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Tunisie | Le combat pour l’égalité en matière d’héritage se poursuit  

12. August 2026 um 13:36

Pour Raja Dahmani, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), le combat pour l’adoption d’une loi instaurant l’égalité en matière d’héritage entre l’homme et la femme se poursuivra et son association continuera de soulever cette question.

Intervenant ce mercredi 12 août 2026 lors d’un séminaire international organisé à Tunis sur le thème «Où en sommes-nous de l’égalité ?», à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire du Code du statut personnel (CSP) — auquel ont pris part des femmes défenseures des droits humains, des avocates et des militantes venues de Tunisie ainsi que de divers pays arabes et de la région —, Mme Dahmani a ajouté que l’ATFD réclame depuis longtemps une révision du CSP. Ce texte pionnier dans le monde arabo-musulman, a permis de réaliser des avancées sociales en consacrant l’égalité sur certains plans, mais il présente, selon elle, des lacunes et contient des dispositions discriminatoires devant être abrogées.

Le séminaire devrait d’ailleurs aboutir à l’élaboration de la «Déclaration de Tunis sur l’égalité au sein de la famille».

Rappelons dans ce contexte que, sous la présidence de Béji Caïd Essebsi, entre 2015 et 2019, un projet de loi pour l’instauration de l’égalité entre l’homme et la femme en matière d’héritage, a achoppé à un conservatisme religieux et social ambiant et n’a pu être adopté dans sa mouture initiale.

I. B.

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70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie

12. August 2026 um 12:51

Demain, 13 août, la Tunisie célèbre la Journée nationale de la femme ; une date qui revêt cette année une importance particulière, marquant le 70e anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (CSP). Il est peu probable qu’il y ait une célébration officielle de cet anniversaire, les autorités ayant d’autres priorités, mais la société civile ne manquera pas de combler la lacune par l’organisation de rencontres et de débats à cette occasion.  Car le combat pour l’égalité des sexe est loin d’être achevé dans un pays où le conservatisme religieux et social demeure encore vivace.

Latif Belhedi

La promulgation du CSP, quelques mois après l’indépendance de la Tunisie, est l’une des mesures les plus emblématiques adoptées par le jeune Etat tunisien, et ce texte demeure une pierre angulaire de la législation nationale en matière de droits des femmes.

Promulgué le 13 août 1956 et entré en vigueur le 1er janvier 1957, le Code a introduit des dispositions qui conféraient aux femmes un statut alors exceptionnel dans le monde arabo-musulman. Cet anniversaire ne constitue donc pas seulement une célébration, mais aussi l’occasion de faire le point sur un parcours entamé lors de la construction de l’État tunisien moderne et qui s’est poursuivi — à travers des réformes législatives et des politiques publiques successives — jusqu’aux stratégies actuelles visant l’autonomisation économique et la protection des femmes.

Pour la première fois dans un pays arabe, le CSP — vigoureusement défendu par le premier président, Habib Bourguiba — a aboli la polygamie, instauré le principe du consentement mutuel des époux comme condition au mariage et fixé un âge minimum pour se marier. Ce Code a également institué le divorce judiciaire, dépassant ainsi le système de la répudiation unilatérale et reconnaissant des formes spécifiques de protection pour les épouses.

La réforme de 1956 a été suivie d’autres mesures. En 1993, plusieurs dispositions du Code ont été amendées — concernant notamment la dot, le divorce, la pension alimentaire et la garde des enfants — renforçant ainsi certains droits des femmes au sein de la famille.

À la suite de la révolution de 2011, le principe de la protection des droits des femmes a été réaffirmé dans la Constitution. L’article 46 de la Constitution de 2014 a engagé l’État — du moins sur le papier — à protéger et à promouvoir les droits acquis des femmes, à garantir l’égalité des chances dans l’accès aux postes de responsabilité et à adopter des mesures pour éliminer les violences faites aux femmes.

Une autre étape majeure a été franchie avec la loi organique n° 58 de 2017 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, qui a adopté une approche globale incluant la prévention, la poursuite et la sanction des auteurs, ainsi que la protection et le soutien des victimes. Cette loi reconnaît diverses formes de violence, notamment les violences physiques, psychologiques, sexuelles et économiques.

Sous la présidence de Béji Caïd Essebsi, entre 2015 et 2019, un projet de loi pour l’instauration de l’égalité entre l’homme et la femme en matière d’héritage, a achoppé à un conservatisme religieux et social et n’a pu être promulgué dans sa mouture initiale.

La Constitution de 2022, initiée par le président Kaïs Saïed, a maintenu ce cadre législatif antérieur. Mais la distance qui persiste entre le texte de loi et la pratique quotidienne, à tous les niveaux, reste encore à combler, ce qui continue d’alimenter le combat des femmes tunisiennes pour l’égalité réelle.     

Ces dernières années, les politiques publiques se sont davantage concentrées non seulement sur la protection des droits, mais aussi sur l’autonomie économique des femmes. L’une des initiatives clés est le programme national «Raïdet», consacré à l’entrepreneuriat et à l’investissement féminins. Depuis son lancement en décembre 2022, «Raïdet» a financé 6 629 projets, contribuant à la création de près de 12 000 emplois directs. En 2026, le programme a été renforcé : le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors a ouvert une nouvelle session de candidatures et a annoncé la mise en place de prêts à conditions préférentielles destinés aux jeunes femmes.

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Tunisie | Eclairage artistique pour l’ancienne cathédrale de Carthage

12. August 2026 um 11:53

L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC), l’organisme tunisien chargé de la valorisation du patrimoine et de la promotion culturelle en Tunisie, a partagé sur sa page Facebook des images d’un nouvel éclairage artistique mettant en valeur l’ancienne cathédrale de Carthage, l’un des monuments les plus emblématiques de la colline de Byrsa et du paysage de l’antique cité punique.

Ce projet, mis en œuvre en marge de la 60e édition du Festival international de Carthage, qui se déroule à une centaine de mètre de là, en contrebas de la colline, dans le fameux amphithéâtre romain de la cité antique, permet de mettre en lumière les caractéristiques architecturales de l’édifice — qui domine la colline de Byrsa, au cœur du site archéologique de Carthage — à la tombée de la nuit.

Également connue sous le nom de cathédrale Saint-Louis, la structure a été édifiée à la fin du XIXe siècle, sous le protectorat français, et dédiée au roi Louis IX de France, décédé en 1270 aux portes de Tunis lors de la huitième croisade. L’édifice, qui se distingue par un mélange de styles architecturaux, a par la suite été désacralisé et a également servi de lieu d’accueil pour des événements culturels sous le nom d’Acropolium de Carthage.

Ce nouvel éclairage s’inscrit dans un programme plus vaste d’interventions sur le patrimoine archéologique. Ces dernières semaines, l’AMVPPC a elle-même annoncé des travaux d’entretien et d’amélioration — lancés le 7 juin — sur divers sites de la zone. Par ailleurs, la décision de mener des travaux sur la cathédrale durant le Festival international de Carthage renforce le lien visuel entre la colline de Byrsa et le théâtre romain voisin, lieu de cet événement qui compte parmi les principaux festivals culturels d’été en Tunisie.

Le site archéologique de Carthage, qui conserve des vestiges des civilisations punique, romaine et paléochrétienne ainsi que des phases historiques ultérieures de la ville, figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979.

I. B.

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Lancement du Prix Cracknell pour l’environnement en Tunisie

12. August 2026 um 09:43

Enda a annoncé le lancement officiel de la première édition du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement, un prix national destiné à soutenir et valoriser les initiatives contribuant à la protection de l’environnement et au développement durable en Tunisie.

Lancé le jour anniversaire du décès de l’activiste écologique tuniso-britannique (4 juillet 2024), ce prix rend hommage à la mémoire du cofondateur d’Enda, qui a consacré une grande partie de son engagement à promouvoir un développement respectueux des populations et de leur environnement.

Ce Prix, qui ambitionne de devenir un rendez-vous annuel de référence au service des initiatives environnementales à fort impact est ouvert aux associations, organisations de la société civile, collectifs citoyens, clubs environnementaux, structures académiques, centres de recherche, startups et entrepreneurs portant des projets innovants répondant aux principaux défis environnementaux de la Tunisie : gestion durable des ressources naturelles, lutte contre la pollution, économie circulaire, adaptation au changement climatique, préservation de la biodiversité, amélioration du cadre de vie ou encore sensibilisation environnementale.

Cette première édition est dotée d’une enveloppe globale de 100 000 DT, répartie comme suit :

– Grand Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement : 50 000 DT ;

– Deuxième Prix : 30 000 DT ;

– Troisième Prix : 20 000 DT.

Les projets seront examinés par un jury composé de personnalités reconnues dans les domaines de l’environnement, du développement durable et de l’innovation. Le jury sera présidé par Samir Meddeb, qui veillera, aux côtés des autres membres, à garantir un processus de sélection fondé sur la transparence, l’excellence et l’impact des projets.

Les candidatures doivent être déposées en ligne via le formulaire disponible à cette adresse mail.

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‘‘Le prix d’un toit’’ de Myriam Rature | Le combat d’une mère célibataire

12. August 2026 um 09:34

Avec ‘‘Le prix d’un toit’’, Myriam Rature signe un roman inspiré de faits réels qui retrace le parcours d’une femme confrontée aux blessures du passé, aux épreuves de la vie et à la volonté de construire un avenir différent. Sur près de 600 pages, l’autrice transforme une expérience personnelle en une œuvre romanesque où le réel devient une matière littéraire.

Djamal Guettala 

Dès les premières pages, Myriam Rature précise son choix : elle n’a pas voulu écrire un simple récit de vie. Elle revendique le roman, avec sa construction, ses personnages, ses tensions et ses surprises. Les événements vécus constituent la matière première du livre, mais ils sont travaillés par l’écriture pour devenir une véritable trajectoire romanesque.

Cette démarche donne au récit une portée qui dépasse l’histoire individuelle. La famille, la maternité, la précarité, le regard social, les rapports de force et l’injustice y occupent une place importante. Des réalités qui touchent particulièrement les femmes lorsqu’elles se retrouvent seules face à des responsabilités qui dépassent leur âge et leurs moyens.

«Écrire un livre représente pour moi bien plus qu’une simple passion. C’est le moyen de semer une graine précieuse d’espoir», explique l’autrice.

Une enfance qui laisse des traces

Le roman revient sur une enfance marquée par les fragilités familiales. Les repères sont instables et certaines expériences vont peser durablement sur la construction de la jeune fille.

La figure du père occupe une place importante dans cette période. Les difficultés liées à l’alcool et les tensions familiales sont évoquées sans transformer le récit en règlement de comptes. L’autrice cherche surtout à montrer les conséquences de cet environnement sur celle qu’elle deviendra.

Très tôt, il faut apprendre à observer, à se protéger et à compter sur ses propres ressources.

À 17 ans, un autre bouleversement survient : Myriam devient mère.

Dans l’Algérie des années 2000, être une jeune mère célibataire signifie affronter une situation particulièrement difficile. Elle ne trouve le soutien ni auprès de sa famille, ni de ses amis, ni de la société, ni des institutions. Il lui faut assumer seule son enfant, travailler et chercher les moyens de construire une vie stable.

La naissance de Melak devient alors le point d’ancrage de son existence. Sa fille n’est pas un simple personnage du récit : elle est au cœur des choix de sa mère et de cette volonté de ne jamais renoncer.

«Le chagrin est un luxe… que je ne peux pas me permettre», écrit-elle. La formule résume une époque où la douleur doit souvent céder la place à l’urgence. Myriam est encore une jeune femme lorsqu’elle doit apprendre à être mère, à gagner sa vie et à protéger son enfant.

Le roman donne ainsi à voir une réalité sociale rarement racontée sans détour : celle d’une jeune femme confrontée à la maternité précoce, à l’isolement et au poids du jugement collectif.

Quand l’injustice s’invite dans le récit

Le livre aborde également une autre épreuve, celle du rapport à la justice.

Myriam raconte avoir porté plainte contre Karim. Au terme de la procédure, le tribunal le déclare non coupable. Pour l’héroïne, cette décision laisse pourtant derrière elle un profond sentiment d’injustice.

Le personnage va jusqu’à affirmer que les procureurs et les juges sont « dans sa poche ». Dans le contexte du roman, cette phrase en dit long sur son assurance et sur le rapport de force qu’il cherche à instaurer.

L’autrice ne transforme pas cet épisode en démonstration judiciaire. Elle raconte ce qu’elle a vécu et surtout ce que cette expérience produit chez elle. La décision du tribunal constitue un fait du récit ; le sentiment d’injustice appartient à l’expérience de la protagoniste.

Cette distinction permet à Myriam Rature de conserver au roman sa dimension humaine. Ce qui compte ici n’est pas de rejuger l’affaire, mais de montrer ce que représente, pour une femme déjà fragilisée, le sentiment de ne pas avoir été entendue.

Le roman réserve enfin une place particulière à une figure dont l’apparition tardive constitue l’un de ses principaux ressorts narratifs. Son arrivée intervient vers la fin de ce premier tome et il serait dommage d’en dévoiler davantage.

Cette présence se distingue par sa bienveillance. Elle prend peu à peu la dimension d’un véritable ange gardien : quelqu’un qui écoute, transmet, encourage et permet à l’héroïne de découvrir des ressources qu’elle porte déjà en elle.

La force de cette rencontre tient aussi à l’incertitude qu’elle entretient. Certains lecteurs et lectrices ont pu croire que cette relation allait prendre une tournure négative. Ils découvrent finalement une autre dimension du personnage et de sa place dans l’histoire.

Myriam Rature a donc raison de préserver cette surprise. Donner son identité ou raconter ce qui se joue ensuite reviendrait à priver les futurs lecteurs de l’un des moments importants du premier tome.

Cette figure devient ainsi un personnage clé sans être un personnage annoncé. Sa présence se découvre, puis se comprend.

Le prix d’un toit, une conquête

Le titre du roman ne renvoie pas uniquement au logement. Le toit devient progressivement le symbole d’une sécurité recherchée, d’une stabilité et d’une place que l’héroïne veut enfin pouvoir occuper pleinement.

Cette quête passe par le travail, les responsabilités, les choix difficiles et les occasions qu’il faut savoir saisir. Rien n’est présenté comme acquis. La trajectoire est faite d’obstacles, mais aussi de décisions qui permettent peu à peu de changer de position.

Avec ‘‘Le prix d’un toit’’, Myriam Rature transforme donc son histoire en une fiction qui aborde des sujets plus larges : la maternité précoce, la condition de mère célibataire, l’absence de soutien, la précarité, le regard social et le sentiment d’injustice.

L’écriture reste directe et accessible. L’autrice ne cherche pas à multiplier les effets de style. Elle privilégie les situations, les personnages et le mouvement de l’histoire, laissant au lecteur le soin de mesurer ce que chacun des épisodes produit sur l’héroïne.

Le livre a par ailleurs rencontré un public au-delà du cercle des premiers lecteurs. L’année dernière, ‘‘Le prix d’un toit’’ s’est classé à plusieurs reprises parmi les meilleures ventes Amazon de la catégorie «fiction biographique», atteignant la première place du Top 15 et figurant également plusieurs fois dans le Top 20. L’ouvrage a connu trois ruptures de stock sur la plateforme.

Au terme de cette lecture, ‘‘Le prix d’un toit’’ apparaît comme le parcours d’une femme qui refuse de laisser son passé décider seul de son avenir. Une mère célibataire devenue adulte dans l’adversité, qui a dû apprendre à compter sur elle-même et à protéger sa fille dans un environnement où le soutien faisait défaut.

Le toit du titre prend alors tout son sens. Il ne représente plus seulement quatre murs et un espace où vivre. Il devient la matérialisation d’une conquête : celle d’une vie choisie, d’une sécurité obtenue et d’une liberté enfin assumée.

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Comment les Émirats ont-ils conquis Washington ?

12. August 2026 um 09:18

Il y a vingt ans, les Émirats arabes unis ont voulu acquérir, via leur entreprise de gestion portuaire DP World (Dubai Ports World), six ports américains ce qui a provoqué une levée de boucliers à Washington et l’opération a fini par capoter. Après deux décennies, la situation a complètement changé et les Émirats sont devenus le chouchou des États-Unis au Moyen-Orient. Ce changement a nécessité un investissement de sommes colossales dans le lobbying et le recours massif aux sociétés de relations publiques mais également la lune de miel entre Abou Dhabi et Tel Aviv a consolidé la place des Émirats à Washington. L’inamovible ambassadeur émirati aux États-Unis Youssef Al-Otaiba, en poste depuis juillet 2008, a également joué un rôle clé.

Imed Bahri

Dans le Financial Times, Abigail Hauslohner, correspondante du journal britannique à Washington, a révélé comment les Émirats ont gagné les faveurs de Washington. Selon elle, Abou Dhabi a déployé une stratégie mêlant argent et charme pour devenir l’un des alliés les plus importants des États-Unis au Moyen-Orient. 

Pour parvenir à cette position, les Émirats ont tiré les leçons de leurs erreurs passées. Il y a vingt ans, précisément en février et mars 2006, ils se trouvaient au cœur d’une tempête politique à Washington lorsqu’une offre de l’État du Golfe visant à acquérir six grands ports maritimes américains par le biais de DP World, la multinationale émiratie basée à Dubaï, reconnue comme l’un des leaders mondiaux de la logistique et de la gestion portuaire, a suscité une vive controverse au sein du Congrès américain.

Cette offre intervenait cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, dont deux des pirates de l’air étaient Emiratis. À l’époque, certains membres du Congrès affirmaient que les Émirats étaient une plaque tournante du financement d’Al-Qaïda et un «problème persistant en matière de lutte contre le terrorisme», mettant en garde contre une grave menace pour la sécurité nationale américaine si les Émirats étaient autorisés à gérer des ports stratégiques.

Ni les membres du Congrès ni les opposants à l’offre ne semblaient se soucier du fait que les Émirats étaient le seul pays arabe à avoir déployé des troupes en soutien à la guerre américaine en Afghanistan et que l’administration Bush avait soutenu l’accord portuaire. Ce tollé avait contraint DP World à retirer son offre.

Cette affaire marqua un tournant pour les Émirats et leurs relations avec les États-Unis. À Abou Dhabi, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, alors prince héritier d’Abou Dhabi, convoqua une réunion d’urgence avec ses conseillers. Il expliqua que cette «crise» avait révélé une profonde incompréhension chez la plupart des Américains au sujet des Émirats et qu’il était temps de corriger cette idée fausse.

L’un des plus fidèles alliés des États-Unis au Moyen-Orient

Vingt ans plus tard, ils y parvinrent. Mohammed ben Zayed devint président des Émirats et l’État du Golfe se transforma en l’un des plus fidèles alliés des États-Unis au Moyen-Orient.

Le 28 juillet, l’armée américaine annonça sa collaboration avec les Émirats pour accélérer le développement de l’intelligence artificielle militaire. Outre ses liens militaires, les Émirats ont investi massivement aux États-Unis, via leur fonds souverain de 1 700 milliards de dollars et des entreprises publiques, ainsi que dans les intérêts commerciaux de la famille du président Donald Trump. Le Congrès, à majorité républicaine, se montre moins préoccupé qu’auparavant par les investissements dans des secteurs sensibles pour la sécurité nationale américaine. Trump a récemment accordé aux Émiratis l’accès à certaines des puces informatiques américaines les plus récentes, quelques mois seulement après qu’un prince émirati a investi 500 millions de dollars dans l’entreprise de cryptomonnaies de la famille Trump.

Cependant, tout n’a pas toujours été rose. Les Émirats ont notamment été irrités par la signature, par Washington, de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015. La guerre menée par Trump contre l’Iran a mis à l’épreuve les limites de l’influence de Ben Zayed, les Émirats devenant une cible privilégiée des représailles iraniennes. Le déluge de missiles et de drones iraniens a soulevé des questions quant à la stabilité du pays et à la viabilité de son ambition de devenir un pôle technologique mondial.

Le FT cite Barbara Leaf, ancienne ambassadrice des États-Unis à Abou Dhabi (2014-2018) puis secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires du Proche-Orient : «Les Émiratis savent qu’ils ont une influence et une présence, mais en fin de compte, ils n’ont eu aucun mot à dire dans une guerre qui a éclaté à leur frontière et ont subi de plein fouet les attaques».

Le renforcement des liens avec Israël

Néanmoins, la guerre a renforcé la conviction, largement répandue à Abou Dhabi, qu’il était nécessaire de consolider les liens. Abou Dhabi a stratégiquement fondé sa relation avec les États-Unis sur son partenariat et sur le renforcement de ses liens avec Israël. Les autorités affirment que le pays entend non seulement poursuivre sur cette voie mais aussi approfondir ces liens.

Mais comment ce partenariat et cette coopération se sont-ils développés ? Selon le journal britannique, cela est lié au rôle de l’ambassadeur d’Abou Dhabi à Washington, Youssef Al Otaiba, ancien conseiller de Ben Zayed et diplômé de l’université de Georgetown. Il a été envoyé à Washington en 2008 afin de présenter aux Américains une image différente des Émirats. Grâce à un vaste réseau de lobbyistes influents, il a réussi. Quel est son principal outil ? L’argent. Les Émirats ont dépensé plus de 270 millions de dollars à Washington au cours de la dernière décennie, selon OpenSecrets, un site web qui analyse les flux financiers de la politique américaine. Avec leurs voisins du Golfe, l’Arabie saoudite (422 millions de dollars) et le Qatar (269 millions de dollars), les Émirats figurent parmi les dix premiers pays au monde en matière de dépenses dans les relations publiques.

Les Émirats ont également investi massivement dans certains des plus importants think tanks de Washington, notamment l’Atlantic Council, le Center for Strategic and International Studies et la Rand Corporation. Ils ont aussi accueilli des dizaines de conférences et de séminaires internationaux.

Un ancien haut responsable du Département d’État a décrit le rôle de l’ambassadeur des Émirats en ces termes : «Al-Otaiba n’a ménagé aucun effort pour organiser des événements mondains afin de s’attirer les faveurs de ses partisans au sein des deux partis». Le responsable a ajouté : «Il est étonnant de constater le nombre d’anciens responsables qui ont publié des tribunes vantant les mérites de la relation prétendument mutuellement avantageuse entre les États-Unis et les Émirats».

Une oasis de libéralisme de façade dans un région conservatrice

Le journal souligne qu’Al-Otaiba a exploité l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie en 2018 pour présenter les Émirats comme un phare de modernité et d’espoir, abritant un Dubaï modéré et favorable aux entreprises, une oasis de libéralisme de façade dans une région majoritairement musulmane et conservatrice.

Al-Otaiba a incité les responsables politiques américains à se rendre aux Émirats, a piloté les efforts de l’ambassade auprès du Congrès, des groupes de réflexion, des universités, des écoles et des médias, et a organisé des réceptions pour l’élite de Washington.

Lors de la première campagne de Trump, Al-Otaiba a tissé des liens étroits avec Jared Kushner, le gendre du président, devenu par la suite l’un de ses principaux conseillers pour les affaires du Moyen-Orient.

Cette relation a conduit les Émirats à normaliser leurs relations avec Israël en 2020 et ce, dans le cadre des Accords d’Abraham. Un ancien responsable du Département d’État a décrit la décision des Émiratis de normaliser leurs relations en ces termes : «Ils ont su anticiper l’avenir et comprendre les priorités des États-Unis et ils ont réalisé qu’Israël était un moyen de se rapprocher de l’administration Trump». Il a ajouté: «Cette relation étroite avec Israël leur a permis d’échapper aux critiques dont ils faisaient l’objet»

Citant des sources proches de la famille régnante, le FT indique que le renforcement des liens avec les États-Unis sert plusieurs objectifs stratégiques pour Ben Zayed notamment diversifier l’économie et réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, faire des Émirats un pôle mondial de l’IA et s’affranchir de la domination de l’Arabie saoudite, principale puissance régionale.

Après deux décennies d’échecs dans la conquête de grands ports maritimes américains, les Émirats ont progressivement commencé à investir dans un secteur bien plus lucratif. Des fonds d’investissement publics, tels que Mubadala, le fonds souverain d’Abu Dhabi, et MGX, dirigé par le conseiller à la sécurité nationale des Émirats et frère du président, Cheikh Tahnoun bin Zayed Al Nahyan, ont noué d’importants partenariats avec des entreprises technologiques comme OpenAI et XAI.

Ces fonds ont également acquis une participation majoritaire dans le fabricant de semi-conducteurs GlobalFoundries et réalisé des investissements significatifs dans Cerebras Systems, un autre fabricant de semi-conducteurs, et Allied Data Centers, un développeur de centres de données. Abu Dhabi a également connu une avancée majeure avec la décision du département du Commerce américain d’autoriser la vente de puces électroniques de pointe aux Émirats et de lever les restrictions sur leurs exportations. L’ambassadeur Al Otaiba a salué cet accord, le qualifiant de «réalisation importante fruit d’une coopération continue». Cependant, les démocrates ont une opinion différente. La représentante de l’Arizona Yasmin Ansari l’a décrit «comme peut-être l’un des cas de corruption les plus importants et les plus flagrants de l’histoire des États-Unis».

Depuis des années, des responsables de la sécurité nationale et des membres du Congrès mettent en garde contre les risques liés à l’accès des Émirats aux puces électroniques de pointe. Selon eux, cela exposerait les technologies américaines les plus sensibles à un risque d’acquisition par la Chine, leur principal rival mondial, avec laquelle les Émirats arabes unis entretiennent des liens commerciaux et technologiques étroits. L’administration Trump et les Émirats arabes unis affirment avoir pris des mesures pour protéger ces technologies.

Une politique étrangère qui fait grincer des dents

Cependant, certains responsables et anciens parlementaires restent sceptiques. «Abou Dhabi a cultivé avec les États-Unis une relation qui sert largement les intérêts des Émirats mais qui nuit à la politique étrangère américaine et à nos intérêts nationaux», déclare un ancien responsable du Département d’État.

Même au sein de l’administration Trump, la politique d’Abou Dhabi peut faire grincer des dents comme cela a été le cas à cause de la livraison d’armes lourdes aux Forces de soutien rapide, la milice soudanaise de Hemedti Dagalo accusée de crimes de guerre.

L’année dernière, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que les Émirats arabes unis «soutenaient ouvertement une entité commettant un génocide au Soudan», une accusation que les Émirats arabes unis réfutent. Cependant, les membres du Congrès ont systématiquement voté contre les tentatives du Congrès de bloquer les ventes d’armes à Abou Dhabi, arguant qu’il s’agit d’un allié stratégique. 

Les Émirats ont également échappé à des sanctions sévères pour leur rôle de plaque tournante du financement illicite de l’Iran. Ce rôle était crucial pour la survie du régime iranien avant la guerre, au point que Trump a déclaré cette année que les Émirats arabes unis étaient «le banquier de l’Iran».

Une analyse du Financial Times sur les sanctions du Trésor américain contre l’Iran a révélé que les Émirats étaient le deuxième pays le plus fréquemment cité après la Chine, malgré la position traditionnellement intransigeante d’Abou Dhabi à l’égard de Téhéran. Sur les 1 573 entités et individus sanctionnés pour leurs liens avec un pays autre que l’Iran, 22% possèdent la nationalité émiratie ou ont une adresse ou une entreprise enregistrée aux Émirats.

«Les Émirats exercent une influence considérable ici à Washington, une influence excessive», déclare le sénateur Van Hollen, démocrate du Maryland, qui ajoute : «Ils ont donc pu agir impunément, contrairement à d’autres pays». Malgré toute cette influence, les Émirats n’ont pas été en mesure d’empêcher les États-Unis et Israël de déclencher une guerre contre l’Iran cette année.

Cependant, depuis le début du conflit, les Émirats ont pris la décision radicale de renforcer leurs liens avec Washington et Israël, allant jusqu’à lancer des dizaines de frappes aériennes contre l’Iran.

Les Émirats se sont davantage rapprochés d’Israël et, en mai, se sont retirés de l’Opep dirigée par l’Arabie saoudite, renforçant ainsi leur position aux côtés de Trump, qui a toujours désapprouvé l’influence de l’Opep sur les prix du pétrole. Un responsable émirati ajoute que l’Arabie saoudite n’est plus la puissance dominante qu’elle était lors de la visite de Trump dans le Golfe l’année dernière.

Certains experts prévoient que privilégier les relations avec les États-Unis et Israël au détriment des alliances arabes régionales aura des conséquences néfastes. Andrew Leber, spécialiste du Moyen-Orient à l’Université de Tulane, affirme qu’en agissant ainsi, les Émirats risquent de sacrifier leur indépendance stratégique à ces pays.

Certains démocrates estiment également que les Émirats arabes unis devront rendre des comptes si le Parti démocrate reprend le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre, ce qui pourrait ouvrir la voie à des enquêtes parlementaires.

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Tunisie | Des pistes pour dépasser une crise électrique prolongée

12. August 2026 um 07:56

La Tunisie intensifie ses efforts pour stabiliser son réseau électrique grâce à une combinaison de modernisations d’urgence et d’investissements à long terme dans les énergies renouvelables. Le pays cherche ainsi à surmonter une crise énergétique qui perturbe l’approvisionnement en électricité depuis le début de l’été.

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), soutenue par l’État, déploie de nouvelles infrastructures à haute tension et met en œuvre des politiques visant à développer l’énergie solaire, à promouvoir la production d’hydrogène vert et à réduire la dépendance aux énergies fossiles importées. Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie globale de la Tunisie pour améliorer sa sécurité énergétique, renforcer la résilience de son réseau et accélérer sa transition vers un système électrique plus durable.

La dernière intervention vise à renforcer le réseau national de transport d’électricité.

D’abord, rétablir la stabilité du réseau électrique

Selon Steg, un nouveau transformateur de 360 ​​mégavoltampères (MVA) devrait être mis en service au poste à haute tension de Mornaguia, et un second transformateur de 400 MVA devrait suivre peu après. Fabriqués en Chine, ces transformateurs sont conçus pour augmenter la capacité de transport, améliorer la distribution d’électricité et soulager un réseau vieillissant qui a peiné à faire face à une demande record durant l’un des étés les plus chauds qu’ait connus le pays ces dernières années.

L’objectif immédiat est de rétablir une plus grande stabilité du réseau électrique national après plusieurs semaines de tensions d’approvisionnement liées à la forte demande en systèmes de refroidissement durant les vagues de chaleur prolongées.

Selon les autorités énergétiques, la capacité supplémentaire des transformateurs améliorera la flexibilité opérationnelle tout en réduisant le risque de surcharges sur les sections clés du réseau de transport.

Si les améliorations apportées aux infrastructures offrent un soulagement important à court terme, les analystes soulignent que les difficultés rencontrées par la Tunisie dans le secteur de l’électricité dépassent largement les simples fluctuations saisonnières de la demande.

Selon les évaluations du secteur énergétique, des années de hausse de la consommation d’électricité, de baisse de la production nationale d’hydrocarbures, de vieillissement des infrastructures de réseau et de dépendance croissante au gaz naturel importé d’Algérie ont mis en évidence des faiblesses structurelles au sein du système énergétique du pays.

Le gaz naturel demeure la principale source d’électricité en Tunisie, ce qui rend le secteur de plus en plus vulnérable à la volatilité des prix internationaux de l’énergie, aux perturbations de l’approvisionnement et aux fluctuations des taux de change.

Ces difficultés ont renforcé la détermination du gouvernement à diversifier la production d’électricité en investissant davantage dans les énergies renouvelables et dans des infrastructures de transport modernes.

Selon les plans gouvernementaux, les énergies renouvelables devraient représenter environ 35 % de la production d’électricité tunisienne dans les années à venir. La réalisation de cet objectif nécessitera des investissements substantiels dans des projets de centrales solaires à grande échelle, la modernisation du réseau et des technologies de stockage complémentaires capables de supporter une part plus importante de la production intermittente d’énergies renouvelables.

Un environnement d’investissement plus favorable

Pour l’Afrique, l’expérience tunisienne illustre l’un des défis les plus urgents de la transition énergétique sur le continent. De nombreux pays africains doivent faire face simultanément à une demande d’électricité en forte croissance, au vieillissement de leurs infrastructures et à des pressions climatiques croissantes, tout en s’efforçant de réduire leur dépendance aux énergies fossiles importées. Le renforcement des réseaux électriques est donc devenu aussi important que l’augmentation des capacités de production, d’autant plus que les projets d’énergies renouvelables continuent de se développer sur tout le continent.

Selon la Banque africaine de développement, l’insuffisance des infrastructures de transport et de distribution demeure l’un des principaux obstacles à l’intégration des énergies renouvelables sur de nombreux marchés africains. Les engorgements du réseau retardent fréquemment la mise en service des projets, réduisent l’efficacité du système et limitent la capacité des services publics à absorber une production supplémentaire d’énergie renouvelable.

Consciente de ces contraintes, la stratégie énergétique tunisienne associe le renforcement des infrastructures à des réformes politiques plus larges visant à attirer les investissements nationaux et internationaux. Les autorités s’efforcent de créer un environnement d’investissement plus favorable grâce à des contrats d’achat d’électricité à long terme et à des mesures réglementaires destinées à accélérer le déploiement des énergies renouvelables tout en encourageant la participation du secteur privé.

Le gouvernement encourage également l’autoproduction d’électricité par les ménages, les entreprises et les installations industrielles. Le développement de la production décentralisée pourrait réduire la pression sur le réseau national lors des pics de consommation, tout en permettant aux consommateurs de diminuer leurs factures d’électricité et de contribuer directement à la résilience énergétique du pays.

Pari sur le développement de l’hydrogène vert

L’hydrogène vert s’impose comme un élément stratégique supplémentaire des ambitions énergétiques à long terme de la Tunisie. Bénéficiant d’un ensoleillement abondant et de sa proximité géographique avec l’Europe, la Tunisie se positionne comme un producteur et exportateur potentiel d’hydrogène renouvelable pour les marchés méditerranéen et européen. Plusieurs accords de coopération internationale ont déjà été conclus afin d’explorer les opportunités d’investissement dans la production d’hydrogène, les infrastructures d’exportation et le développement des énergies renouvelables associées.

D’après les observateurs du secteur, le développement réussi d’une filière hydrogène vert pourrait diversifier l’économie tunisienne, attirer les investissements étrangers et renforcer le rôle du pays au sein des chaînes de valeur internationales émergentes des énergies propres. Cependant, la réalisation de ces ambitions nécessitera des investissements substantiels dans la production d’électricité renouvelable, les infrastructures de transport, les systèmes de gestion de l’eau et la logistique d’exportation.

La crise énergétique actuelle met également en lumière l’interaction croissante entre le changement climatique et les infrastructures énergétiques en Afrique du Nord. La hausse des températures et la multiplication des vagues de chaleur entraînent une demande d’électricité record, notamment en raison du recours accru à la climatisation dans les centres urbains. Parallèlement, le changement climatique exerce une pression supplémentaire sur les ressources en eau nécessaires à la production d’électricité conventionnelle et à d’autres infrastructures essentielles.

Le renforcement des infrastructures électriques constitue donc non seulement un objectif de politique énergétique, mais aussi une mesure d’adaptation au changement climatique permettant d’améliorer la résilience face à la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes. Des réseaux de transport modernes, des sources d’énergie diversifiées et une production d’énergie renouvelable décentralisée peuvent réduire la vulnérabilité aux futures coupures d’électricité, tout en garantissant un accès plus fiable à l’électricité pour les ménages et les entreprises.

Pour la Tunisie, un approvisionnement fiable en électricité demeure essentiel à la compétitivité économique, à la productivité industrielle et à la confiance des investisseurs. Les industries manufacturières, les infrastructures touristiques, les établissements de santé et les services numériques dépendent tous d’une alimentation électrique stable pour assurer leur fonctionnement et soutenir la croissance économique. Des interruptions d’approvisionnement répétées risquent d’accroître les coûts d’exploitation et de freiner les efforts de relance économique.

Partout en Afrique, des défis similaires en matière d’infrastructures continuent de façonner les politiques énergétiques nationales. Les gouvernements reconnaissent de plus en plus que la réalisation de l’accès universel à l’énergie et l’accélération de l’industrialisation nécessiteront des stratégies d’investissement intégrées qui renforcent simultanément la production, le transport, la distribution et la résilience du système.

Les dernières interventions tunisiennes représentent donc bien plus qu’une simple réponse d’urgence aux pénuries saisonnières d’électricité. Elles s’inscrivent dans un effort plus vaste de modernisation du secteur énergétique du pays, de réduction des vulnérabilités structurelles et de création d’un système électrique capable de soutenir le développement économique à long terme tout en respectant les engagements climatiques nationaux. Si elle est mise en œuvre efficacement, la combinaison d’une infrastructure de réseau renforcée, du développement des énergies renouvelables et de la production d’hydrogène vert pourrait améliorer la sécurité énergétique, réduire la dépendance aux combustibles importés et positionner la Tunisie de manière plus compétitive au sein de l’économie mondiale des énergies propres en pleine mutation.

D’après African Sustainbility Matters

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Hammamet | Sauver les patrimoines et les mémoires en danger

12. August 2026 um 06:57

Du 14 au 16 août 2026, Hammamet accueille la troisième édition des Journées culturelles estivales. Placée sous le thème « Patrimoines et mémoires en danger : pour la protection et la réhabilitation », la manifestation entend faire dialoguer cinéma, livres, histoire, environnement et droits humains autour d’une même urgence : préserver ce qui constitue la mémoire collective.

Djamal Guettala

Il y a des patrimoines que l’on voit disparaître sous les effets du temps, d’autres que les transformations urbaines, l’abandon ou l’oubli menacent silencieusement. Il y a aussi des mémoires qui s’effacent lorsqu’elles ne sont plus transmises. C’est autour de cette double fragilité que s’organise la troisième édition des Journées culturelles estivales de Hammamet.

Après une première édition consacrée, en 2023, aux différentes mémoires de Hammamet, puis une rencontre autour du cinquantenaire de la naissance du Ciné-Club de Hammamet, les associations partenaires poursuivent leur démarche avec un nouveau rendez-vous consacré au patrimoine matériel, immatériel, naturel et écologique.

Le Ciné-Club de Hammamet, l’Association d’éducation relative à l’environnement, la section locale de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), la Halqa El Messaadi de la culture, en partenariat avec l’Association de La Manouba pour les monuments et la culture, proposent ainsi trois journées de projections, de rencontres littéraires, de débats et d’ateliers.

Les activités investiront plusieurs lieux du centre de la cité balnéaire, notamment Sidi Abdallah, dans la vieille ville, le Hub Valley, le Hammamet Art and Culture (HAC) ainsi que le siège de l’Aere.

Des femmes au cœur de la mémoire culturelle

La manifestation débutera vendredi 14 août à 18h30, à Sidi Abdallah, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la femme tunisienne.

La rencontre sera consacrée au livre de Fakher Rouissi, ‘‘Les étoiles tunisiennes de la chanson, du théâtre et du cinéma (1900-1956)’’. Le professeur Abderrazak Hammami proposera une lecture de cet ouvrage consacré aux femmes qui ont marqué la vie artistique tunisienne durant la première moitié du XXe siècle.

À 21h30, le public rejoindra le Hub Valley pour une projection de ‘‘Fatma 75’’, en présence de sa réalisatrice Salma Baccar.

Œuvre emblématique du cinéma tunisien, le film continue de résonner avec les débats sur la condition des femmes, leurs droits et leur place dans la société. Sa projection, plusieurs décennies après sa réalisation, prend ainsi place dans une réflexion plus large sur la manière dont le cinéma conserve et transmet les mémoires.

Quand les lieux racontent l’histoire

Samedi 15 août, la matinée sera consacrée aux «lieux de mémoire et monuments menacés».

De 10h à 13h, l’Aere accueillera une table ronde introduite par le docteur Salem Sahli, autour de l’importance de préserver le patrimoine écologique, naturel et historique.

Une question particulièrement sensible dans un pays où certains sites, paysages et édifices portent encore les traces de différentes périodes de l’histoire, mais où leur conservation demeure confrontée à de nombreuses menaces.

À 18h, le café culturel Bab Sima, au sein du HAC, accueillera la présentation du livre de Fathi Hammami, ‘‘Sfax, la ville des droits’’, par le professeur Habib Kazdaghli, dans le cadre d’une rencontre organisée sous l’égide de la section locale de la LTDH.

La journée s’achèvera à 21h30 avec la projection du film ‘‘Wedd’’, produit en 2025, en présence de son réalisateur Habib Mestiri.

Habiba Msika, mémoire d’une artiste

Le dimanche 16 août sera notamment consacré à la mémoire cinématographique. À 10h, le HAC accueillera un atelier consacré à Habiba Msika, figure majeure de la scène artistique tunisienne du début du XXe siècle. La rencontre se déroulera en présence de la réalisatrice Salma Baccar.

À 18h, la professeure Sylvia Finzi présentera le nouvel ouvrage de Rim Lajmi, ‘‘Femmes de tous les combats. Dans la Tunisie du XXe siècle’’.

À travers ces différentes rencontres, les Journées culturelles estivales mettent ainsi en lumière des femmes, des artistes, des intellectuels, des lieux et des œuvres qui participent à la construction d’une mémoire tunisienne plurielle.

La troisième édition de ces Journées culturelles estivales se distingue par la volonté de ne pas traiter le patrimoine comme une réalité figée. Les organisateurs veulent au contraire en faire un objet de débat, de transmission et de réflexion.

Transmettre plutôt que laisser disparaître

Car préserver un patrimoine ne signifie pas uniquement sauver un monument ou restaurer un bâtiment. C’est également conserver des récits, des images, des pratiques, des œuvres, des paysages et des voix qui risquent de disparaître avec ceux qui les ont portés.

À Hammamet, ville où le patrimoine architectural côtoie une mémoire artistique et cinématographique particulièrement riche, cette réflexion trouve naturellement sa place.

Le choix du cinéma et du livre permet surtout de toucher les nouvelles générations, celles qui auront demain la responsabilité de préserver ce qui leur aura été transmis.

La question qui traverse ces trois journées est finalement aussi simple qu’essentielle : que restera-t-il de notre mémoire collective si nous ne nous donnons pas aujourd’hui les moyens de la protéger ?

Les Journées culturelles estivales de Hammamet veulent apporter quelques éléments de réponse, en réunissant autour d’une même table ceux qui écrivent, filment, documentent, transmettent et défendent les différentes formes du patrimoine.

L’ensemble des projections, rencontres, tables rondes et activités est accessible gratuitement au public.

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Tunisie | Programme de la première journée de Ligue 1 de football

11. August 2026 um 13:45

La Ligue nationale tunisienne de football a annoncé, ce mardi 11 août 2026, le calendrier de la première journée du championnat de Ligue 1 professionnelle. Le choc opposant l’Espérance de Tunis à l’Étoile du Sahel a été fixé pour le dimanche 23 août à 16h30.

Voici le programme complet des rencontres :

Samedi 22 août 2026, à 16h30 :

Stade tunisien / Club sportif sfaxien ;

Espoir sportif de Hammam Sousse / Union sportive monastirienne ;

Progrès sportif de Sakiet Eddaïer / Jeunesse sportive d’El Omrane ;

Union sportive de Ben Guerdane / Club sportif de Hammam-Lif.

Dimanche 23 août 2026 à 16h30 :

Espérance sportive de Tunis / Étoile sportive du Sahel ;

Étoile sportive de Métlaoui / Club Africain ;

Club athlétique Bizertin / Avenir Sportif de La Marsa ;

Espérance sportive de Zarzis / Olympique de Béja.

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El Mourouj | Il jette ses deux fillettes du 3e étage

11. August 2026 um 10:58

C’est à peine croyable : un fonctionnaire, âgé d’une quarantaine d’années, a jeté ses deux fillettes depuis le troisième étage d’un immeuble résidentiel à El Mourouj 1, au sud des Tunis. Cela s’est passé lundi 10 août 2026, a rapporté Diwan FM, en citant une source de police.

Le drame a entraîné le décès de l’une des deux fillettes, âgée de six mois, tandis que sa sœur, âgée de trois ans, a été transférée au service de réanimation dans un état critique.

Les forces de police ont procédé à l’arrestation du père, un fonctionnaire marié depuis huit ans. Au moment des faits, l’épouse était au travail.

Le ministère public a ordonné la mise en garde à vue du père et l’ouverture d’une enquête pour déterminer les mobiles et les circonstances de cet incident.

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Tunisie | Que peut-on sérieusement attendre de la visite de Saïed à Gabès ?

11. August 2026 um 09:41

Les solutions pratiques au problème de la pollution industrielle à Gabès et de ses conséquences sur l’environnement et la santé des habitants, notamment la hausse des affections respiratoires, des cancers et d’autres maladies, tardent à être mises en œuvre et les nombreuses visites des responsables politiques dans la région n’ont pas été suivies d’une amélioration notable de la situation. Au contraire : les Gabésiens, se sentant sacrifiés, s’impatientent et le font tapageusement savoir.  

Latif Belhedi

Le président Kaïs Saïed a effectué, hier soir, lundi 10 août 2026, une «visite surprise» dans le gouvernorat de Gabès, au sud-est de la Tunisie, pour faire le point sur la situation environnementale de la région et constater sur place les problèmes majeurs dont se plaignent les habitants, en particulier la pollution industrielle induite par les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), qui produisent des engrais chimiques et rejettent quotidiennement dans l’air, le sol et la mer des tonnes de déchets chimiques très nocifs pour la santé et l’économie de la région.

Au cours de cette visite M. Saïed a souligné, selon l’agence officielle Tap, la nécessité d’adopter des «mesures immédiates et efficaces pour s’attaquer aux sources de pollution et en limiter les conséquences sur la population et l’environnement». Selon la même source, le président a réaffirmé que la situation environnementale à Gabès devait être traitée par une «intervention globale, capable d’agir tant sur les sources de la pollution que sur ses répercussions», tout en parlant de «solutions structurelles à long terme». L’objectif, a-t-il expliqué, est de mettre fin aux causes de l’urgence environnementale plutôt que de se limiter à en gérer les effets.

La «Tchernobyl de la Méditerranée»

A Gabès, ville de la côte sud-est de la Tunisie historiquement connue pour son oasis maritime, où prospéraient l’agriculture, la pêche et le tourisme, la situation environnementale et sanitaire a atteint un stade critique. Surnommée la «Tchernobyl de la Méditerranée», la région subit depuis des décennies l’impact de l’industrie lourde des phosphates.

L’origine de la crise environnementale de Gabès remonte à 1972, avec l’installation du pôle industriel du GCT, destiné à la transformation des phosphates en acide phosphorique et en engrais destinés à l’exportation.

Au fil des décennies, l’activité industrielle a eu un impact majeur sur l’environnement, notamment par le rejet en mer d’importantes quantités de phosphogypse — un résidu du traitement des phosphates contenant, entre autres, des métaux lourds, du fluor et des éléments radioactifs — ainsi que par des émissions atmosphériques de dioxyde de soufre, d’ammoniac et de composés fluorés.

La pollution a également affecté les ressources en eau, en raison de l’exploitation progressive des nappes phréatiques par le complexe industriel et de ses conséquences sur l’écosystème de l’oasis côtière.

La situation est revenue au cœur de l’actualité après des épisodes de forte pollution atmosphérique ayant provoqué, depuis septembre dernier, des intoxications et des hospitalisations : selon des sources locales, plus de 120 personnes ont nécessité des soins pour des symptômes tels que des difficultés respiratoires, des évanouissements ainsi que des irritations oculaires et des voies respiratoires.

La population au bord de la crise de nerfs

Par ailleurs, des associations écologistes et des militants organisent régulièrement des marches de protestation, à Gabès mais aussi à Tunis, devant le siège du GCT, pour dénoncer les conséquences de la pollution industrielle sur la santé des populations locales, notamment l’augmentation des pathologies respiratoires, des cancers et d’autres maladies.

Le mouvement écologiste «Stop Pollution» a organisé de nombreuses mobilisations pour réclamer la fin de la pollution industrielle et la délocalisation des installations du GCT. La pression croissante de la population a replacé la question environnementale de Gabès parmi les priorités de l’agenda institutionnel national. Kaïs Saïed avait déjà chargé un groupe de travail d’élaborer des propositions pour répondre en urgence à la crise environnementale dans la région. Le rapport final et les recommandations du groupe avaient été présentés au président en janvier 2026. Mais on attend toujours des mesures concrètes pour faire face au fléau de la pollution industrielle à Gabès.

Certaines annonces ont été faites ces derniers mois pour calmer la colère des habitants, mais elles sont davantage des déclarations d’intention que des décisions exécutives. Et les Gabésiens qui avaient espéré voir la visite du chef de l’Etat d’hier soir s’accompagner de la mise en route de mesures concrètes de lutte contre la pollution et ses conséquences socio-économiques en ont finalement eu pour leur frais. Beaucoup ont d’ailleurs scandé d’une seule voix au passage du président : «Le peuple veut le démantèlement des unités industrielles», détournant ainsi, ironiquement, le slogan de la campagne présidentielle de Saïed en 2019 : «Le peuple veut».

Jusque-là, on ne peut pas dire que les cris de détresse des Gabésiens ont été entendus ou que les visites des responsables dans la région aient été suivies d’une amélioration de leur situation. Il faut dire que pour l’Etat tunisien, la marge de manœuvre est très étriquée : la crise financière qu’il traîne depuis 2011 ne lui permet pas de se passer des recettes des exportations d’engrais chimiques. C’est la quadrature du cercle, en somme.

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Le Hezbollah tend la main à la Syrie d’Ahmed al-Charaa

11. August 2026 um 08:00

L’annonce par le secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem de la disposition du parti chiite libanais à dialoguer avec les dirigeants syriens marque un tournant dans son discours politique à l’égard de Damas après la chute du régime de Bachar Al-Assad qui appartenait au même axe pro-iranien que le mouvement chiite libanais et aux côtés duquel il s’était engagé militairement durant la guerre civile en Syrie.

Imed Bahri

Selon le journal londonien arabophone Al-Quds al-Arabi, cette ouverture intervient alors que le Hezbollah fait face à des pressions internes et régionales croissantes, coïncidant avec les efforts de Damas pour redéfinir sa politique régionale en fonction de ses priorités sécuritaires et de ses relations officielles avec d’autres pays.

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent quant aux motivations de cette ouverture, à ses chances de succès et aux limites auxquelles elle sera confrontée. 

Les experts et les analystes interrogés par Al-Quds al-Arabi sur ce sujet livrent des analyses divergentes. Certains y voient une tentative du Hezbollah de sortir de son isolement et de contenir les pressions qu’il subit, tandis que d’autres y voient un élément d’une stratégie iranienne plus large. Les interprétations des motivations de ce changement et de l’ampleur de la réaction syrienne divergent également.

Le Hezbollah cherche à desserrer l’étau

En analysant les implications de ce changement, le chercheur et analyste politique Mahmoud Allouch estime que l’ouverture du Hezbollah au dialogue avec les dirigeants syriens ne se limite pas à la nature des relations entre les deux parties. Elle reflète aussi une évolution des calculs politiques et sécuritaires du parti, compte tenu des pressions internes et régionales auxquelles il est confronté, parallèlement au rôle que Damas cherche à consolider dans le règlement de la question libanaise.

Il explique à Al-Quds al-Arabi que la déclaration du Hezbollah, se disant prêt au dialogue avec les nouveaux dirigeants syriens, témoigne d’un changement significatif dans l’approche du parti vis-à-vis de Damas et, simultanément, dynamise l’initiative syrienne visant à résoudre la crise libanaise par la voie politique.

Il estime que le parti a pris conscience de l’importance de tirer parti de l’approche syrienne actuelle, qui vise à promouvoir un règlement politique global au Liban incluant toutes les parties, y compris le Hezbollah.

Allouch souligne que cette voie constitue, à l’heure actuelle, une alternative à toute intervention militaire syrienne potentielle au Liban. Il explique que le parti comprend que la poursuite et l’escalade de la crise libanaise pourraient contraindre Damas, pour des raisons de sécurité nationale et de proximité régionale, à adopter des options plus interventionnistes. Dans cette perspective, il estime que le parti «cherche à limiter les facteurs susceptibles de pousser la Syrie vers une future intervention militaire en démontrant sa volonté de s’engager dans un processus politique». Il ajoute : «Le Hezbollah subit actuellement une pression croissante à plusieurs niveaux, compte tenu de la confrontation en cours avec l’Iran, conjuguée à une tendance régionale et internationale visant à réduire l’influence iranienne dans la région, notamment en Irak».

Selon Allouch, ces facteurs poussent le parti à tenter de se positionner dans tout futur accord politique, plutôt que de se retrouver confronté à un accord qui lui est imposé sans sa participation, notamment sur la scène libanaise.

À l’inverse, Allouch estime que les dirigeants syriens sont disposés à dialoguer avec le Hezbollah. Il souligne toutefois qu’à Damas, ce dialogue n’est pas perçu comme une fin en soi mais plutôt comme un instrument au service de l’initiative syrienne concernant le Liban.

Cette initiative repose essentiellement sur l’intégration de la question du désarmement du Hezbollah dans le cadre d’un règlement politique global pour le Liban.

Cette approche syrienne bénéficie du «soutien américain, ainsi que d’un appui régional, ce qui renforce ses chances de succès dans les prochains mois», note-t-il également, tout en soulignant que la situation reste ouverte à de multiples éventualités et que le contexte politique et sécuritaire des relations entre la Syrie et le Hezbollah n’est pas encore stabilisé.

Il est donc difficile de prévoir l’évolution de ces relations dans un avenir proche et ce, malgré des signes suggérant une évolution possible dans le cadre d’accords plus larges concernant la situation libanaise.

Les calculs sous-jacents iraniens

À l’inverse, l’analyste politique Mohammed Al-Attar attribue ce changement aux pressions que subit le Hezbollah et aux calculs de l’Iran quant au maintien de son influence en Syrie et dans la région. Il souligne que toute communication entre Damas et le Hezbollah reste soumise aux considérations de souveraineté étatique et au rôle des institutions officielles.

Al-Attar explique à Al-Quds Al-Arabi que, pour comprendre l’annonce par le Hezbollah de sa disposition au dialogue avec les dirigeants syriens, il est nécessaire d’examiner les intérêts iraniens sous-jacents à cette démarche. Il s’interroge sur les objectifs de Téhéran qui encourage le Hezbollah à ouvrir des canaux de communication avec Damas à ce stade.

Il estime que l’Iran perçoit cette approche comme un moyen de préserver son influence en Syrie en cherchant à réactiver les voies sur lesquelles il s’appuyait auparavant pour transporter des armes et du matériel et faciliter les déplacements de ses réseaux et agents dans le sud de la Syrie et sur la côte. Ceci, selon lui, garantit la continuité de sa présence régionale après les transformations observées sur la scène syrienne. «Le Hezbollah traverse une phase très délicate, confronté à des défis qui pourraient constituer une menace existentielle, compte tenu de la poursuite des frappes israéliennes, de l’escalade des tensions internes au Liban et de la réduction drastique de sa marge de manœuvre ces dernières années», dit-il, tout en doutant que l’annonce par le parti de sa disposition au dialogue avec Damas soit une initiative indépendante, affirmant qu’elle pourrait être coordonnée avec l’Iran, dont les «calculs dépassent les intérêts immédiats du parti, même si ce dernier a également ses propres motivations liées à l’atténuation des pressions qu’il subit».

L’analyste estime que le parti chiite cherche à réduire le nombre de fronts ouverts car aucun accord avec Israël ou les forces politiques libanaises sur le plan interne ne semble se profiler à l’horizon. Cela le pousse à tirer profit des déclarations du président syrien Ahmed Al-Charaa, qui s’est dit ouvert au dialogue si celui-ci sert la stabilité du Liban et de la région.

Selon Al-Attar, le parti vise deux objectifs principaux par cette ouverture. Le premier est d’atténuer l’isolement et la pression qu’il subit du côté syrien. Le second, et le plus important, est de servir les intérêts iraniens en maintenant l’influence de Téhéran en Syrie et en rétablissant l’axe de communication entre l’Irak et la Syrie, permettant ainsi la continuité des lignes de soutien logistique.

Néanmoins, le second objectif est irréaliste étant donné que le président syrien Ahmed Al-Charaa allié des États du Golfe ne jouera jamais le rôle que jouait jadis Bachar Al-Assad en acceptant que son territoire soit une courroie de transport des armes entre l’Irak et le Liban.

Par ailleurs, Al-Attar exclut la possibilité que Damas accepte d’ouvrir un dialogue avec le Hezbollah indépendamment de l’État libanais, considérant que «tout accord de ce type doit être conclu par l’intermédiaire des autorités légitimes de Beyrouth qui ont le pouvoir de signer des accords internationaux et de gérer les relations entre États».

Il conclut qu’il est naturel pour l’État syrien de chercher à contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité au Liban mais par la coopération avec l’État libanais et ses institutions et non en s’engageant auprès d’un groupe armé ou en prenant part aux conflits internes libanais.

Le dilemme du Hezbollah

Se fondant sur l’héritage des relations entre le Hezbollah et la Syrie durant les années de guerre, l’écrivain et politologue Ahmed Al-Hawas estime que toute discussion sur un rapprochement mutuel est indissociable du rôle joué par le parti chiite en Syrie ainsi que des bouleversements de l’équilibre des pouvoirs après la chute du régime de Bachar Al-Assad. Le parti se préoccupe davantage d’atténuer les pressions croissantes qu’il subit que de nouer de nouvelles relations avec Damas, soutient-il.

Dans un entretien accordé à Al-Quds Al-Arabi, il explique que le problème fondamental entre le Hezbollah et la Syrie ne réside pas tant dans l’État syrien en tant que système politique mais que c’est plutôt un problème avec le peuple syrien. Il considère que le Hezbollah a fait partie intégrante du système qui, selon lui, a contribué aux massacres, aux déplacements de population et aux bouleversements démographiques, sans parler des tentatives d’implantation idéologique visant à diffuser le chiisme dans des régions majoritairement sunnites.

On estime que l’intervention du Hezbollah dans la guerre civile syrienne ne s’est pas limitée à empêcher la chute du régime précédent mais a également contribué à prolonger le conflit et à aggraver les souffrances des Syriens, ce qui a profondément terni l’image du parti au sein de la société syrienne.

Le retrait du Hezbollah de Syrie et son retour au Liban l’ont privé de nombreux acquis, que ce soit le réseau de milices locales qu’il avait constitué ou à ses activités liées au Captagon et au trafic de drogue, souligne l’analyste. De plus, le déclin de sa présence, aux côtés des forces iraniennes et des milices irakiennes, a affaibli l’une des principales voies d’influence iraniennes, qui s’étendait à travers le territoire syrien jusqu’aux frontières de la Palestine occupée.

Il ajoute que le Hezbollah est désormais confronté à une situation plus complexe, compte tenu des pressions croissantes au Liban pour que l’État ait le monopole de la possession des armes ainsi que des discussions sur le rôle potentiel de Damas dans le soutien à l’État libanais sur cette question. Il exclut toutefois toute intervention militaire syrienne au Liban, suggérant que le rôle de la Syrie se limiterait à fournir des conseils et un soutien politique et sécuritaire aux autorités libanaises.

L’improbable trêve avec Damas

Selon lui, le Hezbollah, conscient de sa marge de manœuvre réduite, cherche à alléger la pression en améliorant ses relations avec Damas. Il estime cependant que le parti ne recherche pas tant un rapprochement qu’une trêve ou une position de neutralité afin d’éviter l’ouverture d’un nouveau front contre lui.

Al-Hawas doute que l’État syrien réponde favorablement à cette proposition, car elle concerne les États et leurs institutions officielles, et non les milices ou les groupes armés.

Il souligne que tout rapprochement avec la Syrie, s’il devait avoir lieu, resterait conditionné par un certain nombre de points qu’il juge fondamentaux, notamment des excuses au peuple syrien, l’indemnisation des victimes, la reconnaissance des violations commises pendant les années de guerre civile, le retrait des troupes de la frontière syrienne, la cessation du trafic de drogue et la divulgation des noms des groupes locaux ayant collaboré avec le Hezbollah en Syrie.

Il conclut que ces exigences rendent difficile la recherche d’un véritable accord, leur mise en œuvre étant hors de portée du Hezbollah.

Par conséquent, il estime que l’objectif principal du parti chiite libanais à ce stade est de surmonter sa situation délicate et de rechercher une relation apaisée avec Damas afin d’éviter que ce dernier ne devienne une source de pression supplémentaire sur le parti à l’avenir.

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Ce que le biocentrisme nous apprend sur l’immortalité

11. August 2026 um 07:52

Et si la mort n’était qu’une illusion ? Nous sommes presque tous hantés par la même certitude : un jour, tout s’arrête à jamais. Nous sommes mortels. Dès le plus jeune âge, nous intégrons un dogme biologique simple : nous sommes notre corps, qui n’est autre qu’une machine faite de matière biologique, et comme la matière s’altère et finit par défaillir, la mort est logiquement le terme final de notre existence. Cette conception simpliste de la mort s’impose à tous et quasiment chacun finit par développer une peur sournoise de cette tragique issue. Et si cette peur reposait sur une illusion d’optique fondamentale ? Et si elle n’est que le prix à payer pour une erreur d’interprétation fondamentale ? 

Prof. Med-Dahmani Fathallah *     

En effet, à l’intersection de la mécanique quantique et des neurosciences, une perspective audacieuse vient bousculer ce postulat. La mort, telle que nous la concevons, ne serait qu’un artefact théorique découlant d’une compréhension obsolète de la réalité. Encore plus surprenant, cette perspective est compatible avec l’eschatologie individuelle islamique.

Aujourd’hui, à la croisée de la physique quantique et des neurosciences, le concept appelé biocentrisme vient ébranler nos certitudes. Son constat est aussi vertigineux que fascinant : la mort, telle que nous la concevons, n’existe tout simplement pas. Ce n’est qu’une illusion. Voici comment la science réécrit l’un de nos plus grands mythes.

L’un des enseignements les plus troublants de la mécanique quantique est qu’il est impossible de prédire un événement absolu. À l’échelle de l’infiniment petit, la matière ne choisit pas une seule trajectoire : elle évolue dans un éventail de possibilités. Pour expliquer ce phénomène, la physique moderne s’appuie souvent sur l’interprétation des mondes multiples (le multivers) initiée par le physicien Hugh Everett. Cette interprétation du multivers stipule que chaque issue quantique possible se réalise effectivement. Elle ne s’efface pas ; elle prend forme dans un univers parallèle. Le biocentrisme, développé notamment par le biologiste Robert Lanza, pousse ce principe jusqu’à sa conclusion logique : dans un nombre infini d’univers, tout ce qui peut arriver se produit quelque part. Dans ce cadre théorique, la fin absolue devient un non-sens. Un corps biologique peut s’autodétruire dans un univers précis, mais la trame globale des réalités, elle, continue d’exister simultanément.

Loi des 20 watts : l’énergie ne meurt jamais

Ce que nous appelons «conscience», cette voix intérieure qui se demande «Qui suis-je ?», repose sur une réalité physique très concrète : une activité électrique d’environ 20 watts circulant dans notre cerveau au sein du réseau neuronal. C’est ici que la thermodynamique entre en jeu avec l’un des axiomes les plus solides de toute la science : l’énergie ne peut être ni créée, ni détruite. Elle ne fait que se transformer. Si cette énergie de 20 watts qui anime votre être ne peut pas disparaître à l’arrêt du cœur, où va-t-elle ? S’éteint-elle réellement, ou glisse-t-elle simplement d’un état à un autre, d’une branche du multivers à une autre ? Des études récentes de génétique moléculaire rapportées dans la revue Nature Communications ont clairement montré qu’un nombre de gènes humains restent actifs et même plus actifs après la mort clinique.

Ces données sont actuellement exploitées en médecine légale. C’est ainsi que Robert Lanz en intégrant toutes ces nouvelles connaissances biologiques a pu formuler la conception suivante de la vie et de la mort :«La vie est une aventure qui transcende notre façon linéaire de penser. Quand on meurt on ne le fait pas selon le hasard de la matrice des boules de billard mais plutôt dans la matrice de la vie à laquelle on n’échappe pas. La vie a une dimension non linéaire c’est une fleur pérenne qui peut refleurir dans plusieurs univers».

Pour comprendre le transfert dans le multivers, il faut abandonner notre vision classique de la réalité. Une expérience célèbre (le choix retardé de Wheeler) publiée dans la revue Science a prouvé une chose déroutante : une observation faite dans le présent peut modifier le comportement d’une particule dans le passé. L’observateur n’est pas un spectateur passif du temps ; il en est le créateur.Si on considère la parabole du projecteur et de l’écran, on peut voir notre conscience de 20 watts comme la lumière d’un projecteur. Le film projeté sur l’écran (notre réalité) peut changer, mais la source lumineuse reste strictement la même. Mais dans le piège de nos sens, l’espace et le temps ne sont pas des objets réels. Si vous agitez la main dans le vide et que vous retirez la matière et la perception, il ne reste rien. L’espace et le temps ne sont que des outils logiciels créés par notre cerveau pour organiser le flux d’informations qu’il reçoit.

Si l’espace et le temps ne sont que des constructions mentales, la mort perd toute réalité objective. Elle n’est plus une fin dans le temps, mais un événement qui survient à l’intérieur d’un système de perception temporaire. Albert Einstein lui-même l’avait compris. À la mort de son ami très cher Michaël Angelo Besso, il écrivait ces mots inoubliables :«Il a quitté ce monde étrange un peu avant moi. Cela ne signifie rien. Les gens comme nous… savent que la distinction entre passé, présent et futur n’est qu’une illusion obstinément persistante.»

Il est très intéressant de noter que dans cette perception scientifique avant-gardiste et œcuménique de la vie, véhiculée par le biocentrisme moderne, on retrouve des éléments de la dimension métaphysique de vie et de mort de la foi islamique. Ainsi, du point de vue de l’exégèse critique et de l’analyse du texte coranique selon les sciences modernes, le Barzakh (Sourate Al-Mu’minun 23:100) relève de l’eschatologie et de la métaphysique (ʿilm al-ghayb, le domaine de l’inconnaissable), échappant par définition aux méthodes de mesure expérimentale de la science empirique.

Le Barzakh comme transition d’intrication et de frontière d’états :

Le terme barzakh signifie littéralement une barrière ou une zone d’interface infranchissable empêchant l’interpénétration de deux milieux. Le biocentrisme avance que la mort biologique est une transition vers un réseau d’états de réalité alternatifs (s’appuyant sur l’interprétation des mondes multiples de la physique quantique). L’état intermédiaire du Barzakh correspond ainsi à cette frontière ontologique : un état d’existence où l’observateur est séparé du monde physique macroscopique par un obstacle informationnel irréversible (Sourate Al-Mu’minun 23:100 : «derrière eux, il y a un Barzakh jusqu’au jour où ils seront ressuscités»), tout en demeurant dans une phase active de conscience non incarnée.

Par ailleurs, les études contemporaines en sciences des religions, en linguistique comparée et en philosophie de l’esprit analysent la représentation coranique de cet état intermédiaire selon trois axes conceptuels cardinaux :

– la distorsion de la perception temporelle : le texte décrit une altération radicale de la chronologie perçue après la mort physique (Sourate Ar-Rum 30:55, Sourate Al-Kahf 18:19). L’esprit ou la conscience perçoit la durée de son séjour dans l’état intermédiaire comme n’ayant duré qu’une heure ou une fraction de journée, un phénomène analysé en sciences cognitives de la religion comme une modélisation de la cessation du temps biologique et du cadre spatio-temporel terrestre.

La frontière dimensionnelle (ontologique) : sur le plan étymologique et sémantique, le terme barzakh désigne un obstacle impassible séparant deux réalités sans qu’elles ne se mélangent, employé aussi bien pour les corps physiques (Sourate Al-Furqan 25:53) que pour l’état d’existence post-mortem. Il s’agit d’un état de transition (le monde éthéré) où l’entité individuelle conserve une conscience et une forme d’identité sans réintégration corporelle terrestre.

La continuité de la conscience et de la perception : les passages relatifs aux martyrs (Sourate Ali ‘Imran 3:169-170) soulignent une subsistance cognitive et émotionnelle («ils sont vivants auprès de leur Seigneur et pourvus de subsistance»), ce qui constitue dans l’analyse herméneutique une affirmation de la non-réductibilité de la conscience à l’organisme biologique.

De son côté, la théorie du biocentrisme repose sur le principe selon lequel la conscience n’est pas un sous-produit passif de la matière, mais le fondement même de la réalité, créant le cadre spatio-temporel. Ainsi, l’articulation de la vision coranique du Barzakh avec ce paradigme théorique offre une convergence conceptuelle sur les trois axes majeurs que sont la nature illusoire du temps et de l’espace, la conservation de la conscience et l’observateur quantique.

En effet, le biocentrisme soutient que l’espace et le temps ne sont pas des objets physiques réels, mais des structures cognitives ou des «outils logiciels» élaborés par la biologie pour organiser l’expérience sensorielle. Lorsque la structure biologique s’effondre, la conscience ne s’éteint pas; elle s’affranchit du cadre spatio-temporel matériel.Cette approche rejoint la phénoménologie coranique du Barzakh, où la transition post-mortem s’accompagne d’un effondrement de la perception chronologique terrestre : les défunts perçoivent leur séjour intermédiaire comme une durée infinitésimale («vous n’y avez demeuré qu’un peu», Sourate Al-Mu’minun 23:114 ; Sourate Ar-Rum 30:55). Dans le cadre biocentrique, le Barzakh ne s’interprète pas comme un «lieu» physique situé dans l’espace, mais comme un changement d’état de la conscience hors du filtre temporel biologique.

Par ailleurs, selon le premier axiome du biocentrisme, la réalité externe est indissociable de l’observateur (s’inspirant du problème de la mesure en mécanique quantique). La conscience étant fondamentale, l’information quantique qui la sous-tend ne peut s’annihiler (en accord avec le principe de conservation de l’information en physique).

De son côté, le texte coranique affirme la continuité stricte de la perception et de l’identité individuelle après la mort clinique, notamment dans le cas des martyrs (Sourate Ali ‘Imran 3:169 : «Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts. Au contraire, ils sont vivants…»).

Dans une grille de lecture biocentrique, la mort n’est qu’une discontinuité du support biologique (al-jasad), tandis que la conscience (al-nafs ou al-rūḥ) poursuit son activité d’observation dans une autre configuration de la réalité.

En résumé, la théorie du biocentrisme qui résulte de la convergence des dernières connaissances en sciences biologique et quantique et le concept de la vie du Barzakh tel que décrit dans le Coran et analysé à travers le prisme des sciences moderne, s’accorderait sur le fait que l’immortalité ne réside pas dans une extension infinie du temps biologique, mais dans le fait pur et simple d’exister en dehors de lui.

* Universitaire.

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Nations unies | Une juive costaricienne brigue la succession de Guterres

11. August 2026 um 07:04

Une économiste juive costaricienne, qui a fait ses études en Israël et dont une partie de la famille vit dans l’Etat hébreu, est devenue la favorite pour succéder à António Guterres. Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, est devenue la favorite de ce début de course pour succéder au secrétaire général des Nations unies. Si elle est choisie, elle deviendrait la première femme et la première personne juive à occuper le poste le plus élevé de l’Onu.

Grynspan, économiste, est actuellement secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), l’organe onusien consacré au commerce mondial, aux investissements, aux finances et au développement économique, en particulier dans les pays en développement.

Lors d’un scrutin consultatif non contraignant parmi les 15 membres du Conseil de sécurité, Grynspan a reçu 10 votes «encourageants», devançant l’ancienne ministre guyanienne des Affaires étrangères Carolyn Rodrigues-Birkett (9 votes) et Rafael Grossi, l’Argentin à la tête de l’agence nucléaire de l’Onu (7 votes).

Les membres du Conseil de sécurité sont invités à voter pour ou contre un candidat, ou à exprimer une «sans opinion» sur sa candidature lors de ce premier scrutin anonyme. Le prochain tour de vote révélera si l’un des cinq membres permanents du Conseil – la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni ou les USA – a opposé son veto effectif à une nomination.

Une fois qu’un consensus sera trouvé entre les membres du Conseil de sécurité, la nomination sera soumise à l’Assemblée générale de l’Onu, où le candidat sera officiellement nommé. Un calendrier précis n’a pas encore été publié, mais le second mandat de Guterres se terminera le 31 décembre, et le prochain secrétaire général lui succédera alors.

Ses parents ont fui la Pologne

Grynspan a déclaré dans un entretien podcast en 2022 que ses parents juifs avaient fui la Pologne pour l’Union soviétique avant la Seconde Guerre mondiale, alors que l’antisémitisme s’intensifiait et que la menace nazie grandissait. Son père s’est échappé avec la majeure partie de sa famille, tandis que sa mère s’est enfuie avec ses deux sœurs, laissant derrière elle ses parents, qui furent plus tard tués pendant l’Holocauste. Après la guerre, ils tentèrent tous deux de rejoindre la Palestine mandataire mais furent détenus par les Britanniques à Chypre, où ils se rencontrèrent, avant de s’installer au Costa Rica.

Selon un communiqué de presse de l’Onu de 2006, elle a étudié à l’Université hébraïque de Jérusalem, où elle a suivi des études d’économie et de sociologie. En 2020, elle a pris la parole lors d’un événement technologique israélien coparrainé par des ministères du gouvernement israélien.

La sœur de Grynspan, Frida, a émigré en Israël à l’âge de 17 ans, où elle a également fréquenté l’Université hébraïque, selon un portrait familial de 2014 publié par le média costaricien en anglais The Tico Times. Le neveu et la nièce de Grynspan ont tous deux servi dans l’armée israélienne, selon le même article.

Avant de diriger la Cnuced, Grynspan a été secrétaire générale du Secrétariat général ibéro-américain, qui organise les réunions annuelles des dirigeants des pays de langue espagnole et portugaise. Auparavant, elle a été administratrice adjointe du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ainsi que deuxième vice-présidente du Costa Rica, entre 1994 et 1998.

En 2017, Grynspan a été l’oratrice principale d’un événement organisé par B’nai B’rith Uruguay pour marquer le 79e anniversaire de la Nuit de Cristal – les pogroms de novembre 1938 contre les Juifs et leurs biens dans l’Allemagne nazie.

Des positions équilibrées sur le conflit israélo-palestinien

Ses positions sur Israël, les Palestiniens et le conflit au Moyen-Orient ne semblent pas différer sensiblement de celles de la direction de l’Onu. Dans un discours de novembre 2023, à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre contre le sud d’Israël, Grynspan a condamné «la perte horrible de vies civiles» tant lors de l’attaque du Hamas que lors des bombardements israéliens sur Gaza qui ont suivi, y compris les frappes touchant des civils, des hôpitaux, des abris, des écoles et des installations de l’Onu.

Faisant écho à Guterres, Grynspan a appelé à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. «Cela signifie la libération inconditionnelle des otages à Gaza, maintenant. La protection des civils, des hôpitaux, des installations de l’Onu, des abris et des écoles, maintenant. Un accès sans entrave pour acheminer des fournitures à toutes les personnes dans le besoin à Gaza, maintenant. Et la fin de l’utilisation des civils comme boucliers humains, maintenant. Aucun de ces appels ne devrait être conditionné par les autres», a-t-elle déclaré.

Sous sa direction, l’organe onusien qu’elle dirige a publié des rapports sur l’impact économique de la guerre entre Israël et Gaza. En 2024, il a constaté que l’économie palestinienne avait subi son déclin le plus marqué en temps de guerre, l’ensemble de la population de Gaza tombant sous le seuil de pauvreté. Il ajoutait que même dans un scénario de reconstruction optimiste soutenu par une aide étrangère substantielle, Gaza aurait besoin de plusieurs décennies pour retrouver son niveau de vie d’avant-guerre.

Un rapport de 2025 a révélé que les restrictions israéliennes imposées à Gaza après la prise de contrôle par le Hamas en 2007, combinées à des guerres répétées, avaient vidé son économie avant même le 7 octobre. Il estimait que Gaza avait perdu 35,8 milliards de dollars de PIB potentiel entre 2007 et 2023. La dernière guerre a ensuite provoqué un autre effondrement dévastateur, avec des dommages aux infrastructures estimés à 18,5 milliards de dollars en janvier 2024.

Bien que les responsables israéliens n’aient pas encore commenté publiquement la possibilité que Grynspan succède à Guterres, l’ONG de droite pro-israélienne UN Watch a décrit sa candidature comme «soulevant des inquiétudes quant à la persistance des mêmes schémas de partialité et de politisation [à l’Onu]».

L’ONG, connue pour sa vive opposition aux positions de l’Onu, a qualifié les rapports économiques de «série de rapports durs et unilatéraux sur Israël, soulevant des inquiétudes quant à l’impartialité et renforçant les craintes qu’elle puisse être trop encline à s’aligner sur le parti pris enraciné du système».

D’après Haaretz

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Mise en garde contre la pêche de la lambouka avant le 15 août

10. August 2026 um 13:47

À l’approche de la mi-août, les regards se tournent vers le démarrage de la saison de pêche à la dorade coryphène (ou lambouka), l’une des espèces saisonnières les plus prisées en Tunisie. Cette période s’accompagne d’appels au respect de la réglementation régissant l’exploitation de cette ressource marine, afin de préserver la durabilité des stocks halieutiques.

Conformément à l’arrêté ministériel régissant la saison de pêche à la coryphène pour 2026, l’installation des ghanatis (dispositifs traditionnels de concentration) de poissons est autorisée à partir du 15 juillet, tandis que la saison de pêche proprement dite débute officiellement le 15 août ; toute pêche antérieure à cette date est interdite.

À cet égard, l’association Tunsea pour la science participative considère que la mise en vente de coryphènes avant l’ouverture officielle de la saison indique une provenance issue de la pêche illégale. Elle exhorte les consommateurs à s’abstenir de les acheter, soulignant que ce geste contribue à limiter les pratiques de pêche illicites et à protéger les ressources halieutiques.

Elle a également été souligné qu’il est impératif de respecter la taille minimale légale de la coryphène (ou lambouka), fixée à 35 centimètres ; en effet, la pêche ou l’achat de poissons n’atteignant pas cette taille les empêche d’arriver à maturité et de se reproduire, ce qui nuit au renouvellement du stock naturel.

La coryphène se distingue par sa croissance rapide : son poids varie entre 400 et 500 grammes en début de saison pour atteindre environ cinq kilogrammes, voire plus, à la fin de celle-ci. Ce poisson prédateur se nourrit de sardines, d’anchois, de maquereaux, de petits poissons, de calmars et de crustacés, jouant ainsi un rôle écologique majeur dans le maintien de l’équilibre de l’écosystème marin.

En Tunisie, cette espèce est principalement pêchée à l’aide de ghanatis, des installations marines qui attirent les poissons ayant tendance à se rassembler dans les zones d’ombre ; il s’agit de l’une des plus anciennes techniques de pêche traditionnelle pratiquées dans le pays.

La coryphène (lambouka) est très prisée des consommateurs tunisiens en raison de ses qualités gustatives et de sa grande valeur nutritionnelle : c’est une source riche en protéines et pauvre en matières grasses, qui contient également des acides gras oméga-3 bénéfiques pour la santé cardiaque et cérébrale.

I. B.

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La défense alerte sur la détérioration de la santé de Ghannouchi en prison

10. August 2026 um 13:07

Le collectif de défense de l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, a annoncé que son client, incarcéré depuis avril 2023, avait entamé une grève de la faim en prison et cessé de prendre ses médicaments depuis le jeudi 6 août 2026, pour protester contre son isolement total et la privation de ses droits, ultime recours pour les défendre.

Dans un communiqué, le collectif a précisé que M. Ghannouchi, condamné à de lourdes peines de prison dans plusieurs procès intentés contre lui, avait été transféré à l’hôpital le 29 juillet dernier, ajoutant qu’il s’était vu interdire toute visite ou communication avec ses avocats et sa famille pendant 12 jours consécutifs, alors même qu’aucune information sur son état de santé n’était divulguée, malgré les demandes répétées adressées aux autorités compétentes.

Le collectif de défense a fait porter aux autorités tunisiennes l’entière responsabilité des dépassements constatés ainsi que de toute complication susceptible de menacer la santé et la vie de son client, estimant que le traitement qui est infligé à l’ancien président du parti islamiste Ennahdha constitue une atteinte à son intégrité physique, d’autant plus qu’il est âgé de 85 ans et présente un état de santé fragile.

Le collectif a également exigé que l’équipe d’avocats et la famille de Ghannouchi soient autorisées à lui rendre visite et à constater directement l’état réel de sa santé à l’hôpital.

Le 5 février 2025, il est condamné à 22 ans de prison pour « conspiration contre la sûreté de l’État ». La peine est alourdie en appel en février 2026, ce qui porte la condamnation totale à plus de 40 ans de prison.

I. B.

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Hôpital militaire de Bizerte | Démarrage bientôt des travaux de rénovation

10. August 2026 um 12:42

Le ministre de la Défense nationale, Khaled Sehili, a déclaré que les travaux d’agrandissement, de rénovation et de renforcement des effectifs de l’hôpital militaire de Bizerte devraient démarrer très bientôt.

Lors d’une visite effectuée jeudi soir, le 6 août 2026, à l’hôpital militaire de Bizerte, le ministre a inspecté les différents services et examiné, avec le personnel médical, paramédical et administratif, les solutions envisageables pour surmonter les difficultés rencontrées.

Le ministre a réaffirmé la volonté de son département de renforcer l’état de préparation de l’hôpital et d’améliorer ses services, insistant sur la nécessité de consolider les compétences du personnel grâce à la formation continue, d’encourager la recherche scientifique et de suivre les évolutions technologiques dans le domaine de la santé, selon un communiqué du ministère de la Défense, ajoutant que M. Sehili a appelé le personnel de l’hôpital — militaires et civils — à redoubler d’efforts pour améliorer la qualité des soins de santé et les rapprocher de leurs bénéficiaires, soulignant que le système de santé militaire constitue un pilier essentiel de la prise en charge des aspects moraux et sociaux des militaires ainsi que du renforcement de leur état de préparation opérationnelle.

I. B.

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Décès d’un surfeur tunisien de 21 ans au Sri Lanka

10. August 2026 um 10:21

Les médias du Sri Lanka ont annoncé la disparition d’un touriste tunisien de 21 ans, porté disparu après avoir été emporté par un courant d’arrachement alors qu’il faisait du surf au large de Weligama, et qui a été retrouvé mort. (Photo: La plage de Welligama, au Sri Lanka, très appréciée par les surfeurs).

Il s’agit de Iyed Mbarki, étudiant à l’Institut des hautes études commerciales de Carthage.

Selon la police de Weligama, le corps du jeune homme a été retrouvé dimanche matin, 9 août 2026, sur la plage de Parana Kade, à Weligama.

L’incident s’est produit samedi après-midi, alors qu’un groupe de touristes tunisiens surfait dans la zone de la plage de Parana Kade. Le jeune homme aurait été pris dans un puissant courant d’arrachement alors que des vents violents se sont levés soudainement, avant de disparaître.

À la suite de l’incident, une vaste opération de recherche a été lancée, mobilisant des sauveteurs de la police, des agents des garde-côtes et des plongeurs privés. Toutefois, les recherches ont été entravées par des conditions maritimes difficiles.

Les recherches ont connu une issue tragique dimanche matin lorsque le corps du touriste a été découvert, rejeté par la mer sur cette même plage.

I. B.

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Lecture poétique de Tahar Bekri à l’Atelier Goulven

10. August 2026 um 09:34

Sur l’invitation des Amis du Pouldu, Tahar Bekri donnera lecture, le 18 août 2026, à l’Atelier Goulven, au Pouldu, de son dernier récit Je te revois, père, paru cette année aux Ed. Edern à Bruxelles ainsi que certains de ses poèmes récents.

Depuis 1985, le poète Tahar Bekri fréquente Doëlan, Le Pouldu, Clohars Carnoët, dans le Finistère sud, en Bretagne, France. Région dont est originaire, son épouse, Annick Le Thoër, artiste-peintre. C’est ici que Paul Gauguin et ses amis ont séjourné et peint, à la fin du 19e siècle. L’endroit, qui garde encore ses merveilleux paysages a inspiré à Tahar Bekri de nombreux textes, comme L’appel de Gauguin ; Le cœur rompu aux océans ; La nostalgie des rosiers sauvages ou Les arbres m’apaisent. Il y est régulièrement invité pour donner lecture de sa poésie et rencontrer le public, médiathèque, café littéraire, galerie de peinture, etc.

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Football | Ben Romdhane atterrit au Qatar

10. August 2026 um 09:15

Al Shamal SC, vice-champion de la Qatar Stars League la saison dernière, a annoncé dimanche 9 août 2026 avoir recruté l’ancien milieu offensif de l’Espérance de Tunisie, Mohamed Ali Ben Romdhane, en provenance du club égyptien d’Al Ahly où il n’a pas réussi à s’imposer malgré la campagne favorable qui a accompagné son transfert dans le grand club cairote.

D’après l’accord trouvé entre les deux clubs pour le transfert définitif du joueur, Al Shamal SC rachètera le contrat de Ben Romdhane contre une indemnité de 1,7 million de dollars.

Dans un communiqué, Al Shamal a précisé que l’international tunisien avait passé avec succès sa visite médicale et s’apprêtait à rejoindre les entraînements de l’équipe en vue de la nouvelle saison, dont le coup d’envoi sera donné le 20 août avec la première journée de la Doha Bank Stars League.

Âgé de 21 ans, Ben Romdhane avait rejoint Al Ahly à l’été 2025 en provenance du club hongrois de Ferencváros ; il a disputé 33 matchs toutes compétitions confondues lors de la saison 2025-2026, inscrivant deux buts et contribuant à la victoire de l’équipe en Supercoupe d’Égypte.

La saison à venir revêt une importance particulière pour Al Shamal, qui fera ses débuts historiques en Ligue des champions Élite de l’AFC.

Le club a déjà recruté le Français Wesley Saïd, l’Uruguayen Federico Bais et Ibrahim Coulibaly.

Pour Mohamed Ali Ben Romdhane, qui est en train de passer à côté de la grande carrière que lui prédisaient beaucoup de techniciens, c’est une nouvelle occasion qui s’offre à lui pour relancer sa carrière. Il ne dépendra que de lui de briller dans un championnat qatari qui ne manque pas d’attrait et où les stars ne manquent pas.

I. B.  

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