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Moyen-Orient | La Tunisie condamne toute violation du territoire d’un État

01. März 2026 um 10:42

Suite aux raids militaires israélo-américains contre l’Iran, la Tunisie a affirmé suivre avec une profonde préoccupation et une vive inquiétude la dangereuse escalade militaire dans la région et les risques potentiels d’extension du conflit et du chaos, ainsi que la grave menace que cela représente pour la paix et la sécurité régionales et internationales.

«Dans cette situation extrêmement dangereuse, la Tunisie a réaffirmé son attachement au respect du principe de souveraineté des États et a condamné toute agression contre le territoire d’un État ou toute violation de son intégrité territoriale», a indiqué un communiqué publié dimanche matin, 1er mars 2026, par le ministère des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, soulignant dans ce contexte son «rejet absolu de toute attaque contre les territoires des États arabes frères», sans nommer aucun des auteurs desdites attaques, soit Israël et les Etats-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre.

La Tunisie a exprimé sa pleine solidarité avec le Royaume d’Arabie saoudite, l’État du Koweït, l’État du Qatar, le Royaume de Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Royaume hachémite de Jordanie et la République d’Irak, selon le même communiqué.

«Forte de son attachement à la fraternité arabo-islamique et de son adhésion indéfectible aux principes du droit international et au règlement pacifique des différends, la Tunisie a appelé toutes les parties à cesser immédiatement leurs opérations militaires, à faire preuve de retenue, à reprendre les négociations et à éviter toute nouvelle escalade afin de protéger les vies innocentes et de préserver les ressources des peuples de la région», précise le communiqué.

La Tunisie a aussi souligné la nécessité pour le Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités et de prendre toutes les mesures nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

I. B.

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La guerre en Iran fait planer une menace de choc pétrolier

01. März 2026 um 09:07

Les marchés mondiaux s’apprêtent à ouvrir lundi 2 mars 2026 dans une période de forte volatilité, suite à la confirmation par le président américain Donald Trump du lancement d’importantes opérations militaires américaines contre l’Iran. Cette annonce aggrave considérablement les tensions le long de l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. (Ph. Détroit d’Ormuz par où transite 20% du pétrole mondial).

Le Brent a clôturé la semaine près de son plus haut niveau en sept mois, à environ 73 dollars le baril, après une hausse d’environ 16 % depuis le début de l’année. Les opérateurs sur le marché de l’énergie anticipent désormais des fourchettes de prix beaucoup plus larges pour la semaine prochaine, plusieurs scénarios évoquant un baril à 80 dollars en cas de perturbation ou de menace crédible des flux d’approvisionnement.

Environ 20 % du pétrole brut échangé dans le monde et une proportion similaire de gaz naturel liquéfié transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz, soit environ 13 millions de barils de pétrole par jour.

Nigel Green, fondateur et PDG du cabinet de conseil financier deVere Group, affirme que l’ampleur des risques inhérents à cette zone géographique influencera fortement la valorisation des actifs.

Les marchés de l’énergie entrent dans une phase de réajustement des prix, sous l’effet du risque opérationnel plutôt que de la spéculation.

Près d’un cinquième du flux mondial de pétrole brut transitant par un seul corridor maritime, même une faible probabilité de perturbation engendre une prime de risque structurel plus élevée. Il n’est pas nécessaire que la production de pétrole soit physiquement interrompue pour que les prix fluctuent fortement. Les coûts d’assurance, les modifications d’itinéraires de transport et la constitution de stocks de précaution suffisent à comprimer les anticipations d’offre.

Les capacités de production excédentaires restent limitées à l’échelle mondiale. Celles de l’Opep sont concentrées chez quelques producteurs du Golfe, tandis que les stocks commerciaux dans les pays de l’OCDE sont inférieurs aux moyennes de long terme. Une perturbation durable, même d’un million de barils par jour, représenterait environ 1 % de l’offre mondiale, ce qui suffirait à modifier l’équilibre d’un marché déjà préparé à une croissance modérée de la demande.

Le PDG de deVere explique que les investisseurs doivent se préparer à une transmission rapide des fluctuations entre les différentes classes d’actifs.

Les actions, les obligations, les devises et les matières premières s’ajusteront simultanément. Une hausse de 10 à 15 dollars du prix du pétrole brut exercerait une nouvelle pression à la hausse sur l’inflation globale aux États-Unis, en Europe et en Asie.

«Les banques centrales qui devaient envisager des baisses de taux plus tard cette année seront confrontées à un calcul plus complexe si le prix de l’énergie influence à nouveau les prix à la consommation et les anticipations d’inflation», explique Nigel Green.

Les rendements des bons du Trésor américain ont déjà montré leur sensibilité aux risques géopolitiques, les flux vers les valeurs refuges ayant comprimé les rendements à long terme ces derniers jours. L’or s’est raffermi, les investisseurs se protégeant contre les risques extrêmes.

Le dollar américain et le yen japonais attirent des investissements défensifs, tandis que les devises des marchés émergents à bêta élevé devraient subir une nouvelle pression à la vente si la volatilité s’accélère.

Nigel Green ajoute : «Les marchés se concentreront sur la durée et le confinement. Une campagne militaire courte et bien définie déclencherait probablement une flambée des prix du pétrole et un bref repli des marchés actions, suivi d’une stabilisation une fois les voies maritimes sécurisées.»

Un conflit de plusieurs semaines faisant peser une menace crédible sur le détroit d’Ormuz amplifierait la volatilité et maintiendrait les prix de l’énergie à un niveau élevé jusqu’au deuxième trimestre.

Les économies asiatiques sont particulièrement vulnérables. Des pays comme l’Inde, la Corée du Sud et le Japon dépendent fortement des flux énergétiques du Golfe. L’Inde, à elle seule, importe près de la moitié de son pétrole brut via le détroit d’Ormuz. La hausse des prix du pétrole creuserait les déficits des comptes courants, exercerait une pression sur les monnaies locales et compliquerait la politique monétaire dans toute la région.

«Les importateurs d’énergie en Asie subiront des pressions immédiates si le prix du pétrole brut se maintient au-dessus de 80 dollars», déclare Nigel Green.

«La faiblesse des devises, conjuguée à la hausse des coûts des carburants, resserre les conditions financières sans même une modification des taux d’intérêt. Les marchés boursiers de ces économies, notamment dans les secteurs des transports, de l’industrie manufacturière et les secteurs à forte volatilité, sont vulnérables à une réévaluation rapide des prix», ajoute-t-il.

Les prévisions de bénéfices des entreprises pourraient également évoluer. Les compagnies aériennes, les prestataires logistiques et les industriels sont particulièrement sensibles à la hausse durable des coûts des carburants. L’inflation des coûts des intrants comprimerait les marges, à moins que les entreprises ne parviennent à répercuter la hausse des prix sur les consommateurs.

Nigel Green conclut : «La semaine prochaine s’ouvre sur des marchés confrontés à de graves risques géopolitiques qui s’ajoutent à un environnement macroéconomique déjà fragile. Le pétrole, les taux d’assurance maritime, les rendements des obligations souveraines et les indices de volatilité fourniront les premiers signaux d’orientation.»

La clarté quant à l’évolution du conflit déterminera si cette prime énergétique restera circonscrite ou si elle se transformera en un défi inflationniste et de croissance plus large pour l’économie mondiale.

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Du Nil à l’Euphrate | L’Amérique, Israël et les Etats du Golfe contre l’Iran

01. März 2026 um 08:38

La guerre menée contre les pays musulmans depuis la déclaration Balfour en 1917 a connu un nouveau développement avec l’attaque aérienne américaine contre l’Iran, soutenue semble-t-il par l’aviation israélienne opérant on peut le supposer beaucoup plus dans le registre politique que véritablement militaire. (Ph. Le Proche et Moyen-Orient sur un volcan israélo-américain).

Dr Mounir Hanablia *

Sauver les apparences s’avère dans le contexte essentiel, en mettant en exergue la participation de l’Etat sioniste, désormais ouvertement accusé par de nombreux Américains de faire assumer son sale boulot à leur pays.

En effet, que peut apporter l’armée sioniste à l’armada américaine ?

Tout cela était attendu. La mise en scène a suivi un scénario comparable à ce qui s’était passé lors de la seconde guerre du Golfe en 1991. Diabolisation de la cible, menaces y compris nucléaires, puis déclenchement de l’agression au moment propice après des discussions purement formelles servant à donner le change.

L’alliance de fondamentalismes

Les ripostes iraniennes contre les bases américaines ont déjà été condamnées par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe les abritant qui les ont considérées comme attentatoires à leur souveraineté.

On peut en déduire que les États du Golfe sont partie prenante dans le conflit, et que, connaissant le Président Trump, ils en assument le coût financier.

La seule grande surprise aura été le déclenchement de la guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan un ou deux jours avant l’attaque américaine. Il s’est avéré que le régime moyenâgeux et en faillite des Talibans était capable d’envoyer des drones contre ses adversaires, et s’il est encore trop tôt pour en déterminer l’origine, l’implication de l’Inde est très probable. Il s’agirait là de l’alliance contre nature de deux fondamentalismes, le musulman et le hindou. 

Hasard ou pas, quelques jours avant, le Premier ministre indien Modi, le boucher du Gujarat, dont l’islamophobie n’est plus à démontrer, s’était en effet rendu en visite officielle en Israël. 

Si on considère que le Pakistan constitue le lieu de transit de la «Road and Belt» qui par voie terrestre relie le Xinjiang à la mer d’Oman et au port de Gwadar, le conflit pakistano-afghan s’insère alors parfaitement dans une logique visant à en interdire l’accès à la Chine.

Le Pakistan, prochain sur la liste ?

Le lien est donc désormais bien établi entre le Golfe arabo-persique et l’encerclement du colosse chinois à partir de l’Afghanistan.

L’État iranien privé de ses infrastructures essentielles et de ses voies de communications résistera-t-il ?

L’objectif clairement défini par les agresseurs est la chute du régime. Cela dépendra aussi beaucoup du peuple iranien, dont le patriotisme n’est plus à démontrer. Mais si l’Iran tombe, il est à parier que le prochain sur la liste sera le Pakistan, puissance nucléaire dont la destruction servira autant les intérêts des sionistes que des fanatiques hindous. 

Quant à la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Egypte, elles n’ont qu’à bien se tenir !  

* Médecin de libre pratique.

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L’Iran confirme le décès de Khamenei et entame la transition

01. März 2026 um 08:06

Ce dimanche 1er mars 2026, à l’aube, la télévision d’Etat iranienne a confirmé la mort de Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran, à l’âge de 86 ans. Il était au pouvoir depuis trente-six ans. Un deuil de 40 jours de deuil et 7 jours fériés sera observé. Entretemps, la transition de l’après-Khamenei commence à se mettre en place. (Ph. Massoud Pezeshkian et Ali Khamenei).

L’annonce a été faite vers 05 heures (heure locale) par le présentateur en sanglotant. Mais ce dernier n’a pas précisé les circonstances du décès, ni évoqué les frappes israéliennes et américaines de samedi contre la résidence du guide à Téhéran. Des photos et images d’archives sont diffusées à l’antenne avec un bandeau noir à l’écran en signe de deuil.

Peu de temps après, les autorités ont confirmé la mort d’Ali Shamkhani, proche conseiller du guide, ainsi que Mohammad Pakpour, le chef des Gardiens de la révolution, les piliers du régime, qui ont promis, dans un communiqué, «un châtiment sévère» aux «meurtriers» de Khamenei.

Le communiqué a condamné «les actes criminels et terroristes commis par les gouvernements malfaisants des Etats-Unis et du régime sioniste», ajoutant : «la main vengeresse de la nation iranienne ne les lâchera pas avant d’avoir infligé aux meurtriers de l’imam de la Oumma un châtiment sévère et décisif qu’ils regretteront».

Trois hauts responsables, dont le président Massoud Pezeshkian, assureront la transition dans le pays, a annoncé ce dimanche un des conseillers de ce dernier, Mohammad Mokhber, cité par la télévision d’Etat.

Ce triumvirat sera composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution.

Rappelons que l’annonce de la mort de Khamenei par le président américain Donald Trump, samedi soir, avait été accueillie avec joie par de nombreux Iraniens dans plusieurs villes du pays et à l’étranger.

Une page est tournée et une nouvelle page commence, mais on ne sait pas encore de quoi elle sera faite, car si le régime de la République islamique vacille aujourd’hui sur ses bases, il n’est pas encore tombé, et rien n’indique que sa chute sera imminente, car ses piliers sont toujours là, sauf un retournement de situation en son sein, ce que Trump et Netanyahu souhaitent pour ne pas avoir à mener une longue guerre d’usure dont leurs armées n’ont pas les moyens. Et tout l’enjeu est là et il tient à la capacité des dirigeants iraniens à résister aux raids israélo-américains. Ou à leur disposition à accepter les conditions de leurs assaillants pour sauver ce qui reste encore à sauver.  

Latif Belhedi   

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Le poème du dimanche | ‘‘Jugurtha’’ de Rimbaud

01. März 2026 um 07:28

Quand il écrit ce poème en 1869, Arthur Rimbaud (1854-1891) n’a pas quinze ans ! Le jeune prodige participe à un Concours académique, en latin. Et bien sûr, il le gagne. Son poème, en 75 vers, célèbre le Numide, Jugurtha (160 av J.-C. – 104 av J.-C.) héros de la lutte contre Rome.

En réalité, le jeune poète rend hommage au «second» Jugurtha, l’Emir Abdelkader (1808-1883), héros de la résistance algérienne à la colonisation française de 1830 et qui a duré jusqu’à 1847, date de sa reddition.

La colonisation, présente, dans la littérature, curieusement, n’était pas condamnée, même pas par Victor Hugo ! Etonnant donc ce ‘‘Jugurtha’’, mais qui prédit l’engagement et la révolte de Rimbaud, qui rejoindra La Commune de Paris à 16 ans, en 1870. Autre événement historique qu’il célèbrera dans de nombreux poèmes.    

Tahar Bekri

Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;
et la brise légère a dit : « Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !… »

Il y avait peu de temps que s’était élevé dans les airs
celui qui bientôt pour la nation et la patrie arabe devait être
le grand Jugurtha, quand son ombre apparut à ses parents
émerveillés, au-dessus d’un enfant, – l’ombre du grand Jugurtha ! –
et raconta sa vie et proféra cet oracle :
«O ma patrie ! ô ma terre défendue par mes peines !…»
Et sa voix, interrompue par le zéphyr, se tut un moment…
« Rome, auparavant impure tanière de nombreux bandits,
avait rompu ses murs étroits, et, répandue tout à l’entour,
s’était annexé, la scélérate ! les contrées voisines.
Puis elle avait embrassé dans ses bras rob0ustes l’univers,
et l’avait fait sien. Beaucoup de nations refusèrent
de briser le joug fatal : celles qui prirent les armes
répandaient leur sang à l’envi, sans succès,
pour la liberté de la patrie : Rome, plus grande que l’obstacle,
brisait les peuples, quand elle ne faisait pas alliance avec les cités.»

Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;
et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !… »

«Moi-même, longtemps, j’avais cru que ce peuple possédait une âme
noble ; mais quand, devenu homme, il me fut permis
de voir cette nation de plus près, une large blessure se révéla
à sa vaste poitrine !… – Un poison funeste s’était insinué
dans ses membres : la fatale soif de l’or !… Tout entière sous les armes,
en apparence !… – Cette ville prostituée régnait sur toute la terre :
c’est moi qui ai décidé de me mesurer avec cette reine, Rome !
J’ai regardé avec mépris le peuple à qui obéit l’univers !… »

Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;
et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !…»

«Car lorsque Rome eut entrepris de s’immiscer
dans les conseils de Jugurtha pour tenter de s’emparer peu à peu par ruse
de ma patrie, conscient, j’aperçus
les chaînes menaçantes, et je résolus de résister à Rome :
je connus les profondes douleurs d’un cœur angoissé !
Ô peuple sublime ! mes guerriers ! ma sainte populace !
Cette terre, la reine superbe et l’honneur de l’univers,
cette terre s’effondra, – s’effondra, soûlée par mes présents.
Oh ! comme nous avons ri, nous, Numides, de cette ville de Rome !
Ce barbare de Jugurtha volait dans toutes les bouches :
Il n’y avait personne qui pût s’opposer aux Numides !…»

Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;
et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !…»

«C’est moi qui, convoqué, ai eu la hardiesse de pénétrer en territoire
romain et jusque dans leur ville, Numides ! A son front superbe
j’ai appliqué un soufflet, j’ai méprisé ses troupes mercenaires.
– Ce peuple enfin s’est levé pour prendre ses armes, longtemps en oubli.
Je n’ai pas déposé le glaive. Je n’avais nul espoir
de triompher ; mais du moins j’ai pu rivaliser avec Rome !
J’ai opposé des rivières, j’ai opposé des rochers aux bataillons
romains : tantôt ils luttent dans les sables de Libye,
tantôt ils emportent des redoutes perchées au sommet d’une colline.
Souvent ils teignirent de leur sang versé les campagnes de mon pays ;
et ils restent confondus devant la ténacité inaccoutumée de cet ennemi… »

Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;
et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !… »

«Peut-être aurais-je fini par vaincre les cohortes ennemies…
Mais la perfidie de Bocchus… À quoi bon en rappeler davantage ?
Content, j’ai quitté ma patrie et les honneurs royaux,
content d’avoir appliqué à Rome le soufflet du rebelle.
– Mais voici un nouveau vainqueur du chef des Arabes,
la France !… Toi, mon fils, si tu fléchis les destins rigoureux,
tu seras le vengeur de la Patrie ! Peuplades soumises, aux armes !
Qu’en vos cœurs domptés revive l’antique courage !
Brandissez de nouveau vos épées ! Et, vous souvenant de Jugurtha,
repoussez les vainqueurs ! versez votre sang pour la patrie !
Oh ! que les lions arabes se lèvent pour la guerre,
et déchirent de leurs dents vengeresses les bataillons ennemis !
Et toi, grandis, enfant ! Que la Fortune favorise tes efforts !
Et que le Français ne déshonore plus les rivages arabes !…»

Et l’enfant en riant jouait avec son épée recourbée…

II

Napoléon !… Oh ! Napoléon !… Ce nouveau Jugurtha
Est vaincu !… Il croupit, enchaîné, dans une indigne prison !
Voici que Jugurtha se dresse à nouveau dans l’ombre devant le guerrier
et d’une bouche apaisée lui murmure ces mots :
«Rends-toi, mon fils, au Dieu nouveau ! Abandonne tes griefs !
Voici surgir un meilleur âge… La France va briser
tes chaînes… Et tu verras l’Algérie, sous la domination française,
prospère !… Tu accepteras le traité d’une nation généreuse,
grand aussitôt par un vaste pays, prêtre
de la Justice et de la Foi jurée… Aime ton aïeul Jugurtha
de tout ton cœur… Et souviens-toi toujours de son sort !

III

Car c’est le Génie des rivages arabes qui t’apparaît !»

Rimbaud Jean-Nicolas-Arthur, externe au collège de Charleville. Professeur : M. Duprez.

Traduit du latin par Jules Mouquet, Rimbaud, ‘‘Œuvres complètes’’, Classiques Modernes, 1999.

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Gestern — 28. Februar 2026Haupt-Feeds

Iran | Ali Khamenei, l’homme à abattre

28. Februar 2026 um 12:58

En lançant des raids aériens ce matin, samedi 28 février 2026, contre plusieurs villes en Iran, les Israël et les Etats-Unis n’ont pas fait mystère de leur principal objectif : atteindre la tête du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran. Les Iraniens le savent et ils semblent avoir pris des dispositions pour le mettre à l’abri des bombes. Il reste à savoir jusqu’à quand.   

La télévision publique israélienne Kan a indiqué dans une alerte publiée sur son compte X, en citant «une source israélienne» que «parmi les cibles de l’attaque figurent le guide suprême Khamenei et le président Pezeshkian».

À l’antenne, un journaliste a également cité le nom d’Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême et ancien secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale.

«Dans la première salve, nous avons visé des cibles de haut rang, des personnes impliquées dans des plans visant à détruire Israël», a déclaré une source de sécurité israélienne lors d’un point de presse, refusant toutefois de confirmer l’identité des cibles. Il n’a pu, également, confirmer si ces objectifs avaient été atteints.

Un responsable iranien a, pour sa part, déclaré à Reuters que l’ayatollah Khamenei n’est pas à Téhéran et qu’il a été transféré dans un lieu sûr, sachant que le bureau du Guide, situé au quartier Pasteur, au centre de Téhéran, a été visé lors de l’attaque de ce matin, mais les résultats de cette attaque ne sont pas encore connus.

Les médias ont également rapporté des coupures de lignes de téléphonie mobile dans certaines parties de l’est et de l’ouest de Téhéran, ainsi qu’une connexion Internet limitée dans certaines zones, à la suite de l’attaque conjointe américano-israélienne sur la capitale.

On rapporte, par ailleurs, qu’un important dispositif de sécurité est déployé à Téhéran, où plusieurs rues sont bloquées autour du quartier de la résidence de Khamenei, après les premières frappes israélo-américaines.

En mettant Khamenei en tête de liste des dirigeants iraniens à abattre, les responsables israéliens et américains pensent, sans doute à tort, qu’en l’éliminant le régime tomberait aussitôt comme un fruit mûr. Or, tous les spécialistes de l’Iran savent que le système iranien est beaucoup plus complexe et sophistiqué dans son organisation politique et militaire, et qu’il en faudrait sans doute plus que la liquidation du guide suprême pour en venir à bout. D’où l’aventurisme irresponsable de ceux qui ont déclenché, ce matin, une guerre qui risque d’être plus longue et plus couteuse que prévu, et pas seulement pour l’Iran.  

La rapidité de la riposte iranienne surprend ses assaillants

Selon l’analyste libanais Nidal Zahawi, président du Centre d’études anthro-stratégique, «l’échec de la première frappe à éliminer tous les dirigeants militaires et sécuritaires iraniens a constitué un tournant», considérant que ce fait, ainsi que «la riposte iranienne rapide et organisée», ont donné à Téhéran un avantage moral et politique dans la première phase du conflit.

Dans une déclaration à Mosaïque, Zahawi a déclaré : «L’issue de la guerre ne peut être décidée à ce stade, mais les premiers indicateurs  semblent aller en faveur de l’Iran, et non d’Israël et des États-Unis», justifiant son analyse par trois facteurs principaux : la première frappe n’a pas pleinement atteint ses objectifs stratégiques, la rapidité et l’ampleur de la riposte iranienne, et la «crédibilité de l’armée iranienne» qui a démontré sa capacité à cibler les bases militaires américaines dans la région.

I. B.

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Iran | Vers une nouvelle guerre du Golfe ?

28. Februar 2026 um 12:21

La guerre déclenchée ce matin, samedi 28 février 2026, par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran risque de déborder sur toute la région du Moyen-Orient. C’est ce qu’indiquent, en tout cas, les premiers développements : l’Iran multipliant les attaques de missiles contre des bases américaines dans les pays du Golfe. (Photo: Base américaine d’Al-Udaid, au Qatar).

Après les attaques militaires israélo-américaines de ce matin contre plusieurs villes en Iran, des sirènes d’alerte ont été entendues à Jérusalem, en Israël, où l’on redoute des attaques de missiles.

Dans le même temps, des bases américaines à Bahreïn et au Qatar ont été visées par des missiles iraniens et des explosions ont été signalées au Koweït et à Ryad, en Arabie saoudite, dans ce qui ressemble à des ripostes de l’Iran aux frappes américaines et israéliennes.

Plusieurs explosions ont été entendues samedi à Doha, près de la base militaire d’Al-Udeid, la plus grande installation américaine de la région, alors que le ministère qatari de la Défense a annoncé avoir intercepté plusieurs missiles visant cet État du Golfe.

Abou Dhabi ciblé par des missiles.

Des médias bahreïnis ont rapporté la chute d’un missile au centre de la capitale de Bahreïn, accompagnée du déclenchement des sirènes d’alerte, appelant les citoyens à se rendre dans le lieu le plus sûr à proximité. C’est une base américaine du pays qui a été frappée dans «une attaque de missile».

En ciblant des bases américaines dans ces pays alliés des Etats-Unis, et pour certains amis d’Israël, l’Iran semble avoir choisi d’élargir le champ de bataille à toute la région du Golfe dans ce qui ressemble à une fuite en avant suicidaire, mais dont les conséquences pourraient être catastrophiques, et pas seulement pour l’Iran.

Latif Belhedi

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Iran | Mélenchon, une voix pondérée contre la guerre !

28. Februar 2026 um 11:50

L’un des rares commentaires censés, rationnels, pondérés et raisonnables de l’attaque militaire israélo-américaine contre l’Iran, on le doit à Jean-Luc Mélenchon, le leader «extrémiste de gauche» que tous les bobos gavés de propagande sioniste aiment détester en France. Face aux va-t-on guerre qui bombent le torse depuis ce matin, cet homme apparaît aujourd’hui comme l’un des rares partisans de la paix et de la raison en France, en Europe et dans tout l’Occident.

Latif Bahri

Dans un post publié ce samedi 28 février 2026, après les premiers bombardements israélo-américains contre plusieurs villes iraniennes, Mélenchon a écrit : «Les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l’Iran. Quels sont leurs objectifs ? Une fois de plus ni les libertés démocratiques ni le désarmement dans la région, mais le pétrole, les rapports de force en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient ! C’en est donc fini pour la perspective d’un accord diplomatique.» Un discours que n’auraient pas renié Michel Jobert, Claude Cheysson, Roland Dumas, Dominique de Villepin ou autres Jacques Chirac, les voix historiques d’une diplomatie française équilibrée, pondérée et au service de la paix dans le monde.

«La guerre n’est pas la solution, mais le problème. Ce qu’elle déclenche à présent met la région puis le monde entier davantage au bord d’un drame global. Les Iraniens et les Israéliens vont mourir sous les bombes», a enchaîné le leader de LFI.

Ayant souvent critiqué le bellicisme d’Israël, qui ne cesse de larguer des bombes, fabriquées et délivrées par ses alliés occidentaux, sur ses voisins immédiats, Mélenchon sait que tant que les armes parlent au Moyen-Orient, il n’y aura jamais de paix, ni pour les Arabes, ni pour les Iraniens, ni pour les Turcs, ni à fortiori aussi pour les Israéliens, qui croient pouvoir encore semer la terreur dans leur voisinage immédiat et mettre la paix mondiale en danger. Impunément et avec l’appui des capitales occidentales.

«Pourtant, le désarmement nucléaire global de la région reste l’impératif absolu», a lancé Mélenchon, en pensant, bien sûr, d’abord, à Israël, mais en évitant de nommer cet Etat violent qui se croit au-dessus des lois du monde, de crainte d’être une nouvelle fois accusé d’antisémitisme. Car le seul Etat surarmé au Moyen-Orient et qui dispose dans son arsenal d’un nombre de bombes nucléaires capables d’effacer le Moyen-Orient de la carte du monde, c’est bien, justement, Israël, même si à Berlin, Paris, Londres ou Washington on continue de faire semblant de l’ignorer.     

«La communauté internationale doit reprendre le contrôle politique de la situation. La France doit refuser la guerre et n’y aider d’aucune façon. Pensées pour les personnels des ambassades françaises et pour nos deux otages», a conclu Mélenchon qui est bien placé pour savoir ce que les dirigeants français vont faire : ils vont s’aligner tous, comme un troupeau de moutons, derrière Israël et les Etats-Unis, les mâles dominants de la meute, au risque d’attiser encore le feu dans une région inflammable et déjà enflammée.

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Tunis | Dar Lasram, un joyau du patrimoine sauvegardé  

28. Februar 2026 um 10:54

Niché au cœur de la Médina de Tunis, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1979, le Palais Dar Lasram est situé au 24 rue du Tribunal avec sa façade de pierre polie et de marbre. D’une superficie de 2 250 m², ce vieux bâtiment, remarquable de par son architecture arabe et ses décorations en céramique et en marbre, inspirées des arts ottoman, andalou et italien, est considéré comme l’un des plus beaux de la Médina.

Dar Lasram a été érigé par une famille d’origine yéménite à une période de prospérité économique et politique que la Tunisie a connue à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, sous le règne de Hammouda Pacha Al-Husseini et de son grand vizir, Youssef Saheb Ettabaâ.

Le vieux bâtiment, devenu propriété de l’Etat, est aujourd’hui un espace culturel qui abrite, notamment, des spectacles du Festival de la Médina organisé durant le mois de Ramadan. Il est aussi, depuis 1969, le siège de l’Association de la sauvegarde de la Médina de Tunis. Quant à son makhzen, il est devenu depuis 1974 le siège du Club culturel Tahar Haddad.

Une famille de notables

La famille Lasram, dont les aïeuls sont venus du Yémen, s’est d’abord installée à Kairouan, avant de rejoindre Tunis, dans le sillage de la dynastie husseinite où ses membres se sont mis au service de l’État. L’un des leurs a occupé la fonction de Khouja (chef de l’armée) de Zouaoua sous le règne de Hussein Ier Bey, fondateur de la dynastie en 1705.

Le Palais actuel est principalement associé à Hammouda Lasram, riche propriétaire et officier supérieur qui commanda la garde de Zouaoua. Il fit construire cette demeure entre 1812 et 1819 dans un quartier qui abritait les hauts fonctionnaires du makhzen et les notables.

La construction a coïncidé avec un essor économique sous l’impulsion de Youssef Saheb Ettabaâ. Chedly Ben Younes, directeur du Festival de la Médina, a expliqué à l’agence Tap que le choix de cet emplacement n’était pas arbitraire : Tunis étant devenue le centre du pouvoir, les proches du cercle décisionnel cherchaient à construire leurs résidences au cœur de la cité. Cette période fut marquée par une rivalité symbolique entre les grandes familles pour mettre en valeur leur statut social en bâtissant des palais alliant luxe et innovation. Cependant, après l’assassinat du grand vizir et la mort de Hammouda Pacha, cet essor urbain connut un ralentissement alors que le pays entrait dans une nouvelle phase politique.

Chef-d’œuvre d’architecture locale

Dar Lasram est un chef-d’œuvre d’architecture arabe qui mêle les styles andalou, ottoman et tunisien, avec des touches kairouanaises visibles dans sa façade et ses «kawabyl» (consoles de pierre supportant l’étage).

L’architecte, historien, archéologue français et maître de recherche au CNRS, Jacques Révault souligne dans ‘‘Palais et demeures de Tunis, (XVIIIe et XIXe siècles)’’ publié en 1971, que sa construction nécessita la démolition de plusieurs maisons pour disposer d’un espace suffisant.

Le palais se compose de trois étages aux fonctions définies avec un sous-sol pour les services, un rez-de-chaussée surélevé pour l’habitation et un étage supérieur pour les invités.

Les communs (makhzens), situés exceptionnellement sous les espaces de vie, servent de fondations massives grâce à des murs épais et des voûtes en berceau ou d’arête. On y trouvait la porte cochère, les écuries, une huilerie (maâşra), des réserves de grains et des citernes (majen).

On accède au cœur du palais par la driba, un large hall dont les voûtes reposent sur huit colonnes de type hafside, suivi d’une skifa (couloir en chicane) qui mène au patio principal. Ce patio à ciel ouvert, sans étage immédiat pour garantir la luminosité, est orné de marbre blanc, de panneaux de faïence polychrome et de frises de stuc.

Un joyau du patrimoine préservé

Autour du patio s’organisent quatre salles, dont les appartements de maîtres. La salle d’apparat et le grand salon cruciforme se distinguent par leurs plafonds en bois sculptés et dorés, reflétant l’influence italienne et s’inspirant des palais du Bardo. La dar al-dhiyaf (maison d’hôtes) occupe l’étage supérieur en façade, offrant aux invités une vue sur la ville sans interférer avec l’intimité familiale. À l’opposé, la dweira (ou dwiriya) était réservée au service et à la cuisine, reflétant la hiérarchie sociale de l’époque.

Le système du tahbis (ou waqf) a protégé le palais de la division successorale, permettant à la famille d’y résider jusqu’en 1964. Grâce à son acquisition par la municipalité de Tunis en 1968 et son affectation à l’ASM en 1969, ce monument est aujourd’hui préservé.

Avec Tap.

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Huile d’olive tunisienne | Exportations en hausse de 55,7%

28. Februar 2026 um 10:20

Les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) révèlent une nette amélioration des performances du secteur oléicole tunisien au cours des trois premiers mois de la campagne actuelle (novembre 2025-janvier 2026). Les exportations ont atteint un niveau record de 130 900 tonnes, contre 84 100 tonnes sur la même période de la campagne précédente, soit une hausse de 55,7 %.

Le rapport de l’Onagri indique que cette activité d’exportation a eu un impact positif sur les recettes fiscales du pays, les exportations s’élevant à 1 621,2 millions de dinars (MD), en progression de 34,8 % par rapport à la campagne précédente (1 202,3 MD).

Cette hausse est due à la demande mondiale croissante, notamment pour l’huile d’olive extra vierge, qui représente à elle seule 89,5 % du volume total exporté.

Concernant le conditionnement, l’Observatoire explique que les exportations d’huile d’olive en vrac représentent toujours la part la plus importante, soit 88,4 % (115 700 tonnes), tandis que l’huile d’olive en bouteille représente 11,6 % du volume total.

Il note que malgré le volume relativement faible d’huile d’olive en bouteille, celle-ci contribue à hauteur de 15,7 % au chiffre d’affaires total grâce à sa forte valeur ajoutée, avec un prix moyen de 16,73 dinars le kilogramme.

Par ailleurs, ces mêmes données révèlent que le marché européen reste le principal importateur d’huile d’olive tunisienne avec 55,4 %, suivi par l’Amérique du Nord avec 21,1 %.

L’Espagne se classe au premier rang des pays importateurs, avec 30,9 % des exportations, suivie de l’Italie (18,9 %) et des États-Unis (16,8 %).

Parallèlement, les exportations d’huile d’olive biologique ont atteint 12 600 tonnes fin janvier, pour une valeur d’environ 170,8 MD.

L’Italie est la destination privilégiée de cette variété tunisienne haut de gamme, absorbant 42 % des exportations totales, suivie de l’Espagne (22 %).

Concernant les prix, le prix moyen à l’exportation a légèrement baissé de 3,2 % en janvier 2026 par rapport au même mois de l’année précédente, s’établissant à environ 12,39 dinars le kilogramme. On observe une nette variation selon les variétés, les prix allant de 8,81 dinars/kg pour l’huile d’olive Lampante à 16,69 dinars/kg pour l’huile d’olive extra vierge en bouteille.

D’après Tap.

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Lampedusa | Reprise des arrivées de migrants de Libye et Tunisie

28. Februar 2026 um 09:57

Il y a eu 11 débarquements de migrants irréguliers en 36 heures, entre jeudi 26 et vendredi 27 février 2026, dans l’île de Lampedusa, en Sicile, Italie, annoncent les médias italiens. Selon les personnes arrivées, parmi lesquelles des femmes et des mineurs, les embarcations provenaient de Tajoura, Zuwarah et Garabulli en Libye, ainsi que de Zarzis en Tunisie.

Les 396 personnes débarquées au quai de Favarolo ont été transférées dans le site d’accueil de l’hôtel d’Imbriacola. Un groupe de 286 d’entre eux devait être transféré hier soir par ferry à Porto Empedocle.

Les patrouilleurs des garde-côtes et de la police financière de Palm Jumeirah ont secouru des embarcations légères et des canots pneumatiques transportant entre 6 et 64 ressortissants bangladais, égyptiens, syriens et pakistanais, rapportent les médias, ajoutant que six débarquements ont eu lieu sur la plus grande des îles Pélages, avec un total de 164 personnes. Deux groupes – composés respectivement de 24 et 32 ​​Bangladais, Égyptiens et Soudanais – ont été interpellés par les carabiniers aux molo Madonnina et Favarolo après avoir débarqué séparément.

Cette reprise des flux entre les côtes africaines et l’île de Lampedusa s’explique par le retour du bon temps après les tempêtes de janvier et février.

I. B.

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Des semences d’olivier dans la réserve mondiale de Svalbard

28. Februar 2026 um 09:30

Le Conseil oléicole international (COI) a participé, vendredi 27 février 2026, à Madrid, au premier dépôt de semences d’oliviers dans la réserve mondiale de semences de Svalbard (Norvège), la plus grande installation au monde dédiée à la conservation à long terme des semences agricoles.

C’est une étape historique pour la conservation de la diversité génétique de l’olivier, rendue possible grâce à la collaboration de diverses organisations et centres de recherche.

Bien que la délégation n’ait pas pu se déplacer dans son intégralité en raison des conditions climatiques, Jaime Lillo, directeur exécutif du COI, et Kent Nnadozie, secrétaire du Tirpaa (FAO), ont réussi à se rendre à Svalbard et ont célébré jeudi après-midi une cérémonie symbolique de dépôt des semences. Il s’agit d’une avancée importante dans la protection du patrimoine génétique mondial de l’olivier, car cette espèce emblématique du bassin méditerranéen, déjà cultivée sur les cinq continents, n’est pas épargnée par les grands défis mondiaux tels que le changement climatique, la perte de biodiversité ou l’apparition de nouveaux ravageurs et maladies.

Préserver l’olivier, c’est sauvegarder une culture millénaire d’une grande valeur environnementale, capable d’agir comme puits de carbone, et garantir la production de l’huile la plus saine au monde, essentielle pour nourrir de manière saine et durable une population mondiale en constante augmentation.

La conservation des variétés traditionnelles et sauvages d’oliviers n’est pas seulement une action à caractère scientifique, mais un engagement commun en faveur de la résilience des systèmes agricoles et de la sécurité alimentaire de l’avenir. «Les semences que nous avons déposées sont l’héritage d’agriculteurs qui, au cours de l’histoire, ont choisi les arbres les plus résistants, ceux qui offraient les meilleurs fruits ou ceux qui s’adaptaient à des sols, des climats et des conditions diverses. Ces semences sont une garantie pour que les générations futures puissent continuer à profiter d’un produit aussi extraordinaire que l’huile d’olive», a déclaré Jaime Lillo, directeur exécutif du COI.

Coopération pour protéger l’olivier

Le processus a nécessité un travail scientifique rigoureux qui comprend la récolte des fruits, le traitement et le séchage des endocarpes, l’évaluation de la viabilité germinative et la conservation dans des conditions contrôlées, conformément aux protocoles internationaux établis pour les dépôts de ce type.

Les semences proviennent d’arbres à pollinisation libre de la collection de la Banque mondiale de germoplasme oléicole de Cordoue (BGMO-UCO), qui abrite plus de 700 variétés originaires de pays membres du COI, tels que l’Albanie, l’Algérie, Chypre, la Croatie, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Syrie, la Tunisie et la Turquie — ainsi que de semences provenant d’exemplaires sauvages (oléastres) de différentes populations naturelles de la péninsule ibérique et des îles Canaries collectées par l’université de Grenade.

«La diversité génétique est ce qui garantit la continuité de toute culture. Sans variabilité génétique, il n’est pas possible de développer de nouvelles variétés capables de s’adapter aux défis actuels», souligne Concepción Muñoz, professeure titulaire au département d’agronomie de l’université de Cordoue. Elle ajoute qu’il est donc essentiel de conserver également les parents sauvages de l’olivier, qui «abritent souvent des gènes de résistance aux maladies et aux stress abiotiques — tels que la sécheresse ou les températures élevées — peu représentés dans le matériel actuellement cultivé».

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Israël lance un raid aérien sur Téhéran

28. Februar 2026 um 08:52

En lançant ce samedi 28 février 2026, une «frappe préventive» contre l’Iran, Israël a voulu montrer son impatience face aux tergiversations du président américain et, ce faisant, entraîner Donald Trump dans cette guerre qu’il cherche à déclencher depuis quelques années pour neutraliser le dernier Etat de la région encore capable de résister à se plans d’expansion.

Suite à cette «frappe préventive» et redoutant une riposte iranienne par des missiles de longue portée, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré «un état d’urgence spécial et immédiat dans tout le pays», indique un communiqué de son ministère.

Dans le même temps, deux panaches d’une épaisse fumée ont été observés dans deux quartiers différents de Téhéran par des journalistes de l’AFP après un vrombissement, dont l’origine n’est pas claire dans l’immédiat et qu’un lien direct avec l’annonce israélienne ne soit établi. Plusieurs autres villes iraniennes ont aussi été bombardées: Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj, située à l’ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest).

L’agence de presse Isna indique qu’un des panaches se dégage des alentours du quartier Pasteur, où se trouvent notamment la résidence du guide suprême Ali Khamenei et la présidence, situées dans le centre de Téhéran. «Le type d’explosions suggère qu’il s’agit d’une attaque de missiles», a indiqué l’agence de presse Fars sans plus de précisions dans l’immédiat.

Les frappes israéliennes ont visé «des cibles du régime et des sites militaires», y compris des sites de missiles balistiques, a déclaré un responsable israélien à la télévision publique Kan.

En Israël, à Jérusalem, des sirènes d’alerte ont retenti, une «alerte extrêmement grave» selon les autorités israéliennes.

Les deux pays ont annoncé avoir fermé leur espace aérien.

Les États-Unis ont lancé «des opérations de combat majeures» contre l’Iran, dans une opération conjointe avec Israël, a annoncé peu de temps après Donald Trump, qui semble avoir plutôt pris le train en marche. «Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces imminentes du régime iranien», a-t-il ajouté.

I. B. (avec agences)

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La France tient-elle aussi son Mohamed Bouazizi ?

28. Februar 2026 um 08:25

Lyon, ex-capitale des Gaules. Le temps d’un week-end, l’ancienne Lugdunum est redevenue le centre d’attention du pays actuellement dirigé par le président de la république Emmanuel Macron. En hommage au jeune étudiant Quentin Deranque, mort suite à son lynchage en localité lyonnaise sur fond d’intolérance politique, le week-end bleu blanc rouge a été placé sous le signe d’un deuil national pas forcément synonyme de recueillement ni de remise en question.

Jean-Guillaume Lozato  

Pour commencer, le narratif de l’agression fatale nécessite une mise au point cartographique. Le lieu de l’action est Lyon, deuxième métropole de France. Une aire urbaine étendue sur laquelle se concentre aussi bien des acteurs de l’industrie pétrochimique que des membres de l’activité textile, ou encore des grands groupes liés à l’ingénierie nucléaire. Avec une vie universitaire agitée ces dernières années, à en juger par le harcèlement menaçant s’étant exercé sur le géographe Fabrice Balanche (Université Lyon 2). Car l’on doit composer de nos jours avec des assemblages de plus en plus clivés au niveau territorial et idéologiques, en cette «France des inégalités sociales» pour reprendre la description d’un autre géographe, Christophe Guilluy, auteur de ‘‘La France périphérique’’.

Un déferlement de sauvagerie

En marge de la venue de la militante LFI et eurodéputée Rima Hassan, figure très controversée du paysage politique français, prévue à l’antenne lyonnaise de Science Po, des affrontements se sont produits entre militants d’extrême gauche et d’extrême droite jeunes pour la plupart.

Dans un déferlement de sauvagerie, s’est dégagée une scène à la violence inouïe. Celle du tabassage en groupe d’un jeune homme franco-péruvien nommé Quentin Deranque. Une vraie exécution au regard de la nature des coups administrés qui ont conduit jusqu’au décès de cet étudiant. Un acte odieux indigne d’une grande démocratie occidentale, réputée berceau des Droits de l’Homme.  Une patrie de la Liberté confrontée à une schizophrénie politique incarnée par des personnalités contradictoires : citons, entre autres, l’ancien chef des skinheads du groupe Batskin prénommé Serge et nommé… Ayoub, patronyme aussi bien judaïsant qu’islamisant ; dans le même esprit caméléon, nous retrouvons Jean Messiha, né en Égypte et devenu citoyen français tardivement. Sans compter les idiots utiles venus la gauche donneuse de leçons de tolérance ou du front écologiste : Rima Hassan ou la députée Sabrina Sebaihi affirmant devant les médias français que «L’Algérie est une démocratie»

Deux électrodes aux extrémités

En amont, on ne peut évidemment pas euphémiser sur la propension à créer le désordre de la bipolarité FN/LFI (Front national/La France Insoumise). Deux partis posés comme deux électrodes aux extrémités de la ligne politique française. Le temps du très classique positionnement des bornes gauche/droite ou droite/gauche selon les circonstances des quelques épisodes de cohabitation est révolu. Car de la borne fixe servant de balise le tableau de bord est passé à l’électrode qui court-circuite les pensées. L’agora balbutie entre la dialectique et le manichéisme, que ce soit dans les débats ou dans les urnes. Avec une touche de politiquement correct dans les propos, qui de temps à autre jette la confusion plus qu’elle n’aplanit les choses.

Le FN, lui, suit sa cure de dédiabolisation entreprise depuis environ dix ans, avec pour résultat une image plus lisse et l’élargissement de son électorat.

En aval comme en arrière-plan, l’autre cheval de Troie est incarné par le «mélenchonisme», par référence à Jean-Luc Melonchon, le tonitruant leader du LFI,qui s’agite et agite. S’agite en vociférant, en vitupérant. Agite la substance inflammable qu’est la crise sociale en y ajoutant des notions d’antisémitisme à peine larvé et de solidarité contre l’islamophobie censées contrer de pseudo-injustices par les partis plus traditionnellement majoritaires.

Habib Bourguiba avait affirmé qu’il préférait le coca-cola à la vodka, pendant la guerre froide. Les membres dirigeants de LFI devraient s’en inspirer pour réaliser que la majorité des électeurs français ne désirent vivre ni sous l’Union Soviétique ni sous la Charia, et ce quelles que soient leurs origines ou croyances religieuses.

Récupération idéologique tous azimuts

Si dans un premier temps, la consternation a saisi la plupart des esprits, l’indécence a transparu sur les réseaux sociaux immédiatement après les premiers hommages au défunt. Sur les réseaux sociaux, le lynchage a continué sous sa forme médiatique ; Bruno Gaccio, candidat LFI à Paris, a été l’auteur d’une saillie à la vulgarité impardonnable : «Ses parents ont appris qu’il était mort et qu’il était un gros connard néo-nazi». Quentin militant identitaire, militant nationaliste… Qu’importe la désignation, l’image qui prévaut est celle du martyr pleuré par ses proches. Inévitablement, une récupération idéologique s’est orchestrée. Quelles seront les conséquences à venir ?

Dans l’immédiat, les circonvolutions abondent, à défaut des vrais dialogues. Un climat propice à entretenir les braises d’une vive contestation envers la légitimité du parti LFI, qui pourrait faire l’objet d’un appel à la dissolution. Ce qui pourrait donner des envies de guerre civile aux mauvais perdants.

N’oublions pas que les attentats sporadiques avaient secoué l’Italie de 1969 à 1980, au cours de la période dite des années de plomb où extrémistes de droite et de gauche se livraient bataille.

Les Gilets jaunes étant un lointain souvenir, place à présent aux drapeaux rouges et aux chemises brunes. Avec d’une part Jean-Luc Mélenchon l’activeur suivi de ses activistes. Avec d’autre part, à l’autre bout de l’extrémisme décomplexé, le Front national et Reconquête. Au milieu du ring, un punching-ball monté de toutes pièces avec les Républicains et les Centristes. Cette superposition disgracieuse est coordonnée au chaos qui a régné dans la localité lyonnaise, dans cette France où la notion de vivre-ensemble s’apparente à une expression fourre-tout. Plus qu’à un mot-valise, nous sommes confrontés à une formule devenue un mot-poubelle par la faute des Insoumis. Des irresponsables guidés par Mélenchon l’incendiaire, sur lequel la pyromanie pourrait se retourner. Qu’il pense à l’exemple du moine rigoriste Savonarole qui punissait par le bûcher et qui termina ses jours condamné par cette même punition. Et dont l’influence néfaste a fait commettre l’irréparable aux jeunes interpellés pour l’assassinat de Quentin, pourtant majoritairement français(e)s de souche et fils de supposées bonnes familles bien bourgeoises pour quelques-uns. Deux d’entre eux étant carrément inscrits à la France Insoumise.

Quentin était pourtant facilement rattachable à l’idée de cette «créolisation» défendue et encouragée par le grand chef des Insoumis, puisque d’origine française paternelle et péruvienne maternelle. Ce qui nous indique qu’à partir d’ici, la rhétorique insoumise s’est engagée dans une impasse. Et qu’après l’échec de l’Homo Sovieticus dans l’ex-URSS, l’Homo Franco-Islamicus espéré selon les desiderata électoralistes de Mélenchon ne verra pas le jour.

Il est troublant de s’apercevoir que ce désordre se soit passé en pleine période de polémiques, d’appels au cordon sanitaire envers LFI prononcés par Jordan Bardella et de l’affaire Epstein  pour laquelle l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a été entendu.

Plus localement, les élections municipales lyonnaises imminentes se profilent comme plus passionnantes et plus clivantes que celles qui animeront l’establishment parisien plus feutré. Car la vie parisienne est plus marquée par la boboïsation. Tandis que l’agglomération lyonnaise demeure marquée par un esprit davantage ouvrier porté si besoin sur l’insurrection (la révolte des Canuts avant la Révolution Française), et à la connotation de plus en plus liée à l’immigration. Le roman ‘‘Le Gône du Chaaba’’, écrit par le franco-algérien Azzouz Begag, en représente un intéressant témoignage, à l’instar du ‘‘Requiem des innocents’’ du franco-italien Louis Calaferte).

L’antichambre des joutes présidentielles est en train de se mettre en place. Cette fois-ci, ce ne sera pas le score du FN qui attisera en premier les curiosités, mais bien l’issue qui risque d’être fatale pour le parti de Mélenchon. Ce dernier a toujours joué sur la confrontation extrême, et s’est entouré de personnalité polémiques. Un déclin est prévisible, et l’électorat franco-musulman si courtisé par Mélenchon et ses collaborateurs risque de se détourner à un moment ou à un autre lorsqu’il comprendra la supercherie d’un leader politicard qui plusieurs années auparavant critiquait sévèrement le port du voile islamique, tout comme le faisait la socialiste Ségolène Royal partie récemment en quête de reconnaissance en Algérie.

Alors, à condition que la lassitude ne paralyse pas les jugements, la France pourra redevenir cet espace de cohabitation et de relative tolérance entre communautés. «Les Français se sont fait la guerre entre eux, en fait. C’est nouveau ça», lance un étudiant franco-marocain sous couvert d’anonymat. Poursuivant, comme pour se justifier : «Les violences cette fois on ne peut pas dire que c’est nous les Maghrébins de banlieue. Et puis Mélenchon et ses amis ils sont hors sujet sur pas mal de trucs». Cette prise de conscience gagnera-t-elle le reste des électeurs arabo-musulmans dont LFI a exploité la naïveté, ce qui peut s’interpréter comme un manque de respect ?

Contrairement à Bouazizi, Deranque ne s’est pas suicidé. Et il n’est pas mort par immolation. C’est son décès qui représente un foyer dont l’incandescence requiert la faculté d’embraser à un moment donné son territoire natal. Oui, la France a trouvé son Bouazizi, Et elle brandit son portrait. Comme il avait été fait pour le vendeur ambulant de fruits et légumes de Sidi Bouzid.

Il est fort regrettable que cet événement soit survenu un an avant les élections présidentielles. Il est infiniment triste qu’une fois encore le monde de l’enseignement ait servi d’espace scénique, malgré l’avertissement suite à la mort par décapitation de l’enseignant en lycée Samuel Paty. Un passage à un cran au-dessus s’est concrétisé en raison de trois facteurs : jeunesse de la victime ; acte non isolé mais collectif ; atteinte à l’intégrité de l’enseignement supérieur du fait de l’irresponsabilité partagée de différents manifestants.

Sur ce triptyque instable repose la nation française. Et sur un équilibre fragile repose la ville de Lyon, qui pourrait se révéler comme l’équivalent hexagonal de Sidi Bouzid, du fait de points communs pas forcément évidents mais réels : une localisation au milieu d’un pays avec une certaine excentration, un foyer historique de contestation (l’axe Lyon/Saint-Etienne pourrait être comparé à l’axe Gafsa/Sidi Bouzid), un point de passage vital facile à instrumentaliser en congestionnant volontairement la circulation automobile à des fins de revendications (le tunnel de Fourvières à Lyon, le passage de l’autoroute trans-maghrébine et est-ouest dans la région de Sidi-Bouzid).

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Pour une vision audacieuse de la Tunisie de demain

27. Februar 2026 um 11:30

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé, notamment dans le domaine économique où elle affiche aujourd’hui ses plus fortes fragilités.

Elyes Kasri *

En dépit des rêves éveillés et des incantations exaltées des idéologues incurables, la Tunisie d’aujourd’hui est, comme beaucoup d’autres pays, confrontée à des défis de modernisation et de repositionnement dans un monde en pleine mutation vers des rapports et équilibres encore flous et incertains.

Face aux choix qui s’imposent avec une grande acuité, la Tunisie semble faire preuve de frilosité et de manque de vision, avec une prédilection pour les anciens choix économiques, espérant remettre en marche des dynamiques anciennes, relevant d’une époque révolue ou d’options qui l’ont menée à sa précarité actuelle.

Un avantage géographique réduit à néant

Si la production et la distribution nécessitent une nouvelle vision loin des mythes fondateurs de la deuxième moitié du siècle dernier, le transport, grande faiblesse qui réduit à néant l’avantage géographique de la Tunisie, a grandement besoin d’une vision futuriste d’une Tunisie hub de production, de service et de savoir, loin des replâtrages des modèles et choix du passé.

Outre une politique tous azimuts du ferroviaire urbain et interurbain, avec tous les gains envisageables en mobilité, énergie, coûts de tout genre et qualité de l’environnement, la Tunisie devrait repenser le modèle des points d’entrée portuaires et aéroportuaires en hubs multimodaux de services.

Il faut se rendre à l’évidence que l’aéroport de Tunis-Carthage représente une nuisance et un handicap au développement immobilier du grand Tunis et que sa place est ailleurs, dans la périphérie de Tunis (Utique ou Jebel Ressas ou ailleurs).

Pour sa part, le choix d’Enfidha pour le grand port tunisien en eau profonde aurait été politique sous le règne de feu Ben Ali et ne pourrait être situé, selon de nombreux experts tunisiens et étrangers, qu’à Bizerte dont seul Jules Ferry avait saisi la valeur stratégique.

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé.

Pour être conséquent, il serait judicieux de faire un constat serein des limites et insuffisances des choix du passé pour éviter d’en perpétuer les retours négatifs en osant concevoir une vision audacieuse de la Tunisie de demain.

* Ancien ambassadeur.

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Natation | Rami Rahmouni a-t-il fait un mauvais choix ?

27. Februar 2026 um 10:22

La polémique suscitée par le choix de Rami Rahmouni, grand espoir junior de la natation tunisienne, qui a opté pour l’Arabie saoudite comme nationalité sportive, n’a pas de raison d’être. Et pour cause…

Latif Belhedi

Dire que le nageur de 17 ans a privilégié son intérêt financier sur celui, sportif, de son pays natal, est inexact. Car le nageur n’a pas fait ce choix de gaieté de cœur, ou pour seulement gagner de l’argent. Il l’a fait pour se donner les moyens de ses ambitions sportives que son pays natal risquerait, malheureusement, de ne pas lui fournir suffisamment, d’autant plus qu’il se donne pour objectif d’atteindre le niveau de l’excellence sportive internationale.

Quand on connaît les difficultés qu’ont rencontrées ces dernières années les champions olympiques ou du monde tunisiens, tels les nageurs Ahmed Ayoub Hafnaoui et Ahmed Jaouadi, à financer leurs entraînements, leurs voyages et leurs participations aux tournois internationaux, on comprend les craintes de Rami Rahmouni et on ne peut que le conforter dans le choix d’une nationalité sportive autre, l’Arabie saoudite en l’occurrence, qui lui épargnera ce genre de tracasseries extra-sportives risquant de contrarier sa marche vers les podiums, et lui donnera les moyens d’aller le plus loin possible sur la voie qu’il s’était choisie : celle des titres mondiaux.

Sur un autre plan, le choix de Rami Rahmouni de concourir sous le drapeau de l’Arabie saoudite, pays qui lui en a donné la possibilité, est dicté aussi par une considération d’opportunité sportive. Car un pays n’a le droit d’aligner que deux représentants dans une finale olympique en natation. Or, explique un spécialiste de la discipline, et sauf énorme surprise, Ahmed Jaouadi et Ahmed Ayoub Hafnaoui seront très probablement les représentants de la Tunisie en finales des 800m et 1500m NL (et peut être du 400 aussi pour le second) lors des prochaines joutes olympiques, ce qui empêchera Rahmouni de concourir dans ces mêmes distances de demi-fond s’il concourait sous la bannière tunisienne. En portant les couleurs de l’Arabie Saoudite, il aurait sans doute plus se chance de se qualifier à la finale et, pourquoi pas, rivaliser ses «anciens» compatriotes.

Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, l’attachement de Rami Rahmouni à son pays natal, pas plus que l’amour de ses parents, personne ne l’arrachera du cœur pour tout l’argent du monde.

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Ramadan en Tunisie | Une société sous tension 

27. Februar 2026 um 09:35

Dans de nombreuses villes du monde musulman, le Ramadan est un mois de lumière. Les rues s’illuminent, les marchés s’animent à la tombée du jour, les citoyens se réunissent dans une atmosphère de fête contenue. Le jeûne y est perçu comme une discipline spirituelle, certes exigeante, mais enveloppée d’un imaginaire collectif de joie et de partage. En Tunisie, l’expérience semble souvent différente. Explications… (Ph. L’heure de rupture du jeûne pendant Ramadan: la délivrance!)

Manel Albouchi

À mesure que le soleil décline, une autre tension apparaît : impatience dans les embouteillages, irritabilité dans les commerces, susceptibilités exacerbées dans les foyers.

Ce phénomène a un nom en arabe tunisien, la «h’chicha» (nervosité liée à la faim), souvent attribué à la fatigue ou à la faim, mérite pourtant une lecture plus profonde. Car le Ramadan tunisien agit moins comme une simple pratique religieuse que comme un révélateur psychique et social. 

 Le mois du manque 

Le jeûne est, par définition, une expérience du manque. Manque de nourriture, d’eau, de sommeil. Mais lorsque ce manque physiologique entre en résonance avec d’autres formes de privation : économique, sociale, symbolique, il prend une dimension plus vaste. 

La Tunisie traverse depuis plusieurs années une fragilité économique persistante. Inflation, précarité, incertitude. Le Ramadan, loin d’atténuer cette réalité, la met en relief. Les dépenses alimentaires augmentent, les attentes sociales se renforcent, la pression d’offrir une table «digne» devient plus intense. 

Le manque n’est plus seulement corporel. Il devient existentiel. Et lorsque les manques se superposent, ils ne s’additionnent pas : ils se multiplient. 

L’anxiété du manque 

Ce que l’on observe alors n’est pas uniquement de l’irritabilité liée à la faim. C’est ce que l’on pourrait appeler une «anxiété du manque», la crainte diffuse de ne pas avoir assez : assez de ressources, assez de reconnaissance, assez de valeur morale. 

Cette anxiété est alimentée par plusieurs couches :  une pression économique tangible ; un regard social omniprésent ; une religiosité parfois vécue dans le registre de la crainte plutôt que de la conscience. 

Dans ce contexte, le Ramadan peut devenir un espace où s’intensifie le sentiment d’insuffisance. Ne pas être à la hauteur économiquement. Ne pas être un croyant suffisamment pieux. Ne pas correspondre aux attentes implicites. 

La peur du jugement «social ou divin» transforme l’expérience intérieure du jeûne. 

Pourquoi cette hypersensibilité ?

La psychanalyse offre une clé de lecture éclairante. Le psychiatre britannique Wilfred Bion décrivait la «fonction alpha» comme la capacité de transformer une émotion brute en pensée. Lorsque le nourrisson supporte l’absence du sein, il en crée une image mentale. Cette image constitue la première forme de pensée : une manière de tolérer le manque. Mais si l’absence devient insupportable, l’angoisse ne se transforme pas. Elle se décharge. 

À l’échelle individuelle comme collective, le Ramadan agit comme un test de cette capacité. Si le manque est symbolisé, il devient intériorité, maturation, spiritualité. S’il déborde les capacités psychiques, il se traduit par agitation, agressivité ou panique. 

L’irritabilité n’est pas le signe d’une faiblesse morale. Elle est souvent l’indice d’un espace intérieur saturé. 

Contrôle et conformisme 

Dans la société tunisienne, le Ramadan est également traversé par une forte dimension normative. Beaucoup jeûnent non seulement par conviction, mais aussi par conformité. Le regard des autres pèse lourd. La différence expose. 

Or, lorsque la pratique religieuse est motivée principalement par la peur : peur du jugement social, peur de la condamnation divine, elle génère une tension interne supplémentaire. Le contrôle devient externe, rigide, défensif. 

À l’inverse, lorsqu’il est intériorisé, le contrôle devient maturation. La même pratique peut alors produire apaisement plutôt que crispation. 

La nuance est invisible de l’extérieur. Mais psychiquement, elle est déterminante. 

Sublimation ou décharge 

Le jeûne mobilise une énergie considérable : pulsionnelle, émotionnelle, corporelle. Cette énergie peut suivre deux voies. Elle peut se décharger sous forme d’irritabilité, de conflits, de susceptibilité exacerbée. Ou elle peut être sublimée : transformée en création, en prière consciente, en solidarité, en réflexion, en production artistique ou intellectuelle. 

La sublimation n’est pas automatique. Elle suppose un minimum de sécurité intérieure. Or, dans un contexte économique et social fragilisé, cette sécurité fait parfois défaut. 

Ramadan comme révélateur 

Il serait erroné de considérer que le Ramadan crée la tension. Il la révèle. 

Dans des sociétés où le tissu social est stable et la sécurité économique relativement assurée, le mois sacré peut être porté par un imaginaire collectif festif et contenant. 

En Tunisie, le Ramadan agit comme un amplificateur. Il met en lumière les fragilités préexistantes : anxiété économique, rigidité normative, hypersensibilité au regard social. Mais il offre également une possibilité. Car la capacité à supporter le manque sans se désorganiser est au cœur de toute maturation psychique. Supporter l’absence sans se décharger immédiatement ; transformer la frustration en pensée. Et faire du vide un espace de conscience. 

Une épreuve de maturité collective 

Le véritable enjeu n’est pas de savoir si les Tunisiens sont «rapides à la détente » en Ramadan. Il est de comprendre ce que cette réactivité dit d’un climat intérieur et collectif. 

Avons-nous appris, individuellement et collectivement, à tolérer le manque sans nous effondrer ? Avons-nous développé suffisamment d’espace intérieur pour symboliser plutôt que réagir ? La foi est-elle vécue comme une contrainte extérieure ou comme une construction intérieure ? 

Le Ramadan, en Tunisie, est moins un mois religieux qu’une épreuve de maturité psychique collective. 

Et peut-être est-ce précisément dans cette tension que réside son potentiel : non pas seulement comme rituel, mais comme laboratoire de transformation.

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Jeûne du Ramadan | Prudence pour les insuffisants cardiaques  

27. Februar 2026 um 08:18

«Le Ramadan est un mois de spiritualité, mais aussi un moment qui modifie profondément nos habitudes alimentaires, hydriques et de sommeil. Chez le patient insuffisant cardiaque, ces changements peuvent être neutres… ou parfois déstabilisants», note Dr Faouzi Addad, professeur en cardiologie, qui donne dans le post Facebook reproduit ci-dessous des indications et des conseils pour les patients atteints du cœur en vue d’un jeûne sans problèmes.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le jeûne entraîne une réduction des apports hydriques pendant la journée avec augmentation de la viscosité sanguine ; une concentration hormonale différente (en particulier le système rénine-angiotensine) ; une modification du rythme veille-sommeil ; et parfois des excès alimentaires le soir.

Chez un patient stable, cela peut être bien toléré, mais chez un patient fragile, cela peut favoriser la déshydratation, l’hypotension, l’insuffisance rénale fonctionnelle et une surcharge si excès de sel à l’iftar, le repas de rupture du jeûne.

Pour le traitement, il y a quelques principes simples à suivre et des règles à respecter : les diurétiques plutôt après l’iftar ; l’hydratation répartie entre iftar et souhour ; une surveillance quotidienne du poids ; et un contrôle de la tension et du pouls.

Cependant, il convient d’arrêter le jeûne immédiatement s’il y a un essoufflement inhabituel, une prise de poids rapide (>2 kg en 48h), malaise, vertige ou fatigue extrême.

Au final l’idée qu’un patient insuffisant cardiaque ne doit jamais jeûner est fausse : si la maladie est stable et suivie médicalement, cela peut être possible, mais la décision doit être personnalisée, jamais automatique.

Le Ramadan n’est pas une épreuve pour le cœur. Il doit être vécu avec sagesse, équilibre et avis médical.

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Gabès et la nouvelle culture protestataire en Tunisie

27. Februar 2026 um 07:45

Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? C’est pour répondre à cette question que l’auteur a réalisé une étude publiée en anglais publiée sur le site de l’Arab Reform Initiative, dont nous avons traduit les extraits ci-dessous.

Sofiane Jaballah *

Depuis l’implantation du complexe chimique en 1972,Gabès s’est imposée comme l’un des foyers emblématiques de la conflictualité écologique en Tunisie. La dégradation progressive des oasis, la pollution atmosphérique et marine, la multiplication des maladies respiratoires et des cancers ont façonné, chez une partie de la population, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié au nom d’un modèle de développement imposé d’en haut. Cette situation nourrit un vécu d’injustice environnementale et de vulnérabilité sociale, où se croisent enjeux sanitaires, économiques, territoriaux et symboliques.

Un moment de rupture

Les épisodes d’asphyxie collective de l’automne 2025, touchant notamment des élèves, s’inscrivent dans ce contexte de crise prolongée, mais prennent la forme d’un moment de rupture : un événement qui rend visible ce qui était déjà ressenti, et qui transforme un risque chronique en sujet de conflit public.

C’est dans cette séquence que la campagne Stop Pollution–Gabès se déploie, au croisement entre mobilisation citoyenne, production de contre-discours et remise en cause du modèle chimico-industriel dominant.

Ce papier analytique et critique, se propose d’interroger ce que cette campagne fait à la fois au conflit écologique local, et à la culture contestataire tunisienne. Il s’agit d’en analyser les formes d’action, les cadrages, les acteurs et les registres de politisation qu’elle met en jeu, dans un contexte national marqué par la fermeture du champ politique et la recomposition des modes de protestation.

Les questions de recherche peuvent être formulées ainsi : Comment la campagne Stop Pollution–Gabès transforme-t-elle un épisode de pollution aiguë en conflit socio-écologique structuré ? Quels cadrages du problème, quels adversaires, quels horizons de solution construit-elle, et avec quels répertoires d’action ? Comment cette campagne redéfinit-elle les formes de politisation en Tunisie post-2011, en contestant moins un gouvernement qu’un modèle de développement, et en faisant de la revendication d’un air respirable et d’une vie sans cancer un nouveau langage du politique ?

Recomposition de la culture contestataire

La séquence ouverte à Gabès à l’automne 2025 montre que l’on ne peut plus saisir les mobilisations locales uniquement à partir des vieux schèmes de la «protestation sociale» pour l’emploi ou contre la cherté de la vie.

En transformant un épisode aigu de pollution, des asphyxies d’élèves, des fuites de gaz, une panique sanitaire, en campagne de mouvement social structurée, Stop Pollution-Gabès donne à voir une recomposition profonde de la culture contestataire tunisienne.

La campagne ne surgit ni dans le vide, ni sur le seul registre de l’émotion : elle s’inscrit dans une histoire longue d’injustice environnementale documentée par la recherche, dans des décennies de sacrifices imposés au nom de l’industrialisation, et dans un sentiment durable de relégation territoriale. C’est parce que ce «déjà-là» scientifique, sanitaire et social existe que l’événement de 2025 peut fonctionner comme bifurcation et non comme simple fait divers.

L’analyse a montré que Stop Pollution-Gabès répond aux critères d’une campagne de mouvement social au sens de Tilly et Tarrow : séquence de revendications publiques continues, cadrage cohérent du problème, désignation d’adversaires, répertoire d’action diversifié, alliances multi-sectorielles, inscription dans la durée.

Le travail de cadrage est central : diagnostic d’un modèle de développement toxique, identification de responsables (complexe chimique, choix étatiques, déni institutionnel), formulation d’un horizon alternatif fondé sur le droit à la vie, à la santé et à un environnement non mortifère. Cette opération de framing permet de passer d’une indignation localisée à une cause partagée, trans-classe et trans-générationnelle, dont les slogans, les visuels et les hashtags fixent la grammaire («Nous voulons vivre» ; «Gabès s’asphyxie» ; «Démanteler les unités »).

Loin d’être «apolitique», cette campagne repolitise autrement : non pas en se positionnant sur l’axe classique régime/opposition, mais en contestant le cœur des politiques publiques de développement.

La comparaison avec la [campagne protestataire antérieure] Manich Msameh éclaire cette spécificité. Là où Manich Msameh visait un objectif défensif et ad hoc, empêcher une loi de réconciliation perçue comme un retour des élites corrompues, Stop Pollution–Gabès porte un projet de transformation radicale du modèle socio-économique. Moins politisé en apparence (absence de partis, de mots d’ordre sur le changement de régime, revendication d’«apolitisme»), le mouvement est en réalité plus politique dans son contenu : il ne conteste pas seulement un texte de loi ou un gouvernement, mais un régime de production du social qui accepte la maladie et la mort comme externalités ordinaires de la croissance. La revendication ne porte plus sur «plus d’emplois» dans un complexe chimique premier employeur de la région, mais sur le refus d’un emploi et d’une richesse qui tuent. En ce sens, Gabès propose une bifurcation écologique de la contestation.

Un projet de transformation radicale

Le rôle de certains acteurs collectifs et individuels, comme l’UGTT régionale et des figures civiques, apparaît décisif dans cette transformation. La centrale syndicale confère au mouvement un surcroît de légitimité, de capacité d’organisation et de puissance numérique, en certifiant que la cause écologique relève aussi de la justice sociale et du monde du travail. De son côté, un ingénieur-activiste comme Ammar incarne la montée en puissance d’un leadership expert qui articule contre-expertise scientifique, indignation morale et répertoires numériques, reliant l’échelle locale à des registres transnationaux de justice environnementale. Ensemble, ces ressources prolongent le conflit au-delà du moment de crise, le traduisent en campagne d’un mouvement social et lui donnent une épaisseur stratégique qui dépasse largement la seule réaction à l’événement.

Enfin, la trajectoire de la relation entre Stop Pollution-Gabès et la présidence de la République montre comment un conflit socio-écologique peut reconfigurer les lignes de la légitimité politique.

En ouvrant la «boîte de Pandore» par un second discours qui criminalise implicitement la mobilisation, le président rompt symboliquement avec une partie de la population de Gabès qui voyait encore en lui un possible allié. Celui qui se disait porteur de la volonté populaire devient, pour beaucoup, l’incarnation d’un État qui persiste à asphyxier une région au nom de la rentabilité industrielle.

La politisation se déplace alors : du modèle de développement vers la figure présidentielle elle-même, sans que le mouvement ne bascule pour autant dans une opposition partisane classique. C’est là l’un des apports majeurs de ce cas : montrer comment, dans la Tunisie post-2011, la conflictualité écologique devient un nouveau langage du politique, capable de déplacer les frontières entre gouvernants et gouvernés, entre «peuple» et «élites», entre centre et périphérie.

Cet article invite à considérer Gabès non comme une «exception écologique», mais comme un laboratoire socio-politique. Il suggère que les futurs conflits centraux ne porteront peut-être plus d’abord sur le partage du pouvoir institutionnel ou sur la seule question de l’emploi, mais sur la possibilité matérielle de vivre, de respirer et de rester sur place. Autrement dit, la lutte de Gabès ne réclame pas seulement la fermeture d’unités polluantes : elle met en scène, au présent, une bataille pour définir ce que «vivre dignement» signifie dans une Tunisie traversée par la crise climatique, les inégalités territoriales et l’épuisement des modèles de développement hérités.

Au-delà de l’analyse rétrospective, la séquence ouverte par Stop Pollution–Gabès invite à une projection prudente mais sociologiquement fondée. Par sa structuration horizontale, son inscription territoriale profonde et la nature même de ses revendications, la campagne semble porteuse d’un horizon stratégique difficilement neutralisable par les instruments classiques du pouvoir.

Revendiquer le droit de respirer, de vivre sans maladie et sans mort prématurée, ne renvoie ni à une idéologie ni à une doctrine religieuse, il s’agit d’une exigence vitale, transversale, qui excède les clivages politiques ordinaires et échappe aux dispositifs habituels de délégitimation.

Forte de plus d’une décennie d’expérience militante, de savoirs accumulés, de mémoire des promesses non tenues et de pratiques de mobilisation éprouvées, Stop Pollution–Gabès ne se contente plus de réagir aux crises ; elle anticipe, documente, organise et inscrit le conflit dans la durée.

Face à un système politique qui multiplie les tactiques de court terme sans proposer de stratégie crédible de sortie du modèle extractiviste, la campagne dessine progressivement un futur possible : celui d’une ville affranchie du complexe chimique, non comme utopie abstraite, mais comme trajectoire construite par la praxis collective. En ce sens, Gabès avance, lentement, «conflictuellement», mais résolument, vers la reconfiguration de son destin urbain, écologique et social, faisant de la justice environnementale non plus une revendication marginale, mais un principe organisateur du devenir politique local.**

* Sociologue, chercheur à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC-Tunis).

** Le titre et les intertitres sont de la rédaction.

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