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ASF «consternée» par le mandat de dépôt à l’encontre de Me Ghazi Mrabet  

17. September 2026 um 13:42

Dans un communiqué publié ce mercredi 17 septembre 2026, l’organisation Avocats sans frontières (ASF) exprime «son entière solidarité et son soutien» à l’avocat et défenseur des droits humains Ghazi Mrabet, qui a fait l’objet d’un mandat de dépôt, mardi 16 septembre, «au terme de huit jours de garde à vue durant lesquels il n’a pas pu rencontrer ses avocats.»

L’organisation fait part de «sa consternation» et affirme avoir eu «le privilège de collaborer à de nombreuses reprises avec Me Mrabet, dont elle salue l’engagement constant en faveur de la défense des droits humains, et notamment des personnes les plus vulnérables».

Rappelons que le premier juge d’instruction près le Pôle judiciaire économique et financier a émis un mandat de dépôt à l’encontre de Me Mrabet et d’autres personnes poursuivies dans la même affaire, parmi lesquelles figure un individu recherché et condamné par contumace à 40 ans de réclusion pour trafic de drogue.

Les membres du comité de défense rejette catégoriquement toutes les accusations portées contre leur collègue et nie tout lien entre lui et un quelconque réseau de stupéfiants. Ils précisent que Me Mrabet se trouvait au domicile de l’individu recherché dans le cadre strictement professionnel de ses fonctions, celui étant l’un de ses clients.

I. B.

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Les tensions budgétaires tunisiennes à l’assemblée de l’UIP

17. September 2026 um 13:02

Les débats, lors de la 153e assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), l’organisation mondiale des parlements nationaux, qui se tiendra à Arusha (Tanzanie) du 5 au 9 octobre2026, porteront sur la sécurité maritime, le commerce régional et la résilience économique, d’une part, et les tensions budgétaires tunisiennes qui confèrent une dimension économique aux enjeux de gouvernance, d’autre part.

Le niveau élevé de la dette publique tunisienne et les possibilités limitées de financement extérieur placeront les discussions sur la gouvernance et les opportunités économiques, lors de l’Assemblée de l’UIP, dans un contexte budgétaire immédiat.

L’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,5 % en 2025, tandis que la dette publique est demeurée supérieure à 80 % du PIB et que les autorités ont eu de plus en plus recours au financement intérieur, le financement extérieur étant devenu inaccessible et à des taux prohibitifs.

Si les recettes touristiques et les envois de fonds ont progressé, le déficit commercial a continué, quant à lui, à se creuser et à alimenter des pressions inflationnistes.

Outre les problématiques du déficit budgétaire et de l’endettement, l’assemblée de l’UIP à Arusha, mettra aussi l’accent sur la gouvernance, l’inclusion et les opportunités offertes aux communautés.

I. B.

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Tunisie | L’extension de l’usine de dessalement de Djerba en quête de financement

17. September 2026 um 12:31

L’usine de dessalement d’eau de mer de Djerba, la première à grande échelle en Tunisie, construite en 2018 et dotée d’une capacité de production de 50 mètres cubes par jour, devra bientôt être dotée d’une troisième ligne, offrant une capacité supplémentaire de 25 mètres cubes par jour, ce qui portera la production totale à 75 mètres cubes.  Encore faut-il lui trouver les financements internationaux requis et en lancer rapidement les travaux, car le stress hydrique dont souffre l’île s’aggrave sans cesse.   

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a approuvé la procédure accélérée de décaissement des fonds destinés à ces travaux d’extension qui comprennent également le renforcement du réseau d’adduction et de distribution d’eau, grâce à la pose d’environ 60 kilomètres de nouvelles conduites et au remplacement des canalisations vétustes.

En réponse à une question parlementaire, le ministère Ezzeddine Ben Cheikh a indiqué que le coût total du projet est estimé à environ 200 millions de dinars tunisiens : 95 millions de dinars pour l’extension de l’usine et 105 millions pour le renforcement du réseau.

Ce projet, mis en œuvre par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) avec le financement de la banque allemande de développement KfW et de l’Agence française de développement (AFD), a été spécifiquement conçu pour réduire la dépendance de l’île aux eaux souterraines et garantir une source supplémentaire d’eau potable, y compris durant les pics d’affluence touristique.

Tout en confirmant l’objectif d’une capacité finale de 75 mètres cubes par jour, la Sonede souligne le rôle crucial de l’usine pour répondre aux besoins de la population insulaire et soutenir les activités économiques, notamment le tourisme.

Toutefois, près de dix ans après l’inauguration de l’usine, la hausse de la consommation et la dégradation des ressources conventionnelles ont rendu nécessaire la réalisation de cette extension, déjà envisagée dans le projet initial. Le problème se fait particulièrement sentir durant les mois d’été, période où l’augmentation de la population temporaire liée au tourisme s’ajoute à la demande des communautés locales.

Le député Ghassen Yamoun a évoqué les fréquentes interruptions de l’approvisionnement en eau potable et la pression croissante sur les ressources hydriques, appelant à accélérer ce projet pour lequel, selon le ministère, les études techniques nécessaires ont déjà été réalisées. Toutefois, le projet d’extension est conditionné par la mobilisation de fonds et la conclusion d’accords de prêt avec des organismes de financement, notamment la KfW et la Banque mondiale.

Selon le député, les négociations n’ont pas encore suffisamment progressé. L’accélération annoncée par le ministère vise donc à lever l’un des principaux obstacles ayant jusqu’ici freiné l’augmentation des capacités de production : le financement qui reste à mobiliser.

Renforcer le recours aux eaux non conventionnelles

Le dossier de Djerba s’inscrit dans une stratégie plus large par laquelle la Tunisie cherche à accroître la part des ressources en eau non conventionnelles dans le système national. La première étape de cette politique a été l’usine de Djerba, suivie de la station de Zarat, dans le gouvernorat de Gabès, inaugurée en juillet 2024 par le président Kaïs Saïed. Après l’achèvement de la phase expérimentale, cette usine, dotée d’une capacité de 50 mètres cubes par jour, a été conçue pour desservir environ 1,1 million de personnes et constitue le premier projet majeur réalisé dans le cadre du programme national de dessalement lancé les années précédentes.

La deuxième grande usine opérationnelle est celle de Sfax, officiellement inaugurée le 18 juin 2026 par le ministre de l’Agriculture. Elle est entrée en service avec une capacité initiale de 100 mètres cubes par jour et une extension ultérieure jusqu’à 250 mètres cubes par jour est prévue. Construite dans le cadre de la coopération tuniso-japonaise, elle représente l’un des projets les plus importants du programme national de diversification des ressources en eau et vise à renforcer l’approvisionnement de Sfax et de ses environs.

La station de Sfax n’est toutefois pas considérée comme un projet clos. Les autorités ont déjà prévu des travaux d’extension supplémentaires dans le cadre du plan 2026-2030. Les études de conception initiales sont terminées et une partie des infrastructures nécessaires a déjà été construite, tandis que la capacité pourra être augmentée progressivement. Parallèlement, la Sonede œuvre au renforcement du réseau de distribution de la région, avec un projet soutenu par la Banque mondiale visant à améliorer la surveillance des conduites et à détecter plus rapidement les fuites.

Le projet de Sousse est encore plus proche de la phase opérationnelle. L’usine de dessalement de la ville, dont la capacité prévue est de 50 mètres cubes par jour, a vu ses quatre composantes principales achevées et est entrée dans la phase d’essais techniques en août 2026. Ces essais portent sur le prétraitement de l’eau et sur la vérification de la conformité de l’eau produite aux normes requises. Ce n’est qu’une fois ces tests et vérifications terminés que l’usine sera prête pour une exploitation effective.

Le choix du dessalement répond à une transformation structurelle de la problématique de l’eau en Tunisie. Les ressources en eau conventionnelles sont soumises à une pression croissante en raison de la sécheresse, de l’irrégularité des précipitations et de l’augmentation de la consommation, tandis que les eaux souterraines — en particulier dans le sud et les zones côtières — ne peuvent plus répondre seules à la demande. La stratégie vise donc à intégrer le dessalement de l’eau de mer, les transferts interbassins, la réutilisation des eaux usées traitées et l’entretien des infrastructures existantes.

I. B.

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Tunisie | Nouvelle unité de réanimation chirurgicale à l’hôpital de Sidi Bouzid

17. September 2026 um 11:56

Une nouvelle unité de réanimation chirurgicale a été inaugurée, mercredi 16 septembre 2026, au centre hospitalier universitaire de Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie. Elle dispose de huit lits, dont quatre sont déjà entièrement équipés, tandis que les quatre autres seront aménagés dans une phase ultérieure.

Cette nouvelle unité vise à renforcer la capacité de l’hôpital à prendre en charge les patients ayant subi une intervention chirurgicale nécessitant des soins intensifs, ainsi qu’à améliorer la qualité des soins.

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Lancement du projet «Zéro déchet» à Tunis

17. September 2026 um 11:02

La Tunisie mise sur le modèle «Zéro déchet» pour s’attaquer à l’un des problèmes environnementaux les plus urgents du pays : la gestion et la valorisation des déchets urbains. Voilà pour les bonnes intentions, les stratégies et les plans sur la comète. Pour ce qui est de la réalité, les déchets urbains sont aujourd’hui jetés partout, les citoyens comme les responsables municipaux ne font pas beaucoup pour aider à améliorer cette situation que tout le monde crée et dont tout le monde en même temps se plaint.  

La gestion des déchets demeure l’un des principaux défis environnementaux de la Tunisie. Selon des données publiées en mars dernier par le ministère de l’Environnement, le pays produit chaque année environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers, dont la collecte et le transport sont principalement assurés par les municipalités.

Dans ce contexte où les annonces sont souvent présentées comme des réalisations, le ministère de l’Environnement a lancé, dans la région du Grand Tunis, le projet national de transition vers le «Zéro déchet», mis en œuvre en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). S’il n’y avait pas ces deux institutions internationales pour s’y associer et, surtout, le financer, l’on se demande bien si ce projet aurait vu le jour, un jour. Qu’on nous permette d’en douter…  

Selon un communiqué du ministère, le programme impliquera les quatre gouvernorats de l’agglomération de la capitale et un total de 34 communes. Celles-ci seront accompagnées dans l’élaboration de plans d’investissement et de financement visant à mettre en place les infrastructures nécessaires au traitement, à la récupération et à la valorisation des déchets.

L’une des premières initiatives concrètes concerne La Marsa, où la création d’une unité de valorisation des déchets ménagers et assimilés est prévue ; cette installation desservira également les communes de Sidi Bou Saïd et de Carthage.

La Tunisie produit chaque année environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers…
Leurs collecte et transport sont principalement assurés par les municipalités.

Une usine de production d’engrais organiques devrait par ailleurs voir le jour dans la même localité. Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a visité, le 11 septembre 2026, le site en compagnie des responsables du projet, après s’être entretenu à Tunis avec la représentante résidente du Pnud, Céline Moyroud.

Le plan prévoit également un renforcement de la réglementation contre l’usage de plastiques à usage unique ainsi que l’introduction de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs pour diverses catégories de matériaux, allant des déchets de construction et de démolition aux emballages et aux équipements électroniques.

Un autre volet concerne le développement du compostage des déchets verts et organiques. Les autorités entendent par ailleurs développer, au sein des cimenteries, l’utilisation de combustibles dérivés de déchets non recyclables (les «RDF») pour remplacer progressivement une partie des combustibles fossiles.

Le projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale «Shifting to Zero Waste Against Pollution » (Swap), promue par le Pnud et financée par le FEM ; cette initiative, qui associe également la Chine, la Turquie, l’Uruguay et la Sierra Leone, vise à réduire la pollution, à favoriser l’économie circulaire et à améliorer la gestion des ressources dans les villes.

I. B.

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De la Sicile à la Tunisie en canoë pour la santé des nouveau-nés

17. September 2026 um 10:23

Traverser la Méditerranée, de la Sicile à la Tunisie, à la force de la pagaie pour récolter des fonds destinés à la recherche sur la santé néonatale. Tel est le défi de «The Smuggle», une traversée en canoë de type «surfski», un type de kayak de mer, partie avant-hier matin, de Marsala en direction des côtes tunisiennes, avec une arrivée prévue dans la région de Tunis, à Sidi Bou Saïd, après environ 273 kilomètres de navigation.

Les protagonistes de cette aventure sont Andrea Menga, 23 ans, originaire de Monopoli, et Giovanni De Carlo, 27 ans, de Chiavari. Tous deux suivent le cursus «Medtec» conjoint à l’Université Humanitas et au Politecnico di Milano, un programme qui associe une formation en médecine et chirurgie à une formation en génie biomédical.

Ils ont pris le départ le 15 septembre à 6h30 depuis le quai de la Società Canottieri Marsala, à bord d’un kayak biplace conçu pour la navigation en haute mer. L’arrivée sur la rive sud de la Méditerranée est prévue entre le 18 et le 19 septembre, bien que la durée et l’itinéraire dépendent de l’état de la mer et du rythme de la traversée.

L’expédition est accompagnée d’un bateau de soutien, indispensable pour assurer l’assistance et la sécurité lors des étapes en haute mer.

Traversée de la Méditerranée en sens inverse

L’aspect sportif n’est toutefois qu’un moyen de donner de la visibilité à «Safer», un dispositif d’assistance respiratoire néonatale. Développé dans le cadre de recherches menées au Politecnico di Milano, ce système est destiné aux établissements de santé disposant de ressources limitées. Il est conçu pour fonctionner sans apport externe d’oxygène médical et avec une faible consommation d’énergie ; ces caractéristiques sont jugées essentielles pour une utilisation dans des zones où les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement sont fragiles, selon un communiqué des organisateurs. L’organisation «Medici con l’Africa Cuamm» est partenaire du futur essai clinique prévu en Ouganda. La campagne vise à financer le développement, la validation sur le terrain, la formation du personnel soignant ainsi que le processus de certification du dispositif. Le budget indiqué pour l’étude clinique est de 185 000 euros.

Le nom même «The Smuggle» — littéralement «la contrebande» — est délibérément symbolique. Les organisateurs précisent que l’initiative ne vise ni à imiter ni à transformer en spectacle les routes migratoires de la Méditerranée, mais à effectuer la traversée en sens inverse afin de convertir l’attention suscitée par cet exploit sportif en ressources pour la recherche et l’accès aux soins.

L’arrivée à Sidi Bou Saïd parachèvera ainsi un pont sportif et solidaire entre les deux rives de la Méditerranée, la mer servant non seulement de terrain pour le défi athlétique, mais aussi de vecteur à un projet de santé destiné aux enfants des pays les moins favorisés.

I. B. (avec Ansa).

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Et si on s’inspirait du Fonds souverain norvégien ?

17. September 2026 um 09:36

Au temps de la colonisation française, les richesses naturelles de la Tunisie étaient pillées par l’occupant. Au lendemain de l’indépendance, ces richesses ont souvent été données en gestion et exploitées par des sociétés étrangères… pour des miettes. Paradoxalement, le peuple tunisien, propriétaire de ces richesses, a du mal à joindre les deux bouts et s’endette à bout de bras pour survivre. Il est temps de mettre un terme à cette injustice et rendre au peuple ce qui lui revient. Les Norvégiens ont trouvé une formule, un fonds souverain, pourquoi ne pas s’en inspirer ? Les difficultés financières de notre pays et sa mauvaise gouvernance actuelle, portée par la dépense de fonctionnement et l’endettement extérieur, n’y plaident certes pas, mais ce n’est pas une raison pour ne pas sérieusement y penser.    

Habib Glenza  

Pour gérer nos ressources naturelles (pétrole, gaz, phosphate…) de manière juste et équitable, nous devons nous inspirer du Fonds souverain norvégien créé en 1990 après un vote mémorable au parlement, qui a décidé à l’unanimité que le gisement pétrolier d’Ekofisk, découvert en 1969, est la propriété du peuple norvégien et non de l’Etat. Il a, en plus, ordonné la création d’un fonds pour assurer l’avenir des générations futures, afin qu’elles ne dépendent plus du seul budget de l’Etat 

Avec 5 millions et demi d’habitants pour 385 199 km2, dont 307 860 km2 de terre, la Norvège est, après l’Islande et la Russie, le pays le moins densément peuplé d’Europe. Il est aussi aujourd’hui l’un des plus riches et prospère.

L’économie norvégienne est un bastion prospère du capitalisme social, une combinaison entre marché libre et intervention de l’État. Le gouvernement, par le biais de grandes entreprises publiques, contrôle quelques domaines particulièrement stratégiques, comme une partie du secteur pétrolier. 

Malgré un niveau de vie comptant parmi les plus élevés au monde, les Norvégiens s’inquiètent à propos des deux prochaines décennies, lorsque leurs réserves de gaz et de pétrole commenceront à s’épuiser. C’est pourquoi le pays dépose, depuis 1990, la totalité de ses revenus pétroliers dans le fonds pétrolier norvégien. Le capital ainsi obtenu est investi à l’étranger : à la fin 2016, il est estimé à 850 milliards d’euros et en 2021, il atteint 1 162 milliards de dollars avec une progression de 10% par an environ. Les revenus pétroliers de la Norvège en 2022 s’élèvent à environ 131 milliards d’euros, presque le triple de ses revenus de 2021.

De la découverte du gisement d’Ekofisk à la règle de 3%

En décembre 1969, le gisement pétrolier d’Ekofisk est découvert en mer du Nord. La Norvège comprend vite le risque : quand une rente pétrolière tombe dans un budget national, elle se transforme en dépenses courantes, en inflation et en monnaie surévaluée. Le parlement vote alors en 1990 la création d’un fonds souverain (Statens pensjonsfond Utland en norvégien, ou «Fonds de pension gouvernemental-Étranger»), qui commence à être alimenté en 1996.

Le mécanisme tient en trois règles : 1 – les revenus des hydrocarbures, appartiennent au peuple norvégien, seront versés dans le fonds souverain et non dans les caisses de l’Etat ; 2 – le fonds souverain doit investir 100% des revenus à l’étranger ; 3 – l’Etat ne peut prélever qu’environ 3% de la valeur du fonds par an.

Résultat ? Depuis 1996, l’Etat a versé dans le Fonds 550 milliards d’euros et en retiré 61 milliards. Le reste des revenus, à savoir 1330 milliards d’euros, représentent des rendements cumulés ! C’est là que réside le miracle de ce Fonds qui a gagné plus d’argent en investissant qu’en pompant dans les caisses de l’Etat. 

En effet, le Fonds souverain norvégien s’est accru de 23 milliards de dollars en 1998 à 2 292 milliards en 2026 !  Ainsi, le peuple norvégien n’a plus besoin d’endetter son Etat et a garanti l’avenir de ses enfants.

La gouvernance du Fonds souverain norvégien

Le Fonds souverain norvégien valait environ 2 000 milliards d’euros au 30 juin 2026, soit 22 683 milliards de couronnes norvégiennes ou 2 300 milliards de dollars. Sa valeur a progressé de 125 milliards d’euros sur le semestre. Cela représente près de 355 000 € par citoyen. 

En guise de comparaison avec les pays endettés, la dette américaine a atteint 40 000 milliards de dollars à la mi-août 2026, soit 108 000 euros par habitant et celle française à 52 000 euros par habitant. En Norvège, cette progression se décompose en trois mouvements : +155 milliards d’euros de rendement des investissements, +7,9 milliards d’apports nets de l’État après ponction des frais, et -38 milliards d’effet de change, la couronne s’étant renforcée.

Le fonds souverain norvégien détient exactement 7 077 lignes d’actions dans 54 pays, pour 1 454 milliards d’euros. Ses trois plus grosses positions sont Nvidia (54 milliards d’euros), Apple (46 milliards d’euros) et Alphabet (44 milliards d’euros), devant Microsoft. Détail que la presse passe souvent sous silence : le classement par valeur détenue ne suit pas le classement des capitalisations mondiales, parce que les pondérations indicielles et les exclusions éthiques déforment légèrement le portefeuille. Le fonds détient 1,53 % de toutes les actions cotées de la planète, et jusqu’à 2,27 % des actions européennes appartiennent au peuple norvégien 

À quel pays la Norvège prête-t-elle ?

Oslo prêt 320 milliards d’euros de dette aux États-Unis, en tête avec 184 milliards d’euros (soit 57 %), devant le Japon (22,3 milliards d’euros) ; le Royaume-Uni (17,2 milliards d’euros) ; l’Allemagne (14,4 milliards d’euros) ; Singapour (13,2 milliards d’euros) ; Canada, Italie, et France (7,9 milliards d’euros chacun).

L’inventaire immobilier, à lui seul, compte 1 625 propriétés détenues en direct dans le monde : 714 plateformes logistiques (dont 681 avec Prologis), 550 commerces, 219 bureaux et 137 immeubles résidentiels luxueux. 

Le fonds est copropriétaire de 47 adresses sur Regent Street aux côtés de The Crown Estate, le patrimoine foncier de la Couronne britannique, de 225 actifs à Covent Garden et Chinatown, de 171 immeubles à Mayfair et Belgravia avec Grosvenor, et du 7 Times Square à New York.   

Quand on fait du shopping sur Regent Street, le loyer commercial revient à la Norvège, qui est un modèle de gouvernance dont chaque pays devrait s’inspirer pour ne plus dépendre du budget de l’Etat. Ce modèle de gouvernance assure totalement l’avenir des générations à venir.      

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France | L’extrême droite aux portes de l’Élysée

17. September 2026 um 08:00

Dans un peu moins de sept mois, la France élira son nouveau président. Et, sans surprise désormais, Marine Le Pen apparaît en tête des intentions de vote dans plusieurs scénarios de la présidentielle de 2027. Il y a pourtant un demi-siècle, le parti dont elle a hérité de son père, le Front National (FN), végétait aux marges de la vie politique française. Comment, des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée, le lepénisme a-t-il accompli cette incroyable traversée ? (Photo : Tout compte fait, Marine Le Pen n’a pas renié grand-chose du passé raciste et xénophobe de son père, Jean-Marie Le Pen).

Abderrahmane Cherfouh *

Pour comprendre cette ascension, il faut remonter bien avant la création du FN en 1972. Il faut revenir à une France sortie meurtrie par la guerre, à une extrême droite marginalisée après la libération, puis aux guerres coloniales qui vont offrir à une partie de cette famille politique un nouveau terrain de combat.

Le legs colonial et raciste de Le Pen père

Jean-Marie Le Pen appartient à cette génération. Après l’Indochine, il s’engage en Algérie. Élu député en 1956, il rejoint en 1957 le 1er régiment étranger de parachutistes et participe à la bataille d’Alger.

Le dossier de la torture restera attaché à son nom. Il ne s’agit pas ici de reprendre une accusation sans fondement : témoignages, déclarations publiques de Le Pen lui-même et enquêtes journalistiques ont nourri pendant des décennies un dossier historique particulièrement lourd.

Pour les Algériens, qui connaissent le prix du sang et le prix humain de cette guerre, cette page de l’histoire ne peut évidemment être traitée comme un simple épisode parmi d’autres. Elle ne peut davantage être réduite à une querelle mémorielle entre Français et Algériens. La torture, les exécutions sommaires, les déplacements forcés et les violences faites aux populations civiles relèvent de questions qui dépassent les frontières et les nationalités. Elles touchent à ce qu’il y a de plus fondamental dans l’idée même de dignité humaine.

C’est aussi pour cette raison que l’histoire de Jean-Marie Le Pen en Algérie ne peut être séparée de l’histoire politique qui suivra. La guerre d’Algérie appartient au passé, mais certaines des idées, certains des hommes et certains des réseaux qui s’y sont engagés ont continué leur parcours dans la France métropolitaine après 1962.

En 1962, l’Algérie devient indépendante. Pour les défenseurs de l’Algérie française, c’est une défaite historique. Certains rejoignent l’OAS, d’autres sont emprisonnés, d’autres encore poursuivent leur combat politique en métropole.

Les hommes ne disparaissent pas avec les causes perdues. Les réseaux se recomposent.

1972 : la naissance du FN

Le FN est fondé en octobre 1972. Il n’est pas, à l’origine, le simple parti personnel de Jean-Marie Le Pen. Le nouveau mouvement rassemble plusieurs courants de l’extrême droite, avec notamment des cadres issus d’Ordre nouveau, des anciens partisans de l’Algérie française, des nationalistes et des catholiques traditionalistes.

Parmi les personnalités des débuts figurent François Brigneau et Pierre Bousquet, dont les parcours sont marqués par la collaboration avec les Nazis et, pour le second, par son engagement dans la Waffen-SS.

Cette généalogie ne signifie évidemment pas que tous les futurs électeurs du FN partageront ces références. Elle permet simplement de comprendre le milieu politique dans lequel le parti prend naissance.

À ses débuts, le FN est électoralement marginal. Jean-Marie Le Pen comprend cependant qu’il lui faut sortir du ghetto de l’extrême droite traditionnelle et trouver un thème capable de toucher beaucoup plus largement. Ce thème sera l’immigration.

L’immigration, le nouveau créneau porteur

Le FN ne peut plus promettre le retour de l’Algérie française. Il peut en revanche présenter l’immigration comme une menace pour l’identité, l’emploi, la sécurité, le logement ou les prestations sociales.

L’immigré devient progressivement le bouc émissaire idéal des frustrations sociales.

Le parti ne parle plus seulement aux anciens militants de l’Algérie française. Il s’adresse au salarié inquiet pour son emploi, au chômeur, à celui qui attend un logement, à celui qui a le sentiment que les partis traditionnels ne l’écoutent plus.

C’est là que s’opère la première grande transformation du lepénisme : une idéologie marginale devient progressivement une offre électorale nationale.

C’est une histoire dramatique pleine de contradictions. Des hommes venus d’ailleurs ont combattu pour la France, parfois comme chair à canon, participé à sa libération, puis contribué à sa reconstruction, souvent dans les emplois les plus difficiles. Et pourtant, celui dont on avait hier besoin des bras allait devenir, dans certains discours politiques, celui dont on conteste aujourd’hui la présence, ainsi que celle de ses enfants et petits-enfants.

Hier, on avait besoin de ses bras ; aujourd’hui, sa présence devient un problème, une menace — et parfois même un bulletin de vote à conquérir.

Montretout : la fortune au service d’une ambition

En 1976, la succession d’Hubert Lambert, riche héritier et sympathisant d’extrême droite, dont Jean-Marie Le Pen a hérité, procure à l’agitateur politique une indépendance financière considérable. Le domaine de Montretout, sur les hauteurs de Saint-Cloud, devient à la fois le quartier général, le centre politique et le sanctuaire familial de l’univers lepéniste. Cette aisance matérielle soudaine permet à un chef de parti encore marginal de s’inscrire dans la durée.

Des polémiques ont entouré cette succession, mais elles ne doivent pas être transformées en accusations que les faits établis ne permettent pas de soutenir.

Le FN commence réellement à percer au début des années 1980. Aux élections européennes de 1984, la liste conduite par Jean-Marie Le Pen obtient 10,95 % des suffrages exprimés. Mais Jean-Marie Le Pen possède une autre arme : la provocation. En 1987, interrogé sur les chambres à gaz, il parle d’un «point de détail» de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Quelques années plus tard, lançant lors d’un meeting son sinistre «Je préfère voir les vaches que les Arabes», il enfonce le clou de l’outrage calculé.

Ces deux déclarations font le tour du monde. Le Pen choque, ses adversaires condamnent, les médias relaient et le FN occupe l’espace public. La provocation devient une méthode de communication politique.

21 avril 2002 : le plafond de verre se brise

Puis survient le séisme. Le 21 avril 2002, le plafond de verre se brise. Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l’élection présidentielle et provoque un véritable tremblement de terre politique.

Ce n’est plus seulement le destin d’un parti marginal qui vacille : ce sont les fondations d’une société multiculturelle construite au fil de plusieurs générations qui commencent à être ébranlées.

Les répliques de ce séisme seront nombreuses. Elles traverseront la vie politique française, modifieront le débat public et contribueront, année après année, à faire passer certaines idées de la marge vers le centre de la scène politique.

Le 21 avril, Jean-Marie Le Pen obtient 16,86 % des suffrages au premier tour et arrive devant Lionel Jospin, qui recueille 16,18 %. Jacques Chirac arrive en tête avec 19,88 %. Le Premier ministre socialiste est éliminé. La France et le reste du monde découvrent avec stupeur que le candidat de l’extrême droite est au second tour.

Le phénomène s’explique par plusieurs facteurs : fragmentation exceptionnelle du premier tour, dispersion des candidatures de gauche, abstention et progression du FN…

Mais l’événement reste historique. Au second tour, Jacques Chirac obtient 82,21 % des suffrages exprimés contre 17,79 % à Jean-Marie Le Pen. Ces 82,21 % ne constituent évidemment pas un plébiscite personnel pour Jacques Chirac. Des socialistes, des communistes, des écologistes, des centristes, des gaullistes et des électeurs qui n’avaient aucune sympathie particulière pour le président sortant se retrouvent, le temps d’un scrutin, dans le même camp.

82,21 % des suffrages exprimés ont alors parlé d’une seule voix : non pas pour Chirac, mais contre Le Pen. On croit avoir fermé la porte. En réalité, elle vient de s’ouvrir.

L’histoire présidentielle française devrait pourtant nous apprendre à nous méfier des certitudes.

En 1995, Jacques Chirac est longtemps distancé par Édouard Balladur dans les intentions de vote. Les ralliements à Balladur se multiplient. Puis Chirac remonte. Au premier tour, il obtient finalement 20,8 %, contre 18,6 % à Balladur, tandis que Lionel Jospin arrive en tête avec 23,3 %. Chirac gagne ensuite le second tour.

La leçon est simple : les sondages mesurent une opinion à un moment donné ; ils ne déposent pas les bulletins dans les urnes.

En 2002, presque personne n’avait véritablement prévu l’élimination de Jospin.

Pourquoi faudrait-il considérer aujourd’hui que 2027 est déjà écrite ?

Marine Le Pen : de la provocation à la banalisation

Les sondages actuels placent certes Marine Le Pen dans une position particulièrement favorable. Mais une élection présidentielle demeure une rencontre entre une campagne, des candidats, des événements, des choix d’électeurs et un contexte qui peut encore changer.

Marine Le Pen a compris ce que son père n’avait jamais réellement pu accomplir : pour atteindre l’Élysée, il ne suffit plus d’être le porte-parole de la colère. Il faut devenir crédible. Elle entreprend donc la «dédiabolisation». Le vocabulaire change. Certaines provocations sont mises à distance. Le pouvoir d’achat, les services publics, la sécurité, la souveraineté et la protection des classes populaires occupent davantage le discours.

Le FN devient RN (Rassemblement national) en 2018. Mais changement de style ne signifie pas disparition du socle politique. L’immigration demeure centrale, l’identité et la sécurité restent des thèmes majeurs et la préférence nationale continue d’occuper une place importante dans le projet.

Jean-Marie Le Pen avait fait de la provocation une arme. Sa fille a fait de la banalisation une stratégie. Et c’est peut-être là sa plus grande réussite : les thèmes autrefois considérés comme ceux de l’extrême droite ont progressivement pénétré le débat général.

Que reste-t-il de la France des grandes consciences ?

Cette évolution conduit à une question plus large. Que leur arrive-t-il, à ces nouveaux réactionnaires qui semblent parfois avoir oublié une partie de l’histoire intellectuelle de leur propre pays ?

Il fut un temps où des intellectuels français se trouvaient en première ligne pour défendre des causes que tout semblait condamner : l’affaire Calas, affaire Dreyfus, l’indépendance algérienne, la dénonciation de la torture, la paix au Vietnam…

De Rousseau à Voltaire, de Zola à Sartre, la France a connu une longue tradition d’intellectuels considérant que leur rôle n’était pas seulement d’écrire, mais aussi de déranger, de contester et, lorsque leur conscience l’exigeait, de s’opposer à la raison d’État.

Zola avait risqué sa réputation avec «J’accuse». Pendant la guerre d’Algérie, des intellectuels et des citoyens français avaient choisi l’insoumission plutôt que le silence.

Aujourd’hui, une partie du paysage intellectuel semble davantage préoccupée par l’audience, la carrière et la visibilité. L’époque a changé. Mais une question demeure : que vaut une intelligence lorsqu’elle n’est plus capable de prendre le risque de défendre une cause impopulaire ?

Cette évolution conduit également à s’interroger sur la capacité de la France à défendre une conception véritablement universelle des droits de l’Homme.

C’est dans ce paysage qu’il faut regarder Gaza. Si j’évoque Gaza, ce n’est pas parce que les victimes sont palestiniennes. C’est précisément parce qu’elles sont des victimes : des femmes, des enfants, des vieillards, des populations civiles. Leur religion ne devrait rien changer à notre indignation. Leur nationalité non plus. Leur appartenance ethnique ou politique encore moins. Un enfant reste un enfant. Une vie humaine reste une vie humaine. La justice n’a pas de passeport. La souffrance n’a pas de religion.

C’est pourquoi la position de Dominique de Villepin mérite d’être rappelée : il a régulièrement appelé à défendre le droit international et à ne pas détourner le regard devant le drame humanitaire de Gaza.

Ce qui mérite d’être retenu ici n’est pas qu’il aurait choisi «le camp palestinien». C’est qu’il a rappelé que le droit et la dignité humaine ne devraient pas être soumis à la logique des camps. C’est cela, l’universalisme.

Des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée

L’histoire du lepénisme est finalement celle d’une métamorphose : une génération marquée par les guerres coloniales, l’Algérie française, la décolonisation, la recomposition de l’extrême droite, la naissance du FN, l’immigration transformée en arme électorale, les provocations de Jean-Marie Le Pen, le séisme du 21 avril 2002, puis la dédiabolisation menée par sa fille.

Le parti qui végétait aux marges de la vie politique française est devenu une force politique majeure.

Marine Le Pen a déjà atteint deux fois le second tour de la présidentielle et se présente aujourd’hui pour 2027 dans une position particulièrement favorable. Mais rien n’est joué. L’histoire électorale française a suffisamment montré que les certitudes des sondages pouvaient être démenties par le suffrage universel.

La question dépasse désormais largement la seule famille Le Pen. Elle concerne une France qui fut longtemps fière de ses grandes consciences, de ceux qui, d’Emile Zola à Gisèle Halimi, de Victor Hugo à Jean-Paul Sartre, choisirent parfois leur conscience plutôt que la raison d’État.

La France des droits de l’Homme saura-t-elle encore reconnaître ce qui a fait sa grandeur ? Retrouvera-t-elle le sursaut républicain qui fut le sien le 5 mai 2002 ?

Le jour de l’élection, la France des droits de l’Homme saura-t-elle encore dire : basta à l’exclusion, basta au racisme, basta à la politique du deux poids, deux mesures ? Saura-t-elle rester fidèle à ce qu’elle a longtemps prétendu être, ou choisira-t-elle d’abdiquer et de laisser faire ? La réponse appartiendra aux Français.

Des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée, la marche aura été longue. Mais le dernier mot n’appartient ni aux sondages, ni aux héritiers, ni aux stratèges. Il appartiendra au peuple français.

* Médecin algérien, Canada.

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Une thèse de doctorat en Egypte sur la poésie de Tahar Bekri

17. September 2026 um 07:42

Le chercheur égyptien Eslam Hamza Ibrahim Al Dassouky s’apprête à soutenir sa thèse de doctorat qui a pour thème : «La configuration de l’espace dans la poésie de Tahar Bekri» à la Faculté des lettres et des arts de l’Université de Banha, en Egypte (Département de français). Ph. Anne Savate.

Né le 7 juillet 1951 à Gabès et vivant en France depuis les années 1980, Tahar Bekri est un poète, essayiste et critique littéraire tunisien de langues française et arabe. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, sa poésie, saluée par la critique, est traduite en plusieurs langues, notamment le russe, l’anglais, l’italien, l’espagnol et le turc.

La soutenance aura lieu le samedi 19 septembre 2026 à 11h.

I. B.

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Etats-Unis | Pour Jared Kushner, seuls comptent I’argent et Israël

17. September 2026 um 07:30

Donald Trump a négligé les diplomates durant son premier mandat et encore plus durant le second, c’est à sa famille et à ses proches qu’il confie les dossiers sensibles et tant pis s’ils sont incompétents ! Alors que le secrétaire d’État Marco Rubio est marginalisé à tel point qu’on oublie qu’il existe, il s’occupe uniquement de l’Amérique latine, ce sont son ami homme d’affaires Steve Witkoff et surtout son gendre, affairiste lui aussi, Jared Kushner, qui ont la haute main sur les grands dossiers de la politique internationale. «Monsieur Gendre» n’oublie pas de s’engraisser au passage mais aussi, en grand sioniste devant l’Éternel, à veiller aux intérêts d’Israël.

Imed Bahri

Le magazine américain The New Yorker a publié une enquête de Dexter Filkins intitulée «La diplomatie du dollar de Jared Kushner» dans laquelle l’auteur estime que le gendre de Trump incarne ce profil de personnes à Washington pour qui la fonction publique constitue un moyen d’accéder à davantage d’opportunités pour augmenter sa fortune. 

Dans les dernières heures précédant la déclaration de guerre des États-Unis à l’Iran en février dernier, Kushner a rencontré des négociateurs iraniens à Genève, dans une tentative désespérée d’éviter un conflit qui a plongé la région dans le chaos et déstabilisé l’économie mondiale. Après la réunion, Kushner a déclaré aux journalistes que les négociateurs iraniens ne méritaient pas son temps : «Beaucoup de manigances. En gros, ils jouent avec nous sur tous les fronts, et le terrain est très, très glissant».

Un amateurisme diplomatique inquiétant 

Le gendre de Donald Trump, à l’apparence juvénile, s’est vu octroyer des pouvoirs extraordinaires ces dernières années. Avec Witkoff, l’envoyé spécial du président, il a été chargé de mettre fin aux guerres à Gaza, en Ukraine et partout où elles éclatent.

Kushner, 45 ans, n’accorde que peu d’importance à l’art de la diplomatie. Il estime que la connaissance de l’histoire de la région ou des détails des positions des parties négociatrices importe moins que l’écoute des différents points de vue et la recherche de compromis. Il affirme que les accords de paix sont comme des transactions immobilières, les deux impliquent des négociations ardues et parfois des tromperies. Les difficultés rencontrées par de nombreux diplomates avant lui, soutient-il, ne témoignent pas de la complexité des problèmes internationaux, mais plutôt des lacunes de ses prédécesseurs. En 2020, après la présentation par Trump de son premier plan de paix pour le Moyen-Orient, il déclare : «On me critique depuis deux ans pour ne pas avoir suivi leur approche. Si l’un d’eux avait réussi, je n’aurais pas à gérer cette situation».

Pourtant, ni Kushner ni Witkoff ne prêtent grande attention aux conseils des experts, même lorsqu’ils s’attaquent à deux dossiers complexes comme l’Iran et l’Ukraine. Ils négocient sans conseillers ni connaissance des détails de ces deux conflits.

L’auteur cite un diplomate au fait des négociations avec l’Iran, selon lequel, lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a commencé à faire des concessions, les Américains n’ont pas pleinement saisi la portée des propositions. Ils ont consulté Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), mais ce dernier participait aux pourparlers en tant que tiers neutre. Un ancien responsable de la Maison-Blanche ayant travaillé sur le dossier nucléaire iranien a exprimé sa profonde frustration face à ce manque de préparation : «Les Iraniens sont venus vous présenter une proposition. Qu’est-ce que cela signifie réellement ? Quel impact aura-t-elle sur eux, à court ou à long terme ? Quelles sont les solutions alternatives ? ​​L’absence de conseillers techniques constitue une grave négligence».

«À en juger par les propos de Kushner et Witkoff, il est clair qu’ils ne maîtrisent pas grand-chose sur le plan technique», a déclaré Kelsey Davenport, experte en non-prolifération à l’Arms Control Association.

Israël impose et les Etats-Unis disposent

Un ami de Kushner s’est montré encore plus direct : «C’est un homme sympathique mais il est complètement déconnecté de la réalité». Inquiet, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, s’est rendu à Washington pour tenter d’éviter la guerre. N’ayant pu rencontrer Trump, il s’est entretenu avec le vice-président J.D. Vance, un opposant déclaré à la guerre, qui a affirmé sur CBS «qu’un accord était à portée de main» mais Witkoff et Kushner ont alors annoncé à Trump que l’Iran refusait de capituler. L’attaque a commencé.

Au fur et à mesure que la guerre se déroulait, Kushner a avancé une justification surprenante pour attaquer les Iraniens : «Ils auraient pu, vous savez, se doter de l’arme nucléaire en quelques jours ou semaines s’ils s’en étaient donné les moyens». Cette justification était illogique. Depuis les frappes de 2025 contre les installations nucléaires iraniennes, l’AIEA n’avait trouvé aucune preuve de reprise du programme d’armement nucléaire.

En réalité, Trump a été poussé à la guerre par Benjamin Netanyahu qui pensait qu’une campagne coordonnée permettrait de renverser rapidement le régime iranien.

Lorsque les services de renseignement américains ont localisé les hauts responsables, Israël a lancé la frappe. Trump a alors décidé que les États-Unis ne pouvaient éviter la guerre, selon le secrétaire d’État Marco Rubio : «Une action israélienne était attendue et nous savions qu’elle entraînerait une attaque contre les forces américaines». Sept mois plus tard, Trump est toujours empêtré dans le conflit et confronté à une crise économique mondiale due à la fermeture du détroit d’Ormuz et aux pénuries de munitions essentielles.

Alliance du monde des affaires et de la politique

Pour tout autre envoyé présidentiel, les négociations avec l’Iran auraient eu des conséquences désastreuses mais pas pour Kushner, la guerre n’était pas sa priorité. Tout en négociant avec l’Iran, il gérait également des milliards de dollars d’investissements versés dans son fonds d’investissement privé par d’autres gouvernements de la région.

Tout au long de la présidence de Trump, Kushner a bâti sa carrière sur l’alliance du monde des affaires et de la politique. Il affirme que son expérience d’homme d’affaires contribue à ses efforts diplomatiques car elle lui permet de trouver des solutions novatrices à des problèmes généralement traités par des bureaucrates ingénieux.

À mesure qu’il parcourait le monde au service de Trump, son implication dans les affaires commerciales des pays où il opérait s’est accrue. Il représente une nouvelle génération de personnalités à Washington, pour qui la fonction publique devient un moyen d’amasser des fortunes colossales.

Ces deux dernières années, un groupe de personnes proches de la Maison-Blanche, parmi lesquelles les frères Witkoff, le conseiller en cryptomonnaies David Sacks et d’autres membres de la famille Trump, ont utilisé leurs fonctions officielles pour s’enrichir de milliards de dollars.

«Je les connais tous», déclare un ancien responsable américain qui était en poste au Moyen-Orient, qui ajoute: «Ils assistent aux réunions et mènent des affaires parallèlement à leur diplomatie. Ils disent : Assez parlé de cessez-le-feu. Nous avons cet hôtel que nous voulons construire ! Voilà le genre de politique étrangère que mène l’Amérique aujourd’hui».

Lorsque Kushner a quitté Washington après la fin du premier mandat de Trump, il était épuisé par quatre années de conflits internes et embarrassé par les émeutes du 6 janvier. L’auteur cite un ami qui affirme: «Jared et Ivanka ont délibérément choisi de se retirer et de ne pas apparaître comme les représentants de Trump».

La famille Kushner s’installe à Indian Creek, en Floride, où elle acquiert une somptueuse demeure de 24 millions de dollars construite sur une île privée, un havre de paix surnommé «le refuge des milliardaires». Kushner fonde sa propre société de capital-investissement, Affinity Partners, et met à profit ses relations pour constituer un portefeuille d’investissements lucratif. En 2024, il déclare : «À ce stade de ma vie, je souhaite me concentrer sur mon entreprise».

Avec le retour de Trump à la Maison-Blanche, ce dernier insiste pour que Kushner le rejoigne. Après quelques hésitations initiales, Kushner accepte et est envoyé avec Witkoff pour traiter des questions internationales, alors que l’influence des États-Unis est en déclin. Leur première étape est l’Ukraine, où ils présentent un plan de paix. Certains observateurs soupçonnent que la Russie a en réalité proposé aux Américains des accords commerciaux en échange d’un accord de paix favorable. «C’est l’opinion générale!», selon un ancien responsable américain.

Arrogance et suffisance héritées de son père 

Dexter Filkins a relevé que l’assurance de Kushner, que certains qualifient plutôt d’arrogance, s’est pleinement manifestée en 2024 lors d’une conférence à l’Université Harvard. Il y a dressé un bilan cinglant de plusieurs accomplissements diplomatiques majeurs des administrations précédentes : l’accord de Barack Obama visant à limiter le programme nucléaire iranien était «l’un des accords les plus stupides» jamais conclus, et les accords d’Oslo, qui définissaient en 1993 le processus de création d’un État palestinien, étaient un «échec total». Il s’est montré beaucoup plus élogieux envers son propre travail : «Je pense que mon bilan au Moyen-Orient est sans égal ces dernières années». Cette assurance a agacé les diplomates chevronnés. «Il est incroyablement sûr de lui et extrêmement arrogant», a déclaré un ancien responsable américain qui a travaillé avec lui.

Le sentiment de supériorité de Kushner remonte à son enfance à Livingston, une ville cossue du nord du New Jersey, au sein d’une famille juive orthodoxe. Son père, Charles*, avait amassé une fortune considérable dans le secteur de la construction. Malgré les généreux dons de Charles aux œuvres caritatives locales, son caractère suscitait le scepticisme. Un proche de la famille déclara: «Charles Kushner avait une très mauvaise réputation au sein de la communauté juive. Il était connu pour sa grossièreté et son avidité. Les Kushner sont réputés pour leur cupidité».

Une autre connaissance décrivit Kushner et son parcours universitaire médiocre comme «l’incarnation grotesque de celui qui a tout reçu». Malgré ses qualifications académiques modestes, Kushner fut admis à l’université Harvard après que son père eut promis 2,5 millions de dollars et les dons commencèrent à affluer dès son inscription.

À l’arrivée au pouvoir de Trump, Kushner est devenu une sorte de ministre sans portefeuille, travaillant sur des dossiers allant de la réforme du droit pénal à la renégociation des accords commerciaux. À l’instar du président, il avait tendance à s’appuyer davantage sur ses amis fortunés que sur les fonctionnaires. Un ancien haut responsable républicain proposa de recruter des experts en politique financière et monétaire mais Kushner refusa, déclarant : «Vous ne comprenez pas. Nous embauchons des milliardaires, des milliardaires!»

Israël, Israël et toujours Israël !

Kushner s’est rapidement concentré sur le Moyen-Orient, où il a contribué à mettre en œuvre une politique de soutien indéfectible à Israël. Il a grandi avec des convictions intransigeantes sur la région, et son père était depuis longtemps un donateur pour des causes israéliennes, notamment des organisations comme les Amis américains de la Yeshiva de Beit El**, qui soutiennent les colonies en Cisjordanie. Charles Kushner est également un ami personnel du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu depuis des décennies.

Trump et ses conseillers estimaient que l’Iran, principal adversaire des États-Unis au Moyen-Orient, avait bénéficié d’une impunité totale. Pour contenir ce pays, ils souhaitaient renforcer les liens avec l’Arabie saoudite, mis à rude épreuve sous Obama. Trump a chargé Kushner de rétablir ces liens. Les agences de renseignement américaines ont restreint l’accès de Kushner aux documents hautement classifiés, craignant que ses intérêts commerciaux ne le rendent vulnérable à une exploitation par des adversaires étrangers mais certains diplomates voyaient en son parcours un atout majeur pour le Moyen-Orient. À l’instar des monarchies du Golfe, les familles Trump et Kushner fonctionnaient essentiellement comme des entreprises familiales.

Les affaires de Kushner sont largement financées par le Etats du Golfe.

Des relations étroites avec les États du Golfe

Les relations étroites de Kushner avec les États du Golfe ont joué un rôle central dans les accords d’Abraham. Le New Yorker rappelle sa relation étroite avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le soutien apporté par l’administration Trump à l’ascension de l’homme fort de l’Arabie saoudite.

Après le départ de Trump de la Maison-Blanche, Kushner a continué de tirer profit de cette relation et des investissements qui en ont découlé, largement financés par des fonds du Golfe.

Un ami de Kushner affirmé au New Yorker que ce dernier est retourné à la Maison-Blanche lors du second mandat de son beau-père en partie parce qu’il pensait pouvoir aider Israël. Bien qu’il ait parfois évoqué l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens, il n’a pas hésité à bafouer leurs intérêts pour garantir les accords d’Abraham. À l’université Harvard en 2024, il a déclaré que le meilleur endroit pour les Gazaouis serait probablement le désert du Néguev, en Israël. Il n’a pas expliqué comment ils seraient contraints de se déplacer ni s’ils seraient autorisés à revenir. Il a décrit Gaza comme «un lieu misérable construit par des ONG et des terroristes».

Le Moyen-Orient n’était pas le seul terrain où Kushner a prospéré, il a également mené des projets controversés en Albanie et ailleurs.

Pendant ce second mandat de Trump, il continue de s’enrichir. En 2025, de nouveaux investissements en provenance du Moyen-Orient ont contribué à une croissance de 30% de son fonds, atteignant plus de six milliards de dollars. Affinity Partners estime son taux de rendement interne annuel à 25%. Parmi ses projets figurent deux investissements majeurs en Israël : 110 millions de dollars dans le groupe Shlomo, une société de location de voitures et environ 300 millions de dollars dans Phoenix Financial, une compagnie d’assurance.

* Charles Kushner a été nommé ambassadeur des États-Unis en France par Trump lors de son second mandat. Il est en poste depuis le 11 juillet 2025.

** La Yeshiva de Beit El est une institution talmudique sioniste religieuse fondée en 1978 dans la colonie israélienne de Beit El, en Cisjordanie.

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Tunisie | Lancement officiel du Prix Kamel Labidi pour les médias

16. September 2026 um 12:51

Amnesty International Tunisie lance la quatrième édition de son prix des médias pour les droits humains, baptisé cette année «Prix Kamel Labidi pour les médias». Ce concours vise à honorer les journalistes professionnels, les jeunes et les créateurs de contenu engagés dans la défense des droits humains.

Décédé le 17 janvier 2026, Kamel Labidi était un journaliste indépendant et intègre et un défenseur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression en Tunisie et dans le monde arabe. Il a pris part à la construction et à la réforme du secteur de la presse et des médias en Tunisie en président l’Instance nationale pour la réforme de de l’information et la communication (Inric) après la révolution du 14 janvier 2011; mais lorsque les libertés ont de nouveau reculé dans le pays, il a choisi de se mettre en retrait une fois de plus, et s’est installé au Liban où il est décédé.

Le prix est ouvert aux journalistes professionnels, aux jeunes, aux citoyens et citoyennes ainsi qu’aux créateurs et créatrices de contenu qui s’engagent à défendre les droits humains et contribuent, par leurs travaux, à mettre en lumière les questions qui y sont liées.

Les candidatures sont ouvertes du 15 septembre au 15 novembre 2026 via le formulaire en ligne.

Vous trouverez les conditions et les modalités de participation à ce lien.

I. B.

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Le cinéma tunisien au 37e Fameck, vitrine des cinémas arabes en France  

16. September 2026 um 09:09

Trois cinéastes tunisiens seront présents à la 37e édition du Festival du film arabe de Fameck qui se tiendra au 1er au 11 octobre 2026 à Thionville Fensch (France). Il s’agit de Hind Meddeb qui présentera son film ‘‘Soudan, souviens-toi’’ hors compétition et présidera le jury de la compétition du documentaire. Pour leur part, Mohamed Ali Nahdi et Amel Guellaty présenteront leurs longs métrages de fiction respectifs ‘‘Le 13e round’’ et ‘‘D’où vient le vent ‘’ en compétition officielle.  

Cette 37e édition, qui sera plus que jamais centrée sur le cinéma comme langage universel et espace de résistance pour saisir les enjeux que traverse le monde arabe contemporain, présentera un panorama de 40 longs et 12 courts métrages de fiction, d’animation et documentaires venus d’Algérie, d’Arabie Saoudite, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie et du Yémen (dont plusieurs inédits et avant-premières).

Dans le cadre d’un focus, et pour la première fois, le Festival met aussi à l’honneur le Soudan à travers une dizaine de films et célèbre un cinéma de résistance marqué par la censure, qui renaît et se réinvente à travers l’exil.

Porté par des cinéastes engagés, il s’impose dans les festivals par sa maîtrise des codes cinématographiques et sa signature esthétique originale, œuvrant à faire sortir du silence, voire de l’indifférence, un pays meurtri par une grave crise humanitaire et un très important déplacement de population.

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Hypothèse de travail | Et si la Tunisie utilisait l’euro ?

16. September 2026 um 08:45

La Tunisie ne rejoindra pas la zone euro. Elle n’est pas membre de l’Union européenne (UE), elle ne siège ni à la Banque centrale européenne (BCE), ni dans les institutions qui fixent la politique monétaire du continent. Mais une question mérite d’être posée – à titre d’hypothèse : un pays aussi étroitement arrimé à l’économie européenne a-t-il intérêt à utiliser l’euro ?

Ali Guidara *  

L’idée peut sembler iconoclaste. Le dinar est un symbole de souveraineté et un instrument de politique économique. Mais toute monnaie doit aussi être jugée à l’aune de son utilité concrète : facilite-t-elle les échanges, sécurise-t-elle l’investissement, protège-t-elle le pouvoir d’achat et permet-elle à l’économie d’absorber les chocs ?

Pour une économie largement tournée vers l’Europe, la question n’est donc pas théorique. Elle est commerciale, industrielle et financière – mais aussi, on le verra, politique. Il ne s’agit pas de plaider ici pour une adoption immédiate de l’euro, mais d’utiliser cette hypothèse comme un révélateur : que dit-elle de la place de la monnaie dans le modèle économique tunisien ?

Une économie fortement arrimée à l’Europe

La Tunisie exporte massivement vers le marché européen et importe de l’UE une part importante de ses biens d’équipement, de ses intrants et de ses produits intermédiaires. Elle accueille des entreprises européennes et s’insère dans leurs chaînes de valeur, notamment dans les composants électriques, l’automobile, le textile, l’aéronautique et certains services. L’Europe n’est pas seulement son principal client. Elle est aussi un fournisseur, un investisseur et un partenaire de production.

Dès lors, une frontière monétaire traverse l’économie tunisienne. Les recettes d’exportation sont souvent libellées en euros, tandis que les salaires et une large partie des charges sont payés en dinars. Les machines, les technologies, certains composants et certains financements sont acquis en devises, alors que les entreprises tiennent l’essentiel de leur comptabilité en monnaie nationale. Les investisseurs européens, eux, raisonnent en euros et supportent un risque de change qui pèse sur leurs décisions.

Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) pour 2025, l’UE représentait environ 55% du commerce extérieur tunisien. Près de 70% des exportations tunisiennes étaient destinées au marché européen, contre un peu moins de 44% des importations. Les échanges de biens entre la Tunisie et l’UE ont atteint 26 milliards d’euros en 2025, selon la Commission européenne. Ces chiffres ne suffisent pas à imposer un changement de monnaie, mais ils justifient que le sujet ne soit plus traité comme une simple provocation.

Le précédent des Balkans

L’objection juridique est claire : un pays non membre de l’UE ne peut pas adhérer à la zone euro. L’adoption officielle de l’euro suppose une intégration à l’Union, le respect de critères de convergence et une participation pleine aux institutions monétaires européennes. Mais utiliser l’euro est une autre chose.

Le Kosovo et le Monténégro ont adopté l’euro de manière unilatérale, sans appartenir à l’UE ni à la zone euro, et sans disposer d’un accord monétaire leur donnant accès aux instances de décision de la BCE. Bruxelles et Francfort ont toujours regardé cette situation avec réserve. L’UE ne reconnaît pas l’euroïsation unilatérale comme une voie d’accès à la zone euro. Le précédent montre néanmoins une réalité simple : il est possible, pour un État, de choisir l’euro comme moyen de paiement et unité de compte sans participer à sa gouvernance – et donc sans voix au chapitre sur les décisions qui affectent son économie.

Cette situation en évoque une autre, plus familière en Afrique : le franc CFA. La comparaison est nécessaire. Le franc CFA est une union monétaire instituée par traité, héritée de la période coloniale, adossée à une garantie du Trésor français et à une gouvernance partagée. Aucun pays membre ne peut y renoncer seul. L’euroïsation unilatérale ne crée ni union, ni garantie extérieure, ni gouvernance commune : un État qui choisit l’euro pourrait, en théorie, y renoncer seul, au prix d’une désorganisation économique.

La question tunisienne devient alors plus claire : quels gains pourraient compenser la perte de souveraineté monétaire – et la marge de manœuvre qui l’accompagne ?

Ce que l’euro apporterait

Le premier avantage serait la réduction du risque de change avec le principal partenaire économique du pays. Aujourd’hui, une entreprise tunisienne qui exporte en euros, mais importe aussi des équipements, de l’énergie, des composants ou des services en devises, reste exposée aux mouvements du dinar. Une dépréciation de la monnaie nationale peut améliorer, en apparence, la valeur en dinars des recettes d’exportation. Mais elle renchérit simultanément les importations indispensables à la production. L’effet n’est donc ni uniforme ni mécaniquement favorable à l’économie tunisienne.

Les entreprises les plus intégrées aux chaînes de valeur européennes pourraient gagner en visibilité sur leurs coûts, leurs marges et leurs contrats. Les investisseurs européens seraient moins exposés à l’incertitude monétaire. Les entreprises tunisiennes qui achètent des machines ou mobilisent des financements européens disposeraient d’un cadre plus prévisible.

Le tourisme pourrait aussi y trouver un intérêt : une monnaie directement familière à une clientèle de la zone euro supprimerait le risque de change pour le touriste, rendrait les prix plus immédiatement comparables et simplifierait la comptabilité des opérateurs touristiques.

Des indépendants travaillant avec des firmes internationales et des salariés de groupes étrangers qui perçoivent des revenus en euros, ou encore les familles qui vivent en partie des transferts de la diaspora gagneraient en prévisibilité : ces transferts, envoyés depuis l’Europe notamment, représentaient 6,5% du PIB tunisien à fin 2024 selon la BCT.

L’adoption de l’euro par la Tunisie ne crée pas, à elle seule, de richesse. Mais elle peut réduire les coûts de transaction, améliorer la lisibilité des prix et limiter une part de l’incertitude qui freine l’investissement.

Le coût du dinar

Le revers est majeur : la Tunisie perdrait son instrument monétaire. Avec le dinar, la Banque centrale de Tunisie (BCT) peut agir, dans certaines limites, sur les taux d’intérêt, la liquidité et le taux de change. Une dépréciation peut contribuer à restaurer temporairement la compétitivité-prix des exportations ou à amortir un choc extérieur. Elle a toutefois un coût : elle renchérit les importations, nourrit l’inflation et pèse sur le service de la dette libellée en devises.

L’euro supprimerait cette possibilité. En cas de choc proprement tunisien – crise du tourisme, hausse du coût énergétique ou ralentissement de l’activité – le pays ne pourrait plus ajuster son taux de change. Il lui faudrait absorber le choc autrement : par une modération des salaires ; par une réduction des dépenses publiques, plus difficiles à financer faute de la soupape du taux de change ; ou par une émigration accrue, qui allège la pression sur le marché du travail et ramène des devises via les transferts des expatriés.

C’est l’un des enseignements essentiels de toute union monétaire : lorsque le taux de change disparaît, l’économie doit être suffisamment flexible, productive et solide pour s’ajuster autrement.

L’expérience de la zone euro elle-même le rappelle : la BCE fixe une politique unique, calibrée sur le cycle des grandes économies qui pèsent le plus dans ses décisions. Un pays dont la conjoncture évolue à contretemps de ce cycle, sans possibilité d’ajuster ses taux, doit encaisser le choc autrement – c’est ce qu’ont appris à leurs dépens plusieurs économies périphériques lors de la crise de la dette souveraine des années 2010. Une Tunisie euroïsée n’aurait aucune voix pour infléchir cette politique dans un sens plus favorable à sa propre conjoncture.

Du point de vue de la théorie des zones monétaires optimales, la question centrale est celle de la symétrie des chocs et de la flexibilité interne : dans quelle mesure les cycles tunisien et européen sont-ils alignés, et à quel prix l’économie tunisienne peut-elle s’ajuster sans levier de change ? L’hypothèse de l’euro oblige à poser cette question frontalement, même si la réponse, aujourd’hui, penche clairement en faveur du maintien d’une marge de manœuvre monétaire.

Coexistence des monnaies

Entre le dinar intégralement souverain et l’euro pleinement adopté, il existe une voie intermédiaire : la cohabitation prolongée des deux monnaies.

Cette solution serait sans doute la plus réaliste à court terme. La Tunisie pourrait élargir l’usage de l’euro dans les secteurs déjà exposés aux devises, sans abolir le dinar. Cette cohabitation n’a rien d’abstrait : une partie des mécanismes bancaires liés aux devises existe déjà, notamment pour les entreprises ayant des revenus d’exportation et pour certains comptes en devises. La loi de finances 2026 a d’ailleurs introduit, pour les particuliers, un compte en devises sans autorisation préalable de la BCT – mais le dispositif reste étroit et soumis à des restrictions.

Une forme de coexistence existe à travers les comptes professionnels en devises et les mécanismes destinés aux entreprises exportatrices. Mais elle reste fortement encadrée par la réglementation des changes et ne constitue pas une véritable liberté de circulation entre le dinar et l’euro.

L’enjeu ne serait donc pas d’inventer de toutes pièces un usage de l’euro, mais de construire, pour les entreprises comme pour les particuliers, des circuits plus fluides, plus lisibles et plus larges. Cette transition permettrait de tester les avantages et les inconvénients avant un basculement plus radical. Mais elle comporterait aussi un risque : si les agents économiques perdent confiance dans le dinar, l’euro peut progressivement s’imposer par les faits, dans l’épargne, les contrats et les transactions. L’euroïsation partielle peut alors devenir une euroïsation de fait.

Le vrai débat

Adopter l’euro ne constituerait ni une panacée ni une abdication automatique. Ce serait un arbitrage entre deux choix.

Le premier est monétaire : conserver le dinar, maintenir la capacité de fixer ses propres taux et d’ajuster le taux de change en cas de crise. Le second est économique : réduire l’incertitude avec le principal partenaire commercial du pays et faciliter les décisions d’investissement, pour autant que la réglementation soit claire et la stabilité durable.

Il existe un troisième terme, moins souvent formulé : le terme politique. Une économie davantage arrimée à l’euro devient plus dépendante de décisions prises à Francfort et à Bruxelles sans y avoir voix – une asymétrie déjà visible au Kosovo et au Monténégro. Cette dépendance pourrait peser, plus largement, sur le rapport de force dans les négociations commerciales ou budgétaires avec l’UE, qui n’aurait de son côté aucune obligation nouvelle envers Tunis. Ce n’est pas un argument contre l’euro : le dinar n’offre lui non plus aucune garantie d’indépendance réelle face à un partenaire qui pèse 55% du commerce extérieur du pays.

Le dinar offre une capacité d’adaptation, mais au prix d’une vulnérabilité aux tensions de change et à l’inflation importée. L’euro promet davantage de stabilité, mais impose une discipline bien plus exigeante : compétitivité par la productivité plutôt que par la dévaluation, finances publiques soutenables, système bancaire robuste, montée en gamme industrielle et amélioration du climat des affaires, notamment l’écart entre le cadre réglementaire et son application concrète pour les entreprises. Les indicateurs récents de la Banque mondiale montrent que la Tunisie conserve un écart important entre la qualité du cadre réglementaire et son application opérationnelle, ce qui constitue un frein à l’investissement.

C’est peut-être là que réside l’intérêt principal de cette hypothèse. Non pas dans l’annonce prématurée de la disparition du dinar, mais dans la question qu’elle oblige à poser : la Tunisie peut-elle bâtir un modèle de croissance moins dépendant de l’ajustement monétaire et davantage fondé sur l’investissement, la productivité et la confiance ?

L’euro ne résoudrait pas les fragilités structurelles de l’économie tunisienne. Mais le débat sur son adoption aiderait à clarifier ce que le pays attend réellement de sa monnaie – et ce qu’il est prêt à transformer pour gagner en stabilité et en prospérité. En ce sens, parler de l’adoption de l’euro, c’est surtout tendre un miroir au modèle économique tunisien.

* Docteur en politiques publiques.

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Le faux débat sur l’islam en Europe

16. September 2026 um 08:10

Alors que l’islam est attaqué de toutes parts en Europe et sans aucune nuance par les partis d’extrême droite qui ont le vent en poupe et que les musulmans sont stigmatisés, le magazine britannique The Economist affirme dans un éditorial cette semaine que les allégations selon lesquelles l’islam en tant que religion menacerait l’Europe sont fausses mais que l’islamisme en tant qu’idéologie et l’islamophobie nourrie par l’extrême droite constituent bel et bien un danger. Les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne qui compte plus de 500 millions d’habitants donc la fable de l’islam conquérant chère à l’extrême droite pour insuffler une peur panique aux électeurs ne tient pas.

Imed Bahri

Dans cet éditorial intitulé «La vérité et les mensonges à propos de l’islam en Europe», publié à l’occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, l’auteur constate que la peur de l’islam s’intensifie dans les pays européens, la moitié de la population estimant désormais que l’islam est incompatible avec les valeurs occidentales.

Le 6 septembre, le parti populiste de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté 44% des voix en Saxe-Anhalt, son plus large score à ce jour lors d’une élection régionale, mettant en garde contre «l’islamisation» de l’Allemagne et menaçant de déportations forcées. 

La paranoïa de la droite extrême

Le même week-end, en Grande-Bretagne, des centaines d’individus masqués ont occupé la ville de Douvres, plaque tournante de l’immigration clandestine entre la France et l’Angleterre, scandant «Arrêtez les embarcations» et «Jésus est le Roi». Cet épisode montre que souvent l’immigration est liée à la religion musulmane et à la menace qu’elle constituerait pour l’Occident chrétien. 

En France, l’appel de Marine Le Pen à interdire le port du voile dans les lieux publics recueille le soutien de 60% des électeurs.

Le magazine britannique constate que cette obsession s’est enracinée en Amérique. La crainte n’est plus celle du terrorisme, comme après le 11 septembre, mais celle d’un «complot islamique» visant à prendre le contrôle de l’Europe de l’intérieur, tandis que des membres de l’administration Trump mettent en garde contre le «déclin de la civilisation européenne».

Cette vision nuit aux relations transatlantiques et est fondamentalement erronée. L’Europe n’est confrontée à aucune menace de domination islamique, à aucune radicalisation massive des musulmans ni à une éradication de sa culture.

The Economist rapporte qu’il n’existe pas de «zones de non-droit», la charia n’est pas intégrée au droit national et aucune «grande alternative» démographique ne se profile à l’horizon.

Cependant, le véritable danger qui menace l’Europe selon le magazine britannique est différent. Il s’agit de l’extrémisme alimenté par l’islamisme (la conviction que l’État doit imposer les principes islamiques) et la paranoïa de la droite extrême attisée par les réseaux sociaux. La gauche aggrave la situation en niant les menaces, certes modestes mais bien réelles, que représente l’islam politique. Les responsables politiques du centre font de même, en gardant le silence par crainte d’être accusés de racisme.

Cette dynamique pourrait déjà nuire aux démocraties libérales en Europe, non pas en les remplaçant par un système de califat mais en ralentissant l’intégration et en favorisant des politiques qui porteraient durablement atteinte à leurs libertés.

Les musulmans représentent 6% de la population européenne

The Economist affirme que ces craintes extrêmes sont facilement démasquées. Malgré une immigration record en provenance de pays à majorité musulmane, les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne, qui compte plus de 500 millions d’habitants. Si les nouveaux arrivants ont généralement plus d’enfants que les immigrés nés dans le pays, les taux de fécondité tendent à converger en deux générations. En réalité, la plupart des immigrés musulmans souhaitent rester et vivre dans leur nouveau pays et non imposer une version des sociétés qu’ils viennent de quitter.

Également, les enfants de migrants ont plutôt de bons résultats à l’école. En Grande-Bretagne, 67% des Bangladais ayant passé des tests standardisés en 2021 étaient inscrits à l’université avant l’âge de 19 ans, contre 38% des Britanniques blancs. De nombreux musulmans sont engagés en politique, comme en témoignent la ministre de l’Intérieur britannique, Shabana Mahmood, et le maire de Londres, Sadiq Khan. À bien des égards, les attitudes des musulmans peuvent être similaires à celles des autres Européens. Un sondage réalisé par le magazine auprès de musulmans britanniques a révélé peu d’opposition au travail des femmes.

The Economist s’interroge sur les motivations de tant d’Européens à s’opposer à l’islam et considère que certaines positions répandues chez les musulmans nourrissent cette méfiance envers l’Islam. Les sondages du magazine montrent que 52% des musulmans considèrent l’homosexualité comme immorale et que les jeunes musulmans (41% des moins de 35 ans) sont plus enclins que les musulmans plus âgés (25%) à penser que la violence est justifiée en cas d’insulte au Prophète.

Ne pas confondre l’islamisme politique et l’islam comme religion

Pour autant, selon le magazine britannique, le fait d’avoir des opinions socialement conservatrices ne constitue pas en soi une menace. Certains militants d’extrême droite en Europe ne sont pas moins hostiles aux homosexuels qu’aux musulmans qu’ils condamnent mais certaines de ces positions devraient inquiéter les libéraux qui ont longtemps cru que les sociétés ouvertes finiraient par rendre les gens plus tolérants.

The Economist insiste sur le fait que le danger provient de l’islamisme en tant qu’idéologie politique et ne doit pas être confondu avec l’islam en tant que religion. L’islam n’est pas le problème en soi, c’est l’islamisme qui peut l’être. Contrairement aux djihadistes du 11 septembre, la plupart des islamistes ne prônent pas la violence mais beaucoup se livrent à de l’infiltration, c’est-à-dire qu’ils infiltrent les institutions démocratiques pour promouvoir un programme illibéral. Le principal danger de l’infiltration réside au niveau local. De petits réseaux bien organisés peuvent prendre le contrôle d’une école, d’une mosquée, d’un conseil municipal ou d’une association caritative, utilisant ces institutions pour décourager l’intégration et imposer une conformité religieuse aux autres musulmans vivant à proximité.

Les services de sécurité européens sont de plus en plus préoccupés par ces islamistes non violents. En France, les autorités craignent l’infiltration clandestine des Frères musulmans. Un rapport officiel publié l’année dernière mettait en garde contre le risque que l’islamisme ne menace, à terme, les lois laïques et les droits des femmes. Toutefois, cette perspective semble désormais improbable. Le ministère français de l’Intérieur estime que seuls 139 des 2 800 lieux de culte musulmans sont liés aux Frères musulmans. Les principales victimes sont d’autres musulmans.

Dans la moitié des douze circonscriptions de Blackburn, dans le nord de l’Angleterre, les musulmans représentent plus de 60% de la population, et dans deux d’entre elles, ce chiffre dépasse les 80%. Dans ces zones, les femmes peuvent se sentir contraintes de se soumettre aux conseils de la charia pour les questions concernant leur famille. Les musulmans LGBTQ+ et les personnes de tendance libérale sont également victimes d’intimidation. Les musulmans qui n’adhèrent pas à la charia se plaignent que les autorités occidentales, par crainte d’être accusées de racisme s’ils réagissent, ne leur accordent pas la même protection qu’aux citoyens non musulmans.

Face à ces réalités, The Economist met en garde contre le danger de l’islamisme, arguant que ces menaces locales pourraient se transformer en menace continentale du fait de leur instrumentalisation.

Il est dans l’intérêt des islamistes d’affirmer que toute critique de leur projet politique est une attaque contre l’islam lui-même. La gauche populiste, notamment La France insoumise et le Parti vert britannique, a tendance à qualifier de racistes ceux qui soulèvent les questions liées à l’immigration, à la criminalité et à l’Islam politique. Et de son côté, la droite populiste attise souvent la peur en prétendant que tous les musulmans représentent une menace.

Elon Musk compte parmi les plus fervents défenseurs de cette rhétorique, utilisant les réseaux sociaux pour façonner la perception mondiale de l’islam et soutenant la droite antimusulmane en Europe, du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) à Tommy Robinson, l’agitateur britannique qui fera l’objet d’une série de podcasts dès cette semaine.

Les solutions proposées par la droite populiste ne sont pas moins extrêmes que celles offertes par les islamistes dont elle prétend protéger l’Europe. Les promesses d’expulsions massives, de ségrégation et d’interdictions vestimentaires terrorisent les musulmans, entravent leur intégration et les poussent dans les bras des extrémistes. Tout pays qui met en œuvre de telles politiques se rendra compte que la haine qu’elle déchaîne causera des dommages profonds et durables.

Les musulmans européens s’intègrent progressivement

Par conséquent, les responsables politiques européens doivent proposer une alternative. La violence et les menaces de violence doivent être poursuivies en justice mais il ne doit y avoir aucun tabou au nom de la sensibilité culturelle, la liberté d’expression n’est pas l’ennemie de la tolérance mais bien une condition essentielle à celle-ci.

La solution ne sera pas rapide mais l’espoir est permis. Les musulmans européens s’intègrent progressivement, à l’instar des vagues précédentes de migrants catholiques, juifs et caribéens dans les pays d’accueil. L’arrivée de ces groupes avait suscité une vive inquiétude quant à leur intégration. Finalement, tous ont trouvé leur place. Les musulmans trouveront la leur aussi si la division et la suspicion n’entravent pas leur intégration.

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Football | Comment comparer les performances sportives avant un pari important

16. September 2026 um 08:01

Une étude publiée en 2026 sur la Bundesliga a comparé plusieurs indicateurs de performance avec des modèles prédictifs appliqués aux saisons 2022/23 à 2024/25. Les résultats montrent que l’EPV pré-match atteignait 58,3 % de précision, contre 55,6 % pour le modèle xG pré-match. (Photo Unsplash:  joueur sur le terrain de football).

Ce résultat rappelle qu’un simple bilan de victoires ne suffit pas pour évaluer correctement une équipe avant un pari, y compris lors de l’analyse de données provenant de plateformes telles que 1xbet.cm; la comparaison gagne en précision lorsque les résultats récents sont rapprochés des occasions créées, du niveau des adversaires et du contexte du match.

La forme récente donne un premier repère

Le bilan des derniers matchs reste utile pour mesurer la dynamique immédiate d’une équipe. Pourtant, le nombre de points obtenus ne décrit pas toujours la qualité réelle des performances produites.

Une étude publiée dans Plos One a examiné différentes statistiques utilisées pour prévoir les résultats futurs dans plusieurs grands championnats européens. Les chercheurs ont constaté que les données xG prédisaient généralement mieux les résultats suivants que les buts ou les tirs seuls, une approche qui peut également être appliquée aux données consultées après un 1xbet télécharger; si une équipe gagne trois matchs avec peu d’occasions franches, son bilan mérite donc une lecture plus prudente. Une série favorable peut aussi découler d’une efficacité inhabituelle devant le but.

Le niveau des adversaires change la lecture des statistiques

Une série de résultats n’a pas la même valeur selon les adversaires rencontrés. Une équipe peut afficher quatre victoires consécutives après avoir affronté plusieurs formations situées dans le bas du classement.

À l’inverse, deux défaites contre des adversaires nettement mieux classés peuvent masquer une performance compétitive. Les modèles Elo répondent précisément à ce problème en intégrant la qualité relative des équipes rencontrées.

Une étude publiée dans International Journal of Forecasting a montré que les évaluations Elo fournissaient des variables utiles pour prévoir les résultats des matchs de football.

Le principe reste simple : une performance contre un adversaire fort pèse davantage lorsqu’on mesure la qualité réelle d’une équipe.

Les métriques avancées affinent la comparaison

Les statistiques traditionnelles décrivent le résultat, tandis que les métriques avancées cherchent à quantifier la manière dont l’équipe l’a obtenu.

Le xG estime la qualité des occasions créées à partir de caractéristiques associées à chaque tentative. L’EPV évalue plutôt la valeur attendue d’une situation de possession selon sa capacité à produire une progression dangereuse.

Une recherche récente sur trois saisons de Bundesliga a précisément comparé ces deux approches dans les prévisions pré-match. L’EPV obtenait une précision de 58,3 %, tandis que le modèle xG atteignait 55,6 %.

Ces chiffres ne signifient pas que l’EPV gagne systématiquement contre le xG. Ils montrent plutôt que plusieurs métriques peuvent apporter des informations différentes avant un match.

Quels indicateurs faut-il comparer avant un pari ?

Une comparaison structurée réduit le risque de donner trop de poids à une seule statistique. Chaque indicateur doit aussi correspondre à la question que pose le match.

Les données les plus utiles comprennent généralement :

  • les résultats des cinq ou six derniers matchs ;
  • le différentiel xG sur cette même période ;
  • les buts attendus créés et concédés ;
  • la qualité moyenne des adversaires récents ;
  • les performances à domicile ou à l’extérieur ;
  • les absences susceptibles de modifier le niveau collectif ;
  • les ratings Elo ou autres évaluations de force ;
  • l’évolution récente des performances plutôt que les seuls résultats.

Une fenêtre de six matchs peut offrir un compromis raisonnable entre actualité et volume statistique. Une étude consacrée aux modèles xG a justement utilisé les six rencontres précédentes pour construire certaines variables prédictives.

Le xG permet de distinguer résultat et performance

Le nombre de buts marqués peut varier fortement d’un match à l’autre. Le xG cherche plutôt à mesurer la qualité sous-jacente des occasions produites.

Une équipe qui marque quatre buts sur six tirs difficiles peut afficher un excellent bilan tout en créant moins que ses adversaires. Une équipe qui obtient davantage d’occasions dangereuses mais convertit peu de tirs peut présenter le profil inverse.

Une étude consacrée aux clubs européens a montré que les résultats à court terme peuvent être fortement influencés par l’aléatoire. Les auteurs recommandent donc d’associer les résultats observés aux données xG pour évaluer la performance.

Le contexte du match modifie la valeur des statistiques

Les statistiques brutes ne tiennent pas toujours compte du score, du lieu ou des circonstances qui ont influencé le comportement des équipes. Une équipe menée 0-1 ne produit pas les mêmes séquences offensives qu’une équipe devant 1-0.

Une étude publiée en 2026 a précisément analysé l’effet du score et des écarts disciplinaires sur les tirs cadrés et le xG. Les chercheurs ont utilisé des données minute par minute issues des cinq grands championnats européens.

Cette approche permet de mieux interpréter les chiffres lorsqu’une équipe adapte son risque tactique au scénario.

Les divergences statistiques peuvent fournir un signal

Une divergence entre résultats et métriques avancées mérite une analyse distincte. Elle peut révéler une série particulièrement efficace ou, au contraire, une période où les résultats sous-estiment la qualité produite.

Une étude publiée en 2026 sur la Bundesliga a également comparé un modèle xG récent avec les prix du marché sur onze saisons. Les cotes affichaient une meilleure calibration statistique, tandis que le modèle conservait certains signaux distincts des prix.

Cette observation renforce l’intérêt d’une comparaison indépendante avant de considérer une cote comme suffisamment attractive.

La comparaison doit rester orientée vers le prochain match

Les données historiques deviennent utiles lorsqu’elles éclairent les conditions du match à venir. Une longue série de résultats perd rapidement de sa pertinence si l’effectif, l’entraîneur ou le contexte tactique ont changé.

Les ratings Elo offrent une manière de conserver une mesure de force relative, tandis que les métriques xG décrivent plus directement la production offensive et défensive récente.

Si plusieurs indicateurs convergent, l’évaluation gagne en cohérence. Si les données divergent fortement, il vaut mieux réduire le poids accordé aux statistiques les plus superficielles.

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Orang Gholikhani fait dialoguer l’exil occidental et l’éternité persane

16. September 2026 um 07:34

Au cœur des réserves silencieuses d’un musée, un manuscrit attribué à Omar Khayyâm ouvre une porte vers un autre temps. Dans ‘‘Khayyâm et moi’’, Orang Gholikhani fait dialoguer la figure du grand savant persan du XIe siècle avec sa propre trajectoire, entre Iran, France et exil. Une traversée où la poésie, la science et la mémoire deviennent autant de moyens d’interroger la liberté.

Djamal Guettala

Au Louvre, la découverte d’un manuscrit présenté comme le journal intime d’Omar Khayyâm bouleverse le narrateur. Face à ces pages venues des siècles passés, une question s’impose : faut-il les rendre publiques ou respecter le silence de celui qui les a écrites ? L’hésitation devient le point de départ d’un dialogue imaginaire entre deux hommes séparés par près d’un millénaire.

Cette rencontre constitue le fil conducteur de ‘‘Khayyâm et moi’’, publié le 15 janvier 2026 aux éditions L’Harmattan, dans la collection «L’Iran en transition». Orang Gholikhani y mêle récit de vie, histoire, réflexion philosophique et traduction de cent quatrains. Le livre fait ainsi circuler le lecteur entre la Perse médiévale de Khayyâm, l’Iran bouleversé par les événements de la fin du XXe siècle et l’expérience personnelle de l’auteur installé en France.

Khayyâm, au-delà du poète du vin

La figure de Khayyâm constitue évidemment le cœur du récit. L’auteur entend cependant se démarquer d’une représentation souvent réductrice du poète, ramené à ses quatrains sur le vin, le plaisir et la beauté fugitive de l’existence.

Mathématicien, astronome et philosophe, Khayyâm apparaît comme un homme de connaissance, habité par le doute et la volonté de comprendre le monde. Pour Orang Gholikhani, cette curiosité est fondamentale : «Pour moi, Khayyâm est avant tout quelqu’un de curieux, qui cherche à comprendre le monde et la vie, et qui refuse les explications toutes faites de la société.»

Cette recherche de vérité explique aussi la place du doute dans son œuvre. Khayyâm ne semble jamais totalement satisfait des réponses que les hommes apportent à leur propre existence. La mort, le temps, le destin, la religion et la place de l’être humain dans l’univers traversent ses interrogations.

L’auteur découvre Khayyâm dès l’adolescence. Cette rencontre intellectuelle aura une influence durable sur son parcours : «Il m’a appris qu’un scientifique pouvait aussi être un homme de poésie, de vin et de contemplation, et que la science pouvait servir à mieux saisir le mystère de l’univers.»

La langue et le savoir comme résistance

Pour comprendre Khayyâm, le livre remonte loin dans l’histoire persane. Cette plongée historique n’est pas un simple décor. Elle permet à Orang Gholikhani de réfléchir à la manière dont une civilisation conserve son identité malgré les invasions, les changements de pouvoir et les ruptures historiques. Cyrus, la conquête arabe, Ferdowsi et son ‘‘Shahnameh’’, puis la Perse médiévale et ses grandes figures scientifiques composent les différentes étapes de cette histoire. La langue persane, la littérature et les sciences apparaissent comme des formes de continuité. L’auteur résume cette conviction dans une formule particulièrement évocatrice : «La poésie et les sciences sont, en ce sens, des roches insubmersibles qui nous maintiennent à la surface, même au cœur des tempêtes les plus violentes.»

Cette conception de la transmission explique aussi pourquoi le livre s’adresse, au-delà des lecteurs familiers de la littérature persane, aux jeunes générations issues de l’immigration iranienne. Gholikhani souhaite leur offrir une porte d’accès à une histoire et à une culture dont ils peuvent être éloignés.

Le récit personnel trouve ici toute sa place. Arrivé en France à 18 ans, l’auteur relit son propre parcours à la lumière de celui de Khayyâm. L’exil n’est plus seulement une rupture géographique : il devient une autre manière de regarder son pays d’origine et son histoire.

Trois femmes pour imaginer Khayyâm aujourd’hui

La dernière partie du livre réserve un choix particulièrement significatif. Lorsqu’il s’interroge sur celui ou celle qui pourrait incarner Khayyâm aujourd’hui, Orang Gholikhani répond par trois femmes : Forugh Farrokhzad, Maryam Mirzakhani et Jasmin Moghbeli.

La première représente la poésie et la liberté de création. La deuxième, les mathématiques et l’excellence scientifique. La troisième, l’exploration spatiale et une nouvelle génération iranienne présente au-delà des frontières terrestres.

Ce choix repose aussi sur une constatation de l’auteur : notre époque, marquée par une spécialisation croissante des savoirs, laisse moins de place aux figures universelles capables de réunir science, philosophie et poésie comme Khayyâm ou Léonard de Vinci.

À travers ces trois femmes, l’auteur inscrit donc l’héritage de Khayyâm dans le présent. Il ne s’agit plus seulement de célébrer une figure historique, mais de chercher où son esprit pourrait se reconnaître aujourd’hui.

La traduction de cent quatrains vient prolonger cette réflexion. Le temps, la beauté éphémère, le doute, le plaisir de l’instant et la condition humaine y retrouvent leur place.

‘‘Khayyâm et moi’’ est finalement un livre sur la transmission autant que sur l’exil. Orang Gholikhani ne cherche pas simplement à ressusciter un poète du XIe siècle. Il tente de comprendre pourquoi sa pensée continue de nous parler, près de mille ans plus tard. «Nous ne sommes qu’un maillon dans l’évolution de l’humanité. Il nous appartient d’assumer notre rôle du mieux possible», écrit-il. Une manière de refermer le livre sur une idée simple : Khayyâm appartient au passé, mais les questions qu’il pose appartiennent toujours au présent.

Auteur franco-iranien, Orang Gholikhani est arrivé en France à l’âge de 18 ans pour y poursuivre des études universitaires en électronique. Après son diplôme, il a travaillé dans les technologies de l’information, notamment dans le domaine des solutions logicielles destinées aux sciences de la vie, où il a exercé des fonctions liées au management et à la relation clients. Parallèlement à son parcours professionnel, il s’est consacré à l’écriture et à la valorisation de la culture persane.  »Khayyâm et moi », s’inscrit dans cette démarche, entre littérature, histoire et transmission de la culture persane.

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Football | Comment les compositions changent la lecture d’un match

15. September 2026 um 13:48

En football, une composition d’équipe ne se limite pas à onze noms. Elle révèle une hiérarchie, des rôles et des choix de rythme. Ces éléments modifient la manière dont un match peut se dérouler. (Photo : Tableau de tactique de football avec des pions de joueurs, à côté d’un terrain de stade.).

Les cotes affichées sur 1xBet mobile Sénégal constituent une photographie du marché à un moment donné. Elles peuvent évoluer après une annonce officielle.

Les rôles comptent plus que les réputations

L’absence d’un joueur reconnu attire souvent les commentaires. Son rôle concret compte pourtant davantage que son nom. Un milieu défensif, par exemple, influence à la fois la récupération et la protection de la défense.

Un ailier remplacé par un profil plus axial peut réduire les situations de débordement. À l’inverse, un latéral offensif peut donner davantage de largeur. Le dessin tactique annoncé permet de repérer ces changements avant le coup d’envoi.

La continuité entre les joueurs reste également importante. Deux défenseurs centraux habitués à évoluer ensemble communiquent différemment d’une paire recomposée. Cela ne garantit aucun résultat, mais décrit une source possible d’incertitude.

Le gardien mérite une lecture séparée. Son jeu au pied peut faciliter une relance courte ou imposer des dégagements plus directs. Cette différence agit sur le pressing adverse et sur le nombre de ballons disputés au milieu.

Les informations disponibles avant le coup d’envoi

La feuille de match fournit plusieurs indices vérifiables. Elle indique les titulaires, le banc et les positions de départ annoncées. Les changements de dernière minute restent possibles, mais ils sont moins fréquents après la publication officielle.

Trois points permettent d’organiser cette lecture :

  1. Le poste du joueur absent indique la zone la plus susceptible de changer.
  2. Le remplaçant annoncé montre si l’équipe conserve ou adapte son système.
  3. Le banc précise les options disponibles pour modifier le rythme après la pause.

Les règles internationales donnent un cadre à cette dernière donnée. L’IFAB prévoit que les compétitions autorisant cinq remplacements limitent généralement chaque équipe à trois fenêtres de changements. Les remplacements effectués à la mi-temps ne comptent pas dans ces fenêtres.

Cette règle donne une valeur tactique au banc, sans prédire son utilisation. Un entraîneur peut conserver ses changements pour la dernière demi-heure. Un autre peut modifier rapidement son milieu après une première période déséquilibrée.

Les cotes face aux annonces d’équipe

Après la publication des compositions, les marchés ajustent parfois leurs prix. Une cote plus basse traduit surtout une modification de l’opinion collective. Elle ne mesure pas, à elle seule, l’impact exact d’une absence ou d’un retour.

Les données visibles sur 1xBet Sénégal peuvent ainsi servir de repère chronologique. Comparer un prix d’ouverture avec celui affiché après les équipes permet d’identifier un mouvement. L’explication reste à chercher dans les informations sportives disponibles.

Un changement de gardien peut influencer un marché différemment d’un changement d’ailier. Tout dépend de la structure de l’équipe, du style adverse et de la profondeur du banc. Une même annonce peut donc avoir des effets opposés selon le contexte.

Les communiqués du club, l’horaire du match et les absences déjà connues complètent cette lecture. Une réaction forte à une information attendue n’a pas le même sens qu’une réaction à une blessure annoncée tardivement. La chronologie évite de confondre nouveauté et confirmation.

Un scénario qui reste ouvert

La composition donne une base de lecture, mais le ballon, le rythme et les décisions de jeu restent déterminants. Une équipe prudente sur le papier peut presser très haut. Une équipe offensive peut ralentir la rencontre après avoir marqué.

Les premières minutes apportent souvent des indications plus concrètes. La position des latéraux, la hauteur du bloc et la répartition des ballons arrêtés précisent les intentions. Ces observations complètent la feuille de match au lieu de la remplacer.

Le score final ne valide pas automatiquement une lecture initiale. Un carton, une blessure ou un rebond peuvent déplacer le scénario rapidement. Les compositions restent donc un élément d’analyse parmi d’autres, et non une certitude.

La météo, la fatigue et l’enchaînement des rencontres influencent aussi les choix de départ. Ces données doivent être replacées dans le contexte du tournoi. Elles expliquent parfois une rotation sans en faire une preuve de faiblesse.

Le calendrier et l’importance de la rencontre restent donc indispensables à toute interprétation.

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Hammamet accueille le championnat d’Afrique de golf 2026

15. September 2026 um 12:16

La Fédération tunisienne de golf (FTG), créée en 1992, va accueillir pour la première fois de son histoire les plus grands golfeurs du continent africain au golf Citrus à Hammamet, pour le Championnat d’Afrique de golf, du 14 au 17 octobre 2026.

Ce sera un grand rendez-vous pour tous les joueurs amateurs de golf sur le sol africain soucieux de réaliser un bon chemin pouvant les mener au circuit pro.

L’édition tunisienne connaitra un nombre record de participants avec la présence de 19 pays (Algérie, Botswana, Cameroun, Egypte, Gabon, Ghana, Kenya, Libye, Ile Maurice, Maroc, Réunion, Afrique du Sud, Seychelles, Sierra Leone, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe et Tunisie).

La Tunisie accueillera par la même occasion l’assemblée générale de la Confédération africaine de golf (CAG) qui se tiendra le vendredi 16 octobre a Hammamet et qui devra élire le nouveau bureau exécutif de l’instance africaine pour le mandat 2026-2030.

Outre les dirigeants du golf en Afrique, bon nombre d’invités parmi les responsables du golf mondial seront également présents.

Appelée à défendre les couleurs nationales à cet important rendez-vous, la sélection tunisienne poursuit sa préparation au Golf Citrus Hammamet. Rabeh Bedoui, Baha Boulakmine et Aziz Dardouri effectuent des séances quotidiennes sous la férule de l’entraineur national Hatem Nasr, alors que Mehdi Ben Youssef se prépare d’arrache pied aux Etats-Unis afin d’être fin prêt le jour J.

Le comité d’organisation est, lui aussi, au four et au moulin ces derniers temps en vue d’assurer le meilleur séjour possible aux hôtes de la Tunisie ainsi que le succès à cet événement sportif continental.

Une conférence de presse se tiendra pour présenter l’événement est prévue le 14 octobre au Golf Citrus, juste avant le démarrage des compétitions.

I. B.

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Industrie | Eurostat Group s’implante en Tunisie

15. September 2026 um 11:38

Eurostat Group, spécialiste de la protection ESD* pour l’électronique sensible, a inauguré son site tunisien, le lundi 14 septembre 2026, implantation qui renforce la présence industrielle du groupe Eurostat en Afrique du Nord et complète ses capacités de production en Europe.

Le site tunisien de 1500 m2 est consacré notamment au thermoformage, à l’usinage de moules et de pièces spécifiques pour l’assemblage de produits ESD* destinés à l’industrie électronique.

Eurostat Tunisie dispose de deux lignes de thermoformage, de deux centres d’usinage et d’un atelier d’assemblage de produits spécifiques dédiés à l’électronique sensible. Il s’appuie également sur une équipe locale dédiée à la production, au développement commercial et à différentes fonctions de support du groupe. L’extension tunisienne représente au total 28 collaborateurs et devrait continuer à augmenter dans les prochains mois.

À travers cette implantation, Eurostat souhaite rapprocher ses capacités industrielles de ses clients présents en Tunisie et répondre plus directement aux besoins du marché local de l’électronique sensible, avec une offre associant production locale et disponibilité de stock dédié au marché tunisien.

Mais aussi, grâce à l’écosystème électronique tunisien, Eurostat Tunisie devient pour le groupe Eurostat le site de compétence du groupe pour les produits assemblés. Il hébergera aussi des fonctions groupe pour aider les opérations en France, Italie, Allemagne et Europe centrale. Et enfin il aura la mission de développer les ventes du groupe Eurostat sur le marché MEA. A terme, 20% de la valeur du groupe sera générée par ce site.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadrice de France Anne Guéguen et du directeur des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et des matériaux de construction au sein du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slim Ferchichi.

Basée à Toulouse en France et active dans la fabrication, la conception et la distribution de produits de manutention, de stockage et de protection contre les nuisances électrostatiques en milieu électronique. Avec 50 ans d’expérience et de savoir-faire de pointe et plus de 10 millions d’euros d’investissements réalisés à ce jour, Eurostat dispose de 3 usines en France, en Pologne et en Tunisie, emploie 150 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, dont 80 % réalisés à l’export.

* Acronyme anglais Electro Static Discharge – désignant les décharges électrostatiques.

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La Tunisie œuvre pour une refonte globale de la loi antidrogue

15. September 2026 um 10:23

Renforcement des moyens d’enquête face aux réseaux internationaux de trafic de drogue ; 15 000 affaires liées à ce fléau enregistrées en 2025 (contre «seulement» 5000 en 2022) : la Tunisie envisage de réviser la loi n° 52 de 1992 relative aux stupéfiants afin d’adapter les moyens d’enquête à l’évolution des réseaux criminels et des trafics internationaux, de plus en plus liés aux nouvelles technologies et aux itinéraires transfrontaliers.

C’est ce qu’a indiqué à la télévision nationale Mohamed Ali Chaïbi, responsable du service antidrogue de la police judiciaire d’El Gorjani.

Selon lui, le ministère de l’Intérieur travaille à la révision de cette réglementation, qui n’avait été que partiellement modifiée en 2017.

Parmi les outils réclamés par les forces de sécurité figurent des techniques d’enquête spéciales — telles que l’interception des communications et les opérations d’infiltration — qui doivent faire l’objet d’un encadrement législatif explicite.

15 253 affaires en 2025, impliquant 27 338 suspects

Le dossier est déjà à l’étude auprès des institutions concernées. La Commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examine actuellement la proposition de loi n° 11/2025 visant à modifier la loi n° 52, tandis que des représentants du ministère de l’Intérieur ont informé le Parlement qu’une commission interministérielle travaillait sur un projet plus vaste de refonte globale de la législation antidrogue.

Cette initiative législative est motivée par l’évolution rapide du phénomène. Selon les données du ministère de l’Intérieur présentées au Parlement, 15 253 procédures pour des infractions liées aux stupéfiants ont été enregistrées en Tunisie en 2025, impliquant 27 338 personnes. 89 % d’entre elles étaient âgées de 19 à 40 ans. Le Grand Tunis, la bande côtière et certaines zones du nord-ouest figurent parmi les régions les plus touchées par la consommation et le trafic.

La Tunisie, carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres

Les autorités soulignent tout particulièrement le caractère de plus en plus transnational de ce trafic. M. Chaïbi a qualifié la Tunisie de carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres et a désigné la frontière avec la Libye comme l’un des points d’entrée pour la cocaïne, l’ecstasy et les substances psychotropes. La propagation de la prégabaline, commercialisée sous des marques telles que Lyrica, suscite également des inquiétudes, cette substance ayant désormais alimenté un véritable marché intérieur.

Selon le responsable de la lutte contre la drogue, les quantités de cocaïne et de comprimés psychotropes saisies ont considérablement augmenté au cours des cinq dernières années. En septembre 2025, les autorités avaient annoncé la saisie, au port de Radès, d’environ 12 millions de comprimés à base de prégabaline dissimulés dans un conteneur en provenance d’Europe, l’une des plus importantes opérations de ce type jamais réalisées dans le pays.

Le débat sur la réforme porte toutefois aussi sur le traitement réservé aux consommateurs. Des médecins spécialistes des addictions et des représentants des pharmaciens, auditionnés ces derniers mois par le Parlement, ont demandé une distinction plus nette entre le consommateur et le trafiquant ; ils préconisent une approche sanitaire, psychologique et sociale pour les personnes souffrant d’addiction, tout en concentrant la réponse répressive sur les organisations criminelles et le trafic, notamment en milieu scolaire. Cette question a pris une importance accrue à l’approche de la rentrée scolaire.

Le 11 septembre, le président Kaïs Saïed a accordé sa grâce à un groupe d’étudiants et d’élèves incarcérés pour consommation ou détention de stupéfiants — sans lien avec des activités de trafic — dans le but déclaré de leur permettre de reprendre leurs études.

Parallèlement, le ministère de la Famille a lancé un programme national de prévention ciblant en priorité les enfants, les adolescents et les familles.

I. B.

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