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AMT | «Le verdict contre Anas Hmadi est un dangereux précédent»

07. April 2026 um 13:32

Le bureau exécutif de l’Association des magistrats tunisiens (AMT) a dénoncé le verdict rendu, hier soir, lundi 6 avril 2026, par la sixième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, condamnant son président, Anas Hmadi, à un an de prison pour «entrave à la liberté de travail».

L’AMT a estimé que ce verdict est «injuste, basé sur une série de procédures infondées et de faits fabriqués de toutes pièces», selon un communiqué qu’elle a publié aujourd’hui sur sa page Facebook. L’association a ajouté que «ce verdict constitue un dangereux précédent dans l’histoire du pays, car jamais auparavant des juges n’avaient été poursuivis pour leurs activités syndicales et associatives. Il représente également une régression flagrante du droit des juges à se réunir, à s’exprimer et à défendre leur indépendance.»

L’AMT a indiqué que son président exercera tous les recours légaux contre le verdict prononcé à son encontre, appelant les magistrats à respecter leur serment professionnel de protéger les droits et libertés et de statuer avec justice et équité dans toutes les affaires qui leur sont soumises.

Le bureau exécutif de l’AMT a annoncé la tenue d’une conférence de presse le vendredi 10 avril afin d’informer le public des derniers développements concernant la condamnation de son président.

I. B.

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Tunisie | Un député appelle à nationaliser les ressources du pays

07. April 2026 um 12:34

Le député Nouri Jeridi, du bloc «Que le peuple triomphe», a exhorté le président Kaïs Saïed, à nationaliser les ressources nationales comme le sel, le pétrole et le gaz et à lutter contre les monopoles. Vidéo.

M. Jeridi, qui intervenait lors d’une session parlementaire ce mardi 7 avril 2026, a ajouté, selon ses propos rapportés par Diwan FM : «Le peuple attend de vous, en tant que principal responsable des orientations du gouvernement, que vous destituiez le cabinet actuel et en nommiez un autre qui vous soutiendra dans la restitution des ressources pillées du pays.»

Le député a affirmé que la nationalisation est la seule issue à la crise, soulignant qu’il s’agit d’une décision qui exige un courage considérable, selon ses termes. Il ne croit pas si bien dire, étant donné que la plupart des entreprises publiques dans le pays sont déficitaires depuis plusieurs années et survivent grâce à l’argent des contribuables.

Ce cher député croit aussi pouvoir enfoncer un coin entre le chef de l’exécutif et le gouvernement qu’il a lui-même nommé et dont il est censé dicter la marche à suivre pour gérer les affaires du pays. A l’en croire, le gouvernement n’agit pas – ou pas suffisamment – conformément aux directives présidentielles et que, par conséquent, il devrait être destitué, sachant que le cabinet actuel présidé par Sarra Zenzeri Zaâfrani est le 6e en moins de 7 ans après ceux de Elyes Fakhfakh, Hichem Mechichi, Najla Bouden, Ahmed Hachani et Kamel Madouri. En matière d’instabilité gouvernementale, difficile de faire pire…

Cette demande de destitution du gouvernement, le député la justifie par la persistance de la crise suffocante, des échecs à répétition, des projets au point mort et de la flambée des prix.

I. B.

Vidéo.

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Trois morts dans une fusillade près du consulat d’Israël à Istanbul

07. April 2026 um 11:28

Plusieurs équipes de police ont été envoyées sur les lieux ce matin, mardi 7 avril 2026, après que des coups de feu ont été entendus rue Büyükdere, dans le quartier de Levent, à Beşiktaş, quartier animé situé sur la rive européenne d’Istanbul, en Turquie.

Selon l’agence Anadolu, d’importantes équipes de police et médicales ont été envoyées sur place et le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a annoncé que le parquet avait ouvert une enquête concernant les signalements de coups de feu aux alentours du consulat d’Israël à Istanbul.

Selon d’autres médias, la fusillade a fait trois morts et deux policiers blessés.

Le ministre de l’Intérieur, Mustafa Çiftçi, a publié la déclaration suivante sur son compte de réseau social : «Trois individus impliqués dans un affrontement armé avec nos policiers en service devant les immeubles de la place Yapı Kredi à Istanbul ont été neutralisés. Deux de nos courageux policiers ont été légèrement blessés lors de l’affrontement. L’identité des terroristes a été établie. Il a été établi que l’un d’eux, venu d’Izmit à Istanbul dans un véhicule de location, est lié à une organisation qui instrumentalise la religion, et que l’un des deux terroristes, qui sont frères, a un casier judiciaire pour trafic de stupéfiants.»

Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a déclaré ce qui suit sur son compte de réseau social : «Suite aux informations faisant état de coups de feu tirés aux alentours du consulat israélien dans le quartier de Beşiktaş à Istanbul, le parquet d’Istanbul a immédiatement ouvert une enquête. Un procureur général adjoint et deux procureurs ont été affectés à l’enquête et se sont rapidement rendus sur place pour entamer leurs investigations. Afin de faire toute la lumière sur cet incident, l’enquête se poursuit en coordination avec les services de police compétents, sous l’égide du parquet, et est menée avec rigueur et exhaustivité.»

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Tunisie | Que faire et par où commencer ?

07. April 2026 um 08:30

La Tunisie fait face depuis au moins trois décennies à un défi de transformation socioéconomique et culturelle pour répondre aux attentes des Tunisiens. C’est encore la question centrale qui hante les esprits : Comment reconstruire, quand les fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue, entre la sclérose autoritaire et le chaos fragmenté de la transition post-2011 ? Une feuille de route pour sortir de la crise et se relancer…  

Ridha Ben Slama *

Il arrive que nous prenions de la distance, un instant, pour porter un regard sur notre Tunisie. Lorsque les contingences courantes se dissipent, nous distinguons «la forêt plutôt que l’arbre». La trame de fond réapparait, on perçoit l’âme d’une nation, on discerne qu’elle représente un cas exceptionnel parmi les autres nations et ce à travers une sédimentation humaine et culturelle qui s’est opérée depuis la nuit des temps. Les traditions, les langues et les architectures se superposent. On construit le «nouveau» sur les fondations de l’ancien. Les vagues humaines successives, jointes aux populations premières, apportent leurs propres sédiments (mots, saveurs, coutumes) qui finissent par se solidifier pour former une culture locale unique et foisonnante.

Les influences extérieures ne sont pas simplement juxtaposées, elles fusionnent. C’est le passage de la «coexistence» à la transculturalité. C’est là que s’est forgée cette identité méditerranéenne, complétée ensuite par les différentes strates civilisationnelles.

Aussi bien par sa situation géographique que par sa capacité de résilience, la Tunisie représente un pont entre les continents africain et européen. Quant à la sociologie et l’identité, le concept de la «Tunisité» ou «Tunisianité», synthétise cette capacité unique de brassage humain et d’assimilation qui a créé une société extraordinairement axée sur la réviviscence et l’ouverture. On reprend des savoir-faire ou des philosophies de la vie pour les adapter aux enjeux contemporains. C’est un socle solide qui ne craint pas les vents de l’histoire.

Une longue tradition de réformisme

Le réformisme en Tunisie a été une trajectoire rarissime dans sa sphère géographique d’Est en Ouest, marquée par une volonté précoce de concilier authenticité et modernité.

Il y a quelques similitudes avec le tournant historique qu’illustre l’ère Meiji (1868-1912), une période charnière pour le Japon.

Avant même le protectorat colonisateur qui interrompit cet élan, la Tunisie avait lancé des réformes radicales pour moderniser ses institutions. Sous Mohammed Bey, le Pacte Fondamental (1857)garantissait pour la première fois la liberté de culte et l’égalité devant la loi pour tous les citoyens, sans distinction de religion. La Tunisie devient le premier pays du monde dit arabe à se doter d’une constitution (1861), limitant le pouvoir absolu du Bey. Khaireddine Pacha fonda le Collège Sadiki en 1875. Cette institution devient la pépinière d’une nouvelle élite, bilingue et ouverte sur les sciences modernes, qui portera plus tard le mouvement national. 

Au début XXe siècle, les «Jeunes Tunisiens» réclamèrent une réforme profonde du systèmecolonial pour obtenir l’égalité des droits et militèrent pour l’éducation des masses et la modernisation de la justice et de l’administration.

À l’indépendance, le nouvel État indépendant privilégia l’éducation et les droits sociaux (Le Code du statut personnel en 1956, un investissement massif dans l’éducation…).

Le défi de la transformation structurelle  

Cependant, le pays fait face depuis au moins trois décennies à un défi de transformation socioéconomique et culturelle pour répondre aux attentes des Tunisiens. C’est encore la question centrale qui hante les esprits : Comment reconstruire, quand les fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue, entre la sclérose autoritaire et le chaos fragmenté de la transition post-2011 ?

Pour s’affranchir et se relever de ces «systèmes autodestructeurs», le pays pourrait actionner trois leviers de résilience.

1. Réhabiliter l’État stratège : sortir du court-termisme pour redonner à l’administration son rôle de planificateur. Cela passe par une réforme de la fonction publique et une lutte réelle contre l’économie de rente qui étouffe l’initiative ;

2. Miser sur le capital humain par un retour aux sources : la seule véritable richesse de la Tunisie a toujours été son intelligence («matière grise»). Relancer la dynamique du système éducatif est l’unique moyen de recréer une classe moyenne (décimée) capable de porter un projet de société soudée et ouverte sur les défis du monde ;

3. Réconcilier l’identité et la modernité : cesser les guerres idéologiques stériles qui n’ont provoqué que des occasions manquées. Le réformisme tunisien a toujours réussi quand il a su marier ses racines méditerranéennes et arabo-africaines avec une vision universelle des droits et du progrès ;

4. Décentraliser l’économie : la Tunisie exige une valorisation des régions pour transformer des zones de tension en pôles de production. 

Un nouveau contrat social entre État et citoyens

Bien que la Tunisie possède une capacité de «résilience silencieuse», celle-ci risque de s’épuiser faute de sursaut salvateur. La boussole ne pourra être retrouvée que si un nouveau contrat social clair est établi entre l’État et les citoyens. Le double blocage crée un effet de ciseau : l’asphyxie financière réduit la marge de manœuvre de l’État, tandis que le mode de gouvernance, caractérisé par une concentration des pouvoirs, peine à générer les réformes structurelles nécessaires. Surtout que le pays navigue dans une zone de haute turbulence financière, marquée par un isolement relatif sur les marchés internationaux. Cela s’est traduit par une croissance anémique.

L’économie a enregistré une croissance de 2,5 % en 2025 selon l’Institut national de la statistique (INS), mais elle reste insuffisante pour réduire le chômage ou stabiliser durablement le pouvoir d’achat. On constate une dépendance au financement intérieur. L’État sollicite massivement les banques locales et la Banque centrale, ce qui risque d’«évincer» le crédit au secteur privé.

Il y a certes une esquisse timide d’amélioration mais elle est fragile,l’agence Fitch Ratings a relevé la note de la Tunisie à «B-» en septembre 2025, saluant une réduction du déficit courant, il convient de le préciser, grâce aux recettes touristiques et aux transferts des Tunisiens à l’étranger. 

Le mode de gouvernance centralisé a épuisé ses effets, il soulève des défis quant à l’élaboration d’une vision économique de long terme. Il y a un manque de prévisibilité un climat d’incertitude pour les partenaires bilatéraux et multilatéraux. Les mesures ponctuelles (sauvetage d’entreprises publiques, budgets de salaires en hausse de 3,6 % pour 2026) ne parviennent pas à engager la grande transformation économique espérée, ce sont plutôt les urgences contre le structurel.

Le pays se trouve à la croisée des chemins, avec une reprise qui dépendra de facteurs externes et de la capacité à rétablir une boussole claire. 

Les prévisions du FMI anticipent une croissance de 2,1 % pour 2026, signe d’un ralentissement par rapport à 2025. Les défis sont persistants notamment concernant la vulnérabilité aux chocs climatiques (sècheresse) et l’endettement public record (autour de 90 % du PIB) restent des menaces majeures pour la stabilité. 

Un contrat de confiance entre Etat et société civile

Face à tous ces défis, un contrat de confiance est vivement sollicité. Sans un consensus minimal avec les corps intermédiaires (syndicats, patronat, société civile), aucune réforme structurelle — aussi techniquement parfaite soit-elle — ne pourra être acceptée ou appliquée sur le terrain. Cela repose sur une communication claire, une fermeté bienveillante et la connexion plutôt que la contrainte. Il est crucial d’adopter une posture calme, de donner des consignes positives et précises à la fois.

Pour que ce dialogue ne soit pas une simple formalité, mais le moteur d’une vision d’avenir, il devrait s’articuler autour de trois chantiers prioritaires :

1. Un Pacte de productivité et de soutien. Le dialogue social va au-delà de la question des salaires. Il doit devenir un échange : modernisation de l’outil de production et flexibilité contre garanties de protection sociale (santé, transport, chômage). L’idée est de sortir de la logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction de la valeur.

2. La planification économique de «territoires». Une vision adaptée à tous les niveaux signifie qu’on ne peut plus décider de tout depuis Tunis. Le dialogue doit inclure les forces vives régionales pour identifier les spécialisations par zone (énergies renouvelables au Sud, industries mécaniques au Sahel, agro-technologie au Nord-Ouest). Cela permet de créer des opportunités là où se trouve la jeunesse, freinant ainsi l’exode, l’expatriation et le découragement.

3. La réforme de l’école et de la formation. C’est le choix d’avenir par excellence. Le dialogue avec les corps intermédiaires doit impérativement intégrer les acteurs de l’éducation pour aligner, sur 10 ans, les compétences des jeunes avec les besoins de l’économie de demain (numérique, transition écologique). C’est le seul moyen de recréer l’ascenseur social.

4. La transparence comme boussole. Pour que tous les niveaux de la société adhèrent, l’État doit jouer la carte de la vérité sur les chiffres de la dette et des finances publiques. Ce n’est qu’à travers cette clarté que les efforts demandés peuvent être compris et que les fruits de la croissance future peuvent être équitablement répartis.

Pour un nouveau collectif de la société civile

La Tunisie a déjà prouvé par le passé qu’elle est capable de générer des solutions par le dialogue. L’émergence d’un nouveau collectif de la société civile, indépendant des clivages partisans et des appareils traditionnels (parfois perçus comme trop rigides ou accrochés à une forme de clientélisme), semble être la clé pour briser l’immobilisme. Pour que ce collectif, réussisse cette «approche chirurgicale», il devrait s’appuyer sur trois piliers de crédibilité :

1. Une expertise de «terrain» et technocratique entrecroisées. Contrairement aux think-tanks classiques, ce collectif doit réunir des praticiens de l’économie (entrepreneurs, agriculteurs, ingénieurs), des universitaires et des acteurs associatifs régionaux. Cette mixité permet de proposer des solutions qui ne sont pas seulement théoriques, mais applicables immédiatement au niveau local.

2. Une méthode : le «diagnostic partagé». La paralysie vient souvent du fait que chaque acteur a sa propre version de la situation. Le collectif doit imposer un audit de vérité sur les comptes de l’État et des entreprises publiques. Une fois les chiffres acceptés par tous, la marge de discussion sur les «sacrifices» et les «investissements» devient rationnelle et non plus émotionnelle ou idéologique.

3. Le collectif pourrait structurer son action autour des axes d’une «sortie planifiée», et permettrait de porter une vision d’avenir : sécurité alimentaire et énergétique par une transition verte massive (solaire, hydraulique), créatrice d’emplois locaux, suppression des rentes de situation par la digitalisation radicale de l’administration, libérant ainsi l’initiative privée des jeunes, transformation des subventions universelles (souvent inefficaces) en aides directes ciblées sur les familles les plus précaires, tout en finançant un plan d’urgence pour l’école publique.

Le principal obstacle pour un tel collectif reste sa tolérance par la bureaucratie en place et sa capacité à ne pas être récupéré politiquement.

En Tunisie, la force de la société civile a toujours été sa capacité à s’unir dans les moments de péril imminent. C’est une approche à la fois stratégique et rationaliste. En se positionnant comme un mécanisme de proposition consultative, ce collectif ne cherche pas de conflit frontal, mais utilise la puissance de l’expertise et de l’adhésion citoyenne pour rendre ses solutions incontournables et admises.

Pour «prescrire» ce nouveau contrat social sans passer par la contrainte politique classique, le collectif doit transformer la réflexion technique en une exigence citoyenne.

Trois leviers pourraient être actionnés pour réussir ce pari :

1. La légitimité de l’évidence : en produisant des études chiffrées, sourcées et sans idéologie, le collectif place les décideurs devant leurs responsabilités. Quand une solution est techniquement imparable et socialement juste, ne pas l’appliquer se traduit par un coût politique majeur.

2. La pédagogie de masse : ce nouveau contrat social ne doit pas rester dans les lieux fermés. Il doit être communiqué. Si le citoyen comprend qu’une réforme (même difficile) garantit l’avenir de ses enfants ou la baisse de l’inflation à moyen terme, il devient le premier défenseur du collectif.

3. Le rôle de «médiateur» : ce collectif peut servir de passerelle. Il offrirait une porte de sortie honorable à toutes les parties, basée sur l’intérêt national plutôt que sur les intérêts corporatistes.

Cette démarche permettrait de briser le «centralisme bureaucratique» qui a démontré son échec en Tunisie. Un «Livre Blanc» serait publié, il ne consiste pas seulement à aligner des statistiques, mais à réaliser un électrochoc de vérité. En dissipant le brouillard des chiffres, souvent perçus comme opaques ou embellis, le collectif installe d’emblée sa crédibilité scientifique et son indépendance. Ce document devrait être le miroir sans complaisance de la Tunisie, structuré autour de la vérité financière, en dressant l’inventaire réel de la dette publique, de la situation des entreprises étatiques et des réserves de change. C’est le préalable pour que chaque Tunisien comprenne l’urgence des réformes.

Concernant la vérité sociale, il s’agirait de mesurer le coût réel de la vie, l’état de dégradation des services publics (santé, transport, école) et le niveau de précarité des classes moyennes, souvent les grandes oubliées des statistiques.

La vérité du potentiel gâché devrait être chiffré, ce que l’économie perd chaque année à cause de la corruption, de la bureaucratie et de l’économie informelle. Cela permettrait de transformer la frustration en une volonté de changement productif.

Le «Livre Blanc» serait ensuite soumis à l’épreuve du terrain. Ces assises ne sont pas des réunions de doléances, mais des ateliers de solutions locales par l’identification des verrous (pourquoi tel projet agricole à tel endroit ou telle usine sont bloqués ?), la valorisation des spécificités, en transformant chaque région en un pôle de compétitivité (tourisme médical, énergies propres, artisanat d’exportation…), faire des acteurs locaux (agriculteurs, diplômés chômeurs, entrepreneurs) des co-auteurs du projet.

L’intégrité et l’absence d’ambition politique de ce noyau d’experts garantiraient que le diagnostic sera reçu comme une «vérité sur l’état des lieux» et non comme une opinion partisane.

La force de cette équipe (économistes, sociologues, statisticiens) résiderait dans l’impartialité des données, en utilisant des méthodologies internationales incontestables, ils ôtent tout argument de manipulation. Le statisticien apporte la rigueur, l’économiste la viabilité, et le sociologue l’acceptabilité humaine. C’est cette synthèse qui manque cruellement. Leur réputation d’experts désintéressés protège le collectif contre les tentatives de décrédibilisation. La clause d’inéligibilité volontaire (par exemple sur une période de 5 à 10 ans) est l’acte qui sépare l’expertise de l’attentisme.

Le maillon nécessaire des expatriés

L’inclusion des expatriés est le maillon nécessaire pour parfaire cette «synthèse tunisienne». Ces experts expatriés sont souvent les gardiens des standards de performance mondiaux et possèdent un recul critique que le quotidien tunisien peut parfois embrumer. Leur intégration dans ce noyau dur apporte des avantages stratégiques, dont le transfert de «best practices». Qu’il s’agisse de gestion de la dette, de transition énergétique ou de réforme de la santé, ils ont vu ce qui fonctionne ailleurs. Ils peuvent adapter ces modèles aux spécificités locales pour éviter à la Tunisie de «réinventer la roue» avec des méthodes obsolètes.

Ces figures occupent souvent des postes clés dans de grandes institutions internationales ou des centres de recherche. Leur présence au sein du collectif rassure les marchés et facilite l’accès à des expertises de pointe souvent inaccessibles. Vivant à l’extérieur des circuits de pouvoir locaux, ils renforcent la garantie d’indépendance du groupe. Ils n’ont aucun lien d’intérêt avec l’administration ou les lobbys de rente tunisiens.

L’enjeu serait de créer une osmose, les experts résidents apporteraient la connaissance viscérale du terrain et de l’administration, tandis que les experts tunisiens exerçant à l’étranger injecteraient l’exigence et la rigueur des normes internationales. Ensemble, ils formeraient une équipe capable de rédiger un Livre Blanc d’une crédibilité mondiale. L’objectif serait de créer un processus «ascendant» où la légitimité naîtrait de la compétence reconnue et non d’une nomination administrative.

En commençant par le social, le collectif toucherait au quotidien des Tunisiens tout en posant les bases d’une réforme financière rigoureuse.

Le calcul du coût de l’inaction d’ici 2030 serait utile, il agirait comme un électrochoc rationnel qui transforme l’apathie en urgence nationale. Il y a une réalité comptable immuable : réformer coûte cher, mais ne rien faire coûte infiniment plus. Ce chapitre du Livre Blanc devrait chiffrer le coût de :

– la «Génération Perdue» (Éducation) : calculer la perte de PIB sur 10 ans due au décrochage scolaire et à l’inadéquation des diplômes. Si 100 000 jeunes quittent l’école chaque année sans qualification, quel est le manque à gagner en productivité et le coût en sécurité sociale/chômage en 2030 ?;

– l’hémorragie du capital santé : chiffrer le coût pour l’État de le départ massif à l’étranger des médecins et des cadres de santé (investissement de formation perdu au profit de l’étranger) combiné à la dégradation des hôpitaux. Quel sera le prix à payer pour importer des soins ou gérer des crises sanitaires avec un système exsangue dans 5 ans ?;

– l’impact sur la souveraineté financière : démontrer que sans réforme profonde du service public, la part du budget dévorée par les «pansements» (subventions inefficaces, gestion de l’urgence) rendra le pays totalement dépendant de l’aide extérieure pour sa simple survie quotidienne d’ici 2030.

Cette approche est dépourvue de toute prétention, elle tente simplement de favoriser un échange authentique et serein, permettant une communication honnête et constructive. C’est exactement ce qui permet de passer d’un débat en sourdine à une véritable intelligence collective. En retirant l’enjeu du «qui a raison», on libère de l’espace pour que les idées se libèrent.

* Essayiste et écrivain.  

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Le complexe ON’Sport ouvre ses portes à Sfax

07. April 2026 um 08:24

Situé au pôle technologique de Sfax, ON’Sport lance officiellement son complexe omnisport nouvelle génération sur une superficie de 3000m², intérieur et extérieur. Pour marquer l’ouverture de ses portes, le complexe organise un événement intitulé «Legends Day», le vendredi 10 avril de 17h30 à 20h30, à la croisée du spectacle vivant et du sport de haut niveau, conçu pour offrir au public une expérience mémorable.

Les festivités débuteront par une performance de danse K-Pop suivie de démonstrations de maîtres Kendo et Laïdō, avant de culminer avec deux matchs gala, l’un de futsal, l’autre de volleyball, mettant en scène les légendes du Club sportif sfaxien, institution emblématique du football tunisien dont le palmarès constitue une fierté pour la région.

En liant son lancement à la célébration des grandes figures du sport sfaxien et des vétérans du CSS, ON’Sport cherche à faire du sport un vecteur d’expérience, de transmission et de bien-être collectif. Cette conviction est résumée dans la signature de la marque : «Vivre le sport, c’est investir dans la jeunesse», qui  traduit une vision managériale et sociale que le complexe entend incarner au quotidien, à travers ses programmes, ses partenariats et ses événements.

Le nouveau complexe sportif entend s’imposer comme une académie sportive moderne, un hub de référence à l’intersection du sport, de l’innovation et de l’expérience communautaire.

Inscription et gratuite via ce lien.

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Cinéma | Ouverture du 15e Fifej à Sousse

07. April 2026 um 08:01

Le coup d’envoi de la 15e édition du Festival international du film pour l’enfance et la jeunesse de Sousse (Fifej) a été donné, lundi 6 avril 2026 au Théâtre de la ville, en présence d’un public nombreux formé essentiellement de jeunes férus de cinéma, d’invités de marque, d’officiels, de représentants de différents médias et d’hommes de lettres.

Dans son allocution d’ouverture, le président du festival, Aymen Jelili, a souligné l’importance de cet événement cinématographique qui anime toute la région et insisté sur la nécessité d’y impliquer les jeunes de tout âge.

Dans l’esprit de la place que doivent occuper les jeunes, un spectacle de danse chorégraphique a été proposé au public, imaginé par le jeune Ahmed Ben Ali et exécuté par une vingtaine de jeunes danseuses et un danseur sur une musique rythmée accompagnée d’une lecture de poèmes de Sghaier Ouled Ahmed et Mahmoud Darouich.

Après quoi, ce sont les jurys des différentes compétitions qui sont montés sur scène pour être présentés au public présent.

Rappelons que des ateliers de conception de films, de scénario, de montage et autres techniques cinématographiques ont déjà été ouverts depuis vendredi 3 avril pour s’achever le jour d’ouverture.

En ouverture de cette édition a été projeté un film germano-kenyan, ‘‘Nawi’’, réalisé par quatre cinéastes, qui traite du mariage forcé des jeunes filles mineures.

Un film poignant qui suit l’itinéraire d’une jeune fille d’à peine 14 ans, très brillante dans ses études mais poussée par son père, endetté, à accepter un «mari» trois fois plus âgé qu’elle. Elle se voit obligée de fuir son village et d’aller vivre pour quelque temps dans un village voisin, y travailler et encourager les jeunes à suivre des études dont elle-même se chargera.

Mais c’est en apprenant la naissance d’une sœur qu’elle se décide à rentrer et accepter cette injuste noce dans le but de sauver la nouveau-née du triste sort qui l’attend dans l’espoir de changer les mentalités et les traditions oppressantes de son pays.

Un film précédé d’un court-métrage d’animation, ‘‘Lily’’, de Zoubeïr Jelassi, une réalisation de belle facture relatant les rapports de la poupée Lily avec l’homme qui l’avait adoptée.

Rappelons que les conférences-débat programmées débuteront mercredi 8 avril.

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Silicon Valley | Le visage caché de la guerre contre l’Iran

07. April 2026 um 07:37

La Silicon Valley est devenue un immense laboratoire balistique, où chaque clic alimente le cerveau d’une IA capable de déclencher le premier conflit mondial dont les généraux ne porteront pas d’uniformes, mais des sweats à capuche.

Mahjoub Lotfi Belhedi *

L’époque où les géants du numérique se contentaient de vendre des téléphones et du stockage en ligne est définitivement révolue. C’est désormais l’ère où le code informatique devient l’arme de précision chirurgicale utilisée par les Etats-Unis et Israël dans leur guerre contre l’Iran.

Le déploiement massif de l’intelligence artificielle (IA) par Palantir permet aujourd’hui de transformer des milliards de données hétérogènes, issues de satellites ou de réseaux sociaux, en une carte thermique des intentions de Téhéran, offrant aux états-majors une vision prédictive qui rend les méthodes d’espionnage traditionnelles totalement obsolètes. 

Parallèlement, l’infrastructure tentaculaire d’Amazon Web Services et la puissance de calcul de Google ne servent plus seulement à héberger des sites de commerce, mais fournissent le squelette numérique indispensable au Pentagone pour traiter, en temps réel, les flux vidéo des drones survolant les zones de tension du Golfe.

Même Apple, sous ses airs de neutralité esthétique, participe à cet écosystème en verrouillant des protocoles qui facilitent l’intégration des technologies de défense américaines, tandis que les modèles de langage d’Anthropic, malgré les barrières éthiques de leurs concepteurs, sont détournés par des contractants militaires pour simuler des scénarios d’attaque ou analyser les communications chiffrées de l’adversaire. 

Cette collusion, documentée par les fuites contractuelles et les enquêtes des grands médias, prouve que la frontière entre le confort de l’utilisateur civil et la létalité du champ de bataille a été définitivement supprimée.

Nous ne sommes plus de simples clients de ces firmes, mais les complices involontaires d’une machine de guerre invisible qui a transformé la Silicon Valley en un immense laboratoire balistique, où chaque clic alimente le cerveau d’une IA capable de déclencher le premier conflit mondial dont les généraux ne porteront pas d’uniformes, mais des sweats à capuche, signant l’arrêt de mort des souverainetés étatiques au profit de la tyrannie du processeur.

* Stratège en réflexion IA, Ceo d’un cabinet spécialisé en transformation IA.

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Concert solidaire pour financer l’accès à l’eau à Siliana

07. April 2026 um 07:37

Le Rotary Club Tunis Médina organise, le 16 avril 2026, à l’Opéra de Tunis, un concert caritatif intitulé «La Symphonie des Légendes». L’événement cherche à mobiliser le public autour d’un objectif concret : financer un projet d’accès durable à l’eau potable au profit de l350 familles dans le gouvernorat de Siliana, au centre de la Tunisie.

Organisé en collaboration avec l’Orchestre symphonique de Carthage et l’Opéra de Tunis,le concert réunira plus de160 artistes sous la direction du maestro Hafedh Makni et avec une direction chorale assurée par Mourad Gaaloul.

Au programme, une fusion audacieuse entre les époques et les styles avec des hommages à Oum Kalthoum, Abdelhalim Hafez, Farid Al-Atrache et Fayrouz, au patrimoine musical tunisien et aux classiques occidentaux, de Mozart à Abba en passant par Charles Aznavour et Dalida.

L’intégralité des recettes sera consacrée au projet «Eau pour tous», porté par le Rotary

Club Tunis Médina. Et qui prévoit l’installation de  systèmes de pompage alimentés par énergie photovoltaïque afin de sécuriser l’approvisionnement en eau potable dans des zones rurales confrontées à des coupures récurrentes.

Les billets sont disponibles sur le site Teskirti.tn

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Hayett Assurances | Une performance durable au service de ses assurés

07. April 2026 um 07:11

Hayett Assurances confirme, une nouvelle fois, la solidité de son positionnement sur le marché de l’assurance vie en Tunisie en annonçant un taux de rendement de 7% au titre de l’année 2025. Cette performance remarquable vient illustrer la pertinence de sa stratégie et son engagement constant envers ses assurés.

Dans un environnement en constante évolution, la compagnie poursuit sa politique de revalorisation de la rémunération de ses produits phares. Elle annonce également un taux de rendement minimum de 5,2% pour l’année 2026, témoignant de sa volonté de maintenir un niveau de performance attractif tout en s’inscrivant dans une gestion prudente et durable.

Au-delà de la performance, Hayett Assurances réaffirme sa mission : protéger et faire fructifier l’épargne de ses clients sur le long terme. Une vision qui repose sur un équilibre maîtrisé entre sécurité, rentabilité et durabilité, permettant d’accompagner chaque assuré dans la construction de son avenir financier.

Grâce à une gestion optimisée de ses actifs et à une approche orientée long terme, la compagnie continue de renforcer la confiance de ses clients et de consolider sa place parmi les acteurs de référence du secteur de l’assurance vie en Tunisie.

Plus qu’une simple compagnie d’assurance, Hayett Assurances s’impose comme un partenaire engagé, mettant son expertise au service de ses assurés pour répondre à leurs attentes et anticiper leurs besoins.

Cette dynamique de performance et de confiance s’inscrit dans la continuité de son histoire, alors que la compagnie célèbre cette année son 40ème anniversaire, marquant ainsi quatre décennies d’engagement au service de ses clients.

Communiqué.

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Guerre d’Iran | Vers une reconfiguration de l’ordre mondial

07. April 2026 um 07:00

La nouvelle guerre contre l’Iran est un remake d’évènements déjà vécus mais cette fois-ci en version plus hard. A priori, Israël ne voulait pas perdre l’opportunité de faire régner définitivement sa Pax Judaïca dans la région du Moyen-Orient, en profitant d’un contexte géopolitique favorable avec un monde arabe en léthargie profonde, une administration américaine acquise aux thèses sionistes et une Europe focalisée sur un conflit ukrainien devant ses portes.

Noureddine Horchani *

Mais la guerre déclenchée contre l’Iran au mépris du droit international et surtout au détriment des principes les plus élémentaires de la diplomatie, dans la mesure où elle a été lancée en pleines négociations que l’intermédiaire omanais annonçait pourtant fructueuses, était prévisible et ne dérogeait pas à la nature du système des relations internationales désormais anarchique donnant raison aux tenants du courant réaliste dans les relations internationales qui ne reconnaissent comme acteurs que les Etats auxquels ils attribuent, comme seul objectif, la quête de la puissance et les intérêts qui vont avec. (1)

Certes, l’ordre juridique international, ainsi que les organisations internationales supposées constituer des enceintes de règlement pacifique des conflits, existent, incarnées par l’Onu, mais l’efficacité de leur action dépend de la bonne volonté des grandes puissances et à leur tête les Etats-Unis.

Par leur gravité, les répercussions de la guerre contre l’Iran interpellent les analystes des relations internationales, les observateurs, les stratèges, les économistes et même les citoyens lambdas inquiets pour leur vie quotidienne.

Ce conflit pose deux types d’interrogations :

– sur le lien de ce conflit avec la configuration du système international actuel (unipolaire ? bipolaire ? multipolaire ? bi-multipolaire ? etc.) et sur son impact sur l’ordre international établi par les alliés au lendemain de la seconde guerre mondiale ;

– sur la pérennité de l’approche trumpiste des relations internationales. Autrement dit, «la doctrine» (mot trop fort pour qualifier les folles agitations de Trump) qui fonde sa gestion de la politique étrangère des Etats-Unis, survivrait-elle à son départ de la Maison blanche ou assisterions-nous au retour à une gestion plus apaisée de la politique étrangère américaine ?

Résilience du système international 

La guerre et les crises en général sont l’expression de la «vitalité» du système international composé d’acteurs étatiques en perpétuelle compétition.

Comme pour les crises économiques que le système capitaliste international transforme en occasions pour se revigorer et pour se réajuster, la guerre permet au système international de prendre en charge et d’intégrer la modification des rapports de force entre acteurs et de s’adapter à une redistribution de la puissance entre les Etats qu’ils soient des puissances régionales émergentes (Iran, Turquie) ou des superpuissances comme les Etats Unis, la Chine et la Russie.

Israël agit dans ce cadre restreint de conquête et d’hégémonie propre aux acteurs étatiques dans un monde où prévaut la loi du plus fort, sans égard aux valeurs véhiculées par le droit international. Pourtant les velléités hégémoniques de l’entité sioniste ne correspondent pas nécessairement à ses intérêts à long terme eu égard aux données géopolitiques structurelles de la région, indéniablement favorables aux Etats arabes qui, jusque-là, manquent de volonté pour mobiliser ces données et les ressources dont ils disposent afin d’endiguer la menace que représente pour leur intégrité territoriale la stratégie d’expansion et de conquête israélienne.

Un système international en mutation

Le conflit opposant aujourd’hui Israël et les Etats-Unis l’Iran s’inscrit dans cette logique de l’instabilité et des crises majeures inhérentes aux phases de transition de la configuration internationale dont les caractéristiques ont largement été développées dans la littérature des auteurs réalistes des relations internationales.(3)

Loin de confirmer la suprématie de la puissance américaine, l’étalage par les Américains de la puissance armée contre l’Iran avec l’appui de l’entité sioniste, augure plutôt d’une évolution inéluctable de la configuration du système international de l’unipolarité impériale américaine vers une multipolarité émergente où la Chine, la Russie et l’Inde nucléaire occuperont des positions régaliennes.

Dans la phase de transition d’une configuration à une autre, l’instabilité devient la caractéristique essentielle du système et des relations internationales.

Les entités étatiques en quête de puissance sont en compétition pour améliorer leur positionnement sur l’échiquier mondial ce qui constitue une source de conflit surtout lorsque les institutions internationales échouent à canaliser les ambitions des puissances émergentes.

C’est dans ce contexte de redistribution de la puissance et de remise en cause de l’ordre établi (nucléaire, géopolitique…) par les puissances émergentes, en occurrence l’Iran dans le cas actuel, que l’Etat impérial américain en déclin ne peut se résigner à la déliquescence de sa puissance et à la perte de  son statut hégémonique(4) sans exprimer sa résistance à travers des coups d’éclat et des conflits où elle entend démontrer à ses concurrents qu’elle reste maitresse du système international.

La guerre contre l’Iran et l’action contre le Vénézuéla constituent les derniers sursauts d’une puissance en décadence. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on peut expliquer la difficulté pour l’administration Trump de fixer des objectifs clairs à sa guerre contre l’Iran ou de la justifier auprès de ses alliés comme auprès de son opinion publique.

C’est dans ce sens également qu’on peut comprendre les multiples déclarations de Trump scandant en toute occasion la suprématie de l’armée des Etats Unis et la grandeur de son pays. Ce discours ne semble pas être adressé à l’Iran qui n’est pas le rival des Etats-Unis pour la suprématie mondiale, mais à ses concurrents directs : la Chine et la Russie.

L’illusion de la suprématie 

Présentée par Donald Trump lors de son déclenchement comme une balade de quelques jours de ses troupes, la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran atteint aujourd’hui son deuxième mois et n’en finit pas de gonfler la facture à payer non seulement par les citoyens américains au niveau du galon d’essence mais également par l’ensemble des pays du monde qui devront affronter une récession générale et une crise qui touche désormais tous les secteurs de l’activité économique en commençant par l’agriculture mondiale privée des engrais avec la fermeture partielle par l’Iran du détroit d’Ormuz par où transitent 20% de la production pétrolière mondiale.

La guerre a provoqué des effets systémiques que le locataire de la Maison blanche n’a pas appréciés à leur juste mesure, aveuglé par une adhésion évangélique aux thèses sionistes étalées par Benjamin Natanyahu à qui «il ne peut rien refuser».

L’enlisement de la plus puissante armée du monde dans le bourbier iranien était pourtant prévisible et ne déroge pas aux précédentes interventions américaines qui avaient toutes échoué : Vietnam, Afghanistan, Irak…

Malgré sa supériorité militaire criante et le soutien de l’aviation israélienne, la plus puissante du Moyen-Orient, les Etats-Unis n’arrivent pas à en découdre avec une armée iranienne de loin moins outillée mais bien préparée et exploitant de manière optimale les atouts dont elle dispose.

Pire encore, l’administration américaine cherche aujourd’hui désespérément une porte de sortie honorable en renonçant aux objectifs qu’elle avait médiocrement exposés tout au long de son agression pour la justifier : provoquer la chute du régime des mollahs, détruire définitivement son projet nucléaire, anéantir son arsenal balistique…

L’hégémon américain est frappé au cœur de son prestige et de sa crédibilité surtout aux yeux de ses concurrents directs, la Chine et la Russie, qui observent avec intérêt ses tactiques de guerre défaillantes et assistent à sa déchéance.

Mais cette vérité s’applique également à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. C’est le phénomène de l’impuissance de la puissance largement développé par les auteurs de relations internationales de différents horizons. Ces auteurs décrivent l’incapacité endémique des superpuissances à vaincre par les seuls moyens militaires des Etats à moyenne ou faibles capacités.(5)

Une guerre asymétrique comme celle lancée par Israel et les Etats-Unis contre l’Iran est dès le départ vouée à l’échec car ses artisans seront toujours incapables de prédire ses répercussions politiques (internes aux belligérants) économiques et militaires. L’interdépendance des économies, la globalisation des échanges ainsi que la puissance des opinions publiques dans les sociétés «démocratiques» sont autant de facteurs qui réduisent l’efficacité de la suprématie militaire brute.

Ordre international entre instabilité et résilience

L’ordre international issue de la seconde guerre mondiale semble être éprouvé par des guerres transgressant la légalité internationale : contre l’Iran, contre Ukraine, contre Gaza… et menaçant d’effondrement tout l’édifice normatif et structurel construit au lendemain de la seconde guerre mondiale, et qui était fondé sur le multilatéralisme et le règlement pacifique des conflits.

Même les alliances qu’on croyait indéfectibles comme celle atlantique sont battues en brèche. Le président américain menace de se retirer de l’Otan qu’il qualifie de tigre de papier parce que ses membres ont refusé de s’associer à sa campagne guerrière contre l’Iran.

Le camp occidental est définitivement fissuré. Mégalomane comme il est, Trump propose des structures de rechange qu’il contrôlerait pour remplacer les institutions onusiennes «moribondes», fiefs du multilatéralisme, principe ayant fondé la coopération internationale depuis 1945.

Le Comité de la paix créé par Trump dans le sillage de la guerre à Gaza est censé remplacer le Conseil de sécurité. Les traités commerciaux bilatéraux qu’il oblige certains pays à signer après ses décisions unilatérales d’augmentation des tarifs douaniers et des taxes sur l’importation de produits en provenance de ces pays sont censés remplacer les accords du GATT et de l’OMC.  

La guerre contre l’Iran, la prise en otage du président vénézuélien, le blocus de Cuba ainsi que la fronde des taxes et des représailles commerciales que l’administration Trump impose au reste du monde semblent indiquer que la remise en cause de l’ordre international d’après-1945 est bel et bien consommée.

Mais en réalité, l’administration Trump n’est pas plus interventionniste ni plus belliqueuse que ses précédentes surtout républicaines mais elle est plus extravertie, moins discrète et plus chaotique.

Les Etats Unis, toutes administrations confondues, sont intervenus militairement des dizaines de fois depuis 1945. L’intervention actuelle contre l’Iran à l’instigation d’Israel s’inscrit dans la logique de la politique étrangère par essence interventionniste, de la Maison Blanche au cours des 80 dernières années.

Par ailleurs, l’aliénation de la politique étrangère américaine au dictat israélien est aujourd’hui une constante de la stratégie des administrations américaines successives. Cette réalité s’est construite au fil de décennies d’efforts fournis par les groupes de pression juifs et sionistes et notamment la toute puissante American Israelian Public Affairs Commitee (Aipac).

Etats-Unis-Israël : une alliance en mutation ?

Il faut rappeler qu’avant la deuxième guerre mondiale, l’élite politique américaine n’était pas franchement réceptive aux thèses sionistes œuvrant pour la création d’un Etat juif en Palestine. Certaines éminentes personnalités politiques étaient même explicitement qualifiées d’antisémites comme le président Franklin Roosevelt (1933-1945). D’autres étaient plus réservés vis-à-vis des projets sionistes (Woodraw Wilson 1913-1921, Calvin Coolidge 1923-1929).

Rappelons également que ce sont les Etats-Unis qui ont forcé l’Angleterre, la France et Israël à arrêter leur agression tripartite contre l’Egypte suite à la fermeture par le président Nasser du canal de Suez en 1956.

Le soutien inconditionnel américain à la politique israélienne ne s’est transformé en donnée stratégique constante qu’après la guerre des Six jours en 1967. La stratégie de politique étrangère américaine repose, depuis, sur le principe du maintien de la suprématie militaire de l’Etat sioniste sur tous les Etats du Moyen-Orient. Mais la guerre contre Gaza en 2024 a annoncé un effritement stratégique du soutien américain à l’entité sioniste surtout auprès de l’opinion publique. Pour la première fois dans l’histoire récente des Etats-Unis, les sondages d’opinion révèlent un début de basculement du soutien de la société américaine en faveur des Palestiniens et au détriment des Israéliens (41% contre 36%) comme le révèle un sondage Gallup en 2026. Plus inédit encore, les débats au Congrès sur le fondement du soutien américain à l’entité sioniste. Ces débats étaient inimaginables quelques années auparavant et surtout avant la guerre de Gaza, tellement le soutien à l’Etat faisait l’unanimité auprès de l’élite politique américaine et transcendait les clivages partisans entre Républicains et Démocrates. C’est un changement stratégique majeur qui impactera la définition de la politique étrangère américaine à l’avenir.

Mais ce qui est singulier aujourd’hui avec l’actuelle agression américano-israélienne contre l’Iran est qu’elle tranche avec le programme électoral non interventionniste du président Trump et risque de provoquer la défaite électorale de son parti lors des élections du midterm en novembre 2026. Cette défaite est devenue probable surtout avec l’enlisement des Etats-Unis dans une guerre d’usure aggravant le sentiment de dépit et de désaveu de l’électorat républicain américain, et notamment sa composante Maga, désabusée par le non-respect par le candidat Trump de ses engagements électoraux.

Vers un nouvel équilibre mondial

La guerre menée par les Etats-Unis et Israel contre l’Iran met l’ordre international bâti au lendemain de la seconde guerre mondiale sous une tension intenable. Son coût direct pour les belligérants (4 milliards de $ de matériel militaire perdu rien que pour les Etats-Unis) et ses répercussions économiques sur l’ensemble de la planète, suite à la flambée des coûts de l’énergie et des matières premières et la récession qui frappera sans distinction l’ensemble des pays du monde, rappellent l’interdépendance des économies et la fragilité des équilibres mondiaux. Elles révèlent également les limites de la puissance militaire brute dans le cadre de la guerre asymétrique où le déséquilibre des moyens militaires est compensé chez la partie la plus faible par l’exploitation d’atouts inattendus : contrôle du détroit d’Ormuz, armement efficace et peu onéreux qui devrait changer la nature des conflits contemporains (drones, missiles balistiques..). Elles rappellent également que les puissances dominantes ne tirent pas les leçons de leur propre histoire récente et répètent les mêmes erreurs avant même que leurs conséquences ne soient définitivement consommées : intervention américaine en Irak et en Afghanistan, enlisement de la Russie en Ukraine…

En dépit de tout cela, l’effondrement de l’ordre international fondé sur la primauté du droit international et du multipartisme, ne semble pas imminent. En fait, la contestation de l’ordre international par l’administration Trump ne constitue qu’un épisode historique qui prendra fin avec l’alternance prochaine à la Maison blanche. Car tout semble présager – la  popularité du président Trump étant descendue à 33% dans ls derniers sondages – une défaite des Républicains lors des prochaines législatives et présidentielles.

Cependant, la dynamique de changement de la configuration internationale déjà en marche, ainsi que la quête naturelle de puissance entre les acteurs étatiques sur la scène internationale, bousculant la stabilité, la sécurité et la paix internationales, sans pour autant menacer la survie du système.

Notes :

1- Raymond Aron : ‘‘Guerre et paix entre les nations’’. Ed Calman Levy 1962.

2- Mon article : «La politique étrangère des Etats-Unis entre rupture et continuité», Kapitalis du 15 octobre 2025.

3- Robert Gilpin : ‘‘War and change in world Politics’’,Ed Cambridge university press 1981.

4- Robert Keohane & Joseph Nye : ‘‘Power and interdependance : World Politics in Transition’’, Ed Little, Brown, Boston, 1977.

5- Bertrand Badie : ‘‘L’impuissance de la puissance’’, Fayard, 2004.

Stanley Hoffmann : ‘‘Primacy or word order’’,  Mc Graw-Hill, 1978.

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Gestern — 06. April 2026Haupt-Feeds

Tunis | Arrestation de deux repris de justice au Bardo

06. April 2026 um 11:47

La police judiciaire du Bardo, ville située à l’ouest de Tunis, a appréhendé un individu qualifié d’«extrêmement dangereux», recherché en vertu de plus de 40 mandats d’arrêt émis par diverses instances sécuritaires et judiciaires pour son implication dans de nombreux délits graves, selon une source sécuritaire citée par Mosaique FM.

Par ailleurs, la même unité, a arrêté, dans le quartier de Ksar Said, un détenu récemment libéré qui avait rapidement replongé dans le crime, cette fois-ci dans le trafic de stupéfiants.

L’opération a permis la saisie d’une quantité de stupéfiants en sa possession, ainsi que d’une somme d’argent provenant probablement du trafic de drogue. L’enquête se poursuit et des poursuites judiciaires seront engagées à son encontre.

I. B.

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‘‘Inside Gaza’’ | Des reporters de l’AFP au cœur du conflit

06. April 2026 um 09:30

‘‘Inside Gaza’’ est l’un des films qui a attiré l’attention du public pendant le Festival international Music & Cinema Marseille (MCM), tenu du 30 mars au 4 avril 2026. Ce documentaire d’Hélène Lam Trong évoque la guerre israélienne contre Gaza à travers le regard des journalistes permanents de l’AFP, qui sont parmi les rares à avoir vécu le conflit de l’intérieur.

Djamal Guettala 

La réalisatrice était présente, accompagnée de Thibault Cohade, compositeur et ancien résident du MCM en 2013, dont la musique originale épouse chaque image et intensifie la tension, les tirs de roquettes et les instants de peur.

Dès l’ouverture, Hélène a averti le public : certaines scènes sont violentes, mais elles reflètent la réalité brute de Gaza, où la guerre ne fait aucun compromis.

Le film offre un témoignage rare et précieux. Depuis le 7 octobre 2023, date des attentats du Hamas et du début de la riposte israélienne, la quasi-totalité des médias internationaux n’a pas eu accès librement à Gaza. Les journalistes permanents de l’AFP sont parmi les rares à avoir vécu le conflit de l’intérieur. Au péril de leur vie, ils continuent à informer, documenter et protéger leurs proches, tout en restant exposés aux tirs et aux bombardements.

Mai Yaghi, Adel Zaanoun, Mohammed Abed, Mahmoud Hams et Yahya Hassouna racontent des mois de tension extrême. Habitués aux zones de guerre, ils se retrouvent confrontés à un événement inédit. Déchirés entre leur devoir d’informer et la lutte pour leur survie, ils relatent, depuis leur exil temporaire en Grande-Bretagne, au Qatar, en Égypte, en Belgique ou en France, les heures les plus sombres de leur existence, celles où chaque décision pouvait déterminer la vie ou la mort.

Le documentaire, long de 72 minutes, saisit chaque détail : bureaux détruits, rues bombardées, abris improvisés. Chaque plan illustre l’équilibre fragile entre témoigner et survivre. Les reporters doivent gérer l’urgence, la peur constante et l’organisation de leur sécurité, tout en poursuivant leur mission : rendre compte, informer, documenter l’histoire qui se déroule sous leurs yeux. Comme le souligne Hélène Lam Trong : «Informer au cœur d’un conflit où chaque image peut devenir une cible, c’est un défi qui dépasse le simple reportage.»

La musique de Thibault Cohade, composée spécialement pour ce film, intensifie chaque émotion et chaque tension. Elle accompagne la vie quotidienne des reporters, entre chaos, horreur et moments d’humanité fugace.

La projection s’est conclue par un débat avec le public, réunissant Hélène Lam Trong et Thibault Cohade. Les spectateurs ont échangé avec eux sur la création du film, les choix narratifs et la conception musicale. La réalisatrice a confié qu’elle aurait aimé voir Inside Gaza en compétition, mais que sa diffusion précédente sur Arte l’en avait empêchée. Pour ceux qui n’ont pas pu assister, la séance Ils-Elles repassera prochainement, offrant une nouvelle chance de découvrir ce document essentiel.

Inside Gaza dépasse le simple documentaire. Il est une immersion dans le quotidien de journalistes pris dans la tourmente, un récit de courage, de fragilité et de responsabilité. Il montre comment, au cœur d’un conflit violent et complexe, des professionnels continuent de tenir le miroir du monde, même au prix de leur vie. La puissance des images, combinée à la musique de Thibault Cohade, rend palpable l’urgence, la peur et l’humanité de ceux qui, au cœur de Gaza, continuent de témoigner pour nous tous.

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Tunisie | Ajbouni succède à Hajji à la tête du Courant démocrate

06. April 2026 um 09:26

C’est dans un contexte de crise de la société civile et de rétrécissement du champ de l’action politique en Tunisie que s’est tenu le quatrième congrès national du Parti du Courant Démocrate (Attayar), les 3, 4 et 5 avril 2026 à Sousse. Au terme des travaux, Hichem Ajbouni a été porté au poste de secrétaire général, succédant ainsi à Nabil Hajji, qui a conduit le parti depuis 2023. Et Wassim Hammadi a été élu coordinateur général du parti.

Outre le renouvellement de la composition du Bureau politique et du Conseil national, les congressistes ont examiné les programmes politique, économique et social u parti.

Né le 18 juin 1971, Hichem Ajbouni est expert-comptable diplômé de l’Institut des hautes études commerciales de Carthage. Originaire de Kairouan, il a commencé sa carrière politique en intégrant le Congrès pour la République (CPR), avant d’intégrer le Courant démocrate et d’en devenir l’un des dirigeants.

Elu à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) lors des élections législatives de 2019, il y préside le «bloc démocrate» à partir de mars 2020, succédant ainsi à Ghazi Chaouachi devenu ministre (en prison depuis février 2023 dans le cadre de l’affaire dite de «complot contre l’Etat»).

I. B.

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Mission économique tunisienne à Madagascar

06. April 2026 um 08:33

La mission économique tunisienne à Madagascar et le Forum économique tuniso-malgache, organisés par le Tunisia Africa Business Council (TABC), en partenariat avec la Chambre de commerce Tunisie Madagascar (CCTM) et l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), du 31 mars au 4 avril 2026, à Antananarivo, marque un véritable tournant dans les relations économiques entre les deux pays.

Cet événement, qui a vu la participation de plus de 200 opérateurs économiques malgaches, confirme une volonté commune d’accélérer les échanges, de stimuler les investissements et de développer des partenariats concrets.

Au cours de cette mission, la délégation tunisienne a rencontré plusieurs membres du gouvernement malgache et, notamment Haingotiana Michela Andriamadison, ministre du Commerce et de la Consommation, et Ny Riana Nampoina Raharimanjato, ministre de l’Industrialisation et du Développement du secteur privé. Les discussions ont porté sur les moyens d’augmenter le volume des échanges entre les deux pays, qui reste encore limité, s’établissant autour de 15 millions de dollars par an.

Cette première mission ouvre des perspectives prometteuses pour dynamiser ces échanges, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, de l’industrie et des services.

Un hommage particulier a été adressé à Habib Ben Romdhane, président de la CCTM, ainsi qu’à toute son équipe, pour la qualité de l’organisation et leur engagement déterminant dans la réussite de cette mission.

La mission a permis d’ouvrir de nouveaux horizons, de connecter directement les opérateurs économiques tunisiens et malgaches ; de créer de nouvelles opportunités d’investissement et de co-développement ; de poser les bases de partenariats structurants et durables ; d’identifier des projets prioritaires et des secteurs à fort potentiel.

Plusieurs projets structurants ont été identifiés dans des domaines clés tels que les infrastructures, l’énergie, l’eau et l’assainissement, l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique et la formation. Ces projets feront l’objet d’un suivi dans les prochaines étapes. 

Ce fut une première, certes, mais certainement pas la dernière. Car une importante délégation malgache conduite par CCTM et EDBM sera présente à la conférence internationale Fita2026, les 28 et 29 avril, à Tunis, pour continuer la connexion des opérateurs économiques et le développement des échanges entre les deux pays.

Grâce aux avantages tarifaires du Comesa, qui améliorent la rentabilité des exportations, les discussions pourraient aboutir à la signature prochaine de protocoles d’accord, la création de coentreprises et des financements croisés.

Pour les investisseurs internationaux, cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles chaînes d’approvisionnement, à des contrats EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) et à des opérations de financement du commerce liées à des opérateurs tunisiens expérimentés et au portefeuille de projets malgaches.

Les avantages tarifaires du Comesa permettent de réduire, voire de supprimer, les droits de douane sur les marchandises éligibles, sous réserve du respect des règles d’origine. Cela peut diminuer les coûts d’importation des intrants en provenance de Tunisie et à destination de Madagascar, améliorant ainsi les marges des stratégies de transformation et de réexportation.

I. B.

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Tunisie | L’ingénierie, un impératif de souveraineté nationale

06. April 2026 um 08:30

À l’heure où la Tunisie peaufine son plan de développement 2026-2030, le pays se trouve à la croisée des chemins. Entre une machine économique grippée par des déséquilibres macroéconomiques persistants et une pression asphyxiante sur les finances publiques, un levier stratégique semble encore tragiquement sous-estimé : la valorisation de nos ressources humaines, et plus particulièrement de nos ingénieurs, souvent tentés par l’émigration pour trouver de meilleures opportunités personnelles et professionnelles : une hémorragie de capital gris et un naufrage économique annoncé ?

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le constat est brutal, presque insoutenable pour une nation qui mise sur l’innovation et la montée en gamme industrielle. Chaque année, la Tunisie diplôme environ 8 000 ingénieurs, mais en voit s’envoler entre 6 000 et 6 500 vers d’autres cieux.

Ce n’est plus de la mobilité professionnelle, c’est une véritable hémorragie. En 2022, ce chiffre a même atteint le pic alarmant de 6 500 départs, selon l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

Cette fuite massive ne vide pas seulement nos bureaux d’études ; elle érode les fondements mêmes de notre souveraineté nationale.

Comment prétendre à une autonomie technologique, à une transition énergétique réussie ou à une cybersécurité digne de ce nom quand nos cerveaux les plus brillants vont construire l’avenir des économies du Nord ?

Chaque départ est une subvention déguisée que la Tunisie, malgré ses difficultés, offre aux nations les plus riches, perdant ainsi le bénéfice de décennies d’investissement dans l’éducation publique.

Défi énergétique : l’ingénierie comme bouclier

L’un des enjeux majeurs du plan 2026-2030 réside dans notre capacité à briser la dépendance aux énergies fossiles importées, qui grèvent structurellement notre budget. La transition vers les énergies renouvelables et l’hydrogène vert n’est pas une option esthétique, c’est une nécessité de survie. Cependant, installer des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes ne suffit pas à créer de la souveraineté si nous restons de simples importateurs de technologies et de maintenance.

Le véritable défi est d’ordre intellectuel : maîtriser le mix énergétique, optimiser les réseaux intelligents (Smart Grids) et concevoir des solutions de stockage adaptées à notre climat. Sans une armée d’ingénieurs spécialisés, nous passerons d’une dépendance au gaz étranger à une dépendance technologique étrangère. L’ingénierie tunisienne doit être le fer de lance de cette «indépendance énergétique 2.0», capable de transformer nos contraintes climatiques en avantages compétitifs.

Un écosystème qui rejette ses talents

Pourquoi nos talents partent-ils ? La réponse est connue, mais les remèdes tardent. Des perspectives salariales dérisoires face à une inflation galopante, des structures économiques sclérosées et un manque criant de projets stimulants à l’échelle nationale. L’environnement productif tunisien actuel semble incapable d’absorber cette matière grise, créant un cercle vicieux où le manque d’innovation décourage l’investissement, lequel finit par pousser les talents à l’exil.

Plus grave encore, la déconnexion entre le monde académique et le secteur productif reste une plaie ouverte. Les collaborations sont fragmentaires, et la recherche appliquée, parent pauvre des politiques publiques, peine à devenir ce moteur de croissance tant espéré. Nos ingénieurs se retrouvent souvent confinés à des rôles de maintenance ou de gestion de processus obsolètes, loin des frontières technologiques où se joue la compétition mondiale.

Rétention des compétences ou résistance souveraine ?

Pour le plan 2026-2030, il ne s’agit plus de saupoudrer quelques incitations fiscales. Il faut un changement de paradigme radical. La rétention des talents et l’établissement de conditions attractives doivent être érigés en piliers de la sécurité nationale. Sans une masse critique d’ingénieurs installés durablement sur le territoire, la Tunisie restera condamnée à la dépendance et à la sous-traitance à faible valeur ajoutée.

Les réformes doivent être systémiques et s’articuler autour de trois axes majeurs :

Soutien massif à l’innovation et à la R&D : il est impératif de multiplier les fonds de capital-risque dédiés aux projets industriels innovants. La propriété intellectuelle doit devenir un indicateur de performance national ;

Facilitation des investissements de rupture : le cadre législatif doit être assoupli pour permettre une intégration rapide de l’IA et de la Green-Tech dans le tissu industriel et financier ;

Refonte du lien université-entreprise : le passage à une économie de la connaissance exige que les universités deviennent de véritables laboratoires pour les entreprises, avec des doctorats industriels généralisés.

Façonner notre propre destin

L’intégration des ingénieurs dans les grands chantiers nationaux — de la gestion du stress hydrique à la modernisation des services financiers — doit être le cœur battant du prochain plan quinquennal. Il ne s’agit pas d’un débat corporatiste, mais d’une question de survie économique.

Si la Tunisie veut cesser d’être la pépinière gratuite du monde pour enfin redevenir un pôle de décision souverain, elle doit comprendre qu’investir massivement dans ses ingénieurs coûte infiniment moins cher que de subir leur absence. Car à force de former des talents pour les autres, nous finirons par n’être que les spectateurs de notre propre déclin, importateurs de solutions que nos propres enfants ont conçues ailleurs. Affirmer la place stratégique de l’ingénieur, c’est choisir, enfin, de piloter notre avenir plutôt que de le laisser s’exporter irrémédiablement.**

* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.

** Ce texte a été élaboré avec l’assistance d’un outil d’IA.

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Bourguiba, un destin hors du commun

06. April 2026 um 07:46

Le 6 avril 2000, Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, tira sa révérence. Il fut le libérateur de la nation, le 20 mars 1956, et le fondateur de la république, le 25 juillet 1957, le jour où l’assemblée nationale constituante abolit la monarchie fondée par Hussein Ben Ali, le 15 juillet 1705. Un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.

Raouf Chatty *

Pour ses nombreux admirateurs comme pour ses détracteurs, il fut un grand leader qui a donné un statut à son pays sur la scène régionale et internationale et œuvré pour la construction d’un État laïque, libéré du tribalisme, respectueux des droits de la femme et porté sur la modernité et le progrès.

Vingt-six ans après la disparition du «Combattant suprême», les Tunisiens, ou une écrasante majorité d’entre eux, invoquent son œuvre colossale. Ils le considèrent comme le père de la nation, un homme d’État, un visionnaire, un bâtisseur et un homme de progrès, même s’il a été autoritaire, comme la plupart des dirigeants du tiers-monde à son époque.

D’aucuns affirment que Bourguiba était un véritable animal politique. Il privilégiait le pragmatisme, le travail de terrain et la lecture lucide des réalités, loin des idéologies qui foisonnaient à son époque. On évoque aujourd’hui encore ses discours prémonitoires et quasi-prophétiques, comme celui prononcé à Jéricho, en Jordanie, en 1965, appelant les Palestiniens à accepter la résolution des Nations Unies sur le partage de la Palestine en deux États, l’un pour les Palestiniens, l’autre pour les Israéliens, comme une étape dans la lutte pour libération totale du territoire, tout comme celui prononcé au Palmarium, à Tunis, en 1972, au cours duquel il a recadré sèchement le colonel Mouammer Kadhafi…

Une véritable boule de feu

Comme tout grand homme politique, Bourguiba était un fin connaisseur de l’histoire de son pays et des autres nations. Ceux qui l’avaient côtoyé de près durant le combat pour l’indépendance et la construction de l’Etat postindépendance, se souviennent d’un homme dynamique et toujours en mouvement, une véritable boule de feu.

Durant sa vie, comme élève au collège Sadiki, étudiant en droit et sciences politiques à Paris, militant nationaliste, journaliste, politicien et homme d’État, il a brillé par sa vivacité intellectuelle et son charisme irrésistible. Il avait sillonné la Tunisie en long et en large et plus d’une fois, instauré la méthode du contact direct dont il a fait sa devise et sa méthode, organisé des centaines de meetings populaires, rencontré des dizaines de milliers de gens, tissé de fortes relations avec les notables locaux pour les associer à son combat. Il avait aussi visité des dizaines de pays à travers le monde pour défendre la cause de la Tunisie durant la période coloniale, comme après l’indépendance, pour défendre les intérêts de la jeune nation.

Bourguiba s’était lié d’amitié avec des dizaines d’hommes d’État et de hauts responsables politiques à travers le monde : De Gaulle, Mendes France, Mitterrand, Chirac, Nasser, Sadate, Mohamed V, Hassan II, Boumediene, Senghor, Arafat, Helmut Kohl, Willy Brant et bin d’autres sommités de son époque…

Habib Chatty, son ministre des Affaires étrangères entre 1974 et 1977, souligne dans ses mémoires publiés en France en 2022 que Bourguiba, soucieux du statut international de la Tunisie, avait décliné en dernière minute l’invitation du président de l’Union Soviétique Léonid Brejenev, exigeant d’être reçu par son homologue à l’aéroport et non par le ministre des Affaires étrangères André Gromyko comme le voulait le protocole soviétique, refusant d’être traité comme certains chefs d’État africains à l’époque.

Consécration de l’autorité de l’Etat

Avec le temps, grâce à la force de ses idées, la clarté de ses objectifs, la puissance de sa détermination et la rigueur de sa démarche, il avait réussi à bâtir un nouvel État et à faire resusciter une nation trois fois millénaire : la Tunisie, l’héritière de Carthage…

Lucide, Bourguiba a misé, depuis son accession à la magistrature suprême, sur la consécration de l’autorité de l’Etat, l’émancipation de la femme, la généralisation de l’éducation et l’instauration du planning familial et du contrôle des naissances, afin de garantir les conditions d’un développement équilibré. Sans cette vision stratégique, la Tunisie compterait aujourd’hui 26 millions d’habitants, soit plus que le double de sa population actuelle : 12,5 millions.

Rien que sur ce plan, l’homme mérite d’être célébré comme un grand bâtisseur à l’échelle de sa petite nation qu’il a sauvée des affres du sous-développement.

Bourguiba savait également s’entourer de responsables très compétents comme le furent Hedi Nouira, Mongi Slim, Mahmoud Messadi, Chedly Klibi, Idriss Guiga, Lassaad Ben Osman, Mansour Molla, Chedly Ayari….

L’homme est aujourd’hui cité dans les annales politiques et diplomatiques parmi les grands chefs d’État au vingtième siècle. Il restera toujours une source de fierté pour notre pays. *

* Ancien ambassadeur.

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El Fouladh | De l’asphyxie financière à la refonte stratégique

06. April 2026 um 07:29

Réuni le 17 mars 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, un conseil ministériel restreint a tranché : Société tunisienne de sidérurgie El Fouladh (Menzel Bourguiba, Bizerte) sera restructurée en profondeur, sans ouverture du capital. Tout en réaffirmant le principe de la préservation du patrimoine public, le gouvernement a établi un plan de sauvetage et de restructuration inscrit dans une logique de valorisation des ressources locales.

Lotfi Sahli

El Fouladh, acteur historique de l’industrie nationale, traverse la plus grave crise de son histoire. L’exercice 2024 a accouché de résultats alarmants : un chiffre d’affaires en chute libre de 25 % (113,5 millions de dinars contre 145,7 millions en 2023) et une perte nette qui s’est creusée à 69,2 millions de dinars, contre 42 millions l’année précédente.

Le rapport des commissaires aux comptes ne laisse aucun doute : la société souffre d’une «accumulation des pertes et d’un alourdissement de l’endettement» qui appelle une «intervention urgente».

Situation financière et opérationnelle intenable

Les causes de cette dégradation sont multiples. Sur le plan commercial, les ventes de ronds à béton, qui représentaient encore récemment l’essentiel de l’activité, ont chuté de 17,5 % en volume. La production industrielle a suivi la même pente descendante, avec un recul global de 11 % en 2024 par rapport à 2023. L’aciérie n’a fonctionné qu’à 68 % de ses objectifs, la tréfilerie à 22 % et les structures métalliques à 34 %. Des arrêts à répétition – manque de personnel, ruptures d’électrodes, coupures d’eau, vétusté des équipements – ont paralysé les ateliers.

À cela s’ajoute un endettement colossal : plus de 308 millions de dinars de concours bancaires, des arriérés de 146 millions de dinars envers la CNSS (principal et pénalités) et 177 millions de dinars dus à la Steg. Des accords de paiement ont été conclus avec certains créanciers, mais ils ne suffisent pas à enrayer l’hémorragie.

Pourtant, El Fouladh dispose d’atouts indéniables : une maîtrise technique, des certifications de qualité (Innorpi, Afcab), et un positionnement stratégique dans un secteur où la Tunisie importe encore pour plus de 300 millions de dollars d’acier par an. C’est sur cette base que l’État a décidé un processus de restructuration de l’entreprise.

Le président Saïed en visite à l’usine El Fouladh en décembre 2023.

Devise de l’Etat : sauver sans privatiser

Réuni le 17 mars 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, un conseil ministériel restreint a tranché : El Fouladh sera restructurée en profondeur, sans ouverture du capital. La préservation du patrimoine public est un principe affirmé. Le plan de sauvetage repose sur quatre piliers, dévoilés par la presse :  

1. Un nouveau modèle économique pour sortir de la monoculture du fer à béton : jusqu’ici, les ronds à béton contribuaient à près de 75 % du chiffre d’affaires. Désormais, ce taux sera ramené à moins de 10 %. Le cœur de métier deviendra la fabrication de billettes d’acier, qui représentera plus de 90 % du chiffre d’affaires.

L’objectif industriel est ambitieux : porter la capacité de production à 600 000 tonnes de billettes par an (en deux étapes : 300 000 tonnes puis 600 000 tonnes), permettant d’alimenter l’ensemble des laminoirs privés tunisiens et de substituer progressivement les importations.

2. Souveraineté industrielle et réduction des importations : la restructuration s’inscrit dans une logique de valorisation des ressources locales. La Tunisie génère chaque année environ 300 000 tonnes de ferraille, jusqu’ici en partie exportée ou sous-exploitée.

Le nouveau programme prévoit de recycler cette matière localement, réduisant ainsi la facture des importations de billettes, qui grève lourdement la balance commerciale de notre pays.

La production de billettes destinées aux transformateurs locaux contribuera également à sécuriser les chaînes d’approvisionnement nationales contre la forte volatilité du marché mondial de l’acier.

3. Un volet social et d’assainissement financier : le gouvernement a intégré des objectifs sociaux clairs : la montée en puissance du nouveau modèle devrait permettre la création de 6 600 emplois, directs et indirects.

Parallèlement, le plan d’affaires vise à générer des flux de trésorerie suffisants pour honorer les dettes accumulées, selon des échéanciers déjà négociés avec la CNSS et les fournisseurs d’énergie.

L’assainissement passe aussi par un programme d’investissement dans de nouvelles infrastructures, avec le soutien de financements étrangers garantis par l’État.

4. Exclusion de toute privatisation : la cheffe du gouvernement a tenu à clarifier la ligne politique : «sauver sans privatiser». Conformément aux orientations présidentielles, El Fouladh restera une entreprise publique, placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie, et son capital ne sera pas ouvert à des actionnaires privés. L’objectif est de restaurer sa place de pilier de l’industrie sidérurgique nationale tout en préservant son statut d’établissement public.

Vers une renaissance industrielle ?

Le programme de restructuration est ambitieux et rend le projet potentiellement porteur. La modernisation de l’outil productif, la spécialisation dans les billettes et la sécurisation de l’approvisionnement en ferraille locale pourraient faire d’El Fouladh un fournisseur incontournable, réduisant durablement la dépendance extérieure du pays.

L’assemblée générale ordinaire du 31 mars 2026, qui doit nommer de nouveaux administrateurs, marquera la première étape de cette refonte.

Reste à concrétiser les financements, à mener à bien les projets de dépollution et de mise aux normes environnementales (notamment dans le cadre du programme Ecopact), et à mobiliser les compétences internes pour que l’industrie sidérurgique tunisienne redevienne un fleuron.

Si le projet de restructuration se concrétise, El Fouladh pourra passer du statut d’entreprise sinistrée à celui de locomotive de la souveraineté industrielle.

Pour espérer réussir cette restructuration, ont doit :

– accélérer l’assainissement financier;

– accélérer la modernisation des installations de production ;

– consentir un effort supplémentaire pour rendre l’activité industrielle rentable à l’instar des années 2021 (+14,4 MDT) et 2022 (+31,1 MDT).

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Tunisie | Décès de la mère de Abdelhamid Jelassi

05. April 2026 um 12:22

Monia Ibrahim, l’épouse du «prisonnier politique» Abdelhamid Jelassi, condamné dans l’affaire dite de «complot contre l’Etat», a annoncé sur sa page Facebook, le décès de la mère de ce dernier, Mabrouka Chabaane, dans la nuit du samedi 4 et dimanche 5 avril 2026.

«Abdelhamid n’a pas vu sa mère depuis trois ans. La dernière fois qu’il l’avait vue, il avait eu un douloureux pressentiment qu’il ne la reverrait plus et ne serait pas à ses côtés le jour de sa mort», a écrit l’épouse de M. Jelassi, en rappelant que ce dernier n’avait pas assisté aux obsèques de son père, décédé quelques mois avant sa sortie de prison, en 2007.         

I. B.

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Festival MCM 2026 | Nour Ben Salem et ‘‘Zohra sans permis’’ au palmarès

05. April 2026 um 11:45

Entre la domination de ‘‘White Snail’’, la visibilité offerte à Nour Ben Salem et le coup de cœur du public ‘‘Zohra sans permis’’, le festival international Music & Cinema Marseille (MCM), tenu du 30 mars au 4 avril 2026, a célébré des voix fortes et des œuvres audacieuses, plaçant le festival au cœur de la création internationale.

Djamal Guettala 

Le festival a rassemblé plus de 30 000 spectateurs et 1 000 professionnels autour de 350 films venus du monde entier.

Entre projections, rencontres et événements musicaux, cette 27e édition a confirmé le rôle du MCM comme plateforme incontournable pour la rencontre entre cinéma et musique.

Le long métrage ‘‘White Snail’’ s’est imposé comme le grand gagnant de cette édition, raflant le prix du meilleur long métrage, le Grand Prix de la musique originale et le prix Pass Culture. La musique, composée par John Gürtler et Jan Miserre, a été saluée pour son atmosphère immersive et son pouvoir narratif.

Dans la même catégorie, ‘‘Perla’’ d’Alexandra Makarová a été distingué pour la mise en scène, avec la musique de Rusanda Panfili et Johannes Winkler soulignant la sensibilité et la précision de l’œuvre.

Parmi les moments forts, ‘‘Palestine Islands’’, coréalisé par Nour Ben Salem et Julien Menanteau, a marqué le festival dans la catégorie scolaire, remportant les prix Jacques Prévert/Stéphane Mallarmé, Edgar Quinet et Collège/Lycée (film et musique).

Porté par la musique de Jack Bartman et Nassim Kouti, le film offre un regard sensible et engagé sur des réalités complexes, tout en restant accessible aux jeunes publics.

Le public a quant à lui plébiscité ‘‘Zohra sans permis’’ de Pierre-Loup Docteur. Porté par la musique de Louis Chenu, le film se distingue par son réalisme et sa proximité avec les personnages, offrant une lecture humaine et profondément juste de situations contemporaines.

Cette reconnaissance souligne l’importance de la relation entre le cinéma et le spectateur, où les récits incarnés trouvent un écho immédiat.

La compétition des courts métrages a mis en lumière des œuvres originales et audacieuses. ‘‘Spermatheca’’ de Silje Baer a remporté le Grand Prix de la meilleure musique originale, tandis que ‘‘Dancing Pigeons’’ de Christofer Nilsson a été salué pour sa créativité musicale. Dans la fiction, ‘‘What If They Bomb Here Tonight?’’ de Samir Syriani s’est distingué pour la puissance et la pertinence de son récit.

Le documentaire ‘‘Pedro Tomas Explains the World’’ a été récompensé pour la finesse de son regard et la qualité de sa narration.

De plus, lors de la dernière journée du festival, une projection hors compétition a permis au public de découvrir ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la Tunisienne Kaouther Ben Hania, inspiré d’un fait réel à Gaza. À travers le récit d’une enfant prise au piège sous les tirs, le film a suscité une forte émotion, rappelant combien le cinéma peut donner voix à celles et ceux que l’actualité peine à faire entendre.

Le Grand Prix Sirar, destiné à soutenir la création émergente, a été remis à‘‘Dans ce monde et dans tous les autres’’, avec une aide à la composition musicale attribuée par Méridiens. Cette distinction confirme l’engagement du festival pour accompagner les jeunes auteurs, scénaristes et compositeurs dans le développement de leurs projets. Cette 27e édition du MCM aura une nouvelle fois démontré la vitalité du cinéma contemporain et son lien intime avec la musique.

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