Le conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) a annoncé, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion tenue le vendredi 6 février 2026, qu’il organisera une manifestation, le vendredi 13 février à 11h00 devant le Palais de justice de Tunis, afin d’exprimer son rejet de ce qu’il qualifie de «restrictions» à son travail.
Cette position fait suite au manque d’engagement sérieux du ministère de la Justice sur cette question, a indiqué le Barreau, soulignant sa volonté d’aller de l’avant pour «protéger le droit à la défense et exiger son respect ainsi que la levée de toutes les restrictions», rapporte Diwan FM.
Le Barreau a exprimé sa «profonde préoccupation et sa vive inquiétude» concernant ce qu’il a décrit comme des «violations du droit à la défense, qui sont devenues inacceptables et compromettent les conditions d’un procès équitable, allant jusqu’à empêcher et restreindre illégalement le droit de visite [aux prisonniers], en plus des restrictions imposées aux avocats et aux justiciables qui portent atteinte à leur dignité et aux garanties d’un procès équitable», lit-on dans la déclaration.
Le Barreau a déclaré que «les revendications des avocats sont légitimes et justifiées, et qu’il n’est plus tolérable de voir leur traitement sérieusement retardé», ajoutant, dans ce contexte, qu’une réunion des sections régionales de de l’Ordre des avocats se tiendra le 14 février 2026 afin d’approfondir la discussion sur les revendications des avocats et de déterminer les moyens de les satisfaire dans l’intérêt de la justice en Tunisie.
Le Conseil de l’Ordre des avocats a appelé tous les avocats, hommes et femmes, à être plus vigilants et à se préparer sérieusement à défendre les acquis de la profession, à satisfaire ses revendications légitimes et à protéger les droits.
Pour sortir la Tunisie de sa torpeur, la solution ne serait pas de passer directement par la politique ou le militaire ou la voie religieuse. L’intervention serait davantage à encourager dans le domaine culturel, éducatif, économique puis financier. Face à l’obscurantisme et à l’inopérance des partis politiques, des actions dans ces domaines parviendront-elles à créer une Tunisie des Lumières ?
Jean-Guillaume Lozato
Un cadre solennel mais une ambiance décontractée pour un après-midi studieux. C’est dans son enclave parisienne que l’Association des Tunisiens des grandes écoles a organisé sa journée spéciale «Open’Atuge 2026». C’est par un bien sinistre après-midi, que l’Atuge a rendu une éclaircie dans l’espace intellectuel et associatif parisien. Paris connue pour être «la ville lumière» doit, c’est le cas de le dire, une fière chandelle à une association qui relève le niveau général d’un paysage événementiel francilien gangréné par l’opportunisme intellectuel et les procédés abjects des influenceurs/ceuses.
Dans ce havre de paix assimilable à une principauté tunisienne qu’est l’édifice de la Cité Universitaire Internationale de Paris, l’événement a suivi une tournure plus pédagogique que véritablement promotionnelle. Ce traitement informatif des actions menées et à venir s’est opéré en parfait accord avec l’esprit qui imprègne les membres. C’est-à-dire la mise en avant de l’importance du bagage culturel et éducatif acquis lors du parcours d’études de chaque individu. C’est-à-dire un enracinement profond dans le substrat du pays d’origine. C’est-à-dire une constante recherche de l’excellence et du renforcement des contacts en vue d’une mutualisation.
L’avantage d’un triple regard
Tout ceci au cours d’une présentation à la fois cérémoniale et conviviale. Une tonalité rendue possible par la présidente de l’association, Ines Trojette, dont la prestance remarquée par l’assemblée présentait parfois quelques similarités avec le jeu de l’actrice Monica Bellucci. Grâce aussi à l’aide précieuse de ses deux plus proches collaborateurs, qui assurent la vice-présidence : Basma Farhoud, à l’indispensable polyvalence et à la bonne humeur si communicative, et Houcem Ben Jemaa si à l’aise dans son rôle d’attaché culturel.
Cette mise en condition a permis au public de se tenir informé immédiatement des perspectives proposées par l’Atuge.
La force de cette association, c’est d’abord l’homogénéité de son réseau. Une toile tissée à partir d’un épicentre extrêmement bien défini par le civisme national, consolidé par l’affiliation consciente à la diaspora.
Vient la diversité des angles de vue proposés. La compartimentation de cette organisation à but non lucratif propose en effet des tables rondes variées grâce à ses clubs : finance, entrepreneuriat, culture, digital, féminin, santé, carrière, business connect, break, BDE… Un panel d’offres qui témoigne de la force créatrice d’un noyau fort d’expatriés bénéficiant de l’avantage d’un double regard. D’un triple regard, si l’on reprend les propos passés de l’ancienne présidente du bureau de Paris Rihab Hafidhi en référence aux trois antennes associatives (à Londres, Paris et Tunis).
Transformer les inconvénients en challenges
C’est justement dans les échanges formels et informels que le phénomène puise ses ressources. Dans un public où s’entrecroisaient dans de justes proportions conservatisme et laïcité. Chez les interlocuteurs rencontrés ici et là, les interrogations voire les angoisses se sont exprimées. Pas tellement sur le plan de la politique intérieure. Plus sur les lenteurs bureaucratiques et sur la géopolitique. Un frein qui empêcherait des contacts avec des investisseurs étrangers.
«Ce genre de rencontres sont justement le prétexte de découvrir et de nous faire découvrir. Le monde doit réaliser que la Tunisie a de plus en plus de jeunes spécialisés dans les technologies de pointe. Que beaucoup se soient expatriés peut se transformer en avantage à condition de leur donner l’envie de revenir», explique avec tout son sens du contact au service de l’expertise Marwen Ben Lamine, gestionnaire principal de la communication interne chez Ooredoo.
Plus loin, c’est Imen Ben Slama, rayonnante spécialiste en ressources humaines chez HR Talent Hub, qui livre son opinion : «Nous, les Tunisiens, aimons apprendre des autres, mais les autres doivent réaliser qu’ils peuvent eux aussi apprendre énormément à notre contact».
Un élitisme reviendrait-il à être constaté à partir de cette réunion parisienne ? Pas exactement puisque l’isolationnisme n’est pas le but recherché. Plutôt la performance d’un écosystème qui se sert de la matière grise très diplômée comme d’un levier, tout en pouvant rassembler les Tunisiens expatriés en général vers des thématiques moins lucratives ou plus prosaïques. Comme en cette journée thématique «La culture dans l’assiette», organisée à l’occasion de la Journée du Patrimoine et axée sur la cuisine tunisienne, le 20 septembre dernier, à la Maison de Tunisie, à Paris, lorsque le directeur du bureau de l’Office du tourisme tunisien (ONT), Lotfi Elmani, et la linguiste Héla Msellati avaient insisté respectivement sur «le tourisme culinaire et gastronomique» et «le plat comme marqueur d’identité». Leur message était de rappeler combien la culture culinaire et artistique tunisienne est un vecteur essentiel de transmission, de fierté et de rayonnement à l’international.
Pour une Tunisie des Lumières
Restituer l’ambiance d’un tel programme de rencontre incite à un témoignage bienveillant tant les considérations d’ordre humaniste ont été mises en avant, bien avant les préoccupations d’ordre strictement économiques.
Pour sortir la Tunisie de sa torpeur, la solution ne serait pas de passer directement par la politique ou le militaire ou la voie religieuse. L’intervention serait davantage à encourager dans le domaine culturel, éducatif, économique puis financier. Face à l’obscurantisme et à l’inopérance des partis politiques, des actions dans ces domaines parviendront-elles à créer une Tunisie des Lumières ?
Né en 1919 à Monastir, Mohsen Ben Hmida est poète, nouvelliste, traducteur, dramaturge, et essayiste tunisien.
Après des études au Lycée Sadiki et en Sorbonne, à Paris, il publie ses textes dès 1944 dans la revue Al-Mabâheth puis dans Al-Fikr, dès 1955.
Considéré comme innovateur, engagé, écrivant tôt, en vers libre, vers libéré, disait-il, il publie en arabe, son premier recueil, La caravane d’esclaves (MTE, 1967), puis Un homme est mort, (1985).
Bilingue, on lui doit de nombreuses traductions dont Saison en enfer (MTE, 1987) et Les Illuminations de Rimbaud, aussi, du français vers l’arabe, Cent poèmes du Japon, Ed. Beit Al-Hikma, 1990. En, 1993, il annonce plusieurs recueils inédits, dont un en français, Le périple, nous ne savons s’il a vu le jour. Il décède en 2005.
Tahar Bekri
Je me souviens je n’oublie pas
Sur quoi nous avons fait serment
Tout ce vers quoi nous aspirions
Ö mon compagnon ! Compagnon des faibles
Tout ce qui crée chez l’être sa fierté
Tout ce qui rescucite les cendres
Je me souviens je n’oublie pas
Cette époque détestable
Avant que je n’écrive mon poème
Quand ils étaient des loups
Et nous étions des moutons
Quand mon frère aspirait la poussière
Et moi portais le drame
Les campagnes étaient désertes et assoiffées
Mon frère humain sur ma terre à la dignité violentée
Mon frère humain sur ma terre ne savait où se diriger
Je me souviens je n’oublie pas
Depuis que j’étais enfant
Et que le malheur m’avait frappé
Que la faim avait essoré le cœur de mon pays
Que la gloire s’éloignait au loin fort loin
Comme des souffles éclatants
J’ai entendu que c’était mon peuple
Que c’était le gémissement de l’humanité
J’ai fait serment que la colère éclatera
Sur tous les chemins
Le peuple se révoltera vite avec force
Je me souviens je n’oublie pas
Je ne suis pas ingrat
Je ne suis pas insensible
Comme des souffles nobles
Comment de quelques fragments
J’ai semé la graine de l’amour de l’humanité
Allumé le feu de la vaillance
Révélé tout traître valet
Réveillé la fierté de mon peuple de nouveau
Qui s’opposa à l’ennemi
Brandissant sa foi de fer inébranlable
Et bâtit la gloire de mon pays
Traduit de l’arabe par Tahar Bekri
Extrait de Attariq (La voie), recueil annoncé, poème paru dans la revue Al-Maçar, n°18, octobre, 1993.
Premier pays arabe à avoir adopté le réseau Internet dès 1991, à titre expérimental, la Tunisie figure aujourd’hui parmi les premiers pays arabes à reconnaître l’importance de l’intelligence artificielle (IA) comme pilier essentiel de la transformation numérique et du développement économique, selon le Rapport économique arabe unifié publié par le Fonds monétaire arabe le 5 février 2026.
Le rapport consacre un chapitre essentiel à souligner le rôle de l’IA dans la promotion de l’inclusion financière et de l’innovation dans les pays arabes, compte tenu de l’accélération des transformations technologiques à l’échelle mondiale.
Depuis 2018, la Tunisie a lancé une stratégie nationale ambitieuse pour l’IA, axée sur le soutien à l’innovation, à la recherche scientifique et à la construction d’une société du savoir intégrée.
Cette stratégie privilégie le développement d’un écosystème de données ouvertes, élément fondamental pour alimenter les applications de l’IA, favoriser la transparence et stimuler l’innovation.
Outre la promotion de l’utilisation de cette technologie dans des secteurs vitaux tels que la santé, par le développement de solutions intelligentes pour les soins de santé et le diagnostic, et le secteur des transports afin d’améliorer la gestion du trafic et les systèmes de transport public, ainsi que l’intégration de l’IA dans le secteur public dans le but d’améliorer la qualité des services gouvernementaux et de simplifier les procédures administratives.
Dans ce contexte, la Tunisie s’est employée à mettre en place un système de soutien à la recherche et à l’innovation en créant plusieurs pôles d’excellence, dont Innovation City à Sousse et le Parc technologique El Ghazala à Tunis, qui ont fourni des espaces d’incubation réunissant universités, centres de recherche et start-ups, contribuant ainsi au développement de projets innovants dans le domaine de l’IA.
La promulgation de la loi sur les start-ups en 2018, la première du genre en Afrique, a également renforcé le climat d’investissement et d’entrepreneuriat dans les domaines numériques, notamment l’AI.
En parallèle, la Tunisie organise les plus grands concours de développement de logiciels liés à l’IA de la région, ce qui a contribué à stimuler le système d’innovation et à attirer les talents et les investissements.
L’État travaille également à l’élaboration d’un code d’usage numérique et d’une charte éthique pour l’IA, ainsi qu’à la création de l’Observatoire numérique tunisien, dans le but de promouvoir la bonne gouvernance et d’accompagner les décideurs du secteur numérique.
Le rapport indique que la Tunisie se classe relativement bien dans l’indice de préparation des gouvernements en matière d’IA, ce qui témoigne des progrès accomplis malgré les difficultés liées à l’accélération de la mise en œuvre des projets et au développement des infrastructures numériques.
Dans ce contexte, le pays poursuit la mise à jour de sa stratégie nationale afin de suivre le rythme des avancées technologiques mondiales et de répondre aux besoins du marché local.
Poursuite des efforts de soutien au secteur numérique
Cette approche s’inscrit dans une vision plus large de la transformation numérique, fondée sur la garantie de l’inclusion sociale numérique et financière, la numérisation des services administratifs et leur accessibilité accrue à tous les citoyens, tous secteurs confondus, incarnant ainsi le droit constitutionnel d’accès à l’information et aux réseaux de communication.
L’année 2025 a été marquée par la poursuite de la mise en œuvre du Plan stratégique national «Tunisie 2025» visant à faire progresser le secteur des technologies de la communication, grâce au développement de cadres législatifs et réglementaires, au renforcement des infrastructures de communication, au soutien de l’économie numérique et à la transformation numérique de l’administration, ainsi qu’au développement des domaines de la cybersécurité, du renforcement des capacités et de la diffusion de la culture numérique.
Ces efforts se poursuivront en 2026, car les programmes du gouvernement, conformément au bilan économique de 2026, comprennent l’accélération de la numérisation globale des institutions étatiques au niveau central et régional, la finalisation de l’élaboration du plan d’action pour la stratégie nationale d’intelligence artificielle et le lancement de sa mise en œuvre, en plus du soutien à l’innovation, à l’entrepreneuriat et au développement des compétences dans les domaines numériques.
L’État attache également une importance particulière au renforcement de la confiance numérique et de la cybersécurité, notamment par la finalisation des textes d’application du décret relatif à la cybersécurité, ainsi que par la préparation et la mise en œuvre de la Stratégie nationale de cybersécurité pour la période 2026-2030. Ainsi que le lancement de sa mise en œuvre, en plus de la poursuite de la mise en œuvre du Programme national d’audit de cybersécurité au profit des structures publiques, ce qui renforcera la résilience du système numérique national et soutiendra la voie du développement durable.
La Tunisie travaille également au développement de programmes de formation et de spécialisations scientifiques dans le domaine de la cybersécurité, à l’élaboration du cadre réglementaire pour le domaine du cloud computing public, à la création de centres sectoriels pour répondre aux urgences informatiques et au soutien des activités des fournisseurs de services d’authentification électronique dans le but de créer un environnement concurrentiel pour la commercialisation des solutions d’authentification électronique et des services connexes.
Outre l’intégration de l’identité numérique dans l’offre de services de l’Agence nationale de certification électronique et le soutien à la mise en œuvre de projets visant à garantir la conformité des produits de l’Agence nationale de certification électronique aux normes internationales en matière de certification électronique, des offres préférentielles sont proposées aux ministères et organismes publics fournissant des services numériques en ligne.
Ensemble, les nouveaux projets éoliens et solaires mis en œuvre par la Tunisie devraient lui permettre d’économiser des centaines de millions de dollars en réduisant ses importations de gaz. Ils permettront également de diminuer les émissions de carbone, de garantir la sécurité énergétique et de créer des milliers d’emplois locaux pendant la construction et l’exploitation, marquant ainsi une étape importante dans la transition énergétique du pays. Ces projets généralement menés sous le régime de la concession, sont co-financés par des bailleurs de fonds internationaux.
Latif Belhedi
La Tunisie franchit une étape majeure dans sa transition énergétique en attribuant d’importantes concessions d’énergies renouvelables, notamment solaires et éoliennes, à des développeurs internationaux de premier plan dans le cadre de son programme d’énergies renouvelables de 1 700 MW (1,7 GW). Ces projets, qui s’inscrivent dans le cadre du programme d’appels d’offres du pays, visent à réduire la dépendance au gaz naturel importé et à atteindre un objectif de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2030 et 50 % d’ici 2035, contre seulement 4 à 5% actuellement.
Lors des dernières attributions de concessions, le gouvernement a sélectionné plusieurs entreprises internationales de renom pour développer d’importants projets éoliens et solaires. Parmi les principaux lauréats figure Voltalia, entreprise française spécialisée dans les énergies renouvelables, qui a obtenu un projet solaire de 132 MW dans la région de Gabès. Ce projet vient compléter le portefeuille existant de Voltalia dans notre pays, qui comprend déjà les projets de Sagdoud et de Menzel Habib. Grâce à ces nouveaux développements, la capacité totale d’énergies renouvelables prévue par l’entreprise dans le pays avoisine les 400 MW.
L’énergie éolienne connaît également une forte croissance grâce à de nouvelles concessions. La société norvégienne Scatec et le groupe japonais Toyota Tsusho, via sa filiale Aeolus, développent conjointement le projet éolien d’El Fahs (75 MW) dans le gouvernorat de Zaghouan. Ce projet bénéficie d’un contrat d’achat d’électricité (CAE) de 25 ans signé avec la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg), garantissant ainsi la stabilité des revenus à long terme pour les développeurs.
Dans le secteur solaire, Qair International s’est imposé comme un autre acteur majeur, en remportant des contrats pour plusieurs centrales solaires de grande envergure, dont un projet de près de 200 MW à El Khobna (Sidi Bouzid).
Parallèlement, des projets antérieurs commencent à être mis en service. La centrale solaire de Kairouan (120 MW), développée par un consortium mené par des entreprises chinoises, a récemment été mise en service. Ce projet est la première centrale solaire tunisienne d’une capacité supérieure à 100 MW.
Ces nouvelles attributions témoignent d’une nette évolution de la stratégie tunisienne en matière d’énergies renouvelables. Le gouvernement privilégie désormais les grands projets d’infrastructures sous régime de concession, principalement pour les projets de plus de 10 MW. Cette approche vise à attirer des promoteurs expérimentés, dotés de solides compétences techniques et d’une grande solidité financière.
Pour soutenir le développement rapide des énergies renouvelables, la Tunisie collabore avec des bailleurs de fonds internationaux tels que la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement. Ces institutions contribuent à la modernisation du réseau électrique national et au renforcement de la situation financière du secteur énergétique.
Dans le cadre de la coopération scientifique et institutionnelle entre l’Italie et la Tunisie, le projet «Réinvestir» est entré dans sa phase opérationnelle. Cette initiative transfrontalière vise à renforcer la biodiversité méditerranéenne et à traduire la recherche appliquée en innovations pour les filières agroalimentaires et nutraceutiques.
Ce projet, dont le lancement a eu lieu le 5 février 2025 à l’Université de Palerme, en présence de représentants institutionnels et de partenaires technico-scientifiques, s’inscrit dans le cadre du programme Interreg Next Italie-Tunisie. Il vise à renforcer la coopération entre les territoires sicilien et tunisien sur des priorités communes, notamment l’innovation, la transition écologique et la résilience climatique.
Le programme, approuvé par la Commission européenne pour la période 2021-2027, dispose d’un budget total d’environ 36 millions d’euros (123 millions de dinars tunisiens) et soutient la coopération transfrontalière entre les deux rives.
«Réinvestir» encourage la recherche et l’innovation concernant les espèces végétales d’intérêt agroalimentaire et nutraceutique, notamment les variétés menacées d’extinction, en ciblant les zones rurales de la province de Palerme et du gouvernorat de Tunis.
Lancée le 15 mai 2025 et devant s’achever le 14 avril 2028, cette initiative repose sur un partenariat réunissant, entre autres, l’INRGREF, Crea-DC, l’Université de Palerme et le partenaire privé Prism Impresa Sociale s.r.l., ainsi que des organismes de formation et de développement agricoles.
D’après les informations fournies par les promoteurs, les travaux portent sur la sélection des génotypes, la caractérisation biochimique et les expérimentations liées aux pratiques durables et à l’agriculture de précision, dans le but d’aider les exploitations agricoles et les PME à accroître leur production à plus forte valeur ajoutée dans les secteurs agroalimentaire, cosmétique et phytothérapie.
Parmi les espèces mentionnées dans les documents d’information figurent Moringa oleifera, Salvia officinalis et Ziziphus spina-christi.
L’événement de lancement s’est déroulé en présence, entre autres, de Daniela Segreto, représentante de l’Autorité de gestion du programme, de Mohamed Ali Mahjoub, consul de Tunisie à Palerme, et du professeur Carlo Greco, directeur scientifique de l’université. Étaient également présents, du côté tunisien, Mohamed Taher Elaeib, directeur général, et Lamia Hamrouni, chef de projet.
Pour ses promoteurs, le projet vise à établir un lien opérationnel entre la recherche et l’industrie, grâce à des activités de transfert de technologies et de formation. Il ambitionne de développer des outils communs pour la qualité, l’origine et la valorisation des produits, dans une perspective de compétitivité durable et de protection de la biodiversité.
La phase opérationnelle comprend notamment des ateliers techniques, des activités de laboratoire conjointes et la diffusion des résultats.
La flottille mondiale Sumud reprendra la mer pour Gaza le 29 mars 2026. Les organisateurs s’attendent à une participation plus importante que lors de sa première mission.
Cette première mission, rappelons-le, s’est achevée en octobre lorsque les forces navales israéliennes ont arraisonné plus de 40 navires transportant de l’aide humanitaire et emprisonné pour quelques jours les activistes de nombreux pays venus apporter secours aux Palestiniens de Gaza, soumis à un blocus militaire et un génocide israéliens condamnés par la communauté internationale.
Le départ se fera de Barcelone, suivi de la Tunisie, de l’Italie et d’autres ports méditerranéens, a déclaré la militante Sumeyra Akdeniz Ordu lors d’une conférence de presse retransmise en direct depuis Johannesburg, en Afrique du Sud, et rapportée par l’agence turque Anadolu.
Les organisateurs ont annoncé la participation de plus de 3 000 personnes originaires de plus de 100 pays, qui embarqueront à bord de plus de 100 bateaux.
«Cette fois-ci, nous partirons avec des milliers de participants, dont plus d’un millier de médecins, d’infirmières, de personnels soignants… Nous aurons des professionnels de la santé avec nous», a déclaré la militante turque. Et d’ajouter : «Nous aurons avec nous des spécialistes de la construction écologique. Nous aurons également des enquêteurs spécialisés dans les crimes de guerre, ce qui constitue une différence par rapport à la mission précédente».
Parallèlement à la mission maritime, un important déploiement terrestre sera mis en œuvre : le nouveau convoi terrestre Sumud, a-t-elle aussi expliqué.
La Chambre criminelle spécialisée en matière de terrorisme de la Cour d’appel de Tunis a prononcé plusieurs peines, allant de 5 ans de prison à la peine capitale, dans l’affaire de l’assassinat du député et homme politique Mohamed Brahmi, tué devant son domicile le 25 juillet 2013.
Selon une source judiciaire citée par l’agence de presse TAP, l’accusé Abderraouf Talbi a été condamné à la peine capitale et à trente ans de prison.
D’autres accusés ont écopé de lourdes peines de prison : 60 ans chacun pour Ezzeddine Abdellaoui et Ahmed Melki, dit «le Somalien», 50 ans pour Mohamed Aouadi, 45 ans pour Karim Kelâa, vingt ans chacun pour Amer Belazi et Mohamed Akkari, et dix ans pour Riadh Ouertani.
Un jugement par contumace a également été prononcé et confirmé contre Mustapha Khedher, un fugitif condamné à 5 ans de prison pour non-dénonciation. Toutes les personnes condamnées sont également soumises à une mesure de surveillance administrative de 5 ans après avoir purgé leur peine.
La même source a indiqué que le principal auteur présumé des faits, Boubaker Al-Hakim, est décédé, probablement en Syrie.
La décision d’appel s’inscrit dans un long processus judiciaire lié à la crise politique de 2013, exacerbée par les assassinats de figures de l’opposition et les manifestations qui ont suivi, lesquelles ont contribué à impulser le processus de médiation promu par le Quartet du dialogue national tunisien.
Sur le plan pénal, ce jugement confirme le rôle central de la peine de mort dans la lutte contre le terrorisme, dans un pays qui, selon Amnesty International, n’a procédé à aucune exécution depuis 1991, bien qu’il la maintienne dans son système juridique.
Alors que partout dans les pays occidentaux aussi bien dans l’Amérique de Donald Trump qu’en Europe, la grande mode est à la rhétorique et à la surenchère anti-migratoires, à la banalisation du discours xénophobe et à la chasse aux migrants, le gouvernement espagnol présidé par le socialiste Pedro Sánchez a décidé de régulariser 500 000 migrants irréguliers.
Imed Bahri
À l’heure où ICE, la police anti-immigration américaine, ne recule devant aucun procédé brutal et qu’elle est citée en exemple en Europe comme l’a fait Arno Klarsfeld, magistrat au Conseil d’État (plus haute juridiction administrative française), qui a appelé à organiser des rafles contre les migrants irréguliers, le chemin choisi par l’Espagne incarne une exception qui irrite bien au-delà de la péninsule ibérique.
Dans les colonnes du journal londonien arabophone Al Quds al Arabi, Hussein Majdoubi est revenu sur cette exception espagnole. Il explique que la décision du gouvernement espagnol dirigé par Sánchez, qui a annoncé un programme de régularisation des immigrés sans papiers, est une décision qui a suscité la colère des partis d’extrême droite et de plusieurs gouvernements européens car elle est perçue à la fois comme une remise en cause du discours populiste et de la théorie du Grand Remplacement mais aussi elle contredit la recommandation du document de la Stratégie de sécurité nationale américaine de l’administration Trump préconisant de limiter l’immigration en provenance des pays du Sud.
Régularisation massive des migrants
Le Premier ministre espagnol a annoncé ce processus de régularisation la semaine dernière. Il s’agit du sixième programme de ce type mis en œuvre par l’Espagne ces quarante dernières années. Cette régularisation massive est née d’une proposition soutenue par les citoyens, signée par quelque 700 000 personnes et appuyée par des centaines d’organisations de la société civile et par l’Église catholique.
Le premier programme de ce type remonte à 1986, année de l’adhésion du pays à l’Union européenne, sous le gouvernement du socialiste Felipe González. D’autres programmes ont eu lieu en 1991 et 1996, également sous son mandat. Deux programmes de régularisation ont été organisés en 2000 par le Premier ministre de droite José María Aznar, et le plus important, concernant un demi-million d’immigrés, a été lancé en 2005 par le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero. Le programme actuel, qui doit débuter en avril prochain sous la présidence de Sánchez est considéré comme un vaste programme puisqu’il concernera environ un demi-million de migrants et offrira d’importantes facilités administratives.
Mariano Rajoy, le dirigeant de droite conservateur du Parti populaire (PP), était le seul Premier ministre à ne pas avoir lancé de programme de régularisation à grande échelle pour les migrants depuis le début de la transition démocratique espagnole au milieu des années 1970.
Une grave pénurie de main-d’œuvre
La décision du gouvernement espagnol fait suite à une grave pénurie de main-d’œuvre dans divers secteurs, notamment la construction, la maintenance électrique, la mécanique, le tourisme et le transport routier. Cette situation coïncide avec le taux de croissance économique le plus élevé que connaît l’Espagne parmi les pays occidentaux, engendrant une forte demande de travailleurs.
L’opposition de droite, en particulier le parti d’extrême droite Vox, tente de contester cette décision devant la Cour suprême. Néanmoins, la procédure de régularisation des migrants débutera en avril. Parmi les principaux bénéficiaires figurent les membres de la communauté marocaine entrés irrégulièrement en Espagne ces dernières années.
La décision espagnole représente un défi pour tous les pays européens. Alors que l’extrême droite et les partis conservateurs instrumentalisent l’immigration à des fins électoralistes et que la lutte contre l’immigration constitue un pilier de la stratégie des mouvements extrémistes pour renforcer leur influence, la décision de l’Espagne de régulariser les immigrés irréguliers va à contre-courant de la tendance européenne dominante.
Parallèlement, cette décision s’oppose frontalement à la politique de Washington, qui a publié le Document de sécurité nationale des États-Unis recommandant, sur un ton quasi inflexible, aux Européens de stopper l’immigration en provenance des pays islamiques et du Sud en général, afin de préserver le visage du continent européen au cours des vingt prochaines années.
Washington menace de prendre des mesures contre les pays européens qui ne luttent pas contre l’immigration en provenance du Sud. La décision de régulariser le statut des migrants suscite la controverse, notamment suite aux propos du milliardaire et désormais homme politique et d’influence américain Elon Musk qui soutient publiquement l’extrême droite européenne. Ce dernier a critiqué le Premier ministre espagnol sur la plateforme X, ce à quoi le dirigeant socialiste a répondu par un sarcasme mordant mais profondément humain : «Mars peut attendre mais pas l’humanité !», cela signifie que l’envoi d’humains sur Mars peut attendre mais que ceux qui vivent sur Terre doivent être traités avec humanité.
Contre la théorie du «Grand Remplacement»
Cette décision de régulariser le statut des migrants irréguliers porte un coup dur à la théorie du «Grand Remplacement», formulée par le Français Renaud Camus en 2011 et depuis reprise par le polémiste et homme politique français islamophobe Éric Zemmour. Cette théorie prétend qu’il existe un complot d’une élite transnationale, principalement occidentale, cherchant à remodeler l’Europe et l’Occident en encourageant l’immigration musulmane afin de transformer les sociétés européennes et américaines.
Cette théorie est partagée par Elon Musk, le président américain Donald Trump et la plupart des partis politiques extrémistes en Europe. Cette théorie est considérée comme très dangereuse car certains auteurs d’attentats terroristes contre des migrants, par exemple à Christchurch (Nouvelle-Zélande), à Buffalo (États-Unis) et à El Paso (Texas, États-Unis), l’ont citée comme justification idéologique de leurs attaques.
Le leader du parti Vox, Santiago Abascal, s’est indigné de cette annonce de régularisation massive en recourant à cette théorie. Il a déclaré : «Le tyran Sanchez déteste le peuple espagnol. Il veut le remplacer», a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux, ajoutant que Sanchez voulait «accélérer l’invasion migratoire». Abascal avait plutôt appelé à la «remigration», un autre slogan d’extrême droite qui prône l’expulsion massive des personnes nées à l’étranger, y compris parfois des citoyens naturalisés.
L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) vient de publier sur son site web une note d’analyse sur le recours accru de la Tunisie à l’endettement intérieur et ses effets sur le financement de l’économie. La note intitulée «Endettement intérieur : Une solution stratégique ou un frein pour le secteur privé ?» interrogent le choix de la Tunisie de se tourner massivement vers la dette intérieure pour financer son budget.
Si cette stratégie réduit la dépendance extérieure, dans une logique de «compter sur soi» chère au président Saïed, tous les experts vous diront qu’elle crée un «effet d’éviction» qui limite l’accès au financement pour les entreprises privées, ce qui pénalise, à terme, l’investissement et la création de richesses et d’emplois.
Cette note d’analyse explore donc les risques d’un tel choix pour la stabilité financière et l’investissement productif. Elle met en évidence un phénomène d’effet d’éviction, marqué par une réorientation des ressources bancaires vers le financement de l’État au détriment du secteur privé. L’analyse s’appuie sur l’évolution de l’endettement, des concours à l’économie et des indicateurs bancaires, et propose des recommandations pour soutenir l’investissement productif.
Réduction de la dépendance de l’extérieur
Dans un contexte marqué par un accès restreint aux ressources de financement extérieur, la Tunisie a opté pour un recours massif et inédit à l’endettement intérieur afin d’assurer le financement du budget.
Cette orientation pourrait être expliquée par la volonté d’alléger le poids des échéances extérieures et limiter la fuite des devises dans la mesure où le service de la dette intérieure ne génère pas de sortie de capitaux vers l’étranger.
Ce choix permet ainsi de réduire la dépendance vis-à-vis des créanciers internationaux tout en favorisant le développement du marché financier domestique.
Si cette orientation traduit une adaptation aux contraintes extérieures, elle soulève néanmoins plusieurs enjeux notamment en matière de financement de l’investissement productif, de soutenabilité de la dette intérieure, etc.
En effet, nonobstant l’intérêt qu’il présente à court terme, un recours excessif à la dette publique intérieure risque d’exercer des pressions sur les investisseurs et le système bancaire compromettant ainsi la stabilité du système financier.
Réduction des ressources pour le privé
Le financement intérieur massif du budget tend à réduire la disponibilité des ressources financières pour le secteur privé, un phénomène communément désigné sous le nom d’effet d’éviction ou crowding out effect.
Face à cette situation inédite, l’IACE recommande la mise en œuvre d’une action coordonnée et cohérente autour des axes suivants :
– la promotion des partenariats public-privé en tant qu’instrument privilégié de mobilisation des ressources pour la réalisation de projets à fort impact économique et social contribuant à alléger les pressions sur le financement budgétaire ;
– le soutien de la relance de l’économie réelle à travers une politique active de promotion des PME notamment par la mise en place de lignes de crédit dédiées et la mise en place de dispositifs d’incitations favorisant l’investissement productif et l’innovation ;
– la réorientation des ressources de financement extérieur vers les projets d’infrastructure et les secteurs à forte valeur ajoutée afin de renforcer la compétitivité de l’économie nationale ;
– le renforcement de la transparence et la qualité de l’information financière dans le but d’améliorer l’évaluation du risque de crédit, favoriser une meilleure allocation des ressources et réduire l’aversion au risque du secteur bancaire ;
– l’institution d’une structure nationale de gestion de la dette publique chargée d’assurer (i) la maitrise de la dynamique d’endettement public dans le cadre d’une stratégie à moyen terme et (ii) le suivi, la coordination et la consolidation de l’ensemble des engagements financiers de l’Etat.
La Banque internationale arabe de Tunisie (Biat) marque aujourd’hui une avancée majeure dans le déploiement de sa stratégie de soutien au commerce extérieur, à travers la signature d’un partenariat stratégique avec la Banque africaine de développement (BAD), a-t-elle annoncé dans un communiqué publié à Tunis le Tunis, le 6 février 2026, ajoutant que cet accord, portant sur une garantie de transaction d’un montant de 50 millions de dollars, vient renforcer significativement les capacités de la Biat à accompagner les entreprises tunisiennes dans leurs opérations à l’international, tout en réaffirmant son engagement en faveur d’un développement économique inclusif et durable.
Cette garantie s’inscrit pleinement dans la vision de la Biat de renforcer le commerce international et de soutenir l’économie nationale. Elle s’accompagne d’une large couverture géographique, en partenariat avec les banques correspondantes co-contractantes de la BAD.
Grâce à cette facilité, la Biat ambitionne d’accompagner plus efficacement ses clients sur les marchés internationaux. L’objectif est de favoriser l’importation de biens d’équipement et de technologies stratégiques dans des secteurs essentiels comme l’agro-industrie, l’industrie légère, les télécommunications et les énergies renouvelables.
Des solutions de financement international
Le partenariat permet aux entreprises clientes de la Biat, quelles que soit leurs tailles, d’accéder à des solutions de financement international compétitives, consolidant leur position et leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales à travers :
– un accès renforcé aux marchés internationaux : la garantie de la BAD accroît la confiance des fournisseurs étrangers et de leurs banques, facilitant l’acceptation des instruments de paiement émis ;
– des coûts de financement optimisés : grâce à la notation AAA de la BAD, les entreprises tunisiennes bénéficient de conditions de confirmation plus avantageuses et compétitives ;
– un appui aux secteurs stratégiques : une attention particulière est portée à l’importation de biens essentiels – matières premières, produits énergétiques et équipements industriels.
À cette occasion, Elyes Jebir, directeur général de la Biat, a déclaré : «Grâce à cette garantie, la Biat consolide son rôle de partenaire privilégié des entreprises tunisiennes qui opèrent à l’international, en leur facilitant l’accès aux marchés mondiaux et en sécurisant leurs opérations. La Biat se présente comme un pont solide qui relie les acteurs économiques tunisiens au système financier global».
«Nous sommes ravis de nouer ce partenariat avec la Biat qui est un acteur majeur du financement du commerce dans le pays. Cette facilité permettra à la BAD de contribuer à la création d’emplois et à un meilleur accès des populations à des biens et services essentiels», s’est félicitée Malinne Blomberg, directrice générale adjointe de la région Afrique de Nord et responsable pays pour la Tunisie à la BAD.
Ce partenariat avec la BAD illustre l’engagement de la Biat à soutenir durablement la croissance de ses clients, en leur proposant des solutions financières sûres et parfaitement alignées sur les standards du commerce international.
Qu’est-ce qu’une garantie de transaction ?
La garantie de transaction est l’un des instruments de financement du commerce mis en place par la BAD pour soutenir les banques commerciales en Afrique. Elle a été lancée en 2021 et couvre une variété d’instruments de financement du commerce, dont les lettres de crédit confirmées, les prêts commerciaux, les engagements de remboursement irrévocables, les traites avalisées et les billets à ordre, entre autres.
La facilité est disponible pour toutes les banques enregistrées et opérant en Afrique, qui ont passé le processus de diligence raisonnable de la Banque.
Un acteur de référence en Tunisie
Banque universelle, acteur de référence en Tunisie, la Biat constitue aujourd’hui un groupe bancaire solide avec ses filiales dans les domaines de l’assurance, de la gestion d’actifs, du capital-investissement, de l’intermédiation boursière et du conseil. Implantée sur tout le territoire, la BIAT compte aujourd’hui 206 agences à travers toute la Tunisie. Près de 2500 collaborateurs travaillent au service de tous ses clients : particuliers, professionnels, PME, grandes entreprises et institutionnels.
Très attentive à sa responsabilité sociétale, la Biat a traduit son positionnement citoyen par de nombreux engagements. La création de la Fondation Biat pour la jeunesse tunisienne, au printemps 2014, en est emblématique et ancre cet engagement de façon pérenne.
En l’espace de deux décennies, Internet et les réseaux sociaux ont profondément transformé les modes de communication, d’information et de socialisation des sociétés contemporaines. Chez les jeunes en particulier, ces plateformes sont devenues des espaces centraux de construction identitaire, de divertissement, mais aussi d’engagement social et politique. En Tunisie comme ailleurs, il est désormais rare de rencontrer un adolescent qui n’utilise pas quotidiennement Facebook, Instagram, TikTok ou YouTube.
Zouhaïr Ben Amor *
Cette omniprésence du numérique suscite cependant des interrogations légitimes. Si les réseaux sociaux peuvent favoriser l’ouverture au monde, l’accès au savoir et l’expression individuelle, ils exposent également les jeunes à des contenus inadaptés, à des normes culturelles étrangères, à des mécanismes de dépendance et à des formes inédites de manipulation. La question n’est donc plus de savoir s’il faut accepter ou refuser Internet, mais comment en encadrer les usages de manière responsable.
Face à ces enjeux, deux positions extrêmes s’opposent souvent : d’un côté, une défense absolue de la liberté numérique au nom de l’émancipation individuelle ; de l’autre, une tentation sécuritaire assimilant toute régulation à une atteinte aux libertés. Cet article propose une approche plus nuancée, fondée sur trois idées centrales : la nécessité d’une souveraineté numérique adaptée aux cultures locales, la protection effective des mineurs par un contrôle de l’âge et de l’identité, et la conviction que le changement politique durable ne peut se construire que de l’intérieur des sociétés, et non par une dépendance exclusive aux réseaux sociaux.
Internet est souvent présenté comme un espace universel, affranchi des frontières et des particularismes culturels. Pourtant, cette représentation masque une réalité fondamentale : le numérique est un produit social, culturel et économique situé. Les grandes plateformes qui structurent aujourd’hui l’espace numérique mondial sont majoritairement conçues et gouvernées par des entreprises occidentales, principalement américaines, dont les valeurs et les normes imprègnent les contenus diffusés.
Circulation asymétrique des récits
Comme l’a montré Arjun Appadurai (1996), la mondialisation culturelle ne signifie pas une homogénéisation totale, mais une circulation asymétrique des images, des récits et des imaginaires. Les réseaux sociaux participent pleinement à cette dynamique en imposant, souvent de manière implicite, des représentations du corps, de l’intimité, de la réussite sociale ou des relations affectives qui ne correspondent pas nécessairement aux sensibilités locales.
Un exemple simple permet d’illustrer ce décalage. Une scène de baiser appuyé diffusée dans un film sur une chaîne française est généralement considérée comme banale et simplement interdite aux moins de 12 ans. En Tunisie, un tel contenu peut être jugé choquant dans un cadre familial et incompatible avec une culture socialement plus conservatrice. Ce désaccord n’est ni moral ni idéologique : il est culturel.
Or, les moteurs de recherche comme Google et les réseaux sociaux comme Facebook ou TikTok donnent un accès direct et massif à ces contenus sans véritable filtrage adapté au contexte national. Les jeunes se retrouvent ainsi exposés à des normes contradictoires, parfois difficiles à intégrer dans leur environnement familial et social. Manuel Castells (2010) souligne que la société en réseaux reconfigure les rapports de pouvoir et d’influence, souvent au détriment des structures locales traditionnelles.
Régulation de l’espace numérique
Dans ce contexte, la notion de souveraineté numérique apparaît comme un prolongement naturel de la souveraineté culturelle. De la même manière qu’un État régule l’espace audiovisuel ou éducatif, il peut légitimement encadrer l’espace numérique afin de protéger sa jeunesse et préserver sa cohésion sociale. Réguler ne signifie pas censurer arbitrairement, mais adapter les flux numériques aux réalités nationales.
L’adolescence est une période clé du développement humain, marquée par la construction de l’identité, la recherche de reconnaissance et l’affirmation de soi. Or, les réseaux sociaux exploitent précisément ces vulnérabilités psychologiques. Jean Twenge (2017) a montré que l’usage intensif des smartphones et des réseaux sociaux est corrélé à une augmentation de l’anxiété, de la dépression et du sentiment de solitude chez les adolescents.
Les mécanismes de comparaison sociale, amplifiés par les images retouchées et les mises en scène idéalisées de la vie quotidienne, peuvent altérer durablement l’image de soi. Les jeunes sont incités à mesurer leur valeur personnelle au nombre de «likes», de commentaires ou d’abonnés, ce qui favorise une quête permanente de validation extérieure.
La fragmentation de l’attention
Sur le plan cognitif, plusieurs études soulignent une baisse de la capacité de concentration et une fragmentation de l’attention liées à l’exposition prolongée aux contenus courts et répétitifs (American Psychological Association, 2023). L’école se retrouve ainsi confrontée à des élèves de plus en plus connectés, mais paradoxalement moins disponibles pour l’apprentissage approfondi.
Ces effets ne sont pas le fruit du hasard. Les plateformes numériques reposent sur des modèles économiques fondés sur la captation de l’attention. Comme l’explique Shoshana Zuboff (2019), le capitalisme de surveillance transforme les comportements humains en données exploitables à des fins commerciales. Les algorithmes privilégient les contenus émotionnels, polarisants ou choquants, car ils génèrent davantage d’engagement.
Dans ce contexte, laisser les jeunes naviguer librement et sans accompagnement dans cet univers revient à les exposer à des logiques qui dépassent largement leur capacité de discernement.
L’un des paradoxes majeurs des réseaux sociaux réside dans l’écart entre les règles affichées et les pratiques réelles. La plupart des plateformes imposent officiellement un âge minimal d’inscription, souvent fixé à 13 ans. En pratique, ce contrôle est largement fictif. Il suffit de déclarer une date de naissance erronée pour contourner la règle.
Harcèlement, manipulation, escroquerie
Cette faille expose les mineurs à des contenus inadaptés, mais aussi à des risques graves : harcèlement, manipulation, escroquerie, voire exploitation. Par ailleurs, l’absence d’identification fiable favorise la prolifération de faux profils, utilisés à des fins malveillantes ou de désinformation.
Face à cette situation, il apparaît légitime de proposer un système d’inscription reposant sur une vérification réelle de l’âge, par la présentation de documents officiels, avec un seuil fixé à 15 ou 16 ans. Une telle mesure viserait avant tout à protéger les mineurs et à responsabiliser les utilisateurs.
Contrairement à une idée répandue, l’anonymat absolu n’est pas une condition indispensable de la liberté. Luciano Floridi (2014) rappelle que l’éthique numérique repose sur un équilibre entre protection de la vie privée et responsabilité des actions. Une identification encadrée, respectueuse des données personnelles, pourrait contribuer à assainir l’espace numérique sans porter atteinte aux droits fondamentaux.
Toute proposition de régulation numérique suscite une objection récurrente : celle d’un risque de restriction des libertés et de maintien des régimes en place. Cette crainte mérite d’être prise au sérieux, notamment dans des contextes où les libertés publiques ont longtemps été fragiles.
Illusion du cyber-utopisme
Cependant, il convient de distinguer deux choses : la lutte pour les libertés politiques et la dépendance aux réseaux sociaux comme principal outil de mobilisation. Evgeny Morozov (2011) a mis en garde contre ce qu’il appelle «l’illusion du cyber-utopisme», selon laquelle Internet suffirait à produire des transformations politiques profondes.
Les réseaux sociaux peuvent faciliter la circulation rapide de l’information, mais ils favorisent aussi des mobilisations éphémères, émotionnelles et facilement manipulables. Leurs algorithmes échappent au contrôle des citoyens et obéissent à des intérêts économiques étrangers aux préoccupations démocratiques locales.
Croire que la libération politique passe exclusivement par Facebook ou TikTok revient à déléguer le destin d’un pays à des entreprises privées multinationales. Or, l’histoire montre que les changements durables se construisent de l’intérieur : par l’éducation civique, l’organisation collective, les associations, les syndicats, les partis politiques et les institutions nationales (Tilly & Wood, 2015).
Militer pour plus de libertés implique donc de renforcer la conscience citoyenne et les cadres institutionnels, plutôt que de s’en remettre uniquement aux réseaux sociaux.
Face aux défis posés par les réseaux sociaux, la responsabilité est collective. L’État doit jouer un rôle de régulateur, en définissant un cadre juridique clair, transparent et contrôlé démocratiquement. La régulation ne doit pas être punitive, mais protectrice.
La famille demeure le premier espace de socialisation. Le dialogue, l’accompagnement et la vigilance parentale sont essentiels pour aider les jeunes à développer un usage critique du numérique.
Enfin, l’école a un rôle central à jouer dans l’éducation au numérique. Former des citoyens capables de comprendre les logiques algorithmiques, de vérifier l’information et de résister aux manipulations est devenu une mission éducative fondamentale.
Espaces d’ouverture, sources de vulnérabilité
L’influence des réseaux sociaux sur les jeunes ne peut être analysée de manière simpliste. Ces plateformes sont à la fois des espaces d’ouverture et des sources de vulnérabilité. Refuser toute régulation au nom de la liberté revient à ignorer les réalités psychologiques, culturelles et économiques qui structurent le numérique contemporain.
La souveraineté numérique, la protection des mineurs et la responsabilisation citoyenne ne sont pas des obstacles à la liberté, mais des conditions de sa durabilité. Protéger les jeunes, préserver les cultures et renforcer la citoyenneté sont des impératifs qui exigent des réponses réfléchies, équilibrées et adaptées aux contextes nationaux.
Références bibliographiques
Appadurai, A. (1996). Modernity at Large. Castells, M. (2010). The Rise of the Network Society. Floridi, L. (2014). The Fourth Revolution. Morozov, E. (2011). The Net Delusion. Twenge, J. (2017). iGen. Vaidhyanathan, S. (2018). Antisocial Media. Zuboff, S. (2019). The Age of Surveillance Capitalism.
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Que sont les machines à sous gratuites ?
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L’ambassade d’Italie à Tunis a annoncé le 5 février 2026 que son service des visas, ainsi que son partenaire externalisé Almaviva, suspendront la réception et la délivrance de toutes les catégories de visas à partir de 18h00 le 12 février jusqu’à minuit le 18 février. Cette interruption de six jours correspond au calendrier communiqué par le ministère des Affaires étrangères à Rome et par d’autres ambassades dans le monde.
C’est ce que rapporte VisaHQ, en indiquant que, pendant cette période d’interruption, elle peut jouer un rôle tampon pour les employeurs comme pour les voyageurs individuels.
La Tunisie est une source majeure de titulaires de permis de travail dans les secteurs agricole et maritime italiens ; plus de 18 000 Tunisiens ont bénéficié de quotas saisonniers et non saisonniers en 2025. Les agences de recrutement disposent désormais de moins d’une semaine pour déposer des demandes urgentes, sous peine de manquer la saison des plantations de printemps et les rotations des équipages.
L’ambassade a indiqué que les rendez-vous déjà pris seront reprogrammés «aussi près que possible» des dates initiales et s’est engagée à prioriser les dossiers médicaux, de regroupement familial et de changement d’équipage dès la remise en service des systèmes. Néanmoins, les prestataires anticipent un retard d’au moins 1 500 dossiers, ce qui pourrait prolonger les délais de traitement jusqu’au début mars.
Les services RH sont invités à revoir les calendriers de missions et à envisager un onboarding digital pour limiter les retards d’arrivée.
Les employeurs parrainant des Tunisiens pour le nouveau permis saisonnier pluriannuel italien gagneraient également à collecter à l’avance les documents nécessaires — tels que certificats de police et contrats de travail — afin de pouvoir déposer les dossiers immédiatement après la période de gel.
Cet avis de Tunis rappelle que la coupure du Système d’Information sur les Visas (VIS-IT) est mondiale et inévitable; les entreprises aux flux de mobilité critiques sont conseillées de prévoir des consulats Schengen alternatifs ou d’ajuster leurs dates de voyage en conséquence.
Visa HQ indique, par ailleurs, que son équipe spécialisée sur l’Italie suit en temps réel les alertes des ambassades, pré-contrôle les documents pour conformité et prépare les dossiers afin qu’ils soient prêts à être soumis dès la réouverture du portail VIS, permettant ainsi de gagner plusieurs jours sur les délais de traitement post-interruption.
La Tunisie, dont les importations représentent plus de la moitié de la production économique (56%), se classe en 5e position des économies africaines les plus dépendantes des importations, selon Business Insider Africa (voir classement ci-dessous). Cette forte dépendance aux importations a accentué la pression sur ses réserves de change et contribué à ses crises économiques à répétition.(Ph. Port de Radès).
Latif Belhedi
Selon les données de la Banque mondiale, plusieurs économies africaines restent fortement dépendantes des importations, ce qui met en évidence des faiblesses structurelles qui continuent de rendre le continent vulnérable aux chocs monétaires, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à la volatilité des prix mondiaux.
Dans certains cas, les importations sont presque égales à la production nationale, ce qui témoigne de la capacité de production intérieure encore très limitée dans une grande partie de l’Afrique.
La Somalie et le Lesotho se classent en tête, les importations représentant 99 % de leur PIB. La dépendance de la Somalie s’explique par des décennies de conflit, une capacité industrielle minimale et une forte dépendance aux importations de produits alimentaires et de carburant. La situation du Lesotho est due à sa petite économie enclavée et à sa forte dépendance commerciale vis-à-vis de l’Afrique du Sud pour les biens de consommation et les intrants industriels.
Les économies insulaires et ouvertes dominent également ce classement. Maurice enregistre des importations représentant 78 % de son PIB, ce qui reflète son intégration au commerce et aux services mondiaux, mais aussi sa dépendance aux importations d’énergie, de matières premières et de produits alimentaires. Le Cap-Vert présente un schéma similaire, où l’isolement géographique limite les possibilités de production nationale.
Faiblesse du commerce intra-africain
La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) a été conçue précisément pour réduire cette vulnérabilité en stimulant le commerce intra-africain, en développant des chaînes de valeur régionales et en remplaçant les importations extra-continentales par une production africaine. Or, les données indiquent que les progrès restent lents.
Plusieurs pays riches en ressources naturelles demeurent fortement dépendants des importations. En Namibie, les importations représentent 68 % du PIB, tandis qu’en Libye, en Guinée, au Mozambique, en Tunisie et en Eswatini, les importations représentent plus de la moitié de leur production économique.
En Libye et en Guinée, l’instabilité politique et les capacités de transformation limitées contraignent les pays à exporter des matières premières tandis que les produits raffinés sont importés.
Les lacunes de la mise en œuvre de la Zlecaf demeurent manifestes. Le commerce intra-africain représente encore moins de 20 % du commerce total du continent, contre plus de 60 % en Europe. La faiblesse des infrastructures de transport, les barrières non tarifaires, la faible coordination des politiques industrielles et l’accès limité au financement du commerce continuent de compromettre le potentiel de l’accord.
Pour les économies africaines les plus dépendantes des importations, la Zlecaf offre une voie de réduction de leur exposition en favorisant l’intégration régionale des secteurs manufacturier, agroalimentaire et énergétique.
Toutefois, sans réformes accélérées, cette forte dépendance aux importations continuera de peser sur les réserves de change, d’affaiblir les monnaies et de freiner la croissance à long terme sur l’ensemble du continent.
En 2025, l’économie tunisienne devrait croître d’environ 2,2 %, marquant une légère amélioration après une performance décevante en 2024, mais restant en deçà du potentiel du pays, freinée par des inefficacités persistantes en matière de gouvernance et d’administration.
Cette croissance est soutenue par le recul de l’inflation, l’amélioration progressive de la balance des transactions courantes et la vigueur persistante du secteur des services, qui représente environ 65 % du PIB, tiré par le tourisme, les services financiers et certains segments industriels, notamment mécaniques et électriques.
Le tourisme demeure un pilier essentiel, contribuant à hauteur d’environ 14 % au PIB et bénéficiant de la hausse des recettes et de l’emploi.
Les investissements directs étrangers se sont accélérés, notamment dans les secteurs manufacturier, énergétique et agricole, reflétant la situation stratégique de la Tunisie, ses accords commerciaux et les réformes réglementaires progressives.
Néanmoins, la dynamique du secteur privé reste freinée par un endettement public important qui évince le crédit, une économie informelle conséquente estimée entre 40 et 60 % de l’activité économique totale, et des inefficacités persistantes en matière de gouvernance et d’administration qui limitent la croissance et la productivité des PME.
Par conséquent, malgré une stabilité macroéconomique en amélioration et quelques réformes positives, des réformes structurelles plus profondes demeurent essentielles pour que la Tunisie parvienne à une croissance plus forte, plus inclusive et plus durable à moyen terme.
Le marché automobile tunisien a progressé de 10,7 % en 2025, Kia dépassant Hyundai et s’emparant de la première place grâce à une croissance impressionnante. Renault et Citroën ont également gagné des places, tandis que Peugeot a reculé de la 3e à la 9e position.
Du point de vue des marques, Kia s’est imposée comme leader du marché, gagnant une place et enregistrant une croissance de 27,6 % avec une part de marché de 11,1 %.
Hyundai se classe deuxième, perdant une place et 24,6 % de parts de marché, tandis que Renault a bondi de six places pour se hisser au troisième rang, avec une hausse de 59,3 %. Isuzu a gagné 62 % et 3 places pour se hisser au 4e rang, tandis que Toyota se trouvait au 5e rang, en hausse de 27,5 %.
Le marché tunisien des véhicules électriques peine à se développer. Malgré une croissance annuelle de 99,8 % en 2025, le taux d’adoption et la part de marché restent parmi les plus faibles d’Afrique du Nord.
La marque chinoise BYD, nouvellement arrivée suur le marché, a fait un bond de 261,6 %, suivi par Hyundai et DongFeng.
Partant de 54 426 unités en 2014, le marché automobile tunisien a connu une croissance régulière pendant quatre années consécutives, atteignant un record historique de 62 363 unités en 2017 (+2,2 %). Cependant, en 2018, le marché a commencé à se contracter, enregistrant deux années de pertes et clôturant l’année 2019 avec des ventes en baisse de 15,9 % par rapport au pic.
Contrairement à de nombreux marchés mondiaux, le secteur des véhicules légers en Tunisie a fait preuve de résilience pendant la crise de la Covid-19, avec des ventes en hausse de 2,6 % en 2020, avec des ventes en hausse de 2,6 % en 2020, atteignant 50 796 unités.
Cette reprise s’est accélérée en 2021, avec une forte hausse des ventes à 61 578 unités (+21,2 %). Cependant, en 2022, le marché a connu un recul de 9,7 %, clôturant l’année à environ 55 578 unités. Ce repli a été principalement attribué aux pressions inflationnistes, à la faiblesse du pouvoir d’achat des consommateurs et aux retards de livraison de véhicules dus aux contraintes logistiques et d’importation. En 2023, le marché s’est stabilisé, enregistrant 56 324 unités (+1,3 %), grâce au retour progressif de la confiance des consommateurs.
La croissance s’est poursuivie à un rythme modéré en 2024, avec des ventes totales atteignant 57 283 unités (+1,7 %), reflétant une amélioration graduelle de la conjoncture économique et une reprise constante de la demande intérieure.
Une enquête récente menée par le bureau de l’Unicef à Tunis pour le ministère de l’Éducation a révélé que 28,4 % des élèves sont exposés à des violences physiques. Parmi eux, 12,5 % n’ont subi des violences qu’une seule fois et 15,9 % à plusieurs reprises. Les garçons sont plus touchés que les filles.Ces résultats ont été présentés en marge de la conférence nationale visant à élaborer un plan national de protection des établissements scolaires contre la violence, qui s’est tenue le 3 février 2026 à l’Académie diplomatique de Tunis.
Le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, plusieurs hauts fonctionnaires du ministère, des représentants des ministères concernés et de l’Unicef, ainsi qu’un groupe d’éducateurs, d’experts et de représentants de la société civile ont participé à la conférence.
L’étude révèle qu’environ 40 % des cas de violence physique envers les élèves sont perpétrés par les élèves eux-mêmes, filles et garçons confondus, et que 57 % des violences se produisent au sein même de l’établissement scolaire : 25,8 % dans les cours de récréation et 19,7 % dans les salles de classe, avec une augmentation significative pendant les temps libres (16,8 %). 19,6 % des violences ont lieu sur le trajet domicile-école, tandis que 61,4 % des élèves interrogés déclarent avoir été victimes de moqueries ou d’insultes. Les filles sont davantage exposées à la violence en milieu scolaire (76,8 %) que les garçons (58,5 %).
L’enquête, précise Rim Maaroufi, directrice générale de l’enseignement secondaire au ministère de l’Éducation, a débuté en 2023 et s’achèvera en 2025. Elle s’inscrit dans le cadre de l’élaboration d’un plan national visant à définir les rôles et les responsabilités dans la lutte contre la violence scolaire, avec la participation de toutes les parties prenantes, directement ou indirectement concernées, sous le slogan «Nous sommes tous responsables».
Des disparités régionales
L’étude repose sur trois enquêtes complémentaires et une enquête qualitative, impliquant divers acteurs et disciplines, tant au sein qu’à l’extérieur du système éducatif. La première enquête a été menée dans 11 gouvernorats, 18 municipalités et 40 établissements scolaires, avec la participation de 3 098 élèves âgés de 12 à 18 ans (57,4 % de garçons et 42,6 % de filles) issus d’établissements publics et de quelques établissements privés. La deuxième enquête a interrogé 487 adolescents ayant abandonné leurs études à travers le pays, afin d’observer le lien entre décrochage scolaire et violence. La troisième enquête a interrogé 751 personnes travaillant dans le secteur de l’éducation, notamment des enseignants, des chefs d’établissement, des inspecteurs d’académie et d’autres professionnels, afin d’évaluer le niveau de préparation des établissements scolaires face aux cas de violence.
Les résultats de l’enquête ont montré des disparités régionales dans la fréquence de la violence scolaire, avec plus d’un élève sur trois subissant des violences dans les gouvernorats d’Ariana, de Kasserine, de Kef et de Gabès, comparativement à des taux plus faibles dans les gouvernorats de Tozeur, de Gafsa et de Tunis, où moins d’un élève sur quatre a subi des violences physiques.
Adopter une approche globale
L’importance de revoir certains règlements intérieurs et d’encourager les élèves à mieux s’exprimer et à développer leurs talents au sein de l’établissement scolaire afin de prévenir la violence a été soulignée à lors de la conférence.
Les intervenants ont expliqué que la violence scolaire revêt de nombreuses formes : physique, verbale, psychologique, sociale et numérique, sans oublier les actes d’automutilation (tentatives de suicide).
Il est donc nécessaire d’adopter une approche globale pour appréhender ce phénomène au sein des établissements scolaires, en mettant en place des mécanismes d’intervention progressifs. Ces mécanismes doivent commencer par l’écoute, le dialogue et la médiation éducative dans les cas mineurs, en privilégiant la réparation à la punition. En cas de récidive, des mesures disciplinaires temporaires peuvent être appliquées, et des sanctions plus sévères peuvent être instaurées dans les cas graves, avec la participation des familles, des conseils d’établissement et des autorités compétentes si nécessaire.
Plusieurs intervenants ont également souligné l’importance d’une évaluation juste des comportements violents, prenant en compte la gravité de l’acte, ses motivations et l’âge de l’élève.
Les participants ont plaidé pour un renforcement du soutien psychologique, une révision des sanctions privant les élèves de leur droit à l’éducation et la promotion d’une culture du dialogue et d’une discipline positive afin de créer un climat scolaire sûr et propice à l’apprentissage. Les animateurs des ateliers de la conférence ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la loi révisée de 2012 régissant la vie scolaire, soulignant l’importance de la création de clubs culturels, de l’encouragement de la pratique artistique sous toutes ses formes, du développement des talents émergents et des aptitudes exceptionnelles des élèves, de l’allocation de budgets suffisants aux activités culturelles et de la transformation des écoles en lieux d’apprentissage tout au long de la vie et d’acquisition de compétences pratiques.
Les intervenants ont également insisté sur l’importance d’intégrer pleinement l’éducation physique et sportive, de promouvoir les activités sportives au sein des écoles et d’organiser des compétitions et des matchs encadrés par des élèves délégués et soutenus par les enseignants, soulignant que le sport est un outil fondamental pour garantir le bien-être physique et mental.
L’inflation en Tunisie s’établissait à 4,8 % en janvier 2026, en légère baisse par rapport aux 4,9 % du mois précédent. Le pays table, en 2026, sur un taux de 5,3%, soit le même que celui de l’année 2025.
Ce ralentissement s’explique principalement par la décélération de la hausse des prix alimentaires, qui ont progressé de 5,9 % sur un an, contre 6,1 % en décembre 2025, et par le gel des prix des services de restauration, de cafés et d’hôtellerie, qui sont passés de 6 % à 5,5 %.
Selon l’Institut national de la statistique (INS), la hausse des prix alimentaires reste soutenue dans certaines catégories : parmi les principales augmentations sur un an, on note la viande ovine (+16,1 %), les fruits frais (+17,8 %), le poisson frais (+11,3 %) et le bœuf (+10,4 %).
À l’inverse, les prix des huiles alimentaires ont diminué (-12 %).
Les prix des produits manufacturés ont augmenté de 5 % sur un an, principalement sous l’effet de la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+10,1 %) et des produits d’entretien ménager (+4,9 %).
Les services ont progressé de 3,7 %, avec une contribution significative des services d’hébergement (+11,4 %).
Du côté de l’alimentation, la hausse mensuelle est principalement due à la volaille (+4 %), aux fruits (+2,3 %) et au poisson frais (+2,1 %), tandis que les huiles (-1,6 %) et les légumes (-1,8 %) ont reculé.