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Classement Fifa | La Tunisie dégringole de 13 places

22. Juni 2026 um 13:39

L’équipe de Tunisie de football a connu une chute spectaculaire au classement Fifa, perdant 13 places d’un coup pour se retrouver 58e mondiale, suite à ses trois dernières lourdes défaites face à la Belgique en amical (0-5) et lors de ses deux premiers matches de groupe au Mondial 2026, face à la Suède (1-5) et le Japon (0-4).

Ce déclin des Aigles de Carthage, qui n’ont jamais volé aussi bas, ne s’est pas limité au niveau mondial, mais s’est également étendu au classement continental, où elle occupe désormais la 10e place en Afrique et la 5e dans le monde arabe, derrière le Maroc, l’Égypte, l’Algérie et le Qatar.

À l’inverse, l’équipe nationale marocaine a continué d’écrire l’histoire, se hissant à la 6e place mondiale, le meilleur classement jamais atteint par une équipe arabe et africaine, devant des équipes établies comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Belgique.

Cette performance souligne les progrès significatifs réalisés par le football marocain ces dernières années sur les plans du management, de la formation et des infrastructures.

Au sommet du classement mondial, l’équipe nationale argentine, championne du monde en titre, a conservé sa première place, tandis que l’Espagne et la France ont échangé les 3e et 4e places, sans changement d’identité du leader.

Rappelons que le meilleur classement Fifa de l’histoire de l’équipe nationale masculine de Tunisie est la 14e place, atteinte en avril et mai 2018. Depuis, elle n’a cessé de dégringoler, à l’image d’un football tunisien mal géré, pauvre en individualités et faible en moyens financiers.

I. B.

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CNSS | Les pensions de retraite versées avant la grève des banques

22. Juni 2026 um 13:13

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a annoncé que le versement des pensions débutera ce lundi 22 juin 2026 et ce, avant la grève de trois jours qui sera menée, les 23, 24 et 25 juin, par les employés des banques, des établissements financières et des compagnies d’assurance.

Ces derniers, regroupés au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), avaient déjà observé une grève les 3 et 4 novembre 2025, pour les mêmes revendications, qui n’ont pas été satisfaites. Ils réclament une augmentation de salaire pour 2025 et l’ouverture de négociations avec le Conseil bancaire et financier (CBF) et la Fédération tunisienne des compagnies d’assurance (Ftusa) pour l’amélioration de leurs conditions générales de travail.

I. B.

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Tunisie | Maintien de la grève des banques et des établissements financiers

22. Juni 2026 um 12:58

Le département du secteur public et des entreprises publiques de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a publié, ce lundi 22 juin 2026, un communiqué où il tient le Conseil bancaire et financier (CBF) pleinement responsable des tensions et des troubles actuels dans le secteur, résultant de l’impasse des négociations. (Photo: Meeting des employés des banques le 3 novembre 2025 devant le siège de l’UGTT à Tunis).

Le département a jugé légitime la grève prévue les 23, 24 et 25 juin par les employés des banques, des établissements financiers et des sociétés d’assurance, grève à laquelle ils affirment avoir été contraints par l’impasse où se sont trouvées les négociations et l’absence de toute véritable volonté de dialogue. Les dirigeants syndicaux ont appelé le CBF à assumer ses responsabilités nationales et à abandonner sa politique d’évitement en ouvrant un dialogue sérieux et responsable qui garantisse les droits et préserve l’équilibre.

Les tensions actuelles dépassent le simple conflit sectoriel et soulèvent la question du respect des droits syndicaux et de l’avenir du dialogue social dans notre pays, ont conclu les syndicalistes dans leur communiqué.

Rappelons que les employés du secteur bancaire et financier ont observé une première grève nationale les 3 et 4 novembre 2025, en soulignant, à l’appui de leur mouvement, la dégradation de leurs conditions sociales et la baisse de leur pouvoir d’achat. Mais leurs revendications, notamment les augmentations salariales, n’ont pas été satisfaites.

I. B.

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Mondial 2026 | La gifle des joueurs iraniens à la Fifa

22. Juni 2026 um 12:26

L’équipe nationale de l’Iran (20e au classement Fifa) a laissé un message poignant dans les vestiaires du SoFi Stadium de Los Angeles, dimanche 21 juin 2026, après son match nul et vierge contre la Belgique (9e) lors de la deuxième journée de la phase de groupes du Mondial 2026 qui se déroule aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.

Le message manuscrit, laissé par les joueurs iraniens dans les vestiaires après leur départ, disait : «Nous sommes arrivés à Los Angeles avec fierté, nous avons joué avec honneur et nous repartons avec dignité. Merci, Los Angeles, pour votre accueil. Merci à tous les Iraniens qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’Iran pendant ces 180 minutes.»

Quand on sait que les autorités américaines de l’immigration ont décidé d’interdire à l’équipe iranienne de séjourner aux États-Unis avant et après les matchs pour des raisons de sécurité (sic !), comme si les joueurs iraniens étaient de dangereux terroristes, le contenu de cette lettre revêt toute sa signification : c’est un camouflet adressés aux organisateurs de la compétition, à savoir les dirigeants de la Fifa, Gianni Infantino et sa bande de corrompus, qui ont laissé leurs hôtes américains piétiner les principes même sur lesquels le Mondial de football a été bâti, à savoir la paix et la fraternité.

I. B.

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La Tunisie se prive de ses travailleurs qualifiés au profit de l’Europe  

22. Juni 2026 um 12:00

La Tunisie vient au deuxième rang mondial parmi les pays d’origine non membres de l’Union européenne (UE) dont les citoyens ont obtenu un visa de séjour en Allemagne en 2025 en tant que travailleurs étrangers qualifiés titulaires de certificats de formation professionnelle reconnus. Doit-on s’en féliciter et y voir un intérêt des opérateurs économiques allemands pour les techniciens tunisiens, ou plutôt s’en inquiéter, comme un indicateur de l’intensification de la migration de nos jeunes médecins, ingénieurs et techniciens, médicaux et autres ?   

Latif Belhedi  

D’après un document contenant la réponse du gouvernement à une question écrite relative à l’octroi de permis de séjour aux travailleurs étrangers, posée par un parti représenté au Bundestag (Parlement fédéral), l’Allemagne a accordé 2 829 visas de séjour à des Tunisiens dans cette catégorie l’année dernière, contre 3 589 visas pour les ressortissants vietnamiens, qui arrivent en tête de liste, rapporte l’agence Tap.

Ces visas concernent notamment les travailleurs ayant suivi une formation professionnelle reconnue en Allemagne, recrutés pour occuper des emplois exigeant des compétences spécialisées, en particulier dans les secteurs technique, industriel, artisanal, logistique et des services.

Les données montrent une augmentation constante du nombre de Tunisiens bénéficiant de ces visas ces dernières années, atteignant 1 847 en 2024, contre 779 en 2023 et 367 en 2022.

Cette situation survient alors que la première économie de la zone euro est confrontée à des défis démographiques croissants liés au vieillissement de la population et au déclin de la population en âge de travailler, ce qui incite Berlin à renforcer sa politique de recrutement de travailleurs qualifiés hors UE.

Grâce à cette «immigration choisie» ou «immigration à la carte», l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays européens règlent leurs problèmes de manque de main d’œuvre jeune et qualifiée pour assurer la relance économique et, surtout, rétablir, par la contribution de ces derniers, le déficit des caisses sociales, mais que gagne au change la Tunisie qui forme cette précieuse force productive pour l’offrir sur un plateau à ses partenaires européens et s’en priver elle-même ?

Il va falloir un jour poser cette problématique et non continuer à crier victoire parce que notre main d’œuvre est appréciée à l’étranger. Cette main d’œuvre, on aimerait plutôt la garder pour qu’elle contribue à la relance de l’économie nationale qui souffre d’une crise structurelle et peine à retrouver ses indicateurs de performances des années 1990-2010.

A bon entendeur…

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La Tunisie enquête sur la fraude fiscale dans le secteur du sel

22. Juni 2026 um 10:47

Des opérations de contrôle et d’analyses financières visent 14 entreprises d’exploitation des marais salants, suite à des soupçons de fraude fiscale de plusieurs centaines de millions d’euros. (Photo : Marais salant à Monastir).

Depuis début 2026, la police fiscale a lancé une vaste enquête sur le secteur de la production et de l’exportation de sel, dans le cadre de sa révision de la gestion des ressources naturelles nationales.

Une source haut placée au ministère des Finances a indiqué à l’agence de presse nationale Tap que les opérations de contrôle et les analyses financières concernent 14 entreprises d’exploitation des marais salants, majoritairement étrangères, réparties sur plus de 20 sites le long du littoral tunisien, notamment dans les gouvernorats de Sfax, Gabès, Zarzis, Monastir, Mahdia et Sousse.

Les autorités examinent les mécanismes de production et de commercialisation du sel, un secteur très lucratif qui fait l’objet de soupçons de manipulation financière, de fraude fiscale et de pertes économiques importantes pour l’État.

L’enquête, ouverte en début d’année, comprend un audit approfondi et continu de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Les investigations ont déjà mis au jour un système présumé de transfert de bénéfices à l’étranger par le biais de pratiques de «prix de transfert». Selon une source au sein du ministère des Finances, certaines entreprises étrangères opérant en Tunisie vendent le sel extrait à des sociétés mères ou filiales étrangères à des prix inférieurs à sa valeur réelle, puis le revendent sur les marchés internationaux à des prix bien plus élevés.

Ce mécanisme réduit artificiellement les recettes déclarées en Tunisie, privant ainsi les caisses de l’État de recettes fiscales et de devises importantes.

Les pertes pour l’économie tunisienne sont estimées à plusieurs centaines de millions d’euros par an, avec des répercussions sur le déficit commercial et la balance des paiements.

Pour lutter contre ce phénomène, les autorités appliquent les normes internationales de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), déjà intégrées au droit tunisien, qui exigent des critères scientifiques pour la détermination des prix des transactions entre entreprises liées. Les enquêteurs ont commencé à saisir et à vérifier des documents relatifs aux volumes de production, aux conditions de vente et aux flux financiers des vingt dernières années, afin de reconstituer les prix réels et d’identifier les sources potentielles de fraude fiscale.

La police fiscale, créée en 2017 et opérationnelle depuis janvier 2018 sous le contrôle du pouvoir judiciaire, est chargée d’identifier les infractions fiscales et de recueillir des preuves. Elle peut agir sur mandat judiciaire ou d’office.

La Tunisie produit environ deux millions de tonnes de sel par an, principalement destinées à l’exportation, notamment du sel de table et du sel industriel soluble. Une part importante de la production est contrôlée par des entreprises étrangères ou à capitaux étrangers. Le ministère des Finances a toutefois précisé que les audits en cours n’ont pas pour but de décourager les investissements étrangers, mais de garantir le respect des accords internationaux, la protection des ressources nationales et la transparence des relations avec les partenaires économiques.

Fin 2025, l’Unité de recherche et de lutte contre la fraude fiscale avait recensé une fraude fiscale estimée à environ 1,8 milliard de dinars (environ 540 millions d’euros) dans la production et le commerce des boissons alcoolisées.

I. B.

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Salwa Jaouadi expose à Dar Sebastian à Hammamet

22. Juni 2026 um 09:51

L’artiste Salwa Jaouadi présente sa nouvelle exposition personnelle intitulée «Elle à l’infini : Autrement» à l’espace Dar Sébastian au Centre culturel international de Hammamet. Ouverte le 12 juin, l’exposition se poursuivra jusqu’au vendredi 26 juin 2026. Elle propose une immersion dans l’univers de la photographie plastique et de l’art numérique.

À travers une série de compositions où les silhouettes féminines fusionnent avec des textures organiques et végétales, le travail explore les thèmes de la métamorphose, de la mémoire et de la matière sensible.

«Cette escale à Dar Sébastian marque une étape importante que je serais ravie de partager avec le public», a déclaré l’artiste spécialisée dans la photographie et l’art numérique.

Le corps féminin comme territoire de mémoire, la nature comme partenaire de création et la photographie comme espace de métamorphose. Tels sont les fils conducteurs de cette exposition…

Le travail de Salwa Jaouadi explore la frontière entre la photographie et l’art digital. Ses thématiques de prédilection incluent la fusion du corps féminin avec la nature, l’identité, la mémoire, et la métamorphose. Ses œuvres sont réalisées à travers un long processus d’hybridation visuelle entre les éléments organiques, minéraux et humains.


I. B.

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Vient de paraître | Si Ezzahra m’était conté…

22. Juni 2026 um 09:30

Après son premier livre ‘‘Échos à travers les âges. Dialogues imaginaires avec des esprits pionniers’’, publié chez Contrastes Édition en mars 2025, Zouhaïr Ben Amor, enseignant universitaire, docteur en biologie marine et écrivain, vient de publier, chez le même éditeur, son deuxième livre ‘‘La maison qui parle’’.

Ce roman est un témoignage rare, sensible et profondément enraciné dans la mémoire du village d’Ezzahra, anciennement appelé Saint-Germain, une banlieue balnéaire du sud de Tunis.

Disponible dans les grandes librairies, ce roman en cinq actes retrace, dans un style romanesque et vivant, les principaux événements qui ont marqué ce village depuis plus d’un siècle.

À travers les murs, les voix, les souvenirs et les émotions, ‘‘La maison qui parle’’ devient bien plus qu’un récit : une véritable traversée de l’histoire locale, un hommage aux générations qui ont façonné Ezzahra, et une invitation à renouer avec les racines d’un territoire vivant et profondément humain.

Fort de plus de soixante-dix ans de présence active, dynamique et continue dans les milieux sociaux, politiques, artistiques et sportifs, l’auteur livre ici une œuvre de mémoire et d’attachement sincère à son village, mais qui, au-delà d’Ezzahra, parle à tous les lecteurs.

I. B.

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Mondial 2026 | Quand le football devient le plus grand casino du monde

22. Juni 2026 um 08:30

La Coupe du Monde 2026 ne se joue pas seulement sur les terrains nord-américains. Elle est le théâtre d’une transformation profonde de l’industrie des paris en ligne, devenant l’événement de paris sportifs «le plus important de l’histoire». Ci-dessous un panorama synthétique pour décrypter les dynamiques mondiales qui dessinent ce nouveau paysage.

Fausto Giudice & François Vadrot

L’ampleur inédite du marché avec des milliards en jeu : les projections pour cette édition sont sans précédent, portées par un tournoi élargi à 48 équipes et 104 matchs, soit 60% de «stock» de paris en plus. On observe une dichotomie frappante dans les estimations des volumes mondiaux :

– le marché régulé et visible : rien qu’aux USA, les paris en ligne devraient atteindre 4,4 milliards de dollars, contre 1,8 milliard en 2022. D’autres analystes estiment le total global des mises (le handle) à plus de 50 milliards de dollars ;

– le marché «océan» non régulé : des experts de Gaming Compliance International avancent un chiffre vertigineux de 593 milliards de dollars misés mondialement. Plus alarmant : 69% de ce montant (409 milliards) transiterait par des opérateurs non régulés et illégaux. Cette part illégale, qui prospère via les cryptomonnaies, représente un défi majeur pour les régulateurs, transformant l’événement en «Coupe du Monde du Crime» .

Les nouvelles forces en présence : technologies et marchés prédictifs

Deux évolutions majeures redéfinissent l’expérience et l’économie des paris :

– une industrie métamorphosée par le mobile et l’IA : le pari en direct (LiveBetting) depuis un smartphone est devenu la norme. En 2010, on misait depuis son ordinateur avant le match ; en 2026, on mise pendant le match, sur des micro-marchés créés en temps réel, avec des cotes ajustées par l’IA. L’industrie se prépare à ce moment comme à un «recrutement» massif : un seul tournoi peut générer plus de nouvelles inscriptions que le reste de l’année ;

– l’irruption des «marchés prédictifs» : des plateformes comme Kalshi et Polymarket, qui permettent de parier sur tout événement (sport, politique), connaissent une ascension fulgurante. Pour la Coupe du Monde 2026, elles pourraient générer un volume supplémentaire de 5 à 10 milliards de dollars, marquant un «moment charnière» pour le secteur. Elles profitent d’un flou réglementaire aux USA (considérées comme des produits financiers et non des jeux d’argent) et attirent les parieurs des grands États comme la Californie ou le Texas, où les paris sportifs traditionnels sont illégaux.

Une géographie des paris contrastée

L’engouement pour les paris en ligne lors de ce Mondial est mondial, mais avec des spécificités fortes :

– Amérique du Nord : c’est le grand marché. Aux États-Unis, 62% des fans prévoient de parier, et 29% d’entre eux le feront pour la première fois. La tendance est encore plus forte au Mexique (68%) ;

– Amérique latine : des marchés récemment régulés comme le Brésil (66% des fans prévoient de parier) et le Pérou (85%) montrent un appétit exceptionnel ;

– Afrique : la Coupe du Monde 2026 est un catalyseur pour un marché des paris en ligne en pleine explosion, porté par une jeunesse connectée, le mobile money et une ferveur footballistique inégalée.

– Europe : des marchés matures comme le Royaume-Uni (60%) et l’Italie (64%) restent très actifs ;

– Asie : la Chine interdit purement et simplement les paris en ligne, l’Inde, comme d’habitude, navigue entre deux eaux, cultivant le flou artistique.

Le choix du parieur : confiance, rapidité et méthodes de paiement

Pour attirer et fidéliser ces millions de parieurs, la bataille se joue sur des critères précis. Selon une étude de la plateforme de paiement Paysafe :

– la confiance est primordiale pour 38% des parieurs, qui se tournent vers des marques réputées ;

– juste derrière, la rapidité des retraits est cruciale pour 33% d’entre eux, passant avant la qualité des cotes ou des promotions ;

les méthodes de paiement locales sont essentielles. Par exemple, au Brésil, le système de paiement instantané Pix est le moyen privilégié pour 48% des parieurs.

La menace fantôme : le marché illégal et l’intégrité du sport

L’ombre des paris illégaux plane sur ce Mondial. Le marché non régulé, qui représente déjà environ 45% du marché mondial des paris sportifs, atteint son pic lors des grands tournois. Ce phénomène est dangereux à plusieurs titres :

– absence de protection : les parieurs n’ont aucune garantie, et les mécanismes de jeu responsable (comme l’auto-exclusion) sont ignorés ;

– risque de blanchiment : les paris en ligne sont un vecteur de blanchiment d’argent, et les flux transfrontaliers compliquent les enquêtes ;

– liens avec le streaming illégal : derrière 85 à 90% des streams illégaux se cachent des opérateurs de jeux illégaux, qui utilisent ce contenu pour attirer des clients, exposant les utilisateurs à des logiciels malveillants.

En résumé, la Coupe du Monde 2026 est un laboratoire grandeur nature des paris sportifs modernes. Elle est marquée par des volumes financiers astronomiques, une hyper-technologisation de l’offre, l’émergence de nouveaux acteurs comme les marchés prédictifs, et une lutte d’influence permanente entre un marché régulé en pleine croissance et un marché illégal tentaculaire.

L’Afrique : un marché encore modeste

Le continent africain s’impose comme l’une des régions les plus dynamiques pour les paris sportifs en ligne. La valeur du marché était estimée à 1,85 milliard de dollars en 2024 et pourrait atteindre 2,36 milliards d’ici 2028. Le secteur pèserait au total près de 3 milliards de dollars en prenant en compte les flux officiels et non officiels.

Ce boom est tiré par plusieurs facteurs structurels :

– une population jeune et connectée, qui représente 70% de la population ;

– l’essor du mobile money, avec plus de 1,1 milliard de comptes enregistrés en Afrique subsaharienne. Ce système permet de miser et retirer ses gains en quelques secondes depuis un simple téléphone, rendant les paris accessibles à tous. 94% des parieurs au Ghana, Nigéria, Kenya, Afrique du Sud, Tanzanie et Ouganda utilisent leur téléphone comme principal canal de jeu ;

– une passion dévorante pour le football, qui représente à lui seul plus de 76,5% des mises sur le continent.

Un Mondial 2026 sous le signe de l’Afrique

Cette édition de la Coupe du Monde est historique pour l’Afrique avec la participation record de neuf nations : l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie. Le tournoi a d’ailleurs commencé avec une affiche mettant le continent à l’honneur : le match d’ouverture opposait le Mexique à l’Afrique du Sud (2-0].

Cette forte représentation alimente logiquement un intérêt massif pour les paris, en particulier sur les performances de ces équipes. Un sondage montre d’ailleurs que les supporters placent le Maroc, le Sénégal et l’Algérie comme les meilleurs espoirs africains pour passer le premier tour.

La bataille des régulateurs : entre convoitise fiscale et marché illégal

Face à ce secteur florissant, les États africains tentent de mettre en place des cadres réglementaires pour capter les revenus fiscaux, dans un contexte de difficultés budgétaires. Une véritable «fièvre fiscale» s’empare du continent :

– le Zimbabwe a augmenté sa taxe sur les jeux de 3% à 20% en janvier 2026 ;

– la Gambie a instauré une taxe de 50% sur les gains, la plus élevée d’Afrique ;

– le Gabon et d’autres pays comme le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire travaillent à une meilleure structuration du secteur via des intermédiaires techniques pour taxer exhaustivement les opérateurs.

Cependant, ce marché reste marqué par une part importante d’activités informelles ou illégales. Le nombre de parieurs actifs est estimé à 400 millions, dont 300 millions misent de manière illégale, représentant environ 40% des flux totaux. Dans des pays comme la République Centrafricaine, l’absence totale de cadre légal crée une «zone grise» où des plateformes étrangères opèrent sans contrôle ni contribution fiscale. Les experts mettent en garde : une fiscalité trop lourde pourrait pousser encore plus d’opérateurs vers la clandestinité, privant les États de recettes et les parieurs de toute protection.

Technologies de rupture et avenir du secteur

Pour se démarquer, les opérateurs misent sur des stratégies adaptées au continent :

– le «mobile-first» et les mises minimales : les plateformes performantes sont celles qui proposent des interfaces légères, des mises accessibles (moins de 10 dollars par mois pour la majorité des parieurs au Ghana et au Kenya), et s’intègrent directement aux opérateurs de mobile money comme MTN, Airtel ou Orange Money ;

– l’intelligence artificielle : l’IA commence à transformer l’expérience de pari, proposant des «coachs numériques» qui analysent des millions de données pour conseiller les parieurs, comme le font les plateformes AccuratePredict (Nigéria) ou Sportsprediction (Ghana) ;

– la puissance des influenceurs : les marques qui s’associent à des artistes et personnalités influentes du continent parviennent à capter jusqu’à 60% du marché dans certains pays.

En somme, l’Afrique est un marché de paris en ligne à fort potentiel, où la Coupe du Monde 2026 agit comme un accélérateur de tendances. Le défi pour les années à venir sera de trouver un équilibre entre une régulation efficace, un développement économique responsable et la protection des consommateurs.

Chine : un monopole d’État strictement physique

En Chine continentale, les paris sportifs en ligne sont totalement interdits. La seule manière légale de participer à un jeu lié à la Coupe du Monde est de se rendre dans un point de vente physique de la Loterie sportive chinoise (China Sports Lottery) pour acheter un billet.

Aucune plateforme en ligne n’est autorisée : tous les sites, applications ou comptes sur les réseaux sociaux proposant des paris en ligne sont illégaux et relèvent souvent d’arnaques.

Répression numérique massive : pendant le Mondial 2026, les autorités multiplient les contrôles. Par exemple, le réseau social Xiaohongshu a déjà fermé plus de 40 000 comptes et supprimé des centaines de milliers de contenus liés aux paris illégaux.

Cadre pénal strict : organiser ou participer à des paris en ligne peut entraîner des poursuites pénales, allant de l’amende à la peine de prison.

Pour un résident chinois, parier en ligne sur la Coupe du Monde est impossible sans enfreindre la loi. L’unique alternative est le pari sportif physique, encadré et présenté comme un jeu d’intérêt public.

L’Inde entre interdiction et réalité du marché

En Inde, la situation est beaucoup plus floue. Il n’existe pas de loi fédérale uniforme interdisant ou autorisant clairement les paris sportifs en ligne. Le gouvernement central a toutefois pris des mesures strictes :

– taxe de 28 % sur le montant total des mises (et non sur les seuls gains) pour les plateformes de jeux en ligne, ce qui a rendu le modèle économique très difficile pour les opérateurs locaux ;

– blocage de plateformes étrangères : les autorités ont ordonné aux fournisseurs d’accès internet de bloquer des sites comme Polymarket ou Kalshi, considérés comme des marchés prédictifs illégaux ;

– recours massif aux VPN : malgré ces blocages, des millions d’Indiens continuent de parier sur des sites étrangers en utilisant des outils de contournement. Le marché noir des paris en ligne est estimé à plusieurs milliards de dollars, et une grande partie des mises échappe à tout contrôle fiscal.

Les États indiens ont leur propre législation : certains interdisent tout jeu d’argent, d’autres le tolèrent. Cette fragmentation crée un flou juridique que les opérateurs illégaux exploitent pleinement.

En Inde, parier en ligne sur le Mondial est théoriquement interdit sur les grandes plateformes étrangères, mais dans les faits, des millions d’utilisateurs le font via des contournements techniques, sans protection légale ni garantie de paiement.

Source : Fausto Giudice.

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Qantara Africa Books | Un pont littéraire entre l’Afrique du Sud et la Tunisie

22. Juni 2026 um 07:55

L’auteur, médecin tunisien installé à Johannesburg, en Afrique du Sud, est également romancier. Son premier roman ‘‘Sangoma, le guérisseur’’ a reçu le Prix Comar d’Or 2026. Fort de cette expérience, il a fondé Qantara Africa Books pour créer des passerelles durables entre les littératures africaines, méditerranéennes et internationales, et accompagner la circulation des œuvres romanesques entre entre Tunis, Johannesburg, Dakar, Lagos, Nairobi ou Le Cap. Il présente ici ce projet auquel il voudrait associer beaucoup d’acteurs culturels du nord et du sud du Sahara.   

Hichem Ben Azouz *

Dans un monde où les échanges culturels sont souvent orientés du Nord vers le Sud, il devient urgent d’imaginer de nouveaux espaces de circulation des idées, des récits et des imaginaires. C’est de cette conviction qu’est née Qantara Africa Books, une initiative basée à Johannesburg, en Afrique du Sud, dont l’ambition est de contribuer à la création de passerelles durables entre les littératures africaines, méditerranéennes et internationales.

Le mot Qantara signifie «pont» en arabe. Il résume à lui seul notre vision. Un pont entre les langues. Un pont entre les pays. Un pont entre les écrivains. Un pont entre les lecteurs. Un pont entre les mémoires du continent africain.

Pourquoi Qantara ?

L’Afrique produit aujourd’hui une littérature d’une richesse exceptionnelle. Des écrivains du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique australe ou de l’océan Indien racontent des histoires profondément enracinées dans leurs réalités tout en abordant des questions universelles telles que l’identité, la migration, la mémoire, la spiritualité, les inégalités, la modernité, l’Afrique post-coloniale ou encore les fractures de l’histoire. Pourtant, ces littératures continuent souvent à s’ignorer entre elles.

Un auteur tunisien connaît parfois mieux la littérature française que celle d’Afrique du Sud. Un lecteur sud-africain peut avoir accès à des romans américains ou britanniques sans jamais avoir entendu parler des écrivains contemporains tunisiens.
Qantara Africa Books souhaite modestement contribuer à réduire cette distance.

Favoriser les échanges littéraires

Qantara Africa Books poursuit plusieurs objectifs complémentaires : favoriser les échanges littéraires intra-africains et encourager la découverte mutuelle entre les scènes littéraires du continent.

L’Afrique est immense, diverse et plurielle. Pourtant, les échanges éditoriaux entre ses différentes régions demeurent limités. Nous croyons qu’il existe un immense potentiel de dialogue entre Tunis, Johannesburg, Dakar, Lagos, Nairobi ou Le Cap.

Qantara, qui se donne pour mission d’accompagner la circulation des œuvres, ambitionne de soutenir la visibilité internationale des auteurs africains à travers la mise en relation avec des éditeurs ; la participation à des salons et festivals ; l’accompagnement de projets de traduction ; la promotion des œuvres auprès de nouveaux publics.

La traduction constitue l’un des grands défis de la littérature africaine contemporaine. Des chefs-d’œuvre demeurent souvent confinés à leur langue d’origine. Nous souhaitons promouvoir les échanges entre l’arabe, le français, l’anglais et d’autres langues du continent afin que les histoires puissent franchir les frontières.

Qantara souhaite travailler avec des maisons d’édition, des librairies, des universités, des centres culturels, des festivals littéraires et des organismes de coopération culturelle. Et son approche repose sur la collaboration plutôt que sur la compétition.

La Tunisie possède une tradition littéraire remarquable. Elle compte des écrivains reconnus, des éditeurs courageux, des traducteurs talentueux et une nouvelle génération d’auteurs qui mérite une visibilité accrue.

Depuis l’Afrique du Sud, nous souhaitons contribuer à faire connaître davantage ces voix auprès des lecteurs anglophones et des institutions culturelles d’Afrique australe.

Nous sommes convaincus que les récits tunisiens ont beaucoup à apporter aux débats contemporains sur la mémoire, l’identité, la modernité, la spiritualité et les transformations sociales.

Au-delà du livre, un véritable écosystème culturel

Qantara ne se limite pas à l’édition. Nous nous intéressons également aux liens entre littérature, cinéma, histoire, patrimoine, tourisme culturel et mémoire collective.

Nous croyons que les histoires ne vivent pas uniquement dans les livres. Elles vivent dans les villes. Dans les paysages. Dans les musées. Dans les langues. Dans les rencontres humaines.

Notre ambition est donc de participer à la construction d’un véritable écosystème culturel reliant la Tunisie, l’Afrique du Sud et, à terme, les différentes régions du continent.

Qantara Africa Books est encore une initiative jeune. Mais tous les ponts commencent par une première pierre.

Nous invitons les écrivains, éditeurs, traducteurs, libraires, universitaires et acteurs culturels tunisiens qui partagent cette vision à entrer en dialogue avec nous.

Les ponts ne se construisent jamais seuls. Ils se construisent pierre après pierre, rencontre après rencontre, livre après livre. Et peut-être qu’à une époque où les murs semblent parfois se multiplier, il est plus nécessaire que jamais de continuer à bâtir des ponts.


* Médecin et romancier.

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‘‘Derrière le miroir’’ de Mohamed Aziza | Les mémoires d’un homme libre  

22. Juni 2026 um 07:10

Avec sa méfiance envers les stéréotypes, les prêts à penser et l’essentialisation de l’Autre, le diplomate et poète Mohamed Aziza nous offre dans ses mémoires une leçon de modestie, d’humanité et d’ouverture qui, en cette ère de repli identitaire et de guerre des civilisations, mérite d’être méditée et servir d’exemple.

Ridha Kefi 

J’ai connu Mohamed Aziza lorsqu’il a fait appel au jeune écrivain et journaliste que j’étais pour faire partie du comité d’organisation de la 1ère Université euro-arabe itinérante qui s’est tenue au Centre culturel international de Hammamet, en juillet 1986. Ce fut la première et la dernière session organisée en Tunisie, malgré le succès qu’elle connut à l’époque, et ce n’est pas par la faute de son initiateur qui a réussi, d’ailleurs, à en organiser beaucoup d’autres par la suite autour de la Méditerranée.

Je me souviens du jour de l’ouverture comme si c’était aujourd’hui. Le Premier ministre Mohamed Mzali venait d’être limogé dans la soirée par Habib Bourguiba et le ministre de la Culture, Bechir Ben Slama, n’allait pas tarder à être remercié lui aussi. Et il a fallu tout l’entregent, la diplomatie et le bagou de Mohamed Aziza pour que l’événement ait finalement lieu, malgré la «courageuse» rétractation de certains responsables, soucieux de se démarquer politiquement d’une opération portée par un électron libre, un intellectuel indépendant abusivement rattaché au «clan Mzali».

Heureusement que les honorables invités de la Tunisie n’ont rien senti de ces atermoiements et de ces micmacs tuniso-tunisiens. Ils ont eu droit à un accueil digne de leur rang et ont même passé de mémorables moments autour de la piscine de Dar Sebastian et dans les allées du jardin du CCIH, entre bougainvilliers, cyprès et bigaradiers, sans oublier les riches débats auxquels prirent part les intellectuels et les artistes les plus en vue de l’époque.

Homme libre et citoyen du monde

J’ai gardé depuis une grande admiration pour le diplomate, le poète (Shams Nadir comme il se surnomme) et l’agitateur culturel qu’a toujours été Mohamed Aziza, l’enfant de la médina de Tunis qui a tant donné à son pays, sans en être récompensé en retour et, surtout, sans en concevoir ni regret ni ressentiment.

Rejeté par une classe politique nationale  embrigadée, calculatrice et aux idées étriquées, cet homme libre, qui se dit citoyen du monde, solidement enraciné dans la culture arabo-musulmane et africaine dont il a toujours tiré la sève de sa pensée, mais assoiffé d’humanisme et d’universalité, a côtoyé les grands esprits de son époque et s’est mêlé aux batailles idéologiques et artistiques des soixante dernières années, non pas en acteur politique engagé dans une chapelle – il n’a jamais appartenu à un parti ou fait partie d’une camarilla –, mais en intellectuel indépendant, et en poète rebelle habitant l’éclair.

C’est ce parcours riche et exemplaire que Mohamed Aziza partage avec les lecteurs dans ses mémoires publiées sous le titre ‘‘Derrière le miroir’’ (éditions Maison du Livre, Tunis, 2026, 232 pages). Ce nomade ivre de grands espaces et assoiffé de rencontres passe en revue ses pérégrinations entre Tunis, Hammamet, Paris, Addis Abeba, Le Caire, Bagdad, Beyrouth, Alger, Rabat, Asilah, Marrakech, Dakar, Rome, Cordoue ou Madrid. Il raconte ses échanges avec certaines grandes figures de la culture contemporaine, de Louis Aragon à Léopold Sédar Senghor, en passant par Naguib Mahfouz, Aimé Césaire, Julio Cortazar, Alejo Carpentier, Carlos Fuentes, Edgar Morin, Amin Maalouf, Federico Mayor, Adonis ou autres André Miquel, toujours animé par ce qu’il appelle «l’attention à l’Autre, le désir toujours inassouvi de dialoguer, d’échanger et de trouver les voies de l’entente».

Avec sa méfiance envers les stéréotypes et les prêts à penser, Mohamed Aziza nous offre dans ses mémoires une leçon de modestie et d’ouverture d’esprit qui, en cette ère de repli identitaire, mérite d’être méditée et suivie.

Un navigateur ivre d’espaces

De la Télévision tunisienne dont il fut l’un des fondateurs, à l’Organisation de l’Unité africaine, à l’Unesco, à l’Université euro-arabe itinérante, à l’Académie de poésie, à l’Observatoire de la Méditerranée qu’il a dirigé à la demande de son ami, l’ancien chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, l’auteur du ‘‘Silence des sémaphores’’ (1972) et du ‘‘Planisphère intime’’ (2018), pour ne citer que deux de ses ouvrages poétiques, a mené sa barque avec la passion d’un navigateur ivre d’espaces et d’embruns, comme Ulysse, mais sans prêter l’oreille aux chants des sirènes politiques et idéologiques.

Dans sa vie d’homme comme dans son œuvre de poète, il a interrogé inlassablement les deux plus grands mystères auquel est confrontée l’humanité : «les deux infinis qui se retrouvent dans toute chose, l’infini grand et l’infini petit» (Pascal dixit). Lesquels, selon Mohamed Aziza, «déterminent notre bref passage dans le règne du vivant qui se conclut inéluctablement par l’effacement de la trace de nos pas sur le sable du rivage d’une terre dont nous ne sommes que des passagers locataires».  

Je ne peux conclure cette note de lecture des mémoires de Mohamed Aziza sans une tendre pensée pour Xavière Ulysse, la compagne de 60 ans de vie commune, dont il a accompagné douloureusement la maladie jusqu’à sa mort le 14 mars 2025 et au souvenir de laquelle il a consacré plusieurs passages émouvants de son livre : «La maladie qui a frappé ma compagne réduisant, peu à peu, ses facultés cognitives et sa mobilité jusqu’à la clouer, muette et absente, sur un lit médicalisé», écrit-il, avec la sobriété qui sied à l’évocation des grandes douleurs. Et d’ajouter ce passage où beaucoup de lecteurs ayant vécu des expériences similaires se retrouveront : «Dure épreuve pour le malade et pour celui qui le veille, priant de toutes ses forces pour que l’être aimé diminué ne connaisse pas les affres de la douleur qui constitue, à mes yeux, un scandale métaphysique car si la mort peut apparaître comme la fin naturelle de la vie et comme le seul examen que personne n’a jamais raté, aucune croyance ne saurait justifier l’existence gratuite et sadique de la douleur.»

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La Calabre mise sur la main d’œuvre qualifiée tunisienne   

21. Juni 2026 um 10:10

Quelques jours avant l’ouverture du Forum italo-tunisien des affaires et de l’entrepreneuriat, prévu les 23 et 24 juin au siège de l’Utica à Tunis, avec la participation du ministre des Affaires étrangères et vice-président du Conseil des ministres italien, Antonio Tajani, la région de Calabre, à la pointe sud-ouest  de l’Italie, a annoncé la création d’un pôle de formation continue en Tunisie pour un investissement de 7,4 millions d’euros.

«La Calabre perçoit la Méditerranée comme un espace de développement et d’opportunités», a déclaré le président de la Région Calabre, Roberto Occhiuto.  Confirmant le rôle central croissant de la Tunisie dans la stratégie italienne pour la Méditerranée et la volonté de renforcer les liens économiques, éducatifs et d’emploi entre les deux rives, il a souligné que la création de ce pôle représente «la première étape d’une stratégie encore plus ambitieuse».

D’une durée prévue de 36 mois, le projet «Pôle de formation en Tunisie – Une coopération entre pairs» est financé par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), avec le cofinancement de la Région Calabre et des partenaires participants.

Développement des compétences et insertion professionnelle

Cette initiative vise à créer dans le gouvernorat de Tunis une structure permanente capable de mettre en relation les institutions, les universités, les entreprises et les services de l’emploi, afin de favoriser le développement des compétences et l’insertion professionnelle.

Ce programme bénéficiera directement à plus de 3 100 jeunes, étudiants, femmes, formateurs et professionnels des systèmes éducatifs et professionnels tunisiens.

L’objectif est de contribuer au développement socio-économique du pays et, simultanément, de consolider la stabilité de la région euro-méditerranéenne grâce à de nouvelles opportunités de formation et d’insertion professionnelle en Italie, afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre.

Dans le futur, la région de Calabre envisage de mettre en place des centres d’emploi pilotes en Tunisie afin de favoriser des circuits réguliers et qualifiés pour la mise en relation de l’offre et de la demande d’emploi, en identifiant précisément les compétences recherchées par les entreprises calabraises en Tunisie, a expliqué M. Occhiuto, cité par Agenzia Nova.

Le pôle fonctionnera selon deux axes principaux. Le premier volet concerne la formation professionnelle dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du tourisme et de l’hôtellerie, tous stratégiques pour les économies tunisienne et calabraise.

Des centres italiens d’emploi pilotes en Tunisie

Le second volet porte sur l’enseignement supérieur, à travers des programmes élaborés conjointement par les universités calabraises et tunisiennes dans les domaines de l’ingénierie, de l’agroalimentaire, des professions de santé et de la médiation linguistique.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large du Plan Mattei pour l’Afrique du gouvernement italien, qui considère la formation et le développement des compétences comme des outils essentiels pour promouvoir une croissance partagée et une gestion maîtrisée des flux migratoires.

Dans ce contexte, la Tunisie confirme sa position de partenaire clé de l’Italie en Méditerranée, non seulement sur les plans économique et commercial, mais aussi en matière de coopération académique et de développement du capital humain.

La tenue simultanée du Forum économique organisé par Utica, qui réunira à Tunis des institutions et des entreprises des deux pays en présence du ministre Tajani, souligne la volonté de transformer la coopération italo-tunisienne traditionnelle en un partenariat structuré et durable, fondé sur l’investissement, le transfert de compétences et la création d’emplois. Dans ce contexte, la Calabre ambitionne de jouer un rôle de passerelle naturelle entre l’Italie et le littoral méridional de la Méditerranée, en faisant de l’éducation un levier de développement partagé et d’intégration économique régionale.

 I. B.

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La Tunisie au Mondial | Le renard, le corbeau, et le fromage hollandais

21. Juni 2026 um 09:28

Il est évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe de Tunisie lors de cette Coupe du monde 2026 ne sont que le chant du signe d’un football national qui enfantait jadis des joueurs talentueux et qui, aujourd’hui, est à l’agonie. (Illustration : image générée par IA).

Dr Mounir Hanablia *

Je viens de vivre une première expérience, celle de suivre un match de l’équipe nationale tunisienne de football, non pas devant le petit écran, un exercice que j’ai jugé évitable pour des raisons évidentes, mais à travers les commentaires en direct du correspondant de The Guardian au Mondial. Et encore ! Ce serait faire entorse à la vérité de faire croire que je me sois éveillé spécialement pour l’évènement. Simplement les hasards de mon cycle nycthéméral ont fait que je me sois trouvé disponible afin de suivre le déroulement de la rencontre à travers des réflexions britanniques.

Je n’ai pas été déçu et pour peu que mon état physiologique me le permette, je suivrai de la même manière la partie contre la Maison Orange.

Mais pour en revenir au déroulement de la rencontre, voilà qu’après 4 minutes, les gars se sont retrouvés menés au score, et selon les commentaires, à courir derrière un adversaire insaisissable. Avec près de 60% de possession, les Nippons ont fini par doubler la mise à la 31e minute; juste après l’apparition dans les commentaires d’une vidéo très drôle de l’acteur Alan Partridge ( Dan ! Dan ! Dan ! Daaaaaaaaan !) pour rappeler le calvaire de Hervé Renard, s’époumonant le long de sa ligne de touche à rameuter ses troupes.

La deuxième mi-temps a été moins intense, la Tunisie ayant parfois donné l’impression de colmater la brèche. Cela n’a pas empêché les diables nippons (un corbeau attitré va m’accuser de racisme) de scorer à deux reprises et de mettre à l’heure leur différence de buts face aux Suédois sévèrement étrillés par une équipe Orange pressée de se qualifier.

Les commentaires les plus significatifs de notre observateur ont concerné inévitablement Maître Renard, chemise blanche et voyageur selon le destin déchiffré par la mère d’une lectrice.

Le commentateur s’est interrogé si Bora Milutinovic, un autre globe-trotter du football, ne serait pas le nouvel entraîneur de l’équipe tunisienne pour son dernier match, celui du retour, Carlos Queiroz étant, lui, déjà occupé ailleurs.

Concernant le Japon, appelé probablement à rencontrer le Brésil ou le Maroc en cas de qualification, il paraît que la fédération a établi un plan de travail en mettant en place un championnat copié sur la Bundesliga allemande, avec pour objectif le titre mondial à l’orée des années 2050.

La Tunisie a formé des générations de footballeurs talentueux. Mais tout comme au Brésil, ce temps est terminé. Il n’y a plus de terrains vagues constituant des viviers de recrutement où les jeunes donnent libre court à leur talent, et ces derniers préfèrent désormais passer le plus clair de leur temps sur leurs i phones ou dans les publinets. Et les écoles de football qui éclosent à travers le pays sont soumises à la loi de la rentabilité financière, autrement dit elles ne sont accessibles qu’à une certaine catégorie de la population, celle pour qui le ballon rond ne constitue pas un avenir financier. Quant aux grands clubs, le népotisme qui y règne est de notoriété publique. Il est donc évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe nationale lors de cette Coupe du monde ne sont que le chant du signe d’un football à l’agonie, et que cette leçon ne vaudra pas à Maître Renard un fromage Hollandais, en dépit de tous les corbeaux du Monde.      

* Médecin de libre pratique.

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La Tunisie 2e pays africain le plus avancé dans la transition énergétique

21. Juni 2026 um 08:52

La Tunisie est le 2e pays africain et 62e mondial affichant les meilleures performances en matière de transition énergétique en 2026, derrière la Namibie (1er, 61e) et devant le Gabon (3e, 66e), l’Afrique du Sud (4e, 69e), le Maroc (5e, 72e), Maurice (6e, 73e), le Cameroun (7e, 78e), le Nigeria (8e, 80e), l’Egypte (9e, 84e) et le Ghana (10e, 85e).

C’est ce qui ressort du classement publié jeudi 18 juin par le Forum économique mondial (WEF) avec le concours du cabinet de conseil Accenture.

«The Energy Transition Index (ETI) 2026» évalue les performances actuelles des systèmes énergétiques de 120 pays pour lesquels des données cohérentes sont disponibles, sur la base de 44 indicateurs répartis en trois dimensions de performance (sécurité, durabilité et équité) et cinq facteurs de préparation à la transition énergétique (réglementation et engagement politique, financements et investissements, innovation, infrastructures, et éducation et capital humain).

Les pays étudiés sont notés sur une échelle de 0 à 100 points pour chaque indicateur. Le score global est composé des scores de deux sous-indices que sont la performance du système énergétique et la préparation à la transition, pondérés respectivement à 60 % et 40 %.

I. B.

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0-4 face au Japon | La Tunisie poursuit sa chute

21. Juni 2026 um 08:14

S’il fallait toucher le fond pour se décider enfin à mettre tout à plat et à prendre les décisions qui s’imposent pour tenter de rebondir, voilà, c’est fait ! En perdant son troisième match consécutif en deux semaines par des scores humiliants : 1-5 en amical contre la Belgique, et en Coupe du Monde, 0-5 contre la Suède et 0-4 contre le Japon, ce dimanche 21 juin 2026, à Monterrey, l’équipe de Tunisie de football a atteint, et très largement, son plus bas niveau historique.

Latif Belhedi

Les coéquipiers d’Hannibal Mejbri, menés par un coach appelé en catastrophe à son chevet il y a quatre jours, le Français Hervé Renard, étaient débordés par des Japonais très techniques et physiquement au point. A aucun moment du match, ils n’ont montré qu’ils étaient capables d’inquiéter leurs adversaires.

Avec zéro occasion de but en 100 minutes de jeu, un record négatif difficile à égaler, comme celui d’avoir encaissé 14 buts en 3 matches consécutifs, les Aigles de Carthage ont montré une fragilité mentale (encaissant le premier but dès la 3e minute de jeu), une indigence technique, une naïveté tactique et un manque d’engagement qui en disent long sur leurs limites sportives et leur préparation totalement défaillante.

Le cœur n’y est pas et la tête est ailleurs

Quand le cœur n’y est pas, que la tête est ailleurs et que le physique est défaillant, on ne peut s’attendre à une réaction d’orgueil et d’amour propre d’un groupe de joueurs très moyens et dont la plupart manquent de temps de jeu dans leurs propres équipes. La plupart sont également en fin de carrière (les Montassar Talbi, Dylan Bronn, Ali Abdi, Ellyes Skhiri, Yan Valery et autres Rani Khédira) et n’ont plus cette faim de loup qui fait les champions. Ils n’ont clairement plus rien à donner à une équipe de Tunisie qui se fait désormais ramasser dans toutes les compétitions où elle est engagée.

La déroute actuelle en Coupe du monde a été précédée, rappelons-le, par des sorties lamentables en Coupe arabe et en Coupe d’Afrique et on n’a rien fait pour tenter de serrer les vis et de redonner un semblant d’âme à un groupe qui n’en a plus, sauf de changer d’entraîneur après chaque humiliation.

Il reste encore un match à jouer dans cette compétition contre un irrésistible Pays-Bas, qui a infligé, hier, un score historique à la Suède (6-1). Avec quel mental allons-nous entamer cette rencontre ? On ose à peine imaginer le scénario. Ce sera, à coup sûr, une dure épreuve pour les joueurs et une nouvelle corvée pour le staff technique et administratif dont la responsabilité dans cette déroute n’est plus à prouver.

Décidément, tout va mal

Commentant cette nouvelle déroute, l’ancien ambassadeur Elyes Kasri a noté, dans un poste Facebook, qu’«à l’instar de tout autre secteur, pour ne pas dire de tous les autres secteurs de la vie socio-économique et politique, le sport souffre du cumul de problèmes de gouvernance, de transparence, d’éthique et de casting». Et «ce n’est pas un changement de responsables, auxquels il sera trop facile de faire assumer la responsabilité du passif croissant et de moins en moins tolérable, mais plutôt une révision globale et profonde de la conception et du mode de fonctionnement des institutions et de la redevabilité qui, au-delà des déboires sectoriels, prend une allure systémique de la plus haute urgence», ajoute-t-il, les résultats sportifs étant, selon lui, un révélateur palpable par le grand public en temps réel de l’état des choses dans un pays. Et en Tunisie, quinze ans après la révolution de 2011, tout va décidément mal.

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Le poème du dimanche | ‘‘Je vois les palmiers marcher dans les rues’’ de Tahar Hammami

21. Juni 2026 um 07:30

Tahar Hammami est, avec les poètes Habib Zannad et Fadhila Chebbi, à l’origine du mouvement poétique d’avant-garde dans les années soixante-dix, « Poésie autre que métrique et libre ».

Né en 1947 à El Aroussia (Siliana), Tahar Hammami est poète, essayiste et professeur d’université.Il est également un militant de gauche et son écriture est socialement engagée, avec des accents ironiques, empruntant à la langue dialectale des expressions populaires critiques et contestataires.

Il décède à Madrid en 2009.

Tahar Bekri

Je vois les palmiers marcher dans les rues

Hauts le front levé

Défiant luttant

Avez-vous vu un jour

Les palmes

Sur le chemin

Avez-vous vu une palmeraie

Sur une place

Un blessé qui ôte un bouton de sa poitrine

Et panse ses plaies

Le bâton de ricin a défait son cou

Le derrière a plié ses papiers

Je vois les palmiers marcher

Marcher au sein des foules

Au milieu de l’obscurité

Au milieu de l’attaque

Les cils attachés au soleil

Toi promu à la récolte

Perdant tes esprits

Changeant d’illusion ton habit

Les palmiers ne pleurent pas

Les palmiers chantent

Avec les oiseaux et les enfants

Avec les flots des mers

Le blé des montagnes

Avec l’éclair

Avec l’automne qui gronde

Avec l’hiver

Je vois les palmiers marcher dans les rues

Avec le fer des usines

La moisson des champs

En dépit de la Nuit

Et de la douleur

Je vois les palmiers hauts

Ne reculant point

(Traduit de l’arabe par Tahar Bekri)

Je vois les palmiers marcher, 1986.

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La Tunisie ne peut plus reporter les réformes urgentes

20. Juni 2026 um 13:38

Les tendances et courbes socio-économiques en Tunisie, ajoutées à la volatilité de la situation mondiale, soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Et ce n’est pas le lourd fardeau administratif et fiscal que l’Etat impose aux contribuables et aux entreprises qui va beaucoup y aider, ni la frilosité des décideurs publics face au coût social de ces réformes.

Elyes Kasri *

Il est incontestable que la Tunisie ne peut assurer sa survie qu’en engageant, dans les meilleurs délais, un vaste programme de réformes multisectorielles.

Le principal obstacle aux réformes semble être la frilosité de l’opinion publique et la crainte par les décideurs d’un rejet social des réformes qui font normalement peur car la nature humaine appréhende l’inconnu surtout si cette crainte est exacerbée par le souvenir de nombreuses réformes qui ont fini par être détournées et n’ont pas donné les résultats escomptés et dans certains cas tout à fait le contraire.

Compte tenu de l’importance et même pour certains de la dimension disproportionnée de l’appareil de l’Etat et du secteur public dont certaines activités, devenues systématiquement déficitaires, ont été affublées à tort et au prix fort d’une qualification de stratégiques, la première responsabilité pour atténuer les craintes des sacrifices et des risques de détournement revient à l’Etat qui doit donner l’exemple et apprendre à vivre selon les moyens disponibles en réduisant ses coûts avec le réalisme et les sacrifices que la conjoncture nationale et internationale exige.

Le binôme infernal de la taxation et de l’endettement

Autrement, ce sera l’exacerbation du binôme infernal de la taxation et de l’endettement qui ne peut qu’asphyxier les citoyens et l’économie nationale avec le risque sérieux d’hypothéquer la souveraineté et l’indépendance nationales avec l’évocation de la Commission financière internationale de 1869 suivie douze ans plus tard par la colonisation étrangère en 1881.

La grille disparate des salaires et autres avantages aussi bien dans la fonction publique, le secteur public et la multitude d’institutions, gagneraient à faire l’objet d’un audit transparent et objectif pour mettre fin au slogan éculé de l’Etat pourvoyeur d’emplois et des droits acquis soit par corporatisme ou pendant des années de vaches grasses qui n’ont plus lieu d’être maintenues à coup d’endettement et de déséquilibre intenable entre les budgets de fonctionnement (avec un effet marginal sinon inexistant sur la productivité comme le prouvent les statistiques et indicateurs depuis quinze ans) et les budgets d’investissement censés être créateurs d’emplois et de richesse mais qui faute de moyens sont rabotés à l’extrême.

Le lourd fardeau administratif et fiscal

Tant que l’État ignorera le lourd fardeau administratif et fiscal qu’il impose aux contribuables et aux entreprises, toute velléité de réforme et d’appel aux sacrifices sonnera creux et souffrira d’un manque si ce n’est d’une absence totale de crédibilité et de réceptivité.

Entretemps, les tendances et courbes socio-économiques soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs avec la vision et le courage nécessaires.

Le monde, en pleine volatilité avec des indices de crise généralisée, n’attendra pas les frileux et les sanctionnera lourdement.

* Ancien diplomate.  

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L’Iran renforce son influence sur le Hezbollah

20. Juni 2026 um 11:39

Vendredi 19 juin 2026, Israël et le Hezbollah se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu. Les États-Unis ont fait pression sur l’État hébreu car les Iraniens ont exigé que le nouvel accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran englobe le Liban. Lequel a failli être mis en péril par le regain de violences au Liban ces derniers jours.

Imed Bahri

Cet épisode montre que l’importance stratégique du Hezbollah demeure intacte pour la République islamique mais plus encore, le nouveau leadership à Téhéran, dominé par les Gardiens de la révolution, a renforcé l’influence qu’il exerce sur le mouvement chiite libanais qui commence à se relever après la débandade de l’automne 2024 ayant vu décimer l’ensemble de son état-major politique et militaire et à sa tête son ancien dirigeant Hassan Nasrallah. 

Le Financial Times rapporte dans son enquête sur le groupe chiite libanais que depuis un an et demi, Mohsen Abou Zeinab était désabusé. Ce charpentier, fervent partisan du Hezbollah, se disait humilié par la retenue du parti face aux attaques israéliennes quotidiennes. Cependant, lorsque la guerre a repris le 2 mars, il a vu «une occasion de rectifier le tir et de rappeler à Israël que nous n’accepterons pas son agression».

Cet homme de 47 ans raconte avoir perdu sa maison, son village natal et plusieurs proches sous les bombardements israéliens, mais ajoute : «J’ai le sentiment que le Hezbollah a repris le dessus».

Une confiance retrouvée

Cette confiance retrouvée reflète l’état d’esprit qui règne au sein du Hezbollah et parmi ses sympathisants suite à l’accord intérimaire conclu entre Washington et Téhéran. L’Iran a imposé un cessez-le-feu au Liban comme condition préalable à cet accord. 

Il s’agissait d’une démonstration de soutien remarquable de la part des parrains du Hezbollah à Téhéran.

Près de deux ans après avoir subi l’attaque la plus dévastatrice de son histoire de la part de son ennemi traditionnel, Israël, le Hezbollah est sorti de ce dernier conflit nettement plus confiant.

Analystes, experts, diplomates et responsables estiment que ses performances sur le terrain, conjuguées à une confiance retrouvée en Iran même, ont contribué à faire remonter le moral au sein du Hezbollah. 

Ceci est dû en grande partie à la priorité accordée par Téhéran à la guerre au Liban. Le conflit a mis à l’épreuve la fragilité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et est devenu un point de pression crucial autour duquel s’articulent les efforts diplomatiques concernant le conflit dans sa globalité.

Le Hezbollah revitalisé

Les interventions iraniennes ont revitalisé le groupe chiite, notamment après le lancement par Téhéran de missiles balistiques sur Israël ce mois-ci en représailles à une attaque israélienne sur Beyrouth, une première pour l’Iran qui intervient directement dans la défense du Hezbollah. Les partisans du parti ont salué cette initiative, eux qui considéraient auparavant l’Iran comme un pays qui les néglige.

«Le Hezbollah est sorti de cette guerre plus déterminé», a déclaré Nicholas Blanford, expert du Hezbollah à l’Atlantic Council. Il a ajouté : «Je ne dirais pas qu’il est devenu plus fort mais il est devenu plus déterminé. Les relations entre le Hezbollah et l’Iran se sont clairement resserrées. Pour la première fois, les Iraniens sont intervenus pour aider le Hezbollah. D’habitude, c’est plutôt l’inverse !». Une source proche du parti a déclaré : «Il nous faut maintenant attendre de voir comment le Hezbollah et l’Iran exploiteront cette confiance retrouvée».

La guerre totale entre Israël et le Hezbollah en 2024 a décimé une grande partie des rangs et de l’arsenal militaire du parti chiite et son secrétaire général Hassan Nasrallah a été tué.

À l’époque, beaucoup, au Liban comme à l’étranger, considéraient le parti comme totalement vaincu, d’autant plus qu’il n’avait jamais riposté pendant les quinze mois de frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Les forces israéliennes ont continué de cibler ce qu’elles qualifiaient d’infrastructures du Hezbollah, tuant des centaines de combattants et de civils, malgré un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.

Cependant, après son entrée en guerre aux côtés de l’Iran le 2 mars, le Hezbollah a renversé la situation.

Profitant de l’accalmie précédente, le Hezbollah s’est reconstitué et réorganisé avec l’aide de conseillers iraniens, une évolution qui a surpris de nombreux officiers israéliens qui ne s’attendaient pas à ce que ses capacités militaires restent aussi importantes.

L’apport des drones kamikazes

Le groupe a eu de plus en plus recours à des drones kamikazes inspirés de ceux utilisés lors de la guerre d’Ukraine. Ces drones se sont révélés plus efficaces pour pénétrer les défenses israéliennes au Sud-Liban et dans le Nord d’Israël.

Mercredi 17 juin, l’armée israélienne a annoncé qu’un de ces drones avait touché cinq soldats israéliens au Sud-Liban dont un grièvement blessé.

Le Hezbollah a également continué de lancer des roquettes de manière intermittente sur Israël. Ces attaques ont tué quatre civils israéliens et 28 soldats et ont fait des dizaines de blessés.

Ces opérations ont clairement démontré que le Hezbollah ne reviendrait pas à la politique de retenue qu’il avait adoptée entre les deux guerres.

Selon les experts, cela est dû en grande partie à l’influence iranienne croissante au sein de l’organisation, notamment dans son appareil militaire et sécuritaire, une influence qui semble vouée à perdurer. Ils ajoutent que des membres des Gardiens de la révolution se sont profondément infiltrées dans la structure organisationnelle du Hezbollah.

Téhéran s’estime victorieux

La guerre américano-israélienne contre l’Iran a représenté la plus grave crise qu’ait connue la République islamique depuis des décennies mais le régime de Téhéran estime en être sorti victorieux.

Des experts et des proches du parti affirment que l’Iran souhaite clairement que le Hezbollah reste armé. Cela rend le parti moins enclin à faire des concessions sur le plan intérieur libanais où les critiques à l’égard de son rôle ont refait surface avec force.

Le gouvernement libanais, fortement soutenu par la communauté internationale, souhaite désarmer le Hezbollah et mène également des négociations à Washington avec Israël sous supervision américaine.

Le Hezbollah s’oppose à ces négociations auxquelles il ne participe pas et considère tout accord conclu entre les deux gouvernements comme une «trahison»

Le gouvernement libanais contourné

Le gouvernement libanais s’était engagé à empêcher le Hezbollah d’opérer dans les zones pilotes* du sud et à poursuivre ses efforts de désarmement du groupe. Mais l’accord américano-iranien stipule un cessez-le-feu total, ce qui a compromis les efforts initiaux de Beyrouth.

La confiance du Hezbollah a également été renforcée par l’initiative directe de Donald Trump.

Plus tôt ce mois-ci, le président américain a déclaré avoir discuté avec le Hezbollah via des intermédiaires, une première pour un président américain étant donné que le mouvement est classé terroriste par Washington.  «Ils considèrent cela comme une victoire majeure», a confié une source proche du Hezbollah.

En dépit de cela, les relations entre le Hezbollah et le gouvernement libanais restent tendues.

Des responsables du Hezbollah ont toutefois affirmé publiquement ces derniers jours qu’ils ne cherchaient pas à renverser le gouvernement. «Parler de désarmement est désormais quasiment impossible», a déclaré Blanford.

Les prochaines actions du Hezbollah dépendront probablement du comportement d’Israël.

Depuis l’annonce de l’accord, Israël a poursuivi ses frappes aériennes tandis que le Hezbollah a riposté en tirant sur les forces israéliennes.

La question la plus importante demeure la présence des forces israéliennes au Sud-Liban, où elles contrôlent actuellement des centaines de kilomètres carrés après avoir détruit des dizaines de villages.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré mardi que le maintien de l’occupation du Sud par Israël constituait une violation de l’accord, tandis que le Hezbollah a affirmé qu’il poursuivrait le combat tant que l’occupation se poursuivrait.

Netanyahu a annoncé que l’armée israélienne resterait à l’intérieur de la «zone de sécurité» au Sud-Liban «aussi longtemps que nécessaire pour protéger les habitants du Nord d’Israël». Il a ajouté : «L’Iran voulait que nous nous retirions de là et cela ne s’est pas produit. J’ai été très ferme sur cette question et je pense que nos amis américains respectent cette fermeté et cette détermination».

En revanche, le projet d’accord publié mercredi par les États-Unis stipule que Washington et Téhéran garantiraient «l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban»

La base populaire du Hezbollah a été la plus durement touchée par les opérations israéliennes au Sud-Liban. Près de 4 000 personnes ont été tuées, près d’un million déplacées et des dizaines de villages détruits, affectant de manière disproportionnée la communauté chiite du Liban.

Nombreux sont ceux qui ont été contraints de fuir vers d’autres régions du Liban où diverses communautés locales accusent le Hezbollah d’avoir déclenché une guerre non désirée.

Dans bien des cas, cette colère s’est étendue à l’ensemble de la communauté chiite.

Cependant, la loyauté au sein de la base populaire du Hezbollah n’est pas entamée. Le parti a longtemps exploité les peurs sectaires pour cultiver son image de protecteur de la communauté chiite. «Ils nous ont rendu notre fierté», a déclaré Mohsen Abou Zeinab. 

*Les zones pilotes dans le Sud-Liban sont des zones où les Forces armées libanaises (FAL) déploient un contrôle exclusif pour exclure les acteurs non étatiques.

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La Tunisie et la difficile réforme du secteur du phosphate

20. Juni 2026 um 10:14

La production de phosphate en Tunisie a subi une chute drastique depuis 2010. Passant d’un niveau record de 8,1 millions de tonnes en 2010, les volumes extraits ont oscillé entre 2,5 et 4,5 millions de tonnes par an, avant de se stabiliser à environ 3 millions de tonnes ces dernières années *. La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du le Groupe chimique tunisien (GCT) projettent d’investir 2,7 milliards de dinars tunisiens (soit environ 790 millions d’euros) pour produire 9,4 millions de tonnes de phosphates commercialisable d’ici 2035, avec un objectif à court terme de 4,5 millions de tonnes en 2026. Est-ce possible ? Et comment ?

Latif Belhedi

Ce plan, qui a été présenté par Omar Bouzouada, Pdg de la CPG et du GCT, lors d’une audition devant la Commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts (CNRD), la seconde chambre du Parlement, dotée d’un rôle purement consultatif, vise à redonner toute sa place à ce secteur stratégique de l’économie tunisienne.

Les deux entreprises publiques vont-elles pouvoir ramener la production nationale de phosphate à son niveau d’avant 2011 ?  A l’instar des autres membres du gouvernement, M. Bouzouada aime tirer des plans sur la comète et on aimerait bien partager son optimisme, surtout lorsqu’il parle d’un «vaste programme de réformes», tout en lui souhaitant bonne chance.

Wishful thinking ou plans réalisables ?

Quand on connaît l’état des finances de ces deux entreprises publiques, grevées par des milliers d’emplois fictifs et des dépenses improductives visant à acheter la paix sociale dans la région chaude du bassin minier de Gafsa, on ne peut s’empêcher de douter du réalisme du plan présenté par M. Bouzouada, qui exprime davantage des wishful thinking que des projections réalisables.

Rappelons que depuis 2011, le secteur des phosphates a fait face à des perturbations de production et des difficultés logistiques. Parmi les nombreux obstacles structurels qui limitent sa performance, on citera la fragilité du réseau ferroviaire, pourtant essentiel au transport du minerai des zones minières vers les sites industriels et les ports d’exportation sur la côte est du pays, la pénurie d’eau industrielle nécessaire au lavage du phosphate et les difficultés d’approvisionnement en nitrate d’ammonium, un composant clé des activités minières.

La compétitivité des deux entreprises publiques est également affectée par l’obsolescence croissante de certains équipements industriels, les protestations environnementales exigeant la fermeture d’usines, la multiplication des pannes techniques et la nécessité d’adapter les ressources humaines aux besoins opérationnels d’un secteur en pleine modernisation.

Sur le plan financier, CPG et GCT sont confrontées à de graves tensions de liquidités, limitant leur capacité d’investissement et leur aptitude à remplir pleinement leur rôle économique et social dans les régions minières du sud-ouest tunisien.

Hausse de ses coûts d’exploitation

Le GCT occupe une position centrale dans la chaîne de valeur. À travers ses sept unités de production, le groupe transforme le phosphate en produits à haute valeur ajoutée, notamment l’acide phosphorique, le superphosphate triple, le phosphate monoammonique et le nitrate d’ammonium, destinés au marché intérieur et à l’exportation. Cependant, GCT souffre également de la hausse de ses coûts d’exploitation et de difficultés d’approvisionnement en matières premières.

Pour soutenir la relance du secteur, les dirigeants des deux entreprises ont proposé une série de mesures urgentes, dont l’ouverture de nouvelles lignes de financement, la restructuration de la dette et l’accélération des exportations. Une attention particulière est portée au renforcement de la logistique ferroviaire, considérée comme un élément clé pour l’augmentation des volumes de production.

En attendant la modernisation des infrastructures, CPG prévoit d’accroître le transport routier sur certains axes afin de fluidifier la logistique.

Parallèlement, les autorités parlent d’améliorer la gouvernance des entreprises publiques et d’accélérer plusieurs projets industriels, dont le programme Mdhilla 2, jugé stratégique pour augmenter les capacités de traitement du phosphate et dynamiser la valeur ajoutée des exportations.

La stratégie privilégie de moins en moins l’augmentation des volumes extraits au profit de la production de dérivés chimiques à forte valeur industrielle, considérés comme essentiels au renforcement de la compétitivité internationale du secteur.

Un autre axe de développement concerne la valorisation du phosphogypse, un sous-produit de l’industrie des phosphates, pour lequel la CPG sollicite des financements spécifiques.

Quand les mots remplacent les choses

La question environnementale se pose également avec acuité et des voix s’élèvent, y compris dans le parlement, appelant à une réduction de la consommation d’eau industrielle et à un recours accru au traitement des eaux usées, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau en Tunisie.

Pour la Tunisie, le secteur des phosphates demeure un levier stratégique de croissance économique, d’emploi et d’entrées de devises. Après des années de déclin et de difficultés opérationnelles qui ont entraîné une perte significative de parts de marché à l’international, les autorités espèrent que le nouveau plan d’investissement et les réformes annoncées permettront au secteur de retrouver progressivement son rôle de moteur de l’économie nationale.

Encore faut-il que les paroles soient rapidement transformées en actes, et c’est là où, souvent, le bât blesse. Les mots, on le sait, servent à nommer les choses, et non à les remplacer. N’est-ce pas messieurs les responsables du gouvernement ?

* Comparativement, la production du Maroc est passée de 28 millions de tonnes au début de la décennie à environ 40 millions de tonnes aujourd’hui, soit 12 fois plus que la Tunisie.

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Guide pour la sauvegarde des tortues marines en Tunisie

20. Juni 2026 um 09:21

Suite à la multiplication des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêcheurs ou des déchets plastiques, l’Association TunSea pour la science participative a publié un guide de recommandations pour la sauvegarde des tortues marines, dont la protection le long des côtes tunisiennes dépend aussi du comportement des citoyens, des nageurs et des pêcheurs.

L’association TunSea, qui œuvre pour la science citoyenne, a publié une série de recommandations pratiques suite à l’augmentation des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêche ou des déchets plastiques.

L’ONG insiste avant tout sur l’importance de garder son calme face à une tortue en détresse, afin de ne pas aggraver son stress.

Si les conditions le permettent, le filet peut être coupé ou dénoué délicatement, en portant une attention particulière au cou et aux nageoires.

TunSea recommande d’éviter de tirer brusquement sur le filet et de retirer les corps étrangers ou fragments profondément incrustés dans la peau, car cela pourrait aggraver les blessures.

Une prudence particulière est également de mise pour la sécurité des personnes intervenant, car une tortue effrayée peut mordre. Il convient d’observer les signes vitaux de l’animal, tels que le mouvement de ses nageoires, l’ouverture de ses yeux ou sa respiration. Si l’animal est vivant et ne présente aucune blessure apparente, il peut être relâché avec précaution dans la mer, dans un endroit calme, à l’écart des bateaux, des foules et du bruit.

La situation est différente si la tortue est blessée, faible ou désorientée. Dans ce cas, prévient l’association, il ne faut surtout pas la remettre à l’eau, car elle risque de se noyer. En attendant l’intervention de spécialistes, il convient de la placer à l’ombre, le corps recouvert d’une serviette humide, en laissant ses narines dégagées pour qu’elle puisse respirer.

TunSea souligne également qu’il ne faut jamais retourner une tortue sur le dos ni la soulever par les nageoires.

Si un hameçon est visible dans la bouche ou la peau, l’opération de sauvetage doit être confiée à du personnel qualifié.

Pour coordonner un sauvetage, l’association vous invite à contacter immédiatement la Garde nationale maritime au 194, le Centre de sauvetage des tortues marines de l’Institut national des sciences et technologies de la mer, ou TunSea via ses canaux de coordination.

La Tunisie abrite trois espèces de tortues marines : la tortue caouanne (Caretta caretta), la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue luth (Dermochelys coriacea). La tortue caouanne est l’espèce la plus répandue et se reproduit sur certaines plages tunisiennes, notamment sur les îles Kuriat, considérées comme le principal site de nidification du pays, ainsi que sur d’autres portions de la côte est.

Des études récentes ont également confirmé l’importance de la plage de Ghedhabna, sur la côte est, comme nouveau site de nidification important. L’appel de TunSea s’inscrit dans un effort plus large de protection de la biodiversité marine méditerranéenne. Les tortues jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes : elles contribuent au maintien des herbiers sous-marins, au recyclage des nutriments et à la santé des plages de ponte. Elles sont également considérées comme des indicateurs de la santé des mers. Les principales menaces qui pèsent sur elles restent les captures accidentelles dans les filets, la pollution plastique, la pression sur les plages, le trafic maritime et la dégradation des habitats côtiers.

Par conséquent, selon TunSea, la protection des tortues marines n’est pas seulement l’affaire des biologistes et des institutions, mais une responsabilité collective, notamment dans un pays comme la Tunisie, dont les côtes jouent un rôle reconnu pour les populations de tortues en Méditerranée.

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