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Heute — 13. Mai 2026Kapitalis

Semaine de la gastronomie espagnole à Tunis

13. Mai 2026 um 10:03

SaborFest Tunisia –Semaine des Saveurs Espagnoles –, rendez-vous gastronomique et culturel inédit, se tiendra du 18 au 23 mai 2026, au Mövenpick Hotel Gammarth, à Tunis. Il mettra à l’honneur la richesse et la diversité de la gastronomie espagnole à travers des expériences culinaires immersives, des rencontres professionnelles et des animations culturelles célébrant les saveurs, les traditions et l’art de vivre méditerranéen.

Au centre de cette semaine se trouve le chef Jordi Gimeno, véritable ambassadeur de la cuisine espagnole dans le monde. Fort de plus de 30 ans d’expérience et d’une passion pour les rencontres interculturelles, Jordi Gimeno a créé Gasztrip en 2012 avec une mission claire : partager la gastronomie espagnole aux quatre coins de la planète à travers des festivals culinaires authentiques et accessibles à tous.

Le concept Gasztrip repose sur une approche unique : le chef invité travaille main dans la main avec les équipes hôtelières locales dans une dynamique de formation enrichissante, permettant à l’établissement d’intégrer de nouvelles recettes, menus et techniques culinaires pour ses clients. Une fois le festival terminé, le chef repart, mais l’héritage culinaire demeure.

Masterclasses culinaires

Les 18 et 19 mai 2026, le chef Jordi Gimeno animera des masterclasses culinaires

intensives au restaurant The Breeze du Mövenpick Hotel Gammarth. Ces ateliers pratiques de 8 heures par jour réuniront des étudiants de l’ISETH de Sidi Dhrif ainsi que 5 chefs tunisiens renouvelés chaque jour, offrant ainsi à chacun une opportunité unique de visibilité et d’apprentissage.

Ces masterclasses permettront aux participants de découvrir les techniques authentiques de la cuisine espagnole – paella, tapas, plats mijotés – tout en explorant l’importance des produits locaux et de la saisonnalité. Les produits et équipements seront fournis par l’hôtel, garantissant des conditions optimales pour cette transmission de savoir-faire.

Immersion dans l’Espagne culinaire

Du 20 au 22 mai, le restaurant The Breeze proposera des dîners gastronomiques espagnols préparés par le chef Jordi Gimeno, avec la participation active des étudiants ayant suivi les masterclasses.

Ces soirées à capacité limitée (60 personnes) offriront un menu typiquement espagnol basé sur des recettes traditionnelles revisitées dans une ambiance chaleureuse de musique live, rythmée par un guitariste interprétant en acoustique les plus belles mélodies espagnoles.

La soirée de clôture du 23 mai sera marquée par un dîner de gala exclusif, organisé sur invitation, mettant en vedette les plats signatures du chef Jordi Gimeno. Cette soirée réunira les représentants de l’ambassade d’Espagne, du Mövenpick et l’ensemble des partenaires pour célébrer les échanges culturels et culinaires entre la Tunisie et l’Espagne. Une animation musicale festive, des discours officiels et des opportunités de networking entre professionnels, chefs, sponsors et médias ponctueront cette soirée mémorable.

Un pont gastronomique

À travers SaborFest Tunisia, les organisateurs ambitionnent de créer un véritable pont culturel et gastronomique entre la Tunisie et l’Espagne, en valorisant l’excellence culinaire, la créativité et l’esprit méditerranéen de partage et de convivialité.

Cet événement s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre les deux pays et confirme la position de Tunis comme carrefour des cultures et des saveurs méditerranéennes.

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La Tunisie à la traîne de nombreux pays africains

13. Mai 2026 um 10:00

La Tunisie, jadis en tête des pays africains en termes de dynamisme économique, est aujourd’hui nettement en dessous des pays les plus dynamiques du continent en matière de croissance économique et d’investissement. Des données chiffrées, collectées par l’économiste Salah Dargouth, brossent un tableau inquiétant de cette chute vertigineuse.

Latif Belhedi

Avec une croissance économique moyenne allant 1,5 et 2,5% au cours des dix dernières années, la Tunisie se trouve largement distancée par les champions du continent, à savoir l’Ethiopie et le Rwanda (~7%), l’Ouganda (~6-7%), le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie (~6 %) et le Kenya  (~5 %).

Ceci explique en partie cela : la Tunisie est également largement distancée par ces mêmes pays en termes de part de l’investissement dans le PIB : ~13-14 %, contre ~40 % pour la Tanzanie, ~25-26 % pour le Bénin, ~25 % pour le Rwanda, ~23-24 % pour la Côte d’Ivoire, ~22-24 % pour l’Ouganda, ~20-21 % pour l’Ethiopie et ~17-18 % pour le Kenya.

Autrement dit, notre pays investit aujourd’hui proportionnellement beaucoup moins que le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Kenya l’Ouganda et surtout la Tanzanie.

«Le contraste devient encore plus frappant lorsqu’on regarde l’évolution historique», explique Salah Dargouth qui précise : «Dans les années 1990-2010, la Tunisie investissait souvent entre 23 % et 26 % du PIB. En 2010, le taux dépassait encore 26 %. En 2024, il est tombé autour de 13-14 %, soit presque la moitié des décennies 1990-2010. Or, dans la plupart des expériences internationales, un taux d’investissement inférieur à 15% du PIB est généralement insuffisant pour soutenir durablement une forte croissance. De même, les pays qui connaissent des transformations économiques rapides maintiennent souvent des taux supérieurs à 25%. Les “miracles économiques” asiatiques dont bien sûr la Chine ont souvent dépassé 30-35%.»

«Avec une croissance du PIB de 4-5% et un taux d’investissement de 20-30%, le Maroc est aussi un cas intéressant de croissance relativement soutenue et d’investissement élevé en Afrique du Nord», fait également remarquer l’ancien expert de la Banque Mondiale. Il ajoute : «Le Maroc se distingue par un taux d’investissement parmi les plus élevés d’Afrique ; de grands projets d’infrastructure (TGV, ports, autoroutes, énergie solaire, dessalement) ; une industrialisation rapide (automobile, aéronautique, phosphates) ; une forte montée des exportations industrielles ; sans oublier les préparatifs massifs pour la Coupe du Monde 2030.»

Or, enchaîne M. Darghouth : «En comparaison, la Tunisie souffre depuis plusieurs années d’une économie en dormance et d’une croissance lente; d’un faible investissement public et privé ; d’une résistance à attirer les IDE ; d’une administration étouffante et sclérosée ; d’une diabolisation du secteur privé ; et d’une instabilité réglementaire et financière.»

La conclusion est sans appel : «Le contraste entre les deux pays est particulièrement visible dans les infrastructures, la dynamique industrielle et le développement technologique.» 

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Festival international du film Imedghassen à Batna

13. Mai 2026 um 09:15

La 6e édition du Festival international du film Imedghassen s’est tenue du 5 au 11 mai 2026 à Batna (Algérie), confirmant la progression de cet événement cinématographique au cœur des Aurès.

Djamal Guettala 

Organisé entre la Maison de la Culture et la Cinémathèque de Batna, le festival a réuni une cinquantaine de films issus de différentes régions du monde, dans les sections fiction, documentaire et animation, avec une volonté affichée d’ouverture sur l’espace méditerranéen.

L’édition a notamment été marquée par la présence de l’Italie comme invitée d’honneur, traduisant une stratégie de diversification des partenariats et des échanges culturels. Elle a également été marquée par la distinction majeure de la Semaine de la Critique en fiction, attribuée au film ‘‘Poupiya’’ (2026), premier long métrage de Yacine Bouaziz, confirmant la vitalité des nouvelles écritures cinématographiques algériennes.

Le festival a par ailleurs proposé une projection d’honneur du film ‘‘Ahmed Bey’’ de Jamal Shoorje, dans le cadre de sa programmation spéciale, mettant en lumière des œuvres à forte dimension historique et patrimoniale. Mais c’est surtout la présence tunisienne qui a retenu l’attention, tant dans la programmation que dans les instances de sélection.

La Tunisie était en effet représentée par un film en compétition dans la catégorie des courts métrages de fiction : ‘‘في ظلمات ثلاث’’ (In Three Layers of Darkness), réalisé par Houcem Slouli. Cette sélection confirme la présence active du cinéma tunisien dans les circuits des festivals maghrébins et internationaux, notamment à travers des œuvres de jeunes auteurs.

Au-delà des écrans, la Tunisie s’est également illustrée dans la composition des jurys. L’actrice Rim Riahi a intégré le jury de la compétition des films de fiction, tandis que l’acteur Khaled Bouzid a participé au jury des documentaires courts. Cette double présence témoigne de la reconnaissance des professionnels tunisiens et de leur intégration dans les espaces de décision artistique du festival.

L’actrice Rim Riahi dans le jury.

Le festival tire son nom du mausolée royal de Imedghassen, monument numide emblématique des Aurès datant du IIIe siècle avant J.-C. À travers cette référence patrimoniale forte, l’événement inscrit son identité dans une continuité historique et culturelle, reliant mémoire antique et création contemporaine.

En parallèle des projections, des ateliers et rencontres professionnelles ont réuni de jeunes participants, confirmant la dimension pédagogique du festival, orientée vers la formation et l’accompagnement de nouveaux talents. Malgré une structuration encore en développement, l’événement poursuit sa montée en puissance, cherchant à s’imposer comme un rendez-vous cinématographique régional de référence, à la croisée des cultures maghrébines et méditerranéennes.

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Agriculture | Un système de distribution à réformer en profondeur 

13. Mai 2026 um 08:00

Un verdict sans détour : la chaîne qui relie le champ tunisien à la table du consommateur est grippée. Trop d’intermédiaires, trop peu de régulation, des textes juridiques dépassés et des infrastructures à bout de souffle. Trois experts ont présenté, des pistes de transformation concrètes et chiffrées. 

Latif Belhedi

Il y a quelque chose de paradoxal dans la situation que traverse l’agriculture tunisienne. Le travail est là. La production aussi. Et pourtant, aux deux extrémités de la chaîne, le compte n’y est pas : celui qui cultive peine à en tirer un revenu décent, celui qui achète supporte des prix qui ne reflètent pas la réalité du coût de production. Ce paradoxe, c’est la question centrale qu’a posée Amine Ayed, président de l’IACE, en ouvrant la dixième édition du Tunisia Economic Forum mardi 12 mai 2026, au siège du think tank à Tunis. Un forum qui, depuis une décennie, s’est construit sur le postulat qu’aucune amélioration n’est possible sans l’examen lucide et collectif des défaillances propres à chaque secteur. 

Amine Ayed a tenu à replacer d’emblée le sujet dans sa juste dimension. La modernisation des filières de commercialisation agricole n’est pas une question de logistique ou d’organisation administrative. C’est un enjeu de souveraineté économique. La manière dont une économie fait circuler ce qu’elle produit détermine autant sa richesse finale que sa capacité à la générer.

Or, entre le producteur et l’acheteur final, le système tunisien laisse filer de la valeur à chaque étape : trop d’intermédiaires s’y sont incrustés, le secteur informel y a pris ses aises, la logistique y reste défaillante et les tensions spéculatives y sont récurrentes.

Une approche morcelée

Ce n’est pas un dysfonctionnement sectoriel isolé. C’est un défaut systémique qui érode l’efficacité globale de l’économie, affaiblit sa transparence et mine la confiance de ses acteurs. 

Le président de l’IACE a aussi pointé un travers méthodologique persistant. Les réponses apportées jusqu’ici à ces problèmes ont été parcellaires : les marchés de gros traités séparément des enjeux logistiques, les questions de prix dissociées de celles du commerce informel, les infrastructures pensées hors de tout cadre de gouvernance cohérent.

L’étude présentée lors de ce forum rompt avec cette approche morcelée. Elle propose une lecture d’ensemble, articulée autour de plusieurs scénarios de transformation possibles, avec pour question centrale : comment moderniser ces circuits sans fragiliser les équilibres économiques et sociaux existants ? Car la réforme, a insisté Amine Ayed, est aussi politique que technique. Elle heurte des intérêts en place, bouscule des habitudes ancrées et interroge des rapports de force territoriaux. Elle réclame non seulement des idées, mais de la cohérence dans leur mise en œuvre, une vision à long terme et la volonté effective de les exécuter. 

Trop de marchés, trop peu de contrôle 

C’est Mohamed Hédi Inoubli, à la tête de l’Unité de gestion par objectifs pour la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche au ministère du Commerce, qui a pris le relais pour cartographier les pathologies du système. Son premier constat est géographique autant qu’institutionnel : la Tunisie compte sept fois plus de marchés que ses voisins algérien et marocain. Cette prolifération, loin d’être un signe de vitalité commerciale, génère une fragmentation qui rend tout contrôle efficace quasi impossible. Elle s’accompagne d’un phénomène de glissement généralisé : les opérateurs débordent de leurs périmètres réglementaires, les rôles se brouillent, et les pratiques monopolistiques ou spéculatives s’y développent en toute impunité. 

La complexité du secteur tient aussi à sa nature intrinsèque. La production agricole est, par définition, variable : d’une saison à l’autre, d’une région à l’autre, les volumes, la qualité et la disponibilité fluctuent de façon significative. Cette instabilité structurelle est aggravée par l’insuffisance chronique du financement agricole, qui empêche les producteurs de valoriser correctement leur récolte, d’atteindre les seuils de volume nécessaires et d’acheminer leur production vers les circuits formels de distribution. Le cadre juridique censé encadrer tout cela est, lui, figé dans le temps. Obsolète, il ne permet plus d’assurer un contrôle commercial opérationnel. 

Face à cette situation, M. Inoubli a présenté le décret n° 47 de 2022 comme le levier réglementaire central de la transformation à engager. Ce texte prévoit plusieurs mécanismes complémentaires. Il rend obligatoire la déclaration des activités commerciales, visant à faire reculer l’économie informelle. Il impose la mise en place de systèmes d’information agréés, permettant une traçabilité numérique de la filière et une connaissance en temps réel des stocks disponibles par l’administration. Il introduit une distinction formelle entre stockage de régulation et stockage spéculatif. Il prévoit enfin un renforcement substantiel des pouvoirs de contrôle et des sanctions applicables. 

Sur le terrain, l’approche repose sur une logique d’expérimentation avant généralisation. Un projet de marché de gros intégré est à l’étude à Béja, couvrant les légumes, les fruits et la volaille. À Sidi Bouzid, un projet pilote de plateforme numérique intégrée a déjà été testé et ses enseignements serviront de base aux futurs déploiements.

Par ailleurs, le système de facturation électronique développé par la Sotumag est d’ores et déjà opérationnel dans treize marchés municipaux. L’objectif est de l’étendre progressivement à l’ensemble des marchés d’intérêt national. Une refonte de la cartographie nationale des marchés est également en préparation, avec pour finalité la suppression ou la fusion des marchés dont la viabilité n’est pas démontrée. Sur ce point, M. Inoubli a rappelé une erreur récurrente des réformes passées : les chevauchements de compétences entre ministères ont souvent constitué le principal obstacle à leur concrétisation. 

Une feuille de route en trois axes 

Ahmed Ben Kheder, consultant auteur de l’étude de l’IACE «Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles», a apporté la dimension prescriptive de la journée en détaillant une feuille de route structurée. Son diagnostic préalable confirme et précise ce qui avait été exposé.

La prolifération des intermédiaires est bien la cause première des distorsions de prix, entretenue par une évasion fiscale généralisée et des blocages juridiques tenaces. Les contrats de concession accordés aux gestionnaires de marchés sont trop courts pour déclencher un investissement privé sérieux : aucun opérateur ne s’engagera dans une rénovation coûteuse si le cadre contractuel ne lui garantit pas d’en amortir le coût.

Les communes, de leur côté, manquent cruellement d’expertise technique dans la gestion des circuits de distribution agricole. Les abattoirs se sont progressivement dégradés. Et la procédure d’attribution des concessions, fondée exclusivement sur le critère financier du mieux-disant, écarte de facto les candidats les plus compétents au profit des plus offrants. 

Cette situation n’est pas sans précédent. Entre 2002 et 2008, des chantiers de réhabilitation avaient été lancés. Ils n’ont pas produit les résultats attendus. Faute d’une vision stratégique d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés, ces interventions sont restées sans lendemain. La leçon à en tirer est claire selon le consultant : une réforme parcellaire est vouée à l’échec. Seule une approche systémique et cohérente peut produire des effets durables. 

Sa proposition s’organise autour de trois axes. Le premier concerne la professionnalisation de la gestion des marchés. Il s’agit de créer des agences spécialisées et de confier leur pilotage à des gestionnaires compétents, soit par délégation de service au secteur privé, soit par une professionnalisation effective des équipes municipales.

Le deuxième axe vise la qualité des investissements et la création de valeur autour du produit agricole. Concrètement, cela suppose de substituer au critère exclusif de la capacité financière un critère de qualité de service dans la sélection des opérateurs, d’allonger la durée des contrats de concession pour rendre l’investissement attractif, et d’élaborer un cahier des charges de référence servant de socle normatif commun à tous les appels d’offres.

Le troisième axe, de nature transversale, porte sur la gouvernance institutionnelle : clarification des attributions respectives des acteurs centraux et locaux, meilleure articulation entre les niveaux de décision et adoption d’un cadre juridique unifié. 

Pour financer l’ensemble du programme, M. Ben Kheder a recommandé la création d’un fonds national dédié, abondé par les contributions des opérateurs du secteur. Le mode de calcul retenu est significatif : les cotisations seraient assises sur les volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout mécanisme inflationniste répercuté sur le consommateur final. Ce fonds serait piloté par une unité de gestion permanente, chargée d’assurer en continu le suivi de la qualité et de la pérennité des infrastructures.

Parallèlement, le consultant a plaidé pour l’émergence de petites entreprises nouvelles aux côtés des opérateurs établis, dans une logique de stimulation concurrentielle susceptible d’élever le niveau général de service. 

La dimension infrastructurelle de la réforme passe aussi par la spécialisation des marchés de gros. Plutôt que des structures généralistes, M. Ben Kheder préconise des équipements dédiés à chaque grande filière : viandes rouges, viandes blanches et produits de la mer bénéficieraient chacun d’infrastructures adaptées à leurs contraintes sanitaires et logistiques spécifiques. Cette spécialisation renforcerait la traçabilité, améliorerait les conditions d’hygiène et élèverait le niveau de professionnalisation de l’ensemble de la chaîne. 

Les effets attendus de ces transformations se déploieraient sur deux registres. Économiquement, elles permettraient de comprimer les distorsions de prix, de réduire significativement le poids du commerce parallèle et de renforcer la compétitivité des filières agricoles tunisiennes.

Socialement, elles agiraient à la fois sur la stabilité des prix à la consommation et sur l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des acteurs qui interviennent tout au long de la chaîne de distribution. 

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Guerre d’Iran | Les géants européens du pétrole se goinfrent !

13. Mai 2026 um 07:30

Les trois plus grandes compagnies pétrolières européennes –Shell, BP et Total Energies– ont engrangé 4,75 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires grâce aux turbulences sur les marchés mondiaux de l’énergie provoquées par la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Elles ont su tirer profit des fortes fluctuations de prix via leurs filiales de négoce.

Imed Bahri

Selon le Financial Times (FT) qui se base sur les estimations de cinq analystes, les activités de négoce de ces trois entreprises ont généré entre 3,3 et 4,75 milliards de dollars de plus au premier trimestre de l’année par rapport aux trois derniers mois de 2025.

On estime que les activités de négoce ont représenté entre 48% et 69% de l’augmentation totale des bénéfices des entreprises, qui s’élève à 6,9 milliards de dollars par rapport au trimestre précédent.

La guerre redessine la carte énergétique

Cette flambée des profits est survenue alors que la guerre au Moyen-Orient et l’intervention américaine au Venezuela ont perturbé les flux énergétiques mondiaux, mettant en lumière l’écart entre les géants européens et leurs homologues américains, tels qu’ExxonMobil et Chevron, dont les profits restent plus étroitement liés à la production directe.

Kim Fustier, analyste chez HSBC, a déclaré que la performance des départements de trading de BP, Shell et Total représente un «différenciateur significatif» et un «avantage concurrentiel» pour les entreprises européennes.

Les équipes de trading sont généralement les plus performantes en période de forte volatilité, lorsqu’elles tirent profit des écarts de prix entre les marchés et de la demande accrue de couverture des clients contre les fluctuations de prix.

Pendant la guerre d’Iran, les prix du pétrole ont connu de fortes fluctuations et les routes commerciales traditionnelles ont été redessinées après la fermeture du détroit d’Ormuz et les perturbations d’approvisionnement qui en ont résulté entre le Moyen-Orient et l’Asie.

Le Brent, qui se négociait sous la barre des 60 dollars en janvier, a atteint un niveau record en avril, certaines cargaisons physiques se vendant à plus de 144 dollars le baril.

BP, empire du négoce mondial

Les négociants de BP semblent avoir été les plus grands profiteurs de cette période de turbulences.

Selon les estimations moyennes de quatre analystes, la division négoce de BP a généré 1,75 milliard de dollars de bénéfices supplémentaires au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2025, soit environ un quart des bénéfices annuels ajustés de l’entreprise l’année précédente.

Cependant, un analyste estime ces bénéfices supplémentaires à seulement 800 millions de dollars.

Shell a généré environ 1,6 milliard de dollars de revenus supplémentaires grâce au négoce, selon les estimations moyennes de cinq analystes, tandis que Total Energies en a généré environ 800 millions.

BP exploite l’un des plus grands réseaux de négoce de pétrole au monde, employant plus de 2 000 personnes à Londres, Singapour et Houston.

L’entreprise commercialise plus de quatre milliards de barils de pétrole par an, soit plusieurs fois sa production réelle, et gère en permanence plus de 300 pétroliers transportant du pétrole et du carburant à travers le monde.

Lors de la publication de leurs résultats du premier trimestre, les dirigeants des trois entreprises ont mis en avant la performance de leurs activités de négoce.

La directrice financière de Shell, Sinead Gorman, a déclaré que le groupe avait bénéficié d’une contribution nettement supérieure des activités de négoce et d’une amélioration des opérations et ce, après l’annonce par l’entreprise d’un bénéfice de 6,9 ​​milliards de dollars, en hausse de près d’un quart par rapport à l’année précédente.

La directrice générale de BP, Meg O’Neill, a déclaré vouloir souligner l’importance accordée à l’écosystème de négoce.

Le président de Total Energies, Patrick Pouyanné, a déclaré : «Nos négociants sont généralement satisfaits face à la volatilité des marchés»

Une transaction d’un milliard de dollars

Dans l’une des transactions les plus lucratives du trimestre, les traders de Total ont engrangé plus d’un milliard de dollars grâce à des paris à la baisse sur le pétrole brut de Dubaï et d’Oman, en achetant la totalité des cargaisons disponibles sur le marché.

Les investisseurs ont salué la vigueur de l’activité de trading des entreprises européennes.

Depuis le début de la guerre fin février, l’action BP a progressé de 12%, celle de Total de 21% et de Shell de 9%, malgré sa forte exposition au déclin de la production du Golfe suite aux attaques contre ses installations.

À l’inverse, l’action Exxon a chuté de plus de 4% et celle de Chevron n’a progressé que de 2,7%.

L’écart entre Européens et Américains

Cette disparité s’explique également par une différence comptable. Contrairement aux entreprises européennes, Exxon et Chevron ont été contraintes d’enregistrer des pertes liées à leurs opérations de couverture car les normes comptables américaines les obligent à évaluer les produits dérivés à leur prix de marché actuel au lieu de les fixer jusqu’aux livraisons effectives.

Le PDG d’Exxon, Darren Woods, a déclaré : «Il s’agit simplement d’un problème de calendrier comptable. Nous enregistrons la moitié de l’opération et non l’autre moitié. Lorsque les livraisons seront effectuées, les résultats comptables compenseront cette perte».

Malgré le développement de leurs activités de négoce ces dernières années, Exxon et Chevron restent en retrait par rapport à leurs concurrents européens.

Un analyste a déclaré que les entreprises américaines n’ont pas la même propension au risque : «Si l’on prend l’exemple de l’accord conclu avec Oman, qui a rapporté 1 milliard de dollars à Total, j’ai du mal à imaginer Exxon ou Chevron faire de même. Ce n’est pas dans leur culture»

Total Energies a confirmé au FT que les activités de négoce ne sont «pas sans risque», qu’elles peuvent générer des pertes comme des profits et qu’elles doivent être évaluées dans le cadre du portefeuille global de l’entreprise et sur le long terme. Quant à Shell et BP, ils ont refusé tout commentaire.

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Gestern — 12. Mai 2026Kapitalis

Kia Tunis Open | Des cadeaux à gagner tous les jours

Von: Yusra NY
12. Mai 2026 um 23:35

Le coup d’envoi de l’édition 2026 du Kia Tunis Open a été donné ce lundi au Tennis Club de Tunis et jusqu’au 16 mai, le tournoi promet une semaine intense de compétition, rythmée par des animations et de nombreuses surprises.

En plus du spectacle sportif, chaque journée du tournoi sera doublée par une grande tombola offrant aux visiteurs la possibilité de remporter de nombreux cadeaux :

  • Consoles de jeux
  • Montres connectées
  • Smartphones
  • Tablettes
  • Et plusieurs autres surprises incroyables !

Les organisateurs invitent les amateurs de sport à vivre l’ambiance unique du Kia Tunis Open, à encourager les joueurs et à tenter leur chance chaque jour.

Y. N.

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Soutien renforcé à la candidature de Slim Laghmani pour le TIDM

Von: Yusra NY
12. Mai 2026 um 22:51

Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, a reçu ce mardi 12 mai 2026, Slim Laghmani candidat de la Tunisie au poste de juge au Tribunal international du Droit de la Mer (TIDM).

Slim Laghmani se porte candidat pour la période 2026-2035, dans le cadre des élections prévues à New York en juin 2026 à l’occasion de la réunion des États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

Cette rencontre a été l’occasion de faire le point sur l’avancement de la campagne de mobilisation du soutien en faveur du candidat tunisien dans les différents espaces arabe, africain, méditerranéen, onusien et international auxquels appartient la Tunisie.

Elle a également permis de discuter des prochaines étapes de cette campagne afin d’assurer les meilleures chances de succès à cette candidature.

À cette occasion, M. Mohamed Ali Nafti a souligné l’importance que la diplomatie tunisienne multilatérale accorde au renforcement de la présence des compétences nationales distinguées dans leurs domaines de spécialisation au sein des organisations et instances onusiennes et régionales, ainsi qu’au rayonnement accru de la Tunisie sur la scène internationale.

Communiqué

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Coopération tuniso-suisse | Forum régional à l’Ariana pour booster l’employabilité des jeunes

Von: Yusra NY
12. Mai 2026 um 22:22

La Suisse poursuit son engagement en Tunisie en faveur d’un système de formation professionnelle vecteur d’opportunités et d’insertion concrète pour la jeunesse.

Ce mercredi 13 mai, avec le soutien de Swisscontact et sous l’égide du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle se tiendra le Forum régional de la formation professionnelle. Ce rendez-vous permettra de découvrir, d’explorer et de s’orienter vers un avenir professionnel prometteur.

Au programme au Centre sectoriel de formation en arts graphiques (Ariana) :

Une Foire des Métiers avec pas moins de 28 spécialités représentées : 13 spécialités portées par les centres publics
15 spécialités issues des centres privés


Des ateliers animés par l’Agence Nationale pour l’Emploi et le Travail Indépendant ANETI autour des outils de l’employabilité, des soft skills et de l’accompagnement des jeunes vers l’insertion professionnelle.
Des activités démonstratives organisées par les centres de formation de la région, pour voir les métiers en action.
Des sessions de recrutement avec la participation d’une quinzaine d’entreprises — une opportunité directe de rencontrer ses futurs employeurs.
Un espace d’exposition réunissant les acteurs du dispositif régional de la formation professionnelle, les mécanismes d’appui à l’entrepreneuriat, ainsi que des porteurs de projets inspirants.

Cet événement est soutenu par #Swisscontact qui met en œuvre le programme TAKWEEN – Formation Professionnelle, financé par la Coopération suisse en Tunisie.

Que vous soyez jeune en recherche d’orientation, demandeur d’emploi ou entrepreneur en devenir, ce forum est fait pour vous.

Communiqué

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Prison ferme pour l’individu qui s’est introduit chez une avocate à Laouina

Von: Yusra NY
12. Mai 2026 um 21:29

La sixième chambre correctionnelle près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire insolite de l’intrusion au domicile d’une avocate à Laouina.

Le prévenu, un migrant d’origine subsaharienne en situation irrégulière, a été condamné à une peine de vingt mois de prison ferme, indique Mosaïque FM, selon une déclaration d’une source judiciaire ce mardi 12 mai 2026.

Pour rappel, les faits se sont produits dans une résidence où cet individu s’était introduit par effraction dans un appartement du premier étage. Une fois sur les lieux, l’individu aurait poussé l’audace jusqu’à utiliser les affaires personnelles du conjoint de la victime et prendre sa douche, avant d’être retrouvé endormi dans le lit conjugal.

Y. N.

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Météo | Les prévisions pour cette nuit (INM)

Von: Yusra NY
12. Mai 2026 um 20:01

L’Institut national de la météorologie (INM) prévoit un ciel partiellement voilé sur l’ensemble du pays, accompagné de vents dans les régions du sud et d’un rafraîchissement modéré sur le littoral.

Les habitants de l’extrême Nord devront prévoir quelques pluies faibles au cours de la nuit, ajoute l’INM, en précisant que la prudence est de mise pour les activités maritimes ainsi que pour les usagers de la route dans le Sud, en raison de vents qui souffleront fort.

Quant aux températures, l’INM annonce des minimales nocturnes variant entre 16°C et 22°C sur le nord, le centre et les zones côtières du sud, et entre 25°C et 30°C dans le reste du pays, avec des pics atteignant 32°C à l’extrême Sud-Ouest.

Y. N.

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Borhen Bssais & Mourad Zeghidi | Verdict de la Cour d’appel

Von: Yusra NY
12. Mai 2026 um 19:28

La chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire des journalistes et chroniqueurs Borhen Bssais et Mourad Zeghidi.

Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, la Cour a choisi de confirmer le jugement rendu initialement le 22 janvier dernier par le Tribunal de première instance de Tunis et de maintenir la peine de trois ans et six mois de prison ferme.

La même source précise que les deux journalistes sont reconnus coupables de blanchiment d’argent et d’infractions fiscales, ajoutant qu’outre la peine privative de liberté, le verdict confirmé prévoit des amendes financières et la confiscation des avoirs appartenant à Borhen Bssais et Mourad Zeghidi.

Y. N.

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La municipalité de Tunis annonce la réouverture du Parc du Belvédère

Von: Yusra NY
12. Mai 2026 um 19:10

La municipalité de Tunis a annoncé, ce mardi 12 mai 2026, que le parc zoologique du Belvédère rouvrira prochainement ses portes au public.

Dans son communiqué, la municipalité a partagé cette bonne nouvelle pour les citadins et les habitués du poumon vert de la capitale, en précisant que l’ouverture est prévue pour les vacances de l’Aïd al-Adha.

Après des semaines de fermeture, le jardin zoologique de Tunis rouvrira ses portes avec de nouvelles conditions d’accueil pour les animaux et un confort accru pour les promeneurs, garantissant ainsi un environnement plus sain et mieux entretenu pour la saison estivale qui approche.

Y. N.

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Billets subventionnés pour les Tunisiens de l’étranger à faible revenu

12. Mai 2026 um 13:00

L’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) a annoncé la mise à disposition de billets de voyage subventionnés pour les familles à faibles revenus de quatre personnes ou plus souhaitant rentrer de France en Tunisie cet été. Ces billets seront proposés sur les vols Tunisair et de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN).

L’ambassade de Tunisie à Paris a expliqué dans un communiqué que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des décisions du Conseil ministériel restreint du 25 avril 2026.

Les personnes éligibles sont invitées à contacter le service social de l’ambassade à Paris pour déposer leur demande.

L’ambassade précise que les réservations pour les ferries Carthage et Tanit seront acceptées du 11 mai au 15 juin 2026, avec des subventions de 80 € (270 dinars tunisiens) par membre de la famille et de 100 € (338 dinars tunisiens) par personne remplissant les conditions requises.

Par ailleurs, les réservations pour les vols Tunisair seront acceptées du 11 au 20 mai 2026, avec des subventions disponibles pour les vols programmés entre le 17 juin et le 20 août 2026. La subvention pour le billet d’avion est de 100 € (338 dinars tunisiens) par membre de la famille et de 150 € (507 dinars tunisiens) par personne.

Pour bénéficier de la réduction, il convient de déposer une demande indiquant les noms des personnes concernées, les dates de voyage souhaitées et les coordonnées du demandeur. L’approbation finale est conditionnée à la complétude du dossier et à la disponibilité des places pour les réservations proposées.

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IID2026 | L’industrie automobile tunisienne de demain

12. Mai 2026 um 12:28

La nouvelle édition de l’Industry Innovation Day se tiendra le jeudi 4 juin 2026 et réunira décideurs, experts sectoriels et partenaires stratégiques afin d’échanger autour des grandes tendances qui transforment actuellement l’industrie automobile, et d’identifier les opportunités ainsi que les défis pour le secteur en Tunisie.

Les inscriptions pour cette journée, organisée par la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce (AHK Tunisie) en partenariat avec la Tunisian Automotive Association (TAA) et la GIZ Tunisie, sont désormais ouvertes sur ce lien, sachant que le nombre de places est limité.

Depuis sa première édition en 2018, l’IID met en lumière, tous les deux ans, les tendances, les innovations et le savoir-faire du secteur industriel. Cette année le focus sera sur le secteur automobile tunisien, qui constitue aujourd’hui l’un des piliers de l’économie nationale : avec plus de 280 entreprises et 120 000 employés en 2025, le secteur génère environ 3,9 milliards d’euros d’exportations, principalement vers l’Europe (Allemagne, France), se positionnant comme un hub industriel compétitif en Afrique du Nord.

En effet, dans un contexte mondial marqué par l’électrification des véhicules, la digitalisation des chaînes de production et l’essor de l’économie circulaire, la Tunisie dispose d’atouts réels pour consolider son positionnement en tant que hub stratégique de la filière.

C’est précisément le défi que l’IID 2026 entend relever collectivement.

Articulée autour de quatre panels thématiques de haut niveau, l’édition 2026 explorera les leviers concrets de cette transformation :

Major trends in the international automotive sector : les tendances du secteur à l’échelle internationale ;

New Markets, New Mobility : les opportunités au-delà des marchés traditionnels ;

Driving Sustainability : les innovations qui façonnent l’avenir durable de l’industrie automobile ;

Skills & Talents : aligner les compétences de demain aux nouveaux défis du secteur.

    Intervenants internationaux et nationaux ainsi que des moments de networking composeront une journée pensée pour sceller des alliances, alimenter les prises de décision et coconstruire une vision opérationnelle entre industriels, institutions académiques, investisseurs et pouvoirs publics.

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    Sous pression | Du monde de la plongée à celui de l’entreprise

    12. Mai 2026 um 11:19

    Dimanche 10 mai 2026, un webinaire original et riche en échanges a réuni des passionnés de plongée, des moniteurs, des cadres et des professionnels de plusieurs pays francophones autour d’un thème rarement abordé avec autant de profondeur : le lien entre la plongée sous-marine et le développement personnel.

    Latif Belhedi

    Organisée par Abysse Plongée et remarquablement modérée par Mehdi Tabbakh, cette rencontre-débat en ligne a accueilli comme invité principal Vincent Défossez, coach en entreprise, formateur d’instructeurs TDI-SDI, et une figure de la plongée sous-marine qui cumule 40 ans d’expérience.

    Des participants de Tunisie, du Maroc, d’Algérie, du Bénin, de France, de la Martinique et de Belgique, ont pris part à cet échange qui a créé un véritable pont entre le monde de la plongée et celui de l’entreprise.

    Le stress : ennemi ou allié ?

    Au cœur des discussions, une question essentielle : le stress est-il forcément négatif ? Comment le gérer ?

    Loin des approches simplistes, les intervenants ont rappelé que le stress peut aussi devenir un signal utile. En plongée comme dans le monde professionnel, il agit parfois comme un mécanisme d’alerte permettant de mieux percevoir les risques, d’ajuster ses décisions et de rester vigilant.

    La réflexion a notamment porté sur la capacité à apprendre à gérer son stress sous l’eau et à transférer ces compétences dans la vie quotidienne et professionnelle. Défossez a souligné que la plongée confronte l’individu à lui-même dans un environnement inhabituel où respiration, contrôle émotionnel et lucidité deviennent essentiels.

    Trois formes de conscience en plongée

    L’un des concepts marquants de la soirée a été celui des «trois types de conscience» développés par la pratique de la plongée : la conscience de soi ; la conscience de l’équipe et la conscience de l’environnement.

    Selon les échanges, ces trois dimensions sont également au cœur du leadership et du management en entreprise.

    La conscience de soi renvoie à la capacité à reconnaître ses limites, ses émotions et son état mental. La conscience de l’équipe implique la communication, l’écoute et la confiance mutuelle entre plongeurs ou collaborateurs. Enfin, la conscience de l’environnement rappelle l’importance de l’anticipation, de l’analyse des risques et de l’adaptation constante aux conditions extérieures.

    Moniteur ou coach ?

    La rencontre a aussi ouvert un débat particulièrement intéressant sur le rôle du moniteur de plongée. Un instructeur doit-il uniquement transmettre des compétences techniques ou également accompagner le développement mental et émotionnel du plongeur ?

    Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’un équilibre subtil : construire la confiance d’un élève plongeur sans créer de la sur-confiance. Un enjeu crucial dans une activité où excès d’assurance et mauvaise perception des risques peuvent avoir des conséquences importantes et graves.

    Cette réflexion a également conduit à une remise en question de certaines approches pédagogiques. Faut-il simplifier les formations pour les rendre plus accessibles, ou au contraire renforcer l’exigence afin de mieux préparer les plongeurs à des situations complexes ? Faut-il adopter une approche systémique qui prend en considération les facteurs humains ou simplement rester sur une approche technique qui se focalise sur le savoir-faire et l’application des standards ?

    Ce que la plongée apprend sur soi-même

    Au fil des interventions, une idée forte s’est dégagée : la plongée est bien plus qu’une activité sportive ou de loisir. Elle constitue un véritable laboratoire humain où l’on apprend : la maîtrise de soi ; la gestion des émotions ; la prise de décision sous pression ; la coopération et l’humilité face à l’environnement.

    Parmi les idées reçues discutées durant la soirée, plusieurs intervenants ont notamment remis en question la croyance selon laquelle un bon plongeur serait celui qui ne ressent jamais de stress. Au contraire, reconnaître ses émotions et savoir les gérer serait l’une des compétences les plus importantes.

    Dialogue entre plongée et entreprise

    En établissant des parallèles entre immersion sous-marine et environnement professionnel, cette rencontre-débat a montré que les compétences développées en plongée peuvent avoir une portée bien plus large. Leadership, communication, gestion des crises, confiance, vigilance collective ou encore adaptation à l’incertitude : autant de dimensions communes au monde de l’entreprise et à celui de la plongée.

    À travers cette initiative, Abysse Plongée confirme sa volonté de promouvoir une vision moderne et réflexive de la plongée sous-marine, où la technique s’accompagne d’une réflexion humaine, pédagogique et psychologique.

    La forte participation internationale et la richesse des échanges témoignent également d’un intérêt croissant pour les approches interdisciplinaires de la plongée, au croisement de la sécurité, des sciences de l’éducation et du management humain.

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    Réunion à Tunis | L’Italie renforce son emprise sur le dossier libyen

    12. Mai 2026 um 10:56

    La Tunisie accueille aujourd’hui, mardi 12 mai 2026, une nouvelle session de négociations dans le cadre du «Groupe 4+4», qui réunit des représentants de l’est et de l’ouest de la Libye afin de discuter de questions restées en suspens pendant des années.

    Majdi Karbai *

    Il s’agit notamment de la restructuration de la Haute Commission électorale nationale et de la révision du cadre juridique régissant les prochaines élections. L’objectif affiché est de relancer un processus attendu de longue date, maintes fois bloqué par des vetos réciproques et de profondes divisions institutionnelles.

    La réunion d’aujourd’hui intervient deux semaines après le sommet du 29 avril à Rome, sous l’égide de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul). Cette réunion a marqué un tournant décisif, l’Onu ayant indiqué que les parties étaient parvenues à un accord préliminaire sur un mécanisme permettant de surmonter l’impasse concernant la direction de la commission électorale, l’un des principaux obstacles qui avaient bloqué l’ensemble des négociations. Le transfert sans interruption des pourparlers en Tunisie laisse entrevoir que la perspective d’un accord est désormais plus réaliste qu’auparavant.

    Ce que révèle clairement cette présence diplomatique, c’est le rôle croissant de l’Italie dans le dossier libyen. Rome ne s’est pas contentée d’offrir un lieu de rencontre, mais s’est activement impliquée dans leur facilitation, en coordination avec les Nations Unies, afin de préserver un dialogue au bord de l’effondrement.

    L’Italie cherche à établir un axe régional de dialogue. Ses relations avec la Libye s’étendent sur plusieurs décennies et englobent des intérêts politiques, énergétiques, sécuritaires et migratoires étroitement liés. Le géant italien de l’énergie Eni est sans doute l’un des acteurs les plus déterminants de la politique étrangère italienne en Méditerranée, tandis que les côtes libyennes demeurent l’une des principales voies de passage vers l’Europe. Par conséquent, la stabilité, ou l’instabilité, de Tripoli et de Benghazi influe directement sur l’équilibre des pouvoirs au sud de l’Union européenne.

    Un axe de dialogue régional sous la férule de l’Italie

    La diplomatie italienne, sous la direction de Giorgia Meloni, connaît un net renouveau, Rome cherchant à jouer le rôle de «pont entre les deux rives de la Méditerranée».

    Le choix de la Tunisie pour accueillir cette série de pourparlers n’est pas anodin : la Tunisie s’est rapprochée des politiques italiennes et le dossier tunisien semble avoir progressivement basculé de la sphère d’influence française traditionnelle à la sphère italienne, notamment après le déclin de la présence française en Afrique du Nord et dans les pays historiquement considérés comme relevant de sa sphère d’influence.

    En ce sens, la série de rencontres entre Rome et Tunis dépasse le simple cadre logistique ; elle esquisse les contours d’un axe de dialogue régional que l’Italie cherche à consolider, se positionnant comme un médiateur incontournable entre l’Europe, l’Afrique du Nord et la communauté internationale impliquée dans la crise libyenne.

    Malgré cela, le processus de négociation demeure fragile, et les préoccupations et les divisions entre l’Est et l’Ouest persistent et ne peuvent être surmontées du jour au lendemain. Cependant, la poursuite de ce processus de négociation de manière soutenue, avec un programme clair, un calendrier précis et une approche diplomatique progressive, constitue en soi un événement politique qui mérite attention et suivi.

    Traduit de l’arabe.

    * Ancien député tunisien résidant en Italie.

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    Base militaire israélienne secrète en Irak !

    12. Mai 2026 um 09:00

    Rocambolesque ! Israël a établi une base aérienne au cœur du désert irakien sans que les autorités irakiennes ne s’en rendent compte ! Quand ils ont été alertés au mois de mars que des mouvements militaires suspects avaient lieu dans la zone en question, ils ont envoyé des militaires pour savoir ce qui s’y passait. Ces derniers ont été la cible de frappes pour les éloigner. Cette base avait pour objectif le support logistique d’Israël dont la guerre contre l’Iran. Le banditisme israélien au Moyen-Orient n’a plus aucune limite !  (Photo: La région désertique de l’ouest de l’Irak est vaste et peu peuplée.)

    Imed Bahri

    Le Wall Street Journal a révélé, en se basant sur des sources bien informées dont des responsables américains, qu’Israël avait établi une base militaire secrète dans le désert irakien pour appuyer sa campagne aérienne contre l’Iran et que l’Etat hébreu avait mené des frappes aériennes contre les forces irakiennes qui avaient failli découvrir le site au début du conflit.

    Selon ces sources, Israël a établi cette base –qui abritait des forces spéciales et servait de plateforme logistique pour l’armée de l’air israélienne– juste avant le déclenchement de la guerre, avec l’aval des États-Unis.

    Des équipes de secours et d’évacuation étaient également stationnées sur place, par crainte que des pilotes israéliens ne soient abattus en territoire iranien. Cependant, aucun pilote israélien n’a péri durant le conflit.

    Une base pas aussi secrète que ça

    Les sources indiquent que lorsqu’un F-15 américain a été abattu près d’Ispahan, Israël a proposé son aide, mais que les forces américaines ont pris le relais pour l’opération de sauvetage, tandis qu’Israël menait des frappes aériennes pour la protéger.

    La base secrète a failli être découverte début mars après que les médias irakiens ont rapporté qu’un berger local avait observé des «mouvements militaires inhabituels» dans la région, notamment des vols d’hélicoptères, ce qui a incité l’armée irakienne à envoyer des forces sur place pour enquêter.

    Cependant, selon une source interne, Israël a repoussé les forces irakiennes par des frappes aériennes. L’armée israélienne a refusé de commenter, tandis que le gouvernement irakien a condamné l’attaque qui a coûté la vie à un soldat irakien.

    «Cette opération inconsidérée a été menée sans coordination ni autorisation», a déclaré le lieutenant-général Qais Al-Muhammadawi, commandant adjoint du Commandement des opérations conjointes irakiennes, aux médias d’État irakiens au sujet de l’attaque du début mars.

    Dans une plainte déposée ultérieurement auprès des Nations Unies en mars, Bagdad a affirmé que l’attaque impliquait des forces étrangères et des frappes aériennes, l’attribuant aux États-Unis.

    Mais une source interne a confirmé que les États-Unis n’étaient pas impliqués dans l’attaque. L’incident a été largement couvert par les médias irakiens et arabes et a suscité de nombreuses spéculations quant à l’identité des forces impliquées dans l’affrontement.

    Selon les sources irakiennes, les forces irakiennes, à bord de Humvees, se sont dirigées vers le site à l’aube après que le berger a signalé l’incident. Elles ont cependant essuyé des tirs nourris, entraînant la mort d’un soldat et blessant deux autres, d’après Al-Muhammadawi.

    Les autorités irakiennes ont ensuite dépêché deux unités supplémentaires du Service de lutte contre le terrorisme, qui a joué un rôle crucial dans la guerre contre Daech, afin de participer au déminage de la zone.

    Al-Muhammadawi a déclaré : «Il semble qu’une force était présente sur le terrain avant la frappe, bénéficiant d’un appui aérien et opérant avec des capacités supérieures à celles de nos unités».

    Un porte-parole du gouvernement irakien a refusé de commenter davantage l’incident ou de préciser si Bagdad était au courant de l’existence d’une base israélienne sur son territoire.

    Le WSJ souligne que les États-Unis ont déjà mené plusieurs frappes en Irak pour protéger leurs bases et leurs intérêts.

    Les détails concernant cette base secrète –et les risques pris par Israël pour l’établir et la défendre– permettent de mieux comprendre comment Israël a mené une campagne aérienne contre un adversaire situé à près de mille kilomètres.

    La base irakienne a permis à Israël de se rapprocher du champ de bataille, où il a déployé des équipes de recherche et de sauvetage afin de réduire les délais d’intervention en cas d’opérations de sauvetage d’urgence en Iran.

    «Missions exceptionnelles, véritablement stupéfiantes !»

    Selon une source, des unités des forces spéciales de l’armée de l’air israélienne, entraînées aux opérations commando en territoire ennemi, étaient également stationnées sur le site.

    Au cours des cinq semaines de la campagne, l’armée de l’air israélienne a mené des milliers de frappes contre des cibles en Iran.

    Des experts en sécurité affirment que les forces américaines établissent souvent des bases opérationnelles temporaires avant les opérations militaires.

    Le WSJ note qu’une base de campagne temporaire a également été mise en place en Iran même lors de l’opération de sauvetage des pilotes américains dont l’avion s’est écrasé début avril, avant que les États-Unis ne détruisent les avions et les hélicoptères qui s’y étaient retrouvés bloqués pendant l’opération.

    Michael Knights, directeur de la recherche au sein du cabinet de conseil Horizon Engagement, a déclaré : «Il est courant, avant les opérations militaires, d’effectuer des reconnaissances et d’établir des bases de ce type».

    Il a ajouté que le désert de l’ouest irakien est une vaste région peu peuplée, ce qui en fait un lieu idéal pour l’établissement de bases temporaires.

    Il a noté que les forces spéciales américaines avaient utilisé cette zone lors d’opérations contre Saddam Hussein en 1991 et 2003.

    Il a indiqué que les habitants du désert irakien se sont habitués, au fil des ans, à être témoins d’activités mystérieuses, qu’il s’agisse de groupes armés comme Daech ou d’unités d’opérations spéciales, et ont appris à éviter ces zones.

    Il a ajouté que des habitants lui avaient confié avoir observé une activité inhabituelle d’hélicoptères pendant le conflit actuel.

    Des responsables israéliens avaient laissé entendre l’existence d’opérations secrètes durant la guerre. Début mars, le commandant de l’armée de l’air israélienne, Tomer Bar, a adressé un message à ses troupes : «Actuellement, les forces spéciales de l’armée de l’air mènent des missions exceptionnelles, véritablement stupéfiantes !». Il n’avait pas donné plus de détails. 

    Tomer Bar a quitté ses fonctions début mai.

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    Exposition à Radès |  Mémoire d’avenir  

    12. Mai 2026 um 08:15

    Au Musée Safia Farhat, Centre des Arts Vivants de Radès, plus de vingt artistes plasticiens tunisiens * déploient jusqu’au 30 mai leurs œuvres sous un intitulé qui résonne bien au-delà du champ artistique : ‘‘Palimpseste et anticipation’’.

    Manel Albouchi

    Il y a quelque chose de profondément juste dans ce choix de thème. Comme si, pour penser demain, il fallait d’abord accepter qu’aucun avenir ne s’écrit sur une page blanche.

    Le palimpseste, à l’origine, désigne un manuscrit ancien dont on efface l’écriture pour en inscrire une nouvelle, sans jamais faire totalement disparaître la première. Cette image n’est pas seulement littéraire ou esthétique ; elle touche à quelque chose de fondamental dans notre manière d’exister.

    Dans sa ‘‘Notice sur le bloc magique’’, Sigmund Freud compare l’appareil psychique à une «ardoise magique» : lorsque vous tracez des mots avec le stylet, l’écriture apparaît par le contact des couches superficielles. Pour «effacer» vos pensées, il suffit de soulever la feuille celluloïd : le texte disparaît instantanément de la vue, retrouvant la clarté d’une conscience prête à de nouvelles perceptions.

    Dans les profondeurs de la mémoire

    Pourtant, l’expérience ne s’arrête pas à cette illusion d’oubli. Si vous examinez la plaque de cire restée en dessous, vous y découvrirez les sillons gravés, immuables et profonds, de tout ce qui a été écrit. Rien ne s’efface réellement ; ce qui semble perdu pour la conscience subsiste dans les profondeurs de la mémoire.  Rien ne disparaît tout à fait. Tout se transforme.

    Ce que nous croyons avoir dépassé demeure souvent là : sous forme de traces, de répétitions, de fidélités invisibles, de blessures familiales…, de désirs anciens qui continuent d’écrire silencieusement dans nos gestes.

    Le palimpseste devient alors bien plus qu’une métaphore artistique. Il devient une figure de notre condition humaine.

    Nous avançons tous sur des écritures anciennes. Nous croyons parfois réinventer notre vie, alors même que d’anciennes phrases affleurent encore sous les nouvelles. L’exposition semble nous le rappeler avec force.

    Dans certaines œuvres, la saturation du trait évoque une pensée qui refuse de se taire. Dans d’autres, l’écriture devient presque compulsive, comme si chaque ligne cherchait à recouvrir la précédente sans jamais y parvenir complètement. Ce qui apparaît parfois comme un chaos révèle, à y regarder de plus près, une organisation plus profonde : celle de la mémoire, celle de l’inconscient.

    Une œuvre retient l’attention dans sa simplicité et profondeur : des fragments colorés flottent au-dessus de lettres manuscrites anciennes. Le texte en arrière-plan n’est plus entièrement lisible, mais il continue d’agir. Comme ces paroles entendues dans l’enfance dont on a oublié les mots exacts, mais qui organisent encore notre manière d’aimer, de choisir, de craindre. Comme nos propres traces.

    Le passé ne passe jamais complètement

    Face à ces œuvres, des questions surgit presque malgré soi :

    De quelles couches suis-je fait ? Sous mon présent, qu’est-ce qui continue d’affleurer ? Quels récits anciens parlent encore à travers moi ? Que crois-je avoir dépassé, alors même que cela me gouverne encore ?

    En effet, le passé ne passe jamais complètement. Il se déplace. Il change de forme. Il devient symptôme. Il devient angoisse. Il devient choix amoureux. Il devient parfois vocation.

    Mais l’exposition ajoute un second mot, peut-être plus décisif encore : anticipation.

    Il ne s’agit pas seulement de constater les traces. Il s’agit de choisir ce que nous écrivons par-dessus.

    Anticiper, ce n’est pas fuir le passé, ni prétendre l’effacer. C’est entrer en dialogue avec lui sans lui abandonner l’avenir.

    Nous vivons aujourd’hui précisément dans cet espace fragile : entre mémoire et projection, entre héritage et invention, entre fidélité et liberté.

    Un pays, lui aussi, est un palimpseste. Ses murs, ses langues, ses blessures politiques, ses rêves de modernité, ses nostalgies : tout y coexiste, tout s’y superpose, tout continue de s’écrire en même temps.

    Et c’est peut-être là que l’art devient indispensable. Il permet parfois de lire ce que la société ne parvient plus à dire. Et peut-être est-ce cela, aujourd’hui, créer en Tunisie : porter toutes les strates, l’histoire, les fractures, les silences, les promesses suspendues… Et malgré cela, oser encore produire une image neuve.

    En quittant cette exposition, une question demeure : Que faisons-nous de ce qui reste inscrit en nous ? Le recouvrons-nous de bruit ? Le répétons-nous sans le savoir ? Ou acceptons-nous enfin de lire les anciennes lignes avant d’écrire les nouvelles ?

    ‘‘Palimpseste et anticipation’’ une invitation de Aicha Filali à reconnaître ses traces, à lire ses propres couches puis écrire autrement.

    Car l’anticipation la plus profonde n’est peut-être pas de prédire demain. C’est de choisir, lucidement, la phrase que nous ajoutons aujourd’hui sur l’ancienne page de nous-mêmes.

    * Il s’agit de Abdesslem Ayed, Baker Ben Fredj, Sonia Ben Slimane, Oumeima Ben Soltane, Alaeddine Boutaleb, Amel Bouslama, Amar Briki, Najet Dhahbi, Dhia Dhibi, Hela Djobbi, Slim Drissi, Aicha Filali, Emna Ghezaiel, Adnen Haj Sassi, Amine Inoubli, Imed Jemaiel, Halim Karabibene, Raouf Karray, Sadri Khiari, Ibrahim Mátouss, Atef Mataallah, Insaf Saada, Nabil Saouabi et Walid Zouari.

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    L’exode des médecins face à un système de santé tunisien défaillant

    12. Mai 2026 um 07:25

    Un nombre record de jeunes médecins quittent la Tunisie, attirés par de meilleures conditions de travail et des perspectives d’avenir plus prometteuses, ce qui met à rude épreuve le système de santé du pays. (Photo : Diplômés de la faculté de Médecine de Sfax en 2025).

    Iyed Hamadi *

    En mai 2025, une nouvelle vague de grèves et de manifestations menées par les jeunes médecins tunisiens a révélé l’ampleur de la crise qui frappe le système de santé tunisien. Confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail, à des affectations arbitraires et à des critères d’évaluation flous, les médecins se sont mobilisés face à l’inaction persistante du ministère de la Santé, dont les réponses officielles, à l’instar de celles du gouvernement dans son ensemble, ont exacerbé les tensions.

    Les hôpitaux tunisiens perdent du personnel, la plupart des jeunes médecins quittant le pays en nombre record : près de 84 % des diplômés en médecine ont fait le choix de partir pour la seule année 2025. Cet exode prive le pays de ses professionnels les plus précieux, alors même que l’État investit massivement dans la formation des médecins. On estime qu’un seul médecin coûte à l’État environ 150 000 dinars tunisiens (environ 50 000 dollars) entre sa première année d’études et l’obtention de son diplôme dans le système d’enseignement public.

    Alors que les établissements de santé publique peinent à fournir des soins de qualité, l’État ne s’attaque pas aux causes profondes de cette fuite des cerveaux, aggravant ainsi la crise. Sans solutions concrètes, le personnel médical tunisien, pourtant essentiel, continuera de se réduire comme peau de chagrin.

    Évolution des revendications des médecins

    Les médecins tunisiens ont formulé de nombreuses revendications à l’encontre du gouvernement. Le point de bascule pour les médecins du pays a été le décès, en décembre 2020, d’un interne en chirurgie de 27 ans, qui a fait une chute de plusieurs étages après avoir utilisé un ascenseur défectueux. Cet incident a suscité une vive indignation face à la vétusté des infrastructures hospitalières, mettant en danger la vie du personnel médical. Un accord a été trouvé avec le gouvernement dans le mois qui a suivi afin d’améliorer la sécurité et les conditions de travail.

    Début 2021, les jeunes médecins ont entamé des grèves sporadiques suite à l’échec des réformes. Ce mouvement s’est poursuivi les années suivantes, alimentant la frustration et préparant le terrain pour la mobilisation massive de 2025.

    En 2025, les médecins ont commencé à se sentir «exploités», explique le Dr Asma, une jeune interne en dentisterie interrogée par le Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep). «Les internes et les résidents sont surmenés et exploités, sans aucun répit… le système les écrase», dit-elle.

    Les médecins sont confrontés à de multiples défis : pénurie de personnel et de matériel, installations vétustes et surcharge de travail. «J’ai même dû réaliser des extractions dentaires à la lampe torche de mon téléphone à plusieurs reprises», ajoute le Dr Asma.

    Outre les conditions de travail, le principal défi pour les jeunes médecins demeure la faiblesse des salaires et les retards de paiement. Les internes perçoivent environ 1 400 dinars tunisiens (environ 480 dollars) par mois et encore moins pendant leur année de service civil après l’obtention de leur diplôme – une période de service militaire obligatoire pour les médecins – où ils reçoivent entre 750 et 1 200 dinars (environ 250 à 400 dollars). Par ailleurs, les gardes de nuit sont rémunérées en moyenne de 1 à 3 dinars de l’heure, avec des retards de paiement pouvant atteindre un mois.

    Le Dr Sonia, médecin dans un hôpital public rural, souligne l’importance d’une augmentation drastique des salaires des médecins afin de leur permettre de vivre dignement.

    Alors que la Tunisie continue de faire face à des difficultés économiques, la situation des médecins s’est également dégradée. Ils doivent composer avec une inflation galopante, des pénuries persistantes et des salaires stagnants, à l’instar du reste de la population.

    Après des années de promesses non tenues, la réforme structurelle du secteur de la santé est fortement compromise par la politisation du dossier. Les restrictions budgétaires imposées depuis la pandémie et un modèle de gouvernance centralisé ont empêché les hôpitaux de réaliser des améliorations significatives et durables.

    La planification et l’allocation des ressources étant concentrées au niveau national et l’autonomie institutionnelle limitée, les hôpitaux régionaux voient leur pouvoir de décision restreint, ce qui engendre une stagnation des structures et des inégalités persistantes.

    Promesse d’un nouvel accord

    Au printemps 2025, les tensions entre les jeunes médecins et le ministère de la Santé s’intensifient suite au non-respect des engagements pris lors des négociations, entraînant des grèves et des manifestations d’envergure. L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) reprend alors les négociations avec le ministère, sans succès. La frustration grandit, poussant l’OTJM à appeler à une grève nationale et à une marche en mai. De nombreux médecins y participent, notamment des étudiants en médecine, des internes et des résidents. Un étudiant en quatrième année témoigne : «C’était tellement inspirant de voir tout le monde se rassembler malgré leurs horaires de travail épuisants et leurs examens imminents.»

    Le ministère de la Santé réagit en menaçant de représailles : réaffectation aléatoire des postes de stage, retenues sur salaire pour les grévistes et annulation des stages.

    En 2025, les responsables du ministère aggravent la situation en menaçant de poursuites judiciaires les représentants de l’OTJM pour organisation des manifestations. Suite à des débrayages successifs de jeunes médecins, le ministère a publié un communiqué exprimant son intention de satisfaire la plupart des revendications des manifestants, en détaillant les mesures proposées telles que des augmentations de salaire et l’amélioration des conditions de travail.

    Cependant, en novembre, les tensions se sont ravivées face aux retards du ministère dans la mise en œuvre des réformes promises, entraînant une nouvelle grève nationale. Après une réunion tenue plus tard dans le mois, l’OTJM a suspendu les manifestations suite à une rencontre de conciliation avec le ministère de la Santé et à l’obtention d’assurances concrètes quant à la mise en œuvre des résolutions.

    L’exode des médecins

    De jeunes médecins ont expliqué à Timep que leur décision de quitter la Tunisie était rationnelle, motivée par la crainte d’une stagnation de carrière et de perspectives économiques limitées. Le Dr Amine, interne en psychiatrie en France, a déclaré : «Dès mon premier jour à l’université, je savais, sans l’ombre d’un doute, que je partirais avant la fin de ma cinquième année d’études.»

    Si les facteurs économiques sont au cœur de cet exode, l’évolution professionnelle est tout aussi importante. Le Dr Nada, chirurgienne orthopédiste exerçant actuellement en France, est partie à la recherche de «plus de ressources, d’une formation continue et de réelles perspectives d’évolution». Elle a souligné la difficulté d’acquérir une expérience chirurgicale suffisante pendant son internat et a fait valoir que, pour retenir les médecins, il est nécessaire d’améliorer «les infrastructures et les équipements, de proposer une rémunération plus juste, à la hauteur des responsabilités de la profession, et de mettre en place une culture qui respecte les médecins et protège leur santé mentale».

    D’autres spécialisations, comme la radiologie, font également face à des perspectives limitées dans le pays et restent sous-développées, comme l’a souligné le Dr Khaled, interne en radiologie de première année.

    Parallèlement, les étudiants qui n’ont pas encore débuté leur internat constatent des problèmes structurels dès leurs stages. Amine, étudiant en cinquième année, a cité la corruption, les pénuries de matériel et le manque de lits, tandis que Rihem, également en cinquième année, s’est inquiété des «injustices subies par les médecins de la part des patients, de leurs familles et du système lui-même».

    «Vu la manière dont le gouvernement agit, entre menaces et discours sur notre remplacement par des médecins étrangers, rien ne semble pouvoir enrayer cet exode», a déclaré le Dr Amine.

    L’incapacité et le refus de l’État de réformer le système ont fait de la migration un moyen de survie pour les jeunes professionnels. Bien que la Tunisie investisse considérablement dans la formation de ses médecins, leur départ allège la pression salariale sur un système en crise, constituant ainsi un mécanisme discret de réduction des coûts.

    Un système de santé au bord de la rupture

    L’émigration des médecins et autres professionnels de santé a gravement affecté la capacité du système de santé à fournir des soins de qualité. Alors que la Tunisie perd une part croissante de ses médecins, le système de santé public est le plus durement touché. Nombre de médecins restants se tournent vers le secteur privé, aggravant la pénurie de personnel dans les hôpitaux publics.

    Parallèlement, les difficultés économiques que traverse le pays réduisent considérablement l’accès aux services médicaux privés, faisant du système de santé public la seule option pour beaucoup.

    Le Dr Sonia a décrit une forte dégradation des conditions dans les hôpitaux publics, soulignant que «des articles de base autrefois considérés comme allant de soi, tels que les gants, les sondes et le désinfectant, sont manquants ou de mauvaise qualité».

    Le fort taux de rotation du personnel infirmier et technique – dont beaucoup partent après deux ou trois ans – signifie que les hôpitaux sont «constamment dotés de personnel inexpérimenté». Ce problème ne se limite pas aux médecins, mais concerne tous les professionnels de santé en quête de meilleures perspectives. Ce taux de rotation élevé affecte par conséquent la qualité des soins prodigués, puisque le personnel est constamment formé pour ensuite partir dès qu’il a acquis les compétences nécessaires pour être employable à l’étranger.

    Le Dr Sonia a relaté un exemple poignant survenu dans son hôpital : une patiente atteinte d’un cancer de l’endomètre avait besoin d’une IRM, mais a dû attendre six mois pour en obtenir une, faute de quoi elle devait se tourner vers une option hors de prix dans le secteur privé. Son cas aurait pu être facilement guéri par une simple intervention chirurgicale. Au lieu de cela, la maladie est devenue inopérable en raison de métastases importantes. Selon le Dr Sonia, «cette situation aurait pu être facilement évitée si l’IRM avait été réalisée à temps».

    Le Dr Mouna, interne en pédiatrie, évoque les conditions de travail dangereuses, expliquant que des agressions de la part de proches de patients sont possibles et qu’«on peut être exposé à la violence sans aucune protection». Elle constate que les réformes promises tardent toujours à se mettre en œuvre, surtout après l’accord de juin 2025. «On nous avait dit que les changements commenceraient fin octobre, mais pour l’instant, rien n’a changé», déplore-t-elle.

    Des réformes indispensables pour fidéliser les médecins

    Pour faire face à cette crise, une approche globale est nécessaire. Il faut commencer par améliorer la sécurité et les infrastructures des hôpitaux publics afin de garantir un environnement de travail sain.

    Parallèlement, il est nécessaire de rétablir la confiance dans le système grâce à des formations transparentes et des critères d’évaluation objectifs.

    Il convient également d’améliorer la rémunération des médecins afin de valoriser davantage leur travail.

    L’année de service civique obligatoire doit être repensée pour devenir une véritable opportunité professionnelle et non une contrainte.

    La mise en œuvre de ces réformes pourrait inciter les médecins tunisiens expatriés à revenir, notamment si le gouvernement met en place un dispositif de réintégration efficace.
    En définitive, le système de santé doit placer les patients et les médecins au cœur de ses préoccupations. Des histoires comme celle de Sonia devraient orienter les décisions politiques concernant les chaînes d’approvisionnement, le personnel, la rémunération, la gouvernance, la sécurité et bien d’autres aspects.

    Les jeunes médecins constituent l’épine dorsale du système de santé tunisien et ont fait part à maintes reprises de leurs besoins et de leurs préoccupations aux autorités. La solution est simple : il faut les écouter.

    Traduit de l’anglais.

    * Chercheur associé au Timep, où il travaille sur les migrations et les déplacements de population en Tunisie.

    Source : The Tahrir Institute for Middle East Policy.

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