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Empfangen — 05. September 2026 Leconomiste Maghrebin

Elyes Kasri – Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité

05. September 2026 um 16:47

Ce texte déconstruit le dogme de l’intangibilité des frontières coloniales (uti possidetis juris), adopté en 1964 par la jeune Organisation de l’Unité africaine (OUA), en dénonçant son inadéquation morale, démocratique et géopolitique. Conçu pour éviter l’anarchie, ce principe a sacrifié les nations organiques précoloniales au profit d’États-gendarmes oppressifs. L’analyse met en lumière le rôle opportuniste du régime algérien, qui a érigé ce statu quo en outil de domination, bloquant l’Union du Maghreb arabe et déstabilisant son flanc tunisien (trabendo, subversion, chantage migratoire). Face à cette glaciation, l’exigence démocratique s’impose comme l’unique préalable.

Porté par un désir irrépressible de liberté́, le peuple tunisien montre la voie d’une émancipation totale face au carcan de la Conférence de Berlin. En juillet 1964, réuni au Caire sous l’égide de la toute jeune Organisation de l’Unité africaine, le continent a scellé un pacte faustien. Par le principe de l’uti possidetis juris – l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation –, l’Afrique a choisi de figer sa géographie dans les lignes exactes dessinées par l’Europe à la Conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885).

Ce choix ne fut pas un élan spontané de justice ou l’expression d’un consensus continental. Il fut le produit de péripéties troubles et de calculs égoïstes qui ont sacrifié le droit des peuples sur l’autel de la conservation du pouvoir. Sept décennies plus tard, ce pragmatisme cynique a épuisé ses vertus d’anesthésiant. Le dogme juridique est devenu un piège. En sanctuarisant les frontières du pillage, l’Afrique a constitutionnalisé une déchirure, ouvrant une crise profonde, à la fois morale, démocratique et géopolitique privant le continent des leviers de la stabilité, de la démocratie et du développement durable.

1 Les coulisses du Sommet du Caire: intérêts égoïstes et parrainage opportuniste

L’adoption de la résolution du Caire en 1964 ne fut pas le consensus harmonieux que décrit l’histoire officielle. Elle fut le théâtre d’affrontements doctrinaux féroces où ont triomphé les calculs patrimoniaux des nouveaux chefs d’État. Face aux thèses panafricaines de Kwame Nkrumah, qui suppliait le continent de briser les chaînes géographiques de Berlin pour unifier les peuples, s’est dressée la coalition des tenants du statu quo, menée par le groupe de Monrovia.

Pour ces dirigeants, la frontière coloniale, bien que reconnue comme un crime, offrait un avantage inestimable. Elle circonscrivait leur nouvelle propriété politique. Elle leur garantissait un monopole souverain sur les populations et les ressources. Dans ces intrigues de couloirs, le régime algérien naissant a joué un rôle crucial et particulièrement intéressé pour officialiser et pérenniser le crime colonial. Fraîchement sorti de sa guerre de libération (dont les péripéties, le nombre de victimes et le cadre juridique auquel a abouti le référendum sur l’autodétermination et les accords d’Evian suscitent une polémique qui n’est pas près de s’estomper), le pouvoir d’Alger – déjà accaparé par le clan militaro-sécuritaire de l’« armée des frontières » – avait une obsession majeure. Il lui fallait sanctuariser juridiquement l’immense territoire saharien, les anciens départements français du Sahara, que la puissance coloniale avait arbitrairement arraché ou grignoté aux royaumes et entités voisins comme la Tunisie, le Maroc et la Libye pour le rattacher à l’Algérie française. Il a renié ainsi avec violence et menace armée la parole donnée par Ferhat Abbas, président du GPRA et le protocole d’accord signé avec le président Habib Bourguiba le 17 juillet 1961.

Ce texte prévoyait noir sur blanc la création d’une commission mixte tuniso-algérienne chargée de redéfinir le tracé frontalier saharien (autour de la borne 233) immédiatement après l’Indépendance. Le GPRA y reconnaissait formellement le préjudice territorial subi par la Tunisie sous l’administration coloniale française. En se faisant le champion ultra-intransigeant de l’intangibilité au Sommet du Caire, le régime algérien n’agissait pas par idéal juridique, mais par pur opportunisme territorial. Alger a cyniquement utilisé la charte de l’OUA pour transformer un hold-up géographique impérialiste en une propriété étatique éternelle et inattaquable. Le crime colonial de Berlin, qui avait spolié les droits historiques des pays limitrophes et brisé les continuités humaines des peuples d’Afrique, s’est trouvé ainsi blanchi, officialisé et pérennisé par ceuxlà mêmes qui prétendaient incarner le fer de lance de la décolonisation.

2 La spoliation territoriale de la Régence: l’Algérie et la Libye comme bénéficiaires du grignotage colonial

Pour comprendre l’enracinement historique du contentieux maghrébin, il importe d’analyser la manière dont la Régence de Tunis, entité politique aux frontières largement reconnues sous l’Empire ottoman, a subi une asphyxie territoriale méthodique sous l’action conjuguée des puissances coloniales. La Tunisie précoloniale exerçait sa souveraineté et percevait l’impôt bien au-delà de ses limites actuelles. Elle englobait des pans entiers du Sahara oriental et des oasis stratégiques connectées aux réseaux transsahariens. L’expansionnisme français en Algérie à partir de 1830 a bouleversé cet équilibre. Considérant l’Algérie comme le joyau de son empire et le Sahara comme un espace d’extraction futur, Paris a procédé à un déplacement unilatéral des bornes vers l’Est. Des portions massives du territoire tunisien historique – notamment les riches zones pastorales et hydrauliques s’étendant du Nefzaoua aux confins du Souf et du Djérid – ont été rattachées administrativement aux départements français d’Algérie par une série de décrets militaires.

La France a édifié ainsi une frontière de pure opportunité minière et énergétique, amputant la Tunisie d’une profondeur stratégique saharienne indispensable. Sur le flanc oriental, face à la Libye, la Tunisie a subi un autre arbitrage impérialiste au profit de l’Empire ottoman puis de l’Italie. Le Traité de Tripoli du 19 mai 1910, imposé sous la contrainte, a formalisé le tracé de la frontière tuniso-libyenne depuis Ras Jedir jusqu’à la région de Ghadamès. Ce texte a arraché à la Tunisie des zones ancestrales de transhumance et d’allégeance tribale, notamment chez les Ouderna, pour satisfaire les ambitions de délimitation de la Sublime Porte, puis les convoitises de la Libye italienne après 1911.

Coincée entre l’Algérie française à l’Ouest et la Libye italienne à l’Est, la Tunisie s’est retrouvée balkanisée, enserrée dans un territoire résiduel et spoliée de ses prolonge- ments géographiques naturels. Les réminiscences du cri de guerre du sénateur romain Caton l’Ancien « Cartago Delenda Est» (234- 149 av. J.-C.) ont contribué au découpage de ce qui a été une puissance méditerranéenne et un rocher sur lequel a échoué la huitième croisade dirigée par le roi de France Louis IX, qui a fini par mourir à Carthage en 1270 et canonisé par le pape Boniface VIII pour devenir Saint Louis en 1297.

 

Il s’agit d’un extrait d’une Tribune d’Elyes Kasri, ancien diplomate qui est disponible dans le mag de l’Economiste maghrébin n° 952 du 26 août au 9 septembre 2026.

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Dette souveraine : l’Afrique prise au piège du cercle vicieux du refinancement

05. September 2026 um 16:30

Au premier semestre 2026, l’illusion d’une embellie financière plane sur le continent africain. Selon la treizième édition de l’Africa Sovereign Credit Rating Review – une étude publiée conjointement par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) -, la trajectoire du crédit souverain s’est légèrement redressée.

Dans ce cadre, le document recense 5 relèvements de notes accordés par les grandes agences internationales (Fitch, S&P, Moody’s) à destination du Cap Vert, du Ghana, du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud, contre deux dégradations (Botswana et Mozambique).

Lire aussi: Tunisie- BAD: L’initiative africaine pour créer un mécanisme africain de stabilité financière présentée à Tunis

Cependant, ce vernis de respectabilité, mis en avant par le rapport pour saluer la « stabilisation macroéconomique » de ces pays, masque mal une réalité générale bien plus sombre : beaucoup d’analystes assurent, preuve souvent à l’appui, que « l’Afrique continue de s’endetter à des conditions usurières, principalement pour éponger ses créances passées plutôt que pour bâtir son avenir ».

14 milliards de dollars levés par 9 Etats africains

Profitant d’un retour d’appétit très sélectif des investisseurs internationaux, 9 États africains se sont précipités sur les marchés obligataires pour lever plus de 14 milliards de dollars. Si l’engouement des souscripteurs a été au rendez-vous – par exemple, l’émission du Bénin ayant été sursouscrite 8 fois -, l’addition financière s’avère particulièrement salée. En effet, les données du MAEP et de la CEA révèlent que les marchés de capitaux ne font aucun cadeau : les coupons exigés atteignent des sommets intolérables, grimpant jusqu’à 9,80 % pour l’Angola et 9,50 % pour la République du Congo et la RDC par exemple. On repassera pour le capital « bon marché ».

Le véritable problème de cette frénésie obligataire réside dans la destination des fonds. Au lieu d’injecter ces capitaux dans des projets d’infrastructures, d’énergie ou de transformation industrielle capables de générer de la richesse future, certains gouvernements, en l’occurrence le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Kenya, l’Angola et Maroc entre autres, ont affecté leurs émissions « au simple financement budgétaire ou au réaménagement du passif ». En clair : ces nations contractent de nouveaux emprunts à près de 10 % d’intérêt uniquement pour racheter d’anciennes obligations et repousser l’échéance de leurs remboursements.

Mozambique, Sénégal… et les recommandations du MAEP et de la CEA

Nombre d’experts attribuent cette gestion défensive et court-termiste à une fuite en avant. Heureusement certains pays font l’exception. C’est le cas par exemple de la RDC et de l’Égypte qui affectent une fraction des fonds reçus vers le développement social, tandis que la majorité du continent s’enferme dans un « piège de liquidité ». Comme le soulignent les révisions négatives attribuées au Gabon, au Mali ou au Sénégal pour manque de transparence budgétaire, les fragilités restent profondes. L’exemple le plus alarmant analysé par Fitch demeure le Mozambique, menacé d’une restructuration imminente de sa dette alors que celle-ci devrait dépasser les 90 % du PIB sur la période 2026-2027. Le Sénégal constitue un autre cas : le gouvernement vient de conclure un accord avec le FMI, mais l’opposition, conduite désormais par Ousmane Sonko, alerte sur un éventuel rééchelonnement de la dette sénégalaise…

Face à ce constat, le rapport du MAEP et de la CEA formule plusieurs recommandations, appelant notamment à renforcer les compétences des ministères des Finances, à accélérer la diversification économique par le biais de chaînes de valeur régionales, et à finaliser l’implantation de la future Agence africaine de notation à Maurice. Mais en l’état, sans réinvestissement productif immédiat, ces levées de fonds ne font que financer le passé au détriment de l’avenir.

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Bardella-Farage : le pacte contre les traversées clandestines

05. September 2026 um 13:13

Jordan Bardella a promis qu’une victoire du Rassemblement national à l’élection présidentielle française de 2027 mettrait fin au rôle de la France comme point de départ des migrants cherchant à rejoindre le Royaume-Uni par la Manche.

S’exprimant à Birmingham, lors de la conférence annuelle de Reform UK, le président du RN a assuré qu’un gouvernement dirigé par Marine Le Pen ferait « tout son possible » pour que la France ne soit plus une « porte d’entrée » vers le Royaume-Uni pour l’immigration clandestine.

Les deux formations ont annoncé la signature d’un mémorandum d’entente visant à mettre un terme aux traversées de la Manche à bord de petites embarcations. Selon cet accord, si Reform UK arrive au pouvoir au Royaume-Uni et si le RN accède au pouvoir en France, les migrants arrivant clandestinement sur les côtes britanniques depuis la France pourraient être renvoyés vers la France, qui s’engagerait à organiser leur retour vers leur pays d’origine.

Le texte prévoit également une coopération accrue entre les deux pays ainsi qu’un mécanisme de partage des coûts liés à la sécurité des frontières.

Le pacte conclu à Birmingham dépasse ainsi la seule question migratoire. Il marque un rapprochement entre deux formations populistes de droite qui cherchent à transformer leur influence électorale en coopération politique transfrontalière.

Pour Nigel Farage comme pour Jordan Bardella, l’objectif est désormais de faire de la lutte contre l’immigration clandestine un axe majeur de leurs futures campagnes électorales.

Une promesse électorale pour 2027

Jordan Bardella a présenté cette perspective comme un engagement politique en vue de la présidentielle française de 2027. Le dirigeant du RN veut notamment renforcer le contrôle des frontières françaises et empêcher les départs de migrants depuis les côtes françaises. Cette position s’inscrit dans la stratégie du RN visant à faire de l’immigration l’un des thèmes centraux de la prochaine campagne présidentielle.

Le rapprochement entre les deux partis intervient alors que la France et le Royaume-Uni ont déjà renforcé leur coopération contre les traversées clandestines. En avril 2026, les deux pays ont conclu un nouvel accord destiné à accroître les moyens humains, technologiques et de renseignement consacrés à la surveillance des côtes françaises et à la lutte contre les passeurs. Le gouvernement britannique affirme que cette coopération a déjà empêché des dizaines de milliers de personnes de tenter la traversée…

Plus de 16 000 arrivées depuis le début de l’année

Malgré le renforcement de la coopération franco-britannique, les traversées se poursuivent. Selon les données citées par Reuters, plus de 16 000 personnes ont été détectées au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche à bord de petites embarcations depuis le début de 2026. Le nombre d’arrivées est toutefois inférieur de plus de 40 % à celui enregistré sur la même période précédente.

Dans le même temps, le nombre moyen de migrants embarqués sur chaque bateau augmente, les passeurs adaptant leurs méthodes face au renforcement des contrôles…

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Irlande : révision spectaculaire de la croissance, à plus de 10 %

05. September 2026 um 12:12

L’économie irlandaise a enregistré une croissance spectaculaire au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) ayant progressé de 10,2 % sur un trimestre…

Cette révision exceptionnelle illustre une nouvelle fois la forte volatilité des statistiques irlandaises, largement influencées par l’activité des multinationales installées dans le pays.

Le bond de 10,2 % intervient après une contraction de 7,0 % au premier trimestre, selon les données révisées. L’économie irlandaise affiche ainsi l’un des retournements trimestriels les plus spectaculaires de ces dernières années.

La performance dépasse largement l’estimation initiale publiée en juillet, qui situait la croissance trimestrielle à 3,9 %. Elle constitue également le rythme de progression le plus élevé depuis le premier trimestre 2021.

Les multinationales au cœur de la performance

Cette accélération est principalement liée aux secteurs dominés par les multinationales. Le secteur industriel mondialisé a progressé de 22,1 %, tandis que les activités liées à l’information et aux communications ont augmenté de 2,3 %.

Au total, les secteurs fortement exposés aux multinationales ont enregistré une progression de 11,2 % au deuxième trimestre. Ces chiffres rappellent la particularité de l’économie irlandaise, où les activités de grands groupes internationaux, notamment dans l’industrie pharmaceutique et technologique, peuvent provoquer d’importantes variations du PIB national…

Une croissance à interpréter avec prudence

La nouvelle estimation constitue une excellente nouvelle pour les chiffres de croissance irlandais, mais elle ne signifie pas pour autant que l’économie intérieure connaît une expansion comparable.

Le poids considérable des multinationales dans le PIB irlandais peut amplifier les variations liées aux exportations, aux transferts d’actifs et aux opérations internationales des grands groupes. Le chiffre de 10,2 % doit donc être replacé dans ce contexte particulier.

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Pétrole : Brent et WTI terminent la semaine en forte hausse, portés par les tensions au Moyen-Orient

05. September 2026 um 12:07

Les cours du pétrole ont clôturé en hausse vendredi, confortant de solides gains hebdomadaires, alors que les routes d’approvisionnement au Moyen-Orient restent perturbées par les tensions géopolitiques.Le contrat à terme sur le brut de référence Brent a gagné 76 cents (+0,8%) pour s’établir à 92,68 dollars le baril.

De son côté, le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a terminé la séance en hausse de 18 cents (+0,20%), à 91,48 dollars le baril.
Sur l’ensemble de la semaine, les deux références ont enregistré des progresses marquantes : le Brent a pris 7,6%, tandis que le WTI a grimpé d’environ 10%, soutenus par des inquiétudes persistantes sur l’offre pétrolière dans la région.

Mais au delà de cette hausse durable entre du baril autour de 90-93 dollars, la question est de savoir quel sera l’impact sur la Tunisie? Un brent durablement elevé aurait certes des conséquences. A savoir une mobilisation davantage de devises pour importer les mêmes volumes, aggravant le déficit commercial pesant sur les réserves de change et compliquant la maîtrise de l’inflation et des équilibres budgétaires…

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L’excédent commercial du Brésil dépasse 7 milliards de dollars en août

05. September 2026 um 11:37

Le Brésil a enregistré en août 2026 un excédent commercial de 7,4 milliards de dollars. Cette performance repose sur une progression plus rapide des exportations que des importations.

Les exportations brésiliennes ont augmenté de 12,2 % sur un an, pour atteindre 33,2 milliards de dollars, contre une progression des importations de 9,2 %, à 25,8 milliards de dollars. Cette performance commerciale a notamment été portée par les matières premières. Les exportations de minerai de cuivre ont bondi de 223,1 % sur un an en août, contribuant fortement à l’élargissement du surplus. Idem pour les ventes à l’étranger de pétrole brut, de soja, de café et de carburants qui ont enregistré des progressions à deux chiffres….

Sur les huit premiers mois de 2026, l’excédent commercial brésilien s’est établi à 55,3 milliards de dollars, soit une progression de 28,2 % par rapport à la même période de 2025. Le pays conserve ainsi une importante capacité à dégager un solde extérieur positif, malgré un environnement commercial international marqué par les tensions tarifaires et les incertitudes géopolitiques.

Cette performance intervient alors que les relations commerciales entre Brasilia et Washington restent tendues. Les États-Unis ont imposé de nouvelles surtaxes sur certaines importations brésiliennes, poussant les deux gouvernements à reprendre les discussions sur leurs relations commerciales. Des responsables brésiliens et américains se sont notamment entretenus fin août et sont convenus de poursuivre les négociations.

 

Lire aussi: Lula : les nouveaux droits de douane américains sont une « erreur stratégique »

 

Malgré ces tensions, les exportations brésiliennes ont continué de progresser en août. Les données montrent notamment une hausse de 12,1 % des ventes vers les États-Unis sur le mois, selon les informations disponibles sur les échanges brésiliens.

La Chine et l’Europe renforcent leur poids

Le Brésil dispose également de débouchés importants en dehors du marché américain. Les ventes vers la Chine et l’Union européenne demeurent des composantes majeures de ses échanges extérieurs. La diversification des marchés constitue un atout dans un contexte où les politiques tarifaires américaines compliquent les perspectives des exportateurs brésiliens.

Les exportations vers la Chine ont notamment progressé de 15 %, tandis que celles vers l’Union européenne ont augmenté de 46,4 % en août, selon la presse locale.

Le résultat d’août confirme donc la solidité du commerce extérieur brésilien. Avec 33,2 milliards de dollars d’exportations contre 25,8 milliards d’importations, le pays a dégagé un surplus mensuel supérieur aux attentes.

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Photovoltaïque : 455 MW débloqués avec le feu vert accordé à 309 projets

05. September 2026 um 11:04

Le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines a accordé des autorisations de construction de centrales photovoltaïques à 309 entreprises, sur un total de 344 dossiers déposés dans le cadre de la 6ᵉ session du système des autorisations.

Sidi Bouzid arrive en tête des gouvernorats bénéficiaires avec 57 projets retenus, devant Gafsa qui en compte 50. Médenine totalise 39 projets, tandis que Kébili en regroupe 37. Suivent Sfax (23), Sousse (20). Le Kef (18), Kairouan (12), Gabès (11), Tataouine et Kasserine en comptent 10 chacun, Tozeur (9), Zaghouan (3), Monastir, Ben Arous et Siliana en totalisent chacun 2. Nabeul, Mahdia, Ariana et Béja ferment la liste, avec un seul projet chacun.

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Jordanie : le gouvernement recrute une porte-parole virtuelle plus rapide que le communiqué et plus calme que le ministre

05. September 2026 um 10:35

Qui l’aurait cru ? Un gouvernement vient officiellement de se doter d’une porte-parole… robot. Rassurez-vous, ça ne se passe pas en Tunisie, mais en Jordanie.

Le gouvernement jordanien a lancé « Farah », une personnalité virtuelle alimentée par l’intelligence artificielle, première porte-parole numérique officielle chargée d’expliquer les politiques et décisions gouvernementales et de simplifier l’information destinée aux citoyens.

Selon les médias jordaniens, cette initiative s’inscrit dans un plan visant à moderniser le système de communication publique, à élargir les canaux de dialogue et à accélérer la diffusion d’informations exactes, notamment via les réseaux sociaux. Farah, qui s’exprime en arabe (dans un dialecte local) et en anglais, est présentée comme un complément aux canaux traditionnels de communication gouvernementale. 

Pour l’instant, elle ne répond pas directement aux questions du public, mais elle incarne une première expérience de ce type dans la région MENA. Mais de là à imaginer un jour un conseil des ministres en mode “avatar”, il n’y aura qu’un clic… À l’heure actuelle, c’est bien la Jordanie qui ouvre le bal. Cela dit, on aimerait bien avoir un avatar qui s’exprime en dialecte tunisien… Qui sait ? Peut-être que le rêve sera réalisable un jour ! 

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Giorgia Meloni : la recette d’une longévité politique exceptionnelle en Italie

05. September 2026 um 10:01

Elle était arrivée au pouvoir comme le visage de la droite radicale italienne. Quatre ans plus tard, Giorgia Meloni s’est imposée comme le symbole d’une stabilité politique presque inédite dans un pays habitué aux gouvernements éphémères. Comment, diable, cette femme de 49 ans, issue de l’extrême droite, a-t-elle réussi là où tant de premiers ministres italiens se sont cassé les dents ?

 

Le paradoxe est saisissant. L’Italie a longtemps été considérée comme l’incarnation de l’instabilité gouvernementale européenne. Depuis la naissance de la République en 1946, le pays aura connu 68 gouvernements et 31 présidents du Conseil. La durée moyenne d’un gouvernement n’avait guère dépassé quatorze mois. Un record en Europe.

Et pourtant, Giorgia Meloni a réussi l’exploit de maintenir intacte sa coalition depuis son arrivée au Palazzo Chigi en octobre 2022. Le 4 septembre 2026, son gouvernement est devenu le plus durable de l’histoire républicaine italienne, avec plus de 1 413 jours au pouvoir, dépassant ainsi le précédent record détenu par Silvio Berlusconi.

Quelle est la recette de cette longévité hors norme ? Une combinaison de discipline politique, de pragmatisme idéologique et de maîtrise de la communication.

Discipline

Primo : son gouvernement repose sur une alliance pour le moins contre nature entre Fratelli d’Italia, Forza Italia et La Ligue de Matteo Salvini. Un attelage qui, sur le papier, semblait difficile à maintenir sur la durée tant les trois formations, bien qu’issues de la droite, affichent des sensibilités, intérêts et autres stratégies parfois divergents.

Sachant que La Ligue de Salvini a longtemps cultivé une ligne souverainiste et une certaine proximité avec les positions de Vladimir Poutine. Forza Italia, héritière de Silvio Berlusconi, reste davantage attachée à une culture libérale, européenne et atlantiste. C’est pourtant cette coalition hétéroclite que Giorgia Meloni est parvenue à maintenir en équilibre. Une prouesse politique dans un pays où les rivalités au sein des coalitions ont souvent précipité la chute des gouvernements. Et c’est précisément cette capacité à éviter les affrontements existentiels avec ses partenaires qui a permis à la coalition de survivre.

Pragmatisme

Secundo : lorsque Giorgia Meloni accède au pouvoir en 2022, une partie de l’Europe regarde Rome avec inquiétude, voire avec suspicion. Et il y a de quoi : comment composer avec cette nouvelle dirigeante au parcours politique marqué par ses racines post-fascistes, dont l’ascension s’est construite sur un discours souverainiste, une ligne dure sur l’immigration et une critique assumée de certaines orientations de Bruxelles ?

Mais arrivée au pouvoir, la nouvelle présidente du Conseil italien a rapidement compris qu’il fallait rassurer sans renier son identité, gouverner avec ses alliés sans les laisser prendre le dessus, parler aux marchés sans abandonner son électorat et s’imposer à Bruxelles sans entrer en guerre avec l’Europe. Bref, il fallait rassurer trois interlocuteurs essentiels : les marchés financiers, Bruxelles et Washington.

Ainsi, sur le plan financier, même si la croissance reste faible – la Commission européenne prévoit une progression du PIB de seulement 0,5 % en 2026 et 0,6 % en 2027 -, et en dépit d’une dette publique qui demeure extrêmement élevée et devrait atteindre 139,2 % du PIB en 2027, le gouvernement Meloni a réussi à donner aux marchés financiers l’impression d’une certaine discipline budgétaire. Le déficit public devrait passer de 3,1 % du PIB en 2025 à 2,9 % en 2026.

Meloni peut également mettre en avant l’amélioration de l’emploi. Son gouvernement revendique plus d’un million de nouveaux emplois stables depuis son arrivée au pouvoir, même si l’opposition conteste la lecture politique de ces chiffres.

Avec l’Union européenne, elle a adopté une stratégie beaucoup plus pragmatique qu’idéologique. Plutôt que d’affronter frontalement Bruxelles, elle a cherché à peser à l’intérieur du système européen.

Enfin, avec Washington, Giorgia Meloni a réussi à établir une relation privilégiée avec Donald Trump en combinant proximité idéologique, habileté diplomatique et pragmatisme politique ; les deux dirigeants partagent une même sensibilité sur l’immigration, la souveraineté nationale et les valeurs conservatrices… ce qui a rapidement favorisé leur rapprochement.

Meloni a surtout compris qu’avec Trump, la relation personnelle compte autant que les rapports de force diplomatiques. En privilégiant le dialogue et en évitant les affrontements publics, elle a gagné la confiance du président américain sans renoncer pour autant aux intérêts italiens.

Cette proximité sert d’ailleurs les deux dirigeants. Trump voit en Meloni une alliée européenne fiable et capable de parler à Bruxelles. Meloni, elle, utilise son accès privilégié à Washington pour renforcer le poids de l’Italie sur la scène européenne.

Maîtrise de la communication

Tertio : Giorgia Meloni a fait de la communication une véritable arme politique. Son premier atout ? Un langage simple, direct et facilement identifiable, qui lui permet de parler à son électorat sans passer par les codes traditionnels de la politique.

Elle soigne également son image, cultivant une proximité calculée avec les Italiens, tout en multipliant les apparitions sur les réseaux sociaux. Meloni sait surtout imposer ses propres thèmes et transformer chaque prise de parole en séquence politique. Même lorsqu’elle est critiquée, elle cherche à reprendre l’initiative et à occuper l’espace médiatique. Une stratégie qui lui permet de rester visible, lisible et politiquement incontournable. Du grand art.

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Eau : et si la vraie crise n’était pas le manque, mais les choix invisibles ?

05. September 2026 um 09:44

Alors que le remplissage des barrages oscille entre 50 et 60% à l’été 2026, des millions de Tunisiens subissent toujours coupures et pénuries. Derrière les chiffres, ce sont bien des choix politiques et sociaux qui décident qui aura de l’eau, à quel prix et avec quelle qualité. Il faut dire que le débat sur l’eau reste prisonnier d’une logique comptable : « Combien en avons-nous ? Combien en consommons-nous ? »

Le pays vit un stress hydrique structurel, avec des précipitations irrégulières, des barrages aux niveaux fluctuants et une demande en hausse portée par la démographie, le tourisme et certaines filières agricoles. Réduire la crise à un simple déséquilibre offre-demande, c’est occulter l’essentiel : qui décide, qui paie, qui contrôle. Enquête sur les choix invisibles qui engagent la justice sociale, la cohésion territoriale des 37 barrages, mais qui décide où va l’eau.

La Tunisie compte aujourd’hui 37 barrages en exploitation, sachant qu’il y a six nouveaux barrages en cours de construction pour renforcer le réseau. À l’été 2026, le taux de remplissage national oscille entre 50 et 60%, après être passé d’environ 19,6% en décembre 2024 à plus de 60-67 % au printemps 2026, grâce à une saison pluviométrique favorable.

Pourtant, ce pourcentage masque de fortes disparités : les barrages du Nord ont atteint près de 78% de remplissage, tandis que ceux du centre ne dépassaient pas 9 à 13%, certains comme Nebhana étant « quasiment à sec ». Les barrages de Douimis et Mellègue supérieur devraient ajouter environ 245 millions de m³ de capacité de stockage une fois pleinement opérationnels, mais avec des retards de près de deux ans sur certains chantiers majeurs.

Derrière ces chiffres se posent des questions : comment sont pris les arbitrages entre cultures d’export (dattes, agrumes, huile d’olive) et sécurité alimentaire locale, entre grands investisseurs et petits exploitants du Centre-Ouest et du Sud-Ouest ? L’agriculture capte la majeure partie de l’eau mobilisée, loin devant l’eau potable, le tourisme et l’industrie, mais la répartition exacte reste un angle mort du débat public.

32% de pertes : qui paie le vrai prix de l’eau ?

Les pertes d’eau potable dans les réseaux de distribution de la Sonede sont estimées entre 20 et 40% selon les régions, avec un taux moyen national souvent cité autour de 32,5%. En volume, cela représente entre 120 et 160 millions de m³ perdus chaque année avant d’atteindre le consommateur, dont 95,3 millions de m³ pour le seul réseau de distribution, selon les données de la Sonede.

Le réseau de la Sonede s’étend sur environ 59 000 km de canalisations, dont une part importante a plus de cinquante ans, ce qui explique en grande partie le niveau élevé des pertes. Durant l’été 2026, les installations de la Sonede ont fonctionné entre 115 et 120% de leur capacité d’exploitation, sous l’effet d’une forte hausse de la consommation, des délestages électriques et de la vétusté des infrastructures…

En 2025, les ménages ont dépensé environ 790 millions de dinars en eau embouteillée, en réaction aux coupures et à la perte de confiance dans l’eau du robinet.

Qui subit les coupures et la mauvaise qualité ?

L’évaporation sur les barrages représente jusqu’à 750 000 m³ d’eau perdus chaque jour en période de forte chaleur, selon les estimations d’experts, accentuant la pression sur les régions déjà sous tension. Les citoyens disposent de peu de mécanismes effectifs pour contester une facture, signaler une coupure prolongée ou exiger des explications sur la qualité de l’eau distribuée.

Rappelons que la consommation totale d’eau potable (milieu urbain et rural) avoisine 820 millions de m³ par an, avec un taux de croissance de la demande d’environ 18,5% sur les cinq dernières années, ce qui rend ces inégalités encore plus insupportables.

Transparence, emplois, innovation : quel avenir hydrique ?

Les données sur les barrages, la production, les pertes et les tarifs existent, mais leur accessibilité et leur lisibilité pour le citoyen restent limitées. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime a lancé une plateforme numérique pour les autorisations de forage et teste des solutions comme les films anti-évaporation sur certains barrages, mais une vraie transparence exigerait la publication en open data de jeux de données complets et actualisés.

Une chose est sûre : sans réforme de gouvernance, les nouveaux barrages risquent de reproduire les mêmes déséquilibres : plus d’infrastructures, mais toujours les mêmes inégalités d’accès, de qualité et de coût.

En somme, la question de l’eau ne se résume pas à un problème de pluie ou de barrages. Elle renvoie à des choix de société : quel modèle agricole, quel aménagement du territoire, quelle justice sociale ? La vraie question n’est pas « combien » d’eau nous avons, mais « comment » nous décidons de la partager, de la financer et de la contrôler.

Graphique généré par l’IA

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Alimentation : les prix mondiaux au plus haut depuis 2022, selon la FAO

05. September 2026 um 09:23

Les prix mondiaux des produits alimentaires ont poursuivi leur progression en août, atteignant leur plus haut niveau depuis novembre 2022. L’Indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi à 133,3 points, en hausse de 1,9 % sur un mois et de 2,5 % sur un an, selon un rapport de la FAO.

Cette nouvelle accélération intervient dans un contexte marqué par les conditions météorologiques extrêmes, les tensions géopolitiques et les perturbations des échanges, notamment en mer Noire. Tous les grands groupes de produits suivis par la FAO ont enregistré une hausse en août.

En effet, le sucre a enregistré la progression la plus spectaculaire. Son indice FAO a bondi de 11,9 % en un mois, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2025. Cette envolée s’explique notamment par les inquiétudes concernant les récoltes en Europe et en Asie, affectées par la chaleur et la sécheresse, ainsi que par la baisse des perspectives de production au Brésil…

Pour sa part, l’indice FAO des céréales a progressé de 2,2 % en août. Les cours mondiaux du blé ont augmenté de 2,6 % sur un mois et affichent désormais une progression de 15 % sur un an. La hausse est alimentée par les perturbations persistantes de la logistique des exportations en mer Noire, mais aussi par la dégradation des perspectives de récolte dans plusieurs régions européennes touchées par un temps chaud et sec.

Le maïs a lui aussi progressé de 2,5 %, sous l’effet des inquiétudes concernant les rendements aux États-Unis et dans l’Union européenne, ainsi que d’une demande soutenue des secteurs de l’éthanol et de l’alimentation animale.

Les huiles végétales ont poursuivi leur mouvement de hausse, avec un indice FAO en progression de 1,1 % en août. Les huiles de palme et de soja ont notamment bénéficié d’une demande mondiale soutenue et des craintes concernant les effets du phénomène El Niño sur les récoltes en Asie du Sud-Est.

Les prix de la viande ont augmenté de 1 %, tandis que ceux des produits laitiers ont progressé de 2,3 %, enregistrant leur première hausse en quatre mois.

Le climat devient un facteur déterminant

La hausse d’août illustre surtout la convergence de plusieurs facteurs de risque. Les épisodes de chaleur extrême et de sécheresse en Europe, les inquiétudes concernant un épisode marqué d’El Niño et les perturbations des routes commerciales mondiales compliquent les perspectives d’approvisionnement.

La FAO estime que ces facteurs font progressivement réapparaître une « prime de risque » sur les marchés alimentaires. Selon son économiste en chef, Máximo Torero, les chocs climatiques, les tensions géopolitiques et les perturbations logistiques convergent désormais pour resserrer les perspectives d’offre.

Encore loin du record de 2022

Malgré cette nouvelle progression, les prix alimentaires mondiaux restent nettement inférieurs au sommet atteint après le déclenchement de la guerre en Ukraine. L’indice FAO demeure 16,8 % sous son record historique de mars 2022. La situation actuelle n’en constitue pas moins un signal préoccupant pour les importateurs de produits agricoles et pour les pays fortement dépendants des marchés internationaux.

Avec des céréales au plus haut depuis plus de deux ans, un sucre à son sommet depuis plus d’un an et des risques climatiques qui s’intensifient, les marchés alimentaires abordent ainsi les prochains mois dans un environnement particulièrement incertain.

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95,6 MDT de bénéfice net : la BT confirme sa progression au S1 2026

05. September 2026 um 09:19

 
La Banque de Tunisie (BT) a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026, faisant état d’un bénéfice net de 95,6 millions de dinars, en progression de 12,5 % sur un an, porté par une croissance de 11,8 % de son produit net bancaire.  

Les comptes semestriels de la Banque de Tunisie (BT), arrêtés au 30 juin 2026, font apparaître une amélioration sensible des indicateurs de rentabilité de l’établissement. Le bénéfice net s’élève à 95,6 millions de dinars (MDT), contre 85 MDT sur la même période en 2025, ce qui représente une hausse de 12,5 %. Dans le même temps, le résultat de base par action passe de 0,315 à 0,354 dinar.

Cette dynamique s’appuie sur un produit net bancaire (PNB) en nette progression : il s’établit à 292 MDT au premier semestre 2026, en hausse de 11,8 % par rapport aux 261,1 MDT enregistrés un an plus tôt. Trois postes portent cette évolution. D’abord, les intérêts et revenus assimilés, qui grimpent à 342,5 MDT contre 331,8 MDT en juin 2025. Ensuite, le portefeuille d’investissement, dont les revenus progressent de 10,6 % pour s’établir à 74,8 MDT. Enfin, les commissions perçues, à hauteur de 47,7 MDT.

Sur le volet des charges, l’établissement a réduit ses coûts d’exploitation bancaire de 6,5 %, ceux-ci passant de 197,5 à 184,8 MDT entre les deux exercices. Cet allègement provient en grande partie de la baisse des charges d’intérêts, tombées à 175,7 MDT contre 191,2 MDT un an plus tôt.

Côté activité commerciale, l’encours net des crédits à la clientèle a progressé de 9,6 % sur un an, pour atteindre 6.587 MDT en juin 2026 contre 6.009 MDT en juin 2025, et 6.585 MDT au 31 décembre 2025. Ce total inclut 5.862 MDT de crédits sur ressources ordinaires, parmi lesquels 1.543 MDT de crédits d’investissement et 1.189 MDT de crédits à la consommation.

Les dépôts de la clientèle, de leur côté, se maintiennent à 6.807 MDT, répartis entre 2.543 MDT de comptes d’épargne (dont 2.529 MDT de comptes spéciaux d’épargne), 1.909 MDT de comptes à vue et 1.982 MDT de dépôts à terme.

Les fonds propres complètent ce tableau financier : ils franchissent la barre des 1,5 milliard de dinars, à 1.508 MDT, contre 1.402 MDT à la même date en 2025. Cette solidité financière procure à la banque une capacité de couverture et une marge de manœuvre adaptées pour poursuivre son accompagnement du tissu économique national.

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TRIBUNE – De Beijing à nos classes : la Tunisie peut-elle enfin exécuter ce qu’elle signe ?

05. September 2026 um 09:00

Dans la continuité de notre analyse sur la gouvernance macroéconomique du capital humain en Tunisie et les impératifs du Conseil supérieur de l’éducation, la question de la mise en œuvre se pose désormais avec une acuité redoublée.

Du 17 au 22 août 2026, le ministre de l’Éducation était à Beijing, en Chine. A cet effet, il a participé au Global Smart Education Conference, visité des établissements d’enseignement d’avant-garde et signé des accords avec des géants technologiques dont Huawei. Au moment où ces lignes sont écrites, le ministre est de retour en Tunisie. Les protocoles sont paraphés. Les photos ont été prises. Mais la vraie question commence maintenant : que va-t-il se passer dans nos classes ?

 

Du diagnostic à l’institutionnalisation : en finir avec onze ans d’immobilisme

Le pays n’attend plus de constats. Comme le rappelait récemment l’Association tunisienne des parents et des élèves, la priorité absolue que l’on est en droit d’attendre des instances décisionnelles n’est pas un énième rapport d’intention, mais l’institutionnalisation effective de la réforme et la refonte d’un cadre juridique hérité qui s’essouffle. L’école publique tunisienne souffre d’un mal profond : elle a cessé d’être ce garant universel de la gratuité, de l’équité et de l’égalité des chances.

Pendant que les ministères s’enlisent dans des cycles de réformes proclamées depuis plus de onze ans sans qu’aucun progrès mesurable ne soit enregistré – laissant l’édifice figé dans son immobilisme -, la mise en œuvre se heurte toujours au même mur.

La Chine, elle, a mis trente ans à construire ce que le ministre a visité en cinq jours. Elle a commencé par former ses enseignants avant d’acheter des tableaux numériques. Elle a conçu ses propres contenus pédagogiques avant d’installer des applications. Elle a produit ses propres données sur les apprentissages avant d’alimenter ses algorithmes.

Ce n’est pas un hasard si la Chine est aujourd’hui le premier pays au monde en nombre d’élèves utilisant des outils d’intelligence artificielle dans leur apprentissage quotidien. C’est le résultat d’une décision prise il y a une génération : traiter l’éducation non pas comme un service administratif à gérer, mais comme un investissement stratégique à piloter par les résultats. La Tunisie, de son côté, accumule les protocoles internationaux. Le problème n’est pas l’absence de partenaires — c’est l’absence de capacité à transformer les signatures en réalités de terrain.

 

L’intelligence artificielle dans nos écoles – de quoi parle-t-on vraiment ?

Quand on parle d’intelligence artificielle dans l’éducation, on ne parle pas de robots dans les classes. On parle d’outils concrets et accessibles : un programme informatique qui détecte qu’un élève en difficulté a besoin d’exercices adaptés à son niveau, plutôt que de le laisser décrocher en silence ; un système qui aide un enseignant surchargé à identifier les lacunes de sa classe sans qu’il ait à tout corriger manuellement chaque soir.

Ces outils existent. Ils fonctionnent. Ils sont utilisés au Maroc, en Égypte, en Arabie Saoudite et — massivement — en Chine. Ce qu’ils exigent n’est pas un budget faramineux, mais trois exigences fondamentales : des enseignants formés à la pédagogie numérique, des connexions internet stables dans les établissements et une organisation administrative capable de déployer et d’auditer leur impact.

Sur ces terrains, le chemin reste long. Moins de 30 % des établissements publics disposent d’une connexion internet stable. La formation continue représente une portion congrue du budget et les indicateurs de suivi des apprentissages restent largement collectés à la main, sans centralisation analytique.

 

Le vrai problème : nous excellons à planifier, nous peinons à livrer

La Tunisie n’a pas besoin d’un nouveau rapport. Elle a besoin d’une chose simple et difficile à la fois : exécuter ce qu’elle a déjà décidé en partant des fondamentaux du cycle primaire et en articulant une vision continue.

Cette incapacité chronique à transformer les décisions en réalisations, c’est ce qu’appelle notre cadre d’analyse la dette d’exécution. Elle n’apparaît dans aucun budget, mais son coût est mesurable : chaque année de retard est une cohorte d’élèves qui arrive sur le marché avec des compétences inadaptées.

Le Conseil supérieur de l’éducation et les directions régionales doivent aujourd’hui répondre à une exigence de calendrier : quel est le plan concret, assorti de responsables nommés et de jalons temporels stricts, pour que les accords signés à Beijing produisent un changement observable dans une classe de Médenine ou de Jendouba d’ici 2027 ?

 

Ce que le partenariat avec Huawei doit – et ne doit pas – être

Huawei est un fournisseur de technologie, pas un réformateur de système éducatif. Un partenariat technologique peut fournir des équipements et des plateformes, mais il ne peut pas, à lui seul, former les maîtres à la pédagogie différenciée ni insuffler une culture de la performance.

Le risque, si l’on n’y prend garde, est le « vernis numérique » : des tablettes et des tableaux interactifs installés dans des classes où les enseignants n’ont pas été préparés, pour un coût public élevé qui ne change rien à la substance des apprentissages.

 

La vraie mesure du succès

Dans dix-huit mois, le succès de la visite ministérielle ne se mesurera pas au nombre de protocoles paraphés. Il se mesurera à des faits : combien d’élèves bénéficient d’un apprentissage adaptatif ? Combien d’enseignants ont reçu une formation réelle ?

Ce sont ces indicateurs d’exécution qui diront si Beijing fut un tournant ou une escale de plus dans la longue liste des voyages officiels sans lendemain.

Le matériel vient de Chine. L’exécution, elle, doit venir de nous.

 

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Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

 

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États-Unis : le prix du diesel atteint un niveau historique

05. September 2026 um 08:22

Le carburant diesel, utilisé dans les camions et les tracteurs aux États-Unis, a atteint vendredi 4 septembre un record historique de 5,85 $ le gallon (3,8 litres), selon les données de l’American Automobile Association. Le précédent record avait été établi en 2022, après le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Les prix de l’énergie ont fortement augmenté depuis que les États-Unis ont lancé une guerre contre l’Iran, Téhéran ripostant en bloquant le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport des hydrocarbures.

Dans les stations-service américaines, le prix de l’essence a également augmenté récemment, pour atteindre un prix moyen de 4,15 dollars le gallon.

À noter que la guerre au Moyen-Orient, impopulaire auprès des Américains, met sous pression l’administration du président Trump à quelques semaines des élections de mi-mandat.

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Empfangen — 04. September 2026 Leconomiste Maghrebin

Arrestation de Mohamed Yousfi, rédacteur en chef d’Alqatiba

04. September 2026 um 20:30

Les autorités ont arrêté, vendredi 4 septembre, le rédacteur en chef d’Alqatiba, Mohamed Yousfi, alors qu’il entrait dans les studios de la radio Express FM pour participer à une émission.

Selon Walid Ben Rhouma, présentateur de la radio qui l’avait invité, Mohamed Yousfi a été interpellé pour être interrogé, sans précision sur les motifs exacts de cette convocation policière.

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L’UE réagit aux verdicts du procès du « complot »

04. September 2026 um 17:42

A la suite des verdicts du procès du complot contre la sûreté de l’Etat, le porte-parole de l’Union européenne a réagi dans un communiqué, dont voici le contenu complet. 

« L’Union européenne a pris acte avec préoccupation des verdicts confirmés par la Cour de cassation tunisienne le 3 septembre dans le procès dit du « complot contre la sûreté de l’État », qui a conduit à de longues peines de prison pour des dizaines de personnalités politiques, d’activistes, défenseurs des droits de l’homme et de journalistes, dont des citoyens de l’Union européenne.

Certaines interrogations subsistent quant au plein respect des garanties liées à un procès équitable. Comme elle le fait régulièrement dans ses échanges avec les autorités tunisiennes, l’UE réitère l’importance de garantir le plein respect des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, et le respect du droit à un procès équitable.

L’Union européenne déplore que des contacts avec des diplomates accrédités en Tunisie, y compris européens, aient été utilisés comme motif d’inculpation ou élément à charge.

L’Union européenne réaffirme son engagement en faveur de son partenariat avec la Tunisie et continuera à soutenir son peuple dans les efforts pour consolider les institutions démocratiques et promouvoir les droits de l’homme. Nous appelons les autorités tunisiennes à rétablir les conditions nécessaires pour que le pluralisme et les voix indépendantes puissent contribuer au développement du pays ».

Communiqué du porte-parole de l’Union européenne.

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Rentrée scolaire: entre joie des enfants et casse-tête budgétaire pour les parents

04. September 2026 um 16:43

À  presque deux semaines de la rentrée scolaire, les rayons des magasins affichent cartables, tabliers et fournitures en tout genre. Pour les parents, c’est l’heure des bonnes résolutions et des nouveaux achats. Pour les enfants, c’est surtout le moment de sortir la calculatrice.

Sur les ruelles entre Mourouj 5 et 6, l’ambiance est encore timide. “Les ventes de tabliers sont en baisse d’environ 10 % par rapport à 2025, où la chute avait atteint 20 % », observe un commerçant spécialisé dans les vêtements pour enfants. Selon lui, les familles tardent à se rendre en magasin, peut-être épuisées par les dépenses cumulées des vacances d’été.

Les prix, eux, n’ont pas baissé. Un tablier se vend entre 29 et 35 dinars, tandis que les cartables oscillent entre 100 et 160 dinars, ça peut même atteindre les 300 dinars pour certains modèles. « Chaque année, c’est la même flambée », déplore Amel, mère de deux garçons. Pour elle, les tarifs varient désormais entre 140 et 160 dinars, voire davantage.

Des budgets familiaux mis à rude épreuve

 Son fils de huit ans n’achètera pas un nouveau cartable celui de l’année dernière est resté intact”. La situation est similaire pour Insaf, dont la fille est en deuxième année lycée. « Rien que pour les  accessoires scolaires, j’ai dépensé plus de 100  dinars », confie-t-elle. Pour elle, le pouvoir d’achat des Tunisiens a nettement régressé face à la cherté de la vie.  » Le Tunisien est épuisé. Il consomme, puis il ne sait plus où se donner la tête après un été à rude épreuve », résume-t-elle.

Des solutions alternatives face à la cherté

Face à cette pression financière, plusieurs parents renoncent à acheter de nouveaux cartables pour leurs enfants chaque année.  

Une rentrée sous le signe de l’incertitude

Alors que la rentrée scolaire approche à grands pas, les familles tunisiennes se retrouvent face à un dilemme : offrir le meilleur à leurs enfants tout en maîtrisant un budget de plus en plus contraint. Entre hausse des prix, pouvoir d’achat en baisse et dépenses inévitables, cette nouvelle rentrée s’annonce une fois de plus comme un défi économique pour de nombreux ménages.

Il convient de noter que la rentrée scolaire 2026-2027 se caractérise par une hausse d’environ 8% du coût global par rapport aux exercices précédents. Cette augmentation épargne les manuels scolaires et les cahiers subventionnés, dont les tarifs n’ont pas varié depuis plusieurs années.

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La BIAT affiche un résultat net de 271,4 MDT au premier semestre 2026

04. September 2026 um 16:33

La Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT) a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026, faisant apparaître un résultat net de 271,4 MDT, contre 246,1 MDT un an plus tôt, soit une progression sur la période. Le résultat par action s’établit à 6,652 dinars, contre 6,031 dinars au 30 juin 2025.

Le total du bilan de la banque atteint 28 039 MDT au 30 juin 2026, contre 25 996 MDT au 30 juin 2025, ce qui représente un accroissement de 2 043 MDT, soit 7,86%. Les capitaux propres s’élèvent à 2 395 MDT, contre 2 368 MDT au 31 décembre 2025, en hausse de 27,1 MDT.

Le produit net bancaire ressort à 802,7 MDT au premier semestre 2026, contre 788,1 MDT un an auparavant. Il résulte d’un total des produits d’exploitation bancaire de 1 270,3 MDT, en hausse de 27,8 MDT (+2,24%) par rapport aux 1 242,5 MDT enregistrés au premier semestre 2025, et de charges d’exploitation bancaire de 467,6 MDT, contre 454,4 MDT, en progression de 13,2 MDT (+2,91%).

Les intérêts et revenus assimilés totalisent 724,7 MDT, contre 738,7 MDT un an plus tôt. Les commissions perçues s’élèvent à 146,1 MDT, contre 135,6 MDT. Les revenus du portefeuille d’investissement atteignent 293,6 MDT, contre 270,2 MDT, et les gains sur portefeuille titres commercial et opérations financières s’établissent à 105,9 MDT, contre 98 MDT.

Le résultat d’exploitation de la banque s’élève à 410,7 MDT au 30 juin 2026, contre 383,9 MDT au 30 juin 2025. Les frais de personnel ont progressé de 17,3 MDT, passant de 204,1 MDT à 221,5 MDT, tandis que les charges générales d’exploitation ont légèrement diminué, de 126,9 MDT à 124,7 MDT. L’impôt sur les bénéfices s’est établi à 139,3 MDT, contre 137,8 MDT un an plus tôt.

Les dépôts et avoirs de la clientèle atteignent 23 022 MDT au 30 juin 2026, contre 20 950 MDT au 30 juin 2025. Les créances sur la clientèle, nettes de provisions et d’agios réservés, s’élèvent à 13 209 MDT, contre 13 023 MDT un an plus tôt. Le portefeuille d’investissement de la banque totalise 7 782 MDT, contre 6 826 MDT.

Le stock de provisions collectives constituées par la banque s’élève à 400 MDT au 30 juin 2026. Durant le semestre, la BIAT a par ailleurs mis en place un nouvel emprunt subordonné, dénommé BIAT 2026-1, d’un montant de 250 MDT.

Sur le plan de la trésorerie, les liquidités et équivalents de liquidités de la banque sont passés de 2 174 MDT au 30 juin 2025 à 3 422 MDT au 30 juin 2026. Les flux de trésorerie provenant des activités d’exploitation se sont établis à 621,4 MDT, contre 189,6 MDT un an plus tôt. Un montant de 244,8 MDT a été versé au titre des dividendes durant la période.

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TRIBUNE – Crédit d’honneur : le vrai test commence maintenant

04. September 2026 um 16:30

Le crédit d’honneur a désormais son cadre. Il lui reste à démontrer qu’il peut devenir une politique publique efficace. C’est toute la différence entre adopter une mesure et réussir une réforme. 

Le décret n°2026-148 du 23 juillet 2026 a posé les bases du dispositif. La Banque centrale de Tunisie vient d’en préciser les modalités opérationnelles. À partir du 1er octobre, les demandes devront notamment passer par une plateforme numérique, avec des exigences de traçabilité et de reporting.

Sur le papier, le dispositif est donc balisé. Mais c’est précisément maintenant que commence le plus difficile. Car le crédit d’honneur porte une contradiction qu’aucun texte réglementaire ne peut, à lui seul, résoudre : comment faciliter l’accès au financement tout en demandant aux banques d’assumer un risque qui n’est plus couvert par les mécanismes traditionnels de garantie ?

La question n’est pas théorique. Les banques devront consacrer au moins 8 % de leur bénéfice net de l’exercice précédent à cette ligne de financement. Les crédits sont accordés sans intérêts et sans garanties, avec des plafonds pouvant atteindre 5 000 dinars pour les particuliers, 10 000 dinars pour les petits projets et 25 000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires.

L’intention est claire : desserrer le verrou du financement. Mais supprimer la garantie ne supprime pas le risque. Il le déplace. Et c’est précisément là que se jouera la réussite ou l’échec du dispositif. Le risque n’est pas l’ennemi. Le risque mal organisé l’est. Dans le débat économique, la tentation est grande de s’arrêter au constat.

 

Lire aussi : La BCT détaille les aspects opérationnels des « crédits sur l’honneur »

 

Pas de garanties ? Risque de défaut. Taux zéro ? Coût pour les banques. Enveloppe limitée ? Risque de frustration. Décision laissée aux établissements ? Risque d’inégalités de traitement.

Toutes ces interrogations sont légitimes. Mais elles ne constituent pas, à elles seules, un verdict. Un risque identifié n’est pas un échec. C’est un problème d’ingénierie. C’est ici que le débat doit changer de niveau.

Si la garantie matérielle disparaît, il faut renforcer la qualité de l’analyse du projet et de la capacité de remboursement. Si les banques conservent leur pouvoir d’appréciation, il faut garantir un socle commun de critères afin que l’égalité d’accès ne reste pas seulement une égalité devant une plateforme numérique.

Si le taux est nul pour le bénéficiaire, il faut clarifier la répartition du coût économique du dispositif. Et si l’enveloppe initiale apparaît insuffisante, il faut commencer par mesurer la demande réelle, les taux de transformation et la capacité de remboursement avant de conclure qu’il faut nécessairement augmenter les ressources.  Autrement dit : les difficultés annoncées doivent devenir le cahier des charges de l’exécution.

 

Le paradoxe du zéro pour cent

Un crédit à 0 % n’est gratuit que pour celui qui l’emprunte. Pour celui qui le finance, il mobilise des ressources, du personnel, des systèmes d’information, des processus de contrôle et, surtout, du capital exposé au risque. Dans un environnement monétaire où le TMM évolue autour de 7 %, cette réalité ne peut être évacuée.

Mais faut-il pour autant considérer le crédit d’honneur comme économiquement incohérent ? Pas nécessairement. La vraie question est ailleurs : quel est le coût de cette politique publique, qui le porte et quelle valeur économique et sociale produit-elle en retour ?

Si le crédit d’honneur permet à un porteur de projet jusque-là exclu du financement traditionnel de créer une activité viable, de générer des revenus, des emplois et, demain, d’intégrer le circuit bancaire classique, son rendement ne se mesure évidemment pas uniquement à la marge bancaire.

Encore faut-il être capable de le mesurer. C’est ici que la réforme peut devenir beaucoup plus intéressante qu’un simple mécanisme de financement.

 

Passer de la plateforme numérique au véritable logiciel de décision

La digitalisation constitue une avancée. Mais elle ne doit pas être confondue avec la transformation. Mettre une demande en ligne ne suffit pas à digitaliser un processus.

Le véritable test se situe derrière l’écran : comment le dossier est-il analysé ? Comment le risque est-il évalué ? Comment les décisions sont-elles comparées ? Comment les délais sont-ils suivis ? Comment les refus sont-ils expliqués ? Et surtout, comment les résultats sont-ils exploités pour améliorer le système ?

La plateforme numérique prévue par la BCT ne doit donc pas être considérée comme une simple interface. La véritable digitalisation doit concerner toute la chaîne : de la demande à la décision, de la décision au décaissement, puis du décaissement au suivi et au remboursement.

La donnée devient alors un actif stratégique. La Tunisie pourrait progressivement disposer d’un tableau de bord consolidé permettant de suivre les demandes, les décisions, les délais, les motifs de refus, les décaissements, les remboursements et les impayés. Ce ne serait pas une nouvelle couche administrative. Ce serait, au contraire, l’utilisation intelligente d’une information que le dispositif produit déjà.

Cette donnée aurait une autre vertu : elle permettrait de dépasser les perceptions. Combien de projets ont été financés ? Combien ont réellement démarré ? Combien ont survécu ? Combien ont remboursé ? Où les refus sont-ils concentrés ? Quels critères produisent les meilleurs résultats ? Voilà les questions qui permettront de juger la réforme. Pas les intentions. Pas les procès d’intention. Les données.

 

Lire également : Prêt d’honneur – Abderrazak Houas : « le plafond de 25 000 dinars « très faible » pour les PME »

 

Le véritable risque serait de sélectionner les moins risqués

Il existe un paradoxe plus profond. Le crédit d’honneur vise précisément ceux qui rencontrent des difficultés pour accéder au financement traditionnel. Or, plus le risque bancaire est difficile à couvrir, plus la tentation peut être forte de sélectionner les dossiers présentant le moins d’incertitude. On pourrait alors aboutir à une situation absurde : un dispositif conçu pour élargir l’accès au financement finirait par privilégier ceux qui en ont déjà le meilleur accès.

C’est pourquoi l’égalité ne doit pas seulement être procédurale. Elle doit être économique. Cela ne signifie évidemment pas financer l’irréalisable. Cela signifie construire de meilleurs instruments pour distinguer le risque acceptable du risque simplement inconnu. Cette distinction pourrait devenir l’une des principales innovations du dispositif.

 

Faire du crédit d’honneur un laboratoire

C’est finalement ici que se trouve peut-être son potentiel le plus intéressant. Le crédit d’honneur peut rester une mesure ponctuelle destinée à répondre à une difficulté d’accès au financement. Ou il peut devenir un laboratoire de transformation du système financier tunisien.

Un laboratoire où l’on expérimente de nouveaux modèles d’évaluation du risque, de nouvelles formes d’accompagnement, une utilisation plus intelligente de la donnée et une articulation différente entre financement public, banques et entrepreneurs.

À une condition : accepter de mesurer les résultats et de corriger les mécanismes. Il faudra donc résister à deux réflexes. Celui qui consiste à présenter le crédit d’honneur comme une solution miracle. Et celui qui consiste à considérer les risques identifiés comme la preuve qu’il ne pourra pas fonctionner.

Entre l’angélisme et le scepticisme systématique, il existe une troisième voie : l’expérimentation rigoureuse. Une réforme peut être ambitieuse sans être naïve. Une banque peut être prudente sans être paralysée. L’État peut soutenir la prise de risque sans transférer aveuglément le risque au système bancaire. Mais cela suppose une architecture.

 

Le véritable test

Le crédit d’honneur ne sera donc pas jugé sur le nombre de textes adoptés. Il ne sera pas davantage jugé sur le nombre de plateformes mises en ligne. Il sera jugé sur ce qui se passera après. Combien de projets auront effectivement obtenu leur financement ? Combien auront créé une activité viable ? Combien auront remboursé ? Combien auront accédé ensuite au crédit classique ? Combien de corrections auront été apportées lorsque les premiers résultats auront révélé des failles ?

C’est là que se trouve le véritable indicateur de maturité d’une politique publique. La Tunisie n’a pas seulement besoin de décisions. Elle a besoin d’un nouveau logiciel d’exécution. Le crédit d’honneur peut être l’un des premiers terrains où ce logiciel sera réellement testé : une décision publique transformée en processus numérique, un risque transformé en donnée, une donnée transformée en décision, et une décision corrigée par l’expérience.

 

Le véritable crédit d’honneur ne sera donc pas celui qui promet du financement à zéro pour cent. Ce sera celui qui démontrera que la Tunisie sait désormais transformer une bonne intention en politique publique apprenante, mesurable et durable. Car, au bout du compte, le vrai coût d’une réforme n’est pas celui de ses imperfections initiales. C’est celui d’une réforme incapable d’apprendre de ses propres résultats.

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L’artisanat tunisien passe en mode Creative Tunisia 2.0 !

04. September 2026 um 15:38

Jusqu’à 15 000 € d’aide et un coaching sur-mesure pendant 8 mois. C’est le “coup de pouce“ qu’a lancé l’ONUDI pour transformer une vingtaine d’entreprises de l’artisanat en “championnes de la compétitivité“.

Pour ce faire, un appel à manifestation d’intérêt vient tout juste de tomber ! En effet, le projet Creative Tunisia 2.0 cherche une vingtaine d’entreprises artisanales tunisiennes prêtes à passer à la vitesse supérieure.

Au programme, un chèque à la clé : une prise en charge jusqu’à 60 % de votre plan de mise à niveau (matériel et immatériel), soit un financement allant de 10 000 € à 15 000 € par entreprise selon sa taille et son business plan ; et un accompagnement VIP : nuit mois d’expertise non-stop avec l’équipe du projet pour diagnostiquer, concevoir et suivre votre plan de développement sur-mesure.

L’objectif ? Créer des emplois concrets, intégrer les populations exposées aux risques de la migration irrégulière et dynamiser le secteur en s’appuyant sur le savoir-faire de la diaspora tunisienne.

Qui est derrière cette initiative ?

Derrière ce programme, on retrouve l’ONUDI, en partenariat avec l’Office national de l’artisanat (ONAT) et l’Office des tunisiens à l’étranger (OTE), soutenu financièrement par l’Union européenne et la Coopération italienne (AICS).

A noter qu’il s’agit d’un tout nouveau projet, totalement indépendant du premier programme « Creative Tunisia » (2019-2025). Pour rappel, la première édition avait mobilisé 9 millions d’euros, structuré 17 chaînes de valeur dans 18 gouvernorats, soutenu 18 associations et donné naissance à 6 hubs créatifs toujours en activité.

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