Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Gestern — 04. März 2026Haupt-Feeds

Blocage du détroit d’Ormuz : une arme à double tranchant

04. März 2026 um 12:08

Le détroit d’Ormuz est quasiment paralysé depuis que l’Iran a imposé un blocus sur la voie maritime la plus vitale au monde pour le transport du pétrole. Mais attention au retour de la manivelle pour le régime des mollahs.

« On peut commencer la guerre quand on veut, mais on ne la finit pas de même », dixit Machiavel. En élargissant le théâtre des opérations aux eaux internationales, l’Iran impose un nouveau rapport de force : la guerre ne se joue plus seulement dans le ciel, mais sur les routes maritimes vitales de l’économie globale.

Ainsi, en annonçant la fermeture du détroit d’Ormuz, la République islamique aura brutalement déplacé le centre de gravité du conflit. Ce qui n’était jusque-là qu’une guerre de frappes ciblées, de drones et de missiles dans le ciel du Moyen-Orient s’est mué en brasier maritime aux répercussions mondiales. Par ce geste, Téhéran ne se contente plus de riposter dans les airs, mais frappe au cœur du commerce énergétique planétaire. Chaque pétrolier immobilisé, chaque navire détourné, chaque prime d’assurance qui s’envole devient une arme stratégique.

Passage à l’acte

En effet, Téhéran avait annoncé samedi 28 février avoir fermé la navigation dans le détroit, menaçant de prendre les pétroliers navigant aux abords du détroit d’Ormuz pour cible. Tandis que des centaines de navires jettent l’ancre à l’extérieur de ce passage maritime étroit entre l’Iran et la péninsule arabique.

Suite à cet ultimatum, et au deuxième jour de frappes iraniennes dans le Golfe en représailles à l’attaque israélo-américaines contre l’Iran, des agences de sécurité maritime ont rapporté dimanche 1er mars que deux navires ont été attaqués aux abords de ce détroit, au large des Émirats arabes unis et d’Oman. Un premier navire, au large des côtes d’Oman, a été touché « par un projectile inconnu au-dessus de la ligne de flottaison. Bien que la salle des machines ait d’abord été signalée comme étant en feu, il a désormais été indiqué que l’incendie est sous contrôle ». C’est ce qu’a indiqué l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans un incident distinct, un autre « navire  a été touché par un projectile inconnu, provoquant un feu. Il a été maîtrisé et le navire a l’intention de poursuivre son voyage », a ajouté la même agence.

Enjeu géostratégique

Dès lors, n’est-il pas prévisible que le blocus de facto du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce énergétique mondial, n’aboutisse fatalement à l’internationalisation du conflit au Moyen-Orient. Un objectif que le régime des mollahs semble atteindre contre vents et marées ?

Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir la carte géographique de la région. Situé entre l’Iran et Oman, le détroit d’Ormuz est un goulet d’étranglement par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, constituant ainsi la principale voie de navigation qui relie les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde. Mais, ce passage d’eau est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur, 50 kilomètres environ (largeur navigable : environ 9 km en deux voies de ~3 km chacune + une zone tampon d’environ 3 km) et de sa profondeur qui n’excède pas 60 mètres. Le hic c’est qu’une fermeture, même partielle, affecterait directement les grandes puissances importatrices d’énergie en Europe et en Asie, notamment la Chine, le Japon ou encore l’Inde. Il en résulte une flambée immédiate des prix du pétrole susceptible de se transformer en  une crise locale en choc économique global.

Vers un nouveau choc pétrolier ?

Pour preuve, le cours du baril de Brent, la référence internationale de l’or noir, avait intégré avant même le conflit une prime de risque géopolitique croissante pour s’afficher à plus de 72 dollars  et les prix de l’or noir pourraient grimper au-delà des 120 dollars, un niveau plus vu depuis des années. Et ce, en cas de guerre prolongée avec un embrasement régional et des ruptures d’approvisionnement.

Toutefois, même si les pays de l’organisation de l’OPEP dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, ainsi que, dans une moindre mesure, le Koweït et l’Irak augmentent leur production, ils restent très dépendants du bon fonctionnement du détroit d’Ormuz pour exporter.

« Cela dit, il est également possible que les prix du brut chutent rapidement en cas de cessation rapide des combats. Permettant ainsi la reprise de la production pétrolière normale et du transport maritime dans la région », relèvent les analystes d’Eurasia Group.

Mais il n’y a pas que le pétrole et le gaz qui risquent de manquer. « Environ 33 % des engrais mondiaux, y compris le soufre et l’ammoniac, transitent par le détroit d’Ormuz », selon le cabinet d’analyse Kpler. Car, chargés sur des cargos au Qatar, en Arabie saoudite ou aux Emirats arabes unis, ces fertilisants ont des destinations diverses : Inde, Chine, Brésil, mais aussi des pays africains. Et, comme une large partie des engrais est fabriquée en utilisant massivement du gaz ou du pétrole, la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre en Iran devrait aussi avoir un effet boule de neige sur les tarifs des engrais.

Mais, attention à l’effet boomerang. Ainsi, un blocage total du détroit serait toutefois un « suicide » pour l’Iran, estime un analyste de l’International Crisis Group (ICG). « L’Iran utilise cette voie maritime pour vendre son pétrole à la Chine. Et une telle fermeture lui aliénerait son principal partenaire économique, qui dépend des importations énergétiques du Golfe pour environ 25 % de ses besoins », conclut-il.

Au final, le blocus du détroit d’Ormuz ne serait pas seulement un épisode supplémentaire des tensions au Moyen-Orient : il toucherait aux flux énergétiques mondiaux, aux équilibres militaires régionaux et aux intérêts stratégiques des grandes puissances. Autant de facteurs qui en feraient un catalyseur d’internationalisation du conflit.

L’article Blocage du détroit d’Ormuz : une arme à double tranchant est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Flambée des prix du pétrole et hausse des taux d’intérêt

04. März 2026 um 13:06

Les investisseurs doivent se préparer dès maintenant à une hausse des taux d’intérêt en raison de l’escalade de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, avertit Nigel Green, le PDG du cabinet de conseil financier du groupe deVere, alors que les marchés pétroliers sont en pleine tourmente suite aux menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole brut.

Un commandant des Gardiens de la révolution iraniens a déclaré, mardi 3 mars 2026, que le détroit d’Ormuz, principal axe de transport mondial de pétrole brut, était fermé et a menacé d’incendier tout navire tentant de le franchir. Le marché n’a pas manqué de réagir : le Brent a dépassé les 87 dollars le baril après une hausse de plus de 9 % en une seule séance, tandis que le West Texas Intermediate a franchi la barre des 83 dollars, en hausse de plus de 8 %, enregistrant ainsi l’une des plus fortes progressions à court terme depuis plus d’un an.

Une inflation globale

Nigel Green déclare : «Lorsque le prix du pétrole flambe avec une telle ampleur et une telle rapidité, l’inflation ne progresse pas lentement, elle s’accélère brusquement. L’énergie est omniprésente dans toutes les chaînes d’approvisionnement. Une hausse durable du Brent vers 90 dollars modifie fondamentalement les perspectives d’inflation et oblige à revoir les anticipations de taux d’intérêt.» Il poursuit : «Les marchés s’étaient positionnés en prévision de coûts d’emprunt plus faibles, mais ce scénario est désormais remis en question. Un nouveau choc énergétique de cette ampleur réduit la marge de manœuvre pour des baisses de taux et accroît la probabilité que la politique monétaire reste restrictive plus longtemps que prévu par les investisseurs.»

Le PDG de deVere explique : «La hausse des prix du pétrole se répercute directement sur les transports, la logistique, la production alimentaire et les factures d’énergie des ménages. Cette pression se traduit rapidement par une inflation globale, puis se répercute sur l’inflation sous-jacente via les salaires et les décisions de prix des entreprises. Les banques centrales sont parfaitement conscientes de ce mécanisme de transmission.»

Les taux restent élevés

Si les anticipations d’inflation recommencent à augmenter, les autorités monétaires réagiront avec fermeté. Par conséquent, les investisseurs doivent se préparer à ce que «les taux restent élevés jusqu’en 2026, voire augmentent encore si l’inflation persiste».

Sur les marchés obligataires, «les rendements obligataires s’ajustent déjà pour refléter la baisse de confiance dans les baisses de taux à court terme. Le risque de duration s’accentue dans ce contexte», avertit Green.

Le dollar américain attire de nouveau des flux de capitaux vers les valeurs refuges. En période d’escalade géopolitique conjuguée au risque inflationniste, les capitaux se tournent vers les actifs libellés en dollars. «Nous constatons une demande accrue de bons du Trésor et d’obligations de haute qualité, les investisseurs recherchant à la fois rendement et sécurité», souligne l’expert.

À ces niveaux, le pétrole comprime également les marges des entreprises. Celles qui doivent faire face à la hausse de leurs coûts de production devront soit absorber l’impact, soit le répercuter sur les consommateurs.

«Les deux scénarios ont des conséquences sur les prévisions de résultats et la valorisation des actions», souligne le PDG de deVere, qui insiste sur le risque de prolongation du conflit. «Les marchés ne peuvent pas anticiper une résolution rapide. La perturbation de l’un des corridors énergétiques les plus critiques au monde engendre un risque structurel», ajoute-t-il. Et conclut par ce conseil : «Le positionnement des portefeuilles doit tenir compte de la possibilité que les prix élevés du pétrole persistent pendant des mois, et non des jours.»

L’article Flambée des prix du pétrole et hausse des taux d’intérêt est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

4e jour de guerre au Moyen-Orient  

03. März 2026 um 10:08

Au matin du quatrième jour de la guerre au Moyen-Orient, les affrontements se poursuivent ce mardi 3 mars 2026 entre les États-Unis et Israël d’un côté et l’Iran de l’autre, avec des attaques de plus en plus meurtrières. Israël, pour sa part, mène des «frappes simultanées» sur Téhéran et Beyrouth, contre des objectifs militaires iraniens et du Hezbollah. Et comme ce fut le cas cette nuit pour l’ambassade américaine à Ryad, les États-Unis ont été maintes fois visés par l’Iran ces dernières heures. (Photo : Frappe aérienne israélienne, dans la banlieue sud de Beyrouth).

Ce matin, de fortes explosions ont secoué Téhéran. Les détonations ont été entendues dans le nord de la capitale et les médias locaux ont rapporté aussi des déflagrations à Karaj, à l’ouest de Téhéran, ainsi qu’à Ispahan, au centre du pays.

Dans plusieurs communiqués, le Hezbollah affirme qu’«en réponse à l’agression criminelle israélienne qui a visé des dizaines de villes et de villages libanais, y compris la banlieue sud de Beyrouth», ses combattants ont utilisé des drones pour frapper les bases aériennes de Ramat David et de Meron en Israël. La base de Nafah, dans le Golan syrien occupé, a également été ciblée. 

L’armée israélienne a, pour sa part, affirmé ce matin que ses soldats étaient déployés en «plusieurs points» dans le sud du Liban, parallèlement à la campagne de frappes aériennes menée depuis la veille contre le Hezbollah. «Ce n’est pas une opération terrestre. C’est une mesure tactique (…) destinée à assurer la sécurité de notre peuple», assure le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l’armée. «Nous avons positionné des soldats dans la zone frontalière à des points supplémentaires pour défendre nos civils et empêcher le Hezbollah de les attaquer», poursuit-il.

En parallèle, «le Premier ministre Benyamin Netanyahou et moi avons autorisé l’armée israélienne à avancer et prendre le contrôle de positions stratégiques supplémentaires au Liban, afin d’empêcher les attaques sur les localités israéliennes frontalières», a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz. 

Etant entendu, du point de vue des Israéliens, que la paix pour eux passe par l’occupation militaire des territoires de leurs voisins et le bombardement des populations de la région qui ne se soumettent pas à leurs diktats. 

Sur le plan politique, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, affirme que Washington n’a pas eu le choix que de s’impliquer aux côtés d’Israël dans sa guerre contre l’Iran. «Il était tout à fait clair que si l’Iran était attaqué par qui que ce soit, il riposterait et riposterait contre les États-Unis. (Or) nous savions qu’Israël allait agir», a-t-il lancé. Par conséquent, «si nous attendions que cette attaque ait lieu avant de riposter, nous aurions subi des pertes beaucoup plus importantes», confirmant la thèse que cette guerre est, d’abord, israélienne et que les Etats-Unis s’y sont laissés entraîner.

Les pays européens ont commencé à sortir de leur léthargie et à s’impliquer, eux aussi, dans le conflit, dont la France. «Lorsque ces pays doivent se défendre, (…) on répond à leurs demandes en termes de défense», affirme Alice Rufo, concernant le soutien à certains pays du Golfe, ciblés par des «attaques indiscriminées» iraniennes, attaques qui, rappelons-le, ont visé, jusque-là, des bases militaires américaines dans ces pays. Pour l’heure, précise la ministre déléguée auprès de la ministre français des Armées et des Anciens combattants, aucune décision pour un déploiement du porte-avions Charles de Gaulle dans la région n’a été prise. «Il peut se déplacer avec un très court préavis, mais c’est une décision du chef de l’État», glisse-t-elle, sur le plateau de TF1. 

En parallèle, la responsable ferme la porte à l’envoi de troupes au sol. «Nous avons des forces dans la région, cela ne veut pas dire mettre des troupes au sol pour une action offensive, puisque nous ne participons pas à l’action offensive américaine», indique Alice Rufo. 

«La France se tient prête à défendre ses partenaires (au Moyen-Orient), à leur demande, de manière proportionnée  et conformément au principe de légitime défense collective», répète Jean-Noël Barrot sur BFMTV, alors que plusieurs pays du Golfe font l’objet de frappes iraniennes. «Cela veut dire que nous avons le droit d’intervenir et que nous nous tenons prêts à le faire, nous ne nous déroberons pas», poursuit-il. 

Sur le plan diplomatique, le département d’État américain a ordonné mardi le départ de tout son personnel diplomatique «non urgent» de ses ambassades en Irak, en Jordanie et au Bahreïn.

Dans un message sur X, le département d’État a dit avoir mis à jour ses avis aux voyageurs pour Bahreïn et la Jordanie «afin de refléter l’ordre donné au personnel non urgent du gouvernement américain et aux membres de leurs familles de quitter ces pays». Dans un autre avis mis à jour pour l’Irak, le ministère dit avoir «ordonné lundi au personnel non urgent du gouvernement américain de quitter l’Irak pour des raisons de sécurité».

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé mardi avoir mené une «attaque à grande échelle» contre une base aérienne américaine à Bahreïn à l’aide de drones et de missiles.

Les forces navales des Gardiens «ont mené une attaque à grande échelle à l’aide de drones et de missiles à l’aube contre la base aérienne américaine située dans la région de Sheikh Isa, à Bahreïn», selon un communiqué cité par l’agence de presse officielle Irna, qui ajoute, sans fournir de preuve, que «20 drones et trois missiles ont atteint leurs cibles» et «détruit le principal poste de commandement de la base».

L’armée américaine a affirmé mardi avoir détruit des postes de commandement des Gardiens de la Révolution ainsi que des sites de lancement de missiles et de drones et des défenses anti-aériennes en Iran.

«Les forces américaines ont détruit les installations de commandement et de contrôle du Corps des gardiens de la révolution islamique, les capacités de défense aérienne iraniennes, les sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que les aérodromes militaires au cours d’opérations soutenues. Nous continuerons à prendre des mesures décisives contre les menaces imminentes posées par le régime iranien», a écrit le Commandement militaire central américain (Centcom) sur X.

Concernant la sécurité au détroit d’Ormuz dont transite une partie de ses besoins en énergie, la Chine, qui était, début 2025, la première destination du pétrole transitant par cette zone a, par la voix d’une porte-parole des Affaires étrangères, Mao Ning, «enjoint à toutes les parties de mettre fin immédiatement à leurs opérations militaires, d’éviter toute nouvelle escalade des tensions, de maintenir la sécurité des voies de navigation dans le détroit d’Ormuz et d’empêcher que la situation n’ait un impact plus important sur l’économie mondiale»

Dans ce même contexte, des réservoirs de carburant au port commercial de Duqm, à Oman, ont été pris pour cible par un certain nombre de drones, et un réservoir a été touché, indique l’agence de presse omanaise, en citant une source de sécurité. Les dégâts qui en ont résulté ont été maîtrisés et aucune victime n’a été recensée, a ajouté la même source. 

Le secteur aérien subit lui aussi directement les conséquences de l’embrasement du Moyen-Orient. Les opérateurs internationaux du secteur prévoient des perturbations pour les voyageurs durant plusieurs semaines au moins, certaines dessertes restant pour le moment suspendues.

Toujours sur le plan des impacts économiques du conflit, la Bourse de Séoul a clôturé mardi sur un plongeon de plus de 7 % tandis que celle de Tokyo a chuté de plus de 3 %. Dans le détail, l’indice Kospi a lâché 7,24 % à 5.791,91 points, lorsque l’indice Nikkei a abandonné 3,06 % à 56.279,05 points.

Latif Belhedi (avec agences).

L’article 4e jour de guerre au Moyen-Orient   est apparu en premier sur Kapitalis.

Escalade au Moyen-Orient : la navigation commerciale en état d’alerte

02. März 2026 um 16:49

Les géants mondiaux du transport maritime, Maersk et CMA CGM, ont annoncé, dimanche 1er mars, la suspension temporaire de leurs traversées par le canal de Suez. Et ce, en raison de la forte dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient.

Le groupe danois Maersk a indiqué que plusieurs de ses services majeurs, notamment ME11 et MECL, avaient été déroutés vers le cap de Bonne-Espérance. Allongeant ainsi considérablement les temps de transit. L’entreprise a toutefois précisé que la réception de marchandises à destination du Moyen-Orient restait assurée, malgré ces ajustements logistiques.

Ces décisions s’inscrivent dans un mouvement plus large de retrait des grandes compagnies maritimes du Golfe, sur fond de guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Cette situation devrait ralentir davantage l’acheminement des flux commerciaux et énergétiques dans une région clé du commerce mondial.

En effet, les Gardiens de la révolution iraniens ont diffusé, samedi 28 février, des avertissements radio à destination des navires, les appelant à ne pas pénétrer dans le détroit d’Ormuz, axe maritime essentiel par lequel transite une part significative du commerce mondial.

De son côté, CMA CGM a publié un communiqué ordonnant à l’ensemble de ses navires présents dans le Golfe, ou en route vers la zone, de « se mettre à l’abri ». Le groupe, troisième opérateur mondial du transport maritime de conteneurs, a confirmé la suspension de tout transit par le canal de Suez « jusqu’à nouvel ordre », avec une redirection systématique des navires via l’Afrique australe.

La vague de suspensions s’est étendue à d’autres acteurs majeurs. Hapag-Lloyd, cinquième compagnie maritime mondiale, a annoncé l’arrêt immédiat de tous ses transits par le détroit d’Ormuz. Les compagnies japonaises ont également emboîté le pas. Un porte-parole de Nippon Yusen a confirmé que ses navires avaient reçu l’ordre de cesser toute traversée de la zone. Tandis que Mitsui OSK Lines a indiqué privilégier la sécurité des équipages, des cargaisons et des navires.

Ayman Shalaby, directeur de Med Bulk Shipping Solutions, a expliqué que le canal de Suez demeure en temps normal le choix privilégié des armateurs en raison de son rôle stratégique dans la réduction des durées de trajet et des coûts d’exploitation, notamment pour les porte-conteneurs opérant sur des lignes régulières, ainsi que pour les pétroliers et les vraquiers. Toutefois, l’augmentation des risques opérationnels, des menaces sécuritaires et des coûts liés à la protection des navires a conduit plusieurs compagnies à réviser leurs tarifs et à privilégier la route du cap de Bonne-Espérance. Selon lui, le retour à la normale dépendra de la levée des menaces et de garanties crédibles sur la sécurité de la navigation.

M. Shalaby met enfin en garde contre un scénario particulièrement critique dans lequel les perturbations du détroit d’Ormuz coïncideraient avec celles du canal de Suez. Une telle configuration pourrait entraîner une flambée des coûts de transport, exercer une pression accrue sur l’économie mondiale, renforcer la dépendance aux stocks stratégiques et accélérer une recomposition durable des chaînes d’approvisionnement internationales.

L’article Escalade au Moyen-Orient : la navigation commerciale en état d’alerte est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Le Détroit d’Ormuz au cœur de l’incertitude énergétique mondiale

02. März 2026 um 11:45

La décision iranienne d’interdire la circulation dans le Détroit d’Ormuz samedi 28 février, réplique aux frappes américano-israéliennes, expose les vulnérabilités structurelles des marchés pétroliers. Cette disruption, au-delà de faire grimper les cours, met en lumière les arbitrages de transport, l’impact sur l’assurance maritime et les stratégies d’approvisionnement des grandes économies.

Le Détroit d’Ormuz constitue le passage principal des exportations pétrolières du Moyen-Orient vers l’Asie, l’Europe et l’Amérique. Avec environ 17 millions de barils transitant chaque jour en 2025, toute restriction effective sur ce corridor pose un risque majeur de déséquilibre entre l’offre et la demande mondiales.

Suite aux frappes militaires israéliennes et américaines, l’Iran a diffusé des messages radio interdisant aux navires de franchir le Détroit d’Ormuz. Bien que ces avertissements ne soient pas juridiquement contraignants, ils ont suffi à perturber la navigation et à inciter les opérateurs à éviter la zone ou à s’engager dans des trajets alternatifs plus longs.

Cette situation affecte d’abord les prix du pétrole : le marché a déjà intégré un risque de rupture d’approvisionnement, entraînant une hausse significative des cours et des anticipations de volatilité accrue.

Lire aussi : Les frappes américano-israéliennes font grimper le prix du baril de pétrole

 

Les contrats à terme sur le pétrole brut ont bondi de plus de 8 % ce lundi, atteignant leur plus haut niveau depuis plusieurs mois. Et ce, lors de la première séance de Bourse suivant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran qui a coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei. Téhéran a riposté par des attaques contre Israël et au moins sept autres pays.

Les attaques ont endommagé des pétroliers. Et certaines grandes compagnies maritimes pétrolières et autres sociétés de négoce ont suspendu les expéditions de pétrole brut, de carburant et de gaz naturel liquéfié via le détroit d’Ormuz, selon Reuters.

A cet égard, notons qu’environ 20 millions de barils de pétrole brut et de dérivés transitent quotidiennement par le détroit. Soit l’équivalent de 20 % de la consommation mondiale en 2024-2025. En plus de constituer une porte d’entrée pour environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, provenant principalement du Qatar.

De plus, les alternatives possibles, notamment les oléoducs saoudiens et émiratis, ne peuvent transporter que 16 à 17 % des volumes totaux transitant par le détroit. Ce qui rend la dépendance mondiale à son égard quasi absolue.

L’impact de la fermeture du Détroit d’Ormuz sur l’économie mondiale

En effet, toute menace directe pesant sur la navigation dans le Détroit d’Ormuz se traduit immédiatement par des perturbations sur les marchés mondiaux de l’énergie. Mais un arrêt complet aurait un impact exceptionnel.

D’après un récent rapport publié par CNBC, les prévisions indiquent que les prix du pétrole pourraient immédiatement atteindre 100 à 150 dollars le baril. Et peut-être même 200 dollars dans le pire des cas…

Alors que les approvisionnements mondiaux en gaz naturel liquéfié seront fortement affectés, notamment en Asie et en Europe; les principales économies (Chine, Inde, Japon et Corée) dépendent du détroit pour environ 70 % de leurs importations de pétrole et de gaz, selon le site web Modern Diplomacy.

Une récession mondiale est presque certaine

A ce propos, les experts en énergie et les analystes économiques s’accordent à dire qu’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz entraînerait inévitablement une récession mondiale. Les estimations du marché indiquant que toute fermeture prolongée conduirait à une récession mondiale certaine, en raison de la perte d’un tiers des exportations de pétrole par voie maritime.

Parallèlement, les grandes économies industrialisées, menées par la Chine, seront les plus vulnérables aux chocs. Car elles obtiennent la moitié de leurs importations de pétrole via le Détroit d’Ormuz.

Ainsi, en réaction aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les compagnies d’assurance maritime auraient augmenté leurs primes d’environ 50 %, affirme le Financial Times. Certaines ont même commencé à résilier les contrats d’assurance pour les navires transitant en période de tensions, faisant donc grimper les coûts à des niveaux sans précédent.

Les coûts d’expédition avaient déjà bondi de 20 % à la simple menace d’une fermeture. Mais cette fois-ci, l’Iran a réellement mis ses menaces à exécution. Et il se pourrait qu’il ait mené des exercices la semaine dernière et avant les frappes militaires dans ce scénario, puisque le pays hôte a été fermé au moins deux fois temporairement.

Dans ce contexte de conflit, une concurrence féroce va s’installer entre l’Asie et l’Europe autour des sources d’approvisionnement alternatives en gaz américain, ainsi que du pétrole vénézuélien, qui se trouve actuellement entre les mains de Washington.

Enfin, cette crise met en exergue la dépendance des exportateurs régionaux à Ormuz. De même que le coût économique potentiel pour l’Iran lui-même, qui dépend entièrement de ce passage pour ses propres recettes d’exportation.

L’article Le Détroit d’Ormuz au cœur de l’incertitude énergétique mondiale est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Détroit d’Ormuz: sa fermeture fait trembler les marchés pétroliers

02. März 2026 um 09:24

Le détroit d’Ormuz, c’est ce petit couloir de 50 kilomètres que la plupart des gens ne sauraient pas situer sur une carte — et pourtant, un baril de pétrole sur cinq dans le monde y passe chaque jour. Depuis le 28 février, il est fermé. Et les marchés l’ont senti immédiatement.


En quelques heures à peine, le trafic de pétroliers a été divisé par deux. Quelque 240 navires se sont retrouvés à l’arrêt, immobilisés aux portes du Golfe comme une file de camions devant un pont coupé. Maersk, CMA CGM, Hapag-Lloyd — les plus grands noms du transport maritime mondial — ont suspendu leurs opérations les uns après les autres, sans savoir quand ils pourraient reprendre.

À l’ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent s’est envolé à plus de 82 dollars, contre 72 dollars la semaine précédente. Une hausse de 13% en trois séances. Et selon plusieurs sources, la hausse pourrait atteindre 120, voire 140 dollars le baril si la situation perdurait. Le Financial Times a même avancé le chiffre de 200 dollars dans le scénario le plus pessimiste.

Des économies impactées

Les économies les plus exposées sont l’Asie: la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud font transiter entre 70 et 80% de leur pétrole par ce passage. Pour le consommateur ordinaire, les répercussions se feront sentir à la pompe et dans les prix du transport.

Tout repose désormais sur la durée du blocage. L’OPEP se réunira le 5 avril pour évaluer la situation. Mais augmenter la production ne servira à rien si les navires ne peuvent pas prendre la mer.

Le verrou est fermé. La question est: pour combien de temps?

L’article Détroit d’Ormuz: sa fermeture fait trembler les marchés pétroliers est apparu en premier sur Managers.

La guerre en Iran fait planer une menace de choc pétrolier

01. März 2026 um 09:07

Les marchés mondiaux s’apprêtent à ouvrir lundi 2 mars 2026 dans une période de forte volatilité, suite à la confirmation par le président américain Donald Trump du lancement d’importantes opérations militaires américaines contre l’Iran. Cette annonce aggrave considérablement les tensions le long de l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. (Ph. Détroit d’Ormuz par où transite 20% du pétrole mondial).

Le Brent a clôturé la semaine près de son plus haut niveau en sept mois, à environ 73 dollars le baril, après une hausse d’environ 16 % depuis le début de l’année. Les opérateurs sur le marché de l’énergie anticipent désormais des fourchettes de prix beaucoup plus larges pour la semaine prochaine, plusieurs scénarios évoquant un baril à 80 dollars en cas de perturbation ou de menace crédible des flux d’approvisionnement.

Environ 20 % du pétrole brut échangé dans le monde et une proportion similaire de gaz naturel liquéfié transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz, soit environ 13 millions de barils de pétrole par jour.

Nigel Green, fondateur et PDG du cabinet de conseil financier deVere Group, affirme que l’ampleur des risques inhérents à cette zone géographique influencera fortement la valorisation des actifs.

Les marchés de l’énergie entrent dans une phase de réajustement des prix, sous l’effet du risque opérationnel plutôt que de la spéculation.

Près d’un cinquième du flux mondial de pétrole brut transitant par un seul corridor maritime, même une faible probabilité de perturbation engendre une prime de risque structurel plus élevée. Il n’est pas nécessaire que la production de pétrole soit physiquement interrompue pour que les prix fluctuent fortement. Les coûts d’assurance, les modifications d’itinéraires de transport et la constitution de stocks de précaution suffisent à comprimer les anticipations d’offre.

Les capacités de production excédentaires restent limitées à l’échelle mondiale. Celles de l’Opep sont concentrées chez quelques producteurs du Golfe, tandis que les stocks commerciaux dans les pays de l’OCDE sont inférieurs aux moyennes de long terme. Une perturbation durable, même d’un million de barils par jour, représenterait environ 1 % de l’offre mondiale, ce qui suffirait à modifier l’équilibre d’un marché déjà préparé à une croissance modérée de la demande.

Le PDG de deVere explique que les investisseurs doivent se préparer à une transmission rapide des fluctuations entre les différentes classes d’actifs.

Les actions, les obligations, les devises et les matières premières s’ajusteront simultanément. Une hausse de 10 à 15 dollars du prix du pétrole brut exercerait une nouvelle pression à la hausse sur l’inflation globale aux États-Unis, en Europe et en Asie.

«Les banques centrales qui devaient envisager des baisses de taux plus tard cette année seront confrontées à un calcul plus complexe si le prix de l’énergie influence à nouveau les prix à la consommation et les anticipations d’inflation», explique Nigel Green.

Les rendements des bons du Trésor américain ont déjà montré leur sensibilité aux risques géopolitiques, les flux vers les valeurs refuges ayant comprimé les rendements à long terme ces derniers jours. L’or s’est raffermi, les investisseurs se protégeant contre les risques extrêmes.

Le dollar américain et le yen japonais attirent des investissements défensifs, tandis que les devises des marchés émergents à bêta élevé devraient subir une nouvelle pression à la vente si la volatilité s’accélère.

Nigel Green ajoute : «Les marchés se concentreront sur la durée et le confinement. Une campagne militaire courte et bien définie déclencherait probablement une flambée des prix du pétrole et un bref repli des marchés actions, suivi d’une stabilisation une fois les voies maritimes sécurisées.»

Un conflit de plusieurs semaines faisant peser une menace crédible sur le détroit d’Ormuz amplifierait la volatilité et maintiendrait les prix de l’énergie à un niveau élevé jusqu’au deuxième trimestre.

Les économies asiatiques sont particulièrement vulnérables. Des pays comme l’Inde, la Corée du Sud et le Japon dépendent fortement des flux énergétiques du Golfe. L’Inde, à elle seule, importe près de la moitié de son pétrole brut via le détroit d’Ormuz. La hausse des prix du pétrole creuserait les déficits des comptes courants, exercerait une pression sur les monnaies locales et compliquerait la politique monétaire dans toute la région.

«Les importateurs d’énergie en Asie subiront des pressions immédiates si le prix du pétrole brut se maintient au-dessus de 80 dollars», déclare Nigel Green.

«La faiblesse des devises, conjuguée à la hausse des coûts des carburants, resserre les conditions financières sans même une modification des taux d’intérêt. Les marchés boursiers de ces économies, notamment dans les secteurs des transports, de l’industrie manufacturière et les secteurs à forte volatilité, sont vulnérables à une réévaluation rapide des prix», ajoute-t-il.

Les prévisions de bénéfices des entreprises pourraient également évoluer. Les compagnies aériennes, les prestataires logistiques et les industriels sont particulièrement sensibles à la hausse durable des coûts des carburants. L’inflation des coûts des intrants comprimerait les marges, à moins que les entreprises ne parviennent à répercuter la hausse des prix sur les consommateurs.

Nigel Green conclut : «La semaine prochaine s’ouvre sur des marchés confrontés à de graves risques géopolitiques qui s’ajoutent à un environnement macroéconomique déjà fragile. Le pétrole, les taux d’assurance maritime, les rendements des obligations souveraines et les indices de volatilité fourniront les premiers signaux d’orientation.»

La clarté quant à l’évolution du conflit déterminera si cette prime énergétique restera circonscrite ou si elle se transformera en un défi inflationniste et de croissance plus large pour l’économie mondiale.

L’article La guerre en Iran fait planer une menace de choc pétrolier est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌