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Entre impératif écologique et enjeu économique : Le pari de l’économie circulaire

06. Juni 2026 um 20:45

Face à la raréfaction des ressources, à la hausse des coûts de l’énergie et aux nouvelles exigences des marchés internationaux, l’économie circulaire s’impose progressivement comme un levier stratégique de compétitivité. Entre cadre réglementaire, solutions innovantes et mécanismes de financement, les entreprises tunisiennes sont appelées à accélérer leur transition pour transformer les contraintes environnementales en opportunités […]

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Rompre le linéaire : Repenser l’industrie au-delà du recyclage

06. Juni 2026 um 20:15

Face à l’épuisement progressif des ressources et au renforcement des exigences de compétitivité, l’économie circulaire ne peut plus se limiter au seul recyclage. Pour les industriels, l’enjeu consiste désormais à repenser l’ensemble du cycle de vie des produits afin de rompre avec le modèle industriel linéaire et d’inscrire la création de valeur dans une logique […]

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« Industry Innovation Day 2026 » : Experts et industriels débattent de l’avenir de l’automobile

06. Juni 2026 um 19:15

La quatrième édition de l’Industry Innovation Day, organisée récemment à Tunis par la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce, en partenariat avec la Tunisian Automotive Association et la GIZ Tunisie, a mis en lumière les perspectives et défis de l’industrie automobile tunisienne. Avec plus de 280 entreprises et 120.000 emplois, ce secteur stratégique, tourné […]

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Hatem Amira nommé DG de MAE Assurances   

06. Juni 2026 um 12:49

Le conseil d’administration de la Mutuelle Assurance de l’Enseignement (MAE Assurances) a annoncé la nomination de Hatem Amira au poste de directeur général de la société, à compter du 1er  juin 2026, succédant à Lassâad Zarrouk, qui dirigeait l’entreprise depuis 2017.

M. Amira a occupé plusieurs postes de direction et de haute responsabilité dans le secteur des assurances, notamment celui de directeur général du Bureau unifié automobile tunisien (Buat), avant de prendre la direction générale de la Fédération tunisienne des compagnies d’assurance (Ftusa) en 2020. À ce titre, il a activement contribué au développement du secteur des assurances en Tunisie, en renforçant sa représentation et en défendant ses intérêts.

Fort d’une carrière remarquable de plus de trente ans dans l’assurance et la gouvernance du secteur, M. Amira aura pour mission de poursuivre le développement de MAE Assurances, de renforcer sa position sur le marché et de soutenir ses ambitions de croissance et d’innovation afin de servir au mieux les intérêts de ses membres et de répondre à leurs attentes.

Par cette nomination, MAE Assurances réaffirme son engagement en faveur du développement et de la modernisation continus, tout en consolidant son rôle d’acteur majeur du secteur de l’assurance coopérative en Tunisie.

Fondée en 1962, MAE Assurances compte plus de 300 000 adhérents et emploie plus de500 individus.

L. B.

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SOTUVER double presque ses bénéfices en 2025

06. Juni 2026 um 13:12

La Société tunisienne de verrerie (SOTUVER) affiche une progression spectaculaire de ses performances financières en 2025, avec un bénéfice net en hausse de 78 % et des revenus en progression de 14 %.

Le conseil d’administration de SOTUVER, réuni le 22 mai 2026, a arrêté les états financiers individuels de l’exercice 2025. Le résultat net ressort à 24,74 millions de dinars, contre 13,90 millions de dinars en 2024, soit une progression de 78%. Cette hausse est principalement attribuée aux dividendes versés par la filiale SOTUVER GLASS INDUSTRIES.

Les revenus de la société ont, quant à eux, atteint 115,14 millions de dinars en 2025, en hausse de 14 % par rapport aux 100,84 millions de dinars enregistrés à fin 2024.

Sur la base de ces résultats, le conseil d’administration a décidé de convoquer l’Assemblée générale ordinaire pour le mardi 16 juin 2026 et de proposer aux actionnaires la distribution d’un dividende de 250 millimes par action.

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Baisse de de 0,2 % de l’indice mondial des prix alimentaires en mai

06. Juni 2026 um 12:30

Les prix alimentaires mondiaux ont baissé de 0,2 % en mai par rapport à avril, la hausse des prix des céréales et du sucre ayant été compensée par la baisse des prix des huiles végétales et des produits laitiers, selon le dernier rapport de la FAO.

L’indice FAO des prix alimentaires s’est établi en moyenne à 130,8 points en mai, légèrement inférieur au niveau révisé d’avril, qui était de 131 points. La baisse du prix de l’huile de palme (pour la première fois depuis 5 mois) et de l’huile de soja a compensé les perturbations des flux d’intrants agricoles essentiels dues à la guerre au Moyen-Orient.

Dans un rapport distinct, la FAO prévoit une production céréalière mondiale de 2,982 milliards de tonnes métriques pour 2026-2027, ce qui correspond à une baisse de 2 % par rapport à l’année précédente. La guerre en Iran a restreint l’acheminement de carburant et d’engrais via le détroit d’Ormuz, entraînant une flambée des prix des principaux intrants agricoles. Cette situation a renchéri le coût de production du maïs, du riz et d’autres denrées alimentaires.

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Pollution | 9,5 kg de plastique par kilomètre de côte tunisienne  

06. Juni 2026 um 11:54

Awatef Larbi, chargée de la Direction générale de l’environnement et de la qualité de la vie au ministère de l’Environnement, a confirmé qu’environ 80 % des déchets qui atteignent la mer proviennent de la terre ferme, ajoutant que des études menées le long du littoral tunisien ont montré que les déchets plastiques, notamment les produits à usage unique, constituent la principale composante de la pollution observée sur les plages.

Dans une déclaration à l’agence Tap, Mme Larbi a indiqué que les opérations de surveillance et de suivi réalisées en coopération avec le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont révélé que 77 % de la pollution enregistrée sur les plages étudiées est de type plastique. Elle a ajouté que les études ont relevé la présence d’environ 9,5 kilogrammes de plastique par kilomètre de côte tunisienne.

Le ministère de l’Environnement a confirmé avoir identifié plusieurs zones prioritaires confrontées à d’importants niveaux de déchets plastiques et met actuellement en œuvre des initiatives pour réduire ce phénomène dans plusieurs destinations côtières et insulaires, telles que Djerba, Kerkennah et Monastir.

Ces initiatives s’inscrivent dans des projets visant à rendre ces zones moins dépendantes du plastique et plus respectueuses de l’environnement.

Dans ce contexte, le ministère a révélé qu’une étude menée dans la ville de Monastir a montré qu’environ 317 kilogrammes de déchets plastiques ont été générés à la suite de certains événements sportifs. Ce chiffre, a précisé le ministère, illustre l’ampleur du défi lié aux habitudes de consommation et de gestion des déchets.

Mme Larbi a également indiqué que son ministère avait élaboré un certain nombre de stratégies et de programmes connexes, notamment la Stratégie nationale pour la transition écologique, qui met l’accent sur la consommation et la production durables et la lutte contre diverses formes de pollution, ainsi que la Stratégie nationale pour un littoral sans plastique visant à réduire le flux de déchets plastiques dans la mer et à minimiser son impact environnemental.

Il reste, cependant, l’essentiel, à savoir la traduction des plans élaborés en actions concrètes, et c’est là où la bureaucratie tunisienne montre son inefficacité chronique, car les problèmes qui perdurent, qu’ils soient environnementaux ou autres, sont généralement constatés depuis longtemps et leurs solutions identifiées. Mais celles attendent d’être traduits dans la réalité. Et c’est là où le bât blesse.  

I. B.    

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Reprise des protestations contre la pollution industrielle à Gabès

06. Juni 2026 um 11:17

En l’absence d’un début de solution effective aux souffrances des populations riveraines, les manifestations contre la pollution industrielle ont repris à Gabès, dans le sud-est de la Tunisie, à l’initiative du collectif citoyen Stop Pollution, qui appelle à des manifestations à Tunis contre les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), l’entreprise publique auteure de cette pollution.  

Cette nouvelle mobilisation contre la pollution industrielle à Gabès est organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin de chaque année. Elle a pour slogan «Le peuple veut le démantèlement des usines», dénonce la crise écologique imputée aux activités du GCT et réitère la demande de fermeture ou de reconversion des usines polluantes.

Après le rassemblement de vendredi à Chatt Sidi Abdessalem, à Gabès, et devant le siège du GCT à Tunis, une marche est prévue ce samedi : elle prendra le départ à 17h00 devant tribunal de première instance pour arriver devant le siège du gouvernorat de Gabès.

Selon Stop Pollution, la mobilisation vise également à contester la décision rendue en février dernier par ce tribunal, qui a rejeté une demande de suspension immédiate des activités des unités GCT faute de preuves de dommages. En réalité, la raison de ce refus est moins juridique qu’économique : la production d’engrais chimiques demeure essentielle à l’économie du pays qui en tire d’importantes recettes d’exportation.

Le recours contre le GCT a été déposé par le barreau régional de Gabès, dans le cadre d’une mobilisation citoyenne plus large contre la pollution industrielle qui cause des problèmes sanitaires aux riverains.

Le collectif Stop Pollution, actif depuis 2012, affirme que la crise environnementale perdure depuis plus de 53 ans et compromet le développement de la région, la santé publique, les ressources en eau, l’oasis marine de la région, unique en son genre au monde, et l’écosystème du golfe où les pêcheurs ont de plus en plus mal à trouver du poisson.

D’après les militants, l’activité chimique a détruit une part importante de la biodiversité marine et aggravé la propagation des maladies au sein de la population locale.

En Tunisie, le cas de Gabès reste l’un des problèmes environnementaux les plus sensibles, en raison de l’impact économique de l’industrie chimique et des plaintes récurrentes d’associations, de citoyens et de groupes de la société civile concernant les effets de la pollution sur la mer, l’air, l’agriculture et la santé.

Les autorités, pour leur part, multiplient les effets d’annonce, en parlant de solution en cours de mise en œuvre, mais la population tarde à voir venir ou constater la moindre amélioration de la situation.

L. B.

 

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Contraction du PIB dans les pays de la zone euro

06. Juni 2026 um 10:59

L’économie de la zone euro s’est contractée (sur une base trimestrielle) en début d’année, la baisse du PIB irlandais ayant conduit à une révision des données d’Eurostat qui indiquaient initialement une faible croissance.

Le PIB de la zone euro a reculé de 0,2 % au premier trimestre, selon un rapport d’Eurostat publié vendredi 5 juin, contre une prévision précédente de croissance de 0,1 %. Ce repli s’explique principalement par la forte baisse du PIB irlandais, qui a chuté de 12,1 % au lieu des 2 % initialement prévus.

D’après les données d’Eurostat, au premier trimestre 2026, le PIB corrigé des variations saisonnières a reculé de 0,2 % dans la zone euro et de 0,1 % dans l’UE par rapport au trimestre précédent. Au quatrième trimestre 2025, le PIB avait progressé de 0,2 % dans les deux zones.

Le Danemark (+1,9 %) a enregistré la plus forte hausse par rapport au trimestre précédent, suivi de l’Estonie et de Malte (tous deux à +1,1 %). Des baisses ont été constatées en Irlande (-12,1 %), en Lituanie (-0,3 %), en Suède (-0,2 %) et en France (-0,1 %).

Emploi

Sur la base de données corrigées des variations saisonnières, Eurostat estime qu’au premier trimestre 2026, 221,2 millions de personnes étaient employées dans l’UE, dont 176,3 millions dans la zone euro.

Par rapport au même trimestre de l’année précédente, l’emploi a augmenté de 0,5 % dans la zone euro et dans l’UE au premier trimestre 2026, après une hausse de 0,7 % dans la zone euro et de 0,6 % dans l’UE au quatrième trimestre 2025.

Au premier trimestre 2026, la Lituanie (+1,8 %), Malte (+1,0 %) et l’Estonie (+0,9 %) ont enregistré les plus fortes hausses de l’emploi par rapport au trimestre précédent. Les plus fortes baisses ont été observées en Roumanie (-1,0 %), en Irlande (-0,8 %) et au Portugal (-0,4 %).

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Tunisie | 2 000 voitures électriques seront vendues d’ici fin 2026

06. Juni 2026 um 10:29

Le marché des voitures électriques a connu en Tunisie une forte accélération au cours des quatre premiers mois de 2026. De janvier à avril, plus de 1 100 véhicules électriques ont été vendus, contre moins de 600 pour l’ensemble de l’année 2025.

Selon Ibrahim Debache, président de la Chambre syndicale nationale des concessionnaires et des constructeurs automobiles, qui parlait à l’agence Tap, en marge de la 4e édition de l’Industry Innovation Day, organisé le jeudi 4 juin 2026, au Sheraton Tunis, par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-allemande (AHK Tunisie), en collaboration avec l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), et la Tunisian Automotive Association (TAA), sous le thème «Ecosystème tunisien : Servir l’industrie automobile de demain», ces données confirment le début d’une nouvelle phase pour un segment encore émergent mais en pleine croissance, porté par l’arrivée de nouvelles marques, l’élargissement de l’offre commerciale et un intérêt croissant des consommateurs pour des solutions de mobilité perçues comme plus modernes et moins polluantes.

L’événement était consacré aux transformations de l’industrie automobile, notamment la nouvelle mobilité, l’innovation technologique, la numérisation, le développement durable et les nouvelles compétences requises.

Le secteur vise désormais la vente d’environ 2 000 voitures électriques d’ici fin 2026, un objectif jugé réaliste par les opérateurs si le rythme de croissance observé en début d’année se maintient. Le nouveau cadre incitatif tunisien, destiné à promouvoir la mobilité électrique et hybride rechargeable, contribue également à soutenir la demande, grâce à des allégements fiscaux, des réductions de TVA et des aides à l’achat pour certaines catégories professionnelles et institutionnelles.

Malgré cette croissance, le secteur reste encore à ses débuts. Les voitures électriques ne représentent toujours qu’une part limitée du marché automobile tunisien, où le coût d’achat, le pouvoir d’achat des ménages et la disponibilité des services après-vente continuent d’influencer les décisions des consommateurs. Le principal défi demeure le développement des infrastructures de recharge.

Les opérateurs soulignent également la nécessité de maîtriser les prix, de renforcer la maintenance spécialisée et d’assurer une meilleure couverture des bornes de recharge, conditions jugées essentielles pour pérenniser la croissance actuelle.

Pour la Tunisie, la mobilité électrique s’inscrit dans une stratégie plus large de transition énergétique et de réduction de la dépendance aux énergies fossiles. Les autorités visent à développer progressivement le parc de véhicules électriques et le réseau de recharge d’ici 2030, mais la transition d’un marché de niche à un segment central dépendra de la capacité à combiner incitations, infrastructures et accessibilité financière.

I. B.

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Tunisie : l’alimentaire en hausse de 8,2%, poussé par la viande, le poisson et les fruits

06. Juni 2026 um 10:27

L’inflation alimentaire continue de peser sur le budget des ménages tunisiens. En mai 2026, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 8,2 % sur un an, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), portés principalement par la flambée des prix des viandes, du poisson et des fruits frais.

Selon les dernières statistiques de l’INS sur l’évolution des prix à la consommation, la viande ovine affiche la plus forte hausse avec une progression de 21,8 % sur un an. Les prix de la volaille ont augmenté de 15,6 %, ceux de la viande bovine de 14,1 %, confirmant la pression persistante sur les produits carnés.

Les produits frais ne sont pas épargnés. Les légumes frais ont vu leurs prix grimper de 12,2 %, tandis que le poisson frais et les fruits frais ont enregistré des hausses respectives de 11,9 et 11,6 %.

Quelques produits échappent toutefois à cette tendance. Les prix des huiles alimentaires ont reculé de 6,1 % sur un an, tandis que ceux des œufs ont diminué de 4,6 %.

Au-delà de l’alimentation, les prix des produits manufacturés ont augmenté de 4,6 %, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+9,1 %) ainsi que des produits d’entretien courant du foyer (+4,6 %).

Les services ont également progressé de 4,2 % sur un an, tirés principalement par la hausse de 15,9 % des prix des services d’hébergement.

Par ailleurs, l’inflation sous-jacente, calculée hors produits alimentaires et énergie, s’est stabilisée à 4,8 % en mai 2026. Les prix des produits libres ont augmenté de 6,7 % sur un an, contre seulement 1,2 % pour les produits à prix encadrés. Dans l’alimentation, l’écart est encore plus marqué : les produits alimentaires libres ont enregistré une hausse de 9,3 %, contre seulement 0,2 % pour les produits alimentaires à prix encadrés.

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Banques tunisiennes | Retard numérique et illusion de rattrapage

06. Juni 2026 um 09:46

Dans une tribune publiée ici même le 30 mai dernier, j’ai tenté de nommer ce que le piratage de My TT a rendu visible : non pas un incident technique isolé, mais le symptôme d’une faillite de gouvernance structurelle appelée le «triangle interdit». Des lecteurs m’ont interpellé avec une question simple et redoutable : d’accord pour le diagnostic — mais par où commence-t-on ? C’est à cette question que je tente de répondre aujourd’hui.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Depuis la parution de cette tribune, plusieurs responsables m’ont contacté pour me confirmer, en privé, ce que tout le monde sait mais que personne ne dit officiellement : le triangle interdit n’est pas une exception tunisienne. C’est notre mode de fonctionnement institutionnel par défaut.

On me répondra que des chantiers sont en cours — et c’est vrai. La Banque centrale de Tunisie (BCT) a engagé des réflexions sur l’interopérabilité. Des appels d’offres de modernisation ont été lancés. Des comités se réunissent. Mais un chantier ouvert n’est pas un chantier livré, et une réflexion institutionnelle n’est pas une décision exécutée. Ce que j’observe de l’intérieur, c’est que la vitesse de ces chantiers reste dictée par le rythme du triangle interdit — non par l’urgence du marché.

Ce constat m’a conduit à une conviction que j’assume pleinement : notre plus grand danger aujourd’hui n’est pas le retard numérique. C’est l’illusion du rattrapage.

Nos banques publiques déploient des applications mobiles. Elles annoncent des projets d’intelligence artificielle (IA). Elles recrutent des consultants en transformation digitale. Et pendant ce temps, les circuits décisionnels restent paralysés, les bases de données restent fragmentées, et les ingénieurs les plus compétents continuent de voter avec leurs pieds vers le secteur privé ou l’étranger.

Numériser le dysfonctionnement ne produit pas une banque moderne. Cela produit un dysfonctionnement à grande vitesse, avec une interface soignée.

C’est cela, le piège du miroir : se regarder se transformer sans jamais transformer l’essentiel.

Ce que nous refusons de regarder en face

On cite l’Inde à tort et à travers dans les colloques sur la souveraineté numérique. On me dira que la comparaison est intenable : l’Inde dispose de ressources humaines et financières sans commune mesure avec les nôtres. C’est exact. Mais ce n’est pas la leçon indienne qui m’intéresse ici — c’est sa méthode.

L’UPI, ce système de paiement instantané qui traite aujourd’hui des volumes comparables à Visa à l’échelle mondiale, n’a pas émergé d’un budget colossal. Il a émergé d’une discipline de séquençage : une décennie d’investissement dans l’invisible avant de lancer le visible. Un système d’identification souverain, des comptes bancaires universels pour les populations non bancarisées, une couche d’interopérabilité construite avant que quiconque ne parle d’application.

L’Inde n’a pas commencé par l’interface. Elle a commencé par le socle.

La Tunisie veut son équivalent de l’UPI. Mais a-t-elle posé sa couche d’identification numérique souveraine ? L’interopérabilité entre le registre civil, les bases fiscales et les systèmes bancaires est-elle aujourd’hui une réalité opérationnelle — ou une promesse de feuille de route dont on reparlera lors du prochain Forum de l’investissement ?

L’Estonie, elle, a compris une vérité que nous continuons d’inverser : la transformation numérique de l’État a commencé par une réforme de gouvernance. Les applications ont suivi. Jamais l’inverse. Et si l’on objecte que l’Estonie est un petit pays sans héritage administratif lourd — soit. Mais la leçon n’est pas dans la taille du pays. Elle est dans l’ordre dans lequel les décisions ont été prises.

Plus près de nous, le Maroc a tiré en 2024 une leçon que nous devrions méditer : une seule décision réglementaire ciblée — la fin du monopole de la monétique interbancaire — a libéré plus d’énergie transformatrice que dix ans de stratégies nationales de digitalisation.

Nos banques privées ont d’ailleurs certains des mêmes blocages organisationnels. Mais les banques publiques portent une responsabilité supplémentaire : elles financent l’économie réelle, les PME, les régions, les secteurs que le privé ne veut pas.

C’est précisément parce qu’elles occupent cette position stratégique irremplaçable que leur transformation n’est pas optionnelle.

Et à l’échelle continentale, le Système de Paiement et de Règlement Panafricain connecte désormais 19 pays et plus de 150 banques commerciales pour permettre les transactions en devises locales, sans passer par des correspondants hors du continent. Le Caire vient d’en devenir le siège. La Tunisie, qui se targue d’ambitions transsahariennes, peut-elle se permettre d’observer cette architecture de l’extérieur ? Rester en marge n’est pas un choix souverain. C’est un abandon de terrain habillé en prudence.

Quatre ruptures, dans l’ordre où elles doivent venir

Ces trajectoires ne sont pas des modèles à copier. Ce sont des miroirs qui permettent de formuler avec précision ce que nous devons faire — et dans quel ordre. Car l’ordre est tout.

Première rupture : gouverner avant de déployer. La matrice Raci n’est que le point de départ. Ce qu’il faut instaurer, ce sont des comités de gouvernance de la donnée et de l’IA rattachés directement aux conseils d’administration. Certains y verront une énième couche bureaucratique. C’est l’inverse : c’est précisément l’absence de ces instances qui force chaque décision technologique à remonter vers des arbitrages informels où le triangle interdit reprend la main.

La souveraineté numérique commence par décider qui, dans notre pays, est responsable de la donnée bancaire nationale. Pas de la gérer. D’en répondre.

Deuxième rupture : traiter le core banking comme une urgence nationale. La dette technologique de nos banques publiques n’est pas un problème budgétaire informatique. C’est un risque systémique. Un système de core banking vieillissant rend toute ouverture API coûteuse et toute interopérabilité avec les fintechs périlleuse. J’entends déjà l’argument des contraintes budgétaires — il est réel. Mais le coût de la non-modernisation est systématiquement omis du calcul : chaque année d’immobilisme rend la migration suivante plus complexe, plus risquée et plus chère. Le vrai luxe que nous ne pouvons pas nous permettre, c’est le statu quo.

Troisième rupture : déployer une IA de back-office avant une IA de vitrine. J’anticipe l’objection des plus impatients : attendre le back-office, n’est-ce pas trop lent face à la concurrence ? Non — parce que déployer une IA sur des données fragmentées et des processus opaques ne produit pas de l’IA. Cela produit de l’automatisation de l’erreur. Les modèles de scoring prédictif pour financer les TPME, la détection d’anomalies dans les flux de paiement, l’automatisation des processus de conformité : ce sont ces outils invisibles qui transforment réellement une institution. Un chatbot ne réforme pas une banque. Une architecture de données souveraine, si.

Quatrième rupture : renverser le rapport au capital humain. Je l’écris en sachant que c’est la partie la plus contestée — y compris en interne. On m’objectera que remettre en cause les grilles de rémunération, c’est s’attaquer aux acquis sociaux. Ce n’est pas ce que je propose. Je propose de créer, à côté des statuts existants, des filières spécifiques pour les compétences numériques rares — data engineers, experts en cybersécurité, architectes cloud — avec des conditions attractives. Non pas pour détruire ce qui existe, mais pour cesser de financer la compétitivité de nos concurrents avec nos propres cerveaux formés à nos frais.

La vraie question de 2026

Un pays ne se développe pas avec des diagnostics. Il se développe quand quelqu’un, quelque part dans la chaîne de commandement, accepte de porter la responsabilité de l’exécution — avec un nom, un délai, et une obligation de résultat.

My TT était un avertissement. Il en viendra d’autres, plus graves, si nous continuons de confondre l’affichage numérique avec la transformation numérique. La différence entre les deux n’est pas technique. Elle est de courage institutionnel.

La Tunisie Software n’est pas une destination. C’est un choix. Et comme tout choix stratégique qui mérite ce nom, il commence par décider ce à quoi on renonce — les rentes, les monopoles, les matrices de responsabilité floues et les consensus qui ne blessent personne parce qu’ils ne décident rien.

On ne bâtit pas une souveraineté numérique avec des intentions. On la bâtit avec des institutions capables de les exécuter. **

* Ingénieur informatique et cadre de banque.  

** Les analyses et opinions exprimées dans cette tribune n’engagent que leur auteur et ne sauraient en aucun cas refléter la position officielle d’une autorité publique ou d’une institution privée.

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Ennakl Automobiles versera un dividende de 1 dinar par action au titre de l’exercice 2025

06. Juni 2026 um 09:30

La société Ennakl Automobiles a annoncé à ses actionnaires que son Assemblée générale ordinaire, réunie le 29 avril 2026, a approuvé la distribution d’un dividende de 1 dinar par action pour l’exercice 2025. 

Le détachement du dividende interviendra le 13 juillet 2026. Sa mise en paiement sera effective le 15 juillet 2026.

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Aram Belhadj : « Maintenir le taux directeur à 7 %, une décision sage… mais insuffisante »

06. Juni 2026 um 09:12

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a maintenu son taux directeur à 7 %, une décision que l’économiste Aram Belhadj juge particulièrement prudente pour la relance.

Dans une analyse livrée à L’Économiste Maghrébin, M. Belhadj regrette qu’il n’y ait pas eu une éventuelle baisse du taux directeur. Il explique cette décision par les risques inflationnistes anticipés par l’institution d’émission.

Il concède néanmoins que cette décision est « sage » au regard du contexte géopolitique et économique mondial qui pèse sur l’économie tunisienne. L’économiste est sans équivoque : un relèvement du taux, dans les circonstances actuelles, aurait inutilement compliqué les perspectives de reprise. Mais l’absence de baisse, souligne-t-il, n’en est pas moins problématique. « Si elle avait augmenté le taux directeur, la situation se serait compliquée pour les perspectives économiques. Mais en ne le baissant pas, elle persiste dans une lecture trop attentiste de la conjoncture », explique-t-il.

Au-delà du seul taux directeur, l’économiste appelle à une action coordonnée entre la BCT et le gouvernement. Il préconise un ciblage plus actif du crédit, notamment en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) et des secteurs porteurs de croissance. « La Banque centrale, aux côtés du gouvernement, peut faire beaucoup en matière de ciblage du crédit et de soutien, surtout au profit des PME et des promesses de croissance », affirme-t-il.

En maintenant son principal instrument monétaire à 7 %, la BCT privilégie donc la lutte contre l’inflation. Mais pour Aram Belhadj, bien qu’il considère ce choix conservateur comme compréhensible, il risque de peser lourdement sur la reprise, en particulier pour les acteurs économiques les plus vulnérables, faute d’un signal fort en faveur du financement de l’économie réelle. Il précise enfin que la prochaine décision concernant le taux directeur dépendra de la persistance de la situation géopolitique et économique, et que l’état actuel ne permet pas d’envisager une révision à la baisse.

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Le Bitcoin passe sous la barre des 60 000 dollars

06. Juni 2026 um 08:20

Le prix du Bitcoin est tombé sous la barre des 60 000 dollars vendredi 5 juin pour la première fois depuis octobre 2024, sous l’effet du désintérêt pour les cryptomonnaies et de la réduction des risques sur les marchés.

La cryptomonnaie a chuté d’environ 6 % vendredi 5 juin, atteignant 59 770,90 $, avant de réduire légèrement ses pertes. Par rapport à son record de l’automne dernier, son prix a diminué de moitié, selon l’Agence France-Presse (AFP).

Le Bitcoin est en passe d’enregistrer sa plus forte perte hebdomadaire depuis novembre 2022, après que les plus grandes entreprises soutenant la monnaie numérique ont vendu une partie de leurs énormes avoirs pour la première fois en plus de trois ans.

D’après un article du Financial Times britannique, cette chute brutale des prix fait suite à l’annonce par Strategy (une importante société d’investissement spécialisée dans l’acquisition de bitcoins) de la vente de 32 bitcoins pour un montant total de 2,5 millions de dollars…

L’entreprise a expliqué que cette vente vise à verser des intérêts à ses actionnaires privilégiés, dans le cadre d’un modèle de financement qui a soulevé des questions quant à sa viabilité. Avant la vente de la semaine dernière, la société avait acheté 843 738 bitcoins en 110 transactions d’une valeur d’environ 64 milliards de dollars.

Peter Schiff, commentateur financier réputé et sceptique à l’égard des cryptomonnaies, a souligné que le passage de l’entreprise à une stratégie de trading laisse présager de nouvelles pertes pour les détenteurs de Bitcoin. « Ce n’est pas tant le montant de l’accord en lui-même qui pose problème, mais plutôt l’idée qu’il pourrait s’agir du premier d’une série d’accords beaucoup plus importants », écrit-il dans un commentaire sur la plateforme X…

A rappeler que Michael Saylor, le fondateur de Strategy, a été le pionnier de la transformation des sociétés cotées en Bourse en véhicules d’investissement pour le stockage de cryptomonnaies, un modèle économique mis à rude épreuve lorsque le prix du Bitcoin chute. Il a levé des milliards de dollars pour financer ces acquisitions en vendant des obligations convertibles et d’autres instruments financiers liés aux actions, ce qui a lourdement endetté l’entreprise.

Enfin, Strategya levé 10,5 milliards de dollars au cours des 10 derniers mois en vendant un type d’action privilégiée perpétuelle appelée « stretch », qui verse un dividende annuel de 11,5 %, mais n’est lié à aucun gain potentiel associé au cours de l’action.

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Nouvelles perspectives pour le partenariat Tunisie – Italie

06. Juni 2026 um 06:54

Tunis se prépare à accueillir le Forum d’affaires Tunisie-Italie, les 24 et 25 juin 2026. Cet événement s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations économiques entre les deux pays et vise à consolider le rôle de la Tunisie comme partenaire privilégié de l’Italie en Méditerranée.

Latif Belhedi

Cet événement est organisé par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), en collaboration avec le ministère tunisien des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, l’Agence pour la promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica).

6,5 milliards d’euros d’échanges commerciaux en 2025

Il intervient dans un contexte de développement des relations économiques bilatérales. Comme l’indique l’ICE sur ses réseaux sociaux, les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 6,5 milliards d’’euros en 2025, confirmant ainsi la position de Rome comme deuxième partenaire commercial de la Tunisie et premier client européen de notre pays.

Les importations tunisiennes d’Italie ont atteint 3,4 milliards d’euros, témoignant d’une relation économique de plus en plus intégrée tout au long des chaînes de valeur industrielles.

Le choix des secteurs au cœur du forum reflète les priorités industrielles et stratégiques communes aux deux pays. Selon Agenzia Nova, les discussions porteront sur les transitions énergétique et numérique, les industries de pointe – notamment pharmaceutiques, automobiles, de technologies innovantes et de matières premières critiques – ainsi que sur les secteurs traditionnels tels que le textile, l’agriculture et l’aquaculture, confrontés aux enjeux de durabilité et de compétitivité internationale. Une attention particulière sera également portée aux infrastructures de transport et à la logistique.

La Tunisie, plateforme de nearshoring

Ces dernières années, la Tunisie a lancé ou planifié une série de projets de modernisation des ports, des réseaux ferroviaires et routiers, ainsi que des plateformes logistiques, afin de renforcer son rôle de plaque tournante entre l’Europe et l’Afrique. Ceci ouvre d’importantes perspectives aux entreprises italiennes dans les domaines de l’ingénierie, de la construction, des services portuaires et des technologies de mobilité.

Le forum de Tunis revêt également une importance géopolitique. Dans un contexte international marqué par la recherche de chaînes d’approvisionnement plus courtes et plus résilientes, la Tunisie est de plus en plus considérée comme une plateforme de nearshoring pour les entreprises européennes. Sa proximité géographique avec l’Italie, la présence de plus de 900 entreprises italiennes déjà implantées dans le pays et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée constituent des atouts majeurs qui favorisent de nouveaux investissements productifs.

Le forum offrira aux institutions financières, aux agences de développement et aux entreprises un espace d’échange sur les outils de soutien aux partenariats économiques bilatéraux. Ce cadre inclut également les initiatives promues dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique promu par l’Italie et les programmes de coopération économique visant à promouvoir les investissements durables, le transfert de technologies et le développement des compétences.

Le 24 juin sera consacré aux présentations institutionnelles, aux séances plénières et aux tables rondes sectorielles, tandis que le 25 juin sera dédié aux rencontres interentreprises (B2B) entre entreprises italiennes et tunisiennes. Ce format B2B est l’un des aspects les plus attendus de l’événement, permettant aux entreprises d’établir des contacts directs, d’explorer des partenariats industriels et commerciaux et d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement.

Pour l’Italie, ce forum représente une opportunité de consolider sa présence économique sur l’un des marchés les plus dynamiques d’Afrique du Nord.

Pour la Tunisie, cet événement est une vitrine pour attirer des capitaux, des technologies et des expertises dans des secteurs jugés stratégiques pour la modernisation de l’économie nationale. Dans un contexte méditerranéen de plus en plus central dans les équilibres économiques régionaux, le partenariat entre Rome et Tunis continue de se renforcer grâce à une coopération qui dépasse le simple cadre commercial et vise à construire des chaînes d’approvisionnement industrielles intégrées entre les deux rives.

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