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Heute — 01. April 2026Leconomiste Maghrebin

UGTT : Mesures d’austérité et appel à l’unité face aux difficultés financières

01. April 2026 um 17:00

Le bureau exécutif national de l’UGTT, élu lors du 26e congrès, s’est réuni pour la première fois mercredi soir au siège central, sous la présidence de son secrétaire général, Seleheddine Selmi, et en présence de tous ses membres.

Selon Echaab News, l’organe du syndicat, les participants ont approuvé les décisions suivantes à l’issue de l’examen de l’ordre du jour :

Création d’une commission d’experts et de syndicalistes chargée d’élaborer un plan stratégique face aux difficultés financières.

Suspension de l’indemnité spécifique des membres du bureau exécutif national.

Cession par le secrétaire général de sa voiture de fonction, afin de renflouer les caisses de l’organisation.

Réaffirmation du dialogue social comme unique levier pour relever les défis économiques et sociaux.

Appel aux syndicalistes à renforcer la solidarité et l’unité pour défendre les intérêts des travailleurs intellectuels, manuels et de tous les ouvriers du pays.

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IA : la révolution qui menace les emplois qualifiés

01. April 2026 um 16:35

Les métiers du numérique et de la connaissance figurent désormais en première ligne face à l’intelligence artificielle. Selon l’American AI Jobs Risk Index publié par Tufts University, 784 métiers ont été analysés pour mesurer leur vulnérabilité réelle à l’IA, avec des projections concrètes de suppressions de postes.

Le constat est sans appel : rédacteurs, développeurs et designers arrivent en tête des professions menacées à court terme. Les pertes pourraient atteindre 57,4 % pour les rédacteurs, 55,2 % pour les développeurs informatiques et 54,6 % pour les designers web d’ici deux à cinq ans. L’étude, basée sur plusieurs bases de données majeures, dépasse la simple théorie en évaluant l’impact économique réel de l’automatisation, rapporte BDM qui a lu ladite étude.

Plus largement, les métiers analytiques et intellectuels sont fortement exposés : statisticiens, data scientists, sociologues ou encore spécialistes en communication figurent parmi les plus vulnérables. Même les journalistes et traducteurs apparaissent dans le haut du classement, avec des pertes estimées autour de 35 %.

À ce niveau, on peut cependant s’interroger sur la présence des « sociologues » parmi les métiers à risques. Cela fait peur, car tout semble montrer que la machine pourrait remplacer l’homme partout et dans tous les domaines. Mais on informe que les professions manuelles ou de terrain résistent. Maçons, cuisiniers ou brancardiers affichent un risque quasi nul, confirmant un basculement inédit : ce sont désormais les emplois qualifiés qui sont les plus fragilisés.

Par secteur, les services d’information concentrent 18,3 % des emplois menacés, devant la finance et les services scientifiques. Au total, l’étude projette jusqu’à 9,3 millions d’emplois menacés aux États-Unis, pour un impact économique estimé à 757 milliards de dollars par an.

Derrière ces chiffres, un paradoxe : plus l’IA améliore la productivité, plus elle réduit les besoins en main-d’œuvre. Une transformation profonde du marché du travail est en marche, conclut l’étude.

Voici les 20 métiers les plus menacés, avec le pourcentage de postes susceptibles d’être supprimés d’ici deux à cinq ans aux États-Unis :

  1. Rédacteurs et auteurs : 57,4 %
  2. Développeurs informatiques : 55,2 %
  3. Designers web et d’interfaces numériques : 54,6 %
  4. Éditeurs : 54,4 %
  5. Métiers des sciences mathématiques : 47,6 %
  6. Développeurs web : 46,2 %
  7. Architectes de bases de données : 46 %
  8. Analystes en recherche opérationnelle : 45,1 %
  9. Scientifiques de l’atmosphère et de l’espace : 44,2 %
  10. Sociologues : 43 %
  11. Rédacteurs techniques : 42,4 %
  12. Statisticiens : 42,1 %
  13. Politologues : 40,3 %
  14. Administrateurs de bases de données : 39 %
  15. Spécialistes en relations publiques : 37,3 %
  16. Chercheurs en sciences sociales : 37,3 %
  17. Data scientists : 37,2 %
  18. Conseillers financiers personnels : 37,1 %
  19. Testeurs QA logiciel : 36,4 %
  20. Assistants de recherche en sciences sociales : 36,1 %.

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1,749 million de personnes handicapées en Tunisie, selon l’INS

01. April 2026 um 16:27

Selon les chiffres publiés lundi par l’Institut national de la statistique (INS), la Tunisie compte 1,749 million de personnes en situation de handicap, soit 15,5% de la population totale. Pourtant, seules 10% d’entre elles disposent d’une carte de handicap, qui ouvre droit à certains services et avantages sociaux.

Parmi cette population, plus de 345 000 personnes, soit 3,3% des Tunisiens, vivent avec un handicap profond. L’INS évalue par ailleurs à 1,373 million le nombre de personnes présentant plusieurs formes de handicap, ce qui représente 12,2% de la population.

Des écarts territoriaux marqués

Le recensement de 2024 met en évidence d’importantes disparités entre les zones rurales et urbaines. Le taux de handicap profond atteint 4,4% en milieu rural, contre 2,9% en milieu urbain. Ces écarts traduisent des inégalités d’accès aux soins, à la prévention et à la prise en charge.

Un accès à l’éducation encore limité

Les données révèlent aussi un déficit préoccupant en matière de scolarisation. Le taux de scolarisation des enfants et des jeunes en situation de handicap, âgés de 3 à 24 ans, ne dépasse pas 41%, contre 78,5% pour l’ensemble de la population de la même tranche d’âge. Cet écart met en lumière les obstacles persistants liés aux infrastructures adaptées, aux ressources pédagogiques et à l’inclusion scolaire.

Ces chiffres illustrent l’ampleur des défis liés à l’inclusion sociale et éducative des personnes handicapées en Tunisie, ainsi que la nécessité de renforcer les dispositifs de reconnaissance et d’accompagnement.

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Houbeb Ajmi : « Fédérer l’innovation face à l’inconnu de demain »

01. April 2026 um 15:14

Comment se construit la science aujourd’hui ? Et quels nouveaux modes de collaboration peuvent stimuler l’innovation et la créativité scientifiques ? C’est ce qui ressort de la rencontre-débat du cycle de conférences « Science et Société », organisé par le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI) de l’Université Centrale Group, visant à présenter l’ouvrage La science autrement : les sociabilités créatives de l’École-laboratoire des Houches. L’événement s’est tenu mardi 31 mars 2026, en présence du Pr Armand Hatchuel, professeur émérite à Mines Paris-PSL Université et membre de l’Académie des technologies. La discussion a été animée par Khaled Abdeljaoued et Youssef Ben Othman.

Rencontrée à l’issue de l’événement, Houbeb Ajmi, directrice générale d’Université Centrale, a souligné que l’annonce de la création du CRCI n’était pas un choix impulsif, mais le fruit d’une réflexion stratégique face à une situation qui s’impose d’elle-même. “En réalité, nous avons créé le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI), dont la mission est d’être un catalyseur pour la production de science en Tunisie”, a-t-elle déclaré.

Chez les entreprises, “nous atteignons nos limites ; du côté des universitaires, les publications foisonnent sans valorisation ni impact concret des résultats. Ce sont des éléments d’un écosystème dispersé. Le CRCI vise donc à les fédérer pour contribuer à un pacte transformateur des entreprises, de l’économie et de la société tunisienne”, a-t-elle poursuivi.

Ses axes de travail, transition numérique, transition écologique, RSE, santé et recherche clinique, gouvernance et ressources humaines  sont essentiels pour la Tunisie de demain. Au-delà des projets de recherche, le centre organisera des rencontres pour stimuler les acteurs, les nourrir intellectuellement et booster la créativité collective. Comme l’a souligné Houbeb Ajmi : “Nous manquons d’occasions en Tunisie pour des débats qui sortent du quotidien, pour explorer l’inconnu du monde de demain, non pas avec fierté, mais en toute connaissance de cause, comme l’évoquait Armand”.

Et de conclure : “C’est indispensable pour affronter cet inconnu et trouver des alternatives. Nous prévoyons des rencontres de haut niveau tous les deux mois d’ici la fin de l’année, avec un calendrier déjà établi, et un autre pour l’année prochaine”.

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La BIAT verdit sa stratégie avec « BIAT O’VERT »

01. April 2026 um 15:13

La BIAT lance « BIAT O’ VERT », une nouvelle offre dédiée au financement de la consommation et des projets responsables et à impact environnemental positif. Cette nouvelle offre s’inscrit pleinement dans la démarche de développement durable de la banque et consolide son engagement en faveur de la transition énergétique.

 

Dans un contexte où la transition écologique constitue un enjeu majeur, la demande en solutions de financement responsables continue de progresser de manière soutenue en Tunisie, portée par une volonté croissante de réduire l’empreinte carbone, par le développement des énergies renouvelables et par l’adoption de modes de consommation plus respectueux de l’environnement.

Face à ces enjeux, la BIAT met à la disposition de ses clients, particuliers, professionnels et entreprises, sa nouvelle offre « BIAT O’VERT » destinée à accompagner la réalisation de leurs projets à valeur environnementale. Cette initiative traduit la volonté de la banque de proposer des solutions concrètes en réponse aux nouveaux besoins du marché.

Dédiée au financement d’un large éventail de projets, « BIAT O’VERT » repose sur des conditions de financement avantageuses et adaptées aux spécificités de chacun d’entre eux, permettant ainsi de faciliter l’accès à des investissements durables.

Pour les particuliers et les professionnels, « BIAT O’VERT » se décline en deux variantes :

  • « BIAT O’VERT Rénov » facilite la réalisation de travaux liés à la réduction de la consommation d’énergie des logements et à l’amélioration de la gestion de l’eau, la modernisation d’équipements à fort impact environnemental et l’installation d’équipements utilisant des énergies renouvelables,
  • « BIAT O’VERT Auto » favorise l’adoption de solutions de mobilité plus respectueuses de l’environnement à travers l’acquisition de véhicules hybrides ou électriques.

Cette offre accompagne également les entreprises dans leurs projets de transformation durable, de modernisation énergétique et de réduction de leur impact environnemental grâce à la variante « BIAT O’VERT Entreprises ».

Avec « BIAT O’VERT », la BIAT franchit une nouvelle étape en transformant ses financements en leviers de durabilité et en apportant des réponses adaptées aux attentes du marché. À travers cette initiative, elle renforce son positionnement de banque citoyenne, innovante et confirme son engagement à soutenir la transition énergétique et à promouvoir les projets écoresponsables pour un avenir plus durable.

Avec communiqué.

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Justice française : la fille de Ben Ali ne sera pas extradée

01. April 2026 um 14:44

La justice française a rejeté la demande d’extradition de Halima Ben Ali, fille cadette de l’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, vers la Tunisie.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris avait tenu une première audience le 26 novembre 2025. L’avocat général avait alors sollicité des compléments d’information auprès des autorités tunisiennes pour vérifier que le procès envisagé ne revêtirait pas de caractère politique. Une deuxième audience s’était tenue le 10 décembre 2025.

Halima Ben Ali est mise en cause en Tunisie pour blanchiment de capitaux issus de fonds liés à l’exercice du pouvoir de son père. Elle encourt une peine de 20 ans d’emprisonnement.

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Kais Fekih prend la tête de la CCTBL

01. April 2026 um 14:28

La Chambre de commerce tuniso-belgo-luxembourgeoise (CCTBL) a élu un nouveau conseil d’administration lors d’une Assemblée générale le 31 mars au siège de l’IACE à Tunis. Les membres exerceront leur mandat pour trois ans.

Kais Fekih est élu président, épaulé par une équipe mixte tunisienne et européenne : Samir Ben Abdallah (vice-président), Mahmoud Ben Salah (trésorier), Rym Jaouchi (secrétaire générale), et les administrateurs Nadine Muys, Tony Vanwijnsberghe, Hedi Bahri, Slim Kechaou, Hassen Sellami et Yassine Maazoun.

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La CONECT alerte sur les effets de la nouvelle restriction du financement des importations

01. April 2026 um 14:17

La CONECT a vivement critiqué la circulaire de la Banque centrale de Tunisie imposant aux importateurs de produits jugés non prioritaires de financer leurs achats sur fonds propres, sans recours au crédit bancaire.

Selon le communiqué de la CONECT, elle estime que cette mesure risque de fragiliser les PME, de réduire la concurrence, de menacer l’emploi et de perturber certaines chaînes d’approvisionnement, y compris dans les secteurs industriels et médicaux.

Toujours selon le communiqué, la CONECT rappelle que ce type de restriction avait déjà été appliqué en 2017 avant d’être abandonné en 2019, faute de résultats jugés convaincants. Elle considère que les grandes entreprises seront mieux armées pour absorber cette contrainte, contrairement aux PME et aux commerçants de taille moyenne, qui pourraient en être de facto exclus.

L’organisation met également en garde contre un impact social et économique plus large, notamment dans le commerce, la distribution, la logistique et les services. Elle souligne aussi que certains produits concernés, à usage médical ou paramédical, pourraient devenir plus rares ou plus coûteux, avec des conséquences sur la santé publique.

La CONECT redoute par ailleurs une perturbation des intrants industriels, susceptible de ralentir la production locale et de pénaliser les exportations. Elle estime enfin que la mesure pourrait favoriser l’informel et la contrebande, tout en alourdissant les procédures administratives pour les entreprises.

Tout en disant comprendre l’objectif de préservation des réserves de change, il est d’autant plus important d’établir un dialogue avec les autorités et les acteurs économiques. Elle plaide pour une révision de la liste des produits concernés, l’exclusion des biens médicaux, une simplification des procédures pour les industriels et une approche plus progressive et concertée.

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Transfert temporaire de l’activité de la marque SEAT vers le showroom CUPRA Aïn Zaghouan

01. April 2026 um 12:49

 Dans le cadre de son engagement constant envers la satisfaction de ses clients, Ennakl Automobiles informe son aimable clientèle et ses partenaires du transfert temporaire de l’ensemble des activités de commercialisation de la marque SEAT à La Charguia 2 vers son showroom CUPRA situé à Aïn Zaghouan à partir du 1er avril.

Ce changement s’inscrit dans une démarche stratégique visant à améliorer l’expérience client et à garantir un niveau de service optimal.

Ainsi, durant cette période transitoire, toutes les activités liées à la marque SEAT  incluant l’accueil des clients, la présentation des véhicules, le conseil commercial ainsi que le suivi des demandes seront assurées au sein du showroom CUPRA Aïn Zaghouan. Les équipes commerciales dédiées resteront pleinement mobilisées afin d’accompagner les clients et de répondre à leurs attentes dans les meilleures conditions.

Les clients sont invités à se rendre au showroom CUPRA Aïn Zaghouan pour toute demande relative à la marque SEAT pendant cette période.

Pour plus d’informations, veuillez contacter le 36 036 036.

📍 Localisation : https://maps.app.goo.gl/SLG13tjZLSh94qsr8

 

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L’École des Houches, un modèle de création scientifique toujours inspirant

01. April 2026 um 12:47

Dans le cadre du cycle de conférences « Science et Société », organisé par le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI) de l’Université Centrale Group, une rencontre-débat a été consacrée à l’ouvrage La science autrement : les sociabilités créatives de l’École-laboratoire des Houches. L’événement s’est tenu mardi 31 mars 2026 à 18h, en présence du Pr Armand Hatchuel, professeur émérite à Mines Paris-PSL Université et membre de l’Académie des technologies. La discussion a été animée par  Khaled Abdeljaoued et Youssef Ben Othman.

À travers son intervention, le Pr Hatchuel a livré une lecture originale d’un modèle de création scientifique fondé sur l’expérience singulière de l’École de physique des Houches. La rencontre a réuni enseignants-chercheurs, étudiants et acteurs socio-économiques autour d’une double interrogation : comment se construit la science aujourd’hui ? Et quels nouveaux modes de collaboration peuvent stimuler l’innovation et la créativité scientifiques ?

À l’issue de cet événement, le Pr Hatchuel a souligné que le modèle des Houches n’est pas facilement transposable en tant que tel, mais on peut s’y inspirer. 

En revanche, il estime qu’il offre un enseignement précieux sur la manière dont peut s’élaborer une science féconde : « La possibilité de faire avancer une science ou une réflexion profonde suppose à la fois une très grande rigueur dans la description du connu, dans l’exposition de ce que l’on sait, et, à partir de cette première exposition, l’identification des énigmes et des inconnues, à partir desquelles une créativité collective peut se déployer ».

Selon lui, les Houches incarnent à la fois l’exigence académique la plus stricte et un espace d’expérimentation intellectuelle, fait de débats, de séminaires transversaux et de sociabilités montagnardes. “C’est un endroit absolument magique”, a-t-il décrit, rappelant que les participants y vivent ensemble pendant un mois dans des conditions difficiles, entre ascension du Mont-Blanc et travail collectif. Il souligne aussi que la relation traditionnelle entre maîtres et étudiants s’y efface au profit d’une dynamique de recherche commune, souvent prolongée bien au-delà du séjour.

Interrogé sur l’évolution de ces formes de créativité collective à l’heure de l’intelligence artificielle, le Pr Hatchuel a exprimé une certaine réserve quant à la capacité des machines à reproduire une telle dynamique. “Une fois qu’on aura transféré tout un savoir aux robots, rien ne garantit qu’ils seront capables de recréer un nouveau savoir avec autant d’imaginaire et autant de puissance que les Houches”, a-t-il estimé. Et de rappeler que la création scientifique ne se limite pas à produire des idées, mais suppose aussi de bâtir des collectifs capables de les développer dans la durée.

Pour lui, la question du monde scientifique de demain ne se résume pas à une opposition simple entre humains et humanoïdes. “L’avenir est d’autant plus difficile à prévoir qu’on se contente de grandes oppositions simples”, a-t-il observé, refusant les scénarios d’extase ou d’effroi souvent associés à l’IA. Il considère au contraire que chaque transformation technique ouvre de nouveaux espaces de pensée, de nouveaux usages et, surtout, de nouvelles formes d’appropriation par les humains.

Le Pr Hatchuel s’est également montré critique à l’égard des discours catastrophistes. À ses yeux, les annonces répétées sur la fin du travail ou la disparition massive d’emplois relèvent davantage de la rhétorique que de la prospective. “Je pense que ce sont des discours qui servent soit à faire peur, soit à justifier les investissements massifs consacrés à l’IA”, a-t-il affirmé.

En conclusion, il a tenu à rappeler l’enjeu central de l’expérience des Houches : faire dialoguer la rigueur scientifique, la créativité collective et la transmission des savoirs. “J’espère qu’en racontant cette histoire, les gens comprennent le lien entre le collectif, la créativité et la science”, a-t-il résumé, avant de souligner que cette dynamique dépasse largement le seul champ de la physique théorique.

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Solaire : la Chine supprime les exonérations fiscales à l’export

01. April 2026 um 11:52

Cette décision concerne notamment les exportations de produits photovoltaïques et chimiques à base de phosphore.

La Chine a décidé de supprimer les exonérations fiscales pour les exportations d’équipements de production d’énergie solaire. Ce changement intervient à un moment où le pays connaît une surproduction importante de ces équipements et de féroces guerres des prix. Ce qui constitue une source de ressentiment parmi ses partenaires commerciaux.

Début janvier, les autorités chinoises ont annoncé qu’à compter du 1er avril, le remboursement de la TVA sur les produits d’énergie solaire exportés, qui était de 9 %, prendrait fin.

Cette décision concerne les exportations de produits photovoltaïques et chimiques à base de phosphore. Le ministère chinois des Finances n’a fourni aucune explication à ce sujet.

Depuis des années, le secteur de l’énergie solaire est confronté à la concurrence des exportations chinoises à bas prix. Meyerberger est la dernière entreprise européenne du secteur à avoir déposé le bilan l’an dernier, concernant ses sites de production situés en Saxe et en Saxe-Anhalt en Allemagne.

L’entreprise suisse a évoqué la concurrence des entreprises chinoises, qui proposent des unités d’énergie solaire à très bas prix, comme l’une des raisons de son échec.

De son côté, l’Association chinoise de l’industrie photovoltaïque a salué ces nouvelles règles, déclarant en janvier que les entreprises chinoises du secteur de l’énergie solaire étaient confrontées à une concurrence dévastatrice depuis 2024.

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Fonds pour les personnes handicapées : ce que les assureurs doivent retenir dès janvier 2026

01. April 2026 um 11:43

La Direction générale des études et de la législation fiscale au ministère des Finances a publié la Note générale n° 10 de l’année 2026. Elle concerne des clarifications procédurales et des modalités d’application relatives à l’article 32 de la loi de finances de l’année 2026. Lequel institue le Fonds de promotion des personnes handicapées.

Ce fonds, créé en tant que fonds spécial du Trésor public, a pour objectif de fournir les ressources nécessaires au financement des programmes d’insertion économique, sociale, culturelle et sportive au profit des personnes handicapées. De même que de les soutenir dans les domaines de la formation, de l’emploi et de la création d’entreprises.

La Note précise que la retenue au taux de 1 % s’applique exclusivement aux « montants nets » des indemnités accordées aux victimes d’accidents de la route, d’accidents du travail et de maladies professionnelles.

Par montants nets, on entend les sommes restant après déduction de l’ensemble des frais de procédure dûment justifiés, notamment les honoraires d’avocat, les frais d’expertise médicale, les droits d’enregistrement et de notification, ainsi que tout autre frais appuyé par des documents officiels.

Le champ d’application de cette retenue englobe les indemnités liées au préjudice corporel et professionnel, au préjudice moral et esthétique, aux frais d’assistance par une tierce personne en cas d’incapacité permanente, ainsi que les indemnités accordées en cas de décès (préjudice économique et moral).

En revanche, et selon la Note fiscale, sont expressément exclus de cette retenue un ensemble de montants, afin de préserver les droits financiers directs des victimes, à savoir :

  • Les remboursements de frais médicaux;
  • L’indemnité funéraire en cas de décès;
  • Les indemnités ou prestations résultant de l’incapacité temporaire de travail (perte de revenus temporaire). Lesquelles demeurent totalement exonérées de toute retenue au profit du Fonds.

Par ailleurs, le document définit la liste des structures légalement tenues de procéder à cette retenue à la source sur une base mensuelle. Il s’agit des compagnies d’assurance et des caisses de mutuelles, du Fonds de garantie des victimes d’accidents de la route, de la Caisse nationale de sécurité sociale, de la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale, ainsi que de la Caisse des dépôts et consignations.

Le ministère des Finances a par ailleurs insisté sur le fait que cette mesure s’applique immédiatement à toutes les indemnités effectivement versées à compter du 1er janvier 2026, et ce, indépendamment de la date de survenance de l’accident, de la date du jugement ou de celle de la conclusion d’un accord amiable. Ainsi, la « date de versement » constitue le seul critère légal retenu pour l’application de la retenue.

Enfin, le contrôle et la constatation des infractions relatives à cette mesure sont soumis aux mêmes règles et voies de recours que celles en vigueur en matière d’impôt sur le revenu des personnes physiques et d’impôt sur les sociétés.

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Tunis, la renaissance qui séduit le monde

01. April 2026 um 11:42

Tunis s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations les plus en vue en Méditerranée. Saluée par The New York Times, la capitale tunisienne est décrite comme une ville qui « se réinvente en temps réel ».

Portée par des prix attractifs, une accessibilité renforcée et une scène créative dynamique; Tunis attire un nombre croissant de voyageurs en quête d’authenticité. C’est ce que rapporte le site algérien spécialisé VVA.

A l’appui de cela, le journal américains cite des chiffres qu’il juge éloquents voire flatteurs. Ainsi, « après 6,4 millions de visiteurs en 2022, la Tunisie a dépassé les 11 millions de touristes en 2025. Elle renoue avec son attractivité d’avant crise. Vols courts depuis l’Europe, formalités simplifiées et coût de la vie compétitif expliquent en partie cet engouement ».

Et ce n’est pas tout. Car Tunis séduit également par sa transformation. C’est le cas à Sidi Bou Saïd, souligne le média, « les façades traditionnelles côtoient concept stores et initiatives durables. Cette modernité s’ancre dans un riche héritage, notamment à Carthage, dont les vestiges restent accessibles, ou au musée du Bardo, célèbre pour ses mosaïques ».

Entre cafés hybrides, gastronomie revisitée et vie nocturne animée, Tunis conjugue passé et présent. Une alchimie qui fait de la capitale une destination à la fois vivante, culturelle et résolument contemporaine, conclut The New York Times.

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La Tunisie perd Afif Hendaoui, son économiste et diplomate inoubliable

01. April 2026 um 11:36

Afif Hendaoui, économiste et professeur de l’enseignement supérieur depuis 1989, est décédé le 30 mars 2026 à l’âge de 77 ans.

Ancien président de l’Université de Tunis III (1991-1996), Afif Hendaoui a occupé des postes clés en diplomatie : ambassadeur en Suède, Finlande et Islande (1996-2000); ministre délégué chargé des droits de l’Homme, de la communication et des relations avec la Chambre des députés (2000-2001); ambassadeur en Autriche, Hongrie, Slovaquie; et représentant permanent à Vienne (2001-2004); puis en Suisse et au Vatican (2004-2006).

De retour à Tunis, il dirigea l’École nationale d’administration (ENA) jusqu’en 2013.

Paix à son âme

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Iran : Trump veut tourner la page de la guerre sans accord

01. April 2026 um 10:55

Donald Trump a affirmé, mardi 31 mars 2026, que les États-Unis pourraient mettre fin à leur guerre contre l’Iran « d’ici deux à trois semaines », marquant sa déclaration la plus explicite à ce jour sur un possible désengagement rapide.

S’exprimant depuis la Maison Blanche, Trump a indiqué que la fin du conflit ne dépendait pas nécessairement d’un accord avec Téhéran. Il souligne que l’objectif prioritaire de Washington reste d’« affaiblir sévèrement » les capacités militaires iraniennes, notamment pour empêcher tout développement d’armes nucléaires. Une fois cet objectif atteint, les forces américaines pourraient se retirer sans attendre de compromis diplomatique.

Cette annonce intervient alors que l’opération militaire américaine, lancée fin février, continue de déstabiliser le Moyen-Orient et de peser sur l’économie mondiale, notamment via les tensions sur les marchés de l’énergie. Les prix du pétrole ont augmenté de plus de 1 % ce mercredi 1er avril, prolongeant sa hausse après avoir atteint un record mensuel en mars…

Dans le même temps, des messages contradictoires émergent de l’administration américaine. En effet, le secrétaire à la Défense a évoqué une ouverture aux négociations. Tout en avertissant que les opérations militaires se poursuivront si l’Iran ne se conforme pas aux exigences américaines, notamment l’arrêt de l’enrichissement nucléaire et la réouverture du détroit d’Ormuz.

Côté iranien, les autorités reconnaissent des échanges indirects avec Washington mais nient toute négociation formelle. Les tensions restent élevées, les Gardiens de la révolution ayant menacé des entreprises américaines, des menaces que Donald Trump a rapidement minimisées.

Le conflit continue par ailleurs de s’étendre dans la région, avec des frappes israéliennes au Liban et des affrontements en Syrie. Ce qui pousse plusieurs puissances internationales, dont la Chine et le Pakistan, à appeler à un cessez-le-feu.

Sur le plan intérieur, la guerre pèse de plus en plus sur l’opinion publique américaine. Un sondage Reuters/Ipsos estime que près des deux tiers des Américains souhaitent désormais une fin rapide du conflit; même si les objectifs militaires ne sont pas entièrement atteints.

Notons enfin que la Maison Blanche a annoncé que Trump s’adressera à la nation « pour fournir une mise à jour importante sur l’Iran » à 21 heures, heure de l’Est, mercredi 1er avril (1 h GMT jeudi).

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Le Brent plonge sous les 100 dollars

01. April 2026 um 10:48

Les prix du pétrole brut ont chuté le 1er avril 2026, avec le Brent à 100,64 $ le baril (-3,2%) et le WTI à 98,04 $ (-3,3%), après une session volatile marquée par des prises de bénéfices en séance asiatique. C’est ce qu’annoncent des médias occidentaux. 

Il faut dire que le contexte géopolitique y est pour quelque chose. Car on a vu au delà des tensions persistantes au Moyen-Orient, les marchés anticipent une désescalade. Ils parient sur la fin du conflit entre l’Iran, les USA, et le Moyen-Orient qu’ils jugent probable. 

Toutefois, les risques d’approvisionnement élevés maintiendront la prudence des marchés. Ce qui fait que l’évolution des prix dépendra de la rapidité du rétablissement des chaînes d’approvisionnement et de la stabilité du détroit d’Ormuz.

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DÉCRYPTAGE – Gouverner la pénurie ou organiser le recul ?

01. April 2026 um 06:00

Il est des décisions économiques qui, sous couvert de prudence, trahissent en réalité une forme d’impuissance. La circulaire n°2026-04 de la Banque centrale de Tunisie, en imposant une couverture intégrale des importations dites non prioritaires, appartient à cette catégorie de politiques qui donnent l’illusion de l’action tout en révélant la profondeur des déséquilibres. Car lorsque l’on en vient à administrer la rareté plutôt qu’à produire l’abondance, c’est moins une stratégie qu’un aveu.

Dans une économie fragilisée par des années de déséquilibres structurels, la tentation du contrôle réapparaît comme un réflexe presque mécanique. La guerre au Moyen-Orient, la volatilité des prix de l’énergie et la pression sur les réserves de change offrent un prétexte commode. Mais derrière l’urgence conjoncturelle se profile une question autrement plus dérangeante : la Tunisie est-elle encore en mesure de piloter son économie autrement que par la contrainte ?

 

Le crédit confisqué : quand la liquidité remplace la confiance

La mesure phare de la Banque centrale repose sur un principe simple en apparence : toute importation de produits non prioritaires doit désormais être financée à 100 % sur fonds propres. Ce glissement technique dissimule en réalité une transformation profonde du fonctionnement économique.

Car le crédit n’est pas un simple outil de financement. Il est, comme l’avait théorisé Joseph Schumpeter (1), le moteur même de la dynamique capitaliste, permettant aux acteurs économiques d’anticiper, d’investir et de créer de la valeur au-delà de leurs ressources immédiates. En le neutralisant, la Banque centrale de Tunisie (BCT) ne se contente pas de restreindre les importations : elle modifie la nature même de l’activité économique.

Le passage d’une économie fondée sur la solvabilité à une économie fondée sur la liquidité constitue une rupture silencieuse. Il consacre une hiérarchie implicite entre les acteurs : ceux qui disposent de trésoreries abondantes peuvent continuer à opérer, les autres sont relégués à la périphérie. Ce n’est plus la viabilité économique qui détermine l’accès au marché, mais la capacité à immobiliser du capital.

Dans un pays où les PME constituent l’ossature du tissu productif, une telle mutation revient à déplacer le centre de gravité de l’économie vers les acteurs les plus concentrés, au risque d’étouffer toute dynamique entrepreneuriale.

 

L’énigme des réserves : une justification qui ne tient pas

Officiellement, la mesure vise à préserver les réserves en devises. L’argument, à première vue, semble relever du bon sens. Pourtant, il se fissure dès que l’on en examine les ressorts.

Un dinar converti en devise reste un dinar sorti du pays, qu’il provienne d’un crédit bancaire ou d’une trésorerie privée. La nature du financement n’altère en rien l’impact sur les réserves. En ce sens, la logique économique de la mesure apparaît pour le moins fragile.

Cette contradiction fait écho aux critiques de Milton Friedman (2), bien connues de nos banquiers centraux, à l’égard des politiques monétaires qui s’attaquent aux symptômes plutôt qu’aux causes profondes. En tentant de maîtriser les modalités de financement sans intervenir sur le volume même des importations, la Banque centrale agit sur une variable périphérique, au risque de passer à côté de son objectif.

Derrière cette incohérence apparente se cache une réalité plus complexe : la tension sur la liquidité en dinars. L’État, en mobilisant massivement les ressources bancaires pour financer son déficit, réduit l’espace disponible pour le secteur privé (effets d’éviction, bête noire de nos étudiants de 2ème année). La restriction du crédit aux importations non prioritaires apparaît alors comme un mécanisme indirect de rationnement du financement, bien plus que comme un outil de gestion des réserves.

 

Une économie triée sur le volet : la fin de l’égalité d’accès

Ce que la circulaire introduit, en filigrane, c’est une sélection implicite des acteurs économiques. Elle ne dit pas qui peut importer, mais elle détermine qui en a les moyens.

Les grandes entreprises, les groupes structurés, les acteurs disposant d’une trésorerie solide peuvent absorber la contrainte sans difficulté. Pour eux, la mesure n’est qu’un ajustement. Pour les autres, elle devient un obstacle insurmontable.

Cette dynamique s’inscrit dans les analyses de Joseph Stiglitz (3) sur les asymétries d’information et les imperfections des marchés du crédit. Lorsque l’accès au financement devient inégal, les écarts entre les acteurs se creusent, et la concurrence s’érode.

Le résultat est prévisible : une concentration accrue des marchés, une réduction de la diversité des opérateurs et, à terme, une hausse des prix. La régulation, censée corriger les déséquilibres, finit par les amplifier.

 

Le mythe du « non essentiel » : quand l’État décide des besoins

La catégorisation des produits en « prioritaires » et « non prioritaires » soulève une question fondamentale : qui décide de ce qui est nécessaire ?

Dans une économie moderne, cette distinction est loin d’être évidente. Les chaînes de production sont complexes, les usages multiples, et les préférences des consommateurs évolutives. Ce qui apparaît comme un luxe pour l’un peut constituer un besoin pour l’autre.

Les critiques de Friedrich Hayek (4) trouvent ici une résonance particulière. L’idée qu’une autorité centrale puisse disposer de l’ensemble des informations nécessaires pour arbitrer efficacement entre les besoins relève d’une illusion. La connaissance est dispersée, fragmentée, et souvent tacite.

En figeant une liste de produits « non prioritaires », la BCT impose une vision statique de l’économie, déconnectée de ses dynamiques réelles. Elle risque ainsi de pénaliser non seulement la consommation, mais aussi la production, en restreignant l’accès à des intrants essentiels pour certaines activités.

 

Inflation et pénurie : le retour des mécanismes classiques

L’un des paradoxes les plus frappants de cette politique réside dans ses effets potentiellement inflationnistes. En limitant l’accès à certains produits, elle crée une rareté artificielle, propice à la hausse des prix.

Ce mécanisme est bien connu : lorsque l’offre se contracte dans un contexte de demande relativement rigide, les prix s’ajustent à la hausse. La réduction de la concurrence, induite par l’exclusion des petits importateurs, renforce cette dynamique.

Mais le phénomène ne s’arrête pas là. L’histoire économique tunisienne a montré à maintes reprises que les restrictions sur les circuits formels alimentent le développement du marché parallèle. La contrebande et son développement deviennent alors un canal alternatif, souvent plus coûteux, moins contrôlé et fiscalement inefficace.

Ce basculement vers l’informel ne constitue pas une simple dérive marginale. Il fragilise l’ensemble de l’économie, en réduisant les recettes de l’État, en dégradant la qualité des produits et en accentuant les inégalités.

 

La mémoire courte des politiques économiques

Ce qui rend cette décision particulièrement troublante, c’est son caractère de déjà vu. Une mesure similaire avait été adoptée en 2017, avant d’être abandonnée par notre estimé confrère Marouane Abassi ex Gouverneur de la BCT, en raison de ses effets négatifs.

La répétition de cette politique pose une question essentielle : pourquoi persister dans une voie dont les limites ont déjà été démontrées ? Comme le rappelait John Maynard Keynes, le véritable défi ne réside pas dans la découverte de nouvelles idées, mais dans la capacité à se libérer des anciennes.

Cette récurrence traduit une forme d’inertie institutionnelle, mais aussi une difficulté à élaborer des alternatives crédibles. Face à des contraintes structurelles profondes, les autorités semblent prisonnières d’un répertoire limité d’outils, qu’elles réactivent au gré des crises.

 

Une politique de court terme face à un défi de long terme

Au fond, la circulaire de la Banque centrale illustre un décalage entre la nature des problèmes et celle des réponses apportées. Le déficit commercial, la dépendance énergétique et la faiblesse de l’appareil productif sont des enjeux structurels, qui nécessitent des réformes profondes.

Or, la restriction des importations constitue une réponse conjoncturelle, qui agit sur les flux sans transformer les structures. Elle permet, au mieux, de gagner du temps. Mais ce temps n’est utile que s’il est mis à profit pour engager des transformations.

En l’absence de telles réformes, la politique actuelle risque de produire un effet de compression économique : moins d’importations, mais aussi moins de production, moins d’investissement et, in fine, moins de croissance.

Les conséquences sociales ne sauraient être sous-estimées. La hausse des prix, la raréfaction de certains biens et les difficultés des entreprises peuvent alimenter un sentiment de frustration et d’injustice, dans un contexte déjà marqué par une érosion du pouvoir d’achat.

 

Entre rigueur et asphyxie : l’équilibre introuvable

La BCT se trouve confrontée à un dilemme classique : préserver les équilibres macroéconomiques sans étouffer l’activité. Mais la solution adoptée semble pencher dangereusement vers la restriction.

La discipline financière est nécessaire. Mais elle ne peut se substituer à une stratégie de développement. Sans vision claire, elle risque de devenir une fin en soi, au détriment de l’économie réelle.

Trouver l’équilibre suppose une approche plus nuancée, fondée sur une meilleure compréhension des chaînes de valeur, une coordination renforcée avec les politiques budgétaires et industrielles, et une transparence accrue dans la définition des objectifs.

 

Réguler la crise ou répéter l’histoire

Au terme de cette analyse, une impression persistante s’impose : celle d’une politique qui, faute de s’attaquer aux causes profondes, se contente de gérer les symptômes.

La circulaire n°2026-04 ne constitue ni une rupture, ni une innovation. Elle s’inscrit dans une continuité, celle des politiques de contrôle adoptées en période de tension, souvent avec des résultats mitigés.

La véritable question est ailleurs. Elle réside dans la capacité de la Tunisie à sortir de cette logique défensive pour construire une stratégie offensive, fondée sur la production, l’innovation et l’intégration dans les chaînes de valeur internationales.

À défaut, le risque est grand de voir se répéter un cycle désormais bien connu : restriction, contournement, inefficacité… puis abandon.

Et, entre-temps, une économie qui s’essouffle, lentement mais sûrement.

 

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(1) Joseph Schumpeter : Joseph Schumpeter (1883-1950) était un économiste et sociologue autrichien, naturalisé américain, considéré comme l’un des penseurs les plus influents du XXe siècle pour ses travaux sur l’innovation et la dynamique du capitalisme.

(2) Milton Friedman : né le 31 juillet 1912 à Brooklyn (New York) et mort le 16 novembre 2006 à San Francisco, est un économiste américain, considéré comme l’un des plus influents du XXe siècle[1]

Ardent défenseur du libéralisme, il obtient le prix dit Nobel d’économie en 1976. Il travaille sur des domaines de recherche aussi bien théorique qu’appliquée, étant à l’origine du courant monétariste, ainsi que le fondateur de l’École de Chicago. Il est également un commentateur politique et essayiste à succès.

Ses deux œuvres majeures sont d’abord son livre Capitalisme et liberté en 1962 puis sa série d’interventions télévisées en 1980 intitulée Free to Choose (en français La Liberté du choix).

Milton Friedman a inauguré une pensée économique d’inspiration libérale dont les prescriptions s’opposent de front à celle du keynésianisme. Ses idées ont eu une influence considérable dans le monde de la politique et de l’économie dans les années 1980.

 

(3) Joseph Stiglitz : né le 9 février 1943 à Gary (Indiana), est un économiste américain reconnu pour ses contributions à l’économie. 

Il a reçu le prix Nobel d’économie en 2001 pour ses travaux sur l’information asymétrique, en collaboration avec George Akerlof et Michael Spence. 

Stiglitz est actuellement professeur à la Columbia University et a été économiste en chef à la Banque mondiale de 1997 à 2000.

 

(4)  Friedrich Hayek : est un économiste et philosophe austro-britannique majeur du XXe siècle, figure centrale du courant libéral et de l’école autrichienne. Né en 1899 à Vienne et marqué par son expérience de la Première Guerre mondiale, il a consacré sa carrière à comprendre les crises économiques et à prévenir les déséquilibres systémiques.

Ses travaux portent notamment sur le rôle de l’information dans l’économie, les cycles économiques, les institutions et les limites de l’intervention étatique. Il soutient que les crises trouvent souvent leur origine dans des déséquilibres internes, notamment liés aux excès du système bancaire et aux distorsions monétaires.

Opposé à une vision trop mathématisée de l’économie, Hayek insiste sur la complexité des phénomènes économiques et sur l’incapacité des autorités centrales à disposer de toute l’information nécessaire pour piloter efficacement l’économie. Cette idée est au cœur de ses ouvrages majeurs, tels que La Route de la servitude (1944), La Constitution de la liberté (1960) et Droit, législation et liberté (1973).

Lauréat du prix Nobel d’économie en 1974 (partagé avec Gunnar Myrdal), il a profondément marqué la pensée économique en défendant un libéralisme fondé sur le rôle des institutions, la liberté individuelle et la méfiance à l’égard des interventions centralisées.

 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Tunisie : une entreprise annonce une “prime du bonheur”… et surprend ses salariés

01. April 2026 um 03:00

Dans un communiqué, diffusé tôt mercredi 31 mars (dans les premières heures de la journée), l’entreprise tunisienne RakraTech Group, présentée comme un acteur émergent des services numériques en Afrique du Nord et qui compte près de 150 employés, affirme avoir lancé un programme inédit de récompenses destiné à ses salariés.

Baptisé « Prime du bonheur », le dispositif promettrait des avantages pour le moins inattendus : trois jours de congé supplémentaires “à utiliser uniquement quand on en a vraiment besoin”, une allocation mensuelle pour “réduire le stress du café”, et même une prime spéciale attribuée aux employés capables de déconnecter totalement de leurs e-mails professionnels après 19 heures. Plus difficile à dire qu’à faire pour plusieurs d’entre nous, tant nous sommes devenus prisonniers de la technologie. 

Cela rappelle – mais en un peu moins fort – l’entreprise Firebondde Graham Walker qui a décidé en décembre dernier de distribuer 250 millions de dollars (provenant de la vente de ladite société) à ses 539 salariés… Bien évidemment à un certain nombre de conditions, dont la principale est que les salariés s’engagent à rester dans l’entreprise.  

 

Lire aussi: Patron généreux, employés heureux !

 

Revenons à RakraTech Group pour souligner que la direction affirme, dans son communiqué, vouloir « révolutionner la relation au travail » et « placer le bien-être avant la productivité ». Mieux encore : les salariés les plus performants pourraient gagner un “mois sabbatique rémunéré pour ne rien faire d’utile”, officiellement afin de stimuler la créativité. Vous avez bien lu « mois sabbatique… » !

Et comme vous pouvez vous en douter, cette annonce, relayée sur plusieurs groupes professionnels en ligne, a rapidement suscité l’étonnement. Certains internautes y voient une initiative audacieuse qui pourrait inspirer d’autres entreprises tunisiennes. D’autres, plus sceptiques, s’interrogent sur la crédibilité d’un programme qui promet également… une “prime d’optimisme” pour les employés qui arrivent au bureau en souriant trois semaines d’affilée. Comme quoi, il existe d’entreprises dans notre pays qui se soucient du bonheur de leurs employés. 

Du côté de RakraTech Group, on assure que cette politique sera évaluée après six mois. À moins, bien sûr, que ce communiqué ne cache simplement… un poisson d’avril particulièrement bien ficelé. Attendons voir.

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Gestern — 31. März 2026Leconomiste Maghrebin

Moncef Achour: « Pour une relance lucide du dialogue social »

31. März 2026 um 17:42

Dans l’ombre du congrès de l’UGTT à Monastir, l’analyse de Moncef Achour, revient sur l’importance du dialogue tripartite: État, syndicat, patronat  qui n’est pas une formalité, mais un levier vital contre les crises. Atténuant les clivages idéologiques, cette nouvelle direction syndicale ouvre une opportunité inédite : repenser les relations sociales dans un esprit de co-construction, loin des crispations stériles, pour restaurer la confiance et affronter les défis économiques actuels.

La nouvelle direction syndicale gagne en légitimité. L’enjeu ? « Une recomposition globale des relations tripartites, dans un esprit de responsabilité partagée. Depuis l’indépendance, la Tunisie brille par sa tradition de dialogue et de compromis. Même en temps de crise, un minimum  de reconnaissance mutuelle perdure. Ce patrimoine reste un levier clé pour un climat apaisé », a fait savoir Moncef Achour.

Le congrès révèle une évolution : atténuation des clivages idéologiques et des alignements partisans. Cela pave la voie à un syndicalisme recentré sur les vrais enjeux socio-économiques, loin de la polarisation politique.

L’État, via le ministère des Affaires sociales, doit jouer les médiateurs actifs  non des gestionnaires passifs. Comme l’affirmait Moncef Achour : « Le dialogue social n’est pas une concession, mais le socle de la stabilité nationale ».
L’urgence : des rencontres régulières entre gouvernement, UGTT et patronat, pour apaiser les tensions et rebâtir la confiance. À l’approche des réunions de l’OIT, une cohésion tunisienne renforcerait notre image ; une fragmentation l’affaiblirait.
L’histoire l’enseigne : Bourguiba et Hached, Nouira et Achour ont progressé par convergences intelligentes.

Moncef Achour le soulignait : « Les pactes contractuels triomphent des affrontements ; ils construisent l’avenir ». À l’inverse, les crispations génèrent des blocages coûteux, intenable en ces temps de crises économiques. À qui profite une relation dégradée ? Quel coût pour un dialogue affaibli à long terme ?

En somme, la Tunisie appelle un dialogue vivant, tourné vers les solutions. Passer de la méfiance à la co-construction : un choix stratégique, non nostalgique, pour sauvegarder notre modèle unique.

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