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Tunisie-Algérie | Les graines de la discorde

30. Juli 2026 um 12:43

La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

Khémaïs Gharbi *

Les nations ne sont pas seulement menacées par les armes. Elles le sont tout autant par les mots, les rumeurs, les manipulations et les divisions savamment entretenues. Depuis toujours, les puissances qui convoitent un pays savent qu’il est souvent plus efficace de dresser un peuple contre lui-même ou contre ses voisins que de l’affronter directement.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Située au cœur de la Méditerranée, ouverte sur l’Europe, appartenant au Maghreb et au monde arabe, elle occupe une position géostratégique qui suscite naturellement l’intérêt de nombreux acteurs internationaux. Chacun défend ses intérêts, parfois de manière légitime, parfois en cherchant à influencer les équilibres régionaux.

Lorsque les difficultés économiques, les tensions sociales et les incertitudes politiques fragilisent un pays, celui-ci devient plus vulnérable aux campagnes d’influence. Les frustrations populaires peuvent alors être orientées vers des adversaires désignés, parfois sans rapport avec les véritables causes des problèmes. Il devient alors facile de semer les graines de la discorde.

L’une des méthodes les plus efficaces consiste à détériorer les relations entre deux peuples qui ont pourtant bâti, au fil des siècles, une histoire commune faite de solidarité, de respect et de bon voisinage. Les liens entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard. Ils se sont forgés dans la géographie, dans l’histoire, dans les échanges humains, économiques et culturels, mais aussi dans les épreuves traversées ensemble.

Une histoire de solidarité, de respect et de bon voisinage

Ces deux peuples n’ont jamais construit leur relation sur la confrontation. Au contraire, ils ont appris à vivre côte à côte, à s’entraider lorsque les circonstances l’exigeaient et à préserver une frontière parmi les plus paisibles de la région. Cette réalité historique mérite d’être protégée.

C’est précisément parce que cette relation est solide qu’elle peut devenir la cible de ceux qui auraient intérêt à la fragiliser. Il suffit parfois d’une déclaration sortie de son contexte, d’une phrase interprétée de manière malveillante, d’une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux ou d’une campagne de désinformation pour tenter de transformer un geste de solidarité en sujet de discorde.

Récemment encore, une déclaration du président algérien Abdelmadjid Tebboune **, exprimée dans un esprit de soutien à la Tunisie, a été exploitée par certains pour tenter d’y voir une ingérence ou un motif de polémique. Les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en caisse de résonance où les interprétations les plus excessives ont parfois pris le pas sur la raison.

L’histoire de notre région offre pourtant une leçon qu’il serait dangereux d’oublier. Les divergences politiques, même profondes, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel lorsque les intérêts supérieurs d’un peuple sont en jeu.

La crise de Bizerte en 1961 en est l’une des plus belles illustrations. À cette époque, les relations entre le président Habib Bourguiba et le président Gamal Abdel Nasser étaient particulièrement tendues. Les désaccords étaient publics, parfois virulents, et semblaient difficilement conciliables.

Mais lorsque la Tunisie affronta la France lors de la bataille de Bizerte, les querelles s’effacèrent devant l’intérêt supérieur de la nation tunisienne. L’Égypte apporta immédiatement son soutien politique, militaire et diplomatique à la Tunisie. Bourguiba, le gouvernement tunisien et le peuple accueillirent avec émotion cette solidarité venue d’un pays frère. Ce geste démontrait qu’au-delà des divergences, il existait une conscience commune face à une menace extérieure.

Nasser avait cité à cette occasion un proverbe qui illustrait la vieille sagesse du monde arabe : «Moi et mon frère contre notre cousin ; moi, mon frère et notre cousin contre l’étranger.» 

Derrière cette formule se cache une vérité politique intemporelle : les différends entre frères ne doivent jamais devenir une arme entre les mains de ceux qui cherchent à les diviser.

Faire face avec discernement aux tentatives de manipulations

C’est précisément cette sagesse que nous gagnerions à retrouver aujourd’hui. Les désaccords peuvent exister entre gouvernements, les opinions peuvent diverger, mais ils ne devraient jamais conduire les peuples à oublier tout ce que l’histoire, la géographie et les sacrifices communs ont construit entre eux.

Les véritables amis d’un peuple ne cherchent pas à l’isoler de ses voisins ; ils cherchent au contraire à renforcer les liens qui contribuent à sa stabilité. La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

L’histoire enseigne une leçon simple : les peuples qui se laissent diviser servent souvent les intérêts d’autres qu’eux-mêmes. À l’inverse, ceux qui savent préserver leurs relations de confiance renforcent leur souveraineté et leur capacité à faire face aux défis.

Les Tunisiens ont toujours fait preuve de discernement face aux tentatives de manipulation. Il faut espérer qu’ils continueront à exercer cet esprit critique, en refusant les discours qui cherchent à fabriquer des ennemis là où l’histoire a construit des frères.

Les graines de la discorde ne germent que lorsqu’on les arrose. À chacun de veiller à ce que la sagesse, la mémoire et le respect mutuel soient plus forts que les semeurs de division.

* Ecrivain et traducteur.

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Air Algérie réceptionne deux nouveaux appareils Boeing

30. Juli 2026 um 11:49
Le groupe Air Algérie a annoncé, mercredi dans un communiqué, la réception de deux nouveaux appareils de type Boeing 737 MAX 8, et ce, dans le cadre du programme de modernisation et de renforcement de sa flotte.  Avec l’intégration de ces deux appareils, baptisés « Peace » et « Africa », le nombre d’avions réceptionnés dans le cadre du […]

Algérie : le solaire freiné par la réglementation

30. Juli 2026 um 11:38

L’avenir du programme solaire algérien dépendra moins de l’abondance des ressources naturelles que de la capacité du pays à transformer ses ambitions en projets rentables et finançables.

C’est la principale conclusion d’un rapport publié récemment par PV Magazine, spécialisé dans les questions énergétiques, qui appelle à des réformes structurelles afin de créer un environnement plus attractif pour les investisseurs.

S’appuyant sur les conclusions d’une table ronde organisée par la Middle East Solar Industry Association, le rapport souligne que l’Algérie dispose d’atouts naturels exceptionnels, notamment un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, de vastes espaces disponibles et une position géographique stratégique. Toutefois, ces avantages ne suffisent plus à eux seuls à attirer les capitaux internationaux en l’absence d’un cadre réglementaire et financier stable.

Le document rappelle que le système électrique algérien repose encore presque exclusivement sur le gaz naturel, qui constitue à la fois le principal combustible utilisé pour la production d’électricité et une source essentielle de recettes d’exportation. Dans ce contexte, le développement de l’énergie solaire apparaît comme un levier économique permettant de réduire la consommation intérieure de gaz et de réserver davantage de volumes aux exportations ou aux industries à forte valeur ajoutée.

15 GW de solaire et un réseau à renforcer

L’Algérie est appelée à lancer un programme visant à installer 15 gigawatts de capacité solaire. À ce stade, les projets en cours de réalisation représentent environ 3,2 gigawatts, alors que la demande nationale d’électricité continue de progresser. Ce qui impose d’accélérer la mise en œuvre des projets et de sécuriser des mécanismes de financement pérennes.

Les auteurs estiment que le modèle actuel, piloté par Sonelgaz à travers le financement des projets et les appels d’offres publics, a permis d’engager la première phase du programme. En revanche, le développement du marché nécessitera une participation accrue des investisseurs privés, notamment via des modèles de producteurs indépendants d’électricité (IPP), des contrats d’achat d’électricité à long terme (PPA) et des mécanismes contractuels plus transparents.

Le rapport insiste également sur la nécessité de renforcer les infrastructures électriques. Le développement des réseaux de transport, des postes de transformation et des capacités de stockage est jugé indispensable, la majorité des futurs parcs solaires étant implantée dans le sud du pays et sur les Hauts-Plateaux, loin des principaux centres de consommation.

Quid des systèmes de stockage et des projets d’hydrogène vert?

Les systèmes de stockage, notamment les batteries, sont appelés à jouer un rôle central dans le futur système énergétique algérien. Ils permettront de stocker l’électricité produite durant les périodes de fort ensoleillement, de renforcer la stabilité du réseau et d’alimenter les sites industriels ainsi que les zones isolées.

Le choix des technologies constitue un autre enjeu majeur. Le rapport recommande de privilégier des équipements capables de résister aux températures élevées et aux conditions poussiéreuses caractéristiques du climat algérien, afin d’assurer la fiabilité des installations et de réduire le coût de production de l’électricité sur le long terme.

Concernant le développement industriel, les auteurs considèrent que l’exigence d’un contenu local de 35 % constitue une étape importante pour structurer une filière nationale. Cet objectif devra toutefois être accompagné d’investissements dans les capacités industrielles et d’ingénierie, la formation de la main-d’œuvre et le renforcement des chaînes d’approvisionnement locales.

Le rapport souligne enfin que les projets d’hydrogène vert représentent une perspective stratégique pour l’Algérie. Leur succès dépendra néanmoins de la disponibilité d’une électricité renouvelable à faible coût, d’un cadre d’investissement attractif et d’infrastructures adaptées aux besoins de production et d’exportation.

En conclusion, PV Magazine estime que la réussite de la transition énergétique algérienne sera désormais évaluée à l’aune de la capacité du pays à bâtir un marché de l’investissement crédible, reposant sur des projets bancables, un réseau électrique modernisé, des solutions de stockage performantes et une base industrielle nationale capable de soutenir les ambitions du pays dans le domaine des énergies renouvelables.

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TRIBUNE – Tunisie/Algérie : du réactif au stratégique, bâtir la doctrine géoéconomique du Maghreb

30. Juli 2026 um 10:30

Spéculations politiques, rhétorique de crise et bruits médiatiques transfrontaliers : réduire la relation entre la Tunisie et l’Algérie à la seule gestion des urgences régionales est une erreur stratégique. Dans un monde en pleine recomposition géopolitique, il est urgent de substituer à l’ambiguïté conjoncturelle une doctrine de co-développement claire, fondée sur la souveraineté énergétique, la complémentarité industrielle et la puissance d’exécution du corridor maghrébin.

 

À chaque soubresaut géopolitique dans le bassin méditerranéen ou au Sahel, le débat public régional retombe dans le même travers : celui de commenter la relation entre la Tunisie et l’Algérie à travers la grille exclusive de la gestion de crise, des flux migratoires ou de prétendus accords informels.

Ce prisme, par nature flou et sujet aux spéculations, entretient une ambiguïté néfaste. Il réduit la Tunisie au rôle passif de « zone tampon » ou de « gardien de frontière », tout en offrant une prise facile aux récits de déstabilisation et aux pressions des blocs extrarégionaux.

L’honnêteté intellectuelle et la rigueur stratégique imposent de rompre avec cette lecture réductrice. La sécurité d’une nation ne se sous-traite pas dans l’opacité ; elle se bâtit sur la transparence d’une puissance économique interne, l’efficience institutionnelle et la clarté des choix stratégiques.

 

Déconstruire l’ambiguïté pour affirmer la souveraineté

L’Armée nationale tunisienne demeure le garant exclusif, autonome et constitutionnel de l’intégrité de notre territoire. La coopération avec l’Algérie ne saurait être perçue comme un abandon de prérogatives ou une délégation de souveraineté, mais comme une coordination stricte entre deux États souverains partageant des défis transfrontaliers communs.

Vouloir enfermer cette relation bilatérale dans des théories de « clauses militaires » non étayées ou dans la simple sous-traitance de la gestion migratoire pour le compte de la rive nord de la Méditerranée constitue un piège stratégique. Ce piège masque les vrais leviers de la souveraineté nationale : la maîtrise des flux énergétiques, la solidité du tissu bancaire, la cybersécurité et l’attractivité industrielle.

Pour résister aux secousses du monde multipolaire et refuser toute logique de vassalisation, le Maghreb doit sortir des faux-semblants et poser les bases d’un contrat d’intégration géoéconomique mesurable et structuré.

 

La complémentarité « Hardware » et « Software » du Maghreb

La puissance d’un sous-ensemble régional ne se mesure plus seulement à sa capacité de défense passive, mais à la valeur ajoutée de son modèle économique. C’est ici qu’intervient la complémentarité fondamentale entre la Tunisie et l’Algérie :

  1. L’Algérie comme « Hardware » de la souveraineté régionale : une profondeur territoriale stratégique, une puissance d’infrastructures lourdes, une autonomie énergétique majeure et une capacité de projection industrielle globale.
  2. La Tunisie comme « Software » du corridor maghrébin : un capital humain hautement qualifié, un secteur financier et bancaire agile, une capacité d’ingénierie et d’innovation technologique, ainsi qu’un rôle naturel de tiers de confiance pour les flux immatériels et les services à forte valeur ajoutée.

C’est en combinant ce « Hardware » énergétique et ce « Software » technologico-financier que l’axe Tunis-Alger pourra faire face aux défis imminents : du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF / CBAM) imposé par l’Union Européenne aux exigences de la transition numérique et écologique.

 

Du corridor de transit au pivot de croissance euro-africain

Le véritable défi de la période 2026-2030 ne consiste pas à multiplier les postures d’attente, mais à transformer nos zones d’échange en espaces de prospérité partagée.

L’intégration bancaire, la numérisation des procédures douanières, la sécurisation des approvisionnements en eau et en énergie, ainsi que le développement d’infrastructures logistiques connectées vers l’Afrique subsaharienne constituent la seule véritable feuille de route souverainiste.

Face aux récits de division et à la surenchère médiatique, la réponse de la Tunisie ne doit être ni le repli nostalgique, ni la réaction à chaud, mais l’exigence de la performance opérationnelle.

Le temps est venu de bâtir une alliance fondée non pas sur la peur des menaces, mais sur la maîtrise commune de notre avenir économique.

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Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  

30. Juli 2026 um 09:40

La dernière sortie du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie **, que de nombreux Tunisiens trouvent déplacée voire insultante, repose la question des accords sécuritaires et de défense conclus le 7 octobre 2025 entre Tunis et Alger et surtout leur définition de la menace terroriste et leurs modalités opératoires, dont on sait très peu de choses. (Photo :

Elyes Kasri *

L’absence de communication à ce sujet de la part des autorités tunisiennes suscite de sérieuses appréhensions surtout au vu des nombreuses suspicions et même des confidences attribuées à d’anciens responsables sécuritaires algériens sur des liens troubles entre les services spéciaux du pays voisin et certains groupes terroristes et même, semble-t-il, certaines actions terroristes commises en Tunisie notamment au cours des années 2012-2013.

La relation trouble du régime algérien avec le terrorisme et la quête démocratique nécessite une clarification des accords et des engagements sécuritaires et de défense bilatéraux afin d’éviter que la crainte de l’inconnu et des précédents attribués au régime algérien ne fassent passer la crise de confiance entre les deux peuples à un sentiment plus profond et plus durable de nature à creuser un fossé entre les deux voisins condamnés par l’histoire et la géographie à coexister pacifiquement et en bonne entente.

Les Tunisiens qui brandissent l’épouvantail d’Israël et du sionisme international et ne prêtent pas attention à ceux qui vouent une haine tenace à la Tunisie et nourrissent des desseins maléfiques à son égard, gagneraient à regarder de plus près la véritable et actuelle menace à leur pays en se posant de simples questions :

– qui occupe des territoires tunisiens riches en hydrocarbures et en ressources hydrauliques ?

– qui assèche les cours d’eau qui ont depuis l’aube des temps irrigué la Tunisie ?

– qui a enraciné la contrebande en Tunisie ?

– qui a organisé des attaques et des actions terroristes contre la Tunisie comme à Gafsa en 1980 ?

– quelles sont la nationalité et l’origine des dirigeants les plus sanguinaires des groupements islamistes qui ont sévi en Tunisie ?

– qui inonde la Tunisie avec des migrants illégaux subsahariens qui la mettent dans une situation inextricable d’être considérée comme une menace à la citadelle Europe, pourtant notre principal partenaire économique, ou envisager un rapatriement dépassant les moyens logistiques disponibles ou contribuer au dessein déstabilisateur d’une guerre civile au risque d’un remplacement démographique ?

– qui cherche à isoler la Tunisie sur la scène internationale en utilisant le chantage énergétique et terroriste ?

– qui exprime par ses actions et ses propos le plus de mépris pour la Tunisie ?

– qui cherche à gommer l’indépendance et la souveraineté de la Tunisie en la traitant ou même en la décrivant comme une province ?

Un pays qui n’arrive pas à définir la menace réelle à sa stabilité et à sa souveraineté est une proie facile et à moitié conquise.

* Ancien ambassadeur.

** S’exprimant devant la presse, le 27 juillet 2026, le président algérien a menacé, sans les nommer, ceux qui veulent «déstabiliser» la Tunisie. Il a employé une expression populaire algérienne virulente («nous détruirons la tente de ses parents») par allusion aux entités qui chercheraient à déstabiliser la Tunisie. Selon lui, la Tunisie est visée uniquement en raison de sa proximité avec l’Algérie. Traduire : certains acteurs chercheraient à fragiliser le voisin tunisien pour mieux isoler et affaiblir l’Algérie.

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Algérie: inspection des projets hydrauliques de la zone industrielle de Toumiat

29. Juli 2026 um 09:04
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, s’est enquis, dimanche à Béchar, de l’état d’avancement des infrastructures hydrauliques destinées à assurer l’alimentation en eau de la zone industrielle de Toumiat, appelée à accueillir notamment le projet de transformation et de valorisation du minerai de fer de Gara Djebilet (Tindouf), ainsi que des projets de renforcement de […]

Algérie-Commerce extérieur: Lancement d’une plateforme numérique pour l’importation de services

28. Juli 2026 um 11:09
Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé, dans un communiqué, le lancement d’une plateforme numérique dédiée à l’importation de services, à compter du 1er août prochain, dans le cadre de son programme visant à moderniser le secteur et à simplifier les procédures administratives. Cette plateforme destinée à l’ensemble des […]

Sonelgaz : Le Pôle d’Alger appelle à une consommation électrique rationnelle

27. Juli 2026 um 10:25
Le Pôle de distribution d’Alger, relevant de la Société algérienne de l’électricité et du gaz « Sonelgaz-istribution », a appelé, dimanche dans un communiqué, ses clients à une consommation rationnelle de l’énergie électrique durant la vague de chaleur que connaît le pays, et ce en adoptant des écogestes « simples » susceptibles d’alléger la pression sur le réseau. « Suite […]

Algérie : Une femme accède pour la première fois à la présidence de l’APN

29. Juli 2026 um 08:51

Pour la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, une femme a été élue à la tête d’une chambre du Parlement. Khalida Boufedech, députée FLN, a recueilli mardi 302 voix sur 366 exprimées pour présider l’Assemblée populaire nationale (APN), succédant à Brahim Boughali.

L’Assemblée populaire nationale (APN) a élu, mardi 28 juillet, la députée du Front de libération nationale (FLN) Khalida Boufedech à sa présidence pour la durée de la 10e législature, avec 302 voix contre 57 pour Amine Allouche (Mouvement de la société pour la paix) et 7 pour Rachid Hassani (Rassemblement pour la culture et la démocratie), sur 366 suffrages exprimés. Elle succède à Brahim Boughali, qui présidait la chambre basse depuis 2021.

Une première depuis l’indépendance

Cette élection revêt une portée historique : Khalida Boufedech devient la première femme à présider l’APN depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962. Aucune femme n’avait jusqu’ici dirigé l’une des deux chambres du Parlement algérien. Par sa fonction, elle devient également la troisième personnalité de l’État dans l’ordre protocolaire.

Un parcours entre médecine et collectivités locales

Âgée de 44 ans, Khalida Boufedech est diplômée en médecine générale de l’Université d’Alger depuis 2008, avant d’obtenir en 2019 un diplôme d’études spécialisées en allergologie et immunologie clinique. Elle exerce comme chef de service à la direction de la santé d’Alger. Avant de siéger au Parlement, elle a été élue à l’Assemblée populaire communale (APC) de Bordj el Bahri de 2012 à 2017, puis à l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Alger à partir de 2017. Elle a été élue députée le 2 juillet dernier sur la liste FLN de la wilaya d’Alger.

Une représentation féminine encore minoritaire

Son accession au « perchoir » intervient à l’ouverture de la 10e législature, issue des élections législatives du 2 juillet, qui n’ont vu que 23 femmes élues sur 407 députés, soit 5,6% de l’hémicycle. Cette élection est ainsi perçue comme un symbole fort, alors même que les femmes restent encore très minoritaires dans les principales fonctions exécutives et législatives du pays.

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Ce que les ksour du Sahara peuvent enseigner à un monde en surchauffe

29. Juli 2026 um 07:56

La question qui se pose aujourd’hui, alors que l’accélération du changement climatique multiplie les épisodes de grande canicule, est simple mais dérangeante : Comment la civilisation moderne, malgré toute sa puissance technologique, a-t-elle perdu la capacité de produire avec la terre et le vent ce que les bâtisseurs sahariens réalisaient naturellement une architecture de fraîcheur où le confort thermique se passe d’électricité et de climatisation ? (Photo : Oasis de Taghit, au sud-ouest de l’Algérie).

El Habib Ben Amara *

Ruelle du ksar de Taghit.

Ce vendredi-là, dans le sud-ouest saharien algérien ; à Taghit, le thermomètre dépassait largement les 40°C. L’horizon tremblait sous la violence du soleil. L’air semblait peser sur les épaules comme une matière compacte. Chaque pas demandait un effort. Chaque respiration paraissait plus difficile que la précédente. J’avais volontairement conduit quelques amis sous cette chaleur écrasante. Je connaissais pourtant ce qui les attendait quelques centaines de mètres plus loin.

Nous franchîmes la porte du ksar, traversâmes un porche puis la place centrale où se réunissait autrefois la djemaa, l’assemblée villageoise. De cette place partaient plusieurs ruelles étroites serpentant entre les maisons de terre. Et soudain, le monde changea.

Bien avant d’entrer dans une habitation, une fraîcheur douce et agréable nous enveloppa. Non pas le froid agressif et artificiel d’un climatiseur, mais une fraîcheur vivante, naturelle, presque bienveillante. L’un de mes amis s’arrêta, surpris. Son expression oscillait entre l’incompréhension et le soulagement.

Cette sensation n’avait rien d’un miracle. Elle était le résultat de siècles d’intelligence accumulée, d’une remarquable maîtrise de l’architecture, de l’urbanisme et de l’adaptation climatique développée par les habitants du Sahara.

À Taghit, à Kenadsa ou dans tant d’autres ksour du Sud algérien, comme du sud tunisien, chaque ruelle, chaque mur, chaque cour intérieure et chaque ouverture étaient pensés en fonction du soleil, du vent, de l’ombre et de l’eau.

La question qui se pose aujourd’hui est simple mais dérangeante : Comment la civilisation moderne, malgré toute sa puissance technologique, a-t-elle perdu la capacité de produire avec la terre et le vent ce que les bâtisseurs sahariens réalisaient naturellement ?

Le génie de l’homme contre la brutalité de la machine

Les ksour sahariens assuraient le confort thermique sans consommer le moindre watt d’électricité. Leur secret résidait dans une conception intelligente de l’espace.

Les ruelles étroites et sinueuses limitaient l’exposition directe au soleil. Les murs épais en terre crue absorbaient la chaleur durant la journée pour la restituer progressivement pendant la nuit. L’ensemble urbain favorisait la circulation naturelle de l’air et créait des microclimats capables d’atténuer les températures extrêmes.

Mais le ksar ne peut être compris isolément. Pour saisir son fonctionnement, il faut le considérer avec la palmeraie voisine. Les deux formaient un seul et même système.

Le ksar était dense, compact, protecteur. La palmeraie était ouverte, respirante, génératrice d’humidité et de fraîcheur. Le premier protégeait les habitants du soleil ; la seconde régulait l’air et le cycle de l’eau. L’un ne fonctionnait pas pleinement sans l’autre.

Les bâtisseurs sahariens avaient compris ce que nous redécouvrons aujourd’hui : l’architecture n’est pas un objet isolé, mais une composante d’un écosystème vivant.

Quand la modernité oublie les leçons du désert

Fait étonnant, les premiers administrateurs coloniaux français avaient eux-mêmes reconnu certaines qualités de cette architecture.

Dans les anciens quartiers administratifs de Béchar ou de Kenadsa, on trouve encore des bâtiments construits en terre crue. Ils avaient compris l’intérêt du matériau, mais pas toujours la logique qui lui donnait son efficacité. La véritable rupture est venue plus tard.

Au fil des décennies, les architectes et urbanistes modernes ont progressivement abandonné les principes bioclimatiques au profit d’une architecture standardisée faite de béton, d’acier et de verre, souvent importée de contextes climatiques totalement différents.

La terre n’a pas cessé de fonctionner. Nous avons simplement cessé de lui faire confiance. Comme l’avait déjà montré l’architecte égyptien Hassan Fathy au siècle dernier, la terre crue souffre moins d’un problème technique que d’un problème culturel : elle est trop souvent associée au passé, à la pauvreté ou à l’arriération, alors qu’elle représente l’un des matériaux les plus performants pour les régions chaudes et arides.

Le cercle vicieux du refroidissement moderne

Aujourd’hui, nos villes dépendent massivement de la climatisation. Pourtant, malgré cette consommation énergétique colossale, elles peinent à offrir des espaces publics confortables.Le paradoxe est saisissant.

Chaque climatiseur refroidit un intérieur en rejetant davantage de chaleur à l’extérieur. Des milliers d’appareils fonctionnant simultanément contribuent ainsi à réchauffer les rues et les places publiques, aggravant le phénomène d’îlot de chaleur urbain.

Nous dépensons une quantité considérable d’énergie pour corriger des problèmes que les bâtisseurs traditionnels résolvaient par la conception même de l’espace. Les ksour produisaient de la fraîcheur avant même que l’on franchisse le seuil d’une maison.

Nos villes modernes offrent souvent l’inverse : des intérieurs climatisés entourés d’espaces extérieurs devenus hostiles. Plus les rues chauffent, plus nous climatisons ; plus nous climatisons, plus les rues chauffent. Le cercle est parfaitement vicieux.

Une leçon pour l’avenir

Les ksour ne sont pas seulement des monuments historiques ou des curiosités touristiques. Ils constituent de véritables laboratoires de connaissances climatiques. Ils témoignent d’une compréhension fine des interactions entre l’eau, la végétation, le vent, les matériaux et l’organisation sociale de l’espace.

À l’heure où le changement climatique multiplie les vagues de chaleur et où les coûts énergétiques augmentent partout dans le monde, ces savoirs apparaissent moins comme des vestiges du passé que comme des ressources pour l’avenir.

Dans les ruelles ombragées de Taghit, lorsque le désert dépasse les 40°C et que l’on ressent cette fraîcheur inattendue, une question s’impose : Comment avons-nous pu abandonner une telle intelligence du vivant ? Et surtout, comment pouvons-nous aujourd’hui la réinventer, l’adapter et la remettre au service des villes du XXIe siècle ?

La réponse aux défis climatiques de demain ne réside peut-être pas dans des climatiseurs toujours plus puissants, mais dans la redécouverte des principes qui ont permis aux ksour sahariens de vivre pendant des siècles en harmonie avec leur environnement.

Loin d’être une nostalgie, cette architecture de la fraîcheur pourrait bien constituer l’un des modèles les plus modernes dont nous disposons pour construire un avenir habitable.

* Analyste stratégique (sécurité hydrique et géopolitique).

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Greenpeace | «Les incendies au Maghreb menacent des vies et des communautés»

28. Juli 2026 um 12:35

Les incendies qui touchent actuellement la Tunisie, l’Algérie et le Maroc causent non seulement des dégâts aux forêts et aux habitations, mais constituent également une menace croissante pour les vies humaines, la sécurité des communautés et le droit à un environnement sain.

C’est l’avertissement lancé par Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), soulignant que la situation est particulièrement critique en Algérie : six personnes y ont perdu la vie, environ 150 habitations ont été endommagées et près de 1 550 départs de feu ont été recensés en l’espace de 12 jours.

En Tunisie, selon les données de la Protection civile, les flammes ont ravagé plus de 240 hectares en juillet 2026. On a parlé de plus de 440 hectares jusqu’à la fin de la semaine dernière. Plus de 35 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays entre le 1er juin et le 25 juillet, dans un contexte de fortes chaleurs, de sécheresse et de pression intense sur les équipes de lutte contre les incendies.

La situation s’aggrave également au Maroc, où les autorités et les services forestiers s’efforcent de contenir les brasiers et de protéger les zones habitées ainsi que les zones rurales vulnérables. «Les pertes dépassent les simples dégâts matériels ; elles affectent le droit à la vie, à un logement sûr et à un environnement sain», a déclaré Kenzie Azmi, responsable régionale des campagnes pour Greenpeace Mena.

Au-delà des hectares brûlés et des maisons détruites, a-t-elle souligné, se trouvent des communautés déstabilisées, des familles contraintes d’abandonner leur foyer et une capacité de résilience qui s’amenuise à chaque nouvelle urgence. Selon Greenpeace, la crise climatique ne peut être évaluée uniquement à l’aune de la hausse des températures ; elle doit aussi être mesurée par les conséquences humaines, économiques et sociales engendrées par les phénomènes météorologiques extrêmes.

L’organisation environnementale insiste sur le fait que les incendies au Maghreb ne doivent pas être considérés comme des incidents isolés, mais comme faisant partie d’un phénomène mondial devenant de plus en plus fréquent et intense, alimenté par des vagues de chaleur record et des sécheresses prolongées. Le changement climatique, note-t-elle, n’est pas nécessairement la cause directe des incendies — souvent liés à l’activité humaine ou à d’autres facteurs — mais il les rend plus probables, en accélère la propagation et en accroît le pouvoir destructeur. Pour Greenpeace, il ne suffit plus de réagir simplement une fois les catastrophes survenues.

L’organisation appelle à des investissements concrets dans la prévention, la gestion forestière, les systèmes d’alerte précoce et l’adaptation pour les communautés les plus exposées. Elle exhorte également les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre à rendre des comptes et à mobiliser des financements climatiques pour les populations d’Afrique du Nord, qui supportent une part croissante du coût d’une crise à laquelle leur contribution reste limitée.

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Crise climatique : Greenpeace interpelle les États du Maghreb après les incendies

Von: tmps
28. Juli 2026 um 10:46

Six morts en Algérie, cent cinquante habitations endommagées et près de 1550 feux en douze jours.

En Tunisie, plus de 240 hectares partis en fumée en juillet 2026 et plus de 35 incendies de forêt entre le 1er juin et le 25 juillet, selon les chiffres de la protection civile.

Au Maroc, le bilan s’alourdit à son tour.

Face à ces chiffres alarmants, la responsable des campagnes régionales de l’organisation Greenpeace a souligné que « les pertes ont dépassé les dommages matériels directs pour toucher le droit à la vie, à un logement sûr et à un environnement sain »

Dans un communiqué publié, lundi, la responsable  a affirmé que derrière les hectares brûlés et les maisons détruites, des communautés déstabilisées, des familles déplacées et une capacité de résilience qui s’érode à chaque nouvelle catastrophe.

Pour la responsable, la crise climatique ne se mesure pas aux seules envolées de température. Elle se mesure à la souffrance humaine qu’elle engendre.

Selon Greenpeace, ces incendies ne sont pas « des accidents ». Ils sont plutôt une composante d’un schéma global, « de plus en plus fréquent et intense », nourri par des pics de chaleur records et des sécheresses prolongées.

Le changement climatique ne déclenche pas les feux. Il les rend plus probables, plus rapides, plus dévastateurs. C’est aussi un facteur aggravant systématique que les politiques publiques continuent de sous-estimer.

Greenpeace a estimé que la réponse post-catastrophe ne suffit plus. Pour y remédier, elle exige des investissements concrets dans la prévention et l’adaptation, la responsabilisation des États les plus émetteurs de gaz à effet de serre, et la mobilisation des financements climatiques pour les communautés qui paient le prix d’une crise qu’elles n’ont pas créée.

 

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A qui s’adressent les propos de Tebboune ?

28. Juli 2026 um 10:43

Les déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie ont été présentées comme une mise en garde contre toute tentative de déstabilisation. Mais elles ont également suscité une lecture politique chez des opposants tunisiens et algériens, notamment dans des milieux qui se considèrent eux-mêmes visés par les discours officiels sur le terrorisme et la sûreté de l’État.

Ce qu’a déclaré Tebboune

Lors de son entretien périodique avec la presse algérienne, Abdelmadjid Tebboune a affirmé que la Tunisie était visée en raison de sa proximité avec l’Algérie.

Selon lui, certains chercheraient à déstabiliser la Tunisie afin de pouvoir ensuite atteindre plus facilement l’Algérie. Le président algérien a également évoqué la menace terroriste et assuré que son pays ne resterait pas passif face à une tentative de déstabilisation de son voisin.

Il n’a cependant cité ni parti politique tunisien, ni personnalité, ni composante particulière de l’opposition.

Lire aussi: Tebboune : « On veut déstabiliser la Tunisie pour pouvoir ensuite « manger » l’Algérie »

En Tunisie, une déclaration interprétée à travers le contexte politique

L’avocate et opposante Dalila Ben Mbarek Msaddek a estimé que les propos de Tebboune ne se limitaient pas à un message de solidarité sécuritaire. Selon sa lecture, l’emploi des termes « terrorisme » et « déstabilisation » pourrait également viser les adversaires du président Kaïs Saïed.

Cette interprétation s’explique par le contexte tunisien. Depuis le 25 juillet 2021, plusieurs figures de l’opposition ont été poursuivies dans des dossiers liés à la sûreté de l’État, au complot ou au terrorisme.

La mouvance islamiste est particulièrement concernée. Le chef historique d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que plusieurs dirigeants du mouvement sont emprisonnés ou poursuivis dans différentes affaires. L’ancien chef du gouvernement Ali Larayedh a notamment été condamné dans le dossier relatif à l’envoi de Tunisiens vers les zones de conflit, une affaire qu’Ennahdha présente comme un procès politique dirigé contre lui.

En Algérie, la réaction d’une figure liée à Rachad

La dimension islamiste apparaît plus directement du côté algérien avec la réaction de Mohamed Larbi Zitout.

Ancien diplomate installé à Londres, Zitout est l’un des fondateurs et porte-parole du mouvement Rachad, créé notamment par des personnalités issues de l’ancien Front islamique du salut. Le mouvement est considéré par les autorités algériennes comme une organisation terroriste, une qualification rejetée par ses responsables.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Mohamed Larbi Zitout estime que les déclarations de Tebboune traduisent un soutien politique au président Kaïs Saïed. Il établit également un lien avec les manifestations organisées le 25 juillet en Tunisie, considérant qu’une mobilisation populaire dans le pays voisin pourrait inquiéter le pouvoir algérien.

Cette analyse n’est toutefois étayée par aucun élément public établissant que les manifestations tunisiennes auraient directement motivé la prise de parole de Tebboune.

Une crainte commune dans deux contextes différents

Les oppositions islamistes tunisienne et algérienne ne se trouvent pas dans une situation identique.

En Tunisie, Ennahdha a exercé le pouvoir après la révolution de 2011 avant d’être progressivement marginalisé, puis fortement affaibli par les arrestations et les condamnations de ses dirigeants.

En Algérie, Rachad évolue en dehors du système politique légal et ses principaux dirigeants vivent à l’étranger. Le pouvoir algérien le présente comme une menace sécuritaire, tandis que le mouvement se définit comme une organisation d’opposition politique.

Malgré ces différences, les deux mouvances partagent une même inquiétude : voir la contestation politique assimilée à la déstabilisation ou au terrorisme.

Un message politique ou une doctrine sécuritaire ?

Rien, dans les propos publics de Tebboune, ne permet d’affirmer qu’il visait directement Ennahdha, Rachad ou l’ensemble des oppositions tunisienne et algérienne.

Pour Alger, cette déclaration s’inscrit dans une doctrine ancienne : la stabilité de la Tunisie est considérée comme une composante de la sécurité nationale algérienne.

Mais le vocabulaire employé, le soutien constant d’Alger au président Kaïs Saïed et la situation des opposants dans les deux pays expliquent pourquoi cette déclaration a été interprétée politiquement.

L’enjeu de la polémique réside donc moins dans une cible explicitement désignée que dans la manière dont les mots « terrorisme » et « déstabilisation » résonnent auprès d’oppositions qui estiment en faire régulièrement les frais.

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Ridha Chkoundali : « La Tunisie doit diversifier ses sources d’énergie »

28. Juli 2026 um 09:47

Les propos du président algérien Abdelmadjid Tebboune ont également suscité de vives réactions parmi les économistes. La position de Ridha Chkoundali face à cette déclaration provocatrice sur la sécurité de la Tunisie en dit long.

Il souligne, dans son post, que lorsqu’un État devient dépendant de l’énergie qu’il importe d’un autre pays, il n’importe pas seulement du gaz ou de l’électricité : il importe aussi, en partie, une forme de dépendance politique. La dépendance économique, aussi maquillée soit-elle, finit souvent par se transformer en dépendance politique.

A cet égard, il précise que le creusement du déficit commercial vis-à-vis de l’Algérie, alimenté principalement par les importations énergétiques, a contribué à installer une relation déséquilibrée. Cela aurait dû pousser la Tunisie à accélérer sa transition énergétique et à investir massivement dans les énergies renouvelables afin de regagner une part de son indépendance décisionnelle.

Il précise, dans son post : “ Ce qui surprend aujourd’hui, c’est d’entendre le président Abdelmadjid Tebboune parler d’une prétendue “intervention pour protéger la Tunisie, comme si la Tunisie était menacée de l’extérieur ou incapable d’assurer sa propre sécurité. Le peuple tunisien n’a besoin d’aucune tutelle ; il a besoin du respect de sa souveraineté et de ses choix. S’il s’agissait réellement de protéger la Tunisie, la priorité, dans cette période critique, aurait été de l’aider à surmonter la crise électrique qu’elle traverse depuis des semaines, une crise qui a pesé sur les citoyens, les entreprises, l’économie, le tourisme et l’investissement. L’Algérie, forte de ses capacités énergétiques, aurait pu apporter un soutien exceptionnel, capable d’alléger la souffrance des Tunisiens et de donner un sens concret aux discours de fraternité et de solidarité”.

Ridha Chkoundali rappelle que le véritable soutien entre États ne passe pas par des menaces d’intervention militaire ou sécuritaire, mais par la contribution à la résolution des crises économiques et sociales qui fragilisent les sociétés. L’électricité qui éclaire aujourd’hui les foyers tunisiens vaut bien plus que n’importe quelle déclaration politique. Et une coopération économique sincère est infiniment plus utile que des discours perçus comme une atteinte à la souveraineté des pays.

En outre, l’histoire a démontré que l’indépendance politique commence par l’indépendance économique, et que la sécurité nationale ne repose pas uniquement sur les armées, mais aussi sur la sécurité énergétique, alimentaire et financière.

Il conclut : “La leçon que la Tunisie doit tirer de cette crise est claire : se libérer progressivement de toutes les formes de dépendance, diversifier ses sources d’énergie et investir massivement dans les énergies renouvelables, afin que sa décision nationale ne reste pas exposée à quelque pression que ce soit.”

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Incendies en Tunisie, en Algérie et au Maroc : Greenpeace appelle à une action urgente

28. Juli 2026 um 09:09

Les incendies de forêt enregistrés ces dernières semaines en Tunisie, en Algérie et au Maroc illustrent l’intensification des risques climatiques dans la région, estime Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord. Dans un communiqué publié lundi, l’organisation appelle à renforcer les politiques de prévention, d’adaptation et de résilience face à la multiplication des événements climatiques extrêmes.

La responsable des campagnes régionales de Greenpeace, Kenzi Azmi, affirme que les conséquences des incendies vont au-delà des dégâts matériels. Elle souligne que ces catastrophes affectent également « le droit à la vie, à un logement sûr et à un environnement sain » et fragilisent la capacité des communautés à faire face aux crises climatiques.

En Tunisie, plus de 240 hectares ont été détruits par les flammes au cours du mois de juillet 2026. Les données de la Protection civile font également état de plus de 35 incendies de forêt enregistrés entre le 1er juin et le 25 juillet.

En Algérie, les incendies ont fait six morts et endommagé près de 150 habitations. Tandis qu’environ 1 550 départs de feu ont été recensés en 12 jours, révèlent les chiffres cités par Greenpeace.

Le Maroc a également connu plusieurs incendies de forêt au cours de la même période.

Pour l’organisation, ces événements s’inscrivent dans un contexte de hausse des températures et de sécheresses plus fréquentes. Greenpeace rappelle que la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord figure parmi les plus exposées aux effets du changement climatique, avec un réchauffement qui progresse à un rythme proche du double de la moyenne mondiale.

L’ONG considère que les incendies ne doivent plus être perçus comme des phénomènes isolés, mais comme l’expression d’une tendance appelée à s’intensifier sous l’effet du réchauffement climatique. Elle souligne toutefois que si certains départs de feu sont liés à des facteurs humains, le changement climatique favorise leur déclenchement, leur propagation et leur intensité.

Greenpeace appelle ainsi à renforcer les investissements dans la prévention des incendies, la protection des écosystèmes et les politiques d’adaptation. Tout en plaidant pour une réduction rapide des émissions mondiales de gaz à effet de serre et un financement climatique accru en faveur des pays les plus vulnérables.

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Tebboune : « On veut déstabiliser la Tunisie pour pouvoir ensuite « manger » l’Algérie »

28. Juli 2026 um 07:19

Pour Alger, la sécurité de la Tunisie ne relève pas seulement du bon voisinage. Lors de son entretien périodique avec la presse nationale, le président Abdelmadjid Tebboune a affirmé que ceux qui chercheraient à déstabiliser la Tunisie viseraient en réalité l’Algérie. Une déclaration qui illustre la doctrine sécuritaire défendue depuis plusieurs années par les autorités algériennes.

« On veut déstabiliser la Tunisie à cause de l’Algérie »

Interrogé sur la situation régionale et les menaces pesant sur son pays, Abdelmadjid Tebboune s’est arrêté sur le cas tunisien.

« Tunisie, ça c’est clair, parce qu’on veut déstabiliser la Tunisie à cause de l’Algérie… pour pouvoir la manger, la bouffer facilement. Et on ne laissera pas faire » (1 h 46 min 20), déclare-t-il.

Quelques instants plus tard, il ajoute : « Ce jeu-là doit avoir des limites », avant d’assurer que l’Algérie continuera à défendre sa sécurité ainsi que celle de son environnement régional.

Une formule imagée par laquelle le président algérien exprime sa conviction qu’un affaiblissement durable de la Tunisie faciliterait, à terme, des pressions contre l’Algérie.

Le président algérien ne désigne toutefois aucun État ni aucune organisation et ne précise pas les acteurs auxquels il fait référence.

Lire aussi : Tebboune menace de détruire « ceux qui utiliseraient le terrorisme contre la Tunisie »

Une doctrine désormais bien établie

Le fond du message n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, Alger considère que la stabilité de la Tunisie constitue un intérêt stratégique majeur.

Cette position s’est progressivement renforcée avec les bouleversements qu’a connus la région : guerre en Libye, instabilité persistante au Sahel, menace terroriste et développement des réseaux de trafic transfrontaliers ont conduit les autorités algériennes à faire de la sécurité de leurs frontières une priorité.

Dans cette lecture stratégique, la Tunisie est perçue comme un partenaire essentiel. Une dégradation durable de la situation politique ou sécuritaire chez son voisin oriental aurait inévitablement des répercussions sur l’Algérie, qui partage avec la Tunisie près de 1 000 kilomètres de frontière.

Un soutien affiché à Tunis

Cette vision s’est traduite ces dernières années par un rapprochement constant entre Alger et Tunis.

Le 7 octobre 2025, les deux pays ont signé à Alger un accord de coopération militaire renforçant l’entraînement conjoint, l’échange d’informations et la coordination face aux menaces transfrontalières. Fin décembre 2025, Abdelmadjid Tebboune avait d’ailleurs dû défendre publiquement cet accord après la diffusion d’un faux document prétendant révéler des clauses portant atteinte à la souveraineté tunisienne.

Les rencontres entre les présidents Kaïs Saïed et Abdelmadjid Tebboune se sont également multipliées, tandis que les deux pays ont renforcé leur coopération dans les domaines de l’énergie, de l’économie et de la sécurité.

Une lecture géopolitique de la région

Les propos du président algérien interviennent dans un contexte marqué par les crises au Sahel, les incertitudes en Libye, les rivalités d’influence au Maghreb et les tensions persistantes au Moyen-Orient.

Dans cette vision géopolitique, la Tunisie apparaît comme un maillon essentiel de la stabilité régionale. Son affaiblissement pourrait, selon les autorités algériennes, avoir des conséquences dépassant largement ses frontières.

Sans apporter davantage de précisions sur les acteurs auxquels il fait référence, Abdelmadjid Tebboune réaffirme ainsi une conviction déjà exprimée à plusieurs reprises : pour Alger, la stabilité de la Tunisie constitue aussi une condition de la sécurité de l’Algérie.

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L’Algérie durcit le ton : Tebboune met en garde contre toute déstabilisation de la Tunisie

28. Juli 2026 um 07:05

La Tunisie s’est retrouvée au cœur du discours du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Dans un extrait de son entretien périodique avec les médias algériens diffusé lundi soir, le chef de l’État a lancé un avertissement particulièrement ferme à toute organisation ou acteur qui tenterait d’utiliser le terrorisme contre la Tunisie, réaffirmant ainsi la solidarité sécuritaire entre Alger et Tunis.

« Celui qui veut amener le terrorisme en Tunisie ou menacer la Tunisie par le terrorisme, nous lui détruirons la tente de ses parents », a déclaré Abdelmadjid Tebboune. Derrière cette formule populaire algérienne se cache un message sans ambiguïté : l’Algérie promet une réponse implacable à toute tentative de déstabilisation de son voisin oriental.

Selon ses dires, « certains veulent déstabiliser la Tunisie pour s’en prendre à l’Algérie et celui qui touchera à la sécurité de la Tunisie touche à celle de l’Algérie ».

Un message qui dépasse la simple rhétorique

Si le ton employé peut surprendre, le fond du message s’inscrit dans une doctrine sécuritaire constante d’Alger. Depuis plusieurs années, les autorités algériennes considèrent que la stabilité de la Tunisie relève directement de leur propre sécurité nationale.

Les deux pays partagent près de 1 000 kilomètres de frontière, dont une importante partie est montagneuse et a longtemps servi de refuge à des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) puis à d’autres organisations armées. Après les attaques terroristes qui ont frappé la Tunisie entre 2013 et 2016, la coopération sécuritaire entre Tunis et Alger s’est considérablement renforcée grâce à un échange permanent de renseignements, des patrouilles coordonnées et des opérations militaires conjointes dans les zones frontalières.

Le message de Tebboune apparaît ainsi comme une réaffirmation publique d’une politique déjà appliquée sur le terrain depuis plusieurs années.

Une déclaration dans un contexte régional tendu

L’intervention du président algérien intervient alors que la région fait face à une dégradation persistante de la situation sécuritaire au Sahel. Les coups d’État successifs, le retrait de plusieurs forces occidentales et la progression de groupes armés dans certaines zones du Mali, du Niger et du Burkina Faso nourrissent les inquiétudes des pays d’Afrique du Nord.

Sans désigner un acteur précis, Tebboune a clairement laissé entendre que toute instrumentalisation du terrorisme contre la Tunisie constituerait une ligne rouge pour Alger. Son propos intervient également dans un contexte où les autorités algériennes multiplient les déclarations sur la nécessité de préserver la stabilité de leurs frontières et de leurs voisins immédiats.

Lire aussi : Tebboune menace de détruire « ceux qui utiliseraient le terrorisme contre la Tunisie »

Une relation stratégique renforcée depuis 2021

Depuis l’arrivée de Kaïs Saïed au pouvoir après le 25 juillet 2021, les relations entre Tunis et Alger se sont nettement resserrées.

Les visites bilatérales se sont multipliées, tout comme les accords de coopération dans les domaines énergétique, économique et sécuritaire. L’Algérie est également devenue un partenaire essentiel pour la Tunisie en matière d’approvisionnement énergétique et de soutien économique, tandis que les deux présidents affichent régulièrement leur convergence sur plusieurs dossiers régionaux, notamment la Libye et la question palestinienne.

Dans ce contexte, les déclarations de Tebboune ne constituent pas un simple message diplomatique mais traduisent la volonté d’Alger d’afficher publiquement que la sécurité tunisienne demeure un enjeu stratégique majeur.

Un signal adressé autant aux groupes armés qu’aux puissances régionales

Le choix des mots employés par Tebboune dépasse enfin le seul cadre de la lutte antiterroriste. En affirmant que toute menace contre la Tunisie recevrait une réponse écrasante, le président algérien adresse également un message aux acteurs régionaux susceptibles d’utiliser l’instabilité sécuritaire comme levier d’influence.

Cette prise de position confirme que, pour Alger, la Tunisie constitue aujourd’hui un élément central de son dispositif de sécurité régionale. Dans un Maghreb marqué par les tensions diplomatiques et un Sahel toujours plus instable, l’Algérie entend rappeler qu’elle ne restera pas spectatrice face à une éventuelle dégradation de la situation sécuritaire chez son voisin tunisien.

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Institut Pasteur : Renforcement des capacités en surveillance environnementale des virus entériques

27. Juli 2026 um 22:51

L’Institut Pasteur de Tunis, en partenariat avec l’Institut Pasteur d’Algérie, a co-organisé une formation pratique consacrée aux techniques de concentration des virus entériques dans les eaux usées.

Cette formation a été organisée dans le cadre du projet EnSurPoV (Implementation of Environmental Surveillance of Polio and Enteric Viruses in North African Countries), coordonné par Dr Sondes Haddad-Boubaker

Organisée les 19 et 20 juillet 2026 au Laboratoire des entérovirus de l’Institut Pasteur d’Algérie à Sidi-Fredj, cette formation a réuni des participants des deux instituts autour des méthodes de référence utilisées en surveillance environnementale.

L’objectif était de renforcer les compétences techniques des équipes, d’harmoniser les protocoles de laboratoire et de consolider la collaboration scientifique régionale pour la détection des poliovirus et d’autres virus entériques.

Cette initiative illustre l’engagement des partenaires du projet EnSurPoV en faveur du développement de la surveillance environnementale et du renforcement de la santé publique en Afrique du Nord.

IPT

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Tebboune menace de détruire « ceux qui utiliseraient le terrorisme contre la Tunisie »

27. Juli 2026 um 18:39

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a adressé un message ferme aux acteurs qui chercheraient à menacer la Tunisie par le biais du terrorisme, réaffirmant le soutien d’Alger à son voisin tunisien.

Dans un extrait vidéo de son entretien périodique avec des représentants des médias algériens, qui sera diffusé dans la soirée, Abdelmadjid Tebboune a déclaré : « Celui qui veut amener le terrorisme aux côtés de la Tunisie ou menacer la Tunisie avec le terrorisme, nous lui détruirons la tente de ses parents ».

La Tunisie au cœur du message sécuritaire algérien

Cette déclaration intervient alors que Tebboune évoquait plusieurs dossiers nationaux et régionaux, notamment les questions sécuritaires et les relations extérieures de l’Algérie. Le président algérien a insisté sur la proximité stratégique entre les deux pays, considérant la stabilité tunisienne comme un enjeu majeur pour Alger.

Lire aussi : Tebboune clarifie : L’armée algérienne n’interviendra jamais sur le territoire tunisien !

Le soutien affiché à Tunis s’inscrit dans une relation bilatérale régulièrement présentée par les autorités algériennes comme fondée sur la coopération sécuritaire et la solidarité entre les deux pays voisins.

Une déclaration dans un contexte régional sensible

Sans citer d’organisation ni d’acteur précis, Abdelmadjid Tebboune a évoqué toute tentative d’utiliser le terrorisme comme moyen de pression contre la Tunisie. La séquence diffusée par la présidence algérienne intervient dans un contexte régional marqué par des préoccupations persistantes autour de la sécurité aux frontières et de la lutte contre les groupes armés.

Au cours du même entretien, le président algérien est également revenu sur d’autres dossiers, notamment les relations avec la France, affirmant que « l’Algérie ne quémande jamais » et qu’elle privilégie des relations fondées sur le respect et la réciprocité.

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Tourisme : Le réveil de l’Algérie face à l’attentisme tunisien

23. Juli 2026 um 10:18

Pendant longtemps, le tourisme maghrébin semblait fonctionner selon une répartition presque naturelle des rôles. Le Maroc s’imposait comme une destination culturelle et haut de gamme, la Tunisie comme une puissance du tourisme balnéaire accessible, tandis que l’Algérie restait un géant touristique aux potentialités largement inexploitées. A Alger, on ambitionne de changer la donne.

Mais cette équation est en train d’évoluer. Alger affiche désormais une volonté claire de faire du tourisme un secteur stratégique. Une montée en puissance qui pose une question essentielle pour Tunis : l’Algérie représente-t-elle demain un nouveau concurrent capable de fragiliser certains acquis du tourisme tunisien ?

L’ambition algérienne est désormais assumée. Après des années où le tourisme occupait une place secondaire dans les politiques économiques, les autorités veulent changer d’échelle et transformer l’immense potentiel du pays en une véritable industrie touristique.

Le gouvernement algérien vise notamment l’objectif d’attirer jusqu’à 8 millions de touristes à travers un nouveau plan de développement couvrant la période 2026-2028. L’accent est mis sur la diversification de l’offre, le développement des infrastructures et la valorisation du Sahara, un territoire considéré comme l’un des principaux atouts du pays.

Un avantage difficilement comparable dans la région

L’Algérie possède en effet un avantage difficilement comparable dans la région : un territoire de plus de 2,3 millions de kilomètres carrés, un Sahara parmi les plus spectaculaires au monde, des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO comme le Tassili n’Ajjer, un littoral méditerranéen encore peu exploité et un patrimoine historique riche. Pendant longtemps, cette richesse est restée davantage un potentiel qu’un produit touristique structuré.

Lire aussi : La Tunisie veut réinventer son tourisme grâce à l’IA

La question est donc moins de savoir si l’Algérie peut devenir une destination touristique que de savoir à quelle vitesse elle peut combler son retard.

Car aujourd’hui, l’écart reste important. La Tunisie dispose d’une avance historique considérable. Le pays a construit depuis les années 1970 une véritable industrie touristique, avec des stations balnéaires reconnues, un réseau hôtelier développé et une clientèle européenne fidélisée. En 2025, la Tunisie a franchi le seuil des 11 millions de visiteurs, dépassant son record historique d’avant la pandémie, avec des recettes touristiques qui ont dépassé les 8 milliards de dinars.

Mais cette réussite cache une vulnérabilité : le modèle tunisien reste encore fortement dépendant du tourisme balnéaire traditionnel. Or, le marché mondial évolue. Les voyageurs recherchent de plus en plus des expériences différentes : nature, culture, désert, patrimoine, tourisme durable. Des segments sur lesquels l’Algérie possède des arguments considérables.

La véritable bataille se situe sur les marchés futurs

Le danger pour la Tunisie n’est donc pas nécessairement de voir demain les touristes allemands, français ou britanniques abandonner Hammamet, Sousse ou Djerba pour Alger ou Tamanrasset. La véritable bataille se situe sur les marchés futurs. Les nouvelles générations de voyageurs seront-elles toujours attirées par le même modèle touristique basé essentiellement sur la mer et les hôtels-clubs ? Ou chercheront-elles davantage des destinations authentiques capables de raconter une histoire ?

C’est précisément sur ce terrain que l’Algérie pourrait progressivement changer la donne.

Le développement du tourisme saharien algérien pourrait notamment constituer un nouveau produit concurrentiel. Aujourd’hui, le Sahara tunisien reste une destination reconnue, notamment autour de Tozeur, Douz ou Tataouine, mais l’Algérie dispose d’une profondeur territoriale et paysagère beaucoup plus importante. Si Alger réussit à améliorer l’accessibilité, la promotion internationale et la qualité des services, elle pourrait attirer une clientèle internationale à la recherche d’expériences rares.

Quid des visiteurs algériens eux-mêmes ?

La relation touristique entre les deux pays pourrait également évoluer sur un autre terrain : celui des visiteurs algériens eux-mêmes. Les touristes algériens représentent un marché essentiel pour la Tunisie. Ils constituent depuis plusieurs années l’une des premières clientèles étrangères du pays, avec plusieurs millions d’entrées annuelles. Cette proximité géographique, culturelle et familiale constitue un avantage majeur pour Tunis. Mais à long terme, une Algérie qui développe davantage son tourisme intérieur pourrait encourager une partie de sa population à découvrir davantage ses propres régions touristiques plutôt qu’à voyager systématiquement à l’étranger.

Lire aussi : Le paradoxe du tourisme tunisien : Des réservations en hausse, mais 164 hôtels toujours fermés

Cette évolution ne signifie pas forcément une perte brutale pour la Tunisie. Les liens entre les deux pays restent extrêmement forts et la Tunisie bénéficie d’une expérience touristique difficile à reproduire rapidement. Mais elle pose une question stratégique : la Tunisie peut-elle continuer à compter uniquement sur ses acquis alors que ses voisins investissent dans de nouveaux modèles ?

Le Maroc, une stratégie de montée en gamme

Le Maroc a déjà engagé depuis plusieurs années une stratégie de montée en gamme et de promotion internationale agressive, notamment avec les grands événements sportifs à venir. L’Algérie, elle, semble vouloir désormais entrer dans cette compétition régionale. La Tunisie se retrouve donc face à un double défi : conserver son avantage historique tout en réinventant son offre.

L’enjeu n’est pas seulement de défendre le nombre actuel d’arrivées touristiques, mais de préparer les marchés des dix prochaines années. Une destination touristique ne perd pas forcément ses visiteurs du jour au lendemain ; elle peut progressivement perdre son attractivité si elle cesse d’innover, de se renouveler et de répondre aux nouvelles attentes des voyageurs.

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L’accélération algérienne doit donc être perçue comme un signal d’alerte pour la Tunisie. Non pas parce que l’Algérie menace immédiatement son tourisme, mais parce qu’elle rappelle une réalité : dans un secteur devenu mondial et extrêmement concurrentiel, les positions acquises ne sont jamais définitivement garanties. Le prochain combat touristique du Maghreb ne se jouera peut-être plus seulement sur les plages, mais sur la capacité de chaque pays à proposer une expérience unique.

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