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Les drones ukrainiens menacent la vie de Poutine

07. Mai 2026 um 10:10

La Fédération de Russie a renforcé les mesures de sécurité pour protéger Vladimir Poutine face à la crainte croissante d’attentats alors que le président s’isole de plus en plus et se consacre entièrement à la gestion de la guerre en Ukraine. Ses craintes sont surtout motivées par la performance des drones ukrainiens et un assassinat par drone est redouté. 

Imed Bahri

Selon le Financial Times, le Service fédéral de protection (FSO), chargé de la protection des hauts responsables russes, a considérablement renforcé ces derniers mois la sécurité autour du chef du Kremlin.

Selon des sources à Moscou et une source proche des services de renseignement européens, Poutine passe plus de temps dans des bunkers souterrains, gérant directement les détails de la guerre, tout en se désintéressant progressivement des affaires civiles.

L’isolement de Poutine s’est accentué ces dernières années, notamment depuis la pandémie de Covid-19 mais les inquiétudes au Kremlin concernant un coup d’État ou une tentative d’assassinat –en particulier par drone– ont fortement augmenté depuis mars, selon la même source.

«Le choc de l’attaque de drone ukrainienne « Toile d’araignée » est encore vif», a déclaré une source au FT. L’année dernière, des drones ukrainiens ont ciblé des bases aériennes russes dans des régions de l’extrême nord du pays.

Les inquiétudes sécuritaires se sont également accrues après l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis en janvier, selon une autre source.

En réponse, les services de sécurité ont renforcé leurs mesures. Poutine a réduit ses apparitions publiques et les contrôles sur ses visiteurs sont devenus plus rigoureux.

Le président et sa famille ne se rendent plus dans leurs résidences de la banlieue de Moscou et de la région de Valdaï. Il passe plus de temps dans des abris, notamment dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, où il travaille pendant des semaines d’affilée. Les médias d’État ont diffusé des images préenregistrées pour donner l’illusion d’une vie normale.

Les membres de son entourage, y compris les chefs cuisiniers, les photographes et les gardes du corps, ont reçu pour consigne d’éviter les transports en commun, les téléphones portables et les appareils connectés à Internet à proximité de lui. Des systèmes de surveillance ont été installés à leur domicile.

Des sources bien informées suggèrent que les récentes coupures d’Internet à Moscou pourraient être en partie liées aux mesures de protection contre les drones et à la sécurité du président.

Selon des sources du renseignement européen, les forces de sécurité fédérales mènent des recherches approfondies avec des chiens dressés et des agents sont déployés le long des rives de la Moskova en prévision d’une éventuelle attaque de drone.

Ces préoccupations sécuritaires ne concernent pas uniquement Poutine. Lors d’une réunion de sécurité l’année dernière, les agences de sécurité se sont mutuellement rejeté la responsabilité de l’incapacité à protéger les hauts responsables militaires après une série d’attentats liés à l’Ukraine dont l’assassinat du général Fanil Sarfarov.

Lors de cette réunion, le chef du Service fédéral de sécurité (FSB) Alexandre Bortnikov a mis en cause le ministère de la Défense qui ne dispose pas d’une unité dédiée à la protection des hauts fonctionnaires, tandis que le chef de la Garde nationale Viktor Zolotov a décliné toute responsabilité, invoquant des ressources limitées.

Finalement, Poutine a chargé le FSB de la protection de dix généraux de haut rang dont trois chefs d’état-major adjoints sous les ordres de Valery Gerasimov.

Il ne veut plus ni voir ni entendre

Le renforcement des mesures de sécurité coïncide avec l’attention quasi exclusive que Poutine porte à la guerre. Selon ses proches, il y consacre environ 70% de son temps. Quant aux autres activités, elles se limitent à de rares rencontres avec des dirigeants étrangers ou à des discussions sur l’économie.

Un initié a expliqué que le seul moyen pour le joindre est d’être impliqué dans la gestion de la guerre. 

L’analyste politique Andreï Kolesnikov estime que Poutine «ne veut plus ni voir ni entendre» et qu’il s’appuie presque entièrement sur les services de sécurité qui contrôlent désormais la plupart des aspects de la vie dans le pays.

Ce détachement a engendré un mécontentement croissant en Russie, alimenté par la lassitude de la guerre et l’aggravation des crises internes.

Selon des sondages officiels et indépendants, la popularité de Poutine a chuté à son plus bas niveau depuis l’automne 2022, date à laquelle il a annoncé une mobilisation partielle.

Des restrictions sur Internet

Les réseaux sociaux regorgent de publications critiquant le gouvernement pour les restrictions d’accès à Internet, les taxes et autres mesures économiques.

L’une des critiques les plus virulentes provient d’une vidéo publiée par Victoria Bonya, influenceuse russe qui réside à Monaco suivie par 12,9 millions d’abonnés sur Instagram, dans laquelle elle déclare que «les gens ont peur de lui». La vidéo a recueilli plus de 1,5 million de «j’aime», incitant le Kremlin à reconnaître l’avoir visionnée.

Suite à cela, Poutine s’est exprimé publiquement pour la première fois sur les restrictions d’internet, appelant les autorités à «expliquer les choses au public» plutôt que de simplement interdire l’accès sans rien dire. 

Le 27 avril, Poutine a effectué sa deuxième apparition publique de l’année, en visitant une école de gymnastique à Saint-Pétersbourg. Une vidéo le montrait en train d’interagir avec un groupe de jeunes filles, une scène que les analystes ont interprétée comme une tentative de projeter une image de proximité avec le peuple.

Cependant, la diminution de ses apparitions publiques –contre au moins 17 l’année précédente– témoigne d’un renforcement des mesures de sécurité et d’une moindre attention portée aux questions intérieures.

«Le fossé entre ce que Poutine souhaite aborder et ce que l’on attend de lui se creuse», a déclaré l’analyste Tatiana Stanovaya, prévenant que des vagues de mécontentement populaire risquent de s’amplifier dans les prochains mois.

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Le CRLDHT demande la libération de Zied El Hani  

07. Mai 2026 um 09:10

Le comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a publié, le 6 mai 2026, un communiqué intitulé «Pour la liberté de Zied El Hani, pour la liberté de la presse, pour le droit de déranger» où il exprime «sa profonde préoccupation et son inquiétude face au jugement attendu dans l’affaire du journaliste Zied El Hani», ce jeudi 7 mai.

«Dans le cadre de cette affaire, Zied El Hani a été arrêté le 24 avril 2026, à la suite de déclarations qu’il a faites lors d’une intervention à la Faculté de droit de Tunis, au cours de laquelle il a critiqué des décisions judiciaires concernant ses collègues journalistes. Il a ensuite été poursuivi pour ‘‘atteinte à autrui’’ ou ‘‘diffamation’’ en lien avec ces propos, avant d’être placé en détention», rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, en affirmant que «cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une intensification des poursuites contre les journalistes et les voix critiques en Tunisie.»

L’Ong estime que l’accusation portée contre le journaliste, à savoir «l’atteinte à autrui via les réseaux publics de télécommunication», ne correspond pas à la réalité et que les faits reprochés à El Hani «relèvent clairement de l’exercice d’un journalisme libre» et de «l’expression d’une opinion libre, constructive et nécessaire à l’émergence d’une société consciente et équilibrée.»

Tout en soulignant «le droit des Tunisiennes et des Tunisiens à être libres, leur droit à déranger, et leur droit à être des citoyens à part entière», le CRLDHT demande «la libération immédiate de Zied El Hani, ainsi que de tous les journalistes détenus en raison de leurs opinions; l’abandon de toutes les charges liées à la liberté d’expression et à l’exercice du journalisme ; et la fin de l’instrumentalisation des lois, notamment l’article 86 du Code des télécommunications, pour restreindre la liberté de la presse».

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Droit international ou droit occidental ?

07. Mai 2026 um 07:53

Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale.

Lahouari Addi *

En se défendant, l’Iran viole le droit international, mais Israël et les Etats-Unis, en agressant l’Iran, défendent le droit international. Est-ce qu’il y a deux droits internationaux ou un seul ? Il semble bien qu’il y en ait deux. L’un qui justifie l’agression et l’autre qui interdit de se défendre. Cette myopie qui fait voir double est en fait une conséquence pathologique du racisme.

Comme hier dans les colonies où les indigènes n’étaient pas des sujets de droit, aujourd’hui dans la communauté internationale, il y a des Etats souverains et des Etats semi-souverains. Dans ce cas, il faudra deux Onu : celle de l’Occident et celle des victimes potentielles de l’Occident.

Conception néocoloniale des relations internationales

A Washington, Berlin, Londres, Paris…, le droit n’est pas considéré comme universel, et doit être limité à l’Occident. L’ordre colonial géopolitique s’est écroulé dans les années 1950 et 1960, mais il persiste dans la pratique des dirigeants occidentaux sous la forme d’une conception néocoloniale des relations internationales.

Ce qui rend nerveux la classe politique américaine, et celle qui lui est subordonnée en Europe, c’est que l’hégémonie américaine est contestée et parfois efficacement. L’ordre mondial basé sur l’invincibilité des porte-avions est dépassé. Un drone de 10 000 dollars peut neutraliser un porte-avions de 3 milliards de dollars.

Par ailleurs, la mondialisation économique a au moins un avantage : le marché capitaliste mondial n’aime pas la guerre. C’est ce qu’a compris l’Iran en fermant le détroit d’Ormuz. Outre son armée, Téhéran est protégé par les bourses de Wall Street, Francfort, Londres, Paris…

Les propos incohérents de Trump, déclarant parfois que la guerre est finie, et une autre fois qu’il pourra raser l’Iran révèlent sa peur de voir le prix du pétrole s’envoler à 150 dollars. Avec ce prix, les Républicains perdront et le Sénat et la Chambre.

Guerres extérieures et politiques intérieures

Les guerres extérieures ne sont plus des événements de la politique étrangère. Elles font désormais partie des politiques intérieures, parce que les peuples, y compris le peuple américain, sont contre les guerres d’agression.

Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale. L’ordre mondial postcolonial ne peut être géré avec une mentalité néocoloniale.

* Professeur à l’Institut des études politiques de l’Université de Lyon.

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Creative Tunisia, levier de développement de l’artisanat en Tunisie

07. Mai 2026 um 07:17

Creative Tunisia, un projet de soutien au secteur de l’artisanat et du design en Tunisie à travers le renforcement des chaînes de valeur, a été clôturé lors d’une cérémonie officielle, le 5 mai 2026, au Palais des Congrès à Tunis.

Ce projet est financé par l’Union européenne (UE) et la Coopération italienne et mis en œuvre par l’Onudi en partenariat avec l’Office national de l’artisanat tunisien (Onat) dans le cadre du programme européen Tounes Wijhetouna.

La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de Sofiane Tekaya, ministre du Tourisme, ainsi que Rana Taha, coordonnatrice résidente des Nations Unies en Tunisie, Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’UE, Luigi Gentile, chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Leila Msellati, directrice générale de l’Onat et Lassaad Ben Hassine, représentant pays de l’Onudi.

Cet événement qui a réuni plus de 400 participants a été l’occasion de revenir sur les réalisations majeures du projet et de mettre en lumière son impact concret.

Les allocutions officielles ont souligné l’importance stratégique des industries culturelles et créatives dans le développement économique durable et inclusif de la Tunisie.

Les interventions ont unanimement salué le rôle structurant du projet Creative Tunisia dans la modernisation du secteur, le renforcement des capacités des artisans et l’amélioration de leur accès aux marchés.

Renforcement des capacités des artisans

Un temps fort de la soirée a été consacré à la présentation des résultats du projet, illustrés par une vidéo de capitalisation et l’intervention du chef de projet, Talel Sahmim. Cette séquence a permis de retracer les principales réalisations depuis 2019, notamment le développement d’une nouvelle approche de développement économique territoriale, le renforcement des capacités des artisans, designers et étudiants, la professionnalisation des entreprises, l’intégration de la culture du design, l’amélioration des infrastructures existantes et le développement de nouvelles opportunités commerciales.

Le projet a également introduit et consolidé des bonnes pratiques durables telles que la collaboration entre artisans et designers, la valorisation des produits, l’amélioration continue de la qualité, ainsi que des stratégies d’accès aux marchés nationaux et internationaux adaptées à chaque chaine de valeur.

Le projet Creative Tunisia a permis en chiffres de renforcer et structurer 17 chaînes de valeur, avec un ancrage territorial couvrant 18 gouvernorats. Il a également accompagné 18 associations actives dans les secteurs de l’artisanat et du design, contribué à la mise en place de 6 hubs créatifs, et bénéficié à plus de 3 000 acteurs, parmi lesquels artisans, designers, entreprises artisanales et étudiants.

L’événement a également mis en lumière des expériences concrètes à travers des focus thématiques, illustrant la pertinence de l’approche territoriale et collaborative du projet. Des témoignages de bénéficiaires ont permis de donner une dimension humaine à ces résultats, en partageant des parcours de transformation d’entreprises artisanales.

Vers la pérennisation des dynamiques enclenchées

La question de la durabilité des acquis a occupé une place centrale, avec un focus sur le rôle des hubs créatifs dans la pérennisation des dynamiques enclenchées. Ces espaces apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour accompagner l’innovation, favoriser les synergies entre acteurs et soutenir la compétitivité du secteur à long terme.

La cérémonie s’est conclue par un message de clôture de Providence Mavubi, directrice division Agro- business et développement infrastructure à l’Onudi, soulignant les perspectives futures et la nécessité de capitaliser sur les acquis du projet. Une remise symbolique de cadeaux aux partenaires a marqué la reconnaissance des contributions de chacun à la réussite de cette initiative.

En marge des temps officiels, les participants ont été invités à découvrir une exposition retraçant les réalisations du projet entre 2019 et 2026, à travers une sélection de produits artisanaux, ainsi que des supports visuels et audiovisuels.

Creative Tunisia s’impose aujourd’hui comme une référence en matière de valorisation de l’artisanat et du design, contribuant à renforcer l’attractivité et le rayonnement de la Tunisie sur les marchés nationaux et internationaux.

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La décarbonation, levier de compétitivité pour l’économie tunisienne

07. Mai 2026 um 06:58

La Tunisie a abrité, les 5 et 6 mai 2026, la 5e édition du CSR Power Forum, le Forum international de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Placée sous le thème «Décarbonation de l’entreprise : quelle stratégie mettre en œuvre pour repositionner l’économie tunisienne ?», cette édition a réuni des experts, des décideurs, des représentants d’entreprises et d’institutions financières, ainsi que des acteurs des secteurs public et privé. Les participants ont examiné les défis et les opportunités liés à la transition vers une économie sobre en carbone.

Samir Abdelhafidh, ministre de l’Économie et de la Planification, a déclaré : «Aujourd’hui, nous affirmons que la décarbonation de nos entreprises dépasse le simple choix environnemental. Elle est désormais une nécessité économique et une exigence stratégique. Elle constitue le levier fondamental pour renforcer notre compétitivité future et accroître notre résilience sur la scène du commerce international.» Il a ajouté que la Tunisie s’est résolument engagée sur la voie d’une économie sobre en carbone, fondée sur des réformes profondes qui placent le climat au cœur des politiques publiques. Cette trajectoire repose sur une vision à long terme à l’horizon 2050, l’élaboration d’un budget sensible au climat, l’incitation à l’investissement dans les énergies renouvelables et l’économie circulaire, ainsi que sur l’application du principe «pollueur-payeur».

Le ministre a également souligné que la réussite de cette transition nécessite à la fois de mobiliser le secteur financier par des instruments innovants  tels que les obligations vertes et d’instaurer des mécanismes de tarification du carbone ainsi que de déclaration des émissions. Il a appelé à une mobilisation collective renforcée, associant l’État, les entreprises, le secteur financier et les partenaires internationaux.

La Tunisie, en tant que pays signataire des principes directeurs des Nations unies et de l’OCDE en matière de conduite responsable des entreprises, est passée d’une logique d’initiatives dispersées à une politique intégrée et globale, a souligné M. Abdelhafidh, insistant sur le fait que la mobilisation des financements verts et le renforcement des capacités techniques constituent une priorité nationale pour la prochaine période. Seule une action collective élargie pourrait accélérer la transition vers une économie durable et sobre en carbone.

De son côté Manel Arfa, présidente du comité d’organisation de CSR Power Forum, a souligné l’importance croissante de cet événement comme un espace de dialogue et de réflexion collective sur l’avenir de la transition économique et environnementale. «Ce forum représente une plateforme de dialogue à la fois pratique et stratégique. Il réunit l’ensemble des acteurs concernés, grandes entreprises et PME, experts internationaux, représentants des secteurs publics et privé, institutions financières et partenaires techniques autour d’un objectif : élaborer une approche participative et globale, capable de convertir les défis climatiques en véritables opportunités de croissance, d’innovation et d’investissement durable», a-t-elle indiqué, et d’ajouter : «L’importance de cette manifestation tient à ce qu’elle ne se réduit pas à un échange d’opinions. Elle ambitionne, d’une part, de générer des solutions opérationnelles ; d’autre part, d’accompagner les processus de transition vers une économie sobre en carbone en développant des instruments pratiques ; enfin, de renforcer les partenariats entre l’ensemble des parties prenantes et de favoriser l’investissement responsable et durable.»

Mme Arfa a également rappelé que le forum offre un lieu de partage d’expériences concluantes et de mise en lumière d’initiatives originales dans le champ de la décarbonation, de l’efficacité énergétique et de l’économie circulaire, contribuant ainsi à sensibiliser les entreprises aux exigences de la période à venir, notamment en ce qui concerne les transformations profondes des marchés et des normes internationales.

Cette édition s’est distinguée par un programme dense incluant des débats et des ateliers appliqués traitant de la décarbonation, du financement vert et des normes ESG, ainsi que des espaces destinés au réseautage professionnel et à l’exposition de solutions novatrices

Elle a également mis l’accent sur les profonds changements liés à l’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et sur les nouvelles contraintes pesant sur l’industrie, plus particulièrement en termes d’exportations et de compétitivité à l’international.

À l’issue du forum, l’unanimité des participants s’est faite sur deux points : d’une part, la nécessité de poursuivre l’accompagnement des entreprises dans leur transition environnementale ; d’autre part, l’urgence de renforcer leurs capacités d’adaptation aux changements climatiques et économiques à l’échelle mondiale.

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Bhiri et Beldi condamnés à 20 ans de prison

06. Mai 2026 um 13:23

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de première instance de Tunis a prononcé mardi 4 mai 2026 des peines allant de 11 à 30 ans de prison dans l’affaire dite des passeports et de la nationalité, relative à la délivrance de passeports tunisiens à des étrangers.

Selon une source judiciaire citée par Diwan FM, l’ancien ministre de la Justice et dirigeant du mouvement Ennahdha, Noureddine Bhiri, et l’ancien responsable de la sécurité, Fathi Beldi, également dirigeant du parti islamiste, ont été condamnés à 20 ans de prison, deux prévenus jugés par contumace à 30 ans, et deux autres prévenus comparus en liberté à 11 ans.

La Chambre a également ordonné la radiation du nom de l’ancien Premier ministre Hamadi Jebali et de deux autres prévenus du dossier, suite à la demande de leurs avocats d’attendre l’issue de leur appel contre la décision de la Chambre d’accusation de les renvoyer devant la Chambre criminelle.

Les prévenus sont accusés d’avoir facilité et organisé l’entrée ou la sortie de personnes du territoire tunisien, légalement ou clandestinement, pour commettre un acte terroriste. Ils sont accusés notamment d’avoir délivré des documents officiels (carte d’identité, passeport…) au profit d’une organisation, d’un groupe terroriste ou de personnes liées à des réseaux terroristes.

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Le pèlerinage juif à Djerba attire 200 visiteurs étrangers à Djerba

06. Mai 2026 um 12:23

La «ziara» ou pèlerinage juif annuel à la synagogue Ghriba, sur l’île tunisienne de Djerba, s’achèvera demain, jeudi 6 mai 2026. Cet événement religieux majeur pour la communauté juive du Maghreb a été marqué cette année par un retour notable des fidèles après deux éditions plus modestes.

Selon René Trabelsi, ancien ministre du Tourisme et co-organisateur de l’événement, environ 200 pèlerins sont arrivés de l’étranger, alors que la participation ces deux dernières années s’était limitée à quelques dizaines de personnes.

Le pèlerinage, ouvert le 30 avril, coïncide avec la fête juive de Lag Ba’omer. Il connaît son apogée les 4 et 5 mai, avec des prières, l’allumage des bougies et les rites traditionnels à l’intérieur de la synagogue.

La Ghriba, située dans le village d’Erriadh, est considérée comme la plus ancienne synagogue d’Afrique et attirait autrefois des milliers de pèlerins d’Europe, d’Israël et d’autres communautés de la diaspora tunisienne.

L’édition 2026 a été présentée par les organisateurs comme un retour progressif à la normale, les activités étant limitées aux espaces intérieurs du sanctuaire.

Perez Trabelsi, président du comité d’organisation, a annoncé en avril que le pèlerinage serait «ouvert à tous», Tunisiens et étrangers, dans le cadre d’une reprise progressive du rythme habituel du pèlerinage. Cependant, la prudence reste de mise.

Le pèlerinage a été considérablement réduit après l’attaque de mai 2023, au cours de laquelle un officier de la Garde nationale a tué deux fidèles et trois membres des forces de sécurité près de la synagogue.

Perez Trabelsi a souligné que la participation reste inférieure aux niveaux d’avant 2023 et que les problèmes de sécurité n’étaient pas encore totalement résolus, tout en soulignant le renforcement des mesures de sécurité autour du site.

Djerba abrite toujours la plus grande partie de la communauté juive de Tunisie, soit aujourd’hui moins de 1 500 personnes, résidant pour la plupart sur l’île, contre des dizaines de milliers présentes dans le pays avant les départs massifs vers la France et Israël.

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Tunisie | Saïed répond à ceux qui évoquent sa succession    

06. Mai 2026 um 11:35

Suite à l’article du journal italien ‘‘Il Foglio’’ évoquant l’hypothèse d’une ère post-Kaïs Saïd, le président de la république a répondu, indirectement et sans nommer personne, aux rumeurs concernant ses potentiels successeurs, lors de sa rencontre, mardi 4 mai 2026, avec les présidents de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et districts.

«La gestion de l’État ne saurait se fonder sur des publications sur les réseaux sociaux ou des pages suspectes, ni sur la propagation de calomnies», a-t-il déclaré, selon un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence de la république.

Dans ce contexte, il a souligné «la concomitance entre certaines déclarations qui trahissent un état de confusion, d’impuissance et de faillite chez certains partis connus, qui persistent dans leurs illusions et misent sur un retour en arrière».

«Le peuple tunisien n’oubliera pas et n’acceptera aucun recul, mais aspire au contraire à construire son propre avenir grâce aux institutions constitutionnelles qu’il a mis en place par sa volonté lors du référendum», a conclu le président Saïed.

Rappelons que l’article d’Il Foglio ainsi pointé du doigt parle de la recherche d’une alternative à la direction de la Tunisie au sein de l’opposition, en citant même un homme d’affaires tuniso-italien, Kamel Ghribi, qui a commenté, lui aussi, dans un post Facebook, l’article du journal italien, et n’a pas démenti ses ambitions politiques. Au contraire… Il a publié ce commentaire qui se passe de tout commentaire : «Ma position n’a pas changé et ne changera pas. Ma main reste tendue à la Tunisie et ma volonté de participer à tout effort sincère visant à son progrès demeure inébranlable. Je ne nourris aucune rancune et ne recherche ni position ni avantage ; servir la Tunisie est pour moi un honneur.»

Il reste à savoir si cet homme jusque-là peu connu en Tunisie, en dehors de quelques cercles de l’élite des affaires, dispose de suffisamment de relais et de soutiens, à l’intérieur et à l’extérieur, pour pouvoir postuler à la magistrature suprême.

I. B.

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Les messages codés de Rome à Carthage

06. Mai 2026 um 10:26

L’article du journal ‘‘Il Foglio’’ (droite libérale) a suscité la polémique en Tunisie, non pas par sa force intrinsèque, mais parce que la scène politique tunisienne traverse une période de profond vide. Pour y remédier, il ne faut ni nier les faits ni recourir à des accusations de trahison, mais combler ce vide politique par de véritables alternatives nationales qui relégueront tout article étranger au rang de simple fait divers, et non d’événement fondateur.

Sami Jallouli *

J’ai lu les articles publiés dans le quotidien italien ‘‘Il Foglio’’ ces derniers jours et j’ai préféré attendre que la situation s’éclaircisse et que la vérité émerge de ce débat avant de formuler une opinion ou une analyse.

La parution de cet article dans un journal italien ne saurait être considérée comme arbitraire, surprenante, ni même comme une publicité déguisée, contrairement à ce que certains ont suggéré. L’Italie est le partenaire européen le plus concerné par la situation tunisienne, notamment en matière de migration et de stabilité économique.

Historiquement, la Tunisie et l’Italie partagent des préoccupations communes depuis l’époque de Carthage et de Rome ; tantôt l’Italie est préoccupée par nous, tantôt nous par elle.

Avant d’entrer dans les détails, convenons d’un point crucial : tout Tunisien, qu’il réside au pays ou à l’étranger, jouit de la plénitude de ses droits politiques, y compris le droit de se présenter à toute élection, municipale, législative ou présidentielle. Ce droit n’est pas une faveur accordée par quiconque ; c’est un droit constitutionnel. Réduire le processus démocratique à des accusations de trahison simplement parce qu’un nom apparaît dans des articles étrangers constitue une simplification excessive de l’action politique.

Apaiser les tensions

Je suis enclin à croire que la publication de cet article à ce moment précis, et la mention d’une personne en particulier (l’homme d’affaires tuniso-italien Kamel Ghribi, Ndlr), pourraient constituer une fuite de renseignements servant l’un des deux objectifs suivants : la première possibilité est que l’article ait servi à sonder l’opinion publique et le régime. Les puissances extérieures utilisent souvent la presse pour semer le trouble et observer les réactions. En fonction de ces réactions, des centres de recherche spécialisés évaluent la réaction du régime et le comportement de l’opinion publique, puis formulent des recommandations aux décideurs internationaux.

Il se peut que Kamel Ghribi ne soit pas la cible visée, mais plutôt une figure emblématique de l’économie et un homme aux réseaux transnationaux. C’est une personnalité qui séduit en temps de crise car il ne s’appuie pas sur la politique partisane traditionnelle et a accès aux finances publiques et à des réseaux d’influence internationaux.

La seconde possibilité est que l’article vise à provoquer un choc politique, forçant le régime en place à prendre conscience de la nécessité d’une véritable transparence face aux tensions actuelles et l’obligeant à modifier son comportement politique afin d’apaiser les tensions avant qu’il ne soit trop tard.

Une polémique effective

Depuis la publication de cet article, j’ai constaté que beaucoup s’interrogent sur l’intervention italienne. Il suffit de rappeler les circonstances de la transition de 1987. L’Italie et l’Algérie ont joué un rôle central dans l’orchestration de cette transition, l’objectif étant alors de sécuriser le gazoduc [reliant les deux pays via le territoire tunisien, Ndlr] et d’empêcher toute faction, dans le chaos ambiant, de le saboter.

Il est essentiel de comprendre que tant que le gazoduc transitera par la Tunisie, Rome conservera des intérêts vitaux dans le paysage politique tunisien. À l’inverse, le rôle de la France se résume souvent à une réaction tardive. Prise au dépourvu par les changements de régime de 1987 et 2011, la France n’a eu d’autre rôle que de saisir les opportunités et de participer aux arrangements post-transitionnels par le biais de nominations ponctuelles.

Si l’article d’‘‘Il Foglio’’ a suscité la polémique, ce n’est pas par sa force intrinsèque, mais parce que la scène politique tunisienne traverse une période de profond vide. Pour surmonter cette crise, il ne faut ni la nier ni recourir à des accusations de trahison, mais combler ce vide politique par de véritables alternatives nationales qui relégueront tout article étranger au rang de simple fait divers, et non d’événement fondateur.

Traduit de l’arabe.

* Conseiller juridique.

Qui est Kamel Ghribi ?

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D’Ormuz, la crise se déplacera-t-elle à Malacca ?

06. Mai 2026 um 09:38

Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont ravivé les inquiétudes quant à la vulnérabilité d’un autre point de passage maritime crucial situé à l’autre bout du monde en l’occurrence le détroit de Malacca. 

Imed Bahri

Bloomberg indique que le détroit de Malacca, étroit passage entre l’Indonésie et la Malaisie qui canalise le commerce via Singapour, assure plus d’un cinquième du commerce maritime mondial et constitue le point de passage le plus fréquenté au monde.

Ce détroit est depuis longtemps considéré comme une vulnérabilité stratégique, notamment pour la Chine qui en dépend fortement pour ses importations d’énergie. Il a fait l’objet d’une surveillance accrue après la fermeture de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran en réponse aux frappes militaires américaines et israéliennes.

Bien que le détroit de Malacca soit régi par des règles internationales garantissant la liberté de navigation, des inquiétudes sont apparues lorsqu’un haut responsable indonésien a brièvement évoqué la possibilité d’imposer des droits de transit. Les autorités de la région ont depuis confirmé que le détroit resterait ouvert et que le transit serait gratuit.

Cet incident souligne néanmoins la grande sensibilité du commerce mondial à toute perturbation sur l’une de ses voies maritimes les plus fréquentées.

Une voie maritime incontournable

Le détroit de Malacca est l’une des voies maritimes les plus importantes au monde, reliant l’océan Indien à la mer de Chine méridionale et à l’océan Pacifique.

Ce détroit s’étend sur environ 800 kilomètres entre l’île indonésienne de Sumatra et la péninsule malaise. Bordé par la Thaïlande au nord et Singapour à son entrée sud, il constitue la voie maritime la plus courte entre le Moyen-Orient et l’Asie de l’Est.

Cette caractéristique a fait du détroit de Malacca une voie maritime incontournable. Plus de 102 500 navires l’ont emprunté en 2025, contre environ 94 300 en 2024, selon le Département maritime malaisien.

Une grande variété de marchandises transitent par cette voie navigable, notamment le pétrole brut, le gaz naturel liquéfié, le charbon, l’huile de palme, le minerai de fer et les produits manufacturés.

Au premier semestre 2025, environ 23,2 millions de barils de pétrole par jour ont été transportés par le détroit, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), approvisionnant ainsi de grandes économies comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Ce chiffre dépasse les 20,9 millions de barils qui ont transité par le détroit d’Ormuz durant la même période.

Les attaques en augmentation

À son point le plus étroit, le détroit de Malacca ne mesure que 2,7 kilomètres de large, ce qui souligne sa vulnérabilité face à l’immense trafic maritime qui le traverse. Cela accroît le risque de collisions et d’échouements, notamment dans les zones les plus fréquentées. Même des perturbations mineures peuvent ralentir la navigation et augmenter les coûts de fret.

La piraterie et les vols à main armée constituent également une source d’inquiétude, les attaques étant en augmentation. On a recensé 108 incidents dans les détroits de Malacca et de Singapour en 2025. Bien que des itinéraires alternatifs existent à travers l’archipel indonésien, ils sont moins pratiques et plus difficiles à naviguer. Le détroit de la Sonde est peu profond par endroits et se situe dans une région volcanique active.

De plus, la route via les détroits de Lombok et de Macassar allonge considérablement le temps et augmente les coûts. Le trajet entre le port de Ras Tanura en Arabie saoudite et le Japon est plus de deux fois plus long que par le détroit de Malacca.

Une gestion coordonnée

Qui contrôle le détroit de Malacca?

L’Indonésie, la Malaisie et Singapour contrôlent conjointement le détroit et exercent leur souveraineté sur ses eaux territoriales qui s’étendent jusqu’à 12 milles marins de leurs côtes, en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Ces trois États côtiers ont établi un cadre tripartite en 1971 afin de coordonner la gestion du détroit de Malacca.

Parallèlement, le détroit de Malacca est classé comme détroit international, ce qui signifie que les navires et les aéronefs bénéficient d’un droit de transit, leur permettant de circuler librement et sans entrave.

En vertu du droit international, les États côtiers ne peuvent ni suspendre le transit ni imposer de droits de passage aux navires mais la facturation de services spécifiques est autorisée. Les trois pays concernés ainsi que la Thaïlande coordonnent étroitement leurs efforts en matière de sécurité, notamment la lutte contre la piraterie et les patrouilles conjointes.

Bien qu’aucun pays ne contrôle pleinement le détroit, sa situation géographique lui confère un pouvoir considérable sur l’une des routes commerciales les plus importantes au monde.

Des inquiétudes croissantes ?

Les menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz ont mis en lumière la rapidité avec laquelle des voies navigables étroites et vitales peuvent devenir des points chauds géopolitiques et un fardeau pour l’économie mondiale.

Le ministre indonésien des Finances Purbayo Yudhi Sadiwa, a évoqué la possibilité d’imposer des droits de passage aux navires traversant le détroit suite à la décision de l’Iran d’instaurer des droits similaires. Il a toutefois rapidement renoncé à cette idée.

Le ministère indonésien de la Défense examine également une proposition américaine visant à autoriser les avions militaires à survoler l’espace aérien indonésien, une mesure qui suscite une forte opposition au sein de l’armée, notamment en raison de préoccupations liées à la souveraineté nationale.

Singapour a réagi promptement, insistant sur la nécessité de maintenir le détroit ouvert et accessible à la navigation internationale. La Malaisie a également souligné l’importance de garantir un passage sans entrave, reflétant l’intérêt commun des nations côtières à préserver la fluidité du trafic maritime.

La crise du détroit d’Ormuz a incité la Thaïlande, située au nord-est du détroit de Malacca, à se recentrer sur son objectif à long terme de construction d’un «pont terrestre» reliant les réseaux routier et ferroviaire à travers sa péninsule méridionale. Ce projet permettrait de contourner le détroit et de réduire les temps de transit mais il est considéré comme extrêmement complexe sur les plans logistique et financier.

Un détroit important pour la Chine

La Chine figure parmi les pays les plus exposés aux risques liés au détroit de Malacca. Premier importateur mondial de pétrole, elle dépend largement du transport maritime pour ses approvisionnements qui transitent par ce passage.

Cette vulnérabilité a incité la Chine à intensifier ses efforts de diversification de ses voies d’approvisionnement, notamment par la construction d’oléoducs et de gazoducs depuis l’Asie centrale et la Russie ainsi que par des investissements dans des itinéraires alternatifs dans le cadre de son initiative «la Ceinture et la Route» (Belt and Road Initiative lancée en 2013) y compris via le Myanmar.

Cependant, les voies maritimes demeurent essentielles à l’économie chinoise, ce qui la rend extrêmement sensible à toute perturbation dans le détroit de Malacca.

Les dirigeants chinois considèrent depuis longtemps ce détroit comme une vulnérabilité stratégique en cas de conflit, un problème communément appelé «dilemme de Malacca», une expression popularisée sous la présidence de Hu Jintao au début des années 2000.

La situation est encore compliquée par les revendications territoriales contestées en mer de Chine méridionale voisine et par la compétition stratégique entre Pékin et Washington pour l’influence maritime dans la région.

Ces voies navigables d’Asie du Sud-Est sont utilisées pour des transbordements de pétrole entre navires par la «flotte parallèle» iranienne qui transporte clandestinement du pétrole pour contourner les sanctions. Une grande partie de ce pétrole est ensuite acheminée vers les marchés asiatiques, notamment la Chine.

Le chef d’état-major des armées des États-Unis Dan Caine a déclaré ce mois-ci que les forces américaines «poursuivraient avec vigueur» les navires tentant d’apporter un soutien matériel à l’Iran, y compris ceux transportant du pétrole iranien.

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‘‘Résonance croisée’’ | Salma Mbarek murmure ce que l’on ne dit pas

06. Mai 2026 um 08:26

Avec son exposition intitulée ‘‘Résonance croisée’’, qui se tient depuis le 23 avril 2026 à l’espace Hedi Turki (50 Avenue Charles Nicole, Cité Mahrajène, Ariana), Salma Mbarek invite le spectateur à entrer dans un espace subtil, où émotions, tensions et silences prennent forme. Une exposition à ressentir autant qu’à regarder.

Manel Albouchi

En Tunisie, presque toute rencontre commence de la même manière : «Ça va ?». «Oui, ça va. Et toi ?». «Ça va.» Un échange fluide, presque automatique, un rituel social qui maintient le lien et évite le malaise. Mais ce «ça va» ne décrit pas un état. Il régule une relation. Et derrière cette simplicité apparente, quelque chose reste souvent en suspens.

C’est précisément dans cet espace – entre ce qui se dit et ce qui se retient – que s’inscrit «Résonance croisée», la dernière exposition de Salma Mbarek. L’artiste y développe une recherche autour de la résonance : ce qui circule entre les êtres, ce qui persiste au-delà des formes visibles, ce qui se transmet sans toujours se dire. Son travail ne cherche pas à démontrer, mais à laisser une empreinte «comme un parfum dont le sillage demeure», selon ses propres mots.

Les œuvres vibrent d’une tension douce. Le corps apparaît calme, presque trop. Lisse, contenu, maîtrisé : il ne déborde pas, il ne s’effondre pas non plus. Il collabore, il s’adapte. Un corps contemporain. Un corps qui a appris à contenir non pas seulement pour s’ajuster, mais pour rester acceptable.

Le corps ambigu

Dans une société où l’équilibre est fragile, où les rôles sont multiples et les attentes implicites mais puissantes, le corps devient un lieu de régulation. Il tient. Mais tenir a un coût. Ce qui se joue ici n’est pas seulement esthétique : c’est le coût psychique de l’adaptation.

Alors, que devient ce qui ne trouve plus de place ? Le désir, lui, ne disparaît pas. Il est déplacé. Il apparaît ailleurs, sous forme de sphère, de souffle, de ballon suspendu. Externalisé pour ne pas compromettre l’équilibre du lien. Dans certaines œuvres, une corde relie le corps à cet élément fragile. Le geste reste ambigu : tenir… ou être retenu.

Une couleur traverse l’ensemble : le bleu. Un bleu dense, enveloppant, qui n’apaise pas tout à fait. Un bleu qui retient. Comme un climat intérieur partagé fait de contrôle, de retenue, et d’une fatigue qui ne dit pas son nom.

Le visage, dans sa transformation, prolonge cette tension. Entre expression et ajustement, il se modifie, s’étire, se discipline. Il ne s’agit pas d’un masque au sens théâtral, mais d’une adaptation plus fine : celle d’un visage qui apprend à tenir dans le lien, à devenir fonctionnel.

Une cartographie intérieure

Dans de nombreux contextes – familiaux, sociaux, professionnels – cette adaptation est valorisée. Mais elle a un prix : celui d’un écart croissant entre ce que l’on montre et ce que l’on vit. Ce qui semble stable est parfois simplement contenu. Ce qui paraît maîtrisé peut être profondément retenu.

Au fond de l’exposition, un mur capte l’attention : un assemblage de fragments, un patchwork d’images qui ne s’unifient jamais complètement. Ce «mur de résonance» agit comme une cartographie intérieure. Chaque fragment porte un affect, une pluralité d’états, une tentative de maintenir ensemble ce qui, au fond, ne l’est plus tout à fait.

Avec ‘‘Résonance croisée’’, Salma Mbarek propose une expérience plus qu’un discours : une traversée silencieuse de ce que beaucoup vivent sans nécessairement le formuler.

Dans les espaces thérapeutiques, cette même dynamique apparaît avec insistance : des sujets engagés, responsables, capables de tenir mais traversés par une fatigue diffuse. Ils ne parlent pas d’effondrement. Ils parlent d’un décalage. Un décalage entre ce qu’ils donnent et ce qu’ils reçoivent, entre ce qu’ils montrent et ce qu’ils vivent. Et souvent, tout cela tient en deux petits mots : «Ça va.»

Résonance croisée agit lentement. Elle ne cherche pas à convaincre. Elle installe une sensation persistante, qui accompagne le visiteur au-delà de l’espace d’exposition. On entre pour regarder. On reste pour ressentir.

Et en sortant, une question demeure – discrète mais tenace – : à force de tenir, que laissons-nous en suspens ?

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Le bain de sang automobile en Chine continue

06. Mai 2026 um 07:44

Alors que les constructeurs chinois de véhicules électriques se déchirent dans une compétition sanguinaire, les constructeurs américains, japonais et allemands n’ont plus qu’à hisser le drapeau blanc. Cet article d’Asia Times offre une plongée dans le «bain de sang» automobile chinois. Il décrit, de l’intérieur, la guerre des prix et la surenchère technologique qui opposent les constructeurs chinois sur leur propre marché. Il montre aussi comment cette bataille, loin de les affaiblir, les projette à l’assaut du monde, sous pavillon chinois ou sous des marques étrangères de plus en plus dépendantes de leurs briques technologiques.

Han Feizi

Cette analyse de terrain fait écho à ce que les analystes appellent la «BYD-isation», définie  comme une reconfiguration des règles du jeu industriel mondial, fondée sur huit mécanismes : intégration verticale, effet de ciseau, accélération des cycles, diffusion des standards chinois, substitution technologique, utilisation du marché intérieur comme tremplin, coordination avec les priorités publiques et proposition de systèmes complets. Volkswagen, Nissan, Honda et Renault adoptent ces méthodes et deviennent les vecteurs de cette nouvelle norme. Et derrière l’automobile, c’est la guerre des écosystèmes logiciels (HarmonyOS, IA embarquée, cloud, données) qui se joue. L’Europe, entre sidération technocratique et adaptation industrielle, a du mal à affronter cette lame de fond.

L’article d’Asia Times est un reportage brut sur le vécu du terrain en direct du salon automobile chinois 2026. Il décrit, sans la nommer ainsi, la «BYD-isation» en action. Les suspensions actives, les batteries flash, la conduite autonome, les intérieurs saturés d’écrans, les exportations massives, la supériorité en ingénierie : tout y est. Et sa conclusion — «maybe USA, Europe and Japan are just not meant to make cars» (Peut-être que les USA, l’Europe et le Japon ne sont tout simplement pas faits pour fabriquer des voitures) — résonne comme un diagnostic implacable.

Un salon démesuré pour une bataille sans merci

Après avoir assisté au salon Auto China 2024 à Pékin, l’auteur de ces lignes déclarait que «le sport de combat industriel était de retour – cette fois sur un ring bien plus vaste et avec des enjeux bien plus élevés. La Chine rejoue les guerres de la moto japonaise, mais avec des voitures. Ce sera sanglant et cela révolutionnera ce qu’une voiture peut être».

Le salon de Pékin 2024 s’était tenu au Centre d’Exposition International de Chine, site de Sunyi, d’une superficie de 106 800 m². L’édition 2026, qui s’est tenue à Pékin du 24 avril au 3 mai, occupe ce même site ainsi que le tout nouveau Centre International d’Exposition et de Congrès de la capitale, une surface de 210 000 m² construite juste à côté.

Déjà trop copieux pour être absorbé en une seule journée en 2024, le méga-salon de cette année s’étale sur une surface d’exposition trois fois plus grande. 1 451 véhicules sont exposés, contre environ 1 000 il y a deux ans. 181 nouveaux modèles ont été lancés, contre 117 en 2024.

Le «Battle Royale» (combat à mort) qui fait rage dans l’industrie automobile chinoise, où il faut tuer ou être tué, n’a fait que s’intensifier. Le gouvernement supprime progressivement les exonérations de la taxe à l’achat sur les véhicules électriques (VE) : réduction de 50 % en 2026 et élimination totale en 2027. Conséquence : les ventes intérieures de voitures ont chuté de 20,3 % au premier trimestre 2026, mais les exportations ont bondi de 57 %, compensant largement le manque à gagner.

Leaders chahutés, chasse aux fournisseurs

D’innombrables intrigues parcourent ce drame sanglant qu’est la première industrie automobile mondiale. Nous ne pouvons ici tirer que quelques fils. La concurrence sur le marché automobile chinois est devenue toujours plus féroce, avec pour principales armes du crime la guerre des prix et la guerre technologique. Le champ de bataille est mouvant. Les vainqueurs d’hier peuvent être dépassés, et les perdants d’aujourd’hui sont à un lancement de modèle près de ressusciter.

Ces deux dernières années, le leader du secteur BYD a trébuché, plombé par des produits peu inspirés et par l’intervention des régulateurs venus au secours de fournisseurs étranglés. Bien que possédant la chaîne d’approvisionnement la plus intégrée verticalement et la gamme de produits la plus diversifiée, les voitures BYD ont été éclipsées sur les segments premium par les offres de NIO, Xiaomi, XPeng et Huawei, et surpassées par Geely, Chery, Changan et Leapmotor dans la guerre des prix des modèles grand public.

Les régulateurs ont mis fin aux pratiques financières douteuses de BYD en exigeant que les fournisseurs soient payés sous 60 jours (au lieu de délais abusifs de 140 à 180 jours), réduisant ainsi le fonds de roulement et freinant l’expansion effrénée de l’entreprise.

BYD : l’export et la batterie comme planche de salut

Il serait bien sûr erroné d’enterrer BYD, dont les investissements stratégiques de long terme devraient bientôt porter leurs fruits. L’entreprise a investi il y a des années dans son infrastructure d’exportation avec huit navires rouliers (RoRo, roll-on/roll-off : navires spécialisés dans le transport de véhicules) lui appartenant en propre, et sept autres en construction [À titre d’exemple, les RoRo BYD Explorer No.1 et BYD Changzhou ont une capacité qui se situe entre 5 000 et 7 000 véhicules, et le BYD Shenzhen transporte jusqu’à 9 200 véhicules, NdT].

Les exportations, dont les marges sont six fois supérieures aux ventes intérieures, ont bondi de 145 % en 2025, atteignant 1,05 million de véhicules (23 % du total). Les exportations 2026 de BYD sont en passe de dépasser l’objectif de 1,5 million d’unités, avec une hausse de 60 % en glissement annuel sur janvier-avril 2026.

BYD a récemment lancé sa batterie Blade de deuxième génération, dont la recharge «flash» de 1 500 kW permet de passer de 10 % à 70 % de charge en 5 minutes et de 10 % à 97 % en 10 minutes. BYD a promis de construire 20 000 stations de recharge flash d’ici la fin de l’année. Le déploiement national de la recharge rapide éliminera l’anxiété d’autonomie pour les possesseurs de BYD, l’un des derniers points douloureux des VE.

Les batteries, qui représentent encore 30 à 50 % du prix d’un VE, demeurent une technologie de pointe offrant de multiples axes de compétition susceptibles de tout changer. La recharge rapide deviendra probablement un prérequis de base à mesure que BYD, CATL et leurs concurrents proposeront leurs propres versions.

La technologie sodium-ion de CATL pourrait réduire de moitié le prix des batteries. Les batteries tout-solide, le Saint Graal, promettent d’être non-inflammables, de doubler l’autonomie, de réduire le poids et de coûter moins cher. Les chercheurs chinois signent 66 % des articles les plus cités au monde sur les batteries. Les USA sont en deuxième position, à 12 %.

La surenchère technologique : puissance, silence, confort

En 2024, les entreprises chinoises de VE se livraient la guerre du «bling-bling» intérieur, saturant les voitures d’écrans tactiles, de sièges massants, de cuir nappa, de chargeurs sans fil et de réfrigérateurs. La guerre de la puissance suit aujourd’hui une trajectoire similaire.

Le VE moyen en Chine dispose désormais de plus de 270 chevaux, contre 150 pour les voitures à moteur thermique. L’accélération, ou «reprise», est un facteur de différenciation fondamental pour les moteurs à combustion, immédiatement perceptible au feu vert, en s’insérant dans la circulation ou en s’engageant sur l’autoroute.

Une accélération vive (environ 200 chevaux) est aujourd’hui attendue pour un VE. Les 500 chevaux, autrefois apanage de sportives européennes exotiques, deviennent une option de mise à niveau sur de nombreux modèles grand public. Les VE chinois haut de gamme proposent des puissances démentielles de 1 000 à 1 500 chevaux. Une bonne reprise instantanée, c’est agréable. Arracher le bitume avec plus de 1 000 chevaux, c’est de la surenchère, au même titre que les intérieurs bardés d’une demi-douzaine d’écrans tactiles et de systèmes karaoké.

L’accélération étant un problème «résolu», les ingénieurs automobiles chinois se sont tournés vers d’autres défis plus concrets. Les VE chinois présentent désormais un niveau de bruit, de vibration et de rudesse (NVH, pour Noise, Vibration, Harshness) nettement réduit, améliorant significativement l’expérience du conducteur et des passagers.

La course à la réduction des NVH a été lancée par Li Auto, dont les habitacles silencieux et le fonctionnement velouté ont ancré sa perception haut de gamme. Les constructeurs chinois abordent le NVH de manière globale, en scrutant chaque composant pour réduire les NVH plutôt qu’en se contentant d’une lourde isolation.

Les moteurs électriques sont conçus pour atténuer leur sifflement. Les systèmes électriques utilisent la modulation de largeur d’impulsion (PWM) pour minimiser le bruit acoustique. Les châssis sont moulés d’une seule pièce pour éliminer rivets et soudures propices aux vibrations. Les vitres font appel à du verre feuilleté multicouche intégrant du polybutyral de vinyle (PVB) pour atténuer le bruit extérieur.

Des bagues hydrauliques remplacent le caoutchouc pour réduire les chocs haute fréquence venant de la route. Les bruits intérieurs sont activement annulés par des haut-parleurs couplés à des microphones de captation. Voilà quelques-unes des prouesses d’ingénierie qui confèrent aujourd’hui aux VE chinois grand public une sensation premium de faible NVH.

Suspensions actives : la voiture qui fait des pompes

Les suspensions sophistiquées deviennent elles aussi omniprésentes. Différents niveaux de cette technologie sont disponibles, allant du contrôle continu d’amortissement (CDC) aux suspensions pneumatiques, jusqu’aux systèmes entièrement actifs. Le CDC, proposé sur des modèles grand public de BYD, Geely (via Zeekr), Dongfeng (Voyah) et Changan (Deepal) entre autres, est un amortisseur à pilotage électronique qui ajuste la force d’amortissement en temps réel pour optimiser confort, tenue de route et sécurité.

Le niveau au-dessus est la suspension pneumatique, qui utilise des coussins d’air à commande électronique à la place des ressorts mécaniques. Les suspensions pneumatiques, proposées sur la plupart des modèles premium et sur certains modèles grand public de BYD (Denza), NIO, Li Auto, XPeng et Huawei (AITO), peuvent ajuster la hauteur selon la vitesse et l’état de la route, maintenir le niveau en cas de chargement asymétrique et offrir une conduite bien plus souple.

Le nec plus ultra est la suspension entièrement active, actuellement utilisée sur les modèles amiraux NIO, BYD (YangWang) et Li Auto. Alors que le CDC et les suspensions pneumatiques sont réactifs, la suspension entièrement active utilise des circuits hydrauliques pour annuler les mouvements verticaux des roues, éliminant quasiment bosses et ondulations. Le système supprime le tangage à l’accélération, le plongeon au freinage et le roulis en virage. Il exécute aussi des facéties comme sauter par-dessus les nids-de-poule, danser en musique et faire… des pompes. Oui, des pompes.

Conduite autonome : tous les niveaux au combat

Actuellement, environ 80 % des VE chinois sont équipés d’un certain niveau de capacité de conduite autonome. 40 à 45 % proposent le niveau 2 de base (régulateur de vitesse adaptatif ACC, maintien dans la voie, freinage automatique), 20 à 25 % offrent le niveau L2+ (conduite autonome sur autoroute avec navigation NOA, changement de voie automatique, gestion des bretelles), 11 à 19 % proposent le L2++ (conduite autonome urbaine complète NOA) et deux modèles (Arcfox utilisant le système Huawei ADS et Changan avec son système propriétaire Tianji) offrent le niveau L3 (conduite « yeux décollés », la responsabilité légale incombant à la voiture) sur des voies express spécifiquement approuvées. Des robotaxis sans conducteur de niveau L4 sont testés dans plusieurs villes.

L’inévitable saignée : 40 survivants, c’est encore trop

Nous savons tous comment cette Battle Royale se terminera. Les entreprises chinoises de VE vont s’entretuer à coups de brio technologique et de guerres des prix sauvages. La vague d’élimination a déjà commencé.

Selon le Wall Street Journal, il y avait 487 constructeurs chinois de VE en 2018, au plus fort de la ruée vers l’or. La plupart n’étaient pas des acteurs sérieux et ont été rapidement éliminés. Aujourd’hui, il reste environ 40 combattants aguerris produisant des volumes significatifs. C’est probablement 30 de trop.

Avant que ces 30 ne soient éliminés, beaucoup exportent le massacre à l’étranger. La Chine a exporté 7,1 millions de véhicules en 2025 (contre 4,4 millions pour le Japon et 3,2 millions pour l’Allemagne), contre 1 million en 2020. De plus, les constructeurs chinois ont produit 900 000 véhicules dans des usines à l’étranger, contre 190 000 en 2020. Les exportations automobiles chinoises en 2026 approcheront probablement les 10 millions d’unités, avec 1,7 million d’unités supplémentaires produites dans des usines hors de Chine.

Avance chinoise : une question de rythme et d’ingénieurs

Les constructeurs chinois développent de nouveaux modèles deux à trois fois plus vite que les usaméricains, japonais et européens. Y compris Tesla, dont la gamme squelettique et dépassée a conduit l’entreprise à bouder le circuit des salons automobiles chinois ces dernières années. L’écosystème très dense de fournisseurs chinois confère également aux fabricants locaux un avantage de coût de 20 à 30 %.

Au-delà de la rapidité et du coût, les VE chinois sont tout simplement meilleurs. Ils ont fait bouger les lignes et rien de comparable ne vient du reste du monde – y compris de Tesla. Les PDG de Ford, Toyota et Honda ont déclaré que la menace posée par les constructeurs chinois de VE était existentielle. YouTube regorge de comparatifs embarrassants opposant les nouveaux VE chinois à leurs homologues allemands surclassés et deux fois plus chers.

Il est difficile de savoir ce qu’il faudrait faire. Il est difficile de savoir ce qui peut être fait. Fondamentalement, c’est une histoire de capital humain. La Chine diplôme environ 2,5 fois plus d’ingénieurs que les USA, l’UE et le Japon réunis. La main-d’œuvre d’ingénierie chinoise va au moins doubler d’ici 2050, tandis que celles des USA, de l’UE et du Japon resteront quasiment inchangées. Les emplois chez BYD, Geely, NIO et Xiaomi sont prestigieux et très convoités par les diplômés des meilleures universités chinoises. Chez Ford et GM… beaucoup moins. Les avantages de la Chine ne feront que s’accroître.

Protectionnisme sans capital humain : l’erreur fatale

Certaines économies ne sont tout simplement pas faites pour produire des voitures, pour une raison ou une autre. Les USA le prouvent depuis plus de 60 ans, leur industrie automobile étant maintenue sous perfusion : de la «chicken tax» (taxe de 25 % sur les camionnettes importées) au renflouement de Chrysler, en passant par les restrictions «volontaires» d’exportation imposées au Japon, le nouveau sauvetage de GM et Chrysler, les crédits carbone pour Tesla, jusqu’aux droits de douane de 100 % sur les voitures chinoises.

Certes, l’industrie chinoise du VE a elle aussi bénéficié de généreuses subventions publiques. La différence, c’est que les constructeurs chinois de VE ont livré des produits fabuleux à des prix en baisse continue, tandis que les USAméricains vendent les mêmes vieux tacots à des prix toujours plus élevés, les actionnaires recevant rachats d’actions et dividendes généreux.

Selon l’économie classique – que l’âme de David Ricardo repose en paix –, rien de tout cela ne pose problème. Si les USA sont surclassés dans l’automobile, ils possèdent des poches d’excellence en IA, aviation commerciale, lancement spatial et pharmacie. L’UE et le Japon excellent dans les machines-outils, la lithographie EUV, les robots industriels et les pièces de précision. Le commerce profite à tous.

Malheureusement, ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons. Plus malheureusement encore, les protectionnistes se trompent de cible. Les politiques industrielles protectionnistes ont fonctionné en Chine (ainsi qu’au Japon et en Corée) parce qu’elles s’appuyaient au final sur la montée en gamme du capital humain.

Des industries peuvent être hissées vers une compétitivité mondiale si le réservoir de talents existe. Les politiques protectionnistes qui n’investissent pas dans le capital humain sont contre-productives. Elles maintiennent des industries zombies juste assez en vie pour siphonner continuellement des ressources.

L’USAmérique condamnée aux pick-up hors de prix

L’Occident doit choisir ses combats et les mener avec discernement. Peut-être que l’USAmérique, l’Europe et le Japon ne sont tout simplement pas destinés à fabriquer des voitures. Peut-être que l’échelle industrielle d’un secteur automobile est cruciale pour la sécurité nationale. Quoi qu’il en soit, maintenir une industrie obsolète sous perfusion sans s’attaquer à la racine du problème est coûteux et contre-productif.

Sans un afflux massif de main-d’œuvre d’ingénierie en USAmérique, Ford, GM et ce qui reste de Chrysler continueront à clopiner dans un marché protégé des Galápagos, vendant des pick-up tape-à-l’œil et dépassés à des prix stratosphériques. La crise de l’accessibilité automobile persistera, sans offre décente en dessous de 30 000 $.

Les USAméricains attendant que l’USAmérique redevienne grande se demanderont pourquoi ils ne peuvent pas avoir de belles choses, en faisant défiler sur TikTok des vidéos de véhicules électriques chinois à transmission intégrale de 500 chevaux, bardés d’écrans tactiles, de réfrigérateurs, de suspensions pneumatiques et de conduite autonome NOA, pour 30 000 $ (Onvo L90, Lynk 10 EM-P, Voyah FREE, Starway Ex7).

Source : Asia Times. Traduction : Fausto Giudice.

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La Marsa | Evacuation immédiate de Kobbet El Haoua

05. Mai 2026 um 13:13

La municipalité de Marsa a décidé l’évacuation complète et immédiate du bâtiment Kobbet El Haoua situé dans le domaine maritime public de la commune, aux frais et sous la responsabilité de ses propriétaires. Elle sera effectuée par les agents du district de la sûreté de cette ville balnéaire au nord-est de Tunis.

La décision en date du 29 avril 2026 est dictée par l’état de délabrement avancé de ce bâtiment menaçant ruine.  

La fameuse coupole ornant la plage de la Marsa, classée comme monument historique, était utilisée par les beys de Tunis. Elle leur servait de lieu de villégiature et de bain pour les femmes du harem, leur permettant de se baigner sans être vues.

De style mauresque, elle est célèbre pour sa structure unique les pieds dans l’eau, offrant une vue imprenable sur la mer.

Après l’indépendance, elle a été cédée à l’État, puis a abrité des restaurants et des clubs, mais est restée longtemps fermée. Elle est aujourd’hui la propriété des héritiers de la famille Belrachid.

I. B.  

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L’Utica accueille le Water Expo Salon Tunisia

05. Mai 2026 um 12:48

La 6e édition du Water Expo Tunisia, le salon international dédié aux technologies de l’eau, s’est ouvert ce mardi 5 mai 2026 et se poursuivra jusqu’au 7 jeudi mai au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica).

Ce salon, placé sous l’égide du ministère de l’Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche, est organisé en partenariat avec le Centre de recherche et des technologies des eaux (Certe) et l’Institut national de la recherche en génie rural, eaux et forêts (Inrgref).

Il présentera des projets de pointe, des expériences et des technologies modernes dans le secteur de l’eau, répondant aux défis posés par le changement climatique et son impact croissant sur les ressources en eau. Ainsi que des solutions innovantes pour relever les défis actuels.

Cette édition bénéficiera d’une importante participation internationale, notamment de la Chine, de la Turquie, de la France et de plusieurs autres pays partenaires, favorisant ainsi l’échange d’expertise et de bonnes pratiques dans le domaine. Elle comprend un riche programme scientifique organisé sous le thème : «Les eaux pour la nature, la société et le progrès», avec la participation d’un groupe restreint d’experts universitaires et d’institutions de premier plan du secteur.

Ce sera aussi l’occasion de présenter les dernières technologies dans le domaine de l’exploration de l’eau et de lancer un centre d’analyse des sols et de l’eau, qui permettrait aux agriculteurs et aux industriels d’obtenir instantanément et gratuitement les résultats d’analyse.

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Mardi, date limite pour payer la taxe des voitures de location

05. Mai 2026 um 11:31

Le mardi 5 mai 2026 est la date limite pour le paiement de la taxe de circulation routière (ou vignette auto) relative aux véhicules de location ou acquis en location avec option d’achat.

Le calendrier fiscal de mai 2026, publié par la Direction générale des impôts du ministère des Finances, comprend cinq échéances pour le respect des obligations fiscales et le paiement des taxes pour différentes catégories de contribuables.

Ces échéances sont les suivantes :

• 15 mai : date limite pour le dépôt de la déclaration mensuelle d’impôt des particuliers ;

• 20 mai : date limite pour le dépôt de la déclaration mensuelle d’impôt des personnes morales inscrites au système de déclaration et de paiement en ligne ;

• 25 mai : date limite pour le dépôt de la déclaration annuelle d’impôt sur le revenu des industriels, des prestataires de services et des professions libérales, y compris ceux soumis au régime d’acompte provisionnel ;

• 28 mai : date limite pour le dépôt de la déclaration mensuelle d’impôt des personnes morales non soumises au système de déclaration et de paiement en ligne.

La Direction générale des impôts a précisé que ces dates correspondent au «dernier jour du délai légal» de dépôt des déclarations fiscales, et non à la seule date limite de dépôt. Elle a exhorté les contribuables à déposer leurs déclarations dans les jours précédant ces échéances afin d’éviter l’affluence dans les centres des impôts et de ne pas surcharger le système informatique en fin de journée.

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La condamnation de Halima Ben Ali à 6 ans de prison confirmée en appel

05. Mai 2026 um 11:12

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière de la Cour d’appel de Tunis a confirmé le jugement de première instance condamnant Halima Ben Ali, la fille de l’ancien président Zine El-Abidine Ben Ali, à six ans de prison et à une amende.

Halima Ben Ali, qui réside en France, avait été condamnée en première instance à la même peine pour des faits de malversations financières, indique Diwan FM.

Rappelons que le 1er avril dernier, la Cour d’appel de Paris s’était prononcée contre l’extradition de la fille de l’ancien président vers la Tunisie. Son avocate, Me Samia Maktouf, avait plaidé contre son extradition, affirmant qu’un retour forcé dans son pays d’origine équivaudrait à «une condamnation à mort». La cour avait également ordonné la levée immédiate de son contrôle judiciaire.

I. B.

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Le fricassé honore la cuisine tunisienne à l’international

05. Mai 2026 um 10:55

Le fricassé tunisien, l’un des symboles les plus emblématiques de la cuisine tunisienne, figure dans la sélection des 25 meilleurs sandwichs au monde publiée par CNN Style.

Dans cette liste, dévoilée par CNN Newssource, ce petit sandwich tunisien frit côtoie des spécialités internationales telles que le bánh mì vietnamien, le shawarma du Moyen-Orient, le tramezzino italien, le pan bagnat français, le chivito uruguayen et le lobster roll américain.

Selon la description de la sélection, le fricassé est un petit pain levé frit, fourré d’une savoureuse garniture de thon, de pommes de terre et d’œuf dur.

La version la plus populaire est souvent agrémentée d’olives noires, de citron confit et de harissa, une sauce piquante à base de piments rouges séchés, d’ail, de capres et d’épices comme le cumin, la coriandre et le carvi.

Cette reconnaissance internationale confirme l’importance de la cuisine de rue tunisienne comme élément populaire et distinctif de l’identité nationale.

Vendu dans les kiosques, les petits restaurants rapides, près des marchés, dans les stations balnéaires et dans les rues des quartiers populaires, le fricassé reste un produit accessible et polyvalent, consommé aussi bien comme en-cas que comme repas rapide. Sa force réside dans sa simplicité, son prix abordable, ses saveurs intenses et sa reconnaissance immédiate.

Pour la Tunisie, la présence du fricassé dans une sélection internationale comme celle de CNN a une valeur qui dépasse la simple dimension gastronomique ; c’est aussi une forme de promotion culturelle indirecte, liée à un plat du quotidien plutôt qu’à la cuisine de restaurant.

En effet, le fricassé est le reflet d’une facette de la société tunisienne : les traditions familiales, les pauses au travail, les sorties en famille, les pique-niques, la plage et la convivialité décontractée des villes.

La reconnaissance internationale du pain frit tunisien renforce ainsi l’image d’une cuisine nationale capable de s’affirmer non seulement à travers des plats célèbres comme le couscous, le brik, le lablabi ou l’ojja, mais aussi à travers des préparations populaires et économiques profondément ancrées dans la mémoire collective.

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Un Centre d’excellence pour des systèmes oasiens à Tozeur

05. Mai 2026 um 09:10

Le Centre d’excellence des oasis abrité par le bureau de la FAO pour l’Afrique du Nord en Tunisie, organise du 4 au 6 mai 2026 un atelier à Tozeur qui réunit des représentants institutionnels, des acteurs professionnels, des organisations du secteur ainsi que les points focaux GEF, afin de mener des consultations stratégiques sur la promotion de systèmes oasiens durables, inclusifs et résilients dans la région du Maghreb.

Ce Centre d’excellence des oasis s’impose comme une initiative clé pour la préservation et le développement durable des écosystèmes oasiens.

Il vise à renforcer les capacités locales, soutenir l’emploi rural et réduire la vulnérabilité des populations dans des zones arides fragiles.

Véritables laboratoires d’innovation, les oasis y sont promues comme espaces pilotes pour l’agroécologie, la gestion durable de l’eau et l’adaptation climatique.

Le Centre favorise enfin la coordination des acteurs pour plaidoyer l’importance de ces écosystèmes et leurs communautés aux niveaux national et multilatéral.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre d’un nouveau projet intitulé «Soutenir la protection des systèmes oasiens en Afrique du Nord et promouvoir leur développement durable», financé par la FAO.

Il constitue une étape clé dans la structuration d’une vision partagée dans la mise en place du Centre d’excellence dédié aux systèmes oasiens.

La forte mobilisation des parties prenantes et le niveau élevé de participation témoignent de l’intérêt stratégique croissant accordé aux oasis par les pays d’Afrique du Nord et leurs partenaires.

Héritage millénaire, ces systèmes ont historiquement assuré la stabilité des communautés locales dans les zones arides et semi-arides, en reposant sur une gestion fine et équilibrée des ressources naturelles, notamment l’eau, le sol et la biodiversité.

Bien au-delà de leur fonction agricole, les oasis constituent de véritables systèmes de vie intégrés, à l’intersection des dimensions environnementales, sociales, économiques et culturelles. Elles représentent également une première ligne de défense face aux impacts du changement climatique, notamment la sécheresse, la dégradation des terres et la raréfaction des ressources hydriques.

Dans son allocution, Nabil Assaf, coordinateur de la FAO pour l’Afrique du Nord et Représentant pour la Tunisie a déclaré que «le Centre d’excellence pour les systèmes oasiens émerge comme une priorité stratégique. Ce centre ambitionne de devenir une plateforme de référence pour la production et le partage de connaissances, l’innovation, le renforcement des capacités et le dialogue politique. Il contribuera à structurer une action collective à l’échelle régionale, en capitalisant sur les expériences nationales et en favorisant des approches intégrées et durables».

Dans la région du Maghreb qui regroupe l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, les oasis couvrent environ 350 000 hectares et abritent près de 15 millions de personnes. Elles jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations locales, tout en contribuant à l’adaptation aux conditions climatiques extrêmes des zones sahariennes.

En consolidant les efforts des pays du Maghreb et de leurs partenaires, les travaux de cet atelier ouvrent la voie à une transformation durable des systèmes oasiens, au bénéfice des générations présentes et futures, tout en préservant un patrimoine écologique et culturel d’une valeur inestimable.

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Israël vole au secours des Émirats pendant la guerre d’Iran

05. Mai 2026 um 09:00

La lune de miel ne fait que durer entre Tel Aviv et Abou Dhabi. Durant la guerre israélo-américaine contre l’Iran, les Émirats arabes unis -qui symbolisent le contre-projet et l’antithèse de la République islamique- ont été le pays du Golfe qui a le plus subi des attaques de missiles et de drones iraniens mais Israël n’a pas tardé à fournir à son meilleur ami du monde arabe des lasers de pointe et des systèmes de défense sophistiqués pour contrer les attaques de l’Iran. Plusieurs dizaines de militaires israéliens chargés de l’exploitation de ce matériel ont été également déployés. Aujourd’hui, les Émiratis ne tarissent pas d’éloge sur leurs amis israéliens et accusent les pays arabes de ne pas les avoir défendus. 

Imed Bahri

Le Financial Times a révélé qu’Israël a livré des systèmes d’armement avancés, dont un système laser sophistiqué, aux Émirats arabes unis afin d’aider cet État du Golfe à se défendre contre les violentes attaques de missiles et de drones iraniens. 

L’importance d’être un ami d’Israël

Ce déploiement constitue l’un des premiers exemples de coopération significative en matière de défense entre les deux pays, qui n’entretenaient pas de relations diplomatiques officielles avant les accords d’Abraham de 2020, négociés par le président américain Donald Trump. Selon un responsable régional, cela démontre «l’importance d’être un ami d’Israël».

D’après deux sources proches du dossier, Israël a rapidement déployé un système de surveillance léger, le Spectro, qui a permis aux Émirats de détecter les drones entrants, notamment les drones Shahed, jusqu’à une distance de 20 kilomètres.

Israël a également livré une version du système de défense laser Iron Beam, selon une source proche du dossier et une autre informée des préparatifs d’activation du système.

Ce laser, capable de détruire les missiles à courte portée ainsi que les drones, a été utilisé pour la première fois par Israël en début d’année pour se défendre contre les projectiles tirés par le Hezbollah depuis le Liban. Le déploiement des systèmes Iron Beam et Spectro aux Émirats n’avait pas été divulgué auparavant.

Ces deux armes, considérées comme défensives, sont venues compléter le système Iron Dome (Dôme de fer), également déployé aux Émirats, accompagné de plusieurs dizaines de militaires israéliens chargés de son exploitation, selon des sources proches du dossier. Axios a été le premier média à révéler le déploiement d’Iron Dome.

Des militaires israéliens aux Emirats

Un système d’armes supplémentaire a également été déployé dans cet État du Golfe, ainsi que des renforts militaires israéliens, a indiqué une source informée. «Il y a un nombre important de soldats sur le terrain», a ajouté cette source.

Sollicités par le FT, Elbit Systems, fabricant du système Spectro, et Rafael Advanced Defense Systems, principal concepteur du système Iron Beam, ont refusé de commenter. Le ministère israélien de la Défense s’est également refusé à tout commentaire et les Émirats n’ont pas répondu à notre demande de commentaires.

Israël a également partagé des renseignements substantiels et opportuns concernant les préparatifs d’une attaque de missiles à courte portée menée depuis l’ouest de l’Iran contre les Émirats. Cet État arabe a subi de plein fouet la contre-attaque iranienne lors de la guerre conjointe américano-israélienne contre la République islamique.

L’Iran a lancé plus de 500 missiles balistiques et 2 000 drones sur les Émirats.

La grande majorité de ces projectiles ont été interceptés grâce au déploiement par les Émirats de plusieurs systèmes de défense aérienne, dont du matériel de fabrication israélienne, pour contrer les tirs iraniens.

Pour rester compétitive, l’armée israélienne a récupéré des armes encore au stade de prototype ou non encore pleinement intégrées à ses systèmes radar, «les sortant des stocks et les donnant aux Émiratis», selon une source proche du dossier. «Nous leur avons confié nos secrets les mieux gardés», a déclaré une troisième personne informée de la situation.

Les accords d’Abraham ont normalisé les relations entre Israël et quatre États arabes, dont les Émirats. Israël a développé des liens économiques et militaires croissants avec les Émirats, après leur avoir vendu les systèmes de défense aérienne Barak et Spyder.

Les Émirats, cible prioritaire pour l’Iran

Cependant, la guerre qui a suivi l’attaque conjointe américano-israélienne contre l’Iran en février a constitué le premier test majeur et prolongé de l’alliance israélo-émiratie, et les frappes de représailles ont incité Israël à transférer des systèmes de pointe à l’État du Golfe.

Alors qu’Abou Dhabi critique les institutions arabes et islamiques pour ce qu’il considère comme une réponse timide à l’agression iranienne, le pays a clairement indiqué qu’il allait désormais approfondir ses liens avec les États-Unis et Israël.

Un responsable occidental a déclaré que les Émirats étaient une cible prioritaire pour l’Iran, notamment en raison de leur «enthousiasme» à adhérer aux accords d’Abraham.

Les représailles iraniennes dans toute la région, qui ont impliqué des essaims de drones et plusieurs milliers de missiles, ont épuisé les stocks de missiles intercepteurs coûteux des États-Unis, d’Israël et des États du Golfe, dont certains coûtent des millions de dollars et nécessitent des mois de production.

Le Centre d’études stratégiques et internationales (The Center for Strategic and International Studies, CSIS) a estimé qu’au moment où l’Iran et les États-Unis ont convenu d’un cessez-le-feu temporaire, l’armée américaine avait déjà épuisé la moitié de son stock de missiles Thaad et Patriot, les missiles intercepteurs les plus performants de son arsenal.

Cette situation a engendré une demande pour des systèmes d’interception mobiles et peu coûteux, notamment des systèmes développés par l’Ukraine pour contrer les drones de fabrication russe inspirés des drones Shahed iraniens, déployés dans plusieurs pays.

Les drones Shahed se sont révélés difficiles à détecter à l’approche de leurs cibles en raison de leur petite taille et de leur faible signature thermique. Les Émirats étudient actuellement un projet de conversion de leur stock existant de milliers de missiles Sidewinder aéroportés en une version terrestre.

Cette conversion permettrait aux Émirats de remplacer le système de guidage thermique des Sidewinder par un système de guidage laser passif, qui fonctionnerait conjointement avec le système de surveillance Spectro d’Elbit pour identifier et intercepter les drones Shahed.

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