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L’irrigation solaire pour sauver l’agriculture en Tunisie

31. Mai 2026 um 10:15

La Tunisie doit repenser en profondeur son modèle agricole, en misant sur l’irrigation alimentée par des énergies renouvelables, les technologies numériques et une gestion plus rigoureuse des eaux souterraines afin de concilier sécurité alimentaire, protection de l’eau et souveraineté économique.

C’est l’appel lancé par Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord, dans un contexte marqué par la hausse des températures, la baisse des précipitations et la pression croissante sur les ressources en eau du pays.

Selon l’organisation environnementale, l’agriculture absorbe plus de 75 % de l’eau disponible en Tunisie, tandis que les ressources renouvelables par habitant restent inférieures au seuil international de pénurie d’eau.

Pour Greenpeace, la question alimentaire ne peut plus être considérée uniquement comme un enjeu économique ou de production, mais comme un élément direct de la sécurité nationale.

L’ONG salue les efforts des autorités tunisiennes pour accroître l’autosuffisance en blé dur, notamment grâce à des semences sélectionnées, à la promotion de la production locale et au développement des cultures irriguées.

Pour un contrôle plus strict des prélèvements d’eau

Toutefois, elle souligne que l’expansion de l’irrigation dans un pays exposé à un stress hydrique structurel nécessite un changement technique et réglementaire : réduction des coûts énergétiques, augmentation de l’efficacité des systèmes de production et contrôles plus stricts des prélèvements d’eau.

Au cœur de cette proposition se trouvent l’énergie solaire photovoltaïque appliquée aux exploitations agricoles, l’irrigation au goutte-à-goutte et l’utilisation de capteurs intelligents capables de moduler l’apport en eau en fonction des besoins réels des sols et des cultures.

Selon Greenpeace, ces technologies pourraient réduire le gaspillage, contenir les coûts pour les petits exploitants et accroître la stabilité de la production, même en période de sécheresse ou de coupures de courant.

L’organisation cite également l’agrivoltaïsme – l’intégration de panneaux solaires et de cultures sur une même parcelle – comme un outil potentiel pour limiter l’évaporation et protéger certaines cultures des vagues de chaleur. Elle met toutefois en garde contre un risque : l’énergie solaire, en réduisant le coût du pompage, pourrait encourager une surexploitation des eaux souterraines si elle n’est pas encadrée par une réglementation claire.

Transition agricole fondée sur les énergies renouvelables

C’est pourquoi Greenpeace appelle à la mise en place de quotas de prélèvement, de compteurs intelligents, de permis plus stricts et d’un recours accru au traitement des eaux usées.

Une transition agricole fondée sur les énergies renouvelables, conclut l’ONG, serait non seulement un choix écologique, mais aussi un levier de stabilité sociale, de maîtrise des prix alimentaires et de renforcement de la souveraineté tunisienne.

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Tunisie : Hausse “sans précédent” du niveau de la mer et des vagues, alertent les autorités

22. Mai 2026 um 15:01

La Tunisie fait face à une accélération préoccupante des effets du changement climatique sur son littoral. Selon le ministre de l’Environnement Habib Abid, le pays a enregistré en 2026 une hausse du niveau de la mer et une intensification des vagues dépassant toutes les prévisions et scénarios jusque-là envisagés par les études scientifiques. Les épisodes survenus en janvier dernier, avec des vagues atteignant jusqu’à 14 mètres en Méditerranée et 8 mètres sur les côtes tunisiennes, ont provoqué d’importants dégâts et poussé les autorités à revoir en urgence leurs plans d’adaptation et de protection du littoral, alors que de tels phénomènes étaient initialement attendus entre 2050 et 2100.

Des vagues jusqu’à 14 mètres en Méditerranée

S’exprimant vendredi en marge d’un séminaire national sur la biodiversité organisé à Tunis, le ministre de l’Environnement a indiqué que les phénomènes observés entre le 19 et le 21 janvier 2026 ont dépassé les projections et études antérieures.

Selon lui, la hauteur des vagues a atteint entre 6 et 14 mètres en Méditerranée, tandis qu’elle a oscillé entre 6 et 8 mètres sur les côtes tunisiennes, provoquant des dégâts qualifiés de considérables.

Habib Abid a précisé que les services de son département ont procédé à l’évaluation des dommages enregistrés et élaboré un programme d’intervention en coordination avec le ministère de l’Équipement.

Des phénomènes attendus pour 2050… survenus dès 2026

Le ministre a souligné que la Tunisie prévoyait initialement de faire face à ce type de phénomènes entre 2050 et 2100. Leur apparition dès 2026 oblige désormais les autorités à accélérer les interventions et à revoir les plans d’adaptation aux changements climatiques.

Cette situation pousse également l’État à renforcer les mesures de prévention concernant les zones côtières, notamment à travers une révision des distances de sécurité pour les constructions situées sur le littoral.

Selon un « Rapport national sur le climat et le développement en Tunisie », publié en 2023 par le Groupe de la Banque mondiale, l’élévation du niveau de la mer pourrait toucher près d’un quart de la zone côtière tunisienne d’ici 2050.

Plusieurs projets de protection du littoral lancés

Dans ce contexte, plusieurs projets de protection et de réaménagement des côtes ont été engagés dans différentes régions du pays.

Des travaux ont déjà démarré dans le gouvernorat de Bizerte, tandis que trois autres projets ont été lancés depuis le 1er avril dans le gouvernorat de Monastir. D’autres interventions concernent également Gammarth, Carthage, Sousse et Hammam Sousse.

Le ministre a aussi annoncé l’achèvement des études portant sur le réaménagement de près de 30 kilomètres de littoral entre Béni Khiar et Hammamet-Nord, ainsi que la finalisation d’études spécifiques pour l’île de Djerba et certains projets prévus aux îles de Kerkennah.

Vers une coopération méditerranéenne renforcée

Habib Abid a enfin indiqué que la Tunisie travaille actuellement avec plusieurs pays méditerranéens afin d’échanger des expertises et de développer de nouveaux mécanismes d’intervention face à la montée des eaux et aux dérèglements climatiques.

Le ministre a appelé à renforcer les efforts d’adaptation dans le cadre de “l’Initiative du Littoral”, un programme associant municipalités, habitants, professionnels et secteur privé afin de mieux protéger les zones côtières tunisiennes.

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La Tunisie doit mobiliser 55 milliards de dollars pour son plan climat

21. Mai 2026 um 09:05

Les responsables tunisiens sont très forts lorsqu’il s’agit d’échafauder des plans et d’élaborer des stratégies. Quant à passer à l’exécution, à la réalisation et à l’inauguration de projets concrets qui améliorent la vie quotidienne des citoyens, il faut repasser !

C’est ainsi qu’on apprend que la Tunisie ambitionne de mobiliser environ 55 milliards de dollars (pour un PIB estimé à 60,7 milliards de dollars), soit plus de 161 milliards de dinars, pour mettre en œuvre sa nouvelle stratégie climat 2026-2035, dont l’objectif est de réduire l’intensité carbone de 62 % d’ici 2035, sachant que la contribution du pays aux émissions mondiales est des plus faibles.

Ce plan figure dans la «Contribution déterminée au niveau national» (CDN 3.0), présentée lors du séminaire sur la politique climatique qui s’est tenu à Gammarth dans le cadre du Forum national sur l’adaptation au changement climatique (16-17 mai 2028), dont l’agence de presse Tap a rendu compte.

La nouvelle stratégie prévoit une réduction de l’intensité carbone de l’économie de 46,4 % d’ici 2030 et de 62 % d’ici 2035, par rapport aux niveaux de 2010.

Pour la première fois, selon ce document, la trajectoire de la Tunisie prévoit une réduction absolue de 34 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 par rapport à 2010.

En matière d’adaptation, le dossier identifie sept secteurs vulnérables : les ressources en eau et l’assainissement, l’agriculture, la pêche et la sécurité alimentaire, la santé, les écosystèmes et la biodiversité, les infrastructures et les établissements humains, le patrimoine culturel et les moyens de subsistance.

La Tunisie, bien que ne contribuant que faiblement aux émissions mondiales, est considérée comme particulièrement exposée à la hausse des températures, à la diminution des précipitations, à la sécheresse, aux inondations et à l’érosion côtière.

L’eau est l’enjeu le plus sensible du plan, qui vise à accroître l’utilisation des eaux non conventionnelles, à porter la capacité de dessalement à 265 millions de mètres cubes par an d’ici 2035 et à augmenter le taux de réutilisation des eaux usées traitées en agriculture à 50 %.

Dans le secteur agricole, le plan prévoit également des interventions sur 1,2 million d’hectares de terres dégradées.

L’énergie demeure un axe prioritaire de la réduction des émissions, représentant environ 87 % des besoins d’investissement en matière d’atténuation.

La Tunisie prévoit de couvrir 26 % de ses besoins grâce à ses ressources nationales, les 74 % restants dépendant d’un soutien financier international.

Selon les projections, sans mesures urgentes, l’économie tunisienne pourrait connaître une contraction de son PIB de 3,4 % d’ici 2030.

Voilà pour les plans tirés sur la comète. Rendez-vous donc en 2035 pour faire le bilan de ce qui sera effectivement réalisé, d’ici là, et de ce qui sera reporté de nouveau aux calendes grecques.

I. B.

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L’Union européenne simplifie son règlement contre la déforestation. Ce qui change

09. Mai 2026 um 10:18

La Commission européenne a publié un rapport sur la simplification du règlement européen contre la déforestation (EUDR), accompagné de nouvelles mesures destinées à faciliter son application. Le texte intervient dans un contexte de fortes attentes des entreprises et des pays exportateurs, confrontés à un dispositif jugé complexe depuis son adoption.

Entré en vigueur en juin 2023, le règlement a déjà été révisé à deux reprises, fin 2024 puis fin 2025. Il vise à garantir que plusieurs produits mis sur le marché européen ne contribuent plus à la déforestation ni à la dégradation des forêts, en Europe comme dans le reste du monde. Le cacao, le café, le soja, l’huile de palme, le bois, le caoutchouc et le bétail font partie des principales matières concernées.

La Commission rappelle que la déforestation reste “l’un des principaux facteurs du changement climatique et de la perte de biodiversité”. L’objectif du texte est donc de réduire l’impact environnemental des chaînes d’approvisionnement liées à la consommation européenne.

Un calendrier ajusté…

Le premier changement concerne le calendrier d’application. Le règlement s’appliquera à partir du 30 décembre 2026 pour la majorité des entreprises. Il entrera en vigueur le 30 juin 2027 pour les micro et petites entreprises.

Bruxelles met surtout en avant un allègement majeur des coûts. La Commission estime que les mesures de simplification devraient réduire d’environ 75% les coûts annuels de conformité. Ces coûts passeraient ainsi de 8,1 milliards d’euros à environ 2 milliards d’euros.

La Commission précise que cette baisse s’explique par une simplification globale des obligations administratives et par une meilleure répartition des responsabilités entre les acteurs économiques.

Une liste de produits révisée!

Le champ d’application du règlement est également révisé. La Commission introduit certains produits transformés comme le café soluble ou des dérivés de l’huile de palme. À l’inverse, plusieurs produits sont exclus pour simplifier le dispositif. C’est le cas notamment du cuir, des pneus rechapés (pneus usés remis à neuf), des produits d’occasion, des échantillons ou encore de certains matériaux d’emballage et déchets. D’ailleurs, une consultation publique reste ouverte jusqu’au 1er juin 2026. 

La responsabilité se concentre sur le premier opérateur

Jusqu’à présent, chaque acteur de la chaîne pouvait être amené à vérifier l’origine des produits. La nouvelle version change cette logique.Désormais, la responsabilité principale revient au premier opérateur. Il s’agit de l’entreprise qui met le produit pour la première fois sur le marché européen, souvent l’importateur ou le producteur initial. C’est lui qui doit effectuer les vérifications nécessaires sur l’origine du produit. Les autres acteurs, comme les transformateurs ou les distributeurs, voient leurs obligations réduites. Ils n’ont plus à faire de nouvelles déclarations complètes. Ils doivent simplement conserver les informations reçues et les transmettre en cas de besoin.Ces acteurs ne sont pas obligés de refaire des contrôles systématiques. Ils peuvent considérer les informations comme valides, sauf s’ils disposent d’éléments qui montrent un risque ou un doute. 

Par ailleurs, la réforme prévoit aussi un traitement simplifié pour les micro et petits producteurs, notamment les agriculteurs et les forestiers. Ces acteurs doivent faire face à moins de formalités administratives. Ils n’ont plus à remplir plusieurs déclarations pour chaque livraison. Une seule déclaration simplifiée suffit. Les exigences liées à la localisation sont aussi assouplies. Au lieu de fournir des coordonnées GPS précises, ils peuvent utiliser des données plus simples comme une adresse ou des références cadastrales. “Les coopératives jouent également un rôle important. Elles peuvent centraliser les informations et effectuer les démarches administratives au nom de leurs membres”, lit-on dans le rapport.

Des outils numériques pour faciliter la conformité

La Commission prévoit aussi une modernisation du système d’information de l’EUDR. Une mise à jour est attendue d’ici juin 2026. 

Le système permettra notamment de regrouper certaines déclarations de manière volontaire. Il sera également renforcé sur le plan technique pour améliorer son fonctionnement. Bruxelles annonce par ailleurs la création d’une base de données centralisée regroupant les législations des pays producteurs. L’objectif est de faciliter les vérifications juridiques pour les entreprises, selon le rapport. Pour les pays classés à faible risque, le dispositif prévoit une approche simplifiée de la diligence raisonnable. Les opérateurs seront dispensés d’évaluations approfondies, sauf en cas d’alerte ou d’information contraire.

Un objectif environnemental “inchangé”

Malgré ces assouplissements, la Commission insiste sur le maintien des objectifs initiaux. Les entreprises devront toujours prouver que leurs produits ne contribuent ni à la déforestation ni à la dégradation des forêts. Les obligations de traçabilité et de contrôle de l’origine des produits restent au cœur du dispositif. La Commission estime que, malgré la simplification, le règlement pourrait générer environ 7 milliards d’euros de bénéfices économiques par an. Il permettrait aussi d’éviter la destruction d’environ 208 000 hectares de forêts et l’émission de 49 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année.

 

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Tunisie : la FNCT lance un appel pour sélectionner deux communes pilotes en adaptation au changement climatique

Von: walid
22. Dezember 2025 um 13:06

La Fédération Nationale des Communes Tunisiennes (FNCT) a annoncé, sur sa page officielle, le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner deux communes pilotes afin de les accompagner dans une démarche concrète d’adaptation au changement climatique.

La Fédération appelle les communes intéressées à remplir le formulaire disponible sur le lien suivant https://bit.ly/4akxBzxsa et de joindre les pièces demandées. Pour toute information supplémentaire, il est aussi possible d’envoyer un mail à l’adresse suivante : assistante.services.municipaux@fnct.org.tn.

A noter que le dernier délai pour l’envoi des candidatures est fixé au 11 janvier 2026.

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