militaire israélien, et a acquis une expérience dans le secteur privé, notamment dans le domaine des fusions-acquisitions. Il est également titulaire d’une licence en administration des affaires du New York Institute of Technology et d’un master de l’Université Pace.

Commentant sa nomination, Barnea a déclaré à Israel Hayom : «La nature de la guerre évolue rapidement au Moyen-Orient et en Europe. La supériorité opérationnelle repose aujourd’hui sur l’intégration du renseignement, de l’intelligence artificielle et des plateformes autonomes au sein d’un environnement unique et coordonné».

Dans ses fonctions de président mondial de l’entreprise, Barnea devrait se concentrer, dans les prochains mois, sur le développement de relations stratégiques avec les gouvernements et les organisations de sécurité du Moyen-Orient, d’Europe et d’Asie, ainsi que sur l’identification de nouvelles techniques d’investissement.

Yossi Cohen rejoint la japonaise SoftBank

La reconversion au privé et à l’international de Barnea n’est pas un précédent. Son prédécesseur Yossi Cohen qui a dirigé le Mossad de 2016 à 2021 a intégré SoftBank, le conglomérat international du milliardaire japonais Masayoshi Son, en tant que directeur général des opérations en Israël.

SoftBank est un investisseur majeur dans les secteurs de la technologie, de l’énergie et de la finance.

Selon certaines sources, Cohen a été recruté par le Mossad à l’âge de 22 ans, alors qu’il étudiait à Londres. Il a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur, après un bref passage à la tête du Conseil de sécurité nationale.

Son passage à la tête du Mossad a été marqué par les opérations contre le programme nucléaire iranien et pour son rôle dans le développement des relations clandestines d’Israël avec les États arabes.

Malgré son passage dans le secteur privé international, Cohen n’exclut pas de se présenter un jour au poste de Premier ministre.

L’expertise du renseignement au service de l’entreprise

À l’instar de Cohen, l’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a vécu une expérience similaire lorsqu’immédiatement après avoir quitté ses fonctions en 2016, il a rejoint la société pharmaceutique américaine NRX, qui a développé le vaccin contre la Covid-19, baptisé BriLife, destiné au marché israélien.

La liste comprend également l’officier de renseignement Ephraim Halevy, qui a dirigé le Mossad de 1998 à 2002. Après sa retraite, il a travaillé comme consultant pour des entreprises internationales dans les domaines de la sécurité et de la gestion des risques. Il a également siégé aux conseils consultatifs d’entreprises privées, sans toutefois occuper de poste de premier plan.

On y trouve aussi les vétérans Noam Erez et Boaz Gorodissky, qui ont servi comme officiers de renseignement pendant près de 30 ans au sein des divisions des opérations, de la technologie et de la cybersécurité offensive.

Erez est le PDG et fondateur de la société de cybersécurité XM Cyber, tandis que Gorodesky en est le directeur technique et cofondateur.

Ces recrutements permettent aux entreprises de bénéficier de l’expertise de professionnels des services de renseignement dans les domaines technologiques, de la gestion des risques et de la lutte contre les cyberattaques.

L’article La reconversion des chefs du Mossad dans les multinationales ! est apparu en premier sur Kapitalis.

D’où provient la résilience du régime iranien ?

05. August 2026 um 09:28

La génération actuellement aux affaires en Iran est composée de personnes qui ne sont ni des novices en politique ni des dirigeants facilement intimidés par les pressions extérieures. Leur longévité leur a conféré une solide expérience, un instinct aigu de survie du régime et une compréhension pragmatique des usages –et des limites– de la coercition comme du compromis. L’administration Trump qui cherche un épilogue au conflit avec Téhéran doit composer avec ces réalités. Ni la guerre ni la paix avec la République islamique ne seront faciles. Ce n’est pas un régime théocratique mais un régime militarisé avec une façade théocratique et c’est cette nuance que l’Occident n’a toujours pas assimilé.

Imed Bahri

Comprendre la capacité du régime iranien à résister aux pressions américaines et israéliennes exige bien plus qu’une simple analyse de l’establishment religieux. Il est nécessaire d’étudier la génération révolutionnaire qui a renversé le régime du Chah, bâti les institutions de la République islamique et qui exerce aujourd’hui une influence considérable dans le pays, explique l’universitaire irano-américain Mehrzad Boroujerdi, dans le New York Times, qui s’appuie sur une expérience personnelle douloureuse. Son père, cadre du secteur pétrolier iranien, a été assassiné en décembre 1978 par des membres du groupe armé islamiste Mansouroun, quelques semaines seulement avant la victoire de la révolution iranienne.

Boroujerdi souligne que plusieurs des personnes impliquées dans cet assassinat sont devenues par la suite des figures influentes au sein de l’armée et des services de sécurité iraniens et que certaines figurent encore aujourd’hui parmi les décideurs les plus importants de Téhéran.

Ne pas négliger la génération la plus influente

L’universitaire américano-iranien soutient que les administrations américaines successives ont longtemps appréhendé l’Iran uniquement à travers le prisme des théologiens négligeant une autre génération, bien plus influente, en l’occurrence celle des dirigeants issus des organisations révolutionnaires armées, ayant combattu lors de la guerre Iran-Irak puis établi les Gardiens de la révolution et l’appareil sécuritaire et militaire qui est devenu l’épine dorsale du régime.

Cette génération, née dans les années 1950, a acquis une vaste expérience de la gestion de crise, confrontée aux sanctions, à l’isolement international, aux protestations internes et aux conflits armés.

Cette expérience les a rendus plus adaptables aux pressions extérieures et plus conscients des limites du pouvoir et des frontières du compromis politique.

Boroujerdi indique que son père n’était ni un partisan du Chah ni du mouvement religieux dirigé par l’ayatollah Khomeini. Cependant, il a refusé de participer aux grèves visant à paralyser le secteur pétrolier, ce qui a conduit les groupes révolutionnaires à le considérer comme un ennemi de la révolution. Finalement, il fut assassiné avec un cadre américain de la même entreprise, un acte qui contribua à accélérer l’effondrement de la production pétrolière et à affaiblir le régime du Chah.

Etude du pouvoir iranien post-révolution

L’universitaire affirme que cet incident l’a incité à changer radicalement d’orientation. Il a abandonné ses études d’ingénierie pétrolière pour se tourner vers les sciences politiques, consacrant sa carrière universitaire à l’étude de la structure du pouvoir iranien et des élites apparues après la révolution. 

Il retrace le parcours de personnalités marquantes, notamment Mohsen Rezaei, qui a fondé et dirigé les Gardiens de la révolution pendant de nombreuses années et qui est aujourd’hui le conseiller militaire du guide suprême Mojtaba Khamanei, Ali Shamkhani, qui a occupé de hautes fonctions dans les domaines de la sécurité et de l’armée avant son assassinat lors du raid aérien israélo-américain de cette année, ainsi que Mohammad Baqer Zolghadr qui occupe actuellement un poste clé au sein du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.

Pour Boroujerdi, l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, conjugué aux répercussions de la récente guerre, a renforcé l’influence du pouvoir militaire au détriment de l’establishment religieux. De ce fait, les Gardiens de la révolution sont devenus la force la plus influente dans l’élaboration des politiques de l’État, tout en préservant la façade constitutionnelle du nouveau Guide suprême.

Le régime ne s’effondrera pas facilement

Le politologue met en garde contre l’idée que croire à un effondrement facile du régime iranien relève d’une interprétation erronée de la réalité.

En effet, l’État iranien dispose d’institutions sécuritaires et militaires bien établies, d’une élite dirigeante dotée d’une longue expérience de gestion des crises, malgré l’escalade des pressions économiques et sociales et le déclin de sa légitimité intérieure.

Boroujerdi conclut que l’Iran est actuellement confronté à un paradoxe complexe: le régime fait face à une accumulation de crises et à des défis sans précédent, tout en conservant une capacité de survie significative. Dès lors, toute politique américaine ou israélienne à l’égard de Téhéran doit impérativement appréhender la véritable nature des centres de pouvoir au sein de l’État et dépasser l’idée reçue selon laquelle ces centres seraient uniquement composés de religieux.

L’article D’où provient la résilience du régime iranien ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Israël, une société en train de s’effondrer ?

03. August 2026 um 06:56

La guerre n’a jamais frappé le territoire israélien proprement dit. Mais le 7 octobre 2023 a tout bouleversé. Le Hamas a pris en défaut «l’infaillible» renseignement sioniste. Les missiles du Hezbollah et ceux de l’Iran ont désorganisé la vie des ménages, la marche des institutions académiques, des maternelles à l’université, l’entassement dans les abris et la promiscuité sont devenus quotidiens… et contraint le Premier ministre à changer souvent de domicile. Cela a un prix… (Photo : Soldats israéliens commettant un génocide à Gaza).

Mohamed Larbi Bouguerra *

Le 29 juillet, le journal Haaretz annonçait le suicide de deux soldates d’active ; ce qui fait que l’armée d’occupation a enregistré 16 membres ayant mis fin à leurs jours cette année. Il faut y ajouter cependant neuf autres soldats qui ont servi pendant la guerre et des réservistes ayant fait leur service actif.  En 2025, l’armée a compté 22 suicides dans ses rangs, le chiffre le plus élevé en 15 ans.

Tom Levinson écrit dans Haaretz du 25 juin 2026 un article intitulé A Collapsing Society: Israel Suffers a National Mental Crisis Due to the War («Une société en train de s’effondrer : Israël subit une crise mentale nationale à cause de la guerre.»)

En résumé : anxiété, troubles du sommeil, violences domestiques, troubles alimentaires, accidents de la route, drogues dures et alcool… Statistique après statistique révèle l’impact sans précédent de la guerre sur la santé mentale des Israéliens.

«Nous vivons dans un état d’incertitude. Le téléphone pourrait sonner à nouveau dans une heure pour aller aux abris, et des missiles depuis l’Iran pourraient être lancés. Nous sommes en mode survie – et cela a des conséquences», diagnostique Gil Salzman, un des principaux psychiatres d’Israël.

«Les chiffres ne laissent aucune ombre de doute», déclare le professeur Eyal Fruchter, président du National Council for Post-Trauma. «Israël fait face à une crise nationale», ajoute-t-il.

Des bombes à retardement

Commençons par les chiffres du ministère de la Défense. Avant la guerre, la branche de réhabilitation prenait en charge 62 000 blessés, dont 11 000 souffraient de problèmes de santé mentale. Le mois dernier, les chiffres avaient grimpé à 82 000 et 31 000 respectivement.

Cependant, ce ne sont pas ces chiffres qui inquiètent les experts. «Les dégâts que nous observons aujourd’hui ne constituent qu’une petite partie, voire la partie émergée de l’iceberg, de ce qui va arriver», déclare la professeure Zahava Solomon, chercheuse de premier plan mondial dans le domaine du traumatisme. Elle ajoute : « Les recherches montrent des taux significatifs de réactions différées… Les soldats démobilisés sont des bombes à retardement. »

Si c’était une guerre comme toutes les guerres, les forces militaires auraient enregistré la plus grande partie des pertes psychologiques. Mais cette guerre est différente, plus complexe. Les civils ne se contentent pas d’observer la guerre de loin, mais aussi en arrière-plan : les horreurs ont atteint le front intérieur, laissant les victimes civiles confrontées à des défis physiques et mentaux. Parmi eux figurent les habitants de l’enveloppe de Gaza, les victimes du concert Nova et ceux dont les maisons ont été touchées par un missile iranien. Au fil de la guerre, le cercle des victimes s’élargit.

À la veille du 7 octobre [2023], le nombre de citoyens blessés dans des actes hostiles et reconnus officiellement comme invalides pour des raisons de santé mentale était de 6 412. Cette semaine, le nombre de personnes reconnues par l’Institut comme ayant des lésions mentales a dépassé 69 000, dont environ 35 000… ont été reconnues comme handicapées. Ainsi, en moins de trois ans, le nombre a été décuplé par plus de dix.

Environ un mois avant la guerre, le taux de symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT ou  PTSD) dans la population était d’environ 16 % ; un mois après le 7 octobre, elle est passée à environ 30 % ; et deux ans et trois mois plus tard, c’était d’environ 19,7 %. «C’est nettement plus élevé que le taux mondial», affirme le Pr  Levi-Belz. L’OMS, par exemple, a constaté en 2021 que le taux mondial de personnes ayant subi des symptômes post-traumatiques était d’environ 3,9 %.

Un traumatisme collectif

Traumatisme collectif pour le Pr Levi-Belz, responsable du Lior Tsfaty Center for Suicide & Mental Pain Studies au Ruppin Academic Center : le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi, dit-il, sont liés à nos structures sociales, à notre identité et à nos relations interpersonnelles. «La société israélienne est épuisée, ressentant un épuisement intense et brutal. Elle se débat dans des questions morales et souffre d’un sentiment de trahison de la part de l’État et de ses dirigeants.»

Le traumatisme collectif, poursuit Levi-Belz, «est insidieux ; ça ne s’arrête pas comme le PTSD. Parfois, les gens semblent aller bien, voire trop bien, sortir et socialiser. Mais on ne peut pas oublier que ce n’est pas fini. Ce n’est pas seulement l’apparence extérieure [qui compte]. Les questions les rongent de l’intérieur ainsi que les peurs.  La quantité de klaxons et de rage au volant sur la route, par exemple, est un instantané de l’eau bouillonnant sous la surface de la société israélienne.»

Pendant la guerre, il y a eu une augmentation des décès sur la route – de 361 en 2023, à 439 en 2024, puis à 459 en 2025. En surface, ces figures n’ont aucun lien avec la guerre à cause du PTDS

Un rapport de l’Organisation sioniste internationale des femmes a constaté une augmentation de 65 % de la violence domestique dans la population générale d’Israël au cours des six premiers mois de la guerre, par rapport à la même période l’année précédente – 4 566 appels à ses refuges contre 2 760. Une étude de 2024 a révélé un risque huit fois plus élevé de violences physiques ou sexuelles à domicile lorsque les deux partenaires servent dans la réserve de l’armée sioniste.

Face à cette situation, les psychiatres quittent Israël en masse pour la Nouvelle Zélande, le Canada…

De plus, la pénurie de professionnels de la santé mentale ne se limite pas aux psychiatres. Elle existe sur tout le spectre des soins.  Chaque travailleur est responsable d’environ 770 patients.

Selon les experts, la pénurie s’applique même aux lits d’hôpital et aux maisons d’équilibre (une forme de maison de transition pour les personnes en détresse mentale aiguë).

Pour le Pr Fruchter, qui est également président de l’ONG Collective Action for Resilience d’Israël, souligne qu’une approche globale et systémique est nécessaire pour traiter ce problème. «Beaucoup d’organisations sont en train d’être créées, et personne ne sait comment les guider d’en haut. Il n’y a pas non plus suffisamment de communication entre les différentes agences publiques et semi-publiques impliquées, telles que le ministère de la Santé, le ministère de la Défense, l’Institut national d’assurance et les prestataires de soins de santé. Un comité interministériel sur cette question doit être créé. Dans un monde idéal, cette question aurait dû figurer en tête des programmes électoraux des candidats, mais le gouvernement choisit de détourner le regard. Elle va exploser sur nous à l’avenir comme une bombe très puissante. Il y aura des conséquences sans précédent – dans le milieu universitaire, le marché du travail et toute l’économie israélienne. »

Israël en train de s’effondrer ?

Une société dont le gouvernement ne réserve la pendaison qu’aux Palestiniens et qui sable le champagne après le vote de cette ignoble loi est à mettre aux galères disait Voltaire ; un pays dont les colons se targuent d’assassiner des bébés palestiniens est sûrement dérangé.

L’article Israël, une société en train de s’effondrer ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Calvaire de Gaza et de Cisjordanie : une lueur d’espoir à l’horizon ?

02. August 2026 um 21:59

La huitième visite de Netanyahu à Washington le 28 juillet a mis à nu la tension qui empoisonne sa relation avec le président américain. Celui-ci ne l’a pas accueilli comme les sept fois précédentes par l’entrée principale avec fanfare, caméras et journalistes. C’est la première fois de sa vie politique que Netanyahu se trouve contraint de subir l’humiliation de devoir emprunter une porte latérale pour entrer à la Maison Blanche.

Toutefois, cela n’affecte en rien l’influence que continue d’exercer l’Etat minuscule d’Israël sur la plus grande puissance du monde, concernant en particulier la question palestinienne.

Au fil des ans, les gouvernements successifs israéliens ont forcé les présidents successifs américains de soutenir sans discuter toutes les politiques criminelles menées contre le peuple palestinien, de la colonisation rampante – qui continue depuis des décennies – au génocide de Gaza – qui continue lui aussi du 8 octobre 2023 jusqu’à ce jour.

Juste deux jours après avoir reçu Netanyahu, Trump a publié le 30 juillet sur son réseau Truth Social qu’« un accord a été conclu, prévoyant le désarmement complet du Hamas et un retrait israélien de la bande de Gaza ».

Il n’est pas exagéré de dire que personne, y compris dans le cercle de ses collaborateurs, n’accorde plus la moindre importance à ce qu’écrit le président américain qui, en une seule journée, a réussi à publier jusqu’à 60 textes sur son réseau !

Alors que Trump annonce un énième accord sur Gaza, la tragédie se poursuit dans l’enclave palestinienne. Les soldats, les avions et les drones israéliens continuent de tuer les Palestiniens à leur guise, en violation du cessez-le-feu conclu en octobre 2025.

Le plus terrifiant est que l’acharnement d’Israël, la complaisance des médias occidentaux avec le régime génocidaire et la lâcheté des élites gouvernantes ont concouru à banaliser les horreurs que subissent les survivants de Gaza depuis près de trois ans.

Les survivants sont actuellement entassés dans un campement de tentes le long d’une étroite bande de terre bordant la Méditerranée. Le reste du territoire est toujours convoité par Jared Kushner, le gendre avide de Trump, et ses amis investisseurs pour en faire leur « Riviera »…

 

Lire aussi: Gaza, « Riviera du Moyen-Orient » : Tony Blair au four et au moulin

 

Mais le drame des Palestiniens ne se limite pas à Gaza. La Cisjordanie occupée est devenue elle aussi une zone de massacres. Les colons israéliens fanatisés, soutenus par l’armée, ont intensifié leurs attaques contre les habitations, les récoltes et les élevages des Palestiniens.

Les meurtres et les passages à tabac ont atteint un tel niveau qu’António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, après un long silence, a finalement exprimé son « inquiétude » et rappelé au monde que « les colonies israéliennes en Cisjordanie constituent une violation flagrante du droit international ».

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a publié, il y a quelques jours, des chiffres qui reflètent la réalité horrifiante qui sévit en Cisjordanie : « Les violations commises par les colons ont atteint un niveau record, avec 460 incidents violents par mois. Plus de 2 200 Palestiniens ont été contraints de quitter leurs foyers ces derniers mois, victimes d’intimidation et de violence continues ».

Il va sans dire que les horreurs commises par Israël de 1967 à ce jour contre le peuple palestinien n’auraient jamais eu lieu sans la complicité et les soutiens multiformes des administrations américaines successives, de celle de Lyndon Johnson jusqu’à celle de Donald Trump.

La question que beaucoup d’observateurs se posent est : jusqu’à quand ça va continuer ? Jusqu’à quand Israël va-t-il continuer de bénéficier du soutien aveugle de Washington et de la complicité de Londres, Berlin, Rome et Paris ?

D’aucuns voient une lueur d’espoir dans le changement notable qui se produit dans l’opinion publique américaine, surtout parmi la jeunesse, dégoutée et horrifiée par le génocide perpétré à Gaza.

Dans un article publié il y a quelques jours sur son site, Seymour Hersch écrit : « Au fil des décennies, la question des colonies illégales et des massacres des Palestiniens n’a jamais constitué un enjeu bipartisan pour les présidents américains ni pour la plupart des membres du Congrès. Mais les élections de cet automne pourraient bien amener à la Chambre des représentants une nouvelle génération de démocrates, susceptibles d’exiger que les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie soient traités avec humanité ».

Un petit changement qui, s’il se réalisait, serait sans doute suivi par d’autres plus radicaux. Des changements qui ne manqueraient pas de traverser l’Atlantique et de gagner l’Europe. Car, comme le souligne l’unique vérité que Trump a dite depuis son entrée à la Maison Blanche : « le monde entier déteste Israël ».

L’article Calvaire de Gaza et de Cisjordanie : une lueur d’espoir à l’horizon ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Maroc-Israël : Des relations qui avancent dans la discrétion, selon Rouach

30. Juli 2026 um 11:32
Les relations entre le Maroc et Israël continuent d’avancer discrètement, selon Daniel Rouach, vice-président et cofondateur de la Chambre de commerce Maroc-Israël, nous apprend le site Yabiladi. Rouach a averti des risques d’une évolution trop rapide des liens, rétablis le 10 décembre 2020, entre Rabat et Tel-Aviv. Dans une interview à un média israélien, il a reconnu […]

Trump-Netanyahu : toutes les options contre l’Iran, y compris la force

30. Juli 2026 um 09:45

Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont discuté, lors de leur rencontre, de toutes les options possibles pour freiner le programme nucléaire iranien, notamment la diplomatie, les pressions économiques et l’action militaire, révèle un haut responsable israélien.

Netanyahu n’a pas dit à Trump qu’Israël était favorable à une attaque contre l’Iran, a déclaré le responsable lors d’un point de presse après la rencontre des deux dirigeants à la Maison Blanche mardi.

« En fin de compte, c’est sa décision », a déclaré le responsable, en parlant de Trump. Ce dernier dispose de trois options, « qui ont toutes été longuement discutées », a-t-il ajouté : « Un accord, le maintien du blocus et des pressions économiques, ou une frappe militaire massive », a-t-il précisé, relate Reuters

Israël n’a pas participé ce mois-ci à la nouvelle campagne de bombardements américains de deux semaines qui a incité Téhéran à riposter par des attaques contre des bases américaines, mais a averti l’Iran qu’il réagirait avec force en cas d’attaque.

L’armée américaine affirme avoir mené une « vague massive » de frappes contre l’Iran ce jeudi matin en représailles aux tentatives d’attaques de missiles balistiques contre les forces américaines mardi. Le Centcom assure avoir frappé des « dizaines » de cibles du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en réponse aux tirs iraniens sur des bases américaines en Jordanie et sur des navires dans le détroit d’Ormuz.

Les médias d’État iraniens affirment pour leur part que les dernières frappes avaient tué trois personnes, dont un enfant de deux ans, sur l’île de Qeshm. Tandis que d’autres localités du sud et de l’ouest du pays ont également été touchées.

Ces dernières hostilités surviennent au cours d’une semaine marquée par l’extension du conflit, avec les premières frappes conjointes américano-saoudiennes annoncées publiquement et ciblant des groupes armés supplétifs iraniens en Irak.

L’article Trump-Netanyahu : toutes les options contre l’Iran, y compris la force est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

A qui profite la guerre contre l’Iran ?

30. Juli 2026 um 07:22

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

L’article A qui profite la guerre contre l’Iran ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Palestine. Ces Entreprises qui font honte à la France

24. Juli 2026 um 12:42
Il semble qu’on a beau se cacher derrière des prête-noms bien commodes, on est toujours rattrapé par la vérité du terrain. Devant le silence complice des autorités françaises, ce sont ainsi pas moins de cinq organisations non gouvernementales (ONG) qui…

L’article Palestine. Ces Entreprises qui font honte à la France est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

Mondial Fifa | La portée politique de la victoire de l’Espagne

20. Juli 2026 um 12:44

La victoire de l’Espagne sur l’Argentine, lors de la finale de la Coupe du Monde Fifa, hier soir, dimanche 19 juillet 2026, au MetLife Stadium, officiellement renommé Stade de New York New Jersey par la Fifa pour la durée du tournoi, dépasse le monde du football pour revêtir une dimension politique. C’est la victoire de la justice contre l’arrogance…

Elyes Kasri *

Cette victoire amplement méritée par les Ibériques, qui se sont longtemps battus pour y parvenir lors des prolongations (116e minutes) impose un parallèle inévitable entre tout ce dont le sionisme international s’est avéré capable pour parvenir à ses fins pour se heurter en fin de compte au cran et à la volonté des peuples.

Ceux qui ont suivi le parcours de l’équipe argentine à la Coupe du monde ont été témoins de la mansuétude dont elle a bénéficié de la part des instances de la Fifa et du soutien fervent des dirigeants israéliens face à une équipe espagnole recueillant le soutien non seulement de ses supporters traditionnels à travers le monde mais également cette fois de tous ceux qui apprécient le courage politique du gouvernement et du peuple espagnols dans leur opposition au génocide à Gaza et à l’aventurisme militaire américano-israélien.

Sans exagérer et ôter quoi que ce soit au mérite légitime de l’équipe espagnole, on ne peut s’empêcher géopolitiquement de considérer la finale de la Coupe du monde de football 2026 dans la périphérie de la métropole newyorkaise, fief traditionnel du sionisme international, après l’élection d’un maire musulman propalestinien, Zohran Mamdani comme une nouvelle défaite des forces du mal augurant d’une victoire inéluctable des peuples palestinien, syrien, libanais, iranien et les autres qui ne cessent de subir le joug et les atrocités de la coalition internationale dirigée par Israël t soutenue par les Etats-Unis et quelques autres Etats sous l’influence du lobby sioniste mondial.

* Ancien ambassadeur.  

NB. La défaite de l’Argentine est aussi celle d’Israël que le gouvernement de droite en place à Buenos Aires ou encore sa star de football, Lionel Messi, soutiennent ouvertement, malgré ses crimes contre l’humanité condamnés par la CIJ et la CPI (NDLR).

L’article Mondial Fifa | La portée politique de la victoire de l’Espagne est apparu en premier sur Kapitalis.

Etats-Unis – Israël | Vance fustige le gouvernement Netanyahu

20. Juli 2026 um 11:22

Le 18 juin 2026 restera comme une date charnière dans l’histoire de l’alliance américano-israélienne. Ce jour-là, le vice-président américain J. D. Vance a lancé depuis la Maison-Blanche un avertissement d’une violence inédite aux dirigeants israéliens, les sommant de cesser leurs critiques contre l’accord signé entre Washington et Téhéran. En déclarant que Donald Trump était «le seul chef d’État au monde à être bienveillant envers la nation d’Israël», Vance a posé un ultimatum clair : le soutien américain n’est plus inconditionnel, et ceux qui s’opposent à la stratégie trumpienne en payeront le prix.

Habib Glenza

Le vice-président américain ne mâche pas ses mots. Il vise directement les membres du gouvernement israélien qui ont osé critiquer l’accord-cadre signé la veille entre les États-Unis et l’Iran. Sa déclaration eut l’effet d’une onde de choc à travers tout le Proche-Orient : «Donald Trump est le seul chef d’État au monde à être bienveillant envers la nation d’Israël en ce moment précis. Et il se trouve qu’il est le chef d’État de la superpuissance mondiale.»

La phrase est lâchée, nette, sans filet. Vance poursuit, le regard dur : «Si je faisais partie du cabinet du gouvernement israélien, je ne m’attaquerais pas au seul allié puissant qu’il vous reste dans ce monde.»  

Une charge violente et un ton direct inhabituellement dur pour un vice-président américain vis-à-vis d’Israël. En quelques secondes, les dépêches s’envolent. En Israël, les Unes des journaux du lendemain matin sont unanimes : l’Amérique de Trump a changé de logiciel. Le message de Vance a fait la une des journaux hébreux. 

Rappel brutal de la dépendance : les deux tiers de vos armes sont américaines

Vance ne s’arrête pas à une simple mise en garde diplomatique. Il sort l’artillerie lourde, chiffres à l’appui : «Lors des trois derniers mois, les deux tiers des armes défensives ayant protégé votre pays ont été fabriqués par des mains américaines et financés par l’argent des contribuables américains.»

La phrase est un coup de semonce. Elle ne dit pas explicitement que l’aide sera coupée, mais elle en dessine la menace.

Pour les dirigeants israéliens, le message est limpide : sans les États-Unis, la capacité de défense d’Israël s’effondre. Vance rappelle que cette dépendance n’est pas un simple détail technique, mais le principal levier de Washington. En choisissant de parler d’argent et d’armes plutôt que de valeurs partagées, le vice-président ancre le débat dans une logique transactionnelle, celle-là même qui caractérise la doctrine Trump depuis 2017.

L’avertissement de Vance n’est pas un coup de sang isolé. Il s’inscrit dans une continuité. Trump lui-même n’a jamais caché son mépris pour certains dirigeants israéliens. Selon des révélations d’Axios, il avait traité Benjamin Netanyahu de «effing crazy» en privé, avant d’ajouter : «Israël aurait été rayé de la carte depuis longtemps si je ne m’y étais mêlé.» Plus récemment, il a reproché à Israël ses frappes au Liban, estimant qu’elles nuisent à ses efforts de paix. La doctrine est claire : Trump considère qu’il a sauvé Israël, et que ce dernier lui doit obéissance en retour. Vance ne fait que traduire cette vision en langage diplomatique officiel.

Pour comprendre la violence de la sortie de Vance, il faut remonter à la veille. Le 17 juin, les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’entente en 14 points, fruit de mois de négociations discrètes. Cet accord, qui prévoit une cessation immédiate des hostilités sur tous les fronts, dont le Liban, a provoqué la fureur des ministres israéliens d’extrême droite. Vance, qui s’est personnellement investi dans ce dossier, ne pouvait pas laisser ces critiques sans réponse.

L’accord-cadre prévoit la fin immédiate des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que la dilution du stock d’uranium hautement enrichi de Téhéran. Une période de 60 jours est ouverte pour parvenir à un accord définitif visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Mais le texte ne mentionne pas le programme de missiles balistiques iraniens, ni l’influence de Téhéran dans la région via ses proxys. Pour les ministres israéliens, c’est une trahison. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité intérieure, et Bezalel Smotrich, ministre des Finances, ont immédiatement dénoncé un accord qui laisse l’Iran libre de poursuivre son développement militaire conventionnel. Leur colère est d’autant plus vive que l’accord prévoit que l’Iran pourrait développer un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars financé par les investissements des États du Golfe, une manne qui pourrait renforcer son influence régionale.

Friction sur le dossier des missiles iraniens et sur l’occupation du Liban 

Israël a annoncé son intention de maintenir une zone tampon étendue au Sud-Liban, malgré l’accord signé entre Washington et Téhéran. Cette décision, officialisée dans une nouvelle version de la «zone tampon», est un défi direct à l’accord. Vance a répondu sans ambages : «Les attaques contre les civils à Beyrouth sont inacceptables.» Le message est clair : l’administration Trump ne tolérera pas qu’Israël sabote l’accord en poursuivant ses opérations militaires au Liban. C’est le deuxième point de friction concret, après le programme de missiles. 

Vance n’est pas un simple exécutant dans cette affaire. Le sénateur Lindsey Graham l’avait qualifié d’«architecte de l’accord» avec l’Iran. Son implication personnelle est totale. Si l’accord-cadre échoue, c’est lui qui en portera la responsabilité politique. Les critiques israéliennes ne sont donc pas seulement une offense diplomatique, elles menacent directement sa crédibilité et son avenir politique. D’où la violence de sa réaction. Vance n’a pas attaqué Israël dans son ensemble. Il a soigneusement choisi ses cibles : les deux ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahu. En les prenant pour cible, il cherche à isoler la frange la plus dure du cabinet israélien et à diviser l’opinion publique. Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich sont les deux figures de proue de l’extrême droite israélienne. Le premier est connu pour ses positions ultranationalistes et son passé de colon radical. Le second dirige le parti Sionisme religieux et milite pour l’annexion de la Cisjordanie. Tous deux ont critiqué avec virulence l’accord avec l’Iran, accusant Trump de trahir Israël. Vance les a spécifiquement pris pour cible dans une interview au New York Times, les qualifiant implicitement d’irresponsables. En s’en prenant à eux, le vice-président américain cherche à les discréditer aux yeux de l’opinion israélienne et internationale.

La phrase la plus cinglante de Vance est sans doute celle-ci : «Vous êtes un pays de 9 millions d’habitants. Vous ne pouvez pas simplement régler chacun de vos problèmes de sécurité nationale à coups de morts.» En rappelant à Israël sa vulnérabilité démographique face à ses voisins, et sa dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis, Vance ne dit pas seulement qu’Israël a besoin des États-Unis ; il dit qu’Israël est trop petit et trop faible pour agir seul. Cette phrase, reprise en boucle par les médias israéliens, a provoqué une onde de choc dans la classe politique.

Netanyahu otage de son gouvernement et de la doctrine America First 

Face à cette tempête, Netanyahu a choisi la prudence. Dans une réponse soigneusement calibrée, il a appelé à préserver la «relation vitale» avec les États-Unis. «Le combat n’est pas terminé, et d’autres défis nous attendent. Ils exigent du discernement, une défense résolue des intérêts sécuritaires d’Israël et, dans le même temps, la préservation de notre relation vitale avec les États-Unis», a-t-il déclaré. Cette position contraste avec la virulence de ses ministres d’extrême droite.

Netanyahu est pris en tenaille : s’il soutient ses ministres, il s’aliène Washington ; s’il les désavoue, il fait voler en éclats sa coalition. Vance et Trump jouent précisément sur cette fracture interne pour imposer leur agenda. En isolant Ben Gvir et Smotrich, ils poussent Netanyahu à choisir son camp.

Le soutien à Israël n’apparaît plus inconditionnel sous l’ère Trump. C’est un changement majeur. Pendant des décennies, le soutien américain à Israël était un dogme bipartisan. Avec Trump, il devient conditionnel, transactionnel. La logique est simple : les contribuables américains paient environ 3,8 milliards de dollars par an à Israël via un protocole d’entente qui court jusqu’en 2028. Si Israël ne suit pas la ligne de Washington, pourquoi continuer à payer ? C’est le cœur de la doctrine «America First» appliquée à la diplomatie. Vance ne fait que mettre des mots sur cette réalité : l’amitié américaine a un prix, et ce prix est l’obéissance.

La menace de Vance n’est pas un simple exercice rhétorique. Elle repose sur des chiffres concrets et une réalité stratégique implacable.

Le prix de la bienveillance, c’est la soumission  

Selon le Council on Foreign Relations, les États-Unis ont fourni au moins 16,3 milliards de dollars d’aide militaire directe à Israël depuis les attaques du 7 octobre 2023. Depuis 1948, le montant total dépasse les 300 milliards de dollars, ajusté de l’inflation. Ces chiffres sont l’argument principal des opposants à l’aide inconditionnelle au Congrès. Chaque année, le débat sur le budget de l’aide étrangère est l’occasion de remettre en question cette manne. En rappelant ces chiffres, Vance donne des armes à ceux qui veulent conditionner l’aide à Israël. La menace est d’autant plus crédible que Trump a déjà montré par le passé qu’il n’hésitait pas à utiliser l’arme budgétaire.

Israël a annoncé son intention de maintenir une zone tampon étendue au Sud-Liban, malgré l’accord signé entre Washington et Téhéran. Vance a répondu que «les attaques contre les civils à Beyrouth sont inacceptables». C’est le test ultime : si Netanyahu continue l’occupation du Sud-Liban, il défie directement l’accord signé par Trump. La conséquence pourrait être un gel de l’aide militaire américaine. 

La phrase de Vance, «Trump est le seul bienveillant envers Israël», est un chantage affectif et politique. Si Israël ne se plie pas à la «bienveillance» de Trump, il se retrouve seul face à l’Iran et ses alliés. La menace est explicite : sans nous, vous êtes vulnérables. C’est un piège redoutable. En se présentant comme le seul ami d’Israël, Trump assure que toute critique israélienne sera perçue comme une ingratitude, et que toute velléité d’indépendance sera punie. Le «prix de la bienveillance», c’est la soumission.

L’article Etats-Unis – Israël | Vance fustige le gouvernement Netanyahu est apparu en premier sur Kapitalis.

UE-Israël : l’accord d’association reste en vigueur

17. Juli 2026 um 09:01
L’accord d’association entre l’Union européenne et Israël reste en vigueur. Amnesty International dénonce une nouvelle fois la frilosité des États membres à faire respecter le droit international.   En bref L’UE maintient son accord d’association avec Israël. Amnesty International dénonce…

L’article UE-Israël : l’accord d’association reste en vigueur est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

Tribune : les racines historiques de la guerre en Iran de 2026

06. Juli 2026 um 11:05
Sociologue à l’université UMLP en Franche-Comté, Thierry Brugvin revient sur les grandes étapes des relations entre l’Iran, les États-Unis et les puissances occidentales. Dans cette tribune, il défend l’idée que la guerre de 2026 s’inscrit dans une histoire de plusieurs…

L’article Tribune : les racines historiques de la guerre en Iran de 2026 est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

❌