Tribune | Le droit, seul garant de la protection et de l’unité du peuple
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Les arènes se sont déplacées outre atlantique sans effusion de sang, pour la dernière édition de la Coupe du monde de football. Les joutes se sont passées dans des stades flambants neufs et retransmises en temps réel dans le monde entier. Sauf que le président américain Donald Trump y avait mis son grain de sel, en sifflant la fin de partie, sur un coup de tête, avant même d’y avoir donné le coup d’envoi. (Photo : Trump a dû remettre la coupe du monde de football à l’Espagne qu’il déteste cordialement et qui le lui rend très bien).
Mohsen Redissi *

L’herbe aux Etats-Unis est un gazon maudit, l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, désigné comme meilleur arbitre africain pour 2025, a été mis d’emblée hors-jeu. Trump a poussé le ballon trop loin, en brandissant le carton rouge, lui barrant la route du Mondial. Son sort était scellé avant même d’avoir frôlé le sol américain. Mauvaise pioche, un tirage qui n’était pas en sa faveur. Son origine et sa couleur de peau ont joué contre lui. Il a perdu contre Trump. Une ineptie à ajouter sur le passif du président de la première puissance mondiale.
La deuxième chance est venue du Canada qui a fait un croche-pied à Trump sans être pénalisé. Un bolide tiré de très loin. Touché par un mauvais tirage au sort et pour qu’il ne reste pas sur le banc des remplaçants, le Canada lui a offert la possibilité de porter la tenue qui colle à la couleur de sa peau, d’arbitrer des matchs sur son terrain. Une occasion unique pour lui pour mouiller son maillot ; son sifflet n’est pas resté muet pendant le Mondial. Il en a profité pour prendre quelque sirop d’érable pendant les pauses fraîcheur, nouvellement introduites pour plaire aux publicitaires et renflouer les caisses de la Fifa.
Charité bien ordonnée commence par soi-même. Benjamin Franklin, 6e président, 1785-1788, avait inventé le paratonnerre, l’harmonica de verre et les lunettes à double foyer. Trump, lui, vient d’inventer l’arbitrage à distance, on lui doit cette nouvelle initiative, peu louable.
Trump a donc récidivé et frappé fort. Il a eu le bras long, intervenant auprès d’amis très hauts placés qui ne lui refusent rien, même la violation de règles sportives qu’ils sont censées préserver jalousement quoi qu’il arrive. L’attaquant américain Folarin Balogun a écopé d’un carton rouge, synonyme d’expulsion pour le match d’après. Quarante-huit heures après les faits, Gianni Infantino, président de la Fifa, en plein mondial, a déclaré nul et non avenu le carton rouge qui lui a été infligé. Une première mondiale qui a mis en doute la crédibilité de l’instance mondiale et sa neutralité : elle s’est rabaissée et a bafoué ses propres règles pour faire honneur au pays hôte. Rien ne sera plus comme avant. La pause fraîcheur d’Infantino a été un peu plus longue que celle des joueurs.
Le comble de l’affaire, une requête identique de la Belgique déposée avant son match contre les Etats-Unis, a été jugée irrecevable par la même Fifa. Décision arbitraire condamnable. Le silence des foules et des autres équipes engagées dans la compétition a été assourdissant. Deux poids deux mesures. Les diables rouges comme l’Iran se sont retrouvés piégés, ils ont affronté seuls deux géants aux pieds d’argile, le président américain et celui de la Fifa. Le trophée est passé avant l’honneur ; les pays restés en course auraient pu faire bloc pour faire plier ceux qui jouaient en eaux troubles.
La Fifa a vite fait de changer de maillot en trouvant la parade. Pour laver l’affront, elle a suspendu le manager de la sélection américaine et le vice-président chargé de la sécurité. Deux boucs émissaires en somme.
L’atmosphère électrisée et le caractère belliqueux des rencontres ont déteint sur la qualité du jeu. Les erreurs d’arbitrage en faveur des grandes équipes, notamment l’Argentine, ont transformé les parties de football en combat de coqs.
Trump a laissé une empreinte indélébile sur cette édition. La question que l’on doit se poser est la suivante : le président d’un pays hôte, quel qu’il soit, a-t-il l’autorité d’annuler une décision de l’arbitrage ? Affaire à suivre, wait and see. La prochaine édition nous confirmera ou infirmera cette nouvelle tendance.
En fin de compte, le président américain n’est pas ‘Eliot Ness’, agent fédéral chef des ‘‘Incorruptibles’’. Trump est accusé d’avoir usé et abusé du rouge, du carton s’entend.
* Fonctionnaire à la retraite.
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Selon un communiqué de la présidence de la République, la réunion a porté sur la loi promulguée relative à l’approbation du Plan de développement 2026-2030. Au cours de cette réunion, Kaïs Saïed a évoqué la question de la dette, déclarant que « les dettes se sont accumulées sans que le peuple tunisien n’en bénéficie ». Le chef de l’État a également affirmé que « la Tunisie a honoré tous ses engagements et n’a accusé aucun retard dans le remboursement de ses obligations ».
Dans ce contexte, Kaïs Saïed a appelé à redoubler d’efforts afin de transformer ces dettes en investissements destinés à reconstruire les services publics, « tels que le souhaite le peuple tunisien », selon les termes du communiqué.
Le président de la République a, par ailleurs, déclaré que « la vie des États et des nations connaît des moments où les peuples sont au rendez-vous de l’Histoire pour faire l’Histoire comme ils le souhaitent ». Tout en ajoutant qu’« il n’y a pas de place, à ce moment, pour les mains tremblantes, les cœurs hésitants ou la pensée aliénée », conclut le communiqué de la présidence.
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La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge (photo), sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.
Imed Bahri
Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le Wall Street Journal.
Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.
Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.
Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant : «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus».
Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.
Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.
«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau», a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : «Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime».
Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.
Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.
Capital Economics prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.
La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.
L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.
Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.
Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.
«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront», a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.
Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.
Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.
Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.
Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.
Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.
L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.
L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.
À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.
«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge», a déclaré April Longley Alley.
Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.
Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.
Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.
À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.
Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.
Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: «Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle».
L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.
Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.
Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.
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Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a publié, le 19 juillet 2026, un communiqué où il exprime sa «profonde préoccupation à la suite de l’arrêt rendu le 13 juillet 2026 par la chambre criminelle du pôle anti-terroriste près la Cour d’appel de Tunis, portant à vingt-neuf ans d’emprisonnement la peine infligée au magistrat Béchir Akremi, aggravant ainsi la condamnation de vingt-trois ans prononcés en première instance.»
Détenu depuis le 12 février 2023, Béchir Akremi fait l’objet de plusieurs procédures pénales engagées à la suite de l’exercice de ses fonctions de procureur de la République puis de premier juge d’instruction dans plusieurs dossiers particulièrement sensibles, notamment ceux relatifs aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, ajoutant que le pouvoir lui reproche notamment d’avoir omis d’exécuter un mandat d’amener, d’avoir dissimulé des éléments de procédure et d’avoir commis diverses irrégularités dans la conduite de certaines enquêtes. «Sa défense conteste fermement ces accusations, estimant que les poursuites sont dépourvues de fondement sérieux et qu’elles s’inscrivent dans une entreprise plus large d’instrumentalisation de la justice visant des magistrats devenus indésirables», souligne le CRLDHT, en faisant observer que cette condamnation intervient dans un contexte de «transformation profonde du système judiciaire tunisien depuis le 25 juillet 2021», après «la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature élu, la révocation de cinquante-sept magistrats par décret présidentiel, les poursuites engagées contre plusieurs juges, les pressions exercées contre les avocats, les journalistes et les opposants politiques, ainsi que la multiplication des procès à caractère politique, traduisant une dégradation continue des garanties de l’État de droit et de l’indépendance de la justice.»
Cette affaire intervient aussi après plusieurs autres procédures dirigées contre des magistrats, notamment le juge Hamadi Rahmani et Anas Hmadi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), rappelle encore le CRLDHT qui «condamne cette nouvelle aggravation de la peine prononcée contre le juge Béchir Akremi» et «appelle à mettre fin aux poursuites et aux mesures de représailles visant les magistrats en raison de l’exercice de leurs fonctions ou de leurs positions professionnelles.»
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