Le gouvernement espagnol vient de présenter un plan de 9 milliards d’euros pour soutenir la transition énergétique. Et ce, principalement par le biais de subventions pour la rénovation des logements et l’adoption d’un abonnement quasi gratuit aux transports publics en Espagne.
« La révolution énergétique ne peut pas seulement profiter à ceux qui peuvent changer de voiture, installer des panneaux solaires sur le toit de leur maison ou rénover leur logement sans aide de l’État ». C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre, Pedro Sanchez. « Cela doit profiter à tout le monde », a-t-il déclaré lors de la présentation de ce nouveau projet. Lequel sera cofinancé par l’Union européenne.
L’Espagne est en première ligne face au réchauffement climatique, avec des vagues de chaleur de plus en plus longues et fréquentes. Elles sont déjà présentes au printemps; mais aussi des automnes et des hivers plus humides qu’auparavant.
Plus précisément, 4,7 milliards d’euros du « plan social pour le climat » seront principalement alloués à la rénovation énergétique des logements et des quartiers. Tandis que 4,3 milliards d’euros seront investis dans la mobilité. Avec notamment l’adoption d’un abonnement saisonnier spécial permettant une utilisation quasi gratuite des transports publics.
L’approbation de ce plan requiert toutefois une majorité au Parlement, dont ne dispose pas le gouvernement actuel. « Nous avons besoin du soutien de tous les groupes parlementaires », y compris de l’opposition de droite et d’extrême droite, a ajouté aujourd’hui M. Sanchez. Car les ressources du Fonds social européen pour le climat nécessitent l’intégration des directives européennes dans le droit national et le respect de la réglementation européenne.
La part des énergies propres dans le mix électrique tunisien a reculé à 4,03 % en 2025, contre 4,4 % un an plus tôt, selon un rapport du Centre de recherche sur l’énergie basé à Washington. Ce repli s’explique principalement par la baisse des contributions du solaire et de l’éolien à la production nationale d’électricité.
L’énergie solaire, première source renouvelable du pays, représente désormais 2,52 % du mix électrique, tandis que l’éolien poursuit son ralentissement, avec une capacité opérationnelle figée depuis 2018. Cette baisse intervient malgré une forte progression des capacités installées au cours de la dernière décennie.
À fin 2025, la puissance solaire installée a atteint 895 mégawatts, confirmant ainsi l’orientation de la Tunisie vers les projets photovoltaïques pour réduire sa dépendance au gaz naturel, principale source de production électrique.
Cette situation intervient dans un contexte de forte pression énergétique. Les ressources nationales en énergie primaire sont tombées à 3,4 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2025, alors que la consommation continue d’augmenter, aggravant le déficit énergétique du pays.
Le déficit de la balance commerciale énergétique a ainsi atteint 11 023 millions de dinars en 2025, accentuant les tensions sur les finances publiques malgré les efforts engagés pour accélérer les investissements dans les énergies renouvelables.
À l’occasion d’une journée de travail organisée, vendredi 22 mai 2026, par le ministère de l’Environnement, pour célébrer la « Journée mondiale de la biodiversité » et présenter la « Stratégie nationale et le Plan d’action pour la biodiversité 2025-2030″, Habib Abid, ministre de l’Environnement, a mis en garde contre l’aggravation des effets du changement climatique sur les écosystèmes tunisiens.
Ceci étant, il a affirmé que la Tunisie figure parmi les premiers pays de la région en matière de protection des espaces naturels, avec 41 parcs nationaux et réserves naturelles, ainsi que 46 sites d’importance majeure pour la conservation des oiseaux. Il a également souligné l’existence de vastes zones humides d’importance internationale, s’étendant du nord du pays jusqu’au Sahara tunisien.
Revenant sur les efforts de reboisement engagés depuis l’indépendance, Habib Abid a indiqué que la superficie forestière est passée de 300 000 à 1,2 million d’hectares aujourd’hui, grâce notamment au travail de la Direction générale des forêts et au soutien des différents partenaires institutionnels.
Le ministre a toutefois insisté sur les conséquences de plus en plus visibles des dérèglements climatiques. Selon lui, la sécheresse prolongée, observée durant les sept ou huit dernières années, a provoqué la mortalité de plusieurs espèces forestières incapables de résister à des périodes répétées de stress hydrique.
Il a également évoqué la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, citant notamment les glissements de terrain, les pluies torrentielles et la hausse inhabituelle du niveau des vagues en Méditerranée entre le 19 et le 21 janvier dernier par exemple, avec des vagues atteignant entre 6 et 14 mètres de hauteur. « Nous commençons à observer davantage de catastrophes naturelles », a-t-il averti, soulignant que ces phénomènes ont un impact direct sur la biodiversité et les ressources naturelles du pays.
Par ailleurs, Habib Abid a aussi mis en lumière l’augmentation spectaculaire des incendies de forêt. Alors que les surfaces touchées ne dépassaient auparavant pas les 500 à 600 hectares par an, elles atteignent désormais entre 2 000 et 3 000 hectares annuellement, soit une multiplication par cinq ou six.
Face à cette situation, il a affirmé que la Tunisie mise désormais sur des stratégies d’adaptation intégrées. La nouvelle stratégie nationale de la biodiversité ainsi que la stratégie du secteur forestier prennent en compte les enjeux climatiques dans l’ensemble des politiques publiques. Le ministre a expliqué que cette approche implique plusieurs ministères, notamment ceux de la Santé autour du concept « One Health », l’Éducation à travers les clubs environnementaux présents dans près de 440 écoles, mais aussi du Transport, de l’Énergie, de la Culture et de l’Équipement.
Dans ce cadre, le ministère de l’Environnement travaille notamment sur la valorisation des déchets ménagers pour produire de l’électricité et des combustibles alternatifs destinés aux cimenteries, afin de réduire les importations de charbon pétrolier. Selon Habib Abid, les énergies renouvelables pourraient couvrir jusqu’à 35 % des besoins nationaux à l’avenir, y compris à travers les projets de valorisation énergétique des déchets.
La Tunisie ne peut plus différer le choix de sa souveraineté énergétique. Dépendante à plus de 60 % de sources extérieures, confrontée à une demande d’électricité qui pourrait doubler en quinze ans et soumise à des exigences climatiques internationales croissantes, la Tunisie est à un tournant. C’est dans ce contexte d’urgence que s’est tenu, le 21 mai 2026 à Tunis, dans le cadre de la 27ème édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, un panel intitulé : « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».
Autour de Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, qui en assurait la modération, quatre expertes et experts ont croisé leurs analyses. A savoir : Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique (ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie); Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC); Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001; et Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie.
Entre conformité réglementaire, innovation financière et impératifs de compétitivité, le débat a mis en lumière l’ampleur d’un défi qui dépasse largement la seule politique énergétique.
Dressant un diagnostic sans concession, Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, a rappelé qu’il y a trente ans, la Tunisie était autosuffisante en énergie. La moitié du déficit de sa balance commerciale est aujourd’hui imputable aux importations énergétiques. Et les subventions à l’énergie représentent le premier poste de subvention du budget de l’Etat. « Ce sont là des défis tout à fait redoutables », a-t-il observé, en ce sens que le défi financier pour atteindre l’objectif de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 se chiffre en milliards de dollars. Auxquels s’ajoutent les investissements de réseau, de stabilisation et de gestion.
Cependant, Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique, n’a pas manqué de confirmer la trajectoire engagée par le gouvernement. Elle souligne à cet effet que plusieurs centaines de mégawatts sont désormais installés sous les différents régimes de production renouvelable. Tandis que nouveaux projets attendent leur approbation au Parlement. « Il va falloir que cela s’accélère, compte tenu des contraintes auxquelles la Tunisie est confrontée », a-t-elle insisté.
De son côté, Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC), mettra pour sa part en perspective l’ampleur des investissements nécessaires, évalués à plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’horizon 2030, selon les engagements climatiques de la Tunisie. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) entend y jouer un rôle de catalyseur et d’effet de levier pour mobiliser le secteur privé. Et ce, via des mécanismes de financement innovants et une logique d’investissement d’impact. « Ce n’est plus un choix », a-t-elle tranché.
Pour sa part, Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001, a éclairé les entreprises tunisiennes sur les implications concrètes du mécanisme d’ajustement carbone à la frontière mis en place par l’Union européenne, qui bascule cette année d’un régime déclaratoire à un régime fiscalisé. Un dispositif dont le périmètre est appelé à s’étendre bien au-delà des six secteurs actuellement concernés. Et qui constitue, pour les exportateurs ayant anticipé leur décarbonation, un véritable levier de compétitivité sur les marchés européens.
Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie, a quant à elle replacé le véhicule électrique dans une perspective systémique inédite : bien au-delà de la décarbonation des transports, il représente une ressource de stockage d’énergie au service de l’équilibre du réseau électrique. Les premières tendances du marché tunisien témoignent d’une dynamique naissante mais réelle, portée par un cadre réglementaire incitatif que la directrice a salué.
Au terme de ce débat dense et prospectif, une conviction s’est imposée à l’ensemble des participants : la transition énergétique de la Tunisie ne pourra réussir que par une coordination étroite entre l’État, les institutions financières, les opérateurs privés et les partenaires internationaux. Un impératif de coalition autant que de volonté politique.
L’intégralité de la couverture du panel sera publiée dans le prochain numéro 946 de L’Économiste Maghrébin du 3 au 17 juin 2026.
Quarante ans après sa création, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) célèbre un parcours qui épouse l’histoire énergétique contemporaine de la Tunisie. À la Cité de la Culture de Tunis, décideurs publics, experts internationaux, industriels et acteurs de la société civile se sont réunis, mercredi 20 mai 2026, pour une conférence nationale sous le thème : «40 ans d’engagement pour l’énergie durable : bilan et perspectives de la transition énergétique en Tunisie».
Lotfi Sahli
Créée en 1985, l’ANME (appelée autrefois Agence de maîtrise de l’énergie, AME) est née dans un contexte marqué par les chocs pétroliers et la nécessité pour la Tunisie de rationaliser sa consommation énergétique. Dès ses premières années, l’agence avait lancé des programmes pionniers de maîtrise de l’énergie dans l’industrie et le bâtiment, tout en encourageant les premières expériences d’électrification rurale par l’énergie solaire. Cette période avait posé les bases d’une nouvelle culture énergétique nationale fondée sur l’efficacité, la sobriété et l’anticipation stratégique.
Les années 1990 ont constitué une deuxième étape déterminante. L’ANME a progressivement structuré un véritable cadre réglementaire autour des audits énergétiques obligatoires, des contrats-programmes et des mécanismes d’incitation fiscale destinés aux entreprises économes en énergie.
Intégration du photovoltaïque au réseau national
Les campagnes de sensibilisation auprès des ménages et des collectivités locales ont également commencé à modifier les comportements de consommation. Cette décennie a surtout permis d’installer durablement la question énergétique dans les politiques publiques tunisiennes.
Au début des années 2000, l’agence est entrée dans une phase d’expansion et de modernisation. Le programme Prosol a transformé le paysage du solaire thermique en Tunisie et fait du pays une référence régionale dans ce domaine.
Les premiers projets éoliens d’envergure ont été accompagnés par l’ANME, tandis que les réflexions sur l’intégration du photovoltaïque au réseau national ont commencé à prendre forme. Cette étape a aussi été marquée par l’ouverture vers les partenariats euro-méditerranéens et les financements internationaux.
Après 2010, l’ANME a dû faire face à des défis plus complexes : hausse de la dépendance énergétique, volatilité des prix internationaux et impératifs climatiques. L’agence a alors participé à l’élaboration de la stratégie tunisienne de transition énergétique à l’horizon 2030 puis 2050, tout en développant des programmes liés à la mobilité électrique, aux bâtiments intelligents et à l’efficacité énergétique industrielle. Le Fonds de transition énergétique a renforcé les capacités d’investissement dans les projets durables.
La manifestation organisée à Tunis a justement permis de retracer ces différentes étapes. La journée inaugurale a débuté par une cérémonie officielle marquée par des allocutions institutionnelles réunissant responsables gouvernementaux, partenaires internationaux et anciens dirigeants de l’agence. Un documentaire retraçant quarante années d’action de l’ANME a ensuite été projeté devant les participants, avant un échange consacré aux grandes mutations énergétiques vécues par la Tunisie depuis les années 1980.
Les mécanismes d’appui à la transition énergétique
Les travaux de la journée ont été composés de plusieurs séances plénières et tables rondes consacrées au bilan de la maîtrise de l’énergie, aux défis de la transition énergétique et aux nouvelles perspectives technologiques. Les intervenants ont débattu de l’essor des énergies renouvelables, de l’intégration des startups dans l’innovation énergétique, de la mobilité électrique et des nouvelles solutions de financement vert. Des représentants d’organisations régionales et internationales spécialisées dans l’énergie ont également pris part aux discussions, donnant à cette rencontre une dimension méditerranéenne et africaine.
Aujourd’hui, jeudi 21 mai, la conférence se poursuivra avec une deuxième journée centrée sur les perspectives d’avenir. Les débats aborderont les mécanismes d’appui à la transition énergétique, le financement climatique et les partenariats internationaux. Les institutions financières internationales, dont la Banque européenne d’investissement, la KfW, la BAD et le Fonds vert pour le climat, présenteront leurs mécanismes de soutien aux projets énergétiques tunisiens.
La clôture officielle devrait être marquée par des hommages aux anciens dirigeants de l’agence, un échange entre le premier PDG de l’ancienne AME et celui de l’actuelle ANME, ainsi que la présentation d’un rapport final traçant les grandes orientations de la feuille de route énergétique tunisienne pour les décennies à venir.
À travers cette célébration, l’ANME ne commémore pas seulement un anniversaire institutionnel. Elle cherche surtout à réaffirmer le rôle stratégique de la transition énergétique dans l’avenir économique et environnemental de la Tunisie, à un moment où la souveraineté énergétique et la lutte contre le changement climatique deviennent des enjeux majeurs pour tout le bassin méditerranéen.
La Tunisie a réalisé des économies significatives sur ses importations de gaz grâce à l’intégration progressive des énergies renouvelables dans son mix énergétique. C’est ce qu’a affirmé le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaâ Baccari.
S’exprimant à l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis sous le thème « Une transition énergétique juste, durable et innovante », Nafaâ Baccari a souligné que ces efforts ont permis d’éviter des coûts estimés à environ 9,6 millions de dinars, dans un contexte où la facture énergétique nationale avait atteint près de 14 milliards d’euros en 2019.
Plus d’un million de ménages équipés en solaire
Parmi les avancées majeures, le DG de l’ANME a mis en avant le développement du programme de chauffage solaire de l’eau sanitaire, qui a permis d’équiper plus d’un million de foyers tunisiens en systèmes solaires thermiques. Ces résultats s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer l’indépendance énergétique du pays et à réduire la consommation des énergies fossiles.
Il a également annoncé la poursuite et l’élargissement de plusieurs programmes destinés aux ménages, notamment en matière de production d’électricité via des installations photovoltaïques sur les toitures, ainsi que des mécanismes de subvention liés aux économies d’énergie générées par les politiques publiques.
Toujours dans le même ordre d’idées, il est à noter que, dans le cadre des politiques d’efficacité énergétique, un projet de modernisation de l’éclairage public prévoit le remplacement d’environ 350 000 points lumineux par des lampes LED à haute efficacité énergétique. Ce programme devrait permettre de réaliser jusqu’à 30 % d’économies d’énergie.
Le projet, dont le financement a été finalisé récemment, devrait démarrer en 2027, en attendant la mobilisation de financements complémentaires pour achever son extension.
Décarbonation, déchets et mobilité au cœur des priorités
Le directeur général de l’ANME a également insisté sur les grandes priorités de la prochaine phase de transition énergétique, notamment la décarbonation du secteur industriel, la valorisation énergétique des déchets, le développement de la mobilité durable et l’électrification progressive des usages.
Il a également évoqué la nécessité d’accompagner les collectivités locales dans la mise en place de plans de transition énergétique, notamment à travers l’optimisation de l’éclairage public et l’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures.
Enfin, Nafaâ Baccari a rappelé que la Tunisie s’oriente vers un modèle énergétique plus durable, fondé sur la diversification des sources, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la montée en puissance des énergies renouvelables, dans une dynamique de transition « juste et inclusive ».
La part des énergies renouvelables dans le mix électrique tunisien a atteint environ 6 % à la fin de l’année 2025, selon les chiffres officiels. Ce taux devrait progresser à 9 % avec l’entrée en exploitation de plusieurs nouvelles centrales, avant d’atteindre près de 10 % d’ici la fin de l’année 2026.
Ces déclarations ont été faites par le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, lors de l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis par Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, sous le thème : « Une transition énergétique juste, durable et innovante ».
À cette occasion, Wael Chouchane a souligné que la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase de sa transition énergétique, dans un contexte marqué par des défis qui ne sont plus uniquement techniques ou conjoncturels, mais désormais liés à la souveraineté nationale et aux choix stratégiques du pays.
Revenant sur le 40e anniversaire de la création de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, Wael Chouchane a rappelé le rôle central joué par l’institution dans la diffusion de la culture de l’efficacité énergétique, la rationalisation de la consommation d’énergie ainsi que le développement des énergies renouvelables. Il a également mis en avant l’expertise nationale développée par la Tunisie dans ce domaine, reconnue aux niveaux régional et international.
Le secrétaire d’État a insisté sur l’ampleur du déficit énergétique auquel fait face la Tunisie, estimant qu’il devient impératif d’accélérer la transition vers un nouveau modèle énergétique reposant sur deux piliers complémentaires : le développement rapide des projets d’énergies renouvelables et le renforcement des programmes d’efficacité énergétique.
Selon lui, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie sera appelée à jouer un rôle encore plus important dans l’accompagnement des efforts de l’État en faveur de cette transformation stratégique. Il s’est toutefois dit confiant quant à la capacité de la Tunisie à réussir cette transition grâce aux compétences, aux expertises et aux institutions nationales dont elle dispose.
Wael Chouchane a enfin rappelé que la stratégie énergétique nationale à l’horizon 2035 vise à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique d’ici 2030.
Sept (7) projets d’énergie solaire, d’une capacité totale de 120 kilowatts, ont été réalisés au profit d’associations de développement, de coopératives agricoles et de femmes entrepreneures en Tunisie. Et ce, dans le cadre de l’Initiative régionale pour la promotion des applications d’énergie renouvelable à petite échelle dans les zones rurales de la région arabe (REGEND). C’est ce qu’a fait savoir le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane.
Participant à distance à une session consacrée à l’Objectif de développement durable n°7 (Énergie propre et d’un coût abordable), organisée dans le cadre du Forum arabe pour le développement durable, le secrétaire d’État a souligné que cette initiative portée par la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) constitue une expérience pionnière pour garantir une transition énergétique inclusive et résiliente et un levier de développement local et d’autonomisation des femmes.
Toujours selon lui, ces installations décentralisées ont permis d’améliorer directement la qualité de vie en milieu rural en soutenant des infrastructures essentielles telles que les écoles et les centres de santé, tout en dynamisant les activités économiques locales.
Lors de cette session, M. Chouchane a également évoqué les progrès réalisés par la Tunisie dans le cadre de sa transition énergétique. Affirmant ainsi que le succès de cette transition ne dépend pas uniquement des mégaprojets, mais nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs (institutions publiques, collectivités locales, société civile et secteur privé) pour concevoir des solutions adaptées aux besoins spécifiques du pays.
Il a évoqué les efforts déployés pour accroître la contribution des énergies renouvelables dans le mix énergétique, encourager l’investissement dans l’énergie solaire et éolienne et mettre en place des programmes de rationalisation de la consommation d’énergie dans les différents secteurs économiques.
La Tunisie poursuit ses objectifs visant à atteindre 35 % de part d’énergies renouvelables dans le mix électrique, contre environ 9 % actuellement, a-t-il rappelé. Tout en précisant qu’environ 450 mégawatts ont déjà été installés sur les toits des habitations dans le cadre du régime d’autoproduction, outre le lancement prochain de cinq projets majeurs d’une capacité totale de 600 mégawatts pour renforcer le réseau national.
Par ailleurs, le Forum arabe pour le développement durable, organisé par l’ESCWA en collaboration avec la Ligue des États arabes, a réuni plusieurs responsables régionaux pour évaluer les progrès de l’Agenda 2030 dans la région arabe.
Il paraît qu’en Tunisie, le pétrole coule sous les sables du Sud. Il paraît — car personne ne vous le dira officiellement. Ni Bourguiba ne l’a dit clairement. Ni Ben Ali. Ni la Troïka. Ni Nidaa. Ni Ennahdha. Ni Qalb Tounes. Ni Kais Saïed, le président qui parle de souveraineté nationale à longueur de discours, mais dont les gouvernements successifs depuis 2019 maintiennent les citoyens dans une ignorance souveraine sur l’état de leurs ressources nationales.(Photo : le champ gazier Nawara à Tataouine).
Moktar Lamari, Ph.D.
L’omerta a ses idéologues à gauche, à droite, au centre et au palais de Carthage. C’est le seul vrai consensus national : ne rien dire aux Tunisiens sur leur propre sous-sol.
Alors permettez-moi, chiffres à la main, de commettre ce que les cercles du pouvoir tunisien appellent une indiscrétion — et que les démocraties normales appellent simplement information publique.
Gouvernorat de Tataouine : le Koweït tunisien qu’on a décidé d’ignorer
Commençons par le Sud, cette Tunisie oubliée qui produit et qui souffre simultanément. Le gouvernorat de Tataouine concentre à lui seul 46% de la production nationale de pétrole brut et 27% du gaz naturel. En clair : presque la moitié du pétrole tunisien sort des terres d’une région qui n’a ni université digne de ce nom, ni hôpital équipé, ni autoroute. Voilà le paradoxe tunisien dans toute sa splendeur sarcastique.
Le champ Nawara — opéré conjointement par l’autrichien OMV et l’Etap (50% chacun) — a atteint son pic en 2022 à 1 milliard de mètres cubes (bcm) de gaz naturel, soit l’équivalent d’environ 1 000 millions de litres d’équivalent pétrole annuellement.
À un prix moyen de 5 dollars le million de BTU, Nawara représentait au pic environ 500 millions de dollars de valeur brute annuelle. Depuis, le champ s’effondre : -48% de production enregistrés en 2025 selon l’Onem. Nawara tousse. Et Tunis se tait.
Le champ onshore Sabria (Etap 55%, Serinus Energy 45%), le complexe Anaguid East (OMV/Etap, en développement), les concessions Jinane et Benefsej Sud — toutes arrêtées pour maintenance en septembre 2025 — complètent ce tableau sudiste.
Le gouvernorat de Kébili, voisin et également producteur, contribue au même ensemble géologique du bassin de Ghadames, sans que le citoyen de Douz ou de Matmata sache jamais combien de barils partent chaque matin de ses terres vers les ports méditerranéens.
Gouvernorat de Sfax et le Golfe de Gabès : l’offshore qu’on sous-exploite
En mer, le champ Ashtart (Etap 50%, Perenco 50%) peut produire jusqu’à 30 000 barils/jour, soit 4,8 millions de litres quotidiens. Valorisés à 72 dollars le baril — cours BMI 2026 — cela représente 2,16 millions de dollars par jour, soit 788 millions de dollars annuels à pleine capacité. Mais le champ a été arrêté entre juin et juillet 2025. Pour maintenance. Sans communiqué officiel. Sans transparence. Dans l’ombre, comme il se doit.
Le champ Didon (permis Zarat, Etap 100%) peut atteindre 20 000 barils/jour. Le champ Cercina (Etap 51%, Panoro UK 49%) produit 8 000 barils/jour.
Ensemble, le Golfe de Gabès représente l’un des derniers bastions offshore tunisiens — avec des infrastructures vieillissantes que ni le budget de l’État ni l’appétit des investisseurs étrangers ne suffisent à renouveler.
En juillet 2024, Tunis a décidé de ne pas renouveler les concessions des champs Rahmoura et Ashtart expirés, préférant l’opération directe par l’Etap. Résultat : des champs qui ne produisent plus rien, au nom de la souveraineté. C’est ce qu’on appelle, en économie politique, couper son nez pour faire peur à son visage.
Bizerte : une raffinerie de 1963 pour une Tunisie de 2026
Le gouvernorat de Bizerte abrite la seule raffinerie du pays, gérée par la Stir depuis 1963 — soit l’année où John Kennedy était encore vivant et où la Tunisie venait à peine d’enterrer le beylicat. Capacité nominale : 34 000 barils/jour, soit 5,4 millions de litres/jour. Taux d’utilisation réel en 2025 : 52,5% seulement. En 2023, production en chute de 26,4% suite à un arrêt dont les causes officielles restent, vous l’aurez deviné, non explicitées.
Pendant ce temps, la Tunisie importe 84 500 barils/jour de produits raffinés nets en 2026 — soit 13,4 millions de litres quotidiens achetés à l’Italie, à la Russie, à Malte, à la Bulgarie et à la Roumanie. Coût : environ 2,7 milliards de dollars par an. Ce que la Tunisie ne raffine pas chez elle, elle le paie à l’étranger. En toute souveraineté.
Et le projet de deuxième raffinerie à Skhira (2 milliards de dollars, 120 000 b/j initialement, avec QatarEnergy) ? Suspendu sine die. Le sous-sol libyen devait fournir le brut. La politique libyenne a fourni le chaos. Résultat : zéro.
Le Gazoduc Transmed : 370 km de tuyau dont le Tunisien ignore l’existence
Le pipeline Transmed — officiellement baptisé Enrico Mattei par l’Italie — traverse 370 kilomètres de territoire tunisien, de la frontière algérienne jusqu’à Cap Bon, avant de plonger sous la Méditerranée vers la Sicile. Capacité technique totale du réseau : 33 bcm/an.
La Tunisie perçoit en contrepartie du transit un droit en nature — du gaz algérien — qui constitue une part significative de ses importations énergétiques.
Car voici le comble : la Tunisie produit 1,0 bcm de gaz en 2026, mais en consomme 5,0 bcm. Elle importe donc 3,9 bcm, quasi exclusivement d’Algérie. À 5 dollars le MMBTU moyen, ces importations coûtent environ 600 millions de dollars annuellement. En 2035, BMI projette des importations de 5,5 bcm — la dépendance s’aggrave pendant que la production nationale s’effondre à 0,8 bcm. La Tunisie sera alors capable de couvrir à peine 12,6% de sa propre consommation gazière. Le reste : importé, facturé, payé en devises rares.
La production nationale : les chiffres qu’on ne cite jamais
Voici les données brutes, celles que ni le palais de Carthage, ni le ministère de l’Industrie, ni les partis d’opposition n’ont jamais eu la courtoisie d’expliquer au citoyen :
– Pétrole brut 2024 : 30 200 barils/jour = 4,8 millions de litres/jour. Valeur au prix de 80,70 $/b : environ 890 millions de dollars annuels.
– Pétrole brut 2026 (estimé) : 27 700 b/j = 4,4 millions de litres/jour. Valeur à 78 $/b : environ 789 millions de dollars annuels. Soit 100 millions de dollars de moins qu’en 2024, en deux ans seulement.
– Pétrole brut 2035 (projeté) : 22 500 b/j = 3,6 millions de litres/jour. Valeur à 70 $/b : environ 575 millions de dollars annuels. La trajectoire est univoque : vers le bas.
– Les réserves prouvées en pétrole : 410 millions de barils en 2026, tombant à 380 millions en 2035. Les réserves en gaz : 60 bcm aujourd’hui, 50 bcm en 2035. Chaque année, la Tunisie pompe sans remplacer. Elle mange son capital sans le renouveler. C’est ce qu’on appelle, en comptabilité nationale, manger les meubles.
Posons la question frontale : pourquoi cette omerta systémique sur les ressources énergétiques tunisiennes ?
Premièrement, le secret protège les rentes. Quand le citoyen ne sait pas combien de barils partent de Tataouine, il ne peut pas calculer ce que l’État en tire, ce qui revient aux compagnies étrangères, et ce que l’Etap — dont les rapports financiers arrivent avec deux ans de retard — verse réellement au Trésor. L’opacité est la mère de toutes les rentes.
Deuxièmement, le silence évite les questions sociales. Quand les habitants de Tataouine — qui produisent 46% du pétrole national — réclament leur part du développement régional, la réponse officielle est le gaz lacrymogène, pas la transparence budgétaire. L’omerta évite d’avoir à justifier pourquoi la région qui pompe souffre pendant que la capitale consomme.
Troisièmement, les partis politiques sont tous complices. Ennahdha a gouverné sans publier un seul bilan énergétique accessible au grand public. La Troïka idem. Nidaa Tounes idem. Et Kais Saied, qui a concentré tous les pouvoirs depuis 2021, n’a pas fait produire par ses services aucun rapport national sur l’état des ressources énergétiques, aucune stratégie publiée, aucun débat parlementaire digne de ce nom— le parlement étant vidé de sa substance. L’omerta transcende les clivages politiques : c’est le seul vrai programme national.
Quatrièmement, le nouveau Code des Hydrocarbures attend toujours. En février 2025, le gouvernement a examiné un projet. Dix-huit mois plus tard, le texte n’est toujours pas soumis au Conseil des ministres. Pendant ce temps, les IOCs quittent le pays — Shell a abandonné Miskar et Hasdrubal en 2021-2022 — et les licences d’exploration tombent de 20 en 2021 à 15 en 2025. Le secteur se vide de ses investisseurs pendant qu’on réfléchit à la législation qui les attirerait.
Épilogue : omerta rime avec défiance
La Tunisie est à genoux économiquement. Son ratio dette/PIB dépasse 80%. L’accord FMI a été rejeté en avril 2025. La BCT maintient son taux directeur à 8% pour contenir l’inflation. Le dinar s’érode. Et pendant ce temps, le sous-sol tunisien continue de se vider à 27 700 barils/jour, sans stratégie de remplacement, sans transparence, sans débat national.
Le gouvernement ne fait rien pour mériter la confiance du citoyen. Et le citoyen, faute d’information, ne peut même pas formuler les bonnes questions. C’est la boucle parfaite de l’omerta d’État : un peuple qu’on appauvrit en secret, avec son propre pétrole.
Jusqu’à quand ? La réponse appartient aux Tunisiens — à condition qu’on leur donne enfin les chiffres pour décider.
* Economiste universitaire.
Source principale : BMI/Fitch Solutions, Tunisia Oil & Gas Report, May 2026, 91 pages, Fitch Solutions Group Limited, Londres, ISSN 2058-0762, copy deadline avril 2026.
Les prix du pétrole ont reculé ce mercredi 20 mai après les déclarations du président américain, Donald Trump, affirmant que la guerre avec l’Iran pourrait prendre fin « très rapidement », ce qui ravive les anticipations d’un apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, selon plusieurs sources de marché.
Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent ont chuté de 0,54 $, soit 0,49 %, à 110,7 $ le baril, tandis que les contrats à terme sur le pétrole brut West Texas Intermediate américain ont reculé de 0,49 $, soit 0,47 %, à 103,7 $.
Les analystes soulignent cependant que cette détente reste fragile. Car malgré les signaux d’apaisement, les risques sur l’approvisionnement mondial demeurent élevés, notamment en raison des perturbations persistantes dans le détroit d’Ormuz et des incertitudes sur la stabilité d’un éventuel accord.
Dans l’ensemble, les marchés énergétiques restent donc suspendus aux évolutions diplomatiques et militaires entre Washington et Téhéran, dans un contexte où toute escalade ou rupture de négociations peut rapidement inverser la tendance des prix.
Le déficit de la balance commerciale énergétique de la Tunisie, redevance du gaz algérien exporté incluse, s’est maintenu à 2 969 millions de dinars à fin mars 2026. C’est ce qu’il ressort du dernier rapport de conjoncture économique publié lundi par l’Observatoire national de l’énergie et des mines (ONEM).
Cette stabilité résulte d’une hausse des exportations de produits énergétiques de 25 % en valeur, partiellement compensée par une progression des importations de 3 %. L’Observatoire rappelle que les échanges commerciaux du secteur énergétique sont déterminés par trois facteurs : les quantités échangées; le taux de change dollar/dinar; et les cours du Brent, qualité de référence sur laquelle sont indexés les prix du brut importé et exporté ainsi que ceux des produits pétroliers.
Sur ce plan, le cours du Brent a progressé de 31 dollars le baril en mars 2026 par rapport à mars 2025, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Dans le même temps, le dinar tunisien s’est apprécié de 6 % face au dollar américain, principale devise des échanges énergétiques. Et ce, par rapport à la même période de l’année précédente.
Abdelkader Baccouche, directeur de la performance énergétique dans le secteur du bâtiment à l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME), a indiqué que le programme des mosquées constitue aujourd’hui l’un des projets les plus avancés en matière de maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics.
Les avancées de la transition énergétique dans le bâtiment ont été mises en lumière. Et ce, en marge d’une rencontre stratégique de haut niveau sur l’avenir du secteur de la construction durable, organisée par la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CCITF), sur le thème : « Quelles visions stratégiques et innovations pour le bâtiment durable de demain ? »
L’intervenant a souligné que le programme des “mosquées vertes” a permis d’obtenir des résultats particulièrement significatifs, avec des économies d’énergie dépassant 92 % dans plusieurs mosquées pilotes. Ce qui confirme l’efficacité des solutions techniques intégrées mises en place.
Cette performance repose sur une approche globale combinant l’installation de systèmes photovoltaïques, la modernisation de l’éclairage par des technologies LED à faible consommation, ainsi que l’optimisation des équipements de climatisation. Le dispositif intègre également des systèmes intelligents de gestion et de suivi de la consommation énergétique en temps réel.
Les premières expérimentations, menées notamment dans certaines mosquées du gouvernorat de Tozeur, ont permis de réduire fortement la dépendance au réseau électrique traditionnel. Avec un objectif progressif visant à améliorer l’autonomie énergétique des lieux de culte.
En outre, le même responsable précise que les résultats obtenus ouvrent la voie à une généralisation du programme à l’échelle nationale, couvrant environ 6 500 mosquées. Et ce, dans le cadre d’une stratégie visant à étendre les solutions d’efficacité énergétique aux bâtiments publics.
Il a enfin estimé que cette dynamique s’inscrit dans une transformation plus large du modèle énergétique national, fondée sur des projets structurants, reproductibles et à fort impact, capables d’accélérer concrètement la transition énergétique tout en réduisant la charge énergétique supportée par l’État.
La production nationale de pétrole brut a chuté de 13 % à fin mars 2026 pour s’établir à 281 kilotonnes. Telles sont les données relevées par l’Observatoire national de l’énergie et des mines.
Cette baisse s’explique par le recul de la production dans plusieurs champs pétroliers, notamment Ashtart (-62 %), Gherib (-47 %) et Adam (-17 %). Certains sites, dont Cherouq et Durra, sont également à l’arrêt depuis septembre 2025 pour des travaux de maintenance.
À l’inverse, quelques concessions ont enregistré une amélioration, à l’image de Chergui (+84 %) et Sidi Marzoug (+80 %).
Notons enfin que la production quotidienne moyenne est ainsi passée de 27 200 barils par jour à fin mars 2025 à 25 000 barils par jour un an plus tard.
La production nationale d’électricité en Tunisie a progressé de 7 % à fin mars 2026. Et ce, pour atteindre 4 493 GWh, contre 4 212 GWh un an auparavant. C’est ce qu’il ressort des données publiées par l’Observatoire national de l’énergie et des mines.
La production d’électricité destinée au marché local a, de son côté, augmenté de 2 %. Tandis que les importations d’électricité, principalement en provenance d’Algérie, ont couvert 9 % des besoins du pays.
A cet égard, la STEG continue de dominer le secteur, avec 92 % de la production nationale. Quant aux énergies renouvelables, elles représentent 7,3 % de la production électrique.
En outre, le développement du solaire se poursuit avec l’installation de 455 MW de toitures photovoltaïques dans le secteur résidentiel et 123 MW supplémentaires dans les secteurs industriel, tertiaire et agricole.
Par ailleurs, les ventes d’électricité ont enregistré une légère hausse de 1 % sur un an. Les industriels restent les principaux consommateurs et représentant 61 % de la demande des clients haute et moyenne tension.
En revanche, plusieurs secteurs ont vu leur consommation reculer, notamment l’industrie chimique et pétrolière (-7 %), les matériaux de construction (-6 %), ainsi que les industries extractives (-3 %).
Le déficit énergétique de la Tunisie a augmenté de 13 % à fin mars 2026. Il atteint 1,5 million de tonnes équivalent pétrole (Mtep). C’est ce que révèle un rapport publié lundi par l’Observatoire national de l’énergie et des mines (ONEM).
Le taux d’indépendance énergétique, qui mesure la part des besoins en énergie couverts par les ressources nationales, est tombé à 34 %; contre 39 % un an plus tôt. Sans la redevance liée au transit du gaz algérien, ce taux descend même à 28 %.
Les ressources d’énergie primaire ont reculé quant à elles de 8 % sur un an; et ce, pour s’établir à 0,8 Mtep. Cette baisse s’explique principalement par le recul de la production nationale de pétrole brut et de gaz naturel.
Le pétrole et le gaz continuent toutefois de représenter l’essentiel des ressources énergétiques du pays, avec une part de 74 %. À l’inverse, les énergies renouvelables restent peu développées et ne représentent que 3 % des ressources primaires.
Le rapport souligne également une baisse de 18 % des revenus issus du transit du gaz algérien.
Dans le même temps, la demande énergétique a progressé de 5 % entre mars 2025 et mars 2026. La consommation de gaz naturel et de produits pétroliers a augmenté au même rythme. Tandis que la production d’électricité à partir des énergies renouvelables a bondi de 40 %.
Enfin, la répartition de la consommation énergétique est restée quasiment stable. Ainsi, les produits pétroliers représentent 49 % de la demande; contre 50 % pour le gaz naturel.
La Commission européenne promeut des mesures de soutien aux ménages et aux entreprises, accélère les investissements dans les énergies propres et assure qu’il n’y a aucun risque de pénurie de carburant.
La crise énergétique engendrée par les troubles géopolitiques persistants au Moyen-Orient coûte cher à l’Europe. Bruxelles estime que depuis le début du conflit en Iran, les pays européens ont déboursé 35 milliards d’euros supplémentaires pour leur énergie, sans pour autant recevoir de quantités accrues de carburant.
Parallèlement, la Commission rassure les citoyens : malgré la flambée des prix des carburants, il n’existe aucun risque immédiat de pénurie en Europe, ni de grave déstabilisation du marché du tourisme. Le commissaire à l’énergie, Dan Jorgensen, a toutefois décrit la situation non pas simplement comme une « crise énergétique », mais comme une « crise des combustibles fossiles », réaffirmant que la dépendance de l’Union européenne aux combustibles fossiles importés continue de rendre l’économie européenne particulièrement vulnérable aux crises internationales.
La question a dominé la réunion informelle des ministres de l’Énergie de l’UE, mercredi 13 mai à Chypre, où les mesures de soutien aux citoyens et aux entreprises ont de nouveau été abordées. Selon la Commission, la réponse stratégique de l’Europe ne saurait se limiter à des subventions temporaires, mais doit s’appuyer sur l’accélération du développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, le stockage de l’électricité et le renforcement des interconnexions entre les États membres.
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