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Tunisie | HRW appelle à la liberation de Ahmed Souab

10. Februar 2026 um 14:08

Dans un communiqué publié ce mardi 10 février 2026, et reproduit ci-dessous, Human Rights Watch demande aux autorités tunisiennes d’abandonner immédiatement les accusations infondées de terrorisme portées contre l’avocat et défenseur des droits humains tunisien Ahmed Souab, condamné à une peine de prison pour des faits liés au terrorisme, et qui devrait être rejugé en appel le 12 février. L’Ong appelle aussi à libérer Me Souab et à cesser toute répression contre les opposants et les avocats qui les défendent.

Les autorités tunisiennes ont poursuivi Ahmed Souab, âgé de 69 ans, pour des déclarations faites hors du tribunal alors qu’il représentait des accusés dans une affaire notoire de «complot contre la sûreté de l’État». Le 31 octobre 2025, un tribunal antiterroriste de Tunis l’a condamné à cinq ans de prison et trois ans de mise à l’épreuve. Son procès n’a duré que quelques minutes ; Ahmed Souab était absent et les journalistes auraient été empêchés d’y assister.

«Ahmed Souab, avocat, ancien juge administratif et fervent défenseur de l’indépendance de la justice, est emprisonné pour son travail de défense et ses prises de position franches», a déclaré Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. «Les poursuites abusives dont il fait l’objet pour avoir défendu d’autres personnes contre des poursuites abusives témoignent de l’ampleur de la répression exercée par les autorités tunisiennes contre toute forme de dissidence», a-t-il ajouté.

Des agents antiterroristes ont arrêté M. Souab à son domicile le 21 avril, suite à des déclarations qu’il avait faites après le verdict du procès pour «complot» le 19 avril. Ce jour-là, 37 personnes, dont des avocats, des militants et des opposants, ont été condamnées à l’issue d’un simulacre de procès pour terrorisme et atteintes à la sécurité à des peines de prison allant de 4 à 66 ans.

Devant le siège du barreau de Tunis, M. Souab aurait déclaré : «Il semble que ce ne soient pas les détenus qui soient menacés, mais plutôt le président du barreau qui a un couteau sous la gorge.» Des extraits vidéo de sa déclaration ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Le comité de défense de Souab a expliqué qu’il faisait référence aux pressions exercées sur les juges.

(…) Les autorités judiciaires ont inculpé Souab en vertu de la loi antiterroriste de 2015, du Code pénal, du Code des télécommunications et du décret-loi n° 54 relatif à la cybercriminalité, notamment pour «constitution d’une organisation terroriste», «soutien à des actes terroristes», «menaces de commettre des actes terroristes » et «diffusion de fausses informations». Il a été placé en détention provisoire pendant plus de six mois avant son procès.

Le tribunal a décidé de tenir le procès de Souab par visioconférence, invoquant un «danger réel» sans fournir davantage de précisions. Souab a refusé d’y assister à distance pour protester contre l’absence de garanties d’un procès équitable.

Les autorités tunisiennes ont de plus en plus recours aux procès à distance pour les affaires de terrorisme, notamment pour les procès à motivation politique visant des dissidents. Cette pratique du procès par visioconférence est intrinsèquement abusive, car elle porte atteinte au droit des détenus d’être présentés physiquement devant un juge afin que leur bien-être et la légalité et les conditions de leur détention soient évalués.

Le 31 octobre, Souab a été reconnu coupable d’«atteinte à la vie de personnes ayant droit à une protection par divulgation délibérée d’informations susceptibles de révéler leur identité» et de «menaces en lien avec une infraction terroriste», a déclaré sa famille à Human Rights Watch.

La famille de Souab a indiqué qu’il souffrait de problèmes cardiaques et que son état de santé s’était dégradé en prison. Il a notamment présenté plusieurs saignements de nez dont la cause n’a pas été déterminée.

(…) «Le procès de Souab a mis en lumière une longue liste de violations du droit à un procès équitable, un problème de plus en plus fréquent dans les poursuites contre les dissidents en Tunisie», a déclaré Khawaja, ajoutant que «les autorités doivent mettre fin à leurs poursuites abusives et à leurs ingérences dans les procédures judiciaires.»

Communiqué.

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Les créances des pharmacies atteindraient 116 MDT à la fin février 2026   

10. Februar 2026 um 13:38

Selon des données officielles, la valeur totale des sommes dues aux pharmaciens par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) s’élève à 92,1 millions de dinars tunisiens (MDT) au 6 février 2026, a rapporté Diwan FM.

Ces données financières ont été ont été examinées lors de l’audition de plusieurs cadres et fonctionnaires du ministère des Affaires sociales au sein de la Commission des services et du développement social du Conseil national des régions et des districts (CNRD), le mardi 10 février 2026, afin de déterminer l’échéancier de paiement des prestataires de services de santé, dont les pharmaciens.

Les chiffres présentés ont montré que les dettes à échéance supérieure à 60 jours représentaient la part la plus importante du total des créances, soit 71,9 MDT, tandis que celles à échéance inférieure à deux mois étaient estimées à 20,2 MDT.

Les participants à l’audience ont mis en garde contre une augmentation attendue du volume de ces dettes, qui devraient atteindre, selon des prévisions, 116,5 MDT d’ici la fin de ce mois, dont environ 89 MDT de créances anciennes ayant dépassé 60 jours.

I. B.

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ONG | La Tunisie n’est pas un pays sûr pour le rapatriement des migrants

10. Februar 2026 um 13:12

Une déclaration commune, relayée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), appelle les députés européens à rejeter la proposition d’une liste européenne commune de prétendus «pays d’origine sûrs». La déclaration exige explicitement que la Tunisie, entre autres pays, ne soit pas considérée comme un «lieu sûr» pour le rapatriement des migrants irréguliers arrêtés en Europe.

Selon le texte, inclure la Tunisie reviendrait à «nier la protection», permettant des procédures accélérées et des rapatriements, dans un contexte de dégradation des droits et de répression politique.

La proposition débattue à Strasbourg, et qui sera soumise au vote en séance plénière le 10 février 2026, vise à établir une première liste européenne commune de pays d’origine considérés comme «sûrs», qui, conformément à la proposition de la Commission européenne, inclurait le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, l’Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie. Cette mesure, selon la communication du Parlement, permettrait un traitement plus rapide des demandes d’asile déposées par les citoyens de ces pays.

Dans le document relancé par le FTDES, les organisations signataires contestent l’idée que le label «pays sûr» reflète automatiquement la réalité sur le terrain.

La déclaration dénonce la «transition antidémocratique» intervenue après 2021 sous la présidence de Kaïs Saïed, évoquant la répression de l’opposition, de la société civile, des médias et de l’indépendance de la justice, ainsi que, sur le plan migratoire, les violations des droits des migrants et des réfugiés. Elle exige explicitement que la Tunisie ne soit pas considérée comme un «lieu sûr» pour les personnes secourues en mer ou interceptées et ramenées à terre.

Parmi les signataires de la déclaration figurent notamment I Watch, Médecins Sans Frontières, SOS Méditerranée, Sea-Watch, Alarm Phone, Pro Asyl, ECCHR, Emergency et Mediterranea Saving Humans, ainsi que des réseaux et collectifs œuvrant pour la surveillance des frontières et les opérations de sauvetage.

I. B. (avec Ansamed).

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Tunisie | Planification de l’exercice militaire African Lion 2026

10. Februar 2026 um 12:45

Des représentants de la Tunisie, des États-Unis, de la France et de l’Italie se sont réunis à Tunis du 21 au 24 janvier pour la dernière réunion de planification de la partie tunisienne d’African Lion 2026, l’exercice militaire régional prévu du 20 avril au 8 mai 2026 en Tunisie, au Maroc, au Ghana et au Sénégal.

Selon un communiqué de l’armée américaine, «mené par la Force opérationnelle sud-européenne de l’armée américaine pour l’Afrique (Setaf-AF), pour le compte du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom), cet exercice vise à renforcer les capacités de sécurité collective des États-Unis, des nations africaines et de leurs alliés internationaux.»

«L’objectif principal d’African Lion 26 est d’améliorer la préparation opérationnelle conjointe, l’interopérabilité multinationale et de renforcer les partenariats stratégiques dans une région cruciale», a déclaré le lieutenant-colonel Corbett Baxter, officier de planification d’AL26, ajoutant que «des partenariats solides et durables sont essentiels pour lutter contre les groupes terroristes et les acteurs malveillants, tout en promouvant des intérêts de sécurité internationale communs.»

Pour la deuxième année consécutive, la composante tunisienne d’AL26 accueillera un important contingent d’unités des forces spéciales italiennes et françaises. Celles-ci travailleront en étroite collaboration avec leurs homologues tunisiens pour mener des opérations aéroportées, des exercices de tir réel, ainsi que des opérations conjointes de ciblage et d’exploitation de sites, en s’appuyant sur les ressources américaines en matière de renseignement et de déminage.

L’Africom se félicite de la participation active des alliés européens, qu’elle considère comme essentielle à la pérennité de l’exercice.

«AL26 représente un investissement stratégique pour la sécurité et la stabilité de la région», a déclaré Baxter. Et d’ajouter : «L’entraînement que nous menons avec nos partenaires et alliés nous permet d’être collectivement préparés à répondre aux crises, quel que soit le type de conflit.»

African Lion 2026 se déroulera du 20 avril au 8 mai au Maroc, en Tunisie, au Ghana et au Sénégal. Cette année, l’exercice mobilise plus de 5 600 militaires issus de plus de 30 nations, a annoncé l’armée américaine sur son site web officiel.

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Tunisie – Italie | L’oléiculture face au changement climatique

10. Februar 2026 um 12:09

Une délégation tunisienne a participé à une réunion de trois jours à la coopérative agricole régionale de Catane, en Sicile, consacrée au projet Step-OL, une initiative de coopération avec l’Italie visant à renforcer la résilience du secteur oléicole méditerranéen face aux effets du changement climatique. Les participants ont discuté des objectifs, des phases opérationnelles et des priorités techniques, de la prévention des ravageurs à la qualité de la production.

Le projet repose essentiellement sur le développement d’une capacité conjointe de diagnostic des maladies et des ravageurs affectant les oliveraies, notamment grâce à l’utilisation d’outils et de technologies numériques pour l’identification précoce des risques phytosanitaires, dans un contexte marqué par le stress hydrique et les fortes chaleurs.

Les activités prévues comprennent des missions d’échange et de formation entre la Tunisie et la Sicile, destinées aux techniciens et aux agriculteurs, ainsi que des initiatives de mobilisation de la société civile.

D’après les informations relatives au projet, Step-OL s’inscrit dans le cadre du programme Interreg Next Italie-Tunisie, qui soutient la coopération entre la Sicile et la Tunisie face aux défis socio-économiques et environnementaux communs, avec un accent particulier sur la transition écologique et la résilience climatique.

Ce projet intervient à un moment où la production commerciale reste fortement impactée par le changement climatique et les aléas phytosanitaires. Le Conseil oléicole international (COI) prévoit, sur la base de données provisoires, un rebond de la production mondiale et estime la production tunisienne à 340 000 tonnes, soit une hausse de 55 % par rapport à la campagne précédente.

Pour 2025-2026, le COI anticipe un léger recul de la production mondiale. Sur le plan commercial européen, la Commission européenne maintient un contingent tarifaire pour l’huile d’olive tunisienne : pour 2026, la quantité de référence indiquée dans les documents de gestion des contingents est de 56,7 millions de kg (56 700 tonnes).

Durant les trois jours de la rencontre, du 2 au 4 février 2026, des visites chez les principaux producteurs d’huile d’olive ont favorisé l’échange de bonnes pratiques et une réflexion collective sur les défis actuels de l’oléiculture, du changement climatique à la gestion durable des ressources.

Une attention particulière a été portée à la participation du public, grâce à une approche de science participative qui reconnaît le rôle actif des habitants et des agriculteurs dans la collecte de données, l’observation et la protection des oliveraies, comme l’indique le site web du projet. À l’avenir, la coopération technique et scientifique envisagée par Step-OL vise à traduire la recherche appliquée en pratiques concrètes, avec un double objectif : réduire l’impact de la sécheresse et des maladies émergentes sur les oliveraies et, simultanément, soutenir la compétitivité d’une filière d’approvisionnement stratégique pour l’agriculture et les exportations en Méditerranée.

I. B. (avec Ansmed).

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Lancement du Partenariat de voisinage Tunisie-UE 2026-2029

10. Februar 2026 um 11:46

Le Comité des ministres des Affaires étrangères des 46 Etats membres du Conseil de l’Europe a récemment adopté un nouveau Partenariat de voisinage avec la Tunisie pour la période 2026-2029. Ce partenariat est présenté comme un outil de planification «stratégique, flexible et dynamique» destiné à orienter la coopération avec les autorités tunisiennes.

Le Bureau du Conseil de l’Europe à Tunis a annoncé cet accord, précisant que ses priorités sont les suivantes : soutenir les professionnels du droit, les institutions nationales et la société civile dans le respect des droits humains ; développer des cadres communs sur l’intelligence artificielle et la lutte contre la cybercriminalité ; renforcer la protection des données ; mener une action conjointe contre les violences faites aux femmes et promouvoir les droits de l’enfant ; coopérer en matière de migrations et lutter contre la traite des êtres humains ; soutenir la lutte contre la contrefaçon de produits médicaux ; et renforcer les mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et la criminalité économique.

Appel au respect de l’Etat de droit

Le feu vert a été donné lors de la réunion des délégués ministériels du Conseil de l’Europe, les 4 et 5 février 2026 à Strasbourg, au cours de laquelle un partenariat similaire avec le Maroc pour la période 2026-2029 a également été approuvé.

Parallèlement, les délégués ont réitéré leur appel aux autorités tunisiennes afin qu’elles respectent et garantissent la démocratie, les droits fondamentaux et l’État de droit.

Sur le plan politique, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la politique de voisinage du Conseil de l’Europe, adoptée en 2011, qui vise à développer la coopération avec les pays du voisinage méridional sur une base volontaire, en associant dialogue politique et assistance technique. L’objectif affiché est de contribuer à la construction d’un espace juridique commun avec les partenaires du Sud, notamment par une adhésion progressive aux conventions du Conseil de l’Europe ouvertes aux États non membres, une dynamique relancée par les dirigeants de l’organisation lors du sommet de Reykjavik en mai 2023.

Dans le cadre opérationnel, la coopération de voisinage du Conseil de l’Europe est décrite comme coordonnée avec l’Union européenne et, dans une large mesure, soutenue par des ressources extrabudgétaires, notamment des initiatives communes.

I. B. (avec Ansamed).

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Les lauréats des Tunisian AI Awards 2025

10. Februar 2026 um 11:11

La Tunisian AI Society (TAIS) a annoncé, ce mardi 10 février 2026, les lauréats des Tunisian AI Awards 2025, célébrant les talents les plus brillants qui façonnent l’avenir de l’intelligence artificielle (IA) en Tunisie et au-delà.

Cette distinction rend hommage aux réalisations exceptionnelles de professionnels, chercheurs et pionniers tunisiens qui contribuent de manière significative au paysage mondial de l’IA.

Les lauréats de cette année sont :

Asma Ben Abacha, Scientifique senior, Microsoft Health AI – Maryland, États-Unis, experte reconnue en traitement automatique du langage naturel (TAL/NLP) médical et en IA appliquée à la santé.

Ses travaux couvrent les systèmes de questions-réponses médicales, la génération de comptes rendus cliniques, la synthèse des dialogues médecin-patient, le question-réponse visuel en imagerie radiologique, ainsi que l’extraction des déterminants sociaux de la santé afin d’améliorer l’équité des soins.
Auteure de plus de 80 publications scientifiques évaluées par les pairs totalisant plus de 4 000 citations, elle a joué un rôle central dans l’évolution des standards d’évaluation à travers des initiatives majeures telles que les challenges Mediqa (2019–2025) et les tâches médicales ImageCLEF.

Lauréate des NLM Service Group Awards (2017–2018), elle est également membre du comité consultatif de TAIS, contribuant activement à relier son impact industriel chez Microsoft au développement de l’écosystème de l’IA en Tunisie et à la promotion d’une IA éthique et centrée sur l’humain.

Asma Ben Abacha est titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université Paris-Sud (2012), d’un master de recherche de l’Université Paris 13 (2008) et d’un diplôme d’ingénieure en génie logiciel de l’ENSI, Tunisie (2007). Elle est une

Lotfi Ben Romdhane, Professeur, ISITCom – Université de Sousse, Tunisie, occupe le poste de doyen de l’ISITCom depuis 2017 et est directeur du laboratoire Mars, spécialisé en raisonnement automatique.

Ses domaines d’expertise couvrent l’IA, l’analyse des réseaux sociaux, le big data et les algorithmes de graphes. Il a encadré plus de 10 thèses de doctorat dans des domaines tels que la détection de communautés, l’analyse de logiciels malveillants et les services web, et est auteur de plus de 40 publications dans des revues et conférences de premier plan (IEEE et ACM).

Au-delà de la recherche, il joue un rôle institutionnel majeur en tant que sénateur à l’Université Emuni et président de la Société tunisienne d’informatique, contribuant activement au renforcement de la recherche, de la formation et de la gouvernance de l’IA en Tunisie.

Lotfi Ben Romdhane est titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université de Sherbrooke, Canada (1999, avec les plus hautes distinctions), et diplômé ingénieur principal de l’ENSI Tunisie (1994).

Zina Ben Miled, Professeure de génie électrique et informatique, IUPUI / Purdue University – Indiana, États-Unis, et membre senior de l’IEEE, ses recherches portent sur le machine learning, la découverte de connaissances, les architectures logicielles évolutives et les solutions d’IA appliquées à la santé.

Ses travaux incluent des modèles prédictifs pour la maladie d’Alzheimer, l’intégration de données biomédicales et des optimisations industrielles à grande échelle, notamment en collaboration avec des institutions telles que le NIH, Eli Lilly et Dow.

Ses contributions ont été reconnues par de nombreuses distinctions, dont le NSF Career Award (2002), le Women in High Tech Indiana Award (2001) et la distinction Leadership de la National Arab American Medical Association (NAM) en 2020.

Zina Ben Miled est titulaire d’un doctorat en génie informatique de Purdue University (1997), d’un master de la même université (1990) et d’une licence de l’Oregon State University (1988). 

Ces distinctions mettent en lumière la dimension globale et interdisciplinaire de l’IA, en récompensant des leaders dont l’expertise couvre à la fois l’industrie et le monde académique, entre les États-Unis et la Tunisie. Leurs travaux contribuent collectivement à l’avancement de l’IA dans des domaines clés tels que le traitement du langage naturel, le machine learning, l’ingénierie des connaissances, la science des données et l’IA appliquée à la santé, en transformant la recherche de pointe en solutions concrètes à fort impact.

Les lauréats ont été sélectionnés sur la base de leurs contributions académiques et de recherche : excellence scientifique et publications en IA, participations à des conférences régionales et internationales, expériences professionnelles et notoriété leur ayant valu reconnaissance dans la communauté IA, contributions à la communauté et à l’écosystème de l’IA tunisien, et impacts éthique et social, et innovations à potentiel d’avenir.

La TAIS est une association dédiée à la promotion et au développement de l’IA en Tunisie. Fondée en 2023 par l’association Reconnect, elle est basée à Paris et œuvre pour favoriser l’innovation, la collaboration et l’excellence dans le domaine de l’IA, tout en renforçant les liens entre les talents tunisiens en Tunisie et à l’international.

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Le codétenu d’Epstein parle | La thèse du suicide vole en éclats

10. Februar 2026 um 10:02

À l’heure où les documents relatifs à l’affaire Epstein sont instrumentalisés à des fins de règlements de compte personnels et politiques, des informations de grande importance concernant les conditions troubles de l’incarcération et de la mort du sulfureux financier américain sont révélées et discréditent encore plus la thèse du suicide. Jeffrey Epstein mort dans la nuit du 9 au 10 août 2019 lors du premier mandat de son ancien ami Donald Trump -qui est cité dans l’affaire- n’a pas été protégé en prison. Un criminel récidiviste ayant commis quatre meurtres a été transféré au Metropolitan Correctional Center et mis dans la cellule du prédateur sexuel. Sciemment !  

Imed Bahri

D’après un document obtenu par le journal électronique américain The Daily Beast, le codétenu de Jeffrey Epstein affirme détenir des preuves que l’administration Trump souhaitait la mort du financier déchu et l’a laissé «délibérément» sans protection dans la prison. 

Nicholas Tartaglione, quadruple meurtrier et ancien policier, qui a déposé une demande de grâce/commutation de peine l’été dernier, affirme qu’Epstein avait été délibérément exposé à la violence dans l’espoir qu’il ne survive pas assez longtemps pour être jugé.

La décision de la direction de la prison de placer Epstein, le détenu le plus médiatisé des États-Unis, dans une cellule avec un dangereux meurtrier récidiviste reste incomprise et toujours inexpliquée par les autorités. Normalement, les personnalités sont placées dans des quartiers hautement sécurisés et doivent être dans une cellule individuelle. 

Trump souhaitait la mort d’Epstein

Tartaglione était connu pour son extrême violence et sa haine avouée des agresseurs sexuels d’enfants. Il affirme que «ce n’est pas un hasard s’il a été délibérément transféré dans la même prison qu’Epstein et placé dans la même cellule que le pédophile»

Dans une pétition de 21 pages obtenue par le Daily Beast, Tartaglione déclare être convaincu que l’administration Trump souhaitait la mort d’Epstein.

La porte-parole de la Maison Blanche a déclaré: «Toute personne peut déposer une demande de grâce. Comme pour tout ce qu’écrit le Daily Beast, il ne faut pas prendre leurs inepties au sérieux. Le président Trump est le seul à décider de toutes les demandes de clémence et de grâce».

Trump, âgé de 79 ans, a toujours nié avoir eu connaissance des activités criminelles d’Epstein ou y avoir été impliqué, mais il est depuis longtemps hanté par sa longue relation avec ce pédophile richissime. De plus, une plainte pour agression sexuelle sur mineure reçue par le FBI le concernant dans les années 1990 est restée sans suite.

Les circonstances de la mort d’Epstein restent controversées, et de nombreuses personnes de son entourage –notamment son frère Mark, sa compagne Ghislaine Maxwell, son ancien majordome et son équipe juridique– ne croient pas à la thèse du suicide.

Joe Rogan, animateur de podcast réputé pour ses prises de position tranchées et ancien partisan de Trump, a également fustigé le gouvernement pour avoir placé Epstein dans la même cellule que Tartaglione. «C’est aberrant qu’on ait mis en prison l’un des accusés les plus médiatisés de l’histoire avec un meurtrier récidiviste. C’est complètement dingue!», a-t-il déclaré.

Environ trois semaines avant sa mort, Epstein a été retrouvé semi-conscient dans sa cellule, présentant des blessures au cou. Il a déclaré aux gardiens que Tartaglione avait tenté de l’étrangler, avant de se rétracter, affirmant ne pas se souvenir de ce qui s’était passé.

«Le gouvernement voulait notre mort à tous les deux»

Tartaglione, qui a été transféré de la cellule d’Epstein après cet incident, a nié avoir agressé le financier et a même prétendu avoir tenté de lui sauver la vie, l’ayant découvert au sol avec un «bout de ficelle» autour du cou. «Je n’ai jamais touché le mec», a écrit Tartaglione dans une lettre au New York Daily News en septembre 2019 avant d’ajouter: «Je méprise quiconque fait du mal aux enfants, mais quoi qu’il lui arrive, je ne voulais pas y prendre part».

Malgré cela, Tartaglione a admis dans cette cettre au même journal qu’il avait été un choix surprenant comme codétenu d’Epstein. «Le personnel du Metropolitan Correctional Center avait des centaines de détenus parmi lesquels choisir et pourtant j’étais leur premier choix!», a-t-il écrit, non sans une mordante ironie. Il a ajouté: «Ce n’est pas un hasard si, avant mon procès, j’ai été transféré au Metropolitan Correctional Center de Manhattan et délibérément placé dans la même cellule que Jeffrey Epstein».

Tartaglione explique que la nature sanglante et violente de son crime était parfaitement connue de la procureure, Maureen Comey, qui était également la procureure principale dans l’affaire Epstein, autre information de taille.

Il affirme avoir été la cible de plusieurs tentatives d’assassinat après avoir été, malgré lui, entraîné dans cette détention trouble d’Epstein. «Je n’ai manifestement pas été protégé intentionnellement et Epstein non plus. Je suis convaincu que le gouvernement voulait notre mort à tous les deux», a-t-il écrit.

Des défaillances institutionnelles généralisées

Les rapports sur la mort d’Epstein ont pointé du doigt des défaillances institutionnelles généralisées mais ils sont truffés d’incohérences. Un psychologue de la prison qui avait vu Epstein -de confession juive- dans les semaines précédant son décès, a rapporté que le financier lui avait déclaré que le suicide était «contraire à sa religion» et insisté sur le fait qu’il était trop lâche pour se faire du mal car il ne supportait pas la douleur.

L’avocat d’Epstein, Reid Weingarten, a déclaré plus tard à un juge en charge de l’affaire : «Au moment de son décès, nous n’avons constaté aucun signe de désespoir ou d’abattement chez lui».

Jeudi 5 février 2026, CBS News a révélé l’existence d’un document du dossier Epstein montrant que les enquêteurs avaient repéré une silhouette orange sur les images de vidéosurveillance de la prison se dirigeant vers le quartier de la prison où était incarcéré Epstein, normalement fermé à clé, vers 22h39, le 9 août 2019, malgré les assurances officielles antérieures selon lesquelles personne n’était entré dans cette zone ce soir-là.

Une volonté officielle américaine de cacher la vérité

Autre élément troublant, 2 minutes et 53 secondes sont manquantes dans l’historique de la vidéo de la caméra de surveillance placée près de la cellule de prison durant la nuit fatidique du 9 au 10 août 2019.

Michael Baden, éminent médecin légiste qui a assisté à l’autopsie de Jeffrey Epstein réfute la thèse du suicide. Il a expliqué techniquement comment ça ne pouvait pas être un suicide et que son cas s’apparente à un homicide. De plus, il a montré une photo du cou mutilé de Jeffrey Epstein or cette mutilation ne peut pas être le résultat d’un drap qui est un tissu. Vidéo.

Autant d’éléments qui discréditent la thèse du suicide à laquelle plus personne n’y croit. Également, l’attitude des autorités américaines qui n’ouvrent pas une enquête sérieuse sur les conditions troubles de cette mort en dépit de tous ces éléments qui discréditent la thèse du suicide prouve une volonté de cacher la vérité surtout quand on sait que cette mort est intervenue lors du premier mandat de Donald Trump qui est cité dans l’affaire Epstein et qui est aujourd’hui encore président.

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Figue de Barbarie | La Tunisie utilise la coccinelle pour lutter contre la cochenille

10. Februar 2026 um 09:24

La Tunisie est connue pour ses diverses variétés de figues de Barbarie ou cactus, mais cette plante ô combien précieuse et utile souffre depuis plusieurs années du phénomène d’invasion de la cochenille, un insecte nuisible qui se nourrit de la sève des plantes dans les régions chaudes.

C’est ce qu’a indiqué Naïma Mahfoudhi, directrice générale du Département de la santé des plantes et des interventions agricoles au ministère de l’Agriculture, dans une déclaration à Diwan FM, en marge d’un atelier sur les résultats des activités de collecte et de sélection des variétés de figues de Barbarie à Sousse, ajoutant que certaines variétés locales de figues de Barbarie se sont révélées résistantes à ce ravageur.

Le ministère de l’Agriculture n’a cependant pas misé sur le développement de ces variétés résistantes ; il a plutôt opté pour la lutte biologique, en utilisant la coccinelle du Mexique. C’est un insecte prédateur utilisé contre la cochenille du cactus (ou ravageur des figuiers de barbarie). Originaire des Amériques, cette coccinelle est capable d’éradiquer la cochenille en se nourrissant exclusivement de cet insecte parasite et en s’adaptant à des températures de – à 35∘C. 

En Tunisie, la coccinelle du Mexique s’est avérée efficace dans la lutte contre la cochenille. Elle a donné des résultats positifs et s’est adaptée aux conditions environnementales tunisiennes

Asma Laârif, professeure et chercheuse au Centre régional des recherches en horticulture et agriculture biologique de Chott Meriem, a révélé que le projet avait débuté par la recherche de variétés de figues de Barbarie dans la nature, dans les collections du ministère de l’Agriculture, dans les stations expérimentales et les instituts de recherche, ainsi que par la collecte d’échantillons provenant de plusieurs États.

Les travaux ont débuté dans la région du Sahel, notamment à Sousse et dans le district de M’saken, dans les zones les plus touchées par la cochenille. Les expériences se sont ensuite étendues aux gouvernorats de Gabès, Gafsa et Kasserine, et les recherches se poursuivent encore aujourd’hui dans d’autres zones.

I. B.

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Frit à l’huile ou cuit au four, le brik n’est pas sans danger

10. Februar 2026 um 08:43

La consommation du brik tunisien, frit et fourré, préparé à partir d’une fine feuille de pâte, souvent servi comme entrée, notamment pendant le Ramadan, n’est pas sans danger pour la santé.

C’est ce qu’a expliqué Dr Rana Ghiloufi, spécialiste de la sécurité et de la qualité des aliments et responsable du Laboratoire de technologie alimentaire de l’Institut national de nutrition et de technologie alimentaire Zouhair Kallal, à Tunis, dans une interview accordée à l’agence de Tunis Afrique Presse (Tap).

La croustillance et la couleur dorée résultant de la cuisson du «brik» ou d’autres mets, en particulier ceux riches en amidon, sont en fait la preuve de la formation de nouvelles substances classées comme cancérigènes.

La nutritionniste, qui cherche à sensibiliser les consommateurs aux meilleures pratiques en matière de santé et de nutrition pendant le mois du Ramadan, a également expliqué que même si la cuisson du «brik» au four est moins nocive que sa friture, cela ne signifie pas que sa consommation ne doit pas être limitée.

Dr Ghiloufi a reconnu qu’éviter de préparer certains aliments au four ou à la friture n’est ni facile ni simple, mais elle conseille aux consommateurs de recourir le moins possible à ces pratiques culinaires, tout en soulignant leurs effets secondaires qui apparaissent de manière cumulative au fil des années.

Cela dit, le brik reste un met très prisé des Tunisiens pour son excellent apport nutritif et sa croustillance légendaire.

I. B.

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Sam Bröcheler présente son premier roman à Tunis

10. Februar 2026 um 08:19

L’Alliance Française de Tunis accueillera, mercredi 11 février 2026 à partir de 18h, une rencontre littéraire autour du premier roman de l’autrice tunisienne Sam Bröcheler, dans le cadre de son forum culturel bimensuel «La Fabrique des Arts».

Publiée en 2025 aux éditions Arcadia Tunisie, l’œuvre intitulée ‘‘Aimer n’a pas suffi…’’ marque l’entrée en littérature de Sam Bröcheler, pseudonyme de Sémia Abdellatif Bröcheler, également connue sous le nom de Sémia Setti.

À travers ce roman, l’autrice explore les thèmes de l’amour, des relations humaines et des trajectoires féminines, en croisant destins intimes et questionnements existentiels.

Née en 1973 à Versailles, d’un père Tunisien et d’une mère Néerlandaise, Sam Bröcheler a grandi entre Paris et Tunis. Après des études de droit, elle se réoriente vers les lettres modernes et enseigne pendant près de trente ans dans le secondaire, notamment dans le gouvernorat de Nabeul. Son parcours nourrit une écriture attentive aux silences, aux ruptures et aux choix de vie.

La rencontre sera animée par Marouène Souab et donnera lieu à un échange avec le public autour du livre, du processus d’écriture et de la place de la littérature francophone en Tunisie.

Ouverte à tous, cette soirée s’inscrit dans la volonté de l’Alliance Française de Tunis de promouvoir la création littéraire contemporaine et de favoriser le dialogue entre auteurs et lecteurs.

Entrée libre.

D. G.

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Vient de paraître | Saint-Augustin et la tragédie des civilisations

10. Februar 2026 um 08:09

Chantal Delsol est philosophe et écrivain. Professeur émérite en philosophie politique, elle a fondé en 1993 et dirigé l’Institut Hannah-Arendt. Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, elle vient de publier ‘‘La tragédie migratoire et la chute des empires, Saint Augustin et nous’’ , un essai fort savant et très accessible, où elle aborde notre époque en la comparant à celle du théologien et philosophe, Saint Augustin d’Hippone (354-430).

Tahar Bekri

La chute de Rome et sa destruction par Alaric en 410, la défaite d’un monde jusque-là civilisé, mais devenu trop puissant et orgueilleux, le démantèlement d’une culture brillante, tant de situations que l’auteur analyse, dans un parallélisme avec précision historique. Elle donne les raisons du délitement : la démesure et la violence, les manquements graves aux valeurs, le non respect des autochtones, l’obscurité qui s’installe dans la société. Les nouvelles valeurs chrétiennes qui succèdent au paganisme sont attaquées par les «Barbares», les rustres, les envahisseurs et autres révoltés de l’intérieur que l’empire ne peut repousser.

Ni domination ni arrogance

Il n’est pas difficile de remarquer la similitude avec l’actualité et à laquelle renvoie l’essai. Ancrée comme dans un miroir dans l’Histoire du Ve siècle de la latinité, il est absurde de ne pas y voir des vérités et des leçons à tirer. Pour cela l’auteure fait appel à la sagesse philosophique de Saint Augustin, l’auteur des ‘‘Confessions’’ et de ‘‘La Cité de Dieu’’, dont il est question ici.

Saint Augustin, né à Tagaste/Souk Ahras et mort à Hippone/Annaba, qui a enseigné à Carthage, Rome, Hippone, prône l’équilibre entre foi et raison, l’attachement à la paix dans la croyance, le christianisme n’est ni domination ni arrogance. Et Chantal Delsol de rappeler la volonté hégémonique des empires où la règle est «Tout est à moi, parce que je suis moi» ou comme l’écrit Virgile dans ‘‘L’Eneide’’ à propos de Jupiter : «Moi, je n’impose de terme ni à leur puissance ni à leur durée. Je leur ai accordé un empire sans fin.»

La tragédie des civilisations ne peut être résolue qu’avec humanisme, respect des autres populations et leurs cultures, l’apprentissage et la connaissance de l’Autre.

‘‘La tragédie migratoire et la chute des empires, Saint Augustin et nous’’, Ed. Odile Jacob, Paris, 2 janvier 2026, 208 pages.

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L’Ong Intersection appelle à la libération de Riadh Ben Fadhel

10. Februar 2026 um 08:00

Lundi 9 février 2026, Riadh Ben Fadhel, militant politique et coordinateur général du parti Al-Qutb, a comparu devant le tribunal de première instance de Tunis pour sa première audience dans l’affaire des «biens confisqués», plus de deux ans après son arrestation. L’affaire a été ajournée au 26 février en raison d’un changement de juge décidé entretemps.

Riadh Ben Fadhel a été arrêté le 14 janvier 2023 à l’aéroport international de Tunis-Carthage à son retour de l’étranger. Conduit à la caserne d’El Aouina, il a été décidé de le maintenir en détention pendant cinq jours pour les besoins d’une enquête au centre de détention de Bouchoucha.

Le coordinateur du parti Al-Qutb avait comparu devant le tribunal de première instance de Tunis, qui l’avait condamné à 4 ans et 6 mois de prison et à une amende d’un montant estimé à deux millions de dinars. La chambre spécialisée pour les affaires de corruption financière de la cour d’appel de Tunis a décidé, le 2 avril 2025, de ne pas examiner l’affaire le concernant, conformément à l’accord conclu dans le cadre de la réconciliation pénale.

Commentant ce procès, l’Association Intersection pour les droits et les libertés considère que «la détention continue de Riadh Ben Fadhel pendant plus de deux ans sans aucune décision judiciaire définitive sur l’affaire (…) constitue une grave violation de son droit à un procès dans un délai raisonnable, car la détention préventive est passée d’une procédure exceptionnelle à une punition préalable qui sape l’essence de la présomption d’innocence et vide de leur substance les garanties légales».

L’association estime également que «l’arrestation de Riadh Ben Fadhel et les mesures arbitraires et punitives qui l’accompagnent s’inscrivent dans un cadre plus large visant à éliminer les opposants politiques et à utiliser le pouvoir judiciaire et la détention préventive comme mécanisme pour faire taire les voix dissidentes.»

Intersection affirme également que «cette affaire ne peut être dissociée du contexte général de la détérioration de la situation des droits et libertés en Tunisie, où les poursuites à motivation politique sont devenues un outil systématique pour restreindre l’espace public, saper le droit à la participation politique et instaurer un climat de peur et de dissuasion.»

Dans le même communiqué de presse, l’association a renouvelé son appel à «la libération immédiate et inconditionnelle de Riadh Ben Fadhel», ainsi qu’à «l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires à motivation politique engagées contre lui et à la fin de l’utilisation du pouvoir judiciaire et de la détention préventive comme outils de répression et d’exclusion des opposants politiques en Tunisie».

I. B.

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Team Jorge | Unité israélienne dédiée à la déstabilisation des États

09. Februar 2026 um 12:41

Team Jorge est une unité israélienne clandestine spécialisée dans la manipulation électorale et la désinformation, révélée au grand jour début 2023. Elle est dirigée par Tal Hanan, un ancien membre des forces spéciales israéliennes (opérant sous le pseudonyme «Jorge»).

Selon l’enquête menée par le consortium Forbidden Stories, le groupe aurait interféré dans plus de 33 élections présidentielles à travers le monde, grâce à une combinaison de piratage informatique et de guerre psychologique numérique.

​L’organisation utilise le logiciel AIMS, une plateforme qui gère plus de 30 000 faux profils extrêmement réalistes sur les réseaux sociaux. Contrairement à des bots classiques, ces avatars possèdent un historique de plusieurs années et sont liés à des comptes Amazon, LinkedIn ou Airbnb pour paraître authentiques.

​L’unité, qui recourt au piratage de messageries, a démontré sa capacité à infiltrer des comptes Telegram et Gmail de hauts responsables politiques en exploitant des failles de sécurité (notamment via le système de signalisation SS7).

​Autre méthode utilisée : la désinformation ciblée, en créant des rumeurs de toutes pièces, en les diffusent via leurs bots, puis en les faisant parfois reprendre par des médias crédules pour influencer l’opinion publique ou discréditer un adversaire.

​Des documents suggèrent que Team Jorge a collaboré avec la firme britannique Cambridge Analytica, notamment lors de l’élection nigériane de 2015, pour fournir des services de «black ops».

L’organisation israélienne vend ses services à des services de renseignement, des partis politiques ou des entreprises privées en Afrique, en Europe, au Canada et en Amérique latine.

​En France, l’enquête a révélé qu’un journaliste de la chaîne BFMTV (Rashid M’Barki) avait diffusé à l’antenne des contenus fournis par la Team Jorge sans l’aval de sa rédaction. Cette affaire a mis en lumière une «industrie de l’ombre» où la déstabilisation d’États souverains est devenue un service commercialisable, souvent hors de tout contrôle légal.

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Anas Hmadi réélu à la présidence de l’Association des magistrats tunisiens

09. Februar 2026 um 11:35

En maintenant Anas Hmadi à la présidence et Aicha Ben Belhassen à la vice-présidence, l’Association des magistrats tunisiens (AMT) a opté pour la continuité, mais pas seulement; elle a aussi voulu marquer son attachement à son passé militant et son engagement indéfectible en faveur de l’indépendance de la magistrature, au moment où celle-ci semble renouer avec sa subordination au pouvoir exécutif.

L’AMT a réuni son 15e congrès, dimanche 8 février 2026 à Hammamet, a élu son nouveau bureau exécutif et a réparti les responsabilités en son sein conformément aux articles 11et 17 de son règlement intérieur.

Le nouveau bureau exécutif se compose comme suit :

Président : Anas Hmadi ;

Vice-présidente : Aicha Ben Belhassen ;

Secrétaire général : Amir Koubaâ,

Trésorier : Ridha Boulima ;

Secrétaire général adjoint : Faker Majdoub ;

Trésorier adjoint : Anouar Othman ;

Membre coordinateur général : Ali Khlif ;

Membre chargé des structures : Mohamed Ben Meftah ;

Membre chargé des relations avec les instances et organisations de la société civile : Moufida Mahjoub ;

Membres chargés des activités scientifiques, des études et des recherches : Emna Nsiri et Henda Ben Elhaj Mohamed.

Dans le communiqué issu du congrès, les nouveaux membres élus du bureau exécutif adressent leurs plus vifs remerciements et expriment leur gratitude pour tous les membres de l’association pour la confiance qu’ils ont mise en eux et s’engagent à poursuivre l’action pour la défense de l’indépendance de la magistrature et des intérêts matériels et moraux des magistrats.

I. B.

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Espérance de Tunis | Maher Kanzari par la petite porte

09. Februar 2026 um 10:39

La défaite de l’Espérance de Tunis, dimanche 8 février 2026, à Bamako, face au Stade Malien, par un but d’écart, marqué suite une erreur monumentale de son capitaine Yassine Meriah, n’a peut-être pas mis fin à l’aventure du club tunisois dans la Ligue des champions d’Afrique dès la phase de groupe, mais elle a mis fin au bail du coach Maher Kanzari au Parc B.  

L’Espérance, second de son groupe, avec 6 points (soit 5 points derrière son adversaire du jour), ex-eaquo avec Petro Atletico, devra battre ce dernier, samedi prochain, 14 février, pour espérer passer aux quarts de finale de la compétition. Mais l’équipe ne sera pas conduite par Maher Kanzari qui n’a pas réussi à doter le club d’un style de jeu efficace et encre moins plaisant, multipliant les contre-performances, en championnat national comme en Ligue de champions, où l’Espérance a de plus en plus mal à dominer ses adversaires, se laissant même souvent dominer par des clubs considérés comme largement à sa portée. L’équipe dispose pourtant d’un effectif assez riche et d’un banc où les talents ne manquent pas.

Les problèmes de l’Espérance se situent dans pratiquement tous les domaines : forme physique des joueurs laissant à désirer, fragilité mentale, désorganisation sur le terrain et choix tactiques très contestables, et d’ailleurs contestés par les supporters qui n’ont cessé, ces dernières semaines, d’interpeller le président Hamdi Meddeb et de lui demander de remercier un coach qui n’a rien apporté à l’équipe, sinon le doute et la fébrilité. Hier, l’équipe s’était créé une seule occasion pendant tout le match, lamentablement ratée par Konaté qui mit dehors à deux mètre des filets.

Le départ de Kanzari, qui était pour ainsi dire programmé depuis plusieurs semaines, a dû être précipité après la défaite d’hier, et celui qui fut une ancienne gloire du club ne pouvait lui-même continuer sa mission au risque d’aggraver la situation du club. Aussi son départ a-t-il été décidé d’un commun accord avec la direction. Et il sort par la petite porte… Dommage pour les deux parties.

La balle est désormais dans le camp des joueurs qui doivent se remettre eux aussi en question et prouver, samedi prochain, face à Petro Atletico qu’ils méritent de porter le maillot Sang et Or.  

I. B.

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Riadh Ben Fadhel comparaît à nouveau devant la justice

09. Februar 2026 um 09:55

Riadh Ben Fadhel, coordinateur général du parti Al-Qotb (Pôle démocratique moderniste), comparaîtra ce lundi 9 février 2026 devant le tribunal après plus de deux ans de détention sans procès.

«L’arrestation et les mauvais traitements infligés à Riadh Ben Fadhel s’inscrivent dans une campagne visant à éliminer et à réduire au silence les opposants au régime issu du coup d’État», a indiqué le Parti des travailleurs, par allusion à la proclamation de l’état d’exception par le président Kaïs Saïed, le 25 juillet 2025. Le Parti des Travailleurs a réaffirmé dans le même communiqué sa solidarité avec le prévenu et exigé sa libération.

Ancien journaliste et éditeur de presse, figure de la gauche, Riadh Ben Fadhel est aussi un homme d’affaires opérant dans le secteur de la communication. En avril 2025, la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière de la Cour d’appel de Tunis a cassé le jugement initial le condamnant à 4 ans et 6 mois de prison pour des délits à caractères douanier et bancaire. Elle a également décidé de suspendre le procès pour permettre la conclusion d’un accord à l’amiable dans le cadre d’une réconciliation pénale conformément au décret-loi- n° 2022-13 du 20 mars 2022.  

La sixième chambre criminelle, spécialisée dans les affaires de corruption financière au tribunal de première instance de Tunis, a ensuite condamné Riadh Ben Fadhel à 4 ans et demi de prison assortis de sanctions financières pour des délits douaniers et bancaires.

Ben Fadhel a fait appel du jugement initial rendu contre lui, et ses avocats ont fourni la preuve d’un accord financier avec les autorités compétentes, ce qui a entraîné la suspension dudit procès. Mais il est resté en détention provisoire dans le cadre d’une autre affaire en cours devant le Pôle judiciaire financier.

I. B.

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Bachar Assad | Faillite d’un pouvoir et cynisme international

09. Februar 2026 um 09:17

La chute du régime de Bachar Assad en décembre 2024 a marqué la fin d’un des pouvoirs les plus brutaux et les plus durables du Moyen-Orient contemporain. Pourtant, au-delà de l’événement, une bataille du récit s’est rapidement engagée : comment expliquer cet effondrement tardif, après plus d’une décennie de guerre, de destructions massives et d’interventions étrangères ?

Djamal Guettala

Un long reportage publié par le magazine américain The Atlantic avance une lecture largement centrée sur la personnalité de l’ancien président syrien. Arrogance, déni de réalité, conviction d’être indispensable à ses alliés : selon les témoignages recueillis par le journal, ces traits auraient accéléré la fin du régime. Une approche séduisante, mais qui mérite d’être interrogée.

La tentation de la personnalisation

En mettant l’accent sur les failles psychologiques de Bachar Assad, The Atlantic adopte une grille d’analyse familière : celle de la chute par l’orgueil. Le président syrien y apparaît comme un dirigeant enfermé dans une bulle, persuadé d’avoir gagné la guerre après 2020, incapable de mesurer l’ampleur de l’effondrement économique et social du pays.

Mais cette personnalisation du désastre comporte un risque : celui d’éclipser les responsabilités structurelles et internationales. Car le régime syrien n’a pas survécu uniquement grâce à la volonté d’un homme, mais aussi grâce à un système régional et mondial qui a longtemps privilégié la «stabilité» au détriment des peuples.

Un régime longtemps toléré

Le reportage rappelle, non sans cynisme, que Bachar Assad était perçu par plusieurs acteurs régionaux comme un mal «gérable». Israël, notamment, voyait en lui un adversaire affaibli mais prévisible, garant d’un statu quo sécuritaire sur le Golan. Cette tolérance tacite a contribué à prolonger artificiellement la vie d’un régime pourtant discrédité.

De leur côté, la Russie et l’Iran ont soutenu Damas tant que cela servait leurs intérêts stratégiques. Mais lorsque le coût politique, économique et diplomatique est devenu trop élevé, et que le régime s’est montré incapable de se réformer, même symboliquement, l’abandon est devenu une option.

La fin d’une fonction régionale

L’un des éléments les plus révélateurs concerne la position russe dans les derniers jours du régime. Selon The Atlantic, Vladimir Poutine aurait refusé d’intervenir pour sauver Assad, préférant préserver sa relation stratégique avec la Turquie. Ce choix illustre une réalité brutale : le président syrien avait cessé d’être utile.

La chute d’Assad apparaît alors moins comme un accident que comme l’aboutissement logique d’un processus d’épuisement. Épuisement d’un système hérité de Hafez Assad, fondé sur la répression et l’exclusion. Épuisement aussi d’un équilibre international fondé sur le calcul et le double standard.

Chute tardive, responsabilité partagée

Affirmer que Bachar Assad est tombé par arrogance n’est pas faux. Mais c’est incomplet. Ce qui interroge davantage, c’est la longévité d’un pouvoir qui a survécu si longtemps malgré ses crimes, grâce à la passivité, voire à la complicité, de nombreux acteurs internationaux.

En ce sens, la chute du régime syrien n’est pas seulement celle d’un homme. Elle est aussi le révélateur d’un ordre régional et mondial où les peuples paient le prix fort des arrangements géopolitiques. Une leçon qui dépasse largement les frontières syriennes.

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Un boycott silencieux des Etats-Unis est-il en train de s’installer ?

09. Februar 2026 um 08:34

Des partenaires commerciaux réorientent leurs approvisionnements hors des Etats-Unis, des investisseurs dispersent leurs risques, des conférences internationales migrent vers d’autres capitales, des banques centrales diversifient leurs réserves. Des étudiants privilégient d’autres universités dans le monde, des touristes changent de destination, et même parmi les alliés traditionnels — en Europe, en Amérique du Nord (Canada) ou dans le Golfe — s’installe une prudence nouvelle qui conduit chacun à repenser ses garanties économiques et sécuritaires. Additionnées, ces décisions dessinent une trajectoire de boycott silencieux. Le monde s’organise simplement pour ne plus dépendre des Etats-Unis.

Yahya Ould Amar *

Au sommet de l’exécutif américain s’est installée une imprévisibilité devenue permanente. Une parole publique dissonante, souvent menaçante et franchissant régulièrement les lignes de retenue diplomatique, a progressivement effacé la frontière entre décision d’État et réaction circonstancielle.

Mais l’enjeu dépasse la seule instabilité verbale. Des revendications territoriales adressées à des alliés historiques, la remise en question implicite de garanties de sécurité considérées comme acquises depuis 1945, l’abandon perçu de partenaires européens engagés dans un conflit majeur, ainsi que l’incertitude introduite chez des alliés du Golfe – après l’attaque israélienne sur le Qatar – malgré la présence militaire américaine ont diffusé l’idée que les engagements pouvaient devenir contingents.

Les tarifs douaniers employés comme instruments de pression contre des partenaires économiques proches ou alliés historiques, la confrontation interne aux Etats-Unis avec juges, universités, médias et communautés scientifiques, puis les mesures de rétorsion prises contre des magistrats de la Cour Pénale Internationale (CPI) après l’émission de mandats d’arrêt liés aux accusations de génocide dans la guerre de Gaza ont achevé de déplacer la perception positive que le monde avait des Etats-Unis. Le pays longtemps identifié à la défense d’un ordre fondé sur le droit apparaissait prêt à contester publiquement l’existence d’un espace judiciaire universel lorsque celui-ci contrariait ses intérêts. Aux yeux du reste du monde, la puissance américaine ne garantissait plus les règles ; elle devenait susceptible d’en ajuster la portée en sa faveur.

Pour les partenaires, la relation avec les États-Unis devient alors une variable incertaine. Là où dominait la confiance anticipée s’installe désormais un calcul préalable. Or la centralité financière n’est que la traduction monétaire d’une crédibilité politique. Une monnaie de réserve internationale est l’actif dont l’émetteur promet implicitement de ne pas surprendre le reste du monde. Lorsque la continuité institutionnelle devient incertaine, le risque est l’anticipation de la rupture. Les partenaires n’abandonnent pas la monnaie dominante, ils organisent la possibilité de vivre sans dépendance.

Aucun mot d’ordre, aucune coalition, aucun affrontement, des partenaires commerciaux réorientent leurs approvisionnements hors des Etats-Unis, des investisseurs dispersent leurs risques, des conférences internationales migrent vers d’autres capitales, des banques centrales diversifient leurs réserves. Des étudiants privilégient d’autres universités dans le monde, des touristes changent de destination, et même parmi les alliés traditionnels — en Europe, en Amérique du Nord (Canada) ou dans le Golfe — s’installe une prudence nouvelle qui conduit chacun à repenser ses garanties économiques et sécuritaires.

Pourtant, additionnées, ces décisions dessinent une trajectoire de boycott silencieux. Le monde s’organise simplement pour ne plus dépendre des Etats-Unis.

Le basculement sans rupture

C’est cette dynamique d’un boycott silencieux qu’il faut comprendre aujourd’hui. Un boycott est généralement bruyant, revendiqué, politique. Celui qui se met en place est l’inverse. Il naît du calcul, non de la colère. Il n’exprime pas un rejet mais une précaution. Partenaires, investisseurs et institutions ne rompent pas leurs relations avec les États-Unis ; ils réduisent leur exposition, déplacent leurs anticipations et ajustent leurs horizons d’investissement. À mesure que ces choix individuels convergent, ils produisent un phénomène collectif d’une portée considérable. Le boycott silencieux n’est pas une sanction, c’est une recomposition du système international — lente, rationnelle et, pour cette raison même, profondément irréversible.

Aucune session extraordinaire du G20 n’y est consacrée, aucune résolution de l’Onu n’en porte la trace. Pourtant, partout, quelque chose se déplace. Rien qui ressemble à un affrontement, rien qui ressemble à une rupture, plutôt une translation lente, presque imperceptible. Les grandes recompositions géopolitiques naissent rarement dans le fracas ; elles prennent forme lorsque les routines changent. Un contrat se conclut ailleurs, une devise autre que le dollar est retenue, une dépendance se desserre, étape par étape.

Ce qui s’observe aujourd’hui vis-à-vis des États-Unis relève de cette mécanique silencieuse, ni campagne organisée, ni mot d’ordre, ni manifestation — seulement une multitude de décisions individuelles, froides et rationnelles, qui finissent par former un boycott sans déclarations.

La puissance comme assurance mondiale

Depuis Bretton Woods, la puissance américaine n’a jamais reposé uniquement sur sa force militaire ni sur l’ampleur de son économie, mais sur une architecture plus subtile faite de sécurité, d’ouverture et surtout de prévisibilité. Le pilier décisif était la crédibilité. Le monde acceptait l’asymétrie américaine parce qu’elle garantissait un ordre stable, lisible, presque assurantiel ; le dollar n’était pas seulement une monnaie d’échange mais une police d’assurance contre l’incertitude.

En 2025, il demeure présent dans plus de 88 % des transactions de change mondiales, pourtant le signal important est ailleurs, sa part dans les réserves des banques centrales est passée d’environ 72 % au début des années 2000 à près de 56 % aujourd’hui. Rien d’un effondrement, tout d’une mutation profonde. Les banques centrales organisent simplement la possibilité de vivre sans dépendance du dollar.

Toutes les grandes monnaies internationales suivent la même trajectoire. Elles s’imposent d’abord par la puissance économique de leur pays, se maintiennent ensuite grâce à la profondeur de leurs marchés financiers, puis perdurent par simple habitude. C’est dans cette dernière phase que le système commence à changer — sans déclin manifeste de la monnaie dominante, mais parce que dépendre d’elle devient progressivement plus coûteux que de s’en affranchir. L’histoire du florin, de la livre sterling puis du dollar montre ainsi qu’une hégémonie monétaire ne s’achève pas par une crise, mais par une diversification rationnelle.

Réduire la dépendance sans rompre l’alliance

La question pour les investisseurs est comment signer des contrats à long terme avec un pays comme les Etats-Unis où les accords d’aujourd’hui risquent d’être déchirés demain ?

Les accords contractuels commerciaux changent toujours avant les discours. Dans les salles de marché, les déterminants des décisions des investisseurs et les conseils d’administration, on s’adapte d’abord, on explique ensuite. Il faut trouver des mots pour qualifier ce qui est en train de se jouer, on peut l’appeler couverture généralisée contre le risque, ou confiance désormais répartie entre plusieurs pôles, ou émergence d’un système monétaire sans centre unique. Autrement dit, le monde ne rompt pas avec les Etats-Unis ; il apprend simplement à ne plus dépendre d’un seul pays.

L’érosion symbolique du centre

Les faits suivent les concepts, une part croissante du commerce chinois est libellée en yuan, l’Inde paie une grande partie de ses importations énergétiques hors dollar, l’Amérique latine commence des compensations bilatérales, les exportateurs du Golfe acceptent des règlements multidevises. Aucun de ces acteurs ne cherche à quitter l’ordre américain, tous cherchent à réduire le risque qu’il constitue.

Les indices de puissance se lisent d’abord dans l’image avant de se lire dans les chiffres. Selon le Global Soft Power Index 2026 de Brand Finance, les États-Unis enregistrent la plus forte dégradation parmi 193 pays, leur score passant de 79,5 à 74,9 sur 100. La réputation recule, la perception de générosité s’effondre, la facilité de faire des affaires se détériore. Plus révélateur encore, le Carnegie Endowment observe qu’une majorité d’Américains eux-mêmes (54%) perçoit un déclin de leur pays face à la Chine. Brookings y voit la conséquence directe des turbulences intérieures telles que la polarisation politique et les crises institutionnelles.

Les grandes démocraties imposent à leurs dirigeants une règle tacite mais fondamentale que la dignité de l’État, l’honneur national et la confiance qui sont la base de la crédibilité à long terme, n’appartiennent jamais à celui qui incarne l’exécutif. Cette exigence prend une dimension particulière lorsqu’il s’agit d’un pilier de l’ordre international, comme les États-Unis, dont chaque parole publique du Président est interprétée comme un signal adressé au monde. Lorsque l’expression politique se confond avec l’impulsion ou la mise en scène, c’est la lisibilité de l’action qui devient impossible. Or la puissance américaine s’est toujours fondée sur la confiance dans la continuité, la retenue et la prévisibilité de ses institutions. À mesure que cet ordre symbolique implicite se délite, l’Amérique cesse d’occuper spontanément le centre.

Les sondages dans de nombreux pays confirment la chute de la confiance dans le leadership américain.

La dispersion de la crédibilité

L’ordre international passe d’un centre unique vers un réseau de garanties multiples.

La prochaine étape ne prendra pas la forme d’une nouvelle monnaie dominante mais d’infrastructures concurrentes, systèmes de paiement parallèles, chambres de compensation régionales, contrats énergétiques indexés sur des paniers de devises et dette souveraine émise directement en monnaies autre que le dollar. Le changement décisif ne sera pas visible dans les réserves des banques centrales mais dans les contrats commerciaux.

Le monde réduit son coût de dépendance à l’Amérique, il apprend à fonctionner sans garantie permanente — et lorsque cette adaptation est achevée, la puissance demeure mais cesse d’organiser le système lui-même, car la confiance, ressource première de toute hégémonie, s’est simplement dispersée.

Enfin, l’histoire des puissances n’est pas écrite par leurs adversaires mais par leurs partenaires. Une hégémonie ne s’achève pas lorsqu’elle devient contestée, elle s’achève lorsqu’elle cesse d’être nécessaire. C’est précisément le seuil vers lequel le système international semble se diriger. Le monde ne cherche ni à remplacer les États-Unis ni à s’en détacher frontalement ; il construit patiemment la possibilité de fonctionner sans devoir s’y référer en permanence. La différence est décisive. La contestation produit des blocs, l’autonomie produit des réseaux.

Dans cet ordre émergent, la centralité ne disparaît pas, elle se dilue. Les flux financiers se répartissent, les garanties sécuritaires se mutualisent, les monnaies coexistent, les alliances deviennent modulaires. La puissance américaine restera importante par sa technologie, son marché et sa capacité d’innovation, mais elle cessera progressivement d’organiser seule la prévisibilité mondiale. Elle deviendra une puissance majeure parmi d’autres, non plus l’axe autour duquel s’alignent spontanément les anticipations collectives.

La véritable conséquence du boycott silencieux est philosophique. Pendant près d’un siècle, la stabilité internationale reposait sur une délégation implicite de confiance à un centre unique, les Etats-Unis. L’époque qui s’ouvre repose sur une responsabilité distribuée. Dans un tel système, aucune nation ne peut plus produire seule la certitude globale ; la stabilité devient un bien coopératif plutôt qu’un service fourni par une puissance dominante.

Dans un système sans centre unique, la discipline économique change de nature. Les États ne peuvent plus importer la stabilité monétaire d’une puissance dominante ; ils doivent produire leur propre crédibilité. La politique budgétaire, la solidité institutionnelle et la cohérence stratégique redeviennent des variables domestiques plutôt que des garanties externes. La multipolarité financière est d’abord une responsabilisation nationale.

L’Amérique passe d’architecte de l’ordre international à participant, de garant de la sécurité collective à partenaire. Et c’est peut-être là le changement le plus profond de ce siècle. Les grandes transformations historiques sont celles qui rendent possible de vivre sans ordre international.

* Economiste, banquier et financier.

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