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Nadia Zrelli : Le PIB ne suffit plus, l’avenir économique passe par le bien-être des Tunisiens

18. Juli 2026 um 13:28

Alors que les indicateurs macroéconomiques restent au cœur de l’évaluation des politiques publiques, une nouvelle approche gagne du terrain : celle de l’économie du bien-être.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Nadia Zrelli, économiste et vice-présidente MENA de la Global Inclusive Economy Society, souligne que le progrès d’un pays ne peut plus être mesuré uniquement à travers son PIB, son taux de croissance ou son niveau d’inflation. Selon elle, l’enjeu est désormais d’aller au-delà des indicateurs macroéconomiques pour comprendre comment les citoyens vivent réellement, comment ils perçoivent leur avenir et comment ils évaluent leur propre qualité de vie.

Le PIB, la croissance, l’inflation ou encore le taux de pauvreté demeurent les références traditionnelles pour mesurer la performance économique d’un pays. Pourtant, ces indicateurs ne suffisent plus à rendre compte du bien-être réel des populations. C’est l’un des constats majeurs de l’analyse développée par Nadia Zrelli, qui estime que les indicateurs monétaires ne captent qu’une partie de la réalité sociale.

Selon elle, le bien-être est une notion multidimensionnelle qui combine à la fois des éléments objectifs, comme le revenu, l’accès aux services ou les conditions de vie, et des dimensions plus subjectives liées au ressenti individuel, au sentiment de sécurité, à la confiance ou encore au lien social. Les performances économiques peuvent contribuer à améliorer le bien-être, mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’expliquer le niveau de satisfaction d’une population.

Cette limite renvoie directement au célèbre paradoxe d’Easterlin, selon lequel une augmentation de la richesse collective ne conduit pas automatiquement à une population plus heureuse. L’économiste rappelle que plusieurs décennies de politiques publiques centrées principalement sur la croissance ont montré leurs limites : un pays peut enregistrer de meilleures performances économiques sans que ses citoyens ressentent nécessairement une amélioration de leur quotidien.

Le premier baromètre tunisien du bien-être : une nouvelle lecture de la société

Pour mieux comprendre les déterminants du bien-être en Tunisie, Nadia Zrelli a initié, à travers Global Inclusive Economy Society, le premier baromètre tunisien du bien-être individuel. Cette enquête, réalisée auprès de populations ciblées, notamment des étudiants de la génération Z issus de l’Université de Carthage et des femmes entrepreneures en collaboration avec la Chambre nationale des femmes cheffes d’entreprise, vise à combler un manque important de données microéconomiques sur le sujet.

L’économiste souligne que jusqu’à présent, la Tunisie disposait essentiellement d’indicateurs macroéconomiques ou territoriaux, mais très peu d’informations permettant de comprendre les facteurs qui influencent directement le bonheur et la satisfaction des individus.

Les résultats auprès des étudiants de la génération Z apportent un éclairage particulièrement révélateur. Contrairement à une lecture strictement économique du bien-être, l’argent n’apparaît pas comme le premier déterminant de leur satisfaction. Le facteur dominant est la famille, le soutien social et le sentiment d’appartenance.

Selon Nadia Zrelli, cette génération accorde également une importance majeure à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Les jeunes interrogés ne souhaitent pas uniquement maximiser leurs revenus, mais recherchent un équilibre global leur permettant de préserver leur qualité de vie. L’argent et la richesse arrivent en troisième position, avec toutefois une dimension culturelle particulière, notamment une volonté de réussir tout en restant alignés avec leurs valeurs.

L’étude met également en évidence des profils différents chez les femmes entrepreneures. Les dirigeantes disposant d’une entreprise établie depuis plusieurs années affichent généralement un niveau de bien-être plus élevé, porté par l’expérience, la stabilité et un sentiment d’accomplissement. À l’inverse, les jeunes entrepreneures ou celles qui dirigent de petites structures individuelles ou familiales font face à davantage de stress et d’incertitudes. Leur niveau de satisfaction dépend fortement de leur capacité à dépasser les obstacles liés au développement de leur activité.

Le soutien social pèse presque autant que le PIB dans le bien-être

Les données internationales confirment cette vision plus large du progrès. Selon l’analyse de Nadia Zrelli, le PIB, utilisé comme indicateur indirect du pouvoir d’achat, n’expliquerait que 27,6 % du niveau de bien-être en Tunisie. Le soutien social représenterait 26,9 %, tandis que la santé contribuerait à hauteur de 10,1 %.

Son analyse met ainsi en évidence le rôle central des facteurs non économiques. La qualité des relations sociales, la solidarité familiale, la confiance dans les institutions, le sentiment de sécurité ou encore la perception de pouvoir accéder aux opportunités jouent un rôle déterminant dans l’évaluation que les citoyens font de leur propre vie.

Elle rappelle que la société tunisienne présente une particularité importante : malgré les difficultés économiques, notamment pour les ménages à faibles revenus, les mécanismes sociaux et familiaux continuent de constituer un facteur de résilience. Le soutien de la famille, l’appartenance communautaire, les valeurs culturelles et l’espérance contribuent à maintenir une perception positive de l’avenir.

Cette dimension rejoint également certaines conclusions des travaux des Nations Unies sur les perceptions sociales, qui montrent une capacité importante des Tunisiens à conserver une forme d’optimisme malgré les contraintes économiques.

Pourquoi la Tunisie recule dans les classements du bonheur

La perception du bien-être ne dépend toutefois pas uniquement des solidarités sociales. Nadia Zrelli souligne que le recul relatif de la Tunisie dans les classements internationaux du bonheur s’explique notamment par une dégradation de certains facteurs institutionnels.

Elle cite en particulier la perception de la corruption, qui influence directement le sentiment d’équité et d’accès aux opportunités. Pour les jeunes générations notamment, le sentiment que la réussite dépend moins du mérite que des réseaux ou des relations constitue un facteur négatif important.

L’accès limité aux opportunités, les barrières sociales et professionnelles ainsi qu’une perte de confiance dans la méritocratie contribuent à affaiblir le sentiment de satisfaction, même lorsque certains indicateurs économiques évoluent favorablement.

Pourquoi la baisse de l’inflation ne suffit pas à améliorer le quotidien

Le décalage entre les statistiques économiques et le ressenti des ménages apparaît également dans la question du pouvoir d’achat. La baisse de l’inflation devrait théoriquement améliorer la perception du niveau de vie. Pourtant, beaucoup de Tunisiens continuent de ressentir une pression financière importante.

Selon Nadia Zrelli, cette contradiction s’explique notamment par les limites des méthodes classiques de mesure de l’inflation. Les indices reposent principalement sur un panier de biens de consommation courante, alors que les dépenses qui prennent aujourd’hui une place croissante dans les budgets des ménages concernent aussi les services.

Elle cite notamment la santé, l’éducation et les loisirs. L’accès aux soins privés représente une charge de plus en plus lourde pour de nombreux ménages qui cherchent une alternative à un système public jugé insuffisant. De même, les familles consacrent une part importante de leurs revenus à l’éducation de leurs enfants, notamment à travers l’enseignement privé ou les cours de soutien.

Les loisirs constituent également un indicateur révélateur du bien-être. Les vacances, les sorties ou les activités culturelles contribuent fortement à la qualité de vie, mais restent difficilement accessibles pour une grande partie de la population. Ainsi, même lorsque l’inflation ralentit, les ménages peuvent continuer à ressentir une dégradation de leur bien-être parce que leurs arbitrages budgétaires se font au détriment d’autres dimensions essentielles de la vie.

Vers une nouvelle conception des politiques publiques

Pour intégrer réellement le bien-être dans les politiques publiques tunisiennes, Nadia Zrelli identifie trois défis majeurs.

Le premier consiste à dépasser une approche exclusivement monétaire des politiques économiques. Réduire le chômage, maîtriser l’inflation ou stimuler la croissance restent indispensables, mais ces objectifs doivent être complétés par une vision plus globale intégrant la santé, l’éducation, la sécurité, l’environnement, la confiance et la qualité des relations sociales.

Le deuxième défi concerne le développement de données fiables. L’économiste insiste sur l’importance de disposer d’informations microéconomiques permettant de comprendre les différences entre catégories sociales, générations et territoires. Sans données précises sur le ressenti des citoyens, il devient difficile de concevoir des politiques adaptées.

Le troisième enjeu concerne l’intégration de la qualité de vie dans les politiques locales. Nadia Zrelli estime que les territoires doivent être analysés au-delà des infrastructures économiques classiques, en prenant en compte l’accès aux services, l’environnement, la qualité du logement, les équipements culturels ou encore les possibilités de loisirs.

Elle rappelle que plusieurs organisations internationales développent aujourd’hui des approches comme les indicateurs de qualité de vie ou les bases de données sur le bien-être, afin de dépasser la vision limitée du PIB.

Le bien-être, un investissement stratégique plus qu’un coût

Contrairement à certaines perceptions, intégrer le bien-être dans les politiques publiques ne nécessite pas nécessairement des dépenses massives supplémentaires. Pour Nadia Zrelli, la première étape repose avant tout sur une évolution de la manière de concevoir les politiques publiques.

Il s’agit, selon elle, de mobiliser les expertises existantes, de produire de nouvelles données et d’ajouter cette dimension aux stratégies économiques déjà mises en place. Les résultats ne peuvent évidemment pas être immédiats, car l’évaluation d’une politique publique nécessite plusieurs années, mais le changement d’approche doit commencer dès maintenant.

Alors que la Tunisie cherche à redéfinir ses priorités économiques et sociales, l’économie du bien-être propose une nouvelle grille de lecture : la réussite d’un pays ne se mesure plus uniquement à ce qu’il produit, mais aussi à la manière dont ses citoyens vivent, espèrent et construisent leur avenir. Le véritable défi pour les prochaines années sera donc de transformer cette notion en un outil concret de décision publique.

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UGTT : les agents de la STEG et de la Sonede victimes d’une crise de moyens

18. Juli 2026 um 11:41

Le département des offices et des entreprises publiques de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé à la mise en place d’un programme national de sauvetage des secteurs de l’eau et de l’électricité, estimant que les perturbations enregistrées dans l’approvisionnement en eau potable et en électricité résultent de « dysfonctionnements accumulés » dans la gestion de ces secteurs stratégiques.

Dans un communiqué publié samedi, le département a attribué ces difficultés à plusieurs facteurs, notamment le vieillissement des infrastructures, le retard dans la réalisation de certains projets et l’insuffisance des moyens mis à la disposition des entreprises publiques pour assurer pleinement leurs missions.

Face à cette situation, l’organisation syndicale appelle à un « passage urgent d’une gestion des crises vers la construction de solutions », à travers le lancement d’un programme global reposant sur plusieurs axes : la relance des investissements, la modernisation des infrastructures, l’achèvement des projets bloqués, l’amélioration de la gouvernance, le renforcement des ressources humaines et l’instauration du principe de responsabilité dans la prise de décision.

Des fragilités structurelles au-delà des facteurs climatiques

Selon le département de l’UGTT, les difficultés actuelles ne peuvent être expliquées uniquement par les conditions climatiques ou par l’évolution de la consommation. Elles seraient également le résultat de plusieurs années de reports de décisions, d’un recul de l’investissement public, de retards dans les projets stratégiques et d’une gouvernance jugée insuffisamment adaptée aux mutations climatiques, démographiques et économiques.

L’UGTT considère que ces transformations ont créé de nouveaux défis auxquels les institutions publiques n’auraient pas été suffisamment préparées.

Soutien aux agents de la STEG et de la Sonede

Par ailleurs, le département des offices et des entreprises publiques a rejeté toute mise en cause de la responsabilité des agents et des cadres de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) dans les perturbations répétées de l’approvisionnement.

Il a souligné que ces personnels continuent d’assurer leurs missions « dans des conditions difficiles », malgré les contraintes liées à la limitation des moyens disponibles, au vieillissement des équipements et au manque de ressources humaines.

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Après l’ARP, le Conseil des régions valide le Plan 2026-2030

18. Juli 2026 um 09:24

Le Conseil national des régions et des districts a adopté, vendredi soir, le Plan de développement 2026-2030 dans son intégralité. Le texte a été approuvé par 56 membres, tandis que six ont voté contre et cinq se sont abstenus.

Ce plan fixe les grandes orientations et les programmes de développement pour les cinq prochaines années. Il s’inscrit dans une vision axée sur la définition des priorités économiques et sociales, tout en renforçant la dynamique du développement aux niveaux national et régional.

Cette adoption intervient après celle du Parlement. Le 10 juillet, l’Assemblée des représentants du peuple avait également approuvé le Plan de développement 2026-2030, avec 64 voix pour, 24 contre et 15 abstentions.

Des objectifs macroéconomiques ambitieux

Le Plan de développement vise un taux de croissance économique d’environ 4,2 % à l’horizon 2030. Il prévoit également une réduction progressive du déficit budgétaire à près de 3 %, ainsi qu’une maîtrise de l’endettement public, qui devrait être maintenu autour de 80 % du PIB d’ici 2030.

Sur le plan social, le gouvernement ambitionne de ramener le taux de pauvreté à moins de 15 % et d’améliorer l’indice de développement humain afin de rejoindre la catégorie des pays à très haut développement humain.

Transition énergétique et gestion durable des ressources

Le plan accorde une place importante à la transition énergétique. Il fixe comme objectif de porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix énergétique d’ici 2030. Il prévoit également une amélioration de l’efficacité énergétique grâce à une réduction de 30 % de la consommation nationale d’énergie primaire.

Le document met aussi l’accent sur la modernisation des réseaux, ainsi que sur l’augmentation du taux de réutilisation des eaux usées traitées, dans une perspective de meilleure gestion des ressources hydriques.

Modernisation de l’économie et développement régional

Le Plan de développement 2026-2030 repose sur plusieurs axes stratégiques, notamment la modernisation du tissu économique, le renforcement des

la consolidation de la sécurité énergétique, hydrique et alimentaire, ainsi que la préservation de l’environnement.

Il prévoit également la promotion d’un développement territorial équilibré, la modernisation du cadre institutionnel, l’amélioration de l’efficacité des services publics et la mise en œuvre d’un développement social plus équitable et inclusif.

Enfin, le plan entend instaurer un système de gouvernance plus efficace et plus flexible, capable de soutenir le développement économique et social tout en renforçant les droits des citoyens et des acteurs économiques.

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Sousse mise sur le chinois pour accompagner l’essor du tourisme

17. Juli 2026 um 09:19

L’Université de Sousse ouvrira l’an prochain un Centre Confucius dédié à l’enseignement de la langue chinoise appliquée au secteur touristique. Et ce, afin de renforcer la coopération universitaire avec la Chine et de répondre à la demande croissante pour cette langue, a annoncé jeudi le président de l’université, Lotfi Belkacem.

Ouvert au public, ce futur centre sera le deuxième Centre Confucius en Tunisie, après celui de l’Université de Carthage. Il proposera une formation spécialisée répondant aux besoins du secteur touristique. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un accord de coopération conclu entre l’Université de Sousse et l’Université des études internationales de Pékin. Elle vise notamment à former des guides touristiques et des cadres maîtrisant le chinois, capables d’accompagner le développement d’une clientèle chinoise en constante progression.

Le président de l’université a également indiqué que l’établissement a développé un vaste réseau de partenariats avec des universités arabes, africaines, européennes et chinoises. Quatre accords de coopération ont ainsi été signés avec des institutions chinoises dans les domaines de la technologie, de la recherche scientifique, de la coopération universitaire et des échanges d’étudiants et de chercheurs.

Le lancement de ce Centre Confucius intervient dans un contexte de croissance du marché chinois pour le tourisme tunisien. La Tunisie a accueilli près de 28 000 visiteurs chinois en 2025, soit une hausse de 19,3 % par rapport à 2024. Cette dynamique s’est poursuivie au premier trimestre 2026, avec une progression de 8,7 % des arrivées en provenance de Chine, selon les données citées par l’Université de Sousse.

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Plus de 5 000 voitures populaires vendues entre 27 000 et 35 000 dinars

17. Juli 2026 um 08:46

Le marché des voitures populaires en Tunisie demeure largement dominé par les constructeurs asiatiques. Les données statistiques relatives au premier semestre 2026 montrent que les marques coréennes, chinoises et japonaises continuent de se disputer les premières places sur ce segment, malgré un léger recul des ventes par rapport à l’année précédente.

Selon les chiffres recueillis auprès de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), 5 189 voitures populaires ont été vendues au cours des six premiers mois de 2026; contre 5 255 unités à la même période en 2025. Cela représente une baisse limitée de 1,3 %.

En revanche, le mois de juin affiche une évolution nettement plus favorable. Les ventes ont atteint 1 198 véhicules, contre 1 009 en juin 2025, soit une progression de 18,7 % sur un an.

Les données relatives aux prix indiquent que les voitures populaires commercialisées en Tunisie au cours du premier semestre 2026 sont proposées entre 26 790 et 35 000 dinars. Le prix moyen des modèles disponibles s’établit à environ 31 430 dinars.

La majorité des véhicules les plus vendus se situent dans une fourchette comprise entre 28 000 et 33 000 dinars, confirmant la préférence des consommateurs pour les modèles offrant un compromis entre accessibilité et niveau d’équipement.

Malgré le léger recul des ventes au premier semestre, la demande pour les voitures populaires reste particulièrement soutenue. Ce segment continue d’enregistrer une forte pression, avec des délais de livraison pouvant dépasser cinq ans dans certains cas, témoignant d’un déséquilibre persistant entre l’offre disponible et les besoins du marché.

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All inclusive: bouc émissaire ou pilier du tourisme?

16. Juli 2026 um 22:39

Depuis quelque temps, une partie des internautes mène des campagnes contre la formule All inclusive. Certains vont jusqu’à affirmer qu’elle serait à l’origine de la plupart des problèmes du tourisme.  La question qui se pose est donc double : cette demande de suppression est‑elle légitime, et quelles en seraient réellement les répercussions ?

Il faut d’abord rappeler que le « all inclusive » n’est pas une spécificité tunisienne. Toutes les grandes destinations balnéaires, que ce soit les Caraïbes à l’Espagne, proposent ce modèle. Sans all inclusive, une destination devient difficilement vendable sur les principaux marchés internationaux. Renoncer à cette formule reviendrait, pour la Tunisie, à se priver d’une part substantielle de sa clientèle. Certains professionnels estiment qu’on pourrait perdre jusqu’à la moitié de nos visiteurs si cette option disparaissait.

La campagne actuelle semble souvent reposer sur une méconnaissance des réalités du secteur. Une partie du public cherche un bouc émissaire aux difficultés du tourisme, ce mot anglécisme  joue ce rôle commode, la clientèle ne maîtrise pas toujours les rouages économiques, les coûts fixes, les contraintes d’investissement ou les enjeux de compétitivité internationale. S’en prendre à l’outil commercial le plus utilisé par les tours‑opérateurs plutôt qu’aux défaillances structurelles du produit et de l’environnement touristique conduit à un diagnostic biaisé.

Imaginez malgré tout que l’on décide de réduire la part du all inclusive pour pousser le touriste à “sortir” de l’hôtel et dépenser davantage dans l’écosystème local. La question suivante est immédiate : sortir, oui, mais pour aller où, et avec quels moyens ? L’offre de transport interne, l’animation urbaine, les parcs de loisir, les cafés, les bars, les circuits organisés restent limités ou peu structurés dans plusieurs régions.  Si la Tunisie souhaite augmenter la recette moyenne par touriste, elle doit lui offrir des occasions concrètes et attractives de consommer, au‑delà du seul hôtel.

Le tourisme est avant tout une activité économique. Plus le visiteur dépense, plus les entreprises génèrent des revenus, et plus l’État perçoit d’impôts. Un hôtel qui fonctionne bien et dégage des bénéfices contribue à la fiscalité, à l’emploi et aux investissements. En attaquant frontalement le all inclusive sans proposer de modèle alternatif cohérent, on risque de “scier la branche sur laquelle on est assis”.

La virulence de certaines prises de position sur les réseaux sociaux  parfois proches d’une campagne de diffamation interroge aussi le rapport du grand public au secteur touristique.  Or, une entreprise reste une entité économique qui doit équilibrer ses comptes. Si un ménage n’a pas les moyens de voyager, il peut légitimement renoncer ou chercher des formules plus adaptées selon son budget.

Au final, le débat sur le all inclusive gagnerait à être apaisé et repositionné dans la mesure où il serait plus constructif de réfléchir à la manière de l’améliorer, de diversifier l’offre autour des hôtels et de renforcer le tissu d’activités et de services . Ce qui incite le touriste à découvrir et consommer hors des murs des établissements.  Au final, critiquer un outil sans s’attaquer aux véritables failles de l’écosystème touristique risque de détourner l’attention aux vraies solutions.

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STEG: Coupures d’électricité programmées, quelles sont les régions concernées?

16. Juli 2026 um 19:48

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé de nouvelles coupures programmées d’électricité, ce jeudi 16 juillet 2026, entre 17h00 et 21h00, par intermittence, dans plusieurs régions du pays.

Ces interruptions touchent notamment des localités du Grand Tunis, de Sfax, Gabès, Kébili, Médenine, Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa, Kairouan et Tozeur. 

Selon la STEG, cette mesure s’inscrit dans le cadre de la préservation de la sécurité et de la continuité du réseau électrique, en raison de la forte demande en électricité durant cette période de fortes chaleurs.

Graphique généré par l’IA

 

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Inflation en Tunisie : l’économie informelle, amortisseur ou accélérateur de crise ?

16. Juli 2026 um 08:42

Face à la flambée des prix internationaux de l’énergie et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, les circuits informels jouent un rôle complexe dans la transmission des chocs économiques en Tunisie. Pour Sami Bensassi, professeur en économie du développement à l’Université de Birmingham, l’impact de la crise dépend largement du produit concerné et du canal par lequel il circule.

Intervenant dans le deuxième épisode de « L’Éco en Clair », le talk-show de L’Économiste Maghrébin, consacré à « Inflation de guerre, Moyen-Orient en feu : ce que les conflits coûtent à l’économie tunisienne », Sami Bensassi a analysé l’impact des tensions géopolitiques internationales sur l’économie tunisienne. Il a notamment mis en lumière le rôle de l’économie informelle dans la transmission des chocs externes, l’évolution des prix et la capacité de résilience des ménages et des entreprises.

Il estime que la transmission du choc inflationniste ne suit pas les mêmes mécanismes selon les secteurs. Le cas des produits pétroliers illustre cette différence. La contrebande de carburant en Tunisie, principalement alimentée par des flux en provenance d’Algérie et de Libye, repose sur deux pays producteurs qui maintiennent d’importants systèmes de subvention internes. Dans un contexte de hausse mondiale des prix du pétrole, ces pays bénéficient davantage de l’augmentation des cours internationaux. Ce qui réduit les incitations à revoir leurs politiques de soutien.

La situation tunisienne apparaît, en revanche, beaucoup plus contraignante. Le budget de l’État ayant été construit sur une hypothèse de prix du baril autour de 65 dollars, une prolongation de la crise énergétique pourrait rendre difficile le maintien du niveau actuel des subventions. Une hausse des prix à la pompe deviendrait alors une perspective difficilement évitable.

Dans ce contexte, l’économie informelle peut temporairement jouer un rôle de protection pour certains ménages en limitant l’impact immédiat du renchérissement des carburants. Mais cet effet d’amortisseur reste limité et dépend fortement de la nature du produit concerné.

Des effets différents selon les circuits de distribution

Pour les produits alimentaires, l’analyse diffère. Sami Bensassi estime que la hausse des prix pourrait être alimentée notamment par l’augmentation du coût des intrants agricoles, à l’image des engrais, dont l’acheminement international est perturbé depuis l’apparition des tensions dans la région du Golfe. Dans ce cas, les circuits formels et informels risquent davantage d’entrer en concurrence. Ce qui pourrait accentuer les pressions inflationnistes. Loin de constituer uniquement un mécanisme de protection contre la hausse des prix, l’informel peut aussi contribuer à une déstabilisation plus large du marché lorsqu’il interfère avec les circuits traditionnels d’approvisionnement.

L’économiste souligne également un autre effet souvent moins visible : l’impact de l’économie informelle sur la répartition des richesses. Si l’État subit une diminution de ses recettes à travers les droits et la TVA non collectés, certains acteurs de l’informel peuvent, au contraire, enregistrer des revenus supplémentaires.

Ces ressources peuvent ensuite être réinjectées dans l’économie, notamment dans des secteurs comme l’immobilier, contribuant potentiellement à une hausse des prix et à de nouveaux déséquilibres.

Pour l’économiste, l’enjeu principal est donc de comprendre que l’économie informelle ne constitue ni uniquement une menace ni uniquement un filet de sécurité. Son rôle dépend du secteur, du produit et du contexte international. Dans une période de forte incertitude géopolitique, cette distinction devient essentielle pour anticiper les effets réels de l’inflation sur les ménages et sur l’économie tunisienne.

Retrouvez l’intégralité de cet épisode de « L’Éco en Clair » :
https://www.youtube.com/watch?v=vMPp7S7Y2XI&t=513s

** Cet article a été produite dans le cadre de « On en parle ! Tunisie 360° », un projet financé par l’Union Européenne, cofinancé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et mis en œuvre par le consortium DW Akademie et AMAJ.
Son contenu relève de la seule responsabilité de L’Économiste Maghrébin et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position des bailleurs et du consortium susmentionnés.

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Les talents tunisiens de l’ONU s’unissent pour la Tunisie

16. Juli 2026 um 07:55

La Tunisie renforce la valorisation de ses compétences à l’international avec la création de l’Association des compétences tunisiennes aux Nations unies (CTNU), dont l’acte constitutif a été signé mercredi 15 juillet à l’ambassade de Tunisie à Berne, en Suisse.

Présidée par Belhassen Ben Ammara, cette nouvelle structure vise à fédérer les fonctionnaires tunisiens exerçant au sein des différentes agences et programmes de l’ONU.

L’association a pour mission de développer les échanges entre ses membres, de promouvoir leur expertise et de la mettre au service de la Tunisie. Pour ce faire, elle prévoit notamment l’organisation de rencontres, conférences et séminaires consacrés aux enjeux internationaux et au multilatéralisme.

La CTNU entend également soutenir les efforts de la diplomatie tunisienne en renforçant la visibilité et l’influence des compétences tunisiennes au sein des organisations internationales.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la Tunisie de mieux mobiliser son capital humain à l’étranger pour renforcer son rayonnement et sa présence sur la scène internationale.

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Les relations tuniso-russes :  70 années de continuité diplomatique à l’épreuve des mutations géopolitiques

Von: tmps
15. Juli 2026 um 16:46

Par Mondher AFI

La célébration du soixante-dixième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la République tunisienne et la Fédération de Russie, État successeur de l’Union des Républiques socialistes soviétiques sur le plan du droit international, constitue une étape significative dans l’évolution des relations bilatérales entre les deux pays. Depuis leur établissement en 1956, ces relations se sont développées dans un environnement international en constante mutation, marqué par la fin de la bipolarité, la recomposition des rapports de puissance et l’émergence de nouvelles configurations géopolitiques.

Malgré ces transformations, la coopération tuniso-russe a conservé une certaine continuité, reposant sur des mécanismes de dialogue politique, des échanges institutionnels réguliers et la recherche de convergences dans plusieurs domaines d’intérêt commun.

Cet anniversaire intervient dans un contexte où la politique étrangère tunisienne est conduite, sous le suivi du Président de la République, Kaïs Saïed, selon des orientations privilégiant la consolidation de la souveraineté nationale, l’élargissement des partenariats internationaux et la diversification des relations extérieures, dans le respect des principes du droit international et de l’égalité souveraine entre les États. Dans cette perspective, les relations avec la Fédération de Russie s’inscrivent dans une approche diplomatique fondée sur l’équilibre des partenariats, la défense des intérêts nationaux et le maintien d’un dialogue ouvert avec l’ensemble des acteurs internationaux, indépendamment des recompositions qui caractérisent le système international contemporain.

L’échange de messages de félicitations entre Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, et Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, s’inscrit dans cette dynamique. Au-delà de sa dimension protocolaire, cet échange traduit la volonté des deux États de préserver un dialogue politique régulier et de poursuivre une coopération fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité souveraine et la recherche d’intérêts communs. Il reflète également la continuité d’une relation diplomatique qui, tout en s’adaptant aux évolutions du contexte international, demeure structurée autour d’une approche pragmatique privilégiant la concertation politique et le développement progressif de la coopération bilatérale dans les domaines jugés prioritaires par les deux parties.

Une relation construite dans la durée

Depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques le 11 juillet 1956, la Tunisie et la Russie ont entretenu des liens caractérisés par une remarquable continuité. Si les contextes internationaux ont profondément évolué, la coopération bilatérale a su s’adapter aux changements intervenus avec la fin de la guerre froide, la disparition de l’Union soviétique et l’émergence d’un système international plus complexe.

Contrairement à plusieurs configurations des relations soviéto-arabes durant la guerre froide, largement structurées par les logiques de bipolarisation idéologique, les mécanismes d’alignement stratégique et les dynamiques de compétition entre les deux blocs, les relations entre la Tunisie et l’Union soviétique, puis avec la Fédération de Russie après 1991, se sont progressivement distinguées par une orientation sensiblement différente. Elles se sont construites selon une logique davantage pragmatique, dans laquelle les considérations politiques, économiques et diplomatiques ont généralement prévalu sur les affinités doctrinales ou les solidarités idéologiques.

Cette spécificité s’explique notamment par la doctrine diplomatique tunisienne, historiquement fondée sur le principe du non-alignement, la diversification des partenariats extérieurs et la préservation d’une autonomie décisionnelle vis-à-vis des grandes puissances. Dans cette perspective, les relations avec Moscou n’ont jamais reposé sur une adhésion à un projet idéologique commun ni sur une volonté d’intégration à une sphère d’influence déterminée. Elles se sont développées à travers une coopération sélective, modulée en fonction des intérêts nationaux respectifs, de l’évolution des rapports de force internationaux et des opportunités offertes par les transformations de l’environnement géopolitique.

L’analyse de cette trajectoire met en évidence une forme de réalisme diplomatique caractérisée par une faible intensité idéologique et une forte capacité d’adaptation aux mutations du système international. Les interactions bilatérales ont ainsi été principalement déterminées par des considérations relatives au développement économique, aux échanges commerciaux, à la coopération scientifique et technique, aux secteurs de l’énergie, de l’enseignement supérieur, du tourisme ainsi qu’à la concertation sur certaines questions internationales d’intérêt commun. Cette dynamique illustre une conception des relations internationales dans laquelle la coopération est moins le produit d’une proximité doctrinale que le résultat d’une convergence ponctuelle d’intérêts stratégiques, économiques et institutionnels.

Dans cette optique, la relation tuniso-russe apparaît comme un exemple d’interaction interétatique fondée sur une rationalité pragmatique plutôt que sur une logique d’alignement idéologique. Sa continuité historique résulte moins de la permanence d’une communauté de valeurs politiques que de la capacité des deux États à préserver des canaux de dialogue, à adapter leurs mécanismes de coopération aux transformations du contexte international et à inscrire leur partenariat dans une approche fonctionnelle privilégiant les bénéfices mutuels, la flexibilité diplomatique et la recherche d’équilibres compatibles avec les priorités nationales de chacun. Cette évolution traduit une forme de coopération durable dont la stabilité repose essentiellement sur la convergence des intérêts objectifs et sur une gestion pragmatique des relations bilatérales, indépendamment des recompositions idéologiques ayant marqué les différentes phases de l’ordre international contemporain.

Le pragmatisme comme fondement du partenariat

L’analyse des relations internationales montre que les politiques étrangères des États sont principalement déterminées par la défense de leurs intérêts nationaux et par leur capacité à s’adapter aux évolutions de l’environnement international. Dans cette perspective, ni la Tunisie ni la Fédération de Russie ne font exception à cette logique. Leurs politiques extérieures s’inscrivent dans une démarche pragmatique où les considérations de sécurité, de développement économique, de stabilité politique et de diversification des partenariats occupent une place centrale. Les relations bilatérales ne relèvent ainsi ni d’une logique idéologique ni d’un système d’alliances exclusives, mais d’une convergence d’intérêts définie en fonction des priorités propres à chacun des deux États.

Les transformations intervenues depuis la fin de la guerre froide ont profondément modifié les équilibres du système international. L’émergence progressive d’un ordre davantage multipolaire, la diversification des pôles de croissance économique, la montée des enjeux énergétiques, alimentaires et technologiques, ainsi que l’intensification des interdépendances économiques ont conduit de nombreux États à adapter leurs stratégies diplomatiques. Dans ce contexte, la Russie a progressivement réorienté sa politique extérieure afin de préserver ses intérêts stratégiques, économiques et sécuritaires, tandis que la Tunisie a poursuivi une politique de diversification de ses partenariats extérieurs visant à renforcer son autonomie diplomatique et à élargir ses marges de coopération avec différents acteurs internationaux.

Les relations tuniso-russes s’inscrivent précisément dans cette dynamique d’adaptation aux nouvelles réalités géopolitiques. Pour la Tunisie, la coopération avec la Russie constitue l’un des instruments de diversification de ses relations extérieures, sans remettre en cause ses autres partenariats traditionnels. Pour la Russie, la Tunisie représente un partenaire stable en Méditerranée et en Afrique du Nord, offrant des perspectives de coopération dans plusieurs secteurs présentant des intérêts réciproques.

 Cette complémentarité favorise le développement de projets communs dans les domaines du commerce, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’énergie, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la santé, du tourisme, des technologies et des échanges culturels.

Cette relation bilatérale se caractérise ainsi par une approche fonctionnelle fondée sur la recherche d’avantages mutuels plutôt que sur des considérations idéologiques. Son évolution reflète une tendance plus large observée dans les relations internationales contemporaines, où les États privilégient des partenariats flexibles, évolutifs et sectoriels, adaptés aux mutations du système international. Dans cette perspective, la coopération entre la Tunisie et la Russie apparaît comme un partenariat pragmatique, fondé sur le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’équilibre des intérêts et la recherche d’une coopération susceptible de contribuer au développement économique, scientifique et technologique des deux pays. Cette logique confère aux relations tuniso-russes une stabilité relative, tout en leur permettant de s’adapter aux évolutions de l’environnement géopolitique international sans être tributaires des fluctuations conjoncturelles des rapports de puissance.

Les défis d’un environnement international en mutation

L’ordre international connaît aujourd’hui une profonde recomposition, marquée par le retour des rivalités entre grandes puissances, la montée des pôles émergents et l’accélération des transformations économiques et technologiques.

Dans ce contexte, les relations tuniso-russes s’inscrivent dans une dynamique de diversification des partenariats internationaux. Pour la Tunisie, il s’agit de maintenir un dialogue ouvert avec l’ensemble de ses partenaires, tout en préservant son autonomie décisionnelle. Pour la Russie, le développement des relations avec les pays du Sud participe à une stratégie plus large de consolidation de sa présence diplomatique et économique dans différentes régions du monde.

Cette convergence ne relève pas d’une logique d’alliance, mais d’une coopération adaptée aux intérêts réciproques et aux évolutions de l’environnement international.

Soixante-dix ans après l’établissement de leurs relations diplomatiques, la Tunisie et la Fédération de Russie disposent d’un cadre de coopération qui a su évoluer au rythme des transformations du système international sans perdre sa cohérence ni sa continuité. Cette relation ne repose ni sur une logique d’alliance stratégique ni sur des affinités idéologiques, mais sur une approche pragmatique fondée sur la convergence d’intérêts, le respect de la souveraineté des États et la recherche d’avantages mutuels. Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques, la diversification des centres de décision et l’intensification des interdépendances économiques, cette coopération offre encore d’importantes perspectives de développement.

Les perspectives d’évolution des relations tuniso-russes reposent sur l’existence de domaines de coopération susceptibles d’être progressivement consolidés en fonction des priorités de développement des deux pays et de l’évolution du contexte international. Les secteurs de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’énergie, de la santé, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la transformation numérique, de l’innovation, des investissements et du tourisme offrent des possibilités de coopération qui pourraient être davantage développées dans le cadre de mécanismes institutionnels plus structurés. La concrétisation de ces perspectives demeure toutefois liée à la capacité des deux parties à renforcer le dialogue entre les administrations, les opérateurs économiques, les universités et les centres de recherche, ainsi qu’à améliorer les conditions favorisant les échanges commerciaux, les investissements et la circulation des compétences.

Par ailleurs, la concertation diplomatique entre la Tunisie et la Fédération de Russie au sein des organisations internationales constitue un cadre de dialogue permettant d’échanger sur les principales questions régionales et internationales, dans le respect des principes de la Charte des Nations unies, du droit international et de l’égalité souveraine des États. Dans cette perspective, le soixante-dixième anniversaire des relations diplomatiques illustre la continuité d’un dialogue bilatéral qui privilégie une coopération pragmatique, adaptée aux intérêts des deux pays et aux évolutions du système international, sans logique d’alignement, mais dans une recherche d’équilibre, de réciprocité et de bénéfices mutuels.



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Le chroniqueur Haythem El Mekki condamné à 12 mois de prison

15. Juli 2026 um 22:32

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé la condamnation en appel du journaliste et chroniqueur Haythem El Mekki à une peine d’un an de prison. Dans un communiqué publié mercredi 15 juillet 2026, l’organisation des journalistes se dit « profondément inquiet » face à cette décision, appelant par conséquent à former un pourvoi en cassation.

Rappelons que l’affaire fait suite à une plainte déposée par le CHU Habib Bourguiba de Sfax après la publication, en janvier 2024, d’un message sur les réseaux sociaux dans lequel le journaliste évoquait la situation au sein de l’établissement. Alors que le Tribunal de première instance avait prononcé un non-lieu, la Cour d’appel de Sfax a finalement condamné Haythem El Mekki à un an d’emprisonnement.

Le journaliste a annoncé lui-même le verdict sur les réseaux sociaux, précisant qu’il s’agissait de la deuxième de trois procédures judiciaires engagées contre lui ces dernières années, toutes liées, selon lui, à des déclarations dans les médias ou à des publications sur les réseaux sociaux.

Haythem El Mekki a également indiqué que les poursuites avaient d’abord été engagées sur la base du décret-loi n°54 avant que la condamnation ne soit finalement prononcée en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications.

Pour le SNJT, cette affaire illustre une tendance inquiétante au recours à des textes prévoyant des peines de prison dans les dossiers liés à la liberté d’expression. Le syndicat estime que ce type de poursuites favorise l’intimidation et l’autocensure des journalistes.

Réaffirmant son soutien à Haythem El Mekki et à son équipe de défense, le SNJT appelle à l’annulation du jugement et au respect des garanties relatives à la liberté d’expression.

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Anne Guéguen: « L’amitié entre la France et la Tunisie ne se décrète pas, elle se construit, chaque jour, par des actes »

15. Juli 2026 um 12:59

Le 14 juillet est la fête nationale de la France qui célèbre la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Elle reste pour l’histoire le symbole de la Révolution, un changement d’ère qui a mis fin à la monarchie absolue et a fait des émules dans plusieurs parties du monde. 

Ci-dessous le discours prononcé par Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie, en présence du représentant de l’Etat, le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi. 

Merci de votre présence, à chacun et chacune. Je me réjouis de célébrer avec vous le 14 juillet. Plus qu’une date, cette fête est le symbole d’un peuple affirmant la liberté, l’égalité et la fraternité, principes qui ont porté l’élan révolutionnaire et conduit, le 14 juillet 1789, à la prise de la Bastille, mettant à bas l’arbitraire. Si les Français sont foncièrement attachés à leur devise, fondement de notre République et de notre démocratie, ces principes émancipateurs ne sont pas l’apanage d’un pays ni d’une époque. Ils transcendent les frontières, les peuples et les générations, et parlent à toutes celles et ceux qui veulent dignité et justice.
Ces valeurs que nous avons en partage ont une résonance propre ici, pays de haute culture, ancré profondément en lui-même, ni à l’orient ni à l’occident, mais à la croisée des routes méditerranéennes, arabes et africaines. La Tunisie est pétrie d’une histoire remarquable de luttes, d’engagements et d’espoirs, forgée par des femmes et des hommes qui, je le constate depuis trois ans que j’ai l’honneur d’y servir comme ambassadrice, font preuve d’une résilience admirable dans la marche incertaine du monde.

 

Les rapports entre la Tunisie et la France, d’une remarquable stabilité, tirent leur solidité de la volonté commune de surmonter, de manière lucide et apaisée, les injustices et souffrances du passé colonial.

 

Monsieur le Ministre, votre présence est aussi l’occasion de célébrer 70 ans de relations diplomatiques depuis l’indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956. Les rapports entre la Tunisie et la France, d’une remarquable stabilité, tirent leur solidité de la volonté commune de surmonter, de manière lucide et apaisée, les injustices et souffrances du passé colonial. C’est un choix, que nous faisons ensemble, de nourrir un partenariat d’égal à égal fondé sur le respect, l’écoute, le dialogue. La Tunisie est souveraine dans ses choix, et la France, comme l’Union européenne, respecte profondément cette souveraineté. Je le dis avec humilité. Notre ambition est de coopérer et de partager, pour le bénéfice mutuel des peuples, en servant leurs intérêts réciproques. Le « partenariat mutuellement bénéfique » qui était au coeur du sommet Africa Forward à Nairobi le 11 mai, doit être, plus que jamais, au centre de notre action.

 

La France, comme l’UE, est un partenaire fiable, constant, prévisible, engagé. Nous cherchons à nourrir la confiance. Déterminés à assurer notre défense et innovants, nous ne sommes pas pour autant dans une logique prédatrice ni impérialiste.

 

Monsieur le Ministre, chers invités, la France, comme l’UE, est un partenaire fiable, constant, prévisible, engagé. Nous cherchons à nourrir la confiance. Déterminés à assurer notre défense et innovants, nous ne sommes pas pour autant dans une logique prédatrice ni impérialiste. Nos relations sont dynamisées par notre proximité, qui est un atout mutuel précieux dans un monde où il est devenu impératif de raccourcir et de sécuriser les chaînes de valeur et d’approvisionnement, de décarboner nos économies comme d’assurer la sécurité de nos concitoyens sur tous les plans.

Vous le savez, la France est le premier partenaire économique de la Tunisie et nos échanges se portent bien. Les investissements comme le commerce bilatéral sont en hausse. C’est au profit de la Tunisie, dont l’excédent commercial vis à vis de la France a dépassé l’an dernier les 3 Mds d’euros, à comparer avec les 2,4 Mds d’euros tirés du tourisme.

Notre relation se construit dans des projets qui touchent directement la vie des citoyens. Ensemble, nous agissons pour former les jeunes et préparer l’entrée dans la vie active – je veux évoquer les près de 20 000 élèves dans les établissements du réseau AEFE en Tunisie et les 16.000 étudiants tunisiens en France mais aussi l’appui à la modernisation des ISET ou encore l’inauguration récente, avec la Fondation Tunisie pour le Développement et nos amis allemands, des centres ELIFE de Sidi Bouzid et Tozeur. Nous créons des emplois – je pense aux 170.000 emplois directs dans les entreprises à participation française en Tunisie ; nous encourageons l’innovation et l’entrepreneuriat – je pense au succès du Forum Méditerranéen de l’intelligence artificielle (FMIA) que nous avons organisé avec vous, Monsieur le Ministre, en novembre dernier.

Nos projets communs visent aussi à protéger les ressources naturelles, en particulier l’eau, et appuyer le choix stratégique de la Tunisie de renforcer sa souveraineté énergétique en développant son exceptionnel gisement solaire et éolien. Nos projets sont au service du développement des régions, dans un souci de soutien aux priorités de justice sociale et territoriale du gouvernement tunisien. C’est pourquoi nous coopérons pour renforcer les systèmes de santé – la France apporte ainsi, à travers l’AFD, le financement nécessaire à la construction de deux nouveaux hôpitaux à Gafsa et Sidi Bouzid. Ces projets viennent également contribuer aux services rendus par la société civile, notamment les femmes tunisiennes dont on ne dira jamais assez combien elles sont valeureuses et portent leur pays. Pour beaucoup d’entre eux, ces projets sont soutenus par l’Institut français de Tunisie ou par Expertise France, qui a fêté en décembre dix ans d’activité.

 

Je suis heureuse de dire que nous avons délivré plus de 116.000 visas l’année dernière avec un taux de refus de moins de 16% -, en encourageant les projets, et surtout en faisant confiance et construisant l’espoir.

 

Notre relation se construit d’abord grâce à vous, chers amis tunisiens et chers compatriotes, qui contribuez à nourrir nos liens humains d’une densité exceptionnelle, et je pense tout particulièrement aux centaines de milliers de tunisiens et franco-tunisiens qui vivent en France et dont la bi-culturalité est un pont formidable entre les deux rives, un atout précieux que nous devons chérir. Pour la jeunesse, talentueuse, exigeante, qui veut des perspectives, en Tunisie comme à l’international, notre responsabilité collective est d’ouvrir des horizons, en facilitant les mobilités – et je suis heureuse de dire que nous avons délivré plus de 116.000 visas l’année dernière avec un taux de refus de moins de 16% -, en encourageant les projets, et surtout en faisant confiance et construisant l’espoir.

Dans notre monde instable et violent, en pleine recomposition stratégique, cette confiance est essentielle. Nous partageons le même horizon de défis – qu’il s’agisse de climat, d’énergie, de santé, de démographie, de sécurité. Nos destins sont liés. Nous avons une maison commune à préserver et je pense très concrètement à la fois à la Méditerranée et aux Nations unies. Dans ces temps sombres, les peuples attendent que la voix du droit, de la justice et de la dignité soit portée avec constance, et que le monde reste habitable. La France y est attachée et sait que ces principes trouvent ici, en Tunisie, un écho profond.

Lucide sur la réalité de la guerre, la France ne s’y résigne pas. La France mène une diplomatie de la souveraineté fondée sur le respect de l’égalité des nations et de la recherche de la paix et de la sécurité pour tous. Nous avons reconnu la Palestine. Nous soutenons le Liban. Nous appuyons l’Ukraine dans son combat. La Tunisie est un pays qui a un sens aigu de la justice internationale et qui nourrit de fortes attentes, légitimes, de respect des droits du peuple palestinien, aujourd’hui bafoués. Ensemble il nous appartient d’œuvrer au respect du droit et de la justice internationale, de conjurer les maux du nationalisme, du racisme et du protectionnisme dont l’histoire a montré qu’ils mènent au pire. Ensemble, il nous revient, comme nous nous y sommes engagés en signant la charte des Nations unies, d’assurer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction. Les uns comme les autres nous devons protéger l’état de droit et garantir la sécurité juridique des personnes physiques et morales sans laquelle il ne peut y avoir de prospérité économique ni de sécurité pour tous.

Nous sommes à la fois autonomes et profondément dépendants les uns des autres, dans une toile d’interconnexions toujours plus complexes. Ce n’est pas une faiblesse mais la condition humaine et la dynamique de la modernité qui s’imposent à nous. Au moment où les équilibres se recomposent en profondeur à l’échelle de la planète, le repli sur soi va à l’encontre du développement économique et de la sécurité des nations. Les mouvements migratoires qui interrogent aujourd’hui nos sociétés, au Nord comme au Sud, s’ils sont régulés, encadrés et accompagnés peuvent apporter leur part de réponse aux mutations du temps. Nous pouvons et savons travailler ensemble à cette fin, en tirant le meilleur parti de notre proximité.

Je voudrais, pour conclure, vous remercier et remercier à l’adresse du ministre  tous nos partenaires tunisiens comme nos partenaires européens. Je suis reconnaissante aux équipes de l’Ambassade, de la résidence et de nos opérateurs qui, chaque jour, font vivre cette coopération, et à toutes celles et ceux qui rapprochent nos deux pays. Je voudrais particulièrement saluer le Consul général Dominique Mas et le COCAC Fabrice Rousseau qui repartiront vers la France cet été. Je voudrais aussi exprimer ma gratitude à nos sponsors – et en premier lieu la CCITF, Total Energies et la Banque UIB – dont la générosité rend cette célébration possible ainsi qu’aux entreprises qui travaillent de manière exemplaire à la rénovation de cette merveilleuse résidence.

Et je voudrais enfin vous dire simplement ceci : j’aime la Tunisie et souhaite pour elle et pour tous les Tunisiens ce qu’il y a de meilleur. L’amitié entre la France et la Tunisie ne se décrète pas. Elle se construit, chaque jour, par des actes.

Je vous souhaite à toutes et tous un très bon 14 juillet et une belle soirée, dans l’esprit fair-play du sport. La demi-finale de la Coupe du monde de football qui va commencer et les deux formidables équipes qui s’affrontent ne devrait pas manquer de nous offrir de beaux moments d’émotion.
Vive la Tunisie, vive la République et vive la France !

Vive l’amitié tuniso française

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Les Tunisiens face aux coupures d’été : sous tension, mais pas au bord du blackout !

15. Juli 2026 um 11:10

Cet été, le réseau électrique reste sous forte pression : la probabilité de coupures localisées augmente, mais un blackout national prolongé paraît improbable. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a déjà eu recours aux délestages pour maintenir l’équilibre du système lors des pics de consommation provoqués par les vagues de chaleur.

La vulnérabilité tient surtout à l’alliance dangereuse entre une demande estivale très élevée et une production largement dépendante du gaz naturel. Pour les ménages, cela se traduit par des interruptions ponctuelles durant les heures les plus chaudes, impactant le confort et le fonctionnement d’appareils sensibles. Pour l’économie, les conséquences peuvent être plus lourdes : ralentissement des activités, contraintes pour les services essentiels (hôpitaux, transports) et risques pour les télécommunications si la situation venait à se dégrader.

Au-delà de la gestion des coupures immédiates, l’enjeu stratégique est clair : sécuriser les approvisionnements, moderniser un parc vieillissant et diversifier le mix énergétique. Les pistes pour limiter les risques incluent un déploiement accéléré des énergies renouvelables, des programmes massifs d’efficacité énergétique et une meilleure orchestration des consommations (gestion des pointes, tarification incitative, stockage). Sans ces réformes, les étés prochains risquent de rester synonymes de tension électrique répétée.

Risque de coupures cet été : la Tunisie n’est pas au bord d’un blackout total; mais son réseau électrique reste sous pression. Entre pics de consommation, dépendance au gaz et finances fragiles de la STEG, devons-nous assister à des coupures d’été répétitives, où encore le pays pourra-t-il éviter un blackout total comme celui de l’Algérie.

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Migrations et sécurité juridique : les garde-fous du développement selon Anne Guéguen

15. Juli 2026 um 09:35

À l’occasion des célébrations du 14 Juillet à La Marsa, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a présenté un état des lieux détaillé des relations bilatérales, alors que les deux nations commémorent cette année le soixante-dixième anniversaire de l’établissement de leurs liens diplomatiques.

Les données économiques révèlent une dynamique soutenue : l’excédent commercial tunisien envers la France a atteint 3 milliards d’euros pour l’année 2025, marquant une hausse de 600 millions par rapport aux 2,4 milliards enregistrés en 2024, soit une progression de 25 %. La France confirme ainsi son statut de premier partenaire économique du pays. Sur le terrain, les entreprises françaises ou à capitaux français implantées en Tunisie génèrent 170 000 postes de travail, consolidant leur contribution à l’emploi local.

Les échanges dans les domaines éducatif et universitaire affichent également des indicateurs robustes. Le réseau d’enseignement français accueille actuellement près de 20 000 élèves en Tunisie; tandis que 16 000 étudiants tunisiens poursuivent leurs études supérieures en France. La circulation des personnes s’intensifie avec la délivrance de plus de 116 000 visas à destination des Tunisiens au cours des douze derniers mois, témoignant de la densité des relations humaines entre les deux rives de la Méditerranée.

La diplomate a salué la « remarquable stabilité » d’une relation qui, selon elle, s’est construite sur la volonté commune de surmonter les séquelles de l’histoire coloniale. La France et l’Union européenne, a-t-elle rappelé, s’engagent à respecter pleinement la souveraineté tunisienne dans une approche de partenariat équilibré, reposant sur le dialogue et la considération réciproque.

Parmi les réalisations concrètes évoquées figurent l’implication de l’Agence française de développement dans la construction de deux établissements hospitaliers à Jendouba, le soutien à la rénovation des instituts supérieurs des études technologiques, ainsi que des programmes conjoints dédiés à la préservation des ressources hydriques et au développement des énergies solaire et éolienne. Le Forum méditerranéen de l’intelligence artificielle, organisé en novembre dernier, a été cité comme une initiative réussie dans le domaine de l’innovation technologique.

Anne Guéguen a par ailleurs réaffirmé les positions françaises sur les dossiers régionaux et internationaux, avec une reconnaissance explicite de l’État palestinien, un appui au Liban et un soutien à l’Ukraine. Elle a estimé que la Tunisie, attachée aux principes de justice internationale, porte des « attentes légitimes » concernant le respect des droits du peuple palestinien. La représentante française a plaidé pour une application rigoureuse du droit international et des droits humains, tout en mettant en garde contre les dérives nationalistes, racistes et protectionnistes.

L’ambassadrice a souligné que la préservation de l’État de droit et la sécurité juridique constituent des prérequis indispensables à toute prospérité durable. S’opposant aux logiques de repli, elle a considéré que celles-ci sont contraires au développement et à la sécurité des nations. Abordant la question migratoire, elle a estimé que ces flux interrogent les sociétés du Nord tout en pouvant être régulés, encadrés et accompagnés pour répondre aux évolutions contemporaines.

 

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Quatre rencontres pour encourager les Tunisiens de l’étranger à investir en Tunisie

15. Juli 2026 um 08:44

L’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) organisera, du 23 juillet au 6 août, quatre rencontres régionales dédiées à l’investissement à destination des Tunisiens résidant à l’étranger. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la contribution de la diaspora au développement économique du pays et à encourager la création de projets dans les différentes régions.

Le coup d’envoi de cette série de rencontres sera donné le 23 juillet à Tataouine. Une deuxième étape est prévue le 29 juillet à Tunis, avant deux autres rendez-vous à Bizerte, le 4 août, puis à Kairouan, le 6 août, a indiqué l’Office des Tunisiens à l’étranger dans un communiqué publié mardi sur sa page Facebook.

Ces rencontres ont pour objectif de présenter les opportunités d’investissement disponibles à travers le pays, de mettre en avant des idées de projets innovants et à fort potentiel, mais aussi de créer un espace d’échange entre les différents acteurs concernés. Elles permettront également de mieux faire connaître les mécanismes d’inclusion financière susceptibles de faciliter l’investissement de la diaspora et de renforcer sa participation à la dynamique économique nationale.

Selon les données du ministère des Affaires sociales, la communauté tunisienne établie à l’étranger compte plus de 1,8 million de personnes, soit plus de 15 % de la population du pays. Grâce à la progression continue des transferts de fonds vers la Tunisie, cette diaspora contribue à plus de 7 % du produit intérieur brut (PIB), confirmant son rôle stratégique dans le soutien de l’économie nationale.

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47 °C et plus : quand la canicule révèle l’échec de la gestion de l’eau

14. Juli 2026 um 15:39

Une vague de chaleur exceptionnelle, prévue jusqu’au 20 juillet avec des pointes à 47 °C, aggrave la crise nationale d’approvisionnement en eau. Dans plusieurs régions, les coupures d’eau se multiplient et deviennent quotidiennes, faisant du droit constitutionnel à l’eau une revendication permanente. Des milliers de foyers subissent des interruptions répétées, et des manifestations pacifiques, ainsi que des blocages de routes, ont lieu notamment à Metlaoui et à Ladhyab (délégation de Touiref), où les habitants dénoncent des semaines sans eau.

La SONEDE admet que les perturbations se sont étendues jusqu’à la périphérie de Tunis (Ariana, Ben Arous, Bir Mcharrek, Jebel Ouest) et touchent plusieurs gouvernorats du centre et du sud-est. Les coupures nocturnes, initialement programmées, ont laissé la place à une gestion aléatoire privant des foyers d’eau entre minuit et l’aube, sous prétexte d’un « déséquilibre hydrique ».

Pourtant, les barrages nationaux affichent un taux de remplissage d’environ 60%, un niveau qualifié de « très rassurant » par le ministère de l’Agriculture. Ce contraste révèle une crise de gouvernance : infrastructures vieillissantes, absence d’une stratégie de répartition équitable, et manque de mesures préventives pour contrer l’évaporation et les pics de consommation en période estivale.

Le FTDES dénonce cette crise de gestion et d’infrastructures. Il demande une intervention d’urgence pour protéger la santé et la dignité des populations, appelle à la transparence de la SONEDE et appelle à l’adoption d’une politique nationale de l’eau fondée sur l’équité territoriale, la responsabilité et la durabilité.

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ARP: feu vert parlementaire à deux financements pour la STEG

14. Juli 2026 um 14:27

L’Assemblée des représentants du peuple  ARP a adopté, lors d’une séance plénière, deux projets de loi (n°38 et n°39 de 2026) liés à des accords de garantie signés le 3 novembre 2025 entre la Tunisie et la Banque mondiale. Le premier garantit un prêt de 384,8 millions d’euros accordé à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) pour financer un programme d’amélioration de l’efficacité, de la performance et de la gouvernance du secteur énergétique; le second concerne une garantie liée au Fonds pour les technologies propres visant le même objectif.

Il convient de rappeler que la STEG connaît un déficit financier récurrent, principalement dû à la hausse des prix de l’énergie, et nécessite un plan d’action et une stratégie de sauvetage. Aujourd’hui, la production électrique repose majoritairement sur le gaz naturel (80% importé, 20% production nationale). La production annuelle nationale est d’environ 20 000 GWh avec un objectif de 26 000 GWh à l’horizon 2030, tandis que la consommation annuelle atteint 22 000 GWh, entraînant un déficit d’environ 10%.

La STEG couvre actuellement 99% du territoire national. L’État consacre plus de 3 milliards de dinars par an en subventions pour compenser une partie du coût de production. Le plan de réforme de la STEG vise à restaurer l’équilibre financier, améliorer les performances commerciales et techniques, régler les arriérés, et renforcer la gouvernance. Le ministre de l’Industrie, des mines et de l’énergie par intérim Slah Zouari a souligné la nécessité d’accélérer le recours aux énergies renouvelables (solaire et éolien) pour réduire le coût de production. Il part du constat que l’objectif est d’atteindre 6 000 GWh annuels d’électricité verte d’ici 2030. Ce qui contribuerait  à réduire de 35% les coûts de production.

Parmi les investissements récents figure la réalisation d’un nouveau « Corridor » électrique de 400 km, améliorant les connexions Nord–Sud et la distribution vers les régions. La rénovation du réseau vieillissant est prévue, avec une enveloppe annuelle de 70 millions de dinars dédiée à la réduction des coupures et au renforcement des liaisons en moyenne tension.

 La STEG prévoit aussi le déploiement initial de 150 000 compteurs intelligents dans le cadre d’un programme global de modernisation et d’un contrat-programme avec l’État couvrant la période 2024–2028, assorti d’indicateurs financiers, techniques et commerciaux pour mesurer la réussite des réformes.

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STEG : 430 MDT de prêts en débat à l’ARP pour doubler la production

14. Juli 2026 um 11:32

Réunie ce mardi 14 juillet 2026, l’Assemblée a auditionné le ministre de l’Équipement et chargé de l’Industrie et de l’Énergie sur l’affectation de 430 MDT de prêts destinés à la STEG, préalable au vote de deux projets de loi.

La plénière s’est poursuivie ce mardi 14 juillet 2026 au matin pour entendre les réponses de Salah Zouari, ministre de l’Équipement et chargé du ministère de l’Industrie et de l’Énergie. L’intervention du ministre répondait aux questions et observations formulées par les députés lors de la séance du week-end dernier au sujet de deux projets de loi. Ces textes portent sur des conventions permettant à la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) de contracter deux prêts d’un montant global de 430 millions de dinars, étape préalable au passage au vote.

Lors de son exposé, M. Zouari a détaillé la répartition prévisionnelle de ces deux financements. Les fonds seront alloués au rétablissement de l’équilibre financier et à l’optimisation de l’organisation administrative de la STEG. Ils serviront également à doubler la production d’électricité par la construction de nouvelles centrales en partenariat avec le secteur privé, à réduire les importations de gaz et à renouveler l’infrastructure de production électrique.

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Tunisie–France : focus sur le renforcement de la coopération sécuritaire

Von: tmps
14. Juli 2026 um 11:12

Le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, s’est entretenu lundi par téléphone avec son homologue français, Laurent Nuñez, pour évoquer la coopération bilatérale en matière de sécurité, notamment la lutte contre la criminalité transfrontalière et le trafic de stupéfiants.

Les deux responsables ont passé en revue plusieurs dossiers relevant des compétences de leurs ministères respectifs, avec un accent particulier sur le renforcement de la coordination face aux défis sécuritaires communs, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur.

L’entretien a également permis d’examiner les moyens de consolider davantage les relations de coopération entre la Tunisie et la France dans les domaines de compétence des ministères de l’Intérieur, afin de mieux répondre aux enjeux sécuritaires partagés.

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Tunisie : les revendications pour l’emploi en tête des mobilisations sociales

14. Juli 2026 um 10:12

Le droit au travail a constitué la principale revendication des mouvements de protestation enregistrés en Tunisie au cours du deuxième trimestre 2026. Selon le dernier rapport de l’Observatoire social tunisien, relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), cette revendication représente plus de 64 % de l’ensemble des mobilisations recensées durant la période.

Publié le lundi 13 juillet, le rapport indique que les protestations se sont concentrées principalement dans le gouvernorat de Tunis, suivi de Gafsa et de Kairouan. Des mouvements ont toutefois été observés dans l’ensemble des gouvernorats du pays.

S’agissant des acteurs de ces mobilisations, les travailleurs et les salariés arrivent en tête des participants. Ils sont suivis des militants et des habitants, puis des médecins du service public, des syndicalistes et des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage.

L’Observatoire souligne également que 81 % des protestations ont pris la forme d’actions de terrain, notamment des sit-in, des rassemblements de protestation et des grèves. Les 19 % restants se sont traduits par des communiqués, des campagnes sur les réseaux sociaux ou des prises de parole dans les médias.

Le rapport dresse par ailleurs un état des lieux des violences recensées au cours de la même période. Les violences physiques représentent 46,7 % des cas documentés, devant les violences économiques (17,8 %). Les violences institutionnelles et les violences fondées sur le genre arrivent ensuite, chacune avec une part de 11,2 %.

Les gouvernorats de Nabeul, Tunis et Sousse enregistrent le plus grand nombre de cas de violence documentés. Selon le rapport, les hommes représentent 82 % des auteurs présumés de violences et 47 % des victimes, contre 25 % pour les femmes. Tandis que certains cas concernent des victimes des deux sexes.

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