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Football | Comment les compositions changent la lecture d’un match

15. September 2026 um 13:48

En football, une composition d’équipe ne se limite pas à onze noms. Elle révèle une hiérarchie, des rôles et des choix de rythme. Ces éléments modifient la manière dont un match peut se dérouler. (Photo : Tableau de tactique de football avec des pions de joueurs, à côté d’un terrain de stade.).

Les cotes affichées sur 1xBet mobile Sénégal constituent une photographie du marché à un moment donné. Elles peuvent évoluer après une annonce officielle.

Les rôles comptent plus que les réputations

L’absence d’un joueur reconnu attire souvent les commentaires. Son rôle concret compte pourtant davantage que son nom. Un milieu défensif, par exemple, influence à la fois la récupération et la protection de la défense.

Un ailier remplacé par un profil plus axial peut réduire les situations de débordement. À l’inverse, un latéral offensif peut donner davantage de largeur. Le dessin tactique annoncé permet de repérer ces changements avant le coup d’envoi.

La continuité entre les joueurs reste également importante. Deux défenseurs centraux habitués à évoluer ensemble communiquent différemment d’une paire recomposée. Cela ne garantit aucun résultat, mais décrit une source possible d’incertitude.

Le gardien mérite une lecture séparée. Son jeu au pied peut faciliter une relance courte ou imposer des dégagements plus directs. Cette différence agit sur le pressing adverse et sur le nombre de ballons disputés au milieu.

Les informations disponibles avant le coup d’envoi

La feuille de match fournit plusieurs indices vérifiables. Elle indique les titulaires, le banc et les positions de départ annoncées. Les changements de dernière minute restent possibles, mais ils sont moins fréquents après la publication officielle.

Trois points permettent d’organiser cette lecture :

  1. Le poste du joueur absent indique la zone la plus susceptible de changer.
  2. Le remplaçant annoncé montre si l’équipe conserve ou adapte son système.
  3. Le banc précise les options disponibles pour modifier le rythme après la pause.

Les règles internationales donnent un cadre à cette dernière donnée. L’IFAB prévoit que les compétitions autorisant cinq remplacements limitent généralement chaque équipe à trois fenêtres de changements. Les remplacements effectués à la mi-temps ne comptent pas dans ces fenêtres.

Cette règle donne une valeur tactique au banc, sans prédire son utilisation. Un entraîneur peut conserver ses changements pour la dernière demi-heure. Un autre peut modifier rapidement son milieu après une première période déséquilibrée.

Les cotes face aux annonces d’équipe

Après la publication des compositions, les marchés ajustent parfois leurs prix. Une cote plus basse traduit surtout une modification de l’opinion collective. Elle ne mesure pas, à elle seule, l’impact exact d’une absence ou d’un retour.

Les données visibles sur 1xBet Sénégal peuvent ainsi servir de repère chronologique. Comparer un prix d’ouverture avec celui affiché après les équipes permet d’identifier un mouvement. L’explication reste à chercher dans les informations sportives disponibles.

Un changement de gardien peut influencer un marché différemment d’un changement d’ailier. Tout dépend de la structure de l’équipe, du style adverse et de la profondeur du banc. Une même annonce peut donc avoir des effets opposés selon le contexte.

Les communiqués du club, l’horaire du match et les absences déjà connues complètent cette lecture. Une réaction forte à une information attendue n’a pas le même sens qu’une réaction à une blessure annoncée tardivement. La chronologie évite de confondre nouveauté et confirmation.

Un scénario qui reste ouvert

La composition donne une base de lecture, mais le ballon, le rythme et les décisions de jeu restent déterminants. Une équipe prudente sur le papier peut presser très haut. Une équipe offensive peut ralentir la rencontre après avoir marqué.

Les premières minutes apportent souvent des indications plus concrètes. La position des latéraux, la hauteur du bloc et la répartition des ballons arrêtés précisent les intentions. Ces observations complètent la feuille de match au lieu de la remplacer.

Le score final ne valide pas automatiquement une lecture initiale. Un carton, une blessure ou un rebond peuvent déplacer le scénario rapidement. Les compositions restent donc un élément d’analyse parmi d’autres, et non une certitude.

La météo, la fatigue et l’enchaînement des rencontres influencent aussi les choix de départ. Ces données doivent être replacées dans le contexte du tournoi. Elles expliquent parfois une rotation sans en faire une preuve de faiblesse.

Le calendrier et l’importance de la rencontre restent donc indispensables à toute interprétation.

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Hammamet accueille le championnat d’Afrique de golf 2026

15. September 2026 um 12:16

La Fédération tunisienne de golf (FTG), créée en 1992, va accueillir pour la première fois de son histoire les plus grands golfeurs du continent africain au golf Citrus à Hammamet, pour le Championnat d’Afrique de golf, du 14 au 17 octobre 2026.

Ce sera un grand rendez-vous pour tous les joueurs amateurs de golf sur le sol africain soucieux de réaliser un bon chemin pouvant les mener au circuit pro.

L’édition tunisienne connaitra un nombre record de participants avec la présence de 19 pays (Algérie, Botswana, Cameroun, Egypte, Gabon, Ghana, Kenya, Libye, Ile Maurice, Maroc, Réunion, Afrique du Sud, Seychelles, Sierra Leone, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe et Tunisie).

La Tunisie accueillera par la même occasion l’assemblée générale de la Confédération africaine de golf (CAG) qui se tiendra le vendredi 16 octobre a Hammamet et qui devra élire le nouveau bureau exécutif de l’instance africaine pour le mandat 2026-2030.

Outre les dirigeants du golf en Afrique, bon nombre d’invités parmi les responsables du golf mondial seront également présents.

Appelée à défendre les couleurs nationales à cet important rendez-vous, la sélection tunisienne poursuit sa préparation au Golf Citrus Hammamet. Rabeh Bedoui, Baha Boulakmine et Aziz Dardouri effectuent des séances quotidiennes sous la férule de l’entraineur national Hatem Nasr, alors que Mehdi Ben Youssef se prépare d’arrache pied aux Etats-Unis afin d’être fin prêt le jour J.

Le comité d’organisation est, lui aussi, au four et au moulin ces derniers temps en vue d’assurer le meilleur séjour possible aux hôtes de la Tunisie ainsi que le succès à cet événement sportif continental.

Une conférence de presse se tiendra pour présenter l’événement est prévue le 14 octobre au Golf Citrus, juste avant le démarrage des compétitions.

I. B.

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Industrie | Eurostat Group s’implante en Tunisie

15. September 2026 um 11:38

Eurostat Group, spécialiste de la protection ESD* pour l’électronique sensible, a inauguré son site tunisien, le lundi 14 septembre 2026, implantation qui renforce la présence industrielle du groupe Eurostat en Afrique du Nord et complète ses capacités de production en Europe.

Le site tunisien de 1500 m2 est consacré notamment au thermoformage, à l’usinage de moules et de pièces spécifiques pour l’assemblage de produits ESD* destinés à l’industrie électronique.

Eurostat Tunisie dispose de deux lignes de thermoformage, de deux centres d’usinage et d’un atelier d’assemblage de produits spécifiques dédiés à l’électronique sensible. Il s’appuie également sur une équipe locale dédiée à la production, au développement commercial et à différentes fonctions de support du groupe. L’extension tunisienne représente au total 28 collaborateurs et devrait continuer à augmenter dans les prochains mois.

À travers cette implantation, Eurostat souhaite rapprocher ses capacités industrielles de ses clients présents en Tunisie et répondre plus directement aux besoins du marché local de l’électronique sensible, avec une offre associant production locale et disponibilité de stock dédié au marché tunisien.

Mais aussi, grâce à l’écosystème électronique tunisien, Eurostat Tunisie devient pour le groupe Eurostat le site de compétence du groupe pour les produits assemblés. Il hébergera aussi des fonctions groupe pour aider les opérations en France, Italie, Allemagne et Europe centrale. Et enfin il aura la mission de développer les ventes du groupe Eurostat sur le marché MEA. A terme, 20% de la valeur du groupe sera générée par ce site.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadrice de France Anne Guéguen et du directeur des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et des matériaux de construction au sein du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slim Ferchichi.

Basée à Toulouse en France et active dans la fabrication, la conception et la distribution de produits de manutention, de stockage et de protection contre les nuisances électrostatiques en milieu électronique. Avec 50 ans d’expérience et de savoir-faire de pointe et plus de 10 millions d’euros d’investissements réalisés à ce jour, Eurostat dispose de 3 usines en France, en Pologne et en Tunisie, emploie 150 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, dont 80 % réalisés à l’export.

* Acronyme anglais Electro Static Discharge – désignant les décharges électrostatiques.

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La Tunisie œuvre pour une refonte globale de la loi antidrogue

15. September 2026 um 10:23

Renforcement des moyens d’enquête face aux réseaux internationaux de trafic de drogue ; 15 000 affaires liées à ce fléau enregistrées en 2025 (contre «seulement» 5000 en 2022) : la Tunisie envisage de réviser la loi n° 52 de 1992 relative aux stupéfiants afin d’adapter les moyens d’enquête à l’évolution des réseaux criminels et des trafics internationaux, de plus en plus liés aux nouvelles technologies et aux itinéraires transfrontaliers.

C’est ce qu’a indiqué à la télévision nationale Mohamed Ali Chaïbi, responsable du service antidrogue de la police judiciaire d’El Gorjani.

Selon lui, le ministère de l’Intérieur travaille à la révision de cette réglementation, qui n’avait été que partiellement modifiée en 2017.

Parmi les outils réclamés par les forces de sécurité figurent des techniques d’enquête spéciales — telles que l’interception des communications et les opérations d’infiltration — qui doivent faire l’objet d’un encadrement législatif explicite.

15 253 affaires en 2025, impliquant 27 338 suspects

Le dossier est déjà à l’étude auprès des institutions concernées. La Commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examine actuellement la proposition de loi n° 11/2025 visant à modifier la loi n° 52, tandis que des représentants du ministère de l’Intérieur ont informé le Parlement qu’une commission interministérielle travaillait sur un projet plus vaste de refonte globale de la législation antidrogue.

Cette initiative législative est motivée par l’évolution rapide du phénomène. Selon les données du ministère de l’Intérieur présentées au Parlement, 15 253 procédures pour des infractions liées aux stupéfiants ont été enregistrées en Tunisie en 2025, impliquant 27 338 personnes. 89 % d’entre elles étaient âgées de 19 à 40 ans. Le Grand Tunis, la bande côtière et certaines zones du nord-ouest figurent parmi les régions les plus touchées par la consommation et le trafic.

La Tunisie, carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres

Les autorités soulignent tout particulièrement le caractère de plus en plus transnational de ce trafic. M. Chaïbi a qualifié la Tunisie de carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres et a désigné la frontière avec la Libye comme l’un des points d’entrée pour la cocaïne, l’ecstasy et les substances psychotropes. La propagation de la prégabaline, commercialisée sous des marques telles que Lyrica, suscite également des inquiétudes, cette substance ayant désormais alimenté un véritable marché intérieur.

Selon le responsable de la lutte contre la drogue, les quantités de cocaïne et de comprimés psychotropes saisies ont considérablement augmenté au cours des cinq dernières années. En septembre 2025, les autorités avaient annoncé la saisie, au port de Radès, d’environ 12 millions de comprimés à base de prégabaline dissimulés dans un conteneur en provenance d’Europe, l’une des plus importantes opérations de ce type jamais réalisées dans le pays.

Le débat sur la réforme porte toutefois aussi sur le traitement réservé aux consommateurs. Des médecins spécialistes des addictions et des représentants des pharmaciens, auditionnés ces derniers mois par le Parlement, ont demandé une distinction plus nette entre le consommateur et le trafiquant ; ils préconisent une approche sanitaire, psychologique et sociale pour les personnes souffrant d’addiction, tout en concentrant la réponse répressive sur les organisations criminelles et le trafic, notamment en milieu scolaire. Cette question a pris une importance accrue à l’approche de la rentrée scolaire.

Le 11 septembre, le président Kaïs Saïed a accordé sa grâce à un groupe d’étudiants et d’élèves incarcérés pour consommation ou détention de stupéfiants — sans lien avec des activités de trafic — dans le but déclaré de leur permettre de reprendre leurs études.

Parallèlement, le ministère de la Famille a lancé un programme national de prévention ciblant en priorité les enfants, les adolescents et les familles.

I. B.

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Tunisie | Les crues des oueds perturbent le transport du phosphate  

15. September 2026 um 09:50

Les fortes pluies qui se sont abattues le week-end dernier sur le bassin minier de Gafsa, dans le sud-ouest de la Tunisie, ont provoqué la crue de plusieurs oueds et causé d’importants dégâts au réseau ferroviaire dans la zone de Métlaoui et d’Oum Larayes. Ces intempéries ont contraint à interrompre le transport ferroviaire de phosphate et à suspendre la circulation des trains sur les tronçons concernés, dans l’attente du rétablissement des conditions de sécurité.

La zone montagneuse du Jebel Thelja a été particulièrement touchée ; elle est traversée par l’oued du même nom ainsi que par la ligne ferroviaire reliant les sites miniers du bassin de Gafsa.

La crue soudaine de l’oued Thelja a submergé certains segments de voie, causant des dommages notamment au niveau des gares de Thelja et de Kef Eddour, l’un des principaux pôles de lavage et de manutention du phosphate de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

L’écoulement des eaux a compromis le fonctionnement de certaines parties de l’infrastructure ferroviaire, rendant nécessaire la suspension du trafic dans les secteurs endommagés en attendant des vérifications techniques.

Avant de pouvoir autoriser à nouveau le passage des convois, il faudra contrôler la stabilité de l’assiette de la voie, les rails et les installations, tout en procédant à des travaux de remise en état aux endroits érodés ou touchés par la crue.

Les intempéries ont également affecté le personnel des chemins de fer et de la compagnie des phosphates.

Samedi, la Protection civile de Métlaoui a porté secours à trois employés de la SNCFT et de la CPG, piégés dans une gare ferroviaire à la suite de la montée soudaine des eaux de l’oued Thelja. L’eau avait encerclé le bâtiment, empêchant les hommes de sortir en toute sécurité. On a par ailleurs signalé que d’autres cheminots s’étaient retrouvés bloqués sur les hauteurs du Jebel Thelja, surpris par la crue.

L’interruption concerne en premier lieu les convois utilisés pour le transport du phosphate depuis les sites d’extraction de la région. La voie ferrée constitue en effet l’un des axes essentiels de la filière minière tunisienne, reliant notamment les sites de Redeyef, Métlaoui, Oum Larayes et Kef Eddour aux installations de transformation et aux terminaux industriels du pays. Une prolongation de l’arrêt pourrait donc ralentir l’acheminement du minerai vers les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), à Sfax et Gabès.

Les services techniques de la SNCFT et de la CPG sont en train d’évaluer l’ampleur des dégâts et d’œuvrer pour remettre en état les tronçons ferroviaires touchés par les eaux.

Aucune estimation officielle des coûts ni aucune date précise pour le rétablissement complet de la circulation sur les sections du Jebel Thelja affectées par la crue n’ont été communiquées.

I. B.

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Tunisie | Un été 2026 particulièrement chaud

15. September 2026 um 09:31

Août 2026 a été le mois d’août le plus chaud jamais enregistré en Tunisie depuis le début des relevés en 1950, indique le bilan climatique préliminaire de l’Institut national de la météorologie (INM), ajoutant que la température moyenne nationale a atteint 32,3 degrés, soit une anomalie positive de 3,4 degrés par rapport à la moyenne climatique de référence (28,9 degrés).

Selon l’INM, cette donnée confirme une situation de «chaleur exceptionnelle» à l’échelle nationale et s’inscrit dans un été marqué par la persistance des vagues de chaleur. Le mois de juillet précédent s’était déjà classé au deuxième rang des mois de juillet les plus chauds enregistrés en Tunisie depuis 1950, avec une température moyenne de 31,7 degrés et, là aussi, un écart de 3,4 degrés par rapport à la normale.

Le graphique élaboré par l’institut météorologique, basé sur la période de référence climatique 1991-2020, montre également que les anomalies thermiques positives pour le mois d’août sont devenues plus fréquentes ces dernières années, la valeur de 2026 atteignant le niveau le plus élevé de toute la série analysée.

Ce record tunisien s’inscrit dans un contexte de températures exceptionnellement élevées à l’échelle internationale : selon le service européen Copernicus, le mois d’août 2026 a été le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial, avec une température moyenne de 16,96 degrés.

Pour les mois à venir, l’INM prévoit des températures supérieures aux normales saisonnières sur l’ensemble de la Tunisie durant l’automne, entre septembre et novembre, accompagnées de précipitations susceptibles d’être légèrement supérieures aux moyennes de saison.

I. B.

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Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats

15. September 2026 um 08:59

L’Algérie a justifié la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis par «une accumulation d’actes provocateurs et hostiles» sans pour autant révéler «ces actes». Aucune explication. En réalité, cette rupture n’est pas un différend bilatéral, c’est l’influence régionale grandissante de l’Axe Rabat-Abou Dhabi-Tel Aviv qui agace Alger, un axe concurrent et aux intérêts divergents. Le modèle d’influence des Émirats gagne en puissance alors le modèle traditionnel de l’Algérie est confronté à une pression grandissante et ses outils ne sont plus efficaces et adaptées au contexte régional actuel. L’architecture régionale est en pleine mutation et l’influence n’est plus dictée automatiquement par la taille du territoire. La donne a changé et les outils ont évolué. (Photo : Abdelmadjid Tebboune discute avec Mohammed Ben Zayed , lors du sommet du G7 en Italie le 14 juin 2024).

Imed Bahri

L’analyste politique marocain Amine Ayoub a publié une analyse dans Ynet Global, version anglophone en ligne du journal israélien Yediot Aharonot, dans laquelle il revient sur le divorce houleux entre Alger et Abou Dhabi. Selon lui, lorsque l’Algérie a ordonné à l’ambassadeur des Émirats de quitter son territoire sous quarante-huit heures, le 10 septembre 2026, et a annoncé des restrictions visant les aéronefs militaires et civils immatriculés aux Émirats —tout en exemptant les vols commerciaux jusqu’à la fin de l’année—, cette rupture a immédiatement mis en lumière un réalignement régional plus profond. Les déclarations officielles algériennes ont fait état d’une accumulation d’actes «provocateurs et hostiles», sans toutefois désigner un incident déclencheur unique.

Deux modèles de puissance régionale distincts

Abou Dhabi a exprimé ses regrets et a dit espérer que cette rupture pourrait, à terme, être annulée. L’absence d’une cause bien déterminée est, en soi, un élément révélateur. Il ne s’agit pas tant d’un différend bilatéral que d’une confrontation ouverte entre deux modèles de puissance régionale distincts, s’étendant de l’Afrique du Nord au Sahel et au Moyen-Orient au sens large.

L’Algérie s’appuie sur un modèle étatique fondé sur l’étendue de son territoire, ses ressources énergétiques, sa capacité militaire et une diplomatie formelle.

Les Émirats, quant à eux, opèrent selon un modèle en réseau, déployant capitaux, logistique, infrastructures commerciales et partenariats de sécurité ciblés bien au-delà de leurs frontières. Dans des environnements politiques fragmentés, ce modèle en réseau permet de générer un levier d’influence plus rapidement et avec plus de souplesse que le poids géographique traditionnel.

Cette différence est devenue de plus en plus manifeste à mesure que l’Algérie et les Émirats ont poursuivi des intérêts divergents sur plusieurs théâtres régionaux au cours des dernières années.

Le Maroc, ligne de fracture

Le Maroc en offre l’illustration la plus frappante. Pendant des décennies, la rivalité entre Alger et Rabat a été centrée sur la question du Sahara occidental, l’Algérie apportant un soutien de longue date au Front Polisario. La nature de cette confrontation bilatérale a changé en novembre 2020, lorsque les Émirats ont ouvert un consulat à Laâyoune, dans la partie marocaine du territoire contesté, et exprimé leur soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Cette initiative s’inscrivait dans le contexte de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël dans le cadre des Accords d’Abraham et de la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Il n’en a pas résulté une alliance militaire formelle dirigée contre l’Algérie mais plutôt un réseau de plus en plus dense de partenariats qui se chevauchent. Parmi les exemples concrets, on peut citer les investissements émiratis dans les infrastructures et l’énergie au Maroc —notamment des projets majeurs dans les secteurs de l’eau et de l’électricité— ainsi que le développement, depuis 2020, d’une coopération industrielle et de défense entre Rabat et Tel Aviv.

La portée de ces initiatives dépasse le simple cadre économique. Selon Amine Ayoub, elles renforcent les capacités du Maroc, approfondissent ses partenariats extérieurs et confèrent à des acteurs tiers des intérêts croissants dans l’environnement stratégique entourant le Sahara occidental, autant de formes d’influence que l’Algérie ne peut aisément contrer par la diplomatie traditionnelle ou des pressions bilatérales.

Le Maroc ne fait plus face à l’Algérie en tant que voisin isolé. Cela s’inscrit dans un réseau en pleine expansion reliant Rabat, Abou Dabi, Tel Aviv et Washington. Pour Israël, cet aspect est crucial, car la relation avec le Maroc renforce sa présence stratégique et ses liens de défense vers l’ouest. La coopération avec Rabat étend l’influence d’Israël le long des façades atlantique et méditerranéenne de l’Afrique du Nord, selon des modalités inédites il y a dix ans.

La combinaison de la reconnaissance diplomatique, des investissements économiques et de la coopération sécuritaire a modifié l’équilibre des influences aux abords de la frontière occidentale de l’Algérie, sans pour autant nécessiter un pacte militaire formel.

Cette évolution a des conséquences concrètes sur la manière dont l’Algérie évalue ses options régionales et sur la façon dont les puissances extérieures interagissent avec le Maghreb.

Le Sahel, théâtre d’une rivalité plus profonde

Une évolution parallèle s’observe au sud de l’Algérie. Alger a longtemps considéré le Sahel comme un terrain privilégié pour la médiation diplomatique. L’Accord d’Alger de 2015 sur le Mali a marqué l’apogée de cette approche, fondée sur des négociations formelles entre États et des engagements institutionnels. Les coups d’État militaires survenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2020 et 2023 ont bouleversé le paysage institutionnel sur lequel reposait la diplomatie algérienne.

Les nouveaux gouvernements militaires se sont montrés moins réceptifs aux médiations extérieures, perçues comme une entrave à leur souveraineté et plus ouverts à des partenariats alternatifs offrant des ressources sans les mêmes conditions politiques.

Des acteurs extérieurs proposant des ressources flexibles ont investi l’espace ainsi libéré. ​​Les Émirats ont apporté capitaux, projets commerciaux et capacités logistiques dans des zones où l’Algérie misait davantage sur la proximité géographique et une médiation fondée sur la souveraineté.

Dans la Corne de l’Afrique, les investissements émiratis dans les infrastructures portuaires, aériennes et de sécurité —notamment leur présence de longue date à Berbera dans le Somaliland— ont créé des canaux d’influence opérant largement en dehors des cadres traditionnels de médiation diplomatique. Ces relations confèrent à Abou Dhabi un accès concret et un levier d’action, même là où les institutions politiques formelles sont faibles ou fragmentées.

Ce contraste est également visible en Libye. L’Algérie a généralement privilégié les institutions formelles et les processus soutenus par l’Onu visant la réconciliation nationale. À l’inverse, les Émirats ont entretenu des liens plus étroits avec les forces militaires de l’Est associées à Khalifa Haftar, privilégiant des objectifs sécuritaires ciblés au détriment de règlements politiques globaux. Cette divergence d’approche ne relève pas de la simple tactique, elle reflète deux conceptions distinctes de l’exercice de l’influence dans des contextes politiques fragmentés où l’autorité de l’État est contestée ou incomplète.

Le cas du Soudan accentue cette même divergence. Les Émirats ont fait face à de graves accusations de la part d’enquêteurs de l’Onu et de Human Rights Watch concernant des réseaux assurant la logistique et le soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), Abou Dabi dément fermement avoir apporté un tel soutien. Au-delà du différend sur ces accusations précises, cet épisode illustre une tendance plus large.

Dans des environnements politiques fragmentés, les capitaux, la logistique et les réseaux informels peuvent générer un levier d’influence plus rapidement que la médiation diplomatique traditionnelle. Pour l’Algérie, cela représente un défi majeur, alors que les États africains fragiles deviennent le théâtre d’une concurrence accrue pour l’influence extérieure.

Israël, bénéficiaire discret

L’auteur estime que l’angle israélien constitue l’élément le plus déterminant de cette rupture, bien qu’il faille l’aborder avec précaution. Il considère qu’Israël n’est pas à l’origine de la rupture entre Alger et Abou Dabi mais cette que rupture renforce une configuration régionale dans laquelle le Maroc et les Émirats sont de plus en plus liés à Israël, tandis que l’Algérie demeure en marge de ce réseau.

Les Accords d’Abraham ne se limitaient pas à de simples accords commerciaux bilatéraux. Ils ont jeté les bases de partenariats croisés dans les domaines du renseignement, de la sécurité maritime, de la défense aérienne et des technologies de défense. L’intensification de la coopération entre Israël, le Maroc et les Émirats a tissé une toile de plus en plus dense de relations sécuritaires couvrant certaines parties de l’Afrique du Nord.

Ces relations englobent une coopération industrielle dans le domaine de la défense, le partage de renseignements sur les menaces communes et une coordination des positions diplomatiques sur des questions régionales clés. L’Algérie, qui applique une politique stricte de non-normalisation et place la question palestinienne au cœur de son identité régionale, reste en dehors de ce réseau.

Et Washington dans tout ça !

La politique américaine doit éviter de considérer l’Algérie et les partenaires des Accords d’Abraham comme des piliers interchangeables de sa stratégie en Afrique du Nord. L’Algérie demeure un fournisseur d’énergie important pour l’Europe et conserve un rôle dans certains dispositifs de lutte antiterroriste. Toutefois, sa posture stratégique est limitée par une doctrine d’autonomie et par des liens étroits en matière de défense avec des fournisseurs non occidentaux. Selon les données du Sipri*, la Russie a représenté 48% des importations d’armes majeures de l’Algérie entre 2020 et 2024, alors même que le volume global des importations d’armes algériennes a diminué en valeur absolue sur cette période, chutant d’environ 73% par rapport au quinquennat précédent.

Dans son analyse, Amine Ayoub estime que Washington aurait tout intérêt à accorder une importance accrue au réseau Maroc-Israël-Émirats en tant que cadre émergent pour la sécurité régionale, le commerce et la coopération technologique, tout en maintenant un engagement pragmatique avec l’Algérie lorsque les intérêts américains l’exigent.

Il convient également d’encourager les partenaires à la prudence sur les théâtres d’opérations africains fragiles afin que les rivalités n’exacerbent pas les conflits et ne profitent pas, en fin de compte, aux acteurs hostiles.

L’objectif ne doit pas être d’isoler l’Algérie de façon permanente. Il s’agit de reconnaître que l’architecture régionale est en pleine mutation et d’aligner la politique américaine sur les partenaires les plus disposés et les plus aptes à approfondir la coopération concrète en matière de sécurité et d’intérêts économiques communs.

Un ordre régional en mutation 

La rupture entre l’Algérie et les Émirats ne signifie pas l’effondrement de la diplomatie arabe. Elle confirme que l’influence régionale ne se transmet plus automatiquement par la taille du territoire ou une hiérarchie formelle. Le pouvoir se génère de plus en plus grâce à la mobilité des capitaux, aux infrastructures commerciales, aux réseaux logistiques et aux partenariats de sécurité adaptatifs qui transcendent les frontières traditionnelles.

L’Algérie conserve des atouts considérables : son territoire, ses ressources énergétiques, une armée puissante et des décennies d’expérience diplomatique. Ces atouts demeurent pertinents. Toutefois, ils se traduisent moins efficacement en ce levier d’influence transfrontalier propre aux puissances agissant en réseau.

La rupture entre Alger et Abou Dhabi n’a pas engendré le nouvel ordre régional, elle a mis en lumière l’ampleur de l’érosion de l’ancien.

L’avantage dont bénéficie Israël ne réside donc ni dans une nouvelle alliance spectaculaire ni dans un gain militaire immédiat. Il tient à l’expansion constante d’un réseau stratégique dans une région où la position de l’Algérie est de plus en plus contestée. Dans la nouvelle configuration qui se dessine en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, le Maroc et les Émirats arabes unis renforcent leurs liens avec Tel Aviv, tandis que l’Algérie s’éloigne davantage de cette dynamique émergente. C’est pourquoi, selon Amine Ayoub, Israël s’impose comme le vainqueur discret.

* L’indice ou les bases de données du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) mesurent les dépenses militaires mondiales, le volume des transferts d’armes et la production d’armements à travers des rapports de référence.

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Omar Oueslati à ses collègues | «Les gens n’oublient pas l’injustice qu’ils ont subie»

15. September 2026 um 08:56

Dans un message à ses collègues, posté lundi 14 septembre 2026 sur les réseaux sociaux, à l’occasion de la nouvelle année judiciaire, que nus traduisons ci-dessous, le magistrat Omar Oueslati, ancien membre de Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica), leur a lancé : «Rappelez-vous que derrière chaque dossier se trouve un être humain… et que chaque jugement aura un impact susceptible de perdurer toute une vie…»

«Mon message à votre intention : une nouvelle année judiciaire s’ouvre, apportant avec elle une multitude de dossiers, des droits en attente et des destins suspendus à la décision de juges qui ne connaissent d’autre boussole que l’équité. N’oubliez jamais que derrière chaque dossier se trouve un être humain, et que chaque jugement laisse une trace susceptible de perdurer toute une vie. Les gens peuvent oublier le nom du juge, mais ils n’oublient ni la justice qui leur a rendu leurs droits, ni l’injustice qu’ils ont subie.

«La magistrature est un engagement sacré qui ne souffre aucun compromis, une indépendance qui ne plie devant rien, et une intégrité qui ne se mesure pas aux mots, mais aux actes lorsque les pressions s’intensifient. Faisons en sorte que nos décisions soient justes, que nos consciences soient plus fortes que toute influence et que nos jugements témoignent en notre faveur, et non contre nous. Le marteau peut se taire lorsque le juge quitte son siège, mais l’écho d’un jugement équitable ne s’éteint jamais, et son impact demeure. Une nouvelle année judiciaire commence… Portons cette responsabilité comme il se doit : dans la justice, l’intégrité et la dignité. Car la justice est une sécurité à laquelle nous aspirons tous ; c’est une responsabilité qui n’incombe pas à un seul individu, mais à nous tous.»

I. B.

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Les gouvernances archaïques face à l’IA partagée

15. September 2026 um 08:10

Le débat mondial sur le ralentissement de la course à l’intelligence artificielle (IA) est quasi systématiquement présenté sous l’angle des failles sécuritaires, de la cybersécurité ou des risques d’alignement. L’actualité récente — entre restrictions d’accès aux modèles de frontière, souveraineté sur les données et contrôles à l’exportation des briques algorithmiques — semble donner raison aux prudents. Pourtant, cette lecture purement technologique occulte l’essentiel : la rupture provoquée par l’IA n’est pas d’ordre technique, elle est éminemment politique et systémique. (Illustration de l’article gérée par IA).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Les structures d’autorité traditionnelles — qu’elles soient technocratiques, bureaucratiques ou patriarcales — ont historiquement fondé leur hégémonie sur trois piliers : la rétention d’information, le monopole de l’expertise et l’opacité des arbitrages. Dans ces systèmes verticaux, le statut social, le réseau de cooptation et le poids de la hiérarchie ont longtemps prévalu sur la rigueur de la preuve et l’efficacité opérationnelle.

Contrairement aux idées reçues, l’IA ne constitue ni une entité autonome étrangère à notre espèce, ni une boîte noire magique dispensée d’expertise humaine. Elle est le réceptacle et le condensateur de la mémoire, de la logique et de la connaissance accumulées par l’humanité depuis des siècles. Certes, l’outil nécessite un cadre d’ingénierie rigoureux pour éviter les biais et les hallucinations, mais en rendant ce patrimoine intellectuel collectif immédiatement accessible à tout individu, l’IA opère une redistribution radicale de la puissance cognitive.

L’IA vient désintégrer ce modèle de domination.

Dès lors que la donnée devient vérifiable et le savoir partagé, l’asymétrie d’information s’effondre. Un citoyen, un cadre bancaire ou un chercheur armé d’une capacité d’analyse globale et impartiale peut instantanément challenger un dogme administratif, pointer l’incohérence d’un choix d’investissement ou exposer les failles d’une décision publique. L’argument d’autorité cède irréversiblement la place à l’exigence d’objectivité.

La véritable menace perçue par les gouvernances vieillissantes ne réside donc pas dans les risques de cybersécurité — que l’ingénierie sait parfaitement cloisonner par des architectures souveraines —, mais dans cette démocratisation sans précédent de la raison analytique. Une population disposant d’un accès direct à une intelligence partagée devient infiniment plus difficile à maintenir dans la dépendance, la bureaucratie ou la soumission statutaire.

Il ne s’agit pas de prôner un utopisme technologique naïf ou de nier la nécessité d’un cadre réglementaire strict. Il s’agit de refuser que le prétexte sécuritaire serve de bouclier au statu quo. Plutôt que d’agiter le spectre de la menace technologique pour préserver des rentes de position dépassées, nos institutions doivent opérer leur propre mutation : passer d’une gouvernance fondée sur la rétention et le statut à une gouvernance fondée sur la transparence, la logique de la preuve et l’ingénierie d’exécution.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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ISO 9001:2026 | Vers un système de management intelligent et durable  

15. September 2026 um 07:25

De 1987 à 2026, le parcours de l’ISO 9001 est l’histoire du passage de la qualité comme conformité vers un système de management véritablement intelligent, agile, résilient et orienté vers la création durable de valeur et de richesse, tant économiques que sociales.

Taoufik Halila & Mohamed Férid Herelli *

Depuis sa première publication en 1987, ISO 9001 s’est imposée comme la référence internationale du management de la qualité. Plus qu’une simple norme de conformité, elle a progressivement accompagné la transformation des entreprises, des administrations et des organisations en faisant évoluer leur manière de maîtriser leurs processus, de prévenir les risques, d’améliorer leurs performances et, surtout, de répondre aux attentes de leurs clients.

L’histoire d’ISO 9001 est précisément celle de cette transformation. De l’assurance qualité fondée sur des procédures et des contrôles en 1987, la norme s’est progressivement orientée vers une approche par les processus en 2000, puis vers le management stratégique, le leadership et la gestion des risques en 2015.

La prochaine évolution, ISO 9001:2026 (qui devrait être publiée en principe le 16 septembre 2026) s’inscrit dans cette continuité tout en ouvrant une nouvelle étape : celle d’un système de management de la qualité plus global, plus numérique, plus agile et davantage tourné vers l’avenir.

1987 : les fondations de l’assurance qualité

La première édition d’ISO 9001 paraît en 1987. Inspirée notamment de la norme britannique BS 5750, elle répond à une préoccupation majeure de l’époque : garantir la conformité des produits et maîtriser les activités à travers des procédures formalisées.

La logique est essentiellement celle de l’assurance qualité. L’organisation doit démontrer qu’elle maîtrise ses activités au moyen d’un ensemble d’exigences structurées, avec une forte place accordée à la documentation et aux contrôles.

Cette première version, organisée autour de 20 éléments d’un système qualité, est particulièrement adaptée aux environnements industriels et de production.

Elle pose toutefois une première pierre essentielle : la qualité ne doit plus seulement être contrôlée à la fin du processus ; elle doit être organisée et maîtrisée en amont.

1994 : renforcer la maîtrise et la prévention

La révision de 1994 consolide cette logique. La documentation des procédures occupe une place centrale et la conformité des produits repose largement sur l’inspection, les essais et la maîtrise des non-conformités. Les actions correctives et préventives prennent également une importance croissante. Mais cette approche demeure largement fondée sur la conformité et sur une vision relativement cloisonnée de la qualité. Les fonctions, les processus et les responsabilités peuvent encore être gérés de manière séparée. La qualité est alors principalement perçue comme un système à démontrer et à contrôler, conception qui allait progressivement évoluer.

2000 : le tournant majeur de l’approche processus

La version 2000 constitue une véritable rupture dans l’histoire d’ISO 9001. Les normes ISO 9001, ISO 9002 et ISO 9003 sont regroupées en une seule norme, mais surtout, l’organisation est désormais considérée comme un ensemble de processus interdépendants.

Cette évolution change profondément la philosophie de la norme. L’objectif n’est plus seulement de démontrer la conformité à travers des procédures. Il s’agit de comprendre comment les activités s’enchaînent, comment elles interagissent et comment leur maîtrise contribue à la performance globale de l’organisation.

La satisfaction du client devient un objectif central. L’amélioration continue s’affirme comme un principe fondamental, tandis que la direction est davantage responsabilisée dans la définition des orientations et dans l’efficacité du système de management.

Les huit principes du management de la qualité consacrent notamment l’orientation client, le leadership, l’implication du personnel, l’approche processus, l’amélioration continue et la prise de décision fondée sur des faits.

La qualité commence alors à sortir du seul domaine du contrôle pour devenir une véritable démarche de management.

2008 : consolider plutôt que révolutionner

La version 2008 ne bouleverse pas le modèle établi en 2000. Elle cherche principalement à clarifier les exigences, améliorer leur interprétation et faciliter leur mise en œuvre.

Cette stabilité n’est cependant pas synonyme d’immobilisme. La norme renforce notamment la compréhension des processus externalisés et améliore sa compatibilité avec d’autres systèmes de management, notamment ISO 14001.

Cette étape permet ainsi de consolider l’approche processus et de préparer le terrain pour une évolution beaucoup plus profonde.

2015 : la qualité devient stratégique

Avec ISO 9001:2015, le système de management de la qualité franchit une nouvelle étape. La qualité ne peut plus être considérée comme une fonction isolée. Elle doit être intégrée à la stratégie, au contexte et aux objectifs de l’organisation.

La norme introduit notamment une approche fondée sur les risques et accorde une importance accrue au contexte de l’organisation, au leadership et à l’engagement de la direction.

La structure de haut niveau facilite également l’intégration d’ISO 9001 avec d’autres référentiels de management.

La notion d’«informations documentées» remplace l’ancienne distinction entre documents et enregistrements, donnant davantage de souplesse aux organisations dans la manière de gérer leurs informations.

Avec cette évolution, le message est clair : la qualité n’est plus uniquement l’affaire du responsable qualité ; elle devient une responsabilité managériale et stratégique.

L’organisation doit comprendre son environnement, anticiper les risques et opportunités, aligner ses processus sur ses orientations stratégiques et démontrer sa capacité à créer durablement de la valeur pour ses parties intéressées, en particulier ses clients.

2026 : le numérique et l’IA au cœur du système qualité

La prochaine évolution d’ISO 9001 marque une étape particulièrement importante. Après avoir successivement privilégié la conformité, les procédures, les processus, puis les risques et la stratégie, la version 2026 s’inscrit dans un environnement où la transformation numérique et l’intelligence artificielle (IA) modifient profondément les modèles organisationnels et les modes de décision.

L’enjeu n’est donc plus simplement de disposer d’un système qualité conforme. Il s’agit de construire un système de management capable d’apprendre, de s’adapter, d’anticiper et de progresser en permanence.

Cette nouvelle génération d’ISO 9001 doit ainsi être envisagée dans une perspective beaucoup plus globale.

Les organisations produisent aujourd’hui une quantité considérable de données. Les processus sont digitalisés, les documents sont dématérialisés, les audits peuvent être réalisés à distance et les décisions s’appuient de plus en plus sur des indicateurs disponibles en temps réel. Le système de management de la qualité doit donc évoluer avec cet environnement.

La qualité de demain sera de moins en moins fondée uniquement sur la vérification a posteriori et davantage sur la surveillance, l’analyse et l’anticipation en temps réel.

La digitalisation offre ainsi la possibilité de mieux détecter les dérives, de mesurer la performance des processus, de sécuriser les informations et d’améliorer la réactivité des organisations.

C’est dans cette perspective que s’inscrit la norme ISO/IEC 27001, élaborée conjointement par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électrotechnique internationale (IEC). Ainsi et dans sa version ISO/IEC 27001:2022, elle vise à répondre à une question devenue essentielle : comment protéger les informations de l’organisation contre les pertes, les erreurs, les accès non autorisés et les cybermenaces ?

L’IA : un nouveau levier pour la qualité

L’arrivée massive de l’IA constitue probablement l’un des changements les plus significatifs auxquels les systèmes de management doivent désormais s’adapter.

L’IA peut contribuer à analyser les données qualité, détecter des tendances, identifier des anomalies, anticiper certains risques, faciliter l’analyse des causes et soutenir la prise de décision.

La qualité ne consiste donc plus seulement à contrôler un processus humain ou industriel. Elle doit également permettre de maîtriser les nouveaux processus numériques et les décisions assistées par l’intelligence artificielle.

C’est l’un des enjeux majeurs de la nouvelle génération des systèmes de management basés sur l’IA. C’est pour cela qu’en 2023, une édition consacrée à cette nouvelle technologie, l’ISO/IEC 42001, a été publiée. Cette norme concerne le système de management de l’IA, non pas d’un point de vue purement technique, mais plutôt en définissant les exigences permettant à une organisation de mettre en place un système destiné à gouverner l’utilisation de l’IA, en identifiant les risques et les opportunités, tout en assurant la transparence et la traçabilité, et en tenant compte des questions d’éthique, de sécurité et de protection des données.

Ainsi, grâce à ce progrès technologique, il ne suffit plus d’améliorer périodiquement les processus. Les organisations doivent désormais être capables d’observer, de mesurer, de comprendre, d’apprendre, de décider, de corriger et d’innover en permanence.

Une qualité plus agile, plus résiliente et plus responsable

L’ISO 9001:2026, l’ISO/IEC 27001 et l’ISO/IEC 42001 s’inscrivent actuellement dans un environnement marqué par l’incertitude : crises sanitaires, tensions géopolitiques, ruptures d’approvisionnement, changement climatique, transformations réglementaires et mutations technologiques.

Dans ce contexte, la performance d’une organisation ne peut plus être évaluée uniquement à travers sa capacité à fonctionner dans des conditions normales. Elle doit plutôt démontrer sa capacité à résister aux perturbations, à s’adapter rapidement et à maintenir la continuité de ses activités, en s’appuyant sur ces normes, dont l’objectif fondamental est de permettre à l’organisation de fournir régulièrement des produits et des services conformes aux exigences applicables et d’accroître la satisfaction de ses clients.

Ces innovations et ces architectures montrent que la philosophie de l’ISO ne se limite donc plus à «obtenir une certification». Elle propose progressivement une véritable démarche de pilotage de la qualité, fondée sur plusieurs principes : définir un langage commun, structurer le système de management, mesurer la performance, écouter le client, auditer, apprendre, corriger et améliorer en continu.

Près de quarante ans après sa première publication, l’ISO 9001  a démontré une capacité exceptionnelle à accompagner les mutations du monde économique. De la maîtrise des procédures en 1987 à l’approche processus de 2000, puis à l’intégration des risques, du leadership et de la stratégie en 2015, chaque génération de la norme a élargi le champ de la qualité jusqu’à la publication prochaine de l’ISO 9001/2026 qui intervient à un moment où les organisations connaissent une transformation sans précédent : digitalisation des processus, intelligence artificielle, automatisation, décisions fondées sur les données, nouvelles exigences environnementales, volatilité des marchés et évolution rapide des attentes des clients et citoyens.

L’ISO indique elle-même que la dernière révision de l’ISO 9001 vise à maintenir la pertinence de la norme face aux besoins actuels des entreprises et aux attentes des parties prenantes.

Ainsi, au regard des données présentées, il est clair et évident que l’ISO 9001:2026, associée à l’ISO/IEC 27001 et à l’ISO/IEC 42001, pourrait contribuer, ensemble, à favoriser un passage rationnel d’un système de management de la qualité centré sur la maîtrise des processus à un système de management véritablement intelligent, agile, résilient et orienté vers la création durable de valeur et de richesse, tant économiques que sociales.

* Ingénieurs-conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

Bibliographie

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9000:2026 — Management de la qualité — Principes essentiels et vocabulaire, ISO, 2026.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9001:2015 — Systèmes de management de la qualité — Exigences, ISO, 2015, avec amendement 1:2024 relatif aux changements concernant les actions en lien avec le climat.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9004:2018 — Management de la qualité — Qualité d’un organisme — Lignes directrices pour obtenir des performances durables.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9000 family — Quality management, présentation officielle de la famille des normes ISO 9000.

ISO/TC 176/SC 2, ISO 9001 Revision Update, informations officielles relatives au processus de révision et à l’édition 2026.

ISO, Selection and use of the ISO 9000 family of standards, document de référence présentant la complémentarité entre ISO 9000, ISO 9001, ISO 9004, ISO 10000 et ISO 19011.

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Tunisie | Les enseignants de l’Ipsi solidaires avec leur collègue Mohamed Yousfi

14. September 2026 um 12:50

Un groupe d’enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI) de Tunis a publié la pétition suivante pour défendre la liberté de la presse et l’indépendance du travail médiatique, et pour exprimer sa solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, placé en détention provisoire et poursuivi en justice pour des faits liés à ses fonctions de rédacteur en chef de la plateforme médiatique Alqatiba.

Nous, enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information, convaincus que la liberté de la presse ne constitue pas un privilège réservé à une catégorie professionnelle spécifique, mais qu’elle est une condition fondamentale du droit de la société à l’information, de la liberté du débat public ainsi que de l’instauration d’un État de droit et d’institutions :

– suivons avec inquiétude et étonnement les circonstances de l’interpellation du journaliste Mohamed Yousfi, laquelle a été déclenchée par des publications et commentaires diffusés sur Facebook — selon le rapport de transmission du dossier — évoquant un accroissement suspect de sa fortune, alors qu’il n’existe pas le moindre indice sérieux quant à la véracité de ces allégations. Cette interpellation soudaine, survenue alors qu’il se rendait à une émission radiophonique, contrevient aux principes consacrés par l’article 55 de la Constitution tunisienne, notamment ceux de nécessité et de proportionnalité régissant la restriction des droits et libertés ;

– considérons que les journalistes exerçant leur profession dans le respect de la loi doivent bénéficier de la protection nécessaire pour accomplir leur mission — à savoir transmettre l’information, demander des comptes aux décideurs et susciter le débat sur les questions d’intérêt sociétal ;

– soulignons que toute poursuite judiciaire, lorsqu’elle repose sur des fondements juridiques sérieux, doit se dérouler dans une transparence totale, dans le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable, sans que les procédures judiciaires ne soient détournées pour sanctionner un journaliste en raison de ses opinions ou de son activité professionnelle ;

– suivons avec une vive inquiétude les informations faisant état de la détérioration de l’état de santé de Mohamed Yousfi et de l’intervention chirurgicale qu’il a subie, ainsi que les préoccupations suscitées par ses conditions de détention et la garantie de son droit aux soins et à une prise en charge médicale, notamment après son transfert en prison.

À cet égard, nous :

– exprimons notre entière solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, ainsi qu’avec sa famille et ses collègues, et faisons part de notre profonde préoccupation quant à sa situation judiciaire et sanitaire ;

– exigeons que sa sécurité physique et psychologique soit garantie et qu’il puisse bénéficier, sans délai, des soins de santé nécessaires ;

– appelons à réexaminer la décision de le placer en détention et à lui permettre de suivre la procédure en état de liberté, afin de garantir le respect de la présomption d’innocence et du principe de proportionnalité dans le recours aux mesures privatives de liberté ;

– exigeons la garantie du plein exercice des droits de la défense, la possibilité pour les avocats d’accomplir leur mission sans entraves, ainsi que le respect de toutes les procédures et garanties prévues par la loi, y compris le droit de l’accusé d’être présent, d’être interrogé et d’assurer sa propre défense ;

– affirmons que l’exercice du journalisme, la participation à des entretiens ou à des interventions médiatiques, ainsi que la publication d’opinions, d’analyses et de critiques relatives aux affaires publiques, ne sauraient constituer, en soi, un motif de poursuites pénales ou d’emprisonnement ;

– appelons à ne pas recourir aux lois pénales ou aux procédures judiciaires pour restreindre le travail journalistique, soumettre les médias indépendants ou intimider les journalistes ;

– rejetons le fait de faire des journalistes la cible de campagnes de diffamation, d’incitation à la haine et de stigmatisation ;

– soulignons que le cas de Mohamed Yousfi dépasse sa personne, car il soulève une question fondamentale concernant l’avenir de la liberté de la presse en Tunisie et la capacité des journalistes à exercer leur rôle de contrôle et de critique sans craindre l’emprisonnement ou les poursuites en raison de leur travail ;

– réitérons notre solidarité et notre soutien à tous les journalistes emprisonnés ou faisant l’objet de poursuites judiciaires en raison de leur travail journalistique ;

– considérons que la protection de la presse indépendante relève d’une responsabilité partagée entre l’État, le pouvoir judiciaire, l’université, la société civile et les instances professionnelles ; l’université tunisienne — et plus particulièrement les établissements de formation au journalisme — ne saurait rester simple spectatrice lorsque le droit des journalistes à exercer leur métier et le droit des citoyens à l’information sont menacés.

En tant qu’enseignants formant des générations de journalistes aux valeurs de professionnalisme, d’indépendance, de responsabilité et d’éthique du métier, nous estimons que garder le silence face à l’emprisonnement d’un journaliste ou aux restrictions qui lui sont imposées dans l’exercice de ses fonctions contrevient à l’essence même de la mission que nous accomplissons au sein de l’université.

Par conséquent, nous appelons les autorités judiciaires à libérer le journaliste Mohamed Yousfi, à garantir le plein respect de ses droits et à lui assurer les soins de santé nécessaires, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de liberté d’expression et de liberté de la presse.

Nous invitons également nos collègues des milieux universitaire, médiatique et de la défense des droits humains à poursuivre la défense pacifique et légale de la liberté de la presse, ainsi que du droit des Tunisiennes et des Tunisiens à une information libre, indépendante et pluraliste.

Suivent 18 signatures.

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Tunis | Démantèlement d’un réseau de trafic de cocaïne dirigé par un rappeur

14. September 2026 um 10:56

Un réseau de trafic de cocaïne vient d’être démantelé. Il opérait aux Berges du Lac, à La Marsa et à Gammarth, dans le Grand-Tunis, a rapporté l’agence gouvernementale Tap, ce lundi 14 septembre 2026, en citant une source sécuritaire bien informée.  

Le réseau était dirigé par un rappeur célèbre, a indiqué la ​​même source, sans préciser le nom de ce dernier, ajoutant qu’à l’issue des investigations, une série de perquisitions simultanées a été menée dans les secteurs de Manouba, Sidi Daoud, Bhar Lazreg, La Marsa et les Berges du Lac.

Elles ont abouti à l’arrestation de 13 membres du réseau, dont le rappeur en question, tandis qu’un autre individu fait l’objet d’un avis de recherche.

Par ailleurs, l’opération a permis la saisie d’une quantité importante de cocaïne, d’un drone et d’une somme d’argent conséquente – qui proviendrait, selon toute vraisemblance, du trafic de stupéfiants – ainsi que de trois voitures et de deux grosses motos utilisées pour le transport et la distribution de la drogue.

L’enquête, menée par des unités de la Garde nationale, se poursuit sous la supervision de la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants et en coordination avec les autorités judiciaires compétentes, afin d’identifier les éventuels autres membres du réseau et de faire toute la lumière sur ses activités.

I. B.

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TABC | Nouveau bureau, nouvelle feuille de route

14. September 2026 um 10:33

Le Tunisia Africa Business Council (TABC) a tenu, samedi 12 septembre 2026 à Tunis, son 2ᵉ Congrès, marqué par la tenue de son assemblée générale ordinaire élective, le renouvellement de ses instances dirigeantes et la présentation de sa nouvelle feuille de route stratégique à l’horizon 2030.

Après plus d’une décennie consacrée à la construction de l’organisation et au développement de sa présence en Afrique, le TABC ouvre ainsi un nouveau cycle autour d’une ambition : un deuxième mandat pour consolider les acquis et transformer l’organisation.

Ce nouveau mandat vise également à préparer progressivement la relève, favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants et hisser le TABC parmi les trois organisations économiques de référence sur le continent africain.

Une décennie d’action au service de l’Afrique

Créé en 2015, le TABC s’est progressivement imposé comme une plateforme de rapprochement entre les entreprises tunisiennes et les marchés africains, en développant son action autour des grands événements économiques internationaux, des missions économiques sur le continent, des rencontres B2B et B2G et de la construction d’un réseau de partenaires africains et internationaux.

Le TABC affiche un bilan significatif : 11 années d’action, 9 éditions du Financing Investment and Trade in Africa (Fita), 37 pays africains couverts, 43 missions économiques, 4 500 adhérents cumulés, 47 000 participants aux différents événements, 80 délégations étrangères accueillies, près de 25 000 rencontres B2B et B2G, 103 conventions et partenariats et près de 90 pays représentés dans les événements organisés par le TABC.

Ces réalisations constituent le résultat d’un travail collectif porté par les différents bureaux exécutifs, les équipes du TABC, ses adhérents ainsi que ses nombreux partenaires institutionnels, économiques et financiers en Tunisie, en Afrique et à l’international.

À cette occasion, le président du TABC, Anis Jaziri, a tenu à rendre hommage et à exprimer sa reconnaissance aux membres du bureau exécutif sortant, pour leur engagement et leur contribution à la construction et au rayonnement de l’organisation durant les dernières années.

Vision 2030 : changer d’échelle

Fort de ces acquis, le TABC entend désormais franchir une nouvelle étape.

La Vision TABC 2030 prévoit de faire évoluer progressivement l’organisation de son rôle historique de mise en relation et d’accompagnement des entreprises vers un modèle capable de contribuer à l’identification, la structuration, le financement et la réalisation de projets en Afrique.

Cette transformation a commencé en 2025 avec le lancement du Tunisia Consortium for African Development (Tucad), fédérant des entreprises et expertises tunisiennes autour des infrastructures et des grands projets structurants.

Le TABC prévoit le déploiement progressif de nouveaux consortiums sectoriels, notamment ST2A dans les technologies et la transformation numérique, TACTE dans l’enseignement supérieur et la formation, TH2A dans le tourisme, ainsi que des consortiums dédiés à la santé et à l’industrie.

L’objectif est de fédérer les compétences tunisiennes au sein d’offres intégrées et solutions globales capables de répondre aux besoins croissants du continent en matière d’infrastructures, de technologie, de capital humain, de santé, de tourisme et d’industrialisation.

La Vision TABC 2030 comporte également une dimension financière. Le think tank prévoit ainsi la mise en place de Virunga Investment Partners (VIP), une banque d’affaires destinée notamment à accompagner la structuration financière, la levée de fonds et le financement des projets portés par cet écosystème.

À l’horizon 2030, une fois les différents consortiums et mécanismes mis en place, l’ambition est de structurer l’ensemble au sein d’une TABC Holding, destinée à assurer la gouvernance, la coordination et le développement de cet écosystème, qui sera introduite simultanément à la BVMT, la Bourse de Tunis, et à la BRVM, la Bourse régionale des valeurs mobilières dont le siège est à Abidjan.

Le TABC entend ainsi passer progressivement d’une logique de promotion des opportunités africaines à une logique de construction et de financement de projets, en mobilisant les entreprises, les compétences, les investisseurs et les institutions financières.

Avec son nouveau bureau exécutif et sa Vision 2030, le TABC entend poursuivre son engagement pour renforcer la présence économique tunisienne en Afrique et contribuer plus directement à la transformation et au développement du continent.

Liste des membres du BE (2026-2031)

Anis Jaziri (président) ; Sami Driss (vice-président) ; Mondher Khanfir (VP chargé du think tank) ; Walid Loukil (VP chargé des relations internationales) ; Nadia Yaich (secrétaire générale) ; Skander Hadj Mabrouk (trésorier) ; Meriem Ben Salah ( responsable du pôle finances) ; Moncef Gloulou (responsable du pôle BTP) ; Salma Abid Mnif (responsable du pôle juridique et droit privé) ; Skander Handous (responsable du pôle IT) ; Slaheddine Hellara (responsable du pôle éducation et formation) ; Chiraz Azizi (responsable du pôle transition écologique & développement durable) ; Jamil Korked (responsable du pôle transition énergétique) ; Nesrine Lachkar (responsable du pôle communication) ; Dr Bassem Allani (responsable du pôle santé).

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Tunisie | L’AMT se dit préoccupée par la hausse des décès en milieu carcéral

14. September 2026 um 09:50

Dans le communiqué suivant, publié à Tunis le dimanche 13 septembre 2026, l’Association des magistrats tunisiens (AMT) a exprimé sa vive inquiétude face aux «informations et rapports apparus récemment concernant l’augmentation des cas de décès dans plusieurs prisons et lieux de détention en Tunisie».

Le Bureau exécutif de l’Association des magistrats tunisiens, tout en suivant avec une vive préoccupation les informations et rapports parus récemment concernant la multiplication des décès dans plusieurs prisons et lieux de détention en Tunisie — notamment ceux relayés par des organisations nationales et de défense des droits humains, ainsi que par des avocats et les familles des défunts — et au vu des circonstances entourant certains de ces décès, lesquelles soulèvent de sérieuses interrogations quant au respect des garanties juridiques et humanitaires prévues pour les personnes privées de liberté, rappelle que :

– l’État tunisien a la responsabilité de préserver la vie de tout citoyen placé dans un établissement pénitentiaire, de lui assurer des soins de santé et des conditions de détention adéquates, ainsi que de garantir sa dignité et son intégrité physique et morale ;

– le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique et psychique et le droit à la protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants sont des droits inhérents à tout être humain, qui ne sauraient être ni supprimés ni restreints du seul fait de la privation de liberté.

Tout en constatant le refus du ministère de la Justice d’éclaircir la réalité de la situation au sein des établissements pénitentiaires — en particulier dans un contexte de conditions climatiques exceptionnelles marquées par des températures élevées, de difficultés d’approvisionnement en électricité et en eau, et alors que la Ligue tunisienne des droits de l’homme se voit interdire d’effectuer des visites pour constater les conditions réelles qui y prévalent — :

– concernant la responsabilité de l’État, l’Association souligne que tout citoyen placé dans un établissement pénitentiaire relève de la responsabilité de l’État, lequel est tenu de garantir son intégrité physique et morale ainsi que de lui assurer des conditions de subsistance et d’hébergement conformes à la Loi n° 52 de 2001 du 14 mai 2001 relative au régime pénitentiaire et aux obligations de l’État tunisien découlant des conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l’homme ;

– elle souligne également la responsabilité de l’État d’informer l’opinion publique sur la situation dans les prisons et de faire toute la lumière sur les informations circulant concernant le décès de plusieurs citoyens au sein de ces établissements ;

– concernant les procédures judiciaires d’urgence, elle souligne que l’établissement des causes du décès et la détermination des responsabilités en découlant relèvent de la compétence de l’autorité judiciaire compétente, une fois achevées les investigations et enquêtes prescrites par la loi;

– elle affirme également que tout décès survenant au sein d’un établissement pénitentiaire ou de détention impose l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante, efficace et impartiale, conformément aux dispositions légales et aux normes internationales pertinentes ; cette enquête doit permettre d’établir les causes et les circonstances du décès, de faire toute la lumière sur les faits, de tirer les conséquences juridiques des faits et responsabilités établis, et de permettre aux familles des victimes de connaître les causes et circonstances du décès ainsi que les responsabilités juridiques déterminées à l’issue des investigations ;

– elle souligne que le ministère public et les autorités judiciaires compétentes sont tenus de s’acquitter pleinement de leurs obligations légales en matière de protection des droits et libertés, de mettre en lumière tout manquement ou négligence et de garantir l’absence d’impunité ;

– elle attire également l’attention sur la nécessité pour les juges d’application des peines d’assumer leurs responsabilités concernant le suivi des conditions d’exécution des peines privatives de liberté, l’examen des signalements relatifs à l’état de santé des détenus et l’établissement des rapports requis sur la situation des établissements pénitentiaires ;

– concernant les mesures d’urgence au sein des établissements pénitentiaires, elle appelle le ministère de la Justice, en sa qualité d’autorité de tutelle des établissements pénitentiaires, à prendre des mesures immédiates et efficaces garantissant des soins de santé réguliers et appropriés — notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou exposées à des complications de santé — ainsi qu’une intervention médicale immédiate en cas urgence ;

– appelle également à réduire la surpopulation carcérale, à remédier à toutes les conditions de détention inadéquates, à préserver la dignité des personnes privées de liberté et à établir un protocole clair pour la prise en charge des cas de santé critiques et des décès, en définissant les responsabilités ainsi que les délais d’intervention et de notification.

Traduit de l’arabe.

Pour le Bureau exécutif,

Aicha Benbelhassan, vice-présidente de l’association.

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La Chine fait main basse sur la high-tech européenne 

14. September 2026 um 08:35

Depuis 2014, la Chine a procédé à plus de 650 acquisitions d’entreprises en Europe, dont 174 en Allemagne, 102 au Royaume-Uni et 72 en France. Une grande partie de ces acquisitions ont été effectuées par des conglomérats appartenant, totalement ou en partie, à l’Etat chinois et ont une forte valeur technologique. D’où les inquiétudes que cette main basse chinoise sur la high-tech européenne alimente aujourd’hui dans les cercles économiques et politiques.(L’illustration de l’article est générée par IA).

Habib Glenza  

«En 2014, le gouvernement chinois a ouvert grand les vannes, encourageant ses entreprises à procéder à des acquisitions à l’étranger», rappelle Agatha Kratz, directrice associée au Rhodium Group, spécialiste des relations entre l’Union européenne et la Chine. Les groupes chinois ont aussi profité de la crise de l’euro de 2008 et 2009 pour se livrer à une vague d’acquisitions parmi les entreprises européennes au bord de la faillite.

En 2017, Pékin a toutefois placé des limites aux sorties de capitaux et durci les conditions pour obtenir des emprunts, afin de stopper les acquisitions à but purement spéculatif, faisant baisser le nombre de transactions chinoises en Europe. La pandémie leur a apporté un nouveau coup de frein. Mais les transactions sont reparties à la hausse depuis le troisième trimestre de 2020, dans le sillage du déploiement des vaccins contre le Covid-19 et de la position de plus en plus dure de Washington contre Pékin. «Un certain nombre d’acquisitions prévues à l’origine aux Etats-Unis se sont reportées sur l’Europe», note Neil Campling, analyste chez Mirabaud Securities.

L’accord d’investissement conclu fin 2020, après plus de sept ans de négociations par Pékin et Bruxelles, qui doit encore être validé par le Parlement européen, devrait encore accroître le nombre d’investissements chinois en Europe, car il prévoit une ouverture respective des marchés des deux blocs économiques. À titre d’exemple, il permet aux firmes chinoises d’accéder au secteur des énergies renouvelables dans les pays européens, avec une limite fixée à 5 % de part de marché nationale dans chaque Etat-membre.

La crise offre des opportunités de rachat à bon prix

Comme en 2008 et 2009, on peut imaginer que les difficultés économiques de certains secteurs, après la fin des plans massifs de soutien à l’économie, leur fourniront d’ici quelques mois de nombreuses opportunités de rachat à bon prix. «Sur le moyen terme, les Chinois continueront à faire leurs courses en Europe. Les conditions-cadres qui les ont attirés en premier lieu n’ont pas changé», estime l’ Institute for Mergers, Acquisitions and Alliances (IMAA).

L’Europe représente un vivier technologique de premier plan. «L’objectif pour Pékin est d’acquérir des savoir-faire et des technologies de pointe en Europe, pour éviter de devoir mener sa propre recherche et développement», relève encore l’IMAA. Un gain de temps et d’argent qui lui permettra à terme de surpasser le monde occidental dans un certain nombre de domaines clés, comme les semi-conducteurs, les véhicules verts, la robotique ou l’intelligence artificielle.

La transaction la plus emblématique des dernières années est la vente, en 2016, de l’allemand Kuka, l’un des leaders mondiaux de la robotique, au géant de l’électroménager chinois Midea. On citera aussi le rachat chinois d’Anteryon, spin-off néerlandais de Philips Electronics qui fabrique des composants pour caméras, et  de Fuba, spécialiste allemand de la communication entre véhicules autonomes.

En France, les groupes Echosens et eDevice, à la pointe de l’innovation dans le domaine médical ; les groupes CTI et Manoir Industries, fournisseurs de pièces pour centrales nucléaires, SES-Imageotag, le numéro 1 mondial des étiquettes électroniques, et les fabricants de puces Almae Technology et Linxens sont tous tombés dans l’escarcelle de Pékin.

Ce dernier cas est particulièrement parlant. Le groupe, spécialisé dans les micro connecteurs permettant aux bornes électroniques de communiquer avec les cartes à puces, a été racheté en 2018 pour 2,2 milliards d’euros par la société chinoise Ziguang Liansheng, par l’entremise d’une série de véhicules basés en France, au Luxembourg et à Hong Kong. Or le nouveau propriétaire du groupe français appartient au groupe Tsinghua Unigroup, un conglomérat affilié au ministère de l’Education chinois qui sert de fer de lance à Pékin dans sa stratégie de développement d’une industrie domestique des semi-conducteurs. Un an après l’acquisition, Linxens a annoncé la construction d’une gigantesque usine et d’un centre de recherche à Tianjin, juste à côté d’un nouveau hub consacré à l’innovation mis en place par Tsinghua Unigroup.

Les transferts de technologie n’expliquent cependant pas tous les rachats chinois d’entreprises européennes. «Un certain nombre de transactions ont simplement pour but de permettre à des groupes chinois de prendre pied sur le marché européen ou d’améliorer leurs ventes sur le plan domestique en bénéficiant du renom d’une marque occidentale de prestige», explique Jaap van Etten, entrepreneur et ancien diplomate spécialiste de la Chine.

Un mouvement d’une ampleur inquiétante

Le rachat du fabricant de pneus italien Pirelli, du producteur de matériel sportif finlandais Amer Sports (Salomon, Arc’teryx, Peak Performance), la prise de participation de Geely au capital du groupe automobile allemand Daimler-Mercedes doivent être interprétés à cette aune. Tout comme l’acquisition des marques françaises Baccarat, Club Med, Lanvin et Sandro.

Si ces rachats chinois n’enfreignent en rien la loi, ils inquiètent par leur ampleur. «Veut-on vraiment voir nos technologies de pointe tomber entre les mains d’entités étrangères, notamment d’un concurrent stratégique comme la Chine qui cherche à surpasser l’Europe ?», s’interroge le Britannique Neil Campling, Senior Strategist Markets. Les produits innovants développés par Linxens, Almae Technologies, CTI et Manoir Industries appartiennent tous désormais à des conglomérats étatiques chinois.

La question se pose de façon plus pressante encore lorsqu’il s’agit de technologies à usage militaire ou dual (satellites, moteurs, radars, hélicoptères, etc.). Le Français All Circuits, qui fabrique des circuits électroniques, est ainsi tombé dans le giron du groupe Aerospace Hi-Tech, dont le principal actionnaire est Casic, l’un des principaux fournisseurs de l’armée chinoise.

De même, céder ses infrastructures critiques ou les «commodités» dont dépend son économie à un Etat étranger met en péril la sécurité nationale. Si la Chine se décidait à les interrompre ou à les accaparer pour alimenter ses propres besoins, les pays dont ils sont issus s’effondreraient.

En France, des groupes affiliés à l’Etat chinois ont mis la main sur plusieurs entreprises opérant dans des infrastructures critiques, dont Engie et Alcatel-Lucent. Des sociétés chinoises possèdent des parts dans Engie, Air France et l’aéroport de Toulouse.

En Grande-Bretagne, le conglomérat China General Nuclear, partenaire d’EDF en France, a pris une participation dans la centrale nucléaire Sizewell C. Certaines technologies acquises par les Chinois, à l’image de celles liées à la reconnaissance faciale, pourraient en outre être déployées au Xinjiang.

Des entreprises rachetés puis mises en caution

Pire, les nouveaux patrons chinois mettent parfois en danger la survie même de leurs acquisitions, comme dans le cas de Baccarat. «Certains groupes chinois se sont surendettés pour procéder à des acquisitions à l’étranger, puis se sont retrouvés en difficulté financière», relève Alicia García Herrero, spécialiste des marchés émergents à Bruegel. C’est le cas du groupe HNA, un conglomérat à la structure opaque, qui a racheté de nombreuses entreprises dans le secteur aérien – dont les françaises Aigle Azur et Servair – à partir de 2015.

Pour y parvenir, HNA s’est endetté à hauteur de 100 milliards de dollars, parfois en engageant comme garantie les actions des entreprises qu’il rachetait. Début 2018, la firme a commencé à faire défaut sur certaines de ses lignes de crédit et s’est retrouvée dans l’obligation de céder une partie de ses acquisitions à ses créditeurs. Servair a ainsi été revendu en 2019 au fonds asiatique RRJ Capital, par l’entremise de son propriétaire GateGroup. Air Azur a pour sa part été mis en faillite en septembre 2019.

Le groupe Shandong Ruyi, qui avait pour ambition de devenir le LVMH chinois, est lui aussi au bord de la débâcle financière après s’être lourdement endetté pour racheter une douzaine de marques de luxe dont les françaises Sandro, Maje et Claudie Pierlot. À court de liquidités, il a à plusieurs reprises fait défaut sur des obligations ces derniers mois.

Le groupe de distribution de produits pétroliers Dyneff s’est, quant à lui, retrouvé au cœur d’un scandale de corruption en mars 2018 lorsque le fondateur de CEFC, le conglomérat pétrolier qui l’avait racheté un an plus tôt, a été arrêté pour avoir versé des pots-de-vin. L’entreprise chinoise a été démantelée et confiée à un groupe lié aux autorités de la ville de Shanghai. 

Des contre-exemples existent. À l’instar de Lanvin. Certaines firmes européennes ont bénéficié d’investisseurs chinois aux poches profondes qui leur ont permis d’accéder au marché chinois et ont élaboré d’ambitieuses stratégies de développement pour elles.

Racheté par le constructeur automobile chinois Zhejiang Geely en 2010, alors qu’il traversait une passe difficile, le suédois Volvo a depuis retrouvé ses galons sur le marché des voitures de luxe. Son nouveau patron a notamment injecté 10 milliards de dollars dans la société, lancé des nouveaux modèles et démultiplié ses capacités de production. L’arrivée en Europe du dragon chinois peut aussi déboucher sur de beaux succès.

Dans toute l’Europe, Pékin a procédé à plus de 650 acquisitions depuis 2014, dont 174 en Allemagne, 102 au Royaume-Uni et 72 en France. «Parmi les 72 acquisitions que nous avons recensées en France, près de 40 % ont été effectuées par des conglomérats appartenant totalement ou partiellement à l’Etat chinois», précise Jaap van Etten, le fondateur de Datenna. Mais l’implication de Pékin est souvent dissimulée sous plusieurs couches de sociétés écran situées dans des centres offshore ou ailleurs en Europe, souligne cet ancien diplomate à l’ambassade des Pays-Bas de Pékin.

NB : L’essentiel des informations contenues dans cet articles sont puisées dans les données publiées par l’Institut pour les fusions, les acquisitions et les alliances (IFAA ou IMAA en anglais).

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Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle

14. September 2026 um 07:38

Les Houthis ont avancé vers l’ouest du Yémen, les forces armées du gouvernement internationalement reconnu et soutenues par l’Arabie Saoudite se sont rapidement effondrées et ont battu retraite et les Houthis se sont emparés du détroit de Bab el-Mandeb, voie maritime reliant la mer Rouge au Golfe d’Aden et seule alternative pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz et pour exporter le pétrole saoudien. Comment ce scénario cauchemardesque a-t-il pu avoir lieu ? Concomitamment, des drones venus d’Irak ont frappé l’oléoduc Est-Ouest saoudien conduisant à sa fermeture. Ces événements n’ont pas uniquement donné des sueurs froides aux Saoudiens mais le monde entier retient son souffle car les conséquences peuvent être désastreuses que ce soit pour l’énergie surtout avec l’arrivée prochaine de l’hiver mais aussi pour le commerce international en général.

Imed Bahri

Dans le Sunday Times, version du week-end du Times, Mark Urban s’est interrogé sur les conséquences pour le monde de l’avancée rapide des Houthis dans l’ouest du Yémen. Il y soutient que l’effondrement soudain des forces soutenues par l’Arabie saoudite au Yémen a engendré un scénario catastrophe, les forces supplétives iraniennes s’emparant du détroit de Bab el-Mandeb et perturbant le commerce mondial du pétrole. La prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis a déclenché une crise profonde. Compte tenu de l’impasse dans le conflit américano-iranien, cette situation représente des risques importants pour les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’économie mondiale.

Un scénario désastreux

Pour les Saoudiens, qui soutiennent depuis longtemps les forces gouvernementales yéménites, le contrôle de cette voie maritime vitale, conjugué à d’autres crises, a créé un scénario désastreux.

La semaine dernière, les Houthis ont lancé des attaques contre des installations énergétiques et des infrastructures civiles saoudiennes, faisant des dizaines de blessés.

Vendredi, le ministère saoudien de l’Énergie a annoncé la fermeture de l’oléoduc reliant l’est et l’ouest du pays, un contournement crucial du détroit d’Ormuz, après une attaque de drones lancée depuis l’Irak. Les alliés de l’Arabie saoudite, des États-Unis au Pakistan, en passant par l’Égypte et la Turquie, se sont abstenus, pour l’instant, de fournir un soutien militaire.

Ce changement soudain d’équilibre des forces est surprenant, d’autant plus que les forces gouvernementales yéménites avaient réalisé des progrès significatifs jusqu’au milieu de la semaine dernière, progressant vers l’ouest du pays. Il est intervenu après un mois marqué par une augmentation notable des exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz.

Après une avancée fulgurante en fin de semaine dernière, les forces houthies ont annoncé avoir pris le contrôle de la côte de la mer Rouge, s’assurant ainsi un accès vital via le détroit de Bab el-Mandeb. Mohammed al-Farah, membre du bureau politique houthi, a déclaré sur les réseaux sociaux que «cette victoire devrait être une leçon marquante et un avertissement pour ceux qui comptent encore sur la puissance saoudienne». Il a également menacé de détruire la principale raffinerie de pétrole du royaume, Ras Tanura, en cas de frappes aériennes saoudiennes sur Mocha, le port conquis par les Houthis jeudi lors de leur progression.

S’interrogeant sur la manière dont les Houthis ont réalisé cet exploit et sur sa signification, Urban a souligné que les désaccords entre les factions anti-houthies impliquées dans le conflit, ainsi que les relations tendues entre elles ont joué un rôle important dans les récents développements.

Plus tôt cette année, des avions de combat saoudiens ont bombardé des groupes yéménites alliés aux Émirats arabes unis, contraignant les forces émiraties à se retirer du Yémen. Le groupe houthi a exploité cette situation et contrôle désormais des zones où habitent 75% de la population yéménite alors même que les Zaïdites, le groupe confessionnel auquel appartiennent les Houthis, ne représentent qu’un tiers des 34 millions d’habitants du pays.

Echec de l’Arabie saoudite et des États-Unis

Grâce au soutien militaire et aux conseils des Gardiens de la révolution iraniens, les Houthis ont pu constituer une armée plus importante et plus redoutable. Bien que leurs forces combattantes actives ne dépassent pas 20000 hommes, avec les réserves, ce chiffre atteint plus de 150000, surpassant ainsi les effectifs de l’armée du gouvernement internationalement reconnu.

Compte tenu de la petite taille du pays, les forces gouvernementales, relativement peu nombreuses et souvent légèrement armées, peinent à maintenir leurs positions. Ces derniers jours, assiégées dans les régions désertiques de l’ouest, elles se sont effondrées. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des soldats en fuite humiliés alors qu’ils traversent le désert, certains s’arrêtant pour vendre leurs armes au bord de la route. Ailleurs, des factions rivales, se réclamant du même camp, se moquent des soldats qui ont battu retraite.

Selon certains témoignages, les Houthis auraient utilisé un faux message généré par intelligence artificielle, prétendument envoyé par le commandant des forces gouvernementales, ordonnant un retrait général. Ils ont sans aucun doute profité du manque de coordination entre les forces gouvernementales, les Saoudiens et les Américains, ce qui a entraîné un soutien aérien inefficace.

Selon Urban, l’échec de l’Arabie saoudite et des États-Unis ces dernières années à contenir les Houthis est largement dû à leur dépendance à la puissance aérienne et à l’absence de forces terrestres efficaces.

Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas contre Israël, les Houthis ont subi des frappes aériennes israéliennes, britanniques, saoudiennes et américaines. Nombreux sont ceux qui ont remis en question la campagne de bombardements américains de huit semaines l’année dernière, mais celle-ci, conjuguée aux diverses incitations financières offertes par l’Arabie saoudite, a peut-être empêché les Houthis de mettre à exécution leurs menaces répétées de fermer le détroit de Bab el-Mandeb et de paralyser le secteur pétrolier du royaume.

Suite à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran en février, les Houthis sont restés neutres et largement à l’écart de l’escalade du conflit régional.

Cependant, la situation a changé après l’effondrement du mémorandum d’entente américano-iranien en juillet. La République islamique a alors utilisé ses alliés de l’Axe de la résistance pour accroître son influence dans la région en réponse au blocus américain du détroit d’Ormuz.

Les Houthis ont exploité la faiblesse des forces gouvernementales, brisant leur contrôle sur la côte et le détroit de Bab el-Mandeb. Les répercussions de cette situation commencent à se faire sentir sur les prix mondiaux de l’énergie et renforcent la position de l’Iran.

La fermeture de l’oléoduc saoudien aggrave les difficultés tant pour le pays que pour les États-Unis. Cet oléoduc transportait environ 5% de l’approvisionnement mondial en pétrole, selon Reuters. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril la semaine dernière pour la première fois depuis juillet.

L’Arabie saoudite se trouve confrontée à plusieurs choix difficiles. Ni la Turquie ni le Pakistan ne se sont empressés de fournir une assistance militaire dans le cadre de l’Accord de La Mecque pour la défense conjointe et le ministère saoudien des Affaires étrangères a exclu toute aide de ce type.

L’Iran à la manœuvre

De même, Axios a rapporté vendredi que les États-Unis avaient rejeté une demande saoudienne d’effectuer des frappes aériennes jeudi. Tariq Saleh, commandant de la coalition combattant les Houthis, a déclaré mercredi à CNN que les récentes déclarations concernant un soutien américain n’étaient que des paroles en l’air. Les risques sont désormais manifestes : contrôle des voies maritimes internationales par les Houthis, diminution continue des approvisionnements pétroliers saoudiens, renforcement significatif de l’Iran et reprise des hostilités et de la crise humanitaire au Yémen même.

Une option envisagée est la reconquête de l’île de Perim, qui permettrait de contrôler le détroit de Bab el-Mandeb. L’île est située près des bases américaines de Djibouti, de l’autre côté du détroit.

Selon Urban, cette option est envisageable, mais la probabilité d’un déploiement de troupes américaines sur le territoire yéménite est extrêmement faible.

Les Saoudiens, forts de leur expérience malheureuse lors de leur dernière invasion, sont parfaitement conscients des difficultés opérationnelles sur place. Cependant, la menace qui pèse sur leurs intérêts nationaux vitaux pourrait ne leur laisser d’autre choix. Farea al-Muslimi, de Chatham House à Londres, a déclaré : «Je serais très surpris si les Saoudiens ne lançaient pas une guerre à grande échelle au Yémen dans les plus brefs délais».

Si de nombreux experts estiment qu’il est possible de reconstruire les forces gouvernementales yéménites, voire de rétablir une coopération fructueuse entre les États du Golfe dans ce dossier, cela ne se fera pas rapidement.

Parallèlement, les pressions sur le marché de l’énergie, la hausse des prix des carburants et l’arrivée de l’hiver dans les pays occidentaux influenceront considérablement les décisions des responsables politiques. Les Saoudiens concluront probablement qu’ils doivent faire des concessions à la fois aux Houthis et à l’Iran, ce qui pourrait offrir aux faucons de Téhéran une occasion cruciale de s’opposer au président Trump.

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La musique tunisienne perd l’une de ses icônes : Mohamed Garfi

13. September 2026 um 14:16

Le compositeur, chef d’orchestre et musicologue tunisien Mohamed Garfi s’est éteint ce dimanche 13 septembre 2026, à l’âge de 78 ans, au terme d’un riche parcours artistique et créatif de plusieurs décennies, durant lequel il a contribué à enrichir la musique tunisienne et arabe.

Né à Tunis en 1948, le défunt est considéré comme l’un des musiciens tunisiens les plus novateurs, ayant opté dès ses débuts pour une démarche fondée sur la recherche et l’innovation.

Mohamed Garfi a entamé sa carrière musicale en 1969 en tant qu’altiste au sein de l’Orchestre symphonique tunisien. Il a ensuite fondé le «Groupe 71» et a par la suite dirigé la Troupe musicale de la ville de Tunis. Il a collaboré avec le poète Abdelhamid Khraief ainsi qu’avec les interprètes Thameur Abdeljaouad, Aziza Bouteraâ et Ahmed Zarrouk. Il a également travaillé avec le metteur en scène Béchir Drissi — son ami et collègue — sur plusieurs œuvres théâtrales et opérettes dont il a assuré la conception et la mise en scène.

Le regretté Mohamed Garfi a contribué, en tant que compositeur et chef d’orchestre, à de nombreuses œuvres pour le théâtre, le cinéma et la télévision ; il a également collaboré avec les frères Rahbani, Marcel Khalifé, Julia Boutros et Ali El Haggar dans le cadre des ‘‘Voix de la liberté’’.

Après avoir quitté la Troupe de musique de la ville de Tunis, qu’il avait marquée de son empreinte, il a présenté le spectacle ‘‘Zakharef Arabiya’’ (Arabesques) lors de plusieurs festivals. Sa dernière œuvre fut le spectacle ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), qui a inauguré le Festival international de Carthage le 19 juillet 2025.

Le défunt a mis en musique des poèmes de grands poètes, parmi lesquels Mahmoud Darwish, Aboul-Qacem Chebbi, Ahmed Fouad Nagm, Saïd Aql, Mansour Rahbani, Abdelhamid Khraief, Manaouar Smadeh et Souilmi Boujemaa.

Sa dernière œuvre, ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), a inauguré le Festival de Carthage le 19 juillet 2025.

Outre son parcours artistique, Mohamed Garfi a laissé derrière lui plusieurs ouvrages et études consacrés à la musique, notamment «Les formes instrumentales dans la musique classique en Tunisie» (1996), «Pages de musique universelle» (1997) et «Le théâtre musical arabe» (2009), ainsi qu’une traduction d’un ouvrage d’Antonin Lafage sur la musique arabe (2006).

Avec la disparition de Mohamed Garfi, la scène culturelle et artistique tunisienne perd un artiste novateur, compositeur et chef d’orchestre qui a contribué à enrichir le paysage musical et théâtral, tant en Tunisie que dans le monde arabe, et a laissé une empreinte marquante dans la mémoire artistique nationale.

I. B.

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Tunis | Le président de la Chambre des bouchers soupçonné de spéculation

13. September 2026 um 13:39

Le juge d’instruction du Pôle judiciaire financier de Tunis a décidé de prolonger de quatre mois la détention préventive d’Ahmed Amiri, président de la Chambre syndical des bouchers, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire, suite à une plainte déposée contre lui par la Société Ellouhoum, rapporte Mosaique.

Cette plainte porte sur des soupçons de détournement de fonds publics appartenant à ladite entreprise publique ; ces fonds lui avaient été confiés en vertu d’un mandat donné par plusieurs bouchers pour l’approvisionnement en viandes réfrigérées importées.

Il est aussi soupçonné de manipulation des circuits de distribution en utilisant, à leur insu, les identités fiscales de bouchers, pour retirer des quantités de viande auprès de la Société Ellouhoum — en vue de monopoliser et spéculer sur ces produits subventionnés par l’État — en les vendant dans des circuits autres que ceux agréés par ladite société.

Après avoir auditionné Ahmed Amiri, le premier juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier a émis un mandat de dépôt à son encontre pour des faits de blanchiment d’argent — en tirant parti des facilités offertes par sa fonction ainsi que par ses activités professionnelles et sociales —, de monopole et de spéculation illicites, d’abus de confiance aggravé, ainsi que pour complicité avec un agent assimilé à un fonctionnaire public ayant délibérément usé de sa qualité pour causer un préjudice matériel à une entreprise dont l’État détient une participation au capital, afin d’en retirer un avantage indu.

I. B.

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Tunisie | Me Ghazi Mrabet et six co-accusés déférés devant le juge d’instruction

13. September 2026 um 13:17

L’avocat Ghazi Mrabet et six autres suspects — dont un trafiquant de drogue connu des services — seront déférés devant le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier de Tunis, leur garde à vue ayant été prolongée dans le cadre de l’enquête. Cette mesure, décidée, avant-hier, vendredi 11 septembre 2026, s’inscrit dans le cadre des investigations en cours concernant une suspicion de détention de stupéfiants.

L’affaire a débuté lorsque l’avocat a été surpris au domicile du deuxième suspect — un trafiquant de drogue faisant l’objet d’une condamnation par contumace à 40 ans de prison, qui serait l’un de ses clients, selon plusieurs de ses collègues.

Lors de l’opération, les autorités ont saisi 8 kg de cocaïne, 40 plaquettes de résine de cannabis (zatla) et une somme d’argent estimée à 394 000 dinars.

À la suite de l’ouverture de l’enquête, quatre autres suspects ont été arrêtés, tandis qu’un célèbre footballeur, dont le nom n’a pas été divulgué, a été déféré devant le parquet.

La semaine dernière, le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis a ordonné aux agents de la sous-direction de lutte contre les stupéfiants (relevant de la direction de la police judiciaire) de placer en garde à vue l’avocat Ghazi Mrabet ainsi que le trafiquant de drogue en question.

Leur garde à vue a été fixée à cinq jours pour des chefs d’accusation incluant la constitution d’un réseau de trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Les deux hommes ont été interpellés au domicile du trafiquant recherché ; la perquisition des lieux a permis la saisie d’importantes quantités de stupéfiants.

Selon l’agence Tap, citant une source judiciaire, Me Mrabet, qui se trouvait en compagnie du trafiquant de drogue, a tenté d’entraver le travail des agents de la police judiciaire pour permettre la fuite de son client, mais ces derniers sont parvenus à les interpeller tous deux.

I. B.  

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Tunisie | Décès de prisonniers à cause de la chaleur, les autorités nient

13. September 2026 um 12:01

Au moins 23 détenus seraient décédés en Tunisie ces dernières semaines en raison de la chaleur extrême enregistrée en juillet et août, aggravée par la surpopulation carcérale et les longues coupures d’électricité et d’eau, s’indignent les défenseurs des droits humains qui dénoncent depuis longtemps des conditions de détention difficiles. Aucun des décès en prison ne peut être attribué à la chaleur sans confirmation des médecins légistes, répondent les autorités, qui ne communiquent aucun chiffre.

Selon le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Bassem Trifi, cité par l’AFP, son organisation a recensé 23 décès en s’appuyant sur des informations fournies par des médecins, des avocats et des proches de détenus morts en prison à cause de la chaleur.

Parmi les détenus décédés figurait l’homme d’affaires Lazhar Sta, selon sa fille. Un autre était un étudiant de 24 ans.

Un homme d’affaires libanais est également décédé dans une prison tunisienne, a précisé M. Trifi. Une source judiciaire libanaise a indiqué à l’AFP que le père du défunt avait informé les autorités libanaises de sa mort une semaine auparavant. «Les conditions sont déjà inhumaines en temps normal, mais avec la vague de chaleur et des températures dépassant parfois 45 °C dans des cellules surpeuplées, la situation menace la vie des détenus», a déclaré M. Trifi.

Les prisons tunisiennes sont depuis longtemps critiquées pour leur surpopulation chronique et leurs mauvaises conditions de détention.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent la surpopulation des cellules, une ventilation insuffisante et un accès limité à l’eau — des accusations que l’administration pénitentiaire a rejetées.

L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) s’est dite cette semaine «préoccupée par la détérioration des conditions de détention et l’augmentation des décès en prison». Elle a également appelé à des enquêtes «transparentes» et «indépendantes», déplorant l’absence de données officielles concernant ces décès.

Les proches de détenus avaient déjà exprimé leurs inquiétudes quant aux conditions de détention à mesure que les températures grimpaient au cours de l’été.

Les alertes lancées par les proches de figures de l’opposition emprisonnées ont largement circulé sur les réseaux sociaux et, à un degré moindre, sur les médias.

Parmi ces figures figure Rached Ghannouchi, 85 ans, chef du parti Ennahdha; ses avocats avaient qualifié son état de santé de «critique» en juillet, après des informations faisant état d’un évanouissement et d’un épuisement sévère en détention.

Figure également sur cette liste le militant Ahmed Nejib Chebbi, 82 ans, dont la fille a aussi exprimé son inquiétude quant aux conditions de détention de son père et d’autres détenus. «Je n’attendrai pas que mon père et mon oncle meurent en prison», a déclaré l’avocate Haifa Chebbi.

Son oncle, Issam Chebbi, est lui aussi emprisonné à la suite d’accusations de complot contre la sûreté de l’Etat, que des organisations de défense des droits humains ont dénoncées comme étant motivées par des considérations politiques. «Je ne garderai pas le silence. Libérez les détenus», a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.

En juillet, l’administration pénitentiaire avait affirmé que tous les détenus recevaient des «soins médicaux conformes à la réglementation» et que «toutes les mesures nécessaires» avaient été prises face à la chaleur.

Depuis 2023, des dizaines de personnalités politiques, de journalistes et d’hommes d’affaires, entre autres, ont été placés en détention ou condamnés pour diverses accusations.

L’OMCT a appelé les autorités tunisiennes à prendre «les mesures nécessaires pour protéger la vie» des détenus et à autoriser les organisations de défense des droits à effectuer des visites dans les prisons.

La LTDH avait indiqué qu’elle se voyait interdire l’accès aux prisons depuis novembre 2025. Ces derniers jours, l’inquiétude s’est accrue concernant l’état de santé du journaliste d’investigation Mohamed Yousfi. Ce dernier a été arrêté la semaine dernière alors qu’il s’apprêtait à évoquer les pénuries d’eau lors d’une émission de radio. Il a par la suite été opéré de l’appendicite et placé en détention.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a rapporté que les membres de sa défense avaient dû quitter une séance d’interrogatoire pour lui procurer des médicaments, car M. Yousfi «hurlait de douleur».

Par ailleurs, la fille du journaliste indépendant emprisonné Zied El Heni a fait part de ses craintes pour son père. «À chaque fois que je rends visite à mon père, j’ai peur qu’on m’annonce sa mort», a déclaré Aram El Heni dans une vidéo largement partagée sur Facebook. «À chaque fois que je quitte la prison, je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je le vois», a-t-elle ajouté.

D’après AFP.

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