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L’Italie livre des équipements agricoles à la Tunisie

29. Januar 2026 um 13:00

Dans le cadre du Programme d’assistance à la balance des paiements tunisienne, une cérémonie s’est déroulée à Sfax au cours de laquelle ont été livrés 88 tracteurs et autres équipements d’origine italienne, acquis par l’Office des terres domaniales (OTD) grâce au soutien de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

L’ambassade d’Italie en Tunisie l’a annoncé dans un communiqué diffusé sur ses canaux, précisant que la cérémonie a eu lieu à la Ferme d’État de Chaal, la plus grande exploitation agro-combinée d’Afrique du Nord avec plus de 30 000 hectares, en présence du ministre tunisien de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, et de la directrice de l’AICS Tunis, Isabella Lucaferri.

«Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’assistance à la balance des paiements, par lequel la Coopération italienne soutient les investissements publics en Tunisie, en particulier dans le secteur agricole et l’introduction de technologies à forte valeur ajoutée», conclut le communiqué.

I. B.

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Tunisie | La transition énergétique tributaire d’acteurs étrangers

29. Januar 2026 um 12:34

En Afrique du Nord, la transition vers les énergies renouvelables demeure largement contrôlée par des investisseurs étrangers et des institutions internationales, révèle un récent rapport en arabe de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), intitulé «De la sécurité énergétique à la souveraineté : voies vers une transition énergétique juste en Égypte, au Maroc et en Tunisie». S’agissant de notre pays, ses ambitions déclarées pour dépasser son déficit énergétique structurel sont handicapées par des capacités institutionnelles.

Bien que l’Égypte, la Tunisie et le Maroc aient entrepris de développer des projets d’énergies renouvelables, le rapport souligne que ces développements privilégient les marchés européens et les recettes d’exportation au détriment des besoins locaux, maintenant ainsi l’énergie, la technologie et les profits en grande partie hors de la région. «Si les progrès technologiques facilitent cette transition, le rapport de force reste inchangé, risquant de perpétuer les inégalités et les dépendances historiques liées aux énergies fossiles», avertit Greenpeace Mena.

La transition énergétique en Afrique du Nord présente donc un double défi, tant en matière de gouvernance que de technologie. Les infrastructures, les contrats et les réseaux publics doivent apporter des bénéfices concrets aux communautés. La région ne pourra satisfaire ses besoins énergétiques et atteindre ses objectifs climatiques que si la souveraineté énergétique, l’équité et la responsabilité sont au cœur de cette transition.

Selon le rapport, des mécanismes juridiques et financiers sont également nécessaires pour rendre juridiquement contraignants les engagements en matière de dette climatique, ainsi que pour mettre en œuvre le principe du «pollueur-payeur» et d’autres mécanismes de responsabilisation afin de garantir que les États et les entreprises historiquement responsables des dommages climatiques assument pleinement leurs responsabilités.

Dans le chapitre consacré à la Tunisie, le rapport de Greenpeace Mena souligne un décalage structurel entre les ambitions déclarées et les capacités institutionnelles, ce qui «représente un défi majeur pour la transition énergétique» dans le pays.

Malgré des progrès juridiques et politiques significatifs, la mise en œuvre de ces cadres réglementaires se heurte à des obstacles importants liés à la complexité administrative, aux contraintes financières et aux capacités techniques limitées aux niveaux local et national, indique le rapport.

Dans les trois pays étudiés, Greenpeace Mena souligne la quasi-absence de mécanismes de propriété communautaire et de partage des revenus dans les plans nationaux. Les cadres réglementaires régissant les projets de production d’énergie privilégient souvent les investisseurs au détriment des communautés, ce qui aggrave les inégalités d’accès aux avantages des énergies renouvelables et limite le soutien public à la transition énergétique.

Le rapport note cependant que la Tunisie bénéficie d’un excellent ensoleillement : la plupart des régions intérieures et méridionales reçoivent entre 2 000 et 2 300 kilowattheures par mètre carré et par an, tandis que les régions du nord et du centre connaissent des vents modérés.

Le plan solaire tunisien, lancé en 2009 et modifié à plusieurs reprises, vise à atteindre 30 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030. Or, cette part est restée inférieure à 5 % en 2024, témoignant d’une mise en œuvre insuffisante.

Le rapport de Greenpeace Mena a été publié quelques jours avant la Journée internationale de l’énergie propre, célébrée chaque année le 26 janvier.

I. B. (avec Tap).

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Tunisie | La tempête révèle la vulnérabilité des vestiges archéologiques côtiers

29. Januar 2026 um 12:02

Le passage du cyclone Harry, au cours de la semaine dernière, s’est accompagné de fortes pluies et d’une mer agitée, qui ont accéléré l’érosion de certaines plages, faisant remonter à la surface des vestiges archéologiques auparavant enfouis à Néapolis (Nabeul) et Kerkouane (Kélibia). Ce qui a poussé l’Institut national du patrimoine (INP) à intervenir d’urgence le long du littoral du gouvernorat de Nabeul.

Les découvertes les plus importantes concernent la région de Néapolis et la plage de Sidi Mahrsi, ainsi que les zones proches du site punique de Kerkouane, dans la région du Hammam Ghezaz, notamment entre Demna et Oued El Ksab.

Les opérations de reconnaissance et de documentation ont été menées avec l’appui des forces de sécurité, dans un contexte marqué par un afflux de curieux et des tentatives de vol d’objets, ayant entraîné des arrestations par la Garde nationale.

Concernant la nature des découvertes, l’INP signale des murs pouvant appartenir à d’anciennes habitations ou à des complexes thermaux à Sidi Mahrsi. À Néapolis, en revanche, des structures compatibles avec des citernes ou des installations de transformation et de salaison du poisson sont en cours d’évaluation, dans une zone déjà connue des archéologues pour ses installations liées au garum. La datation, précisent les mêmes sources, nécessitera des études et des prospections complémentaires une fois les conditions météorologiques et maritimes stabilisées.

Les investigations ne se limitent pas au Cap Bon : des équipes techniques ont également mené des inspections dans le gouvernorat de Mahdia, sur plusieurs sites côtiers, dont Borj Erras et Salakta, afin d’évaluer l’impact de la tempête et de préparer des mesures de protection.

Les experts soulignent également la grande vulnérabilité des sites exposés à la mer, soumis à une érosion structurelle que les événements extrêmes ont tendance à exacerber, et insistent sur la nécessité de mesures de protection côtière et d’une surveillance renforcée.

 I. B.

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Coopération transfrontalière | L’Europe propose et la Tunisie dispose

29. Januar 2026 um 11:31

En matière de coopération entre la Tunisie et l’Union européenne (UE), ce sont souvent les Européens qui élaborent des programmes au plus près de leurs intérêts, sur les plans sécuritaire, économique et énergétique, et les Tunisiens, souvent à court d’idées et de financements, qui disposent. Ce schéma, qui perdure depuis la signature de l’accord s’association entre les deux parties en 1995, on le retrouve avec le lancement des nouveaux projets Interreg Next Med et Interreg Next Italie-Tunisie.

Ces projets ont été présentés lors d’un événement organisé mercredi 28 janvier 2026 à Tunis, en collaboration avec le ministère de l’Économie et de la Planification, avec le soutien du projet Interreg Tesim Next.

Impulser la coopération transfrontalière

Le vice-président de la Commission européenne, Raffaele Fitto, et des représentants des régions de Sicile et de Sardaigne ont également participé à cet événement qui, selon l’UE, «a permis de faire le point sur la coopération transfrontalière et d’illustrer son impact sur le territoire tunisien, notamment la contribution des projets Interreg Next à la construction d’une Méditerranée plus prospère, plus verte et plus solidaire».

«L’événement d’aujourd’hui illustre le rôle fructueux de la Tunisie dans la coopération transfrontalière, notamment en matière de création et de développement de partenariats et d’engagement à différents niveaux», a déclaré l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone.

Pour un développement partagé en Méditerranée

L’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, a quant à lui souligné que «la coopération entre la Tunisie, l’UE, l’Italie et ses territoires constitue un levier précieux pour promouvoir le développement partagé en Méditerranée, rétablir les relations euro-méditerranéennes sur des bases collaboratives et mutuellement avantageuses, fondées sur les principes de partenariat, d’égalité et de responsabilité partagée qui inspirent le plan Mattei pour l’Afrique du gouvernement italien, et le nouveau Pacte pour la Méditerranée.»

La dynamique de la coopération transfrontalière entre la Tunisie et l’UE porte aujourd’hui ses fruits. La Tunisie compte 43 partenaires impliqués dans 37 projets Interreg Next Med et 72 partenaires impliqués dans 30 projets Interreg Next Italie-Tunisie, confirmant ainsi son rôle de partenaire clé dans l’espace euro-méditerranéen méditerranéen.

Ces échanges ont ouvert un débat sur l’avenir de la coopération transfrontalière entre la Tunisie et l’UE, notamment au regard du prochain cycle de programmation européen 2028-2034.

L’UE alloue 32,3 millions d’euros au programme bilatéral Interreg Next Italie-Tunisie, dont 45 % sont consacrés à la transition écologique dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe.

Ce programme vise à renforcer la coopération entre la Sicile (neuf provinces) et la Tunisie (seize gouvernorats) autour de priorités communes, notamment la compétitivité, la recherche et l’innovation, la transition écologique et la résilience climatique, l’inclusion sociale, l’accès aux soins de santé et le développement des secteurs du tourisme et de la culture. Il vise également à améliorer la gouvernance locale et l’engagement de la société civile.

Par ailleurs, l’UE alloue plus de 260 millions d’euros au programme transnational Interreg Next Med, qui réunit quinze pays méditerranéens, dont la Tunisie. Le programme Next Med financera des projets de coopération conjoints visant à faire de la Méditerranée un espace de vie plus vert, plus propre, plus compétitif et plus inclusif.

I. B.

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Quelles sont les cibles des États-Unis en Iran?

29. Januar 2026 um 10:37

Alors que les forces militaires américaines convergent vers le Moyen-Orient, des informations révélées par Israel Hayom -propriété de Miriam Adelson principale mécène de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu- indiquent que l’opération américaine en cours de préparation vise à accomplir simultanément des assassinats ciblés de toutes les personnalités clés au sein du régime afin de créer un état de paralysie les empêchant de toute possibilité de riposte et en même temps de bombarder des installations stratégiques de la République islamique dont certaines au cœur de Téhéran. 

Imed Bahri

Israel Hayom, le journal le plus proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rapporte que le président américain Donald Trump a ordonné à son équipe de préparer un «plan militaire décisif» pour frapper l’Iran, tout en maintenant délibérément le flou de ses menaces. Ceci coïncide également avec le renforcement militaire américain au Moyen-Orient.

Washington a intensifié son activité militaire dans la région, le président Trump annonçant jeudi qu’une force importante se dirige vers l’Iran. Parallèlement, des sources israéliennes évoquent la possibilité d’une attaque iranienne préventive avant une éventuelle frappe militaire américaine contre Téhéran.

Les dirigeants iraniens en point de mire

Dans un article signé par son correspondant pour les affaires arabes, Shachar Kleiman, le quotidien israélien affirme que l’administration Trump ne se contente plus de formules telles que «changer de comportement» mais finalise actuellement une «liste de cibles» comprenant l’élite dirigeante iranienne et des installations stratégiques sensibles.

Israel Hayom indique que cette liste de cibles inclut des personnalités influentes au sommet de l’État, notamment le Guide suprême Ali Khamenei, qui détient l’autorité décisionnelle ultime en matière de programmes d’armement nucléaire et de soutien aux milices dans la région.

Selon le journal israélien, des informations indiquent qu’assassiner Khamenei provoquerait un séisme susceptible de faire effondrer le régime malgré l’existence de listes secrètes de successeurs potentiels. Face aux informations de plus en plus nombreuses indiquant qu’il est dans des bunkers fortifiés, l’attention se porte sur son successeur probable que les experts estiment être un général des Gardiens de la révolution et non un religieux.

D’après Israel Hayom, le cercle des cibles s’élargit pour inclure le nouveau commandant des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour et les chefs d’état-major fidèles au Guide suprême. La semaine dernière encore, Pakpour avait averti que son organisation avait le doigt sur la gâchette et mis en garde les États-Unis et Israël contre toute erreur d’appréciation.

Kleiman estime qu’éliminer ces personnalités militaires vise avant tout à paralyser le régime, l’empêchant ainsi de riposter immédiatement ou de manière organisée. La liste des personnes à éliminer comprend également des noms responsables de la répression intérieure tels que Gholamreza Soleimani, commandant des forces Basidj. Il n’a aucun lien de parenté avec Qassem Soleimani, l’ancien commandant de la Force Qods, tué en Irak en janvier 2020. Gholamreza Soleimani est néanmoins lui aussi visé par des sanctions occidentales. Depuis 2019, il dirige cette milice dont les membres en tenue civile sont présents partout en Iran et dans toutes les franges de la société. Ils sont principalement utilisés pour réprimer brutalement les manifestations. Gholamreza Soleimani s’est vanté par le passé que sa milice opérait depuis longtemps bien au-delà des frontières iraniennes, ses membres étant déployés au Liban, au Yémen, en Irak et en Syrie.

Esmail Qaani, commandant de la Force Qods et Ali Shamkhani, l’un des plus proches conseillers du Guide suprême et responsable du programme nucléaire sont sur la liste des assassinats ciblés.

Le journal souligne que le plan américain ne se limite pas aux assassinats ciblés mais inclut également une liste de « cibles stratégiques » comprenant des sites souverains à Téhéran, la capitale, tels que les sièges du Conseil suprême de sécurité nationale, de la milice Bassidj, de la police, des services de renseignement et de la Compagnie nationale iranienne du pétrole ainsi que les réserves pétrolières de la province du Khouzestan. Des frappes contre ces sites pourraient aggraver la crise économique iranienne.

Les sites nucléaires et de missiles balistiques

Parallèlement, les sites nucléaires –notamment la base militaire de Parchin où l’imagerie satellite révèle des activités de construction suspectes– demeurent la cible prioritaire dans les calculs du Pentagone présentés à Trump, laissant présager une frappe qui pourrait être la plus vaste et la plus complète de l’histoire de la confrontation entre les deux pays.

Sur le plan militaire, le journal israélien note que l’Iran s’est employé ces derniers mois à développer son système de missiles balistiques et à remettre en état ses sites nucléaires.

Kleiman a ajouté que l’Institut pour la science et la sécurité internationale (Institute for Science and International Security), basé à Washington, D.C., a publié des images satellites montrant des travaux d’ingénierie sur la base militaire de Parchin, à environ 32 kilomètres au sud-est de Téhéran, un site historiquement associé au développement d’un détonateur de bombe nucléaire.

L’institut a indiqué que Téhéran a entrepris des travaux de maintenance et de réparation d’ampleur variable mais rencontre des difficultés pour rétablir ses capacités. Le New York Times a rapporté que le département américain de la Guerre (le Pentagone) a présenté à Trump l’option d’une frappe d’envergure contre les sites nucléaires et de missiles balistiques iraniens.

Les Israéliens restent vigilants quant à la possibilité d’une attaque iranienne préventive avant une éventuelle frappe militaire américaine contre Téhéran tandis que les inquiétudes grandissent dans la région face à l’escalade des tensions notamment avec le renforcement de la présence militaire américaine dans la région.

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Tunis accueille une session du Gitex Africa Roadshow

29. Januar 2026 um 10:23

Dans le cadre de sa nouvelle édition et de son roadshow en Afrique du Nord, l’équipe de Gitex Africa, qui se tiendra du 7 au 9 avril 2026, à Marrakech, au Maroc, organise son événement de networking à Tunis pour une session de rencontres et d’échanges rassemblant leaders du secteur technologique, startups, investisseurs et décideurs publics.

L’objectif est de renforcer les liens professionnels, explorer des opportunités de partenariat et stimuler la croissance de l’écosystème numérique en Afrique du Nord et au-delà.

L’évènement se déroulera le lundi 2 février 2026 de 14h à 17h à l’espace The Dot (Cité les pins, Rue de la fleur d’érable, Lac 2, Tunis) sous le thème «S’unir pour innover et accélérer – Vers un avenir mondial pour l’Afrique numérique».

Au programme, deux panels : le premier est intitulé «Startups tunisiennes à l’international : innover localement, scaler vers l’Afrique» et le second porte sur le thème «Go to Market, financement et valorisation de l’écosystème tunisien – les stratégies pour capitaliser sur l’édition 2026 de Gitex Africa», ainsi que les pitchs des 6 startups en compétition et des séances de networking.

Le programme sera clôturé par la proclamation des résultats et la remise des prix aux vainqueurs.

I. B.

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Le summum du fascisme israélien | La pendaison pour «les terroristes palestiniens»

29. Januar 2026 um 09:53

Le ministre israélien de la Sûreté, le fasciste Itamar Ben Gvir, condamné jadis pour racisme, ne faisait pas mystère de ses intentions : LA MORT AUX PALESTINIENS et il arborait, au revers de sa veste, un pin en forme de nœud coulant en or ! La Knesset a exaucé son vœu en votant la mort par pendaison pour «les terroristes palestiniens.» (Photo : La vie d’un prisonnier palestinien ne pèse rien devant la loi ségrégationniste israélienne).

Mohamed Larbi Bouguerra *

Comme si Israël avait besoin d’une loi pour exécuter des Palestiniens alors que l’armée d’occupation exécute quotidiennement, à bout portant, femmes, enfants et personnel soignant à Gaza et en Cisjordanie !

La proposition de loi a été présentée par le député Limor Son Har Melech du parti de Ben Gvir, Otzma Yehudit (Force Juive) :  les «terroristes palestiniens» de Cisjordanie doivent être condamnés à mort par pendaison. Depuis le 7 Octobre, des milliers de Palestiniens tombent sous le coup de ce texte immonde. Ce sont ces Palestiniens que l’on a vus dénudés, les yeux bandés, menottés parfois violés comme cela a été le cas au centre de détention de Sde Teiman où des soldats se sont permis des actes affreux sur ces Palestiniens…. et qui ont été soutenus par des députés alors que l’armée tentait de les arrêtait ! Y compris à l’Université Bir Zeit à Ramallah mardi dernier !

Une loi scélérate approuvée en première lecture

L’exécution, d’après le texte voté, se fera par un agent du service pénitentiaire désigné par le directeur de ce service. Lors de l’exécution, doivent être présents : le directeur de la prison, un représentant judiciaire, un auditeur officiel et un membre de la famille du condamné. La loi autorise l’exécution de la sentence même si une quelconque de ces personnes est absente, pour éviter tout délai. 

Le personnel pénitentiaire et l’Etat auront une totale immunité civile et criminelle pour avoir procédé à l’exécution. Les détails de cette exécution seront publiés sur le site électronique de la prison mais la loi sur la Liberté de l’Information ne s’appliquera pas aux détails de l’exécution. Les identités des personnes ayant procédé à l’exécution du condamné demeureront confidentielles. La loi votée en première lecture par le Parlement sioniste interdit toute réduction, commutation ou révocation de la sentence prononcée.

Les prisonniers condamnés à mort seront à l’isolement total, les visites étant limitées au personnel autorisé tout comme les consultations légales qui se feront uniquement visuellement, par vidéo.

La loi dispose que la sentence de mort pourra être imposée même en absence de demande de la part du procureur. Le verdict ne nécessitera que la majorité simple et non l’unanimité. Les procès seront conduits par des juges militaires du grade de lieutenant-colonel au minimum. Les exécutions devront se faire dans les 90 jours suivant le verdict final, en vertu d’un ordre d’exécution signé par un juge et sous la supervision du service des prisons.

La Knesset a approuvé cette loi scélérate en première lecture (il en faut 3) en novembre avec 39 voix pour et 16 contre.

Le quotidienHaaretz écrit qu’Itamar Ben-Gvir a célébré ce vote en distribuant des bonbons, en compagnie d’autres membres de son parti Otzma Yehudit (article de Noa Shpigel, 13 janvier 2026). Le ministre a révélé, au cours des discussions, que L’Association Médicale Israélienne a déclaré que la participation des médecins à des exécutions était éthiquement inacceptable.

Les conseillers juridiques de la commission parlementaire du Comité de Sécurité Nationale de la Knesset ont averti que le projet de loi soulevait de sérieuses inquiétudes constitutionnelles comme de rendre obligatoire la peine de mort et d’enlever aux juges leur liberté de décision dans la formulation de la sentence. Pour ces conseillers, comme la loi ne s’applique qu’aux Palestiniens de Cisjordanie jugés par des cours martiales, on crée ainsi un régime légal distinct qui peut être en contradiction avec les traités internationaux signés par Israël. On cite des cas où des gens ont été reconnus coupables et acquittés plus tard. On souligne «la difficulté inhérente» à la peine capitale qui ne laisse aucune possibilité de correction possible en cas de verdict de culpabilité erroné.

Les conseillers mettent en garde contre le fait que les principales dispositions sont formulées de manière vague…. et notent que la loi ne s’appliquerait que lorsque la victime est un citoyen israélien, à l’exclusion des cas impliquant des résidents permanents ou des ressortissants étrangers.

De plus, aucune loi israélienne existante n’impose la peine de mort – y compris la loi sur les Nazis et les collaborateurs nazis – et appliquer une telle mesure en Cisjordanie marquerait une rupture significative avec la politique législative de longue date d’Israël.

Plusieurs organisations de défense des droits humains ont condamné le projet de loi. L’Association pour les droits civiques a écrit que l’institution de la peine de mort «donnerait à l’État le pouvoir d’imposer la forme de punition la plus sévère et la plus brutale qui existe – la prise intentionnelle d’une vie humaine».

L’association des droits civiques en Israël considère ce texte comme une autre étape vers la mise en place d’un «système juridique raciste conçu pour faire progresser une application sélective, oppressive et biaisée contre les Arabes palestiniens, par des moyens violents et antidémocratiques».

La corde du pendu pour un supplice dégradant

En arborant son nœud coulant, Itamar Ben-Gvir, d’après Haaretz, écarte d’autres options comme «la chaise électrique» ou «l’injection létale» à l’américaine, justice sommaire et définitive de l’Ouest. Il sait que la Bible de Jérusalem (Deutéronome, 21, 23) et les Grecs comme Euripide (Hélène) tiennent la corde du pendu pour un supplice dégradant avec le corps exposé. Ben-Gvir marche dans les pas de ses émules nazis qui pendaient leurs victimes dans les camps de la mort. Seule la pendaison est en mesure d’étancher sa haine viscérale du Palestinien.

Dans ‘‘Etat de siège’’, Mahmoud Darwich, s’adressant à l’assassin, déclame en stratège de l’humanisation, si étrangère au ministre sioniste :

«Si tu avais contemplé le visage de ta victime

et réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre à gaz

tu te serais délivré de la sagesse du fusil

et tu aurais changé d’avis : ce n’est pas ainsi que l’on recouvre son identité !

Je ne t’aime pas ; je ne te hais pas.»**

* Professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Tunis, et ancien directeur de recherche associé au CNRS (Université Paris 6).

** Mahmoud Darwich, ‘‘Etat de siège’’, traduit de l’arabe par Elias Sanbar, Actes Sud, Arles, 2004, p.27.

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Vient de paraître | ‘‘Polyphonie pour la Palestine’’

29. Januar 2026 um 09:05

La collection Levée d’Ancre des Editions l’Harmattan, sous la direction de Michel Cassir, Metin Cengiz, et Emmanuelle Malhappe, annonce la parution du livre ‘‘Polyphonie pour la Palestine’’ qui réunit nos voix lucides, solidaires et critiques pour accompagner le drame d’un peuple qui est au cœur du Moyen-Orient et, en quelque sorte, du monde entier dans sa meurtrissure.

Cent deux poètes, trente-et-un pays et treize langues de tous les continents se sont unis pour créer cette ‘‘Polyphonie pour la Palestine’’, une terre, un peuple et une histoire piétinés sous les bottes d’une colonisation inhumaine et brutale.

Cette œuvre collective dénonce et transcende cette réalité indigne et assassine. Ce n’est pas une collection d’indignations sous une forme poétique, c’est de la littérature engagée humainement, mais dont la qualité est majoritairement faite pour durer.

La résonance vibre maintenant et pour longtemps. La littérature n’est pas sacrifiée, elle est le noyau de l’inspiration et de la dignité de l’écriture en combat contre le renoncement et la médiocrité.

La couverture de l’ouvrage reproduit une œuvre du poète et peintre tunisien Ahmed Ben Dhiab.   

I. B.

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Sidi Bou Saïd | La municipalité siffle la fin de la récréation

29. Januar 2026 um 08:46

Conformément à la décision de la Commission régionale chargée de la prévention et de la lutte contre les catastrophes naturelles réunie le 23 janvier 2026, il a été décidé d’interdire les amplificateurs de son (baffles) dans le village de Sidi Bou Saïd, construit sur un sol fragile et faisant face à l’érosion marine et aux glissements de terrain, comme cela s’est une nouvelle fois vérifié lors des fortes pluies de la semaine dernière.

Nebil Maghraoui *

Le bruit et le tapage, diurnes et nocturnes, sont réglementés et réprimandés en Tunisie. Tout ce qui trouble la tranquillité d’autrui est considéré comme abus et est puni d’amende, qu’il s’agisse d’une fête (bruit ponctuel), d’aboiements (bruits répétitifs) ou de musique (forte, tardive et ponctuelle).

La nuisance sonore en Tunisie mais aussi partout dans le monde est réglementée et les contrevenants sont redevables devant la loi. Le code du travail considère le bruit comme un facteur de pénibilité. Le code de la santé pointe le bruit des machines et celui de la route interdit les klaxons.

Cortèges de mariage escortés par des motos rodéos

Par ailleurs, la Tunisie est signataire de la plupart des conventions internationales relatives à la préservation de l’environnement et de la santé publique, comme celles de l’Organisation mondiale du travail (OIT) ou de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Or, la plupart des normes internationales considèrent un niveau de 85 décibels comme une limite au-delà de laquelle il y a nuisance. Il y a aussi la résolution n° 1776 pour la protection contre la pollution sonore et lumineuse adoptée par le Parlement européen le 12 novembre 2010.

Si la décision de la Commission régionale de prévention et de lutte contre les catastrophes naturelles s’est attaquée à la source même du tapage nocturne, les fêtes nocturnes organisées jusqu’au petit matin pour les mariages dans des résidences privées et les cortèges de mariage escortés par des motos rodéos, on ne peut que s’en réjouir.

Quand au moins 5 espaces privés à Sidi Bou Saïd (sans les citer) organisent des fêtes et des mariages privés particulièrement en été, imaginons le résultat : 100 voitures traversent le village à chaque fête. Cela fait 500 voitures en 5 soirées. À multiplier par la quantité de CO2 et de décibels dégagés ainsi qu’avec le nombre de vibrations provoquées. On mesure l’impact à la longue sur l’environnement. Voilà pourquoi j’approuve et soutiens personnellement cette mesure de lutte contre les agressions sonores.

De plus, avec tous ces véhicules en moins, la colline sera soulagée et le risque d’érosion sera moindre.

Quand la municipalité siffle la fin de la récréation, de l’anarchie, du sur-tourisme et du laisser-aller général, et bien, il faut l’encourager.

Les gens se plaignent bien du désordre et quand des efforts sont faits pour rétablir l’ordre, il ne faut pas s’en plaindre, mais plutôt applaudir.

Il s’agit là d’une décision officielle prise au niveau d’une commission régionale présidée par le gouverneur. Il faut la respecter et l’appliquer scrupuleusement.

Bien sûr, les commerçants ont le droit de protester et de défendre leur gagne-pain, en exigeant l’arrivée des voitures et des bus touristiques jusque devant leurs commerces, mais l’Etat est responsable de la sécurité de tous et ne peut légiférer dans un esprit corporatiste ou au plus près d’intérêts particuliers.

* Citoyen de Sidi Bou Saïd.

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Gestern — 28. Januar 2026Haupt-Feeds

Jean-Claude Versini | Quête et enquête à Sidi Ali El Mekki

28. Januar 2026 um 11:44

Malgré la consonance étrangère du nom, l’auteur de ces deux romans dont il est ici question est un enfant du pays. En effet, Jean-Claude Versini, qui appartient à une grande famille corse, né en 1939, et a grandi, parmi nous, en Tunisie, et précisément, à Porto Farina (Ghar El-Melh) où son père occupait, à l’époque, la fonction de gardien du «Fort de Lazaret».

Salah El Gharbi *

Même si le jeune homme quitta la Tunisie après l’indépendance et qu’il s’engagea dans la Marine française, il garda en lui la nostalgie du pays, témoin de son enfance et de sa jeunesse, mais aussi, de son premier amour.

Etant accaparé par ses responsabilités, aussi bien familiales que professionnelles, il fallait attendre les années quatre-vingts, lors d’une visite d’affaires au pays, pour que, l’esprit stimulé par les réminiscences de l’enfance et par les souvenirs des êtres et des lieux, pour que Jean-Claude Versini se laissât enchanter et se décider à revenir se ressourcer dans ce ravissant petit coin de notre pays.

A la recherche du temps perdu

Depuis, rendre visite à Ghar El-Melh, devint une sorte de pèlerinage annuel, l’occasion de retrouver les vieux copains et d’aller sur les traces de sa jeunesse, à la recherche du temps perdu, jusqu’au jour où cette âme artiste se décida de ravir cette nostalgie à l’épreuve du temps. Et ce fut le début d’une expérience éditoriale avec la publication de deux récits autobiographiques : ‘‘L’enfant du Lazaret’’ (2007), œuvre qui allait être adaptée au cinéma en 2017, par Kamel Ben Ouanes, (‘‘Kantaoui-Films’’) et ‘‘Bizerte, les ados de l’Indépendance’’, récit paru aux éditions Nirvana, en 2009.

Après ‘‘Pavlo’’, paru en 2023, dont l’action a pour cadre la guerre en Ukraine, rendue à travers le témoignage d’un jeune adolescent, condamné à s’exiler en Pologne, Versini enchaîne avec ‘‘Enquêtes dans la neige et le sable’’ (Ed. Le livre et la plume, 2025). Cet ouvrage captivant comporte le récit de deux intrigues policières. Si la première, ‘‘Meurtre dans le Vercors’’, dont l’action a lieu à une trentaine kilomètres d’Autrans, tourne autour de la mystérieuse mort d’une femme, la seconde, (‘‘L’affaire de l’A7’’), a pour cadre la Tunisie, et précisément, le Cap Sidi Ali El Mekki.

Avec la seconde «affaire», le cadre s’élargit et la crise prend une plus grande ampleur puisqu’il est question du kidnapping de la fille de l’ambassadeur de France à Tunis, de trafic de cocaïne, et d’une intrigue complexe dans laquelle se trouvent impliqués des personnages appartenant à des plusieurs nationalités.

Un monde de paix, d’amitié et de concorde

Dans ces deux récits d’enquêtes policières, tout en cherchant à alimenter l’intérêt dramatique, l’auteur nous plonge dans deux univers où les différences culturelles sont dépassées au profit d’une sorte de complicité fraternelle. Ainsi, dans la petite commune du Vercors, le cadre du premier récit, l’auteur met en évidence l’entente cordiale et la confiance qui lient entre le Commandant Aurore Poggi (un nom d’origine corse) et son collègue le Capitaine Moncef et qui vont contribuer au succès de leur entreprise. De même, dans le deuxième récit, c’est la coopération aussi bien, entre les institutions française et tunisienne qu’entre les personnes originaires des deux pays qui va contribuer à la résolution de la crise.

Avec ‘‘Pavlo’’, comme avec les ‘‘Enquêtes…’’, tout en offrant à ses lecteurs, deux récits époustouflants, conduits avec minutie, Versini plaide en faveur d’un monde de paix où régneraient l’amitié et la concorde.

De même, en choisissant de situer ces deux intrigues policières, l’une au Vercors, lieu de résidence de l’auteur et l’autre au Cap Sidi Ali El Mekki, Versini semble chercher à rendre hommage à ces deux lieux chers à son cœur. Ainsi, c’est à travers la fiction, qu’il choisit non seulement à nous offrir une leçon de fraternité, mais aussi, à dépasser la distance qui sépare les Alpes et leurs forêts des rivages de Porto Farina. C’est sa manière de réconcilier en lui-même, deux «moi», celui de l’enfant et de l’adolescent d’antan avec l’homme qu’il est devenu, un être plein de générosité et de talent.

* Romancier et essayiste.

‘‘Pavlo’’, Ed. Le livre et la plume, 2023.

‘‘Enquête dans la neige et le sable’’, Ed. Le livre et la plume, 2025.

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Le nettoyage ethnique bat son plein en Cisjordanie

28. Januar 2026 um 10:08

Alors que les foyers de tension, les conflits armés et les crises ne se comptent plus dans le monde et pendant que les yeux sont rivés sur le Groenland que Donald Trump veut annexer et sur l’Iran sur laquelle il maintient une pression maximale, le gouvernement israélien qui fait subir aux Gazaouis l’enfer est simultanément en train de laisser les colons déchaînés se livrer au nettoyage ethnique des Palestiniens en Cisjordanie. (Photo : Des Colons armés israéliens chassent des Palestiniens de leurs leurs maisons à Ras Ein al-Auja, Cisjordanie.)

Imed Bahri

Le journal israélien Haaretz a publié une enquête documentant l’accélération sans précédent de la colonisation et du déplacement forcé dont sont victimes les Palestiniens de Cisjordanie.

Cette enquête est le fruit d’une visite de terrain organisée par l’organisation israélienne de défense des droits humains Peace Now (La Paix Maintenant) pour un groupe de journalistes de Haaretz. L’objectif était de les informer sur la situation dans des zones de Cisjordanie souvent négligées par les médias.

Le journaliste Moshe Gilad présente des témoignages directs de la Cisjordanie occupée révélant une réalité faite de déplacements forcés de Palestiniens, de l’expansion des colonies israéliennes et ce que les organisations israéliennes opposées à l’occupation qualifient d’annexion de facto de terres sans déclaration officielle.

Une interminable Nakba

L’enquête s’ouvre sur une scène humanitaire déchirante dans la région de Ras Ein al-Auja, au nord d’Ariha (Jéricho), où des familles palestiniennes démantelaient leurs maisons et emportaient leurs maigres possessions en prévision de leur départ, une scène que Gilad a comparée à la Nakba de 1948.

Les images de sa visite sur place dépeignent une réalité amère. Des familles palestiniennes sont contraintes de rassembler leurs maigres biens et de partir vers un avenir incertain, sous la menace constante des attaques quotidiennes des colons.

«La scène à notre arrivée était horrible. Des gens rassemblaient leurs quelques affaires et partaient ailleurs. Des hommes peinaient à charger un grand four lourd et deux autres démontaient des murs blancs apparemment destinés à la construction d’une maison dans un lieu inconnu», a décrit le journaliste, ajoutant que ce qu’il avait vu lui avait donné des frissons.

Si Gilad reconnaît que le déplacement est toujours douloureux, il décrit l’atmosphère à Ras Ein al-Auja comme empreinte de désespoir car personne ne savait avec certitude où aller. «Peut-être dans la zone (A) en Cisjordanie», ont dit certains.

L’enquête indique que les déplacements de population ne sont pas seulement le fait de l’armée mais aussi d’une stratégie d’étranglement économique et d’intimidation pratiquée par des colons souvent mineurs et des groupes organisés bénéficiant d’une couverture politique officielle.

«Le pire nettoyage ethnique de l’histoire»

Gilad a noté que la seule personne à s’être exprimée auprès des journalistes de Haaretz était le militant israélien Amir Pansky qui a décrit la situation dans la zone C comme «le pire nettoyage ethnique de l’histoire», filmé en direct. Des crimes sont commis contre des bergers appauvris et privés de ressources essentielles comme les pâturages et l’eau.

Pansky a révélé la présence de centaines de colons dans la zone qui agissent comme une armée. Il a ajouté que tout est planifié et organisé sans aucune improvisation, soulignant que des actes de violence quotidiens et des attaques documentées restent impunis.

Plus tôt ce mois-ci, des informations ont indiqué que plus de 20 familles palestiniennes du village bédouin de Ras Ein al-Auja, dans le centre de la Cisjordanie occupée, ont été contraintes de partir en raison des attaques continues des colons.

Des organisations de défense des droits humains ont signalé que 26 familles ont quitté le village qui abritait depuis des décennies environ 700 personnes issues de plus de 100 familles.

Elles ont expliqué que les familles contraintes de partir jeudi dernier se sont dispersées dans la région à la recherche de refuges plus sûrs, tandis que plusieurs autres familles se préparaient pour quitter le village dimanche.

Les «routes de l’apartheid»

Parallèlement, un mouvement de colonisation s’intensifie, qualifié par les observateurs du mouvement Peace Now d’annexion renforcée. Ces trois dernières années, la Cisjordanie a vu la création d’une centaine de nouvelles fermes de colons dont l’objectif n’est pas tant d’accroître le nombre de colons que de s’accaparer des milliers de dounams (unité de mesure de surface agraire couramment utilisée au Moyen-Orient, équivalant à 1 000 mètres carrés, soit 0,1 hectare) de terre.

Cette prédation, selon Haaretz, s’accompagne de budgets colossaux consacrés à la construction d’un réseau routier distinct, désormais appelé «routes de l’apartheid», destiné à relier les colonies et à faciliter les déplacements des Israéliens, tout en isolant complètement les communautés palestiniennes et en restreignant leurs mouvements derrière des grilles et de longs détours.

Gilad cite deux militants de Peace Now, Hagit Ofran et Yoni Mizrahi, qui affirment avoir du mal à suivre le rythme des changements survenus en Cisjordanie ces derniers mois. Ils confirment que presque chaque semaine, un ou deux nouveaux avant-postes sont établis.

D’après Ofran et Mizrahi, ces trois dernières années ont été marquées par une accélération des expulsions de résidents palestiniens, la construction de centaines de kilomètres de routes et un afflux massif de fonds dans les colonies.

Les données présentées dans l’enquête révèlent l’ampleur de l’expansion des colonies. On compte aujourd’hui 147 colonies et 191 avant-postes non autorisés, abritant quelque 478 000 colons qui cherchent à imposer leur souveraineté sur 2,8 millions de Palestiniens.

Sous le gouvernement actuel, et notamment sous l’impulsion du ministre des Finances Bezalel Smotrich, la construction de 40 000 nouveaux logements a été approuvée rendant plus que jamais impossible la concrétisation de la solution à deux États.

Fin 2018, Smotrich a annoncé l’allocation de plus de 1,1 milliard de shekels (375 millions de dollars) à un nouveau plan de colonisation visant à consolider les colonies existantes ou à en créer de nouvelles. Ce budget comprend 660 millions de shekels (296 millions de dollars) pour la création de 17 nouvelles colonies et 338 millions de shekels (106 millions de dollars) pour le développement de 36 avant-postes agricoles et de colonies.

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Les manuels scolaires tunisiens sont-ils imprégnés de rhétorique antisémite ?

28. Januar 2026 um 09:36

Selon un rapport de l’Institut pour le suivi de la paix et de la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire (Impact-se), il y aurait «un fossé important entre les réformes sociales modernes et la persistance d’une rhétorique antisémite» dans les manuels scolaires tunisiens, rapporte le journal Times of Israel. (Ph. Manifestation propalestinienne à Tunis).

L’étude a examiné et analysé 80 manuels scolaires, du CP à la Terminale, dans de nombreuses matières, en les comparant aux normes de l’Unesco en matière de paix et de tolérance dans l’éducation et a «constaté que si la Tunisie promeut avec succès l’égalité des sexes et la tolérance interculturelle, ces valeurs sont appliquées de manière sélective», écrit le journal israélien, qui évoque ce qu’il qualifie de «stéréotypes inquiétants» en présentant les Juifs comme «avides et conspirateurs».

«Un manuel scolaire de première (11e année) dépeint un marchand juif comme fourbe, affirmant que de tels traits sont inhérents à tous les Juifs», écritTimes of Israel, qui relève, par ailleurs, dans les manuels, une hostilité envers Israël comme un thème récurrent. «Le programme scolaire présentant le sionisme comme un projet colonialiste et désignant Israël comme ‘‘l’entité sioniste’’», s’émeut l’auteur de l’article, qui feint d’ignorer les centaines de massacres commis par l’Etat d’Israël, depuis sa fondation, en 1948, et même bien avant, contre la population palestinienne dont il a confisqué les terres et les biens.

Tout en dénonçant l’amalgame entre Israéliens et Juifs, comme celui entre musulman et terroriste, ou Palestiniens et terroristes, dont pullulent les médias et les manuels scolaires israéliens, nous ne pouvons que stigmatiser, à notre niveau, le fait colonial israélien, dénoncer les crimes de guerre commis par Israël, par ailleurs condamnés par la Cour internationale de justice, et réaffirmer haut et fort, dans nos médias et nos manuels scolaires, le droit des Palestiniens à un Etat libre sur leur territoire historique.

Israël pourra continuer à massacrer les Palestiniens et à imposer sa colonisation par les armes généreusement fournies par les pays occidentaux, mais son narratif colonial ne passera jamais, en tout cas pas en Tunisie et dans les autres pays arabes qui considèrent l’Etat hébreu comme une «tumeur maligne» dans le corps du monde arabe. 

Latif Belhedi

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La Tunisie cherche à faciliter une solution politique en Libye

28. Januar 2026 um 08:50

La volonté de la Tunisie d’accueillir des réunions de haut niveau avec la participation de toutes les parties prenantes libyennes afin de promouvoir un cadre global et inclusif pour une solution politique à la crise dans ce pays est soutenue par les parties états-uniennes et nord-africaines.

Latif Belhedi

«Seuls les Libyens sont capables de déterminer leurs propres choix, conformément à la volonté du peuple libyen», a déclaré le président de la république Kaïs Saïed, selon un communiqué du Palais de Carthage publié le 26 janvier 2026. La Tunisie qui propose sa médiation entre les parties à la crise libyenne, offre d’accueillir un processus inclusif afin que «les Libyens puissent librement choisir leur avenir», a ajouté Saïed, qui a souligné, lors de deux rencontres distinctes, le même jour, avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et son homologue égyptien, Badr Abdelatty, que la Tunisie «possède toutes les capacités et l’expertise nécessaires pour traduire la volonté du peuple libyen en réalité».

Une conférence inter-libyenne à Tunis

S’adressant au ministre algérien, Saïed a réaffirmé la position adoptée par la Tunisie depuis 2020, selon laquelle «la solution à la crise en Libye ne peut être que libyenne-libyenne». Le chef de l’État a également noté que «l’internationalisation des questions nationales ne fait que les compliquer davantage », précisant que «les consultations sont importantes, mais elles ne constituent pas une fin en soi, mais plutôt un outil pour aider le peuple libyen à réaliser ses aspirations, car il est le seul à pouvoir décider de son propre destin sans ingérence extérieure». Le chef de l’État a expliquéà Attaf que, selon lui, « seuls les Libyens sont capables de prendre leurs propres décisions conformément à la volonté du peuple libyen », réaffirmant « l’engagement de la Tunisie envers l’unité, la sécurité et la stabilité de la Libye ».

Le peuple libyen est «capable de construire lui-même l’avenir qu’il souhaite», a déclaré le président tunisien, recevant le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelaty, au palais présidentiel de Carthage. Il a confirmé que la situation en Libye est «une question exclusivement nationale, et non internationale». Selon le président tunisien Saïed, «l’administration en place depuis 2011 n’a pas répondu aux aspirations du peuple libyen en matière de sécurité, d’unité et de stabilité». Dans ce contexte, le chef de l’État a réaffirmé «la volonté de la Tunisie d’accueillir une conférence inclusive, où les Libyens pourront librement choisir les solutions qu’ils jugent les plus appropriées».

Les Etats-Unis à la manœuvre

L’importance de trouver une solution politique interne en Libye, par le consensus et le dialogue entre les différentes composantes de la scène politique, était également au cœur des discussions entre le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Ali Nafti, et le conseiller principal du président américain Donald Trump pour les affaires arabes, le Moyen-Orient et l’Afrique, Massad Boulos, le 26 janvier, lors d’une visite officielle en Tunisie après des passages à Tripoli et Benghazi.

La Tunisie, selon un communiqué de presse, a confirmé «son engagement à continuer de soutenir les efforts visant à parvenir à l’accord politique nécessaire en Libye».

Dans ce contexte, M. Boulos a exprimé son soutien à la réunion du Mécanisme consultatif tripartite sur la Libye avec l’Égypte et l’Algérie. Kyle Liston, secrétaire d’État adjoint par intérim pour l’Afrique du Nord et la péninsule arabique, David Linfield, chef de cabinet de M. Boulos, et Bill Bazzi, ambassadeur des États-Unis en Tunisie, ont participé à cette réunion. Suite à l’arrivée récente de l’ambassadeur Bill Bazzi à Tunis, «les États-Unis se réjouissent de renforcer leur coopération économique et sécuritaire avec la Tunisie et de travailler ensemble à la recherche de solutions aux défis régionaux», a déclaré le conseiller du président Trump dans un message publié sur X, avant de quitter Tunis pour Alger.

Par ailleurs, Nafti, Attaf et Abdelatty ont publié une déclaration commune à l’issue de la réunion tripartite qui s’est à Tunis, en présence de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Libye et cheffe de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul), Hannah Tetteh.

Unité territoriale et protection des ressources

Dans leur déclaration, les trois ministres ont souligné que «l’intérêt suprême de la Libye et des Libyens est au cœur du processus tripartite, qui vise à soutenir et à renforcer tous les efforts régionaux et internationaux pour répondre aux aspirations du peuple libyen grâce à une solution politique globale garantissant l’unité du territoire et la protection des ressources nationales». Ils ont réaffirmé que «la pleine appropriation du processus politique par le peuple libyen est un principe fondamental et inviolable, et que la solution doit être menée par les Libyens, sans exclure aucune partie». Ils ont précisé que l’objectif ultime est de «construire un État uni doté d’institutions stables, capable d’assurer la sécurité, le développement et la prospérité, ainsi que de préserver les ressources du pays».

Plus précisément, Nafti, Attaf et Abdelatty ont appelé toutes les parties libyennes à «privilégier le dialogue, à surmonter les divisions et à œuvrer pour l’unification des institutions militaires et de sécurité», tout en soutenant les travaux du Comité militaire conjoint.

Les ministres tunisien, algérien et égyptien ont également appelé à «intensifier les efforts pour organiser des élections présidentielles et législatives simultanées, mettre fin aux divisions et renforcer les institutions de l’État ».

La déclaration en douze points souligne la nécessité de préserver la Libye des rivalités régionales et internationales et de rejeter toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures, afin de permettre aux Libyens de définir et d’approuver librement leurs propres accords. Dans ce contexte, l’appel au retrait des mercenaires et des combattants étrangers de tout le territoire libyen a été réitéré. Les ministres ont également exprimé leur volonté de «consulter les dirigeants libyens» et ont insisté sur l’importance de «renforcer les liens économiques internes pour favoriser un développement socio-économique global», créant ainsi un «environnement propice» à la conclusion d’un accord politique.

Enfin, la déclaration souligne que «la sécurité et la stabilité de la Libye sont étroitement liées à la sécurité arabe et à la stabilité de la région sahélienne», et appelle à une intensification des consultations et de la coordination régionales.

Les ministres des trois pays voisins de la Libye ont également réitéré la nécessité d’un «plan d’action clair pour une solution politique libyenne-libyenne sous les auspices des Nations Unies, avec des phases définies et intégrant toutes les mesures pratiques demandées par le peuple libyen».

La volonté de la Tunisie d’accueillir des réunions de haut niveau avec la participation de toutes les parties prenantes libyennes afin de promouvoir un cadre global et inclusif pour une solution politique à la crise a également été saluée.

La Libye demeure plongée dans une profonde instabilité politique et institutionnelle, caractérisée par la présence de deux centres de pouvoir parallèles et parfois opposés, l’un à l’ouest (Tripoli) et l’autre à l’est du pays (Benghazi), et par l’absence d’une autorité centrale unifiée. Le processus politique mené par l’Onu progresse lentement, tandis que les groupes armés, les acteurs extérieurs et les intérêts régionaux continuent d’influencer le paysage sécuritaire. Malgré des périodes de calme relatif, des tensions latentes persistent, de même que des difficultés à organiser des élections nationales et un équilibre fragile qui rend incertaine la voie vers une stabilisation durable.

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Des centaines de migrants portés disparus en Méditerranée centrale

28. Januar 2026 um 08:07

Des centaines de migrants pourraient être portés disparus en mer ou présumés morts suite à plusieurs naufrages meurtriers survenus ces derniers jours en Méditerranée centrale, a averti l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

L’OIM s’est dite «profondément préoccupée» par ces informations. «Plusieurs embarcations seraient impliquées dans ces naufrages au cours des dix derniers jours, et les premières informations laissent penser que des centaines de personnes pourraient être portées disparues en mer ou présumées mortes», indique l’organisation dans un communiqué publié lundi 26 janvier 2026.

L’OIM a averti que les conditions météorologiques difficiles entravaient considérablement les opérations de recherche et de sauvetage. Son porte-parole, Jorge Galindo, a déclaré que «trois naufrages avaient été signalés les 23 et 25 janvier», faisant potentiellement au moins 104 victimes.

Les embarcations concernées auraient quitté la Tunisie et la Libye, selon Merna Abdelazim, analyste de données au sein du Projet Migrants Disparus de l’OIM.

L’OIM a indiqué être encore en train de vérifier les informations, mais a confirmé trois décès à Lampedusa, en Italie, à la suite d’une opération de recherche et de sauvetage d’une embarcation partie de Sfax, en Tunisie. «Parmi les victimes figurent des jumelles d’environ un an, décédées d’hypothermie peu avant le débarquement», précise le communiqué, ajoutant qu’un homme est également décédé d’hypothermie.

Des rescapés de la même opération ont rapporté qu’une autre embarcation, partie du même endroit au même moment, n’était jamais arrivée à destination.

L’agence enquête également sur la disparition de neuf embarcations parties de Tunisie entre le 14 et le 21 janvier, avec au total environ 380 personnes à bord.

«On craint déjà que des centaines de personnes soient portées disparues au cours des premières semaines de 2026», indique le communiqué de l’OIM, prévenant que «le bilan final pourrait être bien plus lourd».

«Bien que l’OIM soit toujours en attente de confirmation officielle, l’ampleur du nombre de victimes signalées laisse présager une nouvelle tragédie majeure en Méditerranée centrale», a déclaré l’agence.

Ces incidents, survenus alors que le cyclone Harry frappait la Méditerranée, «soulignent une fois de plus les conséquences mortelles des réseaux de passeurs et de trafiquants de migrants qui continuent d’opérer en toute impunité, envoyant délibérément des personnes en mer sur des embarcations surchargées et de mauvaise qualité», a déclaré l’agence.

«Le transport de migrants sur des embarcations surchargées et de mauvaise qualité constitue un acte criminel», a-t-elle insisté.

«Organiser des départs alors qu’une violente tempête s’abattait sur la région rend ce comportement encore plus répréhensible, car des personnes ont été sciemment envoyées en mer dans des conditions les exposant à un risque de mort quasi certain», a-t-elle ajouté.

Ces derniers incidents, a-t-elle précisé, «mettent en évidence l’urgence pour la communauté internationale d’intensifier ses efforts pour démanteler ces réseaux criminels et prévenir de nouvelles pertes de vies humaines».

L’OIM a souligné que la Méditerranée centrale demeure le couloir migratoire le plus meurtrier au monde, avec au moins 1 340 personnes qui y ont perdu la vie rien que l’année dernière.

Entre 2014 et fin 2025, plus de 33 000 migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée, selon le projet Migrants disparus de l’OIM.

I. B.

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A La Marsa | «Peintres européens du XXᵉ siècle en Tunisie»

28. Januar 2026 um 07:46

La Galerie d’art Alexandre Roubtzoff, sise au 12 rue Imam Abou Hanifa, Marsa Plage, présente une exposition consacrée aux «Peintres européens du XXᵉ siècle en Tunisie». Le vernissage est fixé au samedi 31 janvier 2026 à 18 heures et les œuvres resteront exposées jusqu’au 18 février 2026.

Outre le peintre franco-russe Alexandre Roubtzoff (1884–1949), l’exposition propose des œuvres de Natacha Markoff (1911–2008), Maurice Picard (1886–1941), Camille Leroy (1905–1995), Pierre Gourdault (1880–1915), Georges Massa (1917–2013), Léo Nardus (1868–1955), Raymond Feuillatte (1901–1971), Émile Leuze-Hirschfeld (1884–1973), Louise‑Marie Peyer (1897–1975), Lionello Lévy (1921–1992), Émile Compard (1900–1977), Lucien Charles Timsit (1910–2007), André Delacroix (1878–1934), Gaétan Mifsud (1905–1990), Albert Marquet (1875–1947), Félix Guyot‑Guillain (1878–1960), Ernest Guérin (1887–1952), Georges Le Mare (1866–1942) et Robert Hue (1909–1977).

Ces artistes européens ont été profondément séduits par la lumière unique de la Tunisie, par la richesse et la diversité de ses paysages des médinas animées aux ports baignés de soleil, des plages aux scènes de vie quotidienne ainsi que par le mode de vie tunisien, fait de simplicité, de convivialité et d’un rapport direct à la nature. Cette immersion a profondément nourri leur inspiration et a durablement marqué leur langage plastique, donnant naissance à des œuvres sensibles, lumineuses et empreintes d’authenticité.

Les œuvres exposées proviennent de collectionneurs passionnés, qui ont patiemment constitué leurs ensembles au fil des années, guidés par l’amour de l’art, le respect des artistes et un regard averti.

Réunies avec soin et discernement tout au long de leurs vies, ces œuvres forment aujourd’hui un corpus cohérent et rare, offrant un témoignage exceptionnel de la rencontre artistique et humaine entre l’Europe et la Tunisie au XXᵉ siècle, et mettant en lumière le rôle essentiel de la Tunisie comme terre d’inspiration, de création et de dialogue culturel.

L’exposition cherche à partager ce parcours artistique unique et à faire admirer des œuvres qui reflètent la beauté et la richesse culturelle de la Tunisie.

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Sidi Bou Saïd | D’une gestion d’urgence à un plan d’action structurel 

27. Januar 2026 um 13:21

La colline de Sidi Bou Saïd, l’un des sites les plus emblématiques de la région de Tunis et un haut lieu du patrimoine architectural et paysager tunisien, est de nouveau la proie des intempéries et de l’instabilité du terrain. Suite aux fortes pluies tombées la semaine dernière sur le nord et le centre de la Tunisie, provoquant des inondations et d’importants dégâts matériels, la municipalité du village arabo-andalous a averti les habitants des risques de glissements de terrain et de coulées de boue.

Le colonel Mounir Riabi, directeur régional de la Protection civile, a tiré la sonnette d’alarme quant à la fragilité persistante du terrain et à la menace que représentent les mouvements de terrain pour les habitations et les habitants, d’autant que de nouvelles vagues de fortes pluies attendues au cours des prochains jours pourraient aggraver la situation.

Les interventions ponctuelles ne suffisent plus et une approche globale est nécessaire, s’appuyant sur des études géotechniques approfondies, des solutions robustes et une surveillance continue de la zone, a souligné le colonel Riabi.

Ces derniers jours, plusieurs familles ont dû quitter temporairement leur domicile par mesure de sécurité, tandis que les fortes pluies ont mis en évidence la vulnérabilité du versant et la forte exposition de la zone à l’instabilité hydrogéologique.

La zone la plus à risque semble être le versant de la colline surplombant la mer, où se trouve la célèbre villa de l’ancien baron d’Erlanger, classée monument historique et abritant, depuis 1991, le Centre des musiques arabes et méditerranéenne (Cmam).

Parallèlement, la municipalité de Sidi Bou Saïd a annoncé des fermetures préventives de routes «jusqu’à nouvel ordre», interdisant la circulation des véhicules et des piétons sur certains tronçons jugés les plus vulnérables.

Ces restrictions interviennent dans un contexte météorologique qui, dans la région du Grand Tunis et le nord-est du pays, a provoqué des inondations localisées, des perturbations du trafic et des glissements de terrain, nécessitant le renforcement des équipes de protection civile.

Les intempéries ont été particulièrement violentes et l’Institut météorologique national a émis de multiples alertes, avec des niveaux élevés dans plusieurs régions, signalant des conditions exceptionnelles et un impact important sur les infrastructures de drainage.

Géologiquement, Sidi Bou Saïd repose sur un système de pentes côtières et de falaises sensibles à la saturation en eau : l’eau de pluie, s’infiltrant dans le sous-sol, augmente la pression interstitielle et réduit la friction interne, favorisant les glissements de terrain, en surface ou en profondeur, notamment là où le réseau de drainage est insuffisant ou en présence de charges urbaines et de vibrations liées à la circulation.

Ce n’est pas une situation inédite et le phénomène est connu depuis plusieurs décennies. Les services de protection civile et les autorités locales indiquent qu’il est nécessaire de passer d’une gestion d’urgence à un plan d’action structurel : consolidation ciblée, drainage en profondeur, réduction des facteurs d’instabilité et surveillance continue des déformations du sol, afin de prévenir que de nouvelles pluies ne déclenchent des glissements de terrain plus importants dans cette zone densément urbanisée à forte valeur touristique.

Dans l’attente de décisions opérationnelles et de financements, les autorités continuent d’appeler à la prudence : limiter les déplacements dans les zones réglementées, respecter les consignes municipales et signaler rapidement toute fissure, tout affaissement et toute anomalie du sol pouvant annoncer de nouveaux glissements de terrain.

I. B.

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Tunisie | Évasion de poissons des installations aquacoles

27. Januar 2026 um 12:48

Les fortes vagues et l’instabilité atmosphérique liées au cyclone méditerranéen «Harry» auraient endommagé plusieurs cages d’élevage au large de la presqu’île du Cap Bon, en Tunisie. Ce phénomène a provoqué la fuite des poissons d’élevage vers la mer et entraîné une augmentation des prises le long de la côte nord-est tunisienne.

Les pêcheurs de Nabeul, Hammamet (Cap Bon) et Ghar El Melh (entre Tunis et Bizerte) ont récemment enregistré des prises exceptionnellement importantes d’espèces aquacoles courantes, notamment le bar, la dorade et le maigre, tandis que les prix de détail ont chuté brutalement, estimés à environ 10 dinars le kilo.

Les mêmes sources attribuent ce phénomène aux dégâts subis par les cages flottantes, les systèmes d’ancrage et les filets des fermes piscicoles de la région, endommagés par les fortes vagues et les vents violents des récentes tempêtes.

De nombreux messages circulent sur les réseaux sociaux faisant état de ventes et de témoignages sur des poissons «s’échappant des cages» après la tempête, notamment le long du littoral entre Cap Bon et la zone de Ghar El Melh.

Le cyclone méditerranéen «Harry» a frappé la Tunisie la semaine dernière, provoquant de fortes pluies, des rafales de vent et des problèmes hydrogéologiques dans plusieurs régions du nord et du centre, incitant les autorités à renouveler leurs appels à la prudence. À l’heure actuelle, aucune estimation officielle n’est disponible concernant l’étendue des dégâts causés aux installations aquacoles ni la quantité de poissons qui se sont échappés en mer.

I. B.

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UGTT | Du tournant historique de 1978 à l’impasse bureaucratique de 2026

27. Januar 2026 um 11:23

Aujourd’hui plus que jamais, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) doit choisir : l’autonomie réelle et le conflit social assumé, ou l’effacement progressif. Entre le tournant historique du 26 janvier 1978 et l’impasse du 21 janvier 2026, la centrale syndicale donne à voir une transformation profonde de son rapport à la mobilisation, au pouvoir et à elle-même. Le prochain congrès de mars 2026 sera-t-il capable de tourner la page ? (Ph. Marche de l’UGTT à Tunis le 21 août 2025).

Moncef Ben Slimane *

Le 26 janvier 1978 demeure l’un des épisodes les plus symboliques de l’histoire sociale et politique de notre pays. Cette date correspond à la première grève générale nationale déclenchée par l’UGTT, annonçant une rupture ouverte avec le pouvoir destourien.

Rappelons qu’à la fin des années 1970, la politique économique libérale menée par le gouvernement de Hédi Nouira provoqua une nette détérioration du pouvoir d’achat et accentua les inégalités entre ceux qui ont profité du climat affairiste et ceux en qui ont payé les conséquences sociales.

Face à l’échec des négociations salariales et aux pressions croissantes exercées sur ses militants et ses structures, l’UGTT décida alors de recourir à la grève générale.

Les semaines qui précèdent le 26 janvier 1978, date de la grève, voient le pouvoir mobiliser tous ses moyens contre la centrale syndicale. Des attaques de commandos appartenant à la milice du Parti socialiste destourien (PSD) sont lancées contre les locaux des Unions régionales : comme à Tozeur le 20 janvier, à Sousse le 21 et à Zaghouan le même jour.

Le 20 janvier, le Comité central du PSD adopte une résolution qui constitue une véritable déclaration de guerre à la liberté syndicale. Le texte est sans ambiguïté : le PSD et le gouvernement posent un ultimatum à l’UGTT, sommée de «purger ses rangs» de plusieurs dizaines de responsables jugés indésirables par les autorités.

Sur le plan médiatique, les journaux La Presse et Al Amal des mercredi 25 et jeudi 26 janvier 1978 publient des articles incendiaires. La radio et la télévision multiplient les appels aux militants du PSD «afin qu’ils descendent dans la rue et brisent par tous les moyens la grève».

Pour que les choses soient parfaitement claires, les médias précisent à l’intention de ces «militants du parti» que «la police sera, le 26 janvier, à leur disposition pour les aider à briser ce mouvement insurrectionnel qui vise à détruire le régime et à s’emparer du pouvoir».

Dès l’après-midi du 25 janvier, le siège de la rue Mohamed Ali est encerclé par des forces de police lourdement armées. Près de 200 dirigeants et responsables syndicaux, retranchés à l’intérieur, sont empêchés de sortir jusqu’à l’aube du 27 janvier, moment où ils sont tous arrêtés et conduits dans les locaux du ministère de l’Intérieur.

L’état d’urgence est proclamé le jour même. Il restera en vigueur jusqu’au 20 mars 1978.

Le secrétaire général de l’UGTT, Habib Achour, est arrêté le 28 janvier, tout comme 240 responsables et dirigeants syndicaux.

Le 2 février, des éléments exclus de l’UGTT depuis plusieurs années pour certains, et pour d’autres n’y ayant jamais appartenu, se réunissent avec Tijani Abid, seul «rescapé»  du Bureau exécutif (BE), qui a trahi son organisation. Ils proclament la mise en place d’un «BE provisoire».

Le 25 février est organisé un «Congrès» dont les travaux ne durent, en tout et pour tout, que trois heures. Tijani Abid est alors élu secrétaire général.

La répression ne connaît pas de répit. Les grandes villes du pays sont paralysées. Les forces de sécurité, sous la direction de Zine El-Abidine Ben Ali, ainsi que les milices du PSD sous celle Mohamed Sayah, sont massivement engagées. Les affrontements se multiplient. Les tirs à balles réelles font près de 400 morts et plus de 2 500 blessés.

Si la grève générale du 26 janvier 1978 est violemment réprimée, ses conséquences politiques sont considérables. Elle impose durablement la question de l’autonomie syndicale au cœur du débat national et annonce les grandes mobilisations sociales qui secoueront la Tunisie, plus tard en 1986, et jusqu’à nos jours.

La résistance des «légitimes» face à «l’UGTT officielle»

La grève générale du 26 janvier 1978 s’inscrit profondément dans la mémoire collective comme la date de la rupture entre le pouvoir et le mouvement syndical. Elle rappelle, à une échelle plus large, le 5 février 1972 et la lutte de l’Union générale des étudiants tunisiens (Uget) pour son autonomie. Officiellement, après le parachutage de Tijani Abid à la tête de l’UGTT, le calme est rétabli. Sur le terrain, la contestation se replie, sans pour autant s’éteindre.

Les syndicalistes qualifiés de «légitimes», par opposition aux «imposés» de l’UGTT officielle, réorganisent leur action dans la discrétion. Réseaux de coordination et de solidarité avec les victimes de la répression deviennent les principaux moyens de résistance. Plusieurs structures nationales et internationales manifestent leur soutien, parfois au prix de lourds risques.

Cette mobilisation dépasse rapidement les frontières nationales. En France, Khemais Chammari organise et anime le «Collectif du 26 janvier», qui apporte un soutien politique et financier déterminant à l’UGTT légitime et aux familles des syndicalistes emprisonnés.

Des organisations syndicales étrangères réagissent à leur tour. La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) relaie la situation tunisienne sur la scène internationale, tandis que des syndicats européens et arabes expriment leur solidarité avec l’UGTT.

Si ces actions ne modifient pas immédiatement le rapport de force, elles empêchent l’isolement total des structures légitimes de l’UGTT. Elles redonnent du souffle à une résistance qui adopte des modalités de lutte moins visibles, mais plus durables.

Les syndicalistes – dont certains issus de groupes politiques de gauche – ayant accepté de reconnaître et de «collaborer» avec le BE de Tijani Abid font fausse route et sont progressivement marginalisés.

Avec le recul, le 26 janvier apparaît comme bien plus qu’un épisode de confrontation sociale et de violence politique. Il constitue un moment de vérité, révélant les limites d’un pouvoir fondé sur la contrainte et sur l’inféodation des organisations de la société civile.

Au-delà des événements, le cœur du conflit réside dans la défense de l’autonomie de la centrale syndicale. En mettant fin à la tradition de la double appartenance à la direction de l’UGTT et au PSD, l’UGTT affirme son droit d’agir comme une organisation indépendante de l’État et du parti au pouvoir.

L’UGTT aujourd’hui : l’heure du choix

Par-delà les déclarations incendiaires ou les appels à l’unité, l’UGTT traverse aujourd’hui une crise qui engage son avenir ainsi que son passé et ses acquis. Ce qui se joue n’est pas seulement un conflit interne ou le sort d’une grève générale, mais une question autrement plus grave : l’UGTT peut-elle encore incarner une force syndicale autonome démocratique et crédible ?

Il faut d’abord souligner que le marasme dans lequel se trouve le BE de l’UGTT a été précédé d’un problème plus profond encore : le déficit de sa légitimité suite à un mandat supplémentaire obtenu, lors du «Congrès extraordinaire non électif» de juillet 2021, au prix d’un amendement — pour ne pas dire détournement — de l’article 20 du règlement intérieur, qui fixe les règles de durée et de renouvellement des responsabilités.

Ce contournement statutaire n’est pas un détail technique car il mine la crédibilité morale et syndicale de la direction et affaiblit toute décision qu’elle prend au nom des travailleurs. En manipulant ses propres règles, le BE a ouvert une brèche dangereuse : celle d’une UGTT perçue non plus comme une organisation régie par la volonté et les aspirations de ses adhérents, mais comme un appareil bureaucratique soucieux de la propre reproduction de ses dirigeants.

Les tribulations autour de la grève générale du 21 janvier 2026 sont un tournant. Présentée initialement comme une réponse légitime à l’effondrement du pouvoir d’achat et à la fermeture du dialogue social, elle a été déclarée puis suspendue et à la fin transférée au prochain congrès sans explications convaincantes pour les bases syndicales.

Est-il sérieux de demander aux congressistes de mars 2026 de décider du sort d’une grève générale alors qu’ils ne sont ni statutairement ni réglementairement habilités à le faire ? Tout responsable de l’UGTT débutant sait qu’une grève générale exige la présence dans un Conseil national ou une Commission administrative des représentants des régions et des secteurs qui sont seuls capables de la décider, de la préparer et de l’exécuter.

Ces gesticulations ont non seulement démobilisé adhérents et responsables syndicaux, mais elles ont aussi renforcé l’idée que la grève générale ne pouvait être qu’un instrument au service des pratiques bureaucratiques et des guerres de clans et de chefs.

Dans ce contexte, l’autonomie syndicale ne peut être évaluée uniquement à l’aune des déclarations des leaders du BE. Une autonomie proclamée peut parfaitement coexister avec une dépendance invisible, plus subtile mais tout aussi contraignante.

Quelles conditions pour sortir de l’impasse ?

Aujourd’hui plus que jamais, la centrale syndicale doit choisir : l’autonomie réelle et le conflit social assumé, ou l’effacement progressif.

Entre le tournant historique du 26 janvier 1978 et l’impasse du 21 janvier 2026, l’UGTT donne à voir une transformation profonde de son rapport à la mobilisation, au pouvoir et à elle-même. Le prochain congrès de mars 2026 sera-t-il capable de tourner la page ?

Ceux qui ont à cœur l’UGTT, son passé et son avenir, ne peuvent qu’espérer que cette page sombre soit véritablement et démocratiquement tournée, comme le furent celles qui l’ont précédée : la direction de Tijani Abid de 1978, le congrès de Gafsa de 1981, ou encore le soutien du BE à la candidature anticonstitutionnelle de Ben Ali en 2009.

Débloquer aujourd’hui la situation syndicale implique que l’UGTT soit capable de renouer avec son rôle national irremplaçable et indispensable au progrès du pays et du peuple tunisien.

Des centaines de milliers de syndicalistes ne se reconnaîtront jamais dans une nouvelle UGTT en mars 2026, manipulée par la bureaucratie ou ballotée par la guerre des clans et des chefs.

Croire qu’un congrès organisé à la hâte pourrait déboucher sur une nouvelle direction crédible relève de l’illusion. Un tel congrès ne produirait que de simples doublures, un clone du BE sortant.

Un dépassement sérieux et efficace de la crise exige 4 conditions :

1) le retour à l’activité et le rétablissement dans leurs droits des syndicalistes punis suite à leur opposition à l’amendement de l’article 20 ;

2) la présentation, par le BE sortant, d’un rapport moral sincère et responsable, mettant en lumière les erreurs commises et les leçons tirées ;

3) la limitation des mandats à la tête du Bureau exécutif ainsi que des structures nationales et régionales ;

4) la fin du monopole du contrôle du BE sur les avantages accordés aux responsables (voitures de fonction, primes et indemnités, honoraires d’études et d’expertise…).

Cette dernière proposition est importante, car mettra un terme au clientélisme syndical garantira l’autonomie des structures et renforcera durablement la démocratie interne de l’UGTT.

L’annonce de la date officielle de mars 2026 pour le congrès a déclenché des discours pour la consommation de masse de ceux qui vendent « une UGTT de rêve». Espérons que ce prochain rendez-vous de l’UGTT avec l’histoire, ne soit pas une lutte de listes de candidats au BE ou un compromis opportuniste sur une liste, mais qu’il soit un véritable tournant démocratique de l’UGTT.

* Ex-SG du Syndicat de l’enseignement supérieur.

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Amen Bank met l’IA au cœur de la transformation des entreprises

27. Januar 2026 um 10:42

Longtemps perçue comme une technologie réservée aux géants mondiaux, l’intelligence artificielle (IA) s’impose désormais comme un levier stratégique incontournable pour les entreprises tunisiennes. Performance, compétitivité, gestion des risques, innovation : l’IA redessine en profondeur les modèles économiques. C’est autour de ces enjeux qu’Amen Bank a réuni experts et décideurs pour une réflexion pragmatique sur l’IA au service du développement économique et financier.

Latif Belhedi

L’IA n’est plus une promesse lointaine ni un simple effet de mode. Elle est désormais au cœur des stratégies de transformation des entreprises, y compris en Tunisie. Consciente de ces mutations profondes, Amen Bank a organisé, lundi 26 janvier 2026, une rencontre stratégique dédiée à l’IA, placée sous le thème : « L’intelligence artificielle au service du développement économique et financier des entreprises tunisiennes ». Une initiative visant à dépasser le discours technologique pour explorer des usages concrets, créateurs de valeur et adaptés aux réalités du tissu économique national.

Décider mieux, anticiper plus loin 

Réunissant experts, décideurs et acteurs économiques, cette matinée d’échanges a permis de mettre en lumière le rôle croissant de l’IA comme levier de performance opérationnelle, d’optimisation des décisions et d’innovation. Au-delà du discours technologique, l’accent a été mis sur des applications accessibles et directement exploitables par les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité.

Néji Ghandri, président du directoire d’Amen Bank, a dressé un constat sans détour : « Nous vivons aujourd’hui une période de transformation profonde et rapide. Les entreprises font face à une pression croissante : durcissement de la réglementation, intensification de la concurrence, exigences accrues des clients et nécessité de prendre des décisions plus rapides et plus fiables ».

Dans ce contexte, l’IA s’impose, selon lui, comme un outil stratégique capable de transformer l’information en valeur, d’anticiper les risques et de répondre de manière plus fine aux besoins spécifiques de la clientèle. Une dynamique qui s’inscrit dans un mouvement mondial d’investissement massif. D’après les estimations de Gartner, les dépenses mondiales liées à l’IA devraient dépasser 1 500 milliards de dollars en 2025, en intégrant les infrastructures, les logiciels, les modèles, le conseil et les équipements.

« Ces investissements colossaux traduisent une attente claire en matière de retour sur investissement, mais aussi la nécessité d’arbitrages économiques précis. L’industrialisation de l’IA repose en effet sur l’équilibre entre les coûts de développement des modèles, leur exploitation à grande échelle et les besoins croissants en puissance de calcul. Un enjeu qui soulève des questions centrales pour la Tunisie, notamment en matière de cloud, d’infrastructures, de souveraineté numérique et de conformité réglementaire », a expliqué M. Ghandri.

Mais au cœur de cette transformation se trouve un actif devenu stratégique : la donnée. « Qu’elle soit opérationnelle, financière, client ou sectorielle, la donnée constitue la matière première essentielle de l’intelligence artificielle. Sa qualité, sa gouvernance, sa profondeur historique et sa sécurité conditionnent directement la fiabilité des analyses et des décisions qui en découlent. À cela s’ajoutent des exigences fortes en matière de compliance, de protection des données et de cybersécurité, désormais indissociables de tout projet d’IA », a-t-il encore précisé.

Concrètement, les applications sont déjà multiples : détection de tendances comportementales grâce au machine learning, analyse automatisée des documents et des interactions clients via le traitement du langage naturel, ou encore exploitation de volumes massifs de données rendue possible par des infrastructures GPU de plus en plus performantes. 

Pour l’économie tunisienne, ces avancées ouvrent des perspectives concrètes : meilleure anticipation des attentes clients, optimisation de la performance financière, réduction des risques, soutien à l’innovation et création de nouvelles opportunités de valeur. Mais, comme l’a souligné M. Ghandri, l’IA ne génère de valeur durable que si elle est correctement gouvernée, avec une implication forte des équipes dirigeantes.

« À travers cette initiative, Amen Bank réaffirme son rôle de partenaire de long terme des entreprises tunisiennes. Un rôle qui dépasse le simple financement pour englober l’accompagnement stratégique, l’aide à la décision et la construction collective de solutions innovantes… Notre ambition est de faire de l’intelligence artificielle un catalyseur réel de transformation et de performance», a-t-il conclu, appelant à une approche pragmatique, responsable et collaborative de l’innovation.

Agir dès maintenant…

Par ailleurs, et à l’heure où l’IA générative s’invite dans tous les discours et s’impose progressivement dans les outils du quotidien, une question centrale demeure : les entreprises sont-elles prêtes à en faire un véritable levier stratégique ?

Pour Nozha Boujemaa, experte internationale en IA, la réponse est nuancée, mais lucide : l’IA ne crée de valeur que si elle est comprise, appropriée et gouvernée avec responsabilité.

En effet, l’experte a insisté sur un principe fondamental : passer du statut de simple consommateur à celui d’acteur. Une transition qui ne s’improvise pas et qui nécessite, notamment pour les entreprises qui démarrent, un accompagnement structuré. « Se faire accompagner au départ est essentiel », souligne-t-elle, plaidant pour une externalisation intelligente, encadrée par des équipes internes réellement impliquées. L’objectif n’est pas de déléguer aveuglément à des consultants, mais de comprendre, apprendre et s’approprier progressivement les usages.

Selon Mme Boujemaa, l’histoire industrielle offre un parallèle éclairant. À l’image de certains pays qui ont d’abord importé des savoir-faire avant de développer leurs propres compétences, les entreprises doivent accepter une phase d’apprentissage, tout en veillant à ne pas rester durablement dépendantes. « Il n’y a que l’entreprise elle-même qui connaît réellement ses besoins, ses contraintes et sa culture », rappelle-t-elle.

Et contrairement aux idées reçues, l’IA générative ne se limite pas à des cas d’usage spectaculaires ou futuristes. Bien au contraire. Les applications les plus répandues aujourd’hui concernent les tâches quotidiennes : veille informationnelle, synthèse de documents, génération de rapports, recommandations, aide à la décision.

Finalement et non moins important, l’experte appelle à une responsabilité collective face à un cadre encore en construction. Standards, certifications, métriques : les repères font encore défaut à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, chaque organisation doit assumer ses choix en cohérence avec ses valeurs, ses obligations légales et son impact social.

« L’IA n’est pas une question de technologie, mais de responsabilité », conclut l’experte, appelant les entreprises à agir dès maintenant, avec discernement, pour ne pas subir demain une transformation qu’elles auraient pu anticiper.

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