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Changement climatique : il est temps d’envisager la proclamation d’un «état d’urgence», selon l’expert Hamdi Hached

Von: tmps
09. September 2026 um 10:14

Les effets du changement climatique ne relèvent désormais plus d’un scénario exceptionnel, ils s’imposent progressivement comme une réalité concrète de notre quotidien. Partout dans le monde, les signes du dérèglement climatique se multiplient, avec une hausse des températures, une fréquence accrue des épisodes de chaleur extrême et des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité climatique. L’été 2026, marqué par des températures exceptionnellement élevées, des épisodes de chaleur intense et une demande énergétique record, en a apporté la preuve.

Une interrogation s’impose désormais, si les effets du changement climatique sont déjà perceptibles aujourd’hui, que nous réservent les prochains mois et, surtout, les prochaines années ?

Face à ces interrogations, Hamdi Hached, ingénieur en environnement, a estimé dans une interviewaccordée au journal «Le Temps», que l’inquiétude suscitée par l’ampleur des bouleversements climatiques actuels est parfaitement légitime.

«Même en tant qu’expert, je dois reconnaître que je suis quelque peu préoccupé par les évolutions auxquelles nous sommes confrontés et, surtout, par leurs impacts. Ce qui m’inquiète davantage, c’est l’absence, jusqu’à présent, d’actions suffisamment concrètes et visibles pour faire face à cette situation», a-t-il relevé.

Un été 2027 potentiellement plus chaud et plus intense

S’agissant des perspectives pour les prochains mois et les prochaines années, l’ingénieur estime que l’été 2027 pourrait être difficile, voire «historique», avec un risque de températures encore plus élevées que celles enregistrées durant l’été 2026. Les vagues de chaleur pourraient également être plus longues et plus intenses que celles observées cette année.

«Mais le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans l’évolution des températures. Il concerne surtout leurs conséquences et l’ampleur des impacts qu’elles pourraient avoir sur la population, les ressources naturelles, les infrastructures et les différents secteurs», a-t-il souligné.

À court terme, les effets des épisodes de chaleur enregistrés durant l’été pourraient également se faire sentir au cours des prochains mois.

L’expert met notamment en garde contre les mois de novembre, décembre et janvier, qui pourraient connaître des épisodes climatiques particulièrement marqués. Ceux-ci pourraient prendre différentes formes, allant de précipitations très importantes à des périodes de chaleur inhabituelle durant l’hiver.

Selon lui, il ne s’agirait pas nécessairement de vagues de chaleur au sens strict du terme, mais plutôt de températures exceptionnellement élevées par rapport aux normales saisonnières. Autrement dit, même durant les mois d’hiver, la Tunisie pourrait connaître des épisodes de chaleur inhabituels, avec des températures supérieures à celles généralement enregistrées à cette période de l’année.

Au-delà de ce constat, Hamdi Hached appelle à renforcer la réponse institutionnelle face à l’urgence climatique. Il estime ainsi qu’il est désormais temps d’envisager la proclamation d’un «état d’urgence climatique» en Tunisie. «40 pays à travers le monde ont déjà proclamé un état d’urgence climatique», a-t-il indiqué.

Une telle décision, d’après lui, permettrait notamment de faciliter et d’accélérer les procédures administratives nécessaires au développement et à l’adaptation des infrastructures, afin de mieux répondre aux nouvelles contraintes imposées par le changement climatique.

«Les changements observés ne relèvent pas d’un phénomène temporaire»

«Malheureusement, les changements observés aujourd’hui ne relèvent pas d’un phénomène temporaire. Cette évolution s’inscrit dans une tendance qui a commencé à se manifester plus nettement dès 2021-2022, avec ce que l’on peut qualifier d’accélération climatique», a expliqué Hamdi Hached.

Il a indiqué que la période de la Covid-19 a pu, dans une certaine mesure, retarder certains effets du dérèglement climatique. «Depuis 2021, nous observons une augmentation progressive de l’intensité des phénomènes extrêmes», a-t-il ajouté.

Il ne s’agit donc plus d’événements isolés ou exceptionnels, mais d’une évolution qui semble s’inscrire dans la durée et à laquelle les sociétés devront désormais apprendre à s’adapter.

«Cette situation n’est pas irréversible et peut être mieux anticipée et gérée, à condition de s’y préparer dès aujourd’hui. Cela passe notamment par le renforcement de la sensibilisation, mais aussi par une meilleure compréhension des phénomènes et des risques auxquels nous sommes exposés», a-t-il ajouté.

«La réponse doit avant tout être scientifique»

Face à cette nouvelle réalité, Hamdi Hached plaide pour une approche fondée sur les données scientifiques. Selon lui, il est essentiel d’observer les évolutions à l’échelle mondiale, de s’appuyer sur des données fiables et d’exploiter les informations disponibles afin d’identifier des solutions concrètes et de les mettre en œuvre.

L’objectif est ainsi de s’appuyer sur les connaissances scientifiques disponibles pour orienter les décisions et adapter progressivement les politiques publiques, les infrastructures et les comportements à une réalité climatique en pleine évolution.

«Moi, comme d’autres experts, nous sommes au service de l’État et, surtout, de la société», insiste-t-il. L’enjeu est désormais de mettre l’expertise scientifique au service de l’action publique, mais aussi d’accompagner la société dans la compréhension des changements en cours et dans la recherche de solutions concrètes.

Adapter les infrastructures, changer les comportements

Face à l’ampleur des défis à venir, la question n’est plus seulement de constater les effets du changement climatique, mais de déterminer concrètement ce qui peut être fait pour en limiter l’impact.

Pour Hamdi Hached, l’adaptation doit être pensée comme une responsabilité collective, impliquant à la fois les pouvoirs publics et les citoyens, chacun devant agir à son niveau.

Du côté des autorités, plusieurs leviers peuvent être mobilisés. Il s’agit notamment de renforcer et de développer les infrastructures, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité et de l’eau, mais également dans celui de l’assainissement. L’extension des espaces verts, ainsi que l’entretien et la préservation des forêts doivent également occuper une place centrale dans cette stratégie d’adaptation.

Dans cette même logique, les campagnes de reboisement et de plantation d’arbres ne devraient plus être considérées comme de simples initiatives ponctuelles. Elles doivent, selon le spécialiste, s’inscrire dans une politique durable et devenir progressivement une véritable culture collective.

Mais l’adaptation ne peut reposer uniquement sur les décisions publiques. Elle suppose également une évolution des comportements et des habitudes quotidiennes, notamment en matière de consommation énergétique. Il devient ainsi essentiel d’ancrer une véritable culture de l’économie d’énergie.

À l’échelle individuelle, les citoyens disposent eux aussi de plusieurs leviers d’action. L’ingénieur évoque notamment une utilisation plus rationnelle de l’énergie et de l’eau.

Selon Hamdi Hached, cette adaptation concerne également la manière dont nous concevons et aménageons nos bâtiments. Le recours, autant que possible, à des experts et à des solutions adaptées aux nouvelles conditions climatiques devient de plus en plus nécessaire. «Parmi les pistes évoquées figure notamment l’ombrage des bâtiments, qui peut contribuer à réduire sensiblement la chaleur à l’intérieur des habitations», a-t-il souligné.

Nouha MAINSI

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Tunisie | Mesures pour éviter l’effondrement de la filière avicole

05. September 2026 um 13:57

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a annoncé qu’il ajustera la production dans le secteur avicole, en tenant compte des pertes enregistrées suite à la vague de chaleur record qu’a connue la Tunisie en juillet et août. Les professionnels du secteur signalent, quant à eux, un déficit de production qui n’a toutefois pas atteint, selon eux, le stade de la crise.

Saloua Dhaouadi, de la Direction générale de la production agricole du ministère, qui intervenait, jeudi 3 septembre 2026, a déclaré à la Radio nationale : «En coordination avec les acteurs du secteur, nous évaluerons avec précision l’ampleur des pertes afin d’envisager un ajustement de la production.»

Les coupures fréquentes d’électricité et d’eau survenues cet été ont perturbé les systèmes de ventilation et de refroidissement dans de nombreux élevages avicoles, provoquant l’asphyxie et la mortalité de cheptels de volailles, en particulier dans les petites et moyennes exploitations, ont indiqué les professionnels.

Mme Dhaouadi a ajouté, pour sa part, que «la production a été affectée par la mortalité, les retards de croissance et la baisse de productivité, notamment dans le secteur du poulet de chair», signalant également l’impact subi par «certains abattoirs».

L’adaptation aux changements climatiques et la préparation des exploitations face aux coupures d’électricité imprévues nécessitent d’investir dans les énergies renouvelables et d’en généraliser l’usage, a préconisé la responsable.

Interrogée sur l’éventuel soutien que le ministère de l’Agriculture prévoit d’apporter dans ce domaine, Mme Dhaouadi a précisé qu’il prendrait la forme d’une «ligne de financement», d’«avantages fiscaux» ou d’une «révision des facilités», ainsi que d’un «encadrement technique et sanitaire en coordination avec les vétérinaires».

Baisse de production mais pas encore la crise

L’aviculture est un secteur industriel par excellence et que les systèmes de ventilation et de refroidissement constituent des équipements vitaux pour les unités de production. La Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), a fait état, mercredi dernier, d’une pénurie dans la production mensuelle de volaille, tout en estimant que la situation «n’atteint pas, pour l’heure, le stade de crise».

Les vagues de chaleur exceptionnelles qu’a connues la Tunisie récemment ont engendré des difficultés pour la production avicole, notamment en raison des coupures d’électricité et d’eau ; ces perturbations ont entraîné la mortalité de volailles et une baisse de la productivité. Il s’agit désormais de prendre des mesures urgentes et proactives pour limiter les pertes, garantir la continuité de la production et préserver l’équilibre du marché.

Il s’agit aussi d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes à moyen et long terme pour assurer la pérennité du secteur et améliorer sa capacité à faire face aux phénomènes climatiques exceptionnels.

Le maintien d’un suivi rigoureux de la situation et la prise de mesures proactives sont, par ailleurs, nécessaires pour sécuriser la production et faire face aux éventuels imprévus. Pour cela, il convient de surmonter les difficultés liées à l’approvisionnement en vaccins et médicaments vétérinaires, de réviser certaines législations et procédures afin de faciliter l’importation des médicaments et produits biologiques requis et d’en garantir la disponibilité en temps opportun, renforçant ainsi la protection des élevages avicoles et du cheptel en général.

Dans ce même contexte, il convient de renforcer l’encadrement technique et sanitaire des éleveurs, afin de favoriser la prévention des maladies, l’amélioration des conditions d’élevage et une intervention précoce pour limiter les pertes, notamment face aux conditions climatiques difficiles.

Concernant la préparation des exploitations à faire face aux coupures d’électricité imprévues, les professionnels du secteur ont insisté sur la nécessité de soutenir et de généraliser l’investissement dans les énergies renouvelables et appelé à faciliter l’acquisition de groupes électrogènes afin de garantir le fonctionnement continu des équipements vitaux au sein des unités de production — notamment les systèmes de ventilation et de refroidissement — dans le but de protéger le cheptel et de limiter les risques de mortalité lors des périodes de fortes chaleurs.

Par ailleurs, une attention doit être portée sur les moyens de développer un système de gestion des volailles mortes fondé sur une approche environnementale durable, axée sur la valorisation écologique et la transformation de ces déchets en ressources à valeur ajoutée, et ce dans le respect des normes sanitaires et environnementales en vigueur. Cette démarche vise à réduire les risques pour la santé et l’environnement tout en améliorant les méthodes de gestion des résidus de production.

I. B.

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Changement climatique : l’OCTT alerte sur les conditions de détention dans les prisons

Von: tmps
03. September 2026 um 10:20

-L’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) a appelé à des mesures « urgentes et appropriées » face aux conséquences des changements climatiques dans les prisons.

Elle a préconisé une révision des infrastructures ainsi qu’un renforcement de leur entretien et de leur maintenance afin, notamment, de mieux faire face aux épisodes de chaleur extrême.

Dans une déclaration publiée, mercredi, L’organisation a également exigé une action « immédiate » pour réduire la surpopulation carcérale, proposant la libération des détenus condamnés pour délits mineurs en détention provisoire ou déjà condamnés ainsi que des personnes âgées et des malades chroniques.

Elle a en outre réclamé la libération des détenus poursuivis en vertu du décret-loi n° 54 (infractions liées aux systèmes d’information et de communication) et du Code des télécommunications, plaidant pour l’activation des peines alternatives, dont notamment, le travail d’intérêt général, les amendes et le bracelet électronique.

Elle a enfin exigé que les organisations de droits de l’Homme puissent accéder à l’information sur les conditions de détention et exercer leur rôle de contrôle indépendant au sein des établissements pénitentiaires, estimant qu’il s’agit bien d’une « garantie fondamentale de prévention contre les  violations ».

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La Tunisie s’installe peu à peu dans un climat tropical

26. August 2026 um 11:05

Selon Hamdi Hached, expert en climatologie et ingénieur en environnement, a déclaré Diwan FM que la Tunisie traverse une série de vagues de chaleur et connaît une hausse sans précédent des températures, une situation qui devrait perdurer jusqu’au début du mois de septembre, précisant que l’épisode actuel se distingue par un taux d’humidité relativement plus élevé que lors des vagues précédentes et par l’enregistrement de ce que l’on appelle des «nuits tropicales».

Durant ces nuits chaudes et humides, les températures ne descendent pas en dessous de seuils très élevés (dépassant parfois les 30 degrés), empêchant ainsi le corps humain et les infrastructures d’évacuer la chaleur accumulée.

L’expert en climatologie a souligné que la définition classique de l’automne n’est plus pertinente sur le plan technique, cette saison s’apparentant désormais à un prolongement de l’été.

La Tunisie connaît une installation durable de caractéristiques propres au «climat tropical» au sein du bassin méditerranéen, conséquence de la hausse record des températures de l’eau de mer.

M. Hached a appelé à la nécessité de s’adapter à cette nouvelle donne climatique et de renouer avec des techniques de refroidissement traditionnel pour atténuer l’intensité de la chaleur et réduire la pression sur la consommation d’énergie, tout en révisant les modèles architecturaux et les infrastructures pour les rendre compatibles avec les changements climatiques en cours et à venir.

I. B.

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