L’Europe sous perfusion de GNL américain et russe
La dépendance de l’Europe vis-à-vis des Etats-Unis et de la Russie, fournisseurs de gaz naturel liquéfié (GNL) majeurs, a atteint un niveau record en janvier dernier.
L’Union européenne a importé plus de 80 % de son GNL des États-Unis et de la Russie en janvier, selon les données de suivi des navires compilées par Bloomberg. Cela contraste fortement avec la situation d’il y a quatre ans, où d’autres fournisseurs représentaient environ la moitié du volume total durant la crise énergétique qui a suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine.
L’augmentation des flux en provenance des États-Unis (qui représentent 63 % des importations) est particulièrement préoccupante. Plusieurs responsables politiques européens avertissant que l’UE pourrait devenir dépendante d’un gouvernement qui recourt de plus en plus à la pression économique contre ses alliés de longue date.
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022 – et surtout depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis – l’Europe subit des pressions pour accroître ses achats de GNL américain. D’ailleurs, un accord commercial conclu avec Washington l’an dernier prévoyait l’achat de 750 milliards de dollars de produits énergétiques américains d’ici 2028.
Des responsables de l’UE, dont la commissaire à la concurrence Teresa Ribera et le commissaire à l’énergie Dan Jorgensen, ont récemment exprimé leurs inquiétudes quant à la dépendance du bloc au GNL américain, notamment après les menaces de Trump de s’emparer du Groenland.
Parallèlement, les exportations russes de GNL vers l’UE sont restées proches de leurs niveaux records, représentant 18 % du volume total le mois dernier. Cette situation pourrait refléter les efforts des négociants pour sécuriser leurs approvisionnements. Et ce, avant l’entrée en vigueur de l’embargo sur les importations de gaz russe. Tous les échanges énergétiques entre l’UE et la Russie devant en effet cesser d’ici fin 2027.
France et Allemagne
La France et la Belgique ont reçu plus de 40 % de leur GNL de Russie en janvier, et un pourcentage similaire des États-Unis.
L’Allemagne, premier marché énergétique d’Europe, s’est approvisionnée en GNL exclusivement auprès des États-Unis. Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est rendu cette semaine au Moyen-Orient afin de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique de son pays. Ce voyage intervient après que le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jorgensen, a déclaré la semaine dernière que l’UE envisageait d’acheter davantage de gaz au Qatar, ainsi qu’au Canada et à l’Afrique du Nord.
Ainsi, la consommation totale de GNL sur le continent devrait atteindre un nouveau record historique cette année, car davantage d’énergie est nécessaire pour reconstituer les réserves de gaz naturel épuisées, notamment en Allemagne, où les installations de stockage sont remplies à moins d’un tiers, bien en dessous de la moyenne saisonnière, et où l’hiver n’est pas encore terminé.
L’article L’Europe sous perfusion de GNL américain et russe est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.