CAN de futsal 2026 : le Maroc veut défendre son titre
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Il faut relire ‘‘La Mission’’ (Koukou Éditions, Algérie, 2014). Pas comme un thriller. Comme un document politique déguisé en roman. Publié en 2014 chez Koukou Éditions, le livre de Mohamed Benchicou revient sur l’attaque du complexe gazier de Tiguentourine, au sud-est de l’Algérie, non loin de la frontière libyenne, en janvier 2013, pour explorer ce que l’événement pourrait dissimuler : intérêts énergétiques, rivalités au sommet de l’État et stratégies étrangères.
Djamal Guettala
L’auteur ne se limite pas au récit de la prise d’otages. Il bâtit une intrigue autour d’une question autrement sensible : les intérêts économiques et les luttes de pouvoir ont-ils pu peser sur le destin de ce site stratégique ? La question nourrit le roman ; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve.
Le 16 janvier 2013, un groupe armé attaque le complexe gazier de Tiguentourine, près d’In Amenas. Des centaines de personnes sont prises en otage. L’intervention des forces algériennes met fin à la crise, au prix de lourdes pertes humaines. L’attaque marque durablement l’industrie gazière algérienne et les relations du pays avec ses partenaires étrangers.
Un an plus tard, Benchicou choisit de déplacer le regard. Dans ‘‘La Mission’’, Tiguentourine n’est pas seulement le théâtre d’une opération terroriste : le site devient le point de rencontre d’intérêts industriels, de convoitises financières et de rivalités politiques. La dimension romanesque lui permet de relier des éléments qui, dans le débat public, restent souvent séparés.
L’auteur donne lui-même la clé de son approche : «Je n’ai été amené à connaître Tatiana que parce que l’attaque de Tiguentourine est une affaire de fric, de luttes d’influence, de rivalités de pouvoirs…»
Cette phrase annonce le parti pris du livre. Les faits historiques sont établis : l’attaque, la prise d’otages et l’intervention militaire. Les connexions politiques et économiques mises en scène par Benchicou relèvent, elles, de sa construction romanesque. Cette frontière doit rester claire, sans pour autant réduire le livre à un simple exercice de fiction.
Dans le récit, British Petroleum occupe une place centrale. L’entreprise britannique exploite le site avec ses partenaires. Benchicou imagine qu’après la catastrophe de Deepwater Horizon, BP cherche à céder ses actifs algériens et à revoir le modèle de sécurité de ses installations. La question de la propriété et de la protection du complexe devient alors un ressort majeur de l’intrigue.
Mikhail Fridman, homme d’affaires russe né à Lviv, apparaît sous les traits de Tatiana-Johanna dans les ramifications du récit. Intéressé par le rachat du site, il incarne les convoitises financières qui entourent cette infrastructure stratégique. Sir William Thompson, envoyé en mission par Downing Street, est chargé d’examiner la situation. À travers lui, Benchicou introduit la dimension britannique et les calculs diplomatiques liés aux intérêts énergétiques.
Ces éléments donnent sa cohérence à l’intrigue, mais ne démontrent pas qu’une opération de cession, les manœuvres étrangères et l’attaque terroriste auraient été coordonnées dans la réalité. Le roman construit un scénario politique ; il ne livre pas une démonstration judiciaire.
L’analyse s’étend ensuite aux rapports de force algériens. Mohamed Mediène, dit Toufik, et le DRS occupent une place importante dans la représentation d’un pouvoir traversé par les rivalités. Benchicou suggère que l’attaque pourrait s’inscrire dans une recomposition des équilibres sécuritaires et politiques. Cette lecture doit être attribuée à l’auteur : aucune conclusion judiciaire ne permet d’établir que Toufik ou des acteurs étrangers auraient organisé ou facilité l’attaque.
L’arrière-plan est celui de l’Algérie de 2013-2014, au moment où se prépare le quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Benchicou rapproche intérêts pétroliers, puissances étrangères et continuité du régime dans une formule accusatrice : «la connivence entre des capitales occidentales, la pègre pétrolière internationale et l’autocratie archaïque locale qui ambitionnait de se reconduire pour un quatrième mandat».
Cette formule résume sa charge politique. Elle exprime une interprétation romanesque des rapports entre argent, pouvoir et intérêts étrangers, non une conclusion établie sur les responsabilités dans le drame de Tiguentourine.
Le livre a été accueilli favorablement, mais sa portée politique semble être restée au second plan. Or, au-delà de l’intrigue, son intérêt réside aussi dans les questions qu’il soulève sur la vulnérabilité des infrastructures stratégiques et sur les rapports entre souveraineté nationale et intérêts économiques.
Depuis la parution de ‘‘La Mission’’, le paysage politique algérien a changé. Bouteflika a obtenu son quatrième mandat, avant de quitter le pouvoir. Mohamed Mediène a été écarté de la tête du DRS, ensuite réorganisé puis dissous. Ces événements éclairent le contexte dans lequel Benchicou écrivait ; ils ne confirment pas rétrospectivement ses hypothèses sur Tiguentourine.
La portée du livre tient ailleurs : dans sa volonté de dépasser le récit immédiat d’un attentat pour interroger les intérêts et les rapports de force qui entourent les lieux stratégiques. On peut discuter ses hypothèses, contester ses rapprochements et rappeler les limites de sa démonstration. On ne peut ignorer la question qui traverse son récit : derrière les événements, quels intérêts se croisent et quelles vérités restent à établir ?
Mohamed Benchicou est mort le 24 septembre 2026. Avec ‘‘La Mission’’, il laisse un texte qui témoigne de sa manière d’interroger le pouvoir et de mettre en cause les récits trop vite refermés. Relire ce livre ne revient pas à transformer ses hypothèses en certitudes, mais à reprendre les questions qu’il a posées. Cette mission n’est pas terminée.
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La manifestation a rassemblé environ 450 exposants et 230 intervenants représentant des entreprises nationales et internationales, des fournisseurs de technologies ainsi que des sociétés d’ingénierie et de réalisation de projets. L’ouverture a été présidée par Mohamed Arkab, ministre d’État chargé des Hydrocarbures et des Mines, en présence notamment du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et de responsables des principaux groupes énergétiques algériens.
Sécurité des approvisionnements et diversification énergétique
Placée sous le thème « Vers une nouvelle approche du mix énergétique : de la transition énergétique à l’addition énergétique », cette édition a mis l’accent sur la nécessité de concilier trois objectifs : garantir la sécurité des approvisionnements, préserver l’accessibilité des prix et réduire les émissions de carbone.
Cette approche traduit les défis auxquels sont confrontés les pays producteurs comme les économies importatrices. La demande énergétique continue de croître dans plusieurs régions, tandis que les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés et les impératifs climatiques conduisent les États à diversifier leurs sources et à renforcer leurs infrastructures.
Pour l’Algérie, les hydrocarbures demeurent un pilier économique et un instrument majeur de coopération avec ses partenaires, notamment européens. Le développement de nouvelles technologies, l’amélioration de la performance des installations existantes et l’optimisation de la production figurent parmi les axes examinés lors des rencontres professionnelles.
Les grands groupes énergétiques au rendez-vous
Le NAPEC a réuni des acteurs nationaux et internationaux de l’industrie, dont Sonatrach et Sonelgaz, aux côtés de groupes et de fournisseurs de technologies tels que TotalEnergies, Eni, ExxonMobil, Equinor, Chevron, SLB, Halliburton et Baker Hughes.
Les échanges ont porté sur les technologies appliquées aux hydrocarbures, la valorisation des gisements matures, l’amélioration de la productivité des puits et l’optimisation des infrastructures. Ces enjeux sont essentiels pour prolonger la durée de vie des actifs existants, améliorer leur rendement et limiter les coûts de production.
La présence d’entreprises d’ingénierie et d’équipementiers a également ouvert un espace de discussion sur les solutions techniques susceptibles d’accompagner les évolutions du secteur, de l’efficacité énergétique aux technologies de réduction des émissions.
L’hydrogène, une nouvelle dimension de la coopération régionale
L’hydrogène figure parmi les dossiers structurants de cette édition. Pour l’Algérie et plusieurs pays méditerranéens, son développement représente une possibilité de diversification des échanges énergétiques, sous réserve de réunir les conditions économiques, industrielles et logistiques nécessaires.
Le sujet s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Le 1er octobre, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé à Alger une déclaration ministérielle en faveur du corridor SoutH2, un projet destiné à développer les échanges d’hydrogène entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Cette initiative illustre l’intérêt croissant pour les infrastructures susceptibles de relier les zones de production aux futurs centres de consommation.
Lire aussi: Le corridor SoutH2 pourra-t-il atteindre ses objectifs dès 2030?
Le passage des annonces aux projets opérationnels dépendra toutefois de plusieurs facteurs : coût de production, disponibilité de l’électricité renouvelable, infrastructures de transport, cadre réglementaire et existence d’une demande suffisamment solide. Les partenariats industriels et les investissements de long terme seront déterminants pour rendre ces filières compétitives.
Un espace de partenariats et d’investissement
Au-delà de l’exposition, le NAPEC constitue une plateforme de rencontres entre autorités publiques, entreprises énergétiques et fournisseurs de solutions techniques. Les conférences et les tables rondes ont permis d’aborder les possibilités de coopération entre pays producteurs et consommateurs, ainsi que les évolutions du secteur face aux contraintes économiques et environnementales.
Pour l’Algérie, l’enjeu est double : préserver la place des hydrocarbures dans l’économie et les exportations tout en préparant progressivement une diversification énergétique. La concrétisation de cette ambition dépendra de la capacité à attirer des investissements, à transférer des technologies et à développer des projets dont la rentabilité peut être démontrée.
Le NAPEC 2026 aura ainsi servi de cadre aux échanges sur les perspectives du secteur énergétique africain et méditerranéen. Les résultats à long terme se mesureront cependant moins au nombre de participants qu’aux partenariats conclus, aux investissements engagés et aux projets effectivement réalisés.
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L’autre jour, en naviguant sur le Web, histoire de «tuer» le temps (une expression courante chez nous mais qui est à mon avis la plus stupide qui puisse exister puisque le temps est par définition la ressource la plus rare de la vie et que chaque heure et chaque minute que nous vivons ne se renouvelleront pas et sont perdues à jamais), je suis tombé sur une information qui m’a fait tiquer : selon le World Happiness Report 2026, publié par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford avec Gallup et le réseau des Nations Unies, la Tunisie est classée au 105e rang sur 147 pays avec un indice global de bonheur de 4,798/10 , alors que la Finlande où l’hiver dure pourtant six mois par an avec des températures qui descendent jusqu’à-15 C° ou -30 C°, arrive au premier rang et ce depuis plusieurs années consécutives, avec un indice global de bonheur de 7,764/10.
Dr. Sadok Zerelli *
Certes il y a des pays où les habitants se déclarent plus malheureux que nous, tels que le Maroc (112e) ou l’Égypte (139e) mais c’est une maigre consolation lorsqu’on sait qu’à côté de chez nous, l’Algérie nous surclasse de loin et arrive, on ne sait par quel miracle, à la 83e position.
Intrigué par ces résultats, j’ai poussé ma recherche plus loin pour essayer de comprendre comment cet indice du bonheur dans un pays est calculé et quelle est sa valeur scientifique si jamais il en a une.
Il s’est avéré que le rapport utilise une question appelée «Cantril Ladder» : on demande aux personnes de situer leur vie sur une échelle de 0 à 10, de la pire vie possible à la meilleure vie possible. Le classement 2026 utilise la moyenne des réponses recueillies entre 2023 et 2025.
Pour expliquer les différences entre pays, six grands facteurs sont étudiés :
1. PIB par habitant — niveau matériel et économique;
2. soutien social — possibilité de compter sur des proches en cas de difficulté;
3. espérance de vie en bonne santé;
4. liberté de choisir sa vie;
5. générosité — notamment le fait de donner à des œuvres caritatives;
6. perception de la corruption — confiance dans les institutions et les entreprises.
Le rapport précise une chose très importante : ces six facteurs ne sont pas additionnés pour fabriquer le classement. Le classement est directement fondé sur l’évaluation que les personnes donnent de leur propre vie. Les six facteurs servent principalement à expliquer pourquoi les évaluations diffèrent d’un pays à l’autre.
Pour la Tunisie, le chiffre 4,798/10 est assez parlant : il signifie que l’évaluation moyenne de leur vie par les Tunisiens est inférieure au milieu de l’échelle.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que les Tunisiens sont «malheureux» au sens psychologique. Le bonheur dépend aussi de dimensions que le classement ne saisit pas complètement : famille, amitié, sentiment d’appartenance, sécurité, espoir dans l’avenir, dignité, sentiment d’être utile, liberté réelle, confiance dans l’avenir, etc.
Chacun(e) peut avoir sa propre définition du concept de bonheur. Pour moi, je distinguerais d’abord bonheur et satisfaction. Quelqu’un peut être très satisfait de sa vie parce qu’il possède une bonne situation, une famille, une sécurité matérielle et de bonnes institutions, tout en ressentant intérieurement un grand vide. Inversement, quelqu’un qui connaît des difficultés matérielles peut connaître de véritables moments de bonheur grâce à l’amour, à l’amitié, à la solidarité ou simplement à la beauté d’un moment.
Cette distinction étant faite, le bonheur est pour moi un état intérieur dans lequel une personne peut regarder sa vie, avec ses joies, ses pertes, ses regrets et ses incertitudes, et se dire : «Malgré tout, ma vie mérite d’être vécue.»
Il comporte, à mes yeux, plusieurs dimensions :
– le plaisir : les petits moments agréables, un repas, une musique, un paysage, un rire;
– l’amour et les liens : avoir quelqu’un avec qui partager ce que l’on ressent;
– le sens : sentir que son existence n’est pas complètement vaine;
– la liberté intérieure : pouvoir penser et choisir sans être entièrement prisonnier du regard des autres;
– la paix avec soi-même : accepter progressivement ce que l’on a été, ce que l’on n’a pas réussi à être et ce que l’on ne sera jamais;
– la gratitude : savoir encore voir ce qui est beau au milieu de ce qui ne l’est pas;
– l’espérance : avoir une raison de se lever demain, même petite.
Ma conception du bonheur rejoint celle des plus grands philosophes, tels qu’Épicure qui dit en substance : je n’ai pas besoin de beaucoup de choses pour être heureux : l’amitié, la tranquillité, quelques plaisirs simples et l’absence de souffrance peuvent suffire, ou Spinoza qui va encore plus loin : le bonheur n’est pas simplement quelque chose que nous recevons ; c’est quelque chose que nous comprenons et construisons intérieurement. Plus nous comprenons pourquoi nous sommes ce que nous sommes et pourquoi nous désirons ce que nous désirons, plus nous devenons libres.
Pour illustrer mon propos et la définition que j’ai donnée du bonheur, je voudrais partager avec les lecteurs et lectrices l’expérience personnelle et réelle que j’ai vécue en la matière.
Lorsque j’étais enseignant-invité (Visiting Scholar) au Massashuttes Institut of Technology (MIT) à Boston aux USA, durant l’année universitaire 1983-1984, j’avais fait la connaissance, parmi d’autres enseignants, de Professor Keren Polensky, une vieille fille d’une cinquantaine d’années, qui a consacré toute sa vie à la recherche et à la publication d’un grand nombre d’articles et de livres sur les modèles de planification régionale.
Nous avions sympathisé parce qu’elle s’intéressait beaucoup à la Tunisie, un pays dont elle n’avait jamais entendu parler, et me posait beaucoup de questions sur notre modèle de planification régionale, notre stratégie de développement, notre niveau de vie, nos habitudes et traditions, etc.
Quelques mois après mon retour des USA, je l’avais invitée à venir découvrir la Tunisie, ce qu’elle accepta avec plaisir.
Je me rappelle qu’elle était arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage, habillée d’un vieux jean et d’une vieille veste et ayant un sac à dos comme seul bagage.
Je lui avais proposé de faire le circuit touristique classique : visite des souks de la médina, de Sidi Bou Saïd, des ruines de Carthage, du musée du Bardo, etc., ce qu’elle refusa tout net, et m’informa qu’elle était venue uniquement pour découvrir les oiseaux de la Tunisie !
En fait, il s’était avéré qu’elle était une passionnée du «bird-watching», une passion, comme la chasse ou la pêche chez nous, très en vogue parmi les intellectuels américains.
Elle m’avait demandé de la balader en voiture dans les campagnes des différentes régions de notre pays, ce que nous avions fait pendant toute la semaine de son séjour.
Je la vois encore, assise à côté de moi, un gros livre répertoriant toutes les espèces d’oiseaux dans le monde entier, avec leur nom et photo, observant le ciel avec de grosses jumelles et me criant de temps à autre subitement : «Stop, Stop, please !»
Je donnais un coup de frein sec en croyant que j’allais écraser un chien ou un chat et me mettais sur le bas-côté de la route. Elle se mettait alors à rechercher frénétiquement le nom de l’oiseau qu’elle venait de voir avec ses jumelles et, lorsqu’elle le trouvait, elle sautillait de joie comme une petite fille ou comme si elle avait obtenu le Prix Nobel d’économie !
Je me rappelle qu’après son départ, très heureuse d’avoir vu et identifié un grand nombre d’oiseaux, je m’étais donné une belle gifle en me disant : «Imbécile de Sadok, tu cherches partout le bonheur sans l’avoir jamais trouvé, alors qu’il est si facile à atteindre : il suffit de lever les yeux vers le ciel !»
Cette expérience avec Karen Polensky m’a prouvé que le bonheur n’est pas dans l’amour avec un petit «a» ou un grand «A», ni dans un compte bancaire bien garni, ni d’habiter dans une grosse villa, ni de rouler dans une voiture Mercedes, ni de porter une montre Rolex, ni de posséder un iPhone, etc. : le bonheur est en chacun de nous et il appartient à chacun de nous de le chercher au fond de lui-même et non pas dans les biens matériels ou dans la compagnie des autres.
En conclusion, je n’irais pas jusqu’à recommander aux Tunien(ne)s de devenir amateur(ce)s de «Bird-watching», car se balader seul(e))s dans les champs d’oliviers de Sfax ou de tomates du Cap Bon avec un gros livre sous le bras et des jumelles braquées sur le ciel et sauter de temps à autre de joie pour avoir reconnu une espèce d’oiseau comporte un risque très élevé de se faire embarquer dans l’Isusu du premier paysan qui passe par là et de se retrouver interné à l’hôpital Razi à Manouba !
Mais, la recherche du bonheur mérite de prendre ce risque, non ?
* Economiste universitaire, consultant d’institutions internationales.
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Le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables algérien a annoncé, dans un communiqué publié le 1er octobre 2026, qu’à l’issue d’une séance de travail réunissant le ministre de l’Equipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, et le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, la réalisation d’une centrale électrique à cycle combiné d’une capacité de 1.400 mégawatts (MW) en Tunisie figure parmi les principaux projets inscrits dans le cadre du partenariat énergétique entre les deux pays.
Lors de cette rencontre, tenue en marge de la deuxième réunion ministérielle des ministres de l’Énergie des pays partenaires du projet de corridor sud de l’hydrogène «SouthH2», le ministre Slah Zouari a indiqué que les investissements nécessaires à la réalisation de la centrale devraient être déterminés prochainement, afin d’accélérer le lancement des différentes étapes du projet et de permettre sa concrétisation dans les meilleurs délais.
«Une délégation technique tunisienne se rendra prochainement en Algérie. Cette visite aura pour objectif d’examiner de manière approfondie les différents aspects techniques et opérationnels liés à la réalisation de cette infrastructure énergétique», a-t-il affirmé.
Ainsi, selon le communiqué du ministère algérien, les discussions ne se sont pas limitées au projet de la centrale électrique. Elles ont également porté sur les moyens de réactiver le Comité maghrébin de l’électricité (COMELEC), dans le but de renforcer la coopération énergétique à l’échelle régionale.
L’Algérie s’engage à soutenir l’approvisionnement énergétique tunisien
Dans cette continuité, le ministre algérien a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à poursuivre son soutien à la Tunisie, notamment en matière d’approvisionnement énergétique, conformément aux orientations du président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
«L’Algérie a réaffirmé sa volonté de poursuivre ses exportations d’énergie vers la Tunisie durant l’été 2026, malgré les circonstances exceptionnelles qu’a connues le pays», a souligné le ministre algérien.
Par ailleurs, Mourad Adjal a insisté sur l’importance d’intensifier les efforts et de renforcer la coordination entre la Société algérienne de distribution de l’électricité et du gaz (Sonelgaz) et la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG).
«Cette coopération vise notamment à consolider un partenariat davantage structuré, fondé sur une vision prospective et capable de répondre aux défis et aux besoins énergétiques futurs des deux pays», selon le communiqué du ministère algérien.
Centrale électrique : un projet dès mai 2026
Il convient de rappeler que le projet de la centrale électrique de 1.400 MW avait déjà été évoqué en mai 2026.
La réalisation d’une centrale électrique à cycle combiné en Tunisie avait alors été au cœur d’une rencontre tenue en Algérie, le 24 mai 2026, entre le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et une délégation de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG), conduite par son PDG, Fayçal Trifa.
Selon l’Agence de presse algérienne (APS), le ministre algérien Mourad Adjal avait, à cette occasion, donné des instructions aux responsables de Sonelgaz afin de renforcer la coordination avec la STEG et de l’accompagner dans la prise en charge de ses différents besoins énergétiques.
En outre, en 2025, Sonelgaz et la STEG avaient déjà signé un mémorandum d’entente destiné à renforcer leur coopération et à consolider leurs relations.
Selon un communiqué du ministère algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, ce mémorandum établit le cadre général ainsi que les mécanismes devant permettre la mise en œuvre d’actions conjointes, notamment dans les domaines de la production, du transport et de la distribution de l’électricité, ainsi que du transport et de la distribution du gaz naturel et de la maintenance des infrastructures électriques.
Nouha MAINSI
L’article Tunisie-Algérie : la réalisation d’une centrale électrique de 1.400 MW en projet est apparu en premier sur Le Temps News.
L’article Coupures d’électricité : la Tunisie face à la dépendance énergétique algérienne est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.
Lors de sa rencontre périodique avec la presse nationale, Abdelmadjid Tebboune a affirmé que l’Algérie restait attachée à sa décision de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Il souligne que cette décision est intervenue après que les choses eurent dépassé les limites. Le chef de l’État a accusé le gouvernement émirati de chercher à prendre le contrôle de l’Algérie. « La société pétrolière émiratie, c’est nous qui l’avons fondée, et aujourd’hui Abou Dhabi cherche à exercer la tyrannie pour nous dominer » a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Nous accueillons ceux qui travaillent dans le respect des lois, mais celui qui tente d’exercer la tyrannie se trompe. »
Insistant sur l’importance de la souveraineté nationale, il a indiqué que l’Algérie était une « terre pure pour laquelle des millions de martyrs se sont sacrifiés. Et je n’ai pas le droit de la vendre à qui que ce soit ». Cette décision avait été annoncée le 10 septembre dernier. L’Algérie avait alors accordé à l’ambassadeur émirati un délai de 48 heures pour quitter le pays et décidé de fermer son espace aérien aux avions émiratis, à l’exception des vols commerciaux, jusqu’à la fin de 2026. Elle avait présenté cette décision comme le résultat de l’épuisement de tous les moyens de préserver les relations, accusant Abou Dhabi d’une série d’« actes provocateurs et hostiles ».
Abordant un autre sujet, Abdelmadjid Tebboune a évoqué les droits du peuple sahraoui, affirmant que nul ne peut le contraindre à y renoncer. Selon lui, le Conseil de sécurité des Nations unies appelle à trouver une solution satisfaisant le Front Polisario et le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie étant des pays observateurs dans ce dossier. Il a précisé que l’Algérie donnait son avis lorsqu’elle était consultée par les amis américains; mais que la décision finale revenait aux Sahraouis, qui négocient avec le Maroc au sujet de leurs droits.
L’article Algérie – Émirats : Tebboune maintient la rupture et dénonce une volonté de domination est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a commenté pour la première fois, directement, le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, actuellement à l’étude. Et ce, en mettant en avant les contraintes liées à son tracé et à la traversée de plusieurs pays africains. Lors d’une rencontre périodique avec la presse algérienne dimanche 4 octobre, il n’a pas nommé explicitement ledit projet. Mais ses propos ont été interprétés comme une référence à ce gazoduc, également appelé « Gazoduc atlantique ».
Selon Attaqa, A. Tebboune a estimé que les projets destinés à constituer une alternative au gazoduc transsaharien étaient confrontés à des « obstacles logiques » susceptibles de compliquer leur réalisation. Le président algérien a notamment insisté sur la longueur et la complexité du tracé du projet ouest-africain, affirmant que celui-ci devait traverser 14 pays, chacun pouvant réclamer une part du gaz au titre du droit de transit. Cette présentation doit toutefois être nuancée. Les données disponibles sur le projet Nigeria-Maroc font état d’un tracé traversant 13 pays, depuis le Nigeria jusqu’au Maroc, en passant notamment par le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie.
Le gazoduc Nigeria-Maroc doit suivre la façade atlantique de l’Afrique et relier progressivement le Nigeria au Maroc, avec une perspective de connexion aux marchés européens. Le projet est porté par le Nigeria et le Maroc et bénéficie d’un intérêt de plusieurs institutions et partenaires internationaux.
Quant au gazoduc transsaharien, il mise sur un axe plus direct à travers le Nigeria, le Niger et l’Algérie. Alger cherche à accélérer ce projet alors que son rôle de fournisseur de gaz de l’Europe reste stratégique.
Alger avance notamment sur le SoutH2 Corridor, destiné à acheminer de l’hydrogène vert produit en Algérie vers l’Europe via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche jusqu’à l’Allemagne. Les ministres de l’Énergie des cinq pays ont signé le 1er octobre à Alger une déclaration ministérielle destinée à renforcer la coopération autour de ce corridor.
Pour Alger, ces différents projets participent à une stratégie visant à consolider sa position de plateforme énergétique entre l’Afrique et l’Europe, en combinant les exportations traditionnelles de gaz avec de nouvelles filières liées aux énergies renouvelables et à l’hydrogène.
L’article Gazoduc Nigeria – Maroc : Alger met en avant les contraintes du projet est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Le projet de South H2 Corridor franchit une nouvelle étape. Les ministres de l’Énergie de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne ont signé, jeudi à Alger, une déclaration ministérielle destinée à renforcer la coopération et à accélérer le développement de ce futur corridor d’hydrogène vert entre l’Afrique du Nord et l’Europe.
La déclaration prévoit entre autres la création d’un « secrétariat chargé de l’appui technique au projet », avec l’accompagnement de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Les cinq pays réaffirment également le caractère stratégique du corridor pour l’intégration énergétique euro-méditerranéenne et le développement des échanges entre les deux rives de la Méditerranée.
Le South H2 Corridor doit permettre d’acheminer jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an depuis l’Algérie vers l’Italie, l’Autriche puis l’Allemagne; volume à même de représenter environ 10 % de la demande européenne attendue en hydrogène vert à l’horizon 2040.
Le projet prévoit un tracé d’environ 3 000 kilomètres à travers la Tunisie et la Méditerranée. L’infrastructure doit notamment contribuer à diversifier les approvisionnements énergétiques européens et à renforcer les échanges énergétiques entre l’Europe et l’Afrique du Nord.
L’un des principaux intérêts du projet réside dans la possibilité d’utiliser, après adaptation et modernisation, une partie des infrastructures existantes de transport du gaz naturel.
Cette approche pourrait permettre de réduire certains coûts et délais liés à la construction d’un réseau entièrement nouveau. Le projet doit toutefois encore franchir plusieurs étapes techniques, réglementaires et financières avant sa réalisation complète. Le réseau envisagé relierait ainsi les installations de production algériennes au réseau européen en passant par la Tunisie, l’Italie et l’Autriche jusqu’à l’Allemagne.
Les données disponibles indiquent cependant que les coûts définitifs des différentes sections algérienne et tunisienne restent confidentiels et que les modalités précises de réutilisation des infrastructures doivent encore être déterminées…
La Tunisie au cœur du dispositif
Pour la Tunisie, le projet présente une dimension stratégique particulière puisqu’elle constitue un pays de transit essentiel entre l’Algérie et l’Europe. La participation tunisienne au dispositif a été confirmée lors de la réunion ministérielle d’Alger Au-delà du transit énergétique, le corridor pourrait favoriser le développement d’activités industrielles et logistiques liées à l’hydrogène et renforcer la coopération énergétique entre les deux pays du Maghreb.
Pour l’Algérie, le projet constitue une tentative de prolonger son rôle traditionnel de fournisseur énergétique de l’Europe vers les nouvelles filières bas carbone. Le pays dispose d’un potentiel solaire important et cherche à développer une capacité de production d’hydrogène renouvelable destinée à la consommation intérieure et à l’exportation. Le gouvernement algérien a également engagé des coopérations industrielles autour des électrolyseurs et des technologies nécessaires à la production d’hydrogène.
Pour l’Europe, le corridor s’inscrit dans la diversification géographique de ses approvisionnements en hydrogène et dans le développement d’une infrastructure reliant directement les capacités renouvelables d’Afrique du Nord aux grands marchés industriels européens.
La signature de la Déclaration d’Alger ne constitue toutefois pas encore le démarrage du lancement commercial de l’infrastructure. Elle marque tout au plus une nouvelle étape politique et technique dans la préparation d’un projet dont la réalisation dépendra encore des études de faisabilité, des investissements et des décisions réglementaires.
Le South H2 Corridor apparaît ainsi comme l’un des projets structurants de la future coopération énergétique euro-méditerranéenne, avec un enjeu dépassant la seule production d’hydrogène : celui de la création d’un nouvel axe énergétique entre l’Afrique du Nord et l’Europe.
L’article Hydrogène vert : l’Algérie accélère le corridor énergétique vers l’Europe est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
La Tunisie sera au rendez-vous, jeudi 1er octobre à Alger, pour la deuxième réunion ministérielle consacrée au SoutH2 Corridor, le projet destiné à acheminer de l’hydrogène renouvelable produit en Afrique du Nord vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. La rencontre réunira les cinq pays partenaires : l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche.
Cette réunion intervient après la première rencontre ministérielle tenue à Rome le 21 janvier 2025, au cours de laquelle les cinq pays avaient signé une déclaration commune d’intentions politiques. Le nouveau rendez-vous d’Alger doit permettre d’avancer sur les prochaines étapes techniques et financières du projet, avec l’objectif de transformer les engagements politiques en éléments plus concrets de mise en œuvre.
Le SoutH2 Corridor est présenté comme une infrastructure d’environ 3 300 kilomètres reliant l’Afrique du Nord aux principaux pôles industriels d’Europe centrale. Le projet vise une capacité pouvant atteindre environ 4 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an. Plus de 65 % de l’infrastructure envisagée pourrait reposer sur des gazoducs existants adaptés au transport d’hydrogène, ce qui constitue l’un des principaux leviers techniques du projet.
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc la simple participation à une réunion ministérielle. Le pays constitue un maillon du dispositif nord-africain appelé à relier les zones de production à l’Italie. Le projet North Africa Hydrogen Backbone, développé par SeaCorridor, prévoit notamment une liaison sous-marine entre le Cap Bon et Mazara del Vallo, en Sicile, ainsi que des infrastructures terrestres destinées à connecter des zones de production tunisiennes et algériennes au réseau.
La dimension tunisienne du corridor est d’autant plus importante que la Commission européenne a confirmé le statut de Projet d’intérêt mutuel pour la liaison entre le Cap Bon et l’Italie, tandis que les différents segments européens du SoutH2 Corridor bénéficient du statut de Projets d’intérêt commun. La Commission européenne estime que le corridor doit contribuer à développer la production d’hydrogène renouvelable en Afrique du Nord et à créer les infrastructures nécessaires à son acheminement vers les marchés européens.
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Le pays dispose par ailleurs de projets susceptibles d’alimenter à terme cette infrastructure. En juillet dernier, l’agence italienne ANSA indiquait notamment que la Tunisie travaillait sur plusieurs initiatives dans l’hydrogène vert, dont un projet porté par Acwa Power visant, à terme, une capacité annoncée d’environ 600.000 tonnes d’hydrogène vert par an destinée à l’exportation vers l’Europe.
Le principal enjeu de la réunion d’Alger sera désormais de savoir jusqu’où les cinq partenaires vont aller dans la définition des prochaines étapes. Les précédents engagements ont établi le cadre politique du corridor, mais plusieurs paramètres déterminants pour la Tunisie restent à préciser : le tracé exact des infrastructures nationales, les ouvrages à construire ou à convertir, les capacités réservées au transit de l’hydrogène, les modalités de financement et le calendrier de réalisation.
Cette question est particulièrement importante alors que le projet européen est déjà entré dans une phase de préparation technique. Le consortium SoutH2 indique que le corridor pourrait être opérationnel au début des années 2030 et que son potentiel d’importation depuis l’Afrique du Nord pourrait atteindre 4 millions de tonnes par an. L’Italie a par ailleurs obtenu en 2025 un cofinancement européen de 24 millions d’euros pour des études de faisabilité et des activités préparatoires liées à son backbone hydrogène.
Côté algérien, la réunion d’Alger intervient après plusieurs démarches visant à accélérer le projet. En août, le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, avait proposé d’organiser une rencontre des cinq pays afin de prendre des décisions permettant de concrétiser le corridor sur le terrain. Une mission d’entreprises allemandes consacrée à l’hydrogène vert, au stockage et au Power-to-X s’est également rendue en Algérie et en Tunisie du 21 au 25 septembre pour explorer des opportunités de projets et de partenariats.
Pour la Tunisie, les résultats les plus significatifs à surveiller jeudi seront donc moins les déclarations générales sur l’importance de l’hydrogène vert que les éventuels chiffres et engagements nouveaux concernant le segment tunisien : infrastructures, capacité de transit, financement, investissements et calendrier. À ce stade, les sources disponibles confirment la réunion et son orientation vers les prochaines étapes techniques et financières, mais ne permettent pas encore d’affirmer qu’un accord précis sur ces paramètres a été conclu.
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Les archives algériennes, tunisiennes et les mémoires minoritaires sont au cœur de la 13e édition du festival « Aflam. Cinémas des mondes arabes » qui se tiendra du 10 au 18 octobre 2026, à Marseille, France, sous le thème «Réparer l’image». Réparer l’image, c’est d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.
Djamal Guettala
L’association Aflam, organisatrice de l’événement, a tenu une conférence de presse, le 10 septembre, au cinéma Les Variétés à Marseille, au cours de laquelle elle a dévoilé le programme de la 13e édition qui fera dialoguer cinéma, archives, mémoire et création contemporaine, avec une attention particulière portée aux œuvres longtemps restées dans l’ombre.
Aflam, qui œuvre depuis 2000 à la diffusion des cinémas des mondes arabes, propose cette année 52 films, 40 invité·es et 35 événements-séances.
La programmation ne considère pas les archives comme de simples traces du passé : elle cherche à les remettre en circulation et à interroger les récits que les images ont conservés, mais aussi ceux qu’elles ont laissés disparaître.
Le dimanche 11 octobre sera particulièrement important pour le cinéma algérien. À 16h30, au Polygone Étoilé, Nabil Djedouani, à la tête des Archives numériques du cinéma algérien, présentera une sélection de films restaurés.
Depuis 2012, ce spécialiste formé à l’INA mène un travail de sauvegarde et de diffusion d’œuvres algériennes devenues difficiles d’accès. Numériser une pellicule ne suffit pourtant pas. Encore faut-il lui redonner un public et une place dans l’histoire du cinéma.
Le même soir, à 20h, Aflam proposera ‘‘Boualem Zid El Goudam’’ de Moussa Haddad, réalisé en 1980, en présence de Nabil Djedouani.
Le film met en scène Boualem et Sekfali, deux hommes qui traversent le désert algérien. Une charrette chargée de vieux livres, d’images, de reliques et de souvenirs accompagne leur étrange voyage. Deux hommes, deux visions de l’existence et deux rapports à l’histoire de l’Algérie se confrontent.
Boualem demeure attaché à l’idéal égalitaire et émancipateur issu de la guerre de libération. Sekfali, aristocrate cultivé, porte un regard sceptique sur cette utopie. Entre fable politique, réflexion philosophique et absurdité beckettienne, le film interroge les promesses de l’indépendance et les contradictions de l’Algérie postcoloniale.
Quarante-six ans après sa réalisation, la redécouverte de ‘‘Boualem Zid El Goudam’’ prend une résonance particulière. Le film ne revient pas seulement du passé : il revient poser des questions au présent.
L’Algérie sera également présente à travers ‘‘Petite Casbah’’, film d’animation d’Antoine Colomb, programmé le 14 octobre aux Variétés. À travers Malika, une fillette vivant dans la Casbah d’Alger dans les années 1950, le film fait entrer l’histoire coloniale dans le regard de l’enfance.
La Tunisie occupe une place plus discrète, mais elle n’est pas absente de cette réflexion sur les archives.
Le 17 octobre, au Mucem, une courte archive consacrée à Sousse, tournée en 1971 en 8 mm, sera présentée dans le cadre de la programmation consacrée aux Archives Bouanani. Une image modeste en apparence, mais qui acquiert avec le temps une autre valeur : celle d’un fragment de Tunisie devenu trace patrimoniale.
La Tunisie apparaît également dans la dynamique de WarshatAflam, résidence d’écriture de scénarios destinée aux jeunes cinéastes du monde arabe. La mémoire ne se limite donc pas aux films anciens : préserver les images signifie aussi accompagner celles et ceux qui fabriqueront les images de demain.
La Palestine occupe une place forte dans cette édition avec, le 15 octobre à La Baleine, la rencontre «Les révolutionnaires ne meurent jamais : cinéastes solidaires du peuple palestinien», en présence notamment de Kassem Hawal et Mohanad Yaqubi.
La caméra devient ici un instrument de mémoire. Les archives palestiniennes témoignent d’une histoire politique et culturelle constamment menacée par les guerres, les déplacements et les destructions.
Au Liban, ‘‘Le Jour de colère : Contes de Tripoli’’ de Rania Rafei remontera le fil de l’histoire contemporaine, des manifestations de 1943 aux mobilisations populaires de 2019.
Le Maroc sera représenté par les Archives Bouanani, avec Touda Bouanani et Marie Pierre-Bouthier. Le travail de sauvegarde entrepris après l’incendie de 2006, qui avait détruit une partie des archives familiales, rappelle la fragilité de ces patrimoines.
Aflam élargit cette réflexion aux mémoires minoritaires. Une exposition consacrée au cinéma amazigh au Maroc, conçue et commentée par Sarah Mounia Kachiri, réunira films, vidéos amateurs et installations autour de l’identité culturelle, de la transmission orale et des formes de résistance.
Le 18 octobre, au Mucem, une table ronde intitulée «Ce que le patrimoine culturel national invisibilise» réunira Chantal Partamian, Pauline Tucoulet et Sarah Mounia Kachiri autour des archives arméniennes, kurdes et amazighes.
La question dépasse alors le cinéma : qui décide de ce qui mérite d’être conservé dans la mémoire collective ? Quelles images deviennent patrimoine et lesquelles restent en dehors des récits officiels ?
À ces archives répond une création contemporaine avec notamment Alea Jacarandas de Hassen Ferhani, L’Entente – La face cachée d’Alexandrie de Mohamed Rashad et Yunan d’Ameer Fakher Eldin.
Avec «Réparer l’image», Aflam propose ainsi bien davantage qu’un festival de cinéma. À Marseille, les films anciens dialoguent avec les œuvres nouvelles, les archives nationales avec les mémoires minoritaires, le Maghreb avec le Machrek.
Réparer l’image, c’est peut-être d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.
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Pendant des décennies, Warda El Djazaïria a incarné l’une des plus grandes voix de la chanson arabe. Son timbre puissant, son interprétation habitée et son attachement à l’Algérie ont fait d’elle une artiste hors norme, admirée bien au-delà des frontières du monde arabe. Mais derrière la diva, décédée le 17 mai 2012, se cachait une femme confrontée aux sacrifices, aux choix difficiles, à la maladie et aux épreuves familiales. C’est cette face intime que révèle son fils, Reyad Kesri, dans ‘‘Vivre avec une légende’’, un témoignage rare qui éclaire autrement le parcours d’une icône.
Djamal Guettala
Loin des biographies classiques, l’ouvrage ne cherche pas seulement à raconter une carrière exceptionnelle. Il dévoile le quotidien d’une femme qui a dû concilier les exigences de la scène, les responsabilités familiales et les combats personnels. À travers le regard de son fils, Warda apparaît dans toute sa complexité : artiste adulée, mère attentive, femme fragile et personnalité engagée.
Reyad Kesri revient d’abord sur l’histoire familiale qui a façonné le destin de Warda. Son père, Mohamed Kesri, originaire du Constantinois, a joué un rôle essentiel dans son parcours en lui permettant de poursuivre son rêve artistique. La séparation du couple, au début des années 1970, est racontée avec pudeur, loin des polémiques et des jugements.
Grandir auprès de Warda signifiait vivre entre deux mondes : celui de la vie ordinaire et celui des projecteurs. Le fils de la chanteuse décrit les foules, les voyages, les grands hôtels et cette célébrité permanente qui accompagnait chaque déplacement. Mais il raconte aussi son propre chemin, ses difficultés scolaires et son besoin de construire une identité indépendante.
Avec le temps, Reyad devient plus qu’un fils : il devient le protecteur de sa mère. Face aux problèmes de gestion, aux contrats déséquilibrés et aux personnes profitant de sa notoriété, il prend progressivement en charge ses intérêts professionnels. «Et sans que je m’en rende pleinement compte, je n’étais plus seulement le fils de Warda. Je devenais l’un de ses remparts», écrit-il,résumant ainsi la relation particulière entre une mère célèbre et un fils qui a choisi d’être son soutien dans un univers parfois impitoyable.
Au fil des décennies, Warda dépasse le simple statut d’artiste. Sa popularité immense fait d’elle une figure culturelle et parfois politique. Reyad Kesri raconte une chanteuse dont les prises de position, les engagements et l’identité algérienne ont parfois suscité des réactions au-delà du monde musical. «Elle posait problème parce que Warda n’était plus seulement une artiste : elle était devenue un symbole», note Reyad, dont le livre révèle aussi une femme déterminée, attachée à sa dignité et à son exigence artistique. Et même lorsqu’elle est confrontée aux difficultés, elle refuse de renoncer.
Les chapitres consacrés à sa santé sont parmi les plus bouleversants. Hépatite C, cancer du sein, diabète, problèmes cardiaques et greffe du foie : Warda affronte une succession d’épreuves avec une force exceptionnelle. «On a souvent cru que ma mère allait mourir. Les médecins le disaient… Elle, pourtant, continuait à vivre», témoigne Reyad, en citantl’un des médecins de Warda : «Votre mère devrait inspirer mes patients. Ils se plaignent de mourir alors qu’ils n’ont qu’une seule de ses maladies.»
Jusqu’au bout, une question demeure essentielle pour elle : «Quand pourrai-je chanter ? » Une phrase qui résume son rapport unique à la musique et à son public.
Les dernières pages du livre prennent une dimension testamentaire. Reyad Kesri raconte les derniers combats de sa mère et son ultime apparition sur scène à Baalbeck en 2011, un moment qui symbolise une fidélité absolue à son métier.
Après sa disparition, une autre question se pose : comment préserver la mémoire d’une artiste de cette dimension ? Face aux nouvelles technologies permettant de recréer artificiellement les voix disparues, Reyad exprime ses réserves : « Certaines voix, une fois éteintes, méritent autre chose que d’être malmenées par des intelligences artificielles.»
Pour lui, le respect passe aussi par la reconnaissance des artistes de leur vivant : «J’aurais préféré que l’on célébrât davantage les vivants.»
Dans les dernières pages, il livre enfin la plus belle définition de sa mère : «Il n’y avait pas une seule Warda, mais plusieurs. Celle de la scène et celle de la maison. La femme engagée et la mère inquiète. La diva adulée et la malade fragile. Une fleur de chaque jardin. Et, à travers elles, le parfum d’une vie intensément vécue.»
Avec ce livre, Reyad Kesri signe bien plus qu’un énième hommage posthume à sa mère. Il propose un document précieux sur une époque, sur la chanson arabe et sur une artiste dont la voix continue de traverser les générations. Derrière la légende Warda, il révèle surtout le portrait d’une femme libre, exigeante et profondément humaine.
‘‘La voix, le sang et la vie. Fragments d’une présence : Warda El Jazayria’’, de Reyad Kesri, Éditions Dalimen, 13 mai 2026.
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L’Égypte possède la flotte d’aviation militaire conventionnelle la plus importante d’Afrique du Nord, suivie de loin par l’Algérie et le Maroc, tandis que la Tunisie et la Libye disposent d’équipements bien plus réduits. Un décompte qui n’intègre pas les drones, désormais une composante centrale de la guerre aérienne contemporaine.
C’est ce qui ressort des données 2026 de Global Firepower, une plateforme spécialisée dans la comparaison des capacités militaires mondiales. Ce classement doit toutefois être interprété avec prudence : le décompte englobe les avions à voilure fixe et les hélicoptères des différentes branches des forces armées, mais exclut les drones — désormais un élément central de la guerre aérienne moderne.
Selon Global Firepower, l’Égypte dispose au total de 1 088 avions militaires, ce qui la place au neuvième rang mondial en termes de taille de flotte. L’inventaire comprend 242 avions de chasse, 90 appareils spécifiquement destinés à l’attaque, 53 avions de transport, 344 avions d’entraînement, 11 plateformes pour missions spéciales et 348 hélicoptères, dont 100 hélicoptères d’attaque.
Ces chiffres témoignent d’une force aérienne numériquement très vaste et diversifiée, mais ils incluent également des appareils d’entraînement et de transport et ne reflètent pas, en soi, le nombre de plateformes réellement disponibles pour des opérations de combat.
L’Algérie suit avec 620 aéronefs, seizième au niveau mondial dans le classement quantitatif de Global Firepower. La flotte algérienne comprend 111 avions de chasse, 42 avions d’attaque, 63 avions de transport, 90 avions d’entraînement, 10 plateformes pour missions spéciales, quatre avions ravitailleurs et 300 hélicoptères, dont 74 d’attaque.
Près de la moitié de l’inventaire algérien est donc constituée d’appareils à voilure tournante.
Le Maroc occupe la troisième place régionale avec 271 aéronefs. Global Firepower attribue aux Forces armées royales 84 avions de chasse, 31 avions de transport, 77 avions d’entraînement, 4 plateformes pour missions spéciales, 2 avions ravitailleurs et 73 hélicoptères, dont 6 d’attaque. Ce chiffre concernant le Maroc est particulièrement significatif car la composante pilotée ne représente qu’une partie de la capacité aéronautique croissante de Rabat : les drones militaires ne sont en effet pas inclus dans ce décompte.
Le rôle croissant des systèmes sans pilote constitue l’une des principales limites de cette comparaison. Le Maroc investit de plus en plus dans l’utilisation des drones et la formation à leur pilotage : lors de l’exercice African Lion 2026, les forces marocaines ont participé à des activités spécifiques portant sur les systèmes aériens sans pilote et, en juillet dernier, Rabat et le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) ont signé un mémorandum visant à développer au Maroc un centre multi-domaines incluant également une Drone Academy. Ces capacités ne sont pas prises en compte dans les 271 aéronefs attribués au pays par Global Firepower.
La flotte tunisienne est plus modeste, évaluée à 155 aéronefs. Seuls 10 appareils sont classés comme avions de chasse, tandis que 101 sont des hélicoptères, ce qui représente environ les deux tiers de l’inventaire total.
Selon la plateforme, la Tunisie dispose en outre de 12 avions de transport, 28 avions d’entraînement et 4 appareils destinés à des missions spéciales.
Le cas de la Libye est encore plus complexe. Global Firepower attribue au pays 83 aéronefs militaires : 10 avions de chasse, 1 avion d’attaque, 12 avions de transport, 35 avions d’entraînement et 22 hélicoptères.
Ce chiffre est nettement inférieur aux 143 appareils indiqués dans certaines infographies diffusées par les médias libyens, lesquelles se référaient à des éditions antérieures de la base de données.
Pour 2026, la plateforme a donc revu sensiblement à la baisse l’effectif nominal de la flotte libyenne. Toutefois, dans le cas de la Libye, le simple décompte national reflète encore moins bien les capacités réelles présentes sur le terrain. Les structures militaires du pays restent divisées entre l’Est et l’Ouest, et des moyens étrangers opèrent également sur le territoire sans pouvoir être automatiquement attribués aux forces armées libyennes.
Par ailleurs, l’exclusion des drones de la base de données laisse de côté une composante qui, ces dernières années, a joué un rôle décisif dans les opérations militaires menées dans le pays, tant pour les forces occidentales soutenues par la Turquie que dans la zone contrôlée par les forces de l’Est.
Global Firepower précise en outre que plusieurs valeurs sont estimées en l’absence de données officielles complètes. Le classement donne donc avant tout une indication sur l’importance numérique des parcs aériens conventionnels, sans permettre à lui seul d’établir la supériorité aérienne réelle d’un pays : celle-ci dépend également de la qualité et de l’âge des appareils, des systèmes d’armes, de l’entraînement des équipages, de la maintenance, de la disponibilité opérationnelle, des capacités radar et de guerre électronique ainsi que, de plus en plus, de la composante sans pilote.
D’après Agenzia Nova.
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