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Contrebande | Le bilan de la douane au premier semestre 2026

09. Juli 2026 um 23:06

Les services de la Douane tunisienne ont réalisé des saisies records de marchandises, de drogues et de devises d’une valeur de plusieurs millions de dinars au cours du premier semestre 2026.

Dans un communiqué, la Direction générale de la douane a rappelé que ces opérations s’inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la contrebande sur l’ensemble du territoire.

Au cours des six premiers mois de cette année, la douane est parvenue à saisir des devises étrangères d’une valeur estimée à près de 5,5 millions de dinars, près de 17 kg d’or et 72 kg d’argent et des vêtements de contrebande pour une valeur dépassant les 5 millions de dinars.

Les services de la douane ont également saisi plus de 214 kg de drogues et près de 180.000 comprimés psychotropes, ainsi que d’importantes quantités de produits alimentaires et de cigarettes de contrebande.

Y. .N

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Projets publics : Le gouvernement veut passer de la planification à l’accélération

09. Juli 2026 um 20:35

À quelques mois du lancement du Plan de développement 2026-2030, le gouvernement entend accélérer la réalisation des projets publics et donner un nouvel élan à l’investissement. Réuni jeudi sous la présidence de la cheffe du gouvernement Sara Zaâfrani Zenzri, le Conseil des ministres a mis l’accent sur l’amélioration de la performance de l’administration, le renforcement de la gouvernance et le suivi des projets dans l’ensemble des régions, afin de préparer la mise en œuvre des réformes économiques et sociales prévues par le futur plan quinquennal.

Accélérer les projets avant le démarrage du nouveau plan

Présidant le Conseil des ministres au nom du président de la République Kaïs Saïed et sur ses instructions, Sara Zaâfrani Zenzri a appelé à accélérer la réalisation des projets publics dans toutes les régions du pays et à stimuler les investissements publics et privés.

Selon un communiqué de la Présidence du gouvernement, cette mobilisation vise à préparer le lancement des programmes et réformes inscrits dans le Plan de développement 2026-2030, appelé à définir les grandes orientations économiques et sociales des prochaines années.

Le Conseil des ministres a, par ailleurs, examiné plusieurs projets de loi et de décrets à caractère économique et social portant notamment sur la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire, le logement, la santé, le transport aérien et la mise en œuvre de plusieurs programmes sociaux.

Une administration plus performante au cœur des priorités

La cheffe du gouvernement a estimé que les réformes législatives ne peuvent produire leurs effets sans une transformation du fonctionnement de l’administration.

Elle a ainsi appelé à instaurer une véritable culture du travail fondée sur la performance, la productivité et l’amélioration de la qualité des services publics, soulignant la nécessité de mettre en place des systèmes certifiés de management de la qualité et de renforcer les mécanismes de gouvernance au sein des établissements publics.

Elle a également rappelé que chaque agent public est tenu d’exercer pleinement ses missions et d’assumer ses responsabilités dans l’intérêt des citoyens.

Un suivi renforcé et davantage de reddition des comptes

Sara Zaâfrani Zenzri a insisté sur le rôle des responsables administratifs, appelés à assurer un suivi régulier du travail de leurs collaborateurs, à évaluer leurs performances et à veiller au respect de la discipline et des obligations professionnelles.

Elle a également souligné la nécessité d’engager les procédures de reddition des comptes et de sanction en cas de manquements, dans le but d’améliorer l’efficacité de l’action publique.

Parallèlement, elle a appelé les responsables aux niveaux central, régional et local à suivre en permanence l’état d’avancement des projets publics afin d’accélérer leur exécution et de lever les obstacles susceptibles de retarder leur réalisation.

Un plan axé sur un développement plus équilibré

Selon la cheffe du gouvernement, le Plan de développement 2026-2030 ambitionne de renforcer l’intégration économique et sociale, de promouvoir un développement global, équitable et équilibré entre les régions et de consolider la justice sociale.

L’objectif affiché est également de bâtir une économie plus forte, plus résiliente et mieux préparée aux mutations rapides de l’environnement international, en s’appuyant sur une administration plus performante et une dynamique accrue de l’investissement public et privé.

Lire aussi :

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280 MD pour une centrale solaire 100% financée par la Tunisie

09. Juli 2026 um 18:32

Les travaux de réalisation de la centrale photovoltaïque dans la délégation de Chebika, relevant du gouvernorat de Kairouan, ont atteint un taux d’avancement d’environ 34%. Ce projet stratégique vise à produire 105 mégawatts d’électricité propre, en tant que première centrale de ce type réalisée avec un financement entièrement tunisien et grâce à des compétences nationales […]

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Risques d’inondation: 255 km d’oueds à nettoyer en 2026, 55 km d’oueds déjà curés au premier semestre

09. Juli 2026 um 18:23

Lire plus tardLe ministère de l’Agriculture a indiqué que les efforts visant à protéger les terres agricoles et à renforcer la prévention contre les risques d’inondation, à travers le curage et le nettoyage des oueds, se sont poursuivis au cours de l’année 2026. Un programme portant sur la réalisation de 255 kilomètres de travaux de curage et de nettoyage des oueds a ainsi été établi, marquant une progression significative du volume des interventions par rapport aux années précédentes. À la fin du premier semestre de l’année, environ 55 kilomètres avaient été réalisés, tandis que les travaux se poursuivent conformément au […]

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Sur fond d’escalade au Moyen-Orient : Pékin avertit contre une reprise de la guerre entre les États-Unis et l’Iran

09. Juli 2026 um 18:14

La Chine affirme que l’escalade militaire n’est dans l’intérêt de personne. «Réallumer la guerre ne sert les intérêts d’aucune des deux parties, car les moyens militaires ne peuvent résoudre les problèmes fondamentaux», a fait savoir la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, lors d’une conférence de presse. La Presse — La porte-parole […]

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CSS : levée de l’interdiction de recrutement

Von: farhat
09. Juli 2026 um 18:11

Dans une précédente livraison, nous avions annoncé une imminente levée de l’interdiction de recrutement qui frappe le Club Sportif Sfaxien. Maintenant, c’est chose faite. La bonne nouvelle pour les supporters sfaxiens est tombée mardi soir.
Pour être parvenu à se soustraire à cette mesure, le club a dû régler plusieurs dossiers dont le coût total est de 1,4 million de dinars. Cette somme a été versée à de nombreux créanciers parmi lesquels on cite l’entraîneur portugais Alexandre Santos, son compatriote, le joueur Pedro Sa, les trois joueurs ivoiriens, Fabien Winley, Moussa Balla Conté et Koffi Constant Kouamé et leur club d’origine, San Pedro.
Notons qu’il ne s’agit là que d’un sursis que le CSS va mettre à profit pour valider les contrats de ses nouvelles recrues. Il est en effet passible d’une deuxième interdiction de recrutement devant survenir entre le 13 et le 15 juillet courant. Cette nouvelle interdiction ne posera, en principe, pas problème puisque sa levée ne nécessiterait que le paiement d’un montant modeste de 500 mille dinars environ en faveur de deux intermédiaires dans les recrutements effectués par le club l’avant-dernière saison.

La raison du choix de Ghaïth Sghaïer
Sous le patronage de son directeur sportif, Tarak Salem, et en concertation avec la commission technique, le Club Sportif Sfaxien continue de brasser large, poursuivant tous azimuts sa campagne de recrutement. C’est ainsi que, après avoir engagé Moemen Rahmani, l’Ougandais Hakim Motibi , le club «noir et blanc» vient de réaliser un nouveau recrutement en engageant le milieu de terrain offensif, Ghaïth Sghaïer, qui a signé un contrat de deux ans. Le joueur, âgé de 31 ans, arrive en provenance du Club Africain avec lequel il a joué cette saison quelques matches pour le compte de la phase aller. Il s’éclipsa par la suite à cause du désintérêt de Faouzi Benzarti à son égard. Il a ainsi rompu son bail avec le club de Bab Jedid qui devrait se poursuivre normalement jusqu’au 30 juin 2027 et comptait revenir à son bercail, le Club Sportif de Hammam-Lif, qui vient de réussir son retour parmi l’élite. Mais, finalement, il eut une nouvelle destination et débarqua à Sfax, encouragé sans doute dans son choix par la réussite de l’autre ex-Hammam- Lifois, Omar Ben Ali, dont le passage du CSHL au CSS lui a grandement ouvert les portes d’une nouvelle expérience professionnelle en Turquie aux horizons plus prometteurs que ceux du championnat tunisien. Ghaïth Sghaïer, qui a donc une revanche à prendre, va tenter de remonter la pente avec le CSS, réputé pour la solidarité et la discipline de son groupe. Il est animé d’une forte détermination à donner le meilleur de lui-même et prouver qu’il est encore capable de servir sur un terrain de football.

Ameur KERKENNI 

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Mondial 2026 – France-Maroc (21h00) : à qui le premier ticket des demies ?

Von: farhat
09. Juli 2026 um 17:29

Grande favorite de la compétition, la France s’est qualifiée aux quarts de finale après avoir disposé, non sans mal, du Paraguay (0-1). Kylian Mbappé (7 buts) cherchera à rejoindre une troisième demi-finale consécutive en Coupe du monde tout en alimentant son compteur-buts pour rester au contact de Lionel Messi (8 buts).

Dernier représentant de l’Afrique, le Maroc entend confirmer son installation dans le top mondial et faire au moins aussi bien qu’en 2022 en figurant dans le dernier carré. Les Lions de l’Atlas ont rejoint les quarts après un succès facile contre le Canada (0-3). Tombeur des Pays-Bas en seizièmes de finale, ils s’affirment comme un des outsiders de la compétition.

Comme on se retrouve ! Quatre ans après leur affrontement en demi-finale de Coupe du monde au Qatar (succès 2-0 des Bleus), l’équipe de France et le Maroc vont de nouveau croiser le fer dans la compétition reine, cette fois-ci en quarts de finale.

En disputant une nouvelle fois leur match à Boston, les Bleus de Didier Deschamps qui dirigera son 185e match sur le banc, bénéficieront d’un avantage en matière de récupération. Les Marocains du Bruxellois Mohamed Ouahbi ont parcouru jusqu’à présent plus 9.000 kilomètres dans la compétition contre moins de 3.000 aux Français.

La France arrive avec un parcours parfait depuis le début du tournoi : cinq victoires en cinq matches, 14 buts marqués et seulement deux encaissés. Le Maroc, lui, reste invaincu et a construit sa qualification sur une phase de groupes sérieuse, (1-1) contre le Brésil, (1-0) face à l’Écosse et (4-2) contre Haïti, avant d’éliminer les Pays-Bas aux tirs au but puis de dominer nettement le Canada (3-0).

Les Bleus ont maîtrisé leur tournoi jusque-là. Kylian Mbappé mène l’attaque avec sept buts, dont des doublés face au Sénégal, à l’Irak et à la Suède, tandis qu’Ousmane Dembélé, Ballon d’Or 2025, a signé un triplé retentissant en première période contre la Norvège, le premier en Coupe du monde depuis 1994. Michael Olise totalise de son côté cinq passes décisives et n’est plus qu’à une longueur du record de Pelé, établi à six en 1970.

La France a aussi montré qu’elle savait gagner dans un registre plus fermé. Son huitième de finale contre le Paraguay, remporté (1-0) sur un penalty de Mbappé à la 70e minute, a rappelé qu’elle pouvait aussi s’imposer dans la douleur. Ce type de scénario ressemble justement à ce que le Maroc sait produire.

Les Lions de l’Atlas n’ont plus rien d’une surprise. Quatrièmes du Mondial 2022, ils sont devenus la première nation africaine à atteindre deux quarts de finale de suite. Leur victoire (3-0) contre le Canada en huitième de finale a été un modèle d’efficacité : cinq tirs seulement, mais trois buts, dont un doublé d’Azzedine Ounahi et une réalisation de Soufiane Rahimi en fin de match. Le xG de la rencontre, 0,85 contre 0,78 pour le Canada, montre à quel point le score a été flatteur, mais le Maroc a su exploiter chaque erreur adverse avec un vrai sang-froid. Brahim Diaz a également marqué l’histoire en devenant le meilleur passeur africain sur une édition de Coupe du monde, avec quatre offrandes dans le tournoi.

La France part avec l’avantage du niveau global, du classement et de ses statistiques offensives, mais le Maroc possède l’expérience des grands rendez-vous et une solidité défensive capable de rendre ce quart de finale très serré.

Au niveau des effectifs, la principale interrogation côté français concerne Aurélien Tchouaméni. Le milieu du Real Madrid souffre d’une lésion aux adducteurs contractée à l’entraînement avant le huitième de finale et n’a pas joué contre le Paraguay. Selon l’adjoint de Deschamps, Guy Stéphan, Tchouaméni devrait s’entraîner à l’écart au moins jusqu’à mardi, ce qui rend sa participation très incertaine pour jeudi.

Manu Koné (AS Roma) l’a remplacé dans le onze face au Paraguay, mais le milieu est sous la menace d’une suspension après un carton jaune reçu durant ce match. Pour le reste, Deschamps devrait reconduire l’essentiel de son dispositif. Lucas Digne semble avoir pris l’avantage sur Theo Hernandez au poste d’arrière gauche.

En attaque, Désiré Doué pourrait être préféré à Bradley Barcola sur l’aile gauche, après avoir provoqué le penalty victorieux face au Paraguay.

De son côté, le Maroc est confronté à un casse-tête plus sérieux. Ismael Saibari, auteur de trois buts dans la compétition et meilleur buteur des Lions de l’Atlas, est sorti sur blessure dès la 22e minute contre le Canada. Le joueur du Bayern Munich a ressenti une douleur à la cuisse droite, compatible avec une élongation des ischio-jambiers. Une IRM a été réalisée, mais l’incertitude demeure sur sa présence jeudi. Si Saibari est forfait, Soufiane Rahimi devrait le remplacer en pointe. Le joueur de 30 ans a déjà marqué contre le Canada en entrant en jeu, et son profil de coureur capable d’attaquer la profondeur pourrait convenir face à la défense haute des Bleus.

Chadi Riad, titulaire habituel en défense centrale, est également incertain. Absent contre le Canada à cause d’un problème au genou contracté lors du tour précédent face aux Pays-Bas, il devrait tenter de reprendre l’entraînement collectif en début de semaine.

Le double pivot Ayyoub Bouaddi-Neil El Aynaoui, une des révélations du tournoi, devrait être reconduit. Bouaddi, à seulement 18 ans, impressionne par sa maturité dans le placement et la relance.

Enfin, pour l’anecdote, plusieurs joueurs marocains vivront un match particulier puisqu’ils sont tous nés en France, à savoir Issa Diop, Redouane Halhal, Ayyoub Bouaddi, Samir El Mourabet, Neil El Aynaoui, Gessime Yassine. Issa Diop et Ayyoub Bouaddi ont même évolué avec les Bleus en équipes de jeunes.

Le vainqueur de ce duel rencontrera le gagnant du match prévu vendredi à 12h00 (21h00 belges) à Los Angeles entre l’Espagne et la Belgique. La demi-finale est prévue le 14 juillet à 14h00 (21h00 belges) à Arlington, près de Dallas, au Texas.

Composition probable de la France (4-2-3-1) :

Maignan – Koundé, Saliba, Upamecano, Digne – Rabiot, Koné – Dembélé, Olise, Doué – Mbappé.

Composition probable du Maroc (4-2-3-1) :

Bounou – Hakimi, Riad (ou Halhal), Diop, Mazraoui – El Aynaoui, Bouaddi – Diaz, Ounahi, El Khannouss – Rahimi (ou Saibari).

 

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Prévisions prometteuses de la récolte céréalière : Confirmer l’orientation présidentielle en faveur de l’agriculture

09. Juli 2026 um 17:15

En ces moments, l’actualité nationale est dense avec la clôture de l’année scolaire et universitaire, la forte canicule sévissant dans le pays et un peu partout à travers le monde, le retour des Tunisiens résidant à l’étranger pour leurs vacances annuelles, et bien d’autres encore. La Presse — Mais on n’oublie surtout pas un des […]

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Accidents mortels, nuisance sonore … La Tunisie se transforme peu à peu en pays du deux-roues

09. Juli 2026 um 13:17

La baisse du prix des motos asiatiques ces dernières années a profondément modifié le paysage urbain tunisien. Plus accessibles que jamais, ces deux-roues sont devenus un moyen de transport privilégié pour des milliers de Tunisiens, notamment les jeunes et les travailleurs confrontés à la hausse du coût de la vie. Mais cette démocratisation soulève désormais une question de sécurité publique : la Tunisie est-elle en train de payer le prix de cette motorisation accélérée ?

Les derniers chiffres communiqués par le président de la branche régionale du Centre-Ouest de la sécurité routière, le colonel Haythem Chaâbani, dressent un constat préoccupant. Si le nombre global d’accidents de la route a reculé de 20 % depuis le début de l’année 2026 par rapport à la même période en 2025, les accidents les plus graves sont en hausse.

En effet, le nombre de personnes tuées a augmenté de 11 %, tandis que les accidents mortels ont progressé de 12 %. Seul point positif : le nombre de blessés a diminué de 18 %.

Un accident mortel sur deux

Mais les statistiques les plus marquantes concernent les motos. Selon les données officielles, les deux-roues sont impliqués dans un accident mortel sur deux en Tunisie. Plus alarmant encore, 41 % des victimes décédées sur les routes sont des conducteurs ou passagers de motos. Les piétons représentent 21 % des victimes, tandis que les occupants de voitures particulières comptent pour 22 %.

Lire aussi : Tunisie : Les motos, un « cauchemar » sur les routes !

Cette évolution reflète une transformation profonde des habitudes de mobilité. L’arrivée massive de motos asiatiques à des prix particulièrement abordables a favorisé leur diffusion dans toutes les régions du pays. Elles permettent de contourner les embouteillages, consomment peu de carburant et restent financièrement accessibles.

Cependant, cette popularité s’accompagne de nombreuses dérives : multiplication des dépassements dangereux, circulation entre les files, non-port du casque, conduite sans formation suffisante ou encore excès de vitesse.

Le colonel Haythem Chaâbani rappelle d’ailleurs que la vitesse excessive demeure la première cause des accidents mortels. Quatre accidents graves sur dix sont directement liés au non-respect des limitations de vitesse.

Les nuisances sonores

Au-delà de la sécurité routière, un autre phénomène commence à interpeller les habitants de plusieurs villes tunisiennes : les nuisances sonores. Les motos équipées de pots d’échappement bruyants, parfois modifiés, envahissent progressivement les centres urbains, transformant certaines rues en espaces où le bruit devient permanent, de jour comme de nuit.

Dans plusieurs quartiers, les scènes rappellent celles observées dans certaines grandes métropoles asiatiques où les deux-roues dominent largement la circulation. Si la comparaison avec l’Inde peut paraître caricaturale, elle traduit néanmoins une réalité : la moto occupe désormais une place centrale dans la mobilité quotidienne tunisienne.

Cette évolution pose une question essentielle : la Tunisie est-elle prête à accompagner cette révolution des deux-roues ? Car démocratiser la moto sans renforcer simultanément la formation des conducteurs, les contrôles routiers, le port obligatoire des équipements de protection et la lutte contre les nuisances sonores pourrait transformer un moyen de transport économique en véritable enjeu de santé publique et de sécurité routière.

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À Kairouan, la place Maghreb Arabe déjà endommagée après son ouverture

09. Juli 2026 um 12:07

Quelques heures seulement après son inauguration officielle, la place du Maghreb arabe à Kairouan s’est retrouvée au cœur d’une polémique. Une partie des nouveaux aménagements et des éléments décoratifs installés dans cet espace public a été endommagée, suscitant l’indignation de nombreux habitants et relançant le débat sur la protection des équipements publics ainsi que sur la qualité de leur réalisation.

Selon des informations rapportées par la radio locale Mosaïque FM, des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux montrent des dégâts ayant touché plusieurs composantes de la place, située en face du mausolée de Sidi Sahbi. Les images ont rapidement provoqué une vague de réactions parmi les citoyens, surpris de voir des installations récemment mises en service déjà détériorées.

Des matériaux vulnérables ?

Au-delà de l’acte de vandalisme présumé, les premières constatations soulèvent également des interrogations sur les conditions d’exécution du projet. Plusieurs observateurs estiment que certains éléments décoratifs et barrières métalliques n’auraient pas été fixés de manière suffisamment solide, les rendant vulnérables aux dégradations ou à un simple contact.

Cette situation intervient alors que la place venait d’être inaugurée samedi dernier à l’issue d’un important chantier de réhabilitation. La cérémonie s’était déroulée en présence de l’ambassadeur du Canada en Tunisie, du directeur de la coopération suisse ainsi que de représentants de la municipalité de Kairouan et de la société civile.

Un projet pensé pour les femmes et les familles

La réhabilitation de la place du Maghreb arabe s’inscrit dans un programme d’aménagement urbain d’une valeur globale de trois millions de dinars couvrant quatre villes tunisiennes : Kairouan, Sousse, M’saken et Mahdia.

Lire aussi : Kairouan : L’hôpital promis depuis 2017 ne verra le jour qu’en 2029

L’objectif affiché est de créer des espaces publics sûrs et inclusifs, conçus à partir des besoins exprimés par les femmes et les habitantes des quartiers concernés.

À Kairouan, le projet comprend notamment une scène destinée aux activités culturelles et festives, un espace réservé aux artisanes pour l’exposition de leurs produits, une aire de jeux, des zones dédiées aux familles et aux femmes ainsi qu’un espace vert visant à améliorer le cadre de vie tout en préservant l’identité architecturale de la ville.

La question de la protection… et de la qualité

L’incident remet aujourd’hui sur la table deux problématiques majeures. La première concerne la protection des nouveaux équipements publics. Des caméras de surveillance devaient être installées afin de sécuriser le site et ses visiteurs, mais les dégradations enregistrées peu après l’ouverture montrent la nécessité d’accélérer les dispositifs de protection.

La seconde porte sur la qualité de réalisation de certains aménagements. Si les actes de vandalisme sont confirmés, plusieurs voix appellent également à vérifier la conformité technique des installations afin de déterminer si leur détérioration rapide résulte uniquement d’un comportement malveillant ou également de défauts dans l’exécution du projet.

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Très bientôt, le chantier de protection de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain démarre

09. Juli 2026 um 11:48

Les travaux de protection de la colline de Sidi Bou Saïd contre les risques de glissements de terrain devraient démarrer en août 2026, selon le ministère de l’Équipement et de l’Habitat. Cette échéance a été annoncée lors d’une réunion de la commission de pilotage du projet, consacrée à l’examen des résultats de la première phase de l’étude technique.

Cette première étape a permis d’établir un diagnostic de l’état actuel de la colline et d’identifier les interventions urgentes ainsi que les travaux nécessaires à réaliser sur le terrain. Le bureau d’études chargé du projet a présenté ses recommandations aux différents acteurs concernés.

Le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, a appelé à accélérer la mise en œuvre du programme et à respecter le calendrier fixé, en mobilisant les moyens nécessaires pour lancer les interventions dans les délais prévus. L’objectif est de réduire les risques liés aux mouvements de terrain qui menacent cette zone emblématique du littoral tunisien, tout en renforçant la sécurité des habitants, des visiteurs et des infrastructures existantes.

Le projet s’inscrit dans le cadre d’une mission confiée au ministère de l’Équipement à travers une décision de la cheffe du gouvernement datée du 26 janvier 2026, portant sur la réalisation des études et des travaux de protection de la colline de Sidi Bou Saïd. Il fait partie d’un programme plus large visant à protéger les zones urbaines, le littoral et les ouvrages exposés aux risques naturels.

 
 

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La BCT navigue à vue | Deux plans stratégiques, zéro indicateurs

09. Juli 2026 um 11:32

Le Rapport annuel 2025 de la Banque Centrale de Tunisie est paru le 7 juillet 2026 — fait suffisamment rare pour être signalé, la BCT ayant pris l’habitude, depuis 2011, de le publier en septembre ou octobre. Cette fois, elle devance même l’échéance réglementaire du 20 juin. Un progrès de gouvernance ? Peut-être. Ou peut-être, une publication savamment calée avant le remboursement, une semaine plus tard, d’une obligation souveraine en euros de 750 millions —. Un rapport qui raconte tout, sauf l’essentiel.

Moktar Lamari *

Le millésime 2025 est un festival de bonnes nouvelles : croissance à 2,5% (contre 1,6% en 2024), chômage ramené à 15,2%, inflation en repli à 4,9% en glissement annuel — son plus bas niveau depuis 2017 —, taux directeur abaissé à 7% après deux baisses de 50 points de base, dette extérieure à long terme reculant de 47,5% à 39,5% du PIB, IDE en hausse de 30% à 3,5 milliards de dinars

Des silences assourdissants

Le gouverneur Fethi Zouhaier Nouri navigue, dans son mot introductif, entre optimisme administré et satisfecit technique. Ce que Kapitalis résume avec justesse dans son second volet critique («Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences», 08/07/2026) : le paquebot avance, certes, mais avec une coque fissurée — dette élevée, dépendance extérieure, financement sous tension…

Ce que ni le gouverneur ni son rapport ne racontent, en revanche, c’est où en est la Banque Centrale par rapport à ses propres plans stratégiques — celui de 2019-2021 et celui de 2023-2025, aujourd’hui échu. Aucun bilan, aucun taux de réalisation, aucun indicateur chiffré comparant l’annoncé au réalisé.

Un silence d’autant plus assourdissant que ce même rapport 2018 (juin 2019), qui lançait le premier plan, promettait des «objectifs Smart» — spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et temporellement définis. Sept ans plus tard, on cherche encore le «M» de mesurable.

Quatre défaillances, un même diagnostic

Primo, la défaillance sur la dette. Le rapport 2025 célèbre le recul du ratio de dette extérieure de huit points de PIB en un an. Mais cette embellie tient à l’appréciation du dinar face au dollar (+9,8% en 2025) et à la hausse conjoncturelle des IDE — deux variables externes, pas le fruit d’une stratégie de désendettement pilotée par un plan interne.

La dette publique globale, elle, stagne à 82,1% du PIB. Aucun des deux plans stratégiques n’affichait de cible chiffrée de réduction de l’endettement ; on ne peut donc juger d’aucune réussite, seulement constater une conjoncture favorable qu’on habille en performance institutionnelle.

Secundo, la défaillance sur la digitalisation. Les deux plans en faisaient un axe cardinal — TuniChèque, Open Banking, dispositif de management de l’innovation. Le rapport 2025 évoque, selon la synthèse de Challenges TN, «une Banque Centrale qui mise sur le numérique et l’intelligence artificielle».

Mise, certes. Mais avec quel taux d’adoption du paiement digital ? Quelle part de marché de l’Open Banking ? Aucun chiffre. On mise sans jamais dire combien on a gagné à la table.

Tertio, la défaillance sur l’inclusion financière — troisième pilier explicite du plan 2023-2025. Le rapport 2025 ne fournit aucun indicateur de bancarisation, aucun taux d’inclusion, aucune évolution de la population non bancarisée. Silence total sur l’objectif qu’on s’était pourtant donné en toutes lettres.

Quarto, la défaillance sur la modernisation des instruments monétaires. Le volume de refinancement bancaire reste à 11 594 millions de dinars fin 2025 (soit une moyenne annuelle de 12 763 millions), avec un pic à 15 120 millions en mars.

La BCT demeure, pour reprendre l’image de Kapitalis, «la grande fontaine où viennent boire les banques». Sept ans de plans stratégiques successifs n’ont pas réduit la dépendance structurelle du système bancaire à la liquidité centrale — la modernisation promise reste, en ce sens, un mot sans mécanique.

La souveraineté sous-traitée

Voici le paradoxe qui fâche vraiment. Le plan 2019-2021 n’est pas né dans un bureau tunisien isolé : il a été co-articulé dans le sillage d’une convention de coopération signée à Paris le 28 mars 2019 entre Marouane El Abassi et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France — convention couvrant précisément la politique monétaire et de change, la supervision bancaire, la finance digitale et l’inclusion financière (source : Tustex, 02/04/2019 ; Rapport Annuel BCT 2018, juin 2019).

Le plan 2023-2025, lui, a bénéficié de l’appui du projet GIZ «Recap Composante BCT», explicitement dédié à soutenir «certains projets stratégiques de la Banque Centrale de Tunisie» dans le cadre du partenariat tuniso-allemand pour les réformes (Source : GIZ Tunisie).

Autrement dit : les deux architectures stratégiques qui devaient façonner l’avenir de l’institut d’émission tunisien ont été, chacune, tricotées avec l’assistance technique d’une puissance étrangère — la France puis l’Allemagne.

Rien d’illégitime en soi : la coopération technique entre banques centrales est monnaie courante. Mais quand on prétend, dans le même souffle, défendre la souveraineté monétaire du pays face au FMI et refuser les conditionnalités extérieures, il est pour le moins cocasse de faire concevoir sa propre feuille de route institutionnelle à Paris puis à Berlin — sans jamais publier le document final ni ses indicateurs pour que le citoyen tunisien juge sur pièces.

Les trois contradictions

Primo, la BCT s’impose aux banques commerciales une rigueur prudentielle chiffrée au dixième de point (LCR, ratios de fonds propres) qu’elle ne s’applique jamais à elle-même dans l’évaluation de ses propres plans stratégiques.

Secundo, l’absence de consultation annoncée pour troisième plan pour l’après-2026, dans un rapport déjà critiqué pour ses propres incohérences statistiques, laisse l’institution sans cap institutionnel public au moment précis où elle négocie sa crédibilité face à Afreximbank et aux marchés obligataires.

Tertio, une planification stratégique conçue avec assistance étrangère mais jamais rendue publique dans ses détails n’est ni transparente, ni le fruit d’une réflexion endogène évaluable — c’est, au sens propre, une souveraineté administrée par procuration.

Qu’il pleuve des bons chiffres ou qu’il vente des critiques, la BCT continue son cycle de plans sans jamais dire ce qu’elle en a fait.

Le gouverneur actuel de la BCT a choisi de ne parler aux parlementaires, ni au journalistes… il préfère communiquer avec le FMI, les bailleurs de fonds internationaux, mais pas aux Tunisiens. Va savoir pourquoi…

* Economistes universitaire.

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UBCI lance le Desk Italia pour faciliter les relations économiques Tunisie‑Italie

09. Juli 2026 um 11:28

Dans le cadre du Forum économique et d’affaires tuniso-italien, l’UBCI a présenté son nouveau Desk Italia. A savoir, un guichet spécialisé destiné à faciliter les flux internationaux, le financement et l’accompagnement opérationnel des entreprises tunisiennes et italiennes. À travers cette initiative, la banque entend renforcer son rôle d’intermédiaire stratégique au service des investissements et des partenariats entre les deux pays. À cette occasion, L’Économiste Maghrébin a rencontré Amina Khouadja, responsable des partenariats institutionnels et du Desk Italie à l’UBCI, qui revient sur les objectifs et les ambitions de cette nouvelle structure.

 

Pourquoi créer un Desk Italie à l’UBCI ?

Amina Khouadja : L’UBCI a annoncé le lancement officiel de son Desk Italie, une initiative qui s’inscrit dans sa stratégie d’ouverture à l’international et de renforcement des relations économiques entre la Tunisie et ses principaux partenaires. Il faut rappeler que les relations économiques entre la Tunisie et l’Italie sont denses et stratégiques. L’Italie est un partenaire commercial majeur et un investisseur important dans des secteurs clés tels que l’industrie manufacturière, l’automobile, les composants électroniques, l’agroalimentaire, les technologies, les énergies renouvelables et le textile. Partant de cette réalité, il y a des entrepreneurs, des projets et des emplois.

Le Desk Italie a été créé pour offrir un accompagnement bancaire spécialisé, réactif et proche des besoins concrets des entreprises, pour transformer ces opportunités en réalisations durables. Ce dispositif a pour vocation d’accompagner et de faciliter les échanges économiques ainsi que les investissements entre la Tunisie et l’Italie, en offrant un accompagnement bancaire spécialisé aux entreprises, investisseurs et porteurs de projets des deux pays. Il s’inscrit dans une dynamique de coopération stratégique développée en partenariat avec la Chambre Tuniso-Italienne de Commerce et d’Industrie (CTICI). À cette occasion, un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MoU) a été signé entre M. Mourad Fradi, Président de la CTICI, et M. Mohamed Koubaa, Directeur Général de l’UBCI. À travers cette initiative, l’UBCI confirme son ambition de devenir la banque de référence des relations économiques tuniso-italiennes. Ce partenariat illustre la volonté commune de l’UBCI et de la CTICI de renforcer les échanges économiques entre les deux pays, de favoriser les investissements bilatéraux et de créer un environnement propice au développement des opportunités d’affaires.

La suite de l’interview sera disponible dans le prochain numéro de l’Economiste Maghrébin 

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Avant le 31 juillet 2026 : quelles entités sont concernées par le dépôt obligatoire des états financiers au RNE ?

09. Juli 2026 um 11:01

Les entreprises tunisiennes, associations et certaines structures publiques ont jusqu’au 31 juillet 2026 pour déposer leurs états financiers annuels auprès du Registre national des entreprises (RNE). Cette obligation concerne également les personnes physiques soumises à la tenue d’une comptabilité. Le dépôt doit être effectué exclusivement en ligne via la plateforme électronique du RNE.

Le délai fixé correspond à sept mois après la clôture de l’exercice comptable, conformément aux règles prévues par les textes régissant les entités concernées.

Sont concernées par cette obligation toutes les sociétés, quelle que soit leur forme juridique, les personnes physiques soumises à l’obligation comptable, les associations inscrites au registre, ainsi que les établissements publics ne présentant pas un caractère administratif et les autres organismes publics concernés.

À travers cette procédure, le RNE cherche à garantir l’actualisation des informations financières des acteurs enregistrés et à renforcer la transparence sur leur activité économique.

Le dépôt doit être réalisé uniquement sur le portail officiel du RNE : registre-entreprises.tn.

Pour les dirigeants et entrepreneurs, cette échéance représente une formalité obligatoire à respecter. Tout retard ou absence de dépôt peut exposer les concernés aux conséquences juridiques prévues par la réglementation en vigueur.

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Tunisie : Cette mobilisation soudaine pour libérer l’espace public va-t-elle se poursuivre dans le temps ?

09. Juli 2026 um 10:27

Cet été, un constat s’impose dans plusieurs régions tunisiennes : les autorités locales semblent avoir changé de rythme dans la gestion de l’espace public et du littoral. Des interventions plus visibles, des campagnes simultanées dans plusieurs communes et une présence renforcée des services municipaux et sécuritaires donnent l’impression d’une volonté nouvelle de mettre fin aux occupations anarchiques des plages, des trottoirs et des espaces collectifs.

Contrairement aux saisons estivales précédentes, souvent marquées par des opérations ponctuelles et limitées à certains points sensibles, l’été 2026 donne l’image d’une mobilisation plus large. Des communes ont lancé des campagnes contre l’exploitation illégale du domaine public, l’installation anarchique de commerces, l’occupation excessive des trottoirs ou encore les dépassements sur le domaine maritime.

Sur le littoral, plusieurs zones touristiques ont connu des interventions visant à rétablir l’accès libre aux plages et à limiter les installations non autorisées. Des opérations conjointes associant municipalités, forces de sécurité et structures chargées de la protection du littoral ont été signalées dans plusieurs régions côtières.

Une rupture avec les étés précédents ?

La question qui se pose aujourd’hui est celle du changement de méthode. Pourquoi ces efforts importants apparaissent-ils avec une telle intensité cette année alors que les mêmes problématiques — occupation des trottoirs, exploitation abusive des plages, extension anarchique de certaines activités commerciales — existent depuis plusieurs années ?

Lire aussi : X3 à Ibn Khaldoun : Vaste opération contre le commerce anarchique

Durant les saisons estivales précédentes, les interventions étaient souvent perçues par les citoyens comme temporaires : une action médiatisée au début de l’été, quelques opérations ciblées, puis un retour progressif des mêmes pratiques. Le manque de continuité était régulièrement pointé du doigt par les observateurs et les usagers des espaces publics.

Cette année, le changement est surtout visible dans la simultanéité des actions. Plusieurs communes semblent avoir adopté une logique d’intervention coordonnée plutôt qu’une succession d’initiatives isolées. L’objectif affiché est de préserver le caractère public des espaces collectifs et d’améliorer l’image des villes durant une période où l’affluence touristique atteint son niveau maximal.

Effet d’annonce ou nouvelle politique durable ?

Reste toutefois une interrogation centrale : cette mobilisation exceptionnelle va-t-elle durer au-delà des premières semaines de la saison estivale ?

L’expérience des dernières années montre que le principal défi n’est pas seulement de lancer des campagnes de contrôle, mais de maintenir une présence régulière sur le terrain. Libérer un espace est une chose ; empêcher sa réoccupation quelques semaines plus tard en est une autre.

La question est donc celle de la capacité des collectivités locales et de l’État à inscrire ces actions dans la durée. Les communes disposent-elles des moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour assurer un suivi permanent ? Les équipes municipales pourront-elles maintenir cette pression une fois passée la période touristique ?

Le nettoyage du littoral illustre également cette problématique. La campagne nationale de préparation des plages pour l’été 2026 a été élargie, avec un nombre plus important de plages concernées par rapport aux précédentes éditions, montrant une volonté d’augmenter l’effort consacré à cet espace stratégique.

Le défi du lendemain

Au-delà des opérations de terrain, l’enjeu est désormais de transformer cette mobilisation estivale en politique publique permanente. L’espace public ne se protège pas uniquement pendant la haute saison touristique ; il nécessite un contrôle quotidien, une application constante des règles et une responsabilisation des différents acteurs.

L’été 2026 pourrait donc constituer un tournant dans la gestion du littoral et de l’espace public en Tunisie. Mais le véritable indicateur ne sera pas le nombre d’interventions réalisées en juillet ou en août. Il sera plutôt la capacité des autorités à maintenir cette dynamique après la fin de la saison estivale et à faire de l’espace public un bien réellement protégé toute l’année.

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Lancement de «Dalil», la plateforme de modernisation de l’administration : la pratique fait défaut, à qui la faute ?

Von: tmps
09. Juli 2026 um 10:15

Ce qui est certain, c’est que la Tunisie franchira une nouvelle étape dans la modernisation de son administration avec le lancement, en septembre 2026, de la plateforme nationale des procédures administratives «Dalil». Une plateforme censée orienter le citoyen et lui faciliter toutes les procédures administratives, mais qui risque d’être peu connue ou rarement utilisée, comme c’est le cas pour les plateformes déjà existantes…

La nouvelle plateforme «Dalil» réunira l’ensemble des démarches administratives destinées aux citoyens et aux entreprises, tout en s’inscrivant dans un vaste chantier de simplification engagé par l’État.

Baptisée «Dalil», la plateforme nationale des procédures administratives (PNPA) sera officiellement mise en service en septembre 2026. Destinée aussi bien aux citoyens qu’aux entreprises et aux administrations, elle ambitionne de devenir la source de référence pour consulter les procédures administratives et les documents exigés par les différents organismes publics.

L’annonce a été faite par Olfa Souli Ouertani, directrice générale des réformes à la présidence du gouvernement, lors d’une journée d’information organisée la semaine passée. Si elle confirme cette date de lancement, c’est parce que le taux de réalisation de la plateforme «Dalil» aurait atteint, selon ses dires, 70%.

Souci de réforme et d’uniformisation

L’objectif est de permettre aux usagers d’accéder, à partir d’un portail unique, à des informations officielles, harmonisées et régulièrement actualisées sur l’ensemble des procédures administratives.

Au-delà de la centralisation des informations, «Dalil» s’inscrit dans une stratégie de réforme, d’uniformisation et de simplification des procédures administratives.

Cette plateforme constitue une référence officielle unique, regroupant l’ensemble des procédures administratives (3.197 recensées). Elle est censée garantir la transparence, la fiabilité et la mise à jour continue des données. Et ce, tout en reliant chaque démarche à l’organisme compétent et à sa localisation. Et ce n’est pas tout : elle offre aussi un espace de travail dédié à chaque ministère pour assurer l’exactitude des informations.

Dans le cadre du projet de réforme globale 2020-2027, cette initiative s’accompagne d’un inventaire approfondi : 50% des procédures concernent les entreprises, 25% les particuliers, alors que 25% sont mixtes. Parmi elles, 63% sont très demandées, 16% jugées complexes et 43% nécessitent l’intervention de structures publiques.

Grâce à une consultation en ligne, plus de 71% des procédures (2.255) auraient été simplifiées via une numérisation totale ou partielle, la réduction des pièces justificatives et le renforcement de la décentralisation. De plus, 177 procédures (6%) sans fondement juridique ou obsolètes ont été supprimées, explique la DG des réformes à la présidence du gouvernement.

De son côté, le ministre des Technologies de la communication, Sofiène Hemissi, a salué cette réalisation accélérée, axée sur les services les plus sollicités, notamment pour améliorer le climat des affaires. Il a souligné l’introduction de l’échange de données inter-administrations et des services à distance. Tout en rappelant que la numérisation est un processus continu. Cette plateforme incarne une vision de réforme au service du citoyen et de l’entreprise.

Pour une plus grande sensibilisation

Il ne s’agit pas d’une première en matière de plateformes destinées à améliorer les services de l’administration et à faciliter la tâche du citoyen. C’est que l’administration tunisienne centralise déjà ses services numériques sur plusieurs plateformes clés pour simplifier les démarches des citoyens et des professionnels : 

Portail National des Services Administratifs : plateforme centrale permettant de consulter et d’effectuer de nombreuses démarches gouvernementales en ligne. 

Idaraty : le guide officiel de l’administration publique. Il détaille les procédures, répertorie les institutions et met à disposition des informations sur plus de 3.500 procédures.

– SICAD : le Site d’Information et de Communication Administrative offrant une base de données exhaustive sur les formalités administratives et les services en ligne sectoriels (impôts, douanes, infractions).

Or, le citoyen lambda ne connaît pas ces plateformes et ne les utilise, au cas où il en serait informé, que très rarement. D’ailleurs, il suffit de faire le tour des services de l’état civil dans les municipalités pour s’en convaincre. Aujourd’hui, on peut retirer son extrait de naissance sans se déplacer, à travers une plateforme mise en place depuis quelque temps déjà. Or, elle est peu fréquentée et les citoyens, pas encore convaincus de cette procédure en ligne, préfèrent aller sur place et attendre des heures pour avoir le document en main.

C’est dire qu’une vaste campagne de sensibilisation est plus que nécessaire pour assurer plus d’efficacité et de rentabilité à la nouvelle plateforme «Dalil». Il faudrait insister sur le fait qu’elle est accessible à tout le monde et qu’elle est mise à disposition pour rendre vos procédures administratives plus claires et plus accessibles, optimiser son temps et ses efforts et garantir la transparence des démarches.

Ce qui est évident, c’est que la responsabilité de ce manque de pratique et d’usage fréquent de ces plateformes est partagée. Le citoyen, habitué aujourd’hui aux services en ligne (vente, achat, relations…), se doit d’être au courant de ce qui se fait au niveau de l’administration pour lui faciliter toutes les procédures administratives, d’autant que la plateforme est facilement accessible. Pour sa part, l’administration doit faire un effort supplémentaire pour sensibiliser les citoyens et les convaincre, à travers des campagnes périodiques de sensibilisation, d’opter pour ces pratiques de plus en plus fréquentes dans tous les domaines.

Kamel ZAIEM

 

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La Tunisie devient-elle une “école de formation gratuite” pour l’étranger?

09. Juli 2026 um 10:12

Faut-il retenir les compétences et les valoriser sur place; ou encore faut-il les laisser partir ?
Sami JallouliSami Jallouli, politologue, est revenu sur les propos du ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle qui a affirmé que l’Europe aura besoin de 10 millions de spécialistes des technologies de l’information et de la communication d’ici 2030, tout en appelant à former des compétences tunisiennes pour répondre aux besoins du marché européen. Une position qui, estime-t-il, relance le débat sur le rôle même de ce ministère.

Il part du constat via son post Fb, qu’en Tunisie, la politique de l’emploi semble enfermée dans un cercle vicieux qui ne se modifie pas avec le changement des responsables. Il précise dans ce contexte : « Il y a quelques années, un ancien ministre justifiait l’émigration des cadres par l’apport de devises étrangères; aujourd’hui, le ministre de l’Emploi présente les besoins de l’Europe en spécialistes du numérique comme une opportunité à saisir, à travers la formation de compétences tunisiennes destinées à ce marché. »

La question esssentielle est donc de savoir si le rôle de l’État est désormais d’exporter sa jeunesse plutôt que de créer des emplois sur le territoire national ? Ou encore est-il devenu de fournir des opportunités à l’étranger au lieu d’en générer au pays ?

Ainsi présenter l’émigration comme une chance revient, analyse-t-il, à masquer une réalité plus douloureuse. Incapable de créer un environnement favorable à l’émergence de grandes entreprises nationales ou d’attirer d’importants investissements dans le numérique, l’État aurait choisi la voie la plus courte : transformer sa jeunesse en ressource exportable, réduite à une simple statistique et à une source de devises.

Il ajoute entre autres : « Cette orientation ne constitue pas un succès politique, mais un aveu d’échec dans la conduite du développement local. Au lieu de faire de la Tunisie un hub de services numériques capable de rayonner à l’international depuis son propre territoire, l’État se contenterait d’en faire une école de formation gratuite au service des économies étrangères. Nous investissons dans l’éducation et la formation de nos jeunes- médecins, ingénieurs, techniciens et agents- pour les voir ensuite répondre aux besoins démographiques d’autres pays, pendant que nos institutions nationales restent souvent confiées à des profils inadaptés. »

Par ailleurs, il souligne à cet effet un profond déficit de vision économique. « Au lieu de s’attaquer à la bureaucratie qui freine l’initiative, de faciliter le financement des start-up et d’améliorer l’environnement de travail local, les responsables se limiteraient à accompagner la sortie des jeunes. Le véritable investissement dans les compétences devrait commencer par leur offrir les moyens de réussir en Tunisie. Transformer le ministère en simple relais vers l’étranger ne résout pas le chômage ; cela institutionnalise plutôt la fuite des cerveaux et fait de l’émigration un projet indirectement soutenu par l’État » poursuit-il.

Cette déclaration invite ainsi à s’interroger sur l’organisation actuelle des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle, ainsi que sur les modalités les plus adaptées pour en assurer la mise en œuvre.

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Les frustrations silencieuses des retraités en Tunisie

09. Juli 2026 um 09:31

Pour de nombreux retraités tunisiens, cette étape de la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Derrière les sourires de façade et les mots traditionnels de résignation («labès» et «hamdullah») se cachent souvent des frustrations profondes, faites de désillusions, d’inquiétudes et de solitude. (Illustration : Une tableau de peinture à l’huile de Zoubeir Turki).

Dr Sadok Zerelli

Selon les données les plus récentes publiées par l’INS, nous sommes (j’en fais partie) environ 1,2 million de retraités, dont environ 800 000 retraités affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), principalement les salariés du secteur privé, et environ 380 000 retraités affiliés à la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS), qui couvre essentiellement les fonctionnaires et les agents du secteur public. Avec une population d’environ 12 millions d’habitants, cela signifie qu’environ un Tunisien(ne) sur dix est retraité(e). A noter que cette proportion ne peut que croître d’une année à l’autre sous les effets conjugués de la baisse du taux de natalité en raison de la baisse du nombre de mariages et l’accroissement de la durée de vie en raison des progrès immenses réalisés par la médecine en une seule génération

A l’inverse de toutes les autres catégories sociales qui sont représentées par des organisations syndicales ou patronales ou professionnelles qui peuvent parler en leurs noms, défendre leurs intérêts, les faire descendre dans la rue ou faire grève pour satisfaire leurs revendications, les retraités ne sont représentés par aucune organisation sociale ou structure syndicale ou même associative qui peut parler en leurs noms et exprimer leurs frustrations qui se retrouvent réduites au silence (d’où le titre que j‘ai choisi pour cet de l’article).

Pourtant, c’est une catégorie de la population qui fait face à de nombreux défis : des pensions souvent modestes, un coût de la vie en hausse, des dépenses de santé importantes et, pour beaucoup, un sentiment de solitude et d’être insuffisamment reconnus après une vie de travail et de dévouement pour le pays. 

La retraite nous a été souvent présentée comme une période de repos bien méritée, où l’on peut enfin profiter du temps retrouvé après des décennies de travail. Pourtant, pour de nombreux retraités tunisiens, cette nouvelle étape de la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Derrière les sourires de façade et les mots traditionnels de résignation («labès» et «hamdullah») se cachent souvent des frustrations profondes, faites de désillusions, d’inquiétudes et de solitude.

En tant que retraité moi-même, je peux témoigner que la retraite nous enlève bien plus qu’un salaire : elle nous retire une partie de notre dignité. Le plus difficile n’est pas de vieillir. Vieillir est dans l’ordre des choses. Ce qui fait mal, c’est de sentir que l’on devient peu à peu transparent et inutile à la société, y compris à nos propres enfants qui n’ont plus besoin de nous et ont appris à voler de leurs propres ailes.

La première frustration est d’ordre financier. Après avoir consacré parfois quarante années de leur vie au service de l’État ou des entreprises, beaucoup voient leur pouvoir d’achat diminuer au moment où leurs dépenses augmentent. Les soins médicaux, les médicaments et le coût de la vie absorbent une part importante de leur pension. Ils ont parfois le sentiment que les sacrifices consentis durant leur carrière ne sont plus reconnus à leur juste valeur.

À cette inquiétude matérielle s’ajoute une perte de statut social. Hier encore, nous étions enseignants, ingénieurs, médecins, cadres ou ouvriers. Nous étions consultés, écoutés, respectés. Du jour au lendemain, nous sommes devenus des «retraités», comme si toute notre expérience appartenait désormais au passé. Cette impression d’être devenus invisibles et inutiles peut être mal vécue et profondément douloureuse pour certain(e)s d’entre nous, dont, je l’avoue, moi-même.

La solitude constitue une autre épreuve. Les enfants ont souvent construit leur vie loin du foyer familial, parfois même à l’étranger. Les amis disparaissent progressivement, emportés par la maladie ou le temps. Les journées deviennent longues, les conversations plus rares et le téléphone sonne moins souvent. Beaucoup d’entre nous découvrent que la solitude est parfois plus difficile à supporter que les problèmes de santé.

La santé, justement, devient une préoccupation quotidienne. Les douleurs apparaissent, les articulations grincent et les principaux organes tombent de plus en plus en panne, comme les pièces mécaniques d’un moteur qui a trop roulé ! Les consultations médicales se multiplient, les scanners, radiographies, écographies, IRM, etc., se succèdent mais ne se ressemblent pas et les capacités physiques diminuent malgré les soins, le sport, la marche à pied, les régimes alimentaires, etc. Pour des personnes qui ont toujours été actives et autonomes, accepter cette fragilité représente un véritable défi psychologique.

Il existe également une frustration plus intime : celle de voir leurs compétences et leur immense expérience peu sollicitées. Dans une société qui valorise souvent la jeunesse et la nouveauté, nous autres les anciens, avons parfois l’impression que notre savoir-faire et notre sagesse n’intéressent plus personne. Pourtant, nous pourrions transmettre notre savoir, accompagner les jeunes générations et contribuer encore au développement de notre pays.

À cela s’ajoute le sentiment que la société avance sans nous. Les nouvelles technologies, les démarches administratives numériques et les changements rapides des modes de vie peuvent nous donner l’impression d’être progressivement exclus d’un monde qui évolue trop vite et sans nous.

Enfin, il existe une souffrance plus discrète, celle des rêves inachevés. Beaucoup de nos retraités regardent leur passé avec un mélange de fierté et de regret. Ils pensent aux voyages qu’ils n’ont jamais faits, aux projets qu’ils ont remis à plus tard, aux proches qu’ils ont perdus ou aux relations familiales qui se sont éloignées. Le temps devient alors plus précieux que l’argent, car chacun d’entre nous sait qu’il ne peut être rattrapé et que chaque jour supplémentaire vécu nous rapproche de notre heure fatidique, qu’elle soit proche ou lointaine.

Pourtant, malgré ces difficultés, la retraite ne doit pas être considérée comme la fin d’une vie utile. Elle peut devenir un temps de transmission, de création, d’engagement associatif, de lecture, d’écriture ou de partage avec les générations plus jeunes.

Une société qui respecte ses retraités est une société qui respecte sa propre mémoire.

On a fait notre temps mais on a encore beaucoup à donner. Sur le plan individuel et pour ma part, je tiens à continuer à rêver, à lire, à écrire (beaucoup d’articles et même de temps à autre quelques poèmes publiés dans Kapitalis), à transmettre ce que j’ai appris.

Je suis convaincu que les rides ne diminuent ni l’intelligence, ni la sensibilité, ni l’amour que l’on peut porter aux autres, et qu’un retraité n’est pas un homme usé. C’est une bibliothèque vivante, un témoin de son époque, une mémoire que la société aurait tort de négliger.

Sur le plan collectif, la Tunisie gagnerait à mieux valoriser ses aînés. Ils ne représentent pas seulement une catégorie sociale à protéger, ils ne sont pas seulement une charge financière pour les caisses de retraite, CNSS ou CNRPS, mais ils sont également une richesse humaine, culturelle et intellectuelle. Leur offrir des conditions de vie dignes, favoriser leur participation à la vie publique et reconnaître leur contribution passée constituent non seulement un devoir moral, mais aussi un investissement pour l’avenir.

Une nation qui oublie ceux qui l’ont construite risque un jour d’oublier les valeurs qui la fondent.

Post-scriptum pour les jeunes : Quand vous croisez un vieil homme marchant lentement dans une rue de Tunis, de Sfax, de Sousse ou de n’importe quel ville ou village de notre pays, dites-vous qu’il a peut-être consacré sa jeunesse à construire les écoles où vous avez étudié, les routes que vous empruntez, les entreprises où vous travaillez ou les institutions qui vous servent aujourd’hui. Respectez-le et ne le regardez pas avec ce regard qui semble dire : «Tu as fait ton temps», comme il m’arrive quelquefois de le ressentir, malgré que mes connaissances et mon expérience de la vie dépassent largement celles de ces jeunes.

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Israël et le retour de bâton du génocide à Gaza

09. Juli 2026 um 08:51

«On fait de nous des zombies», disent des anciens combattants israéliens. «Quand tout est permis, personne n’est protégé» : c’est ce qu’écrit un capitaine de réserve israélien anonyme dans le quotidien Haaretz, dénonçant le flou total quant aux règles d’engagement de l’armée d’occupation. Autorisés à faire tout et n’importe quoi, les militaires israéliens engagés à Gaza depuis bien avant le 7 octobre 2023 subissent un retour de bâton massif : ça s’appelle le stress de combat et ça fait des ravages en profondeur dans la société israélienne. Certains d’entre eux se sont révoltés et sont passés à l’action, comme le raconte le reportage ci-dessous, traduit de l’hébreu, après la tribune publiée par un capitaine anonyme (voir ci-dessous).

Fausto Giudice *

Plus de 70 000 Palestiniens ont été tués et plus de 171 000 blessés par l’armée israélienne à Gaza depuis octobre 2023.

Ces chiffres sont mondialement connus. Un chiffre qui l’est moins est celui des 85 000 soldats qui ont reçu des traitements pour troubles psychiques entre octobre 2023 et décembre 2025.

La consommation de drogues a explosé parmi la population israélienne juive et on estime à deux millions le nombre d’Israéliens ayant besoin de soins mentaux. Entre un quart et un tiers des appelés et réservistes ayant participé à la guerre contre Gaza ont donc été diagnostiqués comme souffrant de troubles mentaux, pour la plupart de ce qu’on appelle «stress de combat».

Le «stress de combat»

L’état de stress post-traumatique (ESPT) désigne une réaction psychologique à un événement traumatique intense, en particulier lorsque la vie est menacée. Ce trouble peut affecter n’importe qui, peu importe l’âge, le milieu culturel ou le sexe. Ce n’est que depuis quelques années que l’on entend davantage parler de l’ESPT, mais on sait que ce trouble est connu depuis au moins l’Antiquité grecque et a été désigné de bien des façons.

Pendant la guerre de Sécession, cette affection était connue sous le nom de «soldier’s heart» (trouble affectif du soldat); lors de la Première Guerre mondiale, elle était désignée par les termes de «traumatisme dû au bombardement», et au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle était appelée «névrose de guerre». Bon nombre de soldats qui présentaient des symptômes associés à l’ESPT pendant le combat étaient considérés comme souffrant d’«épuisement au combat».

Au cours de la guerre du Vietnam, c’est l’expression «stress de combat» qui a été employée pour désigner ce phénomène. Certains sujets qui en étaient atteints ont fini par présenter une affection qui, en 1980, à été officiellement appelée «syndrome de stress post-traumatique». L’expression stress de combat se traduit en hébreu parעָקַת קְרָב  (akat krav), se substituant au terme plus ancien deהֶלֶם  קְרָב  (helem krav, qui se traduisait plutôt par «choc de combat» ou «commotion de combat»), aujourd’hui considéré comme moins précis, et encore employé dans le langage courant, par exemple par les vétérans faisant leur sit-in devant la Knesset.

Le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) repose sur 3 grands types de symptômes se manifestant simultanément, dont l’intensité perturbe le quotidien :
les reviviscences (intrusions) : la personne revit l’événement de façon incontrôlable (flashbacks, cauchemars, impressions sensorielles) ;
– l’évitement : la mise en place de stratégies pour fuir toute pensée, situation, odeur ou personne liée au traumatisme ;
– l’hyperactivité neurovégétative : un état d’alerte et de sensation de menace permanente (hypervigilance, sursauts, irritabilité, troubles du sommeil).

Une pathologie durable

On ne guérit pas de cette affection. 50 ans après la fin de la guerre du Vietnam, on estime à 271 000 le nombre de vétérans US souffrant de TSPT, soit 11% des vétérans et 9% des vétéranes. 30% des anciens combattants et 27% des anciennes combattantes du Vietnam ont développé des TSPT au cours de leur vie. Environ 50 % à 60 % de ces anciens combattants souffrent également de dépression concomitante, et 30 % à 40 % sont confrontés à des troubles liés à la consommation de substances.

Les chiffres concernant des précédents guerres coloniales/impériales sont plus flous, vu que la pathologie clinique des TSP n’a été établie cliniquement qu’à la fin des années 1960. Ce qu’on sait par exemple, c’est que 15 000 des 2 millions 800 000 soldats français ayant été en service actif pendant la guerre d’Algérie ont été ensuite internés dans des asiles psychiatriques.

La société israélienne va donc au-devant de chocs inouïs, qui ne viendront cette fois-ci plus de l’ennemi atavique, mais de ses propres rangs, de la part de ses fils et filles traumatisés à vie par les horreurs qu’ils ont vécues, de bon ou de mauvais gré.

Rappelons que la violence homicide a explosé aux USA après la Guerre civile, entraînant un quadruplement du nombre de détenus dans certains États, et que le nombre de meurtres «civils» a doublé aux USA mêmes pendant la guerre du Vietnam. À défaut de voir ses responsables jugés, le génocide de Gaza risque bien de susciter un backlash (retour de bâton) terrible, aux conséquences difficilement prévisibles.

* Auteur, traducteur, éditeur.

En tant que commandant de l’armée israélienne, je sais à quel point des règles d’engagement sans limites sont dangereuses»

«Quand tout est permis, personne n’est protégé – ni les civils, ni les soldats, et certainement pas les valeurs que nous sommes censés défendre» (Anonyme, Haaretz, 6 juillet 2026). L’auteur est un capitaine de réserve israélien et un commandant de combat.

Je ne cache habituellement pas mon identité, mais l’anonymat permet souvent de révéler ce qui doit être mis au jour.

Je suis le commandant d’une unité effectuant son service de réserve dans la bande de Gaza, et j’écris ces mots alors que je suis en service actif, de l’autre côté de la frontière. Depuis le 7 octobre [2023], nous avons effectué plus de 300 jours de réserve. Je ne veux pas écrire sur la dureté de ces répétitions de service ou sur les dommages qu’elles infligent au corps et à l’âme, même si ces sujets importants mériteraient d’être davantage discutés.

Je veux plutôt parler de valeurs, d’un problème auquel je suis hélas confronté en voyant une détérioration morale se jouer au sein de l’armée. La moralité est l’essence même de notre nature humaine et de notre lien avec le divin.

La nature actuelle de nos opérations est défensive. Nous menons un combat de tranchées permanent, jamais assouvi. L’objectif de notre mission n’est plus clair, pas même défini, ce qui ne nous laisse aucun critère pour en mesurer le succès. Parce que nous sommes en mission défensive, l’état d’alerte est élevé, de même que la peur d’un ennemi qui pourrait nous prendre par surprise. Cet état d’esprit engendre de nombreux dilemmes moraux.

L’état d’alerte et les souvenirs du 7 octobre poussent les soldats à tirer sur les Gazaouis qui s’approchent (ou sont envoyés) vers nos lignes. Parfois, les tirs sont justifiés, parfois moins. Dans tous les cas, l’ouverture du feu survient parce que le soldat en première ligne se sent menacé ou en insécurité. Le soleil brûlant, la fatigue et le sentiment d’inutilité amplifient ces sensations, même lorsqu’elles sont infondées. Même s’il est facile de les juger sévèrement depuis un bureau climatisé au quartier général de Tel-Aviv, il faut reconnaître que ces sentiments existent.

Blesser et tuer autant d’êtres humains non armés laisse des traces dans l’âme de nos combattants. Cela laisse des traces dans la mienne. Lors de notre dernier entretien, l’officier de santé mentale de la brigade nous a dit qu’en plus des blessures physiques et psychiques, l’armée reconnaît désormais ce qu’on appelle une «blessure morale» – un domaine qui a commencé à être étudié dans les années 1990 et a été officiellement reconnu au début des années 2000.

Cependant, l’aide en santé mentale fournie par l’armée, après coup, après près de trois ans de combat, est insuffisante. Nous avons besoin que l’armée fixe des limites juridiques et les fasse respecter efficacement. Le bureau de l’avocat général militaire, qui est censé poser ces limites, est paralysé, n’exerçant plus ses fonctions depuis l’affaire du centre de détention de Sde Teiman, peut-être même depuis l’affaire antérieure d’Elor Azaria.

La conduite du bureau de l’avocat général militaire me rappelle celle d’un laïc trop zélé qui décide de devenir religieux, passant d’une position extrême à l’autre. Avant le 7 octobre, les règles d’engagement strictes permettaient aux Gazaouis d’organiser leurs manifestations le long de la clôture frontalière – des protestations qui ont provoqué des troubles ayant abouti à la mort de Barel Shmueli.

À mon avis, notre retenue lors de ces manifestations a été l’une des causes du massacre du 7 octobre, en réaction auquel toutes les retenues ont été levées. Aujourd’hui, tout est permis, et nous avons le doigt trop léger – bien trop léger – sur la détente. Les règles d’engagement sans limites garantissent qu’aucun Gazaoui n’atteindra la clôture frontalière, mais elles nous coûtent de plus en plus cher, à nous, à nos valeurs et à notre santé mentale.

Si quelqu’un du bureau de l’avocat général venait enquêter sur la dernière fusillade à laquelle nous avons participé, je soutiendrais pleinement mes soldats en tant que commandant. Je dirais à l’enquêteur que le Gazaoui abattu avait franchi la ligne jaune (même si ce n’était pas vrai), et je dirais que nous nous étions sentis menacés (ce qui était le cas).

Je pourrais même faire plus, en m’en prenant au bureau de l’avocat général. Je m’écrierais : «Comment des fonctionnaires en cravate, venus ici depuis leurs bureaux climatisés, osent-ils questionner des combattants qui ont effectué des centaines de jours de réserve ?» Mais au fond de moi, je serais heureux qu’il soit venu enquêter et mettre fin à cette irresponsabilité. S’il vous plaît, mettez–nous des garde-fous.

«Nous nous sommes battus et on nous a jetés dans des asiles, on fait de nous des zombies» : la révolte des anciens combattants israéliens soumis au stress de combat

Yogev Carmel, Magazine N12 (27/11/25)

«Pas des criminels, mon frère, nous sommes des combattants» : le cri des traumatisés de guerre est passé du bord de mer à la Knesset – «Nous sommes là et ça ne laisse pas le législateur respirer». Alors que le nombre de combattants qui ont mis fin à leurs jours ne cesse d’augmenter autour d’eux, ils racontent : «On nous a promis qu’on arrêterait le prochain suicidaire, chaque missile coûte aussi cher que cent traumatisés de guerre». Et Itzik Saïdian, l’une des figures emblématiques de la lutte, met en garde : «Quand ce flot de traumatisés de guerre arrivera, il y aura un grand pogrom ici.»

«Aujourd’hui, j’étais chez le psychiatre. Et quelle ordonnance ai-je reçue ? Des pilules pour nous faire taire, des somnifères… Ça les arrange bien qu’on s’endorme pour de bon», confie David Yehuda, combattant du génie de combat dans la réserve, et son ami Omar Amsalem abonde dans son sens en ajoutant : «Ils te donnent des pilules qui te transforment en zombie.»

«Je ne suis ni un psychopathe, ni un malade mental, je vis simplement ma réalité. On s’est battus et au final, on nous jette dans des asiles, à Kfar Shaul, dans des centres de réadaptation. Ce n’est pas vraiment un traitement qui s’attaque à la racine du problème», s’insurge Yehuda. «Ma mère l’a remarqué chez moi – je suis revenu vivre chez elle maintenant, après être rentré de la guerre». «Maman a compris que, tout à coup, quelque chose n’allait pas» chez David : il se levait soudainement la nuit, et à chaque claquement de porte ou à chaque casserole qui tombait, le gamin sursautait. «Maman m’a dit : “Va te faire soigner”. Sans ma mère, je ne serais pas allé suivre ces traitements.»

Il n’y a pas eu de guerre en Israël d’une telle ampleur et intensité depuis des années, rappelant ce qui s’est passé ici au cours des deux dernières années. Jusqu’à présent, le public et le système se sont habitués à des foules de personnes post-traumatiques, chacune avec son propre bagage – des personnes qui ont vécu les horreurs de la guerre sous sa forme la plus brute – mais des gens comme David Yehuda viennent et exigent de renouveler le concept de «stress de combat», un terme qui a été quelque peu piétiné au fil des ans sous les roues du politiquement correct.

«On aborde ça sous l’angle très général du syndrome de stress post-traumatique», explique Yehuda. «Mais le choc de combat, c’est une autre histoire. Je ne minimise bien sûr pas la gravité de ce que vivent les autres, mais le choc de combat, ce sont des choses que nous avons vues de nos propres yeux. Au fond, nous demandons simplement qu’on nous prenne dans les bras, et qu’on écoute les combattants qui reviennent aujourd’hui. Qu’on ne les renvoie pas trop vite à la vie civile et à leur vie de tous les jours, et qu’on ne leur prescrive pas de médicaments qui noient tous ces combats sous un voile».

«On ne comprendra pas d’où ça vient»

«Dès que la vague de traumatisés de guerre issus de ce conflit arrivera, il y aura ici un véritable pogrom contre tous ceux qui sont revenus du front – on assistera à une véritable tempête de gens qui descendront dans les rues et ça va faire un scandale», met en garde Itzik Saïdian, l’une des figures de proue de ce combat. «Je pense que nous sommes à l’aube d’une vague gigantesque de soldats souffrant de traumatismes de guerre, et si nous ne nous en occupons pas et n’investissons pas dès maintenant nos efforts pour résoudre le problème, nous ne parviendrons pas à l’arrêter ; son ampleur sera trop grande. Je le ressens à travers les messages que je reçois, le nombre de personnes qui me contactent, c’est quelque chose d’anormal. Je reçois chaque jour des dizaines, voire parfois des centaines de messages de personnes qui ont du mal à mener une vie quotidienne normale.»

Saïdian vit avec un traumatisme de combat depuis l’opération «Pilier de défense» (2012), et en 2021, il s’est immolé par le feu, juste avant la Journée du souvenir, devant les bureaux de la Direction de la réadaptation. «Le traumatisme de combat diffère à bien des égards de tout autre syndrome de stress post-traumatique. On le constate partout dans le monde, on l’a vu après la Seconde Guerre mondiale, après la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, aux USA, il existe une définition claire du  ‘‘Combat PTSD’’ – un syndrome de stress post-traumatique résultant des combats», explique-t-il. «Il n’y a pas que ceux qui sont reconnus comme souffrant de choc de combat qui rencontrent des difficultés chez eux ; on va se retrouver face à un phénomène dont on ne comprendra pas d’où il vient.»

«Il faut avant tout une définition précise et que l’on comprenne la différence. Tout comme l’État sait mobiliser des combattants et des combattantes pendant plus de 700 jours de guerre, il doit accorder des jours de réserve consacrés à des traitements psychologiques. Avant tout, pour préserver la force de combat. Au final, cela aura des répercussions sur tous les aspects de la vie dans ce pays, notamment sur le plan social et en matière d’emploi. Après tout, les réservistes constituent la force productive d’Israël.»

Tente au bord de la mer – marche vers la Knesset

La protestation, dont la base du petit camp a commencé il y a plus de six mois, était en fait loin de la Knesset, sur la plage d’Atlit. Omer Amselem, ancien combattant de la Brigade Golani qui porte un stress de combat de l’époque de «Bordure protectrice» (juillet 2014), a rejoint deux autres amis dans une situation similaire : Tzachi Atedgi et Shon Danenberg. Ce qui a tout déclenché, c’était, selon eux, le mépris du système pour le cas spécifique d’Atedgi. «Disons qu’il a été jeté de toutes les directions possibles», dit Amselem. «Ils ont arrêté son allocation logement et il n’avait nulle part où vivre, et de là nous est venue l’idée d’installer des tentes au bord de la mer pour avoir un endroit tranquille. D’abord, avant la protestation, surtout si elle va être longue, nous avons besoin de ce calme, pour comprendre où nous allons».

«Nous sommes restés environ un mois au bord de la mer, avec des pancartes pour qu’ils sachent que nous sommes des victimes du stress de combat. Des inspecteurs sont venus, ont pris notre générateur, ont utilisé du gaz lacrymogène contre nous, sans aucune raison. Nous avons eu un déclencheur très sérieux là-bas, ils nous ont même arrêtés et la juge a réprimandé la police. Alors nous avons compris que ça suffit, il faut faire quelque chose de plus significatif, pour qu’ils nous voient, parce qu’à la mer personne ne voit. Et aussi parce que Tzachi était déjà au bord du gouffre. Nous avons dit : passons à Petah Tikva».

À ce stade, la manifestation s’est déplacée vers le parking situé en face des bureaux de la Direction de la réinsertion du ministère de la Défense à Petah Tikva, exactement à l’endroit où Itzik Saidian s’était immolé par le feu quatre ans auparavant. C’est alors que les trois hommes se sont associés à Saidian, qui a mis à profit sa notoriété pour incarner une sorte de figure de proue de la nouvelle génération de manifestants post-traumatiques. «Nous y avons monté des tentes et commencé à nous installer ; chaque jour passé là-bas était une véritable manifestation. Nous étions impatients. Nous voulions obtenir des réponses sur la situation des victimes de traumatismes de guerre en Israël. Cela a duré deux mois et demi. Puis Itzik Saïdian, un camarade de ma promotion dans la Brigade Golani – il était dans le 13e bataillon et moi dans le 51e –, m’a proposé d’aller à la Knesset.»

«Je me suis préparé à ce trajet comme à une opération militaire»

Il y a quelques semaines, dans le cadre de la routine quotidienne dont il a tant besoin, Hagai Azran est monté dans un bus qui l’emmenait de son domicile du quartier de Gilo, à Jérusalem, à ses cours de cuisine à Tel-Aviv. Comme c’est souvent le cas pour bon nombre de victimes de traumatismes de guerre, cette expérience dans l’espace public ne s’est pas déroulée sans heurts. «Deux fois par semaine, j’ai un itinéraire très précis en tête», raconte Azran. «J’achète les mêmes choses, je fume au même endroit et je fais exactement les mêmes gestes que d’habitude, comme si je me préparais à une opération militaire, et ça marche très bien pour moi. Pendant tout le trajet, je ne parle à personne. Ce jour-là, tout se passait comme d’habitude, jusqu’à ce qu’un petit détail vienne tout bouleverser.»

«J’ai dû partir sans mon chien, car le ministère de la Santé n’autorise toujours pas les chiens à entrer dans l’établissement où j’étudie», raconte-t-il en retraçant les événements de la journée. «À la fin de la descente de Gilah, au carrefour de Pat, il y a un bouchon et le bus est tout simplement à l’arrêt. Au bout de dix minutes, j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Si l’on remonte vingt ans en arrière, c’est exactement au même endroit que cette ligne avait explosé», confie-t-il, évoquant un éventuel déclencheur issu de sa mémoire. «Je me souviens que j’étais à l’armée ; des enfants du quartier avaient vu le bus exploser depuis en haut, après avoir raté ce même bus. À l’époque, je sortais avec une fille dont les amis de son frère avaient été tués là-bas. Et son frère, lui, était tellement en colère contre lui-même d’avoir raté ce bus et d’être resté en vie.»

«Je m’approche du chauffeur et je lui demande gentiment d’ouvrir la porte, car je suis en pleine crise et j’ai déjà du mal à rester assis dans le bus. Le chauffeur refuse et je m’en vais avant de revenir une demi-minute plus tard, car je ne comprends pas pourquoi il me dit ‘‘non’’. Je m’explique plus en détail, en précisant que je souffre d’un traumatisme de guerre et que je suis en pleine crise, mais il refuse toujours, et de manière très catégorique, car pour lui, je le dérange. Je suis retourné à ma place, j’ai regardé les gens en me demandant pourquoi ils ne réagissaient pas, je me suis levé et j’ai commencé à hurler pour qu’on ouvre la porte du bus, car je n’arrivais plus à respirer. Je commence déjà à trembler, puis je vais voir le chauffeur et lui explique à nouveau ce qui va se passer s’il n’ouvre pas la porte. Il sort alors son téléphone et se met à parler avec ses amis en arabe, juste pour me faire enrager».

«J’essaie de descendre à trois reprises, je supplie et je crie après les gens, et tout le monde là-dedans prend peur et se dégonfle – parce que je passe du Hagai gentil au Hagai très-pas-gentil – puis je lance un chronomètre d’une minute et j’annonce à tous les passagers que si la porte ne s’ouvre pas dans la minute, je me ferai justice moi-même. J’attends une minute et, bien sûr, personne ne se lève. Le chronomètre sonne et j’ouvre la porte de force. Je n’ai blessé personne, je leur ai expliqué que je voulais juste un câlin et qu’on me laisse descendre du bus.»

«L’un d’entre eux a même essayé de m’étrangler»

«Le jour même, je suis allé porter plainte contre le chauffeur, j’ai crié sur son responsable et j’ai pleuré», résume Azran, désespéré. «Il y avait là un groupe de chauffeurs qui s’en est pris à moi, l’un d’eux a commencé à m’insulter et à se jeter sur moi, il a même essayé de m’étrangler. L’affaire s’est terminée par l’intervention de la police. Bref, ça s’est mal terminé. Il n’y a tout simplement pas de sensibilisation. La loi m’a ignoré tant de fois – que ce soit des chauffeurs de taxi qui nous jettent dehors, ou des gens qui ne nous comprennent pas.»

La prise de conscience, c’est justement ça. Quelques semaines après ce jour-là dans le bus, Azran ne cherche plus un chauffeur qui lui ouvre la porte, mais un État qui l’écoute. Nous nous retrouvons au bord de la route menant à la Knesset : le campement est en fait son lieu de vie depuis quatre mois. Il fait partie d’un petit groupe, comptant tout au plus vingt membres, qui, comme lui, sont tous marqués par un traumatisme profond lié à leur service militaire ; certains d’entre eux sortent tout juste des derniers combats à Gaza. Ezran est l’un des «aînés» du campement, âgé de 42 ans, marié et père de famille. Il s’est enrôlé dans l’armée israélienne pendant la deuxième Intifada et c’est là qu’il a «contracté» son traumatisme psychologique au cours d’une série d’attentats et d’incidents sécuritaires auxquels il a été exposé.

«Ces vingt dernières années m’ont peu à peu fait me replier sur moi-même. Je me suis marié il y a 12 ans et depuis, j’ai commencé à ressentir une angoisse existentielle pour mes enfants. Les événements que j’ai vécus à l’armée se sont mêlés à ceux concernant mes enfants et, au cours des six dernières années, je me suis complètement coupé du monde extérieur. À l’approche de l’opération ‘‘Gardien des murailles’’ [2021], j’ai été diagnostiqué pour la première fois par un psychologue clinicien, car j’avais alors eu une crise de folie. Un scénario similaire à ce qui s’est finalement passé le 7 octobre me trottait dans la tête : tous mes cauchemars ont commencé à se cristalliser en quelque chose que je commençais à voir de mes propres yeux, et depuis, je me suis coupé de tout ce qui bougeait : le travail, la famille, les shabbats, les cousins, les frères, les sœurs, les parents.»

Depuis son diagnostic, il a intégré le programme thérapeutique des «12 étapes», dans le cadre duquel il s’est mis à suivre des cours de cuisine. «Ce n’est qu’au cours des dix-huit derniers mois que j’ai vraiment commencé à sortir. Si tu m’avais rencontré il y a deux ans, tu n’aurais pas réussi à me parler. Je transpirais, je portais une casquette qui me couvrait les yeux pour que personne ne sache ce que je vivais. Je voulais me faire un t-shirt sur lequel j’aurais écrit, un peu pour plaisanter : ‘‘Après le service, ne pas caresser’’, parce que si j’ai une crise d’angoisse ou de rage en pleine rue, les gens pensent : c’est un psychopathe, quelqu’un à qui on ne peut pas parler».

«Ils nous ont promis d’empêcher le prochain suicide»

Il y a environ deux mois, les membres du camp ont rencontré le Premier ministre ainsi que le ministre de la Défense. Dans les salles de réunion climatisées et sécurisées où se prennent les décisions, ils ont essayé d’expliquer ce qui se passe pendant les nuits chaudes à l’extérieur de la Knesset. « Nous avons discuté avec Katz pendant deux heures et demie. Ils nous ont promis d’empêcher le prochain suicide », racontent-ils, et Amselem souligne : : « Pour l’instant, rien ne bouge, en principe. Peut-être que ça bouge en coulisses, mais nous n’en savons rien. Quand j’étais assis avec le Premier ministre, je l’ai vraiment cru. Lui-même ne savait pas vraiment ce qui se passait ; il pensait que les gens étaient pris en charge et que tout allait bien. Nous lui avons expliqué où se situaient les dysfonctionnements, nous lui avons donné des points clairs, des éléments qui permettront de sauver le prochain suicidaire.»

«Nous avons des revendications claires. Avant tout, une retraite de deux mois pour chaque combattant qui quitte une zone de combat. Il faut lui accorder deux mois, et non deux jours, de ‘‘traitement post-combat’’. Au cours de cette retraite, il faut intégrer des phases d’identification et de reconnaissance, afin de repérer ceux qui souffrent d’un traumatisme de guerre, ceux qui présentent les symptômes, puis commencer à expliquer à la femme, aux enfants, aux parents, ce qui se passe et comment faire face à une telle situation. Un système qui le prenne en charge, le coupe de la réalité et commence à s’occuper de lui avant que tout ne commence, qui identifie les symptômes et lui explique ce qui va se passer. Ce n’est qu’après cela qu’il pourra être prêt à reprendre le cours de sa vie, et que sa femme sera prête à affronter ce qu’elle va elle aussi traverser, et qu’ils puissent aller chercher de l’aide ensemble. Il faut leur donner les outils nécessaires pour mieux gérer les déclencheurs et les réduire. C’est la chose la plus importante.»

La reconnaissance spécifique prévue par la loi, qui est au cœur de leurs revendications, conduira – espèrent-ils – à une prise en charge plus ciblée, plus attentive, et non à une approche qui cherche simplement à balayer le problème sous le tapis. La semaine dernière encore, ils ont remporté une victoire non négligeable devant la Cour suprême, qui a rendu une ordonnance conditionnelle obligeant l’État à expliquer pourquoi les victimes de stress post-traumatique présentant des blessures «invisibles» ne bénéficient pas des mêmes droits que ceux accordés aux invalides de l’armée israélienne souffrant de lésions physiques. «Les étoiles se sont alignées de telle sorte que nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation où nous pouvons et voulons changer toute la méthode de prise en charge des victimes de traumatismes de guerre», explique Azran. «Et nous voilà réunis ici en groupe : moi, qui suis ‘‘arrivé’’ en 2002, Itzik Saidian et Omer Amsalem, arrivés en 2014, ainsi que Boaz, venu du Liban. Et nous arrivons avec notre expérience et, ensemble, nous leur disons : ‘‘Mes amis, la situation est telle que vous devez prendre la décision et changer les choses dès maintenant’’. Nous n’avons pas le temps d’attendre des commissions qui s’éternisent pendant des années. Nous devons mettre en place des commissions d’urgence et faire bouger les choses dès maintenant».

«Nos amis se suicident et nous ne jouons pas au plus fin»

La distinction que font ces jeunes entre «choc de combat» et «syndrome de stress post-traumatique» n’est pas seulement terminologique : elle s’accompagne d’une volonté de profiter de la rare opportunité qui s’offre à eux aujourd’hui, avec le cessez-le-feu, pour opérer rien de moins qu’un véritable bouleversement dans la manière dont ils sont pris en charge, ainsi que leurs camarades, dont beaucoup ne sont même pas encore conscients de leur état. Et Azran précise : «La première chose, la plus importante de toutes, c’est la ‘‘loi Argaman’’ (projet de loi débattu à la Knesset depuis des années et visant à améliorer encore davantage le statut des victimes de guerre, en mettant l’accent sur les traumatismes psychologiques). Si on commence par là, on pourra aborder des questions plus sérieuses, comme prendre en charge tous ces combattants qui sortent du combat dès maintenant – nous avons devant nous trois mois.»

Source: Fausto Giudice.

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